Issuu on Google+

// Le Regard du Loa

Sebastien Jean //

Art ha誰tien peinture, sculpture


Haiti Art Sculpture P E I N T U R E

Jean

EGREGORE Sebastien Vaudou HAÏTI Peinture SCULPTURE Art

PEINTURE

Sculpture E g r e g o r e SEBASTIEN JEAN Egregore ART Peinture Haitien Vaudou Peinture Artiste HAÏTI Peinture Art PEINTURE Sculpture HAÏTI Peinture SCULPTURE A r t SCULPTURE

PEINTURE

Sculpture E g r e g o r e Egregore Sculpture EgregoreSEBASTIEN


Le Regard du LOA Le Vaudou Haïtien

Pour tenter de comprendre le monde du vaudou, il faut abandonner son esprit cartésien et matérialiste. Le vaudou est le monde des esprits que l’homme célèbre depuis le début de son histoire. Le vaudou haïtien est le point de rencontre de l’esclavage le plus dure, des croyances animistes africaines les plus pures et du christianisme. En Haïti, le vaudou est partout, c’est un élément culturel essentiel pour entrapercevoir la terre du LOA. Aucune croyance religieuse ne peut être moquée, car le faire c’est se moquer des hommes.


Les Noces de CANA de la sculpture

Quand on naît dans un des pays les plus pauvres au monde, Quand on vit dans le dénuement et l’insécurité, Quand on ne dispose de rien et, Quand on est un sculpteur de talent, on métamorphose le rien en tout, le déchet ultime en matière première, les ordures en chefs-d’œuvre. Sébastien JEAN tutoie le génie.


n째S2

102 x 35 cm


n째S3

102 x 35 cm


n째S4

102 x 35 cm


n째S5

102 x 35 cm


n째S6

102 x 35 cm


n째S7

102 x 35 cm


n째S8

102 x 35 cm


n째S9

102 x 35 cm


n째S10

102 x 35 cm


n째S11

102 x 35 cm


n째S12

102 x 35 cm


n째S13

102 x 35 cm


n째S14

102 x 35 cm


n째S16

102 x 35 cm


n째S17

102 x 35 cm


n째S18

102 x 35 cm


n째S19

102 x 35 cm


n째S20

102 x 35 cm


n째S21

102 x 35 cm


Peintures

Sébastien JEAN n’a pas de maître et il n’appartient à aucune école picturale, il crée. Son monde est celui des esprits, au carrefour de l’animisme, du syncrétisme et du christianisme. Il est le vaudou haïtien. Au-delà du choc que l’on subit, on découvre peu à peu un monde qui vous regarde, qui vous interroge. Ce monde du LOA vous invite à l’introspection, à la recherche du regard intérieur. Ce très jeune artiste haïtien est déjà grand.


