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I/ La famille SangFroid

M

on vrai nom est Lokrir. Je descends d’une grande et noble famille naine (grande par notre taille, on nous prenait pour des humains): les Lunders. Mon père était le plus grand forgeron de notre montagne. Les armes et les armures n’avaient aucun secret pour lui, des armures de l’ombre forgées dans les tréfonds de la terre, jusqu’aux armures célestes forgées sur les pics des montagnes. Il était un modèle pour tous les nains, réputé sur tous les continents pour la qualité de ses produits. J’avais aussi un frère. Mon père nous estimait de la même façon mon frère et moi. Mais nos destins devaient nous séparer. Son art pour la forge lui permit de reprendre la manufacture de mon père. Et moi, qu’allais-je devenir ? Un guerrier ? Non. Notre race est naturellement faite pour le combat et je me débrouillais déjà assez bien seul, grandir au milieu des armes de mon père m’a permis d’apprendre la maîtrise des haches et épées, et de toute manière rejoindre l’armée impériale ne m’aurait pas servi à grand-chose. Rester toute la journée à la Taverne du coin ? J’ai besoin de bouger et de trouver de quoi m’occuper. Alors je pris un métier de mineur pour trouver de quoi m’occuper. La caverne dans laquelle je travaillais étaient la plus sombre de toute. Les autres nains se disaient que comme j’étais le fils d’Hornir le grand, je devrais bien m’en sortir. Mes journées se résumaient à piocher, déblayer et tuer les quelques monstres qui débarquaient des entrailles de la Terre : un vrai jeu d’enfant. Mais ce monde était lassant, trop lassant. A cette époque, pour ne pas mourir d’ennui, je m’instruisis de notre langue : le Klinkarhun, ainsi que d’autres langues. Au bout de 1 mois, cela ne pouvait plus durer.

II/ Le départ

L

e 24ème jour de Durgzet, dans votre langue le mois de Mars, je décidai de partir. Je fis mon sac rempli de nourriture et d’outils et me présentai à mon père : « Alors tu es déjà prêt, me dit-il assis sur son

siège. -Oui, lui répondis-je.


-Et je ne pourrais te retenir contre ton gré. Alors va mon fils, porte le nom des SangFroid sur les terres lointaines. -Je ferais honneur à notre famille. » Il me remit l’épée qui était accroché à droit de son fauteuil : « Cette épée est celle de mon père, la Pourfendeuse de gobelin. Il me l’a léguée et je te la donne. Elle te servira plus qu’à moi. » Je la pris en main, fis quelques moulinées avec. Elle était parfaite : légère et maniable. Un manche en or, orné d’une pierre. Une lame parfaitement aiguisée, d’un éclat semblable aux rayons du soleil. Je jurais de prendre soin de cette épée autant que de ma propre vie. Je pris la route vers la sortie de notre caverne. Me retournant une dernière fois pour voir les lumières scintillantes des Luminites et des torches, brillantes des milles feux. Un pas après l’autre, je commençai à sentir le vent froid et à voir la neige d’une immaculée blancheur. La porte se referma. C’était parti pour l’aventure !

III/ Lokrir ou dudepmeean le nain

J

e pris une embarcation pour les terres lointaines et glacées de Sedannah. La joie s’exprimait dans chaque coin de rue : des saltimbanques, des chanteurs d’opéra, des cuisiniers ambulants qui offrait de la nourriture. C’était une très belle ville mais je dus la traverser seulement, par manque de moyen et d’envie. Je pris ensuite le temps d’aller à la capitale de Stendel. Mes yeux émerveillés devant une si belle architecture m’avait donné envie d’accéder à cette ville. Encore une fois je ne pus me résoudre à m’y installer car, le destin s’acharnant sur ma propre personne, l’on me traita de « Paysan » et que pour accéder à une place dans la ville -qui sont très prisées- il fallait que je devienne « Citoyen ». Me retrouvant sans nourriture et sans logement je dus proposer mes services à quiconque le voulait s’il voulait bien m’offrir ne serait-ce qu’une miche de pain. Si mon père me voyait alors à ce moment-là, j’aurais eu affreusement honte de salir le nom des SangFroid. Mais comme personne ne connaissait mon nom, cela valait mieux pour moi que je continuasse ainsi.


