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APPARTMENT 34 D E C O R | F A S H I O N | E N T E R T A I N I N G | T R A V E L


« J’ai pas encore eu le temps de le lire mais il est génial ton magazine »

LOÏC PRIGENT


EDITO

LE NOVICE DUËT signifie duo. S’adressant aussi bien aux femmes qu’aux hommes, DUËT est là pour tout ceux qui aiment qu’on leur parle de mode mais aussi d’art, de cinéma, de graphisme et d’autres sujets passionnants. Laissez DUËT vous guider vers de nouveaux endroits et de nouvelles rencontres. Laissez nous vous faire découvrir les talents de demain et partageons ensemble cette expérience. Le duo Inès et Téa


erin hiemstra


SOMMAIRE

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Février en

images

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Coups de

Agenda de

Mars

coeur

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Shooting « Plat Eau Brut »

Mode 12 . Les looks 14 . La rencontre 16 . La découverte

SOMMAIRE

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Culture 28 . La rencontre 32 . La découverte 34 . L’art de vivre 36 . La sélection cinéma


MUSIQUE

MGMT Après 5 ans d’attente, le groupe de rock alternatif MGMT est enfin de retour avec un nouvel album «Little Dark age». Nous nous sommes rendus à La Cigale de Paris pour leur concert le 5 février. Au rendez-vous, une atmosphère psychédélique avec des sonorités new waves et des synthétiseurs aux couleurs très 80’s. Ne vous inquiétez pas, ils reviennent cet été pour une tournée des festivals en France.

JACQUEMUS

FEVRIER

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Cette année, la Fashion Week Prêt-àPorter débutait à Paris le 26 février avec Jacquemus en ouverture. Sa nouvelle collection «Le souk» nous a fait voyager à Marrakech avec des silhouettes élégantes et sensuelles. Le créateur en a profité pour annoncer le lancement d’une collection Homme en juin prochain. MODE

EDITION

« LA SAGA DE GRIMR » A l’occasion du festival de BD d’Angoulême, Jérémie Moreau remporte le Fauve d’or avec sa bande déssinée « La saga de Grimr ». Ce récit au long cours (220 pages) est porté par un souffle romanesque indéniable et des illustrations remarquables. C’est sans aucun doute la BD qui a su, en février, marquer nos esprits.


CINEMA

CALL ME BY YOUR NAME Sorti le 28 février en France, le film de Luca Guadagnino évoque l’éveil du désir entre deux hommes dans la campagne italienne, interprété par deux acteurs qui crèvent l’écran. Musique classique, amour et émotion, ce chef d’oeuvre est en compétition aux Oscars dans trois catégories, dont celle du meilleur film. D’après nous, il le mérite amplement.

restaurant

Le chef cuisinier Jean Imbert a ouvert son troisième restaurant «Les bols de Jean», 37 rue Boétie, dans le 8è arrondissement de Paris. À la fourchette ou avec les doigts, on y déguste des plats élaborés avec des produits de saison, servis dans un bol de pain au levain d’Eric Kayser. Une gourmandise de chef, à partir de 7,50€ seulement.

«HERE WE ARE» Dans un immeuble de béton aux courbes brutes laissant entrevoir une vue imprenable sur Paris, nous découvrons une exposition signée Burberry. Dédiée à la jeunesse britannique, elle mêle la photographie ainsi que les créations phares de la maison.

exposition

7 FEVRIER

LES BOLS DE JEAN


La cérémonie des Césars présentée par Manu Payet à la salle Pleyel sur canal + en clair. Les Oscars suivront le 4 mars et seront présentés par Jimmy Kimmel. Découvrez notre article sur les Césars p.36

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AGENDA

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2 100 %, le festival pluridisciplinaire qui propose théâtre, danse, cirque, musique et art contemporain au parc de la Vilette jusqu’au 30 avril 2018.

L’exposition Margiela est une rétrospective des créations de Martin Margelia de 1989 à 2009. Elle se situe au Palais Galliera et prendra fin le 15 juillet 2018.


