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V o t r e pa s s e p o r t p o u r l a C o l o m b i e - B r i ta n n i q u e

PETIT POISSON DEVIENDRA GRAND

Portrait de Daniel Pauly, biologiste marin AVENTURES EN EAU FROIDE

LA SILICON PROVINCE

Une expérience unique : le surf dans les eaux au large de l’Ile de Vancouver PROFILS

Six nouveaux arrivants répondent à nos questions

DES JEUX VIDÉOS aux applications mobiles, ça bouge dans le domaine des nouvelles technologies en colombie-britannique

SUR LA ROUTE DU SUCCÈS

Portrait de Nathalie Baudoin, PDG de la coopérative MODO

Société de développement économique de la Colombie-Britannique


Le leader du développement économique des communautés francophones et acadienne

Éco-Ouest vous aide à trouver des solutions écologiques pour votre communauté.

Le Réseau de développement économique et d’employabilité (RDÉE Canada) est le leader du développement économique des communautés francophones et acadienne au Canada. Le RDÉE Canada est fier de s’associer à Éco-Ouest dans l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan d’actions en matière de changements climatiques et de développement durable pour la ville de Coquitlam en Colombie-Britannique.

Participons ensemble à la valorisation de pratiques écoresponsables dans les communautés francophones et acadienne et plus particulièrement dans les secteurs du développement des affaires et de la main-d’œuvre ! rdee.ca Financé par le gouvernement du Canada par le biais du Fonds d'habilitation pour les communautés de langue officielle en situation minoritaire

Pour en savoir plus :

INFO@ECO-OUEST.COM


D SSIER

V o t r e p a s s e p o r t p o u r l a C o l o m b i e - B r i ta n n i q u e vo l.1 n o.1

Dans ce numéro

À lire également

PORTRAIT

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Dossier nouvelles technologies

Dans ce premier numéro de Dossier, nous explorons le secteur des nouvelles technologies en Colombie-Britannique, histoire de découvrir les nombreuses possibilités d’emploi qu’il présente. Suivez notre correspondante Émilie Laperrière alors qu’elle dresse le portrait du secteur et examine les tendances actuelles ainsi que celles à venir.

Français d’origine, le biologiste Daniel Pauly a choisi la ColombieBritannique après des séjours en Afrique et en Asie.

5 QUALITÉ DE VIE

Au-delà des emplois qui s’y trouvent, la ColombieBritannique offre une multitude d’activités de plein-air, dont le surf en eaux froides. Survêtement requis !

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4 Éditorial 12 Portrait :

RX Networks

20 Profils

24 Portrait : Nathalie Baudoin 26 La ColombieBritannique en chiffres


Votre dossier commence ici Éditeur : Société de développement économique de la Colombie-Britannique 220-1555, 7ème avenue Ouest Vancouver, Colombie-Britannique V6J 1S1 604-732-3534 www.sdecb.com dossier@sdecb.com Responsable de la publication : Joël Tremblay Commercialisation et développement des affaires : Marie-Claude Rivard Collaborateurs : Charlotte Barat Emilie Laperrière Monique Polloni Impression : Greener Print Solutions Dossier est imprimé sur papier recyclé.

Vous pouvez également consulter la version en ligne de Dossier à l’adresse : http://issuu.com/dossiermagazine Le magazine Dossier est publié par la Société de développement économique de la ColombieBritannique (SDECB) avec le soutien financier d’Emploi et Développement social Canada.

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L’Ouest canadien fait rêver : nature omniprésente dominée par de majestueux pics enneigés et la proximité de l’océan Pacifique, rythme de vie décontracté et, bien entendu, ce monde jeune où tout reste à faire. Si vous vous reconnaissez dans ce rêve, c’est à vous que s’adresse le magazine Dossier. En effet, Dossier est d’abord et avant tout destiné aux travailleurs qualifiés en provenance de pays francophones qu’une aventure dans l’Ouest canadien pourrait attirer. Dossier veut donc séduire, mais aussi informer, histoire de guider ceux et celles qui décident de tenter l’aventure et de les aider à bien préparer ... leur dossier. Ce n’est pas un hasard si ce numéro inaugural de Dossier est consacré au domaine des nouvelles technologies car ce secteur, un des plus importants

de l’économie de la ColombieBritannique en terme d’emplois, est en recherche constante de main-d’œuvre qualifiée. Nous vous invitons à lire notre reportage à ce sujet et à imaginer les possibilités qui s’offrent à vous en Colombie-Britannique. Mais, l’information ne s’arrête pas là : selon une formule que nous entendons conserver au fil des numéros, Dossier propose également de nombreux portraits et profils d’entreprises ou d’individus qui témoignent d’une immigration réussie ainsi que des articles qui illustrent l’impressionante qualité de vie qui vous attend en ColombieBritannique (le surf en eau froide, ça vous dit ?). Enfin, ne manquez pas de consulter notre section consacrée aux données statistiques afin d’en apprendre davantage sur ce nouveau monde ... à l’autre bout du monde. Bonne lecture donc, mais surtout au plaisir de vous accueillir bientôt parmi nous. Donald Cyr Directeur général, Société de développement économique de la Colombie-Britannique


Portrait

Petit poisson deviendra grand

Parcours unique pour celui qui a consacré sa vie à l’étude des mouvements migratoires marins

Monique Polloni

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aniel Pauly est un biologiste canadien d’origine française reconnu comme l’un des plus grands spécialistes mondiaux dans le domaine des ressources marines. Professeur au Centre des pêches de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) à Vancouver, il a reçu en 2005 le prix Cosmos, l’équivalent du Nobel pour la recherche en écologie. Conférencier recherché (M. Pauly a déjà participé à une conférence TED, par exemple), il donne chaque année de nombreuses allocutions où il tente de sonner l’alarme quant aux effets de la pêche industrielle sur les écosystèmes marins. En 1999, il a lancé le projet Sea Around Us, qui a pour objectif de cartographier les prises de pêche sur tous les océans et ainsi de permettre l’étude de l’impact de cette dernière sur les réserves marines. Les concepts, méthodes et logiciels que M. Pauly a co-développés, documentés dans de nombreuses publications scientifiques ou d’intérêt général, sont utilisés à travers le monde. De même, il a contribué à élaborer une base de données sur la biodiversité marine qui figure parmi les plus complètes au monde.  

photo : MARTIN DEE

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Des débuts difficiles

La vie en Colombie-Britannique

Né en France en 1946, d’une mère française et d’un soldat américain, le biologiste a vécu une enfance difficile passée en Suisse dans un foyer d’accueil. En effet, sa mère célibataire l’y avait placé dans l’espoir de lui offrir de meilleures conditions de vie. Cependant, la réalité fut toute autre alors qu’il s’est vite senti traité comme un domestique (« La maîtresse de maison me rappelait toujours que je devais être reconnaissant pour ce qu’elle me donnait »), lui qui ne rêvait que d’une vie d’enfant normale. À 17 ans, il quitte la Suisse pour l’Allemagne où il entreprend sa carrière universitaire. Il obtient son doctorat en biologie marine en 1979, une discipline qui l’attire parce qu’il souhaite d’abord et avant tout travailler dans les pays en voie de développement. C’est donc avec ce diplôme en poche qu’il part travailler en Afrique, puis en Asie, avant de s’établir au Canada en 1994 avec son épouse et ses deux enfants. Aujourd’hui, Daniel habite sur le campus de l’Université de la Colombie-Britannique et pour lui c’est le paradis : « Vancouver est un endroit particulier où chacun fait ce qu’il a à faire. Mon épouse et moi avons vécu près de vingt ans en Asie, nos enfants y ont grandi et cela nous plaît donc de se retrouver dans une ville qui est tournée sur l’Asie ». Cependant, au-delà du visage asiatique de Vancouver et de la qualité de vie qu’on y retrouve, c’est d’abord et avant tout le sentiment de s’y sentir chez lui qui a attiré, et attire encore, M. Pauly : « J’aime Vancouver. En fait, avant de devenir canadien, chaque fois que je voyageais, je rentrais au Canada et je ne me sentais pas encore à la maison; par contre, quand je revenais à Vancouver, je me sentais chez moi ».

