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D SSIER

VOL.2 NO.1

PRINTEMPS 2016

VOTRE PASSEPORT POUR LA COLOMBIE-BRITANNIQUE

EN BONNE SANTÉ

SECTEUR CAPITAL DE L’ÉCONOMIE, LA SANTÉ SE PORTE BIEN EN COLOMBIE-BRITANNIQUE

PORTRAIT

Éric Boisse, ancien champion olympique d’escrime

QUALITÉ DE VIE

Au rythme des vagues en kayak de mer

PORTRAIT

Arnaud Petitvallet, Maxime Rivest et leur entreprise de feuilles de café

PROFILS

Six nouveaux arrivants nous relatent leur parcours

Société de développement économique de la Colombie-Britannique


Prêt à tenter votre chance en Colombie-Britannique ? Votre décision est prise et vous voulez tenter de vous trouver un emploi en Colombie-Britannique ? Si oui, la Société de développement économique de la Colombie-Britannique peut mettre ses ressources à votre disposition. N’hésitez donc pas à prendre contact avec nous dès votre arrivée.

Société de développement économique de la Colombie-Britannique 220-1555, 7è avenue Ouest Vancouver, Colombie-Britannique V6J 1S1 604-732-3534 www.sdecb.com info@sdecb.com


DOSSIER - VOTRE PASSEPORT POUR LA COLOMBIE-BRITANNIQUE VO L.2 N O.1

DANS CE NUMÉRO Dossier : La santé

Dans ce numéro de Dossier, nous faisons le point sur la santé, un secteur d’importance cruciale qui emploie plus de 200 000 personnes en Colombie-Britannique. Notre correspondante Émilie Laperrière parle des succès en termes de services offerts, mais aussi des défis engendrés, notamment par le vieillissement de la population.

8 À LIRE ÉGALEMENT

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PORTRAIT

QUALITÉ DE VIE

PORTRAIT

Ancien champion mondial d’escrime et médaillé olympique pour l’équipe de France, Éric Boisse est venu poser ses armes en ColombieBritannique où il enseigne ... l’escrime.

À la fois exigeant et reposant, le kayak de mer est une activité conçue sur mesure pour la Colombie-Britannique avec ses milliers de kilomètres de côte à explorer, un coup de pagaie après l’autre.

Qui l’eut cru ? On peut aussi boire les feuilles de café. La révélation nous provient de deux jeunes entrepreneurs locaux qui sont en train de convaincre la planète, une tasse à la fois.

ÉDITORIAL : 4 • FOCUS : JEAN-PIERRE CHANOINE : 12 • PROFILS : 21• C.-B. EN CHIFFRES : 27

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Éditorial

Éditeur : Société de développement économique de la Colombie-Britannique 220-1555, 7è avenue Ouest Vancouver, Colombie-Britannique V6J 1S1 604-732-3534 www.sdecb.com dossier@sdecb.com

Jamais deux sans trois La qualité de vie n’est pas en reste avec un article illustrant les joies et opportunités qu’offrent le kayak de mer, une activité au rythme plutôt lent mais qui est néanmoins bien adaptée à la réalité de la ColombieBritannique avec ses milliers de kilomètres de côte donnant sur l’océan Pacifique.

Responsable de la publication : Joël Tremblay Collaborateurs : Hind Boughedaoui Émilie Laperrière

Impression : Greener Print Solutions Le magazine Dossier est imprimé sur du papier recyclé.

Vous pouvez également consulter la version en ligne de Dossier à l’adresse : http://issuu.com/ dossiermagazine Le magazine Dossier est publié par la Société de développement économique de la Colombie-Britannique (SDECB) avec le soutien financier d’Emploi et Développement social Canada.

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Déjà le troisième numéro du magazine Dossier. Et la formule amorcée précédemment se poursuit toujours : articles de fond sur l’économie, portraits de nouveaux arrivants et articles sur la qualité de vie qu’on retrouve en ColombieBritannique présentés en alternance afin de donner le meilleur portrait possible de la province. Ainsi, dans le présent numéro, vous retrouverez un article sur le secteur de la santé, un employeur important et le principal destinataire des fonds publics provinciaux. Pour bien illustrer le genre de professions qu’on rencontre dans le secteur, nous vous présentons également un portrait du Dr. Jean-Pierre Chanoine, médecin originaire de Belgique.

Les portraits et profils d’immigrants qui ont choisi de faire de la Colombie-Britannique leur terre d’accueil ne manquent pas non plus avec les portraits d’Éric Boisse, escrimeur olympique, et du duo Arnaud Petitvalet et Maxime Rivest, deux jeunes entrepreneurs qui vantent les mérites des feuilles de café (vous avez bien lu !). Comme si cela ne suffisait pas, six autres nouveaux arrivants ont accepté de se prêter à notre jeu de questions et réponses. De tout pour tous les goûts donc, comme c’est là la formule habituelle. Bonne lecture et au plaisir de vous rencontrer en Colombie-Britannique. Donald Cyr Directeur général, Société de développement économique de la Colombie-Britannique


Portrait

ÉRIC BOISSE, ESCRIMEUR

La plus fine lame de l’Ouest HIND BOUGHEDAOUI

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egard bleu profond, charisme désinvolte et rire aussi sonore que contagieux. Si, au premier abord, il n’y avait que trois choses à retenir sur Éric Boisse, ce serait celles-là. Mais l’homme est multiple et son parcours mérite bien un portrait. Du haut de ses 35 ans, cet ancien champion olympique d’escrime, originaire du Val-d’Oise (France), et installé à Vancouver depuis mars 2014, étonne autant par sa modestie qu’il impressionne par son talent.

PHOTOS : HIND BOUGHEDAOUI

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Palmarès sportif considérable à son actif, il a troqué l’adrénaline des compétitions de haut niveau contre les joies plus mesurées de l’enseignement, dans une province qu’il affectionne pour son accès facile à la nature et à l’aventure. C’est à l’âge de cinq ans, inspiré par son paternel, Philippe Boisse, trois fois champion olympique d’escrime, qu’Éric débutera sa pratique de la discipline. Des années durant, il va s’entraîner sans relâche. Il vivra bien quelques périodes de relâches ici et là, mais reviendra toujours à l’épée. Son parcours est égrainé de victoires, de joies, mais aussi de déceptions qui font et défont l’existence d’un athlète. Et finalement, au-delà de la réputation du père, il s’est aussi fait un nom. Cinq années après sa retraite internationale, c’est au centre d’escrime Dynamo Fencing, basé à Richmond en Colombie-Britannique, qu’il a choisi de poser ses valises.

DES MÉDAILLES, COMME S’IL EN PLEUVAIT… La foule est extatique et l’atmosphère électrique. Une finale importante est en train de se jouer à Athènes. Nous sommes le 22 août 2004, l’équipe de France d’épée masculine affronte la Hongrie en finale. Au dernier coup

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d’estoc, la lumière s’allume, les masques volent, les cris fusent et les embrassades sont triomphales ! Le score est sans appel : 43 à 32. L’équipe de France vient de remporter l’or, Éric Boisse avec elle. À 24 ans, la vie de cet habitué des podiums junior bascule : « Ça change une vie de remporter la médaille d’or aux JO. C’est une chose qu’on garde pour la vie. Un champion du monde, il y en a tous les ans, mais pas les champions olympiques. Et puis, il y a la reconnaissance des pairs, et pour un “fils de”, ce n’est pas rien. Non seulement les choses changent financièrement, mais la porte des publicistes, des commanditaires, des soirées de lancement de produits, des émissions de télé s’ouvre comme par magie. Et puis, ça calme les jaloux, les envieux, les détracteurs ou les flambeurs. Cette médaille crédibilise le discours et l’athlète. »

À partir de là, les victoires s’enchaînent, toutes plus importantes les unes que les autres. Il devient champion du monde par équipe trois années de suite, entre 2005 et 2007, puis vicechampion du monde en individuel en 2007, n°1 mondial lors de la coupe du monde 2007 et possède même sept titres de Champion de France… Il est reconnu et respecté, appuyé par un père qui le comprend bien : « C’est indéniable, mon père a été un réel appui durant ma carrière sportive. J’ai eu beaucoup de chance, parce qu’il a toujours su quand il fallait me pousser et quand il fallait lâcher du lest. Il est venu à chacun de mes championnats quand j’étais jeune et ça m’a énormément aidé. La preuve, j’ai décroché des médailles à chaque fois. »

LES ALÉAS DE LA VIE Porté par un entourage aimant, l’homme est infatigable, flamboyant, déterminé. Il porte bien haut les valeurs de la discipline, à savoir le dépassement de soi, la précision, la persévérance, et le respect. Il ne lâche pas, ne s’essouffle jamais. Jusque là, humble face au succès, il succombe un moment aux charmes pernicieux de la notoriété… La grosse tête le guette en 2007, en plein triomphe.


