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Chapitre I La violence ordinaire : portrait général de la délinquance et de la criminalité en Corse Pour tenter de sortir des approximations, nous devons chercher à confirmer ou infirmer les impressions qui se dégagent des récits, des études, des articles, des déclarations. Nous disposons pour ce faire de diverses sources. Aucune source, a priori, n’est absolument et totalement fiable. Le recoupement des informations d’une source à l’autre peut faire apparaître les incohérences éventuelles. Les chiffres bruts livrés par différents organismes, même s’ils sont en partie orientés par les objectifs assignés à ceux qui les ont collectés, fournissent des tendances tout à fait éclairantes. Il convient bien sûr, en permanence, de nuancer les observations au vu de ce que nous savons des politiques publiques qui ont présidé à leur établissement. Nous disposons de sources scientifiques, administratives et politicoéconomiques, notamment européennes et françaises. Parmi ces sources, il faut signaler pour l’exemple : les rapports annuels du ministère français de l’Intérieur, le European Sourcebook Project sur lequel je reviendrai, les statistiques de l’INSEE, l’Institut national de la statistique et des études économiques, le Compte général de l’administration de la justice criminelle en France qui a été publié de 1825 à 1979. Je vais commencer par les rapports du ministère français de l’Intérieur. On me fera remarquer que les statistiques sont manipulables et que leur publication par le ministère de l’Intérieur d’un État n’est pas une garantie de grande objectivité. Je dirai que cela est une évidence mais qu’il faut s’intéresser à ces statistiques et à leur publication pour plusieurs raisons. Premièrement, parce que cette publication est un fait et que l’interprétation que les autorités font des statistiques est en soi une information. Deuxièmement, parce que les chiffres, quand leur masse est suffisamment importante, révèlent des tendances qui ont pu échapper aux services officiels ou que ces services ont volontairement omis de


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XIX e- XX e

siècles

relever. Troisièmement, parce qu’il s’agit de données comparables d’une région à l’autre et sur lesquelles on ne met, à ce stade de l’analyse, aucun qualificatif particulier. Enfin, les chiffres qui sont fournis font l’objet de commentaires qu’il est facile et nécessaire d’évaluer, mais leur existence même permet d’effectuer des comptages ou des vérifications très instructifs. Le sociologue Nicolas Bourgoin, dans un livre publié en 2008 1, analyse les limites de ces statistiques officielles, qu’elles soient policières, judiciaires ou pénitentiaires. La criminalisation des actes dans une société lui apparaît en grande partie découler d’une construction idéologique et politique et n’est donc pas une vérité absolue. Je n’ai pas l’intention ici de rentrer dans ce débat et de discuter du bien-fondé ou non des valeurs morales de référence admises dans notre société. Ce qui m’intéresse à ce stade, c’est de savoir comment se situe la Corse dans le schéma des valeurs morales de référence. Les statistiques officielles permettent de tracer le portrait de la violence en Corse à un moment donné de l’histoire et dans une société donnée. Il faut simplement garder présent à l’esprit que ce portrait découle d’une vision officielle majoritairement admise ou cautionnée. Quel que soit, donc, le degré de suspicion dont on entoure leur utilisation, ces chiffres existent. En France, les rapports annuels du ministère de l’Intérieur sont fondés sur les données statistiques enregistrées par la Direction centrale de la police judiciaire à partir des observations réalisées par les services de police et de gendarmerie dans chacune des villes, chacun des départements et chacune des régions en métropole d’une part, dans les départements et territoires d’outremer d’autre part. Les rapports de 2004, 2005, 2006, 2007, 2008… sont très facilement consultables. Les infractions sont classées en quatre grandes catégories : vols (y compris recels), escroqueries et infractions économiques et financières, crimes et délits contre les personnes, autres infractions (dont stupéfiants). Chaque infraction est considérée comme un fait et recensé comme tel. Le rapport annuel présente donc le décompte des faits, des élucidations et des gardes à vue. Il présente en outre des statistiques en fonction de trois catégories d’individus concernés : les personnes (hommes et femmes), les mineurs et les étrangers. Les chiffres sont ensuite présentés au moyen de tableaux synoptiques assez détaillés. Les quatre grandes catégories d’infractions y sont analysées 2. En fonction de ces chiffres, les taux de criminalité et de délinquance pour 1 000 habitants sont calculés par département depuis 2004, et par région depuis 2008. Les auteurs de ces rapports tiennent à préciser que les statistiques qu’ils proposent ne concernent bien évidemment que les faits connus des services de police et de gendarmerie. Il existe une frange de la criminalité et de la délinquance qui échappe à cette comptabilité. Ce sont les faits que les victimes, 1. Voir bibliographie. 2. Voir le détail des rubriques en annexe II.


