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Bulletin Salésien bulletin de la famille salésienne en afrique des grands lacs bulletin of the salesian family in africa of the great lakes

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numéro

Salésiens de Don Bosco, Afrique des Grands Lacs (AGL) 5è année Avril Salesians of Don Bosco, Africa of the Great Lakes (AGL) 2016


Editeur Responsable: P. SWERTVAGHER Camiel Salésiens de Don Bosco Afrique des Grands Lacs (AGL) B.P. 6313 Kigali Rwanda E-mail: aglsdb@yahoo.fr http://www.sdbagl.org Comité de Rédaction: P. Verheyden Jacques P. Katanga Raphaël P. Eugene Florence Fr. Laurent Minani Sr Furaha Elisabeth Mme Watripont Thérèse Mr Nzirayukuri Méchac Mr Ntwari Léonce Mise en page: Mr. NZIRAYUKURI Méchac Si vous voulez réagir au contenu du Bulletin Salésien, vous pouvez le faire à l’adresse e-mail ci-dessous : Please feel free to give feedback to the content of the Salesian Bulletin at the following e-mail address :

bs@sdbagl.org

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Les Filles des Sacrés-Coeurs

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Père Guillermo Basañes

Strenna 2016

Poster interpretation

Poster: 2016 Strenna of the Rector Major Fr. Angel Fernandez Artime

Étrenne 2016

Interprétation de l’Affiche

In Memoriam 22 Père Jean Dingenen (1924-2015) 24 26

The Salesian Bulletin is distributed free. However, if you want to donate to help cover the costs of printing, you can do so using one of the following account numbers :

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Uganda : Bank : PostBank Account Nr: 2120052000011 Account holder: Don Bosco Reach Out

Interview

Affiche: étrenne 2016 du Père Angel Fernandez Artime, Recteur Majeur 18

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Rwanda: Banque: Banque de Kigali Compte N° : 00040 – 0013743 – 02 Titulaire: Salésiens de Don Bosco S.D.B

Message of the Rector Major

4 The Salesian Family is missionary Message of the Pope 6 Communication and Mercy: A Fruitful encounter The Pope in Africa 8 Pope Francis in 3 african countries Get to know Don Bosco John Bosco at the Seminary 10 Famille salésienne 11

Le Bulletin Salésien est distribué gratuitement. Cependant, si vous voulez faire un don pour aider à couvrir les frais d’impression vous pouvez le faire en utilisant un des numéros de compte suivants :

Burundi: Banque: IterBank Burundi (IBB) Compte N° : 701-23746-01-64 Titulaire: Maison Don Bosco

Editorial

Sommaire

12 Avril 2016

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Interview

Père Servilien Ufitamahoro Père Félix Nyagatare

Don Bosco Muhazi

Si Muhazi m’était conté …

Youth Corner

Pornography. Defiling Young Minds

Divertissement News

Rango & Réfugiés burundais CHAN 2016 - Rwanda Salesian Games

Photo gallery

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Salesian Games : Bombo 2015

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Vocation 25


Salesians of Don Bosco, Africa of the Great Lakes (AGL).

Editorial

Communication et Miséricorde: une rencontre féconde

L

e choix du thème du message du Saint Père pour la Journée Mondiale des Communications sociales de cette année a été clairement déterminé par la célébration du Jubilé Extraordinaire de la Miséricorde, et sans doute, le Saint Père souhaite que cette journée soit une occasion propice pour réfléchir sur les synergies profondes entre Communication et Miséricorde. Le Pape nous rappelle qu’en tant que chrétiens « chaque parole et chaque geste devrait pouvoir exprimer la compassion, la tendresse et le pardon de Dieu pour tous. » En tant qu’enfants de Dieu, nous sommes appelés à communiquer avec tous, sans exclusion. La communication - le Pape insiste - a le pouvoir de créer des ponts, de favoriser la rencontre et l’inclusion, de guérir la mémoire blessée et ainsi d’enrichir la société. Tant dans le domaine physique que dans le domaine numérique, nos paroles et nos actions devraient nous aider à « sortir des cercles vicieux de condamnation et de vengeance qui continuent à piéger les individus et les nations et qui conduisent à s’exprimer avec des messages de haine. » Le Pape François invite toutes les personnes de bonne volonté à redécouvrir le pouvoir de la miséricorde de guérir les relations déchirées et de ramener la paix et l’harmonie entre les familles et les communautés. Même lorsque les vieilles blessures et les ressentiments se dressent sur le chemin de la communication et de la réconciliation, la miséricorde est capable de créer une nouvelle manière de parler et de dialoguer. Il est souhaitable, dit le Pape, que le langage de la politique et de la diplomatie se laisse aussi inspirer par la miséricorde qui ne donne jamais rien pour perdu. Il lance un appel à tous ceux qui ont des responsabilités institutionnelles politiques et dans la formation de l’opinion publique pour qu’ils soient toujours vigilants sur la manière de s’exprimer envers celui qui pense ou agit autrement. Même en condamnant les péchés tels que la violence, la corruption et l’exploitation, nous devons prononcer des paroles avec amour, accompagnées de douceur et de miséricorde qui peuvent toucher les cœurs, plutôt que

