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le magazine de l’Espace Mode Méditerranée

mai 2005 semestriel - gratuit

offensive mode Les créateurs de marques à Marseille Dossier

Cité Euroméditerranéenne de la Mode Face à Face

le Père Otonello et 4 jeunes sérigraphes Portraits

Créateurs, industriels, portraits de famille


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sommaire 3

Edito

4 - 17

Dossier Spécial

« Cité Euroméditerranéenne de la Mode »

18 19

Chambre Syndicale de l’Habillement Programme européen « Tela di Aracne »

21 - 37

Portraits Jeunes Créateurs

Nicolas Douyer, Tcheka / Formol / Hervé Devilla / Sâra Ké / Inari / Sabine Bardon, Jayko / Too Kisses, Good to be home et Lolla Marmelade chez Marcelline Condé / Marivière, Insan, Mozayeni : Trois parcours singuliers

38 - 42

Série Mode Beach

44 - 48 Spécial « Sérigraphie »

Le père Ottonello et 4 jeunes marques

50 - 57

Série Mode Tags

58 - 59 60 - 62

Photographes Serge Assier, Laurent Piombo

Au tour des partenaires de l’IMM Alain Lemaire / Roger Villeneuve / Alain Chamla

63 - 71

Portraits de famille

Cannisse / Cocomenthe / Le Marseillais / Gas

72 - 75

Boutiques

Soul Shop / L’Ane Bleu

76 - 77

Les Bests de l’Hiver 2005/2006

78 - 91

Série Mode C ie Bohème

92 94 95 - 96

Le Musée de la Mode PNR « Design de Mode » News


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Edito

Depuis le 1 er janvier 2005, l’offensive et la pénétration des produits provenant du bloc asiatique sont nettement supérieures aux prévisions les plus sérieuses. Nous pourrions avoir toutes les circonstances atténuantes pour verser dans le pessimisme concernant l’avenir de nos entreprises régionales et de leurs homologues méditerranéens. Mais nous gardons toutefois notre optimisme e t c o n s e r vo n s t o u t e notre énergie, puisque, à l’issue du colloque du 2 décembre 2004, Marseille a été choisie par les partenaires les plus concernés par ce nouveau déf i pour se doter d’une tête de réseau euroméditerranéenne dans les quatre domaines qui sont l’ossature de notre filière : Formation, Création, Multimédia, Centre de ressources. La Cité Euroméditerranéenne de la Mode qui mobilise depuis plus de 2 ans tous les professionnels de la région PACA, aura eu du mal à se faire entendre et comprendre de nos partenaires publics, même si ceux-ci participent financièrement aux actions de préfiguration.

Maryline BELLIEUD-VIGOUROUX Présidente de l’Institut Mode Méditerranée


(texte)

Christian Apothéloz (photos)

Lemon Défilé « la Mode en Images » Direction artistique : Olivier Massart Lieu : Friche de la Belle de Mai Direction : Phillipe Foulquié

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Dossier


Cité Euroméditerranéenne de la Mode


Spécial Cité

Face à la réalité asiatique, Un dialogue et une alliance nécessaires profitables aux deux rives de la Méditerranée

Il y aura un avant et un après le 1er janvier 2005, le jour de la fin des quotas textiles. La mode méditerranéenne se remet en cause et invente des chemins de coopération. Et ces chemins passent par Marseille. Par une Cité euroméditerranéenne de la mode qui d’Istanbul à Bruxelles et de Milan à Casablanca s’impose comme un projet phare du partenariat euroméditerranéen. page 6


« Depuis le premier janvier 2005, nous avons observé une baisse sensible des exportations sur la maille, la maille fine, le jersey et le t-shirt » constate Karim Tazi, président de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement. Et pour cause, les chiffres d’exportation, de la Chine vers l’Union européenne ont littéralement explosé au premier janvier.

Dans les pays méditerranéens au contraire le textile habillement a fait l’objet de forts investissements au cours des dix dernières années. Si l’histoire est ancienne et remonte à la Route de la soie, l’industrie contemporaine du textile habillement est née globalement dans les années cinquante, elle s’est ouverte aux marchés d’exportations dans les années quatre-vingt.

Les exportations textiles chinoises vers les 25 pays de l’Union européenne ont – selon les douanes chinoises – cru de +73 % sur les deux premiers mois de l’année 2005.

Ce secteur représente la plus grande partie des exportations de biens industriels de la Tunisie (46%), du Maroc (43%), de la Turquie (38%), de la Syrie, de la Jordanie et du Liban. Il est le premier secteur manufacturier et le premier employeur industriel au Maroc, en Égypte, en Tunisie, en Turquie et le premier employeur pour les femmes.

En quantité, la Chine, selon Eurostat, a même exporté trois fois plus de pulls et tricots, dix fois plus de pantalons, soixante fois plus de collants et chaussettes que l’an dernier. Avec une pression inédite sur les prix. Le costume pour homme à 100 euros est devenu courant. Le Sessi, le service statistique du ministère français de l’industrie note que : « La baisse de production la plus significative se situe dans la lingerie féminine : la concurrence des produits chinois dans la grande distribution entraîne un changement de gamme vers des produits à moindre prix. Dans le vêtement pour hommes, les volumes produits demeurent faibles, sauf dans le vêtement de travail ». Il faudra mesurer dans le temps si ces chiffres se maintiennent : les acheteurs de la grande distribution étaient en embuscade à Shanghai ou Pékin depuis longtemps attendant, le chéquier à la main, le jour « J ». Les stocks étaient pleins. L’usine chinoise pourra-t-elle tenir le rythme ? L’entrée dans l’Organisation mondiale du commerce et la fin des quotas a produit ses effets au-delà des prévisions sur une économie européenne et méditerranéenne fragilisée. L’Europe est à ce jour, le premier exportateur de produits textiles et le deuxième exportateur de produits d’habillement derrière la Chine. Le secteur européen du textile et de l’habillement compte 177 000 entreprises en Europe av ec un chiffre d’affaires global de 200 milliards d’euro. Ce secteur emploie plus de deux millions d’Européens, mais ne représente plus que 4 % du total de la production manufacturée de l’Union et 7 % de l’emploi dans le secteur de la manufacture (2,1 millions d’emplois).

Cette économie est étroitement imbriquée avec les marchés européens. Les deux tiers des échanges des pays du Maghreb se font avec l’Europe. Le textile représente 60 % des exportations du Maroc et de la Tunisie vers l’Union européenne, 40 % des exportations de la Turquie, de la Syrie, du Liban, de la Jordanie et 30 % des exportations égyptiennes.* Le ministère français de l’industrie** confirme que « la croissance des importations en provenance de la Chine s’effectue au détriment des fournisseurs traditionnels, tels que la Tunisie, le Maroc et la Turquie. » Un seul exemple de l’âpreté de la concurrence :

pour fabriquer une chemise de luxe, soit 40 minutes de travail, il en coûte 14 € en France, 4,40 € en Tunisie et 1,60 € en Chine. La domination durable de la Chine n’est pourtant pas certaine. L’acheminement d’un conteneur de Chine coûte 1 600 $ alors qu’il n’en coûte que 255 $ de Tunis. Le marché européen contrairement au marché US est morcelé en 25 pays avec des tailles, des modes, des goûts et des importateurs différents. De plus, l’appareil de production chinois n’est pas forcément en mesure d’habiller la planète entière. Il n’empêche, les pays méditerranéens doivent, selon l’Institut français de la mode, se préparer à une perte de quatre points de marché, soit 15 % de leur activité. #

«L’Europe devrait comprendre qu’elle a intérêt à renforcer ses clients plutôt que ses concurrents.» Karim Tazi, président de l’Amith (Association marocaine des industries du textile et de l’habillement) et co-président fondateur de l’association de préfiguration de la Cité Euroméditerranéene de la Mode.

*

Chiffres tirés de l’étude de l’Institut français de la mode « La compétitivité des pays de la zone euromed » réalisée par Gildas Minvielle et Jean Raphaël Chaponnière.

www.ifm-paris.org

**

Source : Sessi.

www.industrie.gouv.fr/portail/chiffres/sessi.html


Spécial Cité

Europe : volonté ou velléité ?

« L’Union européenne s’inquiète depuis deux ans de cette perspective. En octobre 2003, la Commission a adopté une communication sur l’avenir du secteur textile habillement. En janvier 2004, le Parlement a demandé un programme d’aide destiné à la recherche, l’innovation, la formation et les PME et la création urgente de la zone de libre-échange paneuroméditerranéenne. Un groupe de haut niveau pour le textile a travaillé toute l’année dernière, il préconise de se concentrer sur les « avantages concurrentiels de l’industrie européenne ».

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« D’un point de vue stratégique, souligne la Commission, la réalisation rapide de la zone paneuroméditerranéenne est décisive pour le secteur textile et habillement, car elle permettra de maintenir l’ensemble de la chaîne de production proche du marché européen et de combiner des avantages en matière de coûts, de qualité et de proximité ». Le 28 septembre 2004 une conférence ministérielle euroméditerranéenne se réunit à Tunis avec à l’ordre du jour l’avenir de la filière textile habillement, elle valide ces conclusions. Les 3 et 4 octobre, la 5° Conférence euroméditerranéenne des ministres de l’industrie, réunie à Caserte en Italie, a « recommandé de lancer sans tarder un dialogue paneuroméditerranéen sur l’avenir de l’industrie du textile et de l’habillement ». À Bruxelles, le textile habillement dépend à la fois de la direction du commerce et de celle de l’industrie. Côté commerce, les fonctionnaires travaillent sur les règles d’origine et sur les modalités à mettre en œuvre pour déclencher les clauses de sauvegarde de l’OMC, l’Organisation mondiale du commerce. Côté industrie, on travaille sur les conclusions de la réunion de Caserte, la mise en place d’une plateforme technologique et sur le renforcement des liens Nord Sud. Des groupes de travail se sont constitués au sein d’un Groupe de dialogue euromed qui réunit administrations et professionnels des deux rives. Le Maroc et la France travaillent sur la coopération industrielle, le Liban et l’Italie sur la compétitivité, l’Égypte sur recherche et le développement technologique, la Tunisie et l’Espagne sur l’innovation et le transfert technologique, la Tunisie et la Turquie sur l’éducation et la formation.

Pas question pour autant de donner naissance à un programme spécifique de sauvegarde de la filière, comme le demandait le Parlement européen. Les initiatives doivent s’inscrire dans les politiques de Bruxelles : politiques commerciale et industrielle de l’Union, politique de voisinage ou partenariat euroméditerranéen de Barcelone. Au printemps 2005, force est de reconnaître que les projets concrets peinent à voir le jour. On se parle, on s’écoute,

mais la Chine vend … Et beaucoup ! À Marseille, c’est au contraire le vécu quotidien des acteurs de la filière qui pousse à l’action. La démarche phocéenne est née à la même époque que la politique de Bruxelles. Le 7 février 2003, Marilyne Bellieud-Vigouroux a réuni (Voir EMM N° 4 de mai 2003) les partenaires institutionnels et professionnels intéressés au projet d’une Cité euroméditerranéenne de la mode. Une étude confiée au cabinet Bernard Brunhes a permis d’en définir les contours et un colloque tenu les 2 et 3 décembre 2004 a démontré la pertinence du projet et l’adhésion des professionnels des deux rives. Tous souhaitent faire de l’espace méditerranéen un lieu et un lien durable entre industriels et créateurs pour résister à l’offensive asiatique. Les industriels du Sud sont majoritairement dans une logique de sous-traitance. Le façonnier travaille des tissus qu’il reçoit de son donneur d’ordre, il ne finance pas ses stocks et dépend totalement de la commande. Il limite ses risques, mais est plus exposé à une concurrence désormais planétaire. S’il devient co-traitant, il prend en charge l’approvisionnement, il a des besoins en fonds propres plus importants, mais il apporte un service plus qualifié à son client. Quelle que soit la relation contractuelle, l’industriel du Sud est dans l’obligation de monter en qualité et en fiabilité donc d’investir dans la qualification de l’encadrement comme des opérateurs. Ce sont des relations plus solides entre donneurs d’ordres et façonniers qui vont permettre d’investir et de construire un cluster transméditerranéen, une chaîne de production de valeur profitable. Tel est le fond du projet de la Cité euroméditer-

ranéenne de la mode : « pour les industriels des deux rives, assurer la compétitivité de leurs activités dans un contexte mondial bouleversé et mouvant ». #

Colloque du 2 décembre 2004 à l’Hôtel du Département - Marseille


Spécial Cité

Marseille : stratégies industrielles

À Marseille, certains ont mis en œuvre cette stratégie et ont démontré sa pertinence. La société Hom, le créateur de lingerie masculine, filiale du groupe germanique Triumph International (40 000 salariés) s’appuie depuis longtemps sur les unités de production marocaines du groupe. La première usine a été créée en 1993 à Fez, elle employait alors 400 salariés dans la fabrication de sous-vêtements. Une seconde unité destinée aux maillots de bain a ensuite vu le jour portant les effectifs à 1200. La gamme des vêtements d’intérieur est, elle, fabriquée en Turquie, un agent assure l’interface avec des façonniers indépendants. La création est toujours basée à Marseille, de même que la première série. Des salariés marseillais vont ensuite former leurs collègues marocains et suivre la production. « Cette stratégie, explique Dominique Raffalli, directeur général, nous met à l’abri de la concurrence asiatique. Nous faisons un produit très sophistiqué, nous avons le courage de prendre des risques, nous basons tout sur l’innovation et la réactivité.

La proximité du Maroc, la qualité de nos unités nous per mettent de fabriquer des petites séries et de rester dans la création. Ceux qui ne vendent que le prix trouveront toujours moins chers qu’eux, ceux qui sont comme nous dans l’achat plaisir, dans la mode, n’ont pas ce problème, notre dernier slip se vend à 60 euros et personne ne discute le prix ! Mais il fait partie d’une collection de lingerie pour homme qui se renouvelle chaque année. » Le système productif n’est cependant pas réservé aux produits haut de gamme. Gilbert Ammar et son fils Éric en font la démonstration avec leur société Gilclaude. 

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Tout commence et tout finit à Alexandrie. La famille Ammar en est originaire et doit quitter l’Égypte nassérienne en 1958. L’entreprise fabrique alors pour le commerce de détail à Marseille rue Tapis Vert avec une cinquantaine de salariés.  À la fin des années quatre-vingts, le modèle a fait son temps. Le marché s’est orienté vers la grande distribution et la guerre des prix fait des ravages. Gilbert Ammar renonce à la fabrication en France et s’organise pour travailler avec des fabricants turcs. « Nous avons mis en place un outil de management à distance explique-t-il. La filière turque est organisée et industrialisée et nous avions des sous-contractants. » La situation ne dure pas. Même la Turquie devient hors-jeu. « La pression asiatique est là depuis vingt ans avec le t-shirt à un euro, note Gilbert Ammar. La Chine, l’Inde ou le Bangladesh sont sur nos marchés. » C’est en Égypte et naturellement à Alexandrie que se met en place une solution inventive. La famille est en affaire depuis longtemps avec un agent local, il va devenir un associé. Et Gilclaude ouvre ainsi une usine de 200 salariés en l’an 2000 pour produire de la maille. Pour être réactif sur les produits de dernière heure, la société a des relations suivies avec un façonnier tunisien qui peut produire en 8 à 10 jours selon les besoins. « Nous avons ainsi construit un outil industriel qui nous permet de nous battre souligne Gilbert


et coopérations profitables

«Ceux qui ne vendent que le prix trouveront toujours moins chers qu’eux, ceux qui sont comme nous dans l’achat plaisir, dans la mode, n’ont pas ce problème»

«Le prix ne suffit pas à gagner et garder des marchés, ce n’est pas un «plus», c’est un minimum.»

Dominique Raffalli,

Gilbert Ammar,

société Hom

société Gilclaude

Ammar, nous nous diversifions chez nos clients vers des produits « jour nuit », femme et enfants que nous ne faisions pas. Nous allons vers la VPC, vers les chaînes spécialisées. » Les clefs de cette nouvelle organisation en cluster méditerranéen ? D’abord un management renforcé au siège. « La masse salariale de nos 15 collaborateurs d’aujourd’hui doit être supérieure à celle des 50 d’hier, souligne Gilbert Ammar. En France, nous apportons

« Il ne doit pas y avoir d’hégémonie de l’un sur l’autre, explique cet Alexandrin de cœur. 

de la valeur ajoutée, du marketing, de la création, de l’organisation. Nous avons une relation de confiance avec nos partenaires du Sud, quand je passe commande, je garantis un prix fixe. Et nous investissons dans la formation,

Gilbert Ammar, comme Dominique Raffalli, insiste sur la proximité méditerranéenne, proximité géographique, culturelle et souvent linguistique. Karim Tazi au nom des 1 600 industriels du textile marocain confirme : « La Cité doit être un lieu de rencontre, un

dans la qualité, dans la traçabilité. Le prix ne suffit pas à gagner et garder des marchés, ce n’est pas un « plus », c’est un minimum, il faut savoir travailler à flux tendu et en qualité constante. » Hom et Gilclaude ont ainsi construit un modèle de coopération mutuellement bénéfique. « Nous travaillons avec des usines intégrées, explique Dominique Raffalli, parce nous faisons partie d’un grand groupe industriel, mais le niveau de la main-d’œuvre et de la production au Maroc est tel, que des entreprises indépendantes peuvent nouer des liens durables avec leurs partenaires en misant sur la qualité. » Pour Gilbert Ammar, tout ce qui pourra rapprocher les entreprises du nord et du sud est positif.

Le projet de la Cité euroméditerranéenne doit être ce lieu de rencontre. Nous ne sauverons pas toute la filière, mais ce que nous pourrons développer nous le ferons avec des partenaires fiables sur qui nous pouvons nous appuyer.»

lien symbolique de ce partenariat dont on parle beaucoup, mais qui se concrétise peu. Le Sud de la Méditerranée est naturellement client et fournisseur de l’Europe, mais il doit se développer.  L’Europe devrait comprendre qu’elle a intérêt à renforcer ses clients plutôt que ses concurrents. La Cité pourrait devenir un porte-drapeau du projet euroméditerranéen et Marseille a la légitimité pour l’accueillir. Nous pouvons créer une véritable filière méditerranéenne du textile habillement qui soit une réponse intelligente au défi asiatique. » #


Spécial Cité La Turquie a su le faire avec une fabrication de qualité, des boutiques de détail remarquables et des marques qui émergent. Il faut convaincre les donneurs d’ordre que le Maghreb peut sortir des produits de qualité, que c’est plus facile de travailler en Méditerranée qu’avec l’Asie. Comment la Cité euroméditerranéenne de la mode va-t-elle agir ? L’Europe a réuni de nombreuses assemblées qui ont fait des propositions, qui ont publié des réflexions intéressantes. La Cité, elle, doit agir sur le terrain, dans le concret. Et le plus important, c’est la formation, le transfert de savoirfaire vers le Sud. La qualité est directement liée à la mobilisation et à la formation des salariés et des cadres. C’est là que nous devons investir. Nous devrons aussi faire connaître cette offre, ces produits, ces partenaires, ces capacités de production et donc faire évoluer, avec d’autres, l’image des industries méditerranéennes.