La 8ème édition du festival de la jeune photo européenne CIRCULATION. Rendez-vous au Centquatre jusqu’au 5 mai pour y découvir expositions, tables rondes, projections et shooting photo.

Amateurs de vin et fins palais, pour seulement 6 euros, découvrez le Salon des vins des vignerons indépendants à l’Espace Champerret jusqu’au 26 mars 2018.

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AGENDA

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23 La Printemps du Cinéma aura lieu partout en France jusqu’au 20 mars 2018. Durant ces 3 jours, dans les cinémas participants, les séances seront à 4 euros seulement. Profitez-en pour aller voir «The disaster artist», cette comédie dramatique réalisée par James Franco sera encore à l’affiche.


MUSIQUE

THE BLIND SUNS Mélant un son Dream Pop et électrique, le groupe issu de la scène Angevine alternent les morceaux atmosphériques et les titres plus nerveux. La combinaison des voix de Dorotha et Romain accompagnée à la batterie par Jérémy, nous offre une véritable invitation au Road Trip. Ils ont récemment sorti leur nouveau titre «Ride», un mélange de science-fiction avec une énergie brute et rock qui se dégage du clip.

CORALIE MARABELLE

coups de coeur

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Depuis l’âge de 8 ans, Coralie Marabelle coud elle-même tous ses vêtements. Débutant ses études par une école de commerce, elle revient ensuite à sa réelle passion, la création artistique.Coralie obtient une bourse qui lui permet d’étudier au prestigieux Studio Berçot. Après être passée chez les plus grands (Hermès, Maison Margelia et Alexander McQueen) la créatrice éllabore depuis 2016 des collections contemporaines comprenant volumes et contrastes. MODE

TINA FREY

decoration

Tina Frey produit de sublimes pièces pour la maison dans des couleurs fraîches et énergiques. L’artiste s’inspire des voyages qu’elle réalise ainsi que des formes organiques qu’elle trouve dans la nature. Conçue et sculptée à la main dans l’argile, chaque pièce est adaptée à une utilisation extérieure. Cette créatrice californienne nous présente sa nouvelle collection pour le bureau à shopper dans les boutiques parisiennes d’Anne Jacquemin Sablon et Philippe Model Maison.


MODE

AMI PARIS La marque est en train de prendre de plus en plus de place dans le monde de la mode masculine. Lors de son dernier défilé, le créateur Alexandre Mattiussi a fait l’unanimité en voulant mettre à l’honneur Paris. Les mannequins défilaient sur un décor typiquement parisien entre toits grisatres et cheminés d’époque. De la musique jusqu’aux tenues élégantes et décontractées, rien a été laissé au hasard. Ami n’a pas fini de nous surprendre car la collection «L’Homme pour la Femme» que nous attendons tant, arrive en juillet 2018.

bijoux

MONSIEUR PARIS

ALICE MOITIÉ Cette artiste réalisatrice et photographe travaille principalement dans le milieu de la mode, mais elle ne s’arrête pas là. I-D magazine, Kitsuné, Givenchy, Feder ou encore les Inrockuptibles, Alice est une touche à tout. Chacune de ses réalisations possède un style particulier et reconnaissable. Des couleurs uniques, des shootings décalés et décompléxés avec une dynamique jeune et fraîche. On vous invite à la suivre de près sur son site www.alicemoitie.com. PHOTOGRAPHIE

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Une boutique de bijoux située au 53 rue Charlot dans le 3è arrondissement de Paris où tout est façonné main par des artisans. L’atelier étant à l’arrière de la boutique, nous pouvons facilement suivre la fabrication du bijou pas à pas. On peut les retrouver sur leur site et compte Instagram (@monsieur. paris) où l’on découvre des photos sublimes et délicates de leurs créations originales.


mode

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Pull en Cashmere doux avec une fente au dos, KHAITE. Pantalon fluide culotte de couleur pêche, MASSIMO DUTTI. Sac blanc, fabriqué à partir de panneaux de cuir vierges et doublé de toile, VICTORIA BECKAM. Chaussures plateforme tricolores en daim et cuir, SHOPBOP.