des paroles dures et moralisantes qui risquent d’aliéner ceux que nous voudrions conduire à la conversion. En ce qui concerne les e-mails, sms, réseaux sociaux, les chat, le Pape souligne que ce n’est pas la technologie qui garantit une communication authentique, mais le cœur de l’homme et notre capacité de bien user des moyens mis à notre disposition. Le pape conclut en encourageant tout le monde “à penser la société humaine non comme un espace où des étrangers rivalisent et cherchent à dominer, mais plutôt comme une maison ou une famille, où la porte est toujours ouverte et où l’on cherche à s’accueillir mutuellement. “ *** Ce message est axé sur la responsabilité de tous les communicateurs de promouvoir des relations basées sur la douceur, l’amour et la miséricorde, dans un monde fragmenté et polarisé. Le Pape oppose clairement deux attitudes : d’une part – comme cela se voit, malheureusement trop souvent et partout dans le monde - des paroles de condamnation, d’exclusion, de haine, de vengeance ; d’autre part des paroles et des gestes de miséricorde, de bonté. Il interpelle donc aussi les membres de la Famille salésienne. Ne sommes-nous pas tous des « communicateurs »? Ce qui caractérise nos relations, c’est ce que Don Bosco décrit comme le « climat familial ». Dans ce climat nous tissons avec les jeunes des relations basées sur l’amour. Concrètement, cela s’exprime dans plusieurs aspects : avoir du « temps » pour les jeunes, avoir de l’humour, faire la fête ensemble, donner de l’espace à l’affectivité, se sentir bien ensemble. Dans la mesure où nous sommes fidèles aux intuitions de Don Bosco, nous faisons de la société « une maison ou une famille, où la porte est toujours ouverte et où l’on cherche à s’accueillir mutuellement. » P. Jacques Verheyden April 2016 - Salesian bulletin No 12

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Salésiens de Don Bosco, Afrique des Grands Lacs (AGL).

Message of the Rector Major

The Salesian Family is missionary

Pope Francis has invited the Universal Church to be a Church on the move, that is, a Church that goes towards people, a Church set on mission. For our Salesian Family this project is fully and concretely realised in syntony with the Salesian charism shared by the thirty or more branches of our Family.

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y dear Salesian Family, friends of Don Bosco, readers of the Bulletin, I greet you all with affection. I send you these greetings as if they were a family letter because I feel sincerely and deeply the need to tell and to remember what we are living. The bicentenary celebrations of Don Bosco’s birth continues its joyful unfolding and it reveals itself ever more what it was meant to be, a year of rich grace gifted to us by the Lord. 4

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Message of the Rector Major Fr. Angel Fernandez Artime

As I pen down these lines, I carry a fresh and life-giving memory of meeting the 24 Salesians of Don Bosco that I had the pleasure of knowing at Valdocco, just a few days ago, to greet them and wish them a safe journey before they will leave in the coming weeks for the most diverse and distant countries of the world and to the place to which their missionary vocation will take them. Likewise, I greeted a group of Daughters of Mary Hep of Christians and of Lay collaborators who were readying themselves for the same call.


Salesians of Don Bosco, Africa of the Great Lakes (AGL).

Message of the Rector Major

This will be the 146th missionary expedition since the day Don Bosco sent his first missionaries. The joy and enthusiasm of those young Salesians, of our sisters, and of our collaborating brothers, their deep desire to go to those who are waiting for them and share with them their life experience, to offer them the service of their own life, to walk along with the young and the poor – all this touches me deeply and gives me great joy.

The whole of Valdocco was alive with enthusiasm and celebration.

All this leads me to reflect of a fundamental dimension of our Salesian Family. In fidelity to our charism we are a religious family with a missionary vocation. From the very beginning, Don Bosco started working toward sending his Salesians and the Daughters of Mary Help of Christians to the missions. At the time of his death in 1888, the Salesian sent to America numbered 154 (20 per cent of the whole Salesian Congregation at the time), and Don Bosco himself would knock at the door of many lay people seeking their help to maintains and sustain his missionary work. The whole of Valdocco was alive with joy and enthusiasm, and every time “fresh news” would arrive from America, the place would lit up with emotion and desire to go and accompany those first missionaries. Today the language, the anthropological, cultural, and theological vision are no longer those of Don Bosco’s times, but the missionary character of our family must be the same. Pope Francis has invited the Universal Church to be a Church on the move, that is, a Church that goes towards people, a Church set on mission. For our Salesian Family this project is fully and concretely realised in syntony with the Salesian charism shared by the thirty or more

branches of our Family.

My wonderful dream.

As in Don Bosco’s times, also in our Salesian Family, all the branches with their particular charismatic specificity within ‘the common home’, are called to be present and active in the four corners of the world. The number of requests that we receive far outnumber our possibility of being present wherever they call us. It is the same as it was at the time of Don Bosco. However we have a great opportunity. We can commit ourselves to be like him: to give rise to that missionary passion that inflamed and filled with enthusiasm so many young hearts. Experts tell us that ours is no longer an age of “great narratives”. What they really mean to say is that the post-modern era has obliterated from our world the great utopias and the great ideals. However, I for one, believe that those very sociological hypothesis head for failure to the extent that there are no longer people, individuals, institutions or communities that believe that things can be different. And we Salesians do believe that things can be different. Within the context of what I am saying, the fundamental difference for the Salesian Family lies in a dream. A magnificent and wonder-filled dream: That the story and the fruit of this Bicentenary year be a missionary passion that keeps on growing stronger in the next few years. To be religious and lay people committed together to realise again that intense and driving missionary passion that Don Bosco lived. May Don Bosco, in the Bicentenary of his birth, continue to intercede for us all with the Lord!

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Salésiens de Don Bosco, Afrique des Grands Lacs (AGL).

