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• 1,30 EURO. PREMIÈRE ÉDITION NO9052

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LUNDI 21 JUIN 2010

fêdete la

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musique

Notre sélection Paris

LUNDI 21 JUIN 2010

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FÊTE DE LA MUSIQUE NOS CHOIX DE SORTIES À PARIS, EN BANLIEUE ET EN PROVINCE CAHIER SPÉCIAL 8 PAGES

et province

Le footoir

Photo AUDOIN DESFORGES

Insultes, démission, grève des joueurs: les Bleus sombrent dans le ridicule

FRANCK FIFE.AFP

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PUBLICITÉ

Grenoble: les pistes du renouveau poser et de discuter des ciété civile peut-elle orga- pistes de réflexion pour un niser son discours, unir ses débat citoyen. Et pour que initiatives et ses idées, pour vivent les idées germées leur donner corps et sens? et exposées durant ces Comment ensuite transfor- trois jours de remuemer l’essai du terrain? Les méninges, les associations Etats généraux du renou- organisatrices publieront veau, organisés ce week- bientôt avec Libération une end à Grenoble liste de solutions du par «Libéraconcrètes les Etats Généraux tion» et «le issues des Nouvel Obser100 ateliers vateur» ont thématiques. permis de proPAGE 6

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DÉBATS Comment la so-

renouveau

Villiersle-Bel: les émeutiers en procès

WoerthBettencourt, les liaisons dangereuses

Ils sont cinq, âgés de 23 à 29 ans, à comparaître pour «tentative de meurtre» sur des policiers lors des échauffourrées de novembre 2007.

Les interrogations sur le rôle de son épouse dans le holding qui gère la fortune de l’héritière de L’Oréal obligent le ministre du Travail à se défendre des accusations de conflit d’intérêts.

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IMPRIMÉ EN FRANCE / PRINTED IN FRANCE Allemagne 2,10 €, Autriche 2,80 €, Belgique 1,40 €, Canada 4,25 $, Danemark 22 Kr, DOM 2,20 €, Espagne 2 €, Etats­Unis 4,25 $, Finlande 2,40 €, Grande­Bretagne 1,60 £, Grèce 2,40 €, Irlande 2,25 €, Israël 18 ILS, Italie 2,20 €, Luxembourg 1,40 €, Maroc 15 Dh, Norvège 25 Kr, Pays­Bas 2,10 €, Portugal (cont.) 2,10 €, Slovénie 2,50 €, Suède 22 Kr, Suisse 3 FS, TOM 400 CFP, Tunisie 1700 DT, Zone CFA 1 700 CFA.


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EVENEMENT

LIBÉRATION LUNDI 21 JUIN 2010

Raymond Domenech a lu hier, sur le Field of Dreams de Knysna, le communiqué des joueurs défendant Anelka. L’équipe, elle, était remontée dans le bus. PHOTO FRANCK FIFE. AFP

Insultes, expulsion d’Anelka, double discours à la presse, boycott de l’entraînement… Le Mondial des Bleus vire au grotesque.

Le feu tricolore REPÈRES

LA FRANCE QUALIFIÉE SI… Avec un point en deux matchs les Bleus comp­ tent sur un non­match nul entre l’Uruguay et le Mexique (demain, 16 heures, sur Canal+) pour se qualifier. La France devra aussi battre l’Afrique du Sud (demain 16 heures, sur TF1) avec un écart qui lui permettrait de devancer à la diffé­ rence de buts, l’éventuel battu de l’autre match.

«Tout le monde est en train de se foutre de nous dans le monde entier. J’ai les boules, parce que là, on ne joue plus au foot.» Franck Ribéry hier sur TF1

L’ESSENTIEL LE CONTEXTE L’ambiance est épouvantable chez les Bleus. Anelka a été renvoyé du groupe après la révélation, dans l’Equipe, samedi, de ses insultes envers Domenech. Pour protester contre une décision à laquelle ils n’ont pas pris part, les joueurs ont refusé de s’entraîner hier. Le chef de délégation de la FFF a démissionné.

L’ENJEU Demain, l’équipe de France joue son dernier match du groupe A, avec peu d’espoir de se qualifier.

«Tous ensemble vers un nouveau rêve bleu.» L’inscription qui figure sur l’autocar des joueurs de l’équipe de France

Par GRÉGORY SCHNEIDER Envoyé spécial à Knysna

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obert Duverne avait déjà posé ses plots. Il est 16 heures hier quand les joueurs descendent du bus qui leur permet de ne pas faire à pied les 400 mètres qui séparent leur hôtel du Field of Dreams (on ne résiste pas : «le terrain des rêves», en français) du Pezula Hotel, sur lequel ils s’entraînent depuis deux semaines. Tous les joueurs filent signer des autographes aux supporteurs, massés sur la gauche du terrain. Tous, sauf leur capitaine, Patrice Evra, en grande discussion avec le sélectionneur, Raymond Domenech. Et c’est là que l’équipe de France s’est abandonnée au chaos. RÉCIT Robert Duverne, le préparateur physique, s’approche d’Evra avec l’intention manifeste de lui casser la gueule. Domenech s’interpose. Duverne, furieux, s’éloigne en balançant son chronomètre. Evra file intimer aux joueurs de rentrer dans le bus, avant même que le moindre ballon ait roulé. Ils y vont comme un seul homme, et on remarque le détail qui tue : ils sont en basket, alors que l’on s’entraîne en crampons. Jean-Louis Valentin, le directeur général de la Fédé-

«J’ai mal pour tous ces enfants pour qui l’équipe de France représente quelque chose; il [Anelka] n’a pas le droit de dire des choses pareilles.» Raymond Domenech hier sur le plateau de Téléfoot


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ration française de football (FFF), surgit de derrière le bus et quitte le terrain: «Putain, fait chier! Honteux! Merde, ils sont en basket! Je démissionne, je rentre à Paris.» L’histoire va prendre un tour épouvantable. BLÊME. Domenech, qui est remonté dans le bus avec les joueurs, en descend au bout d’une demi-heure avec un communiqué des joueurs. Il le lit: «Par ce communiqué, tous les joueurs de l’équipe de France sans exception veulent affirmer leur opposition avec la décision prise par la Fédération française de football d’exclure Nicolas Anelka du groupe…» Le sélectionneur est blême. Anelka a été viré la veille à la suite de la publication dans le quotidien l’Equipe des propos qu’il a tenu à Domenech à la mi-temps du match France-Mexique (0-2) de jeudi: «Va te faire enculer, sale fils de pute !» Et c’est le même Domenech qui, d’une voix blanche, lit pour la galerie le texte où les joueurs défendent leur attaquant vedette. La scène est d’une violence inouïe. Sadisé par ses joueurs, le sélectionneur tricolore s’exécute devant des caméras dont les images –tous les présents le savent à cet instant, et Raymond Domenech aussi – feront le tour du monde. Pour l’anecdote, les joueurs ont formalisé leur protestation en boycottant l’entraînement. On relève ces mots-là dans le laïus mécanique du coach : «Nous, joueurs, sommes conscients de nos responsabilités, celles de porter les couleurs de notre pays, mais celles également que nous avons à l’égard de nos supporteurs, de leurs ca-

dres, éducateurs, bénévoles et des innombrables enfants qui gardent les Bleus comme modèles.» Ce week-end, la réalité a dépassé toutes les fictions possibles. Franck Ribéry hier, à Téléfoot: «L’équipe de France a explosé.» Pas seulement. Juste avant le match France - Afrique du Sud de demain, c’est tout le foot français qui s’est désintégré et même au-delà: l’idée même que l’on pouvait se faire d’un joueur de haut niveau. Les sous-titres de la scène d’hier nous

ça sort depuis des semaines. Il y a un traître parmi nous. Il faut l’éliminer du groupe.» Est-ce qu’il le connaît? «Bien sûr.» Le niveau d’attention monte à l’infini, mais un journaliste coupe maladroitement le joueur. Qui, quand la question revient sur le tapis, reste évasif. Du point de vue des présents, cette chasse au «traître» est grotesque, aussi grotesque d’ailleurs que la soi-disant unanimité des joueurs autour du cas Anelka. Le traître est plusieurs. Dans les chambres du Pezula, c’est sauve-qui-peut : les «Putain, fait chier! Honteux! Merde, mecs passent leur temps au téléils sont en baskets! Je démissionne, phone – avec leurs femmes, coje rentre à Paris.» équipiers en club, parents, agents et mêmes journalistes – à se racJean­Louis Valentin le directeur général de la FFF , hier, comprenant que les joueurs ne sont pas venus s’entraîner crocher à un monde extérieur qui doit leur sembler une sorte d’Eden avaient été donnés la veille, lors de la confé- par rapport à ce qu’ils vivent. Mais bon, Evra rence de presse tenue conjointement par Jean- y tient, au «traître». Et poursuit: «Ce qu’a fait Louis Valentin, Patrice Evra et Jean-Pierre Es- Nico est inadmissible.» Un journaliste s’énerve: calettes, le président de la FFF. Ceux-là étaient mais si, mon gars, c’est admissible puisque tous venus annoncer l’éviction d’Anelka. les joueurs (moins quelques-uns) voulaient qu’il reste ! «UN TRAÎTRE PARMI NOUS». La question sui- Le joueur de Manchester United ne comprend vante a été vite posée : est-ce que l’attaquant même pas le raisonnement qu’on vient de lui de Chelsea aurait été viré si ses mots n’avaient opposer. Heureusement, Escalettes détend pas été repris dans la presse? Escalettes: «Mais l’atmosphère en balançant un truc fabuleux : bien sûr, voyons !» Plus tard, même question, «Quand on lui a appris son renvoi, l’attitude autre réponse: «On ne va pas refaire le monde.» d’Anelka a été digne et noble.» Un gage de souEvra: «Tous les joueurs ont plaidé pour que Nico mission aux joueurs. Ah, en sortant du terrain, reste. Ce n’est pas la première fois que ça arrive. jeudi, le défenseur William Gallas a fait un Les insultes, c’est la vie du vestiaire. Le fait que doigt d’honneur au journaliste de TF1 qui lui ça sorte montre que le groupe n’est pas sain. Et tendait un micro. Allez les Bleus !!! •

Longtemps coupé de l’équipe de France, l’attaquant a sabordé son premier Mondial.

Anelka, un Bleu passé à la Trappes O REUTERS

n s’est retrouvé un beau jour à deman- les autres, tu n’es rien. Mais en der à Nicolas Anelka ce que cela lui fai- fait, t’es toujours tout seul. Nico, sait d’incarner la part maudite du foot- il a pris ça en compte.» Les clubs ball français. «Oh…» Il a laissé filer un sourire qu’Anelka a (mal) quittés ont charmant. La règle des trois tiers : une pointe toujours communiqué là-desd’ironie, une pointe de détachement, une sus, alimentant l’image facile pointe de timidité. Il faut se débrouiller avec ça. du gamin grandi à Trappes qui Le natif de Versailles (Yvelines) a 19 ans quand ne pense qu’à l’argent. il inscrit les deux buts –sur deux passes de Zi- Parallèlement, le Landerneau nédine Zidane, qui ne le lâchera jamais– d’une portait Anelka aux nues : voilà historique victoire française face à l’Angleterre le premier qui, pour bosser avec à Wembley. Le lendemain, Patrick Poivre d’Ar- des proches plutôt qu’avec des agents introvor l’appelle pour l’inviter au 20 heures duits dans le milieu du foot, s’est déde TF1. Anelka explique qu’il a autre PROFIL brouillé pour siphonner l’essentiel du chose à faire. «Ça se respecte. On ne l’a pognon généré par ses transferts; une pas respecté. Bien sûr que je n’ai pas changé. sorte de Robin des Bois qui prendrait l’argent Franchement… Vous savez, si j’ai gardé les mêmes des riches pour –faut pas déconner non plus– amis dans le foot, ça ne s’est pas du tout passé se le redistribuer à lui-même. D’ailleurs, comme ça dans la vie. Certains amis d’enfance ont Anelka l’a pour ainsi dire théorisé: «Ça ne m’a dit de moi: “Il a changé.” Mais en fait, c’est le re- jamais posé problème de faire référence à Trappes, gard de ceux-là qui a changé. Et quand le regard où j’ai grandi. Il n’aurait plus manqué que ça. change, le mec qui porte ce regard change aussi.» D’où viennent les sportifs français de haut niImage facile. Le joueur a payé le prix. Ses veau? De banlieue pour la plupart. Et oui. Maintransferts à répétition (on en est à neuf), avec tenant, un gars de banlieue qui roule en Ferrari, surenchère surprise du camp du bonhomme ça ne passe pas. C’est mal vu. La mentalité franquand tout est calé, l’ont transformé au fil des çaise est ainsi faite.» ans en symbole d’un monde du ballon amoral La médaille a son revers: l’indépendance d’eset corrompu. Mais c’est plus simple, plus basi- prit, c’est à son idée se moquer de tout. A que. Thierry Henry, qui l’a côtoyé lors de ses l’été 2003, vexé d’avoir été considéré comme années de formation à l’INF Clairefontaine : une roue de secours par le sélectionneur de «Dans le foot, on n’arrête pas de te dire que, sans l’époque, Jacques Santini, il s’amuse : «Qu’il

«Moi, à la place de Domenech, j’aurais dit bye-bye aux joueurs: “c’est ici que nos chemins se séparent.”» Ottmar Hitzfeld sélectionneur de l’équipe suisse à propos de la mutinerie des joueurs français lors de l’entrainement d’hier

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millions d’euros par an, c’est le montant du contrat arraché par Nike à Adidas pour devenir l’équipementier des Bleus jusqu’en 2018. C’est le maillot le plus cher du monde.

commence par se mettre à genoux devant moi et ensuite, j’aviserai.» Purgatoire direct jusqu’à l’automne 2005, mais Anelka a raconté partout qu’il s’en fichait. Avant ça, il avait été écarté du Mondial 1998 au tout dernier moment pour des raisons sportives. Il ne verra même pas une image de la finale du 12 juillet : il est dans l’Eurostar. Soulagement. Même motif et même punition avec la Coupe du monde 2002, où il se voit préférer Djibril Cissé par le successeur de Jacquet, l’énigmatique Roger Lemerre. Sur lequel l’attaquant aura un mot détaché, bien dans sa manière : «Lemerre était gentil. Mais parfois, il me tutoyait et d’autres fois, il me vouvoyait.» En 2006, coup de Jarnac : Zidane le veut au Mondial allemand, c’est Thuram qui téléphone à Domenech et celui-ci, pour marquer son indépendance, prend Louis Saha. Le joueur de Chelsea a finalement raccroché la locomotive pour disputer, à 31 ans, sa première Coupe du monde. Une sorte de soulagement pour le milieu, qui y a vu justice. On sait depuis la mi-temps de France-Mexique que la présence d’Anelka en Afrique du Sud n’a jamais eu ce goût-là. G. S. (à Knysna)

La Fédération française de football a présenté ses excuses «pour le comporte­ ment inadmissible des joueurs représen­ tants notre pays», par le biais de son président, Jean­Pierre Escalettes. Un conseil fédéral sera «convoqué immédiate­ ment dès le terme du parcours de l’équipe de France pour tirer toutes les conséquen­ ces de la situation de crise ainsi créée».

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ÉDITORIAL Par PAUL QUINIO

Vaudeville Le sort de l’ambulancier ayant été scellé avant même le début de la Coupe du monde, ne craignons pas de tirer dessus : il est déjà à la casse. Son nom : Raymond Domenech. Car s’il y a bien dans ce vaudeville un coupable (Nicolas Anelka), des fautifs (tous ces joueurs «grévistes» pas à la hauteur ni de leur salaire ni de la chance qu’ils ont d’exercer le métier dont ils rêvaient enfant), il y a aussi un responsable : le sélectionneur de l’équipe de France. Il n’a pas assumé l’échec de l’Euro 2008 et s’est accroché à son poste. Ses choix tactiques et humains se soldent aujourd’hui par une faillite sportive quasi consommée. Il a confondu le terrain avec un plateau de télé-réalité. Il a affiché, depuis des années, à longueur d’interviews télévisées, une morgue indécente. Morgue qu’il a manifestement réussi à transmettre à ses joueurs. Enfin, Raymond Domenech a accepté d’être le jouet des intérêts financiers, de la fédération, de la télévision, des agents des joueurs et autres sponsors surpuissants. S’il faut une morale à cette pantalonnade, c’est de ce côté-là qu’il faut chercher. Plus que le miroir inversé d’une France 98 black blanc beur mythifiée, cette crise du football français est symbolique du cynisme que charrie l’époque. Cynisme de l’argent roi, qui rend fou, autorise tous les excès, isole, corrompt. Les communicants nous vendent l’illusion de joueurs porteurs de valeurs collectives. On les grime en éducateurs pour gamins en mal de repères. Ils sont en réalité les traders bling-bling d’un sport qui a hier perdu en France beaucoup de crédit.

Rectificatif Suite à un bug technique, le témoignage d’Eric Besson (Libération de ce week­end) a été malencontreusement remplacé par celui de Claude Onesta. Nos excuses aux intéressés, ainsi qu’à nos lecteurs.


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EVENEMENT

ZINÉDINE ZIDANE LE MAESTRO AURAIT TENTÉ DE COURT­CIRCUITER LE SÉLECTIONNEUR.

Meneur de double jeu

Ils ont tenté de prendre en douce le pouvoir sur l’équipe ou l’ont laissé dériver, ont perdu leur influence en coulisse ou sur le terrain…

elon nos informations, une 4-5-1, Gourcuff laissant sa place à délégation de quatre joueurs Florent Malouda. est allée voir Raymond Do- A notre connaissance, c’est la premenech mercredi, veille du match mière fois que Zidane s’immisce face au Mexique (0-2), pour lui aussi directement dans la vie de la demander de changer de système sélection depuis sa retraite –et son tactique et, accessoirement, de coup de boule– de 2006, à l’issue joueurs. Les quatre : Franck Ri- d’un Mondial où il décidait de béry, William Gallas, Patrice Evra tout. A Knysna, la star symboliet Thierry Henry. La demande : sera le bombardement permanent passer du 4-5-1 (quatre défen- du groupe France depuis l’extéseurs, cinq milieux, un attaquant) au 4-4-2. Les Zidane symbolise hommes : par rapport à l’équipe alignée face à le bombardement permanent l’Uruguay, Gourcuff et du groupe depuis l’extérieur. Govou laissent leur place à Valbuena et Henry. Et Dome- rieur. En intervenant de la sorte, nech accepte. Il répète depuis le elle veut sauver un business qui est début du stage de Tignes que les aussi le sien : Zidane est le repréjoueurs doivent s’approprier ce sentant des deux agents les plus qui se passe sur le terrain. influents de France, Alain MigliacLe lendemain, le sélectionneur est cio et Jean-Pierre Bernès, ce que hors de lui : il apprend que la de- Karim Benzema lui a publiquemande des quatre n’est en rien ment reproché dans l’Equipe Maspontanée, puisqu’il y a quelqu’un gazine. Hier, Ribéry a démenti derrière eux. Son identité : Ziné- l’ingérence. On persiste : le dine Zidane, qui a contacté cer- joueur, qui a Bernès pour agent, tains joueurs parmi les quatre pré- est justement parmi ceux que Zicités. Du coup, Domenech s’assoit dane a contactés directement. sur l’accord passé et revient au G.S. (à Knysna)

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Lecomité défaitedu Mondial Zidane, en mai à Genève. PHOTO DENIS BALIBOUSE.REUTERS

RAYMOND DOMENECH LE SÉLECTIONNEUR N’A JAMAIS OSÉ S’OPPOSER AUX CADRES DE L’ÉQUIPE DE FRANCE.

JEAN­PIERRE ESCALETTES LE PATRON DE LA FFF DEVRAIT DÉMISSIONNER AVANT L’ARRIVÉE DE LAURENT BLANC.

Coach écrasé… pour mieux durer

Gardien de la fédé face à la génération 1998

es photographes ont échoué à capturer le visage de Raymond Domenech lors de l’entraînement de samedi, le premier après la publication des insultes –et non les insultes elles-mêmes, le sélectionneur était détendu la veille – d’Anelka. Il a pris garde a toujours leur tourner le dos, marchant à reculons ou glissant latéralement comme un crabe. Posté entre les journalistes et son groupe, il faisait face aux joueurs. Il a ainsi pu lire dans leurs yeux toute l’estime que ceux-ci lui portent. Et dont Nicolas Anelka a donné un si vibrant exemple à la mitemps de France-Mexique. Le sélectionneur a sa part de responsabilité. Pour survivre, il a dû tout passer à ses vedettes. Mais quoi? En juillet 2008, juste après le fiasco de l’Euro austro-suisse (un point en trois matchs), le directeur technique, Gérard Houllier, lâchait une merveille: «On a fait le tour des joueurs et tous, je dis bien tous, sont favorables au maintien de Domenech à son poste.» Florent Malouda a expliqué ensuite que c’était tous, moins lui et quelques autres. Domenech l’a viré pour huit mois. Sans qu’un seul des cadres –Henry, Gallas, Ribéry– ne bouge le petit doigt pour sauver leur coéquipier d’hier, pourtant ultraperformant à Chelsea. Le concept Domenech et un de ses secrets de sa longévité: foutre une paix royale aux joueurs, que l’on tient grâce à ça. Avec, en

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plus, des provocations devant la presse. Du coup, les médias s’intéressent moins aux joueurs et ceux-ci apprécient: «Franchement, il n’y a pas 5% d’entre nous qui aiment s’exprimer devant les journalistes», a expliqué Jérémy Toulalan. S’il en termine demain, il a tenu le coup six années et battu le record du nombre de matchs dirigés par un même sélectionneur. G.S. (à Knysna)

Escalettes, le 30 mai. O.ANDRIVON.ICONSPORT vant même le cataclysme d’hier, le président de la fédé, Jean-Pierre Escalettes, avait, selon nos informations, pris sa décision : son mandat a beau courir jusqu’en 2012, il passera la main à l’issu d’un conseil fédéral exceptionnel, qui pourrait se tenir dans une dizaine de jours. Hier, il est monté dans le bus pour tenter de raisonner les joueurs en leur demandant de s’entraîner. Il en est

A Raymond Domenech, samedi. F.MORI.AP

redescendu quarante secondes plus tard. Lui aussi récolte ce qu’il a semé. Son obsession: faire barrage à la génération 1998, qui l’effraie. L’impact populaire de Zidane, Dugarry, Lizarazu et compagnie leur permet de jouer une sorte de coup d’état médiatique permanent. Ce qui menace l’institution FFF : son système électif, ses dirigeants venus des rangs amateurs qui passent de longues années à convoyer des gamins aux matchs et à discuter sans fin de défraiements de 40 euros. 1998 au pouvoir, ce sont aussi les marchands dans le temple: Zidane, Blanc ou Deschamps sont tous proches – ou carrément employés – de grands industriels. Le maintien de Domenech en 2008 avait ce sens-là: couper la route à Deschamps, à ses soigneurs italiens et à l’agent pour qui il roule. Pour ce faire, Escalettes s’est aussi couché devant les joueurs d’aujourd’hui, leur passant tout et même plus comme cette scandaleuse visite de vingt-quatre heures des épouses en Afrique du Sud pour un devis de 240000 euros, alors que la FFF en a lâché 100000 le lendemain pour la réfection du terrain d’un township. Samedi, Escalettes a démenti vouloir partir: «Ecoutez, si même ma femme n’est pas au courant…» Personne n’a ri. A part ça, même Domenech, furieux d’être démis avant même le Mondial, lui a tourné le dos. G. S. (à Knysna)


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EVENEMENT YOANN GOURCUFF LE MENEUR A FAIT LES FRAIS DE LA FRONDE ORCHESTRÉE PAR ZIDANE.

LA RAGE DES BLEUS CONTRE «L’ÉQUIPE»

Victime de la loi du milieu en Irlande. Des cadres qui peuvent interpréter le côté renfermé de Gourcuff comme du mépris, et qui ne croient pas dans son talent et sa faculté à renverser un match : ils ne sont d’ailleurs pas les seuls, loin de là, les très gros clubs européens –où ils jouent, eux– ne se bousculant pas au portillon pour faire signer le meneur de jeu des Girondins de Bordeaux. C’est lui qui faisait les frais de la réorganisation zidanienne de mardi dernier, ce qui n’est pas un hasard. Plus généralement, le joueur – ou plutôt sa mère – a fait un choix atypique en allant chercher l’avocat d’affaires Didier Poulmaire (qui s’occupait de Laure Manaudou) pour s’occuper de ses intérêts. Un Poulmaire qui, pour l’heure, n’a rien à voir avec le monde du foot et sa trentaine d’agents qui tiennent le manche. Un choix qui contribue clairement à marginaliser Yoann Gourcuff dans le milieu.

L’Equipe démarre sur les chapeaux de roues la Coupe du monde. Pas comme nos Bleus. Les moindres faits et gestes sont relatés par les quatre reporters qui suivent l’équipe de France. Le quotidien sportif est surtout depuis cinq jours la bête noire des joueurs et de l’encadrement. On sent une haine féroce des joueurs contre le quotidien. Il faut dire que les journalistes de l’Equipe n’y vont pas de mains mortes. Vendredi, la manchette «Les imposteurs», suite à la faillite face au Mexique. Samedi, les insultes d’Anelka à l’encontre de Domenech en une. Depuis, les Bleus cherchent partout «le traître» qui aurait vendu la mèche. Le journaliste Vincent Duluc, qui suit les Bleus avec finesse et souvent avec ironie, signait hier un billet sur le site du journal dans lequel il évoque l’indignité et la bêtise absolue des joueurs. Il met aussi une méchante couche sur l’encadrement, sa lâcheté et son incompétence crasse. Pour résumer, c’est un échange au vitriol depuis trois jours entre le journal et une équipe de France qui a volé en éclats.

G.S. (à Knysna)

J.­L.L.T.

es médias présents auront tous vu le Mondial sud-africain des Tricolores à travers les yeux de Yoann Gourcuff, seul joueur dont le discours est suffisamment transparent pour que l’on y entende quelque chose. Ce n’est pas innocent non plus: faute de soutien à l’intérieur du groupe (le seul Jérémy Toulalan, pour ce que l’on en sait), le Bordelais est allé chercher des appuis extérieurs. Yoann Gourcuff est un cas : complètement paniqué quand quelqu’un qu’il ne connaît pas l’aborde, hors de portée du commun des mortels – «Yo’ est un mystère pour moi, je dois passer par Jérémy Toulalan pour communiquer avec lui», dixit son capitaine Patrice Evra –, il s’est vite aliéné les cadres que sont Franck Ribéry, Thierry Henry et Nicolas Anelka. Ceux-là obtenant de Domenech le fait que le Breton ne tire plus les coups de pieds arrêtés, le matin même du match aller de barrage

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Yoann Gourcuff, le 14 juin. PHOTO P.HERTZOG.AFP

14.06.2010

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du les Etats Généraux

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renouveau

Les Etats généraux du renouveau, organisés ce week-end à Grenoble par «Libération» et «le Nouvel Observateur», se clôturaient hier.

«Les possibilités de solidarité ne sont pas mortes» Par ALICE GÉRAUD Envoyée spéciale à Grenoble Photos SÉBASTIEN EROME. SIGNATURES

suite transformer l’essai du terrain pour que ce travail trouve une écoute médiatique et politique ? Ce samedi, à la table ronde laude Alphandéry où Alphandéry racontait son place son anecdote anecdote, les différents resavec une malice que ponsables d’associations orl’on voit briller der- ganisatrices du débat ont pu rière ses lunettes. L’écono- mesurer à quel point ce diamiste, initiateur du logue entre société Labo d’économie soDÉBATS civile et politiques ciale et solidaire, raétait malaisé. Pour conte comment il a, «une parler du sujet, ils avaient fois», réussi à faire remonter donc invité Michel Rocard. concrètement une idée de la Qui, n’ayant pas compris société civile jusqu’au som- l’objet exact du débat, s’est met du politique. C’était à la lancé – longuement – sur le thème médias «Je bouillonnais en entendant et politiques. Avant de filer à ce que disait Rocard, la table ronde mais je n’ai rien osé dire.» suivante où il était attendu. Un participant samedi Après son défaveur d’une circonstance part, les responsables d’astoute particulière : il s’était sociations et le public deretrouvé coincé sur un télé- meurent un instant siège en panne avec un Pre- interdits. Puis décident mier ministre. Il interpelle d’analyser cet incident de Michel Rocard, à quelques séance où ils ont eu l’amer mètres de lui dans la salle. sentiment d’assister en di«C’était après le RMI. Cette rect à la confiscation du dépanne de télésiège m’a permis bat qu’ils avaient initié. de te parler, longuement, de Un homme se lève : «Ce qui l’insertion par l’économie.» vient de se passer est intéressant dans la problématique qui TRANSFORMER. Plus tard, est la nôtre. Nous sommes dans cette même salle, une énervés mais nous avons tous militante associative se de- été complices. Je bouillonnais mandera comment faire en entendant ce que disait Ropour que soient relayées les card, mais je n’ai rien osé initiatives de la société civile dire. Je n’ai rien osé dire à cet dans des circonstances homme que j’admire et que je moins improbables que celle considère comme un monunarrée par Claude Alphan- ment historique de la politidéry. Question revenue que.» Posant la question de maintes fois durant les la responsabilisation indivitrois jours des Etats généraux duelle dans l’acte civique. du renouveau organisés ce Quelques heures plus tôt, week-end à Grenoble par dans une autre salle, au Libération en partenariat cours d’un tout autre débat, avec le Nouvel Observateur. on retrouve cette même proComment la société civile blématique. Thierry Repenpeut-elle organiser son dis- tin, sénateur PS et président cours, unir ses initiatives et de l’Union sociale pour l’hases idées, pour leur donner bitat (USH), parle de la policorps et sens? Comment en- tique du logement en France,

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et plus particulièrement de l’accès à une habitation abordable. «Nos citoyens ne s’intéressent pas collectivement à la question du logement, on ne s’y intéresse qu’individuellement. Or, si l’on parle par exemple du foncier, il s’agit bien d’un patrimoine commun de la nation.» Piste de réponse avancée par le chercheur Yann Maury : «Il faut faire de l’habitant un acteur fort de la question du logement.» Il cite en exemple plusieurs expériences en Europe de coopératives d’habitants. Marc Uhry, responsable de la Fondation Abbé Pierre en Rhône-Alpes, soulève la question de la responsabilisation des propriétaires privés pour lutter contre la hausse des prix. Thierry Repentin répond qu’il existe des solutions dans l’action publique, citant la taxation des logements vacants. «Là où cela a été fait en France, on a constaté une baisse de moitié du nombre de logements vacants.» SERVICE CIVIQUE. Responsabiliser et sensibiliser chacun… Martin Hirsch, un peu plus tard, expose la piste qu’il est en train de mettre en œuvre : le service civique, dont il préside depuis peu l’agence. Basé sur le volontariat, ce service offre la possibilité à des jeunes des 16 à 25 ans de s’engager sur une période de six mois à un an dans une association, une collectivité ou une entreprise sur une mission d’intérêt général, contre une petite rémunération (de l’ordre de 600 euros). Dans la salle, le scepticisme porte sur la crainte que ne s’investissent dans ce genre de mission que des jeunes déjà engagés et sensibilisés à la militance et à l’investissement citoyen. L’association Unis-Cité, qui

Michel Rocard et Laurent Joffrin, samedi à Grenoble.

Martin Hirsch, ex­Haut­commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, samedi.