Plutôt que d’y voir un obstacle, Daniel considère que le fait de venir s’établir en Colombie-Britannique en tant que francophone lui « donne la chance d’apprendre une autre langue. Je pense que, pour toute personne, il y a des avantages à parler deux (ou plusieurs) langues : mieux comprendre et se faire comprendre, ne pas se sentir prisonnier dans sa langue et s’ouvrir sur d’autres idées ». A son avis, cette ouverture est nécessaire quand on se retrouve dans un environnement moins familier : « De la France au Québec, par exemple, on reste toujours coincé dans la même langue et aux idées apparentées des deux cultures ». Ce n’est pas le cas en Colombie-Britannique où les différences sont suffisamment nombreuses pour mener à l’ouverture.

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« La première chose que j’ai remarquée, c’est la politesse des gens dans le bus. On sait qu’il doit en être ainsi, mais cela m’avait frappé à l’époque » Et sa nouvelle terre d’adoption a certes constitué un nouvel environnement pour Daniel, surtout après de nombreuses années passées aux Philippines : « La première chose que j’ai remarquée, c’est la politesse des gens dans le bus. On sait qu’il doit en être ainsi, mais cela m’avait frappé à l’époque ». D’un naturel aventurier, M. Pauly apprécie également le non-conformisme de la côte Ouest, « cet esprit frondeur qui s’exprime par une multitude de journaux alternatifs et une forme de contre-culture qui a donné naissance au mouvement Greenpeace, par exemple ». D


Notre dossier :

nouvelles technologies

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Notre dossier

La Silicon

Province

Emilie Laperrière

L’industrie des technologies a tout pour réussir en Colombie-Britannique : un excellent emplacement, une économie en plein essor, des crédits d’impôt avantageux et un système d’éducation qui permet de former les Steve Jobs de demain. Pas étonnant que l’industrie fasse mieux que tous les secteurs de ressources de la province combinés. 8

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Marc Seaman, le directeur national Bill Tam, le président-directeur général de des relations publiques et corporatives de BCTIA, une association sans but lucratif qui Microsoft, comprend l’attrait de Vancouver. soutient le développement et la croissance « C’est une ville excitante, multiculturelle et des sociétés du domaine de la technologie dynamique. Sa position géographique est de la province, se réjouit de voir à quel point parfaite. La région est aussi innovante. Il y le secteur va bien : « La croissance n’a jamais a tellement de choses qui s’y passent, ce été aussi forte. L’industrie des technologies n’est pas étonnant qu’elle attire plusieurs en est maintenant une de 23 milliards $ et entreprises », affirme-t-il. c’est l’une des trois plus importantes de la M. Sauriol ajoute que la conciliation Colombie-Britannique », dit-il. « Il y a plusieurs opportunités pour travail-famille n’est pas non plus un concept Même son de cloche du côté de l’organisme grandir et la possibilité de lancer nouveau dans la province, puisqu’on en parle DigiBC, qui représente les intérêts des médias son entreprise est bien là. » depuis les 15 dernières années. « L’industrie numériques et des compagnies sans-fil, en plus des effets spéciaux est particulièrement des studios de jeux vidéo, d’animation et d’effets PATRICK SAURIOL, DigiBC exigeante. En Californie, plusieurs employés spéciaux. « Certains secteurs vont mieux que sont mécontents de leurs longues heures d’autres, mais dans l’ensemble, c’est positif. Les de travail. Ici, l’équilibre est encouragé par certaines lois. Les entreprises embauchent plus qu’avant. En 2008-2009, heures supplémentaires sont, par exemple, facturées à temps c’était difficile pour tout le monde. Après la récession, les et demi, et il n’y a pas de pression pour en faire. » compagnies technos étaient plus prudentes. Maintenant, elles embauchent, s’agrandissent, ouvrent un nouveau bureau dans une autre région… Bref, la confiance revient », estime Patrick Bien ancrée dans l’histoire Sauriol, son directeur général. L’industrie a timidement pris son envol à la fin des années 1960. MacDonald, Dettwiler and Associates (MDA Des conditions gagnantes Corporation), qui a pris beaucoup d’expansion au fil des ans, a été l’une des premières entreprises à voir le jour. L’avènement Plusieurs raisons expliquent la vitalité de l’industrie de compagnies comme MPR Teltech ou ACCPAC dans en Colombie-Britannique. « D’abord, le mode de vie est les années 1970 a permis à la Colombie-Britannique de attirant », croit Patrick Sauriol. « C’est l’hiver en ce moment développer le secteur du logiciel et du matériel informatique, et c’est un peu frais, mais on est loin du froid de Montréal. en plus de bâtir l’industrie du sans-fil qui existe encore Les salaires en technologie sont aussi vraiment plus élevés aujourd’hui. que la moyenne, à environ 70 000 ou 80 000 $. Il y a « Depuis ses débuts, l’industrie a grandi et compte plusieurs opportunités pour grandir et la possibilité de lancer maintenant plus de 9 000 compagnies. Au moment où BCTIA son entreprise est bien là. Même le fuseau horaire nous a été fondée, en 1993, la technologie était plus modeste », se avantage ! La proximité du marché américain, notamment de rappelle Bill Tam. « On ne comptait que 30 000 travailleurs Seattle et de la Silicon Valley, est vue comme un point positif. à l’époque, et l’industrie n’avait que 4 milliards $ de revenus. Les Asiatiques qui veulent s’ouvrir au marché canadien Elle emploie maintenant 84 000 personnes. Dans les 10 ou viennent aussi ici, parce que c’est plus proche. » 20 dernières années, l’industrie a fait des bonds de géant. » À travers les années fastes de la bulle technologique jusqu’en 2009, l’industrie de la technologie a su s’adapter et grandir. Même avec les fluctuations économiques, la technologie a continué à être l’un des secteurs les plus résilients de la province. Durant cette période, c’est d’ailleurs l’industrie qui a connu la plus forte croissance sur le plan du PIB.

Pas seulement à Vancouver Vancouver, parfois surnommée la Silicon Valley du Nord, regroupe le plus grand nombre d’entreprises technologiques. Facebook, Electronic Arts (EA) et Sony Pictures font partie des géants qui y ont établi des bureaux. Dans Vancouver même, des grappes d’entreprises se sont formées. Dans le quartier Mount Pleasant, des compagnies de plus petite taille ont par exemple poussé autour de Hootsuite.

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Mais la ville des Canucks n’a pas l’apanage de la technologie : Les choses bougent aussi à Victoria. Il y a cinq ans, on recensait deux studios de jeu. Aujourd’hui, il y en a 19. Le logiciel propulse le secteur techno de la ville. Il est utilisé dans presque tous les produits commercialisés par les quelques 800 compagnies qui y sont installées. Comme Victoria est sur une île, de nombreuses entreprises de technologie verte travaillent sur des outils pour comprendre, surveiller et protéger les environnements marins.

Outre Vancouver, la région de Victoria, la capitale de la ColombieBritannique, connaît également une forte croissance de l’activité dans le secteur des technologies, grâce notamment aux studios de jeu.

Kelowna tire également son épingle du jeu, que ce soit avec le logiciel ou le marketing numérique. Des entreprises en technologie verte voient le jour là aussi. Des grappes d’entreprises émergent de plus à Burnaby ou Richmond, et pas nécessairement dans des parcs technologiques, comme c’était le cas il y a une dizaine d’années. « Une cartographie rapide des entreprises de technologie dans la province démontre que les jeunes entreprises sont presque aussi susceptibles de voir le jour dans l’Est et le Nord de la Colombie-Britannique qu’ils le sont sur l’île de Vancouver. Des applications mobiles aux technologies propres en passant par les médias numériques, les compagnies s’étendent de Victoria à Prince Rupert, et de Vancouver à Cranbrook », constate Bill Tam. BCTIA recense environ 4,3 entreprises technologiques par millier de travailleurs sur le territoire du Grand Vancouver (Lower Mainland). Dans la région de Thompson Okanagan, on retrouve 2,9 entreprises de haute technologie par millier de travailleurs. Les régions de Kootenay et Cariboo en comptent respectivement 2,8 et 2,1. 10