mode

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Chemise rayĂŠe bleue et blanche 100% coton, MARNI. Pantalon blanc en coton avec ceinture, AMI PARIS Chelsea boots avec semelle et tige en cuir, JUCH


mode

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SAUDADE DE PARIS C’est en mai 2016 que Jonathan et Vilson décident de créer leur marque Saudade. Le duo a ouvert il y a 4 mois leur boutique-atelier et c’est là bas, au 69 Rue Maubeuge, que nous les avons rencontré pour en apprendre plus sur leur histoire. Leur concept est d’offrir au client plus qu’un vêtement en proposant une pièce d’artisanat, une expérience, un souvenir unique et éternel tout en redonnant sa valeur aux savoir-faire textiles.


nous conseillait de nous lancer mais pour nous, l’entreprenariat ce n’était pas notre truc. En effet, le confort de travailler pour quelqu’un nous allait assez bien. Nous avons finalement rencontrés des associations qui sensibilisaient à la création d’entreprise et on s’est dit que ça pouvait être pas mal. On a expliqué notre amorce de projet et l’association Planet Adam a décidé de nous suivre. Notre société SAUDADE DE PARIS est née.

Comment vous-êtes vous rencontrés ? Vilson et moi nous nous sommes rencontrés il y a 10 ans. Nous avions tout les deux des carrières dans des domaines parallèles mais différents. J’étais directeur artistique dans une agence de design, majoritairement autour du sport. J’ai aussi travaillé pour des marques allant du Coq Sportif à Dior, sur des projets assez différents. Vilson lui, a enseigné le côté tailleur, la confection et a travaillé chez des créateurs. Il a aussi été dans le retail en tant que reponsable de magasin puis styliste chez M6. D’où vous est venu l’idée de créer Saudade ? Il s’avère qu’on était bien installé dans nos jobs mais la crise a fait que l’on a perdu des contrats car les entreprises allaient mal. Après ça,Vilson s’est remis à faire des pièces pour lui et cela suscitait des réactions dans la rue, les gens s’arrêtaient, demandaient... Notre entourage

Qu’est ce que le bureau de Saudade ? On a développé une agence de conseil dans laquelle on travaille pour d’autres entreprises, en passant par la mode, la pâtisserie ou encore le batîment. On met alors notre savoir faire et notre expertise dans l’accompagnement et la création d’identité visuelle des marques, de la

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Saudade en quelques mots ? Nous sommes une marque cosmopolite qui essaye de célébrer toutes les allures de Paris, qu’on soit rive droite, rive gauche, chic classique ou urbain. Ce que l’on veut vraiment c’est faire en sorte que les gens aient le coup de coeur pour nos pièces non pas parce qu’elles sont à la mode mais parce qu’ils ont vécus une expérience avec elles. En trois mots c’est le souvenir, l’unique et le côté cosmopolite.

Parlez-nous de votre concept. L’idée c’est vraiment de partir sur des nouveaux basiques et les décliner dans des matières différentes. On cherchait des tissus sur Paris pour faire des créations mais c’était très cher et il y avait peu d’offre. Nous avons découvert qu’il existait des entrepôts, dans lesquels il y avait des matières à profusion qui étaient généralement des fins de stock de grandes maisons. On s’est dit que c’était une mine d’or, autant en profiter pour décliner pleins d’histoires autour d’un vestiaire unique.


création de logo et site internet jusqu’à la direction artistique de shooting. Nous commençons à développer une clientèle assez qualitative qui adhère à notre univers et possède la même exigence que nous. C’est pourquoi, la marque sert au bureau et inversement.