Benoît Hamon, porte­parole du PS, samedi. accompagne depuis plusieurs années des services civiques, rapporte des expériences tendant à démontrer le contraire. Un jeune homme dans le public prend la parole. Il explique qu’avant de faire un service civique, il ne s’intéressait pas à la chose commune. Nous l’avions croisé dans plusieurs ateliers de ce forum ce weekend, posant quasiment à

chaque fois des questions aux intervenants, proposant des solutions. «Peut-être faudrait-il rendre les services civiques obligatoires ?» demande Edgar Morin. Le philosophe explique qu’il faut organiser les moyens de la solidarité. L’une des déclinaisons au quotidien de la fraternité. Parce que, explique-t-il, «les possibilités de solidarité ne

sont pas mortes, elles dorment simplement». Pour qu’elles vivent et que vivent les idées germées et exposées durant ces trois jours de remue-méninges grenoblois, les associations organisatrices publieront prochainement avec Libération une liste de solutions concrètes issues des 100 ateliers thématiques qui se sont tenus lors de ces Etats généraux. •


MONDE Santos,unintrigantpourlaColombie •

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L’héritier, as des coups fourrés, devrait remporter le deuxième tour de la présidentielle d’hier. Par MICHEL TAILLE Correspondant à Bogotá

S

elon ses proches, c’est un excellent joueur de poker, habitué à «l’audace». «Il faut imaginer l’impensable», ose-t-il recommander régulièrement à ses subalternes. Lors du second tour de la présidentielle colombienne, hier, qui a été marquée par la mort de onze policiers et soldats tués dans des embuscades de la guérilla, Juan Manuel Santos a de fait toutes les cartes en main pour succéder au sortant conservateur, Alvaro Uribe, et distancer sans peine l’ex-maire de Bogotá, Antanas Mockus, à qui les sondages n’accordaient pas plus de 30% des voix. Mais même en fin de partie, ce technocrate de 58 ans, «incroyablement discipliné», n’a rien négligé. Et dans ses derniers meetings de campagne, le pourtant peu chaleureux diplômé d’Harvard a su électriser les salles. Quand il monte sur scène, en chemise et accompagné de son épouse, devant un public de mères de famille venues des quartiers pauvres, c’est sur un scénario réglé à l’américaine. Avec prompteur et une phrase, ressassée, qui déclenche les ovations. «Vive le président Uribe, le meilleur président qu’ait eu la Colombie!» L’aval du chef d’Etat sortant, extrêmement populaire grâce au recul de la guérilla et à des programmes d’aides sociales, a été l’atout majeur de Santos. Un coup de maître: ce soutien n’était en rien prédestiné car l’ex-ministre de la Défense est issu de l’aristocratie de Bogotá qu’Uribe exècre.

Juan Manuel Santos, 58 ans, s’affiche en fidèle du président sortant Alvaro Uribe, après l’avoir combattu. PHOTO EITAN ABRAMOVICH.AFP

SARCASTIQUE. «L’oligarque» Juan Manuel est né avec une cuillère dorée : grand-tonton Eduardo a été président de 1938 à 1942 ; cousin Francisco est l’actuel vice-président ; Alejandro, le neveu, dirige la rédaction de Semana, seul hebdomadaire national… Dès l’âge de 21 ans, il est bombardé représentant de la Colombie à l’Organisation internationale du café. Quand il se lasse, neuf ans plus tard, c’est pour prendre la sous-direction du journal familial, El Tiempo, premier quotidien national –qui a appuyé sa candidature. Santos commence à y

REPÈRES

COLOMBIE

400 km

PAN

COLOMBIE Bogotá BRÉSIL

ÉQU PÉROU

Superficie 1 100 000 km2 45 518 000 Population 26,30% Pop. sous le seuil de pauvreté(1) PIB par habitant 5 890 euros IDH (rang) 77e

Sources : FMI, Pnud 2007 - (1) % vivant avec moins de 2 $ par jour

Au premier tour, pour lequel neuf candidats étaient en lice, Juan Manuel Santos a obtenu 6,7 millions de voix (46,56% des suffrages). Antanas Mockus a été choisi par 3,1 millions d’électeurs (21,49%). Le 30 mai, 49,2% des électeurs avaient participé au scrutin.

tre de la Défense d’Uribe réélu. Il y prouve son efficacité. «CHUCKY». Conseillers israéliens et américains sillonnent le ministère, les services secrets des différents corps d’armée coopèrent enfin, et le technocrate récolte les lauriers. Deux des principaux dirigeants des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) sont bientôt abattus, et 15 de leurs otages, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, extirpés de la jungle en 2008. Certes, les coups fourrés ne manquent pas: des emblèmes de la Croix-Rouge ont été utilisés pour tromper les ravisseurs, et un chef guérilleros a été abattu sur le sol équatorien, provoquant une crise diplomatique toujours latente. Ces petits arrangements avec «l’impensable» ont longtemps suscité l’antipathie des électeurs. Des cernes obscurs et un sourire

chafouin valent à Santos le surnom de «Chucky» – la poupée meurtrière des films d’horreurs – et sur les murs de Bogotá, son visage est orné du graffiti “faux positifs”. Référence au scandale des 1700 civils assassinés et présentés par l’armée comme des guérilleros tués au combat, qui a éclaté pendant son ministère et lui colle à la peau malgré ses efforts pour en éradiquer la pratique. Mais l’alignement inconditionnel du candidat sur Uribe a malgré tout permis de gommer cette image pour le premier round, le 30 mai. Après sa large victoire (46,5% des voix), roitelets conservateurs, jeunes sociaux-démocrates et inusables jokers clientélistes ont rallié son jeu entre les deux tours. Une combinaison pragmatique qui pourrait lui permettre, espère-t-il, de devenir «meilleur président qu’Uribe». Le protecteur a déjà ses jours comptés. •

ANTANAS MOCKUS

AFP

démontrer un certain pragma- «conspis [conspirateurs, ndlr]» et tisme… Face à l’humoriste Vladdo, les rebelles ne suivent plus. qui refuse de faire une caricature Qu’importe: le «conspi» renouvelle sur commande contre un candidat son jeu. Fort de ses réseaux et de de gauche, il se montre sarcastique: l’influence d’El Tiempo, après avoir «C’est à cause de votre “éthique” ? obtenu le portefeuille du ComAh, vous êtes de ceux-là…» «Il y a merce extérieur sous un président eu, depuis, bien des épisodes pour dé- libéral, il gagne celui des Finances montrer que lui n’en était pas», avec le conservateur qui succède à grince aujourd’hui le dessinateur. Samper. En 2002, vaguement soEn 1997, le joueur a nocial-démocrate, il se rétamment tenté de négocier clame de la «troisième PROFIL sous la table, avec les guévoie» de Tony Blair et acrillas marxistes et leurs ennemis cueille la première présidence d’Alparamilitaires, un cessez-le-feu varo Uribe dans l’opposition, et préliminaire à une Assemblée lance de violents réquisitoires conconstituante. Le président d’alors, tre sa possible réélection. Simple Ernesto Samper, accusé d’avoir fi- coup de bluff. Uribe choisit de maînancé sa campagne grâce aux car- triser ce stratège, qui a prouvé qu’il tels de la cocaïne, devait être savait s’entourer de spécialistes poussé à la démission et céder la compétents, en le chargeant de place à… Juan Manuel Santos. «Un créer un mouvement. Jackpot : le coup d’Etat», selon l’ex-chef para- nouveau parti “U” plume les formilitaire Salvatore Mancuso, qui mations traditionnelles en 2006 et n’a pas abouti : Samper dénonce les Santos, victorieux, devient minis-

Ex­maire de Bogotá (1995­1997 et 2001­ 2004), Mockus, 58 ans, candidat du Parti vert est un mathématicien et philosophe ayant fait ses études à Dijon. Il prône le retour de la «décence» à la tête de l’Etat, dénonce la corruption généralisée et les milliers d’exécu­ tions extrajudiciaires attribuées à l’armée.


LIBÉRATION LUNDI 21 JUIN 2010

MONDEXPRESSO

VU DE MADRID

UN 44E SOLDAT FRANÇAIS TUÉ EN AFGHANISTAN

Par FRANÇOIS MUSSEAU

Cinq civils, quatre soldats afghans et un militaire français ont trouvé la mort depuis vendredi en Afghanistan, con­ firmant que le climat sécuritaire se détériore selon un rapport de l’ONU présenté samedi. Ces incidents dans le sud (ci­contre à Lashkar Gar, dans le Helmand) et l’est du pays ont également fait au moins 24 blessés. Vendredi, Steeve Cocol (29 ans), issu du premier régiment de hus­ sards parachutistes de Tarbes (Hautes­Pyrénées) et origi­ naire de la Guadeloupe, a été tué par un tir d’artillerie des insurgés. Ce décès porte à 44 le nombre de militaires français morts dans le pays depuis janvier 2002. D’après l’ONU, les insurgés tuent trois fois plus de civils que les forces internationales et afghanes. PHOTO AP

No pasará la burqa est au tour de l’Espagne de découvrir les joies du débat autour du foulard islamique. Après une vive polémique en mai sur le port du hijab à l’école, c’est autour de la burqa que les esprits s’échauffent désormais. En Catalogne, où vivent 250 000 immigrés musulmans (surtout d’origine marocaine), une dizaine de mairies ont interdit le port de cette étoffe qui recouvre totalement le corps de la femme dans les installations municipales – et souhaitent qu’il en soit de même sur la voie publique.

C’

C’est Lleida, aux portes de l’Aragon, qui a ouvert la voie avec la prohibition de la burqa et du niqab (qui lui ne laisse entrevoir que les yeux). D’autres localités catalanes – où les musulmans représentent environ 15% de la population – ont suivi l’exemple, telles Reus, Tarragone, El Vendrell et même Barcelone. Ce veto est le fait de quasi tous les partis politiques, sauf les indépendantistes et les écologistes. «Le débat est artificiel, lamentable et ne sert qu’à attiser la xénophobie», a enragé Abdennur Prado, de la Junta Islamica, une des deux branches de l’islam espagnol. Aux yeux des musulmans, cette interdiction crée un faux débat. Mimoun Jalich, un responsable de la communauté en Catalogne, s’insurge : «Depuis vingt ans que j’habite ici, je n’ai jamais vu de burqa dans les rues. Pourquoi interdire un habit inexistant ? C’est ab-

surde. Les burqa ne courent pas les rues en Catalogne, les niqab un peu plus.» L’argument ne convainc guère la classe politique régionale, majoritairement favorable à l’interdiction de ces symboles. Le chef de l’exécutif catalan, le socialiste José Montilla, a tranché: «Nous vivons dans une culture de la tête découverte. Et nous allons la défendre, aussi bien pour des raisons de mœurs que pour des raisons de sécurité.» Dans les faits, la polémique fait les affaires de la Plataforma per Catalunya, dont le siège est à Vic, une des rares formations ouvertement racistes et islamophobes d’Espagne comptant plusieurs élus municipaux. Le dossier n’est toutefois pas remonté jusqu’au Parlement de Catalogne, au grand dam des municipalités qui ont prononcé le veto. Reus et Tarragone ont décrété l’interdiction dans les installations municipales mais ont besoin d’une loi régionale pour l’étendre à la voie publique. La maire socialiste de Cunit est bien consciente que «le port de la burqa demeure très minoritaire»: «Notre interdiction a un but préventif. C’est la meilleure façon d’éviter des problèmes à l’avenir.» Ce zèle semble aussi avoir un ressort électoraliste; les législatives régionales ont lieu en novembre et, d’après les sondages, deux tiers des votants sont favorables à la prohibition du voile intégral. •

«La Turquie veut nous conduire à la guerre. […] Nous allons étendre nos opérations à toutes les villes turques.» Ahmad Denis porte­parole du Parti des travailleurs du Kurdistan, samedi

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L’Iranexécutelechef rebelleduJoundallah TERRORISME Les «soldats de Dieu» sont de plus en plus

isolés après la pendaison hier d’Abdolmalek Righi. est l’un de ses pires ennemis que le régime iranien a fait pendre hier matin à la prison d’Evin, à Téhéran, à l’issue d’un procès à huis clos. Chef du Joundallah (les «soldats de Dieu»), un groupe baloutche qui mène une rébellion particulièrement sanglante dans le sud-est du pays, Abdolmalek Righi a été condamné à mort par un tribunal révolutionnaire pour «de nombreuses attaques qui ont tué des douzaines de personnes innocentes», selon le compte rendu de la télévision iranienne. Après confirmation du châtiment par la Cour suprême, le chef baloutche a été exécuté en présence «des familles de certaines de ses victimes». Il avait également été jugé coupable «d’attaques à main armée, d’enlèvements, de trafic de drogue» et «de liens avec des membres des services secrets étrangers d’Amérique, du régime sioniste [Israël, ndlr] agissant sous la couverture de l’Otan», selon le texte de la condamnation. L’arrestation de Righi s’était déroulée en violation des lois internationales. En février, la chasse iranienne avait, sous la menace, contraint l’avion de ligne dans lequel il avait pris place, et qui reliait Dubaï

C’

C’est, en millions, le nom­ bre d’Italiens «espionnés» selon Silvio Berlusconi qui s’est plaint d’un «abus sys­ tématique des écoutes télé­ phoniques et de leur publication» dans la presse. Il a accepté de modifier un projet de loi très contro­ versé sur ces écoutes.

L’HISTOIRE

ARRIVÉ À DESTINATION APRÈS 95 ANS

La carte postale avait été envoyée de Villany (Hon­ grie) le 13 juin 1915, lors de la Première Guerre mon­ diale, par le soldat Edhem POLOGNE Le candidat libé- 53 blessés hier matin dans Bicakcic à Razija, sa femme ral Bronislaw Komorowski une rue bondée de l’ouest de restée à Sarajevo. Mais la est arrivé en tête du premier Bagdad. missive s’est perdue. Jus­ tour de l’élection présidenqu’à ce qu’un antiquaire tielle, hier en Pologne, de- RWANDA Le gouvernement a californien originaire de vant son rival conservateur, rejeté hier toute implication Bosnie la découvre, Jaroslaw Kaczynski, selon dans une tentative de meur- l’achète et, ayant retrouvé plusieurs sondages réalisés à tre, la veille à Johannesburg, trace de la famille dans la la sortie des bureaux de vote. d’un ex-chef d’état-major capitale bosniaque, se con­ rwandais, le général Faustin vertisse en facteur. Ven­ IRAK Un double attentat-sui- Kayumba Nyamwasa, réfu- dredi, il a remis au petit­fils cide à la voiture piégée a fait gié depuis mars en Afrique d’Edhem la carte montrant au moins 26 morts et du Sud. en page 1 15/06/10 son grand­père en soldat. Metis10_Bandeau_libe_parvis:Mise 12:17 Page 1

et Bichkek, à se poser sur le territoire iranien. Avec l’exécution du chef baloutche, qui fait suite à celle de son frère en février, Téhéran porte probablement un coup décisif aux «soldats de Dieu», qui n’ont jamais compté plus que quelques centaines de combattants, peut-être un millier, cependant très bien organisés en petits groupes. C’est en 2000 qu’est apparu le Joundallah dans la province du Sistan-Balouchistan, frontalière du Pakistan

tats de plus en plus spectaculaires, qui ont fait au total 154 morts et 320 blessés, selon la justice iranienne. Le plus récent, en octobre 2009, avait tué 42 personnes dont plusieurs officiers supérieurs des pasdaran (Gardiens de la révolution, les forces d’élite iraniennes) à Pishin, localité proche de la frontière pakistanaise. Cet attentat-suicide avait visé une réunion entre des commandants des pasdaran et des chefs de tribus destinée à «renforcer l’unité entre chiites et sunnites». Il a aussi revendiqué Sous l’impulsion de Righi, un attentat à la le Joundallah a organisé bombe qui avait depuis 2003 des attentats de fait 25 morts en plus en plus spectaculaires. mai 2009 dans une mosquée et de l’Afghanistan. Appelée chiite de Zahedan, la capitale aussi Mouvement de la résis- de la province du Sistan-Batance du peuple iranien, louchistan. l’organisation déclare lutter Le fait que Righi ait été enpour les droits de la minorité levé alors qu’il se rendait au sunnite en Iran, où 90% de la Kirghizistan, pays pivot pour population est d’obédience les Etats-Unis en Asie cenchiite, et contre la «discrimi- trale, donne un certain crédit nation à l’égard du peuple ba- aux accusations de Téhéran loutche». Sous l’impulsion pour qui le Joundallah est d’Abdolmalek Righi qui le notamment entraîné et dirigeait depuis 2003, le équipé par les services de Joundallah a organisé ces renseignement américains. dernières années des attenJEAN-PIERRE PERRIN AFP

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Concerts gratuits sur le Parvis de la Basilique Cathédrale de Saint-Denis Vendredi 2 juillet 18h00

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FRANCE Woerth:latourmenteBettencourt •

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Interrogations sur le rôle de la femme du ministre auprès de l’héritière L’Oréal. Par KARL LASKE

Eric Woerth et sa femme, Florence, le 2 mars, arrivent à l’Elysée, à l’occasion d’un dîner en l’honneur du président russe.

U

n ministre déstabilisé. C’est la première conséquence de la révélation, par le site Mediapart, des enregistrements pirates de l’ancien maître d’hôtel de Liliane Bettencourt. Mentionné à plusieurs reprises dans les discussions entre la milliardaire et son gestionnaire de fortune, le ministre du Travail Eric Woerth a dénoncé, hier, «une tentative de déstabilisation» contre lui. «Je m’étonne que ces accusations aient été lancées le jour où j’ai annoncé la réforme des retraites», a-t-il déclaré au Journal du dimanche. Présenté comme «un ami» par Patrice de Maistre, patron des sociétés de gestion de portefeuilles de l’héritière de l’Oréal, Eric Woerth fait en réalité une entrée fracassante dans le litige qui oppose Liliane Bettencourt à sa fille Françoise pour le contrôle de la fortune familiale. Dans les enregistrements pirates, Maistre évoque les conditions d’embauche de Florence Woerth, l’épouse du ministre, par l’un des holdings du groupe, et diverses interventions d’Eric Woerth, alors ministre du Budget, en faveur du groupe de cosmétiques. Dès vendredi, la porte-parole du PS, Martine Aubry, a demandé «la transparence» dans cette affaire. Le député PS Arnaud Montebourg a dénoncé, samedi, «un conflit d’intérêt, qui s’il était avéré, serait pénalement répréhensible». «Nous avons un ministre du Budget, en même temps trésorier de l’UMP, dont la femme travaille à organiser la fraude fiscale de Mme Bettencourt. En retour cette dernière finance l’UMP», a-t-il résumé. «Je ne connais pas les finances de Mme Bettencourt», a rétorqué le ministre, dans le JDD, en précisant que sa femme n’avait «en aucun cas» été informée de ses pratiques d’évasion fiscale. Ces enregistrements soulèvent de nombreuses interrogations.

DEUX ENJEUX : LE PROCÈS ET NESTLÉ L’embarras du financier de Bettencourt est plus explicite sur deux points. «Avec le procès et avec Nestlé, il faut pas qu’on soit trop manœuvrant et on peut plus avoir sa femme.» Le procès est celui qui oppose mère et fille Bettencourt. Le conseiller justice de l’Elysée, Patrick Ouart, défend activement un classement de l’affaire auprès du procureur de Nanterre. La question de Nestlé est liée

REPÈRES Une enquête préliminaire a été ouverte par le paquet de Nanterre pour «atteinte à la vie privée» après la divulgation d’enre­ gistrements pirates réalisés par le maître d’hôtel de Liliane Bettencourt. Ce dernier et l’informaticien qui les a convertis en CD­ Rom ont été remis en liberté après leur garde à vue, vendredi. De même que l’ancienne comptable de Bettencourt.

AP

LES CIRCONSTANCES D’UNE EMBAUCHE Florence Woerth est entrée en 2007 dans la société Clymene, gestionnaire du portefeuille de Liliane Bettencourt. Dans les écoutes, Patrice de Maistre évoque cette embauche, le 23 avril 2010, comme un regret. «Je me suis trompé quand je l’ai engagée, déplore-t-il. […] J’avoue que quand je l’ai fait, son mari était ministre des Finances [ndlr, du budget], il m’a demandé de le faire. […] J’l’ai fait pour lui faire plaisir. Mais c’est une femme intelligente, c’est pas une imbécile. Aujourd’hui, ça fait trop de bruit.» Issue d’HEC, ancienne cadre de la banque Palatine et de Rothschild et cie, Florence Woerth n’a pas le profil de l’employée fictive. C’est d’ailleurs l’un des arguments d’Eric Woerth, qui assure n’avoir «jamais demandé qu’on embauche son épouse». «Elle est salariée et non pas dirigeante, dit-t-il au JDD. Son rôle est de placer les dividendes de L’Oréal perçus par Mme Bettencourt.» En tout cas, en avril 2010, Patrice de Maistre juge le maintien de Florence Woerth dans la société «trop dangereux» médiatiquement et envisage de «lui donner de l’argent».

PHOTO GOUHIER­ GUIBBAUD.; ABACAPRESS;COM

«ETAT DE FAIBLESSE ?»

aux projets du groupe suisse d’une prise de contrôle de L’Oréal dont il est second actionnaire. «On m’a dit que Sarkozy pouvait être très important dans tout cela, indique Maistre en janvier 2010. Parce que si Sarkozy dit à Nestlé: “Je vous préviens, je ne suis pas d’accord.” Ça sera très difficile.»

en plusieurs dizaines de millions d’euros, au moment où Eric Woerth se déclare en «lutte contre tous les fraudeurs». Mais rien dans les écoutes ne permet d’incriminer son épouse.

DES DONS QUI ENTRETIENNENT L’AMITIÉ Le financier de Bettencourt propose quelques UNE FRAUDE FISCALE EMBARRASSANTE chèques pour la campagne des régionales de Florence Woerth a-t-elle pu ignorer les opéra- l’UMP, dont Eric Woerth est le trésorier. «Des tions de dissimulation fiscale révélées par les sommes très mineures», souligne Patrice de Maisécoutes? Eric Woerth est catégorique. «Elle aurait tre, pas plus de 7500 euros, mais qui montrent un évidemment démissionné dans la seconde» déclare- «soutien». Trois noms sont prononcés : Valérie t-il dans le JDD. «Il faut qu’on arrange Pécresse, Eric Woerth et Nicolas les choses avec vos comptes en Suisse, DÉCRYPTAGE Sarkozy. «Vous savez, en ce moment, dit Patrice de Maistre, en octoil faut que l’on ait des amis», conclut bre 2009, à Liliane Bettencourt. Il ne faut pas que Maistre. Autre dossier: Eric Woerth ne serait pas l’on se fasse prendre avant Noël.» «A partir de jan- étranger à la contribution de Liliane Bettencourt vier, c’est M. Woerth qui a fait la loi, la France peut –dix millions d’euros– pour la construction d’un demander aux Suisses si vous avez un compte là- auditorium à l’Institut de France. Ce projet du bas. Je suis en train de m’en occuper et de mettre un ministre du Budget, qui a fait perdre ses locaux compte à Singapour. Parce qu’à Singapour, ils ne industriels à l’Hôtel de la monnaie, avait été fipeuvent rien demander.» Les transferts se chiffrent nancièrement très contesté. •

Agée de 87 ans, Liliane Bettencourt est la fille d’Eugène Schueller, le fon­ dateur du groupe L’Oréal. Elle est au troisième rang des femmes les plus riches du monde. Sa fille, Fran­ çoise Bettencourt­Meyers, soutient qu’elle est «en état de faiblesse» depuis le décès de son mari, André Bettencourt, en 2007. Les dons et libéralités accordées par Liliane Bet­ tencourt au photographe François­Marie Banier sont à l’origine d’une plainte de sa fille Françoise Betten­ court­Meyers, en décem­ bre 2007. Le procès du photographe pour «abus de faiblesse» doit s’ouvrir le 1er juillet à Nanterre.


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LIBÉRATION LUNDI 21 JUIN 2010

FRANCE

Villiers-le-Bel: aprèsles émeutes, lesassises

25 novembre 2007: collision fatale entre deux jeunes et une voiture de police. PHOTO MARTIN BUREAU.AFP

Cinq jeunes sont jugés à partir d’aujourd’hui, accusés de tentatives de meurtres sur des policiers fin 2007. ParPATRICIA TOURANCHEAU

REPÈRES

EURE

C’

OISE

VAL-D'OISE Pontoise

Villiers-le-Bel

Montmorency

YVELINES 10 km

Argenteuil HAUTSDESEINE PARIS

SEINEST-DENIS

CHRONOLOGIE 25 et 26 novembre 2007. A Villiers­le­Bel, Mushin, 15 ans, et Lakamy, 16 ans, sont tués dans la collision entre leur minimoto et une voi­ ture de police. Deux nuits d’émeutes. 90 poli­ ciers blessés dont 5 grièvement par du plomb. 18 février 2008. Arrestations de 37 «objectifs ciblés» dans des cités du Val­d’Oise par la police judiciaire de Versailles. Du 21 juin au 2 juillet 2010. Procès d’assises à Pontoise de cinq accusés, âgés de 23 à 29 ans, pour «tentatives de meurtres» sur des policiers.

«Je n’accepterai jamais d’être le président de la République d’un pays où les voyous tirent sur des fonctionnaires. La meilleure réponse, c’est d’aller les chercher et de leur demander des comptes.» Nicolas Sarkozy lors de ses vœux le 1er janvier 2008

est le procès d’émeutiers de gros calibre qui s’ouvre aujourd’hui devant la cour d’assises du Val-d’Oise pour deux semaines. Les cinq accusés comparaissent en effet pour «tentatives de meurtres commises sur des fonctionnaires de police dans l’exercice de leur fonction par plusieurs personnes agissant en bande organisée» les 25 et 26 novembre 2007 à Villiers-le-Bel, et pour détention d’armes de 1re et 4e catégories : 90 policiers ont été blessés dont certains gravement. Loin des traditionnels jets de cailloux, de projectiles et de cocktails Molotov, ce sont des fusils et du plomb qui ont été utilisés ici contre la police pour régler des comptes après la collision le 25 novembre 2007 entre une minimoto et un véhicule de police ayant tué deux adolescents, Lakamy et Mushin. «DDM». Cet accident mortel provoque alors le lynchage du commissaire Jean-Claude Illy venu sur les lieux. Puis, deux soirs d’affilée, des jeunes gens de la cité dite «DDM» («de derrière les murs») et de celle de la Cerisaie, baptisée «la Zac», se vengent sur les uniformes dépêchés de partout, des commissariats de

3 juillet 2009: premier procès d’émeutiers de Villiers­le­Bel. PHOTO LIONEL CHARRIER. M.Y.O.P

Avec le renfort des «Tarnacois», le collectif Respect

«Cela ne doit pas être le Villiers-le-Bel, c’est presque devenu une routine pour les habitants depuis les émeutes de novembre 2007. Une semaine avant le procès, comme en juillet 2009, lors du jugement de dix personnes pour «jets de pierre», ils ont pris l’habitude de répondre aux questions des journalistes qui viennent prendre la température. Un habitant s’amuse : «On nous demande toujours s’il va y avoir des émeutes au cas où les tribunaux condamneraient les prévenus, comme si on savait ce qui se passait dans la tête d’un émeutier.» «Justice». Des mesures ont été prises pour éviter les flambées de violence : ramassage plus fréquent des poubelles, CRS en renfort aux abords de la ville…La seule variante, c’est le défilé des adhérents du collectif Respect Vérité Justice (RVJ) dans la maison de quartier Salvador-Allende. Des pères de famille avec leurs bambins, des jeunes femmes, des trentenaires en général, assistent tous les mercredis et vendredis

A

à la réunion du collectif créé pour venir en aide aux familles de Lakamy et Mushin, les deux victimes de la collision avec une voiture de police le 25 novembre 2007. Aujourd’hui, le comité de soutien d’une cinquantaine de personnes, constitué en association depuis décembre 2009, réclame une «justice équitable» pour les cinq mis en examen après avoir réclamé leur remise en liberté dans l’attente de leur procès. Le collectif organise depuis un mois des réunions à Rouen, Nantes, Rennes, Marseille. Le syndicat Unité police/SGP-FO s’en est ému en se plaignant, dans une lettre à Brice Hortefeux, que ce comité «incite à la révolte», dénonçant «cet appel à la libération des inculpés». Bachir, président de RVJ, s’insurge:«Les syndicats de police soutiennent leurs collègues qui se sont fait tirer dessus, c’est normal. Mais ils refusent que nous soutenions des personnes qui ont été enfermées sans preuve, en tout cas suite à des dénonciations anonymes et rémunérées.»


LIBÉRATION LUNDI 21 JUIN 2010

FRANCE Cergy et de Sarcelles, de la BAC (brigade anticriminalité) et de la compagnie d’intervention du Val-d’Oise ainsi que des compagnies de CRS 40 et 43. Près d’une centaine de policiers sont blessés par des tirs de fusils à pompe ou de chasse. Du jamais vu. Les syndicats de police s’émeuvent de «cette dérive à l’américaine», à l’instar de Patrice Ribeiro du syndicat d’officiers Synergie: «On sait que des millions d’armes circulent en France sous le manteau. On sait que les trafiquants et les délinquants des cités s’en servent entre eux . Il y avait donc fort à parier qu’ils retournent leurs armes un jour contre nous. Aujourd’hui, ils sortent les fusils. Un jour, on y aura droit.»

29 novembre 2007, trois jours après les émeutes, à Villiers­le­Bel. PHOTO JOEL SAGET. AFP LIGNE VERTE. L’Elysée et le ministère de l’Intérieur ont mis la pression sur les enquêteurs. Nicolas Sarkozy leur a ordonné d’aboutir : «Mettez les moyens que vous voulez, mais ça ne peut rester impuni.» Du coup, la police judiciaire de Versailles a distribué dans les boîtes à lettres des HLM un tract d’appel à témoins promettant de rétribuer les informateurs pour «tout renseignement

susceptible de faire avancer l’enquête et de préserver l’anonymat des témoins». La ligne verte a reçu une centaine d’appels et certains ont «balancé» pour la prime. Un témoin sous X baptisé «PT13/07» a mis les enquêteurs sur la piste de deux des accusés, les deux frères Kamara, Adama et «Abou», qu’il a présentés comme des leaders des affrontements

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tions : «Certaines informations qui nous venaient de sources sérieuses sont infondées. C’est regrettable dans une affaire aussi délicate. Il y a des dommages collatéraux.»

TÉMOIN. Cinq autres sont aujourd’hui renvoyés devant la cour d’assises. L’ordonnance de mise en accusation établie par la juge de Pontoise Magali Tabareau à l’issue de son instruction laisse Un témoin sous X a mis peu de place à les enquêteurs sur la piste une réaction colde deux des accusés, les lective spontanée deux frères Kamara. à Villiers-le-Bel après la mort des avec pour «objectif de tuer deux ados, mais décrit par le des policiers», puis les a menu «des violences organiaiguillés sur d’autres émeu- sées» par un meneur suptiers présumés. posé, Adama Kamara, armé «Œil pour œil, dent pour d’un fusil à pompe et équipé dent» selon un commissaire, d’un talkie-walkie pris à un mille policiers ont investi des policier : «Il s’en servait pour cités du Val-d’Oise le 18 fé- donner des instructions afin de vrier 2008 et arrêté «37 ob- prendre à revers les policiers», jectifs ciblés» : «Ils savaient a expliqué un jeune qui a bien qu’en provoquant la caillassé puis dénoncé, guerre avec des armes à feu, avant de se rétracter. Téon n’allait pas tarder à prendre moin assisté à ce procès, il notre revanche, avec des armes respecte désormais la loi du légales.» Cinq garçons incri- silence. Quant à «PT13/07», minés à tort ont été relâchés une agression au pied de son à l’issue de la garde à vue. La immeuble lui a causé une procureure de Pontoise a dé- perte de mémoire irréméploré ces fausses accusa- diable. •

LA COMÉDIE ROMANTIQUE DU MOIS.  . UNE ROMANCE LUMINEUSE. UN BIJOU Version Fémina Le Nouvel Obs

Brazil



UNE COMÉDIE ISRAÉLIENNE AU CHARME TCHÉKHOVIEN. Télérama

Benjamin Rosoux, un jeune de Tarnac (veste marron), samedi à Pontoise. PHOTO V. NGUYEN. RIVA PRESS

iv Tel-Av

Vérité Justice manifestait samedi à Pontoise.

procès de la banlieue» A l’ordre du jour de la réunion de mercredi dernier, préparer la manif de samedi. Les journalistes et les élus de la ville, jugés «pas assez présents» à leurs côtés, sont laissés à la porte, mais pas les «Tarnacois», dont le collectif de Villiers-le-Bel s’est rapproché par l’entremise de Benjamin Rosoux, l’un des mis en cause, aux côtés de Julien Coupat, dans l’affaire de Tarnac. «Benjamin était en prison avec Maka Kante [l’un des accusés au procès qui s’ouvre aujourd’hui, ndlr]. Ils ont trouvé des similitudes dans leur affaire. Dans l’enquête de police, d’abord, avec les délations anonymes. Puis dans la manière dont leurs procès sont médiatisés et politisés», raconte Eric, du collectif RVJ. Armée. Samedi, lorsque le jeune épicier tarnacois fait son apparition en gare de Pontoise, les membres de Respect Vérité Justice l’étreignent chaleureusement. Benjamin Rosoux dit que «être là pour Maka est la moindre des choses». La venue de ceux que le ministère de l’In-

térieur qualifie «d’anarcho-autonomes» a visiblement donné des sueurs froides à la préfecture du Val-d’Oise. Celle-ci a levé une armée pour encadrer les 200 personnes présentes, dont certaines sont venues de Lille, Marseille, et même Genève. «Aujourd’hui, on est comme Sarko, on a les forces de l’ordre rien que pour nous», s’amuse un militant de la CNT. «La différence, c’est que nous, ils sont pas là pour nous protéger», lui répond, ironique, une jeune femme. Quand les manifestants investissent les marches du tribunal, Bachir prend la parole: «Nous ne voulons pas que le procès qui débute lundi soit celui de la banlieue. Nos amis ne doivent pas être sanctionnés pour l’exemple, mais le plus justement possible.» Dans la foule, les remarques fusent : «Comment un procès peut-il être équitable lorsque […] les assises ont été obtenues sur ordre du président de la République…»

ons de Chans

SS IN J O E DA RIÈRE R A B ALAIN MO ADA

à 5 heures de Paris un film de

Leon Prudovsky

23 JUIN

STÉPHANIE BINET et WILLY LE DEVIN

(Lire également en page 20) A5HDP_libé122x163.indd 3

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FRANCEXPRESSO

CARNET

DécèS

Villepinmetson courantsuralternative DROITE Pour le lancement de son parti, samedi à Paris,

l’ex-Premier ministre a usé de la corde antisarkozyste. Roger DIAMANTIS,

fondateur et protecteur du cinéma Saint André des Arts, est décédé dans la nuit du 14 juin 2010, entouré de l'affection de ses proches. Ses obsèques auront lieu le jeudi 24 juin à partir de 16 heures 30 au cimetière du Montparnasse, 3 boulevard Edgard Quinet, Paris 14ème. L'évocation joyeuse de sa mémoire atténuera la tristesse de sa disparition. "

SouvenirS Discours de Dominique de Villepin, Halle Freyssinet à Paris, le 19 juin. PHOTO LAURENT TROUDE

Jean CARNET

Inspecteur du Travail 5 ans d'absence... Annie Jullien, sa soeur.