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Du nouveau en 2015 L’industrie poursuivra sur sa lancée cette année puisque de nombreux projets verront le jour. Sony Pictures Imageworks, qui a notamment fait l’animation du film des Schtroumpfs, déménage son siège social (actuellement basé à Culpert City, en Californie) à Vancouver. 1 200 postes s’ouvriront. Des jeux sont aussi en préparation chez Microsoft. « Un des gros jeux vidéo à venir, Gears of War, est développé à Vancouver. Cela démontre un retour de la confiance des grandes entreprises », croit Patrick Sauriol. Ce n’est pas le seul projet que la compagnie a dans ses cartons pour 2015 ; elle ouvrira également un centre d’excellence à Vancouver. « Notre nouveau complexe ouvrira ses portes à l’automne », confirme Marc Seaman. « D’ici là, on embauchera 400 nouveaux employés, principalement des programmeurs et des finissants en informatique. Les 300 autres employés qui travaillent actuellement à Richmond seront aussi rapatriés au centre-ville. » 90 millions $ seront investis dans le studio de 13 285 mètres carrés. Hootsuite, qui, comme le mentionne Patrick Sauriol, a été fantastique pour la visibilité de Vancouver, a également des plans cette année. « L’entreprise est une belle réussite. Elle est passée d’une compagnie comptant une poignée de personnes à plus de 700 employés. Elle a en plus embauché plusieurs travailleurs l’année dernière et elle ouvrira un nouveau bureau bientôt », dit-il. Bill Tam constate que certaines compagnies ont réussi à se démarquer et vont très bien en ce moment. « C’est le cas d’Avigilon, une compagnie basée à Vancouver qui conçoit, produit et met en marché de l’équipement et des logiciels de surveillance vidéo pour des événements d’envergure et des aéroports. Build Direct et Vision Critical sont d’autres entreprises qui réussissent exceptionnellement bien et qui emploient des centaines de personnes en ColombieBritannique. Ce sont eux qui mènent la nouvelle vague », dit-il.

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Les cinq secteurs clés de l’industrie en ColombieBritannique sont les suivants : 1 communications et technologies

de l’information 2 médias numériques et sans-fil 3 santé et sciences de la vie 4 technologies vertes 5 ingénierie et autres services


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84 000

La Colombie-Britannique compte 9 000 entreprises technos, dont 90 % concentrent leurs énergies sur le secteur des services. Ces entreprises sont, pour la plupart, de petite taille.

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L’industrie des technologies embauche plus de 84 000 professionnels. C’est plus d’employés qu’en comptent les secteurs de la foresterie, des mines, du pétrole et du gaz combinés.

22 000

Depuis 2002, 22 000 nouveaux employés sont venus grossir les rangs de la technologie, ce qui a fait presque doubler le secteur. Cette augmentation est 30 % plus importante que celle de la province.

L’industrie engrange des revenus de 23 milliards $ par année.

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Le PIB du secteur des technologies est de 15 milliards $. Il grandit deux fois plus rapidement que celui de la ColombieBritannique.

Le salaire moyen dans l’industrie est de 75 000 $. C’est 60 % plus élevé que le salaire moyen en Colombie-Britannique.

7,6

Les technologies sont la troisième industrie en importance en ColombieBritannique. Elle est responsable de 7,6 % du PIB de l’ensemble de la province.

348

En 2013, plus d’un milliard $ a été investi dans les entreprises technos britanno-colombiennes. Le capital de risque a de son côté atteint 348 millions $.

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3 milliards $ ont été investis dans la recherche et le développement en 2014. Chaque année, environ 165 brevets sont enregistrés.

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Les exportations du secteur ont augmenté de 10,5 % en 2012, à 994 millions $, ce qui classe les technologies au troisième rang pour les exportations. v o l . 01

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bien positionnée pour l’avenir Pour retrouver son chemin sur Google Maps, permettre aux services d’urgence de localiser quelqu’un ou simplement montrer à ses amis Facebook que l’on est dans le nouveau café en vogue, la géolocalisation est partout. Et RX Networks s’est donné pour mission de rendre le service le plus précis et rapide possible.

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Emilie Laperrière

uylain Roy-Machabée n’est pas un nouveau venu dans l’univers de la technologie. Il roule sa bosse dans le milieu depuis plus de 20 ans. Avant de fonder RX Networks, il a été à l’emploi de grandes firmes, comme Nortel et Ericsson, tant à Montréal que Toronto. « Au fil des ans, j’ai touché à plusieurs composantes de la géolocalisation, comme les premières versions de GPS. C’était très préliminaire à ce moment-là, mais ça laissait présager que le positionnement mobile allait devenir quelque chose d’important. J’ai aussi assisté à l’émergence des téléphones intelligents, des réseaux mobiles et des systèmes d’exploitation mobile », se souvient le PDG. Il y a une dizaine d’années, il a vu une opportunité à saisir. « À ce moment-là, les fabricants de téléphones ont ajouté à leurs appareils ce qu’on appelait le GPS assisté. Celui-ci a permis de réduire la consommation de la pile et d’afficher un point sur une carte en quelques secondes seulement au lieu d’une minute ou plus comme c’était le cas auparavant. Mais ces techniques étaient très fragmentées. Chaque manufacturier avait sa propre version. Il y avait un gros problème d’intégration et de convergence », explique M. Roy-Machabée. Épaulé par un collègue avec lequel il travaillait depuis 10 ans, l’ingénieur a donc décidé de mettre sur pied RX Networks avec le projet d’uniformiser les services. « Ça a été tout un défi d’aller voir des boîtes relativement fermées et de les convaincre de nous ouvrir leurs portes », se rappelle-t-il.

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Un milliard de mobiles connectés

« Un rythme palpable »

La French touch

Les services qu’offre RX Networks sont pointus et complexes : par le biais des satellites, des GPS ou par d’autres formes de positionnement basés sur les points de référence Wi-Fi ou des tours de transmission cellulaire, la firme privée établit la position des téléphones intelligents, du GPS de votre voiture ou d’appareils électroniques spécialisés utilisés par les entreprises (M2M, pour machine to machine). Les gens l’ignorent, mais pour des services d’urgence comme le 911 ou simplement pour géolocaliser un message sur Facebook, RX Networks travaille dans l’ombre. Et le résultat est impressionnant. Aujourd’hui, au-delà d’un milliard de mobiles se connectent à leurs services chaque jour. La compagnie offre en outre une garantie de service de 99,999 %, ce qui veut dire qu’elle ne peut pas avoir un bris de service de plus de cinq minutes par année. « Pour une petite compagnie de 27 employés (ils n’étaient que trois au départ), savoir que la plupart des téléphones cellulaires du monde dépendent un peu de ce que l’on fait, c’est pas mal  ! », lance M. Roy-Machabée avec fierté. La majorité des employés est d’ailleurs fidèle à RX Networks depuis des années. Certains sont même là depuis le début. Parce que l’entreprise offre un service bien particulier, les employés de RX Networks forment un groupe très technique. « Quelques personnes possèdent un doctorat et plusieurs ont une maîtrise en génie. Nous avons un bon nombre d’ingénieurs et beaucoup ont de l’expérience en gestion de réseaux. On a aussi une petite équipe en vente et marketing. » Les principaux clients de RX Networks sont quant à eux des compagnies qui fabriquent des puces GPS et Wi-Fi, ainsi que des manufacturiers de mobiles. « Nous travaillons aussi avec des opérateurs de réseaux et des vendeurs d’équipement. Des géants comme Qualcomm ou Ericsson font appel à nous », souligne l’entrepreneur.

Depuis 1992, Vancouver est la terre d’adoption de Guylain Roy-Machabée. Pourquoi ce Québécois d’origine a-t-il choisi d’établir sa compagnie à l’autre bout du pays  ? « Pour plusieurs raisons », répond-il en souriant. « À l’époque, j’ai suivi mon épouse, qui est aussi ingénieure, et qui avait obtenu un emploi à Vancouver. On avait découvert la ville quelques années auparavant. Nous étions venus faire du ski, comme bien des gens, et on s’était dit voilà, c’est l’endroit qu’on aimerait explorer plus. Depuis ce temps, on habite sur notre voilier. C’est génial ici », s’enthousiasme celui qui se décrit sur LinkedIn comme un entrepreneur, un gestionnaire et… un marin. Un attrait de la Colombie-Britannique qu’il affectionne aussi particulièrement, c’est l’absence de géants classiques de la techno, comme on retrouve à San Francisco ou à Raleigh, où les grands fabricants se rassemblent. « Ça stimule une industrie où les compagnies sont plus petites, mais aussi beaucoup plus agiles et innovatrices. Ça a été démontré au fil des ans : que ce soit concernant les réseaux sans fil, les téléphones intelligents ou les médias, il y a vraiment un rythme palpable à Vancouver. On n’a jamais eu de difficulté à trouver du talent pour nos activités, bien que la vie y soit plus dispendieuse qu’ailleurs », constate-t-il. L’envers de la médaille, et ce qui demeure un défi pour Vancouver selon lui, c’est de trouver du financement. « Nous avons été chanceux d’avoir un bon point de départ ici, mais ça reste difficile comparativement à la Californie ou à la côte Est américaine, par exemple », remarque-t-il. Le PDG de RX Networks est lui aussi d’accord pour dire que la culture entrepreneuriale est forte dans la province. « Ça m’épate toujours lorsque je participe à des activités de la BCTIA ou de WaveFront et que je rencontre d’autres petites firmes. C’est assez incroyable que tout ça existe dans notre patelin. Il y a beaucoup, beaucoup de possibilités. C’est stimulant. »