Message of the Pope

Communication and Mercy: A Fruitful Encounter For World Communications Day 2016, Pope Francis has chosen the theme “Communication and Mercy: A fruitful encounter.” As the church celebrates the extraordinary Holy Year of Mercy the pope also wanted to invite deeper reflection on the link between communication and mercy. In most countries, the Catholic Church celebrates World Communications Day on the Sunday before Pentecost; in 2016 the communications day will be celebrated May 8. A papal message for the occasion usually is released Jan. 24, the feast of St. Francis de Sales, the patron of journalists. The following is a slightly abridged version of the pope’s message Dear Brothers and Sisters, The Holy Year of Mercy invites all of us to reflect on the relationship between communication and mercy. The Church, in union with Christ, the living incarnation of the Father of Mercies, is called to practice mercy as the distinctive trait of all that she is and does. What we say and how we say it, our every word and gesture, ought to express God’s compassion, tenderness and forgiveness for all. Love, by its nature, is communication; it leads to openness and sharing. If our hearts and actions are inspired by charity, by divine love, then our communica6

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tion will be touched by God’s own power. As sons and daughters of God, we are called to communicate with everyone, without exception. In a particular way, the Church’s words and actions are all meant to convey mercy, to touch people’s hearts and to sustain them on their journey to that fullness of life which Jesus Christ was sent by the Father to bring to all. Communication has the power to build bridges, to enable encounter and inclusion, and thus to enrich society. How beautiful it is when people select their words and actions with care, in the effort to avoid misunderstandings, to heal wounded memories and to build peace and harmony. Words can build bridges between individuals and within families, social groups and peoples. This is possible both in the material world and the digital world. Our words and actions should be such as to help us all escape the vicious circles of condemnation and vengeance which continue to ensnare individuals and nations, encouraging expressions of hatred. The words of Christians ought to be a constant encouragement to communion and, even in those cases where they must firmly condemn evil, they should never try to rupture relationships and communication. For this reason, I would like to invite all people of good will to rediscover the power of mercy to heal wounded


Salesians of Don Bosco, Africa of the Great Lakes (AGL).

Message of the Pope relationships and to restore peace and harmony to families and communities. All of us know how many ways ancient wounds and lingering resentments can entrap individuals and stand in the way of communication and reconciliation. The same holds true for relationships between peoples. In every case, mercy is able to create a new kind of speech and dialogue.

try to come out on top, but above all as a home or a family, where the door is always open and where everyone feels welcome.

How I wish that our own way of communicating, as well as our service as pastors of the Church, may never suggest a prideful and triumphant superiority over an enemy, or demean those whom the world considers lost and easily discarded. Mercy can help mitigate life’s troubles and offer warmth to those who have known only the coldness of judgment. May our way of communicating help to overcome the mindset that neatly separates sinners from the righteous. We can and we must judge situations of sin – such as violence, corruption and exploitation – but we may not judge individuals, since only God can see into the depths of their hearts. It is our task to admonish those who err and to denounce the evil and injustice of certain ways of acting, for the sake of setting victims free and raising up those who have fallen. The Gospel of John tells us that “the truth will make you free”. The truth is ultimately Christ himself, whose gentle mercy is the yardstick for measuring the way we proclaim the truth and condemn injustice. Our primary task is to uphold the truth with love. Only words spoken with love and accompanied by meekness and mercy can touch our sinful hearts. Harsh and moralistic words and actions risk further alienating those whom we wish to lead to conversion and freedom, reinforcing their sense of rejection and defensiveness. Some feel that a vision of society rooted in mercy is hopelessly idealistic or excessively indulgent. But let us try and recall our first experience of relationships, within our families. Our parents loved us and valued us for who we are more than for our abilities and achievements. Parents naturally want the best for their children, but that love is never dependent on their meeting certain conditions. The family home is one place where we are always welcome. I would like to encourage everyone to see society not as a forum where strangers compete and

Emails, text messages, social networks and chats can also be fully human forms of communication. It is not technology which determines whether or not communication is authentic, but rather the human heart and our capacity to use wisely the means at our disposal. Social networks can facilitate relationships and promote the good of society, but they can also lead to further polarization and division between individuals and groups. The digital world is a public square, a meeting-place where we can either encourage or demean one another, engage in a meaningful discussion or unfair attacks. The internet can help us to be better citizens. Access to digital networks entails a responsibility for our neighbour whom we do no

For this to happen, we must first listen. Communicating means sharing, and sharing demands listening and acceptance. Listening is much more than simply hearing. Hearing is about receiving information, while listening Our political and diplomatic language would do well is about communication, and calls for closeness. Listo be inspired by mercy, which never loses hope. I ask tening allows us to get things right, and not simply to be those with institutional and political responsibility, and passive onlookers, users or consumers. Listening also those charged with forming public opinion, to remain means being able to share questions and doubts, to jourespecially attentive to the way they speak of those who ney side by side, to banish all claims to absolute power think or act differently or those who may have made and to put our abilities and gifts at the service of the mistakes. It is easy to yield to the temptation to exploit common good. such situations to stoke the flames of mistrust, fear and Listening is never easy. Many times it is easier to play hatred. Instead, courage is needed to guide people to- deaf. Listening means paying attention, wanting to unwards processes of reconciliation. It is precisely such derstand, to value, to respect and to ponder what the positive and creative boldness which offers real solu- other person says. Knowing how to listen is an immense tions to ancient conflicts and the opportunity to build grace, it is a gift which we need to ask for and then make lasting peace. every effort to practice.