La violence ordinaire

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pour diverses raisons, n’ont pas signalés ou déclarés. Les services de police nomment « chiffre noir » le compte inconnu de ces faits. Par ailleurs, les auteurs de ces rapports admettent que le nombre de faits constatés pour tel ou tel type de criminalité ou de délinquance peut croître ou diminuer selon l’importance des moyens mis en œuvre pour les combattre. A. UN TAUX DE DÉLINQUANCE ET DE CRIMINALITÉ GLOBALEMENT INFÉRIEUR À LA MOYENNE NATIONALE

La Corse, au vu des statistiques, n’est pas la région de France la plus touchée par les phénomènes de délinquance et de criminalité dans leur globalité. C’est ce qui permet au préfet de région en Corse, Patrick Strzoda, le 30 mai 2011 dans le journal Corse-Matin, de déclarer que « la Corse est l’une des régions les moins criminogènes ». Affirmation qu’il tempère immédiatement en soulignant l’importance des taux d’homicides. Effectivement, le taux global de délinquance et de criminalité n’est pas particulièrement élevé, mais il est difficile de se contenter de cette observation. Deuxième curiosité, la Corse est considérée comme une région métropolitaine française, or nous verrons que les caractéristiques des taux de délinquance et de criminalité telles qu’on peut les observer en Corse nous conduiraient à la comparer plus justement aux départements et territoires d’outre-mer. 1. La Corse dans le concert des régions en France

Le taux de délinquance et de criminalité pour 1 000 habitants est calculé au niveau national, puis par région et par département. Il est calculé à partir des chiffres de la population et du nombre de délits recensés. Pour la France les calculs du ministère de l’Intérieur donnent, entre 2004 et 2008, une tendance à la baisse de ce taux de délinquance et de criminalité : – 2004 : 63,86 délits pour 1 000 habitants en France – 2005 : 62,35 délits –"– – 2006 : 61,03 délits –"– – 2007 : 58,33 délits –"– – 2008 : 57,51 délits –"– Il est vrai que les ministres de l’Intérieur ont tellement intérêt à faire apparaître une baisse de la criminalité sous l’effet de leur administration que ce genre d’affichage provoque immédiatement le doute. Je ne veux pas entrer ici dans ce débat. Ce qui m’intéresse, ce sont les proportions qui se dégagent de la situation des régions, des départements et des villes. Or, il n’existe aucune raison objective pour que les niveaux de proportion soient totalement faussés sur la durée.


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La violence en Corse –

XIX e- XX e

siècles

En ce qui concerne les régions, elles se répartissent en trois groupes dont les deux premiers se détachent nettement du lot : – au-dessus de 70 délits pour 1 000 habitants : Provence-Alpes-Côte d’Azur, Île-de-France, Languedoc-Roussillon, – entre 55 et 65 délits pour 1 000 habitants : Nord-Pas-de-Calais, RhôneAlpes, Haute-Normandie. – entre 34 et 55 délits pour 1 000 habitants : toutes les autres régions. J’ai réalisé un tableau du positionnement des régions métropolitaines en fonction de leur taux de délinquance et de criminalité. Ce tableau montre que la Corse est constamment en dessous du taux moyen national et qu’elle est globalement au milieu du tableau avec autour de 50 délits pour 1 000 habitants. Ce positionnement peut laisser penser que la Corse est une région beaucoup plus paisible que ne le suggèrent les affaires qui défrayent la chronique et les grands titres de la presse. Et, de fait, en termes d’observation générale et de vie quotidienne pour les habitants, elle l’est. Mais il faut analyser ce taux au regard de différents paramètres pour comprendre les distorsions qui peuvent exister. 2004

2005

2006

2007

2008

PACA

PACA

PACA

PACA

PACA

Île-de-France

Île-de-France

Île-de-France

Île-de-France

Île-de-France

LanguedocRoussillon

LanguedocRoussillon

LanguedocRoussillon

LanguedocRoussillon

LanguedocRoussillon

63,8 Rhône-Alpes

Nord-Pas-de-Calais Nord-Pas-de-Calais Nord-Pas-de-Calais Nord-Pas-de-Calais Rhône-Alpes