Même si les affaires se passent en anglais chez RX Networks, Guylain étant le seul francophone de l’entreprise, ce dernier croit que la maîtrise de la langue de Molière est un atout. « Même si l’anglais demeure la langue internationale pour les ententes commerciales, je me retrouve plus souvent au cœur des discussions grâce à ma langue maternelle. » Actuellement en pourparlers avec l’Europe, qui veut déployer sa propre version du système GPS, le BritannoColombien d’adoption est convaincu que parler français l’avantage. « Je crois qu’il y a une certaine attitude qui vient avec le fait d’être francophone hors-Québec. En venant ici, j’ai acquis une ouverture aux autres cultures et à d’autres façons de communiquer. Je comprends que les gens autour de la table arrivent avec une perception et des contraintes qui leur sont propres. »

Planifier la croissance Guylain Roy-Machabée est bien au fait des principaux défis à venir. « Une firme comme la nôtre peut continuer à croître de façon organique, sauf que si l’on veut dépasser les 10, 20 millions $ ou plus en revenus, d’autres éléments de croissance doivent s’ajouter à ça », croit-il. En regardant en arrière, l’entrepreneur constate à quel point le contraste est grand entre son rôle au départ et celui d’aujourd’hui. « Lorsqu’on a démarré l’entreprise, je m’impliquais beaucoup. En riant, ma femme me disait que si j’étais pour revenir encore à trois heures du matin, il valait mieux que je reste au bureau. Je ne fais plus ça maintenant  ! Mon équipe est très robuste. Au fil des ans, on a appris à se comprendre, et je fais plus de la coordination. Je mise sur le respect, et on pousse tous la même direction, même si on le fait de manière différente. » Si les défis demeurent nombreux pour RX Networks, pas de doute que la « petite firme de Vancouver » a fait du chemin depuis ses débuts. D

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... Suite page 10 Les petites compagnies bougent quant à elles plus vite et elles sont en mode recrutement depuis les douze à dix-huit derniers mois. Soul Media a par exemple embauché 80 personnes. Global Relay, une entreprise de Gastown qui fournit des solutions d’archivage de courriels et de messagerie instantanée à des compagnies financières, croît aussi rapidement. De grands noms de la techno, comme Amazon et Alibaba, songent en outre à établir une antenne dans la province dans un avenir rapproché. « Si ça se réalise, ça créera de la compétition entre les firmes, et les conditions de travail risquent d’augmenter », estime Patrick Sauriol.

La part belle aux entrepreneurs L’industrie des technologies en Colombie-Britannique se démarque surtout par un fait important : la vitalité de sa culture entrepreneuriale. Tous les acteurs du secteur avec qui nous avons discuté s’entendent là-dessus. Patrick Sauriol est convaincu qu’une des grandes forces de l’industrie est le soutien accordé aux entreprises en démarrage. « Il y a toute une communauté qui partage ses idées et s’entraide. Quelques exemples me viennent en tête spontanément, comme Launch Academy, qui est un incubateur d’entreprises. Hootsuite a de son côté lancé son propre programme appelé The next big thing, qui aide 10 compagnies technos en démarrage à travers le Canada à se lancer en affaires. Grow Conference épaule également les entreprises naissantes. » Des événements sont organisés chaque mois pour les entrepreneurs. « Si vous avez une idée d’entreprise en impression 3D ou en réalité virtuelle, vous allez trouver une communauté spécifique pour vous aider à la réaliser », remarque M. Sauriol.

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En novembre s’est notamment tenue la « Startup Week Vancouver », une série de plus de 35 événements pour célébrer les entreprises en démarrage de la ville. La semaine s’est conclue avec une nouvelle qui a fait plaisir au milieu : le ministère fédéral de l’Industrie injectera plus de 31 millions $ dans les accélérateurs d’entreprises et les incubateurs, afin de dynamiser encore davantage ce secteur. Depuis quatre ans, BCTIA met aussi l’épaule à la roue. L’association a mis sur pied un programme conçu par et pour la communauté techno. Ce programme offre de l’accompagnement, du mentorat, des ateliers, de même que l’accès à des gens d’affaires et des investisseurs, tout ça dans l’idée de développer la prochaine vague d’entreprises qui s’implantera en Colombie-Britannique. Depuis que le programme a été instauré, l’organisme a soutenu environ 500 entreprises. « Nous venons aussi d’inaugurer un incubateur d’entreprises à Vancouver, un local de 2 415 mètres carrés où nous pourrons recevoir de 15 à 25 compagnies qui pourront grandir ici et avoir accès à de l’aide », souligne Bill Tam. On retrouve également en Colombie-Britannique plusieurs « anges financiers », des mécènes qui supportent la naissance et la croissance des jeunes entreprises. Un crédit d’impôt encourage d’ailleurs ces investissements.

Le jeu vidéo se maintient L’industrie du jeu vidéo de Vancouver se classe troisième au Canada, derrière Montréal et Toronto. Même si elle n’est pas en plein essor, elle est dans une position relativement stable. Les 67 studios de jeux vidéo que compte la ColombieBritannique ont une durée de vie moyenne de neuf ans selon DigiBC, alors que les salaires annuels moyens des quelques 5 000 travailleurs de l’industrie atteignent les 80 000 $.


L’industrie des jeux, malgré son côté « ludique », est devenue au fil des ans une industrie énorme que les investisseurs prennent désormais très au sérieux.

Des institutions telles que le Centre for Digital Media et la Vancouver Film School forment des centaines d’étudiants par année. Plusieurs diplômés amorceront leur carrière en travaillant pour des géants comme Electronic Arts avant de mettre sur pied leur propre studio, et d’embaucher à leur tour des finissants. Même si l’écosystème est stable, sa survie dépend en grande partie du gouvernement. L’industrie a d’ailleurs poussé un soupir de soulagement lorsque le crédit d’impôt pour les médias numériques interactifs a été reconduit jusqu’en 2018. Le remboursement de 17,5 cents sur les salaires des designers et des développeurs de jeux a été introduit en 2010, et beaucoup disent qu’il a contribué à sauver des milliers d’emplois au cours des cinq dernières années. Un avis partagé par Colin Macrae, directeurs des communications de EA. « Le crédit d’impôt, similaire à celui du Québec, a permis de stabiliser l’industrie », dit-il. Les prochaines années s’annoncent d’ailleurs bien pour EA, qui emploie 1 300 personnes en Colombie-Britannique. « Des éléments jouent en notre faveur », constate Colin Macrae. « Nos produits connaissent du succès, en particulier le jeu FIFA conçu à Vancouver, qui est l’une des plus grandes franchises du monde et qui croît chaque année. » Ce dernier n’est pas peu fier du campus de son entreprise à Vancouver, le plus grand du genre dans le monde, qu’il voit comme l’un des bureaux les plus cool de la planète où travailler. EA engage constamment. « Avant, on se tournait vers le secteur du jeu vidéo en se disant qu’on s’amuserait pendant quelques années avant de se trouver un vrai emploi. Ce n’est plus le

cas aujourd’hui. Le jeu vidéo est devenu une industrie énorme que l’on prend au sérieux. Nous comptons un nombre grandissant de gens d’expérience. Nous avons presque en tout temps une cinquantaine de postes à combler, surtout en ce qui concerne le côté technique des jeux, en génie et en informatique. De plus en plus, des spécialistes des jeux en ligne sont embauchés », précise Colin Macrae. De nouveaux professionnels seront recherchés, puisque les entreprises de jeux vidéo se tournent de plus en plus vers les jeux mobiles. « Ils auront notamment besoin d’experts en monétisation, pour rendre les jeux attirants et donner envie aux gens de jouer longtemps », illustre le directeur de DigiBC. Les effets spéciaux et le design de jeux auront également besoin de maind’œuvre dans les années à venir, en raison du grand nombre de compagnies qui sont reconnues dans le domaine en ColombieBritannique. « On développe ce secteur depuis une vingtaine d’années. Des productions sont venues des États-Unis et des unités de postproduction se sont installées ici. Notre réputation est établie et ça attire les gros studios américains. Les plus petits noms aussi », explique Patrick Sauriol. D’autres entreprises d’effets spéciaux jonglent avec l’idée d’ouvrir un bureau dans la province. Ce n’est peut-être pas étranger au fait que le tiers des effets spéciaux du prochain film Star Wars devrait être réalisé à Vancouver.