Il faut dire qu’autant de succès aurait dû avoir raison de lui, depuis longtemps déjà. Mais son caractère terre-à-terre et la présence d’une famille aimante ont retardé l’inévitable piège. Il se repose sur ses lauriers, délaisse un peu les entraînements et s’entiche d’une femme dont l’influence ne sera définitivement pas bénéfique. Cet égarement, prévisible diraient certains, lui coûte sa sélection aux JO de 2008 à Londres : « De n°1 mondial, tu passes à 76e mondial et tu ne vas pas aux JO. Tu regardes ça de chez toi et tu fais une petite descente aux enfers. Ca a été un moment délicat de ma vie. Mais au même moment, j’ai réussi un concours et suis rentré à l’ESCP en 2008, ce qui m’a redonné confiance. Ca a été salvateur. Ces trois ans là-bas m’ont changé et m’ont aidé. En me faisant découvrir une autre vie très attrayante, ça enterrait peu à peu ma carrière d’escrimeur. »

Et puis en 2009, un accident grave de scooter, qui manque de lui coûter la vie, lui rappelle six mois durant la fragilité de la condition humaine. Il réapprend à marcher, s’arme de patience et questionne alors sa carrière : « C’était une belle preuve d’humilité. J’ai bien récupéré, mais j’avais perdu mon mordant. J’aurais peut-être pu avoir le déclic de nouveau, mais je n’ai aucun regret. » Il décidera de s’éloigner peu à peu des compétitions pour prendre sa retraite internationale en 2011, à l’âge de 31 ans.

UN MENTOR EN COLOMBIEBRITANNIQUE Jeune retraité, diplôme de marketing en poche et amoureux d’une savoyarde, il part s’installer en Haute-Savoie où il tente de trouver un emploi, avant de créer son entreprise. En toute logique, il combine les savoir-faire et donne naissance à une société d’événementiel axée sur l’escrime : Funcing Event. La

mayonnaise ne prend malheureusement pas. Il commence à songer à l’étranger. Le Danemark et les États-Unis, conquis par son expertise, lui font un temps les yeux doux. Ils l’imaginent déjà enseigner tout ce qu’il sait à un régiment de jeunes mousquetaires en herbe. C’est la Colombie-Britannique qu’il choisira. Autrefois apprenti, c’est désormais le maître. Même s’il affectionne le rôle et l’escrime de tout son cœur, il « aspire à d’autres choses. » Attaché au club qui lui a donné l’opportunité d’enseigner son savoir, il compte bien y demeurer, mais aspire à mettre ses années d’études en marketing au service de l’établissement : « Mon futur à moi c’est d’aider à développer et à faire grandir le club. On va ouvrir une nouvelle salle à West Vancouver, et peut-être même du côté de Port Coquitlam. À terme, mon rôle devrait évoluer de l’enseignement vers des tâches de gestion de club et de personnel. » Sa demande de résidence permanente est lancée. L’aventure ne fait que commencer. En garde ! D

« De n°1 mondial, tu passes à 76e mondial et tu ne vas pas aux JO. Tu regardes ça de chez toi et tu fais une petite descente aux enfers. »

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NOTRE DOSSIER : LA SANTÉ

Bilan de santé positif pour la C.-B. ÉMILIE LAPERRIÈRE

EN MATIÈRE DE SANTÉ, LA COLOMBIE-BRITANNIQUE SE PORTE BIEN. LA PROVINCE SE CLASSE BONNE PREMIÈRE DANS LE BILAN COMPARATIF DE LA SANTÉ DU CONFERENCE BOARD DU CANADA. ELLE OCCUPE MÊME LE TROISIÈME RANG DU CLASSEMENT GÉNÉRAL, DERRIÈRE LA SUISSE ET LA SUÈDE. LE SECTEUR A NÉANMOINS DES DÉFIS À RELEVER, NOTAMMENT EN RAISON DU VIEILLISSEMENT DE LA POPULATION. 8

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a santé est un domaine important de la province, à la fois pour assurer le bien-être de ses habitants que comme moteur de l’économie elle-même. L’étude Colombie-Britannique 2024 - Perspectives du marché du travail révèle que le secteur de la santé est l’un de ceux qui connaissent la plus forte croissance dans la province. Le secteur employait 210 000 personnes en 2014. « Le système de santé compte notamment plus de 55 000 infirmières auxiliaires autorisées, plus de 10 000 médecins, et des dizaines de milliers de préposés aux bénéficiaires, d’aides aux soins et de membres du personnel de maintenance », souligne le ministre de la Santé Terry Lake. La majorité des employés fournissent des soins médicaux et paramédicaux couverts par l’assurance gouvernementale, notamment des soins de santé primaires et de longue durée, des services ambulanciers, des soins reliés à la santé mentale, et ce, tant à l’hôpital, à la clinique, en résidence pour personnes âgées qu’à domicile. Environ 40 000 autres Britanno-Colombiens offrent des services non couverts par l’assurance-maladie dans des secteurs variés, allant des soins infirmiers privés à la physiothérapie communautaire.

UN SYSTÈME PUBLIC Comme nous l’explique Anthony Boone, directeur des communications à l’Association des employeurs de la santé en Colombie-Britannique (HEABC), « cinq autorités de santé publique coordonnent les services au niveau provincial. Cellesci sont organisées par régions géographiques. » Il s’agit de la Fraser Health Authority, de l’Interior Health Authority, la Northern Health Authority, la Vancouver Coastal Health Authority, ainsi que de la Vancouver Island Health Authority. Une autorité provinciale, la Provincial Health Services Authority, s’assure de son côté que la population a accès à des services et des programmes spécialisés. Elle coordonne notamment l’unité de recherche sur le cancer, les soins cardiaques ou de trauma, les services liés à la puériculture, etc. Depuis quelques années, la First Nation Health Authority travaille de concert avec les autres régies pour coordonner les services de santé dédiés aux Premières Nations. Contrairement aux Américains, les Britanno-Colombiens ont accès à un programme universel de soins de santé, financé par des fonds publics. L’adhésion au régime d’assurancemaladie universel (le Medical Service Plan ou MSP en anglais) est obligatoire dans la province, tout comme dans le reste du Canada. Les résidents de la Colombie-Britannique (citoyens D O S S I E R | VO L. 02

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canadiens, résidents permanents ou réfugiés) doivent y adhérer et y inscrire les personnes à leur charge. Les frais de couverture varient selon les revenus et la situation familiale de la personne. Les services d’urgence sont néanmoins gratuits, même si le patient ne bénéficie pas du MSP. Le régime de soins médicaux est complété par le programme d’assurance-médicaments PharmaCare, qui couvre l’achat d’une partie des traitements prescrits par le médecin.

PREMIÈRE DE CLASSE Comment la province a-t-elle réussi à se faufiler à la tête du peloton du bilan comparatif de la santé du Conference Board du Canada ? « Nous avons fait plusieurs bons coups. Nous sommes au sommet de l’étude en partie grâce aux personnes qui habitent en Colombie-Britannique. Quand on parle du succès d’un système de santé, je pense qu’il faut regarder la population d’abord », estime Michael Marchbank, président et chef de la direction de la Fraser Health Authority. Une opinion partagée par le ministre de la Santé Terry Lake. « La Colombie-Britannique est reconnue comme un chef de file canadien grâce à des programmes comme Healthy Families BC, qui contribue à améliorer la santé et le bien-être des BritannoColombiens en se concentrant sur des programmes liés à l’alimentation saine, à l’activité physique, la lutte au tabagisme, le développement sain des jeunes enfants, la santé mentale et la prévention des blessures. Des programmes comme celui consacré à l’abandon du tabac, qui offre aux fumeurs des thérapies de remplacement de la nicotine, ont été un grand succès », affirme-t-il. Le Conference Board souligne pour sa part que l’espérance de vie de la Colombie-Britannique, qui s’établit à 82,2 ans, est parmi les plus élevées du monde. Elle se démarque aussi pour

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ce qui est de ses faibles taux de mortalité prématurée et de mortalité due au cancer. Signe que sa population est active, elle enregistre également un très faible taux d’obésité. Le docteur Brian Conway, de l’organisme francophone RésoSanté, soulève deux autres facteurs qui ont pu aider la province à tirer son épingle du jeu. « On a d’abord vraiment bien développé les infrastructures dans la grande région de Vancouver. On a géré la disponibilité des spécialistes dans les centres et on a coordonné la façon dont les gens sont recommandés », dit-il. Il ajoute qu’à mesure qu’on a constaté l’expansion dans la province, que ce soit en banlieue de Vancouver ou en région éloignée, à Prince George ou Kelowna notamment, on a établi des infrastructures académiques dans ces endroits. De là se sont développées de nouvelles infrastructures de soins. « C’est ce qui fait que dans une ville comme Prince George, avec une population qui dépasse à peine les 100 000 habitants, presque toutes les spécialités sont disponibles. »

DES PROJETS À VENIR La forte croissance économique de la Colombie-Britannique a permis à la province de procéder au plus important investissement dans le secteur de la santé à ce jour. Ce chiffre a ainsi atteint un record de 19,1 milliards $ en 2015-16. De ce nombre, plus d’un milliard $ est consacré au renouvellement et à l’expansion des infrastructures. Des projets comme le nouveau Interior Heart and Surgical Centre de l’Hôpital général de Kelowna ont été financés. Le projet d’hôpitaux North Island verra aussi le jour. En 2015, le gouvernement a également annoncé un investissement de 259 millions $ pour la première phase de réaménagement de l’Hôpital Royal Columbian de New Westminster. Un centre de santé mentale communautaire de 75 lits, qui devrait ouvrir ses portes en 2019, y sera notamment aménagé. Plus de 1,42 milliard par an est d’ailleurs consacré aux services de santé mentale et de toxicomanie. Les autorités se sont aussi engagées à construire le tout nouvel hôpital St. Paul à Vancouver. Les régions ne sont d’ailleurs pas à la traîne, comme le souligne Brian Conway. « Je suis pas mal impressionné par ce qu’ils ont pu faire dans le nord de la province, à Prince George. J’ai eu l’occasion de les visiter pour faire quelques présentations. C’est un milieu qui se tient, un milieu qui se veut académique, mais qui comprend ses limites. » Celui-ci est aussi curieux de voir ce qui se passera dans la ville de Surrey (en banlieue de Vancouver). « La municipalité a toujours été perçue comme la banlieue pauvre, mais c’est la ville qui grandit le plus rapidement dans la province. L’hôpital de Surrey vient de subir d’importantes rénovations. Il faudra voir comment ils pourront tirer avantage du fait que la population s’agrandit et qu’elle est relativement jeune. On verra aussi comment ils réussiront à offrir plus de services. »


