1 minute read

Philippe Dufour : L’horloger, maître du temps

Philippe Dufour

L’horloger, maître du temps

Philippe Dufour est né au Sentier, dans la Vallée de Joux, où il vit aujourd’hui. Derrière les exploits se cache un homme calme qui dit apprendre chaque jour. Il a appris, seul, à utiliser l’ordinateur pour concevoir ses montres, et croit fermement à l’harmonie entre innovation et tradition. Modeste sur son propre travail, il a néanmoins des opinions bien arrêtées. Lorsqu’il parle de sa relation avec des clients potentiels, son mot préféré est « transparent ».

« Je veux une relation transparente avec ceux qui acquièrent mes montres. Je veux pouvoir dire que c’est un mouvement qu’ils ne trouveront nulle part ailleurs. Je suis fier de mettre mon nom sur une montre, mais je le ferai seulement quand c’est mon travail à l’intérieur».

Alors que l’ordinateur révèle sa volonté d’innover, l’atelier est empreint de son respect de la tradition. Certains outils datent du début du siècle. Beaucoup ont été récupérés chez d’autres horlogers. Philippe Dufour est extrêmement fier de ces acquisitions. « Quand un horloger disparaît, il emporte avec lui ses compétences particulières et ses secrets techniques, et petit à petit nous perdons notre culture. J’essaie simplement de ralentir ce processus ». Philippe Dufour construit ses ébauches de mouvement en maillechort, comme le faisaient les anciens horlogers. « C’est une belle matière » dit-il affectueusement. Comme les maîtres anciens, il attache une grande importance à la forme et à la disposition des barres et des ponts. Celles-ci sont exécutées avec un souci du détail que la plupart de ses contemporains ont abandonné. Il qualifie sa démarche de respect de « l’éthique » du mouvement traditionnel. Selon ses propres mots « Le vrai haut de gamme est une question de ce que vous ne pouvez pas voir ». Il travaille dans sa chemise à carreaux et son jean et fume sa pipe. Mais quand vient le moment du montage final et du réglage, l’ambiance change. Il enfile sa blouse blanche et ses gants et s’assied à son établi principal, regardant les champs. Le montage prend des jours mais