Les TIC et le sans-fil vont bien La Colombie-Britannique héberge plus de 6 000 entreprises œuvrant dans

les technologies de l’information et de la communication (TIC). C’est aussi le berceau de plus de 1 200 compagnies du secteur du sans-fil, qui occupent presque tous les créneaux, de l’infrastructure aux logiciels d’exploitation ou à la fabrication. Les services par abonnement, les applications mobiles et les solutions de voix sur IP (VoIP) sont les points forts de ces compagnies spécialisées. Le secteur génère des revenus annuels de plus d’un milliard de dollars. TELUS est un grand joueur dans la province. C’est d’ailleurs le plus important employeur privé, avec environ 8 000 employés. L’an dernier, Insight West, en collaboration avec l’organisme Business in Vancouver et le Miles Employment Group, a sondé 2 630 Britanno-colombiens en leur demandant quels seraient leurs trois employeurs de rêve. TELUS est arrivé en tête de lice. Josh Blair, chef des affaires de l’entreprise et vice-président à la direction, TELUS Santé et Solutions de paiement et TELUS International, est confiant pour l’avenir. « De nombreux secteurs vont continuer de grandir, comme le sans-fil ou la télé optique qui dépassera bientôt le million d’utilisateurs en ColombieBritannique, en Alberta et dans l’Est du Québec. Le secteur de la santé va bien aussi. Un nombre grandissant de médecins utilisent nos dossiers électroniques et nous travaillons également sur des moniteurs pour la maison. » Le géant de l’Ouest embauchera des centaines de nouveaux employés en 2015, comme c’est le cas chaque année. Tous les départements auront besoin de sang neuf, que ce soit en service à la clientèle, en marketing, en génie ou en administration. « Pour attirer d o s s i e r | v o l . 01

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de nouveaux talents, nous avons mis sur pied le programme Workstyle, qui fournit aux employés les outils pour travailler de la maison à temps plein ou à temps partiel, selon leurs désirs », explique Josh Blair. « Nous mettons également l’accent sur le développement des carrières de nos travailleurs. Chaque employé a un plan pour réussir dans son travail et grandir au sein de l’entreprise. » Si TELUS domine ce secteur, il n’est pas le seul. Sierra Wireless est de son côté devenu le leader mondial de la prochaine génération de communications sans fil, les communications de machine à machine. Les logiciels conçus par les entreprises de la province continuent de leur côté à dynamiser l’industrie des technologies. « Ce secteur va bien depuis longtemps, en partie grâce à des compagnies comme Crystal Decisions (faisant maintenant partie de SAP) qui ont du succès », estime Bill Tam. « L’entreprise Gemcom de Vancouver continue quant à elle de régner comme le principal fournisseur de logiciels pour l’industrie minière mondiale. » En plus de Microsoft, le secteur compte notamment Sage, une entreprise britannique produisant un logiciel comptable qui a pignon sur rue à Richmond, où elle emploie près de 400 personnes.

De la place pour les femmes La place des femmes en technologie est un enjeu en Colombie-Britannique et l’industrie est de plus en plus consciente de cette réalité. « Les femmes ne sont pas assez nombreuses dans notre industrie, comme c’est le cas partout en Amérique du Nord », soutient Patrick Sauriol. « Il n’y a pas de mandat ou de mesures incitatives officiels, mais il y a 16

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des conférences et des discussions sur le sujet. Des femmes PDG se posent en exemple de la gent féminine en technologie. Deux sœurs jumelles sont par exemple à la tête d’Allocadia, une jeune entreprise très dynamique qui œuvre dans le logiciel d’automatisation du marketing. Elles ont commencé dans un sous-sol et sont maintenant rendues au centre-ville de Vancouver avec plus de 120 employés  ! Elles participent à des conférences pour expliquer en quoi leur compagnie est intéressante, mais surtout pour partager leur expérience comme patronnes. » « Il n’y a pas d’aide à proprement parler pour inciter les femmes à choisir une carrière en technologie, mais nous avons vu un grand nombre d’entrepreneures émerger dans les dernières années. Récemment, nous avons d’ailleurs organisé un événement pour célébrer les 50 meilleures entrepreneures de Vancouver. C’est déjà une grande évolution », croit quant à lui Bill Tam. Des événements comme Girls Learning Code encouragent les femmes à choisir une carrière en techno, que ce soit en programmation, en effets visuels ou en 3D. « Elles peuvent faire n’importe quoi si elles le veulent », assure Patrick Sauriol. « La porte leur est grande ouverte. »

Dénicher les talents de demain Malgré la vitalité de l’industrie, les spécialistes chevronnés se font rares. « L’industrie est jeune et les employés aussi. Des postes de cadres supérieurs devront être remplis, au fur et à mesure que les compagnies prennent de l’expansion et que des niches se

développent. Des personnes qui ont de l’expérience, qui sont des leaders et peuvent mener une équipe seront recherchées dans les deux prochaines années », estime Patrick Sauriol. Les compagnies ont de la difficulté à embaucher localement, surtout en raison du manque d’étudiants dans les domaines clés — l’ingénierie, les sciences et le marketing — ce qui n’est pas le cas dans d’autres provinces du Canada. Ce qui explique la présence de sociétés comme EA dans les écoles : « Parce que nous sommes établis ici depuis longtemps, nos partenariats avec les universités sont forts, tant au baccalauréat qu’aux cycles supérieurs, ce qui nous permet de recruter les talents d’ici », explique Colin Macrae.

Des obstacles à surmonter En plus d’accroître le nombre de talents et de grandes compagnies, la Colombie-Britannique devra trouver le moyen d’augmenter les fonds de capital de risque si elle veut continuer à bien performer. C’est en tout cas ce que conclut le rapport sur l’industrie de la technologie réalisé en 2014 par la firme KPMG, en collaboration avec l’organisme BCTIA. C’est un moment critique pour l’industrie de la technologie en ColombieBritannique, selon Bill Tam. « La route vers la réussite est pavée d’obstacles. Elle nécessite des investissements stratégiques qui appuient la vision d’une économie dynamique et diversifiée. Nous sommes sur le point de créer des opportunités et des emplois pour les générations à venir, si seulement nous pouvons relever les défis à portée de main et continuer à croître. » D


Qualité de vie

Tofino Aventures en eau froide Monique Polloni

Il y manque peut-être quelques palmiers et l’eau y est plus froide, mais la région de Tofino, sur la côte Ouest de l’île de Vancouver, n’en possède pas moins tout l’exotisme des autres îles du Pacifique. En effet, située au cœur d’une riche forêt pluviale et bordée de kilomètres de sable blanc, Tofino a des allures de station balnéaire sauvage, baleines en prime. photo : JEREMY KORESKI Courtoisie de tourism tofino

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Parmi la myriade d’activités sportives qu’on peut y pratiquer, peu sont en mesure de rivaliser avec le surf en eau froide, tant en ce qui a trait à l’exotisme de la chose que l’intensité de l’expérience (le port du survêtement y est nécessaire. Frileux s’abstenir !).

