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CARAIBES

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La cité des raies apprivoisées


NATURE

Stingray City

Un reportage de Robert MARGAILLAN

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Les raies pastenague des îles Cayman se sont laissées séduire par l’homme. Attirées par la nourriture que leur procure les pêcheurs, elles sont devenues les compagnes de jeu des plongeurs. EAU Mag 3


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La cité des raies apprivoisées S

ur le catamaran qui nous emmène vers la Cité des Raies, Pat Kenney, son capitaine, nous explique que le spectacle qui nous attend, est absolument sans danger. Malgré la présence d’un ardillon caudal pouvant provoquer de graves blessures, les raies pastenagues de «Stingray City», habituées à la présence de l’homme, ne sont pas agressives. Elles sont devenues les amies des plongeurs. Après quarante-cinq minutes de navigation dans North Sound, une immense baie située au nord de l’île de Grand Cayman, l’ancre est jetée sur un fond de sable de 3 mètres de profondeur à l’abri des vagues se brisant sur la barrière de corail. Attirées par le bruit familier du moteur du bateau, des silhouettes grises évoluent gracieusement sous la coque du catamaran.

Des créatures marines peu farouches

«Lorsqu’en 1983, j’ai débarqué dans les îles Cayman, un archipel composé de trois îles, Grand Cayman, Petit Cayman, Cayman Brack, situées à 300 km au sud de Cuba

dans les Caraïbes -raconte Pat Kenney, - j’ai tout de suite remarqué, que les raies Dasyatis americana qui vivaient à North Sound, étaient peu farouches. Elles suivent les bateaux des pêcheurs et attendent qu’ils jettent à la mer les déchets de leur pêche. Cette complicité avec les hommes m’a donné envie de les nourrir à la main. Au point d’abandonner une vie de policier dans le Michigan contre celle d’un moniteur de plongée sous-marine à Grand Cayman. De plongée en plongée, patiemment j’ai réussi à les approcher sans les effrayer, puis à les caresser en leur donnant un appât.» Masque sur le visage, détendeur en bouche, Pat saute à l’eau. Il est aussitôt entouré par une quinzaine de raies, qui, visiblement l’attendent. Il brandit, hors de l’eau, un spécimen peu farouche pour le plus grand plaisir des occupants du bateau. Equipé de palmes, masque et tuba, tout ce petit monde se met à l’eau. Le spectacle est maintenant sous la surface de l’eau. Un sac de seiches à la main, leur met préféré, Pat se laisse couler dans une

Même si le spectacle est sous l’eau, pas besoin de matériel sophistiqué pour admirer la grâce des raies de Stingray City qui évoluent en totale liberté.

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Les raies pastenagues de Stingray City ne sont pas agressives. Elles débordent d’affectivité.


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Aux îles Cayman, le spectacle est sous la surface de l’eau. La cité des raies est le site incontournable de l’archipel.

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Photo du bas, lorsque les raies planent audessus de la tête des plongeurs, le fond qui les entoure s’obscurcit.

eau turquoise cristalline et il se pose sur le fond. A l’ouverture du sac, les grandes raies pastenagues se pressent autour de leur maître. Rivalisant de grâce, les raies se relaient pour une série de loopings, de vols planés, de virages, de bousculades. Rien n’est trop beau pour obtenir une récompense ou une caresse de la main du maître des lieux. Les autres visiteurs ne sont pas épargnés. Une remontée rapide au milieu de leurs jambes qui s’agitent en surface, et c’est la panique. Certains boivent la tasse, d’autres hurlent et se ruent le masque rempli d’eau, vers l’échelle pour rejoindre le pont du catamaran. De là, ils pourront suivre la suite des évènements, installés confortablement derrière des bulles de plexiglas situées dans chacune des deux coques sous la surface de l’eau. Faute de combattants, les raies prennent maintenant comme tête de turc le photographe qui se croyait à l’abri de leurs taquineries. Pour se manifester, certaines raies n’hésitent pas à bousculer un des flash fixé sur un bras avec une telle force, qu’il se retrouve dans le champ de l’objectif! Soudain, un spécimen plus grand que les autres, une raie de 1,5 mètre d’envergure reconnaissable à la couleur noire de son dos s’approche de moi. Elle plane audessus de ma tête. plongeant le fond qui

m’entoure dans une obscurité profonde. Mon rythme cardiaque s’accélère. Elle se pose sur ma tête et tire mes cheveux. C’est un de leur jeux favoris avec des face à face droits dans les yeux. Une autre, moins farouche glisse devant mon nez en exhibant un ardillon de 15 centimètres de long à quelques centimètres seulement de mon masque. Pétrifié de peur, je ne bouge plus.