Le président de l’association Doctors of BC croit pour sa part que la situation s’est améliorée en région. « Nous avons un certain nombre de programmes régionaux importants qui fournissent aux médecins plusieurs appuis en matière d’approvisionnement, de suppléance, d’opportunités et de placement. Au cours de la dernière décennie, le soutien pour les médecins pratiquant en milieu rural a augmenté, en particulier en ce qui a trait à la rémunération. En outre, nous offrons plus de formations et de programmes d’accréditation des médecins diplômés à l’étranger pour les zones rurales de la ColombieBritannique », soutient-il. Quatorze médecins de famille formés à l’étranger ont par ailleurs commencé à pratiquer dans les collectivités rurales et éloignées de la Colombie-Britannique. On en retrouve entre autres à Castlegar, Dawson Creek, Fort St. John, Terrasse et Quesnel.

GROS PLAN SUR L’INNOVATION La technologie est importante dans certains domaines de la santé. C’est le cas dans les soins de courte durée, par exemple, ou dans l’imagerie médicale. « Nous devons avoir une technologie à la fine pointe pour servir les patients le plus efficacement possible », estime Michael Marchbank. Plus de 90 % des médecins utilisent un dossier médical électronique (DME) dans leur pratique, selon Charles Webb. « C’est un excellent outil pour les médecins afin de mieux coordonner et assurer le suivi des soins de leurs patients. Nous avons également fait de grands progrès dans la télémédecine, utilisée surtout dans les zones les plus rurales de la province. Il n’y a pas toujours un spécialiste dans les régions éloignées, mais les médecins peuvent ainsi être guidés à travers les procédures plus complexes par leurs collègues spécialistes qui habitent loin », explique-t-il. Selon le rapport annuel de l’Inforoute Santé du Canada, plus de 500 000 patients de la Colombie-Britannique peuvent désormais accéder en ligne à leurs résultats d’analyses de laboratoire. « La province a fait des investissements importants dans la technologie et la cybersanté. Nous avons mis en place des dossiers de santé électroniques pour les résultats des tests de laboratoire, les examens diagnostiques et les antécédents pharmaceutiques. De plus, nous utilisons la télésanté, qui utilise la vidéoconférence et la technologie à l’appui pour mettre les patients en contact avec des spécialistes sur de grandes distances, en toute sécurité », souligne de son côté Terry Blake. M. Marchbank relève que d’habiter dans ce grand pays a des avantages en ce qui a trait à l’innovation. « On peut voir ce qui se fait de mieux, observer les techniques et pratiques dans tout le pays et s’inspirer des meilleures. On peut importer les meilleures idées pour mieux servir le patient, ce qui est, rappelons-le, notre but ultime. J’espère aussi que nous faisons des trucs

intéressants, comme notre approche envers les aînés, dont les autres provinces s’inspireront. » Pour Brian Conway, l’innovation a commencé à l’école de médecine. « On a réalisé que pour développer des services de santé en région, des écoles de médecine devaient s’y établir, dit-il. Au lieu d’augmenter le nombre de places disponibles à l’université de Vancouver et d’en réserver une partie aux gens des régions, on a décidé d’ouvrir une école de médecine à Victoria, à Kelowna et à Prince George, qui peuvent accueillir de 24 à 32 étudiants. Ça a forcé une infrastructure à se développer autour. » Une nouvelle façon de faire qui a également poussé la technologie à se développer. « Le cours est donné à un endroit et diffusé à distance dans les trois autres; ce qui n’empêche pas l’interaction avec l’auditoire ni l’enseignement par problèmes ou par petits groupes. La rigueur et la qualité des cours permettent en plus à ces nouveaux diplômés de rester en région et d’y pratiquer la médecine ensuite », explique le Dr Conway. On ne peut évidemment pas transposer intégralement l’infrastructure de Vancouver dans une ville de petite taille. « Si un petit centre a besoin d’un nouvel appareil technologique, comme un scanneur ou la résonance magnétique, la communauté peut organiser une campagne de financement. Si c’est bien préparé, ça a beaucoup de chances de réussir. C’est d’ailleurs déjà arrivé », rappelle ce dernier.

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Médecin sans frontières (ou presque) 12

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ÉMILIE LAPERRIÈRE

D’origine belge, Jean-Pierre Chanoine est endocrinologuepédiatre. Ce médecin en a fait du chemin depuis l’obtention de son diplôme ! Il y a 18 ans, il a néanmoins posé ses valises en Colombie-Britannique. Ce qui ne l’empêche pas de repartir dès que l’occasion se présente. Fils de médecin, Jean-Pierre Chanoine n’a toutefois pas choisi cette voie pour suivre les traces de son père. « En 1975, quand j’ai commencé mes études, il n’y avait pas beaucoup de choix de carrières, contrairement à ici où il y a des bouquins énormes remplis de possibilités. À l’époque, on était soit avocat, ingénieur ou médecin. J’ai opté pour la médecine », explique-t-il.


Le diplômé de l’Université libre de Bruxelles a su très tôt qu’il deviendrait pédiatre. « Dès la quatrième année de mes sept ans de médecine, j’ai eu envie de m’occuper des enfants. La médecine pour adultes ne m’intéressait pas, parce que c’est généralement une médecine de vieux. Du moins de mon avis personnel. » Pourquoi s’est-il spécialisé en endocrinologie, la science qui étudie les glandes endocrines (thyroïde, parathyroïde, surrénale, hypophyse…) et leurs hormones ? La réponse à cette question a un nom : le professeur Delange. « J’ai eu la chance de rencontrer mon mentor, qui est malheureusement décédé aujourd’hui, à ma première année de pédiatrie. C’était un endocrinologue-pédiatre qui s’occupait uniquement de la thyroïde. Je me suis très bien entendu avec lui. De fil en aiguille, nous avons fait des études et publié ensemble. Il m’a pris sous son aile et ça m’a permis de commencer ma carrière. J’ai continué dans l’endocrinologie grâce à lui. »

Jean-Pierre Chanoine habite dans l’ouest du pays depuis 1997. Il est professeur clinique à l’Université de la ColombieBritannique, en plus d’être le chef de l’unité d’endocrinologie et de diabète à l’hôpital. Il chapeaute une trentaine de professionnels, dont cinq médecins à temps plein et plus d’une demi-douzaine d’infirmières. Il partage son temps entre l’administration, la clinique et la recherche. Sa femme, qui est aussi pédiatre, mais qui se spécialise dans le VIH, travaille dans le même établissement.

UN PETIT CÔTÉ EUROPÉEN

L’ajustement à sa nouvelle vie s’est fait relativement sans heurts, même si le médecin déplore que la reconnaissance des acquis soit bien compliquée. « J’ai eu la chance de déménager dans un pays qui m’attendait, avec un bon métier et un bon salaire, alors je n’avais aucun stress de ce côté-là. L’immigration a été extrêmement facile pour nous », assure-t-il. Aujourd’hui, Jean-Pierre Chanoine vante la qualité de vie UN PARCOURS INTERNATIONAL de Vancouver. « La ville est superbe. On habite au centre-ville Jean-Pierre Chanoine a eu la piqûre du depuis trois mois et on est vraiment dans l’action. « J’ai eu la chance de voyage lors de ses études. « En tant qu’étudiant, Un peu comme à Montréal, le centre-ville est déménager dans un je suis parti au Congo (le Zaïre à l’époque) animé, il y a toujours du monde dans les rues, pays qui m’attendait, pendant deux mois. J’avais adoré », dit-il avec des boutiques. Et je peux marcher. C’est le côté avec un bon métier enthousiasme. européen de Vancouver que j’aime bien. » et un bon salaire, Le service militaire, alors obligatoire en Celui-ci n’a pas été trop déboussolé par le alors je n’avais aucun Belgique, est ensuite intervenu. « On faisait soit un système de santé canadien, qu’il juge similaire à stress de ce côté-là. an de service militaire ou bien deux ans dans un celui de la Belgique. « Je crois que les Canadiens L’immigration a été pays en voie de développement. De mon côté, je ont très peur du système privé, parce qu’ils extrêmement facile voulais vraiment retourner en Afrique. » l’associent au système de santé américain. En pour nous » Son souhait ne s’est malheureusement Belgique, le système est public et privé. Tout le pas réalisé. Le diplômé a plutôt été envoyé en monde a accès aux soins. Si vous êtes malade, Allemagne. Le changement ne lui a pas plu, vous serez soigné gratuitement ou à peu de frais. mais ça lui a donné le temps nécessaire pour demander des Vous pouvez aussi consulter un médecin privé si vous souhaitez bourses aux États-Unis. « Je me suis finalement retrouvé obtenir un rendez-vous un peu plus rapidement. Au Canada, le au Massachusetts pendant presque trois ans. J’y ai fait système est tout à fait public. Ça fonctionne pas trop mal, mais de la thyroïde de nouveau et des études d’endocrinologie il y a des limitations, surtout pour les listes d’attente et l’accès à pédiatrique. » des spécialistes », estime-t-il. Le médecin est ensuite revenu dans son pays d’origine en Jean-Pierre Chanoine aime bien varier son travail. 1992. « En Belgique, la vraie vie commençait et c’était un peu Après avoir étudié la thyroïde, il a concentré ses recherches déprimant. On avait aussi beaucoup moins de moyens », racontesur l’obésité en arrivant en Colombie-Britannique. Depuis t-il. Sitôt rentré au pays, le Dr. Chanoine voulait déjà repartir. quelques années, il travaille plutôt sur la santé internationale Après avoir occupé le poste de médecin directeur dans en endocrinologie pédiatrique. « Tout mon temps académique une compagnie pharmaceutique, un emploi où il a beaucoup est dévoué à ce genre d’activités. C’est très stimulant. Je vais appris, mais qu’il ne voulait pas faire toute sa vie, l’occasion qu’il sûrement terminer ma carrière ainsi », dit-il. attendait depuis son retour au pays s’est finalement présentée. En attendant, il en profite pour voyager. Pour la clinique, il Il a reçu non pas une, mais deux offres d’emploi à l’étranger : la se déplace dans la province plusieurs fois par année, à Prince première à Sydney, en Australie, et l’autre à Vancouver. George et Kelowna. Il voyage aussi pour enseigner, notamment Son choix s’est arrêté sur la seconde, où l’Hôpital pour en Afrique du Nord. « L’an prochain, je vais peut-être le faire à enfants de la Colombie-Britannique avait besoin d’un pédiatre Haïti. Je prépare également un symposium en Argentine et un pour diriger l’unité. « Manifestement, c’était difficile à trouver, autre en Tunisie, si le climat politique le permet. » parce qu’ils ont même accepté un Belge ! », lance-t-il, pinceAprès le Congo, l’Allemagne, les États-Unis et le Canada, sans-rire. Jean-Pierre Chanoine n’a décidément pas fini de voir du pays.