n째T5

102 x 35 cm


n째T7

102 x 35 cm


n째T8

102 x 35 cm


n째T9

102 x 35 cm


n째T10

102 x 35 cm


n째T11

102 x 35 cm


n째T12

102 x 35 cm


n째T13

102 x 35 cm


n째S14

102 x 35 cm


n째T15

102 x 35 cm


n째T17

102 x 35 cm

n째T24

102 x 35 cm


n째T18

102 x 35 cm


n째T19

102 x 35 cm


n째T20

102 x 35 cm


n째T25

102 x 35 cm


n째T26

102 x 35 cm


n째T28

102 x 35 cm


n째T31

102 x 35 cm


n째T32

102 x 35 cm


n째T36

102 x 35 cm


n째T37

102 x 35 cm


n째T38

102 x 35 cm


n째T40

102 x 35 cm


n째T42

102 x 35 cm


n째T43

102 x 35 cm


n째T43

102 x 35 cm


n째T44

102 x 35 cm


n째T45

102 x 35 cm


n째T46

102 x 35 cm


n째T48

102 x 35 cm


n째T49

102 x 35 cm


n째T50

102 x 35 cm


n째T52

102 x 35 cm


n째T53

102 x 35 cm


n째T54

102 x 35 cm


n째T55

102 x 35 cm


n째T60

102 x 35 cm


Profil et parcours de Sébastien Jean, artiste haïtien Tout a commencé très tôt quand ma mère et ma marraine, Yanick Moïse m’ont présenté à ma naissance à l’église Saint Vincent de Paul à Thomassin en souhaitant que je devienne un acteur ou un grand artiste haïtien. Enfant, j’avais déjà des prédispositions artistiques que ma mère a toujours encouragées. Elle m’a conseillé de prendre des contacts avec d’autres artistes et de travailler avec eux pour me former. C’est ainsi qu’à l’âge de 13 ans j’ai toute liberté pour suivre des formations sur la céramique et la peinture sur bois. Cependant, j’ai très tôt été attiré par la nature où j’aimais m’isoler pour trouver le silence et méditer pour ressentir des vibrations magiques qui me procuraient de fortes sensations. Incroyable mais vrai, c’est ainsi qu’en 1997, à l’âge de 17 ans, j’ai découvert à côté de chez moi des bambous desséchés. J’en ai pris un sans vraiment savoir ce que j’allais en faire. Spontanément, avec du noir et du blanc à l’huile, j’ai exécuté un dessin que j’ai intitulé « nan magribe », ce qui signifie « crépuscule ». A ce moment là, je ne connaissais pas encore l’efficacité de l’encre de Chine, mais il faut bien apprendre un jour ou l’autre. Dans une imprimerie proche de chez moi, j’ai récupéré toutes sortes de couleurs que j’ai utilisées pour peindre des bambous. Chez moi, on se réjouissait de cette production originale alors que dans le voisinage on me prenait pour un fou ! Sans me préoccuper des réactions du voisinage, j’ai continué mes expériences picturales. C’est ainsi qu’en 1999 j’ai été invité à présenter mes créations lors d’une exposition organisée à Kenscoff à l’hôtel « Le Florville ». Ce fut ma première rencontre avec le public et en réalité un succès encourageant pour moi puisque presque tout ce que j’avais exposé s’était bien vendu. Fort de cette première expérience réconfortante, j’ai poursuivi ma démarche artistique en m’intéressant à d’autres supports, comme des assiettes en céramique, pour produire de nouvelles créations. A la suite de visites dans plusieurs galeries de Pétion-Ville, je suis rentré en contact avec la galerie Galata spécialisée dans la vente d’objets de décoration produits artisanalement. J’ai parlé de mes bambous et de mes assiettes en céramique décorées. Intéressée mais quand même un peu incrédule du fait de mon jeune âge, la propriétaire m’a demandé d’apporter quelques échantillons pour se faire une idée. La semaine suivante je suis revenu avec une douzaine de pièces qu’elle a immédiatement appréciées et je suis ainsi