t see but who is nonetheless real and has a dignity which must be respected. The internet can be used wisely to build a society which is healthy and open to sharing. Communication, wherever and however it takes place, has opened up broader horizons for many people. This is a gift of God which involves a great responsibility. I like to refer to this power of communication as “closeness”. The encounter between communication and mercy will be fruitful to the degree that it generates a closeness which cares, comforts, heals, accompanies and celebrates. In a broken, fragmented and polarized world, to communicate with mercy means to help create a healthy, free and fraternal closeness between the children of God and all our brothers and sisters in the one human family. From the Vatican, 24 January 2016 Pope Francis April 2016 - Salesian bulletin No 12

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The Pope in Africa

Pope Francis’ visit to three African countries (November 2015)

O

n 28th November 2015 Pope Francis met the youth of Uganda at Kololo airstrip and listened to the testimonies of an orphan, a war victim and an AIDS sufferer and responded thus: “All of you, be aware, be aware that you are a people of martyrs...Through your own veins runs the blood of martyrs, and that’s why you have such a strong faith and life that you enjoy now.” The Pope reflected on the example of the martyrs, saying “in order to live, we have to die...but, through that death, there is light for all.” Reflecting on their sad experiences, the Pope explained that Jesus can perform “great miracles” in life. “A wall 8

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can be transformed into a path towards the future,” he said. “There’s always the possibility of opening a door, a horizon to the future, and to open it through the power of Jesus.” He also challenged them in human terms: “Take charge of your life because God loves you and he wants you to continue to bear witness amidst all the challenges faced by young people.” In his in-flight press conference on his return flight to Rome from Kenya, Uganda and the Central Africa Republic, when asked, “What is your memorable moment of this trip to Africa?”, the Holy Father Francis replied: “The crowds. That joy. That capacity to celebrate in an empty stomach. But for me, Africa was a surprise. I


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The Pope in Africa

thought, God surprises us, but even Africa surprises us. There were many moments. But the crowds, They felt visited. They have a very great sense of welcome. I saw in the three nations that they had this sense of welcome because they were happy to feel visited.” Of course, these crowds were filled with young people. The countries Holy Father visited are some of the “hotspots” in the world for young people. For example over 70% of population in Uganda are below the age of 30. The other two countries are not far from this youthful demographic statistics. From the Pope’s remarks, it is evident that African youth are known for joy, celebration, stamina, friendliness, and hospitality. There is a famous saying, “Ask the youth for little, they give you nothing, ask them for more, they smile and give you everything.” This seems to be true! Pope Francis demanded from them the best. He asked them to be catalysts for peace, love and hope not just for their countries and Africa, but to the whole world. He believes that they are capable of giving the best to the world. And he cautions the leaders and other agents who often cause disunity that youth should not be radicalized into fundamentalism, taking advantage of their lack of means in life. Youth always want truth to be told in simple words and Pope Francis always speaks frankly, Let us pick some of the popular sayings of Pope Francis to youth, given at different events: • “Jesus is calling you to be a disciple with a mission! … Careful, though! Jesus did not say: ‘If you would like to, if you have the time,’ but: ‘Go!’”

thinks you are incapable of responsibility, incapable of true love. I am confident in you, and I pray for you. Have the courage to swim against the tide!” • On vocations to the priesthood and consecrated life: “I will never forget that day, Sept. 21 – I was 17 years old – when, after stopping in the Church of San José de Flores to go to confession, I first heard God calling me. Do not be afraid of what God asks of you! It is worth saying ‘Yes’ to God. In him we find joy!” Dear young people, which of Pope Francis’ words have struck you most? Have you seen the urgency of the Pope’s call? How are you going to respond? Fr. Lazar Arasu SDB www.arasulazar.org

• “The Church needs you, your enthusiasm, your creativity and the joy that is so characteristic of you. … Do you know what the best tool is for evangelizing the young? Another young person. This is the path to follow!” • On marriage in the face of a culture that thinks a lifelong commitment is “out of fashion”: “Be revolutionaries. ... Yes, I am asking you to rebel against this culture that sees everything as temporal and ultimately April 2016 - Salesian bulletin No 12

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Get to know Don Bosco

John Bosco at the Seminary An Enriching Friendship : Louis Comollo.

- You’re very talented, John! What taught you to be so skilful - I know you’re right, Louis. But I am trying more and more to at woodwork? Louis Comollo carefully picks up John’s follow your advice. writing case, feeling the wood, so smoothly and precisely assembled and finished. - I can see that you’re putting in a lot of effort to discipline yourself. The more time we can give to prayer, the more the Lord will give - I learned to use a plane and a wood chisel when I was lodging in us the graces we need. St George Street. I used to go to a carpenter’s shop near St William Square, to make money for my school fees, and nowadays I As they move on, Louis Comollo is John’s close friend, do small jobs for myself. willing to urge and prod him spiritually, in season and Louis, who joined the seminary in October 1836, is his out of season. John admires him, almost envies him for best friend, and John appreciates his complements. Al- his prayerfulness and his serene trust in God. This is not though Louis is two years younger, John finds his com- surprising, because for John the first months of sempany very congenial. inary life are a real test and a big sacrifice. He needs a worthwhile antidote. - You see, says Louis, we have to let the Lord do his work on us, At recreation times he unwinds with lively card games. just as the carpenter does his work. He isn’t the best of players, but he has a knack of almost always winning! Often enough, even during work and - You’re right. Look at my namesake, John Bosco, from Rivalta. prayer, his mind is on cards! In Louis, with his courtesy He often says, “I’m the ‘medlar’ Bosco”. Medlar is a hardwood. and warm friendship, John sees an example of someAnd I say, “I’m the “willow” Bosco”, because willow is a soft- thing he can’t yet acquire on his own. Here John Bosco, wood, and easy to work. the future master of pedagogy, is learning the value and efficacy of a gentle, kindly presence. - True .... but there’s still some work to be done! Remember how often you lose your temper! Jacques Rey, The Roots of a Dream. A spiritual journey in the steps of Don Bosco. Editions du Signe. 10

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Famille salésienne

Les Filles des Sacrés-Cœurs

une Congrégation née dans une léproserie.