La reproduction de nos petites annonces est interdite

Le Carnet

Christiane Nouygues 0140105245

carnet-libe@amaurymedias.fr

e nom n’est pas très original – République solidaire–, le logo assez moche – il représente deux vagues, bleue et rouge, sur le modèle des compagnies de ferries –, mais ça y est : Dominique de Villepin a un parti. Et des fidèles. Ils étaient quelques milliers (6 000, selon les organisateurs, 4000, à vue de nez) à assister, samedi aprèsmidi, au discours fondateur de leur nouveau leader dans la Halle Freyssinet, à Paris. Et à rêver à une candidature à la présidentielle de l’ex-Premier ministre. Boubou. Première impression, le villepiniste de base, c’est la France de la diversité. Dans le public, les représentants des beaux quartiers côtoient ceux des «quartiers» tout court. On voit même quelques femmes noires en boubou, et d’autres, d’origine arabe, qui portent le voile. Certains militants au tee-shirt «Tous solidaires», avec un «v» géant, d’autres avec des badges «Je kiffe Dominique de Villepin». Tous sont là pour communier dans l’antisarkozysme et la vision d’une «certaine idée de la France», de cette France gaullienne que Villepin fait vivre dans ses discours. Après une arrivée de rock star (traversée de la foule entourée d’une dizaine de gros bras, en retard sur l’horaire), le nouveau patron de République solidaire va donner à son public ce qu’il attend.

L

La référence à l’histoire de France : les révolutions de 1789, de 1830, le 18 juin 1940, mais aussi le souvenir de figures comme Abd elKader, Aimé Césaire, Toussaint Louverture… Il n’oublie pas la célébration de son grand fait d’armes – le discours à l’ONU, en 2003, pour dire non à la guerre en Irak – et rappelle le «discours du

A tous ceux qui, comme lui, ne se reconnaissent plus dans la majorité, mais ne veulent pas d’un Parti socialiste qui n’aurait pour projet qu’une «société de l’impôt et de l’assistance», il veut offrir une «alternative». «A 56 ans, je ne m’engage pas par ambition, encore moins par opposition à qui ce soit, promet-il. J’ai écarté toute rancune.» Et de décliner des Tous sont là pour communier propositions dans l’antisarkozysme et qui vont cherla vision d’une «certaine idée cher à gauche de la France», de cette France (suppression du bouclier fisgaullienne… cal, hausse des Vel d’Hiv» de Jacques Chirac, impôts pour les riches, et qui avait «réconcilié» la na- taxation du capital), comme tion «vis-à-vis des juifs de à droite (suppression de l’ISF France». et abandon des 35 heures). Vient enfin la dénonciation Style. En matière institude la politique du gouverne- tionnelle, cependant, le style ment, coincée dans un «déni de Sarkozy sert de repousde réalité». «Le chômage, ça soir : il faut, dit Villepin, ira mieux. C’est certain nous «un président au-dessus de la dit-on. C’est facile quand on a mêlée», des ministres qui ne pour toute politique de mettre sont pas aux «ordres de un cierge à une croissance mi- conseillers politiques de l’Elyraculeuse !» lance-t-il sous sée», «rompre le lien hiérarles acclamations. Avant de chique entre le parquet et le dresser la longue liste des er- pouvoir politique», et «interreurs de Nicolas Sarkozy : dire aux groupes dépendant de «Les dérives du débat sur la commande publique de posl’identité nationale» qui ins- séder des médias». trumentalisent «la peur de Le discours est fini. Et, après l’immigré» et «la peur de l’Is- une Marseillaise expédiée, lam», le «Kärcher» qui tient Villepin repart. La salle se «lieu de politique économique vide, sans savoir quels sont et sociale», les «petits jeux les prochains rendez-vous de tactiques de l’ouverture», la République solidaire. L’inréintégration de la France tendance, ce n’est pas le dans le «commandement in- problème de son président. tégré de l’Otan»… NICOLAS CORI

DÉCRYPTAGE Par LILIAN ALEMAGNA

Pierre Laurent entend relancer le Front de gauche n changement de tête et un Front de gauche relancé. Le 35e congrès du PCF s’est achevé hier avec l’élection d’un nouveau secrétaire national, Pierre Laurent, et la décision de poursuivre le Front de gauche et la «transformation» du parti.

U

Qui est Pierre Laurent? Ancien directeur de la rédaction de l’Humanité, le nouveau secrétaire national du PCF, 52 ans, était, depuis décembre 2008, le bras droit de Marie-George Buffet. Elu hier à plus de 80% (il était seul candidat après le retrait de l’eurodéputé Jacky Hénin), Pierre Laurent est issu d’une famille PCF pur cru. Son père, Paul, était proche de Georges Marchais. Mais «mon nom ne figure sur aucun testament secret légué par ma famille au bureau politique des années 90», a-t-il plaisanté hier. Considéré comme un homme de dialogue, fin connaisseur de l’appareil, il traîne cependant son manque de charisme. Depuis mars, Pierre Laurent est conseiller régional d’Ile-deFrance où il a mené la liste du Front de gauche (6,55%), dont il défend, dans le sillage de Buffet, «l’élargissement». Comment poursuivre le Front de gauche? L’expérience continue pour

le PCF, le PG de Jean-Luc Mélenchon et la Gauche unitaire de Christian Picquet. A plus de 76%, les délégués ont approuvé le principe d’un «pacte d’union populaire», «ouvert à tous ceux qui le souhaitent». La «discussion» doit être lancée mi-septembre à la Fête de l’Humanité et «associer citoyens et acteurs du mouvement social» sous formes d’ateliers, de collectifs, de conventions… «On prend les choses dans le bon ordre», s’est réjoui Laurent. Une manière pour les communistes d’aborder 2012 par le «projet» plutôt que par le «casting» et mettre de côté la candidature Mélenchon pour en proposer une «maison», réclamée par les militants. Quel avenir pour le PCF? La direction promet de poursuivre le renouvellement des cadres et amplifier le lien entre «luttes sociales» et «débat d’idées». Quant au grand parti souhaité par Mélenchon, les communistes n’en veulent toujours pas. Ni des adhésions directes au Front de gauche. Demandant un «bilan» du Front de gauche, les orthodoxes et les proches de l’ex-numéro 1 Robert Hue ont recueilli près de 30% des voix dans une résolution alternative. Trop peu pour empêcher la nouvelle direction de poursuivre le chantier engagé par Buffet. •

ÉCHAUFFOURÉES À BELLEVILLE Voitures de police renversées, courses­poursuites, ten­ sions intercommunautaires et trois interpellations. Des échauffourées ont éclaté hier dans le quartier pari­ sien de Belleville en marge d’une manifestation de milliers de Chinois et d’Asiatiques d’origine chinoise (8500 selon la police) qui protestaient contre l’insécurité dont ils se disent victimes. Vers 17h35, des incidents ont éclaté dans le quartier entre une cinquantaine de jeunes manifestants et des jeunes extérieurs au cortège, d’origines maghré­ bine et africaine. Belleville s’est embrasé. Des Maghrébins ont été pris à partie. «Ça s’est transformé en émeute raciale», selon une habitante du quartier. Hier vers 22heures, la tension était toujours palpable. M.F. PHOTO BRUNO CHAROY


ECONOMIE Pernodveillesursaféeverte

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Une région suisse veut se réserver l’appellation exclusive «absinthe». Le français contre-attaque. Par YANN PHILIPPIN

L

e berceau de «la fée verte» est niché sur les contreforts boisés du Jura, entre Pontarlier (Doubs) et la paisible région suisse du Val-de-Travers. Mais depuis que les Helvètes ont lancé une OPA sur l’absinthe, la «boisson qui rend fou» enflamme les esprits. Le 31 mars, les producteurs du Val-de-Travers ont obtenu auprès de l’Office fédéral de l’agriculture suisse (Ofag) une indication géographique protégée sur la boisson mythique et ses surnoms, «la fée verte» et «la bleue». S’il n’y a aucune contestation d’ici le 30 juin, ils seront les seuls autorisés à vendre de l’absinthe, d’abord en Suisse, puis en Europe. GORGÉE. Côté français, on ne digère pas cette tentative d’avaler un monument du patrimoine national, ancêtre du pastis. «Leur objectif final est de nous piquer l’appellation au niveau mondial. Nous devons nous défendre», s’indigne César Giron, PDG de Pernod, leader historique, avant la prohibition de 1915, et qui revendique aujourd’hui 25% du marché mondial. «Nous allons déposer un recours dans les prochains jours auprès de l’Ofag, indique à Libération Marie Benech, directrice générale de la Fédération française des spiritueux. L’absinthe est un terme générique. C’est comme si la Martinique voulait l’exclusivité du rhum ! On ne peut pas laisser passer ça, c’est une question de principe.» C’est aussi une question de gros sous. Depuis la levée de l’interdic- Affiche publicitaire pour l’absinthe supérieure illustrée par Leydet vers 1910. COLL.PERRIN.KHARBINE­TAPABOR tion dans les années 2000, les ventes explosent : +25% par an en- de l’absinthe est née dans le Val- tes les classes sociales et inspire les vouloir séparer le berceau historique tre 2004 et 2009. Le marché est de-Travers à la fin du XVIIIe siècle. artistes, de Van Gogh à Picasso en et la capitale économique de l’absinmodeste (3,2 millions de bouteilles La première distillerie est fondée passant par Verlaine et Rimbaud. the», soupire le caviste Philippe l’an dernier, dont la moitié aux en 1797 par Daniel Henri Dubied et Avant d’être interdite en Suisse Chapon, fin connaisseur de «la Etats-Unis) mais très rentable. Car son beau-fils, Henri-Louis Pernod. comme en France pour ses suppo- bleue» et président de l’association la fée verte séduit les branchés des Mais ce dernier franchit la frontière sés effets toxiques, et surtout pour des amis du musée de Pontarlier. métropoles anglo-saxonnes, prêts dès 1805 pour échapper aux taxes, tenter d’endiguer l’alcoolisme. «Nous avons de quoi répondre à touà débourser 50 euros la et fonde Pernod Fils à Pontes les oppositions», a assuré à la bouteille pour s’offrir une tarlier. La fée verte fait vite «BERCEAU». Des deux côtés de la presse suisse le président de l’AssoRÉCIT gorgée d’interdit et sala fortune de la ville, où se frontière, on peut donc de bon droit ciation des producteurs du Val-devourer le rituel traditionnel de l’ab- concentre l’essentiel de la produc- revendiquer l’héritage. Ironie du Travers. Le rapport de force s’est sinthe, qu’on dilue en faisant déli- tion, avec plus de 3000 emplois. Et calendrier, une route touristique de inversé depuis la fin de la prohibicatement couler l’eau à travers un c’est en France, dans les cafés de l’absinthe reliant Pontarlier au Val- tion. Il y a désormais 25 distilleries morceau de sucre posé sur une Montmartre, que l’absinthe devient de-Travers va ouvrir le mois pro- côté suisse, contre 2 à Pontarlier. Et cuillère perforée. la boisson emblématique de la Belle chain, avec le soutien financier des Pernod produit désormais sa fée Les Suisses peuvent-ils vraiment Epoque. Avec 90% des ventes collectivités locales françaises. verte à Marseille. Surtout, la France rafler la mise ? Historiquement, d’apéritifs au début des an- «Cela fait six ans que je défends ce autorise l’absinthe depuis 2001… personne ne conteste que la recette nées 1900, elle est chérie dans tou- projet fédérateur. Il est absurde de Mais pas le nom ! Les producteurs

REPÈRES

25%

C’est la hausse annuelle des ventes d’absinthe depuis 2004, selon Pernod Ricard, qui revendi­ que un quart du marché mondial.

w Les opposants à la fée verte (ligues antialcooliques, lobby viti­

cole) ont fait interdire l’absinthe en 1915 en accusant la thuyone, un composé aux effets neurotoxiques, de provoquer, à haute dose, hallu­ cinations et convulsions. Un diagnostic aujourd’hui contesté, vu le fai­ ble taux retrouvé dans certaines absinthes de l’époque. Pour ses partisans, les dangers venaient du degré d’alcool (70°), de la surcon­ sommation et de la qualité médiocre des absinthes bas de gamme. w Légalisée en 2001 en France, l’absinthe moderne ne doit pas conte­ nir plus de 35 mg de thuyone par litre pour éviter tout risque sanitaire.

doivent inscrire sur l’étiquette l’appellation hypocrite «spiritueux aux plantes d’absinthe». «Ça ne nous aide pas», reconnaît Marie Benech de la Fédération française des spiritueux. Elle milite pour que l’absinthe soit enfin «dédiabolisée». Mais le ministère de l’Agriculture reste inflexible. Pour autant, le Val-de-Travers n’est pas sûr de gagner. En 2005, ses producteurs avaient tenté de rafler l’appellation «raclette», au détriment des autres producteurs suisses et français. Ils ont été déboutés après deux ans de procédure par le Tribunal fédéral de Genève, la plus haute instance judiciaire suisse. •

PERNOD RICARD Roi de l’absinthe, Pernod est fondé en 1805. Après la prohibi­ tion, il se reconvertit dans les ani­ sés puis fusionne avec Ricard en 1975. Avec 7,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, le groupe est numéro 2 mondial des spiritueux.


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LIBÉRATION LUNDI 21 JUIN 2010

ECONOMIEXPRESSO

DÉCRYPTAGE Par LUC PEILLON

Fonctionnaires avec trois enfants: partez vite! e diable se cache dans les articles de loi. Et pour les fonctionnaires parents de trois enfants, dans le numéro 18 du projet de loi sur les retraites. Aujourd’hui, les fonctionnaires, pères ou mères de trois enfants, et ayant quinze ans de service, peuvent liquider leur retraite sans avoir à attendre l’âge légal de 60 ans. Cet avantage qui touche près de 15000 personnes par an est supprimé dans le projet du gouvernement, à partir du 31 décembre 2011. Autrement dit, il faut avoir 3 enfants et 15 ans de service avant cette date pour pouvoir encore en bénéficier. Mais une autre règle, très restrictive, a été discrètement introduite dans le projet du gouvernement, qui devrait être appliquée dès le 13 juillet de cette année… Avec pour conséquence, une diminution de la pension attendue par ces familles. Explication.

L

Aujourd’hui, les pensions des fonctionnaires ayant 3 enfants ET 15 ans de service sont calculées suivant les règles en vigueur au moment où ces deux conditions sont remplies. Et ce, quelle que soit la date de leur départ

en retraite. Par exemple, si une femme a eu 3 enfants et comptabilise 15 ans de service en 2002 (soit avant la réforme de 2003 introduisant la décote), ce sont les règles en vigueur en 2002 qui s’appliquent. Elle peut donc partir sans décote quand bon lui semble. Voilà le changement: selon le projet de loi du gouvernement, si elle ne fait pas sa demande de départ avant le 13 juillet 2010, elle se verra appliquer les règles en vigueur aujourd’hui : elle pourra partir avant 60 ans, mais cette fois avec une décote, même si elle a eu ses 3 enfants et ses 15 ans de service avant la loi de 2003 sur la décote. Autant dire que l’avantage va être considérablement réduit. Les fonctionnaires parents de 3 enfants n’ont plus que trois semaines pour en profiter à plein. «Non seulement le système est supprimé très rapidement, s’insurge Brigitte Jumel de la CFDT fonctionnaires. Mais en plus les nouvelles règles de calcul très pénalisantes vont être appliquées de façon rétroactive puisqu’il est fait référence à une date antérieure au vote de la loi, qui devrait intervenir en septembre.» •

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C’est, en milliards de dol­ lars (40 milliards d’euros), la somme que BP va lever sur les marchés financiers pour faire face au coût de la marée noire dans le golfe du Mexique.

Jean-ClaudeTrichet, Teutonsflingueur ZONE EURO Le gouverneur de la BCE a vertement

répondu aux critiques de son homologue allemand.

«En l’état du projet du gouvernement sur les retraites, une nouvelle réforme sera nécessaire en 2020.» Dominique de Villepin hier

LE LIVRE

Jean­Claude Trichet. PHOTO JEAN­CHRISTOPHE VARHAEGEN. AFP

WILLIAM BOURDON FACE AUX REQUINS William Bourdon est l’un des avocats les plus impli­ qués dans la lutte contre la délinquance économique. Dans Face aux crimes du marché, il revient sur de rudes combats contre des multinationales (Union Car­ bide, Exxon, Total) multi­ pliant les procédés dilatoires pour fuir leurs responsabilités: «Les batailles judiciaires contre de tels monstres internatio­ naux ont vocation à s’éter­ niser», admet­il. Mais le fondateur de l’association Sherpa, souvent associé au CCFD, Transparence et Anticor, n’est pas homme à renoncer. S’il croit mordicus à l’arme du droit, William Bourdon dénonce «l’insuffi­ sance des conventions internationales contre la corruption, la résistance des Etats à prévoir des sanctions pénales adap­ tées, qui laissent le champ de plus en plus libre à ce que la mondialisation fabri­ que jour après jour: l’alliance entre la raison d’Etat et la raison du mar­ ché.» Ou le «dumping éthi­ que» des Occidentaux vaut le «dumping environnemen­ tal et social de la Chine». Un livre touffu, engagé, qui ne lâche rien. R.L. Face aux crimes du marché de William Bourdon, éd. la Découverte, 336 pp., 23 euros.

es couteaux sont tirés entre Jean-Claude Trichet et Axel Weber. Le patron de la Banque centrale européenne (BCE), dans un entretien au journal allemand Welt am Sonntag paru hier, épingle implicitement le chef de la Bundesbank qui espère lui succéder en 2011 : «J’aurais aimé, dit Trichet, que l’opinion publique allemande réagisse avec la même colère contre la rupture du Pacte de stabilité en 2004 que celle manifestée contre notre décision d’acheter des obligations d’Etat [de la zone euro en difficulté budgétaire, ndlr].» Pour lui, il n’y avait pas d’autre choix que de briser ce tabou de la politique monétaire : «La situation était trop dramatique, l’Europe était l’épicentre de la crise à ce moment-là.» Aventurisme. Ce n’est pas l’avis d’Axel Weber qui, depuis le 10 mai, et la décision de la BCE de racheter sur le marché des emprunts grecs, espagnols, portugais ou italiens afin de soutenir leurs cours –et donc de faire baisser les taux d’intérêt réclamés par les investisseurs –, dénonce dans les médias l’aventurisme de la banque, accusée de représenter «de graves risques pour la stabilité». En langage de banquier central, la réplique de Trichet vaut la sortie d’Anelka… Le malaise est réel : c’est la première fois, depuis 1999, qu’un gouverneur critique une décision de la BCE. Jusqu’à présent, chacun assumait la politique décidée en

L

commun, même s’il avait été mis en minorité au sein du Conseil des gouverneurs de la banque centrale de la zone euro. En l’occurrence, le rachat de la dette souveraine a été voté «à une écrasante majorité», comme l’a souligné à plusieurs reprises Trichet. Mais les Allemands ont encore en travers de la gorge les modalités de sauvetage des pays attaqués par les marchés. En renfort du plan de stabilisation de 500 milliards d’euros adopté par les ministres des finances de l’UE, la BCE a en effet décidé de «monétiser» partiellement la dette publique : contournant l’interdiction que lui font les traités européens de souscrire directement des emprunts auprès des Etats, elle a commencé à racheter les dettes souveraines des pays sous pression sur le marché secondaire, celui de la revente. Entre le 10 mai et le 18 juin, la BCE a ainsi acquis pour 47 milliards d’euros d’obligations d’Etat. Pour Weber, le gardien de l’orthodoxie monétariste allemande, c’est là commettre une double faute: prendre le risque d’accroître la masse monétaire et donc relancer l’inflation; donner un sentiment d’impunité aux Etats qui voient leurs excès épongés sans efforts… Rafraîchir. Consciente de la phobie allemande vis-à-vis de la hausse des prix, la BCE a assuré ne pas faire marcher la planche à billets (puisqu’elle retire en parallèle des liquidités du marché). Sans

totalement rasséréner outreRhin. Du coup, Jean-Claude Trichet s’emploie à rafraîchir la mémoire des Allemands : ce sont eux, avec la complicité de la France, qui ont refusé en 2004 que le Pacte de stabilité s’applique à Berlin (et à Paris), et impulsé une réforme qui l’a largement vidé de sa substance. Une réalité qui n’empêche pas aujourd’hui Berlin de réclamer son durcissement… De notre correspondant à Bruxelles JEAN QUATREMER

(Annonces légales)

AVIS DE CHANGEMENT DE SIEGE SOCIAL DENOMINATION : DECOBATIMENT Forme : SARL Capital : 1 500 € 451 505 192 RCS Paris Siège social : 102, rue du chateau 75014 Paris Objet : Architecture intérieure Gérant : Gilles PELLETREAU, demeurant 32, bd Maxime Gorki 94 800 VILLEJUIF Aux termes de la décision de gérance du 26/05/2010, il a été décidé de transférer le siège social du 102, rue château 75014 Paris au 32, bd maxime Gorki 94 800 VILLEJUIF à compter du 22/06/2010. L’article 4 des statuts modifié en conséquence. sera Mention sera faite au RCS de Créteil 94011.

AVIS DE CONSTITUTION DENOMINATION : DEUZ Forme : SARL Capital : 10 000 € Siège social : 109, rue Ordener 75018 Paris Objet : Création et commercialisation tant en France qu’à l’étranger d’objets, accessoires, articles d’édition, vêtements et autres articles, ayant un rapport avec l’univers de l’enfant, sans que ce soit une obligation. Gérant : Mlle Charlotte Findeling, demeurant 109, rue Ordener 75018 Paris nommé pour une durée indéterminée. Durée : 99 ans Immatriculation au RCS de Paris


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MONDIAL LUNDI 21 JUIN 2010

Felipe Melo s’appuyant sur son coéquipier Michel Bastos. PHOTO

Brasildefous

ADNAN ABIDI. REUTERS

Une Seleção réaliste a dominé, hier, une Côte-d’Ivoire combative. A Johannesburg BRÉSIL

CÔTE­D’IVOIRE

31 Fabiano (25e, 50e) Elano (62e)

Drogba (79e)

U

ne fausse alerte à la bombe au Green Point Stadium du Cap, des explosions près du Soccer City, des menaces de mort contre le Nigérian Sani Kaita, la chasse au traître navrante à l’entraînement des Bleus, la démission de Jean-Louis Valentin, directeur adjoint de la Fédération française de football… Ce dimanche, tout en tensions, polémiques et rebondissements, a eu le don de mettre un coup de fouet à une compétition qui s’enlisait petit à petit dans l’ennui

SOMMAIRE

AFP

ALEXIS SANCHEZ, CHILI SHOW Le milieu de terrain chilien s’impose à 21 ans comme l’une des attractions de ce Mondial. Belle revanche pour un gamin qui a appris à jouer «pieds nus entre les pierres». Page 17

«Nous n’avons pas eu beaucoup de chance. Mais nous n’avons pas fait grand-chose non plus.» Marcello Lippi le sélectionneur italien après le nul (1­1) concédé face à la Nouvelle­Zélande Page 16

L’ESPAGNE FACE À SES VIEUX DÉMONS Les joueurs de Vicente Del Bosque, partis favoris, se retrouvent dans l’obligation de gagner face au Hondu­ ras ce soir. Histoire de casser l’image de losers qui leur colle à la peau en Coupe du monde. Pages 17 et 18

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Le nombre de penaltys réussis par le Ghanéen Asamoah Gyan, en deux matchs, seul buteur des Black Stars de cette Coupe du monde.


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LIBÉRATION LUNDI 21 JUIN 2010

MONDIAL 2010

Lespeintresitaliensàl’œuvre

le plus profond. Une agitation qui a quelque part servi de lever de rideau, à l’un des chocs les plus excitants de la phase de poule : Brésil - Côte-d’Ivoire. Une sorte de climax footballistique en théorie capable de réconcilier même les plus grincheux avec l’idée de jeu et de spectacle. Malgré leur victoire contre la Corée du Nord, les Brésiliens ont montré qu’ils n’étaient pas à la hauteur de leur historique réputation. Le joga bonito est mort depuis que Dunga a fait de la Seleção un monstre d’efficacité. Un bloc en béton bâti uniquement pour gagner. Pas pour enthousiasmer. Les Ivoiriens, talentueux mais innocents, s’en sont rapidement rendu compte. Incapables de lire les temps du match et très maladroits dans leurs derniers gestes, les Elephants ont donné une terrible sensation d’impuissance pendant toute la partie. En gros, ils se sont fait braconner par des Auriverde implacables et toujours à l’affût de la moindre petite erreur. Il va falloir s’y habituer, ce Brésil-là contre-attaque plus qu’il n’attaque. Détruit plus qu’il ne construit, mais continue à déséquilibrer les défenses adverses de manière toujours aussi foudroyante. Luis Fabiano symbolise à

GROUPE F La Squadra Azzurra, avec un Cannavaro fatigué, a enchaîné

un deuxième match nul inquiétant face à la Nouvelle-Zélande. ses cartes à la va-comme-je-tepousse. Parce qu’il n’a pas assez d’atouts dans sa manche ?

Cassano oublié

Les Eléphants se sont fait braconner par des Auriverde implacables.

Le détail qui tue: la plus grande menace offensive de l’Italie s’appelle Daniele De Rossi. Il joue milieu défensif. Buteur contre le Paraguay, le joueur de la Roma a obtenu hier le penalty égalisateur. Pendant ce temps-là, ses attaquants font de mauvais appels, ratent leurs dribbles, foirent leurs contrôles. Orpheline de Del Piero (trop vieux), Totti (trop dilettante), et Pirlo (trop blessé), la Nazionale souffre aussi de ne pouvoir s’appuyer sur un créateur. Pour l’heure, c’est De Rossi –encore lui– et Montolivo qui s’en chargent. Un peu court. Et rageant, car le talent existe. Il s’appelle Antonio Cassano, porte beau, oriente express et trouve les espaces même là où il n’y en a pas. Hélas, il ne viendra pas sauver la Squadra. Avant-hier, alors que les Italiens préparaient leur match contre les Kiwis, l’enfant terrible du foot italien disait oui à Carolina Marcialis. Cela se passait à Portofino, à plus de dix heures de vol de l’Afrique du Sud.

Ryan Nelsen à la bagarre avec Vincenzo Iaquinta et Giorgio Chiellini. PHOTO FILIPPO MONTEFORTE. AFP le pays entier, disait au revoir aux Bleus et s’engageait chez les Qataris d’Al Gharrafa Doha. Le golfe Persique, c’est aussi là Iaquinta (29e) Smeltz (7e) que jouera la saison prochaine Fabio Cannavaro. Le capitaine igné Squadra ! En con- de l’équipe d’Italie a signé un cédant hier un incroya- contrat avec Al-Ahli Dubaï il y ble nul face à la Nouvel- a deux semaines. On espère le-Zélande – qui vient pour ses employeurs qu’il y sera s’ajouter au partage des points meilleur qu’en sélection. inaugural contre le Paraguay–, Déjà coupable sur le but paral’Italie a confirmé ses difficul- guayen, le champion du monde tés à entrer dans un Mondial. et Ballon d’or 2006 a récidivé Cela ne signifie pas qu’elle ne hier contre la Nouvellegagnera pas à la fin, mais tout Zélande, en se faisant prendre de même. Avant le match cou- comme un pupille sur le but de Smeltz (7e). Au total, Cannavaro n’est pas Le détail qui tue: la plus loin d’avoir déjà grande menace offensive coûté quatre points de l’Italie s’appelle Daniele De à son équipe. Ses hiRossi. Il joue milieu défensif. malayesques performances de 2006 lui peret qui l’attend jeudi contre avaient valu le surnom de «mur la Slovaquie, voici ses motifs de Berlin». Visiblement, ced’inquiétude. lui-ci aussi s’est effondré. A Nelspruit

ITALIE

N.­ZÉLANDE

11

merveille ce Brésil façon Tonnerre mécanique. Pas glamour pour un sou, mais terriblement dangereux. Comme à la 25e minute, moment choisi par «O Fabuloso» pour parachever la seule bonne combinaison brésilienne de la première mi-temps d’un missile en pleine lucarne de Barry Copa. 1-0 à la mi-temps pour des Brésiliens qui n’ont pas brillé et qui se sont juste contentés d’anesthésier les rares velléités des Eléphants. De retour des vestiaires, le Brésil saupoudre d’un peu de magie une victoire déjà acquise. Luis Fabiano encore lui, régale le Soccer City de deux magnifiques combinaisons mains-sombreros, avant de parachever son festival par une frappe dans le petit filet. «Golaço» et 2-0. Puis 3-0 sur un service de Kaká (expulsé en fin de match après un second carton jaune) pour Elano (62e). La Côte-d’Ivoire et son emmental de défense ne s’en remettront pas. De toute façon, elle n’a jamais donné la sensation de vouloir se rebeller à l’instar d’un Didier Drogba plâtré au bras comme sur la pelouse. Le capitaine ivoirien aura au moins eu le mérite de sauver l’honneur des siens à dix minutes de la fin. Et de découvrir peut-être l’une des rares faiblesses du grand favori : l’excès de confiance en son potentiel. Rien que ça.