Changer l’image des industries méditerranéennes Vous parcourez la planète mode. Avez-vous constaté cette déferlante asiatique dont on parle ? Il y a un phénomène réel. Mais nous n’avons pas de vraies statistiques, nous en sommes réduits à demander des chiffres aux douanes chinoises ! On multiplie les paires de chaussettes sans savoir d’où nous partions et à force de présenter la Chine comme l’Eldorado des acheteurs, nous avons nousmêmes créé une mode ! Tout cela va se stabiliser. Comment expliquer ce succès ? Il est conjoncturel. Il y a un effet dollar évident, cela creuse un différentiel de 30 %. Il y a des pays qui vendent à perte et cela n’est pas durable. Dans le bas prix, il y a toujours plus bas, c’est l’exploitation sans fin du pauvre par le riche. J’ai vu aux USA une offre : « pour 100 dollars, deux costumes ». Quelle est l’issue pour le Maghreb fortement impacté par cette redistribution des achats planétaires ? Les acheteurs vont revenir au Maghreb. Il y a aujourd’hui un problème de qualité et de contrôle de la qualité. Ceux qui vont émerger sont ceux qui sauront investir dans la formation et dans le matériel. Je sais que nos collègues y travaillent. La rive Sud pourra alors faire une fabrication de proximité. C’est pour nous une nécessité économique, c’est pour les industriels maghrébins une condition de survie.

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Jean-Pierre Mocho, Président de la Fédération Française du Prêt-à-Porter Féminin, premier vice-président de l’Union Française des Industries de l’Habillement. Co-président fondateur de l’association de préfiguration de la Cité Euroméditerranéenne de la Mode.


La Cité : un réseau et une passerelle «La Cité Euroméditerranéenne de la Mode est à la fois un réseau, une tête de réseau et une passerelle. Réseau de professionnels et passerelle entre les talents du Nord et du Sud, passerelle des compétences et des savoir-faire, passerelle vers l’innovation... Il est important que la Cité soit un facteur de regroupement autour d’un label et qu’elle contribue à la promotion concrète des entreprises.»

Annie Carrai, Déléguée générale de la Chambre syndicale de l’habillement

Nous devons nous battre pour la création

Ubifrance aux côtés des entreprises en Méditerranée

«Il ne faut pas baisser les bras. Nous avons un problème de

En s’appuyant sur les 2 300 agents des missions économi-

prix de revient, de moyens de production. Nous ne sommes

ques françaises dans le monde, Ubifrance a une puissance de

pas en situation de nous battre sur les prix. Nous devons par

feu incomparable et trop souvent méconnue pour appuyer les

contre nous battre sur la création, sur la mode, sur le haut de

entreprises françaises à l’export. Installé depuis quelques mois

gamme. Nous avons une longueur d’avance. Bien sûr un jour

à Marseille, le Pôle Grand Sud souhaite s’impliquer

ou l’autre des stylistes indiens ou chinois vont produire

plus particulièrement aux côtés des entreprises de la filière

une mode asiatique. À nous de défendre et de promouvoir

textile habillement. Je me félicite que la région marseillaise ait

dès maintenant une mode méditerranéenne, une mode plus

su développer des niches, dont celle de la mode. Nous pou-

colorée, plus vivante, plus originale. À cet égard la Cité

vons apporter une information stratégique au profit des entre-

Euroméditerranéenne de la Mode est une initiative positive

prises, le projet de Cité Euroméditerranéenne de la Mode est

que je soutiens fortement. La Cité s’inscrit en cohérence

fédérateur des énergies et nous nous en réjouissons ».

totale avec les actions de la Chambre Syndicale (Voir page 18) pour promouvoir un système productif local et pour travailler dans des programmes européens, bref pour soutenir la création qui est le véritable moteur de nos industries.»

Michel Bauza, Chargé de mission du Pôle Grand Sud, Marseille « Nous avons développé un outil d’intelligence économique autour du secteur textile et nous sommes en relation, via les missions,

Roger Tochou,

avec les professionnels du Bassin méditerranéen. Ubifrance peut

Président de la Chambre Syndicale de l’Habillement de Marseille

s’impliquer dans les quatre pôles de la Cité Euroméditerranéenne de la Mode. Nous apporterons notre pierre pour aider les entreprises à maîtriser le risque et à faire valoir le savoir-faire français. Notre mission est de contribuer à créer des synergies. »

Marilyne Houbani, Chef de projet spécialisé dans la branche textile, Marseille


Michel Vauzelle,

Jean-Noël Guérini

Président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur

Président du Conseil Général des Bouches-du-Rhône, Sénateur des Bouches-du-Rhône

Quel soutien la Région peut-elle apporter aux acteurs de la filière mode-textile menacés

Quel soutien le Département peut-il apporter

par la fin des quotas et l’arrivée massive

aux acteurs de la filière mode-textile menacés

des produits d’importation asiatiques ? Les acteurs de la filière mode se sont regroupés en filière à la faveur d’une initiative de la Chambre syndicale d’habillement

par la fin des quotas et l’arrivée massive des produits d’importation asiatiques ? N’ayant pas vocation à soutenir directement les entreprises,

en 2003, dans un système productif local. Cette initiative

le Conseil général a choisi d’intervenir de façon volontaire pour

a immédiatement été soutenue par la Région qui incite

contribuer au développement de filières économiques en aidant

à la constitution de tels pôles productifs, de nature à soutenir

les acteurs qui regroupent les entreprises de ces secteurs.

et enrichir l’activité des chaînes de valeur économiques.

L’objectif étant de les aider à se structurer pour répondre aux

Ce dispositif permet de renforcer la dynamique des marques

défis économiques et technologiques des marchés, tels que

marseillaises, d’accompagner la mutation des métiers

peut l’illustrer la récente suppression des quotas d’importation

de la mode, en particulier au regard de la mondialisation,

dans la filière mode textile.

et de conférer à Marseille une position forte dans la gestion des flux de produits et dans le domaine des services aux industries de la mode. Que pensez-vous du rapprochement nord-sud des professionnels de la filière qui se réalise à travers le projet de Cité Euroméditerranéenne de la Mode ?

Que pensez-vous du rapprochement nord-sud des professionnels de la filière qui se réalise à travers le projet de Cité Euroméditerranéenne de la Mode ? Ce projet est intéressant. La Cité s’inscrit dans une logique structurante qui recouvre plusieurs aspects : développement économique, aménagement d’un territoire, rayonnement

C’est une excellente initiative qui permettra de proposer une offre

international et méditerranéen. Plus largement, l’idée d’un lieu

économique alternative « paneuroméditerranéenne » pertinente

unique consacré à la mode et à l’habillement situé à Marseille

dans le cadre de l’actuelle bipolarisation du commerce inter-

participe activement à la structuration actuelle de la filière dans

national partagé entre les blocs nord américain et chinois.

la Région, avec la constitution d’un comité technique

La région soutient annuellement les actions traditionnelles de

par «Provence Promotion» notamment.

l’Institut Mode Méditerranée par une subvention de 77 000 euros. En 2004, elle a participé activement à l’étude de faisabilité de la Cité Euro Méditerranéenne de la Mode conduite par Bernard

Etes-vous prêt à soutenir l’implantation de cette Cité à Marseille ?

Brunhes Consultants, et en décembre de la même année à

Sans préjuger d’un éventuel accord final sur la construction

complété à hauteur de 50 000 euros l’organisation à Marseille

de la Cité, le Conseil général, partenaire de l’Institut Mode

du Colloque Euroméditerranéen qui a mobilisé 160 leaders du

Méditerranée, a tenu à participer à la mission de préfiguration

textile habillement Français et Méditerranéen. Etes-vous prêt à soutenir l’implantation de cette Cité à Marseille ?

mise en place par l’IMM. Cette participation a pris la forme d’une subvention départementale spécifique, et s’est également traduite par l’organisation, en décembre 2004 à l’Hôtel du Département, d’un colloque sur les conséquences

Marseille, notre capitale régionale, a une vocation naturelle pour

de la libéralisation des échanges sur le marché du textile et

accueillir la réalisation de ce projet, et je défendrai bien sûr cette

de la mode, qui a réuni une centaine de professionnels de tout

localisation.

le pourtour méditerranéen.

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Spécial Cité

Jean-Claude Gaudin Maire de Marseille, Président de la Communauté Urbaine Marseille Provence Métropole, Vice-Président du Sénat Quel soutien la Ville peut-elle apporter aux acteurs de la filière mode-textile menacés par la fin des quotas et l’arrivée massive des produits d’importation asiatiques ? La filière mode-textile-habillement prend, depuis plusieurs années, une part croissante dans l’économie marseillaise. Aussi, la Ville demeure préoccupée par les conséquences de la déréglementation complète de ce marché. Avec la Chambre syndicale, la Ville et la Communauté urbaine se sont fortement impliquées dans le Système Productif Local mode-habillement qui doit permettre à cette filière de se structurer dans la perspective de faire de Marseille un pôle d’excellence en matière de création de mode et d’habillement. Que pensez-vous du rapprochement nord-sud des professionnels de la filière qui se réalise à travers le projet de Cité Euroméditerranéenne de la Mode ? En réunissant les acteurs concernés, en favorisant les échanges de compétences et d’expériences, ce rapprochement ne peut que se révéler bénéfique pour tous. De plus, il se situe dans la droite ligne de ses objectifs de coopération euro-méditerranéenne que la Ville s’attache à développer. Etes-vous prêt à soutenir l’implantation de cette Cité à Marseille ? La Ville a déjà apporté son soutien au colloque euro-méditerranéen qui a jeté les premières bases de cette future structure. Elle suit donc avec attention l’évolution de ce projet et la définition de son contenu.


Spécial Cité

Une Cité, quatre pôles

Après le colloque de décembre 2004, le collège des fondateurs de la Cité s’est réuni en association de préfiguration. Les quatre pôles constituent ensemble les piliers du projet. pôle formation

pôle Créateurs

Les besoins identifiés par les professionnels de la région PACA, mais aussi par leurs homologues euroméditerranéens, concernent des formations qualifiantes pour des salariés et des étudiants, au-delà de bac +2, jusqu’au doctorat dans les domaines du management, du marketing, de la communication … Deux acteurs de formation ont souhaité s’associer aux réflexions menées pour proposer :

Il est identitaire de la Cité. Au-delà de l’indispensable rapprochement des entreprises, il s’agit de construire autour des couleurs et des formes, un « désir de Méditerranée » dans le public. « La création dans nos métiers porte la production », souligne Jean-Jacques Picart, consultant, très impliqué dans ce projet. « Dans le Bassin euroméditerranéen, précise Olivier Saillard, chargé de la programmation au Musée de la mode et du textile à Paris, nous constatons l’existence de « familles stylistiques » d’inspiration « Sud », reposant sur des chefs de file reconnus, tels que Mario Fortuny, Elsa Schiaparelli, Ungaro, Alaïa, Christian Lacroix… et plus récemment, Dice Kayek, Hussein Chalayan, Elie Saab, Agatha Ruiz de la Prada, Sophia Kokosalaki, Moschino … Elles se caractérisent par un travail sur le corps et les volumes du vêtement… » Le pôle création se fixe comme objectif d’accueillir en résidence des jeunes créateurs de mode français et méditerranéens à Marseille pour leur donner les moyens de leur première collection, les former aux réalités économiques du métier et les aider à structurer leur projet d’entreprise. De deux à quatre créateurs pourraient bénéficier de ce programme dès fin 2005/2006.

-

Université de la Méditerranée : création d’une licence professionnelle orientée vers le management de la mode et la distribution (en cours de validation pour la rentrée 2006)

-

Euromed Marseille - Ecole de Management : création en formation continue d’un module de spécialisation Mode, rattaché à un programme de management général, et la mise en place de formations à la carte (rentrée 2005).

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pôle entrepriseS L’objectif est de mettre en réseau les entreprises, de développer les co-traitances et d’améliorer la compétitivité des entreprises au nord comme au sud. Un appel à candidature pour la plateforme logistique est lancé, pilotée par la Chambre Syndicale de l’Habillement. De même, le programme européen « Tela di Aracne » doit à la fois favoriser la transmission des savoir-faire et faciliter les échanges internationaux. Ubifrance s’inscrit dans ce projet pour aider les entreprises françaises à valoriser leurs compétences et dynamiser leur productivité. Pour Bénédict de Saint Laurent, responsable du programme Anima au sein de l’Afii, l’Agence française des investissements internationaux, il est nécessaire de « valoriser la filière sur la base d’un recensement des compétences et la recherche de nouvelles niches ».

Pôle information multimédia Ce pôle est un outil transversal de rapprochement et d’échanges qui prend place au sein de la pépinière de Marseille-Innovation. Il est une vitrine et un atelier de collaboration. Il se traduira par la mise en place d’un portail Internet et d‘un bureau de style virtuel de la Méditerranée, une véritable médiathèque numérique qui permettra d’archiver, d’éditer, de diffuser et de promouvoir la mode euroméditerranéenne.

Ces quatre pôles constituent l’ossature cohérente d’un projet global qui prend en compte l’ensemble des compétences et des forces nécessaires pour s’opposer au bloc asiatique. « Nous comptons trouver auprès des autorités bruxelloises un soutien actif », souligne Marilyne Bellieud-Vigouroux, Présidente de l’Institut Mode Méditerranée.

La Cité sera une tête de réseau, un lieu de ressourcement et d’énergie pour la mode méditerranéenne. Notre projet n’est pas en concurrence avec d’autres, mais au contraire tout à fait complémentaire et fédérateur. La Cité a vocation à valoriser chaque partenaire sur les deux rives de la Méditerranée, à mettre en relation, à favoriser les synergies. Les partenaires du Sud sont là, avec leurs talents et leurs attentes, nous construisons la Cité avec eux dans la perspective d’un dialogue riche, ouvert et respectueux. » #

Nous remercions les membres fondateurs de l’Association de préfiguration de la Cité Euroméditerranéenne de la Mode : Jean-Pierre Mocho, président de la Fédération Française du Prêt-à-Porter Féminin (FFPAPF), Karim Tazi, président de l’Association Marocaine des Industries du Textile et de l’Habillement (AMITH), Ahmed Sellami, président de la Fédération Nationale du Textile FENATEX – Tunisie, Claude Miserey, président de la Fédération Française des Industries du Vêtement Masculin, Claude Tétard, président de l’Union Française des Industries de l’Habillement (UFIH), Lucien Deveaux, président de la Fédération de la Maille et d’Eurovet, Mario Boselli, président de la Camera Nazionale della Moda Italiana, Sleiman Khattar, président du Syndicat des Industries Textiles au Liban.


Economie Chambre Syndicale de l’Habillement

Parcours mode, parcours gagnant ! La Chambre Syndicale de l’Habillement est sur tous les fronts pour accompagner les entreprises du secteur dans une démarche collective de progrès et de performance : plateforme de services en cours (voir ci-contre), participation au programme européen Tela Di Aracne, démarche d’aide à l’export inventive... « Services, export, innovation » sont les maîtres mots de la Chambre phocéenne. Comment favoriser une rencontre privilégiée entre les bureaux d’achats et les créateurs de la région marseillaise? Les Conventions, les salons, les prospections collectives sont indispensables. Mais le chef d’entreprise régionale est noyé dans la masse, dans une surenchère de stands, de défilés, de rendez-vous qui finissent par lasser l’acheteur potentiel. Comment éviter ce trop-plein ? En faisant du cousu main, en faisant dans la qualité des contacts plus que dans la quantité. La Chambre Syndicale avec les « Circuits profession mode » a inventé une méthode d’approche conviviale et efficace. Côté industriels, il faut jouer un jeu collectif et accepter de participer, y compris financièrement à une opération d’accueil des acheteurs, opération qui doit profiter à tous. En novembre dernier, ils étaient 16 à avoir accepté de jouer le jeu. Côté acheteurs, c’est le plus difficile, il faut faire venir des bureaux significatifs qui acceptent de passer deux jours à Marseille. Annie Carrai, Déléguée Générale de la Chambre, leur concocte alors un séjour sur mesure. Ils visitent les entreprises, découvrent les créateurs dans leurs ateliers. Un showroom organisé par l’Institut Mode Méditerranée pendant les deux jours leur permet d’apprécier les jeunes talents de la cité phocéenne. Pour clôturer l’opération, une soirée conviviale réunit professionnels et acheteurs. La formule plaît, la « version été » avait lieu les 21 et 22 juillet 2004, la « version hiver » les 25 et 26 novembre. Et les industriels et créateurs concernés bénéficiaient d’une signalétique

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Christian Apothéloz

spécifique lors des salons parisiens Porte de Versailles fin janvier dernier. « Les rendez-vous personnalisés, les visites permettent de nouer des liens durables avec les acheteurs, souligne Annie Carrai, les industriels y croient puisqu’ils financent l’opération à 50 % et souhaitent que « Parcours profession mode » soit renouvelé. » #

Plateforme logistique intelligente : les opérateurs candidats Après la clôture de l’étude de faisabilité et le lancement d’un appel d’offres auprès des opérateurs de services et en particulier des opérateurs de logistique, quatre opérateurs ont manifesté leur intérêt pour ce projet. Il leur reviendra d’identifier le lieu, le dimensionnement et l’équilibre économique avec la Chambre et les futurs clients-partenaires. Cette plate-forme logistique et de finition est un outil du SPL*, le système productif local pour organiser la filière en Euroméditerranée autour d’une démarche « Innovation, service & qualité ». L’objectif est d’accompagner les entreprises de la région PACA en développant une offre de services « globale » : ainsi le projet prévoit la mise en place de services couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis l’amont avec des services de sourcing matières, de bureaux d’études jusqu’en aval avec des structures d’appui à la gestion, de finition, de packaging, distribution, etc. Cette offre de services industriels complétera les services purement logistiques afin d’offrir aux acteurs un outil performant, vecteur d’une nouvelle dynamique pour l’ensemble de la filière. Cette plate-forme s’intègre dans une démarche de réseau c’est-à-dire d’interconnexion entre les services existants. Elle sera un foyer d’innovation des services et un lieu de promotion des entreprises de la zone euroméditerranéenne.

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SPL ou système productif local, version française des districts italiens ou des clusters. Le SPL Professions mode est entré dans sa phase active à l’été 2003. Il est un membre actif du CDIF (Club des districts industriels français) et du groupe des SPL textiles (14 SPL actifs).