devenu son fournisseur attitré. Cependant, ce qui m’intéressait vraiment, c’était d’élargir mon cercle d’acheteurs potentiels et d’approfondir mes connaissances. Je n’ai pas hésité à prendre contacts avec les amateurs d’artisanat et d’art haïtien que je rencontrais, écoulant ainsi moi-même une partie de ma production et prenant des idées à leur contact. Ce fut ainsi pour moi l’occasion de discuter avec des gens éduqués, d’enrichir mes connaissances et de compléter ma formation d’autodidacte pour ne pas me cantonner dans la monotonie d’une production artisanale standardisée mais m’ouvrir plutôt sur d’autres expériences artistiques afin d’évoluer et de progresser. Le déclic s’est produit pour moi lorsque j’ai visité l’exposition de Barabara Prézeau Stephenson dans le cadre de la Fondation AfricAméricA réalisée à Pacot en l’an 2000 et consacrée à des productions artistiques à partir de matériaux de récupération. D’une production artisanale purement décorative, j’ai alors décidé de tenter de nouvelles expériences en réalisant des assemblages d’objets hétéroclites récupérés pour leur donner une réalité esthétique nouvelle. En 2004, j’ai participé à un atelier de réflexion sur la production artistique de Maurice A. Sixto. Dans le cours des discussions, j’ai proposé d’organiser une manifestation artistique sous forme de spectacle avec Stéphanie Séjour, comme chanteuse, et moi-même comme danseur, dans un décor de feuillage à la place Boyer à Pétion-Ville chez Magalie Racine. Depuis lors cet espace est devenu un centre de production artistique où sont partagées des idées avec d’autres jeunes sur la culture à partir des oeuvres de Sixto. En 2006, des événements dramatiques m’ont beaucoup marqués lorsqu’on a mis le feu à mon atelier. Cependant, sans me décourager, j’ai décidé de poursuivre mon parcours en m’installant à Kenscoff où Maryse Jean-Louis m’a proposé de réaliser un documentaire sur ma vie. Récupérant des décombres de mon atelier incendié les objets brûlés, je les ai transformés en oeuvres d’art que j’ai exposées au centre d’art de Jacmel avec le support de l’USAID. Soutenu par Mario Benjamin rencontré entre temps, j’ai entrepris des démarches avec lui pour organiser une exposition à l’Institut Français. En 2008, j’ai été sélectionné pour participer à une résidence organisée entre Haïti et l’Afrique sur le thème de la créolisation. En décembre 2009, une première exposition de tableaux a été présentée à l’Institut Français


dans laquelle je montrais, pour la première fois, mes toiles peintes avec un nouveau procédé que j’ai mis au point en utilisant le noir de fumée. Cette exposition d’une vingtaine de toiles dont le commissaire était Mario Benjamin a connu un franc succès. Elle m’a permis de me lancer en tant qu’artiste reconnu pour sa production originale, m’ouvrant de nouveaux horizons. La galerie Monnin de Pétion-Ville m’a dès lors accordé sa confiance et son support. A partir de ce moment, les portes se sont ouvertes m’offrant la possibilité de partir pour la première fois en France prendre des contacts avec le monde artistique international et découvrir les musées et les galeries de peinture contemporaine à Paris et à Marmande où j’ai fait la connaissance de commissaires et de critiques d’art qui m’ont encouragé à poursuivre la réalisation de mes rêves personnels. Mes contacts avec le Musée Montparnasse ont été à cet égard déterminants et m’ont permis de participer à l’exposition « Vibrations Caraïbe » qui s’est tenue en novembre 2010. Au cours de ces deux dernières années, j’ai bénéficié d’un support sans faille de plusieurs organismes grâce auxquels j’ai pu obtenir le statut d’artiste reconnu qui a toujours été mon principal objectif dans la vie. En Haïti le service culturel de l’Ambassade de France, l’Institut Français, la galerie Monnin, la FOKAL, m’ont accordé les financements nécessaires pour me rendre à deux reprises en France. A Paris, l’association Culturesfrance a pris en charge mon séjour et permis de prendre tous les contacts qui m’étaient utiles. J’exprime à tous ces organismes ma sincère reconnaissance. Je remercie également tous ceux qui m’ont fait confiance et mon encouragé tout au long de mon parcours, en particulier le peintre haïtien Mario Benjamin, mon mentor qui m’a beaucoup apporté, Rénald Lally, amateur d’art, Christian Raccurt, mon photographe, et Jean-Philippe Brutus, mon conseiller éclairé. Je ne saurais oublier, dans ces remerciements, ceux qui sont les plus proches de moi et qui m’ont tant donné : ma mère Imercile Jean, au courage exemplaire et qui m’a toujours fait confiance, ma conjointe, Lourdine Simon, si patiente et dévouée, et mon fils Haïlé. Ils m’apportent un soutien inestimable et nécessaire à mon inspiration et à ma création artistique. Kenscoff, le 29 novembre 2010


Quand on naît dans un des pays les plus pauvres au monde, Quand on vit dans le dénuement et l’insécurité, Quand on ne dispose de rien et, Quand on est un sculpteur de talent,

on métamorphose le rien en tout, le déchet ultime en matière première, les ordures en chefs-d’œuvre.


Le regard du Loa pour Egregore