S

Envoyé spécial à Johannesburg JAVIER PRIETO SANTOS

Cannavaro dépassé

Lippi embrouillé

Dans le jargon, cela s’appelle faire une «Marcel Desailly». Monstrueux au Mondial98, impeccable à l’Euro 2000, le défenseur central des Bleus avait abordé l’Euro2004 en capitaine fatigué. Quatre matchs plus tard, le bon Marcel, moqué par

Contre le Paraguay, Lippi avait commencé en 4-3-3, avant de passer dare-dare en 4-4-2. Contre la Nouvelle-Zélande, il a fait l’inverse. Alors qu’il avait placé Iaquinta et Gilardino en pointe, le coach a rapidement changé son fusil d’épaule pour

repasser à trois attaquants. Et alors ? Alors, rien. Les matchs se succèdent, Lippi redistribue les cartes, mais le jeu ne vient pas. En 2006, le monde du football avait comparé les costards, le cigare et la souplesse tactique de Marcello à ceux d’un caïd de Las Vegas. Aujourd’hui, le vieux «Mister» traîne sa peine en jogging rouge et donne l’impression de lancer

SIMON CAPELLI-WELTER et STÉPHANE RÉGY

LE PARAGUAY CONTRÔLE LE GROUPE F Centres pas vraiment centrés, passes en profondeur trop profondes et marquage trop lâche. Vera (27e) Que retenir d’autre de ce Riveros (86e) Slovaquie­Paraguay, qui n’avait pas attiré grand monde dans les tribunes hier en début d’après­midi? Les deux gardiens ont été gentils d’apporter à la rencontre un peu de couleur grâce à leurs tenues fluos. Skrtel a perdu une chaussure (17e), et Vera et Riveros ont marqué des buts (27e, 86e). Le premier d’un extérieur du droit, le second d’une frappe des 16 mètres. Domination paraguayenne, donc. Au vrai, les Guaranis, qui avaient déjà malmené l’Italie lors de leur entrée dans la compétition, et que Roque Santa Cruz présente comme «la meilleure équipe du Paraguay de tous les temps», ont clairement survolé cette rencontre. En face, les Slovaques étaient tatoués, rasés, mais pas vraiment impliqués. La preuve, leur première action offensive notable est survenue à la 92e minute. Ce matin, le Paraguay (4 points) est en tête du groupe F. Comme fastidieux. NOÉMIE PANNACINO A Blœmfontein

SLOVAQUIE

PARAGUAY

02

TABLEAU DES GROUPES Groupe A

J Diff

Groupe B

Pts

J Diff

Groupe C

J Diff

Groupe D

J Diff

Groupe E

Pts

J Diff

Groupe F

Pts

J Diff

Groupe G

J Diff

Groupe H

Uruguay

Pts 4

2

+3

Argentine

6

2

+4

Slovénie

4

2

+1

Ghana

4

2

+1

Pays­Bas

6

2

+3

Paraguay

4

2

+2

Brésil

6

2

+3

Suisse

3

1

+1

Mexique

4

2

+2

Corée du Sud

3

2

­1

Angleterre

2

2

0

Allemagne

3

2

+3

Japon

3

2

0

Italie

2

2

0

Portugal

1

1

0

Chili

3

1

+1

France

1

2

­2

Grèce

3

2

­1

Etats­Unis

2

2

0

Serbie

3

2

0

Danemark

3

2

­1

Nlle­Zélande

2

2

0

Côte­d’Ivoire

1

2

­2

Espagne

0

1

­1

Afrique du Sud

1

2

­3

Nigeria

0

2

­2

Algérie

1

2

­1

Australie

1

2

­4

Cameroun

0

2

­2

Slovaquie

1

2

­2

Corée du Nord

0

1

­1

Honduras

0

1

­1

Australie Ghana Serbie Australie Allemagne Serbie

Pays­Bas Japon Pays­Bas Cameroun Danemark Cameroun

1­1 Italie N.­Zélande 1 ­ 1 1­1 Italie Slovaquie 0 ­ 2 ­ Slovaquie ­ Paraguay

Paraguay Slovaquie N.­Zélande Paraguay Italie N.­Zélande

Afr. du Sud 1 ­ 1 Mexique 0­0 Uruguay France Afr. du Sud 0 ­ 3 Uruguay 0 ­ 2 France Mexique ­ Mexique Uruguay ­ France Afr. du Sud

Argentine Corée Sud Argentine Grèce Nigeria Grèce

1­0 Nigeria 2­0 Grèce 4 ­ 1 Corée Sud 2­1 Nigeria ­ Corée Sud ­ Argentine

Angleterre Algérie Slovénie Angleterre Slovénie Etats­Unis

Pts

1­1 Etats­Unis 0­1 Slovénie 2 ­ 2 Etats­Unis 0­0 Algérie ­ Angleterre ­ Algérie

Allemagne Serbie Allemagne Ghana Ghana Australie

Pts

4­0 0­1 0­1 1­1 ­ ­

2­0 1­0 1­0 1­2 ­ ­

Danemark Cameroun Japon Danemark Japon Pays­Bas

Pts

2 ­ 1 Corée Nord Brésil Côte­d’Ivoire 0 ­ 0 Portugal 3 ­ 1 Côte­Ivoire Brésil ­ Corée Nord Portugal Corée Nord ­ Côte­Ivoire ­ Portugal Brésil

Honduras Espagne Espagne Chili Suisse Chili

Pts

0­1 0­1 ­ ­ ­ ­

J Diff

Chili Suisse Honduras Suisse Honduras Espagne


29

e

fête dela

musique

Notre sélection Paris

Photo AUDOIN DESFORGES

et province

LUNDI 21 JUIN 2010


II

LIBÉRATION LUNDI 21 JUIN 2010

1 Paris e e e 2 4 Musiques traditionnelles chinoises

er

Place des Innocents. M° Châtelet–les–Halles. De 18h à minuit.

Euro Japan Comic

Place Sainte­Opportune. M° Châtelet. De 18h à 22h. w Musiques rock.

Souffle parisien

Rue Baillet. M° Pont­Neuf. De 18h à minuit.

w Musiques rock et électroniques.

36 heures de SaintEustache

Eglise Saint­Eustache –place du Jour. M° Châtelet–les–Halles. Toute la journée, jusqu’à minuit. w Tout style.

MamaMoto Jazz Classique

Square du Vert­Galant –sur la pointe ouest de l’Ile–de–la–Cité. M° Pont­Neuf. De 15h à 21h. w Jazz tout style.

L’Opéra expliqué aux enfants Théâtre du Châtelet –1, place du Châtelet. M° Châtelet. De 15h à 19h30. w Jeune public, musique classique.

IENA et We All Fall A l’angle de la rue Saint­Denis et de la Fontaine–des–Innocents. M° Châtelet–les­Halles. De 18h à 20h. w Musiques rock.

One Beer Carrefour des rues Montmartre et Rambuteau. M° Châtelet–les– Halles. De 18h à 23h30. w Musiques rock et au féminin.

A l’abri des villes Devant le Pain quotidien –18, place du marché Saint­Honoré. M° Tuileries–Pyramides. De 18h à minuit. w Musiques rock.

Chansons avec les Bachiques Bouzouks Jardin des Halles –carrefour des allées Saint–John–Perse et André–Breton. M° Châtelet–les– Halles. De 19h à minuit. w Chanson (variétés).

Mairie du Ier et association Music’All Mairie du 1er arrondi. –4, place du Louvre. M° Louvre–Rivoli. De 18h30 à 23h45. w Tout style.

Boischer Brass Band Jazz Brass and More

Place Marguerite­de­Navarre. M° Châtelet–les–Halles. w Jazz, tout style.

Renaissance de The Machine 40, place du marché Saint­ Honoré. M° Pyramides. De 19h à 23h30. w Musiques rock et électroniques.

Musique au féminin au ministère de la Culture Jardins du Palais–Royal –place Colette. M° Palais–Royal. De 19h à minuit.

Espaces des Nymphéas, création musicale de Louis Dandrel pour les Nymphéas de Monet Musée de l’Orangerie –jardin des Tuileries. De 19h à 23h. w Musique contemporaine.

Tango argentin des Pieds à la Tête Allée du marché Saint–Honoré –37, place du marché Saint–Honoré. M° Pyramides. De 20h à 0h30. w Musique du monde.

La Nuit du jazz au féminin Sunside –60, rue des Lombards. M° Châtelet. De 20h30 à minuit. w Jazz.

Floraison de jeunes pianistes à l’auditorium Colbert

Auditorium Colbert –6, rue des Petits–Champs. M° Palais–Royal ou Bourse. De 15h à 18h. w Musique classique

et contemporaine.

Hold Up–Electro and Graffiti Painting Devant le palais Brongniart –place de la Bourse. M° Bourse. De 18h à 0h30. w Musiques électroniques.

Les Red Deaf et la Blonde En face de la brasserie le Dalayrac –2, rue Dalayrac. M° Pyramides, Quatre­ Septembre. De 18h à minuit. w Musiques rock, blues.

Un répertoire groovant et des impros qui revisitent les titres rock qui ont marqué les 70’s.

Le Conservatoire indépendant Le bistrot du Boursier –88, rue de Richelieu. M° Bourse. De 18h à 0h30. w Jazz tout style, chorales,

musique classique.

Fête de la musique aux Cariatides Les Cariatides –3, rue de Palestro. M° Etienne­Marcel. De 18h à 4h. w Chanson, fanfare.

DesclassiquesaméricainsauLouvre La Fête de la musique n’étant pas forcément synonyme de cohue (sur­ tout à Paris, où les choses sont plus encadrées qu’il y paraît), la Pyramide du Louvre offre chaque année une alternative haut de gamme au Highway to Hell interprété par l’école de musique du quartier. Succédant à l’Oiseau de feu de Stravinsky (2009), l’Orchestre de Paris pour­ suit son partenariat avec le Louvre. Pour l’occasion le chef américano­esto­ nien, Kristjan Järvi (photo), propose un programme 100% américain, élaboré autour de John Adams, Leonard Bernstein et George Gershwin. Du premier, on entendra

3

Concert pop

22, rue Brise­Miche –face à la place Stravinsky. M° Hôtel­de­ Ville. De 18h à 23h.

w Chanson (variétés), musiques rock.

Centre culturel de Serbie Devant le Centre culturel de Serbie –123, rue Saint­Martin. M° Châtelet, Rambuteau. De 18h à minuit. w Musiques rock, électroniques,

et du monde.

Association percussions coréennes Olsou Place Edmond­Michelet. M° Rambuteau. De 18h à 20h30. w Musiques du monde.

Le Clan de l’anguille

Exposition et projections Radical Jewish Culture

Musée d’Art et d’Histoire du judaïsme –71, rue du Temple. M° Hôtel­de­Ville, Rambuteau. De 15h15 à minuit. w Jazz tout style.

Midsommar et Anna von Hausswolff Institut suédois –10, rue Elzévir. M° Saint­Paul. De 17h à 22h. w Musiques rock et au féminin.

Un bouquet de jeunes talents à Soubise Hôtel de Soubise –Archives nationales –60, rue des Francs­ Bourgeois, M° Hôtel­de­Ville, Rambuteau. De 18h à 22h. w Musique classique,

et contemporaine.

Vanina Michel et Drum’n Coffee: concert festif intergénérationnel et pluridisciplinaire Sous les arcades –25, place des Vosges. M° Bastille, Saint­Paul. w Tout style.

Parfums de Lisbonne Lapeyronie –Torréfacteur –9, rue Brantôme, M° Rambuteau, Hôtel­de­Ville. De 18h30 à 20h. w Jazz tout style, chorales.

Booda’s Band, 10 ans déjà les Chairman Dances, composition dérivée de son opéra, Nixon in China, (1985­1987). Du deuxième, il s’agira des Danses sym­ phoniques, écho de West Side Story, estampillée 1957. Quant au troisième,

il offrira l’occasion de se (re)repaître du non moins culte Un Américain à Paris (1928), qui, au pluriel, ser­ vira ici de titre générique.

41, rue de Turenne, M° Chemin­ Vert. De 19h30 à 23h. w Chanson (variétés).

L’Irlande au coin de la rue

Sous la Pyramide du Louvre, 75001. A partir de 22h.

Place Renée­Vivien –angle rue du Temple et rue des Haudriettes, M° Rambuteau, République. De 19h30 à minuit.

PHOTO PETER RIGAUD

w Musiques du monde.

4, rue des Barres. M° Hôtel­de­ Ville. De 18h30 à 22h30. w Musiques du monde.

Les Dindons virtuels Le Paradis du Fruit –1, rue des Tournelles. M° Bastille. De 19h à minuit. w Musiques rock.

Concert au Mémorial de la Shoah Mémorial de la Shoah –17, rue Geoffroy­l’Asnier. M° Saint­Paul, Hôtel­de­Ville et Pont­Marie. De 19h à 21h.

5 Musiques de fête

Musée de Cluny –6, place Paul­ Painlevé. M° Cluny–la­ Sorbonne. De 12h30 à 13h30. w Musique classique.

Voyage en France et en Amérique du Sud Hôpital la Collégiale –33, rue du Fer­à­Moulin. M° Gobelins. De 15h à 17h30. w Chanson (variétés).

Les Lundis du Muséum: films Jardin des Plantes, auditorium de la Grande Galerie de l’Evolution –36, rue Geoffroy­ Saint­Hilaire. M° Austerlitz. De 17h30 à minuit. w Manifestation insolite.

Les Papy Fous Aux Trois­Maillets –angle rue Saint­Jacques et rue Galande. M° Maubert. De 18h à 20h. w Jazz tout style.

w Chorales, musique classique.

Déesses… polynésiennes

Klezmer et Pub Rock

Délégation de la Polynésie­ Française 28, boulevard Saint­Germain. M° Maubert­Mutualité. De 18h30 à 22h30.

Place du marché Sainte­ Catherine. M° Saint­Paul. De 19h à minuit. w Musiques rock, blues

manifestation insolite.

Chorale à tire d’Elles Square Jean­XXIII. M° Saint– Michel. De 19h à 20h30. w Chorales, musique au féminin.

Chœur de femmes a cappella de Mozart à Gainsbourg.

Chantez avec les Tigresses diatoniques 6, bis–8, place des Vosges. M° Chemin­Vert, Bastille. De 19h30 à minuit. w Chanson (variétés).

Colin Mahar and Friends The Lizard Lounge –18, rue du Bourg­Tibourg. M° Hôtel­de­ Ville. De 19h30 à 23h. w Musiques rock.

Musique au féminin à la Cité internationale des arts Cité internationale des arts –18, rue de l’Hôtel­de­Ville. M° Pont­ Marie. De 20h à minuit. w Musique classique, et du monde.

w Musiques du monde.

Les Voix du collectif – 5e édition FJT l’Initiative –21, rue Daubenton. M° Censier­ Daubenton, Place­Monge. De 18h30 à 0h30. w Tout style.

Gaspard Hex Dj Set 1, rue de la Bûcherie. M° Saint­ Michel. De 19h à 0h30. w Musiques électroniques

et contemporaine.

Chorales et fanfare à Lutèce Arènes de Lutèce –51, rue Monge. M° Monge. De 19h à 21h. w Tout style.

I Love Summertime Ecole maternelle –1­17, rue du Père­Teilhard­de­Chardin. M° Censier­Daubenton. De 19h à minuit. w Tout style.


LIBÉRATION LUNDI 21 JUIN 2010

Kíla Centre culturel irlandais (dans la cour) –5, rue des Irlandais. M° Cardinal­Lemoine. De 19h30 à 21h. w Musiques du monde.

André –2, rue Danton. M° Saint­ Michel. De 18h30 à minuit. w Musiques rock.

La femme et le sacré dans la musique roumaine traditionnelle et culte

Parvis de l’Institut du monde arabe. M° Jussieu. De 19h30 à minuit 30.

Crypte Saint­François de l’église Saint­Sulpice –35, rue Saint­ Sulpice. M° Saint­Sulpice, Odéon et Mabillon. De 19h à 19h45.

w Musiques du monde.

w Chorales.

Orchestre et chœur des universités de Paris (OCUP)

Musique romantique dans l’atelier du peintre Eugène Delacroix

Dialogue des cultures

Ministère de l’Enseignement supérieur 11, rue Descartes. De 20h à 22h30. w Musique classique.

6

e

Musée national Eugène­ Delacroix –6, rue de Furstemberg. M° Saint Germain­ des­Prés. De 19h à 20h. w Musique classique.

Chopin: «trio pour piano, violon et violoncelle en sol mineur, opus 8». Schumann: «trio pour piano, violon et violoncelle en ré mineur, opus 63» par le Trio Consuelo (Olivier­Marc Becker, violoncelle, Maxime Hochart, piano, Valentine Tourdias­ Becker, violon). Réservation obligatoire au 01 44 41 86 50.

FÊTE DE LA MUSIQUE Deux Quatuors amateurs Eglise réformée de Paris Luxembourg –58, rue Madame. M° Rennes, Saint­Placide, Luxembourg. De 20h à 21h15. w Musique classique.

Otway Ross and Friends Devant le magasin Mondial Art –40, rue Saint­André­des­Arts. M° Saint­Michel, Odéon. De 20h30 à 23h30. w Variétés, musiques rock, blues.

e

7

AfterShow de la Hold Up

Jazz au Coin du zinc

Péniche «Concorde­Atlantique» –port Solférino (face au 23, quai Anatole­France). M° Assemblée­Nationale. De minuit à 6h.

Fête de l’Amérique latine et des Caraïbes

Café Cassette –73, rue de Rennes. M° Saint­Sulpice, Rennes. De 19h30 à minuit 30.

Musique sur Seine

Kiosque à musique – jardin du Luxembourg, 15, rue de Vaugirard. M° Saint­Sulpice. De 14h30 à 20h30.

w Jazz tout style.

w Musiques du monde.

Le Sénat chante et danse dans les territoires Terrain de jeu de Longue­Paume –jardin du Luxemboug, 15, rue de Vaugirard. M° Odéon, Mabillon et Saint–Sulpice. De 14h30 à 20h30. w Musiques du monde

(traditionnelles).

14 h 30 : Burgdeifala d’Illfurth. 15 h 30 : El Foment de la Sardana de Perpignan. 16 h 30 : ensemble Lou Trelus d’Istres. 17 h 30 : Kevrenn Alré. 18 h 30 : La Bourrée Gannatoise.

Tour du monde en 80 chants Place Furstemberg. M° Saint­ Germain­des­Près. De 18h à 21h. w Variétés et musiques du monde.

Rock Live Concert by Elbator et Pure Malt

Partager la chanson française… avec Joël Dalle et le public 12, rue de Seine. M° Mabillon. De 20h à 0h30. w Chanson (variétés).

Ça, c’est Saint-Germain! Café du Métro –13, rue du Vieux­ Colombier (angle rue de Rennes). M° Saint­Sulpice. De 20h à 0h30. w Variétés, jazz tout style, blues.

Mário Bihári et Bachtale Apsa Centre tchèque de Paris –18, rue Bonaparte. M° Saint­Germain­ des­Prés, Mabillon. De 20h à 22h. w Musiques du monde.

Les Fraises des bois: le retour Cosmos –150, boulevard Saint­ Germain. M° Odéon, Mabillon, Saint­Germain. De 20h à 23h.

w Musiques électroniques.

A bord du bateau «Paris­Iéna» –port de Suffren. M° Bir­Hakeim. De 18h à 0h30. w Chanson (variétés), jazz tout style,

musiques rock, manifestation insolite.

Jazz et chanson française à l’ambassade de Suisse Ambassade de Suisse –142, rue de Grenelle. M° Varenne. De 18h à 21h. w Chanson (variétés), jazz tout style.

Centre culturel arabe syrien Centre culturel arabe syrien –12, avenue de Tourville. M° Ecole­Militaire. De 18h30 à 22h. w Chorales, musique classique,

musiques du monde (traditionnelles).

Variations sur piano et violoncelle Eglise évangélique Baptiste de Paris –72, rue de Sèvres. M° Duroc, Vaneau. De 18h30 à 22h.

Place Saint­André­des­Arts en w Musique classique face de la brasserie le Saint­ w Musiques ROUSSEL_Libe_248x82_Mise en page 1 rock. 09/06/10 11:17 Page1et du monde.

8 e

Musique des armées dans les jardins de l’Hôtel de Brienne

Hôtel de Brienne –79, rue de l’Université. M° Assemblée­ Nationale, Solférino. De 18h30 à 20h.

w Chanson (variétés), jazz tout style,

harmonie, fanfare.

Maison de l’Amérique latine (cour intérieure) –1, rue Saint­ Dominique. M° Solférino, et Rue­ du­Bac. Musée d’Orsay. De 20h à minuit.

LAST & Friends

Le Turgot –5, rue Turgot. M° Anvers. De 18h à minuit.

w Musiques rock.

du monde (traditionnelles).

Harmonie musicale Afric' avenir

Radio France au musée d’Orsay

La Maîtrise de Radio France sous la direction musicale de Sofi Jeannin et les musiciens de l'Orchestre philharmonique de Radio France. Programme: Stephen Hatfield («Uberlebensgross»), Francis Poulenc («le Bestiaire»), Arvo Pärt («7 Magnificat Antiphonen»), George Enescu («prélude à l'unisson, Suite n°1 opus 9»), Francis Poulenc («Litanies à la Vierge Noire»), Jean­Sébastien Bach (Motet «Der Geist hilft unser Schwachheit auf, BWV 226»), Claudio Monteverdi («Ave Maris Stella»). Diffusé en direct sur France Musique.

Shanon en concert A l’angle du boulevard Raspail et rue de la Chaise. M° Sèvres­Babylone. De 20h30 à 23h. w Chanson (variétés), funk, r&b,

soul, musique contemporaine.

Hope Gospel Singers Eglise évangélique –48, rue de Lille. M° Rue­du­Bac. De 20h30 à 22h.

Square d’Anvers. M° Anvers, Pigalle. De 18h30 à 20h30. w Harmonie, fanfare, musiques

Bach, œuvres de jeunesse et pour la jeunesse

Eglise Saint­Augustin –place Saint­Augustin. De 13h à 13h45. w Musique classique.

Improvisation d’Espagne!

Palais de la Découverte –avenue Franklin­D.­Roosevelt. M° Champs­Elysées. De 18h à 20h.

dailymotion.com/liveathome - wat.tv/liveathome

EN TOURNÉE DANS TOUTE LA FRANCE - CASINO DE PARIS 23/09

Devant Chez Jean –37, rue du faubourg Montmartre. De 20h à 0h30. w Jazz tout style.

Turgot Rock

Notes d’amour

musiques rock.

Centre culturel bulgare –28, rue la Boétie. M° Miromesnil. De 19h30 à 21h. w Musiques du monde

(traditionnelles).

Ensemble vocal féminin du conservatoire Debussy Eglise de la Madeleine –place de la Madeleine. M° Madeleine. De 20h à 21h30. w Chorales, musique au féminin.

Chœur de l’Orchestre de Paris Salle Pleyel –252, rue du faubourg Saint­Honoré. M° Ternes. De 20h à minuit. w Musique classique.

Le Rousillon –186, rue de Grenelle. M° La­Tour­Maubourg. De 21h à minuit.

Galerie de la Madeleine – 30, rue Boissy­d’Anglas et 9, place de la Madeleine. M° Madeleine. De 21h à 22h. w Musique classique.

GAËTAN ROUSSEL SESSION TRÈS TRÈS PRIVÉE SUR :

Jazzin’Tajine JAM Spéciale Fête de la musique

(traditionnelles).

w Musiques du monde

The Dingleberries

w Musiques rock.

du monde.

Entre le café Turgot et le restaurant l’Adresse –1, rue Turgot. M° Poissonnière. De 20h à 23h.

La librairie de la Galerie Madeleine fête Benjamin Alard et ses amis

w Chorales.

9

Concert des filles

w Chanson (variétés).

w Chanson (variétés), musiques

w Musique classique.

III

Dans la cour de l’Ecole du spectacle musical (ESM). M° Saint­Georges. De 18h à 19h.

Argentina musical en el Bicentenario

Musée d’Orsay –1, rue de la Légion­d’Honneur. M° Musée­ d’Orsay, Solférino. De 20h à 21h.

“GINGER” NOUVEL ALBUM INCLUS : HELP MYSELF & DIS-MOI ENCORE QUE TU M’AIMES www.gaetanroussel.com

w Chanson (variétés),

L’Afreubo à l’Opéra Marches de l’Opéra Garnier –place de l’Opéra. M° Opéra. De 20h à 23h. w Harmonie, fanfare.

L’orchestre d'harmonie de la faculté des sciences d'Orsay est fondé en 1966, dans le but d'inaugurer tout ce qui mériterait de l'être dans ce campus, de l'accélérateur de particules à la vespasienne. Musiques de films («Batman», «les Clowns»...), florilège de musiciens classiques (Anton Karas, Verdi…) et des créations surprenantes telle que : «Si que j'avais su, j'aurais pas mangé des topinambours».

Les Gam’Z Place Edouard­VII. M° Madeleine. De 20h30 à 21h. w Chanson (variétés), chorales.

Fanfare Mouette et Charbons 46, rue de Maubeuge. M° Cadet. De 21h à 23h.


IV

LIBÉRATION LUNDI 21 JUIN 2010

Paris

10

e

Voyage musical

Jardin du Quadrilatère historique de l’hôpital Saint­ Louis. M° Goncourt, Colonel­ Fabien. De 11h à 20h. w Chanson (variétés), jazz tout style.

Sur la route du jazz Conservatoire, hôpital Saint­ Louis, Centres d’animation et cafés partenaires. M° Gare­de­ l’Est. De 14h30 à 22h.

De 18h à minuit 30.

w Musiques rock, électroniques

Hôpital Trousseau –26, avenue du Dr Arnold­Netter. M° Bel­Air. De 13h30 à 19h15.

Polynotes

w Chanson (variétés), musiques

Ecole Polynotes –75, rue Léon­ Frot. M° Voltaire, Philippe­ Auguste. De 18h à 23h.

Rythmik for dB France Fête de la music 2010

w Chanson (variétés), jazz tout style,

chorales, musique classique.

La Mairie du XIe Parvis de la mairie du XIe –12 place Léon­Blum. M° Voltaire. De 18h à 0h30. w Chanson (variétés), musiques

w Jazz tout style.

rock, rap, hip-hop et classique, manifestation insolite.

Funk Rock et musiques du monde

La Variation

Place de la Nation –cours de Vincennes (face au Castorama). M° Nation. De 14h à minuit.

Pendant que les Enfants jouent –45, rue Traversière. M° Gare­de­Lyon. De 16h30 à 20h30. w Harmonie, fanfare.

MTV Shake Ton Booty

Place Sainte­Marthe –rue Sainte­Marthe. M° Belleville, Goncourt, Colonel­Fabien. De 17h à 1h.

Temple du Foyer de l’âme –7 bis, rue du Pasteur­Wagner. M° Bréguet­Sabin, Chemin­Vert et Bastille. De 18h30 à 19h30.

w Musiques rock, funk, groove.

w Musique classique.

Musiques indiennes

Faites de la musique soul’n’reggae en 2010

Khayam poésie et chanson

w Chanson (variétés), musiques

du monde (traditionnelles).

L’Orchestre symphonique du Rail Hall banlieue de la gare de Paris­Nord –18, rue de Dunkerque. M° Gare­du­Nord. De 19h à 20h30. w Musique classique.

Bizz’Art

Au pied du manège –place du Père­Chaillet. M° Voltaire. De 19h30 à 0h30. w Funk, groove, r&b, soul, reggae,

ragga.

Sambinho–Percussions Brésiliennes Place Jean­Pierre­Timbaud –92, 98, rue Jean­Pierre­ Timbaud. M° Couronnes. De 19h30 à 23h30. w Musiques du monde

Bizz’Art –167, quai de Valmy (canal Saint­Martin). M° Louis­ Blanc, Jaurès. De 19h30 à 2h.

(traditionnelles).

w Funk, groove, r&b , soul, chorales.

Au Métro Café –19, rue de Malte. M° Oberkampf. De 20h à 22h30.

Sous le soleil

w Musiques rock

1112 et électroniques.

e

L’Archipel musique chorales et orchestre des métallos et invités Maison des Métallos –94, rue Jean­Pierre­Timbaud. M° Couronnes, Parmentier. De 21h à minuit. w Jazz tous styles, chorales, musique

classique, musiques du monde musiques traditionnelles.

Chant, conte et danse africaine

La Banane ivoirienne –10, rue de la Forge­Royale. M° Faidherbe­ Chaligny, Ledru­Rollin. De 16h à 1h. w Musiques du monde

e

(traditionnelles).

Dreams and Blues

Bar Entrée des artistes –8, rue de Crussol. M° Filles­du­ Calvaire, Oberkampf. De 18h à minuit.

Femmes du monde à Bercy Village

w Jazz tout style, harmonie, fanfare.

Cour Saint­Emilion –Bercy Village. M° Cour­Saint­Emilion. De 12h30 à 21h30.

Terrasse du Cannibale Café

du monde (traditionnelles).

Cannibale Café –93, rue Jean­ Pierre­Timbaud. M° Couronnes.

w Jazz tout style, musiques

Faites de la musique à

w Rap, hip-hop, funk, groove, r&b,

8e

Orangerie

Église St-JeanBaptiste-deGrenelle

7e

Insolite

Chorale

Musique contemporaine

w Musiques du monde

Musique classique

Reggae

Hardcore France

Musique électronique

Jazz

Musique du monde

Musique africaine

Chanson (variétés)

Rock

L’Orient Express –12, rue Claude­Tillier. M° Reuilly­ Diderot. De 18h à 19h. (traditionnelles).

Place Henri­Fresnay. M° Gare­ de­Lyon. De 18h à minuit 30. w Musiques électroniques.

Soirée West Side Story Théâtre Douze –6, avenue Maurice­Ravel. M° Porte­de­ Vincennes. De 19h à 23h.

13

e

Opéras, opérettes

Hôpital Broca –54, rue Pascal. M° Corvisart, Gobelins. De 15h à 16h30.

Musée Delacroix

6e

15e

Place DenfertRochereau

et du monde (traditionnelles).

w Chanson (variétés).

Le Batofar fête la musique!

Austerlitz en Musique

Le Batofar –face au 11, quai François­Mauriac. M° BNF, Quai­de­la­Gare. De 18h à 1h. w Musiques électroniques.

Concert rock à la Butteaux-Cailles La Butte­aux­Cailles –9, rue Jean­Marie­Jégo. M° Place­ d’Italie. De 18h30 à 23h30. w Musiques rock.

Des mots et des notes

Place du Docteur­Yersin. M° Porte­d’Ivry. De 18h à minuit.

Librairie Nicole Mariani –171, boulevard Vincent­Auriol. M° Place­d’Italie, Nationale. De 18h30 à 23h.

w Tout style.

w Jazz tout style.

Fais ta fête…

1

w Musiques électroniques.

w Musiques rock

w Jazz tout style, musiques rock.

Concert Ricard Place Denfert-Rochereau M° Denfert-Rochereau De 20h à minuit

Les lundis du Musé Jardin des Plantes Auditorium de la G Galerie de l’Évoluti 36, rue Geoffroy-Sa M°Austerlitz De 17h à 22h

Esplanade des Grands­Moulins –quai Panhard­et­Levassor. M° Bibliothèque­François­ Mitterrand. De 18h à minuit 30.

Square Paul­Verlaine. M° Place­ d’Italie, Corvisart. De 15h à 16h30.

de l’Hôpital. M° Place­d’Italie. De 18h à minuit 30.

13e

Trip and Teuf

Le Baratin Café –41, boulevard Saint­Marcel. M° Saint­Marcel, Gobelins. De 18h à minuit 30.

Académie du XIIIe –boulevard

Le Batof

w Musiques rock.

Plug-In

L’Académie du XIIIe fait sa fête de la musique!

5e

14e From Bach to Gershwin Eglise Saint-Jean-Baptistede-Grenelle Place Etienne-Pernet M° Commerce, Félix-Faure De 20h30 à 23h

Institut suédois

Auditorium jardin des Plantes

Boby’s Café ­ 9 place d’Italie. M° Place d’Italie. De 18h à 0h15.

Chansons d’hier et d’aujourd’hui

w Musiques rock, rap, hip-hop.

Église SaintEustache

Les Boulets fêtent la musique

w Chorales.

Gare d’Austerlitz –85, quai d’Austerlitz. M° Austerlitz. De 17h à 22h.

9e 10e 2e er 1 3e 4e

Musée d’Orsay

soul.

Tout style

Hall banlieue de la Gare du Nord

Église de la Madeleine

16e Musique romantique dans l’atelier du peintre Eugène-Delacroix Musée national Eugène-Delacroix 6, rue de Furstemberg. M° St-Germain-des-Prés De 19h à 20h

18e

17e

Radio France au Musée d’Orsay Musée d’Orsay 1, rue de la Légion-d’Honneur M° Musée-d’Orsay – Solférino De 20h à 21h00

Les Tout-Petits fêtent la musique

Place des Vins­de­France. M° Cour­Saint­Emilion. De 17h à 22h30.

Rue Cail. M° La­Chapelle. De 17h à 23h.

Espaces des Nymphéas Création musicale de Louis Dandrel pour les Nymphéas de Monet Musée de l’Orangerie - jardin des Tuileries M° Concorde De 19h à 23h

rock, et du monde.

w Musiques électroniques.

fête la musique

Ensemble vocal féminin du conservatoire Debussy Eglise de la Madeleine Place de la Madeleine M° Madeleine De 20h à 21h30

Trousseau

et du monde (traditionnelles), reggae, ragga.

