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le magazine de l’Espace Mode Méditerranée

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janvier 2008 semestriel - gratuit

Vision Cité Euroméditerranéenne de la Mode

Collection Jeunes créateurs, confirmés, lauréats

Création Geneviève Sevin-Doering, costumière d'exception


04 42 36 81 00


sommaire 4

6-17

Edito

 ortraits de créateurs P Karlhany / Les Dilettantes / Marie-Eve / Alix de Moussac / Kahmo / Ghislaine Garcin

18-19

Partenariat

Galeries Lafayette - IMM 20-21

News

22-23

Marcel Rufo : un nouveau défi marseillais

24-25

Lùqman Kossi pour iDTGV

26-27

Boutiques éphémères : Itinéraire Mode Marseille

28-41

Série mode

42-49

Face à face

Histoire naturelle

Sessùn : Emma François/Laurent Richard Chacok/Niki de Saint-Phalle, Jacques Bouillé et Pierre Padovani témoignent Geneviève Sevin-Doering/Julien Lestel

50-55 Série mode Latitude

43.18N Longitude 05.23E

57-65

Formation

Les ateliers de formation / La licence pro / Pass Créamode / La Charte des créateurs

66-73 Série mode Sans colorants 74 - 75

Photographes Didier D. Daarwin / Vincent Beaume

76 - 77 Mémoire : Rémi Kerténian retrace l'histoire de la mode à Marseille 78 - 79

Rendez-vous au Musée de la Mode

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Camàyeux conjugue art et économie

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Carnet d’adresses


Portraits

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(photos) Vincent

Beaume

CAMĂ YEUX Marseille


Edito L’Institut Mode Méditerranée est perçu par les professionnels comme un incubateur. Véritable Factory où les talents se prêtent à toutes les disciplines artistiques liées à la mode. Tous ceux qui font partie de cette dixième édition sont l’expression de trois valeurs : mode énergie, mode passion et mode en mouvement. Plein phare sur les plus jeunes : Karlhany nous entraîne dans son univers architectural. Du chic décontracté des modèles amples à l’ultra féminin des silhouettes très glamour. Alix de Moussac nous emmène en balade entre douceur et impertinence. La nouvelle collection est inspirée par l’ambiance évanescente d’un “Virgin suicide”. Les Dilettantes nous font découvrir un univers délicieusement poétique tout en subtilités. C’est l’expression du raffinement assorti d’une pointe d’humour. Kahmo, la lingerie homme directement inspirée du graf, des comics ou de l’univers psychédélique. Marie-Eve nous offre des collections empreintes d’une identité. L’’inspiration prend sa source dans un regard attentif à l’autre et aux cultures du monde. Ghislaine Garcin créatrice de la délicatesse avec des choix de matériaux textiles retravaillés, donne une véritable identité aux accessoires et à ses poupées broches. Cette mode « made in Marseille », véritable courant stylistique, s’intègre au coeur du maillage créatif de la Cité Euroméditérranéenne de la Mode. Maryline BELLIEUD-VIGOUROUX

Présidente de l’Institut Mode Méditerranée


Portrait Portraits

Karlhany

Figure de style Spectaculaire et structuré, tel est l’esprit - acéré - de la rousse Caroline Hanny, créatrice de mode et artiste à part entière. Sa marque Karlhany, mélange inattendu de glamour futuriste et d’inspirations antiques, en porte l’empreinte. C’est pressée par les circonstances que Caroline Hanny, styliste et photographe a créé sa marque, Karlhany. « L’année dernière, j’ai gagné un concours de mode. Le prix consistait en un stand au Who’s Next et un passage aux Galeries Lafayette à Paris. J’ai foncé ». A l’intuition, comme souvent chez cette artiste polyvalente, photographe et styliste, nourrie depuis l’enfance par le papier glacé des magazines de mode. En effet, rien

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ne prédisposait l’étudiante en droit à un changement aussi radical. Si ce n’est l’ardente nécessité de trouver sa voie. Trois ans d’Esmod, deux de professorat plus tard, la voilà dans le Sud, sur des rails qu’elle ne compte plus quitter. Entre-temps, la vie a fait son œuvre et Caroline ses gammes. A Marseille, chez l’industriel Gil Claude notamment, où elle a appris les contraintes de la distribution. Malgré les aléas de la création en solo, les difficultés


récurrentes pour trouver un distributeur, cette rêveuse décidée choisit de retrouver le chemin de son atelier. Elle y peaufine un art exigeant et parfois élitiste, en petites séries forcément. Car porter du Karlhany n’est pas anodin. C’est entrer dans la lumière. Le vêtement est costume, armure ou kimono, d’apparat dans tous les cas. Les matières, floquées, densifiées se rassemblent en mosaïque et structurent à l’envi tuniques, robes ou vestes, ornées, telle une marque de fabrique, de boutons colorés. Surpiqûres, asymétries, jeux de liens donnent à l’ensemble une féminité presque fétichiste et un indéniable esprit couture. Le noir y règne en maître, ce qui n’exclut pas l’incursion de turquoise satiné,

*

de rouges et violets curieusement associés. Karlhany, a ses adeptes, (chez Oogie à Marseille) en cherche d’autres, via une deuxième ligne en maille, « plus accessible». Visant le haut de gamme, avec une création par essence spectaculaire, Caroline, admiratrice pêle-mêle de John Galliano, de Frank Gehry comme d’Helmut Newton entend assumer ses goûts et ses couleurs. « Après le “Printemps des créateurs”, je compte bien présenter le Festival d’Hyères. Même si c’est un rêve ». Pour aller encore plus loin.

Caroline HANNY KARLHANY Tél. 06 22 16 50 12 E-mail : carolinehanny@wanadoo.fr Site : karlhamod.monsite.wanadoo.fr

Adresses un restaurant

Le Peron 56, Corniche Kennedy, (7e). Tél. 04 91 52 15 22 « pour la cuisine, la vue, tout… » un endroit où sortir

Au Petit Nice, 28, Place Jean Jaurès (1er). « mon bar préféré » une salle d’exposition

Atelier De Visu, 19 rue des Trois Rois (6e). Tél. 04 91 47 60 07 « j’aime ce qu’ils font » un banc avec vue

aller au J4, « vue à 360° tout me plaît de là-bas »

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Fabienne Berthet Vincent Beaume CAMàYEUX Marseille


Portrait Portraits

Les Dilettantes

La double constance Deux filles : Lola et Chloé, Une marque : Les Dilettantes. Ou comment investir avec brio le créneau du chic ludique avec des collections raffinées et épurées. Les premiers succès ne se sont pas fait attendre. Lola, tout feu tout flamme, Chloé, concentrée, la première mutine, la seconde ludique, tel est le duo de choc des Dilettantes, une jolie marque pour un prêt à porter féminin et stylé, créée en 2005 et aujourd’hui sise à Rognes, près d’Aix-en-Provence. L’histoire commence en 2003 sur les bancs de la fac de Nice, lorsque les deux acolytes, alors engagées dans une formation en communication très incertaine, se rencontrent. « Un véritable coup de

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foudre professionnel», évoque Lola, qui les conduit à s’engager dans une aventure créative commune. C’est d’abord une petite série de tee-shirts sérigraphiés, cadrée par un univers urbain, très graphique. Puis vient l’envie d’aller plus loin. « Petit à petit nous sommes montées en gamme, étoffant les silhouettes, mixant les matières, travaillant la ligne comme le détail. Le résultat est là, avec une collection printemps/ été 2008 forte de 35 pièces et de


silhouettes abouties : jupes à plis, robes tunique, pantalons à revers, blouses soyeuses, tops en maille et autres jeans, déclinés en version large ou corsaire. Sans compter, pour parfaire l’identité, une ligne d’accessoires composée de sacs, chaussures, ceintures et de jolis bijoux breloques. Résolument sobre, magnifiée d’une perle ou pincée d’un pli, la coupe est, dans tous les cas, sans défaut. Les couleurs, sourdes, jouent sur une harmonie cendrée, éclairée de beiges crémeux. Les uns, unis ou finis d’un imprimé feuillu, les autres filés de lurex. Si Lola assure la partie commerciale quand Chloé, issue d’une section « mode » du lycée la Calade à Marseille, dessine, le travail créatif est commun et la fabrication orga-

nisée de concert, au Portugal et au Maroc. Who’s Next oblige, la distribution gagne du terrain. La marque compte une quinzaine de points de vente dans le Sud et vise quelques percées parisiennes. Objectif : une boutique en propre en 2010 et une large diffusion à travers l’hexagone. Alors, Dilettantes, les filles ? Oui, si l’on s’en tient à la définition officielle : « personne qui s’adonne à son art avec plaisir ».

* Lola FOUTREL et Chloé THRIERR

LES DILETTANTES Tél. 06 66 66 44 83 E-mail : contact@lesdilettantes.com Site : www.lesdilettantes.com

Adresses un restaurant

La boulangerie Aixoise, 45 rue Francis Davso (1er). Tél. 04 91 33 93 85 « pour ses croquants» un banc avec vue

La vue du quartier du Panier dans le 2ème arrondissement, « pour l’ambiance » et aussi…

La Bastide des Bains, 19 rue Sainte (1er). Tél. 04 91 33 39 13 « pour le calme de son hammam » Le marché de la Plaine et La Droguerie, 42 rue Vacon (1er). Tél. 04 91 54 39 18 « pour le choix »

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Fabienne Berthet Vincent Beaume CAMàYEUX Marseille


Portrait Portraits

Marie-Eve

La flamme faite femme De marchés de créateurs en salons d’artisans, Marie-Eve s’est créé un nom. Tout en donnant une identité intemporelle à ses collections, modulables, ludiques et éminemment féminines. A son image.

C’est un atelier de créateur brouillon et chaleureux. Ici, les coupons chamarrés côtoient des empilements de bobines multicolores, eux-mêmes soutenus par de fragiles pyramides constituées de valise, tableaux et chutes en tous genres… Autant de souvenirs des lointaines contrées parcourues par cette grande voyageuse qu’est également la créatrice de mode Marie-Eve. Incarnation d’une féminité naturelle et généreuse, Marie-Eve dont le nom

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sonne comme une naissance, ne pouvait faire autrement que d’en baptiser sa marque. C’est chose faite depuis 3 ans. Les débuts sont discrets, cette jeune mère de famille anciennement institutrice, s’installe sur les marchés avec des premiers modèles, écharpes modulables et bigarrées. Elle vend, et du coup enchaîne les rendez-vous : salons de créateurs, marchés d’artisans. « J’ai pris le parti d’une diffusion en direct. Ça fonctionne mais je


réinvestis tout ce que je gagne ». Un moyen aussi de s’y retrouver financièrement. Dans le même temps, la belle travaille sa technique, commence les patronages, compose et peaufine la construction de ses modèles, s’approprie les matières… et décline ses envies. « Ce peut être un pays, un détail de la vie quotidienne. Actuellement, c’est le Japon, ses tissus légers, fluides, ses tonalités colorées ». Des sources d’inspiration volatiles qui n’en font pas oublier l’essentiel, la mise en valeur d’un décolleté, d’une chute de rein, l’aspect modulable de collections où tout est repositionnable et interchangeable, souvent réversible. Omniprésente, la couleur intervient par un empiècement, une bordure. Une façon de souligner et

* Marie-Eve Martin

MARIE-EVE Tél. 06 99 48 61 74 E-mail : marieloum@free.fr

de réveiller cette mode ludique, où règnent jupes en boules et robes asymétriques. « J’aimerais ne travailler que le noir, faire dans l’épure, j’en suis incapable ». Reste, peut-être, à s’installer. Marie-Eve y travaille avec l’ouverture prochaine d’une boutique située à proximité de son atelier. Elle envisage une diffusion dans un réseau de distribution plus classique mais ne s’y résout pas encore. Pour rester dans la course ?

Adresses un restaurant

L’Abri Côtier 1, Boulevard des Baigneurs (8e). Tél. 04 91 72 27 29 « j’aime y aller avec mes enfants, je ne suis jamais déçue » un banc avec vue

Le bar La Caravelle 34, Quai du Port, (2e). Tél 08 26 10 09 47 « à l’étage, pour la vue, forcément » un musée

La Vieille Charité et notamment l’exposition consacrée aux Papous Centre de la Vieille Charité, 2 rue de la Charité (2e). Tél. 04 91 14 58 80 « c’est une vieille expo que j’ai adorée »

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Fabienne Berthet Vincent Beaume CAMàYEUX Marseille


Portrait Portraits

Alix de Moussac

Sens dessus dessous Anciennement illustratrice et parisienne, Alix de Moussac aujourd’hui marseillaise, tonifie l’univers de la lingerie avec sa marque éponyme. Des dessous frais et délicats, faits de cotons aériens, dont les appellations sonnent comme une promesse. De légèreté et de plaisir. C’est une blonde rock’n’roll, ce pourrait être aussi une égérie victorienne… Il faut dire qu’Alix de Moussac, jeune créatrice de la marque de lingerie éponyme, admiratrice de Balenciaga, d’Ann Demeulemeester comme de Léonard Cohen, est soumise à des influences plurielles. Du coup, rien d’incongru, à ce que cette jeune parisienne, formé à l’atelier Chardon Savard et venue dans le Sud pour travailler dans le prêt-à-porter, s’essaie à

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l’exercice de la création de dessous. Diverses expériences dans le stylisme, un goût de l’illustration et du dessin en général, l’y ont fortement incitée. « J’ai commencé par réaliser quelques modèles, le succès des ventes privées m’a mise sur la voie, une présence à la semaine des créateurs des Galeries Lafayette de Marseille, a fait le reste. A peine lancée, Alix de Moussac affiche un ton bien à elle : dentelle légère et couleurs douces aux appellations


évocatrices et rassurantes : lagon, ardoise, earl grey. Les mélanges coton et soie y sont teints à la main, les liberty, précieux et délicats. Notes soyeuses, les rubans apportent la touche finale d’une lingerie joliment surannée. L’ensemble est aérien, frais, facile à porter. Les duos culotte et soutien-gorge jouxtent les nuisettes et autre combishorts. Ce sont aussi les fragiles blouses qui complètent l’essentiel de ces mini collections, de 8 pièces maximum. Un parti pris homewear et cosy qui sait se renouveler. La preuve, cette année, Alix peaufine des maillots de bains froncés et coupés dans des tissus africains colorés. Si le parcours des créateurs est ardu, Alix de Moussac entend y cheminer à son rythme. De belles enseignes

* Alix AUGIER DE MOUSSAC

marseillaises telles Gas et Lili Sand, lui ont aujourd’hui ouvert leurs portes. C’est une étape. Reste à adapter une production forcément compliquée. La corseterie est un art difficile, accessible dans quelques ateliers choisis. Dans la foulée, Alix démarche à l’export mais garde les pieds dans l’hexagone. Pour conserver l’étiquette « made in France ». Un atout et la garantie d’une qualité qu’Alix compte bien mettre à profit.

ALIX DE MOUSSAC Tél. 06 64 61 91 11 E-mail : alixdemoussac@gmail.com Site : www.alixdemoussac.com

Adresses un restaurant

La Cantinetta, 24 cours Julien (6e) Tél. 04 91 48 10 48 « beau et bon » un endroit où sortir

Le Polikarpov, 24 cours d’Estienne d’Orves (1er). Tél. 04 91 52 70 30 « central et vivant » un musée

L’entrée du FRAC, 1 place Francis Chirat (1er). Tél. 04 91 27 55 50 « avec cette vue sur la cour où du linge est suspendu » un banc avec vue

Les rochers de Callelongue, (80 e) « pour la mer »

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Kahmo

Les dieux du sport Tout droit venus de la terre d’ovalie, Bertrand, Marc et Franck, assurent leurs arrières. Le trio de choc s’illustre à Marseille dans la création de sous-vêtements pour homme avec Kahmo, une marque de deux ans d’âge, à l’esthétique de choc. Un esprit sain dans un corps sain pourrait être l’adage de la marque de sous-vêtements pour homme, Kahmo. Un terme sud-africain, qui signifie colocataires et résume l’univers potache des trois camarades aux manettes de la jeune société, créée il y a 2 ans. Bertrand à la conception et à la création, Franck au marketing et à l’export, Marc à la promotion… Un trio de rugbymen professionnels, originaires du SudOuest, soudés par la passion de

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l’ovalie en particulier et le goût du sport en général. « Kahmo est une marque technique et ludique qui répond aux attentes et aux besoins des hommes d’aujourd’hui. Avec l’apparition des métrosexuels, l’exposition de certains sportifs, avec le calendrier des « dieux du stade » par exemple, l’homme actuel est devenu conscient de son corps. Soigneux, il ne craint plus de sortir des stéréotypes machistes », résume Bertrand Cazamayou…


Kahmo en fait un parti pris, celui d’imprimer sur ses shorties et teeshirts, des images fortes, colorées. On y retrouve une esthétique très « virile », ambiance pirate ou rock, motifs The death, imprimés newspapers ou camouflage… Bref, un graphisme choc pour des produits flash, histoire de donner une visibilité à la marque avant de décliner d’autres gammes, plus sages et classiques. L’originalité n’exclut pas la qualité. Les trois compères ont d’ailleurs apporté un soin tout particulier aux textures, à l’élasticité et la qualité des cotons dont une version bio est même envisagée. Déjà distribuée dans une vingtaine de points de vente, Kahmo vise le double l’année prochaine, le triple celle d’après. Même croissance

espérée pour le chiffre d’affaires de la société qui devrait passer de 60 000 à 150 000 euros en 2008 grâce à l’export qui démarre bien et à un site internet devenu marchand. D’ici là, l’opération séduction continue à destination des deux sexes, « un achat sur deux de sous-vêtements masculin est effectué par une femme ». A bon entendeur !