Sensations fortes garanties

Passé les craintes et les réticences des premiers instants, les plongeurs ne savent plus comment satisfaire de tels débordements d’affectivité. Les sensations sont tellement fortes et la peau des raies si sensible qu’on ne sait plus qui du plongeur ou de la raie vibre le plus. Enchantés par une impression de douceur extrême, les plongeurs en oublient la présence d’un ardillon caudal de taille respectable sur le dos de l’animal. Rassurez-vous, les raies sont nullement agressives mais en manque d’affectivité. Ce n’est certainement pas la taille des grandes raies manta pouvant atteindre 5 ou 6 mètres d’envergure. Mais la taille est suffisante pour faire frissonner le plongeur au cours d’un face à face avec l’animal. Surtout, quand elle passe au ras du masque.


Il ne faut pas oublier que les raies pastenagues sont classées parmi les espèces dangereuses. Leur dard venimeux, situé sur la queue, est une arme infaillible. La gaine cutanée qui le recouvre, est refoulée vers la base lorsque la pointe pénètre dans la chair de la victime. Deux canaux situés sur l’ardillon, reliés à des follicules glandulaires, font s’écouler le venin directement dans la plaie. Les blessures infligées sont douloureuses, et quelquefois très graves. Lors de notre séjour sur l’île de Grand Cayman, un plongeur Américain a été piqué au bras par une raie. La plaie n’avait pas belle allure mais la piqûre a heureusement été sans gravité. Peutêtre, la raie avait-elle décidé de ne pas déverser son venin. Simple avertissement envers un plongeur ayant manifesté un comportement agressif aux yeux de l’animal. Ce n’est pas un tel incident qui fera renoncer Pat à sa complicité avec les raies. Le voici maintenant assailli de toute part par ces créatures qui savent se montrer espiègles. Une raie audacieuse s’en prend à ses cheveux. Sa main tenant l’appât disparaît dans une bouche goulue, mais dépourvue de dents. Soudain, Pat s’allonge sur le fond, immobile. Des raies,

Photo du haut, un des jeux favoris des raies pastenagues de Stingray City est de se poser sur la tête des plongeurs et de leur tirer les cheveux. Photo ci-dessus, même si quelques fois, les visiteurs sont très nombreux , la rencontre avec les raies pastenagues est une expérience inoubliable.

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NATURE I STINGRAY CITY Lorsque les plongeurs ouvrent un sac de nourriture rempli de seiches, leur met préféré, les grandes raies pastenagues se pressent autour d’eux. Rivalisant de grâce, elles se relaient pour une série de loopings, de vols planés et de virages.

débordantes d’affectivité se posent sur ce corps inerte qui disparaît complètement de la vue des plongeurs. Un simple mouvement de ce dompteur de la mer provoque aussitôt un envol collectif.

La Suisse des Caraïbes

Pat Kenney, ravi d’avoir impressionné ses hôtes, remercie ses amies les raies par des caresses et des baisers, scène ô combien attendrissante. Elles décrivent alors de grands cercles autour des plongeurs comme pour les saluer. Puis elles s’éloignent pour s’enfouir plus loin dans le sable en attendant une prochaine visite et surtout un prochain sac rempli de morceaux de seiches... Les îles Caymans sont très célèbres aux Etats-Unis. Ce sont des 727 entiers qui déversent chaque jour des centaines de plongeurs Américains venant découvrir ce paradis fiscal surnommé «la Suisse des Caraïbes» et surtout rendre visite aux raies pastenagues de «Stingray City». Ces dernières sont devenues des stars Outre-Atlantique où elles sont vénérées comme il se doit. Couverture du plus célèbre magazine du monde en janvier 89, le National Geographic qui les a immortalisées en les intégrant au générique de son émission télévisée du samedi soir. De quoi ravir Pat Kenney qui leur rend visite tous les jours, excepté le dimanche qu’il consacre à la pratique du golf et surtout à récupérer de la traditionnelle cuite du samedi soir. Texte et Photos Robert Margaillan

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Sur le spot de Stingray City, les raies évoluent à faible profondeur. Un simple masque et un tuba pour respirer à la surface de l’eau suffisent pour les observer et vivre une aventure unique.

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Guide Pratique

Comment y aller: Vol Paris-Miami avec Corsairfly à partir de 500 € - Tél : 0 820 042 042

Tour-Opérateur : Ultramarina - Tel: 0 825 02 98 02 www.ultramarina.com

www.corsairfly.com

Quand y aller: toute l’année. La haute saison se situe en hiver du 15 décembre au 16 avril.

Vol Miami-Grand Cayman avec Cayman Airways www.caymanairways.com

Décalage horaire : hiver -7 h , été -6 h

Se renseigner: Cayman Islands Departement of Tourism 6 Arlington Street - London SW1A 1RE Royaume-Uni Tel: +44 (0) 20 7491 7771 www.caymanislands.co.uk Monnaie : dollar Cayman - 1 CI$ = 1,25 USD

Langue : l’anglais Formalités: passeport en cours de validité - visa: non Santé : vaccins non - prévoir crème solaire haute protection Electricité : 110 v - prévoir un adaptateur


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Au sommaire de ce numéro de EAU Mag, la cité des raies apprivoisées des îles Cayman dans les Caraïbes

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