L’Orchestre symphoniqu Hall banlieue de la Gare-d 18, rue de Dunkerque M° Gare-du-Nord De 19h à 20h30

36 heures de Saint-Eustache Eglise St-Eustache - place du Jour M° Châtelet-les-Halles Toute la journée et jusqu’à minuit

LeFairàsuivre C’est un rendez­vous fixe de la Fête de la musique qui mérite une certaine attention dans la mesure où, chaque année, s’y ébrouent quelques noms en devenir. Profitant du contexte pour rafraîchir son image, la marque de boisson anisée la plus célè­ bre de France fait affaire avec le Fair –structure qui a pour vocation d’aider de jeunes groupes et artistes français en développe­ ment– et, bras dessus bras dessous, les deux entités

labellisent donc une soirée rock généralement alerte. Cette fois, on surveillera les envolées live du duo lil­ lois Curry & Coco (photo), dont le bazar groovy ne manque pas de caractère. Jill is Lucky et Hugh Colt­ man devraient aussi attirer du monde avec, en invités, les passages plus minutés du rap d’Orelsan et de la gouailleuse Adrienne Pauly. G.R.

Place Denfert­Rochereau, 75014. 20h­0h. M° Denfert­Rochereau. PHOTO DR


LIBÉRATION LUNDI 21 JUIN 2010

Fête de la musique reggae au Glazart Glazart - 7-15, avenue de la Porte-de-la-Villee M° Porte-de-la-Villee De 15h à minuit La Fête de la musique pour les enfants Cité de la musique 221, avenue Jean-Jaurès M° Porte-de-Pantin De 17h à 20h

ue du Rail du-Nord

Glazart

e

t s

L'Archipel musique : chorales et orchestre des métallos et invités Maison des métallos 94, rue Jean-Pierre-Timbaud M° Couronnes, Parmentier De 21h à minuit

Cité de la musique

19e

Les Echos de la fête 2010 La Bellevilloise - 19, rue Boyer M° Ménilmontant, Gambea De 20h30 à minuit

La Bellevilloise Maison des métallos

11e 12e

Midsommar et Anna von Hausswolff Institut Suédois 10, rue Elzévir M° Saint-Paul De 17h à 22h

20e Théâtre Douze

Château de Vincennes

La Fnac à Vincennes Château-de-Vincennes M° Château-de-Vincennes A partir de 17h30

far

15

e

Musique russe et chant choral

EPHAD –9, place Violet. M° Commerce, Charles­Michels. De 10h à 17h. w Chanson (variétés),

chorales, blues.

Voix sublimes de l’opéra–la musique de chambre au féminin Chapelle Saint­Bernard –place Raoul­Dautry. De 15h à 20h. w Musique classique.

Fête au parvis de la mairie du XVe Parvis de la mairie du XVe –31, rue Péclet. M° Vaugirard. De 18h à minuit 30. w Jazz tout style, musiques

du monde (traditionnelles).

Années 70 Parvis de l’église Notre­Dame­ de­l’Arche­d’Alliance –81, rue d’Alleray. M° Volontaires, Pasteur. De 19h à 20h30. w Chanson (variétés).

e Soirée West Side Story Théâtre Douze Centre d’Animation Maurice-Ravel 6, avenue Maurice-Ravel M° Porte-de-Vincennes, Bel Air De 19h à 23h

Le Batofar fête la musique ! Le Batofar Face au 11, quai François-Mauriac M° BNF, Quai-de-la-Gare De 18h à 1h

e 14

Passion Café Auto Passion Café –197, boulevard Brune. M° Porte­ d’Orléans. De 19h à 23h30. w Musiques rock.

Le Payador Wilson Saliwonczyk

Fête de la musique au centre hospitalier Sainte-Anne

Centre hospitalier Sainte­Anne –1, rue Cabanis. M° Saint­Jacques. De 13h à 18h. w Chanson (variétés), musiques rock

et classique, chorales.

Les Perles de la rue de Vanves Sur la place et en face de l’église –198­201, rue Raymond­ Losserand. M° Porte­de­Vanves, Plaisance. De 16h à 23h. w Tout style.

Concert, présentation d’orgue Notre­Dame­du­Rosaire –194, rue Raymond­Losserand. M° Porte­de­Vanves. De 18h30 à 19h30. w Musique classique.

Concert live à l’Auto

Maison de l’Argentine –Cité internationale universitaire de Paris –27 A, boulevard Jourdan. M° Cité­Universitaire. De 19h à 20h. w Musiques du monde

(traditionnelles).

Fête de la musique à la Maison du Japon Maison du Japon –Cité internationale universitaire de Paris –7 C, boulevard Jourdan. M° Cité­Universitaire. De 19h à 22h. w Chanson (variétés).

Chanson française, musique au féminin Jardins partagés Auguste­ Renoir –8, rue des Mariniers. M° Porte­de­Vanves. De 20h à 23h. w Chanson (variétés).

Chœurs basques Eglise Notre­Dame­du­Travail –36, rue Guilleminot ou 59, rue Vercingétorix. M° Pernety, Gaîté et Plaisance. De 20h30 à 22h. w Chorales, musique au féminin.

Fado

e 18

Maison de la Culture du Japon à Paris –101 bis, quai Branly. M° Bir­Hakeim, Champ­de­ Mars. De 20h à 21h. w Chanson (variétés).

From Bach to Gershwin Eglise Saint­Jean­Baptiste­de­ Grenelle –place Etienne­Pernet. M° Commerce, Félix­Faure. De 20h30 à 23h.

w Musiques du monde

(traditionnelles).

Vanessa Hidden et Tristan Michel Bar de la Piscine –86, rue de la Jonquière. M° Brochant. De 18h à 20h.

w Chanson (variétés) musiques rock.

Mangala Crew Place du Docteur­Félix­ Lobligeois. M° La­Fourche, Brochant. De 18h à 0h30. w Jazz tout style, musiques

électroniques, funk, groove, r&b, soul.

e

17

Fête de la musique du XVIIe Place Richard­Baret –16­20, rue des Batignolles. M° Rome. De 18h à 23h. musique classique et contemporaine.

w Chanson (variétés),

jazz tout style, musique classique et contemporaine.

Place Léon­Deubel. M° Porte– de–Saint–Cloud. De 18h à 21h. w Harmonie, fanfare.

Fanfare les MaKaBés.

Aagh Rock 1, rue Guy­de­Maupassant. M° Rue­de­la­Pompe. De 19h à minuit. w Musiques rock.

Rock classique : nombreuses reprises des Beatles, Stones, Who, Bowie, Cure, Frampton et des Français…

Soirée Mozart Boileau Musique –102, rue Boileau. M° Porte­de­Saint­ Cloud. De 19h à 22h. w Jazz tout style, chorales,

musique classique.

19 h : Ludmilla Guilmault, pianiste concertiste, soirée Liszt et Mozart. 20 h : soirée jazz avec Florence Guilmault (chant vocal), Ludmilla Guilmaut (piano) et Prosper (percussions).

Les arènes sonnent-elles n°7

Arènes de Montmartre –rue Chappe. M° Anvers, Abbesses. De 16h à minuit. w Tout style.

Jam Session Brésilienne Bab­Ilo –9, rue du Baigneur. M° Jules­Joffrin. De 18h à 23h. w Jazz tout style.

Association Larsen Rock Place Constantin­Pecqueur. M° Lamarck­Caulaincourt. Toute la nuit. w Musiques rock.

Facyna fait son Pink Show Place Marcel­Aymé. M° Lamarck­Caulaincourt. De 18h à minuit. w Musiques électroniques,

manifestation insolite.

Africa Musique

Bar la Maison –28, place Saint– Ferdinand. De 19h30 à 23h30. w Jazz tout style, blues.

Charles Gosmes Ship Bar le Cello –2, rue des Moines. M° Rome. De 19h30 à 23h30. w Musiques électroniques, chorales.

Vite fait bien fait

Café Monceau –4, avenue de Villiers. M° Villiers. De 19h30 à 23h30. w Jazz tout style, blues.

Chœurs Elisabeth Brasseur et Quintette à vent Anacrouse Temple des Batignolles –44, boulevard des Batignolles. M° Rome. De 20h30 à 22h30. w Chorales, musique classique.

Quatre Guitares en fête Eglise luthérienne Saint­Pierre –55, rue Manin. M° Laumière. De 20h30 à 22h30. w Musique classique.

20

e

w Chanson (variétés),

w Chanson (variétés).

Gospel, variétés du XVIIIe Place­de­Clichy –134, boulevard de Clichy. M° Place­de­Clichy. De 18h à minuit. w Chanson (variétés), chorales.

19

e

Fête de la musique reggae au Glazart Glazart –7­15, avenue de la Porte­de­la­Villette. De 15h à minuit.

Cité de la musique –221, avenue Jean­Jaurès. M° Porte­de­ Pantin. De 17h à 20h.

Les Tontons flingueurs

Chorale de 30 chanteurs disséminés au milieu des plantations du jardin partagé Fessart.

w Rap, hip-hop, musiques du monde.

w Musiques rock.

w Musiques rock.

w Chanson (variétés), chorales.

BMG Cycles –10, rue Sorbier. M° Ménilmontant. De 18h à 0h30.

w Reggae, ragga.

Bar le Wepler. M° Place­de­Clichy. De 19h30 à 23h.

Jardin Fessart –à l’angle des rues Clavel et Fessart. M° Buttes­Chaumont. De 20h à 21h30.

Faites de la Zik chez BMG

Bar le Guersant –30, boulevard Gouvion­Saint­Cyr. M° Porte­de­ Champeret. De 19h30 à 23h30.

Bonneveau Hermine

Les Voisins du dessus

Saraaba –19, rue de la Goutte­ d’Or. M° Barbès. De 18h à minuit.

w Musique classique.

Le Bar la Maison fait sa fête

Fête de la musique dans le XVIe

w Manifestation insolite.

SARL Babone –52, rue Marcadet. M° Marcadet­ Poissonniers. De 18h à minuit.

Square des Batignolles –165, rue de Rome. M° Brochant. De 19h à 20h.

16

Devant la galerie Canopy –19, rue Pajol. M° La­Chapelle. De 20h à minuit.

Salle des fêtes de la mairie du XVIIe –16­20, rue des Batignolles. M° Rome. De 18h30 à 23h.

Celtic Corner Présente

e

(traditionnelles).

Open Sounds

Ben Skin Sexy

Des flûtes au jardin

w Blues.

V

w Musiques du monde

Fête de la musique du XVIIe

w Chorales.

Celtic Corner Pub –88, rue de la Croix­Nivert. M° Commerce. De 21h à minuit.

De 19h30 à 0h30.

Consulat du Portugal à Paris –6­8, rue Georges­Berger. M° Monceau. De 17h à 18h.

w Chanson (variétés), jazz tout style,

Yui Makino

éum : films

Grande ion aint-Hilaire

FÊTE DE LA MUSIQUE

Cité de la musique et Paris Mômes

w Tout style.

Association Boanerges Music et Communication 17­19, place de l’Argonne. M° Corentin­Cariou. De 18h à minuit 30. w Tout style.

Fête de la musique à la Villette Parc­de­la­Villette –211, avenue Jean­Jaurès. M° Porte­de­ Pantin. De 19h à 23h30. w Blues, musiques du monde

(traditionnelles), reggae, ragga.

Madera Suena Restaurant El­Molino –181, avenue Jean­Jaurès. M° Ourcq.

musiques rock.

Holy et son Pe-grou Belleville Blue’s Band Salsa Dance Floor Cabaret Populaire Culture Rapide –place Frehel. M° Belleville. De 18h à 0h30. w Blues, musiques rock

et du monde (traditionnelles).

PME hardelectronics Cantine de Belleville –108, boulevard de Belleville. M° Belleville. De 18h à 0h30. w Musiques électroniques.

Big Band Jazz Le Quinze –15, rue du Surmelin. M° Gambetta, Pelleport. De 18h à 23h. w Jazz tout style.

La Py chante au coin du Bua Au coin de la rue Py et de la rue Le Bua –70, rue de la Py. M° Porte­de­Bagnolet. De 18h30 à 0h30. w Tout style.

Fête de la musique chez Cosette Café chez Cosette –41, rue des Envierges. M° Jourdain. De 19h à 23h. w Musiques électroniques.

Hey toi là, petit! Tu fais quoi? Viens voir là! Viens danser bowdel! Kouba Coiffure –4, rue Sorbier. M° Ménilmontant, Gambetta. De 19h30 à minuit. w Tout style.

Mozart–«Requiem» et «Vêpres solennelles pour un confesseur» Eglise Saint­Gabriel –5, rue des Pyrénées. M° Porte­ de­Vincennes. De 20h30 à 22h30. w Musique classique.


VI

LIBÉRATION LUNDI 21 JUIN 2010

Régions

Ile-de-France Clichy. Orchestre national de Barbès Scène en plein air –place des Martyrs. M° Mairie­de­Clichy. De 21h à 23h. w Musiques du monde.

De 20h30 à 22h30.

De 20h30 à minuit.

w Manifestation insolite.

w Jazz tout style.

Nanterre.

Parvis de la Maison de la musique –8, rue des Anciennes­ Mairies. RER A Nanterre­Ville. De 17h30 à 22h30.

Toulouse

Sevran Salle des fêtes –9, rue Gabriel­ Péri. RER B Sevran­Livry. De 20h à 23h30.

Caratini Jazz Ensemble

Cinéart (Nanterre)

Mini-bal pour les enfants et atelier chant du Comdt

du monde et traditionnelles.

hip-hop, funk, groove, r&b, soul.

Saint-Ouen (CAP’J)

Escaliers de la Garonne, jardin Raymond­VI. De 19h à 19h30.

Cour du conseil général de la Haute­Garonne. De 21h à 23h.

w Rock, funk groove r’n’b, soul.

Cinéart –5 bis, rue des Anciennes­Mairies. RER A Nanterre­Ville. De 18h à 23h.

Rue du Pont­de­Tounis. De 17h à 18h.

Ateliers du Centre occitan

Bondy

L’Agora (Nanterre)

Bobigny Au 67, rue Henri­Barbusse. M° Mairie­des­Lilas, Bobigny et Eglise­de­Pantin. De 18h à21h30.

Esplanade Claude­Fuzier –hôtel de ville. De 18h30 à minuit. w Chanson (variétés), jazz tout style.

Boulogne-Billancourt Grand Place. M° Marcel­ Sembat. De 14h à minuit. w Tout style.

w Tout style.

L’Agora –20, rue Stalingrad. RER A Nanterre­Ville. De 18h à 19h30. w Musique du monde.

Noisy-le-Grand Ferme du Clos Saint­Vincent –angle des rues du Dr Sureau et Rouget­de­l’Isle. RER A Noisy­le Grand­Mont­ d’Est. De 18h à minuit.

w Jazz tout style, musiques rock, rap,

CAP’J –42, avenue Gabriel­Péri. M° Mairie­de­Saint­Ouen. De 19h à 22h.

w Jazz tout style.

w Reggae, ragga.

Musique de rue du Comdt

Ateliers du Comdt

L’Herbe folle

Jardin Raymond­VI. De 18h30 à 19h.

Jardin Raymond­VI. De 20h à 21h.

Place du Capitole. De 22h à minuit.

w Harmonie, fanfare, musiques

w Musiques du monde.

w Jazz tout style, musiques rock.

Château de Saint­Ouen –12, rue Albert­Dhalenne. De 19h à 21h. w Chanson (variétés), rap, harmonie,

fanfare, manifestation insolite.

Place Payret (Saint-Ouen)

Parvis Jean­Arp. De 17h à minuit.

Orly. Promenade musicale au parc Méliès

w Jazz tout style, funk, soul, musique

Parc Méliès –avenue de la Victoire. RER C Orly­Ville. De 18h30 à 21h30.

Versailles. Le Château fête la musique

Clichy. De Rameau à Star Wars Conservatoire Léo­Delibes –59, rue Martre. M° Mairie­de­Clichy. w Chorales, manifestations insolites.

Epinay Parc de l’Hôtel­de­Ville –rue Quétigny. De 20h à 23h. w Chanson (variétés).

w Chorales, musique classique.

Pierrefitte–Stains. Centreville et cafés concerts

Centre­ville –place Jean­Jaurès. RER D Pierrefitte­Stains. De 13h à minuit. w Tout style.

classique, manifestation insolite.

Cour de la Grande Ecurie –établissement public du musée et du Domaine national de Versailles. RER C Versailles­ Rive­Gauche (Château­de­ Versailles), RER C Versailles­ Chantiers. De 18h à minuit. w Chanson (variétés), chorales.

Jardin de Chartreux. De 18h à 1h. w Manifestation insolite.

Pour la 6e année, Tagada Tsoin Tsoin, Suivez'le Jazz et le CMTRA organisent le Carrefour des inclassables.

A proximité du palais des Sports –M° Gerland. De 21h à 5h. w Musiques électroniques.

Pitch da Pixel 3 A proximité du palais des Sports –M° Gerland. De 21h à 5h.

w Chanson, jazz, rock, jeune public.

Saint-Mandé

Villepinte

Palais des Arts et des Congrès d’Issy –25, avenue Victor­ Cresson. M° Mairie­d’Issy.

Salle des fêtes de l’hôtel de ville –place Charles­Digeon. M° Saint­Mandé­Tourelle.

Vincennes. Fnac de la musique

w Chanson (variétés), rap,

Places Griffon et Sathonay. De 20h à minuit. w Funk, groove, r&b, soul.

hip-hop, reggae, ragga.

Jackson Gang. Trois danseurs revisitent le mythe de Michael Jackson.

Tostaki

w Lire ci-dessous.

Clos Saint­Benoît. De 15h à minuit. w Chanson (variétés),

L’Afriqueàl’assautdeVincennes

Pop –cornaquée par la Fnac–, multiplie les amu­ se­gueules (démonstration de foot «free style», défilé de mode…) et, pour le plat de résistance musical, ali­ gne une dizaine de noms

The Princes of Pop

musiques rock.

qui s’emploieront à faire trembler les fondations de la vénérable bâtisse. Parmi ceux­ci, hormis quelques têtes de série continentales à propos desquelles il ne semble pas nécessaire d’argumenter (Omar Pene, Alpha Blondy…), on retiendra nos coqueluches sudaf de Tumi & The Volume (photo) (cf. le Libération made in South Africa du 4 juin) et l’efficacité de Smod, «rap’n folk africain» en prove­ nance de Bamako, boosté par le savoir­faire tubesque de Manu Chao. G.R.

Château de Vincennes, à partir de 17h30. M° Château­de­ Vincennes. PHOTO DR

Crazy Drum And Bass Family Quai Saint­Antoine –face à la place d'Albon. De 16h à 2h. w Musiques électroniques,

reggae, ragga.

Salamafrica Esplanade Grande­Côte. De 17h à 20h. w Musiques du monde .

Ultra Violet A proximité du palais des Sports –M° Gerland. De 21h à 5h. w Musiques électroniques.

Scène électronique Eclectique lyonnaise

w Musiques rock, funk, groove,

r&b, soul, reggae, ragga.

Si les fables m’étaient chantées w Chorales, musique au féminin.

w Musiques rock.

Tété propose des textes touchants, spirituellement profonds, avec une touche de légèreté hédoniste.

34, rue du Baignoir. De 20h à minuit.

44, rue Saint­Savournin. De 20h à 21h30.

Magasin Dany Versailles Music –59, rue de la Paroisse. SNCF Versailles­Rive­Droite. De 20h à minuit.

Square Edmond­Pépin –rue André­Joineau. M° Hoche, Porte­des­Lilas. 16h30­23h.

Shankara Gna

w Musiques électroniques.

A proximité du palais des Sports –M° Gerland. De 21h à 5h.

Saint-Mandé fait son jazz

Gros coup de projecteur sportif aidant, l’Afrique part aussi à la conquête du château de Vincennes à l’occasion de la Fête de la musique. Avec un nom qui pétille, la soirée Africa

Carrefour des inclassables

Marseille

The Fresh

Issy. L’Homme à la caméra

w Tout style.

Lyon

Esplanade du groupe scolaire Vernant, quartier Pouvourville. De 21h à 23h. w Chanson (variétés), chorales.

Place Bellecour. De 19h à minuit.

Espace Robert­Lefort –avenue Jean­Fourgeau. De 18h à 23h.

Rues de la ville. De 20h à minuit.

Place Saint­Sernin à Toulouse. De 19h30 à minuit.

Scène Fnac

Jardin Alexandra­David­Néel. M° Saint­Mandé­Tourelle. De 16h à 23h.

Fontainebleau

Jardin de l' Hôpital­de ­ Casselardit. De 18h à minuit.

Mister Good Funk: concert Disco Funk (Versailles)

Le Pré-Saint-Gervais

Piano et chants avec Jean-Yves Plantec

Château de Saint-Ouen

manifestation insolite…

Place Payret. M° Garibaldi. De 19h à 22h.

Benoît Cervelli (chant), Ybram’s (rap), Morgane Rozier et sa harpe (musique celtique), chorale A Tout Chœur, IBB et Laurence (jazz), MP2 (jazz).

Monkey Tree

w Jazz tout style.

w Jazz tout style, musique classique,

w Tout style.

chorales, musiques du monde (traditionnelles).

manifestation insolite.

w Musiques du monde.

Les Jazpilleurs

Clamart. A tout chœur w Tout style, rap, hip-hop,

w Musiques du monde,

w Musiques électroniques.

Scène électro. 21 h : Gé (minimale). 22 h : Jean Tube (électro). 23 h : Pratt (minimale). Minuit : EOM (techno). 1h :Ton's (techno). 2 h : Mik Izif (techno). 3 h : Nasty Binaries (techno). 4 h : The Spacebar (psytrance).

French Dub Experience

Dj Pola Facettes Atelier Juxtapoz –7, rue Sainte­ Marie. De 20h à minuit. w Musiques rock et électroniques.

Pink Ponk Crew (mix rock funk).

Musiques du Sud de l’Italie Cour de l' Institut italien. De 20h à minuit. w Musiques du monde.

A proximité du palais des Sports –M° Gerland. De 21h à 5h.

La Krorale

w Musiques électroniques.

Atelier Juxtapoz –7, rue Sainte­ Marie. De 21h à minuit.

Soirée musicale dans le cadre du Boulevard Electro avec les collectifs Arba Sound System, Metastaz, Panda Dub, Gary Clunk and Uptown Rebel, Ackboo Feat and Zion UK et Tiburk Sound System.

Le Ninkasi Gerland présente Ninkasi Gerland –267, rue Marcel­Mérieux. De 21h30 à 23h30. w Rap, hip-hop.

21 h 30 : Racines carrées (jazz, hip­hop), 22 h 30 : Bœuf Musical.

Street Show Place Latarget. De 17h30 à 23h00. w Rap, hip-hop.

Jeunes projets avec Battle Break Dance and Pokemon, Enfants sauvages et Maghreb United (Rim K).

Rock'o Feminin

w Musiques rock, chorales.

Szimuna Clark Atelier Juxtapoz –7, rue Sainte­ Marie. De 22h à minuit. w Musiques électroniques.

Pink Ponk Crew, Juxtapoz.

Ensemble Musiques du monde de la Magalone Temple de l’Eglise réformée de France –15, rue Grignan. De 18h à minuit. w Musiques du monde et classique.

Pièces d’orgue Temple de l’Eglise réformée de France –15, rue Grignan. De 17h30 à 18h. w Musique classique.

Festival Massilia Rock Escale Borély. De 19h à 21h. w Musiques rock.

A proximité du palais des Sports –M° Gerland. De 21h à 5h.

Place Ambroise­Courtois. De 19h à minuit.

Spring Break à Marseille

w Musiques électroniques.

w Musiques rock,

musique au féminin.

Plage de Dédé dans le VIIIe à Marseille entre la Pointe­ Rouge et les Goudes. De 19h à minuit.

Fils de disques «versus» Bichkek Radio Time

Hyena's Foam (rock), Jina (rock), Tachka (folk), Buridane (folk), Laomé (jazz funk).

w Musiques électroniques.


LIBÉRATION LUNDI 21 JUIN 2010

FÊTE DE LA MUSIQUE

Nantes Grenoble

VII

Montpellier

Les Chorales de l'Opar Square Tannou –62, rue de Dinan. De 15h à minuit.

From Earth (métal)

1, rue Didienne. De 15h à minuit. w Musiques électroniques.

L’Ecluse –2, place de l’Ecluse. De 20h à minuit.

Trafic d’airs au jardin des Plantes

Soulstreet

Place de la Musique au jardin des Plantes –rue Stanislas­ Baudry. De 17h30 à minuit.

Le Cabanon –4, rue Saint­ Léonard. De 20h à minuit.

w Chanson (variétés).

Back to Garage

w Chorales.

Scène Spectrum

Les Bâtons de pluie

Les Bars de la rue Gréty –Coude à Coude, Pickwick, la Fourmi. De 18h à minuit.

Villejean, square Zamenoff et dalle Kennedy. De 15h à 18h. w Chanson (variétés), chorales.

15 h : la chorale de la maison de retraite Raymond­Thomas (Berthe Sylva, Piaf, Mouskouri, etc.), 17 h : chants de marins chants gospel chansons populaires.

Obertwist, la kermesse pop du Twist Komintern

w Musiques électroniques.

Trempolino fixe Préfecture de Nantes –6, quai Ceineray. De 18h à minuit. w Chanson (variétés), jazz tout style,

musiques rock, musique classique.

On chant fou! Douves du Château. De 19h à minuit.

Parc Oberthur. De16h à minuit.

w Chorales.

w Musiques rock.

Sous les tropiques

Animation jusqu’à la fin de soirée.

Rennes actuelle Place des Lices. De 17h à 1h. w Musiques rock, rap, hip-hop,

musiques électroniques.

Rencontre du monde Place du Parlement. De 17h à 1h30. w Funk, groove, r&b, soul, musiques

du monde (traditionnelles), reggae, ragga, musique au féminin.

Espace culturel Louis­Delgrès (mémoire de l’Outre­Mer) –89, quai de la Fosse. De 19h à minuit. w Musiques du monde.

Rawking and Guests Face aux bars Dock­Yard et Wind’O. De 19h à minuit. w Musiques rock.

Gospel Family Place Royale. De 19h à minuit.

Ensembles vocaux et instrumentaux à Rennes

w Chorales.

Thabor –au Théâtre de Verdure et au cloître Sainte­Melaine. De 17h30 à 22h.

Royal Café –1, rue de l’Echelle. De 19h à minuit.

w Jazz tout style, chorales,

musique classique et du monde (traditionnelles).

Rennes classique, contemporaine et traditionnelle Cour de l’Hôtel­de­Blossac. De 18h à 22h. w Musiques du monde

et contemporaine.

Summer Session 5 Square Hyacinthe­Lorette et bar le Chantier. De 18h à minuit. w Musiques électroniques.

Legal Shot Sound System Parvis des Champs­Libres. De 19h à 20h30.

w Musiques rock.

Vilains Voisins w Musiques rock.

The Stetsons ADB Café –3, allée du Port­ Maillard. De 20h à minuit.

w Funk, groove, r&b, soul.

Le Chien stupide –4, rue des Carmélites. De 20h à minuit. w Musiques rock.

We Are Wonderful, Heart Rate, The Jesus Loves Heroin Band (garage et country de Sheffield).

Dead Marxists et Lénore Le Flesselles –3, allée Flesselles. De 20h à minuit.

Fest-Noz

Esplanade Général­Alain­Le­ Ray (ancienne Caserne de Bonne). De 20h à 23h.

w Chanson (variétés), jazz tout style,

musiques rock.

w Musiques électroniques.

Scène Jazz de Grenoble (partie 1)

Jardin de Ville. De 20h à minuit. w Manifestation insolite.

Scène electro de Grenoble

La Bastille. De 19h à 22h.

Parc Paul­Mistral –aux abords du stade des Alpes. De 20h30 à minuit.

w Jazz tout style.

w Musiques électroniques.

Scène chorales de Grenoble (Partie 2) Cour Marcel­Reymond –rue Très­Cloîtres. De 21h à 22h30.

Parc Paul­Mistral –aux abords du stade des Alpes. De 19h à 20h30.

w Chorales.

Scène Jazz de Grenoble (partie 2)

w Rap, hip-hop.

Place Lavalette. De 19h à minuit.

La Bastille. De 22h à minuit. w Jazz tout style.

w Musique classique.

Musique romantique allemande donnée par l’ensemble Ars Vocalis sous la direction de Marie­Paule Nounou.

Hommage à la musique romantique allemande Hôtel Cambacérès –place de la Canourgue. De 22h30 à 23h30. w Musique classique.

par mois 35 €

w Chorales.

w Musiques rock.

Hôtel Cambacérès. De 22h30 à 23h30.

€ 19

Eglise Notre­Dame­de­Toutes­ Joies. De 21h à 22h.

Tango Argentin aux Fonderies

Lieder de Schumann, Schubert et Mendelssohn

Offre dent lanceme

Ensemble vocal A Piacere

Elephanz

20 h : le Warm’up du gagnant du concours Dj RTS. 21 h : Maelle (Djette). 22h : Dim Chris. 23h : Antoine Clamaran. Minuit : Chewy Chocolate Cookies.

LAISSEZ-VOUS SÉDUIRE PAR L’OFFRE INTÉGRALE LIBÉRATION

Le finaliste du tremplin Fnac.

w Musiques rock.

RTS Radio du Sud présente

Les Trophées de l’Isère

w Chorales, musiques du monde.

Place du Commerce. De 20h30 à minuit.

Musique baroque donnée par l’Ensemble Arianna sous la direction de Marie­Paule Nounou.

(traditionnelles).

w Musiques du monde

w Musiques du monde.

Tremplin Fnac NRJ Studio Live

w Musique classique.

L’Esplanade de L’Europe. De 20h à minuit.

Scène Gospel Institut

Avec Al­Loar Zu et Tosser Tad ha­Mab.

Basilique Notre­Dame­des­ Tables –rue de l'Aiguillerie. De 17h à 18h.

w Musiques rock.

Esplanade de l’espace Jacques­ Demy –24, quai de la Fosse. De 20h30 à minuit.

au lieu de

Place du Commerce. De 22h à minuit.

Jardin des Fonderies –rue Louis­ Joxe. De 20h à 23h.

Minitel Rose

w Musiques du monde.

w Musiques électroniques.

Place du Commerce. De 23h à minuit.

L’OFFRE INTÉGRALE LIBÉ

toute l’info Libération, sur tous les supports papiers et numériques,

pour 19 € par mois seulement

Bordeaux Scène Corner

w Musiques rock et électroniques,

Place de la Victoire. De 17h à minuit.

L’Opéra national de Bordeaux

20h30: Olhia. 21h30: Troï K. 22h15: JArs Vocalisazz’Occailles (six femmes a cappella sur polyphonies de jazz). 23h: L’orchestre à puces et les chanteuses Mystère. 23h45: Zonk Ha Stronk.

Scène Rock de Grenoble

Amphithéâtre et parvis du musée de Grenoble –esplanade François­Mitterrand. De 19h à minuit.

Scène Rap de Grenoble

Carte blanche aux organistes organisée par les Amis de l’orgue de Nantes et de Loire­Atlantique.

w Chorales.

musique au féminin.

Orféo, musiques du monde

w Musique classique.

w Genres musicaux multiples.

w Chanson (variétés),

w Chanson (variétés).

w Reggae, ragga.

Esplanade du Général­ de­Gaulle. De 20h à minuit 30.

Square Claude­Ligot. De 20h30 à minuit.

w Musiques rock.

Parc Paul­Mistral. De 19h à 22h.

Square Dom­Bedos. De 18h30 à minuit.

Entr’Ille et Ville

Place Saint­André. De 19h30 à minuit.

Basilique Saint­Nicolas –5, rue Affre. De 20h30 à minuit.

Conservatoire de Bordeaux

rap, hip-hop.

Square Docteur­Martin. De 18h à 21h30.

7e nocturne de l’Orgue

Parc des Sports­Saint­Michel. Toute la soirée.

Rennes actuelle

Scène chanson française de Grenoble

Scène World Reggae de Grenoble

w Musiques rock.

Banzaï Lab

w Reggae, ragga.

Les Tremplins de l’Isère (Partie 1)

Hommage à Haendel

w Genres musicaux multiples.

Hôtel de ville –place Pey­ Berland. De 19h à 20h.

Boum Babylon est un groupe de ska influencé par des groupes tel que la Mano Negra. Les Boum Babylon balancent un son rock reggae ragga énergique.

w Musique classique.

Le Centre d’information et d’activités musicales

w Chorales.

Place Pey­Berland. De 17h30 à 19h30.

Cours de l’Intendance. De 21h45 à minuit 35.

w Musiques rock, funk,

r&b, soul…

Conservatoire de Bordeaux Eglise Sainte­Croix. De 19h30 à minuit.