Tela Di Aracne, programme européen,

la toile pour l’emploi

Le projet «Tela Di Aracne» soutenu par la Commission européenne, rassemble aux côtés de Marseille six partenaires italiens (Régions Toscane, Émilie Romagne, Calabre, Ombrie, Sicile et le Musée du tissu de Prato), deux partenaires espagnols (Fundacion para le desarrollo del legado Andalusi et Ajuntament de Terrassa), un partenaire grec (Région de Grèce occidentale), la Tunisie (Office national de l’artisanat tunisien) et le Maroc (Association Espod), le chef de file étant l’Italie avec la région Toscane. Le projet a pour objectif principal de favoriser l’emploi dans les entreprises du secteur textile, en particulier l’emploi des femmes, en s’appuyant à la fois sur les nouvelles technologies de l’information sur la préservation des savoir-faire traditionnels et sur l’ouverture des marchés à l’export. La Ville de Marseille s’appuie sur les compétences de l’Institut Mode Méditerranée et de la Chambre Syndicale de l’Habillement pour toute la durée du projet de 2004 à 2006. L’Institut Mode Méditerranée, a été chargé par la Ville de Marseille d’établir un état des lieux de la filière et a rendu à cet effet un rapport de recherche présentant l’environnement de ce secteur, son actualité et ses grands projets, notamment celui de la Cité Euroméditerranéenne de la Mode. Par ailleurs, toujours dans le cadre de ce programme européen, l’Institut Mode Méditerranée a conçu et développé

un « Parcours Formation », en particulier sur les pratiques et techniques à l’export et élaboré un outil de formation en « e-learning ». La Chambre Syndicale de l’Habillement, quant à elle, travaille dans ce cadre à la conception d’un « guichet unique export », pôle d’information et d’échanges qui sera intégré à la communauté virtuelle de la « Tela Di Aracne. » Tous les par tenaires du projet seront présents à Marseille en décembre 2005, à l’occasion des « Rencontres Interpartenariales Tela di Aracne » et du Séminaire Méditerranéen qui fera le point sur les actions réalisées et en cours. Ces manifestations seront organisées conjointement avec le colloque de synthèse de la Cité Euroméditerranéenne de la Mode, Marseille voit ainsi reconnaître son rôle et sa place de métropole euroméditerranéenne du Textile, de la Mode et de l’Habillement. #

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Christian Apothéloz


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Coup de projecteur sur les créateurs Ils ont de l’or dans les mains et du plomb dans la tête. Les jeunes créateurs marseillais n’en finissent pas de prouver leur talent et leur détermination dans cette voie qui les a choisis. Sculpteurs de vêtements, et complices de l’air du temps, ces artisans de couture sont inspirés par les couleurs et les matières qu’ils mélangent au gré de leur imagination toujours en éveil. Portraits de ces graines d’artistes qui poussent dans la vaste pépinière phocéenne de la mode.

Marion Kressmann


Portraits

Nicolas Douyer, la rage de vaincre

Nicolas Douyer a déplacé des montagnes pour devenir ce qu’il est. Aujourd’hui, associé à la juriste Clarisse Dubout, il conçoit la marque de vêtements urbains, TCHEKA, qu’il compte commercialiser et diffuser dans de nombreux pays. Rien ne semble l’arrêter.

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Nicolas DOUYER a une volonté indéfectible et bien énergie convainquent : il décroche une aide et trouve ancrée en lui, de s’en sortir et de créer. un local dans le centre-ville de Marseille. A l’instar de certain héros, il est tombé dans la « marC’était il y a sept ans. Il choisit alors d’appeler sa mite du textile » quand il était petit … Sa mère, coumarque TCHEKA, nom à consonance slave, pour se turière, lui demandait souvent de l’aider à découdre démarquer à un moment où la tendance est aux noms un zip ou un ourlet, et la légende familiale veut même américains ou japonais. Depuis, épaulé par l’Institut que sa sœur ait jeté une boite d’épingles dans son Mode Méditerranée, il a participé à plusieurs salons berceau… Voir. et présentations aux Galeries Lafayette, et a été Pourtant, c’est dans l’agriculture que Nicolas Douyer lauréat de la Charte des créateurs 2002/2003. débute, par choix : il n’a jamais voulu d’un emploi Fin 2004, il crée sa société, 2DB, en dans un bureau fermé, préférant s’associant avec Clarisse Dubout, l’air libre et la nature. Tous les soirs, spécialiste en Droit des Affaires Fin 2004, il a créé quand il rentre chez lui, il retrouve chargée de la gestion de la société. les machines à coudre de sa mère. sa société, 2DB, en Ensemble, ils envisagent de partiIl décide de s’y mettre à son tour, s’associant avec Clarisse ciper à différents salons à Paris, et commence à confectionner une Berlin, Barcelone. chemise, tant bien que mal, en vrai Dubout, spécialiste en Son vêtement, d’inspiration urbaine, autodidacte qu’il est. Droit des Affaires a toujours un trait d’humour : une Peu à peu la couture devient sa étiquette qui vous dit « Portez-vous chargée de la gestion double vie : il passe des nuits à bien », des sérigraphiques rigolotes, concevoir des prototypes, à piquer de la société. Ensemble, ou des poches en formes de mouune crise de nerf devant un patro- ils envisagent de partifles … « J’adore ce double sens, il nage raté, puis à recommencer, crée un lien discret entre la marque ciper à différents salons encore et encore. Il organise même et la cliente », explique t-il. un petit défilé dans sa ville natale, à Paris, Berlin, Barcelone. Aujourd’hui le créateur de TCHEKA près de Marseille. Et décide de et son associée sont les heureux franchir le pas. « J’avais des ambilocataires d’une immense boutique, tions artistiques et une certitude : Place de la Corderie à Marseille, où sont présentées c’était avec le vêtement que j’aurais une chance de et diffusées plus de 25 marques. gagner ma vie », explique le créateur. Ils connaissent les difficultés des jeunes créateurs Il se lance alors dans une formation et décroche à pour les accueillir et les côtoyer au quotidien dans sa sortie un job de costumier au Club Med. Si l’amcet espace boutique/atelier. Pour que leur marque biance de spectacle potache lui plaît, il se heurte à se distingue mieux des autres, ils travaillent depuis des régisseurs qui l’empêchent d’exprimer sa créaun an à la « renaissance de TCHEKA ». Ils préparent tivité, l’enfermant dans un cadre trop rigide à son en particulier, avec leur équipe de 3 stylistes/modégoût. Et Nicolas Douyer n’est pas du genre à faire listes, les collections Hiver 2005/2006 et Eté 2006. des compromis avec son imagination. Leur rêve ? Etre diffusé dans le monde entier. Il met un terme à ces activités, se retrouve rmiste Rien que ça ! et apprend qu’il existe des aides à la création d’enNicolas fonce, et n’est pas prêt de se décourager. treprises. Il passe alors plusieurs mois à constituer Il en vu d’autres. # son dossier et démontre à un jury d’une dizaine de personnes, qu’il sait créer, coudre, et que le travail 24/24 et 7/7 ne lui fait pas peur. Sa motivation et son

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Marion Kressmann (photo)

Serge Assier

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Nicolas Douyer TCHEKA Tél : 04 91 33 00 97


Portraits

Formol, elle a tout d’une grande

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Le modèle de Coralie Grégoire, c’est la femme-enfant : un pied dans l’innocence, l’autre dans la séduction, le visage encore poupin. Les modèles de l’été 2005 – sa quatrième collection –, tiennent du bonbon, tout acidulés, avec des pois, des rubans et des manches ballon. Une histoire comme un conte de fées, avec un prince charmant, un magicien et d’heureux sortilèges.

Coralie Grégoire vit de coups de tête, de coups de chance et de rencontres magiques, entre un monde de fées mutines et coquettes et celui, moins lisse, de la rue, qui rime avec tags, graphs et trash. La jeune Grenobloise débarque à Marseille en 1997 après une année de BTS stylisme pour suivre les cours de l’IICC (Institut international de création et de couture) à Marseille et maîtriser le modélisme. Avec d’autres élèves, une association baptisée Formol est mise sur pied, pour fédérer aussi bien des activités liées à la mode, que de l’art, du street art, du design et même de la musique électronique ; et leur vaut un premier article dans la Revue des jeunes créateurs. Avec son amoureux graphiste, St Arsky, elle imagine alors les premiers stickers et tee shirts. Etape suivante, le salon Who’s next. « J’ai été contactée, j’y suis allée au culot, avec simplement une petite collection de tee-shirts sur le thème Starsky et Hutch. On m’a dit OK vous avez un stand ! ». Packagés dans des boîtes ludiques, accompagnés de gadgets (un stylo pour relier les points dessinant le mot Formol ou un serre-tête pour la Pouf gadget), les tee-shirts font un tabac et Colette passe commande ! Ces collections réalisées en petites séries intéresseront bientôt des boutiques haut de gamme italiennes ou allemandes, ou des espaces comme Killiwatch à Paris. A la même époque, la jolie Coralie qui a passé un entretien chez Castelbaljac Homme apprend que sa candidature est retenue… et refuse, boostée par ses premiers succès. Désormais seule aux commandes de Formol –le reste de la troupe s’est égayé dans la nature-, la jeune créatrice est vite confrontée aux réalités et écueils du marché : le financement, la façon, la fabrication, le réseau commercial…. Sur le point de jeter l’éponge,

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Nathania Cahen (photo)

Serge Assier

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en 2002, elle rencontre un financier que le projet intéresse et qui devient son associé. L’aventure peut se poursuivre, de vraies collections voient enfin le jour, avec quelque 60 pièces à la clé. Perchée sur ses talons, cette jeune styliste de 29 ans dit ressembler à ses modèles, et surtout évoluer avec eux. La baby doll sent la femme s’épanouir. C’est évident au regard de la collection créée pour l’hiver prochain, où les matières, les coupes et les couleurs évoquent davantage une femme sensuelle et glamour. Des pantacourts en tweed côtoient des tops fluides et drapés, des vestes cintrées à la cambrure saillante et des lainages ajourés dans des tons poudrés. Une ligne plus sobre que viennent enjoliver fronces, strass, rubans, petits nœuds, perles et pompons : tendres prolongements de l’enfance et de la facétie dont raffole Coralie Grégoire. Ces collections bien fraîches sont déjà distribuées dans une quarantaine de points de vente en France (Kyo à Aix, Playback à Marseille…) ainsi qu’en Grande-Bretagne, en Suisse et en Allemagne. L’Asie et le Japon seront sans doute les prochains clients. La jeune femme poursuit en parallèle son travail avec St Arsky. Le duo produit chaque année une collection mixte de tee-shirts et de jeans baptisée « la street est fashion », en vente notamment au rayon VO des Galeries Lafayette. Coralie gère ses collections de bout en bout et ne trouve pas le temps de souffler… « Heureusement, j’absorbe mille choses au quotidien, les idées prennent forme presque à mon insu et je peux dessiner une collection en dix jours ! ». Sa priorité désormais est de trouver des associés pour fabriquer en France. Bouteille à la mer ! #

Coralie Gregoire FORMOL Tél : 04 42 60 78 53 Site : www.formol.fr


Portraits

La mode cristalline d’Hervé Devilla Tous les chemins mènent à la mode. Après un début de carrière dans la comptabilité, Hervé Devilla choisit la couture, à trente ans passés. Il se fait remarquer pour sa customisation des jeans quelques mois avant que la mode ne débarque en France. Depuis, il s’est spécialisé sur des pièces de bain pour homme (maillots, paréo etc…) sur lesquelles il appose du cristal, devenu sa marque de fabrique.

Il les appelle toutes par leurs prénoms : Marlène, Maryline, ou Joséphine. Ces stars du glamour, il les connaît depuis toujours, ce sont elles qui lui ont donné le goût des formes et des matières. Hervé Devilla est fasciné par ces actrices, qui grâce à des vêtements sublimes, ou à des retouches photos des studios Harcourt, pouvaient se transformer en icônes parfaites. « Ces images sont pour moi des effluves de parfums. Elles me suivent depuis ma plus tendre enfance et m’ont donné l’envie de créer». Sa source d’inspiration, il l’a puisée dans son souvenir de la divine Dietrich vêtue d’un fourreau de perles signé Jean Louis, le créateur qui habillait le tout Hollywood. « On aurait dit que des gouttes d’eau perlaient tout le long de son corps ».

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Avant d’être dans la création, Hervé Devilla a eu une autre vie. Une vie de comptable. Il y a cinq ans, après un traumatisme personnel, il comprend qu’il ne passera pas le restant de ses jours à faire des additions, pour se retrouver à 60 ans plein de regrets de ne pas avoir concrétisé ce qu’il l’a toujours titillé, la mode, lui qui, au restaurant, au bureau, ou au téléphone, est toujours entrain de griffonner sur un bout de papier des modèles de vêtements. L’été de son changement d’orientation, le destin (sa « petite étoile », comme il l’appelle) décide de lui donner un coup de pouce. Il est en vacances à Saint-Tropez, quand le responsable d’une boutique remarque son jean agrémenté d’une pierre turquoise.


« Il crée alors des lignes plus épurées, ses chemises blanches ont une simple coupe droite à laquelle il associe des motifs en éclats de cristal, la touche sophistiquée du vêtement. »

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Marion Kressmann (photo)

Serge Assier

Herve Devilla DVIL Tél : 04 91 94 11 91 Site : www.dvilnavy.com

Le vendeur, qui n’arrive pas à écouler tout un stock de jeans bruts, lui propose d’y broder des perles, la mode des jeans customisés n’a pas encore déferlé sur l’hexagone. Le travail d’une seule pièce peut lui demander jusqu’à 80 heures de travail, car les techniques de broderie, Hervé Devilla ne les a pas apprises, et pour cause, à l’école de comptabilité. Qu’importe, il est porté par sa passion et son envie de savoir.  « Je suis un boulimique de culture et d’art, j’aime apprendre, c’est mon côté gémeaux. Je suis une éponge, je m’imprègne de tout. » La preuve : ses jeans se vendent comme des petits pains. Dans la foulée, il décide de lancer sa marque, aidé par l’IMM. Elle s’appellera Dvil, une contraction de son nom et une référence ludique au - bon petit - diable ou à la Cruella de Walt Disney. Il se spécialise dans l’homme, mais ne s’interdit pas quelques créations de haute couture pour femme. Il tombe en pamoison devant les pierres du bijoutier Swaroski qu’il décide d’intégrer à ses vêtements. Il crée alors des lignes plus épurées, ses chemises blanches ont une simple coupe droite à laquelle il associe des motifs en éclats de cristal, la touche sophistiquée du vêtement. Il se spécialise dans le bain pour homme (maillot, paréo, sorties de bains), en apposant sur chaque élément sa marque cristalline. Peu à peu, Hervé Devilla élargit son éventail de création au design et au graphisme, tout en avouant un faible pour les techniques d’Andy Warhol. En 2003 et 2004, il a exposé au salon du Prêt à porter à Paris dans l’espace Casabo, et envisage cette année d’être au salon de Lyon, plus spécialisé dans le bain et l’estival. Sa carrière prend aussi une tournure internationale grâce aux contacts noués avec des bureaux d’achats japonais, rencontrés lors des journées organisées par l’Institut et la Chambre Syndicale. Ses prochains défis ? Continuer à imposer sa marque, en France et à l’international, et concevoir des univers en créant des meubles, des ambiances, des espaces. Voire, pourquoi pas, se mettre à la sculpture. Un vrai touche à tout, on vous dit. #


Portraits

Dans son atelier, Sandra Iacono crée sa mode, inspirée de la rue. Elle vient de monter un atelier de fabrication au Maroc et s’y est même acheté un petit troupeau de moutons pour travailler la laine et le cuir, ses matières fétiches. Cet été, la créatrice inaugurera sa première boutique Sâra Ké à Marseille, en attendant d’en ouvrir une à la fin de l’année, à Barcelone.

Sâra Ké, de la France au Maroc

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Marion Kressmann (photo)

Serge Assier

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Pénétrer dans l’atelier de Sâra Ké, c’est un peu comme rentrer dans la caverne d’Ali Baba. Au deuxième étage d’un petit immeuble de la rue de Rome, dans une grande pièce à l’abri du monde et du bruit des voitures, Sandra vous ouvre la porte, tout sourire. A l’intérieur, une robe rouge à pois noirs, inspirée du Flamenco et de ses racines hispaniques. Sur un cintre, une veste éclatante, en tissu d’ameublement et en laine brute, qu’elle vient de terminer. Par terre, des ciseaux, du tissu. Au mur, la cinquantaine de modèles qu’elle présentera pour sa collection d’été. A peine avez-vous eu le temps d’apercevoir voir ses grands yeux noirs engonçés dans un bonnet, que déjà Elle virevolte, passe d’un modèle à l’autre, réajuste une manche qui pend, un col qui n’est pas droit, vous propose du café, ou adresse une dernière recomman-

Elle préfère capitaliser et communiquer sur sa marque, pour rentrer, comme elle l’espère, aux Galeries Lafayette. À­­terme, elle souhaite monter un réseau de magasins franchisés à son nom.

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Sandra Iacono SARA KÉ Tél : 04 91 33 82 71

dation à son fidèle Mounir, chargé de communication. Son atelier est comme elle, en mouvement perpétuel. Tout juste assise, la voilà qui se lève, repart vous montrer un modèle qu’elle vient de terminer, sort une photo de son fils qui s’appelle, - ironie du sort - Kenzo, vous parle politique, regrette que les médias ne mettent l’accent que sur les catastrophes, plutôt que sur les initiatives positives, et peste contre les femmes mûres qui s’habillent comme des teenagers. Bref, elle bouillonne, et fourmille d’idées. Elle est en pleine période de création, et ça se sent. Son inspiration lui vient de la rue. Quand elle a soif d’idées, elle va s’asseoir à la terrasse d’un café et peut rester, une, deux, ou trois heures à observer les gens, à écouter leurs conversations. « Je fais ce qu’il me plaît, et pas forcément ce qu’on voit dans les boutiques. Malgré cela je n’ai jamais eu cette impression d’être en décalage avec la tendance. J’hume l’air du temps », dit elle. Parfois aussi, il lui arrive de ne pas sortir de chez elle pendant des semaines, tant elle se sent agressée le monde extérieur. Car toutes les ondes du monde, Sandra, avec sa sensibilité à fleur de peau, les reçoit puissance dix. Depuis quelques mois, elle a monté son propre atelier de fabrication au Maroc. Parce que la main d’œuvre y est moins chère ? « Pas du tout », s’enflamme la créatrice « mais parce que là bas, la fabrication est impeccable. Les marocains comprennent parfaitement ce que je veux ». Sandra est particulièrement attentive à la finition de ses pièces. Elle vient d’ailleurs de se débarrasser d’un stock de pantalons, qu’on venait de lui livrer. Motif ? La couturière n’avait pas respecté à la lettre ses instructions, et le modèle ne tombait pas comme elle l’avait dessiné. Au Maroc, elle allie l’éthique au travail, et offre un contrat de travail aux couturières, si celles-ci s’engagent à scolariser leurs enfants. En plus de son atelier, elle a acheté un petit troupeau de moutons pour travailler sa propre laine. Aujourd’hui, la créatrice ne souhaite pas multiplier les points de diffusion de ses vêtements. Elle a exposé dans plusieurs salons régionaux, et se prépare pour celui du Prêt-à-porter de 2006. En attendant, elle préfère capitaliser et communiquer sur sa marque, pour rentrer comme elle l’espère, aux Galeries Lafayette. A terme, elle souhaite monter un réseau de magasins franchisés à son nom. Mais dès septembre Sandra ouvrira sa propre boutique à Marseille, avant d’en monter une deuxième dès cet hiver, à Barcelone. #


Portraits

Inari, la Finlande en héritage page 30

Inari Blanc aime les mélanges inattendus de matières. Tulle, flanelle, laine et fils de scoubidous, tout va ensemble, pourvu qu’on ait l’art et la manière de les mêler. A 26 ans, elle est à la tête de sa petite entreprise rue Sainte, et sortira cet été sa plus grande collection : 35 pièces. (texte)

Marion Kressmann (photo)

