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violence

nce violence n violence o viol Le magazine de la Dynamique Jeunesse de l’UEPAL

n violence U

n bon chrétien est-il gentil et « peace and love » quoi qu’il arrive ? Restera-t-il stoïque, tendra-t-il toujours l’autre joue s’il est agressé, insulté, bousculé… ? N’est-il jamais frustré, en colère, indigné, prêt à se défendre, même par la force ? Nous avons été ou sommes victimes de violence. Nous sommes témoins de la violence autour de nous et dans les médias. Et il y a de la violence en nous, latente et parfois exprimée. Cette violence qui nous fait peur, comment la gérons-nous ? D’instinct, nous savons que répondre à la violence par la violence, à la force par la force, à l’insulte par l’insulte, n’est pas la solution. Alors que nous reste-t-il ? Dans ce numéro 3 du Fruit Détendu, nous vous proposons quelques pistes pour y réfléchir et comprendre qu’une autre réponse à la violence est possible. Dans la pratique, cette réponse n’est pas toujours facile à donner et demande une dose certaine de courage, mais elle est une réelle alternative. Cette réponse, c’est de dire : NON ! Gwenaelle Brixius, pasteur aumônier de lycée

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moi face aux petits conflits de la vie...

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Le réveil n’a pas sonné, tu te réveilles cinq minutes avant ton premier cours... B- Pas le temps d’avaler mon jus de carotte, la journée commence mal. C- Un footing à jeun jusqu’au bahut va te mettre en forme pour la journée. A- Pourquoi personne ne t’a réveillé ! Tu claques la porte en partant. Tu arrives avec 10 min de retard et le prof refuse de t’accepter en cours... C- En attendant : un peu de tai-chi pour être totalement disponible au cours suivant. A- Pourquoi personne ne prend ta défense ? Qu’ils aillent tous se faire f... B- Tu râpes des carottes pour passer tes nerfs. À midi, tu es touché par un lancer de purée de carottes à la cantine... A- Pourquoi ton voisin ne t’as pas prévenu ? Tu aimerais bien qu’il lui arrive la même chose pour voir... C- Chouette, il/elle veut jouer avec moi ! B- Comment peut-on gâcher des carottes ? Tu lui vides la cruche sur la tête. Dans la cour, tu joues aux cartes avec tes potes mais le vent les fait s’envoler... B- Si on jouait avec des carottes, elles ne s’envoleraient pas. A- Pourquoi n’y a-t-il aucun endroit tranquille dans ce bahut ! C- Super, un nouveau jeu : la course aux cartes ! En cours de bio, le prof te change de place parce que tu bavardes... A- C’est pas moi, c’est mon voisin ! Ce prof est nul. B- En signe de protestation, tu remplis ta bouche de carottes jusqu’à l’étouffement. C- Cela te fait voir la classe sous un autre point de vue. Tu montes dans le bus, un groupe de passagers a piqué le sac d’un autre. On se le passe en riant... C- Tu demandes au groupe en question de rendre le sac et proposes le tien en échange. A- Pourquoi y a-t-il toujours des imbéciles dans le bus ? On n’est jamais tranquille nulle part. B- Tu les assommes avec un sac de carottes. Ta mère a appris que tu as raté le premier cours, tu es puni... C- C’est normal... B- Je m’en fous. A- C’est pas juste ! Pendant le repas, tu veux raconter ta sale journée, mais ton père monopolise la parole... B- Tu prends une carotte et lui enfonce dans la gorge. A- Il ne s’intéresse pas à moi... Je mets mon mp3 sur les oreilles. C- L’écouter te permet d’oublier un peu cette journée difficile... Tu vas te coucher... C- Chouette, un lit douillet ! A- Tu détestes le monde entier, tu ne mets pas de réveil pour demain. B- Tu te fais un masque à la carotte pour avoir la peau douce.

Réponse DU TEST en p4


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MICRO-TROTTOIR

La violence a coutume d’engendrer la violence.  Eschyle, philosophe grec (Ve siècle av. JC)

La violence commence où la parole s’arrête. 1) Quelle est la pire violence que tu aies subie ? 2) Quelle est la pire violence que tu crains de subir ? Antoine 1) les insultes concernant ma famille 2) le viol Nicolas 1) un coup de poing 2) me faire agresser tard la nuit, seul Alexis 1) un coup de poing 2) une agression avec une arme Florian 1) une agression verbale concernant ma famille 2) une agression avec une arme Loïc 1) un coup de poing 2) être mêlé à une grande bagarre Raphaël 1) quand je suis allé défendre un copain 2) un attentat

Cyril (qui est en train de remonter la pente après un accident et 3 mois de coma) 1) le coma 2) la mort Perrine 1) une claque 2) le viol Kévin 1) la violence verbale 2) une agression physique Pauline 1) des profs qui m’ont rabaissée 2) me faire tuer en pleine nuit Jean-Baptiste 1) les moqueries 2) la torture physique Sophie 1) la mort de mon grand-père 2) qu’il arrive quelque chose à mes proches Camille 1) les injures incessantes 2) les injures et les coups par des amis.