Scène Rock School Barbey w Rap, hip-hop,

rock…

Photos : 123RF - DR

Rennes

Orbeat

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LIBÉRATION LUNDI 21 JUIN 2010

MONDIAL 2010

Sánchez,pépitedudésert GROUPE H Le jeune attaquant chilien, parti de rien, crève l’écran. Ce soir à Port Elizabeth CHILI SUISSE 16heures (France3, Canal+)

«E

n Argentine, ils disent tous le meilleur joueur de l’histoire du pays, c’est Maradona. Au Brésil, que c’est Pelé. Au Chili, ce n’est pas si évident. Alors le meilleur du Chili, je veux que ce soit moi.» Au moins, on ne pourra pas reprocher à Alexis Sánchez de se cacher. Meilleur joueur du Chili-Honduras (1-0) de mercredi, où ses passements de jambes, ses crochets courts et ses appels incessants firent merveille, le joueur de 21 ans est un peu le Cristiano Ronaldo de son pays. Soit une boule de technique et d’ego qui ne craint rien ni personne. Et surtout pas la gloire, donc. Malgré une vilaine peau infectée d’acné, Alexis Sánchez cultive comme son modèle une métrosexualité assumée qui le voit prendre soin de sa musculature comme d’un joyau. En témoigne le groupe créé sur Facebook «pour qu’Alexis Sánchez joue torse nu pendant le Mondial» (3 470 fans). Turbine. Comme Ronaldo avant lui, le milieu ambitionne lui aussi d’aller faire tinter ses pectoraux dans le nord de l’Angleterre. «J’aimerais jouer un jour pour Manchester United», déclarait-il avant de s’envoler pour l’Afrique du Sud. En attendant, Sánchez turbine

Alexis Sánchez à Nelspruit, vendredi. PHOTO CLAUDIO CRUZ. AP dans le Frioul, à l’Udinese, où il a clos le dernier championnat italien à une modeste quinzième place. Pas vraiment la même chose, mais bon. Si Sánchez voit aussi loin, c’est sans doute parce qu’il a déjà fait plus de chemin qu’il ne l’aurait jamais imaginé. Elevé à Tocopilla, bled

paumé du désert d’Atacama, Alexis Sánchez n’est pas vraiment ce qu’on appelle un enfant de l’amour. A sa naissance, le 19 décembre 1988, son père ne le reconnaît pas et quitte le domicile conjugal pour toujours. Martina Sánchez se retrouve alors seule, sans un sou et avec quatre fils à nourrir. Une situation

qui oblige les aînés de la fratrie à déserter les bancs de l’école pour aller se briser l’échine à Calama, la plus grande mine de cuivre à ciel ouvert du monde. Alexis, le cadet, est le seul membre de la famille à fréquenter les salles de classes. Problème : c’est un cancre. Gavroche. «L’école, ce n’était pas fait pour moi. Chez nous, on est plus malin qu’intelligent.» Au lieu d’aller en cours, le gavroche latino passe son enfance à lustrer des voitures et à tâter la balle. «Je jouais pieds nus entre les pierres», se souvient-il. C’est Nelson Acosta, ancien sélectionneur chilien, alors entraîneur de Cobreola, qui débusque finalement la petite perle lors d’un tournoi régional. La suite est un conte de fées: première division à 16 ans, transfert à Colo Colo (Santiago), puis chez les mythiques Argentins de River Plate. Et l’Europe, enfin, à 19 ans. Jusqu’où montera Sánchez? Son deuxième match en Coupe du monde, cet aprèsmidi contre la Suisse, donnera une tendance. Après, s’il veut rejoindre Pelé et Maradona dans les mémoires, le milieu de terrain devra se trouver un nouveau surnom. Son sobriquet actuel, «Dilla», vient de ladilla, qui signifie morpion.

17

L’HISTOIRE

UN SUPPORTEUR ANGLAIS S’EN PREND À DAVID BECKHAM Joseph Pavlos, 32 ans, supporteur anglais, s’était perdu en cherchant les toilettes et s’est retrouvé par hasard ven­ dredi soir dans les vestiaires de l’équipe d’Angleterre après la piètre performance des joueurs de Fabio Capello face à l’Algérie (0­0). Interviewé par le Sunday Mirror, le fan a expliqué qu’il s’était retrouvé nez à nez avec David Beckham. Le milieu de terrain, forfait pour blessure, lui aurait alors demandé ce qu’il faisait là. Pavlos a simple­ ment déclaré qu’il cherchait les toilettes puis, profitant de la présence de cette incarnation du foot, il aurait lancé: «David, on a dépensé une fortune pour venir jusqu’ici. C’est une honte. Qu’est­ce que vous comptez faire?» Il a ensuite ajouté que le jeu de l’équipe avait été «misérable», avant d’être prié de s’en aller par un responsable. Hier, la police sud­africaine a retrouvé sa trace grâce aux caméras du stade, et Pavlos a été arrêté au Bay Hotel du Cap, pour violation de propriété privée. «Les services du procureur général du ministère de la Justice […] nous ont assuré que l’individu allait comparaître prochainement», a déclaré Sally de Beer, porte­parole de la police. CAMEROUN Le pays est le premier éliminé de la Coupe du monde. Les joueurs de Paul Le Guen, qui ont perdu samedi soir face au Danemark (1-2), sont les premiers à être certains de devoir prendre leur billet de retour au pays. Avec deux défaites en deux matchs, ils ont perdu toute chance de se qualifier pour les huitièmes de finale avant même de rencontrer les Pays-Bas, jeudi.

GHANA Les Black Stars prennent la tête du groupe D, malgré le match nul (1-1) concédé samedi face à des Australiens pourtant vite réduits à dix (24e minute). Il leur suffira d’un nul lors du troisième match, mercredi face à l’Allemagne, pour atteindre les huitièmes de finale. Une performance déjà réalisée lors du Mondial 2006 en Allemagne.

«Attention. Avec leur queue, les iguanes peuvent casser des jambes. Les joueurs doivent être prudents.» Oliver Bierhoff manageur de la Mannschaft qui pris ses nouveaux quartiers dans un hôtel près de Pretoria

Envoyés spéciaux à Johannesburg ALEXANDRE GONZALEZ et JAVIER PRIETO SANTOS

Espagne,lespectredestocards GROUPE H Le passé de loser de la Roja resurgit après sa défaite face à la Suisse. Ce soir à Johannesburg ESPAGNE HONDURAS 20h30 (France3, Canal+)

S

ale temps pour les cadors européens. A part les Pays-Bas (qui ont livré une purge mais gagné 1-0 samedi contre le Japon), tout le monde trébuche – plus ou moins salement. L’Espagne a ainsi perdu son premier match (0-1), contre des Suisses qui ne l’avaient jamais battue. La gifle a provisoirement jeté les champions d’Europe en bas de leur piédestal, eux que tout le monde donnait archifavoris sur le papier. Avant le début de la compétition, pour les médias du

pays, seul le nom de l’adversaire battu par la Roja en finale relevait du suspens. Une défaite plus tard, l’Espagne retrouve ce rôle de favori battu, spectre qui la poursuit depuis un moment. Les joueurs tentaient d’ailleurs avant le match de la Suisse de se défaire de ce costume, et de la pression poisseuse qui l’accompagne, celle qui vous colle au short et vous fait déjouer. «Nous avons gagné le championnat d’Europe et nous avons une belle équipe, disait Sergio Busquets, mais nous n’avons jamais gagné la Coupe du monde. J’aime mieux attendre le 11 juillet pour savoir si nous sommes favoris.» Son gardien, Iker Ca-

sillas, ajoutait que l’Espagne a été plusieurs fois favorite sans gagner un seul mondial (sa meilleure place reste quatrième en 1950). Seul le coach assumait: «Nous sommes à un très bon stade au niveau des clubs et du pays, dans une phase historique selon moi.» Un match plus tard, le même Vicente Del Bosque râle : «Je ne veux critiquer personne, mais on n’a peut-être pas vraiment vu notre caractère. A l’avenir, il faudra le montrer.» Ce sera plus facile lorsque Andrés Iniesta, préposé à la rotation du ballon, aura retrouvé ses moyens. Le meneur de Barcelone n’a pas son pareil pour vous dénicher les microfailles entre les

lignes adverses, mais il souffre de la cuisse et se contente de trottiner entre les matchs. Après sa sortie mercredi, à un quart d’heure de la fin, le jeu est devenu brouillon, les Espagnols ont balancé de longs centres stériles sur l’étanche défense helvétique. Le Honduras se profile désormais. Et il ne battra pas pavillon de complaisance. Ses joueurs ont perdu (0-1) contre le Chili et doivent, eux aussi, gagner. Ce qui fait dire à Gerard Piqué, le défenseur de Barcelone, que le match de ce soir sera «une finale». Excellente façon d’arrêter de penser à celle du 11 juillet. Envoyé spécial à Johannesburg OLIVIER BERTRAND

GROUPE G CORÉEMENT FLIPPANT C’est avec une vieille boule au ventre que le Portugal a préparé son match face à la Corée du Nord. «La Corée est très forte défensivement, ils ont dix joueurs derrière le ballon. Nous nous préparons pour surmonter cette muraille», a prévenu le milieu Raul Meireles, qui se rappelle sans doute que le Portugal avait déjà été incapable de battre une Albanie réduite à dix en éliminatoires. Carlos Quei­ roz devra en outre faire sans Deco et peut­être sans Simão, qui récupère d’une gastr(ã)o. Résultat? «Un 1­0 serait un bon résultat», avance Eusébio, auteur d’un qua­ druplé en 1966, en Angleterre, lors de l’onirique Portu­ gal–Corée du Nord (5­3). Autres temps, autres mœurs. Ce soir au Cap

CORÉE DU NORD 13h30 (TF1)

PORTUGAL

FLORIAN RAINHO PHOTO AFP


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LIBÉRATION LUNDI 21 JUIN 2010

MONDIAL 2010

LES VACANCES DE BOUZARD

RAPHAËL GARRIGOS et ISABELLE ROBERTS

S’

il faut un oiseau de m a uv a i s augure pour jeter le trouble sur la sélection espagnole, ce sera lui. Le réalisateur catalan Albert Serra est formel, la Roja n’a aucune chance de gagner la Coupe du monde. Un jugement à prendre néanmoins avec des pincettes: le cinéaste avoue même ne «jamais avoir vu un match de [s]a vie». Selon vous, l’équipe d’Espagne estelle encore favorite du mondial? Les Espagnols sont des perdants comme les Italiens sont des gagnants. L’Italie est mon favori, parce que c’est une équipe qui ne perd qu’aux tirs aux buts. Les Espa-

gnols, eux, sont très anarchiques, il leur est très difficile de s’organiser. Et puis, si la fédération a décidé d’accorder des primes plus importantes aux joueurs en cas de victoire qu’en cas de défaite, la logique statistique voudrait que ça soit parce qu’ils ont moins de chance de gagner que de perdre. La légende veut qu’il y ait une différence culturelle importante entre les joueurs du Barça et de Madrid… Les Catalans, comme Xavi ou Guardiola, sont faibles mentalement. Par nature. Ils veulent que leur équipe joue bien, mais pas forcément qu’elle gagne. Madrid en revanche,

et son cinéma, le symbolisent bien, c’est un monde fermé, irrationnel et stupide qui ne s’intéresse qu’à lui-même. Au Real, quelques joueurs représentent aussi très bien cela. Et ce sont eux qui feront échouer Mourinho. Quelles autres équipes peuvent gagner la Coupe du monde? Les équipes, comme l’Inter cette année en Ligue des champions, qui sauront mieux jouer à dix qu’à onze. La volonté de gagner vient en premier, la scientificité du jeu ensuite et enfin le beau jeu. Dans cet ordre. Recueilli par BRIEUX FÉROT

A voir: Honor de Cavalleria, DVD + livre, Capricci Editions. Atlètic Club Banyoles sur youtube avec en bande­son You’ll never walk alone, version Elvis Presley.

Victoire bleue Hier, l’équipe de France féminine de foot, leader de son groupe, a battu la Croatie (3­0), dans le cadre des élimi­ natoires de la Coupe du monde 2011.

Mea culpa «Je m’excuse auprès de ceux qui auraient pu être offensés par mon attitude.» Signé Wayne Rooney, après le match Angleter­ re­Algérie.

Sourd L’explosion «contrôlée» d’un fabriquant d’explosifs a fait trembler le sol hier au stade Soccer City de Johannesburg. Télécommande Le Cameroun­ Danemark (1­2) de samedi sur France 2 a ras­ semblé moins de téléspecta­ teurs que lesExperts: Miami sur TF1.

FIGURES AUSTRALES ParPar Jérôme de Perlinghi

Prince, en uniforme scolaire, pose devant une affiche d’un des sponsors principaux. La Fifa a décidé qu’à proximité des stades, seuls

les sponsors officiels pouvaient faire du commerce, ce qui affecte de nombreux petits restaurants ou vendeurs de rues.

BAD MUSETTE

D

errière le journaliste de l’Equipe, un vent mauvais soulève les voilages de ce salon du Pezula Resort où, hier, Téléfoot a installé son plateau. Ambiance sépulcrale, couleurs trop sombres pour la télé et l’écho des dernières phrases des sujets qui résonnent : «…fracture irréversible avec les Français.» Plan sur Raymond Domenech, puis sur le journaliste de l’Equipe. Dans son dos, le bras d’un maillot bleu apparaît, et les voilages s’envolent. Il entre dans le champ: c’est Franck Ribéry, qui chaloupe d’un pied sur l’autre. Le débat continue, comme si de rien n’était. Contrechamps sur Bixente Lizarazu: Ribéry est de nouveau là. Plan d’ensemble : ça y est, il s’est matérialisé, debout à côté de Domenech assis. Le nez et le front brillent, il n’est pas maquillé : ce n’était pas prévu. Son micro à la main, il parle, enfin il essaie. Les mots se bousculent derrière ses dents mal fichues et se cognent : «Y a des choses qui zont été dites»; «On parle des cadres qui zont des problèmes avec Yoann Gourcuff» ; «Honnêtement, que Nico soit exclu, ça existe pas». Ribéry veut parler, il a quelque chose à dire mais il n’a pas les mots : «J’ai les boules», répète-t-il la voix étranglée. En face, le présentateur David Astorga lui parle comme à un petit enfant, détimbrant sa voix, et Lizarazu détache ses mots pour se faire comprendre. Mais personne ne pipe rien, Ribéry encore moins. Il demande pardon, au pays, aux Français. «On a dur, dit-il enfin, franchement, on a dur.»

«Les Espagnols sont des perdants»

TOP DU HIP­HOP

Le Franck parler des Bleus

INTERVIEW Albert Serra, réalisateur catalan:

DR

VU DE MA LUCARNE


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H. I. Faiblissent. - II. Joliment laquĂŠe. - II. Donne ou reçoit l’information, au choix. - IV. PĂŞcherie formĂŠe de deux rangs de perches en angle au fond du euve, fermĂŠe par un ďŹ let en entonnoir. Chapelier fou dans la rĂŠcente Alice de Tim Burton. - V. Nos amis shintoĂŻstes y rendent de vibrants hommages Ă une divinitĂŠ de cuisine. Nocturne lĂŠmurien d’Afrique. - VI. Fermeture patronale peu acadĂŠmique, mais très briseuse de grève. - VII. Peut admirer les cĂ´tes d’Armor de ses fenĂŞtres. DĂŠcoration au sommet. VIII. Bien ennuyeux. Vis. - IX. Ebauche d’Êbauche. Dure longtemps. - X. SuccĂŠda en 641 Ă  saint MĂŠdard comme ĂŠvĂŞque de Noyon. Sa mer est aussi dite Arabique. - XI. Ne s’amusent pas du tout. V. 1. Aaiblies. - 2. Se fond aisĂŠment dans la graisse. - 3. GoĂťta. Coule de l’AltaĂŻ Ă  la mer de Kara. - 4. Son ĂŽle est la plus peuplĂŠe de Nouvelle-ZĂŠlande. Joli palmier des ĂŽles Moluques. - 5. Belle prise. Mise. 6. A foi en Shiva, la guerre, et Vishnou, la paix, selon une ďŹ ne plaisanterie de Francis Blanche. Vian l’Êtait chaque fois un peu plus en chanson. - 7. A donc pas mal tapĂŠ. Très courtois avec le suivant. - 8. Cf. le prĂŠcĂŠdent. Cuit Ă  l’Êpellation. Noix d’AmĂŠrique. - 9. APendent une meilleure occasion.

LIBÉRATION www.liberation.fr 11, rue BÊranger 75154 Paris cedex 03 TÊl. : 01 42 76 17 89 TÊlex : 217 656 F EditÊ par la SARL LibÊration SARL au capital de 8 726 182 ₏. 11, rue BÊranger, 75003 Paris RCS Paris : 382.028.199 DurÊe : 50 ans à compter du 3-06-91. CogÊrants: Laurent Joffrin Nathalie Collin AssociÊe unique SA Investissements Presse au capital de 14 940 240 ₏. CoprÊsidents du directoire Laurent Joffrin Nathalie Collin Directeur de la publication et de la rÊdaction Laurent Joffrin Directeurs adjoints de la rÊdaction Paul Quinio Fabrice Rousselot François Sergent Directrice adjointe de la rÊdaction, chargÊe du magazine. BÊatrice Vallaeys RÊdacteurs en chef StÊphanie Aubert (Êdition) Ludovic Blecher (internet) Christophe Boulard (technique) GÊrard Lefort Olivier Wicker (supplÊments) Directeur artistique Alain Blaise RÊdacteurs en chef adjoints Michel Becquembois (Êdition) GrÊgoire Biseau (Êco-terre) Olivier Costemalle et Richard Poirot (Êd. Êlectronique) Mina Rouabah (photo) Marc Semo (monde) Sibylle Vincendon (sociÊtÊ) Pascal Virot (politique) Directeur administratif et financier ChloÊ Nicolas Directeur commercial Philippe Vergnaud diffusion@liberation.fr Directeur du dÊveloppement Max Armanet ABONNEMENTS & 03 22 19 25 54 sceabo@liberation.fr abonnements.liberation.fr PuBLICITÉ Directrice gÊnÊrale d’Espaces LibÊration Marie Giraud Espaces LibÊration 11, rue BÊranger, 75003 Paris. TÊl. : 01 44 78 30 67 PublicitÊ commerciale, littÊraire, financière, arts et spectacles. PublicitÊ locale et parisienne. Amaury mÊdias 25, avenue Michelet 93405 Saint-Ouen Cedex TÊl.01 40 10 53 04 hpiat@manchettepub.fr Petites annonces.Carnet. IMPRESSION POP (La Courneuve), Midi-print (Gallargues) Nancy Print (Nancy) Ouest-Print (Bournezeau), ImprimÊ en France Tirage du 19/06/10: 165 303 exemplaires. Membre de OJD-Diffusion Contrôle. CPPP : C 80064. ISSN 0335-1793. CCP 2240185 Paris.W

MATIN Temps calme avec de belles ĂŠclaircies Ă l'ouest et au sud. Averses dans l'est. TempĂŠratures fraĂŽches.

APRĂˆS-MIDI Conditions mĂŠtĂŠo agrĂŠables avec du soleil et quelques passages nuageux. Le risque d'averses est faible Ă l'est.

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Sein. IX. APestent. X. GaulÊe. Ge. XI. EtrennÊes. V:1. Prend de l’âge. 2. LÊmure. Etat. 3. Upas. Guntur. 4. SÊn. MartelÊ. 5. Fragons. Sen. 6. Ratant. Sten. 7. AbiÊtacÊe. 8. Ilote. Linge. 9. SÊnescentes. A

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yzrbrzyz SOLUTION NOON zqzyzyao qzyeyzqz zyzyzmzy yksepjye zyzwztzy wzyzyzwk lygyzxzu 1... Fg4!! 0-1 L’uppercut du KO cache un bien joli thème: les blancs sont mat après 2.Dxg4 Cf2+! 3.Txf2 Te1+ etc. ou perdent la dame. Sur la meilleure variante 2.Ce6 Txe6 3.Dxg4 Cf2+ 4.Rg1 Cxg4 5.Fxe6 Ce3, le dÊficit matÊriel est trop important pour envisager de continuer la partie. Jean-Pierre Mercier.

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Cht de Bosnie par Êquipes 2010 Les Blancs jouent et gagnent B. Brenjo N. Stavnjak Bobby Fischer va être exhumÊ Si le grand champion des annÊes 70 - le plus fort joueur de tous les temps sur une pÊriode donnÊe - a pu disparaÎtre pendant 20 ans sans laisser d’adresse après l’accession à son titre mondial en 1972, aujourd’hui, il en va tout autrement: tout le monde sait oÚ il loge, et pour l’ÊternitÊ. C’est ainsi que The Great Bobby, dÊcÊdÊ en janvier 2008, a fait l’objet d’une action juridique en reconnaissance de paternitÊ. Elle a ÊtÊ validÊe par une cour suprême de Reykjavik ce mercredi 16 juin, après avoir ÊtÊ dÊboutÊe dans une première instance. Fischer est-il le père de Jinky Young, Une petite fille des Philippines de 9 ans ? Seule une analyse ADN pourra le dire avec certitude. L’hÊritage de Bobby est estimÊ à 2 millions de $, et il est revendiquÊ par plusieurs partis: sa femme, la prÊsidente de la fÊdÊration japonaise des Êchecs, Miyoko Watai; les deux neveux de Fischer (lequel avait bien une sœur), Alexandre et Nicolas Targ; et même la justice amÊricaine, qui le poursuit jusque dans l’Au-Delà pour des taxes impayÊes! Et voici maintenant Marilyn Young, la mère de Jinky, qui voudrait bien pouvoir Êlever dignement sa fille. Bobby Fischer, mort à l’âge de 64 ans, n’a laissÊ ni de testament, ni manifestÊ d’ultimes volontÊs. Par contre il envoyait rÊgulièrement des sous à la mère de sa prÊsumÊe fille.(D’après AFP)

Nous informons nos lecteurs que la responsabilitĂŠ du journal ne saurait ĂŞtre engagĂŠe en cas de non-restitution de documents

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Le soleil s'impose largement. Coup de tonnerre possible Ă l'est. TempĂŠratures en hausse.

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REBONDS

LIBÉRATION LUNDI 21 JUIN 2010

Pour les cinq de Villiers-le-Bel Parun collectif de soutien

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Villiers-le-Bel, les 25 et 26 novembre 2007, un renversement s’est produit: ces gamins que la police s’amuse de mois en mois à shooter ont à leur tour pris leurs aises avec ceux qui les ciblent. Ces quartiers submergés par une occupation devenue militaire ont, un temps, submergé les forces d’occupation. Les roueurs ont été roués. L’espace de deux soirées, la peur a changé de camp. Comble de l’horreur, il paraît que les émeutiers étaient «organisés». C’est cela l’événement de Villiers-le-Bel. Si l’ordre de ce monde s’affirme jusque dans les recoins les plus infimes de l’existence comme un ordre policier, cet ordre a été, en un point nommé Villiers-le-Bel, renversé. Or cet ordre du monde est celui Dans les moments politiques, les sous lequel nous choses sont rendues à une simplicité vivons tous, sous aveuglante. On est soit du côté lequel nous étoufde la police, soit du côté du peuple. fons. Quelle que soit l’aptitude du système à masquer l’étendue de son délabrement, chacun sent qu’il a fait son temps. Quand il s’effondrera finalement, Villiers-le-Bel entrera dans la longue chronique des soulèvements qui auront auguré de la fin d’un monde de malheur. Depuis deux siècles, l’histoire de France a cessé d’être la légende de ses rois pour devenir, un jour de 1789, celle de leur renversement. Elle a déserté les palais, et ses moments vérita-

bles ont lieu dans la rue, avec le peuple en armes, en grève ou en révolte. Elle tient désormais dans chacune de ces circonstances où la population, objet permanent de la sollicitude policière, cesse d’être la population et redevient le peuple. En novembre 2007, l’histoire était à Villiers-le-Bel. Dans ces moments politiques, les choses sont rendues à une simplicité aveuglante. On est soit du côté de la police, soit du côté du peuple. Il n’y a pas de tiers parti. Aujourd’hui s’ouvrit à Pontoise le procès des prétendus «tireurs de Villiers-le-Bel». L’année dernière, le procès des premiers émeutiers avait été l’occasion d’une formidable unanimité journalistique contre les prévenus, et c’est le même phénomène qui se profile aujourd’hui. Comme Gambetta traitait la Commune d'«insurrection criminelle» et célébrait «le dévouement, la sagesse» des conseils de guerre chargés de liquider les communards, comme le bon Tocqueville louait durant le massacre de juin 1948 ces troupes qui «font admirablement leur devoir», les inculpés seront forcément présentés comme des délinquants-polygames-à-femme-en-burqa. On ne reculera devant aucune infamie pour justifier que l’on prenne ainsi le parti de forces de l’ordre qui, après avoir renversé deux enfants du quartier et entraîné leur mort, vont se plaindre devant le tribunal d’avoir reçu quelques plombs dans l’épaisseur de leurs gilets pare-balles. Les cinq inculpés auraient aussi bien pu être tirés au sort parmi les jeunes de Villiers-le-Bel. C’eût été plus démocratique. Le dossier de l’accusation a été établi

en utilisant des méthodes inqualifiables –des dénonciations anonymes et rémunérées, dont plusieurs ont été discréditées depuis, de simples déclarations faites au cours de gardes à vue de quatre jours et sous la pression que l’on imagine. Et c’est avec ce dossier, fait de témoignages douteux, que l’on s’apprête à requérir des dizaines d’années d’emprisonnement. Une justice qui avaliserait de tels procédés ne serait plus qu’une chambre d’enregistrement de l’arbitraire policier. Ce serait une nouvelle étape dans la «guerre totale aux bandes» où le pouvoir en place croit trouver son salut. Ce serait couvrir la vengeance privée de l’institution policière contre le peuple de Villiers-le-Bel. Pour toutes ces raisons, nous disons que la justice n’a pas à connaître de ce dossier: on ne traîne pas un événement devant une cour d’assises. Nous refusons de laisser le gouvernement mener en notre nom cette stupide «guerre à la banlieue», aussi rentable soit-elle électoralement. Nous sommes lassés d’avance de cette mauvaise mise en scène. Nous appelons tous ceux qui nous entendent à manifester leur soutien aux inculpés et leur refus de cette justice. Signataires: Pierre Alféri Ecrivain Keny Arkana rappeuse Miguel Benassayag Ecrivain Rokhaya Diallo Militante associative et chroniqueuse Dominique Grange Chanteuse Eric Hazan Editeur Hugues Jallon Editeur Serge Quadruppani Ecrivain Benjamin Rosoux Tarnacois Bob Siné Dessinateur Jean­Marie Straub Cinéaste Miss. Tic Artiste plasticienne Rémy Toulouse Editeur Dominique Tricaut Avocat Antoine Volodine Ecrivain Lire également en pages 10-11

Mariages forcés: lutter par-delà les frontières Par un groupe de personnalités soutenant les victimes de crimes d’honneur et de mariages forcés

L

e 22 juin, le Sénat votera la proposition de loi «renforçant la protection des victimes, la prévention et la répression des violences faites aux femmes» adoptée en première lecture par les députés, le 25 février. Tout en s’inscrivant dans un cadre général, cette proposition législative améliore de façon très notable la lutte contre le mariage contraint en France : elle prévoit en effet la création de circonstances aggravantes pour «contrainte au mariage» dans le cas des infractions suivantes : violences, actes de torture et de barbarie et meurtre. Avancée essentielle en matière de répression des auteurs, cette évolution vise de fait prioritairement à prévenir le mariage contraint. Il est cependant regrettable que les infractions d’enlèvement et de séquestration n’aient pas été prises en compte. En effet, les victimes, quasi exclusivement des femmes et des jeunes filles, sont fréquemment envoyées sous la contrainte dans le pays d’origine des parents pour y être mariées selon la tradition ou encore pour être «remises dans le droit chemin». Elles y subissent des mesures de «redressement» qui vont de l’avortement forcé –pour celles enceintes hors mariage –, à la séquestration pendant plusieurs mois jusqu’au mariage forcé –donc au viol– voire jusqu’à l’assassinat. Ces multiples formes de violence nous renvoient à cette obsession inaltérable et universelle qu’est la surveillance et le contrôle social permanent du corps et de la sexualité des

femmes. Avec pour acte final, le crime dit d’honneur, une exécution qui rend à jamais invisible et intouchable la femme victime. Selon l’ONU, environ cinq mille femmes dans le monde sont assassinées chaque année pour avoir offensé l’honneur des hommes. Rappelons que pour punir les auteurs de ces crimes devant les tribunaux français, l’article 113-7 du nouveau code de procédure pénale exige une des trois conditions suivantes : la victime ou l’auteur présumé doit être de nationalité française ou bien l’infraction doit avoir été commise sur le territoire français. Or, les victimes de ces crimes, originaires de populations récemment installées en France, ne sont pas toujours de nationalité française. Cet article 113-7 permet donc à certaines familles de littéralement commanditer ou d’exécuter elles-mêmes l’assassinat de leurs filles en toute impunité pendant les «vacances» au pays d’origine. En 2006, le législateur français a permis de déroger à l’article 113-7 pour sanctionner les auteurs étrangers pratiquant l’excision à l’encontre de fillettes non françaises mais résidant habituellement en France. En 2010, il est plus que jamais urgent d’élargir le champ d’application de cette dérogation à l’assassinat ainsi qu’à toutes les autres infractions en lien avec un mariage forcé, commises à l’étranger, à savoir l’enlèvement et la séquestration, l’avortement forcé et le viol. N’est-ce pas cette année que le gouvernement français a proclamé la

lutte contre les violences faites aux femmes «grande cause nationale» ? Comparée aux autres pays européens, la France peut se féliciter d’avoir la meilleure législation sur le viol, crime intrinsèquement lié au mariage forcé. Toutefois, pour le viol, tout comme pour le crime dit d’honneur, meurtre commis avec préméditation passible de la réclusion criminelle à perpétuité, l’article 113-7 permet, on l’a dit, aux

questration, violences, actes de torture et de barbarie, meurtre et assassinat. En effet, ce sont souvent les frères, cousins et oncles qui, au nom de leur honneur, violentent ou assassinent les femmes de leur famille. Le relativisme culturel joue toujours contre les plus vulnérables, en premier lieu contre les femmes. Il continue de faire des ravages dans les tribunaux de notre vieux continent. L’honneur est un alibi masculin qui atténue encore, symboliqueL’honneur est un alibi masculin qui ment et juridiquement, la atténue encore, symboliquement et peine de prison des juridiquement, la peine de prison des auteurs, tout comme la auteurs, comme la passion a permis passion a permis de justifier le meurtre conjugal. de justifier le meurtre conjugal. C’est pourquoi la question auteurs d’échapper à la loi. Si le législa- de la formation des magistrats, des teur français, comme il l’a fait pour agents consulaires, des policiers et des l’excision, élargissait la dérogation à gendarmes est essentielle, car c’est l’article 113-7 en faveur des femmes en l’une des conditions de l’application danger d’assassinat à l’étranger, cela effective de la loi. La législation franserait la preuve que l’Etat français prend çaise en matière de lutte contre les vioses responsabilités à l’égard de la pro- lences faites aux femmes doit être une tection des personnes quelle que soit législation protectrice, au profit de touleur condition juridique. C’est le moins tes les victimes, sans exception, quelle qu’il puisse faire au regard de la récente que soit leur nationalité. résolution «De l’urgence de combattre les crimes dits d’honneur», votée le 28 juin Signataires: Chahla Chafiq Ecrivaine Carine Favier Présidente du Planning 2009 par le Conseil de l’Europe, qui in- familial, Françoise Heritier Anthropologue vite ses Etats membres à légiférer contre Christine Jama Directrice de Voix des ce type de crime. Il serait également femmes Smaïn Laacher Sociologue pertinent que le législateur ajoute des Ariane Mnouchkine Metteure en scène Emmanuelle Piet Présidente du Collectif circonstances aggravantes dès lors que féministe contre le viol Aicha Sissoko les infractions suivantes sont commises Ancienne membre de l’Observatoire de la par un collatéral : enlèvement et sé- parité Jean­Pierre Thorn Cinéaste


LIBÉRATION LUNDI 21 JUIN 2010

REBONDS

L'ŒIL DE WILLEM

Par DANIEL SCHNEIDERMANN

Une danseuse nommée «le Monde»?