* Bertrand CAZAMAYOU – Franck POMAREZ

KAHMO DESIGN Tél. 06 61 25 21 01/06 80 93 19 02 E-mail : bertrand@kahmo.com/franck@kahmo.com Site : www.kahmo.com

Adresses un restaurant

The Shamrock, 17 quai de Rive Neuve (7e). Tél. 04 91 33 11 01 « l’esprit pub, important pour un rugbyman » un endroit où sortir

Le Bazar, 90 boulevard Rabatau, (8e) Marseille. Tél. 08 26 10 10 95 « de l’espace, de belles soirées entre amis » une salle de spectacle

Le Quai du Rire, 16 quai de Rive Neuve (7e). Tél. 04 91 54 95 00 « j’ai adoré y voir Jonathan Lambert » un banc avec vue

Les calanques Sormiou, Morgiou, « sites magiques où venir se détendre, c’est nécessaire quand comme moi, on vient d’un petit village du Sud-Ouest»

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Portrait Portraits

Ghislaine Garcin

Textile tactile Pas une once de métal, même l’étiquette marque de fabrique s’il en est, est faite de ruban tissé. Avec ses perles en papier, rubans lainés et autres broches en forme de poupées stylisées, Ghislaine Garcin, transcende le textile avec une collection de bijoux déroutante. Quelle est cette matière ? Voilà une question que Ghislaine Garcin aime entendre. Cette créatrice de bijoux textiles, qui se revendique volontiers artisan d’art, porte sur son travail un regard éclairé. « Je mixe des tissus lainés, crochetés voire tricotés. Agrémentés de perles ou d’une breloque, ils créent ainsi l’illusion de la nouveauté. » Et ça marche : comment identifier sous ce bracelet manchette, tableau raphaëlite repassé d’organza et

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piqué de sequins, un support cartonné. Ghislaine Garcin sort, de fait, ses bijoux du rang des accessoires. « Je n’aime pas ce terme, il évoque une petite chose précieuse et fragile ». Or rien ne l’est moins que les volumineux -mais toujours légers - sautoirs, tours de cous rebrodés, cravates et autres faux cols. « Chaque pièce est un parti pris. Ce n’est pas le complément d’une tenue », détaille Ghislaine Garcin qui révèle d’une collection


à l’autre, 6 en 3 ans, un univers baroque et chatoyant où éclatent les bruns, gris et ocres, magnifiés ici et là d’un rayon lumineux ou d’une perle patinée. Ce qui ne l’empêche pas de se parer de lignes graphiques, comme en témoignent les très sobres parures, résultant d’un travail sur le pli, d’une recherche de plasticienne. On peut toucher ? « On doit », répond la créatrice longtemps graphiste. Car le contact est essentiel. Son travail en porte la marque, révélant le souvenir d’une pampille de lustre chinée sur un marché, d’une ganse conservée de longue date. « Je fais quasiment tout moi-même. En petites séries, du coup. Un travail parfois titanesque. Ce sont les 400 poupées broches, uniques en leur genre et réalisées à la main, jolies

* GHISLAINE GARCIN

silhouettes stylisées à l’instar des Parisiennes de Kiraz et à l’origine d’un véritable engouement pour la marque. Succès ou pas, Ghislaine se refuse encore à déléguer, n’est pas sûre d’y être prête un jour. Tout en se sachant à la croisée des chemins avec un modèle économique qui pour l’heure, n’est pas viable. En attendant, Ghislaine travaille à une plus grande fidélisation de ses points de vente* et en bon artisan, cent fois sur le métier…

Adresses un restaurant

Les Danaïdes, 6 Square Stalingrad, (1er). Tél. 08 26 10 10 98, « pour sa terrasse magnifique » un endroit où sortir

Le Longchamp Palace, 22 boulevard Longchamp, (5e). Tél. 04 91 50 76 13 « un joli bistrot de quartier » un banc avec vue

Du Pharo, la vue du Vieux-Port « inoubliable » un musée

* 4 à Paris, Marianne Cat à Marseille mais son site reste aussi une vitrine imcomparable.

Tél. 04 91 49 98 21 E-mail : ghislaine.garcin@wanadoo.fr Site : ghislainegarcin.blogspirit.com

Le musée Cantini, 19 rue Grignan, (6e). Tél. 04 91 54 77 75 « pour le plaisir de retrouver ses collections permanentes »

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Fabienne Berthet Vincent Beaume CAMàYEUX Marseille


Partenariat

Depuis qu’il a été initié, par l’Institut Mode Méditerranée, le partenariat liant les Galeries Lafayette SaintFerréol et les jeunes créateurs n’a cessé de se renforcer. Sylvère Vezzosi, directeur de l’enseigne marseillaise, réfléchit avec l’IMM à la prochaine mise en place, d’un espace permanent réservé aux jeunes créateurs.

Depuis presque vingt ans maintenant, les Galeries Lafayette Saint-Ferréol et l’Institut Mode Méditerranée partagent un beau challenge : promouvoir les jeunes créateurs marseillais et les aider à “percer”. Et durant ces vingt ans, l’action née de ce partenariat n’a fait que se renforcer. L’enseigne a glissé progressivement du statut de diffuseur de jeunes marques à celui de vitrine de la création plurielle tandis que les créateurs bénéficiaient, aux Galeries Lafayette, d’emplacements de plus en plus privilégiés. Une évolution positive aussi bien pour le magasin que pour les créateurs, le premier ayant pu, grâce aux seconds, élargir son panel de produits textiles, d’habillement ou encore d’accessoires, aux créations innovantes, inattendues, voire agréablement décalées de créateurs talentueux. Ce défi, Sylvère Vezzosi, directeur des Galeries Lafayette Saint-Ferréol, est fier de l’avoir relevé. Au point qu’il réfléchit aujourd’hui, avec l’Institut Mode Méditerranée, à la prochaine mise en place, dans son magasin, d’un espace permanent réservé aux jeunes créateurs marseillais.

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galeries lafayette

– imm

Un partenariat gagnant-gagnant


Les jeunes marques : des valeurs de plus en plus sûres La collaboration développée jusqu’alors entre l’enseigne et l’IMM s’est, il est vrai, soldée par une belle réussite : les jeunes marques ont leur propre clientèle, composée de personnes à la recherche de vêtements identifiants de qualité et d’originalité, hors standards, à des prix abordables. Et les créateurs réalisent aujourd’hui aux Galeries Lafayette d’excellentes performances. « Depuis deux ans, certains ont même explosé, confirme Sylvère Vezzosi, en réalisant des chiffres d’affaires parfois supérieurs à ceux de marques nationales. Quelques-uns ont d’ailleurs été vite repérés par des acheteurs nationaux et sont désormais référencés aux Galeries Lafayette Haussmann, voire au BHV Rivoli Homme, ce qui constitue pour eux un formidable accélérateur de commandes. » Un beau succès, donc, à imputer au talent des créateurs, bien sûr, mais aussi à la clairvoyance de l’enseigne - qui, suivant l’expérience de Marseille, développe aujourd’hui des actions de soutien aux jeunes marques un peu partout en France -, et au dynamisme des acteurs de la mode de Marseille et de la Provence.

* GALERIES LAFAYETTE

Maryline Bellieud-Vigouroux :

« Une démarche qui privilégie le professionnalisme » Maryline Bellieud-Vigouroux, initiatrice du partenariat entre les Galeries Lafayette Saint-Ferréol à Marseille et l’Institut Mode Méditerranée, se félicite de l’extension de cette action « En accueillant de jeunes marques dix jours par an et peut-être bientôt de façon permanente, les Galeries Lafayette de Marseille leur offrent une formidable occasion de se retrouver au cœur de l’activité commerciale d’une grande enseigne, symbole de la mode internationale, et réputée pour son dynamisme et sa créativité. Elles permettent à ces créateurs de faire leurs premiers pas de professionnels en se confrontant à la réalité, sachant qu’ils ont préalablement franchi le cap d’une sélection de l’Institut Mode Méditerranée, puis celui d’une présentation collective exigeante, en présence d’acheteurs chevronnés qui les ont “audités“. Ils sont aussi amenés à se positionner vis-à-vis d’autres marques. Pour ceux qui ont été repérés en province et qui ont la chance d’être référencés ensuite aux Galeries Lafayette Haussmann à Paris, le pari est gagné. Il s’agit assurément d’un beau partenariat, initié à Marseille mais qui s’est étendu à d’autres régions, et dont nous sommes fiers de parler, comme nous l’avons fait récemment avec Nantes. L’IMM, de par son rôle d’initiateur de ce partenariat, et fort d’un retour d’expérience extrêmement positif, est tout à fait légitimé pour leur apporter des conseils avisés. »

Tél. 04 96 11 35 00 Site : www.galerieslafayette.com

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Pascale Meunier Vincent Beaume CAMàYEUX Marseille


News Les créateurs soutenus par l’IMM sur les salons

Trois nouveaux lauréats pour la Charte des créateurs

Plus d’une douzaine de créateurs sou-

Trois jeunes marques bénéficieront, durant deux ans, du dispo-

tenus par l’Institut présenteront leurs

sitif de la Charte des créateurs de l’IMM. Lynn Dalaga (Linda

collections dans les salons de la Mode

Fernandez), Zoé la Fée (Stéphanie Laquement et Frédérique

en janvier : Mélanie Mozayeni, Rose

Gomand) et Kahmo (Franck Pomarez, Marc Lardit et Bertrand

et Ramirez, Coleen Bow, Jayko, Lynn

Cazamayou)* recevront une aide de 12 600 €/an, accompa-

Dalaga, Tcheka et Zoé la Fée à Prêt-à-

gnée d'un suivi rigoureux de leur activité. Un parrain - Jean-Louis

porter Paris, Eple&Melk, Persatong, Les

Guironnet, Cocomenthe, pour Dalaga, Didier Mayeur, Kelmoi,

Dilettantes, Sluch et Drolatic au Who’s

pour Zoé la Fée et Nicolas Douyer, Tcheka, pour Kahmo – les

Next et Zin, à Première Classe.

guidera dans leur développement. * voir page 14-15

Une boutique M.A.C. cosmétics à Marseille La marque vient d’ouvrir sa première boutique à Marseille, 35, rue Paradis et a souhaité y associer l'Institut Mode Méditerranée et la Cité Euroméditerranéenne de la Mode. Pionnière du cosmétique professionnel et fétiche des grands couturiers, M.A.C. est réputée pour sa présence dans le milieu du spectacle. www.maccosmetics.fr

Retraite méritée pour Odette Galeski Au terme de 19 années au service de l’Institut Mode Méditerranée, Odette Galeski vient de prendre une retraite méritée. Efficace, elle est intervenue en qualité de chargée de mission dans les domaines les plus divers et a contribué au développement et à la promotion des

Le Grand Prix de la Mode pour Sakina M’sa !

Les Catherinettes à l’honneur La 21ème fête de la Sainte-Catherine organisée par Edith Garson, Présidente de la section Artisanat de la Chambre Syndicale de l’Habillement de Marseille a eu lieu le 23 novembre, en présence de la dynamique marraine Martine Le

Elle en a fait du chemin, la jeune styliste comorienne ! À 16

Leu et de nombreuses personnalités.

ans, elle fait son premier défilé dans la cour du collège Anatole

Sept lycées professionnels de Marseille

France à Marseille. Elle est aujourd’hui lauréate du Grand

et PACA ont présenté 35 chapeaux.

Prix de la Mode à Paris ! L’IMM a toujours cru en Sakina et

Toutes les futures couturières-modis-

l’a soutenue,en lui permettant notamment de suivre une for-

tes ont été récompensées pour leur

mation dans une école de mode. Depuis, elle s’est affirmée,

talent et 10 prix décernés. Edith Garson

tant au plan créatif que par la dimension éthique et sociale

s’est félicitée du succès de cette nou-

de ses collections. www.sakinamsa.com

velle édition. ­­

Jean-Brice Garella publie son second livre

actions phares de l’IMM. Passionnée,

Le créateur de mode et directeur général de groupe de prêt-à-porter vient de publier

elle a également assuré la responsabi-

son deuxième livre et premier roman, “George“. Il évoque la rencontre d’un jeune

lité de ce magazine “emm“, auquel elle

écrivain et d’un vieux routier de la vie, “George“. En quête de liberté absolue, le pre-

était (et reste) très attachée. De nom-

mier rejette la vie ; le second l’aide à trouver sa voie, jusqu’à l’île de Lampedusa…

breuses personnalités politiques et de

L’éditeur de mode, ainsi qu’il aime à se définir, a trouvé là une forme d’expression

la mode étaient à ses côtés pour fêter

qui lui sied parfaitement. Son livre, paru aux éditions Le Manuscrit, a été sélectionné

son départ pour une nouvelle vie.

pour le Prix du Premier Roman. www.manuscrit.com

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Couleurs et matières raffinées chez Charlie Joe à Saint-Tropez

L’histoire de la Mode et du Costume entre à l’Ecole du Louvre

La marque marseillaise, dont la boutique tropézienne rou-

Une première chaire Histoire de la Mode et du Costume a

vrira en mars, réserve à sa clientèle des couleurs inédites

ouvert à la rentrée. Elle s’adresse aux futurs professionnels

et des matières raffinées. Voiles, satins de soie et jerseys

des musées et du patrimoine, et accueille aussi des auditeurs

de coton fins arboreront imprimés, fleurs géantes, grands

libres : étudiants des écoles de mode, créateurs, designers,

cashmeres et arabesques recherchées. Des modèles “créa-

costumiers… Pendant trois ans, cette chaire sera financée

teur“ jeunes et élégants, sans oublier les accessoires, sacs,

par la Fédération Française du Prêt-à-porter féminin. Son

ceintures, chaussures… étonnants. Boutique ouverte de

président, Jean-Pierre Mocho, se félicite de ce partenariat

mars à novembre, 12, rue Seillon 83990 Saint-Tropez

s’inscrivant dans la continuité des actions de la Fédération.

www.charlie-joe.com

www.ecoledulouvre.fr

Le préfet Michel Sappin soutient la filière mode-habillement de Marseille

Bijoux et accessoires de mode au Palais Longchamp

Nouvelle formule pour les Rencontres de la Mode

Lors d’une visite des partenaires de la filière mode-habille-

Le Muséeum d’Histoire Naturelle du

Les 19 èmes Rencontres de la Mode

ment de Marseille - Institut Mode Méditerranée, Cité

Palais Longchamp - l’un des plus beaux

2007 – cycles de conférences et cadre

Euroméditerranéenne de la Mode et Chambre syndicale

châteaux d’eau d’Europe - transformé

d’échanges privilégiés pour les étu-

de l’Habillement de Marseille - à Michel Sappin, Préfet de

en décor pour photos de mode ? Ce

diants - se sont tenues pour la pre-

la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur et des Bouches-du-

fut le cas, quelques heures durant, pour

mière fois au cœur d'établissements de

Rhône. Il a apprécié la démarche collective et constructive

le “shooting” de la série de photos de

formation aux métiers de la mode : La

des acteurs de la filière. Sensible à la présentation de la

bijoux et accessoires publiée dans ce

Calade, Brochier, Colbert à Marseille,

Cité faite par Maryline Bellieud-Vigouroux, il a manifesté son

magazine. Un endroit surprenant pour ce

et Les Coteaux à Cannes. L'Institut y a

intérêt pour ce dossier qui permet d’inscrire les entreprises

type d’images. Après travaux, le musée

rencontré les élèves et a organisé une

régionales dans un projet d’envergure nationale, valorisant

journée spéciale à l’Espace Mode en

pour Marseille et son rayonnement de part et d’autre de la

a retrouvé sa vocation : offrir aux visiPALAIS LONGCHAMP (ailecuriosités droite) teurs une vitrine de naturalis-

Méditerranée. Michel Sappin a reconnu que les objectifs de

tes exceptionnelles, en s’intéressant à la

Bellieud-Vigouroux. Le court-métrage

la Cité s’inscrivaient parfaitement dans le projet d’Union de

vision éco-citoyenne de la biodiversité.