Nord-Pas-de-Calais Haute-Normandie

Rhône-Alpes

58,33

Rhône-Alpes

61,03

Rhône-Alpes

57,51

62,3 Haute-Normandie

Haute-Normandie

Haute-Normandie

Haute-Normandie

ChampagneArdenne

Alsace

ChampagneArdenne

Picardie

ChampagneArdenne

Alsace

Aquitaine

Alsace

Alsace

Picardie

Aquitaine

ChampagneArdenne

Aquitaine

Aquitaine

Corse

Picardie

Picardie

Picardie

ChampagneArdenne

Aquitaine

Corse

Lorraine

Corse

Corse

Midi-Pyrénées

Centre

Midi-Pyrénées

Midi-Pyrénées

Midi-Pyrénées

Alsace

Midi-Pyrénées

Corse

Centre

Lorraine

Lorraine

Lorraine

Centre

Lorraine

Centre

Centre

Pays-de-Loire

Pays-de-Loire

Pays-de-Loire

Pays-de-Loire

Pays-de-Loire

2004 Bourgogne

2005 Bourgogne

2006 Poitou-Charentes

2007 Poitou-Charentes

2008 Poitou-Charentes


La violence ordinaire

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Basse-Normandie

Poitou-Charentes

Bourgogne

Bourgogne

Bourgogne

Franche-Comté

Bretagne

Bretagne

Basse-Normandie

Franche-Comté

Poitou-Charentes

Franche-Comté

Franche-Comté

Bretagne

Basse-Normandie

Bretagne

Basse-Normandie

Basse-Normandie

Franche-Comté

Bretagne

Auvergne

Auvergne

Auvergne

Auvergne

Limousin

Limousin

Limousin

Limousin

Limousin

Auvergne

Positionnement des régions métropolitaines en fonction de leur taux général de délinquance et de criminalité pour 1 000 habitants – En noir le taux moyen pour la France 3

Premièrement, il faut observer qu’aucune échelle de gravité entre les délits n’est introduite dans cette évaluation. Un assassinat est comptabilisé comme un délit au même titre qu’un vol à la tire. Nous verrons plus loin que la Corse est moins touchée par la masse de certains délits très courants qui empoisonnent la vie des citoyens, mais qu’elle est plus affectée par certains délits plus rares et très graves comme les homicides par exemple. Cela explique en partie, sans doute, le décalage entre le ressenti de la vie quotidienne en Corse et les titres de la presse. Deuxièmement, les chiffres nous apprennent que les régions les plus peuplées sont les régions où le taux de délinquance et de criminalité pour 1 000 habitants est le plus élevé. Moins une région est peuplée, et surtout moins importantes y sont les villes, et plus le taux de délinquance et de criminalité a des chances d’être modeste. Je dis « a des chances », car d’autres paramètres évidemment entrent aussi en compte. Cette observation appliquée à la Corse nous conduirait à relativiser son positionnement moyen. La Corse est la moins peuplée de toutes les régions métropolitaines et ses deux villes principales sont de taille relativement modeste. Elle devrait donc logiquement se trouver en queue de tableau avec le Limousin et non au milieu. Troisièmement, il faut introduire ici une observation qui peut permettre en partie d’expliquer le décalage que nous venons de signaler. Tous les calculs concernant les taux sont effectués à partir des chiffres de la population permanente des régions. Or, les régions à forte vocation touristique sont des régions où l’on enregistre d’importantes fluctuations de populations au cours de l’année. Parmi ces régions, en métropole, la Corse est incontestablement celle où l’impact de ces fluctuations est le plus spectaculaire. Compte tenu du nombre des visiteurs qui séjournent en Corse durant la période estivale, l’île peut voir sa population plus que doubler à certains moments. Ce phénomène a obligatoirement un impact important sur les chiffres de la délinquance et de la criminalité. Cet impact peut être envisagé aussi bien en termes de délits constatés par les services de police et de gendarmerie qu’en termes d’effets 3. Voir les chiffres en annexe III.


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siècles

sur les modes de vie et les comportements. Les auteurs des rapports annuels du ministère de l’Intérieur en sont d’ailleurs conscients. Ils précisent qu’ils ont pu prendre en compte ces phénomènes migratoires dans le cas de la région parisienne à travers les effets du déplacement permanent des populations entre Paris et sa périphérie. Mais ils avouent ne pas être en mesure de le faire en ce qui concerne les migrations saisonnières dans les grandes régions touristiques de France. Il nous faut constamment garder à l’esprit cet important paramètre. Si des éléments objectifs d’évaluation pouvaient être introduits dans les méthodes de calcul des statisticiens au sujet de ces phénomènes d’affluence touristique saisonnière, la Corse verrait probablement son taux de délinquance et de criminalité reculer un peu. Enfin quatrièmement, il est très intéressant de comparer la situation de la Corse et celle des départements et territoires d’outre-mer. Trois îles ou archipels (la Guadeloupe, la Martinique, la Nouvelle-Calédonie) ont des taux de délinquance et de criminalité supérieurs à ceux de la Corse. Deux régions insulaires, la Réunion et la Polynésie française, ont des taux moins importants, proches de celui des régions métropolitaines moins peuplées ou moins urbanisées. Enfin une région non insulaire, la Guyane, enregistre des taux absolument effroyables comparativement au reste de la France.