Le non-violent est celui qui a posé une muselière sur la gueule de son ‘pitbull intérieur’, et qui le tient fermement en laisse. Frédéric Rognon, professeur de philo

Marek Halter, écrivain

La pire violence est celle qui cherche à humilier. Un étudiant du Stift

Méditation « Caïn dit à son frère Abel : ‘Sortons ’. Quand ils furent dehors, Caïn se jeta sur Abel et le tua » Genèse 4 verset 8 Le récit du meurtre d’Abel par Caïn est situé dans le premier livre de la Bible, la Genèse, un mot d’origine grec qui veut dire « Au commencement ». Au commencement donc, Dieu fait la terre et le ciel, les plantes, les animaux, l’Homme. C’est sa Parole généreuse qui crée tout ça ! Une fois le décor planté, Dieu cède la parole à Adam et Eve ! Désormais, c’est à eux de jouer ! Eve tombe enceinte. Caïn et Abel naissent. L’histoire de l’humanité est en marche ! Au commencement, tout est positif, zen, cool et puis… arrive, comme surgie de nulle part, la violence fratricide, la violence entre frères. Abel meurt sous les coups de Caïn pour d’obscures raisons. La jalousie sans doute ! « Ecce homo ! » titre la rubrique « faits divers » des journaux de l’époque. Voici l’humain dans ce qu’il peut créer de pire, la violence qui détruit son « semblable » ! Ce qui m’a toujours interpellé dans le récit de cette violence particulière, c’est l’appauvrissement du langage qui tranche singulièrement avec les récits qui précèdent : « Sortons » dit Caïn. Waouh, clap, clap, clap, quelle richesse dans le vocabulaire ! Et puis quand pleuvent les coups, tout à coup le silence, plus de mots, comme si la violence avait besoin de silence pour s’exprimer. Et si quelqu’un avait repris la parole en voyant la scène, ne serait-ce que pour dire : « Non ! » ? Arnaud Stoltz, pasteur, aumônier des prisons et musicien rock


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La violence, c’est pas toujours frappant, mais ça fait toujours mal. Richard Leclerc, publicitaire

L’éducation est le seul vaccin contre la violence. Edward James Olmos, acteur et réalisateur

La violence est injuste d’où qu’elle vienne. Jean-Paul Sartre, philosophe

 Il n’y a pas de pire violence. Un étudiant strasbourgeois

La violence, c’est un manque de vocabulaire. Gilles Vigneault, poète, auteur-compositeur-interprète


10 conseils « Je suis en rage contre quelqu’un : comment faire pour sortir de cette situation de conflit ? »

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Croire… en moi, en l’autre. Un conflit

ça te mange de l’intérieur. Le premier pas à faire, c’est de croire qu’il est possible d’en sortir ensemble.

Exprimer ses émotions. Dans un

conflit, les sentiments se mélangent. Trouve une oreille attentive et déchar­ ge-toi de ce trop-plein d’émotions.

Apprendre à destabiliser l’adversaire Émilie a 14 ans, est élève à Strasbourg et pratique depuis 7 ans le Goshin-do, un art martial japonais. Que t’apprend la pratique du Goshin-do ? La première chose que j’ai apprise, c’est la position à prendre face à une personne qui m’agresse. Le Goshin-do, qui veut dire « voie de la protection de soi-même », est un sport de défense : nous apprenons à éviter les coups, à faire tomber notre adversaire et, éventuellement, à lui donner un « atemi » qui est un coup spécifique qui doit faire vraiment mal et, donc, le surprendre et l’immobiliser. Notre but n’est pas de chercher la bagarre, d’anéantir l’autre, mais de nous dégager pour pouvoir partir en courant. À l’entraînement, l’accent est mis sur l’esthétique des mouvements, leur fluidité, notre agilité. J’apprends à garder l’équilibre, à encaisser les coups aussi pour ne pas être jetée simplement à terre et me sentir toujours capable de me relever. Surtout, le Goshin-do m’a donné plus d’assurance et de confiance en moi.

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Il est essentiel de bien nommer et d’identifier ce qui nous sépare. Souvent, le conflit se cache ailleurs que dans les reproches exprimés.

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Si tu assistes à un conflit entre des personnes, la pratique du Goshin-do te permet-elle de gérer la situation ?

Sortir du tout noir–tout blanc.

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Faire appel à un médiateur extérieur

Le Goshin-do, c’est la maîtrise de soi. Mais ce n’est pas toujours facile de maîtriser ses émotions. Il y a un choix à faire entre le geste qui peut faire mal et la sagesse. Je tente d’abord de calmer les choses en parlant. La maîtrise de soi, c’est utiliser des mots qui ne sont pas méchants ou blessants et c’est souvent ce qui peut surprendre. Si le conflit dégénère et s’il y a agression physique, je suis prête à intervenir par la force en sachant que ça ne sert pas forcément à quelque chose de rentrer dans le tas. L’autre en face ne se rend pas toujours compte de ce qu’il dit ou des gestes qu’il fait et comme je ne peux pas le changer, c’est à moi d’adopter une position qui puisse le déstabiliser.