“La mode à Marseille” réalisé par l’IMM

la Méditerranée cher au Président Nicolas Sarkozy.

www.museummarseille.org

a permis d’aborder de nombreux sujets,

présence de partenaires et de Maryline

tandis que des professionnels parlaient

Une grande braderie au profit des personnes atteintes du sida Deux fois par an (en juin et décembre), en vue de collecter des fonds, l’association AIDES organise une grande braderie de mode à Marseille. Cette vente propose des articles à prix “cassés“, des collections récentes de nombreux créateurs et industriels, des parfums, accessoires, du design et de la déco… Organisée les 12 et 13 décembre à l’Espace Mode Méditerranée, sous le parrainage de Maryline BellieudVigouroux, elle a remporté un vif succès.

de leur métier. C'était aussi l’occasion de présenter la nouvelle licence pro “Gestion et développement des produits de mode”, créée l’an dernier sous l’impulsion de l’Institut Mode Méditerranée et gérée par l'IUT d'Aix-en-Provence, et de mettre en valeur la qualité des cursus et les atouts régionaux de la filière textile-habillement.


Anorexie

Marcel Rufo : un nouveau défi marseillais Après trois années passées à Paris, à la Maison de Solenn - un espace de soin et d’écoute réservé aux adolescents - le pédopsychiatre Marcel Rufo s’apprête à prendre la direction, à l’hôpital Salvator de Marseille, d’une nouvelle unité pour adolescents où sera reconduite l’expérience de la vêtothèque avec l’Institut Mode Méditerranée.

Institut Mode Méditerranée : A la demande de Bernadette Chirac une vêtothèque a été créée à la Maison de Solenn, à Paris, en partenariat avec la Fédération Française du Prêt-à-Porter Féminin et à l’image de celle créée par l’Institut Mode Méditerranée à l’Espace Arthur à Marseille. Comment s’est passée cette installation ? Marcel Rufo : Bernadette Chirac avait été emballée par la vêtothèque de l’Espace Arthur lors de son inauguration, et grâce à Maryline Bellieud-Vigouroux et son équipe, cette installation fut efficace car bouclée en un mois. Le principe des malles armoires identiques à celles dont avait été équipé l’Espace Arthur a été reconduit. Sur place,

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tout le monde a joué le jeu, ce qui a permis aux adolescents de s’approprier rapidement cet espace réservé aux vêtements.

les vêtements sans être vue. Elle est ensuite venue m’en parler. Elle avait passé un cap psychologique : elle savait désormais qu’elle pouvait être belle dans des vêtements.

IMM : Comment est perçue la vêtothèque par les adolescents victimes de troubles du comportement alimentaire ?

Institut Mode Méditerranée : Quel bilan dressez-vous de votre séjour parisien à la Maison de Solenn ?

M.R. : Que ce soit à Marseille ou à Paris, cette expérience s’est soldée par un succès complet. Permettre à une adolescente anorexique de s’habiller, c’est lui permettre d’aller mieux. Les jeunes anorexiques ou boulimiques ont d’ailleurs très vite utilisé la vêtothèque, ouvertement ou non. Je me souviens d’une jeune fille obèse qui s’est relevée la nuit à plusieurs reprises pour essayer tous

M.R. : Un bilan riche et positif. Sur 150 cas gravissimes en trois ans, nous avons obtenu 80% de succès et aucune tentative de suicide. Et pour un taux de rechute de 40%, ce qui est malheureusement normal, nous n’avons constaté pratiquement aucune alternance anorexieboulimie, alors que cette tendance concerne 30 à 40% des anorexiques en France comme à l’étranger.


IMM : Où en est l’anorexie aujourd’hui ? M.R. : L’anorexie a toujours existé et elle continue. Pas seulement dans les pays nantis, partout dans le monde, y compris au Darfour ou en Ethiopie. Elle est une maladie de l’image qui touche 1,5% des adolescents. Le problème de cette maladie et la difficulté que l’on a à la soigner viennent de ce qu’elle

s’autoprogramme. Toutefois, et il ne faut pas l’oublier, il y a, à côté de l’anorexie, un autre problème, qui est celui de l’obésité. La boulimie touche aujourd’hui 10 à 12% des jeunes, dont beaucoup issus de milieux défavorisés, et on n’en parle pas. Or, c’est un vrai danger pour les adolescents. IMM : Une vêtothèque sera-t-elle installée à l’hôpital Salvator ?

M.R. : Oui, bien sûr. Sur les 70 lits qui composeront l’unité réservée aux adolescents et aux jeunes adultes de cet hôpital, huit accueilleront des jeunes souffrant de troubles alimentaires anorexie/boulimie. Et nous allons y recréer une vêtothèque. Mon souhait est même d’aller plus loin et d’installer à l’hôpital Salvator une sorte de boutique avec une buanderie/pressing, comme dans la vraie vie…

(texte) (photo)

Pascale Meunier Vincent Beaume CAMàYEUX Marseille


Portraits Concours

SNCF - iDTGV

De Christian Lacroix au Marseillais Lùqman Kossi Très bientôt, les superviseurs (contrôleurs) d’iDTGV porteront des uniformes estampillés Lùqman Kossi. Lauréat d’un concours organisé par l’Institut Mode Méditerranée, ce jeune créateur branché marche ainsi dans les pas de Christian Lacroix, l’habilleur de la SNCF. Une ascension à “très grande vitesse”.

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La personnalité de Lùqman Kossi n’est pas courante. Son parcours non plus. Passionné de chimie mais courtisé très tôt par des entreprises de l’immobilier pour ses qualités de commercial, ce jeune Marseillais d’origine centrafricaine en est venu à créer des vêtements presque malgré lui, lorsque sa jeune sœur, connaissant ses talents de dessinateur, lui suggéra de participer à un concours de créateurs à Paris. Le jeune homme croqua quelques


modèles. Qui, à sa grande surprise, furent présélectionnés puis définitivement retenus sur les six dossiers finalistes. Il dut alors les faire fabriquer, ce à quoi il n’avait pas pensé. Qu’à cela ne tienne, il contacta une amie couturière qui réalisa les quatre modèles en question, destinés (selon les termes du concours) à être présentés au Festival des jeunes créateurs Italie 2. Lùqman y fut vite repéré, les retours presse éloquents et les contacts ne se firent pas attendre. Le jeune homme profita de cet élan pour créer sa marque, Insan (“Etre humain“ en sanscrit). Et depuis, enchaîna les succès, passant de la création de tee-shirts pour les marathoniens de l’Institut Pasteur à celle de modèles pour golfeurs, avec entre temps la commande remarquée d’un groupe de musiciens qui cherchaient un polo pour un clip. Ce polo a été si demandé après la diffusion du clip que Lùqman a dû le produire en grande série.

Des uniformes raffinés avec un côté sportswear un rien décalé Bouillonnant d’idées, le créateur s’est même, depuis, lancé dans l’accessoire pour téléphone mobile, ce qui lui a valu un passage télévisé à l’émission “L’inventeur de l’année”. C’est dans ce contexte qu’il a reçu, début 2007, le mail que l’Institut Mode Méditerranée adressa aux créateurs marseillais

* Lùqman KOSSI

pour les informer du concours d’iDTGV. L’idée le séduisit, il se lança. Prendre la suite de Christian Lacroix représentait pour lui un nouveau défi. Qu’il était prêt à relever. L’imposant cahier des charges sous les yeux, il a imaginé les uniformes des superviseurs tels qu’il aimerait les voir porter : raffinés mais avec un coté sportswear un rien décalé et quelques clins d’œil : au rail (le zip), au tunnel (un passant unique pour la ceinture, faisant le tour de la taille), à l’axe Paris-LyonMarseille (symbolisé par trois rivets sur la cravate). Un style conforme à l’esprit de sa marque, “mélange d’urban chic et de classique choc” ainsi qu’il la définit lui-même. 6 à 800 de ces uniformes, en cours de fabrication, seront donc endossés dès le début de l’année 2008 par les superviseurs d’iDTGV*. Fort de cette évolution spectaculaire, Lùqman Kossi a créé, à Marseille, il y a quelques mois, avec un associé, Sébastien Duton, son propre atelier, “La loge”, où sont fabriqués tous les modèles des marques Insan et Green Angel (la marque spécifique des lignes de vêtements de golf de Lùqman Kossi).

Maryline BellieudVigouroux

« Un formidable challenge » « En confiant l’organisation de son concours à l’Institut Mode Méditerranée, iDTGV a mis à l’honneur l’ensemble des créateurs de Marseille et de Provence. C’est un formidable challenge auquel la société leur a permis de se confronter et que Lùqman Kossi a relevé avec brio. Le fait, par ailleurs, que le jury de ce concours ait eu du mal à départager les six finalistes est un autre gage de la qualité de la création marseillaise. Le choix, il est vrai, a été difficile, tant les collections proposées étaient séduisantes et à même de représenter un concept aussi innovant qu’IdTGV, en évoquant la liaison Marseille-Paris en trois heures, les transferts facilités... Je suis heureuse que Lùqman Kossi ait franchi toutes les étapes de ce défi. Il pourra ainsi franchir un nouveau cap et vivre une expérience exceptionnelle : travailler avec un industriel de la carrure d’Armorlux. »

*Ligne de TGV accessible uniquement par Internet qui devrait avoir transporté, fin 2007, 1,7 millions de passagers sur une vingtaine de destinations.

Insan Tél. 06 19 52 80 12 E-mail : luqmankossi@hotmail.com Site : www.insan.fr

(texte) (photo)

Pascale Meunier Vincent Beaume CAMàYEUX Marseille


Boutiques

Mode : Itinéraire particulier Du 20 au 27 octobre a eu lieu un drôle de parcours de mode. A l’initiative de l’IMM, 19 jeunes créateurs ont pris place dans une quinzaine des plus belles enseignes du centre-ville pour présenter leur collection. L’occasion de sortir ses griffes. Alix de Moussac s’installe chez Gas by Marie, Marie-José Morato diffuse chez Marianne Cat quand Karlhany défile chez Titre qui accueille aussi Bisouchou… Ce sont aussi Babelute Bazar en bonne place chez Un jour Une Sardine tout comme les petits chaussons de Mélanie Mozayeni chez les Pipelettes, Clivia Nobili en direct de Nebka1(1). Voilà donc 15 étapes et 19 jeunes créateurs pour cet itinéraire Mode Marseille 2007. Une nouvelle édition que l’Institut Mode Méditerranée, à l’origine de la manifestation, a souhaitée itinérante. « Nous avons préféré cette formule vivante au rassemblement sur un site dédié tel l’Espace Mode qui n’est pas un lieu commercial » évoque ainsi Maryline Bellieud-Vigouroux, présidente de l’IMM. Du coup, les jeunes créateurs de mode et d’accessoires pour homme, femme et enfant, ont investi, durant une « Fashion Week » très active qui s’est déroulée du 20 au 27 octobre, les lieux choisis de la cité, quadrillant le centre-ville de la rue Grignan à la rue Paradis, en passant par la rue Edmond Rostand, la place de la Corderie... L’occasion de présenter des collections, de se faire un nom et pourquoi pas de pérenniser une rencontre. « C’est d’abord un coup de cœur entre une enseigne et la personnalité d’un créateur ». Initiatique, l’opération permet aux jeunes marques de gagner en attractivité et aux boutiques - qui font acte de générosité en n’acceptant aucun pourcentage sur les ventes de leurs créateurs «  résidents » - de conseiller cette génération montante « j’ai revécu mes angoisses, les affres de mes débuts, c’était très fort », souligne, ravie, Marianne Cat qui a accueilli pour sa part la créatrice de bijoux, Marie-José Morato et la marque, les Idées de Chloé.

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(1)Et aussi :

Bonnet d’Ane chez Un Ours à la mer Cintribille chez Un jour Une Sardine Kaseijin chez Casablanca Katacly’sm chez Tcheka Le Sacre du Papillon et Valérie Brasme chez Palma Maiamé chez Tata Zize Primadonna chez Parakian Sluch chez Chez Mademoiselle Sur les Traces d’un Nomade chez Diable Noir Vertiges chez Nebka

(texte) (photo)

Fabienne Berthet Anne Loubet


Portraits

Histoire naturelle

sautoir - Virginie Monroe

photographies : didier d. daarwin > retouches : tristan bonnemain, stéphane lamalle, florian ficarol page 30> stylisme : linda cohen et christophe vedel > make up : isabelle olivier > graphisme : stéphane lamalle > mannequins : farah, agence elite méditerranée


Bibi Tindara


Bibi Tindara


sautoir > Marie-JosĂŠ Morato


manchettes > Habitacle


Portraits

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collier > Ghislaine Garcin


Portraits

bracelet - Fuschia

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Portraits

gourmette - Okko page 40


Portraits

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main droite bracelet - Ursul main gauche sautoir - Bondjuk renard collier - Pudik


Face à face

sessun

Palette graphique

Entre Emma François, la créatrice de Sessùn et Laurent Richard, artiste, graphiste, compositeur et Dj montpelliérain, mieux connu sous le nom de Sundae, le courant passe. Retour sur le travail, commun, de création d’une image de marque qui s’organise autour des catalogues et de l’aménagement des enseignes…

Le catalogue Sessùn fait partie intégrante de l’image de la marque. Quel est le processus de création inhérent à ce projet ? Emma : Au départ, il y a une prise de vue « classique ». Laurent est sur place, prend ses photos puis entreprend une démarche artistique de création graphique. C’est un travail d’association des photos, d’insertion des détails pour lequel il a carte blanche. Laurent : L’objectif est de ne pas rompre l’harmonie, tout en rythmant les ambiances et les couleurs. Avec l’idée de réaliser un bel objet, agréable à feuilleter et à conserver, plus qu’un simple catalogue commercial. D’ailleurs, il n’est pas rare qu’une tenue soit présentée plusieurs fois, au mépris des conventions. Il y a parfois discussion ou débat entre vous ?

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Emma : Oui, cela nous permet d’arriver à un consensus ou à un compromis. On possède des références en commun, Robert Rauschenberg, qui est l’un des artistes pop que je préfère, la photo américaine des années 70, celles de William Eggleston. Parfois, Laurent tente des choses, ce peut-être un minimalisme, un style trop épuré, là je n’adhère pas. Laurent : Nous sommes globalement touchés par les mêmes attitudes sur une photo, par les mêmes cadrages coupés. Au départ, pour moi qui viens du graphisme, je trouvais détonnant de travailler sur un univers purement féminin.

plus graphique. Par exemple, pour l’aménagement des boutiques, Laurent a eu l’idée des stickers, qui « sort » de l’ambiance boudoir et donne une note urbaine, vive, avec du peps. Laurent : La difficulté consiste aussi à garder une ligne, un esprit pour ne pas dérouter tout en se renouvelant. Je m’impose d’ailleurs un certain nombre de contraintes. Une sorte d’éthique. Pour le catalogue de cet été, le dernier shooting a eu lieu dans une maison, où j’ai pris en photo des objets de déco, des livres. C’est un moyen de traduire une atmosphère…

Emma : C’est tout l’intérêt et la difficulté de l’intervention de Laurent. J’ai toujours souhaité que Sessùn garde cet équilibre entre un aspect féminin raffiné, où prédomine la couleur, et une ambiance urbaine,

* SESSÙN

Tél. : 04 91 72 60 60 Site : www.sessun.fr

(texte) (photos)

Fabienne Berthet Vincent Beaume CAMàYEUX Marseille


Face à face

jacques bouillé pierre padovani

Arlette Decok et Niki de Saint-Phalle, deux destins parallèles C’est en jaune et en Chacok que Niki de Saint-Phalle pose dans Gala en avril 1999. Ce n’est pas un hasard. Entre l’artiste et Arlette Decok, créatrice de Chacok, les parallèles sont multiples : passion du sud, rapport à la lumière, énergie, liberté… Jacques Bouillé styliste de Chacok et Pierre Padovani, attaché de conservation au musée d’art contemporain de Nice, reviennent sur ces destins hors normes…

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Il existe de nombreux points communs entre Arlette Decok et Niki de Saint-Phalle, le rapport au Sud notamment ? Jacques Bouillé : Arlette Decok était une femme du Nord. Elle est arrivée à Biot, presque par hasard. Elle a créé en 1971, Chacok, dont le nom vient de la contraction du mot Chat, son surnom et de Cok, son nom de famille. La lumière, les paysages n’ont cessé de l’inspirer. Il existe une sensibilité commune à ces deux créatrices ? Jacques Bouillé : Elle est évidente. Arlette a toujours eu beaucoup d’admiration pour Niki. Elle avait d’ailleurs eu l'idée de mettre une œuvre de l’artiste dans chacune de ses boutiques. Mais ce projet n’a pu voir le jour. Les jaunes, verts, oranges, roses, les couleurs qui claquent, sont également une ligne de force. Le rouge a été toujours été l’emblème de Chacok. Arlette n’a jamais été dans la


Pierre Padovani : Le choix de couleurs primaires, fortes est aussi une constante chez Niki de Saint-Phalle, surtout dans la deuxième partie de son œuvre avec les Nanas.