Guyane

2004

2005

2006

2007

2008

101,7

116,1

120,4

Guadeloupe

63,9

62,3

63,3

58

58,2

Martinique

59,1

55,7

54,09

53,2

55,4

Corse

54,1

48,1

50,7

51,1

50,3

57,2

54,5

54,5

40,2

39,4

40,06

37,7

43,9

44,5

Nouvelle-Calédonie Réunion Polynésie française

43,6

43,5

Taux de délinquance et de criminalité pour 1 000 habitants

2. La Corse dans le concert des départements

Comparativement aux autres départements, le positionnement des deux départements de Haute-Corse et de Corse-du-Sud dans l’échelle du taux de délinquance et de criminalité correspond bien entendu à ce qui est apparu au niveau des régions. L’effet de loupe produit par des statistiques qui détaillent les résultats au niveau de 95 départements plutôt qu’au niveau de 22 régions permet de mieux cerner quelques réalités. Le ministère de l’Intérieur ne propose un classement des départements que pour l’année 2008. Sur 95 départements, la Corse-du-Sud se situe au 31e rang, et la Haute-Corse au 37e. Si l’on divise les 95 départements en trois tiers de


La violence ordinaire

25

31 départements, la Corse se situe en gros, en 2008, entre la fin du premier tiers et le début du deuxième tiers : – Premier tiers : de 51,7 à 109,7 délits pour 1 000 habitants – Deuxième tiers : de 40,3 à 51,05 délits pour 1 000 habitants – Troisième tiers ; de 21,7 à 40,18 délits pour 1 000 habitants.

Position Premier tiers

Deuxième tiers

Troisième tiers

1

Métropole Paris

Taux 109,7

31

Corse-du-Sud

51,7

32

Meurthe-et-Moselle

51,05

37

Haute-Corse

49,10

63

Ille-et-Vilaine

40,38

64

Finistère

40,18

95

Cantal

Outre-mer Guyane

Taux 109,33

Guadeloupe

58,24

Martinique

55,42

Nouvelle-Calédonie

54,52

Polynésie française

44,55

Réunion

40,06

21,7

Taux de délinquance et de criminalité pour 1 000 habitants en 2008 – Positionnement des départements et territoires d’outre-mer par rapport aux départements de métropole (dans les statistiques du ministère de l’Intérieur, les départements et territoires d’outre-mer ne sont jamais inclus dans les mêmes tableaux que la métropole. Ils ne sont donc pas officiellement positionnés)

La Corse-du-Sud en 2008 est le dernier département du premier tiers. Parmi les 31 départements de ce premier tiers où le taux de délinquance et de criminalité est le plus fort, nous trouvons 8 départements d’Île-de-France, 5 départements de Rhône-Alpes, 4 départements de Provence-Alpes-Côte d’Azur, 3 départements du Languedoc-Roussillon, 2 départements de Midi-Pyrénées, 2 départements de Nord-Pas-de-Calais, enfin 1 département pour chacune des six régions suivantes : Aquitaine, Pays-de-Loire, Haute-Normandie, Picardie, Poitou-Charentes et Corse. Ces départements correspondent à l’existence sur leur territoire d’un ou plusieurs critères observables parmi les suivants : une


26

La violence en Corse –

XIX e- XX e

siècles

forte concentration démographique, la présence d’une grande ville, une forte attraction touristique saisonnière. La Haute-Corse se situe en 37e position, dans le deuxième tiers. Ce positionnement de la Corse-du-Sud et de la Haute-Corse entre le premier et le deuxième tiers du tableau est relativement élevé compte tenu de la population des deux départements. L’une des explications de ce positionnement pourrait être leur vocation touristique saisonnière extrêmement marquée. D’autres explications seraient peut-être à chercher dans une comparaison avec les départements et territoires d’outre-mer. Quatre régions d’outre-mer, dont trois régions insulaires, se situent au niveau du premier tiers du tableau, au-dessus de la Corse-du-Sud. Une région insulaire, la Polynésie française, se situe au niveau du deuxième tiers du tableau, après la Haute-Corse. Enfin l’île de la Réunion se situe au niveau du troisième tiers du tableau. Si l’on exclut le cas de la Guyane, comment expliquer que quatre départements insulaires français se situent dans le premier tiers des départements où le taux de délinquance et de criminalité est le plus important ? Et qu’est-ce qui distingue la Polynésie française et surtout la Réunion ? Ces différences importantes entre les départements insulaires devraient nous conduire à répondre par la négative à la question de savoir si l’insularité est un facteur d’augmentation de la délinquance et de la criminalité. 3. La Corse dans le concert des circonscriptions de sécurité publique

Par ailleurs le rapport annuel propose un classement du taux de criminalité dans ce que le ministère de l’Intérieur appelle des « circonscriptions de sécurité publique ». Ces circonscriptions correspondent en gros aux agglomérations les plus importantes. La France est divisée pour cela en cinq catégories de circonscriptions : 1 – villes de plus de 250 000 habitants (12 circonscriptions), 2 – villes de 100 000 à 250 000 habitants (49 circonscriptions), 3 – villes de 50 000 à 100 000 habitants (137 circonscriptions), 4 – villes de 25 000 à 50 000 habitants (131 circonscriptions), 5 – villes de moins de 25 000 habitants (88 circonscriptions). Paris est à part. Ajaccio est dans la troisième catégorie et Bastia dans la quatrième. J’ai relevé les chiffres pour les trois dernières années (2006, 2007, 2008). Plus la population est importante plus le taux moyen de criminalité est élevé.


La violence ordinaire

Population en hab. Nombre de circ.