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Quel est le positionnement de la marque ? On essaye d’être intermédiaire. Les gens veulent consommer beaucoup, se renouveler constamment avec des produits à la mode pas chers. Ou alors, ils ont des envies de luxe parce qu’ils ont les moyens, ils se dirigent chez des grandes maisons car pour eux c’est un investissement plus qu’un achat coup de coeur. On se rend compte qu’aujourd’hui la clientèle n’est plus habituée à cet intermédiaire là. Nous essayons donc de réconcilier un peu tout le monde en proposant le savoir faire des maisons de luxe avec le demi-mesure. C’est une exigence qu’on s’impose mais à un prix plus intermédiaire pour se rendre plus accessible. Maintenant, il est vrai qu’on aime une marque pour tout ce qu’elle propose comme univers, comme personnalité, comme style de vie mais pas uniquement pour ses produits. Il y a donc besoin de beaucoup travailler notre visibilité et notre notoriété car la clientèle veut aujourd’hui appartenir à une marque. Parlez nous du demi-mesure? Notre silhouette n’est pas très prés du corps et on habille des personnes très différentes. Il peut y avoir des gens très fins, très grands ou un peu plus forts, donc le demi mesure c’est vraiment l’idéal pour nous. Nos clients veulent des pièces oversize, à leur taille ou même sous-taillées, on les ajuste alors à la demande mais ce n’est pas du sur-mesure comme avec des épaulettes mises au millimètre près. Ils peuvent aussi ajouter des détails comme par exemple des bandes sur nos pantalons smoking, des chemises avec col ou sans col, des manches longues ou courtes. On peut même changer de matière et tout cela se fait dans notre atelier situé à l’arrière de la boutique. Diriez-vous que Saudade est une marque unisexe ? Aujourd’hui oui, c’est vraiment unisexe.

On se rend compte que Saudade est avant tout la rencontre d’un client et d’une pièce. Notre travail à la base c’était vraiment de réfléchir sur l’offre Homme. On ne se retrouvait pas dans ce qui était déjà proposé, il y avait toujours les mêmes vestiaires : jean brut, t-shirt à message… Nous avons voulu créer une autre alternative qui ne fasse pas peur à une clientèle classique et qui puisse aussi satisfaire des gens qui veulent un peu plus d’audace. Finalement, les femmes sont venues naturellement s’approprier les pièces de notre vestiaire et aujourd’hui notre clientèle se compose aussi bien d’hommes que de femmes, de 22 à 65 ans. La presse vous décrit comme « écolo-styliste », qu’en pensez-vous ? Ce n’est jamais le message que l’on met en avant car ce n’est pas notre engagement premier. Nous même on peut vouloir consommer responsable, mais chez Saudade on le voit vraiment comme une cerise sur le gâteau car certains de nos clients y sont sensibles et d’autres pas. On ne dit pas «bienvenue chez Saudade, on est une marque éco-responsable» mais plutôt


Que pensez-vous de l’industrie de la mode actuelle ? Il y a deux grands axes. Il y a le mass market avec des grandes enseignes, tel que Zara ou H&M, qui ont le pouvoir de faire du volume et de la nouveauté avec des systèmes de fonctionnement qui leur facilitent tout. D’autre part il y a le luxe, ou en tout cas les marques qui tendent vers le luxe, qui elles aussi ont des gros moyens pour se permettre de travailler la qualité mais elles restent inaccessibles pour le commun des mortels. Les réseaux sociaux ont-ils une place importante pour vous ? Nous nous sommes lancés en étant digital parce que c’était un moyen gratuit de se faire connaître. Dans un premier temps, Instagram était la plateforme idéale car elle permet d’avoir un lien personnel avec la clientèle. Nous avons ensuite dû activer facebook et notre site internet. Nous gérons nous même nos réseaux sociaux ainsi que le graphisme de notre site car cela nous permet de réaliser la plupart de nos ventes. Commencez vous à vous développer à l’international? Nous sommes de plus en plus sollicités par une clientèle étrangère qui vit à Paris, des parisiens vivant à l’étranger mais aussi des clients de NY, de Moscou, d’Amsterdam... C’est donc assez surprenant, mais la marque reste liée à Paris car pour l’instant c’est là que nous sommes installés. Nous n’avons pas encore décliné notre concept à l’étranger même si c’est un rêve très lointain que l’on aimerait bien réaliser. Quels sont vos projets à venir ? Pour l’instant, l’objectif premier est de faire connaître la boutique. N’étant pas installés dans un quartier considéré comme une adresse shopping de base, il faut faire venir les gens à nous. En parallèle, nous développons des colla-