J.B. : Il y a, depuis la création de Chacok, cette volonté de se placer en dehors des courants attendus, de rendre hommage à la ligne, par des coupes fluides, détachées, intemporelles. Pour Arlette Decok, chaque collection se devait d’être un voyage, une aventure, du côté de l’art aztèque, de la Mongolie, de la Russie. Le rapport à l’imaginaire est fondamental.

C’est une forme de violence ?

Reste le travail sur la matière ?

P.P. : La rébellion est une constante chez Niki de SaintPhalle. Il y a en permanence une dualité dans ses créations, entre ses tirs à la peinture, forme d’exutoire, et cette volonté de réaliser des formes tout en rondeur, féminines et maternelles. Le jeu, l’instinctivité, sont primordiaux. Dans une recherche toujours explosive, elle puise du côté du mysticisme, des tarots, de la religion. On le voit avec les totems, le jardin des Tarots.

P.P. : Niki de Saint-Phalle a toujours pratiqué l’art de la récup’, l’apposition de matériaux, effectué des tissages…

recherche de camaïeux. Son esthétique se traduit dans le choc des tonalités.

* CHACOK

Tél. : 04 92 91 50 52 Site : www.chacok.com

J.B. : Chez Chacok, on travaille avant tout sur des imprimés, et on les fait ensuite « réagir » sur la matière, que ce soit la laine, le coton, la soie… De l’étoffe dont on fait les grands créateurs !

(texte)

Fabienne Berthet Beaume

(photos) Vincent

CAMàYEUX Marseille


Face Ă face

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Geneviève Sevin-Doering, la liberté face à la création

(texte)

Pascale Meunier Beaume

(photos) Vincent

CAMàYEUX Marseille


Face à face

Costumière d’exception, Geneviève Sevin-Doering a décliné le principe du vêtement en un seul morceau. Une démarche dont le milieu de la couture ne demandaient qu’à s’emparer, mais qu’elle a protégée, refusant de se laisser enfermer dans “un système qui ne lui ressemblait pas”. Libre et imprévisible... Ainsi pourrait-on résumer la (forte) personnalité de Geneviève Sevin-Doering. Artiste plus que créatrice, cette grande dame de la couture a voué toute sa vie au costume sans jamais pénétrer l’univers du falbala. La mode dans ce qu'elle a de superficiel ne l’intéresse pas. Pour elle, un vêtement doit faire sens. Pour celui qui le crée et celui qui le porte.

qu’ils avaient un côté statique. J’ai essayé de comprendre pourquoi et j’ai compris : les costumes tels qu’ils étaient conçus répondaient à des exigences d’aplomb, non pas d’équilibre. Or tout, dans la vie, est basé sur l’équilibre. Le principe que j’ai développé part de l’équilibre des épaules. L’aplomb vient ensuite, tout naturellement. »

La structure érigée en art Un vêtement d’une seule pièce « C’est pour cela, dit-elle, que j’ai choisi le costume de scène. Parce qu’il est créé pour un personnage, un comédien, une représentation. Il se mérite. » C’est d’ailleurs en réalisant des costumes de théâtre que Geneviève Sevin-Doering a imaginé l’incroyable principe du vêtement en un seul morceau. « Je travaillais au théâtre de Chaillot, à Paris, avec Jean Vilar, le créateur du festival d’Avignon, lorsque, en regardant évoluer les comédiens, j’ai remarqué que les costumes qu’ils portaient ne les accompagnaient pas dans leurs mouvements,

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Pour mettre ce principe en œuvre, Geneviève Sevin-Doering coupe une pièce de tissu dont elle fait par exemple une cape puis, progressivement, sur un mannequin vivant, elle en fait évoluer la forme. Imperceptiblement, la cape devient manteau ou robe et adopte des formes de plus en plus structurées. « Ce qui m’intéresse, c’est la structure du vêtement, le reste, l’esthétique pour l’esthétique au nom d’un phénomène de mode, non. » Femme indépendante s’il en est, Geneviève Sevin-Doering a au demeurant pour habitude de ne faire que ce qui l’intéresse et elle le revendique clairement. Au nom de cette indépendance, elle a, dans

les années 80, quitté la capitale et ses “miroirs aux alouettes” pour s’installer à Marseille. Sa volonté de « ne pas se laisser enfermer dans quelque chose qui ne lui ressemblait pas, ni emporter par des courants éphémères » et de « pouvoir continuer à parfaire sa technique tranquillement » a primé sur les appels du pied répétés de la presse. Ses costumes, qu’elle mettait tant de passion à confectionner - au millimètre près - n’avaient pas vocation à être vantés ni vendus comme des vêtements répondant à des critères mercantiles… Et elle avait besoin de calme pour faire évoluer son procédé.

Perfectionnisme et savoir-faire Concentrée, le sourcil froncé, Geneviève Sevin-Doering coupe et pique au toucher. Depuis quelques années, elle ne voit plus mais ses autres sens sont considérablement développés. Ses élèves, qu’elle continue à conseiller, s’en étonnent cours après cours : rien ne lui échappe, pas même l’aiguille tordue à force


d’avoir été mal tenue. Cette aiguille qui, râle-t-elle, « coud trop souvent à la place de la couturière alors qu’elle ne devrait servir qu’à passer un fil ». Attachée au savoir-faire et d’un perfectionnisme peu courant, cette pionnière du vêtement en un seul morceau ne conçoit pas que l’on puisse créer des modèles sans connaître les métiers qui permettent de les fabriquer. « Des idées, tout le monde peut en avoir, soutient-elle, les concrétiser n’est donné qu’aux vrais professionnels… Et n’ayez pas peur d’apprendre et apprendre encore, recommande-t-elle aux jeunes qu’elle croise sur son chemin, sans quoi les plus beaux métiers, dont celui de costumier, partiront en fumée. »

* Geneviève SEVIN-DOERING

Site : sevindoering.free.fr

Julien Lestel :

« Le costume, un partenaire à part entière » Le rapport du costume au mouvement, Julien Lestel l’a en lui. Danseur soliste au ballet de Marseille, il a mené une carrière au plus haut niveau et ce depuis son plus jeune âge puisqu’il a fait ses armes à l’école de l’Opéra de Paris. Il a travaillé ensuite sous la direction de Patrick Dupont et Brigitte Lefèvre, tout en côtoyant des danseurs mythiques comme Rudolph Noureïev. Lorsqu’il est arrivé à Marseille, il a été l’un des partenaires de Marie-Claude Pietragalla. Autant dire que le costume de scène n’a aucun secret pour lui. Il est même, selon lui, un partenaire à part entière : s’il est souple et à même d’épouser les mouvements du danseur, le ballet n’en sera que plus réussi ; s’il entrave ses gestes, la prestation en pâtira. En cela, Julien Lestel qualifie le principe développé par Geneviève Sevin-Doering d’extraordinaire. Et c’est avec fierté qu’il s’est prêté, avec elle, à un essayage improvisé. Son avis ? Une aisance insoupçonnée, dans un costume qui bouge tout en se maintenant. Avec élégance.


Portraits

marseille lattitude

43.18n 05.23e longitude

page 52

+ robe karlhany


+ veste clivia nobili + body drolatic photographies : didier d. daarwin graphisme : tristan bonnemain stylisme : linda cohen et christophe vedel make up : corinne logiacco mannequins : marine et bruno, agence elite mĂŠditerranĂŠe


+ veste clivia nobili + t-shirt drolatic


+ sweat capuche sluch + mini-jupe tcheka


+ veste + pantalon jayko


+ top + bloomer inari


Portraits

page 58 www.charliejoe- fashion.com


Formation Ateliers de formation

p58

Licence pro

p60

Pass CrĂŠamode

p62

La charte des CrĂŠateurs

p64


Ateliers

Au service de la création Organisés à l’Institut Mode Méditerranée et animés par des professionnels avertis, les ateliers de formation permettent d’aborder des thèmes ciblés tels que l’export, la production des collections, la gestion et le management de la création… Très positifs pour les participants et les intervenants. En 2007, l’Institut Mode Méditerranée a multiplié les occasions de former les créateurs marseillais, soit en organisant ses propres ateliers, soit en mettant en place des ateliers décentralisés avec la Fédération Française du Prêt-à-porter féminin, via le responsable de son service entreprises, Patrice Lamoureux. Et il se réjouit aujourd’hui de leur succès. « Ces ateliers, animés par des spécialistes de la filière intervenant au plan national, apportent aux créateurs de mode des informations utiles et structurantes, tant au début de leur activité que lorsqu’ils commencent à se développer. Ils leur permettent d’aborder des sujets concrets, sélectionnés en fonction de leurs attentes, et leur offrent la possibilité de se déplacer ensuite dans la capitale pour y acquérir une vision plus large des questions qu’ils souhaitent évoquer », souligne Patrice Lamoureux, pour lequel « ces modules apportent une vraie

page 60

valeur ajoutée au dispositif global de soutien à la création française ».

Les créateurs sont demandeurs

mière, m’a beaucoup apporté. Il m’a permis de mieux cerner les attentes des créateurs dans un contexte autre que celui de Paris où les choses sont très organisées. Offrir aux créateurs marseillais la possibilité d’être informés comme ils le seraient dans la capitale est une excellente initiative, à renouveler ! »

Véronique Bekhdadi, responsable de la Plate-forme des Façonniers à la Fédération Française du Prêtà-porter féminin, a animé à l’IMM un atelier sur l’industrialisation des Un enthousiasme et un collections et elle confirme l’intérêt dynamisme étonnants des créateurs pour cette formation décentralisée. « Ils sont très deman- Même impression positive pour deurs, ont besoin d’échanger sur Françoise Bramoullé, enseignante des points techniques. La plupart ont en marketing à l’école Mode Spé, à une bonne vision de leur prototype, Paris, intervenue à Marseille lors mais pas de leur production. Ils ont d’un atelier de gestion et managebesoin de comprendre pour avancer. ment de la création, avec un petit Beaucoup m’ont d’ailleurs recon- “plus” : « J’ai trouvé, à Marseille, un tactée à la suite de cet atelier pour enthousiasme et un dynamisme approfondir certains sujets », pré- étonnants, ce qui est loin d’être toucise-t-elle, avant de relever le côté jours le cas. Les créateurs auxquels enrichissant de ce type d’échanges j’ai eu à faire se sont montrés en pour l’intervenant également. « Cet outre pleins d’idées. Le seul regret atelier, qui fut pour moi une pre- que je pourrais formuler est que ces


modules sont un peu brefs. En une demi-journée, on ne peut guère aller au fond des choses. Or les créateurs sont en demande. Ils ont mille questions à poser ». Autre aspect intéressant relevé par Françoise Bramoullé chez les créateurs marseillais : leur fierté d’appartenance à leur région, sur laquelle « ils ne doivent pas hésiter à s’appuyer pour valoriser leur activité en France et à l’étranger ».

Méthodologie et qualité des échanges Du côté des créateurs, l’impact des ateliers d’information de l’Institut Mode Méditerranée est également très favorable. Audrey SigovicGarcia, qui possède aujourd’hui la boutique atelier “Les accessoires d’Audrey”, à Arles, où elle fabrique et

commercialise accessoires textiles et vêtements, dont de très belles pièces uniques, a suivi deux modules. Elle les a jugé très professionnels et efficaces : « ces ateliers, d’un excellent niveau, m’ont aidée à acquérir une bonne méthodologie qui me permet aujourd’hui de raisonner très en amont. C’est un “plus” appréciable pour moi qui ai une formation de designer produit et qui compte développer mon activité à l’international d’ici deux ans ». Vanessa Giuseppin a créé en 2006 une entreprise spécialisée dans la maille mécanique et le tricotage à la main - elle imagine et fabrique aujourd’hui des vêtements haut de gamme à base de fibres éco-technologiques (soja et bambou). Elle apprécie aussi les ateliers proposés par l’IMM : « ils sont des occasions de rencontres privilégiées, qui non

seulement permettent aux créateurs d’approfondir des sujets importants pour leur progression mais leur offrent aussi la possibilité de discuter entre eux. Nous ne nous connaissons pas ou très peu alors que nous sommes confrontés aux mêmes difficultés. D’où l’intérêt de pouvoir nous parler ».

(texte) (photo)

Pascale Meunier Vincent Beaume CAMàYEUX Marseille


Formation

“Licence pro“ : Bon départ pour la deuxième promotion


Les étudiants de la deuxième promotion de la licence professionnelle « Gestion et développement des produits de mode », créée en partenariat avec la Cité Euroméditerranéenne à la rentrée 2006, viennent d’entamer une année de cours complètement en phase avec les besoins de la filière.

Marseille avait vu juste en initiant le projet de création d’une licence professionnelle « Gestion et développement des produits de mode ». Les retours de la première promotion sont extrêmement favorables, tant du point de vue des enseignants que de celui des étudiants et des entreprises qui les ont accueillis en stages. Et c’est avec un programme encore plus riche et mieux adapté aux attentes des professionnels de la filière que la deuxième promotion vient d’attaquer l’année. Lucile Salesses, directrice des études de la licence et enseignante en psycho-sociologie, s’en réjouit. « Cette licence correspond à un réel besoin des entreprises de Mode. Tous nos étudiants ont d’ailleurs trouvé un stage et les entreprises qui les ont accueillis sont prêtes à renouveler l’expérience cette année. Les jeunes que nous sélectionnons (sur dossier, entretiens et tests) ont un potentiel intéressant et sont très motivés. »

Vers des métiers à forte valeur ajoutée

aux deux stagiaires accueillies par son entreprise l’an dernier, « elles ont, dit-il, fait un travail remarquable, l’une sur un site Internet de présentation de tous nos nouveaux produits, l’autre sur un cadrage marketing de nos plans de collection. Toutes deux - l’une d’elles est d’ailleurs sortie major de la première promotion de la licence – ont assurément de belles carrières devant elles. » Sophie Baron, qui dirige avec sa sœur les magasins Pom à Marseille et enseigne, dans le cadre de la licence pro, l’histoire et le droit de la distribution, le merchandising et le marketing international, insiste sur l’aspect transversal de cette formation, mais aussi sur sa souplesse et sa capacité à évoluer : cette année, de nombreux cas pratiques y seront intégrés pour faciliter les échanges entre les étudiants et établir une passerelle efficace entre les disciplines. Un atout de plus pour cette formation unique dans la région et dont les professionnels apprécient déjà le dynamisme.

Gilbert Ammar, ex-PDG et aujourd’hui administrateur de la société Gilclaude, spécialisée dans la maille coupée, et enseignant en productique-textile, le confirme : « Les matières inscrites au programme de la “licence pro” sont essentielles pour les futurs cadres des entreprises de mode qui souhaitent se développer à l’export. Le marché français étant aujourd’hui saturé, celles-ci ont besoin de bons développeurs produits à l’international. C’est à ce type de métier à forte valeur ajoutée, que prépare, entre autre, la licence professionnelle. » Quant

* en savoir +

www.iut.univ-aix.fr/article165.html

(texte) (photo)

Pascale Meunier Vincent Beaume CAMàYEUX Marseille


Outil

Pass Créamode Le projet d’élaboration d’un portail Internet à destination des porteurs de projets et des créateurs de mode sera mis en ligne au premier trimestre 2008. Innovant, tant de par son contenu que par le service – unique - qu’il propose, cet outil aidera très concrètement les créateurs à se lancer ou à pérenniser leur activité. cinq domaines d’expertise

déceler les tendances Comment

Le produit, la production/sourcing, la vente, la communication et l’entreprise. Chaque domaine rassemble de nombreux thèmes et des témoignages concrets.

anticiper les tendances qui seront en vogue lorsque la collection sera en boutique, soit 18 mois à l’avance ? En se fiant à son intuition ou en faisant appel à une agence de style ou au bureau virtuel de la tendance que la Cité Euroméditerranéenne de la Mode vient de mettre en ligne. Les détails dans le Pass Créamode.

le s m a rché s ? Prêt-à-porter homme, femme, enfant ou adolescent, sur-mesure ou couture, accessoires ou décoration, etc… chaque marché a ses caractéristiques propres. Le Pass Créamode en brosse un paysage complet. protéger sa marque Déposer sa

marque, la protéger et la défendre doivent compter parmi les premières démarches du créateur de mode. Le Pass Créamode en fournit le mode d’emploi. créer et structurer une col -

Créer des modèles ne suffit pas. Une collection se prépare, se monte et se structure avant d’être fabriquée. Les différentes étapes du processus figurent dans le Pass Créamode. lection

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vendre oui, mais à quel prix ?

Faire fonctionner son entreprise passe par un bon calcul de ses prix. Prix de revient, de vente, marge du créateur, marge boutique, positionnement par rapport à la concurrence… Rien ne doit être oublié. planifier sa production La fabri-

cation d’une collection se planifie une fois les premières commandes confirmées et les matières premières achetées. Une étape importante pour les créateurs, que le Pass Créamode décrit par le menu.


trouver un façonnier Les façon-

niers se rencontrent lors des salons professionnels ou via la Plate-forme des Façonniers. Trouver le ou les bon(s) relève encore d’une autre démarche. Les détails dans le Pass Créamode. délocaliser Fabriquer en France

ou à l’étranger ? Quels intérêts un jeune créateur a-t-il à le faire ? Le Pass Créamode apporte des amorces de réponses à cette question. les circuits de distribution

Pa r q uel c i rc u it vend re se s modèles ? Boutiques multimarques, grands magasins, vente en ligne, à domicile, etc. Chacun a ses avantages et ses inconvénients. Que le Pass Créamode connaît bien.

et la presse ?