Taux 2006

Paris

27

Taux

2007

2008

118,58 113,2

109,8

2006

2007

2008

1

Plus de 250 000

12

103,95

97,89

94,29

2

100 000 à 250 000

49

81,87

78,55

76,33

3

50 000 à 100 000

137

78,34

74,90

73,08

Ajaccio

57,3

56,5

55,6

4

25 000 à 50 000

131

73,88

70,85

69,8

Bastia

57,8

56,3

55,8

5

Moins de 25 000

88

69,47

66,98

65,6

Taux de criminalité pour 1 000 habitants dans chaque catégorie de circonscription de sécurité publique 4

Ajaccio, dans la troisième catégorie, se trouve 119e sur 137 en 2006, 115e sur 137 en 2007 et 112e sur 137 en 2008. Bastia, dans la quatrième catégorie, se trouve 103e sur 131 en 2006, 104e sur 131 en 2007 et 99e sur 131 en 2008. Les deux grandes villes de Corse apparaissent comme des villes où le taux de délinquance et de criminalité est faible. Ces données viennent contredire le constat fait précédemment et qui place les deux départements insulaires assez haut dans le tableau (entre le premier et le deuxième tiers des départements français), en ce qui concerne le taux de délinquance et de criminalité. Puisque nous avons fait la comparaison à plusieurs reprises avec les départements et territoires d’outre-mer, il convient de remarquer que Cayenne, Nouméa et Fort-de-France, dans la même catégorie qu’Ajaccio, sont en 2008 aux 5e, 20e et 54e rangs. Quant à la ville de Papeete qui est dans la même catégorie que Bastia, elle se trouve au onzième rang. Ces villes d’outre-mer sont donc beaucoup plus dangereuses que Bastia et Ajaccio. B. LE PROFIL DES DÉLINQUANTS

Jusqu’en 2008, le ministère de l’Intérieur en France évaluait, dans son rapport annuel, la part de délinquance et de criminalité au sein de certaines catégories de la population que la loi autorise à distinguer, à savoir les hommes et les femmes, les mineurs, et les étrangers – c’est-à-dire les titulaires d’une carte de séjour en cours de validité. Depuis 2008, le rapport annuel du ministère de l’Intérieur est beaucoup plus détaillé en ce qui concerne les statistiques locales et régionales, mais il ne distingue plus les infractions selon qu’elles sont commises par les hommes, les femmes et les étrangers. Une partie du rapport est désormais assumée par l’Observatoire national de la délinquance dans un document qui fournit moins de données brutes et plus de commentaires et d’analyses. 4. Source : ministère de l’Intérieur.


28

La violence en Corse –

XIX e- XX e

siècles

1. Une déviance essentiellement masculine

La délinquance et la criminalité au XXe siècle sont avant tout masculines. Les hommes représentent entre 84 et 86 % des personnes mises en cause chaque année, les femmes entre 14 et 16 %. Cette part de l’implication des femmes dans les faits de délinquance et de criminalité concerne notamment les infractions à caractère économique et financier parmi lesquelles les infractions à la législation sur les chèques dominent nettement. En ce qui concerne les crimes et délits contre les personnes, les femmes sont moins impliquées dans les homicides et plus impliquées dans ce que les statistiques officielles regroupent sous le titre « infractions contre la famille et l’enfant » qui sont majoritairement constituées de délits liés à la garde des enfants. Le détail des statistiques par départements et régions n’est pas publié, mais des cartes indiquent que la Corse se situe dans la moyenne nationale et ne se distingue pas en ce qui concerne la répartition hommes/femmes dans la délinquance et la criminalité. Il convient de noter ici qu’il existe une idée communément admise selon laquelle les femmes, dans les traditions corses, auraient toujours eu un statut à part qui les protégerait aussi bien en tant que victimes qu’en tant que coupables. L’historien anglais Stephen Wilson dans un livre intitulé Vendetta et banditisme en Corse au XIXe siècle confirme que l’idée existe bien en théorie mais qu’en réalité cette règle n’est que partiellement observée. Au niveau des victimes : « Selon les statistiques, entre 1821 et 1831, les meurtres et tentatives de meurtres sur les femmes sont de 15 % par rapport aux hommes, proportion assez constante tout au long du siècle. » En ce qui concerne la culpabilité, les femmes au XIXe siècle auraient joué un rôle très actif dans l’incitation à la vengeance et il serait même arrivé, à l’époque, que certaines d’entre elles passent à l’acte : « Certaines femmes assurent elle-mêmes la vengeance : cela sort de l’ordinaire mais n’est pas rare, et est même approuvé quand les circonstances l’exigent, en particulier en l’absence d’hommes aptes à venger l’affront. » Ces remarques laisseraient supposer que la moindre implication des femmes ne serait pas seulement une affaire liée à la nature des genres, mais correspondrait aux fonctions sociales attribuées par la société à chacun des genres. 2. Une faible implication des mineurs

La part des mineurs dans le total des mises en cause est, en Corse, particulièrement bas. En 2008, cette part des mineurs est de 8,57 % en Haute-Corse et 9,83 % en Corse-du-Sud pour une moyenne nationale de 17,73 %. La Corse est la région dont les mineurs sont, semble-t-il, les moins touchés par la délinquance et cela de manière spectaculaire.