Imaginons une entreprise qui perd de sortirait donc de l’économie réelle pour l’argent, sans vraies perspectives d’en inaugurer le destin, inédit en France gagner, et qui voit néanmoins s’agiter à à l’époque moderne, d’un journal son chevet deux repreneurs potentiels danseuse. concurrents, se disputant l’honneur A vrai dire, un mécénat implicite se d’éponger ses déficits, surenchérissant pratiquait déjà. Arnault, Dassault, Pien déclarations d’amour, en promesses nault, Lagardère, ou ici à Libération de chartes sanctuarisant le respect de sa Rothschild, ont toujours eu pour personnalité, de son indépendance, etc.: objectif affiché de gagner de l’argent c’est le conte de fées que vit actuelle- avec les journaux, ou au moins de ne ment le Monde. Bien des entreprises, du pas trop en perdre, même si ces objectextile, de la sous-traitance automobile, tifs proclamés ont rarement été couronou sidérurgiques, aimeraient connaître nés de succès. Mais les motifs réels ont un tel empressement. toujours été différents : servir les intéLes deux repreneurs ne sont pas d’une rêts du groupe (le lobbying de Bounature tout à fait comparable. Avec l’al- ygues, grâce à TF1 et à LCI), exercer une liance du groupe Perdriel et d’Orange, influence personnelle (les ineffables le Monde tomberait pour partie dans éditos de Dassault dans le Figaro en dél’orbite de l’Etat. Ou but d’année), satisfaire plutôt, y retomberait : leur égo, lutter contre MÉDIATIQUES le journal, la semaine l’ennui, ont toujours dernière, republiait sans avoir l’air d’y été d’importantes motivations. toucher cette protestation méconnue de Après tout, pourquoi pas ? Pourquoi loyauté de Beuve-Méry à de Gaulle, rejeter a priori le mécénat ? Sans Lauen 1958, peu après le retour au pouvoir rent de Médicis, pas de Michel-Ange. du général : «Mon général, si un jour Y compris dans le domaine de l’inforle Monde cessait de vous amuser, si vous mation? Mais oui. Ni marchandise tout le considériez comme un obstacle à la po- à fait comme les autres, ni service litique que vous estimeriez indispensable public ordinaire, ni activité associative pour le salut du pays, il vous suffirait de ou militante: bien fort qui peut définir me le dire. Ou plutôt de me l’écrire. le vrai statut de l’information. Le statut J’en tirerais les conséquences. […] A l’ori- de danseuse, finalement, est-il plus gine du journal, il y a eu expropriation inadapté que les autres ? Pas de course pour raison d’Etat, et je ne me suis jamais au tirage, pas de scoops gonflés, pas de considéré que comme libre gestionnaire titres sensationnalistes, pas de racolage, d’une sorte de service d’intérêt public.» et la libération providentielle des rapEntre les mains d’Orange, le Monde re- ports nécessairement pervers avec trouverait donc des terres tristement l’Etat : que du bonheur ! familières. Ou presque. Comment, pour les jourAvec l’offre concurrente, celle de nalistes, ressentir dans sa chair la Bergé, Niel et Pigasse, on entre dans contrainte brûlante de l’économie, une autre logique: celle du mécénat af- quand on s’est soi-même abstrait de fiché, décomplexé, qui ne craint pas de toute nécessité économique? Comment s’appeler mécénat. Certes, toute arriè- éprouver, analyser, rendre compte de la re-pensée de désir d’influence n’est souffrance sociale, de la précarité, de la sans doute pas absente des motivations crainte du déclassement, de la terreur de la troïka. Si Bergé n’a plus aucun in- du chômage, quand de bienveillants térêt industriel à défendre, Pigasse a mécènes vous l’épargnent ? sans doute un agenda politique person- Mais ce n’est pas le pire. Le pire est nel, de lui seul connu. Quant à Niel, ceci : nul ne gouverne le mécène, sauf fondateur de Free, il est celui qui a le son caprice. Et ce caprice est parfois plus de raisons objectives de souhaiter tyrannique. Plus tyrannique que le exercer une influence à travers un jour- contrôle de l’Etat, les exigences du nal, pour favoriser ses affaires. Il sait ce business, ou la versatilité du lectorat ? qu’il doit à la presse indépendante dans Oui. Rien ne l’arrête, rien ne le bride. son combat pour l’obtention de la qua- Entrer dans le système de la presse trième licence de téléphonie mobile, entretenue, c’est suspendre une misalors que l’Elysée déployait tous ses ef- sion bien lourde à un fil bien ténu. forts pour lui barrer la route. Espérons pour le Monde qu’il sera prémuni de toute tentation de contrôle par sa SUR LIBÉRATION.FR culture d’Internet, et la conscience aiguë que toute pression occulte, toute Retrouvez toutes les manœuvre sournoise seront, un jour ou chroniques et les rebonds sur l’autre, étalées sur la Toile. www.liberation.fr/tribune Si «BNP» devait l’emporter, le Monde

RÉTROSPECTIVES

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GRETA GARBO en ciné-concerts ELIA KAZAN L’intégrale ERIC ROHMER 20 films

L’histoire du cinéma à travers des films rares, restaurés ou réédités.

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ÉVÉNEMENTS Leçon de musique, spectacle du Traffic Quintet et Nuit Blanche autour de GeorgeS Delerue Rencontres quotidiennes avec les cinéastes invités Projection en plein air sur le vieux port Retour de flamme

FILMS POUR LES ENFANTS

Portraits de citoyens européens par des cinéastes que nous aimons.

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VOUS

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avec David ServanSchreiber ou David Khayat? Querelles au menu.

Cancer: couacs en cuisine Par ÉRIC FAVEREAU Photo EMMANUEL PIERROT

E

lle est très en colère, et elle le dit sans fioriture. «Ras-le-bol de ces ego de médecins. Aujourd’hui, sur la nourriture et sur le type d’alimentation à privilégier contre le cancer, ils nous disent tout et son contraire», s’enflamme Anne Laure, qui a créé récemment la Maison du cancer. «Cela semble les amuser de nous mener en bateau. C’est un mépris ahurissant pour nous, les malades»! Elle n’a pas tort. A ma droite, le dernier livre sorti, celui du Pr David Khayat, au titre on ne peut plus nuancé: le Vrai Régime anticancer (1). A ma gauche, l’édition et les rééditions successives d’Anticancer (2) de David ServanSchreiber. Et au milieu, l’INCA (3). Loin de jouer les arbitres, l’Institut national du cancer se toque lui aussi, et depuis peu mais avec beaucoup de fermeté, de conseils alimentaires. TOURMENT. Dans ce ballet, les acteurs ne sont pas des seconds couteaux. David Khayat a été un des plus jeunes chefs de service de cancérologie de France, brillant, conquérant, se montrant alors un ardent partisan des chimiothérapies les plus agressives. Il a présidé l’INCA avant d’être pris dans le tourment des mondanités, des médias et de l’argent. David Servan-Schreiber est son contraire. Issu d’une fa-

mille de la presse, c’est un neurologue courtois ; il dit avoir découvert, après être tombé malade, une nouvelle approche, plus humaine et plus globale du cancer. Il est à l’origine de la vogue des Oméga 3. DÉTAIL. David Khayat et David Servan-Schreiber gagnent beaucoup d’argent. Et ne manquent pas de certitudes. «Ce livre est la somme de trente années de recherche en cancérologie, dans les laboratoires comme au chevet des malades», s’autofélicite ainsi David Khayat. «Sa légitimité est indiscutable, d’autant qu’il est le fruit d’une collaboration entre un cancérologue et une nutritionniste de grande qualité.» Au détail près que la nutritionniste en question a collaboré avec l’industrie agroalimentaire avant de diriger une agence de communication, Atlantique santé. David Servan-Schreiber, lui, a écrit Anticancer et Guérir, où il délivre une liste de recettes et de gestes quotidiens pour la santé du corps. Outre les Oméga 3, Servan-Schreiber adore le thé vert et le curcuma-curry, «l’anti-inflammatoire naturel le plus puissant». A l’arrivée, une belle cacophonie, amplifiée d’études scientifiques contradictoires. Qui croire? Comment s’y retrouver? Plutôt que de se mettre à la diète, remettons le couvert. • (1) Le Vrai Régime anticancer, (éditions Odile Jacob). (2) Anticancer (Robert Lafont) (3) www.e­cancer.fr

VIANDE ROUGE

POISSON

En manger à point nommé?

Mythe ou panacée?

Aux dernières nouvelles, c’était pas terrible pour le cancer. Et le message officiel était relativement clair : n’abusez pas de la viande rouge. David Khayat a décidé de prendre le taureau par les cornes, et de dire l’inverse: «Une nouvelle attaque, en grande partie illégitime… Selon certains experts, la consommation de viande rouge augmenterait de manière importante le risque du cancer du colon. Cette affirmation est complètement infondée.» Et Khayat de donner ce conseil qui sent bon la France du terroir: «Pensez, en mangeant de la viande, à en vérifier l’origine, choisissez de la viande française, nourrie naturellement. Ne la faites pas trop cuire.» Pour ceux qui doutent encore: «Il semble exister un moyen assez radical d’inhiber l’effet procancérigène de la viande : avaler après le repas un comprimé de calcium. Si vous ne voulez pas enlever le sang de votre viande, pensez-y !» David Servan-Schreiber reste philosophe. L’air de rien, pour vous éviter de manger trop de steak, il lâche : «Un Indien consomme en moyenne 5 kg de viande par an et il vit en meilleure santé qu’un Occidental. Il faut 123 kg pour satisfaire un Américain». Vous saisissez ?

Depuis dix ans qu’on nous le répète, on y avait cru. Les pouvoirs publics, l’INCA avaient insisté: mangez du poisson. Et voilà que David Khayat nous sort un paquet d’arêtes. «Consommer du poisson prévient-il du cancer? Pas vraiment ou, en tout cas, pas beaucoup. Lorsqu’on analyse toutes les études… Tout au plus certaines ont suggéré que cette consommation pourrait réduire de 3 à 4% le risque d’un cancer, celui du colon. Autant dire, pour ce qui est de l’effet bénéfique, rien que de très négligeable…» De son côté, David Servan-Shreiber écrit : «Les Oméga 3 ? Ils réduisent l’inflammation […] Ils retardent la croissance des cellules cancéreuses d’un large éventail de tumeurs. Ils agissent aussi en réduisant la dissémination des tumeurs sous forme de métastases.» Servan-Schreiber, encore : «De nombreuses études montrent que le risque de plusieurs cancers est considérablement réduit chez les personnes qui mangent du poisson au moins deux fois par semaine.» Patatras, David Khayat démolit tout : «Je sens que je vais faire de la peine, laissez-moi vous dire qu’il n’existe aucune preuve que les Oméga 3 protègent du cancer chez l’homme. Voilà, c’est simple». Ah bon…


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Demain, Libération double format habillé par Karl Lagerfeld

LA VIE DE BUREAU Par DIDIER ARNAUD

FRUITS ET LÉGUMES

Il en faut toujours cinq par jour? Heureusement, il nous reste les fruits et légumes, valeurs sûres contre le cancer… Pas de doute, c’est archibon pour la santé. L’INCA le dit sans hésiter: «La consommation de fruits et légumes diminue de manière probable le risque de plusieurs cancers.» Tout le monde connaît maintenant cette injonction : «Consommer chaque jour au moins 5 fruits et légumes variés.» Conseil repris par David ServanSchreiber, qui en veut pour preuve qu’une étude «ayant suivi pendant six ans des femmes atteintes du cancer du sein a montré que celles qui consommaient le plus d’aliments riches en carotène avaient une espérance de vie plus longue». Au passage, il adore le jus de grenade: sa consommation quotidienne diviserait «par trois la vitesse de propagation de cancers établis de la prostate». Patatras, David Khayat n’est pas d’accord: «Le lien entre prévention et fruits et légumes est finalement bien moins impressionnant qu’on aurait pu le penser.» Ironique, même : «Tiens donc ! Pour éviter le cancer, il faut qu’on se gave de fruits et légumes tous les jours sans d’ailleurs bien savoir lesquels, et pourtant, les plus grands experts mondiaux nous affirment qu’il est impossible de conclure de façon irréfutable que ceci sert réellement à quelque chose…» Nous voilà bien avancés.

LE VIN

Au coup par coup ou pas du tout? Boire pour y voir clair? Ah non, c’est vrai, l’alcool, c’est dangereux, dixit l’INCA, Même à très petites doses : «La consommation de boissons alcoolisées augmente le risque (de 9 à 168% par verre consommé par jour, selon les types de cancers). L’augmentation est significative dès une consommation moyenne d’un verre quotidiennement, qu’elle soit journalière ou concentrée sur certains jours. Quel que soit le type de boisson alcoolisée, il existe un risque.» D’accord, mais quand même, le vin rouge? L’INCA: «Le vin rouge ne protège pas du cancer. Aucune boisson alcoolisée, même le vin, n’a d’effet protecteur vis-à-vis du cancer. Le facteur qui compte est la quantité d’alcool consommée.» A l’eau, alors? David Servan-Schreiber se veut diplomate. Il suggère de ne pas dépasser «un à deux verres par jour, car cela entraînerait selon certaines études une augmentation des cancers». Sa préférence ? Le vin de Bourgogne. Heureusement, on a notre David Khayat. Ancien président de l’INCA, il a la délicatesse démonter la position de son institut. «Si le vin devait être cancérigène dès le premier verre, nous aurions tous développé un cancer… Et il en aurait été de même pour tous nos ancêtres… Heureusement que le ridicule ne tue pas…». Catégorique : «Le vin ? Très bon, à consommer avec modération, soit trois verres par jour pour les hommes et deux verres pour les femmes, c’est bon pour la santé.» A la vôtre !

Des chauffeurs de cars pressés d’appuyer sur le champignon es caméras à l’entrée du local syndical pour surveiller les salariés. C’est ce qui s’est passé aux cars Perrier, à Trappes, dans les Yvelines. Pensez, ça permettait de fliquer les salariés. On n’est jamais trop prévoyant. Surtout qu’ils ont déjà fait une grève dure, les chauffeurs. En tout cas, ces caméras-là, elles marchaient à la demande de deux des syndicats (sur trois) qui les avaient demandées contre les vols. «Aujourd’hui, l’entrée n’est plus dans le champ», dit le directeur. Les caméras. Dans les bus, un quart d’entre elles sont inopérantes. «En cas d’agression, il n’y a pas de recours», dit un syndicaliste. Cela commence à se savoir chez les usagers ainsi que chez les «racailles». Un certain «climat d’insécurité» s’installe, comme on dit à la télé.

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Le climat, chez Perrier, il se dégrade tout court pour les syndicats. Cette entreprise familiale de 200 salariés a longtemps fait figure d’îlot préservé dans un monde de brutes. On y gagnait mieux sa vie qu’ailleurs, l’ambiance au travail était «excellente». Quand il y avait un problème, on pouvait frapper à la porte du patron. Depuis que la RATP a repris l’entreprise, il y a cinq ans, c’est la catastrophe. «Les gens sont complètement désabusés, ils ne sont plus heureux de venir travailler», constate

un syndicaliste. «La boîte était en déficit», dit en substance le directeur, et il a fallu rentrer dans la culture du groupe RATP, ce qui ne s’est pas fait sans difficultés. Il y a peu de temps, il y a eu un accident. La direction a immobilisé 20 véhicules. Sur les vingt, quinze n’étaient pas aptes au service, dixit les syndicats. «C’est une vision excessive, alarmiste et alarmante», commente le directeur. Selon lui, les syndicats se vengent car il a licencié un chauffeur. Les chauffeurs. On leur demande toujours de rouler plus vite. «Ils parlent d’optimiser le réseau», ricane ce syndicaliste. Et vous savez ce que ça veut dire, optimiser ? «Un trajet de vingt-cinq minutes, on va le faire en vingt, pour pouvoir au bout du compte, effectuer une tournée de plus dans la journée.» En plus, il y en a qui cassent le boulot. Ils blindent pour arriver en avance au terminus et avoir le temps de fumer leur clope et boire un café. Les syndicats ont réclamé une expertise pour savoir à quelle allure on doit rouler. Cette expertise va coûter la peau des fesses. 50000 euros. Du coup, la direction, finaude, accuse les syndicats de faire perdre de l’argent à l’entreprise. Alors les caméras à l’entrée du local...Finalement, on s’en fout ! •

L’Outox prend une tôle Gueule de bois pour l’Outox, le soda «antibiture». Vendredi, jour de sa commercialisation, le gouvernement a réclamé la suspension de sa vente. Motif? Le breuvage ne respecte pas la réglementation européenne (Libération du 18 juin). Ses effets vont devoir être validés par les autorités scientifiques de l’UE avant toute mise sur le marché. Champagne ?

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Les Régimes anticancers.

VOUS

Knut, toc-toc Durs revers de la célébrité. Knut, l’ours polaire du zoo de Berlin, sujet d’une «knutmania» depuis 2006 qui l’a pulvérisé star internationale, souffre aujourd’hui de graves troubles du comportement. Agressivité, errances… Il est loin le temps où l’ourson posait pour la une de Vanity Fair.

Plus y a de fous, plus on jouit Le triolisme n’est plus tabou, il arrive même en tête des fantasmes avoués des Français, d’après un sondage de l’Ifop sur les sexualités collectives pour un site libertin. 64% des hommes en rêvent, pour 31% des femmes. Enfin, tout ça, c’est plus facile à dire qu’à faire: le fantasme ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiii, mais la pratique reste «minoritaire» dans les faits.

... parce que c’est lui le plus grand


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CULTURE

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SATANISME A Clisson s’est tenu, ce week-end, la cinquième édition du Hellfest,

célébrant les musiques «extrêmes», dopé par les polémiques cathos locales.

Les Hell du délire Par ALEXANDRE HERVAUD Envoyé spécial à Clisson Photo FLORE­AËL SURUN. TENDANCE FLOUE

de Clisson semble avoir compris l’apport d’une telle manifestation. «Le dialogue est devenu plus facile, poursuit Ben Barbaud, car ils ont pris la peine de venir sur place rencontrer les festivaliers. Je viens du coin, j’ai organisé mes premiers concerts ici à 18 ans, le maire est mon ancien prof de maths…» Fort de ses finances saines, l’association (un statut revendiqué) gérant le festival, qui compte huit salariés et ne dépend pas des subventions publiques (1% du budget total), semble envisager l’avenir avec sérénité. Ne serait-ce l’incertitude quant à la localisation de l’édition 2012: à cette date, le site actuel de la manifestation sera censé accueillir les travaux d’un lycée. Déménager plus loin? Cela semble difficile car Clisson est environné de vignes (on signalera au passage la bonne tenue du muscadet cuvée Hellfest, tout comme celle de la bière éponyme, qui affiche 6,66° d’alcool).

S

amedi peu après 11 heures. Au rayon biscuits d’un supermarché de Clisson (Loire-Atlantique), une mère pousse son chariot avec sa fille. Soudain, une clameur résonne dans tout le magasin. Les trois quarts des clients, packs de bière sous les bras, hurlent tous en chœur façon cri de guerre viking. Et la scène se répète spontanément toutes les cinq minutes. «Faut pas avoir peur, ma chérie», rassure une mère. Un jeune homme, visiblement fan de Megadeth et de biscuits Pépito, approuve : «Ouais, on n’est pas méchants.» Bienvenue dans l’antichambre du Hellfest. IMAGERIE. Ce festival de musiques dites extrêmes a tenu, ce weekend, sa cinquième édition marquée par une centaine de concerts péchus et par des polémiques diverses qui ont, au final, bien servi la com’ du festival. «Sans ces histoires, on était déjà complet. Là, on est juste archi-complet» raconte l’attaché de presse, Oliver Garnier. Un détour par le camping confirme : pas un mètre carré disponible, des centaines de tentes plantées les unes sur les autres. Rien de si surprenant pour un festival qui attire pendant trois jours près de 60 000 personnes, dont 40 % d’étrangers. Ces derniers ne pourront sans doute pas apprécier la drôlerie d’un tee-shirt très prisé cette année, sur lequel on peut lire: «J’ai croisé Christine Boutin sous la tente Rock Hard», en référence à la lettre outrée de l’ancienne ministre à un sponsor du festival (Libération du 12 juin), faisant écho à telle pétition traditionaliste locale sur l’air de «Hellfest fête de l’enfer»… Il est assez décourageant de voir qu’en 2010, des combats d’arrièregarde sur le thème du heavy metal arme du Démon, que les Etats-Unis connurent dans les années 70, ressurgissent à la faveur d’actions comme celles menées par les Associations familiales catholiques (AFC), qui ont diligenté une action en justice pour obtenir la liste précise et les textes des chansons jouées pendant le festival, brandissant la menace d’une censure. Une requête jugée irrecevable par le tribunal de Nantes qui a concédé en

Au Hellfest, samedi. contrepartie un contrôle d’identité des mineurs, à qui l’accès non accompagné est interdit. Lors d’un débat organisé samedi, Jérôme Roquebert, représentant local des AFC, s’offusquait encore complaisamment de l’imagerie du genre, brandissant la pochette d’un disque du groupe Mardux (programmé samedi) et baptisé Fuck me Jesus. Sur ladite jaquette, une demoiselle s’intromet un crucifix dans un endroit pas très catholique.

Les défenseurs du métal martelaient en réponse que la symbolique maléfique et les messages parfois

lore, moi je pense plutôt à Tri Yann», rétorquait un pieux père de famille. Pour Ben Barbaud, le jeune organisateur (25 ans) du Hellfest, les souIl était temps de découvrir le politiques qui gimmick du chanteur d’Anvil: jouer tiens importent ne sont de sa gratte à coups de godemiché. pas les ex-ministres déchus, mais trash véhiculés par les paroles font les élus locaux en activité. partie d’un folklore et constituent De ce côté-là, malgré la méfiance un exutoire à prendre au douzième initiale face au projet, on peut dire degré. «Quand on me parle de folk- que la partie est gagnée, tant la ville

ENTHOUSIASME. Les polémiques oiseuses de saison feraient presque oublier l’atout du festival: la musique. Les craintes sur l’opportunité d’inviter de vieux chevaux de retour de la spécialité ont fait long feu. Alice Cooper, qui plairait au Medef (62 ans cette année et toujours pas retraité), a enflammé -au sens littéral- la scène, samedi, avec un show grandguignolesque. On l’a vu périr de diverses manières (pendaison, décapitation, empalement), et revenir toujours plus taré et damné que jamais. Avant lui, les Twisted Sister («en formation originale», tenait à préciser le quinquagénaire chanteur Dee Snider) avait chauffé à blanc la foule à coups d’I Wanna Rock endiablés.Les Canadiens d’Anvil, losers magnifiques ressuscités par un récent documentaire, avaient l’enthousiasme contagieux : «Nom de Dieu, il nous aura fallu trente ans pour venir jouer en France…» Il était effectivement temps qu’on puisse découvrir le fameux gimmick du chanteur, Lips: jouer de sa gratte à grands coups de godemiché. Une technique pas encore adoptée par le guitar hero Slash et son honnête groupe, dont les quelques reprises de Guns N’Roses ont transformé la foule en karaoké géant. Concluons en douceur sur cette demande en mariage, en direct sur scène pendant le set de Fear Factory, soldée par un «oui». Le metal, c’est d’abord de l’amour. •


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BATAILLE DE L’IMAGE DANS L’ESSONNE L’Essonne est sans dessus dessous, ou presque: la mairie de Bièvres et le conseil général s’étripent autour du Musée français de la photographie –qui regroupe 30000 appa­ reils, 2 millions d’images et 12000 ouvrages. Situé à Bièvres, celui­ci doit partir à Etiolles, localité voisine, en faveur de laquelle le conseil général a voté en juin 2009 une délibération entérinant le transfert dans un bâtiment de l’Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM), où sont déjà stockées des piè­ ces. L’association du musée juge le déménagement inacceptable: «Avant sa mort en 1991, Jean Fage, son fondateur [en 1964, ndlr], a fait donation de l’ensemble de la collection au département avec, comme condition essen­ tielle, la construction dans un délai de sept ans d’un nouveau musée […] sur la commune de Bièvres.» «Trois projets ont été pré­ sentés, ça n’a pas marché», précise Michel Berson, président (PS) du conseil général. Le maire (UMP) de Bièvres, Hervé Hocquard, qui a acquis le 4 juin un ter­ rain de 6000 mètres «pro­ posé gratuitement pour le musée», s’étonne pour sa part «qu’une commune se voie retirer une partie de son identité par le conseil général». Quoi qu’il en soit, les travaux évalués à 4 mil­ lions d’euros devraient commencer en 2011 à Etiol­ les et durer un an.

PROCÈS Chakib Slitine et l’antiquaire Michel Cohen

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LES GENS

sont poursuivis pour complicité d’escroquerie.

Un expert en antiquités au tribunal L e procès va faire du tes. Karim Aiachi, repris de bruit sur le marché de justice réfugié en Tunisie, se l’art. Renaud van faisant appeler Jean-Jacques Ruymbeke vient d’ordonner Leroy, est tenu pour «la chele renvoi en correctionnelle ville ouvrière de l’opération», du principal expert en ar- qu’il aurait montée pour le chéologie de la place, Chakib compte du fameux docteur, Elidrissi Slitine, et d’un anti- médecin légiste présenté par quaire parisien, Michel Co- son défenseur, Me Bernard hen, en compagnie d’un Ginez, comme la «victime de truand tunisien en fuite et marchands véreux». A ses d’un médecin niçois accusé yeux, «s’il y a survalorisation, d’escroquerie à l’égard du Crédit Au cœur du soupçon municipal de Paun Dionysos en bronze, ris (CMP). Pillage, contre- estimé plus de 3 millions bande, blanchi- d’euros, adjugé 1,8 million. ment… La mise aux enchères en 2004 de elle a été montée par les orga24 antiquités avait ouvert un nisateurs de la vente au feuilleton laissant imaginer CMP». Au cœur du soupçon, tous les trafics possibles dans un Dionysos en bronze esle domaine de l’art. Néan- timé plus de 3 millions moins, dans son ordonnance d’euros, adjugé 1,8 million. du 27 mai, le juge a laissé Et dénoncé désormais tomber un pan de l’enquête, comme faux dans une procéne retenant que l’escroque- dure parallèle (Libération rie. Il dénonce ainsi une du 21 novembre 2008). fraude destinée à retirer près Le juge reproche à l’antide 3 millions d’euros d’em- quaire Cohen d’avoir vendu prunts, en gageant des piè- certaines pièces et délivré ces surévaluées selon lui avec des attestations. Pour son la complicité de l’expert de la défenseur, cet octogénaire a vente, Chakib Slitine. tout au plus péché par «naï«Naïveté». L’enquête est veté». «Il a donné un avis sur aussi remontée à des pillages des objets qui lui étaient préen Italie. Des carabiniers du sentés. Il a pu se tromper, mais patrimoine sont venus tra- rien ne lui permettait d’imagivailler avec leurs collègues à ner une machination. Il n’est Paris. Dans la foulée, ils ont pas l’expert du Crédit municiannoncé le démantèlement pal», poursuit-il, pointant le d’un réseau de trafiquants doigt vers Slitine. La Brigade dans les Pouilles. Cependant, financière a mis ce dernier le juge a estimé manquer en difficulté en découvrant d’éléments sur cette en- deux chèques d’un montant quête, qui se poursuit sur total de 25 000 euros, dont place. les fonds proviennent du Présentant une «collection malfrat tunisien. exceptionnelle» de famille du Le défenseur de l’expert, «Dr K», le catalogue avait Me Matthieu Gibert, renvoie vite jeté le trouble. Les en- le compliment: «Slitine a fait quêteurs ont établi qu’elle confiance au certificat délivré était en fait formée d’objets par Cohen, dont on a appris récemment achetés auprès depuis qu’il pouvait être cord’antiquaires parisiens. Ils rompu.» Il évoque aussi des ont fini par démêler un ré- avis favorables à l’authentiseau d’«hommes de main» se cité du bronze au vu de sa chamaillant sans cesse pour corrosion. «Comment présendes commissions ou des det- ter Slitine comme complice

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C’est le nombre de pianos mis disposition du public à New York à partir d’aujourd’hui dans le cadre du programme «Joue, je suis à toi». «Durant deux semaines, les instruments décorés par des artistes seront installés dans les parcs et les places à travers les cinq circonscriptions», a indiqué le maire, Michael Bloomberg.

d’un médecin qu’il n’a jamais rencontré?», poursuit Me Gibert, qui entend expliquer les 25000 euros par d’autres expertises, délivrées plus tôt. Estimation. Me Gibert assure qu’il revenait au commissaire-priseur, Me MarieFrance Robert, de «fixer les prix de la vente». Celle-ci, au contraire, dit avoir protesté contre l’estimation «inhabituelle et très excessive» du Dionysos, affirmant que Slitine se serait opposé à un second avis. Rappelant qu’il a été renouvelé comme expert judiciaire près la cour d’appel, son avocat s’indigne : «Comment expliquer que, pour de telles sommes, Chakib Slitine aurait pu mettre en jeu trente ans de carrière à Drouot?» Il reviendra au tribunal de débrouiller cet embrouillamini. VINCENT NOCE

LES JUMELLES DE FOSTER A PARIS Samedi, au 12e Forum économique de Saint­Pétersbourg, une lettre d’intention de près de 2 milliards d’euros a été signée pour la construction de deux tours de 323 mètres de haut à la Défense, près de Paris. Commande du pro­ moteur russe Hermitage, ces «jumelles» de luxe, mixtes (logements, bureaux, commerces) et conçues par le Bri­ tannique Norman Foster, devraient être livrées en 2016. PHOTO VALERY HACHE. AFP

«A Day in the Life» au prix fort A Day in the Life, dernier titre du Sergeant Pepper’s des Beatles 1967, griffonné sur une feuille de papier recto verso par John Lennon, s’est placé à 1,2 million de dollars (970 000 euros) vendredi chez Sotheby’s New York.

Mort de l’écrivain mexicain Monsiváis L’écrivain et journaliste mexicain Carlos Monsiváis, spécialiste de la culture populaire (cinéma, music-hall), est décédé samedi à Mexico, à 72 ans. Peu traduit en français, il avait notamment publié Nouveau catéchisme pour Indiens insoumis (Atelier du Gué, 2009)

BELLISSIMA FILMS PRÉSENTE

PREMIÈRE

UN FILM DE PIETRO MARCELLO

CRÉDITS NON CONTRACTUELS

L’HISTOIRE

CULTURE

www.bellissima-films.com

SORTIE LE 23 JUIN


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ECRANS&MEDIAS

LIBÉRATION LUNDI 21 JUIN 2010

Michael Bloomberg, lors de l’annonce du lancement du New York Media Lab, le 14 juin. PHOTO EDWARD REED

TECH Le maire, Michael Bloomberg, crée un laboratoire pour concurrencer la Silicon Valley.

New York, médialopôle Par ALEXANDRA GENESTE Correspondante à New York

M

ichael Bloomberg le martèle depuis plusieurs mois : New York est en passe de devenir la prochaine Mecque de la «tech», autrement dit des nouvelles technologies. La récession a mis K.-O. Wall Street et, avec elle, des centaines de milliers d’emplois. Le maire de la ville a donc bien l’intention d’encourager le développement d’un secteur naissant et prometteur à Gotham City : celui des nouveaux médias. D’où la création du New York Media Lab qui aura pour mission de favoriser la recherche sur ces technologies au niveau universitaire et d’en faire profiter les entreprises et institutions spécialisées. L’initiative repose sur un consortium composé notamment de l’université Columbia, dont la prestigieuse école de journalisme sera mise à contribution, et de l’Institut polytechnique, dont l’annexe à Brooklyn abritera cette entité.

«Plus de cents établissements universitaires de New York font des recherches sur les moyens de communication, dans des secteurs qui intéressent plus de 10000 entreprises, mais souvent la connexion entre les premiers et les secondes est lente ou inexistante», a fait remarquer Bloomberg lors de l’inauguration la semaine passée. Ce projet est l’une des huit initiatives du programme MediaNYC 2020 qu’il a lancé en été 2009 pour soutenir l’industrie des médias face aux bouleversements technologiques et créer 8 000 emplois sur dix ans.

est pas devenu le patron d’une agence d’informations financières pour rien. Ce n’est pas dans un garage de la côte Ouest que le jeune Michael a monté, en 1981, la start-up qui porte son nom. Mais dans une grange du Connecticut, à deux pas de Manhattan. Trente ans

Cette compétition avec la Silicon Valley ne date pas d’hier. Dès la fin des années 90, New York a su s’imposer comme l’un des centres de la technologie aux Etats-Unis. En quelques années, un technopôle concentrant des entreprises spécialisées dans Internet et les nouveaux médias a émergé dans le quartier FlaLe New York Media Lab aura pour tiron. Très vite, les mission de favoriser la recherche New-Yorkais l’ont sur les nouvelles technologies au surnommé «Silicon niveau universitaire et d’en faire Alley».