Publicité, relations presse, rédaction de communiqués, etc. ne s’improvisent pas. A défaut de se faire aider par des agences spécialisées, le Pass Créamode met sur la voie d’une bonne collaboration avec les médias. Et puis… comment choisir son statut juridique, réaliser une étude de marché, assurer la gestion financière de son entreprise, etc. Le Pass Créamode devrait rapidement s’imposer comme une “boîte à outils” de référence pour tout jeune créateur, mais aussi pour tous les acteurs de la mode qui y trouveront des informations utiles.

Exporter est tentant. Mais quand se lancer efficacement ? A quel stade de son développement ? Et dans quel pays ? Le Pass Créamode apporte à ce sujet des conseils avisés. exporter

quelle image et quel message véhiculer ?

Une image authentique, cohérente, qui ait du sens, donc qui ressemble au produit et à son créateur. Le Pass Créamode aidera à la définir et à la transmettre via un plan de communication.

* www.passcreamode.com

(illus)

Hélène Tran


Charte

lauréates de la charte

Empreintes de marque Sabine Bardon à l’origine de Jayko, Inari Blanc, fondatrice d’Inari, Fadhila Sahli aux manettes de Zin, avec Ali Nehal. Toutes trois ont été lauréates de la Charte des Créateurs 2006-2007 de l’Institut Mode Méditerranée, un dispositif qui tend à accompagner durant 2 ans de jeunes marques prometteuses. Rencontre en forme de bilan.

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Quel bilan faites-vous du soutien apporté par la Charte des Créateurs ? Inari : Deux ans après, j’ai avancé. Outre l’apport de conseils, la mise en réseau avec des professionnels, la Charte des créateurs m’a octroyé un soutien financier essentiel. J’ai ainsi pu financer mon installation dans une boutique rue Fontange à Marseille. Sabine Bardon : Même constat, la Charte offre les moyens de mieux identifier ses perspectives de développement. Et aussi de les financer. Ce peut-être très classiquement dans la production pour les achats de matières, mais aussi pour assurer la diffusion et les opérations de communication. Aujourd’hui, j’ai plus de recul, sur les outils dont j’ai besoin. Je sais que pour moi l’avenir passe par l’export, en Asie, notamment. Je pars d’ailleurs une semaine en Chine via un séminaire organisé par Ubifrance pour prospecter. Fadhila Sahli et Ali Nehal : Dans notre cas, c’est un peu différent. A nos débuts, nous avons beaucoup investi dans la fabrication et la diffusion. Il n’est plus resté grand chose pour le marketing. Grâce au coup de pouce de l’IMM, Nous travaillons avec une attachée de presse à Paris, pour asseoir l’image de Zin. C’est important même si la marque est déjà représentée, dans plusieurs concepts store comme Abou d’Abi Bazar et quelques grands magasins, tel le Bon Marché.

enclencher une autre dynamique grâce aux salons. Prochaine étape et avec l’accord de l’IMM qui finance en partie le stand via la Charte : le Bread and Butter (salon consacré aux nouvelles tendances) à Barcelone pour multiplier les points de vente. Sabine Bardon : J’ai aussi repensé ma production. Longtemps, une partie est restée fabriquée à Marseille. Aujourd’hui tout est réalisé en Tunisie et ça marche très bien comme ça, la finition est impeccable, les délais respectés. Inari : J’y pense aussi, même si mes collections sortent en plus petites séries que celles de Sabine Fadhila et Ali : Pour nous, c’est l’inverse, nous avons quitté la Tunisie pour le Portugal. Maintenant nous prospectons le Maroc pour créer une deuxième ligne unisexe et basique. Objectif : diversifier notre clientèle. A l’arrivée, le bilan est positif, on sait où on va. … Des regrets ? Inari : J’aurais peut-être souhaité plus de conseils via le parrainage… Fadhila et Ali : Aucun, Zin est lancée. Mais une chose est sûre, il faut continuer à travailler et à avancer sur tous les fronts en même temps.

Des changements en perspective ? Inari : La boutique, c’est une adresse et c’est important pour une marque. Mais, il faut avancer, se faire connaître. Je compte bien

(texte) (photo)

Fabienne Berthet Vincent Beaume CAMàYEUX Marseille


Portraits

robe Manon Martin + ceinture Caroline Rocroi

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Sans colorants

top Caroline Rocroi + jupe Eple&Melk

photographies

: didier d. daarwin : adrien angevin-richard

photos additionnelles

: stĂŠphane lamalle : linda cohen et christophe make up : corinne logiacco mannequins : marine et bruno, graphisme stylisme

agence elite mĂŠditerranĂŠe

vedel


Portraits

top Les Dilettantes + jupe Les Accessoires d’Audrey + gilet Lynn Dalaga


top Pagai + shorty Alix de Moussac + ceinture Caroline Rocroi


Portraits

chemise Guediawaye

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polo Persatong


Portraits

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cape Ginger + top Marie-Eve + bloomer ZoĂŠ la FĂŠe


top IN&V + maillot de bain Filigrane


Photographes

Dynamique du mouvement Photographiste, un néologisme qui incarne tout le talent de Didier D. Daarwin, un « inspiré de l’image ».

Adresses un restaurant

Monsieur Brun, pour l’ambiance Café de l’Abbaye, 3 rue d’Endoume (7e) Tél.04 91 33 44 67. « A côté du

C’est à 100 à l’heure que vit Didier D. Daarwin, photographe et réalisateur, artisan plus qu’artiste, à la fois polyvalent et éclectique… grand admirateur de Michel Gondry, ce touche-à-tout de génie. « Monté » à Paris, vite redescendu, Didier D. Daarwin aime les défis, la créativité, et se faire plaisir. Il y arrive au sein de la structure « Tous des K », puis « aKa Design » où il donne toute sa mesure avec une équipe de talents effervescents, dont Stéphane Lamalle, son associé : « Chez nous l’aventure est forcément collective. On part d’une idée, chacun rebondit », que ce soit pour les clips, ceux d’IAm, de nombreux groupes de rap, les travaux graphiques pour les pochettes de disques par exemple ou les séries photos ». A l’arrivée, des images sophistiquées et travaillées aux tons chauds avec une texture, une matière. « Chaque image est une petite ambiance, résulte d’un vécu avec ses codes, ses détails. Ce peut être l’incarnation d’un univers, urbain, végétal ou aquatique, tout dépend de l’histoire que l’on va raconter », résume Didier D. Daarwin.

bureau, pour l’ambiance, la vue… Ce quartier de Saint-Victor que j’aime » une vue

les tours Labourdette du centre « On y a fait un clip, de là-haut on voit vraiment Marseille » un musée

Le Musée d’Histoire Naturelle, Palais Longchamp, aile droite. « J’aimais beaucoup l’ambiance de cabinet de curiosités, l’odeur de la poussière, les murs défraîchis, Maintenant, que cela a été renové, c’est moins évocateur ».

de gauche a droite : Florian Fusy Ficarol, Tristan Bonnemain, Didier D. Daarwin, Stéphane Stew Lamalle

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* aKa Design

Tél. 04 91 33 11 94 Site : www.tousdesk.com

(texte) (photo)

Fabienne Berthet aKa Design


Le temps retrouvé L’art fragile de la photographie… dans l’harmonie et à la manière de Vincent Beaume

Adresses un restaurant

La Baleine qui dit vague, 59 rue cours julien (1er). Tél. 04 95 48 95 60 « C’est le seul lieu piéton vivant

Vincent Beaume aime prendre son temps. A 27 ans, cet ancien du journal indépendant, Le Pavé, photographe de presse, n’en a pourtant pas perdu. Périples variés, voyages en solitaire, reportages sur les gitans, les sans papiers… lui ont permis d’affirmer sa sensibilité à l’environnement et une évidente fibre sociale. Avec l’objectif de rendre justice par l’image. A contre-courant de cette photographie pressée qui déshumanise et alimente les clichés. « Une photo, c’est un moment fugitif et rare où l’appareil n’apparaît plus comme une intrusion. La complicité doit être là. Pour donner du sens ». Une quête perceptible dans ses images ombrées et structurées où jamais le modèle n’apparaît marginal. D’où l’intérêt de la rencontre avec l’univers rapide et glamour de la mode via son travail sur l’EMM. Et son implication sur une opération de réaménagement urbain à Vitrolles. Pour rendre compte des mutations au quotidien… Car, Vincent sait aussi saisir les signes. Lors d’un projet sur la rue de la République, partagé avec Jane Evelyn Atwood, la célèbre photographe l’a encouragé à continuer, « tu as quelque chose, vas-y ». Il l’a prise au mot.

* Vincent BEAUME

Tél. 06 19 32 57 68 E-mail : v incentbeaume@yahoo.fr

à Marseille, j’aime l’endroit, son nom, l’engagement » une vue

La vue sur l’Ile Maire de Callelongue « On y est complètement déconnecté et pourtant toujours à Marseille » un musée

« À la Vieille Charité, un tableau avec une vue de ce même endroit, l’Ile Maire. Rien n’a changé. »

(texte) (photo)

Fabienne Berthet Vincent Beaume CAMàYEUX Marseille


Mémoire

La mode s’ancre à Marseille Longtemps décriée, malmenée, jugée infréquentable, Marseille est aujourd’hui à la Mode. Tous les Médias se font l’écho de sa douceur de vivre, de son patrimoine naturel et culturel exceptionnel, de la diversité de ses 111 quartiers comme de sa population.

Depuis la coupe du Monde de 1998 et le TGV la situant à 3 heures de Paris, la ville jouerait une movida en miniature. Les agences de voyages en ont fait une escale de croisière. La ville a su ainsi se débarrasser de sa mauvaise réputation en comptant bien se servir des nouveaux clichés – cette fois louangeurs – dont on l’affuble. Marseille, ville à la mode est aussi une ville de Mode et pour preuve…

Les atouts d’une capitale Secteur de pointe de l’économie régionale, la filière Textile-Habillement apparaît aujourd’hui comme un élément incontournable du dynamisme régional. En PACA, les Bouches-du-Rhône, avec 50% des entreprises du secteur, se taillent la part du lion. Si, à travers les turbulences économiques de notre époque, on arrive à de tels résultats, c’est sans nul doute que la Mode à Marseille et dans sa région possède une réelle identité, ancrée dans une Histoire qui prend son essor au XVIIe siècle. Ce qui fait la richesse de ce passé comme du présent c’est bien sûr l’hétérogénéité de la population. Véritable carrefour des identités, Marseille est la ville de tous les mélanges. Dès le XVIIe siècle, les Arméniens en important la soie de l’Empire perse, amène avec eux les techniques les plus perfectionnées d’indiennage, permettant aux cotonnades imprimées marseillaises de dominer le marché français. Plus tard, Italiens, Espagnols, Portugais, Arméniens, communauté juive

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(essentiellement séfarade), Maghrébins, Vietnamiens, Comoriens… tous ont pu apporter leurs savoir-faire à la ville. Aujourd’hui, les grandes marques du prêt-àporter comme les plus petits créateurs sont le reflet de cette diversité d’origines.

Jean, street-wear… et mode créative Sans remonter au début du XXe siècle, Marseille a toujours su saisir les opportunités. Pensons à l’industrie du jean qui fit les beaux jours de la ville dans les années 1970. Bien vite ce secteur emploiera des milliers de personnes. Les sociétés Rica Lévy, Mac Keen et Mc. Lem créent de véritables empires. En 1977, les frères Assouline lancent dans le même secteur la griffe H. Landers. Malheureusement cet empire du jean « à la marseillaise » va s’écrouler au tournant des années 1985. Dépôts de bilan, rachats malheureux entraînent la fermeture des unités de production régionales et la disparition de nombreux emplois. Seules les entreprises ayant su diversifier leur production, vont pouvoir résister telle H.Landers, toujours leader du secteur. Aujourd’hui, le jean est de retour… Encore une fois les Marseillais vont prouver leur dynamisme avec de nouvelles marques comme Kaporal, Les P'tites Bombes ou Le Temps des Cerises.­ Marseille, est aussi très marquée par les tendances des modes issues du streetwear. Très tôt, des marques plus spécialisées dans le vêtement de sport, se sont diversifiées, en créant des lignes plus « street », comme Sun Valley ou Poivre Blanc, qui au départ était uniquement


concentrée sur les sports de glisse nautiques. Autre exemple d’adaptation, la société Pain de Sucre, autrefois spécialisée dans le prêt-à-porter féminin, devient, au début des années 1990, une maison leader sur le marché du maillot de bain. A Marseille, la mode balnéaire ne peut que s’imposer. Depuis environ cinq ans, Jérôme Richier avec sa marque Filigrane, lauréat de la Charte des créateurs de l’Institut Mode Méditerranée, participe au renouvellement du genre. La fin des années 1980 voit également la naissance d’une société promise à un bel avenir : celle de Didier Parakian avec l’une des griffes les plus performantes de la région aujourd’hui, avec plusieurs lignes. Grâce à l’IMM il est très vite référencé aux Galeries Lafayette. Puis il a su imposer un style (moyen/haut de gamme) très méditerranéen, qui remporte un franc succès en France et à l’export.

Une institution qui fédère : l’IMM Depuis maintenant vingt ans, l’Institut Mode Méditerranée est au cœur du renouvellement des entreprises de mode. Force fédératrice, L’I.M.M. accompagne les jeunes marques dans leur développement grâce à des outils performants de communication avec le magazine ou le site Internet, des rencontres interprofessionnelles, des présentations de collections en partenariats avec les grands magasins, boutiques et salons professionnels. Mise en place dès 1997 la Charte des créateurs, soutenue par le Département et la Région aide les jeunes marques à la réalisation des collections, la promotion des produits, la communication et la gestion. On peut évaluer à plus de 700 le nombre de créateurs aidés par l’Institut depuis sa création en 1988. L’IMM, véritable incubateur, a tout naturellement pris sa place au sein de la Cité Euroméditerranéenne de la Mode. Initié en 2004, ce projet innovant est aujourd’hui réalité tangible et fédère les professionnels de 7 pays méditerranéens. Formation, création, innovation et multimédia aident les entreprises euroméditerranéennes à

préserver savoir-faire, compétitivité et attractivité face à l’arrivée massive des produits asiatiques.

Une ville de Créateurs Forte de ses industriels, Marseille s’enorgueillit d’être une pépinière de créateurs. Dès les années 1980, le phénomène est en place. C’est autour du Cours Julien que cette nouvelle vague s’installe d’abord. Pensons à Madame Zaza of Marseille, première griffe à accoler le nom de la ville à sa marque, à une époque où cette dernière était loin d’avoir l’aura d’aujourd’hui. On peut aussi évoquer Diable Noir, Casablanca ou encore Josy Bühr, représentants, toujours très actifs de cette première génération de créateurs. Suivront bien d’autres comme la modiste Manon Martin ou encore Tcheka dont le style résolument urbain avec ses sérigraphies décalées et pleines d’humour a su s’imposer tant en France qu’à l’étranger. Autre marque au dynamisme sans faille, Sessun, créée par Emma François il y a une dizaine d’années, s’est orientée vers une mode plus féminine mais toujours urbaine et inventive, pour une femme d’aujourd’hui. En perpétuel mouvement la scène créative se renouvelle. De jeunes griffes apparaissent et reçoivent comme les précédentes le soutien de l’Institut Mode Méditerranée dans leur développement. Sans les citer toutes, on pense volontiers aux détails ethniques de Jayko, à la simplicité poétique des Dilettantes ou encore à la vitalité pétillante et contagieuse de Lynn Dalaga. Industriels, créateurs, institutions ont réussi en vingt ans à faire de Marseille la capitale incontestée de la mode des Suds, attractive, compétitive et résolument tournée vers l’espace méditerranéen.