Les jeunes filles lépreuses, ainsi que les filles en bonne santé, nées de parents lépreux, étaient empêchées de devenir religieuses. Alors à la léproserie d’Agua de Dios (Colombie) est née cette Congrégation singulière, pour rassembler ces jeunes, et pour mettre leur extrême sensibilité au service de ceux et celles qui souffrent.

humains de valeur inestimable. De la même façon, on peut dire que sous cette apparence de fatalité, Agua de Dios était destinée à recueillir l’amour le plus sublime et la pure fraternité.

Les lépreux, chassés par les leurs, vagabondaient sans but aux alentours de la ville de Tocaima (Colombie) d’où ils furent finalement expulsés en 1870. Dans leurs errances, mourant de faim et de soif, l’un d’eux découvrit par hasard une source d’eau. Il s’exclama : « Es el agua de Dios !», « C’est l’eau de Dieu ! ». Et depuis lors, l’endroit s’appelle Agua de Dios. Et les lépreux ont commencé à s’y installer. Mais très tôt ce nom devint synonyme de répulsion, douleur, abandon. Si quelqu’un contractait cette terrible maladie, il était fatalement condamné à finir ses jours en cet endroit. Et il n’y avait pas d’espoir de revenir en arrière. Sœur Maria Angelina Santos, une Fille des Sacrés - Cœurs, écrit : « Comme le charbon noir cache d’ordinaire un diamant précieux, ainsi, ces corps corrodés par une infirmité répugnante cachaient des talents

Peu à peu, Agua de Dios grandit, prit de la consistance. Aux premiers lépreux se sont ajoutés d’autres. Même des personnes en bonne santé s’établirent en ce lieu (souvent des parents des malades), donnant ainsi naissance à une colonie prospère qui se transforma rapidement en un petit village accueillant, laborieux, religieux, bien organisé, fondé sur le travail, l’épargne et l’activité infatigable des malades et des bien-portants qui changeaient en une terre fertile ce qui était un sol stérile. La transformation humaine et chrétienne, et même le développement et l’organisation qui se produisirent à Agua de Dios, sont dus en grande partie au travail de quelques missionnaires de Don Bosco. En effet, le 6 août 1894, à son retour d’Italie, le Père Michel Unia, était accompagné d’un jeune clerc nommé Louis Variara, âgé de

Le Père Michel Unia, l’apôtre des Agua de Dios: rejet, douleur, désespoir lépreux

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Famille salésienne

18 ans et demi seulement, à qui il proposait de travailler avec lui parmi les lépreux.

Variara: la jeunesse fait don

Le Père Michel Unia se consuma très rapidement. Usé, il remit son âme à Dieu dans la ville lointaine de Turin le matin du 9 décembre 1895. Le même jour, vers le soir, le nouvelle arriva à Agua de Dios par télégramme. Un autre Salésien, le Père Raffaele Crippa, prit en charge la léproserie. Mais ce fut le jeune Salésien, Louis Variara qui devint l’âme de cette œuvre salésienne. En elle, il s’est engagé avec toute sa personne au service des lépreux par son abnégation et sa capacité créative. Surtout avec les enfants et pour les enfants, les plus nécessiteux parmi les nécessiteux, le travail du jeune Salésien acquérait des dimensions toujours plus vastes. Il conçut un hospice/foyer où ils pouvaient être accueillis et recevoir une éducation adéquate. Il mit sur pied un orchestre composé d’enfants de la léproserie ; l’orchestre fut inauguré triomphalement le 8 septembre 1895. En même temps, le jeune Salésien s’adonna à l’étude de la théologie, et le 24 avril 1898, il fut ordonné prêtre à Bogota à l’âge de 23 ans. Maintenant qu’il est devenu prêtre, le Père Variara se lance dans la construction de cet hospice/foyer dont il avait rêvé, appelé “Foyer Michel Unia” pour les enfants lépreux ou fils de lépreux. À court d’argent, il se consacra avec sollicitude à se le procurer, comme Don Bosco l’avait fait. À travers des lettres, des circulaires, et la presse écrite, il s’adressa au cœur des Colombiens, en particulier des jeunes, afin qu’ils aident généreusement. Le 7 mai 1899, la première pierre de l’hospice fut bénite qui, très rapidement devint une belle réalité. Lorsque la construction fut terminée, le Père Variara devint le directeur de l’hospice-oratoire, en même temps qu’il devint le père et le frère des enfants (beaucoup d’entre eux étaient terriblement touchés par la lèpre dès l’âge le plus tendre). Jour après jour, le Père Variara connut de mieux en mieux la douleur secrète de ses malades, et découvrit dans sa propre vie le « charisme de victime » qu’il allait transmettre aux religieuses de l’Institut qu’il allait fonder.