Un jour, chantant dans une taverne, j’aperçus un bon petit homme qui me disait : « Eh ! Toi là-bas ! Oui, toi le nain ! Allez, viens par ici. » Intrigué je m’approchai en me demandant ce qu’il me voulait : « J’ai besoin de toi. Je sais que vous les nains êtes plus des personnes des grottes et cavernes mais j’aurais besoin de toi pour construire un moulin à vent. » Je me proposai donc volontaire pour cette tâche. Après quelques jours, je sympathisais avec le fermier qui s’appelait Axel Allain : « Et toi, le nain comment t’appelles-tu ? -Lok.. Dudep Meean monsieur. -Oh je vois ! Encore un bon nom de nain ! Ah ah ah ! » A partir de ce jour, l’on me connaissait sous le nom de Dudep Meean le mineur nain.

IV) Althaïa, la ville aux canaux

A

près 2 mois, je dus quitter la ferme d’Axel. Son cousin Dédé était abattu par la nouvelle de la mort de son cousin, Axel fut exécuté sur la place publique pour haute trahison envers les empereurs. Je pris mon baluchon, mon arme : « Tiens, prend ce petit panier, tu auras de quoi te nourrir pendant un petit bout de temps, soupira Dédé. -Merci mon vieil ami. Que Grungi soit avec toi ! » Disais-je en le serrant dans mes bras. J’arrivai à la capitale. Le soir je pris une chambre à une aubergiste forte belle, aux belles hanches, et m’endormit. Mais mon cœur était encore avec Axel et j’eus du mal à quérir le sommeil. Une semaine s’était écoulée, c’était la très belle aubergiste qui me réveilla : « Vous m’avez conté vos aventures hier soir. J’ai peut-être ce qu’il vous faut. Tout à l’heure sur la place publique, un homme disait qu’il recrutait pour une ville. Il me semble que la ville s’appelait Althaïa. Je vous prépare vos affaires, allez manger en bas. » Un verre de lait, du pain et de la charcuterie, voilà qu’une bonne journée s’annonçait ! La femme de l’auberge descendant mon sac et mon épée : « Elle est lourde cette épée ! -Attendez, j’arrive. Voilà, saisissant l’épée et mon sac que je mis sur mon dos.


-Si vous voulez rester, je serais ravie, me dit-elle en rougissant. Althaïa se trouve au nord de la capitale. -Merci à vous, mais je ne peux pas. Je dois m’en aller. » Nos regards se plongèrent dans les yeux de l’autre. Je mis ma main sur sa taille. Elle posa ses mains sur mon torse, elle sentait mon cœur qui palpitait. Nos lèvres se rapprochèrent. Nous nous embrassâmes sous les lanternes de l’auberge. Ce fut intense, tels milles feux déclarés en une même minute. Elle quitta mes lèvres. Je pris mon sac. Je vis une larme couler le long de sa joue. Je mis l’épée sur mon épaule et partit, dos à cette femme que je laissais là malgré mon amour pour elle. Après 2 heures de marche je vis un mur, en briques de pierres, avec deux tours allumées par des flammes. Un homme qui sentait le citron à 20 mètres était aux portes : « Bonjour à toi cher nain, que me vaut votre visite ? -On m’a dit qu’il y avait une place pour des personnes qui en cherchent. -Je vois que mon intervention sur la place publique n’a pas été inutile on dirait. -Je suis votre homme. Où puis-je m’installer ?

V) La mise à l’épreuve

A

près des mois de travail dans la ville, je fus reconnu en tant qu’Inquisiteur de la ville et Paladin de la Confrérie de l’obsidienne.

Un jour, Lamarr, notre chef et paladin de la confrérie de l’Obsidienne vint vers moi et me dit : « Prend ton armure. » et sans un mot me pointa du doigt l’entrée de la confrérie. Je pris donc mon armure, mon casque de sur la table de chevet et aiguisai ma pourfendeuse. Voir mon chef d’un air si sérieux me fit réfléchir mais je restai comme d’habitude impassible et inébranlable. Arrivé à l’entrée je mis un pied à terre et m’inclinai comme le voulais la coutume pour saluer mon chef. Il me prit dans ses bras mais d’une façon guerrière et tribale. Je sentis alors le goût du combat qui aiguisait mes sens. Je ne me trompais point : « Si je t’ai fait venir toi spécialement, c’est pour m’accompagner. Comme tu le sais, à chaque premier croissant de Lune du mois, un dragon de l’end fait son apparition dans les terres du Nihil. – Ce serait un honneur pour moi de combattre à tes côtés », lui dis-je avec conviction.