COMPÉTITION. Le concept s’inspire d’un modèle développé par le Massachusetts Institute of Technology (MIT) et par l’université de Stanford en Californie. Mais, à la différence de ces laboratoires pionniers, le Media Lab de New York bénéficiera de fonds publics. La mairie a déjà mis 250 000 dollars (202 000 euros) sur la table. Car celui que l’on surnomme le «roi Bloomy» a des ambitions pour New York qui vient de le réélire une troisième fois. Le milliardaire n’y

plus tard, ce self-made man est prêt à tout pour faire en sorte que New York dame le pion à la Silicon Valley. «Ce projet peut vraiment changer la donne pour la ville», estime Seth Pinsky, le président de l’agence municipale en charge du plan économique qui contribue au financement. L’objectif est ni plus ni moins de faire de la ville un centre de recherches sur les médias de la dernière génération, et sur le développement commercial qui s’y associe.

profiter les entreprises.

LEADER. Le nombre croissant de start-ups qui s’y montent depuis 2003 a propulsé la ville au rang de leader en matière d’innovation, aux côtés de Boston et de San Francisco. Parmi les nouveaux grands gagnants du secteur que compte New York, on citera Foursquare, site de géolocalisation qui connecte les gens d’un même quartier entre eux, OpenTable, un site de réservation de restaurant et Tumblr, un site de «microblogging» via lequel les internautes partagent brefs messages et photos.

La consécration de New York comme cité de la tech a été entérinée en 2006 avec l’installation dans ses murs du pôle publicité de Google et de ses 500 employés, à raison d’un loyer de 10 millions de dollars par an. La présence à deux pas de nombreux médias – New York Times, Time Warner, Viacom, News Corp., Hearst, Bloomberg, Fox News, ABC, CBS, NBC –, a suffi à justifier cette nouvelle adresse. Si l’innovation technologique sert le secteur des médias et des agences de publicité, ces deux industries sont en effet traditionnellement ancrées à New York. Mais les statistiques parlent aussi en faveur de Big Apple. Les médias représentent l’un des secteurs économiques les plus importants de la ville, avec plus de 300 000 salariés et 30 milliards de revenus par an. Pour le PDG d’AOL, Tim Amstrong, ce projet est la meilleure chose qui pouvait arriver à «New York, la capitale mondiale des médias», car il «va l’assurer de conserver ce titre tandis que l’industrie continue d’évoluer et d’innover». •


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LES GENS

ECRANS&MEDIAS

Après les journalistes enfermés avec Twitter comme seule source d’info, voici le publicitaire tenu en laisse par le site de micro­ blogging. «Je suis votre esclave, je ferai tout ce que vous me direz de faire […] mais s’il vous plaît, soyez gentils.» David Perez, qui travaille à Londres chez le publicitaire Leo Burnett, a eu l’autorisation de sa direction d’aller à Cannes (Alpes­Maritimes) pour assister au festival de la pub qui s’ouvre aujourd’hui. Mais à une seule condition: porter des lunettes équi­ pées d’une minicaméra et obéir, une semaine durant, aux ordres que les inter­ nautes lui donneront via son compte Twitter (@davidondemand). Les vidéos, prouvant la bonne exécution des ordres, seront mises en ligne sur Davidondemand.com. Pour cette expérience censée illustrer la force du «mar­ keting en temps réel», David Perez a tout de même prévenu qu’il ne ferait rien d’illégal et que, si on lui intimait l’ordre de manger un truc dégueu­ lasse, il boirait de la bière à la place. Petit joueur. PHOTO DR

Selon nos informations, Jean­Marc Four –dont l’émission Et pourtant elle tourne, tous les jours sur France Inter, est en passe d’être supprimée (Libération de vendredi)– quitte la station publique. Mais il reste au sein de Radio France puisqu’il va devenir directeur adjoint de la rédac­ tion de France Culture. Aux côtés du directeur de la rédaction Marc Crespin, Jean­Marc Four remplace Lise Jolly qui devient correspondante de France Culture à Berlin. Vendredi, les journalistes de France Inter ont voté à la majorité une motion afin d’«exprim(er) leur colère face aux choix et aux méthodes de Philippe Val dans la confection de la grille». Dans ce texte, la rédac­ tion dénonce «la suppression des émissions Esprit cri­ tique et Et pourtant, elle tourne [qui] constitue notamment un manque de respect envers leur travail et leurs aspirations». Enfin, les journalistes estiment que «le lien de confiance indispensable entre la rédaction et la direction a été rompu». R.G. et I.R.

Le Monde: à midi, il sera trop tard Les candidats à la reprise du Monde ont jusqu’à aujourd’hui midi pour déposer leurs offres. Deux sont déjà connues: celle du trio Matthieu Pigasse, patron de Lazard Europe et des Inrocks, Pierre Bergé, Xavier Niel, président de l’opérateur Free. Et celle de Claude Perdriel, patron du Nouvel Observateur associé à l’opérateur Orange (France Télécom). Hier, Stéphane Richard, le PDG de France Télécom a annoncé que Claude Perdriel et lui allaient s’allier avec le groupe espagnol Prisa déjà actionnaire du Monde à plus de 15%. Cet accord comprendrait le rachat des 34% que le groupe Lagardère détient dans le Monde interactif.

70000

C’est le montant en euros du manque à gagner en recettes publicitaires pour TF1 si l’équipe de France n’atteint pas les huitièmes de finale. Le spot de trente secondes (brut hors taxes) à 20h30 serait en effet de 160000 euros avec les Bleus et 90000 sans eux. Pour les quarts de finale on passe de 175000 à 85000, pour les demi­finales et la finale les prix sont divisés par deux (200000 et 260000 euros respectivement si la France est présente.) TF1 a déboursé 120 millions d’euros pour l’exclusivité des droits de la Coupe du monde. Avant de revendre 37 des 64 matchs pour 33 millions d’euros à France Télévisions et Canal+.

théâtre, performances, arts visuels

WEEK-END À LA CITÉ Fanny de Chaillé, Antoine Defoort et Halory Goerger, Massimo Furlan, Oskar Gómez Mata, Glassbox, Grand Magasin, Human Library, Rotozaza.

VU SUR LE WWW

........................................ 26 et 27 juin 2010

........................................ Des artistes étonnants, loufoques, sur le site exceptionnel de la Cité internationale. Spectacles à volonté : forfait demijournée 14 € et moins de 30 ans 10 €.

.........................................

«LOST» ABAT SA DERNIÈRE CARTE

www.theatredelacite.com 01 43 13 50 50 17 Bd Jourdan • 75014 Paris

Il lui aura fallu quatre ans. Quatre longues années de recherches, de dissections de chaque épisode, de cro­ quis, de faux pas pour finalement aboutir à une carte. Ou plutôt «la» carte: la carte la plus complète jamais réalisée sur l’insaisissable île de la série Lost. Elle a été dessinée par Jonah Adkins, qui conçoit des projections géogra­ phiques pour le gouvernement américain. A.F. http://jonahadkins.tumblr.com/

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A LA TELE CE SOIR

CONFIDENTIEL

JEAN­MARC FOUR QUITTE INTER POUR FRANCE CULTURE

DAVID PEREZ, ESCLAVE SUR TWITTER

TF1

FRANCE 2

FRANCE 3

CANAL +

20h45. Joséphine, ange gardien. Sur les traces de Yen. Téléfilm de Patrick Malakian. Avec Mimie Mathy. 22h30. New York Section Criminelle. Série américaine : Pas de quartier, Dernière confession. Avec Vincent D’Onofrio. 0h05. Close to home. Série.

20h35. Taratata fête la musique. En direct des arènes de Carcassonne. Divertissement présenté par Nagui. 22h30. Taratata fête la musique. En direct des arènes de Carcassonne. Divertissement présenté par Nagui. 0h35. Journal de la nuit, Météo. 0h50. Presto.

20h20. Football : Espagne / Honduras. Coupe du monde de la Fifa 2010 en direct. Sport. 22h35. Météo, Soir 3, Tout le sport. 23h10. Sens unique. Film d’espionnage américain de Roger Donaldson, 110 mn, 1987. Avec Kevin Costner. 1h00. La case de l’oncle Doc.

20h30. Football : Espagne / Honduras. Coupe du monde de la Fifa 2010. Sport. 22h25. Canal football club. Magazine. 23h30. Les beaux gosses. Comédie française de Riad Sattouf, 2008. Avec Vincent Lacoste. 0h55. Ne te retourne pas.

ARTE

M6

FRANCE 4

FRANCE 5

20h35. Landru. Drame français de Claude Chabrol, 102 mn, 1962. Avec Charles Denner, Michèle Morgan, Danielle Darrieux. 22h05. Elektra. Depuis le festpielhaus de Baden. Théâtre. 0h00. L’Afrique entre en piste. 1h35. Simple appareil. Moyen-métrage.

20h40. L’amour est dans le pré. Épisode 3. Divertissement présenté par Karine Le Marchand. 22h20. Les Français, l’amour et le sexe. Faire durer le plaisir, c’est possible ! Magazine. 23h15. Les Français, l’amour et le sexe. Magazine. 0h00. Shark.

20h30. Footloose. Comédie américaine d’Herbert Ross, 110 mn, 1983. Avec Herbert Ross, Kevin Bacon. 22h50. Héroïnes. Comédie dramatique française de Gérard Krawczyk, 111 mn, 1997. Avec Virginie Ledoyen, Maïdi Roth. 0h10. En direct de... festival inrocks 07 concerts Gossip.

20h35. Le chant des prisons. Documentaire. 22h05. C dans l’air. Magazine. 23h10. Une vie pour les Alpes. De la Bavière au Mont Cervin. Documentaire. 0h05. Superscience. Lacs tueurs. Documentaire. 0h55. La France, nation sportive.

LES CHOIX

Jailhouse Rock

Singing in the foin

Yaka dansé

France 5, 20h35

M6, 20h40

Pour la Fête de la musique on ne sort pas: on regarde

Ou alors on regarde notre champion, le formid Pascal, faire sa parade amoureuse toute en retenue dans

France 4, 20h30 Ou le nanar Footloose

le Chant des prisons,

bon docu sur une chorale geôlière en Afrique du Sud.

L’amour est dans le pré.

sur des jeunes désœuvrés, à ne pas confondre avec «Footlose» sur une équipe de France désœuvrée.

PARIS 1ERE

TMC

W9

GULLI

20h35. Soirée Caméra Café. Série française. 22h20. Nip/Tuck. Série américaine : Confusion des sentiments, Les fossoyeurs de l’ombre. Avec Dylan Walsh, Julian McMahon. 23h50. 1 jour, 1 photo. Magazine. 0h00. Boobs : an american obsession. Documentaire.

20h40. À l’aube du 6e jour. Film de science-fiction américain de Roger Spottiswoode, 124 mn, 2000. Avec Arnold Schwarzenegger. 22h45. Mission Alcatraz. Film d’action américain de Don Michael Paul, 99 mn, 2002. Avec Steven Seagal. 0h20. Animal 2.

20h35. Bleu d’enfer. Film d’aventures américain de John Stockwell, 110 mn, 2004. Avec Jessica Alba, Paul Walker, Ashley Scott. 22h45. On va s’aimer. Comédie française de Ivan Calberac, 97 mn, 2005. Avec Julien Boisselier, Alexandra Lamy. 0h45. Dilemme. Télé-réalité.

20h35. Ugly Betty. Série américaine : Un défilé de poids, Parfum de scandale, Leçons de drague. Avec America Ferrera, Eric Mabius, Vanessa L Williams. 22h50. Indochine. Drame français de Régis Wargnier, 160 mn, 1992. Avec Catherine Deneuve, Vincent Pérez, Linh Dan Pham.

NRJ12

DIRECT8

NT1

VIRGIN 17

20h35. Fast & Furious. Thriller américain de Rob Cohen, 107 mn, 2001. Avec Paul Walker, Vin Diesel. 22h20. À la recherche du grand amour. 5/7. Télé-réalité. 23h45. Tellement people - World Music Awards 2010. Magazine.

20h40. Présumé innocent. 3 reportages. Magazine 22h30. Présumé innocent. 5 reportages. Magazine. 0h20. Morandini ! Magazine. 1h30. 24 h people. Magazine. 2h10. Les hommes et les enfants d’abord.

20h35. Christophe Colomb, la découverte. Film d’aventures américain de John Glen, 120 mn, 1992. Avec Marlon Brando. 22h45. Man vs Wild : Seul face à la nature. Documentaire. 0h30. JT NT1. 0h40. Ça va se savoir. Télé-réalité. 1h25. Désirs. Série.

20h40. Chante si tu peux ! En deux parties. Musique. 23h40. 17 tubes pour sortir sa boule à facettes. Divertissement. 1h05. Concert Lily Allen. Mainsquare 2009. Musique.


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GRAND ANGLE

Un

cannibale aux

assises

En janvier 2007, Nicolas Cocaign, détenu à Rouen, tue son voisin de cellule, le découpe et mange un bout de son poumon. Son procès s’ouvre aujourd’hui. Par SONYA FAURE Dessin de OLIVIER MARBŒUF

C

ellule 26, à Bonne-Nouvelle. Curieux nom pour une prison. Comme chaque matin à la maison d’arrêt de Rouen, le surveillant fait l’appel. Seuls deux détenus, Nicolas Cocaign et David Lagrue, répondent présents. Le troisième est allongé sur son matelas, en haut des lits superposés. Nicolas Cocaign, le tatoué, assène: «Il ne répondra pas chef, il est mort. Je l’ai fumé.» Cocaign s’est acharné sur Thierry Baudry à coups de poings, de genoux, de lames de ciseaux. Il lui a fourré la tête dans un sac en plastique. Puis il a fait revenir dans une poêle un peu d’ail, de riz et des échalotes. Avec une lame de rasoir, il a arraché un morceau de ce qu’il pensait être le cœur de Thierry Baudry –en fait, un bout de son poumon gauche et des muscles intercostaux. Il l’a fait revenir dans la poêle et l’a mangé (il dira plus tard que ça avait «bon goût»). C’était dans la nuit du 2 au 3 janvier 2007. Trois ans et demi ont passé. Le procès du «cannibale», comme l’appellent les détenus de Bois-d’Arcy, la prison de la région parisienne où il est désormais incarcéré, s’ouvre aujourd’hui à Rouen. A l’époque des faits, Cocaign, 36 ans, attend son procès pour tentative de viol. Lui et son copain Lagrue ne supportent plus Thierry Baudry qui ne respecte pas les règles de vie commune de leur cellule de 11 m2 : ne pas aller aux toilettes lorsque les autres déjeunent, se laver les mains avant de venir manger… L’hygiène de Thierry laisse à désirer et ce jour d’hiver 2007, il a encore bouché les

toilettes avec des rouleaux de papier. Le soir, il n’a pas faim, refuse une cigarette. «Tu as tort, lui lance Cocaign, tu devrais profiter de ton dernier repas et de ta dernière cigarette.» Quelques heures plus tard, c’est un regard de travers, et Cocaign qui comprend que «jamais Baudry ne les respectera». Il frappe, pris d’une «jouissance intérieure identique à une jouissance sexuelle». Il tue. Il dira que ce qu’il a fait n’est «pas beau». «Mais ce qui est fait est fait.»

avait peur, peut-être parce qu’il était condamné pour agression sexuelle, c’est pas bien vu», explique Jean-Guy Baudry, bien placé pour le savoir puisqu’au moment du meurtre, il était lui aussi incarcéré à Bonne-Nouvelle. Cellule 226, exactement deux étages au-dessus de celle de son frère. Me Noël, l’avocat des Baudry, leur a expliqué longuement qu’à l’audience, on parlerait de l’état de santé du meurtrier de Thierry, de sa responsabilité. Est-il fou ? Peut-il être jugé ? La «Seuls les experts psychiatres ne se peine aura-t-elle un sens lui? Oui, ont décidé les rendent pas compte que Cocaign est pour psychiatres et le juge d’insfou. Un jour, il se dit sataniste, le truction, qui a renvoyé Colendemain il parle de loup-garou.» caign aux assises. Les jurés devront trancher. Fabien Picchiottino avocat de Nicolas Cocaign «Seuls les experts psychiatres Sur la couchette voisine, Lagrue est ter- ne se rendent pas compte que Cocaign est rorisé. Il ne bouge pas. Mis en examen fou, ironise son avocat, Fabien Picchiotpour complicité d’assassinat, il a obtenu tino. Un jour, il se dit sataniste, le lendeun non-lieu. Il se suicidera, deux ans main il parle de loup-garou… Pour la déplus tard, à la prison d’Evreux. La mère fense, c’est terrible: il est capable de tout de Thierry Baudry a découpé les articles au procès.» Les diverses expertises font dans Paris-Normandie et Détective. La de son client un portrait inquiétant. sœur, Odile, majeure placée sous tu- «Psychose schizophrénique» pour les telle, commente: «Ils en rajoutent un peu uns, «tendance paranoïaque et mégalodans les journaux…» A cette horreur, on maniaque» pour beaucoup, «anesthésie ne saurait pourtant rien ajouter. affective», diagnostique encore celui-là. Dangerosité criminelle en tout cas. Pour «Un peu paumé, marginal» la majorité des experts, le discernement Quand il est mort, Thierry avait 31 ans. du meurtrier a été altéré lors de son Il ne savait ni lire ni écrire, «un gars crime, pas aboli. Une nuance qui signisimplet, pas bien dans sa tête», selon un fie que Cocaign devra rendre compte de détenu. Après avoir arrêté l’école, «il a ses actes devant la justice. fait “espaces verts”, explique son frère, Cocaign a toujours avoué les faits. CrûJean-Guy. Il voulait faire menuiserie mais ment. Il n’a jamais masqué ses troubles. il n’avait pas assez de qualités. Quand il Parfois même, il a pris peur de ses proapprenait quelque chose, il ne s’en souve- pres pulsions. Dix ans avant la prison nait plus le lendemain.» Thierry Baudry Bonne-Nouvelle, il demande à se faire était vulnérable, c’était d’ailleurs écrit hospitaliser et à subir une castration sur la fiche de renseignements remplie chimique. Un an plus tard, il se présente par un surveillant à son arrivée à la pri- à la gendarmerie de Forges-les-Eaux son de Rouen, deux mois avant sa mort. pour faire état de ses fantasmes. «Je Il ne sortait jamais en promenade, «il voulais de l’aide, dira-t-il aux enquê-

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teurs, être hospitalisé, ou partir à la légion étrangère.» Mais Cocaign ne respecte pas longtemps ses traitements. La moitié de son visage est recouverte d’un tatouage qui s’achève en tête de mort. Un motif tribal, la lutte entre le bien et le mal. Un geste pour ne pas passer inaperçu, «pour être entendu», a-t-il expliqué. Cocaign a été abandonné par sa mère et adopté à 4 ans par deux employés de la Poste. Il dit avoir subi deux viols à l’adolescence – sans qu’il y ait eu de suites judiciaires. Il arrête ses études en cinquième, travaille dans des centres équestres. Puis se marginalise. Il fait la manche. Séquestre ses parents pour leur soutirer de l’argent. Les jeux sadomasochistes avec sa compagne, Natacha, la mère de ses deux filles, deviennent de plus en dangereux. Elle les a d’abord acceptés «pour l’aider», mais elle finit par prendre peur. Cocaign fait part à Natacha de ses fantasmes de viols, d’anthropophagie. De sa peur d’un passage à l’acte. En 2002, il braque une BNP et une poste, pour quelques milliers d’euros. Il est incarcéré au centre de détention de Valde-Reuil. «Un peu paumé, marginal, indigent, rapporte un surveillant. De ceux qui marchent aux cachetons.» Quelques mois avant sa sortie, ses parents, terrorisés, écrivent au préfet pour le convaincre d’ordonner une hospitalisation –il sera interné deux mois, puis relâché. «A l’époque, il se dit l’incarnation du diable, raconte son avocat. Un soir, il rencontre une femme qui se persuade que Dieu l’a mis sur son chemin pour qu’elle le sauve. Lui hallucine de rencontrer une sainte.» Ils parlent toute la nuit, puis il tente de la violer. C’est alors BonneNouvelle et le meurtre de Thierry Baudry. Natacha, à qui on apprenait l’acte de cannibalisme de son ex-compagnon, a juste dit : «Ce qui m’étonne, c’est qu’il l’ait fait sur un homme.»

65000 euros d’indemnisation A l’annonce de la mort de Thierry, Jacqueline Baudry a dit : «Encore un ?» avant de s’écrouler. Car elle a perdu un autre fils à Bonne-Nouvelle, qui s’est pendu quelques mois après son entrée en détention, en 1998. «Quand il est parti en prison, j’avais dit à Thierry, tu vas revenir, toi?» «Ce que l’administration pénitentiaire a fait subir à cette famille est inimaginable», plaide Etienne Noël. L’avocat est membre de l’Observatoire international des prisons (OIP), il avait déjà obtenu la condamnation de l’Etat dans la mort du premier fils. «Oui, c’est Nicolas Cocaign qui a tué Thierry Baudry. Mais la pénitentiaire a commis une série de fautes qui entraînent sa responsabilité. Elle l’a d’ailleurs implicitement reconnu.» Car après la mort de Thierry, l’avocat exerce un recours et demande à l’Etat d’indemniser la famille. Deux mois plus tard, le ministère de la Justice, dont dépendent les prisons, accorde la totalité des sommes réclamées par la famille Baudry : 65 000 euros. L’administration pénitentiaire ayant accepté sans broncher de lourdes indemnisations, il n’y aura pas de procès devant le tribunal administratif. Et donc pas de débat sur la responsabilité de


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l’Etat dans la mort de Thierry Baudry. «Ne pas aborder sa responsabilité, c’est comme si, au procès Kerviel, on ne parlait pas du fonctionnement des salles de marché! lance Etienne Noël. La vulnérabilité de Thierry était inscrite dans son dossier pénitentiaire, l’administration savait Cocaign dangereux. Pourquoi a-t-on mis ces deux hommes dans la même cellule ?» Après le drame, une enquête administrative a été ordonnée. Elle mentionne des «dysfonctionnements» et des «négligences», faits que la pénitentiaire, interrogée par Libération, n’a pas voulu commenter. Exemple: lors de la détention de Cocaign à Val-de-Reuil une conseillère d’insertion et de probation (du nom désignant les travailleurs sociaux de la prison) fait un signalement alarmiste au procureur: elle évoque des «projets de viols, tortures et barbarie, nécrophilie et anthropophagie». Mais le dossier de Nicolas Cocaign, avec la lettre de la conseillère, est archivé au centre de détention de Val-de-Reuil. Il ne sera jamais communiqué à la prison de Rouen où il est écroué quelques mois plus tard. «Ce qui n’est pas anormal, note le rapport d’inspection, puisqu’il n’existe pas de procédure prévoyant la transmission d’un établissement à l’autre de renseignements sur un détenu ayant fait l’objet d’une libération puis d’une réincarcération.»

«Omission regrettable» Dysfonctionnement encore, cette expertise signalant un «sujet dangereux», envoyée par le juge d’instruction à la prison de Rouen. Classée dans le dossier personnel de Cocaign. Sans suite. Quelques mois avant le drame, en mai 2006, Nicolas Cocaign lui-même demande à être déclassé, c’est-à-dire à ne plus travailler, et à être mis à l’isolement. Il est déclassé dès le lendemain. Mais laissé dans une cellule collective. «Omission regrettable», minimise le rapport d’inspection. Et puis, il y a les psys et les médecins intervenant à Bonne-Nouvelle. Trop jaloux de leur secret médical, selon l’administration pénitentiaire. En échangeant avec la direction, avec les surveillants, les services médicaux auraient-ils pu éviter le drame? Non, le passage à l’acte de Cocaign était imprévisible, ont assuré ceux-ci. «L’administration se défausse sur les médecins et exploite un drame pour tenter de rogner sur le secret médical», estime Hugues de Suremain, de l’Observatoire international des prisons). Depuis l’affaire Cocaign, un comité de suivi réunit chaque semaine médecins, psychiatres et surveillants de Bonne-Nouvelle pour évoquer les détenus à risque. Lors de la mort de Baudry, le quartier des hommes était occupé à 120%. «On est loin de l’encellulement individuel qui permettrait d’assurer la sécurité des détenus», estime Martine Herzog-Evans, spécialiste du droit pénitentiaire. Et la semaine dernière encore, l’Etat a été condamné à indemniser 38 détenus incarcérés «dans des conditions n’assurant pas le respect de la dignité humaine». «Aujourd’hui, on veut punir avant tout, commente Céline Verzeletti, de la CGT pénitentiaire. Mais la prison ne peut être un lieu de soin pour les personnes atteintes de graves troubles psychiatriques.» Cellule 128, à Bonne-Nouvelle. Dix-huit mois après la mort de Baudry, le 10 septembre 2008, Idir Touati sera retrouvé mort. Egorgé par son codétenu. •


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PORTRAIT THOMAS SOMMER­HOUDEVILLE

Ce thésard et militant était de la flottille qui a tenté de forcer le blocus de Gaza. Il entend remettre ça, à l’automne.

Gaza trip Par CATHERINE COROLLER Photo RUDY WAKS

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endant quelques jours, il a été le Français manquant de la flottille pour Gaza. Le lendemain de l’assaut sanglant par l’armée israélienne, sa mère s’inquiétait publiquement d’être sans nouvelles de lui. Et l’un de ses camarades de la Campagne civile internationale pour la protection du peuple Palestinien (CCIPPP), commençait à tisser sa légende en brossant le portrait d’un activiste fiché par l’Etat hébreu: «On est inquiets. Thomas est connu des autorités israéliennes car il a déjà participé à des missions pour Gaza.» Finalement, Thomas Sommer-Houdeville a été libéré en même temps que le gros des militants de la flottille. La première fois qu’on l’a vu en vrai, c’était à l’issue de la manifestation, organisée par le Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, contre l’assaut israélien. Juché sur un bateau en carton-pâte représentant symboliquement l’armada humanitaire, il saluait «le peuple palestinien qui se bat alors qu’il est assiégé depuis trois ans» et «les amis turcs lâchement assassinés». On le retrouve au Centre international de culture populaire, sorte de QG de l’altermondialisme français. Les associations

propalestiennes s’y partagent un local. Depuis que Thomas Sommer-Houdeville a été expulsé vers la France, il va d’interviews en réunions publiques. Son but: «Témoigner.» «On a vécu pendant quelques heures ce que les Palestiniens vivent tous les jours», répète-t-il en boucle. C’est un militant, un vrai, pas un idéologue en chambre. Il a fait ses armes à la LCR (Ligue communiste révolutionnaire), et milite aujourd’hui au NPA (Nouveau parti anticapitaliste, successeur de la LCR). En 2002, il découvre la Palestine avec la CCIPPP. «Je devais y passer quinze jours. J’y suis resté quatre mois.» Il est témoin des exactions de l’armée israélienne qui rase les maisons ou en déloge les habitants pour occuper leurs logements. «Ça a été la plus grosse claque de ma vie. On s’attend pas à un tel déni de justice.» Rentré en France, il décide de repartir en Israël. «Je voulais m’installer à Haïfa pour y faire ma maîtrise sur les premiers syndicats arabes et juifs qui se sont créés là au début du XXe siècle.» «Il me paraissait intéressant de montrer qu’à un moment de la courte histoire de ce pays, Juifs et Arabes ont eu des luttes en commun», ajoute-t-il. Les autorités lui refusent son visa. Quelques mois plus tard, il tente d’y retourner en touriste, donc sans visa, mais est mis aussi sec dans l’avion de retour. A défaut d’Israël, ce sera l’Irak. Il y arrive en décembre 2003, neuf mois après le début

de l’offensive américaine, et y demeurera jusqu’en avril 2004. «Avec une ONG italienne, on avait monté une observation sur les droits de l’homme et la question des prisonniers.» La détérioration des conditions de sécurité le chasse. «Au début, c’était dangereux mais il y avait tout un tas d’ONG. Après, c’est devenu le chaos.» Retour en France, master de sciences politiques à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). Puis, séjour de trois ans en Syrie, entre 2005 et 2008, pour sa thèse sur les «Processus identitaires, identifications nationale et communautaires des réfugiés irakiens». De ces expériences, il garde un formidable souvenir. «J’adore le monde arabe.» Il en a appris la langue. Parmi ses émotions les plus fortes, les concours de poésie organisés chaque lundi dans un hôtel de Damas. «Des poètes viennent s’affronter. C’est extraordinaire.» Lui-même apprécie ce genre littéraire. «C’est la meilleure façon de dire une vérité qu’on a dans le cœur.» Il aime Mahmoud Darwich et Adonis, peut réciter certaines de leurs œuvres en arabe, évoque également Beaudelaire et Michaux. Sur la question du conflit israélo-palestinien, Thomas Sommer-Houdeville a des positions assez classiques. Pour les opprimés – les Palestiniens – contre les oppresseurs – «l’Etat criminel d’Israël» qualifié «d’Etat colonial»–, et les gouvernements occidentaux qui laissent faire. Il revendique des EN 3 DATES liens avec les pacifistes israéliens comme l’écrivain Mi- 5 décembre 1975 Naissance à Sainte­Adresse chel Warschawski ou l’avo(Seine­Maritime). cate Leah Tsemel. Le fait que Eté 2002 Séjour en l’opération de la flottille pour Palestine. 31 mai 2010 Gaza ait été menée par Attaque de la flottille par l’IHH, organisation islamiste l’armée israélienne. turque, ne le gêne pas. «En Turquie, ils ont pignon sur rue.» Pas plus que le fait de savoir que des associations engagées dans cette opération ont des liens avec le Hamas. «Tous ceux qui sont dans les territoires travaillent avec lui, y compris Médecins sans frontières.» Archétypique de l’homme d’action, il l’est jusqu’au bout. Sur le bateau en route pour Gaza, il a tenu un journal à la tonalité naïve et exaltée. «La peur n’est pas de notre côté, mais du côté d’Israël. Ils ont peur de nous parce que nous représentons la colère des gens tout autour du monde.» A propos de la cargaison humanitaire emmenée par les bateaux, il parle encore d’une «vague d’amour et d’espoir envoyée par d’humbles citoyens de Grèce, Suède, Turquie, Irlande, France, Italie, Algérie, Malaisie». Thomas Sommer-Houdeville est né près du Havre d’un père professeur d’équitation et d’une mère secrétaire de direction. Il a grandi à Marseille, puis à Toulouse. En France, il n’est que de passage. Depuis novembre 2009 et, plus précisément depuis qu’il est salarié de l’ONG altermondialiste Focus on Global South, il vit entre Manille et New Delhi. Très loin de la Palestine et du Proche-Orient. Quoique. A peine embauché, il a rappliqué en Europe pour préparer le départ de la flottille. Pour lui, la lutte des luttes reste la Palestine. «Elle est l’élément central du combat pour le respect des droits, le symbole de la lutte contre l’oppression, et le symbole de tous les autres combats.» Ses activités militantes prenant l’essentiel de son temps, son doctorat est en panne. Mais son directeur de thèse, le politologue Olivier Roy, est plein d’indulgence: «C’est le genre de jeune chercheur que j’apprécie particulièrement: le terrain avant tout, un courage physique et une bonne formation intellectuelle.» En lui, l’ancien se reconnaît. «A son âge, en août 1980, je “forçais” avec un âne et quelques porteurs le blocus russe en Afghanistan pour faire passer une aide humanitaire dérisoire. L’opération “Caravanes pour l’Afghanistan”, fort politique comme toute opération humanitaire, était montée par l’Action internationale contre la faim, et avait été conçue par… Bernard-Henri Lévy.» «On vieillit plus ou moins bien !», ironise Olivier Roy. Et Thomas Sommer-Houdeville, comment vieillira-t-il ? Pour l’heure, il ne se projette pas très loin. «A partir de juillet ou août, je vais me mettre à rédiger sérieusement cette fichue thèse. J’en ai encore pour six mois.» A l’automne, il reprendra la mer si une nouvelle flottille tente de forcer le blocus de Gaza, comme prévu. A court terme, il n’envisage pas de fonder une famille même s’il a une «chérie» qui travaille également pour une ONG. Il n’a pas, non plus, de grandes ambitions financières. «Je gagne pas des mille et des cents, 1 000 euros par mois, mais ça me suffit pour l’instant.» Plus tard, il essaiera peut-être de se faire embaucher par un institut français de recherche à l’étranger. Là, on le sent très moyennement motivé. •

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r e n o u v e a u r e n o u v e a u de la musique les Etats Généraux du Ils sont cinq, âgés de 23 à 29 ans, à comparaître pour «tentative de...

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