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DES DÉFIS À RELEVER Le ministre de la Santé croit que le principal défi est de faire face à une population vieillissante — surtout étant donné que les personnes âgées ont tendance à utiliser davantage le système de soins de santé. « Nous devons nous assurer d’avoir suffisamment de travailleurs de la santé formés pour répondre à ce besoin. Voilà pourquoi nous avons plus que doublé le nombre de places en première année dans les écoles de médecine et le nombre de places en formation infirmière. » Michael Marchbank estime que les administrateurs doivent porter une attention particulière au vieillissement de la maind’oeuvre et trouver comment faire face au problème de façon proactive. « On doit prendre les choses en main. Nous formons par exemple plus d’infirmières praticiennes pour prévenir un manque aux urgences, notamment. » Le vieillissement de la main-d’oeuvre se fait pour l’instant surtout sentir chez les médecins. « Les chefs de file de diverses spécialités, comme dans le domaine du sida, sont près de l’âge de la retraite », constate Brian Conway. Ce dernier ajoute que les jeunes médecins ont amélioré la vocation. « Ils ont établi un bon équilibre entre leur vie personnelle et leur vie professionnelle. On pensait souvent au médecin de façon un peu romantique. C’était celui qui travaillait sept jours par semaine, qui se rendait chez les gens le soir et la fin de semaine. Maintenant, les médecins plus jeunes sont dédiés à 100 % au travail lorsqu’ils y sont, ils sont aussi bons sinon meilleurs que leurs prédécesseurs grâce à la technologie et leur formation. Mais quand ils ne sont pas au travail, ils ne sont pas disponibles. Ça réduit donc de façon artificielle la maind’oeuvre. » Pour Brian Conway, la plus grande difficulté du secteur de la santé se trouve toutefois ailleurs, du côté du contingentement. « Les gens ont de la difficulté à trouver un médecin. Les nouveaux médecins, surtout ceux qui veulent développer une pratique à long terme, sont très rapidement surchargés. Les patients sont donc forcés d’aller dans une clinique sans rendezvous. Ça permet de résoudre des problèmes ponctuels, qui ne nécessitent pas l’accès à l’hôpital, mais c’est insuffisant. Et ça, c’est un gros défi. Les gens vulnérables, qui ne sont bien souvent pas outillés pour interagir avec le système, ont de la difficulté à obtenir des soins. »

DE NOMBREUSES OPPORTUNITÉS Entre 2000 et 2014, la croissance de l’emploi dans le secteur de la santé était en moyenne de 2,5 % par année — ce qui est plus de deux fois le taux de croissance de la population —, en partie en raison d’une population vieillissante. Entre 2014 et 2024, la demande devrait croître en moyenne de 1,9 % par année. 14

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Les infirmiers constituent le groupe le plus nombreux de professionnels réglementés du système de santé au Canada. En 2010, le pays comptait 287 344 infirmiers autorisés. L’Association des infirmières et infirmiers du Canada prévoit encore un manque d’effectifs dans un avenir rapproché. Au ministère de la Santé, on rappelle que la ColombieBritannique s’efforce de former et d’attirer des travailleurs. « Nous avons récemment annoncé que nous allions travailler avec les différents organismes pour embaucher 1 600 infirmières supplémentaires. Nous recrutons actuellement également des médecins et d’autres professionnels de la santé », précise le ministre. Selon l’étude Colombie-Britannique 2024 - Perspectives du marché du travail, les professionnels de la santé les plus recherchés sont les infirmières, les infirmières en soins spécialisés, les infirmières praticiennes, les physiothérapeutes, les ergothérapeutes, les inhalothérapeutes, les technologues en échographie, les technologues de laboratoire médical, les infirmières auxiliaires, les préposés aux bénéficiaires et les perfusionnistes. Il y a également une demande pour les médecins de famille et les généralistes. Différentes spécialités, comme l’ergothérapie ou la physiothérapie, ont aussi besoin de sang neuf. « Les besoins sont criants en orthophonie (une pratique qui ne peut se faire par traduction), en particulier chez les francophones. Dans notre répertoire, on a seulement une demi-douzaine d’orthophonistes au total », déplore Brian Conway. On recherche aussi des professionnels en santé mentale, que ce soit des psychologues ou des travailleurs sociaux. Population vieillissante oblige, la gériatrie est aussi un secteur d’avenir. Anthony Boone souligne que l’une des stratégies les plus efficaces utilisées par l’organisme HEABC pour recruter des employés talentueux est le service Health Match BC. « Le programme, financé par la province, est responsable du recrutement de médecins. Il facilite également le recrutement d’infirmières et de professionnels de la santé provenant de l’extérieur de la province, notamment de l’Amérique du Nord et de l’Europe. Ses administrateurs travaillent en partenariat avec les autres acteurs de la santé de la province », explique-t-il.

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RÉPARTITION DES DÉPENSES EN SANTÉ SELON LE TYPE DE DÉPENSE (EN %)

219.1

DÉPENSES EN SANTÉ (CANADA)

10.9

MILLIARDS $

16.5 7

POURCENTAGE AGE DU PIB

2015 1975 1 975 2015

MONTANT DES DÉPENSES EN SANTÉ PAR HABITANT ET POURCENTAGE DU BUDGET PROVINCIAL CONSACRÉ À LA SANTÉ

Territoires du Nord-Ouest

Nunavut

% 13 880 $

14 059 $

29 %

21

Yukon

18 %

10 949 $ Terre-Neuveet-Labrador

40 % 7 036 $

5 665 $

30 %

Québec

5 875 $

43 %

ColombieBritannique

6 966 $

6 686 $

6 927 $

42 % 38 % 46 % 41 %

Alberta

Saskatchewan

Manitoba

5 920 $

Ontario

6 560 $

46 % 37 % 40 % 6 310 $

NouveauBrunswick

6 352 $

NouvelleIle-du-Prince- Écosse Édouard

SOURCE : Institut canadien d’information sur la santé INFOGRAPHISME : Joël Tremblay


SUITE DE LA PAGE 14 En 2015, pas moins de 234 médecins ont obtenu un poste en ColombieBritannique grâce à ce service d’entremetteur. Ce dernier a également permis à 74 infirmières spécialisées et à 7 professionnels paramédicaux de dénicher un emploi. Les offres d’emploi actuelles, qui visent différents professionnels de la santé, tels que des pharmaciens, des physiothérapeutes cliniques et des technologues de laboratoire médical, peuvent être consultées sur le site web de l’organisme. En plus du travail effectué par Health Match BC, on retrouve une page de recrutement sur le site web de chacune des autorités de la santé. On y répertorie les offres d’emploi et les professions qui sont actuellement en demande dans la région. Comme chaque région offre des possibilités et des expériences professionnelles uniques, on peut également y dénicher des informations sur les avantages de travailler sur ce territoire.