Rémy Kerténian Historien d’art et de mode


Musée de la Mode

Sylvie Richoux, l’engagée « Les Coulisses de la mode », un cycle de conférences sur l’histoire du costume, « Dessines moi la mode », des ateliers dédiés aux enfants… Le musée marseillais piloté par Sylvie Richoux affiche une programmation inédite et ludique. L’exposition « Karine Arabian et les Arméniens de la Mode du XVII au XXIème siècle » présentée au Musée de la Mode de Marseille, vient de s’achever. Sylvie Richoux, la conservatrice revient sur cette aventure initiée dans le cadre de l’année de l’Arménie. « C’est une rencontre étonnante, l’occasion de prendre la mesure du rôle des Arméniens dans l’identité locale et dans la mode à Marseille. C’est aussi une forme de reconnaissance pour beaucoup de métiers souvent restés dans l’ombre. Résolument ouverte sur l’avenir grâce au talent visionnaire de Karine Arabian, l’exposition s’est attachée à restaurer une mémoire, celle d’un peuple en diaspora. « C’est un signe, l’exposition a suscité des dons qui viendront enrichir la collection ». Et attiré 14 000 visiteurs. Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes. Pour Sylvie Richoux, pas de répit, d’autant que le musée s’attelle à une œuvre titanesque qui consiste à dresser un inventaire exhaustif de l’état des 6000 pièces que compte la collection. Du coup, c’est une expérience inédite « les Coulisses de la mode » qui a été programmée du 8 novembre au 21 décembre. 15 objets phares, homme, femme, enfant et accessoires confondus, ont été présentés via des cycles de conférences : « on y a vu du Galliano, certaines pièces emblématiques de Chanel ». Avec l’ambition de restituer les grandes tendances de l’histoire du Costume. « C’est une idée originale comme il est possible d’en mener ici ». Concrètement, les rencontres ont porté sur l’histoire de la Haute couture, de Worth à nos jours, les contraintes du corps dans le vêtement, les créateurs de 1960 aux années 1980. « Selon le bilan, nous prolongerons l’opération l’année prochaine ». Donner à comprendre mais aussi à faire, une ambition que le musée a développé dans une série d’ateliers « Dessine-moi la mode » accessibles dès 6 ans. Les enfants s’y familiarisent via la lecture d’un conte et la présentation des oeuvres du musée avec la mode… et concluent par une esquisse. Afin de joindre le geste à la parole…

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Adresses un restaurant

Une pizza, l’Eau à la bouche, 120 corniche du président Kennedy (8e). Tél. 04 91 52 16 16 « La pizza est simple, parfaite comme je les aime » un endroit où sortir

Le bar du grand hôtel Mercure Beauvau, 4 place Beauvau (1er). Tél. 04 91 54 15 76 « pour sa vue spectaculaire sur le Vieux-Port et sa tranquillité » un banc avec vue

La terrasse de l’immeuble Le Corbusier, 280 boulevard Michelet (8e). Tél. 04 91 16 78 00 « pour tout » un musée

La salle du Musée des Arts africains de la Vielle Charité, 2 rue de la Charité (2e). Tél. 04 91 14 58 80 « pour les têtes réduites des pygmées ».

(texte) (dessin)

Pascale Meunier Lou


L’ACTUALITÉ DU MUSÉE DE LA MODE Les Coulisses de la mode Jusqu’au 25 janvier À partir d’une quinzaine d'œuvres sélectionnée parmi les 6000 objets de la collection, le musée propose une découverte de l’histoire de la mode au XXè siècle sous forme exclusive de rencontres, d’ateliers et de conférences animées par une conférencière.

Hommage aux donateurs Du 12 mars au 14 décembre 2008 En 2008, le musée de la Mode rendra hommage aux nombreux donateurs qui ont contribué à la yves saint laurent haute couture

1969

coll. musée de la mode de marseille

richesse de ses collections. Garde-robes d’in-

connus ou de célébrités, les ensembles présentés retraceront les modes de vie et usages vestimentaires depuis les années 1940. Visites commentées, ateliers et conférences. Programme sur demande 04 96 17 06 00 ou dgac-musee-mode@mairie-marseille.fr


Portrait

Fabiène Gay Jacob Vial L’art du passage

Pour défendre le travail des photographes d’ici et d’ailleurs, CAMàYEUX crée des passerelles entre l’art et l’économie. Avec succès… Comment définir cette structure atypique qu’est CAMàYEUX ? Fabiène Gay Jacob Vial (*) : CAMàYEUX est née de la volonté de créer un lieu d’exposition permanente pour la photographie. Aujourd’hui, notre objectif est de soutenir le développement d’une économie de la photo, d’aider ces professionnels, souvent précaires, à vivre de leur art. La sensibilisation du grand public via l’organisation, la tenue d’ateliers est aussi une action forte tout comme la mise en place de partenariats avec le monde artistique : festivals, galerie… Pour, là encore, développer la visibilité et la notoriété des photographes. C’est l’objet de l’accord passé avec l’IMM. Nous avons proposé au photographe Vincent Beaume, d’intervenir sur le magazine. C’est la rencontre entre la vision humaniste d’un photographe de presse et la mode. Et un nouveau regard. Comment fonctionne la relation entre le photographe et l’entreprise ? F. GJV : Nous disposons d’un centre de ressources qui comprend 400 photographes actifs. Chacun y est évalué

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* CAMàYEUX Marseille

en fonction de son parcours et de ses compétences, du potentiel de diffusion de ses travaux. CAMàYEUX joue ainsi le rôle de passeur entre un photographe et un marché économique. La photo peut être un outil de la stratégie d’une entreprise via une exposition, un stage… Nous avons aussi réalisé divers ouvrages, pour Shell sur l’attachement des hommes à l’entreprise, pour Vacances Bleues sur la diversité des métiers… Il est toujours intéressant de croiser les regards. D’autant que le photographe ne renonce en aucun cas à sa démarche artistique. Des secteurs privilégiés ? F. GJV : La rencontre est bénéfique dans tous les domaines, la mode, l’industrie… Mais le suivi des mutations urbaines du territoire est peut-être notre spécialité. C’est un travail au long cours qui consiste, à des échelles de temps variables, à diversifier les regards de photographes sur des opérations de réaménagement urbain. A Marseille aux Flamants mais aussi dans le centre ville de Toulon, à Bastia…

Site : www.camayeuxmarseille.com

(texte) (photo)

(*) Directeur Général, CAMàYEUX

Fabienne Berthet Vincent Beaume CAMàYEUX Marseille


Carnet d’adresses BIJOUX

KAHMO DESIGN

PAGAI

BONDJUK Delphine GURTAY S 06 63 78 48 56 U delphine_gurtay@yahoo.fr v www.bondjunk.com

Bertrand CAZAMAYOU et Franck POMAREZ S 06 61 25 21 01 / 06 80 93 19 02 U bertrand@kahmo.com v www.kahmo.com

Lorène BELLAMY S 06 29 44 97 22 U contact@pagai.fr v www.pagai.fr

FUSCHIA

PAP FEMININ

Émilie JOUVE et Thomas GOURDIKIAN S 04 91 35 55 68 U fuschia-marseille@wanadoo.fr

GHISLAINE GARCIN S 04 91 49 98 21 U ghislaine.garcin@wanadoo.fr v ghislainegarcin.blogspirit.com

Estelle MISBACH S 06 16 39 46 68 U habitacle-misbach@wanadoo.fr

VIRGINIE MONROE S 04 91 33 78 70 U virginiemonroe@wanadoo.fr v www.virginiemonroe.com

MARIE JOSE MORATO S 06 63 56 63 71 U moratomarie@yahoo.fr v www.bijoutistejepose.com

OKKO Kristine ODEGARD S 04 91 89 01 78 U kristine.odegard@tele2.fr

PUDIK Stéphanie BAYOT S 06 17 96 61 81 U pudik@free.fr

URSUL Alexis THÉRY S 01 42 39 90 09 U alexis.thery@ursul.com v www.ursul.com SACS

ZIN Fadhila SAHLI S 04 91 91 25 68 U zincreation@free.fr v www.zincreation.com CHAPEAUX

TINDARA Cettina CARBONE S 04.42 04.75.01 U cettina.carbone@wanadoo.fr MAILLOTS DE BAIN

FILIGRANE Jérôme RICHIER S 04 91 54 05 67 U jerome.richier@wanadoo.fr v www.filigrane13.fr

PAIN DE SUCRE S 04 91 92 50 50 U paindesucre@paindesucre.com v www.paindesucre.com

CAROLINE ROCROI S 06 86 54 09 15 U contact@carolinerocroi.com v www.carolinerocroi.com

CHARLIE JOE S 04 91 79 72 79 U charlie-joe@wanadoo.fr v charliejoe-fashion.com

Chez Mademoiselle Manon MARTIN S 04 91 33 12 13 U manon@manonmartin.com v www.manonmartin.com

EPLE & MELK Flore MOUREN S 04 91 37 76 91 U mouren.flore@gmail.com v www.epleandmelk.com

GINGER Véronique GAZZOTTI et Marina GAUDE COUTELAN S 06 63 05 59 27 / 06 10 20 96 02 U g.i.n.g.e.r@hotmail.fr

INARI Inari Blanc S 06 87 14 36 33 U inari@orange.fr v www.inari.fr

IN&V Vanessa GIUSEPPIN S 06 64 35 37 77 U vgiuseppin@hotmail.com

JAYKO Sabine BARDON S 04 42 44 68 84 U bardon.sabine@orange.fr v www.jayko.com

KARLHANY Caroline HANNY S 06 22 16 50 12 U carolinehanny@wanadoo.fr v karlhamod.monsite.wanadoo.fr

LES ACCESSOIRES D’AUDREY Audrey SICOVIC GARCIA et Hélène SZYMKO S 04 90 49 99 81 U arelate@hotmail.com v www.lesaccessoiresdaudrey.com

LES DILETTANTES Lola FOUTREL et Chloé THRIERR S 06 66 66 44 83 U contact@lesdilettantes.com v www.lesdilettantes.com

LYNN-DALAGA

ALIX DE MOUSSAC

Linda FERNANDEZ S 06 16 43 16 27 U dalaga@hotmail.fr v www.lynn-dalaga.com

Alix AUGIER DE MOUSSAC S 06 64 61 91 11 U alixdemoussac@gmail.com v www.alixdemoussac.com

Marie-Eve MARTIN S 06 99 48 61 74 U marieloum@free.fr

LINGERIE

MARIE-EVE

SLUCH Fred CHEKROUN S 06 22 19 40 04 U info@sluch.fr v www.sluch.fr

TCHEKA Nicolas DOUYER S 04 91 33 00 97 U tcheka.2db@free.fr v www.tcheka.fr

ZOÉ LA FÉE Stéphanie LAQUEMENT S 06 60 37 20 07 U zoelafee_accessoires@yahoo.fr v www.zoelafee.com PRET-A-PORTER HOMMES/FEMMES

CLIVIA NOBILI S 04 91 02 80 95 U contact@clivianobili.com v www.clivianobili.com

DROLATIC Nicolas et Frédéric TOKATLIAN S 06 25 74 19 67 U nicolas@drolatic.com v www.drolatic.com

GUEDIAWAYE Yvonne MULLER S 06 81 94 42 08 U yvonne@guediawaye.com v www.guediawaye.com

PERSATONG Philippe DETAILLE S 04 94 64 27 51 U artwind@wanadoo.fr v www.persatong.com

EMM N°10 DÉCEMBRE 2007 Directrice de la Rédaction : Maryline Bellieud-Vigouroux Graphisme/mise en page : Étincelles Impression : CPE Editor at Large : SAS-Alexandra Senes Ont collaboré à ce numéro : Photographes : Didier D.Daarwin et aKa Design (Séries Mode), Vincent Beaume / Camàyeux Marseille Stylisme photo : Linda Cohen, assistant : Christophe Vedel Coiffure/Maquillage : Isabelle Olivier (musée) – Corinne Logiacco (studio) Journalistes : Fabienne Berthet, Louise Cambon, Pascale Meunier L’Institut Mode Méditerranée : Clémentine Lanfranca (Coordination), Odette Galeski (Secrétaire de rédaction), Christine Cloé, Mériem Jouvel, Sylvaine Marmousez, Jérôme Pannetier, Nicole Sergio.

L’Institut Mode Méditerranée remercie les partenaires de ce numéro : Région Provence-Alpes-Côte d’Azur - Département des Bouches du Rhône - Communauté Urbaine MarseilleProvence-Métropole - Ville de Marseille - Chambre de Commerce et d’Industrie de Marseille-Provence - Provence Promotion - Caisse d’Epargne-ProvenceAlpes-Corse-Réunion - Société Marseillaise de Crédit - Chambre des Métiers et de l’Artisanat des Bouches du Rhône - Université de la Méditerranée U2 Aix-Marseille - Euromed Marseille Ecole de Management - Maison Chanel - Société Ricard - Agence ELITE Méditerranée - Musée d’Histoire Naturelle de Marseille - RTM - Pain de Sucre - Charlie Joe - Pullman Marseille Palm Beach - Le Four des Navettes


UN VRAI MOTEUR POUR VOS PROJETS

crédit photo : R. Sprang - 10/06

Le Sud peut compter sur sa banque !

page 84


le cahier cité euroméditerranéenne de la mode

numéro 1 - janvier 2008 - semestriel

Mettre la mode en valeur {03} Le réseau de la CEM s'élargit {07} 3 questions à Mohammed Tamer {08} 4èmes Rencontres de la Cité {10} Bureau Virtuel des Tendances {12} Retour sur l’université d’été {14} Les adhérents de la CEM {16}

La Cité en chantiers

photo : © euroméditerranée


Portraits En couverture

La Cité en chantiers La Cité Euroméditerranéenne de la Mode est la nouvelle base créative de Marseille. Lieu d’échanges de savoir-faire entre professionnels de l’industrie textile-habillement issus des deux rives de la Méditerranée, elle mise sur l’innovation et les nouvelles technologies, et son concept architectural s’inscrit lui aussi dans un esprit novateur.

{ salon - Prêt-à-Porter Paris} Le salon des

des créateurs de mode. Du vendredi 29 février au

univers de mode. Du jeudi 24 au dimanche 27 janvier

lundi 3 mars 2008 - Jardin des Tuileries + Hôtel Saint

2008 - Paris, Porte de Versailles. www.pretaporter.

James & Albany, Paris {salon - The Box} Du jeudi 24 au

com {salon - Atmosphère d'hiver} - Le rendez-vous

dimanche 27 janvier 2008 - Paris, Porte de Versailles

photos : © euroméditerranée

086} 86 {page


Mettre la mode en valeur Jean-Pierre MOCHO. Depuis 2005 la Cité Euroméditerranéenne

de la Mode met en place une synergie des compétences. Le co-président de la CEM, Jean-Pierre Mocho, explique pourquoi ces actions doivent être validées à l’échelle nationale. Propos recueillis par Louise Cambon. Quels sont les objectifs que la CEM doit atteindre et comment peut-elle se reposer sur les compétences et les actions que vous avez su développer au sein de la

Fédération de Prêt-à-porter Paris et de l’UFIH?

L’idée de créer la CEM repose sur le constat que le marché de la mode se trouve perturbé par le développement économique de la Chine. Mais quand on parle de mode et de mondialisation, il faut se méfier des mirages et du buzz qu’on croit fondés. Il s’agit pour nous européens de bien montrer que nous sommes très liés au marché méditerranéen, de la Turquie aux pays du Maghreb. Ces liens doivent être forts et attractifs pour ne pas succomber au charme chinois. Nous, professionnels français, devons mettre la mode en valeur, et Marseille est une grande métropole économique qui a toute sa légitimité

puisqu’elle se situe entre deux pôles majeurs Paris et Milan et peut insuffler cet effet d’ouverture et de rééquilibrage. La France se doit de soutenir la création et d’apporter à nos partenaires industriels méditerranéens les compétences et exigences aujourd’hui définies par les clients européens donneurs d’ordres, qu’ils soient des marques moyen-haut de gamme ou de la grande distribution. Quelles sont les opportunités de liens économiques entre les pays? La France a des liens économiques forts avec les pays de la Méditerranée depuis toujours. Nous devons leur montrer comment améliorer la qualité industrielle de leur production, de la création à la livraison. C’est pour cela que j’ai

{salon - Livingroom} - An international selection of

USA - Du 9 au 11 février 2008 - www.thetrainnewyork.com

innovative and cutting edge designers - Tokyo, Japon. Du

{s a lon - Pl at for m 2} Inter national b r id ge &

12 au 14 février 2008 - www.livingroomtokyo.com {salon

contemporary collections - New York USA - Du samedi

- The Train} International designer collections. New York

9 au lundi 11 février 2008 - www.platform2newyork.com

photo : © anne loubet


Portraits La Cité en chantiers

souhaité que le cœur de la CEM à échéance 2011 repose sur un show-room permanent euroméditerranéen. Celui-ci permettra de valoriser les nouvelles compétences des producteurs français et méditerranéens en prenant en compte la proximité géographique, atout considérable quand on sait que Marseille est à 2 jours du port de Tanger et 1 jour de Tunis. Pour les professionnels il est plus facile de contrôler leur production et d’en assurer le suivi en étant plus près, car le marché exige d’eux qu’ils soient de plus en plus réactifs et produisent souvent bien plus de deux collections par an.

Lux, Chacok, Antik Batik. Mais aussi des conférenciers et experts tels qu’Olivier Saillard, Céline Abécassis-Moedas, Marie-Christiane Marek ou encore Ampelio Bucci. Des pays comme l’Egypte ou la Turquie sont aujourd’hui demandeurs. J’apprécie que la Tunisie soit candidate pour accueillir et organiser l’édition 2008.

Vous avez participé à l’Université d’été en juin dernier, la prochaine se tiendra en Tunisie en 2008. Quel est le bien fondé de ces universités ?