Les Filles des Sacrés - Cœurs: une congrégation pour les lépreux. 12

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A travers son ministère de direction spirituelle, le Père Variara connaissait plusieurs jeunes, affectées par la lèpre, oui, mais d’une vie intérieure profonde et d’une beauté spirituelle incomparable. Trois d’entre elles constitueront les pierres de fondation du nouvel institut religieux. La première est Oliva Sanchez, de famille distinguée, qui, malgré sa maladie, collaborait avec le Père dans toutes les œuvres d’apostolat et de prière qui avaient été initiées à la léproserie. La seconde s’appelle Limbania Rojas venue à la léproserie parce qu’elle était lépreuse, mais d’une vie intérieure profonde et prête à tous les sacrifices. La troisième, Rosa Nieto Forero, était la sœur de deux prêtres et avait voulu devenir religieuse, mais la lèpre l’en avait empêchée. C’est par l’intermédiaire du Père Variara que ces trois femmes se connaissaient et partageaient leurs idéaux communs. Puis leur vint l’idée de mener entre elles une vie commune comme si elles étaient des religieuses. Elles commencèrent une sorte de noviciat, dans la mesure où cela fut possible, semblable à celui des Filles de Marie Auxiliatrice et elles découvrirent que malgré l’infirmité, elles étaient en mesure de mener une vie commune assez régulière. Ainsi naquit sous une forme embryonnaire la Congrégation des Filles des Sacrés-Cœurs. Le Père Variara écrit alors à l’archevêque de Bogota et à ses Supérieurs de Turin. Les deux réponses étaient favorables à la fondation. A cette époque, vivait à Agua de Dios, la famille Lozano Diaz, pour cause d’infirmité du père. Il y avait quatre filles dans la famille, toutes appelées « Marie »: Anna Maria, Maria Luisa, Maria del Carmen, Maria Elena; après un certain temps, elles s’ajoutèrent aux trois premières jeunes filles. Les nouvelles religieuses décidèrent, avec le Père Variara,


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Famille salésienne

de porter l’ habit religieux, et elles en adoptèrent un, très semblable à celui des Filles de Marie Auxiliatrice. Pendant ce temps, en mai 1905, l’archevêque de Bogota donna son accord pour la fondation de l’Institut, et encouragea les Sœurs dans leur don au Seigneur. Le 7 mai 1905 est considéré comme la date du début de l’Institut. Vers midi, dans la chapelle de l’Institut Saint Raphaël eut lieu l’imposition de l’habit aux sept premières Sœurs.

Caractéristiques de l’Institut

Sœur Maria Angelina écrit: «L’esprit salésien de notre Institut est incontestable. Le fait que notre fondateur soit un vrai Salésien, qui bu abondamment aux sources authentiques longtemps avant de commencer sa mission parmi nous, depuis qu’il eut commencé ses études à Valdocco, et les eut continuées à Valsalice, l’atteste clairement. Il était rempli de l’esprit de Don Bosco quand il a commencé le travail missionnaire qui l’a conduit à fonder notre Institut. Et puisque cet Institut, depuis ses débuts, a été salésien, cela est une raison plus que suffisante pour que notre esprit et nos traditions soient imprégnés de « salésianité » que le fondateur nous a laissée en héritage “. Mais il y a plus. “Même notre charisme de victime continue Sœur Maria Angelina - eut son origine et son inspiration dans le sacrifice d’un autre Salésien, Serviteur de Dieu, le Père Andrea Beltrami. Atteint d’une maladie pulmonaire cruelle et implacable, alors qu’il était en pleine jeunesse, voyant ses rêves d’apostolat brisés, il s’est offert en holocauste en sacrifiant l’idéal qu’il poursuivait et qu’il ne pouvait pas réaliser. Ainsi il s’est transformé en lampe votive qui brûlait devant le Seigneur tandis que ses frères - infatigables travailleurs – se dépensaient dans le travail apostolique. C’est de cela qu’a surgi dans

l’esprit de notre fondateur l’inspiration de sublimer la douleur, de devenir victime médiatrice entre Dieu et les hommes.” Le 7e Chapitre général a indiqué comme un des traits spécifiques des Filles des Sacrés-Cœurs “ la vocation salésienne victimale “, et a reconnu à leur institut « la mission de révéler au monde le sens chrétien de la douleur. »

Appartenance à la Famille salésienne

Les Filles des Sacrés - Cœurs se sentent fières d’appartenir à la Famille salésienne. Elles proclament cette appartenance et la défendent. Elles l’ont réaffirmée dans leur dernier Chapitre Général. Citant le Chapitre Général Spécial des Salésiens qui a traité à fond de la notion de Famille salésienne, elles affirment qu’elles lui appartiennent par héritage légitime. Aujourd’hui, elles sont présentes dans onze pays. L’Institut, en tant que groupe de vie religieuse et d’engagement apostolique, aussi dans le choix des destinataires, souligne sa « salésianité »: les Filles des Sacrés Cœurs travaillent prioritairement pour les jeunes et la classe populaire. Comme pour Don Bosco, les jeunes et les pauvres reçoivent leur préférence. Mais ce qui est encore spécifique, ce que, en parlant des pauvres, ce sont surtout « ceux que le Seigneur vient visiter avec la croix de la souffrance et de la maladie.” Le Chapitre Général des sœurs dit ceci : “Les malades : principalement dans les hôpitaux pour lépreux, ceux qui, par leur maladie ou la maladie de leur famille ont besoin d’aide, tant pour la maladie elle-même que pour l’éducation. Les malades dans le corps et dans l’esprit, dans les hôpitaux ou dans leurs maisons ou dans d’autres situations exigent notre présence et notre activité pastorale. Les pauvres, surtout les exclus de notre société en raison de l’abandon des parents, de la délinquance, du manque de moyens économiques et culturels.» Parlant de l’esprit salésien, le Chapitre Général déclare encore : “Don Bosco est au début, comme dans la pré-histoire de notre congrégation, et elle surgit d’un arbre feuillu, comme une de ses branches fructueuses et vigoureuses : l’Institut appartient à la Famille de Don Bosco. “ Amador Merino Gomez (Il Bollettino Salesiano, septembre 2015)