DE BONNES CONDITIONS Les employés de la santé sont généralement satisfaits de leurs conditions. « Notre collaboration avec les autorités de santé publique et le gouvernement provincial est la clé. La relation constructive que nous avons renforce à la fois la qualité des soins prodigués et l’expérience des patients et des médecins. Il y a dix ans, la satisfaction des médecins, en particulier en soins de première ligne, était extrêmement faible. Grâce à cette récente collaboration, le niveau de satisfaction a augmenté de façon spectaculaire », assure le président de l’association Doctors of BC. Le secteur offre une panoplie de possibilités. « Les emplois sont stables et intéressants, les avantages salariaux sont justes, estime de son côté Michael Marchbank. Il y a des inconvénients, évidemment, mais je suis convaincu que ceux qui choisissent la santé croient vraiment qu’ils font une différence dans la vie des gens, qu’ils aident les patients, leurs collègues et la communauté. Aider son prochain, c’est un sentiment très satisfaisant. » Les contrats des professionnels de la santé ne sont pas à renégocier cette année. Les citoyens de la Colombie-Britannique se rendront toutefois aux urnes le printemps prochain. « La campagne électorale sera l’occasion de bien présenter nos revendications pour améliorer le système de santé et de voir comment les partis pourront répondre aux besoins actuels. Il n’y a pas de nouvelle crise, mais c’est une opportunité à saisir », estime Brian Conway.

UNE RECONNAISSANCE DIFFICILE À OBTENIR Si les besoins de main-d’oeuvre sont grands, les obstacles pour les travailleurs étrangers désirant s’installer dans la province semblent l’être tout autant. D’origine belge, Jean-Pierre Chanoine a rejoint l’Université de la Colombie-Britannique en 1998 en tant que professeur clinique et chef de l’unité d’endocrinologie et de diabète à l’Hôpital pour enfants de la Colombie-Britannique. S’il n’a pas rencontré beaucoup d’obstacles sur sa route, le médecin souligne à grands traits que la reconnaissance des acquis des professionnels de la santé demeure un problème important au Canada. « On dit qu’à Vancouver, les taxis sont les plus sûrs de la planète parce que les chauffeurs sont tous médecins ! C’est malheureusement un peu vrai. Ce sont des gens éduqués, qui ont des diplômes et qui n’ont pas l’occasion de pratiquer ce pour quoi ils ont été formés », se désole le médecin. En venant de Belgique, le Dr. Chanoine a lui-même dû passer un examen d’évaluation à Paris. Malgré le fait qu’il ait habité trois ans aux États-Unis, il a aussi dû se soumettre à un test d’anglais. « Après, j’ai dû passer l’examen canadien de médecine générale, ce qu’on appelle le LCMC, même si je n’ai jamais pratiqué de médecine générale dans ma carrière. J’ai donc dû étudier. Et avec tout ça, on n’a toujours rien. »  16

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Le Vancouvérois d’adoption estime qu’il fait tout de même partie des privilégiés. « Je suis chanceux : j’ai obtenu une place dans un établissement universitaire, un bon métier et un bon salaire. J’ai eu de la chance parce que je n’ai toujours pas pu passer l’examen de pédiatrie étant donné que les cinq ans que j’ai fait en Belgique ne comptent pas. » Malgré toute son expérience, Jean-Pierre Chanoine n’a ainsi qu’une licence temporaire depuis plus de 15 ans. « Même si je suis à la tête de mon unité, je pratique encore l’endocrinologie pédiatrique sous la supervision de mon chef de département. Je ne pourrais jamais ouvrir une clinique non plus. Et si j’allais dans une autre province, disons à Montréal, il faudrait que je demande d’abord l’autorisation pour avoir une licence. Ce n’est pas automatiquement échangeable en dehors de l’Université de la Colombie-Britannique. » Il déplore que le problème soit généralisé. « Le Canada est un pays d’immigration, et ça fonctionne habituellement plutôt bien. Mais en ce qui concerne les acquis de certaines professions, c’est vraiment difficile. » Jean-Pierre Chanoine admet qu’en raison d’ententes entre les pays, les ressortissants du Commonwealth peuvent faire reconnaître leurs acquis. « Si vous venez de France ou d’ailleurs par contre, c’est la galère. Il faut s’imposer, faire sa place, et trouver une certaine reconnaissance. C’est très difficile de venir s’installer en Colombie-Britannique comme médecin. Ma femme, qui est venue avec moi, a aussi eu de la chance. Elle a pu avoir un emploi à mi-temps, ce qui lui convient, et qui est extrêmement pointu dans sa spécialité, le VIH. » Si Brian Conway croit que la situation n’est « ni meilleure ni pire qu’ailleurs », il admet que des efforts doivent être faits pour améliorer les choses. « Selon moi, la meilleure façon de faire face au problème, ce n’est pas de façon isolée. On doit avoir un plan où un individu nouvellement arrivé et formé à l’étranger, qui répond à un besoin auquel personne d’autre ne peut répondre, aura un avantage en termes de reconnaissance des acquis ou des diplômes. On pourrait aussi lui permettre une pratique supervisée pendant un certain temps. On doit innover de ce côté-là. »

Le gouvernement du Canada a néanmoins lancé il y a plus de dix ans l’Initiative relative aux professionnels de la santé formés à l’étranger (IPSFE), afin d’augmenter le nombre de professionnels de la santé venus d’ailleurs dans les effectifs canadiens. Des programmes de transition pour les infirmières, les sages-femmes, les physiothérapeutes, les technologues en radiation médicale, les technologues de laboratoire médical, et les infirmières auxiliaires autorisées formés à l’étranger ont ainsi été mis sur pied.

EN FRANÇAIS ? Comme le mentionne le Dr. Conway, les gens qui parlent d’autres langues, comme le français, le cantonais, le mandarin ou le punjabi préfèrent avoir un médecin qui parle leur langue, et ceux-ci ne sont pas toujours disponibles. « Du côté francophone, RésoSanté a constitué un répertoire. Il y a plusieurs médecins qui s’y sont joints. On retrouve au-delà de 1 000 professionnels toutes catégories confondues. Mais encore là, ce sont souvent des médecins contingentés, qui vont voir le nouveau patient une seule fois. Il y a des limitations dans le système. Il faut travailler là-dessus », admet-il. Recevoir des soins de santé en français dans la province est une mission difficile, mais pas impossible. Il faut néanmoins être proactif. « On compte environ 60 000 individus qui disent être carrément francophones, qui ne peuvent pas forcément s’exprimer dans une autre langue que le français. Il y a aussi 300 000 personnes qui parlent français couramment. C’est quand même une masse critique qui devrait être servie en français. On n’aura jamais d’hôpital, de clinique ou d’institution comme l’hôpital Montfort à Ottawa [NDLR : un établissement qui offre des services en français]. Ce sera plutôt un réseau virtuel, et c’est ce qu’on est en train d’essayer de bâtir. C’est ainsi qu’on va réussir », croit le médecin qui, malgré son nom à consonance anglophone, s’exprime dans un français impeccable. Malgré ses limites, le système de santé de la ColombieBritannique peut se vanter de son bilan. Innovation, investissements, population active… On peut dire que le patient se porte bien.

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Qualité de vie

Éloge de la lenteur HIND BOUGHEDAOUI

Peuplée de milliers d’îlots courant le long de sa côte, de chaînes de montagnes recouvertes de vastes forêts, de fjords insondables et d’écosystèmes remarquables par leur richesse, la ColombieBritannique offre une aire de jeux spectaculaire pour qui veut bien l’explorer par la mer au gré des coups de pagaie.

PHOTO : DEFI GO FETCH

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Vancouver, la Sunshine Coast, l’île de Vancouver… Autant d’endroits réputés pour leur beauté et auxquels le kayak rend bien justice. Ces paysages, qui s’étirent sur une côte éparpillée en mille petits îlots sauvages, méritent qu’on les aborde au ras de l’eau, tout doucement et sans faire de bruit.


PHOTO : TERRACENTRIC COASTAL ADVENTURES

DÉMOCRATISATION DE LA PRATIQUE Longtemps l’apanage d’une minorité, ce sont les révolutions technologiques dans le domaine, dans les années 1960, qui vont bouleverser l’activité. Les embarcations, construites en polyéthylène, fibre de verre, Kevlar ou encore fibre de carbone, sont devenues plus légères et rigides. La pratique devient plus facile et accessible, alors que les formes évoluent pour s’adapter à des utilisations plus spécifiques (en mer, en eaux-vives, etc.) Par opposition au kayak de rivière, plutôt court pour gagner en maniabilité dans les rapides, le kayak de mer est long et étroit. Il est de fait plus stable et rapide, maintient son cap à la perfection et couvre de longues distances. Pensé comme embarcation d’expédition, il est par conséquent doté d’un caisson étanche, destiné au transport de matériel – idéal pour les petites virées de quelques jours. Pour beaucoup d’amateurs de plein air et d’évasion, le kayak de mer est le moyen de locomotion le plus en adéquation avec la sérénité de la nature. Non-motorisé, par conséquent silencieux, il glisse sur l’eau et offre une nouvelle perspective sur les récifs environnants. Accessible à tous, il reste aussi très sécuritaire. Ce qui en fait un esquif de choix pour tous. Méditation en prime.

UNE APPROCHE ÉDUCATIVE Avec tant d’avantages, cela va de soi que les professionnels du domaine

ne tarissent pas d’éloges quant aux avantages liés à l’activité. Christine Hollmann, 45 ans, originaire de Powell River et fondatrice de Terracentric Coastal Adventures Ltd., y voit aussi un puissant outil éducatif à destination des plus jeunes : « En créant notre entreprise en 2001, nous avons toujours été attirés par l’aspect éducatif du kayak de mer. Nous avons donc commencé à offrir assez tôt des programmes pour les jeunes par l’entremise du kayak. Nous travaillons d’ailleurs beaucoup avec les écoles de la région. » La discipline offre en effet une superbe opportunité de s’initier aux spécificités de le faune et de la flore locales, tout en étant sensibilisé aux problématiques environnementales actuelles. » L’activité a donc de quoi séduire les plus récalcitrants comme les amateurs d’aventures aquatiques : beauté des paysages, silence dans le mouvement, accessibilité de l’activité, possibilité de laisser libre cours à l’introspection, contact privilégié avec la nature, aspect éducatif environnemental incontestable et possibilité de profiter du voyage dans la lenteur, porté par les flots. Un luxe dont les côtes de la ColombieBritannique regorgent...