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photo : KYler Vos Courtoisie de tourism tofino/ queen of the peak

La vague du surf à Tofino Le surf est devenu populaire dans les années 60. À l’été 1968, une petite école de surf voyait le jour, initiant ses premiers élèves et attirant pour la première fois des surfeurs en provenance de l’île de Vancouver et de la région de Vancouver. Aujourd’hui, Tofino est reconnue comme la « Capitale du surf » au Canada. Elle a d’ailleurs été votée « Meilleure ville de surf en Amérique du Nord » en 2010 par Surfer Magazine. De fait, les adeptes du surf viennent du monde entier pour tenter de conquérir ses vagues. Mais pourquoi choisir une destination où la température de l’eau n’excède jamais 15 degrés, plutôt que de profiter des eaux plus chaudes d’Hawaii, de la Californie ou de l’Indonésie ? Selon Charles McDiarmid, directeur général de l’hôtel Wickaninnish Inn et adepte du sport, pratiquer le surf dans les eaux froides de Clayoquot Sound, même en hiver, n’est pas un problème car, grâce à la technologie moderne, les combinaisons isothermiques permettent de surfer en tout confort. Ayant grandi à Tofino, Charles s’est initié à ce sport à un très jeune âge. Il se souvient des combinaisons d’hiver d’alors, tellement épaisses et encombrantes que les porter était un sport en soi ! Il ajoute que si le surf est si populaire à Tofino aujourd’hui, c’est qu’il est possible d’y surfer à l’année, quelles que soient les conditions et les humeurs de dame nature, et que l’accès aux plages est facile. Par ailleurs, la diversité des plages et leur niveau de difficulté permet aux surfeurs débutants, tout comme aux experts, de choisir l’endroit idéal et d’y vivre une expérience unique.  18

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La popularité du surf est confirmée par le Québécois Marc Fournier, arrivé à Vancouver en 1986. Dès son arrivée dans l’Ouest, il s’est initié aux joies du surf. Pendant de nombreuses années, Marc, son épouse et leur deux fils ont passé leurs vacances d’été sur une planche à Tofino, et ce, même lorsque ses enfants étaient en bas âge. Il se rappelle ces étés de camping sauvage dans le Parc National Pacific Rim, en pleine forêt, l’air chargé d’embrun ... sans eau chaude. « C’était la nature qui dominait. On enseignait aux garçons à se débrouiller, à couper du bois avec une hache, à faire un feu et à pêcher des crabes. C’était la liberté, la vie de nomade, le plaisir de jouer dans un immense terrain de jeu, dans un gigantesque carré de sable », dit-il. Évidemment, le surf était une activité quotidienne, beau temps, mauvais temps ». Il ajoute : « Tofino, ce n’est pas les tropiques, c’est se frapper contre les éléments, faire face aux humeurs du temps; c’est une leçon d’humilité. Et si le village a évolué au cours des années et que des restaurants et des hôtels chic y ont ouvert leurs portes, Tofino demeure un lieu rustique car, après tout, ce qu’on y vend, c’est la nature ! ». Aujourd’hui, la moyenne d’âge des mordus du surf à Tofino est de 34 ans. Beaucoup ont choisi de s’y installer, ils ont des emplois à plein temps et ils consacrent leurs temps libres à maîtriser les vagues, perchés sur leurs planches, avant ou après leur journée de travail. Mais ce sport n’est pas réservé qu’aux jeunes et il n’est pas rare de voir des têtes grisonnantes sillonner les vagues du Pacifique. Preuve qu’il n’est jamais trop tard pour tenter l’expérience !


Jeter l’ancre à Tofino ? Le village de Tofino compte aujourd’hui environ 1 850 résidents permanents, venus s’installer pour la plupart par vagues successives : après les Premières Nations, quelques courageux pionniers arrivèrent par la mer au tournant du siècle. Une fois les routes construites, ce fut au tour des industries du bois, de la pêche et des mines d’attirer une nouvelle vague de travailleurs. Vinrent ensuite les hippies et les draft dodgers (des Américains ayant fui la guerre du Vietnam), qui s’y installèrent dans les années 1960. Dans les années 1980 et 1990, les environnementalistes vinrent protester contre la coupe à blanc et certains d’entre eux s’installèrent dans la région par la suite. Aujourd’hui, la communauté de Tofino est jeune, diversifiée, instruite et plutôt laid-back (une caractéristique de la Côte Ouest). Sans doute que la présence de grands arbres centenaires, l’air frais et salin de Clayoquot Sound, et la beauté de la nature sauvage y est pour quelque chose.  Il faut dire qu’à Tofino, chaque saison a son charme. De mars à octobre, l’observation des baleines attire son lot de visiteurs. À ce propos, le magazine National Geographic nommait récemment Tofino « Meilleure destination printemps pour 2015 ». 

Chaque année, les baleines grises migrent du Mexique vers l’Alaska. On peut aussi observer les baleines à bosse et les orques vivant à l’année dans la région. Jamie Bray a été le premier à proposer des sorties en mer pour l’observation de ces gros mammifères marins. C’était en 1982. Il venait de quitter Vancouver pour s’installer à Tofino avec son bateau de pêche. Lors de ses sorties quotidiennes sur le Pacifique, il apercevait des baleines. Jamie eût alors l’idée d’offrir des excursions en mer et annonça cette nouvelle activité en posant des affiches. La première excursion n’attira que quatre passagers. Aujourd’hui, il possède neuf bateaux et embauche une quarantaine d’employés. Lorsque ses guides emmènent les visiteurs en excursion, leur enthousiasme est contagieux. À la vue d’une baleine, ils sont toujours émerveillés, comme si c’était la première fois!  À l’instar de Jamie Bray, Jeff Mikus a décidé de quitter Vancouver et de s’installer à Tofino, avec son bateau de pêche. Aujourd’hui, il part en mer pendant plusieurs jours pour rapporter du poisson frais aux restaurateurs de la région. Si vous ne le trouvez pas sur son bateau, vous l’apercevrez dans la cuisine de son restaurant, à parer le saumon ou la morue qu’il vous servira ensuite en Fish and chips ou en tacos. Lorsque Jeff parle de pêche et de son choix de vie, la passion s’entend dans sa voix.  L’hiver est aussi devenu une saison de choix pour visiter Tofino car les tempêtes hivernales offrent un spectacle unique, à couper le souffle, lorsque le vent se lève et balaie la mer de ses bourrasques, soulevant ainsi d’énormes vagues déchaînées qui viennent se fracasser sur le rivage et les rochers. On s’installe alors bien confortablement à l’intérieur d’un hôtel ou d’un gîte, ou encore carrément sur la plage dans un abri, et on assiste à ce déferlement de vagues violentes qui font le bonheur des amateurs de sensations fortes.    Tofino n’a peut-être pas le climat des tropiques mais il se trouve assez d’avantages à découvrir ce lieu mythique en échange de quelques degrés de moins. D    Merci à Charles McDiarmid, directeur général du Wickaninnish Inn, et à son équipe, pour leur accueil chaleureux.

Pour les renseignements sur le surf www. tofino-bc.com/surfing-surf-lessons.php Pour les forfaits d’observation de tempêtes d’hiver www.wickinn.com

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Pour les excursions d’observation des baleines www.jamies.com dossier

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Nathalie Ristord

PROPOS ET PHOTOS RECUEILLIS PAR CHARLOTTE BARAT

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Anne Daroussin

Marc Beaujeau Weppenaar

Anne Daroussin

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Découvrez avec nous le parcours de quelques-uns des nouveaux arrivants qui ont décidé de venir s’établir en Colombie-Britannique.

« Des paysages à couper le souffle. Une évolution professionnelle rapide en travaillant dur. » Ce sont les mots d’Anne qui a quitté la France en 2011 pour Vancouver, sans regrets !

D’où venez-vous ? Je suis originaire d’Orléans en France.

Quel est votre parcours académique ? Après un bac en sciences économiques et sociales, j’ai commencé par un an en faculté Arts du Spectacle, option Théatre, à Paris. Puis, je suis entrée à l’Institut universitaire professionnalisé administration des institutions culturelles à Arles où j’y ai obtenu un DEUG (diplôme correspondant à 2 ans d’université). Enfin, j’ai accompli une formation de libraire à l’Institut national de formation des libraires. En 2 ans, j’ai obtenu mon Brevet Professionnel.

Quel est votre parcours professionel ? Après avoir travaillé comme libraire pendant 5 ans, j’ai été administratrice et chargée de production pour une compagnie de danse contemporaine pendant 1 an et demi. À mon arrivée à Vancouver en 2011, j’ai immédiatement contacté la directrice du Scotiabank Dance Centre que j’avais rencontré lors d’un projet avec mon travail. Embauchée comme réceptionniste, j’ai été rapidement promu à mon poste actuel de d’administratrice, salle et services (Venue and Services administrator). Passionnée par le cinéma et l’audiovisuel, je participe, pendant mon temps libre, à des projets divers : court-métrages, long-métrages et séries web. J’envisage une réorientation dans la production audiovisuelle.

Pourquoi êtes-vous venue en Colombie-Britannique ? Aimant l’anglais, je voulais devenir bilingue. L’environnement à Vancouver avait l’air magnifique et le climat beaucoup plus agréable qu’ailleurs au Canada. Je savais aussi que Vancouver avait une industrie audiovisuelle très active.

