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18/01/2008

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flore. Ils acquièrent une compréhension plus grande du pouvoir des forces de la nature, à savoir du vent et de l’eau, du feu et du soleil; ils admirent la beauté des étoiles qui développent le sens de l’espace et des quatre points cardinaux. Au moins quand j’étais jeune on apprenait aux scouts les différentes méthodes de communication: le morse, les signaux sémaphoriques, etc. N’est-il pas possible que cette curiosité et toutes ces compétences en matière de communication servent aussi à s’orienter dans un monde multireligieux? Dans nos rencontres avec bouddhistes, juifs ou musulmans ne sommes-nous pas curieux d’apprendre davantage sur leurs croyances et leurs pratiques religieuses? On peut commencer par lire quelque chose sur les différentes religions, ou du moins sur celle dont les adeptes nous fréquentons le plus. On peut aussi commencer par poser des questions, non pas de façon agressive en vue de chercher des arguments polémiques, mais guidé par le sincère désir de mieux connaître son partenaire. Plus nous enrichissons ainsi notre savoir, par lecture ou par conversation, plus nous serons capables de nous opposer aux demi-vérités et aux préjugés transmis. Car le plus souvent ce sont précisément les préjugés qui détruisent les bonnes relations entre les différentes communautés religieuses. En effet, des connaissances approfondies mènent vers un respect plus profond. Laissez-moi illustrer cette thèse par un exemple trouvé aux Philippines. Dans ce pays on traite les musulmans de « Moros / Maures ». Car après l’expulsion des musulmans, à savoir des Maures de la péninsule ibérique, les Espagnols, qui venaient d’arriver aux Philippines à l’autre extrémité du monde, se trouvaient à nouveau en présence de musulmans, voire de « Maures ». Et une expression proverbiale méprisante et irrespectueuse en venait à assurer: « Un bon moro est un moro mort ». Lorsque un groupe paroissial décidait d’organiser un camp d’été pour des jeunes chrétiens et musulmans on était naturellement très inquiet. Mais au fur et à mesure de réaliser des activités communes ils devaient mieux se connaître. Angelo arrivait à découvrir qu’Ahmad était un gars pas mal du tout. Il était assez bon en basket, et en plus d’un fair-play remarquable. Par le biais de ces camps on a détruit les préjugés pour faire naître l’amitié au-delà des frontières de la religion. Nos camps scouts n’ont-ils pas eu les mêmes effets en réunissant des gens de plusieurs religions?

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J’ai mentionné la communication, - un aspect auquel il faut accorder la plus grande importance. Nous devons reconnaître que le sens des mots varie souvent selon le contexte de telle ou telle religion. Voici un exemple: Quand on parle à un musulman de « prière », celui-ci pensera immédiatement à la prière rituelle (salât) qui doit être dite cinq fois par jour. Moi, je ne crois pas qu’un chrétien pense alors immédiatement à l’Eucharistie. Pour lui ce terme évoquera plutôt la prière spontanée, une pétition qui s’adresse à Dieu. Quant aux symboles on constate la même chose. C’est le contexte qui en décide le sens. Même si on ne se réclame pas de la tradition religieuse en question on peut apprécier les symboles, par exemple le rôle des prescriptions vestimentaires dans certains groupes reli-

CICS Interreligious Dialogue 2007  

International Catholic Conference on Scouting (ICCS) Interreligious Dialogue 2007 http://www.cics.org/?wpfb_dl=21

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