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Salésiens de Don Bosco, Afrique des Grands Lacs (AGL).

Interview

“Je suis un salésien. Je suis prêt à aller partout et pour toujours”

Interview du Père Guillermo Basañes,

Conseiller Général pour les Missions salésiennes. Père Guillermo, qu’est-ce que cela signifie d’être un missionnaire salésien et quelle est sa mission?

Il ya un an, j’ai été nommé Conseiller pour les Missions. L’appellation « Conseiller » signifie que je suis un membre du Conseil du Recteur Majeur. Les Conseillers travaillent en étroite collaboration avec le successeur de Don Bosco, le Recteur Majeur, qui est le responsable des Salésiens du monde entier, afin d’animer et de gouverner le monde salésien, les 132 pays dans lesquels nous nous trouvons. Le Conseiller pour les Missions est chargé d’aider le Recteur Majeur pour garder vivant l’esprit missionnaire de la Congrégation. Pour cela, il s’occupe de la formation et de l’animation missionnaires, de l’accompagnement des vocations missionnaires à l’intérieur de la Congrégation, de l’organisation des activités missionnaires importantes, à côté de tout ce qui concerne la solidarité missionnaire mondiale. Être missionnaire, c’est d’avoir reçu un mandat et de s’engager corps et âme au service des jeunes dans le lieu où on se trouve. Plus précisément, cependant, la vocation missionnaire que nous appelons “ad gentes” est l’appel spécial que le Seigneur adresse non pas nécessairement aux meilleurs, mais à certaines personnes qu’il appelle à être missionnaires non seulement là où ils se 14

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trouvent, mais à s’engager dans d’autres lieux et pour toujours. Telle est la vocation missionnaire. Dans votre vie missionnaire quelles leçons avez-vous apprises?

Ma vie salésienne, en particulier les 20 dernières années, s’est déroulée en Afrique où j’ai travaillé d’abord comme missionnaire et pendant les 6 dernières années en tant que conseiller pour l’ensemble du continent africain. Ces derniers mois, mes expériences sont le résultat des voyages et visites effectués dans les communautés salésiennes en Asie. Je n’étais jamais allé là-bas auparavant et j’y ai découvert l’immense horizon missionnaire qui s’ouvre à l’Église et la Congrégation dans ce continent. Dans le même temps, j’ai été proche de nombreuses vocations missionnaires salésiennes qui naissent dans le contexte asiatique, par exemple au Vietnam, les Philippines et l’Indonésie. L’Asie, composée d’immenses pays très peuplés, avec une minorité chrétienne, donne de nombreux missionnaires à d’autres parties du monde. Le Seigneur nous offre le don de missionnaires salésiens provenant du continent asiatique. Beaucoup de missionnaires consacrent toute leur vie à la


Salesians of Don Bosco, Africa of the Great Lakes (AGL).

Interview population la plus pauvre sur la terre. Quel est le sentiment que vous ressentez en les rencontrant ?

J’éprouve une grande satisfaction. Une fierté salésienne, pourrais-je ajouter. En tant que fils de Don Bosco, je pense que nous sommes très heureux de voir ses fils et filles spirituels, les membres de la Famille salésienne, en sachant que ce fut l’un des rêves missionnaires de notre Fondateur de voir arriver ses fils et ses filles parmi ces personnes souvent ignorées ou oubliées. Je vois souvent des situations de grand isolement et de pauvreté sur tous les continents comme en Afrique, l’Asie et pourquoi pas en Europe, dans certaines régions très pauvres et laissées à l’abandon. La première impression est donc la satisfaction, la joie et la fierté salésienne, pour tout ce que les fils de Don Bosco ont fait tout en sachant que nous devons continuer à être présents. Pensez-vous que les Salésiens sont en train de réaliser les rêves missionnaires de Don Bosco ?

Je pense que beaucoup de ces rêves ont été réalisés et pour d’autres, il faudra continuer à travailler. Évidemment il ne s’agit pas de vérifier si tout a été réalisé dans tous les détails. Il n’y a pas longtemps j’ai passé 10 jours à Barcelone, où en 1886 Don Bosco avait son cinquième rêve missionnaire. Dans ce fameux rêve est apparue une bergère qui l’invita à tracer une ligne de Valparaiso (Chili) à Beijing (Chine) et lui montra toutes les missions salésiennes qui s’établiraient pratiquement dans le monde entier. Il ne s’agit pas de voir et d’analyser dans quels pays et lieux passerait cette ligne, mais les Salésiens de Don Bosco doivent toujours maintenir vivante cette vision universelle, le désir d’atteindre tous les peuples et toutes les nations. En ce sens, les rêves missionnaires de Don Bosco ne seront jamais pleinement réalisés. Le Seigneur a inspiré ces rêves afin que les fils de Don Bosco, la Famille salésienne, maintiennent toujours vivant le zèle missionnaire, le désir d’aller plus loin, sachant que nous ne pourrons jamais arriver au bout, qu’ il y aura toujours d’ autres horizons vers lesquels nous devons aller. Il y aura toujours des jeunes dans le besoin, un peu plus loin que l’endroit où on se trouve actuellement. Le problème se présente quand nous croyons que nous sommes déjà arrivés.