Nous partîmes à bord de la Frégate Cillista au cours de l’après-midi. Une tempête se leva au bout de 10 lieues et nous dûmes replier les voiles et ramer. Cependant les rameurs était trop lent : « Le Lunder ! Montre leur ce qu’est un vrai homme ! » Cria Lamarr à toute voix. Je me mis au milieu du passage, pris une rame dans la main gauche et une autre dans l’autre main et commençai à ramer avec une force herculéenne. L’eau frappait mon visage de plein fouet, le vent glacial faisait durcir les extrémités et geler les armes. Au bout de 150 lieues, un monstre noir avec d’énormes yeux scintillants comme des diamants ouvra la bouche et dans un cri d’effroi de l’équipage tout entier, hormis mon chef, il nous engloutit. L’équipage entier était assommé. Seul mon maître et moi furent encore debout par je ne sais quel hasard, mais c’est à ce moment-là que tout a commencé. Le dragon du Nihil, l’enderdragon, volait, étendait ses ailes noires pardessus des tours d’obsidienne : « Prend ton arme. C’est maintenant. » Me dit mon maître d’un air grave. Je sortis ma pourfendeuse du fourreau, mis mon casque et m’engageai hors du bateau, seul. Mon objectif : abattre cette bête immonde. La rage de vaincre montait en moi. Le dragon m’aperçut de loin et fonça vers moi la gueule ouverte, exhibant ses crocs acérés. Je bloquai mon épée dans sa bouche pour l’empêcher de me dévorer, sortis une dague de mon fourreau au niveau du pied et le plantai dans l’œil. La douleur fut si intense que les êtres de l’end prirent la fuite. Je descendis alors rapidement de sa tête en récupérant l’épée au passage, cependant il ferma sa bouche au dernier moment ce qui me trancha l’intérieur de l’armure au niveau de l’avant-bras. Du sang coulait alors. Il se retourna et me donna un coup de queue qui me projeta sur le bord d’une falaise. Je me rattrapai grâce à mon épée planté dedans, malgré la douleur qui me tenait. J’étais à bout de force au bout d’une heure de combat acharné où je n’eus pour unique atteinte sur ce dragon qu’un coup à l’œil. J’allais lâcher. Et c’est à ce moment qu’une femme magnifique apparût devant moi. Une illumination de beauté, une pureté resplendissante me plongea alors dans un état de sérénité total. Je repris mes esprits, montai sur mon épée et fit un saut jusqu’au haut de la falaise. Le dragon croyait s’être débarrassé de moi.


Alors je vis que son abdomen n’était pas protégé : c’était alors son point faible. Je courus en criant : « Khazuk ! Khazuk ! Khazuk ! » Qui veut dire en Klinkarhun ancien : « Prenez garde, les nains sont sur le sentier de la guerre ! » Notre plus ancien et prestigieux cri de guerre nain. Je l’embrochai alors en partant du bas jusqu’au cou. Il tomba alors sur le champ de bataille. Je me retournai alors montrant à mon chef l’illustre dépouille qui languissait à terre. Il pointa du doigt en ma direction. Je me retournai alors et le dragon avait levé sa patte avant et m’asséna un coup que j’esquivai de peu mais qui me laissa cette marque au visage. Nous laissâmes alors la dépouille et récupèrent le bien le plus précieux à nos yeux. L’œuf d’Enderdragon : la preuve de bravoure et de la gloire. Nous reprîmes le chemin d’Althaïa sous un soleil rouge, signe que du sang avait coulé. Et quand je rentrais dès lors à Althaïa je fus accueilli en héros, les femmes me baisaient les joues, les hommes me serraient avec force et je fus honoré par les doges ainsi que par mon maître (doge aussi) qui me remit l’épée d’obsidienne qui me donnait le titre de paladin de la confrérie de l’obsidienne. Pour conclure la cérémonie, j’eus l’honneur de poser l’œuf dans la cathédrale d’Althaïa et je repensais au visage de cette femme qui m’insuffla la force de vaincre le terrible dragon. Après tous ces efforts, la mine me désespéra. Je décidai alors de me faire enrôler en tant que Souffleur de Verre dans la capitale. Le métier était harassant. Les méthodes de travail humaines étaient vraiment stupides. Ils étaient bornés dans leur petite façon de créer du verre en soufflant avec leurs petits poumons. Seulement moi j’étais différent.