Serge Assier


Inari est 50% finlandaise, mais 100% artiste. Aussi personne n’aura rien perdu. En quelques semaines, loin qu’elle s’en souvienne, elle a toujours voulu faire Soul Shop écoule les quelques vêtements d’Inari…. de la mode son métier. A 12 ans, elle cousait déjà ses Et lui demande de renouveler l’opération. Dans la vêtements, à 18, elle passe un bac option arts plas- foulée, elle est choisie pour exposer aux Galeries tiques, et part ensuite étudier deux années sur les Lafayette avec d’autres jeunes créateurs. Pour Inari terres de ses ancêtres, en Finlande (d’où elle tire son c’est le bon moment : elle a 25 ans, et décide de joli prénom), pour une formation de design textile. monter toute seule, comme une grande, sa propre Inari voulait comprendre le tissu, percer les secrets société. Elle intègre une « couveuse » d’entreprises de fabrication des motifs. Revenue en France, elle à Marseille, qui l’aide encore aujourd’hui à se dépas’inscrit dans une fac d’Arts plastiques à Aix tout en touiller des contraintes administratives et juridiques, peaufinant, en parallèle à Marseille sa formation dans et officie depuis un an dans son petit atelier de la rue le tissu. Là, elle réalise ses preSainte, aidée un jour par semaine mières œuvres, qui deviendront sa par une stagiaire. Inari a exposé au salon marque de fabrique : des sacs en Plus le temps passe, plus Inari ose. du prêt-à-porter, dans tulles et en fil de scoubidous. Puis Cet été elle présentera sa plus elle enchaîne, jupes, top, robes… l’espace «pick and mix», grande collection, 35 modèles de Inari crée une mode à son image, vestes, de tops, et de pantalons, en septembre dernier, décontractée, urbaine, mais aussi dans des matières toujours aussi et a prospecté au printrès habillée, quand on lui ajoute composites : flanelle de laine, maille, quelques accessoires bien choisis. temps en Finlande. et pour la première fois, des tissus Elle cultive l’art des alliances de à motifs. Inari a exposé au salon du Elle a aussi été choisie matières saugrenues. Du tulle, des prêt-à-porter, dans l’espace « pick avec 5 autres jeunes scoubidous, de la flanelle : elle les and mix », en septembre dernier, mêle toutes. et a prospecté au pirntemps en créateurs pour présenter Quant un jour elle entend parler Finlande. Elle a aussi été choisie ses modèles dans le des « contrats de qualification », avec 5 autres jeunes créateurs pour catalogue Quelle. elle y voit une belle occasion de présenter ses modèles dans le côtoyer les professionnels. La voilà catalogue Quelle. Une vraie réussite : donc partie frapper à toutes les portes de Marseille, elle a déjà vendu 800 pièces, et reçoit chaque jour ses créations sous le bras pour mieux convaincre des nouvelles demandes de renseignements par mail. les stylistes. La quinzième porte, celle du magasin Pour des artistes hip hop, elle imagine des costumes Casablanca, sur le cours Julien sera la bonne. Inari com- de scène, où elle affirme son goût pour le mélange mence par décrocher un job de vendeuse, et devant des genres. Là aussi elle mêle fourrure, résille et tant sa motivation et sa détermination, elle est embauchée d’autres matières. Son rêve serait de pouvoir combiner comme modéliste. « C’est là que j’ai tout appris », se les deux : du prêt-à-porter où couleurs et formes sont souvient la jeune femme. fatalement un peu dictés par la tendance, avec des Soutenue par l’Institut, elle participe au salon « Mode à créations pour des artistes afin de laisser libre cours à Juan » tout en continuant vaille que vaille la tournée des son imagination. Aujourd’hui, plusieurs points de vente boutiques pour y vendre sa marque INARI. Elle y trouve de la région proposent ses créations. Pas encore assez sa technique : après avoir essuyé un énième refus, elle à son goût. Mais elle compte se développer, grâce propose à l’enseigne Soul Shop, d’y laisser ses créa- notamment aux sérieux contacts qu’elle a noués avec tions en dépôt vente. Si ça se vend tant mieux, sinon, plusieurs bureaux d’achats. #

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INARI - Inari Blanc Tél : 04 91 33 61 02 E-mail : inari@voilà.fr Site : www.inari.fr


Portraits

Sabine Bardon, jamais deux sans trois Les vêtements de Sabine Bardon ont une coupe épurée, simplement réhaussée d’une broderie d’inspiration artisanale. Des choix exotiques et naturels pour une mode teintée d’ethnicité, qui a déjà séduit nombre de pays étrangers. Avec ses petites boucles blondes, ses grands yeux bleus et sa silhouette toute fluette, on prendrait volontiers Sabine Bardon pour une gamine à peine sortie de l’adolescence. Mais qui l’eut cru ? La créatrice de Jayko a en réalité 33 ans, 3 enfants, près de quinze ans de métier, et bientôt 4 collections à son actif ! A peine sortie de son BTS de style, elle décroche un job dans le groupe Garella, qui lui confie les rênes d’une de ses marques ombrelles, Batiste. La jeune femme y avait déjà fait un stage quelques mois auparavant, et avait conçu un top qui avait battu des records de ventes. Avec un tel CV, les portes de l’entreprise lui étaient grandes ouvertes. Chez Batiste, elle décline les formes de costumes militaires du 18 ème siècle qu’elle aime particulièrement, et les revisite, version XX ème siècle. Elle passe plus de dix ans dans la société, y apprend tout, et noue de nombreux contacts avec les acteurs de la chaîne de fabrication. Son naturel affable, son carnet d’adresses, et son talent lui sont bien utiles lorsqu’elle décide de lancer sa marque JAYKO, en 2002 :« Sans tous ces gens qui m’ont fait confiance, je n’en serai pas là » avoue t-elle. Depuis qu’elle est son propre patron, Sabine Bardon a retenu une chose essentielle : pour réussir dans ce métier, mieux vaut ne pas trop se plier aux desideratas des autres, mais écouter sa petite voix. Cet adage, elle l’a appris à ses dépens. Pour sa première collection, elle multiplie les études de marchés, tente de cerner les attentes des détaillants susceptibles de vendre

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ses produits. Elle compare, benchmark, calcule, et en arrive à la conclusion imparable que, pour percer, il faut se positionner sur la robe. La jeune femme n’a pas vraiment d’expérience dans ce produit, mais qu’importe, elle fonce tête baissée…. avant de se rendre compte que les femmes ne sont pas toutes faites de la même façon ( !) et que si la taille est bien ajustée, ce sont les épaules qui sont trop larges. Ou vice versa. Sa première collection ne rencontre donc pas le succès escompté. Des « fins connaisseurs » du métier lui conseillent alors de jouer la carte « jeune créateur branché » et de mêler des matières nouvelles, high-tech, avec des formes bizzaroïdes. Bref, de concevoir une mode pas très commerciale. Et forcément, sa deuxième collection ne bat pas des records de ventes. En plus, ses caisses sont quasiment vides. Sabine décide alors de jouer sa dernière carte en créant une collection à son image, où pour la première fois, elle se fait plaisir et se sent à l’aise. Elle dessine des vêtements simples, épurés, inspiré de costumes traditionnels populaires, pour la femme de 30 à 50 ans. Ses jupes ne vont pas au dessus des genoux, ses tops sont lacés, ses tissus pliés. Toutes ses pièces ont une résonance ethnique et artisanale. Mais tout en nuance. Les matières sont naturelles et raffinées, brodées avec des graines de Cuba, des perles en bois de Sental, ou des motifs africains. Elle passe beaucoup de temps sur internet, ou dans les bibliothèques pour dégotter


Elle passe beaucoup de temps sur internet, et dans les bibliothèques pour dégotter ces trouvailles exotiques, et en fait son concept marketing.

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Sabine Bardon JAYKO Tél : 06 62 48 36 90

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Marion Kressmann (photo)

Serge Assier

ces trouvailles exotiques, et en fait son concept marketing. Son logo est celui d’une femme, mi-arbre, mi-animal. La saison prochaine, tous ses produits seront vendus avec une petite graine à planter dans une enveloppe de calque. Le troisième essai aura donc été le bon. Les ventes de la collection d’été s’envolent, en France comme à l’étranger : en Suisse, en Italie, au Pays de Galles, ou à New York. Près d’un tiers de son chiffre d’affaire est réalisé outre hexagone. La créatrice, qui expose au salon du Prêt-à-porter de Paris, et de Bruxelles, prévoit même doubler son chiffre d’affaires pour la collection d’hiver. Souhaitons le lui. #


Portraits

Good to be home L’invitation au cocooning solidaire Perchée sur les hauteurs du Vallon des Auffes, un des sites les plus prisés de la cité phocéenne, mais abritée du Mistral, la modeste demeure de Corinne Fricker est à l’image de sa marque Good to be home : il y fait bon vivre. Pourtant, quand elle jette son regard par dessus bord, la créatrice admire la Méditerranée mais songe à l’Inde et aux Tibétains réfugiés à Dharamsala avec qui elle travaille. Les couleurs naturelles de Dharamsala, les paysages, le mode de vie, la ville, la poésie des gens, tout rappelle à Corinne Fricker que sa vie est ailleurs. « Ils attendent les commandes avec impatience. Là-bas, dans l’atelier que nous avons créé, les ouvriers se tiennent prêts. A Delhi nous imprimons et faisons teindre les tissus, le montage s’effectue dans le magasin et la collection arrive par avion à Marseille ». Depuis sa rencontre, voilà quelques années, avec le Dalaï Lama, Corinne Fricker vit au rythme du bouddhisme, du commerce éthique et vise le statut commerce équitable. Aguerrie pendant plus d’une décennie aux techniques de coupe, au modélisme ainsi qu’à la couture, elle a lancé la marque Nickie Deville en 93, puis en Inde a travaillé sur une collection cocooning de coussins qui s’est vendue en boutique de décoration à Marseille. Avec Good to be home, la styliste joue sur les contrastes d’une collection prêt-à-porter intérieur-extérieur. Un environnement douillet en coton brodé, bordé de collerettes en crochets sur des pantalons coordonnés, kimonos courts, tuniques ou caracos de couleur rose, violet, bleu ciel et vert anis. L’univers est floral, son logo inspiré de graminées (dessin de la graphiste Leïla Benaïa) enveloppant et très frais. Timide, Corinne Fricker transmet dans le volume de ses coupes et ses couleurs fétiches, un vrai bien-être. Sous sa patte de velours, le modeste pyjama love les corps… surtout ne plus l’enlever ! Une vision du monde qu’elle voudrait partager avec les Françaises puis les Européennes. Son projet est viable. Il repose sur l’articulation d’un partenariat d’économie solidaire dans lequel sont impliquées des dizaines de bonnes volontés à Delhi, Dharamsala, Marseille et Nice. Et si la mode de Corinne Fricker pouvait libérer quelques âmes tibétaines…

* GOOD TO BE HOME page 34

Autour de Marcelline Condé, agent spécialiste des jeunes créateurs

Trois marques confirment leurs objectifs.

Corinne Fricker 3, traverse des Mèches - 13007 Marseille Tél/fax : 04 91 52 71 12 E-mail : corwindia@hotmail.com

(texte)

Nathalie Fredon (photo)

Serge Assier


TOO KISSES

LOLLA MARMELADE

Quand l’esprit sport confine au raffinement

La sensualité au naturel

Régis Rouet et Klodia Bianca se sont rencontrés à l’école. Leurs crayons et vieux Levi’s étaient déjà Vintage, usés sur les bancs du monde du travail. Ce sont leurs différences et leurs communes pulsions créatives qui les ont réunis autour du projet professionnel Too Kisses.

Si la styliste Laurence Venturelli Porpora cuisinait, elle travaillerait avec 90 % de matière première assurément. L’ancienne communicante en agroalimentaire rêvait de fabriquer des emballages, désormais c’est nous qu’elle emballe avec ses top, blousons cintrés, sur-jupes en coton métal froissé…

Klodia cultive la discrétion mais affiche un tempérament glamour qu’elle camoufle par un look provocateur plus qu’évocateur à la The Cure, « parce qu’elle ne trouve pas encore le moyen de s’habiller sexy tout en restant à l’aise ». Quant à Régis, il joue la simplicité d’un jean associé au sweat-shirt très urbain mais son éclectisme et sens de la transformation transpire dans son univers. Un chez lui romanesque, coloré, très kitch et seventies, duquel il tire ses inspirations. Après un passage à l’Institut International de création et de couture à Marseille où ils ont appris stylisme et modélisme, les associés ont utilisé leurs complémentarités. « Nous avons des idées communes que nous développons chacun dans notre coin, traduit Régis. Au final on mixe les deux ». Elaborer des solutions consensuelles pour offrir un produit « portable et vendable » où la matière constitue le premier appel visuel, la démarche paraît simple. Concrètement « il faut prendre le temps de réfléchir, ne pas brûler les étapes », temporise Klodia. Too Kisses aborde sa quatrième collection avec confiance et propose une déclinaison de l’été 2005 par le voyage. Un savant mélange où la tenue sport se conjugue avec l’élégance, tantôt au pas de course, tantôt en flânant, toujours au présent. Blanc, fluo, kaki, noir sur jupes, robes, pantalons en comforto, nylon, coton et… surtout ne plus repasser ! Régis et Klodia détournent de leur objectif sportif initial les matières soyeuses, agréables et recherchent le tombé juste. L’hiver sera turquoise et la polaire ajourée, pourquoi pas surbrodée de Mohair, puis hisser la grand voile. « Mode Initiative Marseille », du nom du groupement d’employeurs qu’ils viennent de créer avec Inari, Ozza, Lolla Marmelade et va leur permettre de mutualiser leurs compétences et surtout de financer le poste d’un directeur commercial. Cap « sur une mode moyen- haut de gamme et des clients qui surfent au-dessus du niveau des pâquerettes ».  Too Kisses veut cesser la figuration et opter pour des rôles de composition !

* TOO KISSES

Régis Rouet & Bianca Klodia 8, rue des Abeilles - 13001 Marseille Tél. : 06 62 89 53 24 E-mail : too-kisses@hotmail.fr

Dans cette première collection été 2005, l’imprimé occuperait presque une place strapontin car la créatrice décline les coordonnés ton sur ton, en offrant à la silhouette une cohérence bicolore grâce au grain naturel de la peau. Un style terroir sous influence asiatique, un hommage « inconscient » à sa mère d’origine vietnamienne, mais il est vrai que les premières collections racontent souvent l’attachement affectif, voire l’émoi sentimental. Sport et bien être font la paire dans l’univers Lolla Marmelade. « Je ressens le tissu quand il conserve un aspect naturel. Il me semble impersonnel lorsqu’il s’agit de matières techniques et sophistiquées » explique-t-elle. A terme, j’aimerais fabriquer mes tissus et tester mes collections en boutique au fil de leur élaboration «. Enfant, elle habillait les poupées sans jouer avec, grâce à une « petite main » qui lui a porté chance, elle a appris les techniques de bases en couture, puis effectué, plus de dix ans après cette rencontre, une formation de styliste modéliste à Marseille. « J’ai fait ma première collection à l’instinct. Il faut à présent que je cerne mieux les tendances du prêt-à-porter. Le but est d’évoluer en conservant le style et la caractéristique de ma marque ». L’esthétique et le souci du détail rendront le modèle attrayant. Laurence œuvre en ce sens et mesure progressivement l’impact de sa collection sur les consommateurs. « Je fais évoluer la pièce au fur et à mesure que je la conçois, au toucher. Je doute en permanence ! » . Lolla Marmelade veut répondre au sens pratique des femmes actives. « J’en avais assez des becs qui se forment quand on s’assoit. Toutes les personnes cambrées ont ce problème ». D’où l’idée d’intégrer en bordure intérieure à la ceinture du pantalon un élastique ajustable qui permet de ne jamais avoir à montrer son string… Marcelline Condé, agent spécialiste jeunes créateurs, prospecte actuellement avec sa collection 2006. Un talent à suivre. #

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LOLLA MARMELADE Laurence Venturelli-Porpora 28, rue Saint-Savournin - 13001 Marseille Tél. : 06 14 89 04 28 E-mail :l.venturelli@9online.fr Site : lo.venturelli@lollamarmelade.com


Lùqman H.Kossi habille les âmes

Portraits

Autodidacte, le jeune créateur s’est lancé dans la mode l’année dernière. Exclusivement masculine, sa marque Insan mêle les influences occidentales, africaines, amérindiennes et asiatiques. Tout un état d’esprit qui, après Marseille, compte bien conquérir d’autres villes françaises.

Trois parcours singuliers Marie Rivière customise même vos parasols Véritable touche-à-tout, la jeune femme customise des vêtements et les accessoires les plus inattendus. Rubans, paillettes, tissus japonais et motifs en cuir ou en feutrine figurent parmi ses matériaux de prédilection. La carrière de Marie Rivière ne ressemble pas à un long fleuve tranquille. Tour à tour coiffeuse, scénographe et créatrice de bijoux, la jeune femme lance sa marque, Marivière, en janvier 2004. « J’ai toujours fait de la couture. Je suis totalement autodidacte mais après mon installation, j’ai pris des cours de couture à la Friche Belle-de-Mai afin de me perfectionner. Car je compte étoffer ma ligne de vêtements », raconte-t-elle. Dans son atelier situé au cœur d’Endoume, elle confectionne des pièces uniques. Elle agrémente ses jupes asymétriques et ses nuisettes avec des pièces rapportées de tissu. « Je chine mes matériaux aux puces et je fais venir certaines étoffes du Japon », précise-t-elle. Ses tee-shirts et ses fichus sont ornés de motifs en feutrine et de rubans. Ses grosses broches en laine bouillie ou en cuir représentent des étoiles de mer ou des fleurs. Pour ses cabas de plage, elle utilise rubans, toile cirée, fleurs artificielles, plumes et images plastifiées. Elle imagine aussi de larges cols en tissu, fermés par des pressions, à porter comme foulard ou bandeau. Ceux pour femmes sont égayés de rubans ou de motifs en cuir, tandis que les cols hommes sont réalisés en tweed, laine bouillie ou soie.

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Poursuivant sur sa lancée, la créatrice d’origine réunionnaise customise même transats, draps de bain et parasols… La griffe, présente aux Galeries Lafayette de Marseille lors de la Semaine des créateurs, est distribuée dans deux boutiques de Marseille et Aix-en-Provence. La jeune femme participe également à des ventes privées. Dès le mois de mai, les créations de Marie Rivière seront exposées dans un show-room ouvert au public tous les samedis. Rendez-vous au 218 rue d’Endoume, les samedis.

(texte)

Violaine Brissart (photo)

Étincelles


Ce n’est pas pour des raisons de sonorité, d’exotisme ou de marketing que Lùqman H.Kossi a nommé sa marque pour hommes Insan. « Insan signifie l’être humain en sanscrit », explique-t-il. Dès lors, le ton est donné. La griffe, qui mêle les influences occidentales et ethniques, se veut « l’habit de l’âme pour l’être humain dans toute sa diversité et son originalité », poursuit-il.

Trois lignes Trois gammes différentes traduisent cette diversité. Insan Uhuru, ainsi dénommé en référence au plus haut sommet d’Afrique, s’inspire des cultures africaines et amérindiennes. « Cette gamme élaborée pour les « félins urbains » porte les teintes et les formes propres à ces continents riches en couleurs », précise-t-il. Le style épuré d’Insan Tao évoque l’Asie. Enfin, Insan Evolution se calque sur les cultures occidentales, en y apportant une pointe ethnique ou décalée. Lùqman H.Kossi n’hésite pas à marier les pantalons d’inspiration militaire, les polos près du corps et les vestes queue-de-pie agrémentées d’un col mao ou d’une capuche.

Autodidacte Le parcours du créateur est aussi atypique que ses vêtements. Il y a un an, ce dernier n’aurait jamais imaginé s’orienter vers la mode. L’autodidacte tente sa chance et concourt à la manifestation parisienne « Les jeunes créateurs s’exposent à Italie2 ». Ses modèles sont retenus. Avec ce premier défilé, le jeune homme, alors plutôt porté sur l’écriture, change de voie. Une grosse commande dès l’été lui met le pied à l’étrier. Depuis, sa marque est distribuée dans cinq points de vente marseillais et a été sélectionnée pour la Semaine des jeunes créateurs aux Galeries Lafayette de Marseille en avril dernier. Côté projets, le créateur compte ouvrir un site marchand, proposer des accessoires et déployer Insan à l’échelon national.