borations avec d’autres créateurs dans des domaines complémentaires (maroquinerie, cosmétique...). Nous aimerions aussi décliner la marque dans d’autres villes à travers le monde, Saudade de Paris pourrait par exemple être Saudade de Marrakech, mais ce projet est encore lointain.

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« bienvenue chez Saudade, on vous propose des beaux produits et en plus de ça ils sont éco-responsable ».


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AURORE DE LA MORINERiE


ILLUSTRATRICE Artiste et dessinatrice française, Aurore de La Morinerie a travaillé pour des marques et magazines de mode tel Hermès, Chanel, Cartier, Vogue ainsi qu’Harper Bazaar. En parallèle, Aurore réalise des dessins pour des ouvrages littéraires et pour des livres destinés à la jeunesse. Elle se consacre également à l’étude du paysage et de la faune. L’artiste participe à des expositions organisées par la «Galerie Bartsch and Chariau» et dix de ses oeuvres font partie des collections permanentes du département des arts graphiques du Palais Galliera.

2. Comment se déroule votre processus artistique ? Ce sont principalement les voyages et les lectures qui sont à l’origine de mes inspirations. Lorsqu’il s’agit d’un travail de commande, le plus important est de comprendre les attentes du client et de proposer une interprétation juste. 3. Parlez-nous de votre univers et de vos inspirations. D’après moi un univers est un pays, ses paysages, ses habitants, ses écrivains, ses peintres... Pour ma part, je pense au Japon et à la Chine. 4. Qu’est-ce qu’il vous plaît dans le dessin de mode ? J’ai passé un diplôme de styliste à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Appliqués Duperré ce qui m’a permis de mieux comprendre cet univers. Il rassemble l’observation du corps humain en mouvement, les tissus et les couleurs qui l’accompagnent. La mode est une création qui se renouvelle sans cesse mais c’est aussi le costume dans l’histoire

de l’art, des cultures et des civilisations. 5. Avez-vous des créateurs de mode favoris ? Certains en effet me plaisent plus que d’autres : Yohji Yamamoto, Comme des Garçons, Yves Saint Laurent, Margiela... 6. N’avez-vous jamais pensé à travailler en tant que styliste ? C’est ce que j’ai fait un petit peu en sortant de l’école dans des bureaux de styles, mais très rapidement je suis devenue freelance. C’est le dessin qui m’intéressait. 7. Quels sont vos projets futurs ? Les travaux de commandes pour l’illustration sont imprévisibles. En revanche, les recherches personnelles autour des plantes, des animaux, des paysages et de la mode m’occupent chaque jour.

@auroredelamorinerie www.auroredelamorinerie.com

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1. Avez-vous toujours aimé dessiner ? Oui j’ai toujours aimé dessiner, les sujets sont illimités et la pratique du dessin est un plaisir.


PLAT EAU BRUT


ART

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CLARYSSE OLIVIER ARTISTE / GRAPHISTE Artiste polyvalente, Clarysse Olivier alias «sailor.mind» pratique à la fois le dessin, la peinture, le collage et la confection graphique. Touchées par son talent encore peu connu, nous sommes allées à sa rencontre afin de découvrir son univers artistique et vous faire partager ses futurs projets.


Comment t’es venue cette passion pour l’art ? Dès mon plus jeune âge, le dessin est venu naturellement à moi. Lorsque mes parents ont remarqué mon aisance dans ce domaine, ils ont décidé de me sensibiliser à l’art. J’ai donc fais beaucoup de dessins et commencé la peinture. Finalement, j’ai continué sans jamais m’arrêter et aujourd’hui c’est devenu un réflexe. Pourquoi «sailor.mind» ? «Sailor» était déjà pris sur Instagram ! (Rires). Non plus sérieusement, c’est parce que l’un de mes films préféré est Sailor et Lula de David Lynch. De plus, je trouve que ça sonne bien et que ça évoque pleins de trucs positifs comme la mer et le voyage. Qu’est-ce qui te différencie ?