Qu’est-ce qui vous a le plus surpris en Colombie-Britannique ? Le coût de la vie exhorbitant, mais aussi la possibilité de faire ses preuves et d’évoluer professionnellement.


D’où venez-vous ? Né en Afrique du Sud, j’ai grandi en Vendée (France) où ma mère s’est installée quand j’avais quelques mois.

Quel est votre parcours académique ? Après une scolarité française (collège, lycée), j’ai suivi une formation de trois ans à Tours en communication visuelle.

Quel est votre parcours professionel ? Suite à ma formation, j’ai travaillé en agence de publicité. J’ai tout de suite remarqué que cela ne me plaisait pas. J’ai alors décidé de faire ce que j’ai toujours voulu en voyant Jurrassic Park pour la première fois au cinéma : graphiste 3D. Avec quelques travaux 3D personnels en poche, je suis allé à Paris où j’ai travaillé dans les jeux vidéos. Je me suis ensuite spécialisé dans l’animation pour séries télévisées. Ma première grande expérience internationale a été à Londres en 2007-2008, puis à San Francisco en 2009-2010 et enfin à Vancouver depuis 2011, comme animateur 3D (Digital Artist).

Nathalie Ristord

Marc Beaujeau Weppenaar

Venu de France à Vancouver avec sa femme et son fils, Marc espère y rester encore longtemps pour profiter de la qualité de la vie et poursuivre sa passion : travailler comme animateur 3D dans l’industrie du film.

Nathalie, française arrivée au Québec en 1981, puis installée à Nanaimo depuis 2010, est une hypnologue certifiée. L’amour des paysages et des gens l’a amenée sur l’île de Vancouver.

D’où venez-vous ? Je suis née en France (Vendée). Mes parents ont émigré au Québec en 1981 quand j’avais 10 ans.

Quel est votre parcours académique ? Je suis allée au Collège International Marie de France de Montréal puis, par la suite, j’ai suivi le système éducatif québécois. J’ai fait un Bac en publicité et cinéma à l’Université de Montréal. Enfin, j’ai accompli une formation d’hypnologue certifiée à l’école Francine Boisvert à Montréal.

Quel est votre parcours professionel ? Après avoir eu ma société de production vidéo, je me suis spécialisée dans l’expression créative par les arts visuels et l’écriture. Je suis ensuite devenue professeur d’écriture créative et conceptrice d’ateliers de créativité. Au fil de ces expériences, j’ai découvert le pouvoir de l’inconscient d’où ma formation d’hypnologue. Dans ma pratique de l’hypnose, je guide mes patients dans leur inconscient pour leur permettre d’éliminer les blocages existants.

Pourquoi êtes-vous venu en Colombie-Britannique ?

Pourquoi êtes-vous venue en Colombie-Britannique ?

Pour le travail, car beaucoup de sociétés d’effets spéciaux sont à Vancouver. De plus, ma femme qui me suivait (avec mon fils) pouvait obtenir un permis de travail facilement, grâce au mien.

Parce que j’ai rencontré quelqu’un de Nanaimo alors que je vivais a Montréal et qu’il faisait du tourisme. J’étais à un tournant dans ma vie et j’ai saisi l’occasion de le rejoindre. Donc, l’amour fut la première raison mais le paysage et la courtoisie des gens furent également des facteurs importants.

Qu’est-ce qui vous a le plus surpris en Colombie-Britannique ? Le prix des garderies, très élevé ! De plus, l’espace, les gens peu stressés et une ville adaptée à la vie de famille sont surprenants et très appéciables après avoir vécu à Paris.

Qu’est-ce qui vous a le plus surpris en Colombie-Britannique ? La beauté des paysages, leur diversité, la qualité de vie et la profusion des emplois liés au développement de l’environnement.

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Ali Lazrak

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Philippe Creux

Ximena Londono

Philippe Creux

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Philippe Creux, Français arrivé à Vancouver en 2009, est un jeune chef d’entreprise dynamique.

D’où venez-vous ? Je suis originaire de Le Castellet, un petit village de Provence.

Quel est votre parcours académique ? Après le collège et le lycée, j’ai fait un IUT informatique à Aix-en-Provence. J’ai ensuite rejoint l’école d’ingénieur INSA de Lyon, qui m’a permise d’effectuer une année d’échange universitaire en Irlande.

Quel est votre parcours professionel ? À mon arrivée à Vancouver, mon diplôme d’ingénieur en poche, j’avais déjà effectué un stage d’un an pour IBM en Irlande et de six mois pour une agence Web à Lyon. Ces deux experiences m’ont permis de me former à des outils et méthodes novatrices (Ruby on Rails et Méthodologie Agile) qui commençaient à être en demande. J’ai ainsi été contacté par Versapay pour développer leur plateforme de paiement en ligne. Après deux ans, j’ai rejoint l’agence web Reverb. Deux ans plus tard, j’ai co-fondé une société de conseil et développement logiciel appellée Brewhouse.

Pourquoi êtes-vous venu en ColombieBritannique ? Je suis venu à Vancouver car c’est une ville dynamique, à taille humaine et où la qualité de vie est incomparable. Peu de villes sont assez proches de la nature pour vous permettre de skier, faire de la randonnée, partir en kayak ou lézarder sur la plage après le travail.

Qu’est-ce qui vous a le plus surpris en Colombie-Britannique ? L’importance donnée à l’équilibre entre vie privée et professionnelle tout en prenant du plaisir dans les deux. Les heures supplémentaires sont une exception. On peut donc profiter davantage de la vie.


D’où venez-vous ? Je suis originaire de Colombie.

Quel est votre parcours académique ? Je suis partie en France à 17 ans avec un programme d’échange pour apprendre le français. J’y ai refait les deux dernières années du secondaire et j’ai obtenu mon bac. Cela m’a permise d’étudier en traduction à l’Université de Genève. Ensuite, j’ai fait un voyage en Inde qui a fortement influencé mes projets professionnels. À mon retour, j’ai voulu me recycler vers une profession me permettant de poser des gestes concrets afin d’assurer un meilleur avenir pour mon fils qui venait tout juste de naître. J’ai donc fait un certificat en développement durable à Genève qui m’a permis de m’impliquer davantage dans plusieurs ONG et regroupements des droits de l’homme.

Quel est votre parcours professionel ? Au Québec, j’ai commencé ma carrière dans la gestion de projets communautaires, secteur dans lequel je travaille encore aujourd’hui. Mon fils, conjoint et moi sommes déménagés à Victoria (île de Vancouver) il y a de cela deux ans et demi. Je travaille présentement à l’Assemblée francophone des retraités et aînés de la Colombie-Britannique.

Pourquoi êtes-vous venue en Colombie-Britannique ? Le climat, la mer, les grands espaces naturels, les activités de plein-air et un rythme de vie sain et tranquille ont guidé notre choix. Nous sommes très heureux dans ce petit coin de paradis !

Qu’est-ce qui vous a le plus surpris en Colombie-Britannique ? Trouver une communauté francophone et francophile si bien organisée et active.

Ali Lazrak

Ximena Londono

Née en Colombie, Ximena s’est installée avec sa famille à Victoria en 2012. Elle travaille à l’Assemblée francophone des retraités et aînés de la Colombie-Britannique dans ce qu’elle qualifie de « coin de paradis ».

Marocain d’origine, Ali Lazrak apprécie de pouvoir jouer toute l’année au football à l’extérieur avec ses fils. Il est professeur à l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) à Vancouver.

D’où venez-vous ? J’ai grandi au Maroc.

Quel est votre parcours académique ? Je suis allé à l’école publique marocaine qui était à l’époque francophone. Je parle le français, l’anglais et l’arabe. Je me suis ensuite rendu en France pour faire mes études universitaires (école d’ingénieur à l’ENSAE, Paris), Master (Polytechnique, Paris) et Doctorat (Toulouse School of Economics).

Quel est votre parcours professionel ? Après mon doctorat, j’ai été maître de conférence à Evry (région parisienne). J’ai ensuite enseigné à l’Université Southern California (USC) avant de venir m’établir à Vancouver comme professeur associé à l’Université de la Colombie-Britannique (Sauder School of Business).

Pourquoi êtes-vous venu en ColombieBritannique ? L’Université de la Colombie-Britannique est une université avec une excellente réputation internationale et j’ai eu l’opportunité d’y occuper un poste de professeur. Le style de vie à Vancouver me plaît vraiment. En particulier, j’apprécie la possibilité de faire du sport toute l’année dans des espaces ouverts comme la plage ou la forêt qui se trouve à proximité du campus universitaire. J’ai aussi deux enfants. Je crois qu’ils ont beaucoup de chance de grandir dans une ville comme Vancouver. Ils jouent tous les deux au football plusieurs fois par semaine et je suis entraîneur de l’équipe d’un de mes fils.