La violence ordinaire

2006

2007

Pays-de-Loire

21,86 %

ChampagneArdenne

Franche-Comté

21,77 %

Franche-Comté

29

2008

22,5 %

Franche-Comté

21,41 %

21,47 %

Pays-de-Loire

20,87 % 20,69 %

Alsace

21,50 %

Pays-de-Loire

21,4 %

ChampagneArdenne

ChampagneArdenne

21,15 %

Picardie

20,9 %

Picardie

20,13 %

Picardie

20,81 %

Alsace

20,7 %

Haute-Normandie

20,05 %

Haute-Normandie

20,32 %

Haute-Normandie

20,4 %

Basse-Normandie

19,86 %

Bretagne

20,30 %

Basse-Normandie

20,11 %

Alsace

19,73 %

Bourgogne

19,99 %

Centre

20,1 %

Centre

18,83 %

Centre

19,37 %

Bourgogne

20,1 %

Bourgogne

18,79 %

Basse-Normandie

19,19 %

Bretagne

19,4 %

Rhône-Alpes

18,11 %

Nord-Pas-de-Calais

19,10 %

Rhône-Alpes

18,6 %

Bretagne

18,08 %

Auvergne

18,99 %

Poitou-Charentes

18,3 %

Île-de-France

17,84 %

Lorraine

18,59 %

Auvergne

17,8 %

Midi-Pyrénées

17,82 %

Rhône-Alpes

18,52 %

Lorraine

17,7 %

Auvergne

17,77 %

Île-de-France

17,59 %

Île-de-France

17,24 %

Lorraine

17,54 %

Limousin

17,39 %

PACA

17,06 %

PACA

17,30 %

Poitou-Charentes

17,14 %

Midi-Pyrénées

17 %

Poitou-Charentes

16,37 %

Midi-Pyrénées

17,02 %

Nord-Pas-de-Calais

16,6 %

Aquitaine

15,89 %

PACA

16,54 %

LanguedocRoussillon

16,58 %

Nord-Pas-de-Calais

15,35 %

Aquitaine

16,32 %

Aquitaine

16 %

Limousin

15,33 %

LanguedocRoussillon

15,45 %

Limousin

15,5 %

LanguedocRoussillon

15,12 %

Corse

10,43 %

Corse

9,1 %

Corse

9,15 %

Proportion de mineurs mis en cause par rapport au total des personnes mises en cause

Il est curieux de constater à travers ces chiffres que certaines des régions où le taux de délinquance et de criminalité est le plus faible ont un taux d’implication des mineurs plus élevé. Île-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Rhône-Alpes, Nord-Pas-de-Calais, Languedoc-Roussillon se situent dans la deuxième partie du tableau. Ces régions sont celles où l’on trouve


30

La violence en Corse –

XIX e- XX e

siècles

notamment Paris, Marseille, Nice, Lyon, Lille… Cette donnée tendrait à prouver que la concentration urbaine ne serait pas le facteur principal de délinquance chez les mineurs. Toutefois, si l’on calcule la proportion de mineurs mis en cause par rapport à la population totale de chaque région, on s’aperçoit que les Nord-Pas-de-Calais, Île-de-France et Provence-Alpes-Côte d’Azur, reviennent en tête du tableau. Dans les deux cas, la Corse est bonne dernière. En ce qui concerne la Corse, nous pouvons faire au moins deux remarques au sujet de cette faible implication des mineurs dans le total des mises en cause par rapport à ce qui se passe dans les autres régions métropolitaines : – Premièrement, la Corse est l’une des régions de France où le pourcentage de jeunes gens de moins de 20 ans par rapport à la population est le plus faible. Les statistiques de l’INSEE révèlent qu’en 2004, 22 % de la population avait moins de 20 ans en Corse pour une moyenne nationale française de 25 % (26 % en Île-de-France et 28 % dans le Nord-Pas-de-Calais). La différence n’est pas spectaculaire mais elle existe et peut sans doute jouer à la marge. – Deuxièmement, l’examen attentif des statistiques du ministère de l’Intérieur nous révèle que les mineurs en France sont avant tout impliqués dans les vols. Or nous verrons plus loin que le vol, qui est le phénomène le plus courant en matière de délinquance et de criminalité, est un phénomène nettement moins important en Corse que dans le reste de la France. Cela est donc également de nature à expliquer une moindre implication des mineurs dans la délinquance et la criminalité en Corse. – Une troisième observation doit être faite. Cette plus faible implication des mineurs dans le total des mises en cause, constatée en Corse, se retrouve dans certains départements et territoires d’outre-mer tels que la Guyane, la Guadeloupe, Mayotte et la Martinique. D’autres départements ou territoires sont statistiquement, soit plus proches des moyennes enregistrées en métropole, soit très au-dessus comme la Nouvelle-Calédonie. Il faut une nouvelle fois remarquer que ce sont les régions où la délinquance et la criminalité sont les plus faibles qui ont un taux d’implication des mineurs plus élevé. Si l’on calcule la proportion de mineurs mis en cause par rapport à la population totale de chacune de ces régions dites d’outre-mer (et non plus par rapport au nombre total des personnes mises en cause), seule Mayotte change réellement de position en passant très largement en tête. Le cas de la Guyane est très curieux. Avec le taux de délinquance et de criminalité le plus fort de France, la Guyane a le taux d’implication des mineurs (par rapport au nombre des personnes mises en cause) le plus faible, derrière la Corse. Si l’on calcule ce taux par rapport à la population totale, la Guyane se retrouve dernière à égalité avec la Corse. Il semble que le taux de délinquance et de criminalité des mineurs ne puisse pas dépasser certains seuils. Plus une région a un taux de délinquance et de criminalité important, plus le nombre de personnes mises en cause est