Le premier budget de la CEM a été consacré à la mise en place du portail www.citemedmode.com pour permettre de communiquer sur les actions que nous menons et les enrichir au travers de nombreux liens créés avec les partenaires tels que Fashion Job pour la rubrique emploi, l’ONUDI pour la rubrique business et le CEDITH pour l’actualité économique.

Il faut que nos professionnels se parlent, se rencontrent et apprennent à se connaître pour pouvoir envisager des collaborations. La CEM mène des actions de fond et d’image en France ainsi qu’en Méditerranée avec ses partenaires en réunissant plusieurs fois par an des professionnels afin qu’ils puissent échanger leurs expériences et travailler ensemble. Paris, Marseille, Lyon et Cholet ont d’ailleurs, au travers de leurs syndicats régionaux, adhéré à la CEM. L’intérêt de l’Université d’été Euroméditerranéenne de la Mode telle que nous l’avons conçue est de permettre une itinérance de l’événement dans les pays partenaires. Selon vous, quel a été le bilan de la première Université d’été à Marseille ? La première à Marseille dont le bilan fut très positif, a mobilisé de grands noms du prêt-à-porter français, italien, libanais, grec, turc, portugais… tels que Vanessa Bruno, Garella, Angelos Bratis, Rabih Kayrouz, Özlem Süer, Armor

En matière de création, la CEM entend ériger des passerelles entre les industriels et les créateurs de mode. Quelles mesures prévoyez-vous pour faciliter ces échanges ?

Concrètement, qu’avez-vous mis en place ? Nous avons mis en place depuis le 1er septembre sur ce portail un outil innovant qui correspond aujourd’hui non seulement aux attentes des pouvoirs publics qui le financent (à hauteur de 50% pour le Ministère de l’Economie des Finances et de l’Emploi) mais aussi à celles de l’ensemble des acteurs de notre profession (enseignants, étudiants, créateurs, industriels, sourceurs et distributeurs…). Carrefour de données culturelles, pratiques et techniques, le Bureau Virtuel de Tendances de la Cité Euroméditerranéenne de la Mode propose, chaque saison en exclusivité, les tendances à venir, les dernières nouveautés des capitales du bassin méditerranéen, des jeunes talents ou des créateurs confirmés, les trésors de la culture méditerranéenne… suite page {6}

{Beirut Fashion Show} Du 11 au 14 mars 2008.

{Istambul Moda Show} Du 7 au 9 février 2008. Prêt

Salon professionnel international des tissus du prêt à

à porter pour homme et femme, habillement enfant,

porter, des accessoires de mode, de la mode enfant, du

spor t wear, linger ie et maillot de bain, tr icot s,

cuir et des chaussures ; avec un volet consacré au mariage.

jeans, f abr ic ant s, distr ibuteur s, expor tateur s.

page 88


Les architectes de renom se comptent

fait partie de ces architectes à la mode, où il y a nouveauté, est partout. fait du monumental. sur les doigts de la main. Ils sont tous c’est le musée du Quai Branly, à Paris, c’est l’Institut ici réunis pour faire de Marseille du Monde Arabe, la Fondation Cartier, ou encore le Musée de la Publicité. c’est une tour telle un building qui grandira une métropole au rayonnement à partir de 2008 dans la zone portuaire de Marseille. c’est 25 étages de bureaux. C’est du neuf, du beau, là où il faut. international. c’est l’archi-frime. Sa région à lui ? « le ciel, le soleil, et la mer… ». , « soi-disant gitan » construit des villas pour ceux qui aiment se la couler douce au bord de l’eau, bâtit pour ses amis (Centre National de la Chorégraphie à Aixen-Provence), pour l’intérêt national aussi (Musée de la Mode à Milan, la tour Louis Vuitton au Japon). s’attaque au MUCEM (Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée), dans le Fort Saint-Jean et sur le J4. réaménage tout. L’urbanisme c’est son truc : intégrer l’impossible dans un incroyable paysage. lie architecture et verdure avec simplicité et noblesse. et son équipe reprennent en main la zone partant du Fort Saint-Jean allant jusqu’au quartier d’Arenc, ainsi que la ZAC de la Joliette (140 logements, et des locaux d’activité). Cela signifie des promenades, des jardins, et une définition nouvelle de l’ensemble du secteur Euromed. c’est de l’urbanisme repensé, parfaitement maîtrisé. fait du grandiose. Il ne se limite pas à construire bâtiments sur bâtiments, il agit. c’est la Fashion Week de Rome (2002), c’est un magasin Armani à Hong Kong ou le shopping center d’Eindhoven. est le lauréat du projet Euromed. La dimension est dépassée : du blanc, de la transparence, de grandes et longues courbes aux dimensions océaniques. c’est un multiplexe de 16 salles, des bureaux aux plateaux modulables, un hôtel 4 étoiles et un jardin où expositions, cocktails, ateliers et vernissages prennent place. « La ville est perçue comme un monde en perpétuel mouvement où rien ne doit jamais s’arrêter. ». ou l’immensité de la symétrie. Des réalisations plus diverses les unes que les autres : le Rosenthal (Centre d’Art Contemporain à Cincinnati), un tremplin de saut de ski en Autriche ou une caserne de pompiers attenante au Vitra Museum en Allemagne. ce sont de grands projets : un opéra à Canton, le musée Guggenheim à Taiwan. construit à Marseille. Des plans superposés, des lignes tendues, des courbes, et des angles aigus : une tour complexe et légère. c’est une tour de 29 étages (147m) : 40 000m2 de bureaux qui redimensionnent l’architecture marseillaise. Alexandra Senes. il est là.

{Maroc - Mission Sourcing CEM} Du 9 au 10

avec le soutien des collectivités et du Crédit Agricole.

avril 2008. Mission sourcing à Casablanca et à Tanger,

{Maroc} Salon de l’enfant. Du 27 février au 2 mars

destinée aux entreprises françaises, à l’initiative de la

2008. {Tunisie} Texmed 2008. Du 18 au 20 juin 2008.

Cité euroméditerranéenne de la mode et de l’AMITH,

Salon international du textile et de l’habillement. 350

photos : © euroméditerranée- © zaha hadid architects

{089}


Portraits La Cité en chantiers

Dès 2008 nous allons communiquer et commercialiser les 3500 m² du projet immobilier de la Cité, véritable vitrine des savoir-faire industriels méditerranéens. Nous participerons à des manifestations organisées par les pays partenaires dans les domaines du sourcing, de l’export, etc. Inventer un nouveau maillage industriel, c’est votre idée. Autrement dit, faire monter en gamme les savoir-faire de production méditerranéens pour attirer à nouveau dans les pays méditerranéens les marques qui délocalisaient leur fabrication en Chine notamment. Quels sont les critères prioritaires requis (flexibilité /proximité, normes de qualités, code de bonnes pratiques...)?

La CEM est partie d’une étude commandée par Maryline Bellieud-Vigouroux à Bernard Brunhes Consultants qui positionne Marseille, ville carrefour, comme légitime pour accueillir le projet. Toutefois elle a révélé que la proximité géographique, une langue et une culture communes n’étaient pas des critères suffisants pour développer ce maillage et que nous devions apporter à nos partenaires méditerranéens les compétences nécessaires pour opérer un changement radical de leur mode de fabrication et de distribution pour répondre aux normes européennes.

En conclusion, le 19 novembre ont eu lieu les 4èmes Rencontres de la CEM qui ouvraient la Semaine Economique de la Méditerranée à M arseille. Si vous deviez vous engager dans une seule action, laquelle choisiriez-vous ? Ces 4èmes Rencontres sont positives puisque la CEM est inscrite officiellement dans une semaine économique qui réunit l’ensemble des interlocuteurs publics et privés du bassin méditerranéen. Marseille se place de plus en plus comme étant la ville d’accueil d’institutions internationales telles que la Banque Mondiale, l’ONUDI, la FEMIP…et depuis 2005 la Cité Euroméditerranéenne de la Mode, qui l’ont choisie pour y installer leur siège social. Je répète que l’action à l’échelle nationale est essentielle. L’ambition de la CEM ne pourra se réaliser sans un signal fort de l’Etat français, c’est une priorité qui sera mon engagement personnel pour l’année 2008.

A quoi sert principalement le Code de Bonnes Pratiques ? Le Code de Bonnes Pratiques nous semble être une base essentielle d’identification des compétences des entreprises françaises et méditerranéennes, qui par le biais de leurs fédérations respectives y ont toutes adhéré. Mais j’insiste, l’action de la CEM doit susciter la concertation entre les régions et ne peut être que nationale.

{En cours

de la zone euroméditerranéenne seront au rendez-vous

accessoires, espace création et services.

pour présenter une offre créative et compétitive, avec 4

d'adhésion à la CEM} : l'Union Régionale des Industries de

espaces d’exposition complémentaires : espace co-traitance

la Confection, l'Égypte. {Etude AGAM} 26800 salariés en

et produits finis ; espace sous-traitance, espace matières et

PACA. Nombre d'emplois stabilisé depuis douze ans de 1993

page 90


Le réseau de la CEM s'élargit À l'occasion des 4èmes Rencontres de la CEM, quatre syndicats parmi les plus dynamiques et représentatifs de la filière ont confirmé leur adhésion. Chacun apportant compétences et réseaux pour faciliter le rapprochement entre les rives Nord et Sud de la Méditerranée.

Mode Habillement Rhône-Alpes Gérard R AVOUNA, Président 3, rue de l’Arbre Sec, 69001 Lyon Tél. : 04 72 10 77 00 Mail : pjbrivet@hra.fr nombre d’entreprises adhérentes

550 nombre d’emplois générés

8000 chiffre d’affaires global

1 milliard 700 millions d’euros (dont 770 millions à l’export) Syndicat de Paris de la Mode Féminine Daniel WERTEL, Président

Ouest Mode Industrie Joël COUSSEAU, Président Square Nouvelle France,

Chambre Syndicale de l'Habillement Marseille Région Didier Parakian, Président délégué

5, rue Caumartin, 75009 Paris

49312 Cholet

11, la Canebière, 13001 Marseille

Tél. : 01 44 94 70 00

Tél. : 02 41 75 29 29

Tél. : 04 91 90 88 10

Mail : smpf.dargent@wanadoo.fr

Mail : l.vandenbor-omi@wanadoo.fr

Mail : a.carrai-csh@wanadoo.fr

nombre d’entreprises adhérentes

nombre d’entreprises adhérentes

nombre d’entreprises adhérentes

230

80

50

nombre d’emplois générés

nombre d’emplois générés

nombre d’emplois générés

4000

14000 emplois

non communiqué

chiffre d’affaires global

chiffre d’affaires global

chiffre d’affaires global

410 millions d’euros

non communiqué

109 millions d’euros (pour la section industrielle)

{Etude CCIMP}

Libanaise d'origine, Ingie Chalhoub a débuté sa carrière

Dans les Bouches du Rhône en 2004 c'est 9478 emplois

dans la distribution de luxe au Koweït puis à Dubaï. Son

répartis sur 4071 établissements. Un CA estimé à 1650

groupe met le cap sur Riyad, Qatar et Bahreïn. Au Liban,

millions d’euros. {Liban} Etoile Group s'implante au Liban.

elle a déjà ouvert 3 boutiques (Hogan, Valentino

à 2004 (baisse de 1% seulement).


Portraits La Cité en chantiers

3 questions à Mohammed Tamer Président de l'Amith, co-président de la CEM

Depuis le 1er juillet 2007, Mohammed Tamer a succédé à Karim Tazi à la présidence de l’AMITH. Également PDG de la société Bogart, il est un industriel très respecté au Maroc dans l’univers de l’habillement. Il fait preuve d’un grand dynamisme en travaillant avec des marques euroméditerranéennes. En trois réponses il dresse un état des lieux de l'industrie textile marocaine. Propos recueillis par Louise Cambon

{1}

Comment l’industrie textile marocaine se développe-t-elle ?

Conformément aux recommandations de l’étude réalisée en collaboration avec l’IFM, et le Livre Blanc publié en octobre 2003, l’Industrie Textile Habillement marocaine a défini une stratégie de développement s’articulant autour des axes : compétitivité hors coût et par différenciation, réactivité aux tendances du marché, et créativité. Au même moment, nos homologues français commandaient une étude au Cabinet Bernard Brunhes Consultants dans la perspective d’accélérer les échanges entre la France et la Méditerranée afin de permettre le maintien des savoir-faire dans cette zone géographique, en réponse à l’arrivée massive des compétiteurs asiatiques. La levée des quotas début 2005 a confirmé ces choix, et l’adaptation à la nouvelle donne, bien qu’un peu tardive, a porté ses fruits, puisque les chiffres à l’export 2006 ont atteint un niveau historique. L’AMITH a souhaité s’engager

aux côtés des autres homologues français et méditerranéens en co-présidant la Cité Euroméditerranéenne de la Mode. Depuis lors, chacune des réunions a permis à la filière modehabillement marocaine de nouer des contacts privilégiés. L’échéance 2008 est proche, mais nous l’abordons avec beaucoup de sérénité puisque notre industrie s’est déjà confirmée dans le créneau de soutien à la mode rapide ou « fast fashion ». Comme dit l’adage : « A toute chose malheur est bon ». Les chamboulements provoqués par le démantèlement de l’AMF et les craintes suscitées dans notre industrie, nous ont ouvert une nouvelle voie. Nous pouvons dire que l’ITH marocaine est en train de réaliser sa mutation pour un passage d’une industrie de l’habillement vers une industrie de la mode. Et cette mutation nous ouvre de grandes perspectives de développement et d’épanouissement. D’ailleurs, l’assemblée générale de l’AMITH tenue le 14 Novembre a validé la décision de lancer une étude stratégique pour notre industrie à horizon 2015.

et Lacroix) et s'apprête à décliner son idée de boutique

du Sud de la France Façonnable pour 153 millions d'euros

Etoile.

{Liban} M1 Group rachète la marque niçoise

à la société américaine Nordstrom. {Tunisie} Alors que le

Façonnable. Société libanaise, M1 Group a conclu cet été

Salon International de l'Equipement Textile-habillement

le rachat de la marque de prêt-à-porter haut de gamme

vient de s'achever, on constate que le secteur du textile-

page 92


{2}

Quels sont les moyens de valorisation du PAP marocain ?

A présent les moyens de valorisation passent principalement par le soutien apporté à nos entreprises pour assurer leur mise à niveau et négocier leur passage de la sous-traitance à la co-fabrication. Les actions sont dirigées vers le développement du sourcing et des compétences technico-créatives servant à industrialiser les produits. Les étapes futures, et qui sont les plus difficiles, concernent le soutien à la créativité. La réflexion a été entamée dans le cadre de l’étude de faisabilité de notre école de mode. Nous projetons de l’ouvrir en septembre 2008. L’étude stratégique que nous lançons devrait traiter en priorité ces aspects.

marketons auprès de nos membres. Les pouvoirs publics nous apportent un soutien effectif dans la mise à niveau des entreprises qui le souhaitent. Notre label est en phase d’être adopté par un groupe d’acheteurs constitué par les plus grands noms de la distribution mondiale : Inditex, Levi Strauss, Nike, Marks & Spencer, Next et Mango. N’est-ce pas un bon choix ?

{3}

Concrètement qu’attendez-vous du C ode de Bonnes Pratiques ?

Comme je l’ai souligné plus haut, l’ITH marocaine fonde sa compétitivité sur la différenciation. Il me semble important que le Code de Bonnes Pratiques mis en place par la Cité, signé par les membres fondateurs et adhérents, en soit le reflet et témoigne du changement de nos industries face aux exigences de nos clients européens. Par ailleurs, il permettra aux entreprises confirmées qui y adhéreront d’avoir une représentativité au sein de la Cité à échéance 2010/2011. Nous avons également le label « Fibre Citoyenne » que nous

habillement tunisien se porte bien. La France demeure

{Tunisie} Une Cité des Métiers du Cuir à El Fejja. En

son 1er client et l'Italie renforce sa position de premier

complément du pôle de compétitivité Monastir El Fejja, la

partenaire. Les exportations progressent en particulier sur

zone industrielle accueillera sur 20 ha la Cité des Métiers

les marchés portugais, allemand, italien et néerlandais.

du Cuir, dédiée aux tanneries et aux métiers connexes.

photo : © anne loubet


Portraits Échanges

4èmes Rencontres de la Cité Euroméditerranéenne de la Mode Valérie Melin, secrétaire générale de la CEM depuis avril 2007 s’avoue satisfaite des dernières rencontres du 19 novembre. Celle qui fut pendant 7 ans, la secrétaire générale adjointe de l’Institut de la mode de Marseille et chef de projet de la Cité depuis 2003, livre ses impressions à chaud. Propos recueillis par Louise Cambon Quel bilan tirez-vous des dernières rencontres de la CEM ?

et de créativité et parvient à maintenir, voire à développer, son chiffre d’affaires.