La bohême chic de Mélanie Ramos Mozayeni Après avoir travaillé chez Christian Lacroix, la styliste a créé sa marque, Mozayeni, en 2002. Ses blouses drapées, ses ponchos décalés et ses djellabas revisitées composent un univers très féminin, haut de gamme et sophistiqué. Ce qu’elle appelle la « bohême chic ». Depuis quelques mois, la jeune femme a élu domicile à Marseille. Douce et déterminée, Mélanie Ramos Mozayeni sait parfaitement ce qu’elle veut dans la vie : travailler dans la mode et se faire un nom. A dix-huit ans, elle quitte les Etats-Unis afin de suivre les cours de la Parson’s school of design à Paris. « Etudier dans la capitale de la mode, c’était mon rêve », raconte-t-elle. Elle multiplie les expériences professionnelles, chez Apostrophe, Isabelle Ballu, Perclers, Morgan ou encore Christian Lacroix, avant de se lancer. « J’avais envie de donner l i b re c o u rs à m a c ré a t i v i t é » , explique-t-elle.

Sophistication La première collection Mozayeni sort en mars 2002. La jeune femme aime les hauts fluides taillés dans des matières nobles et tissus vintage, les détails précieux et les métissages d’influences. « Peut-être à cause de mes origines. Je suis mi-espagnole, mi-iranienne », confie-t-elle en souriant. Elle mélange les

matières dans ses ponchos haut de gamme, crée des blouses amples ou des hauts inspirés de djellabas. Certaines pièces, avec col en cuir amovible, sont conçues comme des « bijoux de peau ». Ses collections se font remarquer et se vendent à Paris, au Japon, au Koweït et à Londres. En septembre 2003, la griffe est lauréate du concours de jeunes créateurs du salon Who’s Next. Un an plus tard, elle est sélectionnée par la Mairie de Paris et la Fédération française du prêt-à-porter pour participer, avec douze autres créateurs, à l’expo-vente « Collection particulière » du Printemps Haussmann.

Néo-marseillaise En décembre dernier, la styliste s’installe à Marseille. « J’étais très heureuse que mon mari soit muté : Marseille est pour moi une capitale de la mode et une référence ». Ses créations sont repérées et sélectionnées par l’Institut et les Galeries Lafayette, dans le cadre de la Semaine des jeunes créateurs. Ses priorités pour les mois à venir ? Se structurer pour pouvoir répondre à des commandes plus importantes et trouver des façonniers dans les environs. Car à ses yeux, le Made in France conserve tout son prestige. #


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photos

Laurent Piombo assistant

Pierre Varlet stylisme

Linda Cohen coiffure/make up

Christian Noyes mannequins

Marion, Thomas, Stéphane, Julia, Pierre-Alexandre remerciements

SNCM, Cercle des Nageurs, Jean-François Salessy.

à vos maillots ! Stéphane coupe-vent

Aigle maillot

HOM bottines

Aigle

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2

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Thomas dĂŠbardeur

Le Marseillais maillot

Sun Valley


4 Marion maillot

Volcom

3 3

PierreAlexandre tee-shirt

Insan

Marion maillot

Filigrane


5 StĂŠphane tee-shirt

Akrotone maillot

Sun Valley

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«…dans notre société où l’on a banni l’uniforme, il me semble bien qu’on y revient…»

Faces à Faces

Père Ottonello

La conviction porteuse de toutes les créations Singulière. Forcément cette rencontre entre un curé et les représentants de jeunes marques, allait décoiffer. Qu’allaient-ils se raconter ? AkroTone, Un Été en vacances, Drolatic et Cobaye, quels drôles de noms pour un homme dont la journée débute après le café « par une prière ». Il enjoint alors le seigneur à plus de « transparence» face au « sentiment d’opacité » qui, d’une manière générale, émane de ceux « qui sont sensés nous conduire » car tout « semble s’arrêter à eux… ». La question du pouvoir et de l’égocentrisme n’était peut-être pas si éloignée de l’univers côtoyé par nos créatifs. Qu’importe, le Père que l’on dit volontiers iconoclaste, probablement parce qu’il tente « d’être présent au monde », pousse les fidèles « à libérer leur capacité au bonheur ». S’il s’interroge face à « l’indétermination » qui caractérise la jeunesse, la rencontre lui permet de mieux la comprendre. Aux croisements des talents, une communion sympathique.

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* J. Barral, U. Boretti & D.Hadjadj 126, av. de la Libération 13380 Plan de Cuques Tél. 04 91 21 90 73 contact@akrotone.fr www.akrotone.fr

AkroTone

(photo)

Serge Assier

* G. Sicard

40, rue Condorcet 13016 Marseille Tél. 04 91 46 52 21 info@uneteenvacances.com www.uneteenvacances.com

Un Été en Vacances

*

C. Clareton 9, rue des Allemands 84210 Pernes les Fontaines Tél. 06 19 92 62 26 postmaster@cobaye.net

Cobaye

*

N. & F. Tokatlian Villa Flori 41, Bd de Lyon Bât. D 13012 Marseille Tél. 06 25 74 19 67 nicolas@drolatic.com www.drolatic.com

Drolatic


Faces à Faces

Une table carrée et huit chaises en bois. Au sol, une maquette miniature de l’église des Accoules, à côté des habits de lumière, un prie-dieu, un autel. Le Père Alain Ottonello nous a reçus dans le hall sobre mais chaleureux de l’appartement qui jouxte l’église. Optimiste et franchement pétri d’humour, le curé a abordé la thématique de l’identité à travers le vêtement et celle de la liberté des individus face aux consommables, par un principe : « Nous, on craint dégun ». Dans la bouche d’un prêtre, ça nous a fait marrer. Si une marque sert à se démarquer alors « quitte à se faire du mal au départ, il faut cibler le graphisme, rester sélectif sur la diffusion et ne pas brûler les étapes ». David Hadjadj, Jérémy Barral et Ugo Boretti parlent communément d’une seule voix. Ils ont lancé en 2003 AkroTone une marque et ligne de prêt-à-porter masculin, après avoir testé une collection de tee-shirt sérigraphiés l’année précédente. Une aventure initialement et directement inspirée du label de musique électronique qu’ils avaient monté Tek-ArT RecordS, leur passion commune. Surtout éviter de grossir les étals d’une nouvelle indifférence. A fortes doses est-ce que les marques nuisent à l’expression des identités et aux individus ? Guillaume Sicard a ouvert début mai une boutique à son enseigne un été en vacances en plein centre ville. Grand défenseur du tee-shirt local devant l’éternel, il défend un territoire, en l’occurrence sa ville sans la résumer aux couleurs de l’OM. Il contraste : « ça peut au contraire rapprocher et créer un lien entre des gens qui se reconnaissent por teurs de même valeurs » sans pour autant se priver de l’achat coup de cœur, la marque devenant alors « cerise sur le gâteau ». Volontiers pragmatique Nicolas Tokatlian de Drolatic, raisonne en terme d’efficacité économique : « Je cherche à coller au marché, diffuser en masse et faire du chiffre. La société et la mode nous façonnent. S’il faut faire du jupon, on fera du jupon. On peut aussi personnaliser un tee-shirt, en faire une belle pièce unique. La question restera toujours est-ce qu’on va le vendre et à

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quel prix ? Je n’ai pas pour mission de changer les gens… ». Sans la volonté de servir l’Art, la création, le travail, comment échapper au prêt à consommer que tous dénoncent ici ? « Quand un consommateur entre dans un magasin avec une idée, il ressort souvent avec une autre et un paquet dans la main. Je ne dis pas qu’on a gelé sa conscience mais dans notre société où l’on a banni l’uniforme, il me semble bien qu’on y revient… » On croyait le Père peinard… Alain Ottonello, a fait mouche et soulevé la contradiction. « Nous enrichissons l’offre ! », ont répliqué les créatifs, piqués au vif. Être, paraître ou aller paître… Pour la jeunesse telle semble être la question. Cédric Clareton, ne sera pas un Cobaye, du nom de sa marque. Il affiche clairement son point de vue et milite « pour un pied de nez au système » et ne plus consommer idiot. Pour lui, chaque être humain est un modèle unique, « à nous d’expérimenter la vie d’une manière constructive pas en (fashion) victime ». L’utopiste admet qu’il sera confronté aux limites de son discours s’il ne séduit pas. « Quand on aura besoin d’un million d’euros pour pénétrer le marché chinois on s’intéressera aux conséquences de nos marques sur le marché… » Le présent prime pour Drolatic. Le Père Ottonello frotte ses mains avec délicatesse. « Tout cela m’inspire un profond respect. Quoique vous fassiez, il faut vendre, certes. Mais cette matière inerte devient vivante en passant par votre esprit. Vous provoquez l’extase, « d’extare », sortir de soi. Ce n’est pas qu’on bade (regarder béatement en langage marseillais), mais une réelle complicité née de la rencontre entre l’objet et soi, quand on est admiratif «. Les jeunes chefs d’entreprise affichent des tempéraments de battants et affirment ne pas confondre racines et marques. A la question « où vous habillez-vous ? » JérémyBarral (AkroTone) s’est étranglé : « Je n’achète plus rien en magasin. Les vêtements me sortent des yeux. Je sens bien que j’ai quelque chose à apporter… ». La « noble quête » est le fil conducteur existentiel des


Père Ottonello Né à Marseille, le Père Alain Ottonello a

marque repose sur la volonté de gérer la

fait ses premières roues libres dans le quar-

société à notre image, pour que nos person-

Dans l’immédiat, nous cherchons à élargir nos

tier de La Plaine. Il se souvient des ânes, des

nalités soient perceptibles à travers Drolatic

partenariats avec les façonniers dans le but de

carrioles et de l’exceptionnel Guignol. « ça

Marseille.

diversifier nos gammes de produits. A moyen

l’a pris à 17 ans » et il est entré au séminaire. Six premières années de formation et le choix de prêtre séculier. Les rencontres lui ont permis « de grandir » et de prendre la mesure des 25 000 âmes qui dépendent de sa paroisse; la Cathédrale La Major, SaintLaurent et les Accoules. A l’aise dans sa ville, il mène de front l’œuvre de sa vie et organise des concerts classiques, baptise hommes, femmes, enfants et même les bateaux, marie les couples, reçoit les familles et « les nom-

Des formes et couleurs sont apparues... Drolatic est née sur les bords de la méditerranée. On utilise la teinture en plongée pour proposer des couleurs douces, éclatantes ou acidulées à l’image de notre culture et de notre environnement métissé. Nos coupes sont étu-

Ce que le futur nous réserve…

terme, nous voudrions garantir 50 points de vente hexagonaux et entamer le marché de l’exportation. L’objectif final consiste à créer des concepts store Drolatic qui nous appartiendront.

Cobaye

diées de manière à refléter une mode urbaine,

Aux origines il y avait...

sportswear et active. Nous travaillons le jersey/

Cédric Clareton, 31 ans et Sylvain Alarco,

coton, coton/élasthanne et le viscose. Notre

30 ans. L’idée de départ est d’utiliser le vête-

logique créative repose aussi sur des produits

ment comme support d’expression artistique.

breux misérables » qui cherchent un refuge et

comportant, un ou des détails, qui attirent l’œil.

des renseignements « face au maquis admi-

On est résolument pour :

Créer une marque qui véhicule un message fort,

Nous voulions tracer notre chemin...

nistratif ». Par les processions et les rites

Nous sommes résolument pour le dévelop-

en amenant l’individu à réfléchir sur la condition

qui ponctuent l’exercice de la foi chrétienne,

pement à l’échelle régionale des savoir-faire,

de l’homme dans la société de consommation.

il cimente l’harmonie des croyants. Il distri-

associé autour d’une marque du textile. Nous

Lui montrer qu’il est nécessaire d’expérimenter

croyons au 100% made in France et souhai-

sa vie dans une logique constructive, sans se lais-

tons le conserver le plus longtemps possible.

ser conditionner par les lois du marché. L’homme

bue aussi des dizaines de colis alimentaires et vestimentaires qui jonchent les marches de l’escalier de son appartement. Bref, ne

moderne doit être sont propre cobaye.

s’interrompt jamais. Il regrette cependant de

On est résolument contre…

n’avoir « pas assez aimé »… normal, le télé-

On est résolument contre la fabrication à bas

phone n’arrête pas de sonner !

prix issue des marchés mondialisés et regret-

Une confection originale et de qualité, des

tons les difficultés d’entreprendre et de créer

matières fluides et agréables au toucher, un

de l’emploi en France. Contre aussi les grou-

design sobre, codifié, futuriste, une signa-

Drolatic Aux origines, il y avait… A l’origine, mon frère et moi avons baigné dans la culture de la confection au travers de l’entreprise familiale Sugar. C’est donc

pes qui pressurisent et uniformisent la mode,

ture (xperimentlife), une silhouette humaine

ne laissant que peu d’expression aux PME du

en guise d’emblème, des courbes emprun-

textile Français. Aujourd’hui on vend…

tout naturellement que, à la fin de nos études,

La saison n’est pas terminée et nous avons

nous avons écrit la première page de cette

vendu 400 pièces de la collection 2005.

histoire qui porte le nom de Drolatic.

Des formes et couleurs sont apparues...

- Allan joseph, Marseille

tées à l’imagerie médicale (électrocardiogramme, neurones, veine...) On est résolument pour... Marier le fond et la forme. Respecter le consommateur par la qualité, l’originalité et la signification de nos modèles tout en essayant

Nous voulions tracer notre chemin…

- Make, Marseille

Notre chemin a commencé par l’objectif fer-

- Un ours à la mer, Marseille

mement ancré de créer notre propre mar-

- Un ours à la mer, Cassis

que de vêtement. Notre but est d’accumuler

- 18

les expériences afin de développer et péren-

- Detente, Grenoble

(guerre, sexe, politique, terrorisme...) à des

niser notre entreprise. La philosophie de la

- Les uns et les autres, Paris.

fins commerciales.

th

Street, Toulouse,

de pratiquer des prix non élitistes. Mais on est résolument contre... Exploiter la violence sous toutes ses formes


Aujourd’hui on vend... Elite, Territoire Redskin, Sacha, Avignon Pulp, Carpentras Alessandro, Young style, Cavaillon Young style, Isle/Sorgues Gassoushop, Kitsh, Apt Kid, Uzes Corner street, Marseille.

porte désormais, tee-shirts, sweats, vestes,

Points de ventes à Londres et Bruxelles en

blousons, pantalons et accessoires.

perspective.

Pour les sweats et les vestes, nous travaillons le molleton ; en ce qui concerne les pantalons et les blousons, des twills 100% coton. Nous tâchons de retranscrire l’univers techno au travers des matières, des coupes (asymétrie, empiècements divers...) et de l’utilisation

Ce que le futur nous réserve...

occasionnelle de passepoil rétrorefléchissant.

Fabrication d’une ligne complète de vête-

Nous accordons énormément d’importance

ment homme/femme (veste, pantalon, top,

au choix de nos logos et à la qualité des

chemise, robe, jupe et accessoires) utilisant

impressions en sérigraphie (encres utilisées,

des techniques d’impression variées (sérigra-

écrans appropriés, couleurs...).

phie, flocage, thermocollage, broderie...).

On est résolument pour...

Ce que le futur nous réserve... Nous sommes en passe de renforcer l’équipe commerciale : un agent sud-ouest devrait nous rejoindre pour la saison prochaine (printemps - été 2006). De plus, nous envisageons d’élargir notre distribution par le biais des salons spécialisés (Who’s Next, Pick and Mix) et accentuer ainsi notre réseau de partenaires en France et à l’étranger.

Un Été en Vacances

Recherche approfondie de l’esprit géné-

Aux origines il y avait...

ral de chaque collection (homogène et dif-

Un homme, Guillaume Sicard, 34 ans

Aux origines il y avait...

férent), qualité de fabrication et de finition,

qui souhaiter développer une collection

BARRAL Jérémy, 21 ans, BORETTI Ugo,

renforcement de l’identité, choix stratégique

de T-shirts sur le thème de notre région et

24 ans et HADJADJ David, 27 ans. Après

du réseau de distribution et promotion perti-

Marseille. Un Été en Vacances est né.

avoir fondé notre label aux influences electro-

nente sont au cœur de nos préoccupations.

AkroTone

tek, « Tek-ArT RecordS », nous avons décidé à la fin de l’année 2003 de créer une ligne d’urbanwear en rapport direct avec notre passion commune : la musique électronique.

Nous voulions tracer notre chemin...

Mais on est résolument contre...

Prolonger ses vacances, garder en soi les

Refus catégorique de dévier du choix de la distri-

sensations et souvenirs de ces moments

bution fixée dès le départ. Parce qu’il n’est pas

heureux dans des lieux privilégiés ? C’est la

toujours si simple de s’implanter dans certai-

magie de la collection été 2005 des T-shirts d’«Un Été en Vacances».

Nous voulions tracer notre chemin...

nes boutiques, il peut arriver qu’on soit contraint

L’objectif ne fut pas de créer une énième marque

de « vendre pour vendre », autrement dit, per-

d’urbanwear, dans un marché ultra saturé par des

dre de vue notre positionnement et « placer » la

labels qui naissent et qui, parfois, meurent malheu-

marque dans des boutiques ne répondant pas à

reusement dès leur première année d’activité...

certains critères en adéquation avec la culture

Le pari : réussir un mariage musico-vestimen-

AkroTone : marques déjà représentées, déco,

taire, matières nobles, détails chiadés, cou-

esprit général des dirigeants, éthique...

pes structurées et élaborées, univers graphi-

Une mauvaise orientation au niveau de la dif-

Des formes et couleurs sont apparues... La société commercialise toute une gamme de produits textiles : Body enfant, T-shirt femme et homme sous la marque un été en vacances avec des visuels créatifs et modernes On est résolument pour...

que étant les maîtres mots.

fusion des produits peut entraîner une remise

La nouveauté et la promotion de Marseille

L’idée : tenter au fil des collections, de rallier

en question de l’identité et peut « dérouter »

à travers toutes idées créatives et innovantes.

une génération de gens s’identifiant à un état

le public. Heureusement, à ce jour, la ques-

d’esprit commun : ouverts, tolérants, passion-

tion ne s’est jamais posée, mais nous res-

nés de graphismes, de mode et de musique.

tons extrêmement vigilants.

Pour ce faire, AkroTone s’efforce de s’affirmer lors de diverses manifestations électroniques et tend à s’imposer comme un label de qualité. Le but : se fondre entre street culture et urban attitude au travers d’une identité forte. Des formes et couleurs sont apparues... Dans un premier temps, nous avons travaillé le jersey en créant une première collection de tee-shirts Homme, made in France, aux imprimés graphiques et à forte connotation électro. Puis, nous avons étendu la gamme qui com-

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Aujourd’hui on vend... La collection Automne-Hiver 2005-2006 sera disponible dans certaines villes françaises :

Mais on est résolument contre... Le t-shirt blanc en 130 g/m2. Aujourd’hui on vend... Marseille en vacances, Marseille Galeries Lafayette, Marseille

Tcheka, Marseille,

Printemps, Marseille

No Void, Aix en Provence,

Les Arcenaulx, Marseille

The Lazy Shop, Martigues , Di-Eze, Avignon, Soundwear, St Etienne

Ce que le futur nous réserve... Inch’ Allah #

Citadium, Paris Pebroc, Nantes, Addict, Rennes, ...