C’est assez difficile pour moi de répondre à cette question mais je dirais mon sens du détail et ma technique. Je soigne à la fois le choix des couleurs, des textures ainsi que la mise en forme du projet global. J’essaye en effet de penser le travail comme un tableau en ajoutant du lyrisme, de l’émotion tout en trouvant un équilibre. Quelles sont tes inspirations ? L’humain, ses expressions ainsi que son côté sombre m’intéressent particulièrement et c’est pour cela que je réalise beaucoup de portraits. L’artiste français Jean Paul Goude m’inspire également de part ses collages et la folie qui en ressort. C’est lors de son exposition aux arts décoratifs que j’ai eu un déclic, «je peux mêler le graphisme à mes créations». Je suis aussi sensible aux peintures de Gerhard Richter qui travaille le flou de manière poétique. Peux-tu nous parler de tes centres d’intérêts ? J’aime la musique de toutes sortes, de l’électronique comme du classique que je pratique au piano. J’adore la décoration et le design, je prend un réel plaisir à retaper des meubles et créer mes propres motifs. J’apprécie aussi la danse, le textile, la mode, la cosmétique ainsi que la pâtisserie.

29 ART

Quel est ton parcours ? Après mon bac, j’ai intégré une licence d’art plastique à Rennes avec options communication et design graphique et j’ai continué avec un master création et management multimédia. A la suite de mes études, je suis allée à Paris afin d’effectuer un stage au sein d’une galerie d’art contemporain ainsi que dans une boîte d’édition et de communication. C’est notamment là-bas que j’ai mis en page mes premiers livres.


Que fais-tu actuellement et quels sont tes projets ? J’ai plusieurs projets. Depuis un certain temps, je dessine beaucoup dans l’optique de me lancer dans le tatouage. Je pratique le pointillisme et le collage et je développe ces techniques afin de les insérer dans mes créations graphiques que je relie ensuite à la mode. Etant en freelance, je travaille en complément au petit palais afin de préparer mon retour. Pourquoi travailles-tu en freelance ? Mon style ne s’adapte pas vraiment à l’esprit que recherche les agences. Je me pose donc beaucoup de questions, dois-je m’adapter à un univers très formaté ou dois-je continuer dans mon style personnel en créant mon site.

ART

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Quel serait alors ton job de rêve? Auparavant, mon rêve était d’être au sein d’un magazine féminin mais maintenant mon point de vue a évolué. J’aimerais fabriquer des produits de A à Z, les designer, en faire la communication et les vendre dans ma propre boutique. Ayant le soucis de l’écologie, j’aimerais récupérer des objets laissés à l’abandon dans la rue pour leur donner une seconde vie.


musique

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WILD FOX


GARAGE BAND Ils s’appellent Jack, Jean, Josic et Lucas et à eux quatre ils forment les Wild Fox. Depuis bientôt un an, ils enflamment la scène avec leur rock psychédélique puissant et tribal. A l’occasion de la sortie de leur premier EP «Sly Taste», nous avons discuté avec le guitariste et chanteur Jack afin de découvrir l’univers musical de ces 4 garçons tout juste majeurs. Vous pourrez les découvrir lors de leur première date parisienne le 16 mars au Supersonic.

Qu’est-ce qui vous a amené à faire de la musique psychédélique et garage ? Nous nous sommes fait emporter par une vague qui revient depuis 2010 avec des Psych Fest un peu partout dans le monde ! C’est un style qu’on apprécie et dans le lequel on se retrouve.

tisfaction et à 50% la satisfaction du public, ou l’inverse ! (Rires) Qu’est-ce qui vous différencie ? C’est sans aucun doute notre jeune âge ainsi que notre maturité musical. Vous sentez-vous en accord avec la jeunesse actuelle ? Tout dépend de quelle jeunesse vous parlez. (Rires) Plus sérieusement, on est plus ou moins d’accord sur certaines choses mais sûrement pas d’accord avec la musique commerciale qui envahit nos radios.