LES JOYAUX DE VANCOUVER ET DE SES ENVIRONS De nombreux centres de kayak ont élu domicile ici et là, au gré de la côte et des sites d’exception. Non seulement ils louent des embarcations simples ou doubles, mais ils offrent également des cours pour apprendre à maîtriser la partie technique de la discipline ou

des sorties en mer accompagnées d’un guide. Généralement ouverts d’avril à octobre un peu partout dans la province, ils bénéficient tous d’un cadre unique. Vancouver n’est pas en reste. La ville abrite plusieurs centres qui se démarquent par leur décor à couper le souffle, à seulement 20 minutes de la ville. Mike Darbyshire, 29 ans, responsable du Deep Cove Canoe and Kayak Centre, basé à Deep Cove à North Vancouver, s’amuse à chaque fois de l’étonnement de ses clients étrangers : « Ce qui surprend beaucoup les gens, c’est de réaliser qu’il ne faut pas s’éloigner de Vancouver pour pouvoir faire du kayak de mer et profiter de paysages magnifiques. En une vingtaine de minutes en voiture, vous êtes prêt à sillonner les environs, perdu dans la nature, loin de la ville. » Et il en sait quelque chose ! Son centre, équipé de 130 kayaks dont 40 doubles, ne reçoit pas moins de 50 000 visiteurs les bonnes années ! Non loin de là, d’autres endroits méritent tout autant le détour. Outre le spectaculaire bras de mer Indian Arm qui s’étire sur 30 km, la baie de Howe est parsemée d’îles dont l’écosystème est primordial pour la sauvegarde des oiseaux marins. Quant aux deux parcs municipaux Whytecliff Park et Lighthouse Park, installés du côté de Horseshoe Bay, ils marquent le début de la Sea to Sky Highway, réputée pour son pittoresque. Un peu plus loin encore, aux portes de la Sunshine Coast, à seulement 40 minutes en traversier de Vancouver, Sechelt et Gibsons distribuent sans retenue des bouts de nature préservée. D O S S I E R | VO L. 02

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TOUJOURS PLUS À L’OUEST

À l’aventure !

Certains ont bien perçu le potentiel expéditionnaire du kayak de mer, allant même jusqu’à longer toute l’Amérique du Nord, de Montréal à la péninsule du Yucatan, bien arrimés dans leurs embarcations. Il s’agit de trois amis avides d’aventures, Luc Labelle, Julien Granger et Nuka De Jocas-McCrae, pour qui le kayak de mer s’est vite imposé comme une évidence. Désireux de voyager autrement, ils mettent sur pied une folle expédition : le Défi Go Fetch au terme duquel ils entendent parcourir 9 000 km, d’ici 2017, armés de leurs seules pagaies. Un choix que Nuka, 27 ans et originaire de Montréal, explique avec beaucoup d’engouement : « On a choisi le kayak de mer, parce qu’on avait envie de se dépasser d’une manière différente, hors-norme et non-motorisée. Quand on y pense, iI n’y a pas énormément de moyens de transport de ce genre aujourd’hui. Nous n’étions pas non plus des experts du kayak, or c’est un moyen de transport qui est accessible et sécuritaire. Aussi, la seule chose sur laquelle tu dépends, c’est toi-même. Pour nous, c’était un élément important de notre périple. Pour vivre d’aventures, il fallait physiquement et mentalement ressentir la nature. Le kayak est une belle manière d’y arriver, parce qu’on est proche de l’eau, on est bas, on se fait petit, mais on progresse sur de longues distances, on peut transporter du matériel et se rapprocher d’un environnement qui est peu exploité en général. » Il y voit même un espace propice à la réflexion et à l’introspection : « Je suis un voyageur qui admire dans la contemplation silencieuse. Le kayak, c’est bon pour ça parce que ce n’est pas bruyant. Tout ce que tu entends c’est la pendule de tes pagaies. À gauche, à droite, à gauche, à droite… C’est très méditatif. » 20

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Un peu plus au nord le long de la côte, deux voyages de traversier et cinq heures de route plus tard, les communes de Powell River et de Lund déploient leur généreux tapis de nature. Considérée par beaucoup comme un des spots de prédilection des amateurs de kayak, la zone semble avoir été façonnée pour l’activité. Non seulement les conditions sont des plus favorables, avec des eaux avoisinant les 23°C en été, mais le cadre force le respect. Le petit centre Terracentric Coastal Adventures Ltd, géré par Christine Hollmann, y organise plusieurs visites de quelques heures à plusieurs jours, faisant découvrir chaque année le joyau suprême de la côte du soleil à ses 1 300 visiteurs annuels, à savoir la baie de Desolation Sound. Dénomination incompréhensible tant ce dédale de bras de mer est somptueux. Baptisé ainsi en 1792 par Georges Vancouver, un homme à la fois fatigué, dépité et marqué par son passage à Hawaii des années plus tôt, le détroit reste pourtant un passage obligé du kayakisme local. D’autant plus que les nombreux sentiers pédestres aux abords des mouillages donnent la possibilité de s’enfoncer un peu plus loin dans la nature. Pour les plus aventureux, avides de nouveaux défis, la côte Ouest de l’île de Vancouver promet roulis, houles et joyeux tangages. Christine Hollmann, au même titre que Mike Darbyshire, explique la nécessité de maîtriser tout l’aspect technique du kayak, puisqu’à Tofino par exemple : « On pagaie en haute mer, les vagues rendent donc la pratique un peu plus exigeante. » Surtout lorsque l’on est seul et pour longtemps. Au-delà des règles de sécurité indispensables, il faut par exemple apprendre à esquimauter, soit redresser son kayak retourné sans en sortir. Une technique qui demande une formation et un peu d’exercice, surtout si l’on souhaite aller plus loin dans sa pratique et apprendre à maîtriser les éléments. Ce qui prend tout son sens, quand on songe à la fréquence et à la facilité avec laquelle le kayak peut s’insérer dans les emplois du temps. Aux portes de la ville ou à quelques heures en traversier, la discipline peut vite devenir routine !Wild

POUR EN SAVOIR PLUS SUR LES EXPÉDITIONS

Défi Go Fetch : www.defigofetch.com/ Tarracentric Coastal Adventures : www.terracentricadventures.com/ Deep Cove Canoe and Kayak Centre : www.deepcovekayak.com


GUILLAUME ROBERT

CHRISTELLE WIN-LIME

AURÉLIE MANUEL

AURÉLIE MANUEL

PROFILS

TRAVAILLEUSE SOCIALE – SUISSE D’où venez-vous ? Je suis originaire de Genève. Quel est votre parcours académique ? J’ai suivi le système classique public. Comme je ne savais pas quoi choisir à l’université, je suis partie un an en voyage. À mon retour, j’ai intégré une formation professionnelle de trois ans, ponctuée de deux stages, pour être travailleuse sociale. Non seulement j’avais un pied dans le monde du travail, mais j’aimais ce contact avec les gens. Quel est votre parcours professionnel ? Comme je ne me voyais pas travailler à temps plein dans le monde du social, j’ai multiplié les activités tout au long de ma carrière, généralement avec les jeunes. Puis séduite par la méthode Grinberg, je l’ai étudiée de 2009 à 2012. J’avais ma propre clientèle, tout en continuant dans le social. Malheureusement, en 2012, une crise au sein de la méthode m’a contrainte à changer ma pratique. En arrivant à Vancouver, en mars 2015, je n’ai eu aucun mal à faire reconnaître mon diplôme de travailleuse sociale, du fait de la similitude des systèmes suisses et canadiens. En un mois, j’ai trouvé un emploi d’intervenante sociale à La Boussole. Pourquoi êtes-vous venue en C.-B. ? Outre mon souhait de vivre en pays anglophone et mes envies d’océan liées à ma passion pour la voile, je souhaitais quitter la Suisse. Mon mari étant canadien, le Canada semblait naturel. Sponsorisée par lui, j’ai entamé mes démarches de résidence permanente de la Suisse. Nous sommes arrivés en mars 2015.

Découvrez avec nous le parcours de quelques-uns des nouveaux arrivants qui ont décidé de venir s’établir en Colombie-Britannique.

Qu’est-ce qui vous a le plus surprise en C.-B. ? Contrairement à sa réputation, la ville nous a arrosés de soleil de mars à octobre. Une vraie surprise ! Et puis, j’ai découvert à quel point la francophonie était active ici.