(texte)

Nathalie Fredon


tags photographe

Laurent Piombo

Julia

assistant photographe

robe

Pierre Varlet

A.Borealis Couture

styliste

veste militaire

Linda Cohen

Les P’tites Bombes

assistant stliste

Christophe Vedel coiffure/make up

Christian Noyes mannequins

Thomas, Stéphane, Julia, Justine, Pierre-Alexandre remerciements

Cercle des Nageurs, Jean-François Salessy.

page 50

lunettes

IDC


Justine debardeur

Un ÉtÊ en Vacances pantalon

Lolla Marmelade

page 52

lunettes

IDC sac blanc toile parachute

Cabaz


Thomas tee-shirt

Drolatic jean

Hasso lunettes

IDC


Stephane tee-shirt

Cobaye

page 54


Pierre-Alexandre tee-shirt

Un ÉtÊ en Vacances bermuda

Volcom lunettes

IDC


Julia casquette

A.Borealis Couture débardeur

Un Été en Vacances jupe lin

Tcheka

page 56


Photographes

Serge Assier L’objectif sur le cœur Le début de l’épopée - car c’en est une - est bien à son image, fraîche et ébouriffante. On est au printemps 1966. Jeune mécano automobile de 20 ans, Serge Assier essaye sur la Côte-d’Azur la voiture d’un client et se retrouve à Cannes, en plein festival. Il approche les photographes, observe, discute. Est séduit. Amusés, deux Américains lui prêtent des boîtiers, lui expliquent comment procéder et mettent à sa disposition leur labo. « J’étais comme un fou, se souvient Serge Assier, d’autant que j’arrivais à faire de belles photos ! » La vieille 404 est liquidée pour payer le premier appareil photo. L’enfant de Cavaillon devient taxi la nuit et photographe de faits divers le jour. Sans oublier le showbiz, de Cannes à Saint-Tropez, les stars, les nuits blanches chez Barclay, les tournages de films… « Je les ai tous photographiés, lâche-t-il sans émotion. Oury, Morgan, Bardot. Une actrice qui m’a marqué ? Isabelle Adjani, même si on n’avait pas vraiment d’atomes crochus ! » Et les bons souvenirs de ressurgir, comme un reportage photo complètement barjo avec Jerry Lewis à Marseille. Serge Assier travaille pour le quotidien le Provençal à partir de 1976. Un livre de photos intitulé « Théâtre de la vie » illustre les faits divers qui se sont succédés dans la région, galerie de portraits où l’on croise le juge Michel, les frères Fratoni ou le docteur Péchard. En 1982, un infarctus est le point de départ de la grande passion de Serge Assier : la photo d’auteur. « J’ai eu notamment envie de mélanger le verbe à l’image, de créer des correspondances ». Michel Butor, René Char, Fernando Arrabal ou encore Bruna Donatelli réaliseront avec lui de beaux recueils poétiques. « Je ne voulais et ne veux pas être enfermé dans une catégorie », insiste encore Serge. Il s’intéresse aux nus, s’immerge

page 58

Il court, il court, Serge Assier. Les cheveux en bataille, le verbe haut, casque de moto au bras, il boucle ses reportages pour la Provence avant de basculer dans son monde de prédilection. L’œil collé au viseur, il saisit alors l’air du temps, l’air des gens, le pouls d’une ville. Et entasse méthodiquement tirages et pellicules.

De gauche à droite : M. Butor - S. Assier - F. Arrabal dans des villes, des quartiers, de la Lorraine à Berlin, de l’Estaque aux monastères de l’Olympe. Les expositions se succèdent, avec une prochaine date cet été en Arles pour découvrir ses « Cronaca di Roma ». Les invitations se multiplient également : en novembre 2009, pour le vingtième anniversaire de la chute du mur, Serge Assier sera en Allemagne avec un travail intitulé « Berlin à visage humain » Des milliers de photos qu’il a prises, Serge Assier a choisi de ne pas en vendre une seule. « Je ferai don de l’ensemble à la Bibliothèque Nationale. Les tirages uniques, les correspondances, les manuscrits originaux, les négatifs … Je veux une œuvre pure. » #

(texte)

Nathania Cahen


« Ce qui me plaît vraiment, c’est de voir arriver une fille, la regarder évoluer, espérer qu’elle réussira, et mettre à sa disposition mon expérience ». Laurent PiomboRizzitelli, mélange explosif de Corse et d’Italie, est venu à la photo en autodidacte, motivé par la double passion de l’image et de la mode. Complètement fou de cet univers et de ce qui gravite autour.

Laurent Piombo Shooté de mode

« J’ai toujours été passionné de mode, confie le photographe. Au départ, j’avais très envie de devenir styliste. Puis une copine de lycée est devenue mannequin, et j’ai commencé à faire des photos, puis j’ai travaillé avec son agence Arabesque ». Mais à son grand regret, la photo constitue aujourd’hui encore sa « vie parallèle ». Ses débuts dans la vie professionnelle, ce jeune Marseillais ne les a fait ni comme styliste, ni comme photographe. Mais comme fonctionnaire dans une institution de la ville. Pas vraiment enthousiasmé par sa carrière de rond de cuir, Laurent Piombo-Rizzitelli, 30 ans, se rattrape dès qu’il le peut avec la photo de mode, travaillant par exemple avec l’agence Mia (Models International Agency) dans la cité phocéenne, ou avec des commandes de catalogues pour des créateurs ou fabriquants. « J’adore. J’adore les contacts avec les mannequins. J’aime surtout les séries de tests : je les

conseille, je les maquille parfois, je les aide à faire leur choix parmi les tenues. Je renoue avec mon amour pour le stylisme… » La photo de mode signée Piombo, c’est au naturel, pour la lumière comme pour le mannequin. Et comme décor, un mur, des murs, taggés, abîmés, vivants. « Vous voyez, je suis pas embêtant ! » Touche à tout, passionné, investi, ce féru de mode joue même à ses heures les chasseurs de talents, bref, agent de mannequin. « C’est vrai que j’ai repéré Stéphane Bon dans la boutique où il travaillait à Marseille. Je me suis occupé de ses castings. Il est en train de bien percer ! »  se réjouit notre homme-orchestre. Tout cela lui plaît…de plus en plus ! Mais pour l’heure, impossible d’en vivre. « Je vais m’accrocher, et j’espère qu’une agence me donnera ma chance. A moins qu’à force de photos pour les catalogues, j’économise suffisamment pour ouvrir la mienne ! » #

(texte)

Nathania Cahen


Au tour des partenaires de l’IMM

La Caisse d’Epargne Provence-Alpes-Corse Réunion, qui soutient l’Institut depuis sa naissance, a multiplié au fil des années ses actions à ses côtés, en étant partenaire de l’Espace Arthur, des Rencontres de la Mode, ou de la Cité Euro Méditerranéenne de la Mode. « Nous accordons un intérêt tout particulier à ce qui se passe à Marseille. Etant la première banque de la région avec 30% de parts de marché, nous souhaitions placer notre activité de mécénat dans le cadre d’un développement de Marseille, tant sur le plan de son économie que sur celui de son image. L’Institut est tout à fait porteur de ces deux ambitions, car la mode contribue au renouveau de cette région. Nous avons d’ailleurs assisté à de véritables business stories de créateurs marseillais, épaulés par l’Institut. Bien entendu, nous savons que l’économie de la filière textile est difficile, actuellement. Mais nous croyons à une revitalisation des métiers du vêtement qui passe par l’innovation, l’originalité, et par la richesse des créations », indique Alain Lemaire, président du directoire de la Caisse d’Epargne Provence Alpes Corse Réunion.

Alain Lemaire

Président du directoire de la Caisse d’Épargne Provence-Alpes-Corse-Réunion.

page 60


(textes)

Marion Kressmann

Roger Villeneuve Directeur des ventes Flagships des Galeries Lafayette

« Entre l’Institut et moi, c’est une vieille histoire d’amour », lance Roger Villeneuve, directeur des ventes Flagships des Galeries Lafayette. En 1988, quand Maryline Vigouroux lui propose de créer une semaine des créateurs aux Galeries Lafayette, dont il est le directeur à l’époque, il accepte d’emblée, et offre la quasi-totalité du 5 ème étage pour l’occasion. « Le succès de l’opération a été tel, que nous avons décidé de la pérenniser. Depuis 1988, nous avons toujours gardé ce rendez-vous ». Et Roger Villeneuve d’énumérer les créateurs de talent qui ont bien grandi depuis. « Il y avait un véritable intérêt pédagogique à présenter ces jeunes au public. Il ne s’agissait pas d’une opération culturelle, ou d’une simple exposition, mais d’une véritable opération commerciale. La sanction des performances commerciales était immédiate. ». Quand il prend en 1995 la direction du magasin du centre Bourse, Roger Villeneuve poursuit sa collaboration avec l’Institut. Ensemble, ils proposent un concours de robes de mariées, toujours avec les jeunes talents. Aujourd’hui directeur d’un réseau dans toute la France, il s’apprête à refonder totalement ses deux magasins marseillais, en soutenant toujours l’action de Maryline Bellieud-Vigouroux : « Nous allons créer un espace d’environ 100m2, dans le magasin de la rue Saint Férréol entièrement réservé aux jeunes créateurs de Marseille et de la région ». Les deux magasins vont adopter dès le mois d’octobre 2005 deux positionnements radicalement différents. Le centre Bourse accueillera tout le secteur de la maison et de l’alimentaire, tandis que celui de la rue Saint Férréol ciblera une population entre 16 et 35 ans, pour un positionnement branché, voire luxe. Le tout, conceptualisé par l’architecte José Moralès… un Marseillais, bien sur.


Partenaires Vous êtes partenaire de l’IMM depuis ses débuts. Qu’est-ce qui vous a particulièrement séduit dans ce projet ? Alain Chamla - La Société Ricard très attachée à la ville de Marseille ne pouvait que saluer ce projet dont la vocation est de mettre en avant des créateurs, stylistes de mode mais également photographes, graphistes etc. Cette action est en parfaite cohérence avec notre action de mécénat en faveur de la jeune création. Le dynamisme de l’IMM est la démonstration que Marseille est une ville à vocation artistique. Il est essentiel que les créateurs trouvent à Marseille, les soutiens dont ils ont besoin.

Aujourd’hui, quelles sont les raisons qui vous incitent à être toujours fidèle à l’IMM ? A.C. - Les mêmes qu’à l’époque et aussi cette énergie mise dans ce projet pour qu’il perdure encore aujourd’hui. La qualité des stylistes soutenus par l’IMM force l’admiration : nous ne pouvons que la saluer et l’encourager. C’est avec cette même volonté de soutenir la création artistique à Marseille que la Société Ricard a été la cofondatrice de l’Association « Mécènes du Sud » qui finance de nombreux projets d’artistes et d’associations dans les arts plastiques et spectacles vivants. Il faut soutenir les initiatives qui donnent à notre ville l’image d’une cité moderne et créative.

Alain Chamla Président directeur général de Ricard

Après toutes ces années, quel regard portezvous sur l’action de l’IMM, et plus globalement sur le développement de la filière Textile à Marseille ? A.C. - Nous espérons que les résidences de créateurs prévues par l’IMM verront bientôt le jour car elles permettront à des stylistes venus du monde entier de découvrir notre ville. Nous attendons la création de la Cité de la Mode Euroméditerranée qui devrait réellement consacrer notre région comme une capitale de la mode et permettre à notre filière textile de trouver un nouvel essor.

Enfin, pourriez-vous nous citer votre créateur marseillais favori ?

page 62

A.C. - C’est très difficile d’en choisir un, nous avons beaucoup aimé Fred Sathal, mais aussi Sakina avec ses vêtements enterrés, pratique issue d’une croyance des Comores dont elle est originaire.


Portraits de familles (photos)

Serge Assier

Cannisse page 64 Cocomenthe page 66 Gas page 68 Le Marseillais page 70


Portraits de familles

La formule de Cannisse, c’est un look intemporel conjugué à une matière indémodable, qui lui ont permis de se ménager une belle place dans le créneau du sportswear chic. Le secret de Cannisse, c’est un esprit de famille contagieux, s’étendant à toute l’entreprise. Le clan Dulguérian négocie aujourd’hui posément le cap des 25 ans.

Cannisse, le lin comme fil conducteur

page 64


Tout démarre en 1981, rue Tapis Vert, au cœur du quartier des grossistes, à Marseille. Rober t Dulguérian, commercial dans le prêt-à-porter choisit de sauter le pas et décide, avec son épouse Jacotte, de tenter sa chance avec le lin, une matière noble dont le succès grandit. Le démarrage est des plus artisanal : la mère de Robert réalise les premiers patrons et coud les modèles. Jacotte apprend tout sur le tas. Elle prend bientôt le style en main pour maîtriser toutes les collections, alors sous traitées en partie avec des ateliers locaux. Le style se précise très vite : superposition, asymétrie, confort et fluidité. Une signature qui va faire le succès de la petite marque. D’année en année, Cannisse s’étoffe, élargit ses collections, gagne des

dedans, entendu les conversations, suivi l’évolution des techniques ! C’est idéal, harmonieux, on va tous dans le même sens, même si chacun évolue dans un domaine précis ». Si Brice, son cadet, joue la comédie à Paris, il met également son talent au service du développement commercial en Ile-de-France. Cet univers chaleureux et créatif ne semble pas non plus déplaire à la benjamine, Fiona, encore lycéenne. Quant aux collaborateurs et employés, « beaucoup sont là depuis les premiers jours », souligne Franck Dulguérian. « Ils font partie de la famille, je les ai toujours connus ». La marque Cannisse est aujourd’hui présente dans quelque 300 points de vente en France, dans des corners, des adresses multimarques et dans une poignée de boutiques à l’enseigne, tenues par des commissionnaires affiliés (Marseille, Saint Tropez, Nice, Neuilly, La marque Cannisse est aujourd’hui Galeries Lafayette à Paris…). L’étranger présente dans quelque 300 points - Belgique et Suisse principalement de vente en France,dans des corners, ne représente encore que 5 % de l’activité. Mais l’entreprise ambitionne des adresses multimarques et dans d’aborder très prochainement le une poignée de boutiques continent américain, d’y installer un à l’enseigne bureau et d’y proposer des collections dès l’été 2006. points de vente, voit son chiffre Tandis que Robert se consacre à la production (prind’affaires prospérer. L’explosion cipalement réalisée en France et dans les DOM-TOM), des boutiques multimarques dans Jacotte a toujours la haute main sur les collections, les 90’s participe notablement à épaulée par des stylistes, comme les frères Chiche cet essor. En 1997, la société fami- qui la secondent depuis trois saisons. Le produit a liale se replie à Aix-en-Provence su évoluer, se fondre dans l’air du temps, coller à la pour une surface plus importante, femme des années 2000 sans déroger au principe dédiée aux siège social, bureau de d’une collection hiver très maille et d’une collection style, stocks et showroom. été tout lin. La gamme phare de cet été est réalisée en Gérée sur le mode méditerranéen 100 % bambou traité façon  « jeaner », d’où les nouet paternaliste, Cannisse est véri- velles teintes stone wash ou bleu indigo, même si les tablement une affaire de famille. tons anis ou orchidée ont également un bel été devant Le fils aîné, Franck 28 ans, a rejoint eux ! « Mais à la base, toujours du lin de grand-mère, le siège voilà 4 ans, après des auquel on applique de nouveaux traitements, précise études de commerce et une année Franck Dulguérian. Nous nous efforçons d’innover en passée aux Etats-Unis. Il s’occupe permanence bien sûr ! ». # désormais du volet commercial et de l’export : « J’ai toujours su que je rejoindrais l’entreprise, c’était CANNISSE une évidence, j’ai toujours baigné Robert Dulguerian

*

(texte)

Nathania Cahen

260, rue Paul Langevin ZAC de la Robole 13856 Aix-en-Provence Tél : 04 42 16 31 31 E-mail : contact@cannisse.com Site : www.cannisse.com


Portraits de familles « J’ai grandi au milieu des tables de coupe et des cannettes de fil. Je faisais le mannequin pour ma mère, qui est Arménienne, essayant même les jupes et les robes qu’elle fabriquait à façon. Cela se passait dans son petit atelier de la place des Capucines, dans le quartier Tapis Vert ! ». C’est pourtant vers des études de chimie que Jean-Louis Guironnet s’oriente d’abord. Il y rencontre celle qui va devenir sa femme, Corinne. Ensemble, ils réalisent que l’avenir qui les attend avec la chimie n’est pas palpitant, en tout cas ne suscite pas leur enthousiasme. Notre jeune scientifique prépare donc sa reconversion par le biais d’un stage de commerce d’où il sort premier - « j’étais extrêmement motivé ». Et en août 1988, Jean-Louis et Corinne baptisent Cocomenthe la petite société de prêt-à-porter qu’ils ont imaginée et pour laquelle ils fourmillent d’idées. « Nous avions déjà l’ambition de proposer un prêt-à-porter féminin original, fantaisie, tout l’opposé des modèles standardisés dont le Sentier inondait la rue Tapis Vert », se souvient le père de Cocomenthe. Les débuts sont fastidieux. Sans aide extérieure, le jeune couple lance ses premières petites séries, qui sont distribuées dans des points de vente de gros. « Je faisais les créations, ma mère nous donnait un coup de main pour les patronages. Pendant des nuits j’ai appris comment faire les emmanchures et les fourches de pantalon ». D’une série à l’autre, les collections trouvent leur clientèle et prennent de l’ampleur, les commerciaux se multiplient, Cocomenthe trouve ses marques, confirmant par là que l’idée du départ était la bonne. En 1995, l’entreprise, mature, rentre enfin dans un circuit plus « classique », r ythmé par les collections et les salons. Dès lors, le développement de Cocomenthe va se poursuivre régulièrement pour atteindre, en 2004, un chiffre d’affaire de 4,5 millions d’euros (+ 60 % en 4 ans). La société fabrique désormais 80 000 pièces par saison, emploie une ving-

taine de commerciaux, s’est installée dans 500 m 2 à (texte) Gémenos et compte quelque 400 clients détaillants Nathania Cahen multimarques dans l’hexagone. L’export représente 25 % de l’activité, en Europe sur tout (GrandeBretagne, Espagne Suisse, Bénélux et Italie), mais également au Moyen-Orient, au Japon et en Russie. L’ o r i g i n a l i t é d e s m o d è l e s Cocomenthe tient à la fois dans la couleur et dans la valeur « J’ai grandi au milieu des ajoutée. Sans verser dans le criard, la marque affiche une tables de coupe et des prédilection certaine pour des cannettes de fil. Je faisais gammes tendres mais aussi le mannequin pour ma des rouges et des bruns chauds, proches de la terre. Les matières mère, qui est Arménienne, sont agréables au toucher : lin, essayant même les jupes coton et viscose l’été, mohair et alpaga l’hiver. Chaque collecet les robes qu’elle fabrition décline une vingtaine de quait à façon. » modèles par thème, à assembler ou croiser pour un « total look » dans des formes fluides mais élaborées, raffinées et romantiques, à l’image des produits phares que sont les robes et les jupons. L’esprit de chaque collection est le fait du même trio depuis huit ans. Deux fois par an, Jean-Louis et Corinne Guironnet s’isolent du reste du monde avec leur styliste fétiche pour étudier les échantillons et définir les thèmes de la nouvelle saison. « C’est le moment le plus sympathique, celui que je préfère, indique Jean-Louis. Quand on chine les matières, il y a une vraie dimension ludique ! Tout le reste est difficile car dans la mode rien n’est jamais acquis, une saison ne ressemble jamais à la précédente…. » #

Cocomenthe

Ils se sont connus dans un amphi de chimie avant de bifurquer vers le prêt-à-porter féminin et créer Cocomenthe. Jean-Louis et Corinne Guironnet ne regrettent rien : leurs collections sont présentes dans quelque 400 points de vente en France et progressent à grands pas hors de l’hexagone. Une réussite assise sur leur volonté de se démarquer et leur opiniâtreté. page 66

*

COCOMENTHE - Jean-Louis Guironnet 385, av. du Garlaban Parc d’activités de Gémenos - 13420 Gemenos Tél : 04 42 36 81 00 E-mail : info@cocomenthe.com Site : www.cocomenthe.com


Portraits de familles

page 68

Il court, il court, plein d’énergie, le petit marin bonhomme, campant la sympathie avec son pull marin et son bonnet enfoncé jusqu’aux oreilles ! A son effigie, Régine et Thierry Kammermann ont lancé un style sportswear et décontracté, en hommage à Marseille, leur ville. Un concept au succès fulgurant, qui s’étend désormais aux accessoires, aux arts de la table, comme à la convivialité gourmande.