Quel est LE groupe de référence d’après toi ? Je ne pense pas qu’on puisse parler d’un seul groupe car la musique évolue continuellement, tout comme nous . Cependant, «The Black Angels» fait partie des groupes ayant lancé cette vague néo-psyché. C’est donc en effet une sorte de référence. Quand vous êtes sur scène, quel message voulez-vous faire passer ? Nous voulons exprimer un message de violence pacifique à travers notre art, c’est-à-dire la musique. Qu’est-ce qui pour toi, fait la réussite d’unconcert ? Et bien je dirais que c’est à 50% l’auto-sa-

@wildfoxofficial

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Vous avez récemment sortis votre premier EP, quels ont étés vos inspirations musicales ? Sly Taste est le fruit d’un an de travail, on y trouve diverses sonorités mais nos inspirations sont sans limites. En réalité, on navigue dans un large océan d’inspiration, ce qui nous a permis de créer notre propre style.


art de vivre

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le minimalisme PHILOSOPHIE DE VIE Vous avez dû entendre parler du concept «minimalisme» car il est partout. Ce mot qui appelle à stopper la boulimie d’objet est la tendance de ces derniers mois. On trie, on jette, on recycle, pour ne finir qu’avec le strict nécessaire chez soi. Mais qu’est-ce qu’est réellement le minimalisme ?

« Se limiter à ce qui est important et rejeter tout ce qui est inutile pour s’épanouir personnellement. » Il n’y a pas un minimaliste de base mais différents minimalistes. Le chemin vers ce mode de vie est propre à chacun. Pour débuter, il faut désemcombrer ! Le désencombrement se fait en deux grandes catégories. Il y a tout d’abord les choses matérielles, c’est-àdire les vêtements dans son dressing, les accessoires de salle de bain puis le matériel de cuisine. Il y a ensuite, tout ce qui est immatériel comme par

exemple nos relations, les réseaux sociaux et les médias. Pour commencer, il est important de se poser les bonnes questions. Ai-je besoin d’avoir le même vêtement en 3 exemplaires ? Est-ce que je me sens bien dedans ? Ai-je besoin d’avoir une multitude d’objets ? Est-ce que cet objet me rend heureux ? « Tenter d’être heureux en accumulant des possessions est comme essayer de satisfaire sa faim en se collant des sandwiches sur le corps. » George Carlin Concernant ce qui est immatériel, il n’y a aucune méthode fixe. C’est à vous de juger si vos relations sont constructives ou non. Les minimalistes estiment qu’il faut s’entourer de personnes qui ont de bonnes ondes, qui nous tirent vers le haut. Certains d’entre eux préconisent la suppression des réseaux sociaux, l’arrêt de tout médias parasites. Chaque parcours est différent, il est donc essentiel de trouver son rythme et déterminer ses propres objectifs. Le minimalisme est une tendance qui tend à progresser en devenant plus accessible. Pour débuter, nous vous conseillons la méthode de Marie Kondo, une consultante en rangement japonaise qui a développé sa propre méthode de tri. La magie du rangement, Marie Kondo

35 art de vivre

Le minimalisme est une façon de vivre pour désencombrer sa vie. L’idée est de se débarrasser des choses inutiles pour se concentrer sur l’essentiel. C’est un mode de vie plus libre, plus légé pour optimiser la place dans sa vie ainsi que dans sa tête. Ce mouvement est né en réaction à la sur-consommation. En effet, lorsque que l’on fait nos emplettes, on achète énormément d’objets, de nourriture et des vêtements dont nous n’avons pas besoin. Nos possessions déterminent notre identité et désormais, “avoir” peut être synonyme “d’être”. En réaction à cette sur-consommation, certaines personnes se sont alors posées la question de savoir si leurs objets représentaient vraiment ce qu’elles étaient. Et si elles avaient besoin d’eux pour exister.