PROPOS ET PHOTOS RECUEILLIS PAR HIND BOUGHEDAOUI

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D’où venez-vous ? Je viens de l’île de La Réunion. Quel est votre parcours académique ? J’ai poursuivi mes études jusqu’au Bac à La Réunion, puis à l’Université de Droit de Strasbourg. Au bout de deux ans, j’ai bénéficié d’un échange étudiant d’un an à la London School of Economics. Puis je suis rentrée pour faire un Master en droit public des affaires, à Paris. Quel est votre parcours professionnel ? J’ai travaillé pendant six ans comme juriste d’entreprises publiques à Paris. Ce poste me comblait, pourtant, je n’ai pas eu envie de poursuivre dans le droit en arrivant à Vancouver. Mon installation ici m’a permis d’entrevoir la possibilité de faire autre chose. De janvier à décembre 2014, j’ai travaillé dans une école d’anglais pour les étudiants étrangers, puis, j’ai suivi un cours dans l’événementiel à BCIT pour avoir un certificat local. Depuis janvier 2015, je suis chargée de projets événementiels dans une compagnie de développement en leadership. Pourquoi êtes-vous venue en C.-B. ? Après quelques années à Paris, j’étais lassée par la ville et souhaitais vivre dans un pays anglophone. En août 2013, mon compagnon a postulé en interne pour une offre à Vancouver. Nous sommes arrivés en novembre 2013, grâce à son visa de travail de trois ans délivré par son entreprise. En tant que conjointe, j’ai pu bénéficier d’un permis de travail ouvert de même durée. Nous envisageons maintenant la résidence permanente. Qu’est-ce qui vous a le plus surprise en C.-B. ? L’importance du bénévolat, lequel est très sélectif. Aussi, contrairement à la France, j’aime la facilité avec laquelle on peut se reconvertir professionnellement. Enfin, j’ai été surprise par les grands espaces et la faible densité humaine.

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GUILLAUME ROBERT

CHRISTELLE WIN-LIME

CHARGÉE DE PROJETS ÉVÉNEMENTIELS – FRANCE

ENSEIGNANT À L’ÉCOLE PRIMAIRE – FRANCE D’où venez-vous ? Je suis originaire d’Angers. Quel est votre parcours académique ? Après un Bac Littéraire, j’ai décroché, en 2004, ma licence d’anglais à l’Université d’Angers. J’ai vite compris que j’étais destiné à l’enseignement et me suis naturellement tourné vers le primaire. Je suis d’abord allé en Belgique, à Liège, pour y suivre une première formation d’instituteur. Puis je suis rentré en France, en 2007, où j’ai passé le concours de l’IUFM. J’ai d’abord eu un poste d’un an comme enseignant en Sarthe, puis je suis rentré en 2008 à l’Institut du Mans. Quel est votre parcours professionnel ? Diplôme en poche, j’ai travaillé quelques années en France comme enseignant avant de partir pour le Canada. Je suis arrivé en août 2012 en ayant déjà déposé mon dossier de résidence permanente. Le 7 février 2013, je suis devenu résident permanent. Je suis actuellement enseignant de 1ere année au Vancouver School Board. J’y enseigne entre autres la lecture, ce qui m’intéresse le plus dans ma pratique. Pourquoi êtes-vous venu en C.-B. ? J’ai toujours eu une passion pour les langues, l’anglais et les accents. Comme le Canada englobe tout ça, ça tombait sous le sens. Alors que je menais ma vie d’enseignant, j’ai assisté à un forum emploi Canada à Paris en novembre 2011. C’est là que tout a commencé. Même si j’aime mon pays natal, je ne me vois plus vivre en France. Je m’aime tout simplement mieux ici. Qu’est-ce qui vous a le plus surpris en C.-B. ? En arrivant, tout m’étonnait : les rapports humains, la relation au travail, la cuisine, le quotidien… Et le nombre de francophones ! C’est tous les jours que j’entends du français à Vancouver.


SIMON GOUMAZ

MARIE KA

MARIE KA

PROFILS

RÉALISATRICE – SÉNÉGAL ET MARTINIQUE D’où venez-vous ? J’ai grandi entre Dakar et Saint-Pierre. Quel est votre parcours académique ? J’ai fait tout mon lycée en français au Sénégal et après mon Bac en 1993, je suis partie à Paris pour suivre une licence de cinéma. C’était très théorique. Moi, j’avais envie de faire des films ! Je me suis inscrite, de 1998 à 2000, à l’université Loyola Marymount, à Los Angeles, en film production. Après un passage d’un an au Sénégal, je suis retournée aux États-Unis, à Atlanta, pour un Master de Film Video and Digital Imaging, de 2002 à 2005.

SOUKAINA MAHFOUD

Quel est votre parcours professionnel ? Je suis rentrée en 2005 à Dakar, où j’ai monté ma maison de production : Picture Box. Malheureusement, le contexte n’étant pas propice, j’ai commencé à travailler en parallèle en communication et à songer à l’étranger. J’ai déposé ma demande de résidence permanente pour le Canada en 2009. Lorsque je suis arrivée à Vancouver en juin 2013, j’ai suivi un programme de communication numérique à SFU, jusqu’en février 2014. Puis d’avril 2014 à juin 2015, j’étais directrice de communication, avant de retourner dans le cinéma. Je suis depuis à mon compte. Pourquoi êtes-vous venue en C.-B. ? À Los Angeles, j’avais fait un stage dans une maison de production qui tournait un film à Vancouver. C’est comme ça que j’ai entendu parler de cette ville active dans le cinéma. Aussi, je voulais une ville facile à vivre en famille. Vancouver tombait sous le sens. Qu’est-ce qui vous a le plus surprise en C.-B. ? Il a fallu que je me fasse à la culture canadienne parce que j’avais abordé les choses comme si c’était les États-Unis. J’ai vite réalisé les différences entre ces deux pays !

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D’où venez-vous ? Je viens de Fribourg. Quel est votre parcours académique ? Tout au long de mon cursus, j’alternais entre études et travail. Après avoir eu mon bac en 2004, j’ai suivi un cursus bilingue (français/allemand) de trois ans à l’université en économie politique. Puis j’ai travaillé deux ans en comptabilité, avant de reprendre des études en gestion d’entreprise et valider un Bachelier en 2014. Quel est votre parcours professionnel ? Parallèlement à mes études, de 2010 à 2014, j’ai lancé mon entreprise dans l’aviation d’affaires, spécialisée dans le consulting juridique et stratégique. Le marché suisse est très orienté vers l’entreprenariat. Lorsque je suis arrivé en avril 2015, j’ai commencé à chercher des postes en marketing, mais suite à quelques refus, j’ai postulé à tous les emplois bilingues. Au bout de trois mois, trois offres sont tombées et j’ai choisi l’entreprise qui m’offrait le plus de possibilités de développement. J’y travaille depuis juillet 2014. En janvier 2016, on m’a proposé un poste dans mon domaine de prédilection : le marketing ! Pourquoi êtes-vous venu en C.-B. ? Ma conjointe, désireuse d’étudier la psychologie, a été acceptée à SFU avec un visa étudiant jusqu’en 2019. Nous sommes donc venus pour elle. En tant que conjoint de fait, j’ai pu bénéficier d’un permis de travail ouvert de même durée. C’était une belle occasion de vivre quelque chose de nouveau. Qu’est-ce qui vous a le plus surpris en C.-B. ? Quand je suis arrivé au-dessus de Vancouver en avion, j’avais l’impression d’atterrir en Suisse, entre les montagnes, les plans d’eau, la verdure… C’était une surprise ! C’est aussi une ville paisible. Même en plein centre-ville, on ne sent pas le stress citadin.

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SOUKAINA MAHFOUD

SIMON GOUMAZ

CHARGÉ DE PROJETS EN MARKETING – SUISSE

ANALYSTE FINANCIER – MAROC D’où venez-vous ? Née à Rabat, j’ai grandi à Agadir. Quel est votre parcours académique ? J’ai fait mes études à l’école française au Maroc. Cursus qui m’aurait naturellement menée à l’université en France. Mon Bac S en poche en 2005, j’ai décidé de rester au Maroc et me suis inscrite à l’Université anglophone d’Al Akhawayn à Rabat. J’y ai intégré le bachelier d’administration des affaires. Puis en décembre 2010, j’ai commencé à travailler à HP à Rabat, avant de ressentir le besoin de quitter le Maroc. J’ai alors opté pour une maîtrise de recherche en contrôle de gestion à HEC Montréal (janvier 2013). Quel est votre parcours professionnel ? Grâce à mon Master, j’ai non seulement reçu un permis de travail de trois ans, mais j’ai tout de suite trouvé un emploi à Montréal. Toutefois, l’appel de la nature se faisant sentir, je me suis très vite installée à Vancouver (novembre 2014). J’ai trouvé mon emploi actuel dans une firme de courtage, en mars 2015, grâce à ma détermination sur LinkedIn. C’est ici une ressource exceptionnelle. Pourquoi êtes-vous venu en C.-B. ? Je suis venue pour ce rapport unique à la nature. Elle nous encercle ! Comme je suis surfeuse, accro à la voile et à la pêche, cette proximité à l’eau me change la vie. Et puis marcher 15 minutes pour aller au travail est un véritable luxe! Qu’est-ce qui vous a le plus surpris en C.-B. ? Le bonheur ambiant. Je trouve que les gens ont l’air très heureux ici à Vancouver. Les paysages aussi... À chaque fois que je roule vers Squamish, je me dis que je suis chanceuse de vivre ici.