(texte)

Caroline Guiol

lié à sa ville, qui va fidèlement l’accompagner hors-frontières. Quant au touriste enthousiaste, certain de revenir se balader dans les calanques ou s’essayer à la voile, Merci à la Méditerranée, de nous offrir le soleil, il achète manches cour tes, manches longues, le la mer, le vent, les embr uns… Sans elle, les pull qui va avec, le chapeau et puis aussi, tiens, Kammermann n’auraient sans doute pas fouetté leur les espadrilles ou le sac. La suite, on la connaît… reconversion, au profit d’un univers textile devenu une Bleu de chine pour toute la famille, relookant vareuses, identité, un mode de vie que chacun, du côté de la pantalons et chemises, draps de plage et de toilette, Canebière, s’est approprié à sa façon. Avec l’accent, tabliers de cuisine, vaisselle aux bancs de poissons la gouaille. Mais surtout une vraie fierté. Car, arborer frétillants ou voilier en goguette, confiée au peintre un vêtement, un accessoire Le Marseillais, c’est par- marseillais Hervé Maury, bagages en grosse toile, eau ticiper à l’image valorisante, enfin revue et corrigée de toilette, ont complété les rayonnages, étoffé l’offre loin de ses clichés, d’une ville en plein devenir; reven- grandissante. Sur le trottoir d’en face, le restaurant diquer son appar tenance à une communauté de « la Cantine » s’est pris au jeu, dressant quelques légende.  Quand en 1997, Thierry rachète l’atelier de petites tables au soleil, amorçant des escales très médisérigraphie local, aujourd’hui STK (Sérigraphie Textile terranéennes au gré d’assiettes enlevées et copieuses. Kammermann), l’industriel de l’emballage « passionné Les saisons ont passé… Aujourd’hui, le Marseillais c’est par les machines, les outils de proune petite équipe d’une vingtaine duction », est loin de s’imaginer de personnes, « que des bons ! », La silhouette longiligne embarqué pour une telle aventure. très impliqués dans la réussite de ce marin identifiable D’emblée, il décide avec sa femme artistique et commerciale de l’enau premier coup d’œil, Régine, de créer un nouveau type treprise. Avec deux collections de « produit-cadeau », chic et de annuelles, une nouvelle enseigne les mains dans les bon ton : des tee-shirts cautionmitoyenne vouée exclusivement poches, très vite rejoint nant le nouvel engouement des à l’art de vivre bien de chez nous étrangers pour la cité phocéenne. par des symboles forts : (boules « triplette », mortiers, tians, En 1998, la marque est déposée, sets de table, coffrets pour l’apéro), la pétanque, le pointu, sous l’aile de quelques dessins une autre tout juste amarrée à la sardine, l’anisette, habilement étudiés par le duo et Cassis, le couple tient le bon l’imagination débridée de Jérôme cap. Projette d’autres ouvertures le chiffre 13… Agazar. Ainsi naîtra la silhouette lonentre la région du grand Sud et Paris, œuvre pour le tissu économique régional, entre prêt-à-porter (Madame Zaza of Marseille, Beuchat, Kelmoi) et évènementiel : Open 13, Noah et les Enfants de la Terre, Beach-Volley, Juris’Cup, Spi Dauphine, « car aimer Marseille, c’est aussi participer à ses grandes dates ! »… Avec les beaux jours, le programme s’annonce tout aussi chargé : une première commande pour le Japon, « estampillée et fabriquée giligne de ce marin identifiable au premier coup d’œil, 100% Marseille », deux autres marques, L’Insulaire, les mains dans les poches, très vite rejoint par des en Corse et El Catalan en Espagne, « déposées pour symboles forts : la pétanque, le pointu, la sardine, l’ani- bien asseoir la marque et éviter la contrefaçon ». Côtésette, le chiffre 13… Taillés dans des cotons imprimés nouveautés, le lin, l’aspect délavé, les Marcel, les quaret une maille impeccable, les modèles s’envolent, tiers calligraphiés en ribambelle de rues, s’annoncent diffusés dans des points de vente triés sur le volet. les temps forts de la saison. C’est décidé, demain, je En 2001, l’ouverture de la boutique rue Glandevès, cours en acheter encore un !!! # confirme l’à-propos d’une collection en passe de LE MARSEILLAIS prendre sa vitesse de croisière. A chaque marseillais Thierry Kammermann expatrié, nostalgique du Vieux-Port, répond un souvenir

Le Marseillais par delà les flots

*

73, Bd de la Méditerranée 13015 Marseille Tél. 04 95 05 18 50 E-mail : stk.lemarseillais@wanadoo.fr Site : www.lemarseillais.com


Portraits de familles

ethnique comme Marseille », le bijou Gas a du style, des audaces raffinées, jongle avec tous les matériaux (aluminium, bois, résines, émail, plastique, polyester), se porte du matin au soir, ponctuant le quotidien branché, si complice des jeunes filles et de leurs mères : bracelets tibétains, enfilade de perles en camaïeux montées sur élastique, avec leur petite médaille insérée; braceletressort, « taxi-pompon », « Ronita », si joli et toujours actuel modèle, né d’un lien de coton de couleur, centré d’une plaque ronde toute de strass et minuscules applications de matières. On en a toutes porté ou offert un… Par amour, par amitié, pour conjurer le mauvais sort. Comme certaines ont craqué pour la fine ceinture en cuir « Santa-Fé », avec ses breloques ou le cabas plastique « Tienda Gas », indispensable fourre-tout des lycéennes et étudiantes.

Trente ans déjà que la famille Gas et ses bijoux porte-bonheur rehaussent la beauté des femmes dans le vent ! De SaintTropez à Paris, de NewYork à Marseille, l’absolue séduction de la marque continue de gagner ses galons, au rythme de collections charmeuses, féminines en diable, auxquelles s’ajoutent désormais mode et accessoires. Des trésors de fantaisie, pour se sentir belle, belle, belle… Saint-Tropez, années 70… Sur le sable de Pampelonne et de Ramatuelle, les filles les plus sexy se déhanchent dans leurs minuscules maillots en coton perlé. Le marseillais André Gas lui, tout juste diplômé des BeauxArts, vend déjà sur la plage, les gris-gris qu’il crée de toutes pièces: mains de fatma, cornes de gazelle, médailles religieuses émaillées sur des bracelets, accessoires piquants des peaux bronzées. La Jet Set en raffole, tant et si bien qu’à sillonner la côte, il ouvre sa première boutique en 1971, Place de la Garonne. Les dés sont lancés et la fabrication artisanale se met en place, dans l’atelier marseillais du Roucas-Blanc. Suivront ensuite les enseignes parisiennes des rues Etienne Marcel et Danielle Casanova, avant la consécration new-yorkaise, en 2002. Chaque adresse, minutieusement choisie, se rapproche des créateurs en vogue, jusqu’au Printemps Haussman qui accueille ce printemps l’univers de la marque, dans son nouvel espace Joaillerie Bijouterie. « Coloré, exubérant et

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GAS - André Gas 6, rue Clémence 13006 Marseille Tél : 04.91.37.50.49 E-mail : contact@gasbijoux.fr Site : www.gasbijoux.fr

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Bijoux solaires et vitrines à l’envi L’histoire aurait pu continuer presque sans effort… C’était sans compter les envies de reconversion de Marie, ancienne avocate au barreau de Paris. Comme son père, la jeune femme a le goût des voyages, la curiosité des gens, du folklore de la rue, ce don inné de la parure avec trois fois rien. Ensemble, ils chinent du côté de Portobello, à Londres; déambulent dans les bazars de Delhi, les free-markets new-yorkais, les brocantes du Mexique, l’inspiration est partout ! Et tandis qu’Olivier, le frère, ferme le trio en indispensable « homme de l’ombre », assurant le développement marketing et la communication, Marie se lance, fabrique des collections d’esprit vintage en séries limitées, ode à la soie, aux broderies, à la légèreté. Une

Saint-Tropez, années 70… Sur le sable de Pampelonne et de Ramatuelle, les filles les plus sexy se déhanchent dans leurs minuscules maillots en coton perlé. Le marseillais André Gas lui, tout juste diplômé des Beaux-Arts, vend déjà sur la plage, les gris-gris qu’il crée de toutes pièces…


allure à son image, douce et fraîche comme ces effets de mousseline imprimée, voile et jersey de coton, lurex, campant la belle saison 2005, sur des robes-chemises ou dos-nus, jupes, tops, pulls si souples à vivre, signés Gas Bijoux by Marie. De petites merveilles à porter avec des sautoirs, de grandes créoles, des envies de nacre délicate, des chaînes marquant les tailles basses, venus relayer les rayonnages des boutiques, dont celle, installée voilà peu rue Paradis, dans la cité phocéenne. Décor boudoir ultra-féminin, rose, parme et amande, miroirs gravés à l’ancienne, verrière, patio et jeu de calades prolongeant l’espace, l’écrin métisse

(texte)

Caroline Guiol

ici comme ailleurs, des tendances chinées aux quatre coins du monde : prêt-à-porter (Isabel Marant, Megan Park, Antik Batik), sillages parfumés (Votivo, Calypso), cadeaux de naissance (Honoré), vaisselle, douceurs gourmandes… Et le charme opère, irrésistiblement. A ce concept désormais très abouti, il manquait pourtant une chose : un parfum… C’est promis, le « jus », paraît-il très réussi, sera lancé d’ici à la fin de l’année, dans la cité phocéenne. Un juste retour aux sources, mis à l’honneur parmi les 350 points de vente diffusant Gas, dans l’hexagone et à l’étranger. #


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Boutiques (photos)

Serge Assier

Soul Shop

Gaétan Goiran et Gladys Naouri, un couple complémentaire

L’Ane Bleu

L’exotisme à fleur d’ambiances


Boutiques

MARIE-HELENE LE GRAND & VIRIGINIE VERNET Tél : 04 91 81 12 00 E-mail : lanebleu@wanadoo.fr

L’Ane Bleu

Entre le Sénégal et Marseille, Marie-Hélène Legrand et sa fille Virginie dessinent les couleurs de multiples horizons, à vivre dedans-dehors dans les maisons, à travers les vitrines de l’Ane Bleu. Un repaire talentueux, marqué par l’originalité et le goût fervent des voyages de deux personnalités, unies dans une même passion pour l’art de vivre et le soleil. L’une vit sur la côte Atlantique, au cœur de de là, dans un tout autre environnement, généralement l’Afrique-Noire. Son décor quotidien aujourd’hui, c’est citadin, mais toujours marin, Virginie, à Marseille. Son « MBEGEEL », l’hôtel de ses rêves (« amour », en dia- royaume à elle, c’est la boutique lancée en 1989 par sa lecte wolof), ouvert depuis quelques années, à une mère et devenue sous son aile, une adresse incontourcentaine de kilomètres de Dakar. Quand Marie-Hélène nable dans la cité phocéenne. A l’origine dédiée aux Legrand ouvre les yeux le matin, la mer s’étend à perte objets décoratifs, l’Ane Bleu a toujours su depuis, ralde vue. Il y a des barques de pêcheurs, des cocotiers lier à son seuil les amoureux d’ethnique, « sans jamais indolents, des écorces et des ocres rouges. C’est là, au tomber dans le piège du folklorique ». Lancé à pas beau milieu des manguiers, qu’elle a choisi d’aménager de velours, le lieu maquillé de lumière est aujourd’hui sept cases de charme, à l’architecture un audacieux mélange de matières, typique, toutes en matériaux naturels, « la volonté de revenir d’impressions et de fête perpétuelle. « pour le plaisir du partage » et celui Une ode à la vie, aux couleurs, où à l’essentiel » de recevoir. Les hôtes s’y posent, elle expose bien sûr les collections oublient leurs soucis et puis repartent, maternelles, débarquées régulièrerégénérés par l’harmonie et la poésie improvisée des ment du Sénégal ; des pièces uniques ou de petites lieux. Dans ce pays, où chacun à son rythme se frotte séries, auxquelles elle ajoute sa note d’esprit, la fanà l’art de la récupération, « l’objet ne meurt jamais, il a taisie de sa jeunesse, portes ou totems sculptés, meumille vies », raconte l’ancien mannequin aux doigts de bles de mariage et autres trouvailles de l’art populaire. fée. Alors, elle crée, fidèle à sa culture vagabonde et Caravane, Kim et Garo, Espic ne s’y sont pas trompés. ingénue. Dans le chatoiement joyeux et léger des tissus Les peintres et photographes invités sur les cimaises, dont elle aime se draper, voiler les rayons qui dardent eux non plus. Vous aimez le recyclage, les grands poufs la peau, ou la noble veine d’un bois exotique incrusté multicolores, les couverts en pâte de verre, les perles, de coquillages.  Essentiellement des textiles faciles à les halos tamisés, la soie, le lin et le coton métis brodés ? vivre, à déplier, à accrocher, « pour habiter l’espace » Vous avez l’esprit nomade, le goût des pièces contemet du mobilier brut, comme « la volonté de revenir à poraines et modulables, faciles à déplacer ? Des envies l’essentiel ». Sur la route des artisans, habiles à manier de tentures arachnéennes, de ciels de lit rien que pour l’ébène, le teck, l’acajou ou la corne, le plastique, le vous ? Tout est possible, pourvu que s’installe la connizinc ou le métal brossé, elle imagine des formes sobres vence. La tête dans les étoiles, la mère et la fille peuvent et authentiques: tables basses, fauteuils, chevets, ban- continuer à nous faire rêver. De leur imagination, naisquettes, miroirs, profitent de ces détournements sent toutes les offrandes de la terre. # insoupçonnés de matières, d’inclusions précieuses. Promis au bel esprit que saura leur donner bien loin

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(texte)

Caroline Guiol


GAETAN GOIRAN & GLADYS NAOURI

Soul Shop

Tél : 04 91 55 07 37 E-mail : soulshop@wanadoo.fr

Depuis près de deux ans, le tandem a repris le Soul Shop, situé rue Vacon à Marseille. Cet espace a fortement évolué depuis ses débuts, délaissant peu à peu le hip-hop et le sportwear pour adopter des marques de créateurs et de grapheurs. Le couple est bien décidé à faire du Soul Shop une boutique « pointue » et pas comme les autres. Tenir une enseigne de prêt-à-porter ? Ni l’un ni l’autre n’y viennent de toute la région, même de la Corse. Pour garantir aurait songé. Gaétan Goiran, originaire de Nice, a fait ses l’originalité de ses trouvailles, la commerçante limite ses premiers pas dans la vie active comme manœuvre pour commandes à cinq exemplaires par produit. « Je ne veux un serrurier, avant de diriger un magasin de matériel de pas que tout le monde porte la même chose. Même si un sécurité. C’est totalement par hasard qu’il plonge dans produit cartonne, je me refuse à faire des réassorts ». l’univers de la mode. « Un de mes cousins travaillait dans Pour les hommes, on trouve des marques de grapheurs une boutique à Aix-en-Provence. Je l’ai rejoint et je me suis comme Upper Playground (San Francisco), SixPack fait embaucher chez Levi’s. Six mois plus tard, je me suis (Avignon) et Hixsept (Grenoble), du streetwear californien retrouvé manager d’un magasin de prêt-à-porter à Aubagne, (555 Soul) ou la touche marseillaise de Consortium. Seule avec cinq employés sous mes ordres », la griffe Nudie Jeans a été retenue pour raconte-t-il. De son côté, Gladys Naouri, Le duo de dénicheurs les denims. « Parce que la toile est telle sa compagne, a débuté sa carrière dans qu’elle était aux débuts du blue jeans », opte pour des marl’immobilier. Après avoir tenu une brasexplique Gaétan. Par ailleurs, un corner ques « pointues ». serie, elle a l’opportunité d’ouvrir sa consacré aux baskets présente des propre boutique à La Valentine. « Je suis séries limitées et des avant-premières une grosse acheteuse et j’adore m’hasignées Adidas, Nike et Reebok. « Nous biller. En faisant ce métier, j’ai trouvé ma voie », avoue-t-elle. comptons mettre en place un site marchand dès cette Malheureusement, son magasin ne connaît pas le succès année, afin de faire connaître la boutique et surtout de escompté. La jeune femme se tourne alors vers son frère présenter nos avant-premières en matière de baskets », Philippe, fondateur du Soul Shop. Dans cet espace dédié note-t-il. au hip-hop et aux importations américaines, elle crée un rayon sportwear pour femmes. Un an plus tard, en 2003, Ouverture d’esprit et complémentarité Philippe plie bagages pour s’installer aux Etats-Unis. Gladys De temps à autre, le Soul Shop accueille également des expositions variées, les toiles succédant aux toys ou et Gaétan sautent sur l’occasion et rachètent les lieux. aux peintures sur baskets. Un des projets du tandem est Créateurs et grapheurs d’exploiter l’étage afin d’en faire un « espace d’expresDès lors, le Soul Shop change radicalement d’esprit. Le sion ». « Les artistes pourraient venir faire des graphes duo de dénicheurs opte pour des marques « pointues ». sur les murs ou écrire des poèmes », avance Gaétan. Les griffes de créateurs et de grapheurs envahissent peu Ni l’un ni l’autre ne regrette cette aventure commune. à peu les portants. Côté femmes, les marques régionales Bien au contraire. La complémentarité du couple comme Inari (Marseille) et Deawan (Avignon) côtoient des s’avère un atout. « Gladys a un nez commercial que je noms italiens (Combobella) ou suédois (Odd Molly et Jenny n’ai pas. Elle devine les modèles qui vont se vendre », Hellström). « Nous marchons aux coups de cœur. Sur les admet-il. « Gaétan est très fort au niveau de la basket. deux dernières années, nous sommes passés du spor- Moi, je n’y comprends rien », ajoute-t-elle en écho. # twear à des produits de plus en plus féminins et sexy. Nous (texte) sélectionnons des modèles qu’on ne trouve pas ailleurs, et la clientèle joue le jeu », constate Gladys. Les clientes, fidèles, Violaine Brissart


Les best de l’hiver 2005-2006

4 DIDIER PARAKIAN

Manteau long blanc, broderies perles multicolores, manches et robe imprimé vert/violet, thème Chagall.