La violence ordinaire

31

élevé, et moins le taux d’implication des mineurs au sein de cette criminalité serait du même coup important. 2006

2007

2008

Nouvelle-Calédonie

23,23 %

Nouvelle-Calédonie

26,63 %

Nouvelle-Calédonie

26,18 %

Réunion

20,72 %

Réunion

19,08 %

Polynésie française

17,4 %

Polynésie française

17,22 %

Polynésie française

16,30 %

Réunion

16,7 %

Mayotte

12,74 %

Martinique

13,56 %

Mayotte

14,2 %

Martinique

12,02 %

Mayotte

11,32 %

Martinique

12,22 %

Guadeloupe

9,56 %

Guadeloupe

9,86 %

Guadeloupe

10,14 %

Guyane

2,82 %

Guyane

2,81 %

Guyane

4,12 %

Taux d’implication des mineurs par rapport au nombre total des personnes mises en cause

3. Les étrangers dans les statistiques

Ces statistiques ne prennent en compte que les étrangers dotés d’une carte de séjour en cours de validité. Il ne s’agit donc évidemment pas des personnes françaises d’origine étrangère, ni des étrangers en situation irrégulière ou des clandestins. La proportion de personnes étrangères impliquées dans des faits de délinquance et de criminalité est a priori élevée puisqu’elle tourne autour de 20 %. Le sociologue Nicolas Bourgoin fait remarquer que « la surdélinquance des étrangers est avant tout une surdélinquance de miséreux, davantage sanctionnée par l’emprisonnement ferme, les étrangers étant plus souvent chômeurs que les Français 5 ». Or, il apparaît que chômage et pauvreté sont bien entendu deux causes majeures de glissement des individus dans la délinquance et la criminalité. Et je fais remarquer que si cela explique une « surdélinquance » constatée dans le milieu des étrangers, cela explique de la même manière une surdélinquance constatée dans le milieu des Corses qui ont émigré vers le continent et vers les colonies entre la fin du XIXe et le milieu du XXe siècle (nous reviendrons sur cet aspect des choses plus loin). Concernant cette délinquance et cette criminalité des étrangers, il faut en outre faire remarquer que 46 % des étrangers mis en cause en 2007 l’étaient pour des « délits liés à la police des étrangers » et que cette proportion se retrouve chaque année. Cette cause principale d’implication des étrangers est donc directement et étroitement liée à leur situation. Elle conduit à relativiser fortement l’idée que les étrangers seraient plus impliqués que d’autres catégories de la population dans des délits plus graves. 5. Les chiffres du crime, Nicolas BOURGOIN, voir bibliographie.


32

La violence en Corse –

XIX e- XX e

siècles

C. LES TYPES D’INFRACTIONS, DE DÉLITS ET DE CRIMES

Le tableau des infractions et des délits est divisé en quatre grands chapitres : les vols, les infractions à caractère économique et financier, les crimes et délits contre les personnes, et les autres infractions. Dans les autres infractions nous trouvons notamment les infractions à la législation sur les stupéfiants, les destructions et dégradations de biens, et les infractions à la législation sur les étrangers. Disons que schématiquement, en France, les vols représenteraient la moitié des infractions et délits. Les infractions à caractère économique et financier et les crimes et délits contre les personnes représenteraient le quart des infractions. Les autres infractions représenteraient le dernier quart. Infractions à caractère économique et finanier VOLS