Portrait

L’avenir dans les feuilles ... de café

JEUNES, AUDACIEUX ET IDÉALISTES… RENCONTRE AVEC DEUX CRÉATEURS D’ENTREPRISE QUI ONT OSÉ CROIRE EN LEUR IDÉE. HIND BOUGHEDAOUI

C

DE L’IDÉE DE GÉNIE AU PRODUIT FINI

’est une évidence, pour Arnaud Petitvalet et Maxime Rivest, les ingénieux fondateurs de l’entreprise Wize Monkey®, les bienfaits du café ne résident plus dans ses grains, mais bien dans ses feuilles ! Suite à une sérieuse intoxication à la caféine, en novembre 2012, Maxime décide d’en finir avec sa consommation excessive de café et se tourne vers le thé. À l’époque, le breuvage est pour lui quelque peu ringard, mais sa curiosité insatiable le pousse à lire tout ce qui y touche de près ou de loin. De fil en aiguille, ses lectures le mènent vers une étude publiée par la chercheuse Claudine Campa du CIRAD de Montpellier. Elle y dissèque les prodigieuses vertus des feuilles de café, qui peuvent être consommées en infusion ! Au comble de l’excitation, il en parle à son ami Arnaud qui, habité du même enthousiasme, embarque immédiatement. Ils décident d’en faire le sujet de leur plan de développement d’entreprise qu’ils doivent soumettre à la fin de leur Master. Un projet d’étude postsecondaire qui deviendra leur projet de vie… Une aventure qui va les mener de Bordeaux à Vancouver, en passant par Matagalpa, la « perle du nord » du Nicaragua.

Arnaud Petivallet, 25 ans, et son acolyte Maxime Rivest, 28 ans, se sont rencontrés sur les bancs de l’école de commerce KEDGE à Bordeaux, en septembre 2012. Arnaud est originaire de La Rochelle. Max, quant à lui, est né à North Vancouver, d’une mère française et d’un père québécois. Désireux de renouer avec ses origines, il jette son dévolu sur le chef-lieu de l’Aquitaine pour son école de commerce anglophone et son équipe de hockey sur glace, les Boxers de Bordeaux. Pour Arnaud, c’est sa passion pour le vin qui l’entraîne vers ce Master tourné vers l’industrie vinicole. Les camarades de classe se lient très vite d’amitié et décident de travailler ensemble sur leur projet d’étude. Six mois durant, l’infusion aux feuilles de café hantera leur quotidien, ponctué d’essais et de découvertes exaltées… Lorsque Maxime teste pour la première fois, non sans anxiété, le produit, son sang ne fait qu’un tour : « Quand je l’ai goûté, j’ai perdu la tête ! J’ai appelé mes parents, mes sœurs, tout le monde. Et j’ai eu cette certitude sur ce qu’on allait faire. » Pour couronner le tout, l’infusion ne présente aucune amertume. Au contraire ! Sa douceur surprend autant qu’elle enveloppe. D O S S I E R | VO L. 02

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Puis au début de l’été 2013, Max rentre à Vancouver, suivi de près par Arnaud, un visa touristique en poche « juste pour voir si le projet peut voir le jour sur place ». Une installation qui ne tient en rien au hasard. Selon Arnaud : « L’atmosphère générale en France est moins entrepreneuriale. Max m’a souvent dit que c’était plus dynamique à Vancouver, que tout le monde adore les nouveaux produits, surtout ceux qui sont bons pour la santé. Il est aussi assez courant que les produits à succès en Amérique du Nord finissent par arriver en Europe. Et puis le marché français est très focalisé sur le café. Il nous semblait évident de tenter l’aventure ici. » Aussitôt arrivés en terres canadiennes, les voici partis pour Matagalpa, la capitale de la production de café au Nicaragua. Armés de solides bases d’espagnol, ils vont chercher inlassablement un producteur de café susceptible de les aider à concrétiser leur idée. Par un heureux concours de circonstance, et une morsure de chien plus tard, ils rencontrent Armando Iglesias. Avec lui, ils vont développer leur première production d’infusion à base de feuilles de café ! Un produit alors inédit dans le monde.

UNE TRADITION ET DES BIENFAITS RETROUVÉS Arnaud et Max sont certes des pionniers dans cette industrie en Amérique du Nord, mais la boisson se consomme depuis longtemps dans certaines parties du monde sans être commercialisée. On la retrouve en Éthiopie sous le nom de « kuti », à Sumatra ou encore au Soudan. Arnaud ne s’en étonne pas puisque : « Les plants de café viennent originellement de ces régions. Les populations locales ont donc vécu assez longtemps à leur contact pour expérimenter avec la totalité de la plante » et constater ses propriétés. En effet, ses avantages nutritionnels vont encourager le duo qui ambitionne de créer un produit bon pour la santé, s’attirant ainsi les faveurs d’un marché qui en est friand. Quelle n’a pas été leur surprise de découvrir que les feuilles de café sont 20 % plus riches en antioxydants que celles de thé vert  – la référence en la matière avec le café – et qu’elles contiennent un composé phénolique, la mangiférine, loué pour ses propriétés anti-inflammatoires, antidiabétiques et neuroprotectives. Cerise sur le gâteau : la boisson est très pauvre en caféine, l’équivalent de 12 mg par tasse, soit autant que dans un café… décaféiné. Des bienfaits qui intéressent d’ailleurs le professeur David Kitts, de l’université de UBC, désireux d’en découvrir tous les secrets « pour mieux la comprendre, explorer la totalité de ses propriétés nutritionnelles et découvrir la manière d’extraire davantage d’antioxydants lors de la production », explique Arnaud. La recette marche et les clients locaux embarquent. Depuis le lancement de la marque, l’équipe organise deux à trois dégustations par mois un peu partout à Vancouver. Elle s’est également attirée les faveurs de consommateurs à l’international : 50 % de leurs exportations sont à destination des États-Unis, alors que 25 % se partagent entre l’Australie, 26

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le Royaume-Uni et plus de 25 autres pays aussi divers que la Birmanie, la Turquie ou encore la Lituanie.

UNE INDUSTRIE EN DEVENIR La commercialisation de cette infusion permettrait de pallier l’instabilité économique et sociale inhérente à la production des grains de café. Au Nicaragua, près de 45 000 familles dépendent de cette industrie saisonnière. Malheureusement, les plantations ne peuvent offrir que l’équivalent de quatre mois de travail à l’année (de décembre à mars), ce qui contraint les familles à la pauvreté, l’exode rural ou la séparation. En récoltant les feuilles après celle des grains – ce qui n’impacte en rien les plants –, Wize Monkey vise à offrir une activité à temps plein à 1 000 personnes. Les débuts sont prometteurs : ils ont généré plus de 1 400 heures de travail en mars 2015 pour les travailleurs de l’industrie qui auraient autrement été sans emploi. Outre sa volonté de déployer de nouveaux produits et de tester d’autres terroirs, tout en développant ses propres standards éthiques, le duo espère pouvoir générer 10 000 heures de travail mensuelles à Matagalpa ! Une initiative, aux motivations plus altruistes que mercantiles, qui s’inscrit dans la continuité de celles d’Enrique Ferrufino – le nouveau producteur de café de Wize Monkey – ou du Project Alianza, fondé par Kristin Van Busum, qui vise à soutenir les petits producteurs de café en les formant aux techniques de gestion des terres. Ainsi, en ouvrant la voie à de nouvelles pratiques et en créant un climat de bien-être social pour ces communautés victimes de leur industrie, on comprend mieux la motivation d’Arnaud et de Max qui sont : « clairement en train de créer le job de [leurs] rêves » et de ceux de milliers de personnes au Nicaragua.


C.-B. en chiffres

ON DIT SOUVENT QUE « TOUT EST PLUS GRAND DANS L’OUEST ». UN DICTON QUE VIENNENT APPUYER CES DONNÉES STATISTIQUES SUR NOTRE PROVINCE.

POPULATION

TERRITOIRE

Occupant une superficie de plus de 940 000 km2, la Colombie-Britannique est plus grande que le France et l’Allemagne réunies. En Amérique du Nord, son territoire dépasse la superficie combinée des états de Washington, de l’Oregon et de la Californie. QUÉBEC

ONTARIO

C.-B.

15.4 %

10.8 %

9.5 %

La province de Colombie-Britannique comptait plus de 4.5 millions d’habitants en 2013. La majeure partie de cette population est concentrée au sud-ouest de la province dans les villes de Vancouver (2.5 millions) et Victoria (350 000). La population des autres principales villes de Colombie-Britannique est la suivante : • Kelowna : 120 000 • Kamloops : 88 000 • Nanaimo : 86 000 • Prince George : 74 000 • Prince Rupert : 12 000 • Whistler : 10 000

CLIMAT

La Colombie-Britannique est la troisième plus importante province en termes de superficie au Canada. Elle occupe environ 9.5 % de la superficie totale du pays.

La côte de Colombie-Britannique donnant sur l’océan Pacifique s’étend sur plus de 25 000 kilomètres. On compte près de 28 000 îles marines (la plupart non habitées) au large des côtes.

14.4 % Plus de 14 % du territoire de la province est protégé sous forme de parcs provinciaux, nationaux ou autres réserves écologiques.

1/23oC -5/27oC -10/15oC Le climat de la zone côtière (où se situent Vancouver et Victoria) compte parmi les plus doux au Canada avec des étés chauds (sans canicule) et des hivers tempérés et humides (neige très peu fréquente au niveau de la mer).


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Société de développement économique de la Colombie-Britannique 220-1555, 7è avenue Ouest Vancouver, Colombie-Britannique V6J 1S1 604-732-3534 www.sdecb.com info@sdecb.com

Dossier - Volume 2, Numéro 1  

Le magazine Dossier : votre passeport pour la Colombie-Britannique

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