Après les salons professionnels du début de l’année 2005, les industriels marseillais dévoilent une tenuephare de leur collection hiver 2005/2006 3 KULTE

Survêtement éponge noir.

2 CANNISSE 1 SUN VALLEY

Echarpe et haut multicolores imprimés, cape et pantalon kaki, ceinture orange.

Ensemble ski : Parka kaki et pantalon noir en goretex.

6 LE MARSEILLAIS

5 VOLCOM page 76

Veste zippée laine kaki sur tee-shirt manches longues kaki sérigraphié.

Veste zippée jaune, grise et noire sur tee-shirt noir sérigraphié, et jean noir.


12 COCOMENTHE

11 CHARLIE JOE

Veste rouge manches à fleurs sur haut imprimé fleurs rouge et jaune et jupe à volants rouge.

Manteau imprimé bordeaux.

10 EVALINKA

7 OLLY GAN

Duffle coat écru sur chemise rayée manches longues, jean marron et pull zip beige.

8 FUEGO

Parka et tee-shirt blanc imprimé marron et beige sur jupe marron.

9 HELENA SOREL

Veste et écharpe en laine parme sur robe imprimée.

Pull et jupe asymétrique réhaussés de bordures en laine noire, motifs bleu et noir.


photos

Laurent Piombo assistant

Pierre Varlet stylisme

Linda Cohen coiffure/make up

Christian Noyes mannequins

Thomas, ­­­­Stéphane B, Julia, Justine, Pierre-Alexandre remerciements

Cercle des Nageurs, SNCM

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C BohĂŞme ie

Marion Robe fleurs

Masahiro Sac rouge

Cabaz


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Justine Veste lin blanche

Cocomenthe Jupe imprimĂŠe tulle

Link

Marion Robe blanche

Alexia Rosa


Justine Robe pois / rayures turquoise

Mozayeni Collier franges

Mozayeni

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Marion Blouson blanc

Sun Valley Jupe volant rouge /turquoise

En bonne et due forme


Justine DĂŠbardeur perles blanc

Sandrine Leonard Jupe fleurs

Evalinka Ceinture argent

Mozayeni Veste jean

Cannisse Sac

Sandrine Leonard Fichu

Mariviere Boucles d’oreilles

Le Sacre du papillon

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page précédene

1

1

2

2

2

3

3

4

5

4

Marion

3

Maillot

Filigrane

Nuisette mauve

Ceinture crochet

Chapeau rayé

Manon Martin

Julia

Tunique rayée

Sessun

Jupe volant anis

Thomas

Chemise cachemire

Olly Gan

Pantalon à pont

DVIL

Cravate

Sautoirs

Tindara

2 Justine Tunique fleurs brodées

Charlie Joe

Boucles d’oreilles

Zin

Kulte Gecko

Top longues franges

Warda Women

Charlie Joe

Robe bretelles mousseline rose

Helena Sorel

Good to be Home

Marion

Maillot

Pain de Sucre

4

Débardeur blanc sérigraphié

DVIL

5

Justine

Débardeur brodé

MaRivière

Jupe blanche

Jayco

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Stéphane B.


Pierre-Alexandre Jean

Hasso Foulard franges

Didier Parakian sautoirs

Tosca

Justine Robe soie multicolore

Didier Parakian Bracelets

Tosca Collier Pompom

Tosca


Julia Chapeau turquoise

Tindara Jupe fleurs

Formol Sautoirs tissus

Le Sacre du Papillon Ceinture cloutĂŠe marron

Helena Sorel Boucles d’oreilles

Le Sacre du Papillon Sabots turquoise

Dans la garrigue

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Julia Haut de maillot fleurs brodĂŠ

Charlie joe Jupe blanche brodĂŠe

Fuego Sandales blanches

Dans la garrigue

Marion Top blanc/fluo jaune

Too Kisses Mini jupe rouge

Link Sac

Too Kisses Lunette

Eye-DC


Marion Robe brodée verte

GAS Sautoir

GAS Boucles d’oreilles

Le Sacré du Papillon Coiffe réalisée avec les colliers dentelles

Le Sacré du Papillon

Thomas Polo noir/vert

Insan Pantalon noir

Kulte

Justine

Pierre-Alexandre

Robe franges noire

Chemise flamand rose noire

Sara Ke

Kulte

Culotte maillot paillettes

Pantalon noir

Filigrane

Consortium

Sautoirs

Sautoir

Gecko

Gecko

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Musée

Conçue pour gérer et conserver préventivement les collections de ses

La Conservation du Patrimoine des Musées

Culturelles de la Ville de Marseille. Réserves des Musées de Marseille, ce ser-

musées, la Conservation du Patrimoine des Musées (CPM) est un service de la Direction des Musées, placé sous l’autorité de la Direction Générale des Affaires vice, sous l’égide de Danièle Giraudy, Directeur des Musées de Marseille, n’est pas ouvert au public mais accessible aux étudiants et aux professionnels de la culture. Il est placé sous la responsabilité de Dominique Samanni et se pose plus exactement en centre de gestion des collections des musées de la ville. Ces derniers occupent majoritairement des édifices anciens, fréquemment classés Monuments historiques, et sont souvent dans l’impossibilité de fournir des réserves suffisantes sur place. Conséquemment, depuis les années 1980, leurs réserves étaient installées au sein des anciens entrepôts de Bourgey-Montreuil et, pour le Musée de la Mode, dans les anciens locaux du cinéma K7, rue Sénac. A mesure qu’y furent stockées les collections des différents musées, ô combien croissantes, ces locaux manquèrent de place et ne purent plus assurer des conditions répondant aux exigences des normes de conservation. Sous l’impulsion de la réhabilitation du patrimoine industriel de la Ville de Marseille, les friches de la Belle de Mai, anciennes manufactures de tabac de la Seita, proposaient de vastes espaces où les collections des musées marseillais pouvaient être conservées dans de bonnes conditions. Installées dans l’îlot 1 des friches, où sont également implantés les collections du Fonds Communal d’Art Contemporain, les Archives Communales et le CICRP (Centre Interrégional de Conservation et de Restauration du Patrimoine), de nouvelles réserves, pourvues d’équipements performants, ont été réalisées sous la direction des services de l’Architecture et des grands projets de la Ville de Marseille.

Le Musée de la Mode acquiert chaque année, par achat et par donation, des collections de haute couture ou de prêt-à-porter, parfois par lots : les 140 pièces de prêt-à-por ter Côte-d’Azur exposées cette année, ou la donation de 174 vêtements de Popy Moreni qui sera présentée ensuite dans nos galeries d’exposition de la Canebière. Ainsi, 1 264 costumes ont enrichi ce musée depuis 5 ans, d’où l’urgence de réorganiser nos réserves. Celles-ci, classées par matière, permettent de rapprocher la collection moderne du Musée de la Mode des collections – tout aussi précieuses – de costumes du XVIII e et du XIX e siècles mises en réserves par le Musée du Vieux-Marseille, rapprochant les créations récentes d’une mode devenue de plus en plus internationale, des vêtements si personnels, portés par les Marseillaises des siècles passés : boutiquières, bastidanes, poissonnières ou grandes bourgeoises, dans la diversité de leurs modes de vie.

L’architecte Anne Lévy, de l’agence LEVY-MAGNAN, a été sollicitée pour rénover, modifier, aménager et équiper 7000 m² destinés à accueillir, dans trois bâtiments distincts, des réserves élaborées dans le respect des dernières normes en matière de conservation des œuvres et de sécurité, pour un montant de 7 millions d’euros. L’opération de grande envergure visant à transférer les collections s’est effectuée sous la coordination de la société Conservation Service, dont la mission englobait le traitement et le transport des œuvres. Ainsi, les 6 500 vêtements et accessoires constituant la collection du Musée de la Mode, dont les 964 dépôts de l’Institut Mode Méditerranée, ont été inventoriés sur le logiciel Micromusée avant d’être traités par anoxie - technique permettant la suppression de l’oxygène afin d’éradiquer les infestations par les insectes. Les œuvres ont été conditionnées dans des housses et rangées dans des penderies ou sur des étagères à l’intérieur de magasins offrant des conditions climatiques et hygrométriques appropriées. Ce processus alliant une surveillance sanitaire constante et la mise en œuvre de techniques de conservation préventive garantit une préservation pérenne des collections. En outre, une importante campagne de restauration sera entreprise ultérieurement. Cette infrastructure doublée d’une gestion informatisée des collections permettant de mener à bien l’ensemble des opérations inhérentes à la sauvegarde du

Danièle Giraudy

patrimoine de la Ville de Marseille suscite d’ores et déjà l’intérêt des autres villes

Directeur des Musées de Marseille

françaises. #

Patricia Vallet Bibliothécaire, Musée de la Mode

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Mayann Couchy Adjoint Administratif, Musée de la Mode


PNR « Design de Mode » Rencontre nationale 2005

De grands noms s’engagent pour une meilleure compréhension de la mode à l’école L’Institut Mode Méditerranée s’associe à l’Education Nationale (Rectorat, Scéren-CRDP, IUFM) et propose, avec le Musée de la Mode et la Chambre Syndicale de l’Habillement, des formations et des outils pédagogiques pour motiver et accompagner les personnels de l’Education Nationale et de la Culture de toute la France qui souhaitent sensibiliser à la mode les élèves de tous niveaux. La mode peut être un formidable sujet d’étude : elle permet d’éduquer le regard, de sensibiliser à un processus de création et d’initier aux formes, aux matières et aux couleurs. A côté de domaines bien implantés à l’école, comme le théâtre, la littérature ou le patrimoine, une approche culturelle de la mode peut nourrir les enseignements d’arts plastiques, d’histoire ou de technologie... Fort du succès du colloque 2004 « Mode et société » qui a permis par exemple, dans l’académie d’Aix-Marseille, de faire travailler ensemble plusieurs classes sur le thème du sac, en relation avec les Arts Décoratifs, le pôle a rassemblé les 21 et 22 mars 2005 de grands noms de la mode autour du thème « Matière et lumière ». Ces intervenants prestigieux ont aidé les participants à envisager une exploitation pédagogique des thèmes abordés :

Rémy Kerténian, historien d’art, (histoire des textiles, liens entre facteurs économiques et culturels dans l’évolution technique et stylistique des matières). Olivier Guillemin, président du Comité Français de la Couleur (nouvelles technologies associant couleurs et matières à travers la lumière). François Lesage, maître brodeur, (broderies et effets de lumière) Maurizio Galante, couturier et JeanRémy Daumas, créateur de prêt-àporter (conception, création et diffusion du vêtement), Jean-Paul Leclercq, conservateur, commissaire de l’exposition « Jouer la lumière » (les effets de la lumière sur les textiles, dans l’architecture ou la décoration intérieure) Pascaline Wilhelm, directrice de la mode de Première Vision, et Edith Keller, PDG du bureau de tendances Carlin International, (matière et couleur, reflets d’événements économiques et culturels), Alain Chambon, scénographe et décorateur du théâtre de la Criée (rapports entre mode et costume de scène). Jean-François Canavaggia, boutique Guenièvre, Marseille (scénographie de vitrines).

Rendez-vous à Marseille l’an prochain, du 13 au 15 mars 2006, autour du thème « Design, mode et développement durable », par ailleurs sujet d’un ouvrage, réalisé avec les Arts Décoratifs et les 3 autres pôles design, qui devrait voir le jour au printemps 2006.

page 94

Opinions Géraldine Tardy, médiatrice au musée d’Art et d’Industrie de Saint-Etienne

« Le colloque m’a permis de mieux définir la place d’un musée entre l’approche plastique du créateur et les exigences disciplinaires de l’enseignant et ainsi d’enrichir les projets que nous menons déjà sur la couleur ou la matière. J’ai également pu rencontrer des professionnels passionnés et envisager de travailler avec certains d’entre eux ». Joëlle Garnier, conseillère pédagogique, professeur des écoles, Haute-Loire

« La diversité et la qualité des interventions sont d’un intérêt qui dépasse le seul domaine de la mode, et peuvent nourrir toute approche liée à un travail plastique ».. Dominique Mazel, conservateur, Bibliothèque Méjanes, Aix-en-Provence

« A la suite du colloque de l’an dernier, nous avons focalisé notre politique d’acquisition sur le textile, afin d’enrichir notre fonds des métiers d’art, constitués de plus de 3 000 ouvrages. Laurence Chapellier, service pédagogique Artdécojeunes, Arts Décoratifs, Paris

« Ces deux journées proposaient des interventions riches et complémentaires, à la fois d’ordre historique et théorique, mais aussi d’ordre personnel. Il serait bon de développer ce type de rencontres auprès des élèves directement ».

Plus d’infos : www.crdp.ac-aix-marseille.fr eric.rostand@ac-aix-marseille.fr o.galeski@institutmode.org


News

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La Mode, Soin Culturel

Le 12 avril dernier, l’équipe médicale de la Maison de Solenn, le Professeur Marcel Rufo et le Docteur Isabelle Ferrand ont accueilli, en présence de Madame Bernadette Chirac, les partenaires de l’atelier culturel Mode. Celui-ci, calqué sur le modèle et l’expérience de la « Vêtothèque » de l’Espace Arthur à Marseille, est installé dans une salle spacieuse, lumineuse et équipée de grands miroirs. Les ados peuvent choisir les vêtements dans des malles-armoires en bois, 3 à 4 fois par semaines, accompagnés d’une personne de l’équipe soignante.

Les partenaires présents*, sollicités à l’initiative de la Fédération Française du Prêt-à-por ter Féminin et de l’Institut Mode Méditerranée offrent des pièces de leur collection, en nombre égal à l’Espace Arthur et à la Maison de Solenn. Ils ont ainsi mesuré, grâce aux explications du Pr Rufo, la place que prend le vêtement, outil thérapeutique, dans le traitement du jeune patient. Une telle visite les a confortés dans leur engagement. *Aigle, Volcom, Sessun, Les P’tites Bombes, Kulte, Petit Bateau, Antik Batik, La Redoute, Chipie, IKKS

De g. à dr. devant : Geneviève Ladegaillerie, cadre infirmier Maison de Solenn, Pr Marcel Rufo, directeur Maison de Solenn, Dr Isabelle Ferrand, médecin Maison de Solenn, Madame Bernadette Chirac, Présidente de la Fondation Hôpitaux de Paris et Hôpitaux de France, Monsieur Jean-Pierre Mocho, Président de la Fédération Française du Prêt-à-porter Féminin (FFPAPF), Maryline Bellieud-Vigouroux, Présidente de l’IMM, Virginie Bertrand, Chargée de Communication FFPAPF, De g. à dr. derrière : Deborah Huyghe,assistante de communicationa FFPAPF et Marie-Emmanuelle Belzung, FFPAPF, Odette Galeski, IMM, Laure Saget, Chargée de Communication, Groupe Zannier, Stéphanie André, Sessun Paris, Annie Fitoussi, Les Petites Bombes, Sophie Rouby et Perrine TazeBernard, Antik Batik, Virginie et Jean-Jacques Weil, Moloko

Quatre créateurs marseillais retenus par le catalogue Quelle Quelle, le catalogue de vente par correspondance a fait appel à de jeunes créateurs, dans toute la France. Sur les six candidats retenus par le vépéciste dans ses pages « Nouveaux Talents », trois sont des Marseillais, présentés par L’Institut Mode Méditerranée : DVIL, Inari et Emee. « Il s’agissait de trouver des créateurs jeunes et prometteurs, qui ne se prenaient pas pour des superstars, et que cela amusait de travailler avec nous » indique Annick Jehanne, directrice de la branche habillement de Quelle. « Nous voulions que chaque créateur invente un produit exclusif pour notre marque, qui ne soit pas trop sophistiqué, tout en restant dans des prix accessibles à nos lectrices. De notre côté, nous avons pris en charge la fabrication, et la vente de leurs produits. Nous avons par ailleurs sélectionné un quatrième créateur, Tchéka, et l’avons intégré parmi d’autres marques jeunes et urbaines ». Devant le succès de l’opération, le catalogue de VPC a décidé de renouveler l’expérience pour l’hiver prochain, avec cette fois, de jeunes photographes.


Boutiques-ateliers Ne manquons pas d’aller voir celles de LINE KAE et POMPONETTE

Avec le printemps, de nouvelles boutiques

Un été en vacances, a ouver t depuis le 5 mai 2005, une boutique au concept-T-shirt-store proposant une gamme de tee-shir ts et accessoires, homme, femme, enfant, baby, désormais en vente dans ce nouvel espace phocéen du nom de « Marseille en vacances ».

Alexia Rosa, ouvre un espace boutique, en plein cœur de Cassis, dédiée à sa marque de prêt-àporter très féminin.

7, rue Bailli de Suffren, 13001 Marseille

12, rue Séverin Icard, 13260 Cassis

Du lundi au samedi : 10h-13h/14h-19h

06 80 44 10 27

www.uneteenvacances.com

Masahiro met en scène dans sa nouvelle boutique-atelier de la rue Saint-Pierre, sa collection de pièces uniques en prêt-à-porter féminin et accessoires, proposant aussi du semi sur-mesure pour sa collection homme.

> Line Kaë

Rue Pierre Dupré, loin de l’agitation d u c e n t re - v i l l e , l a b o u t i q u e -appartement de Sabrina Fantou et Grégoire Hessmann, offre un espace épuré de 100 m2 entièrement dédié à la marque urban-chic « Line kaë » 9, rue Pierre Dupré, Marseille (13008) 04 91 53 24 86 Du lundi au samedi de 10h-12h/14h-19h linkae@netcourrier.com

> Dans la Garrigue

Dans la Garrigue, propose dans son nouvel atelier-boutique à Cadenet de très belles chaussures s u r m e s u re h o m m e s f e m m e s et enfants et accessoires (sacs et bijoux) que pour ront venir compléter pour les plus curieux des cours de botterie dispensés sur place.

31, rue Saint-Pierre, 13005 Marseille 04 91 48 32 57 Du lundi au vendredi de 9h30 à 12h30 14h30-18h30, Samedi sur rdv

28 rue Victor Hugo, 84160 Cadenet 04 42 92 91 29 lun-mardi-jeudi-vend : 14h-18h mercredi-samedi : 13h30-18h

> Masahiro

www.danslagarrigue.com

Concours robes de mariees

Robe « Désirée » d'Urivaldo Lopez et Lucie Irles

Dans une ambiance rose bonbon, Sarah Guibaud et Béatrice Péron proposent à leurs clientes de la rue Breteuil une panoplie colorée de jupons, tuniques et sacs, sous le nom chantant de « Pomponette ». 72, rue Breteuil, Marseille (13006) 04 91 53 34 26 Lundi : 14h-19h, Ma-Sam : 10h-12h30/14h30-19h www.pomponette.fr

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Photo Serge Mercier/ La Provence

> Pomponette

Cette année, la onzième édition du concours des robes de mariées o rg a n i s é p a r l ’ I n s t i t u t M o d e Méditerranée en partenariat avec les Nouvelles Galeries de Marseille a primé Lucie Irles et Urivaldo Lopez du lycée professionnel La Calade pour la réalisation sur la robe de mariée « Désirée », un travail d’orfèvres faisant preuve d’une technicité exceptionnelle avec trente-cinq mètres de mousseline rose brodée de perles.


EMM 7  

Le magazine de l'Institut Mode Méditerranée

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