Qu’est-ce qui vous a le plus surpris en Colombie-Britannique ? L’accès rapide à des espaces naturels, l’impression de grandeur et l’intérêt des gens de tous les âges pour les activités sportives.

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Portrait

Sur la route du succès Française d’origine, Nathalie Baudoin est désormais bien au volant de la coopérative MODO Charlotte Barat

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éconnu il y a de cela quelques années à peine, le modèle des coopératives de véhicules en libre service (Car sharing coop) est maintenant bien implanté en Colombie-Britannique et montre qu’il tient bien la route. Nathalie Baudoin, parisienne de souche et Présidente-directrice générale de la coopérative MODO depuis 2014, n’est pas étrangère à ce succès. Débarquée à Vancouver avec sa famille en 2007, Nathalie oeuvre dans le milieu des coopératives depuis son arrivée et dirige maintenant MODO, une coopérative qui compte plus des 12 000 membres. Elle gère également une équipe de 22 employés et une flotte de près de 400 véhicules répartis à Vancouver et Victoria. Le modèle plaît et MODO connaît une croissance annuelle de plus de 14 pour cent par an en moyenne.

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De Paris jusqu’à la Californie ... puis de retour à Paris Dans les années 80, Nathalie a étudié les langues étrangères à l’Université de la Sorbonne à Paris. Après avoir obtenu un diplôme universitaire d’enseignement (CAPES), Nathalie débute sa carrière en enseignant l’allemand, l’anglais et le marketing à Paris. Quelques années plus tard, c’est un premier départ pour l’Amérique du Nord alors qu’elle intègre la société Patagonia en Californie. Son séjour chez Patagonia devait la marquer : « Cette société m’a formé aux communications, à la promotion de l’environnement et au marketing. J’étais responsable du marketing et des communications. Puis, j’ai pris la direction générale de l’entreprise pendant quelque temps. » Nathalie quitte Patagonia en 2001 pour retourner à Paris où elle s’inscrit au programme de direction générale de l’INSEAD, une école privée d’administration des affaires.


Forte de ce diplôme et de son expérience chez Patagonia, elle crée en 2002 la société Green Press qui se spécialise en communication. Elle restera à la tête de Green Press jusqu’en 2006 alors que débute l’aventure canadienne.

Premiers pas en ColombieBritannique Recrutée de France en 2007 pour occuper un poste de Responsable du marketing chez la société Mountain Equipment Coop (MEC) de Vancouver, la plus importante coopérative canadienne avec plus de 4 millions de membres, Nathalie prend de nouveau la direction de l’Amérique du Nord. Au plan personnel, Nathalie se souvient des difficultés qu’elle a eu à son arrivée : « Tout était compliqué. Il a fallu que je me procure un permis de conduire, que je trouve un appartement, un banquier. En plus, je n’avais pas mes enfants. Ils finissaient leur année à Paris et sont arrivés au mois d’août. Cette période a été plus difficile car j’étais dans un logement temporaire et je ne connaissais personne. Mais, heureusement, cela ne dure qu’un temps ». Des difficultés qui auraient pu effrayer certains, mais pas Nathalie qui dit ne rien regretter : « Depuis l’enfance, je rêvais de l’Amérique du Nord et de ses grands espaces. Alors, Vancouver me convenait parfaitement ».

Le modèle coopératif

S’intégrer ... in English

Copérative créée à Vancouver en 1997, MODO propose des véhicules en libre service, c’est-à-dire un modèle de partage qui permet à un membre de la coopérative de disposer d’une voiture pendant une période déterminée, établie par ce dernier, avant de la retourner pour une utilisation par un autre membre. Même si on vise bien évidemment la rentabilité financière, le partage se retrouve donc au coeur du modèle coopératif et les coopératives sont des structures démocratiques fortement imprégnées de valeurs sociales. Ainsi, plusieurs coopératives, telles que MODO et MEC, font la promotion de causes environnementales dans le cadre de leurs opérations commerciales. Le principe de l’égalité des voix lors des prises de décision est également au cœur du fonctionnement des coopératives. Comme l’explique Nathalie, « cela signifie qu’il faut prendre son temps parce qu’il faut demander l’avis de tout le monde. Il s’agit d’un processus complètement participatif ». Et qui exige une certaine patience ! Malgré ces quelques défis, Nathalie affirme que diriger une entreprise au Canada est extrêmement agréable car « les gens sont tellement fiables. Quand ils disent quelque chose, ils le font. Ils sont très solides. De plus, les gens sont très forts en qualification. Quand quelque chose ne va pas, ils réagissent très bien. Ce n’est pas la crise comme en France ! »

Nathalie estime qu’une intégration réussie passe par d’abord et avant tout par une connaissance de l’anglais : « J’ai vu beaucoup de Français arriver avec un anglais très médiocre et c’est un problème. Ils restent cantonnés dans de petits emplois et ont du mal à trouver un bon emploi ». Des propos que viennent appuyer les statistiques : avec seulement 1.6 % de la population, les francophones ne représentent pas un groupe linguistique suffisamment important pour qu’il soit possible de prospérer sans avoir recours à la langue parlée par la majorité. Au-delà de l’emploi, la connaissance de l’anglais est également indispensable pour se faire un réseau d’amis et ainsi intégrer davantage la culture locale. Et même après avoir acquis une bonne connaissance de l’anglais, Nathalie fait remarquer que certains décalages culturels sont toujours inévitables : elle cite notamment l’exemple de certains de ses collègues de MEC qui s’étaient plaints du fait qu’elle se parfumait, en violation des politiques de l’entreprise. « Imaginez ! Pas de parfum pour une Française, quel choc ! »). Avec le temps cependant, Nathalie a appris à prendre les choses avec un grain de sel. « Et puis maintenant, puisque c’est moi qui dirige, j’ai plus de liberté et peux porter du parfum comme je l’entends ! », conclut-elle le sourire aux lèvres. D

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On dit souvent que « tout est plus grand dans l’Ouest ». Un dicton que viennent appuyer ces données statistiques sur notre province.

Territoire Occupant une superficie de plus de 940 000 km2, la Colombie-Britannique est plus grande que le France et l’Allemagne réunies. En Amérique du Nord, son territoire dépasse la superficie combinée des états de Washington, de l’Orgeon et de la Californie. La Colombie-Britannique est la troisième plus importante province en terme de superficie au Canada. Elle occupe environ 9.5 % de la superficie totale du pays. La Colombie-Britannique doit son paysage montagneux à une série de chaînes de montagnes (Rocheuses à l’Est, Chaîne Côtière à l’Ouest et Monts de Beaufort sur l’Ile de Vancouver) qui sillonnent la province du Sud au Nord. La côte de Colombie-Britannique donnant sur l’océan Pacifique s’étend sur plus de 25 000 kilomètres. On compte près de 28 000 îles marines (la plupart non habitées) au large des côtes. Une part de 14.4 % du territoire de la province est protégée sous forme de parcs provinciaux, nationaux ou autres réserves écologiques.

Population La province de Colombie-Britannique comptait plus de 4.5 millions d’habitants en 2013. La majeure partie de cette population est concentrée dans le Sud-Ouest de la province dans les villes de Vancouver et Victoria. Le Grand Vancouver (Vancouver et les villes avoisinantes) regroupe près de 2.5 millions d’habitants (données de 2013). La population des autres principales villes de Colombie-Britannique est la suivante : Grand Victoria : 370 000 Kelowna : 120 000 Kamloops : 88 000 Nanaimo : 86 000 Prince George : 74 000 Prince Rupert : 12 000 Whistler : 10 000 La population francophone de Colombie-Britannique s’élève à l’heure actuelle à environ 70 000 personnes (environ 1.5 % de la population) réparties sur l’ensemble du territoire.

Climat Le climat de la zone côtière (où se situent Vancouver et Victoria) comptent parmi les plus doux au Canada avec des étés chauds (sans canicules) et des hivers tempérés et humides (peu de chutes de neige au niveau de la mer). Outre la zone côtière, la Colombie-Britannique compte de nombreux micro-climats qui varient des zones alpines à la tundra, des déserts aux forêts pluviales. Source : www.hellobc.com


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