Nous sommes très heureux que les 4 èmes rencontres aient ouvert la Semaine Economique de la Méditerranée, ce qui confirme la place que la Cité occupe aujourd’hui, à la fois dans sa stratégie euroméditerranéenne et dans son implantation à Marseille. De nombreux participants, regroupant les 4 pôles de la Cité (formation-création-entreprises-multimédia), étaient présents et des échanges extrêmement fructueux ont porté sur les actions concrètes menées grâce au maillage de la Cité dans les domaines les plus attendus par les professionnels. Depuis 2003, la Cité a eu l’audace de mettre en place une grande concertation avec ses partenaires euroméditerranéens sur le démantèlement des quotas et l’ampleur prise par les compétiteurs asiatiques. Aujourd’hui, force est de constater, comme l’a souligné Francois-Marie Grau, délégué général adjoint de l’UFIH, qu’après avoir subi un choc, la filière a fait preuve de réactivité

Au niveau international, avez-vous observé des progrès également ? L’atout de la Cité est d’avoir des coprésidents franco-méditerranéens. Après la mobilisation et le soutien de Karim Tazi, nous sommes très heureux que Mohammed Tamer, président de l’AMITH, dont c’était la première visite européenne, s’engage à développer ce partenariat. La prochaine étape est une mission « sourcing » au Maroc les 9 et 10 avril 2008 organisée avec l’AMITH avec le soutien financier du Crédit Agricole Alpes Provence. C’est une mission nationale de la Cité parrainée par la Fédération Française du Prêt à porter Féminin, proposée aux entreprises françaises au travers des syndicats régionaux adhérents de la Cité. L’objectif est d’amener les professionnels à nouer des partenariats actifs avec les entreprises marocaines.

{Turquie} La Turquie face au déclin du dollar.

l'Est asiatique oblige certaines entreprises turques

L'ITKIB fait état de l'urgence de prendre des mesures

à profiter d'opportunités offertes par les pays voisins

afin de préserver un marché qui a diminué de plus de

{Portugal} L'Association portugaise contre le cancer

50 % par rapport à 2004. La montée en puissance de

de la peau lance un concours de design sur les catégories

94} 94 {page


ci- contre , de gauche à droite

:

Chantal Thomass, Jean-Pierre Mocho, Mohammed Tamer, Jean-Jacques Picart, Maryline BellieudVigouroux, Robert Maury, Adeline Dargent, François-Marie Grau, Jean-Pierre Mocho, Jean-Claude Montagnon

Marie Bishara, chef d'entreprise Bishara for Fashion, Égypte Quelles les sont raisons et motivations de l’Egypte pour adhérer à la CEM ?

Daphné Valente, créatrice de mode grecque et Présidente de la Hellenic Fashion Week. Quelles sont les raisons et les motivations pour la

Rejoindre la Cité signifie pour nous être sur le marché international aux côtés des partenaires euroméditerranéens et offrir à nos industriels un support marketing essentiel, qui favorise les relations entre les industriels, les commerçants et les centrales d’achats. Cet échange avec la CEM nous permet également de mettre en avant la vingtaine d’étudiants diplômés issus des trois différentes écoles de mode. C’est très motivant. ci-dessous , de gauche à droite

:

Sophie Baron, René Mardellat, Lucile Salesses, Franck Zins, Maryline Bellieud-Vigouroux

d’adhérer à la

Grèce

CEM ?

Nous sommes heureux d’être membres de la CEM qui, après les rencontres du 19 novembre, me semble très dynamique. Pour nos créateurs grecs c’est une source d’échanges et de contacts fabuleuse. La Grèce est un pays méditerranéen à part entière où l’industrie de la mode est très active. Lors de notre Semaine de la mode, nous présentons une quarantaine de créateurs qui font un prêt-à-porter global avec une section importante de robes du soir, car nous avons une vie sociale nocturne très riche et animée. Leurs inspirations sont puisées dans les racines de notre culture, les couleurs reflètent le climat, le soleil, la détente, une certaine atmosphère entre tradition et modernité. Un état d’esprit qui s’inscrit dans les codes de la CEM.

Tous les partenaires professionnels et privés qui nous soutiennent souhaitent que la CEM s’inscrive dans le projet de l’Union de la Méditerranée voulue par le Président Sarkozy. Les objectifs pour 2008 sont la précommercialisation des 1500m2 de show-rooms permanents euroméditerranéens installés au cœur des 3000m2 de la Cité, l’élargissement à de nouveaux pays tels que l’Espagne et l’Algérie… Et bien d’autres actions de coopération décidées par les Présidents, les membres fondateurs et les nouveaux adhérents de la Cité qui feront de Marseille une ville légitime et stratégique pour la filière Textile-habillement euroméditerranéenne. Maryline Bellieud-Vigouroux

Pour en savoir plus :

www.citemedmode.com

"textile et mode" et "mobilier urbain et architecture" pour

Milan - Défilés de prêt-à-porter, collections automne-hiver

imaginer des solutions qui protègent des rayons ultraviolets.

2008-2009.­Du 18 au 25 février 2008.

{Italie} Pitti Immagine Filati. Du mercredi 30 Janvier 2008 au vendredi 1 Février 2008 - Salon Fils. {Italie} photos : © anne loubet

{95}


Portraits Innovation

Bureau Virtuel des Tendances Observatoire des tendances des marchés www.citemedmode.com

Le Bureau Virtuel de Tendances de la Cité Euroméditerranéenne est un carrefour de données culturelles, pratiques et techniques. Chaque saison, les tendances à venir sont décryptées par l’Agence Nelly Rodi qui dévoile les dernières nouveautés des capitales du bassin méditerranéen et de leurs talents, jeunes ou confirmés. Propos recueillis par Louise Cambon Nelly Rodi En quoi consiste le Bureau Virtuel des Tendances ? Il apporte aux industriels français et étrangers des informations qui leur permettent de créer leurs collections et d’avancer dans le cheminement de leur travail. Le BVT a deux cibles : les industriels et fabricants du prêt-à-porter, du linge maison, de la maille d’une part, et d’autre part les écoles de mode, dans le but d’une formation. Cet outil donne accès à toutes les informations permettant d’anticiper les nouvelles tendances de la mode et offre une vision sur l’évolution des styles. Comment définissez-vous les tendances ? Il y a des tendances pures et dures qui couvrent 12 à 18 mois sur des thèmes de mode : couleurs, matières, formes. Et nous proposons également des tendances à plus court terme : nous allons, par exemple, faire un shopping à Milan que nous photographions et mettons en ligne. Faites-vous ces recherches de tendances en tenant compte de l’identité méditerranéenne ? Absolument. L’objectif est de garder les racines identitaires euroméditerranéennes qui restent en phase avec les besoins de nos partenaires. Le BVT est aussi une vitrine. Nous réalisons à cet effet des interviews en profondeur de créateurs issus de la région qui présentent leurs modèles.

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Christian Rey, Directeur Marseille Innovation Comment avez-vous mis au point le Bureau Virtuel des Tendances ? Nous avons réfléchi avec Nelly Rodi et l’équipe de la CEM à un outil à la fois prospectif et innovant en matière de tendances de mode, accessible sur Internet et au service des entreprises adhérentes. C’est ainsi qu’est né le Bureau Virtuel des Tendances de la Cité Euroméditerranéenne de la Mode. Comment avez-vous rendu son contenant attractif ? Nous avons développé un graphisme très lisible et simple d’accès pour tous. Il est informatif et largement illustré. Quels sont selon vous les principaux objectifs de ce bureau virtuel ? D’abord l’enjeu est de mettre à égalité les petites et les grandes entreprises. Ensuite, l’idée est de changer la vision de leur métier, d’inventer un style propre en leur proposant des idées, des formes et des anticipations.


Chloé Thrierr, 28 ans, créatrice associée à Lola Foutrel, 23 ans pour la marque Les Dilettantes, basée à Rognes près d’Aix-en-Provence. En quoi le BVT vous est utile en tant que créatrice de prêt-à-porter ? Souvent les moyens des jeunes créateurs ne leur permettent pas d’acheter les cahiers de tendances assez onéreux des bureaux de style. Le BVT est très utile et accessible, on peut télécharger les documents et retrouver des archives facilement. Pour le moment l’accès est gratuit. Ensuite, une petite participation sera demandée, je suis prête à contribuer. Que regardez-vous en particulier sur le BVT ? Tout : les formes, les couleurs... Cela me confirme souvent des tendances que j’ai déjà repérées sur les salons professionnels. Dans le futur quelles seront vos attentes du BVT ? J’ai hâte que la partie art de vivre se développe. La culture du bassin méditerranéen est riche et diversifiée. Pour moi consulter le BVT c’est comme ouvrir un livre ou un magazine, c’est une source d’informations importante.

Sophie Gleizes, Direction des Entreprises, du Minefe. Le Ministère de l’économie, des finances et de l’emploi s’engage à soutenir le Bureau Virtuel des Tendances. De quelle manière le fait-il ? Si la Direction Générale des Entreprises (Ministère de l’économie, des finances et de l’emploi) soutient la mise en place d’un BVT, c’est parce qu’il s’inscrit dans cette nouvelle dimension de l’économie de l’immatériel. Pouvez-vous préciser cette notion d’économie de l’immatériel ? La dimension immatérielle est désormais le facteur clé de compétitivité pour les entreprises industrielles dans les secteurs de biens de consommation, souvent peu intensifs en Recherche & Développement et essentiellement composés de PME-PMI. Il s’agit de prendre en compte la modification profonde de la chaîne de valeur intervenue, avec un transfert de celle-ci vers l’amont (conception/design/marketing) et l’aval (distribution), pour faire face à la concurrence. En quoi, selon vous, le Bureau Virtuel des Tendances est-il un outil innovant au service des entreprises et des créateurs ? Le BVT est un réel outil innovant par son accessibilité au plus grand nombre, il change les méthodes de travail des PMI et créateurs du secteur Textile-Habillement. Il met à égalité les PMI avec les grands de la mode qui s’inspirent des travaux des bureaux de style pour créer leur collection. Le BVT contribue ainsi à une professionnalisation de la démarche créative et à une montée en gamme et une meilleure qualité de la production.

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Portraits Point de vue

Retour sur l'Université d'été Euroméditerranéenne de la Mode 2007 Françoise Montenay, Présidente du conseil de surveillance de Chanel SAS, a parrainé « l'Université d’Eté Euroméditerranéenne de la Mode 2007» du 29 au 30 juin 2007. Propos recueillis par Louise Cambon Après l’Université d’Eté, comment voyez-vous les possibilités d’une co-fabrication entre les industries du prêt-à-porter de luxe français et celles du bassin méditerranéen ? Selon moi, il est indispensable d’encourager et de préserver la qualité de fabrication des pays du bassin méditerranéen grâce au soutien des entreprises européennes. L’avenir se situe là : dans cette continuité du savoir-faire artisanal -qui reste très important dans nos métiers du luxe- et le développement de l’industrie avec des moyens modernes. Pensez-vous que la politique industrielle de ces pays méditerranéens aille dans ce sens ?

Même s’ils ne sont pas encore tout à fait prêts pour collaborer étroitement avec les entreprises du luxe, la proximité géographique, la proximité de compréhension et les liens culturels qui nous unissent, ne peuvent qu’encourager les échanges et les collaborations, car nous avons la même notion de qualité. Comment évoluent les rapports de la France avec les pays étrangers en matière de co-fabrication ? Si nous réussissons à préserver le tissu artisanal français destiné à l’industrie du luxe et à respecter les délais de livraison, nous n’aurons pas forcément besoin d’aller à l’étranger. Car ce n’est pas qu’une question de prix. Mais aujourd’hui

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en France les délais sont de plus en plus difficiles à tenir. Alors que ces pays méditerranéens, une fois industrialisés et modernisés, respecteront qualité et délais, peut-être mieux que les Français eux-mêmes… Comment précisément envisagez-vous l’avenir de ces industries émergentes ? Certains de ces pays ont justement la chance d’avoir des équipements industriels modernes et des moyens de transmissions rapides. Il leur faut maintenant développer une qualité parfaite et le respect rigoureux des délais, ce sont les deux facteurs importants pour le luxe. La formation reste un critère essentiel aussi. Il faut non seulement former les jeunes dans les écoles, dans les ateliers et industries, mais surtout que les créatifs qui travaillent en studio se rendent dans les entreprises pour voir comment se fabrique un vêtement, un bijou ou un accessoire. Quel symbole évoque pour vous la CEM ? C’est un symbole fort, et c’est très bien qu’elle soit basée en France et plus particulièrement à Marseille, la porte de la Méditerranée. Car des liens existent et la langue est souvent commune avec les pays du bassin. Chanel soutient depuis longtemps cette initiative qui vise à promouvoir des rapports de proximité dans les industries de la mode.


Françoise Montenay

Dalila Ben Yahia, CETTEX, Directrice de la formation et des relations extérieures. Nous apprécions que certaines actions initiées par la Cité Euroméditerranéenne de la Mode puissent avoir lieu dans d’autres pays partenaires. La Tunisie a saisi cette opportunité pour organiser l'Université d’Eté Euroméditerranéenne de la Mode 2008. Cette année, le but est de mettre en relation les créateurs méditerranéens et les industriels qui pourront lors de cet évènement engager des collaborations. L’Université d’Été Euroméditerranéenne de la Mode 2007 organisée à Marseille a rencontré un vif succès, ce qui nous encourage à renouveler l’expérience en Tunisie. Par ailleurs, lors de la dernière CATH en Avril à Tunis, nous avons organisé des rencontres « sourcing » entre des créateurs marseillais et des industriels tunisiens. De nombreux contacts ont abouti à des partenariats concrets. En 2008, nous allons accélérer nos échanges dans cette voie avec l’ensemble des partenaires de la Cité. photos : © anne loubet

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Portraits Réseau

Les structures professionnelles adhérentes à la CEM Leur président, leur site internet. Membre d' honneur

Organismes et associations

FENATEX

UIT

Fédération N ationale du Textile

Union des Industries Textiles

Abdelaziz Dahmani

Lucien Deveaux

Fédérations

www.investintunisia .tn

www.textile .fr

AMITH

FFPAPF

Syndicats

A ssociation M arocaine des Industries du Textile et de l’H abillement

Fédération Française du Prêt-à-Porter Féminin

CSH

Jean-Pierre Mocho

Chambre Syndicale de l’H abillement M arseille R égion

Mme Bernadette Chirac

Mohammed Tamer

www.pretaporter .com

www. amith.org.ma

Istanbul Ready-made Garment E xporter A ssociation

A ssiciaçao Têxtil e vestuario de P ortugal

José Paulo Sá Fernandes Nunes de Almeida

Suleyman Orakcioglu www.iktib.org.tr

www. atp.pt

Syndicats des Industriels

Camera Nazionale della Moda Italiana Mario Boselli

Textiles au Liban

www.cameramoda .it

C.C.I.M.P

Jean-François Limantour www.cedith.com

E space Textile

Didier Parakian

IKTIB

ATP

G.I.H. Mode Groupement des Industries de l’H abillement

P résident d’honneur www.professionmode .com

Carole Rouch

Mode Habillement Rhône-A lpes Gérard Ravouna

www.gih-mode .com

IFTH Jacques-Hervé Levy www.ifth.org

www.elebatex .com

UFIH

www.cami-habillement.org

Jacques Pfister

Jean-Pierre Mocho

Syndicat de Paris de la Mode Féminine Daniel Wertel

www.ccimp.com

www.lamodefrancaise .org

www. syndicat-mode-paris .com

Chambre de Commerce et d’Industrie M arseille P rovence

Freddy Marcy,

www.espacetextile .com

Roger Tochou

Ouest Mode Industrie Joël Cousseau

Union Française des Industries de l’Habillement

Jean-Claude Montagnon

P résident délégué

www.hra .com

Sleiman Khattar

CEDITH

Institut Mode Méditerranée Maryline Bellieud-Vigouroux www.institutmode .org

Première Vision Philippe Pasquier www.premierevision.fr

www.citemedmode.com Espace Mode Méditerranée 11, La Canebière 13001 Marseille Fax. +33 (0)4 91 14 92 04

Marilyne Bellieud-Vigouroux Conseiller auprès des Présidents

Valérie Melin Secrétaire Générale Tél. +33 (0)4 91 14 92 05 v.melin@citemedmode.com

La CEM remercie particulièrement Karim Tazi ancien président de l'AMITH et Guillaume Sarkozy ancien président de l'UIT qui dès 2005 on fait adhérer leurs structures à la CEM.

{La CEM remercie ses partenaires financiers} Ministère de l’Economie,

et d’Industrie Marseille Provence - Provence Promotion - Chanel -

des Finances et de l’Emploi (Direction Générale des Entreprises) -

Crédit Agricole Alpes Provence.

Région Provence Alpes Cote d’Azur - Conseil Général des Bouches

La CEM est heureuse de compter parmi ses nouveaux partenaires :

du Rhône - Marseille Provence Métropole - Chambre de Commerce

ANIMA, l'ONUDI et Fashion Job

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Portraits

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EMM 10  

le magazine de l'Insitut Mode Méditterranée

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