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Tu ne changeras pas l’autre mais tu peux changer ton regard sur lui, sur toi et le conflit qui vous oppose. Cela permet de tourner la page.

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Arrêter de regarder en arrière :

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Aller de l’avant : il va falloir inventer

Souvent, on se forge une image complètement négative de l’autre sans se remettre en question soi-même. Et si j’essayais de me mettre à la place de l’autre, d’écouter son point de vue ? au conflit, qui, sans prendre position, va aider à discuter calmement et sera une aide très précieuse.

on ne peut pas continuer comme si rien n’avait eu lieu. Mais il est stérile de s’enfermer dans l’idée que l’unique coupable c’est l’autre.

une nouvelle étape dans la relation, en tenant compte de tout ce qui a été découvert à travers le conflit.

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Le pardon : ce n’est pas oublier, c’est

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Échanger une Promesse pour repartir

reconnaître une part de responsabilité et affirmer avec humilité et amour vouloir reprendre la route ensemble. C’est un acte de sincérité et de courage qui reconstruit la relation.

ensemble, ça montre que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous a séparé.

Le Fruit Détendu Le magazine protestant régional pour les paroisses de l’UEPAL (Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine). Édité deux fois par an par la Dynamique Jeunesse de l’UEPAL. Ont participé au supplément : Gwenaelle Brixius, Mathieu Busch, Laurence Hahn, Bettina Cottin, Matthias Dietsch, Isabelle Gerber, Florianne Gillmett, Claudine Laurand, Arnaud Stoltz, Jean-Mathieu Thallinger, Anne Wassenberg... ainsi que l’Esprit Saint. Conception graphique et réalisation : Studio Graphique Valblor Imprimerie : Valblor, 6 rue Louis Ampère 67405 Illkirch édition : Association Le Messager, BP 800 22, 67081 Strasbourg Cedex. N° de CPPAP : 0312G81360

Tu fais quoi cet été ? Bienvenue au Grand Kiff ! Le Grand Kiff va réunir 1500 jeunes protestants des 4 coins de la France, du 26 au 30 juillet 2013, à Grenoble. Ouvert à tous les 15-25 ans, cette grande rencontre a pour thème « Vous êtes lumière(s) du monde ». Nous allons y vivre des moments inoubliables : grands jeux, réflexions, animations, spectacles, concerts, temps de culte et de partage biblique adaptés. Notre Église met en place un bus rassemblant des jeunes de toute l’Alsace et de la Moselle : si tu veux en faire partie, il faut t’inscrire avant la fin du mois de mai. Le coût n’est que de 100 € et l’encadrement est assuré. Pour en savoir plus, télécharge l’inscription sur www.campus-colmar.com ou contacte Mathieu Busch (mathieu.busch@orange.fr - 06 80 70 71 75) !

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Les camps et les colos d’été  Vivre des vacances pas ordinaires grâce à l’Église, c’est possible ! Des colos pour les plus jeunes, des camps en France et en Europe pour les ados : toute une série de destinations et de projets te sont proposés. Tu peux t’adresser à ta paroisse pour savoir si de telles vacances sont organisées par les pasteurs et les animateurs de ton secteur. Tu peux également contacter les grandes associations jeunesse de notre Église. Leur programme est bien fourni : ✔ Campus : www.campus-colmar.com ✔ EUL : www.jeunesse-protestante.fr ✔ OJPAN : www.ojpan.fr ✔ Les UCJG : www.ucjgalsace.org ✔ Éclaireurs : eeudf.alsacelorraine.free.fr Réponse DU TEST en p1

Trois profils selon les réponses Plus de : A Quand t’es fâché(e), tu pourrais bien tout détruire. Tel Stroumpf grognon, tu en veux aux autres. Essaie de comprendre quel est le sentiment qui cherche à s’exprimer derrière la frustration ou la colère. Tu pourras alors trouver toi-même comment faire changer la situation. B De tempérament entier, tu sais extérioriser tes frustra­ tions. Par contre, comme Bill, le fidèle ami de Boule, qui est parfois aveuglé par son os, ton obsession pour les carottes pourrait t’entraîner loin et égarer ton jugement. C Ultra zen à toutes épreuves, tu sais que tout le mal qui peut t’arriver n’est qu’une question de posture. Attention cependant à ne pas trop jouer au naïf… Exemples de question pour aller plus loin (à destination des animateurs) : qu’est-ce qui est violent dans les différentes situations/ réponses ?

© CD Comfort Zone

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Fruit Détendu n°3 mai 2013