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l ’ E N T R E P R E N E U R du mois

LA GAZETTE DE BALI

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Liat Solomon, de nationalité française, a démarré la ligne de produits bio Down To Earth à Bali à la fin des années 90 avant d’ouvrir son premier restaurant Zula, Jl Dhyana Pura, en 2002. S’ensuivra Earth Café, Jl Laksmana, puis récemment Down To Earth, à la conquête d’Ubud. Retour sur une success story commerciale marquée par un savoir indiscutable et un engagement inaltérable…

DOWN TO EARTH : LE BIO AVEC LES PIEDS SUR TERRE Le rendez-vous était fixé dans son restaurant Zula que tout le monde connaît désormais. Cet établissement va en effet fêter ses dix ans d’existence à la fin de l’année et demeure encore aujourd’hui le seul (avec ses autres émanations) à proposer une nourriture et des produits réellement bio à Bali. «  J’ai démarré cet endroit parce qu’il me fallait un endroit pour manger », lance en souriant cette jolie brune à la silhouette de sylphide. Assis à une table à l’heure du déjeuner, le restaurant ne désemplira pas tout le temps que durera notre long entretien. Liat Solomon est aujourd’hui à la tête d’un label de produits bio, qui vont de la nourriture aux produits ménagers et même jusqu’au maquillage, distribués dans trois restaurants-épiceries qui emploient près de 90 personnes. Détentrice de plusieurs diplômes, en macrobiotique, en médecines chinoise et alternative, Liat Solomon fut également une nutritionniste réputée aux Etats-Unis qui dispensa ses talents auprès de stars comme Al Pacino ou Tom Cruise. Chef spécialisée dans la cuisine vegan, Liat Solomon a une longue expérience dans la restauration puisqu’elle a ouvert son premier établissement à l’âge de 19 ans. Businesswoman avérée, elle a également connu un véritable succès entrepreneurial aux Etats-Unis dans les années 90 avec le

label d’importation d’artisanat indonésien Zoog. A cette époque, elle caressait déjà l’idée d’ouvrir un business bio « quelque part sur un île en Asie.  » Lorsqu’elle a commencé, il était impossible de trouver du riz brun à Bali et elle l’importait alors du Japon, pour le revendre «  deux fois moins cher », explique cette mère de deux enfants. « Je sais, c’est de l’idéalisme, et la première année fut vraiment difficile mais j’ai toujours eu beaucoup de soutien de la part de mes clients », confie-t-elle aujourd’hui en énumérant ses premiers distributeurs : Café Lotus, Bintang, Bali Deli… Mais, grâce à son sérieux et à ses connaissances irréprochables, l’idéalisme fera rapidement place à une réputation de qualité qui drainera de plus en plus de clients. Jusqu’à la création de Zula (2002), puis de Earth Café (2006) et maintenant de Down To Earth, trois endroits où elle

propose sa cuisine et ses produits. Elle fait également du conseil en nutrition à son bureau d’Oberoi où elle propose des régimes et forme des chefs au bio, comme par exemple ceux de 3 V et de Karma Kandara. «  J’ai désormais une licence d’importation alimentaire et aussi une autre pour produire sur place. Je viens de démarrer un élevage de chèvres à Bangli afin de faire du fromage et je produis mes propres légumes », expl ique cette anci enne danseuse classique qui a arrêté de manger de la viande à l’âge de 12 ans. «  Je suis tous les soirs sur Internet pour trouver les meilleurs produits », ajoute-t-elle. Discipline de vie rigoureuse, pilates tous les matins, agenda de femme d’affaires, Liat Solomon a organisé ses business comme un chef d’orchestre. Dans la cuisine centrale d’Oberoi, ses cuisiniers ne travaillent que par secteur, certains sont spécialisés dans le sucré, d’autres dans les salades, d’autres dans les soupes. « Cela a été difficile au début d’enseigner au personnel mais maintenant j’ai trois personnes qui sont capables d’apprendre aux nouveaux », poursuit-elle. Les entreprises Down To Earth emploient une vingtaine de cuistots, trois chauffeurs, 5 comptables, pléthore de serveurs, etc. « J’ai la chance d’être avec un noyau de gens qui partagent mes rêves », lance Liat Solomon qui préconise le partage des bénéfices avec son personnel et a souscrit une assurance pour chacun

d’eux et leur famille. Les salaires sont basés sur un système de points, pour les transports quotidiens, pour l’ancienneté, pour les naissances des enfants… Et bien sûr, elle organise avec eux de nombreux meetings spirituels et autres séminaires de motivation. Sa clientèle est aujourd’hui variée. « Je vois le besoin de produits bio grossir de plus en plus, les gens sont de plus en plus conscients de cette nécessité  », dit-elle. Et pas seulement auprès des touristes ou des nationalités familières avec ce type de nourriture comme les Indiens ou les Coréens. Il y aussi beaucoup de Russes et de plus en plus d’Indonésiens, notamment des vacanciers de Jakarta. La répartition de son chiffre d’affaires se fait à 70% sur les restaurants contre 30% pour l’épicerie. Mais ce dernier marché est à la hausse. « Nous avons importé six tonnes de pois chiches l’an dernier », affirme Liat Solomon qui vient donc de partir à la conquête d’Ubud, une terre qui s’imposait par définition. « Il y a bien sûr le public qu’il faut là-bas et je me devais d’être présente à Ubud mais je n’exclus pas d’ouvrir un autre endroit bientôt, ailleurs dans l’île  », continue-t-elle. Le marché est donc à la hausse et la clientèle en produits domestiques va en grandissant. Certains de ses habitués dépensent 3 à 4 millions de roupies par mois. Liat

Solomon se prépare donc à lancer une carte de fidélité qui coûtera 1 million de roupies à l’année et qui donnera droit à une ristourne de 10% dans ses magasins. Et si pour l’instant, ses produits ne sont vendus qu’à Bali et un peu à Jakarta, la fondatrice et propriétaire de Down To Earth n’exclut pas, si l’opportunité se présente, de passer à l’exportation. Un de ses fournisseurs de Singapour a même manifesté son intérêt récemment… En un

peu plus d’une décennie, la marque Down To Earth, pourtant implantée sur une île qui ne connaissait alors que le riz blanchi et les pesticides, a réussi à séduire une clientèle internationale de plus en plus exigeante avec la qualité de ses produits nés d’une éthique exigeante. « Ma passion se répand, affirme-t-elle confiante, car cela correspond à un besoin des gens d’acheter des produits bons pour la santé.  » Tout simplement. Eric Buvelot www.downtoearthbali.com


Article from La Gazette - Down to Earth Bali (french)