VI) Le talent caché

U

n matin, je me réveillais, regardant par la fenêtre de ma demeure althaïenne. Les nuages recouvraient le ciel. Le temps se faisait lourd. La pluie était annoncée. Je me levai, m’habilla, pris mes lunettes pour aller travailler comme chaque matin. Je sellai mon cheval et pris la route pour la capitale : Stendel. « Ah, bien. A l’heure comme toujours dudep, me dit mon patron.


-Oui monsieur. Comme chaque jour. Sauf le dimanche jour du St-Céléas, là je bois ou chante toute la journée quand la gaieté est présente, répondais-je. -Bien, on a une personne qui nous a commandé des vitres de couleurs. Il en faut douze noires et douze violettes. -D’accord, patron. » Je m’attelai à la tâche. Je pris de l’encre de poulpe pour la couleur noire et pilai du lapis et des pétales de roses pour faire de la couleur violette. Pendant ce temps, des verres cuisaient dans le four. Je les sortis après avoir fini avec mes colorants. Et là. Les verres qui cuisaient dans un four alimenté par de la lave tombèrent dans la lave. Voulant les rattraper je fis tomber les colorants dans la lave avec les verres : « Non ! » criai-je. A ce moment, je vis une poussière blanche, immaculée, tels des flocons de neiges, qui se dépose, comme une fumée glaciale sur la lave ardente. La lave au contact de ce souffle commença à bouillonner. Et de ces gros bouillons furent propulsés vers le haut des vitres noires et violettes. Il n’y en avait pas douze de chaque couleur, mais bien trente : « C’est quoi ce bruit ?! cria le patron au-devant du magasin -Rien, voilà vos verres Monsieur. Je m’en vais de ce pas les apporter au client. Lui dis-je en lui montrant tous les verres. -Il t’attend sur la place principale. Mais tu en as fait plus que douze. -Oui. Je dépose ce que j’ai fait en plus. »

VII) Les retrouvailles « Bon il fait quoi ce client… Je l’attends depuis trente minutes pour ses verres, me disais-je. » Je m’assis sur un banc, près d’une dame. Elle était blonde, les yeux d’un bleu écarlate, des joues fraîches et belles par un si bel automne, un cou gracieux, des bras fins, des courbes généreuses. Le vent sifflait dans la grande place principale. Son parfum vint jusqu’à mon nez. Il m’enivra. Tout à coup, mon esprit s’éclaircit : « Emiliane. C’est toi. » Elle se retourna. Le même regard qu’au moment où je l’avais quitté, les mêmes lèvres : « Ma douce Emiliane, combien de temps j’ai rêvé de toi. Viens que je te serre dans mes bras. » On se prit l’un dans les bras de l’autre. Elle posa sa main sur mon bras droit. Ma main venait caresser son visage. Des larmes coulaient le long de son visage. Les miennes se déposaient entre nous,


frappant le bois dur du banc comme des pierres sur de l’eau faisant des ricochets. Nous nous embrassâmes. Ce moment était d’une magnifique. Les feux d’artifice de la fête nationale ne retentissaient pas aussi fort, les clairons et les voix ne pourraient chanter aussi fort l’amour qui renaissait de ses cendres, tel un phénix qui renaît des siennes : « Je t’aime, me dit-elle, je ne veux plus te quitter. Restons ensemble, mon grand Lokrir. -Je te veux ma belle Emiliane. Cela fait tellement longtemps que l’on ne m’avait pas appelé comme cela. Viens avec moi à Althaïa. Je déposerai ma commande de verres demain. -Cette commande était la mienne. Et elle est arrivé à destination, comme cupidon à tirer sa flèche et nous a de nouveau réunis. » Sur ces mots, je repris mon cheval, avec sur mes jambes Emiliane. Arrivés à ma demeure d’Inquisiteur, je lui fis faire la visite de la ville et nous finassâmes la soirée dans les gondoles de notre ville.


Rp candidature citoyenne