CINEMA 2017 Nos coups de coeur des Césars

MEILLEUR ACTEUR

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MEILLEURE ACTRICE

MEILLEUR FILM 120 battements par minute raconte l’histoire de ces personnages qui débattent et s’affrontent sur les actions à mener en 1990, un temps où l’on meurt du Sida dans l’indifférence. Dès les premiers instants, le film nous prend et nous embarque dans une aventure liant amour, émotion et hommage aux personnes s’étant battues pour cette cause et pour ceux qui y ont survécus. Ce sentiment d’urgence n’empêche pas l’humour et la performance spectaculaire du triangle d’acteurs. Il est donc évident que 120 battements par minutes est notre grand coup de coeur de 2017.

Nous avons eu deux coups de coeur. Le premier pour la performance de Jeanne Balibar dans le film Barbara de Mathieu Almaric. Qui d’autre que Jeanne aurait pu jouer le rôle de la chanteuse si convoitée ? L’actrice incarne comme personne ce personnage pour livrer une performance bluffante à l’écran. Notre deuxième coup de coeur se porte sur Doria Tillier pour son premier rôle au cinéma dans Mr et Mme Adelman. Un film de Nicolas Bedos, son partenaire à l’écran, où l’on mélange humour, amour et espièglerie au fil d’une histoire entre un écrivain et une étudiante en lettres. Doria y incarne le rôle d’une femme marquante et brillante, nous l’attendons avec impatience dans un deuxième film.

Sans aucun doute, notre coup de coeur se porte sur Louis Garrel. Son incarnation du fameux Jean-Luc Godard dans Le Redoutable de Michel Hazanavicius est épatante. Du physique jusqu’au fameux cheveux sur la langue, l’acteur n’a rien laissé au hasard et a plongé entièrement dans la peau du personnage. Le résultat ? Un film bourré d’humour avec une mise en scène unique où l’on découvre la vie de Godard à travers la superbe performance de l’acteur.


MEILLEUR ESPOIR FÉMININ

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MEILLEUR ESPOIR MASCULIN Impossible de choisir entre l’interprétation juste et attachante de Pablo Pauly dans Patients et Finnegan Oldfield, encore une fois capable de nous surprendre avec un rôle fort et attachant dans Marvin ou la belle éducation. Deux films abordant des sujets tels que l’homosexualité, la confiance en soi et l’handicap. Deux acteurs avec des rôles prenants, sincères, interprétés avec justesse dans l’optique de faire vivre une émotion aux spectateurs, et c’est pari réussi.

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Nous avons beaucoup aimé Laetitia Dosh dans Jeune Femme, magnifiquement filmée par Léonor Serraille. Le film dresse le portrait d’une trentenaire marginale qui décide de refaire sa vie à Paris avec un rôle mélant spontanéité, énergie et drôlerie. Un recette calibrée à la perfection pour faire éclater le talent et la fraîcheur de la jeune actrice qui nous avait déjà marqué dans La Bataille de Solférino de Justine Triet.

MEILLEUR FILM ÉTRANGER Après Elena et Léviathian, Andreï Petrovitch Zviaguintsev revient avec son nouveau film Faute d’amour et c’est pour nous un véritable chef d’oeuvre. Un film saissisant sur la disparition d’un enfant dû au divorce brutal de ses parents. Plongé dans l’hiver des sentiments, ce film est un poème sans fautes accompagné d’une photographie sombre mais sublime. C’est l’un des drames les plus boulversants du réalisateur.


Duët  

Un magazine qui favorise la découverte de nouvelles personnes et de nouveaux talents au travers de la mode, du graphisme, de la musique et d...

Duët  

Un magazine qui favorise la découverte de nouvelles personnes et de nouveaux talents au travers de la mode, du graphisme, de la musique et d...

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