Crimes et délits contre les personnes Autres infractions

Proportion nationale des diverses infractions

La première grande différence entre la Corse et l’ensemble national français est le nombre proportionnellement beaucoup moins important des vols en Corse. Entre 2004 et 2008, le nombre des vols a tendance à diminuer au niveau national et en Corse, mais les chiffres situent constamment la Corse à presque dix points en dessous du continent. Du même coup, les chiffres des trois autres chapitres de la délinquance sont (en pourcentages) constamment, en Corse, au-dessus de ce qu’ils sont sur le continent : de 4 à 6 points pour les infractions économiques et financières, de 2 à 3 points pour les crimes et délits contre les personnes et de 4 à 6 points pour les autres infractions. Enfin, il faut remarquer que les crimes et délits contre les personnes sont en constante augmentation sur le continent et que les infractions économiques et financières sont en constante augmentation en Corse. Il est utile d’observer de manière plus attentive les chapitres dans lesquels la Corse est constamment au-dessus de la moyenne nationale. 1. Les infractions à caractère économique et nancier

La Corse se distingue par des chiffres proportionnellement plus forts dans les trois grands chapitres : – escroqueries, faux et contrefaçons, – délinquance économique et financière, – infractions à la législation sur les chèques (sauf chèques volés).


La violence ordinaire

33

France Corse

50

40

30

20

10

2004

2005

2006

Vols

2007

2008

2004

2005

2006

2007

Infractions à caractère économique et financier

Taux de vols et d’infractions à caractère économique et financier. Pourcentage établi par rapport au total des délits 6 6. Source : ministère de l’Intérieur – Voir les chiffres en annexe III.

2008


34

La violence en Corse –

XIX e- XX e

siècles

Le chapitre où la Corse présente une délinquance nettement plus élevée est le chapitre de la délinquance économique et financière avec en particulier le travail clandestin et l’emploi d’étrangers sans titres de travail. Il nous faudra revenir sur ces questions du travail clandestin d’une part et du recours au travail des immigrés d’autre part. 2. Les crimes et délits contre les personnes

La Corse se distingue nettement entre 2004 et 2008 par le nombre plus important des homicides, des tentatives d’homicides et des « autres atteintes contre les personnes » telles que les « menaces ou chantages » et les « atteintes à la dignité des personnes ». Il apparaît de plus en plus évident que c’est au chapitre de cette agressivité entre les individus que la Corse présente une certaine spécificité. L’île, par contre, se situe généralement en retrait dans le domaine des « atteintes aux mœurs » (viols et agressions sexuelles). Enfin le nombre des infractions contre la famille est généralement plus élevé en Corse qu’au niveau national, mais ces infractions sont plus souvent des délits liés à la garde des mineurs ou au non-versement de la pension alimentaire qu’à de mauvais traitements ou aux abandons d’enfants. Ces dernières infractions sont nettement plus élevées sur le continent qu’en Corse. 3. Les « autres infractions »

Il faut remarquer qu’en Corse les chiffres des infractions à la législation sur les étrangers sont, proportionnellement, nettement supérieurs à ceux du continent. Cette information confirme les chiffres que nous avons découverts au chapitre de la délinquance économique et financière concernant les emplois d’étrangers sans titres de travail. Le nombre important des attentats à l’explosif ne fait pas de la Corse une région où les destructions de biens seraient plus importantes qu’au niveau national. Il est probable que les destructions d’automobiles par incendie dans quelques grandes villes du continent jouent dans cette statistique un rôle non négligeable. La Corse par contre se distingue de manière extraordinaire pour les destructions de biens par attentats à l’explosif. En ce qui concerne les infractions à la législation sur les stupéfiants, la Corse est proche de la moyenne nationale dans les années 2004 à 2008. La plus grande partie des faits constatés concerne la consommation qui progresse de manière très inquiétante depuis 1999. En 2008, 659 infractions sont enregistrées contre 172 en 1999. En conclusion, le premier versant de la société corse offre l’image de deux grandes villes, Ajaccio et Bastia, où le taux de criminalité est relativement faible. Dans l’île, les mineurs seraient plutôt peu touchés par la délinquance


La violence ordinaire

35

et la criminalité et le vol, qui est le phénomène le plus courant en matière de délinquance, y est nettement moins fréquent, tout comme les atteintes aux mœurs et les agressions sexuelles. France Corse 8

7

6

5

4

3

2

1

2004

2005

2006

2007

2008

2004

2005

Proportions d’homicides pour 100 000 habitants

Taux d’homicides et d’atteintes contre les personnes pour 100 000 habitants 7 7. Source : ministère de l’Intérieur – Voir chiffres en annexe III.

2006

2007

Autres atteintes contre les personnes

2008


36

La violence en Corse –

XIX e- XX e

siècles

Le second versant de cette société offre l’image d’une île où les atteintes contre les personnes – et notamment les homicides – sont extraordinairement plus présentes, où les infractions à caractère économique et financier se développent constamment, et où le problème de l’emploi d’étrangers sans titres de travail paraît nettement plus prégnant. Nombre de faits constatés 1999

2004

2005

2006

2007

2008

Corse-du-Sud

264

331

374

301

372

Haute-Corse

308

208

299

215

287

572

539

673

516

659

Corse

172

2000

194

2001

128

2002

189

2003

359

Infractions à la législation sur les stupéfiants


La violence en Cose