Je pense par exemple à la présence au Cambodge, mais aussi au Pakistan et dans le nord du Soudan. Dans ces pays, les missionnaires ont une conscience très attentive, active, vive et généreuse, de ce que signifie d’être des évangélisateurs. Le risque qu’on court dans les soi-disant «pays catholiques» de l’Amérique latine par exemple, est de trouver normal qu’on soit « chrétien ». Lorsque vous êtes dans un pays où les chrétiens représentent 0,2% de la population, on doit être très convaincu et avoir une conscience forte et claire de ce que signifie « être chrétien ». Si on s’adapte à la mentalité de la masse chrétienne, selon laquelle nous sommes chrétiens parce que tous sont chrétiens, il y a risque que la conscience missionnaire et la responsabilité apostolique diminuent. Nous constatons que dans de nombreux endroits où les salésiens travaillent (Afrique du Nord, Égypte, Tunisie, Maroc), leur présence est très limitée. Il s’agit, par exemple, de petites écoles où il y a une interdiction absolue d’exercer toute forme d’évangélisation. Les salésiens savent, toutefois, qu’il s’agit d’une œuvre constructive et d’un travail fait pour le Royaume de Dieu et ils sont conscients d’être des missionnaires, même s’ils ne peuvent pas le dire. Vous êtes argentin. Pourquoi avez-vous choisi d’aller en Afrique comme missionnaire?

Je n’ai jamais choisi d’aller en Afrique. J’ai été envoyé en Afrique. J’appartenais à la province de Buenos Aires et j’ai simplement levé la main, pensant que cela était ce que le Seigneur me demandait. J’ai donc dit : «Je suis prêt à partir comme missionnaire.” Le missionnaire ne choisit pas où il va et je n’ai pas demandé de quitter Buenos Aires, ou d’aller en Afrique. J’ai simplement dit: «Je suis un salésien de Don Bosco. Je suis prêt à aller partout et pour toujours », et je fus envoyé en Angola. Qu’est-ce l’Afrique vous a donné ?

L’expérience africaine m’a formé beaucoup, parce que je suis arrivé en Afrique avant de devenir prêtre. J’ai donc grandi comme salésien en Afrique. J’ ai appris à être salésien en Afrique, puis dans toutes ces années j’ai été au service de l’ensemble de la présence salésienne en Afrique, non seulement en Angola. Aussi mon cœur est-il naturellement très attaché aux Africains. Ce rêve de Don Bosco est intéressant. A ce moment Et maintenant, je suis Conseiller Général pour les MisDon Bosco est déjà très affaibli, il a tout donné, et qui a sions, en charge jusqu’en 2020, et si quelqu’un me detout donné peut dire: «Mission accomplie». Mais le Sei- mande, “Que voudriez-vous faire quand vous aurez tergneur lui inspire un rêve dont le contenu est: « Tu n’as miné votre mandat de Conseiller en 2020?” ... j’aimerais même pas encore commencé ». Pour dire, la mission à retourner en Angola, où j’ai été envoyé et où j’ai comaccomplir est encore très longue. Don Bosco veut donc mencé ma première mission. que ses fils gardent dans leur cœur la conscience que la J’essayerai de faire ce que je peux, du mieux possible, et mission n’est jamais finie. quand cette expérience sera terminée, je vais toujours me mettre à la disposition de mes supérieurs qui m’enQuel engagement à l’échelle mondiale les Salésiens verront où ce sera nécessaire, où Dieu voudra. doivent-ils encore accomplir ?

Le défi qui affecte l’Église et aussi nous, Salésiens, ce (article paru dans “Boletin Salesiano del Paraguay” et sont les milieux où le Christ n’est pas connu, où l’Évangrepris en “Il Bollettino Salesiano”, septembre 2015) ile est ignoré, où l’Église est une minorité absolue. April 2016 - Salesian bulletin No 12

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Salésiens de Don Bosco, Afrique des Grands Lacs (AGL).

Poster Interpretation

Poster Interpretation Strenna 2016 Each of us can reflect on the poster of the Strenna for 2016: “With Jesus we journey together in an adventure of the Spirit.” We don’t need to be experts to interpret a picture. It speaks for itself. We allow it to speak through whatever the image evokes in us. I will try to suggest some ideas that come from the symbols that appear in the poster.

Fr Francesco Cereda, Vicar of the Rector Major

In the background there is the Basilica of Don Bosco in Castelnuovo. It reminds us that we have just finished the Bicentenary of the birth of our dear Father and Founder. This event was well prepared and was celebrated with great seriousness everywhere, but especially in the Salesian places. The memory of it should bring abundant charismatic fruits. It will not be quickly forgotten, but the essential aspects of it should be kept alive.

him and follow him. With the other he offers support. It is an expression of affection. He is the “face of mercy.”

The walk with Jesus is an adventure. It is an adventure of the Spirit. This is why Jesus invites the young man, “Come on, follow me.” We can say yes or no. We do not know where the following of Jesus will lead us. The Spirit, who is the interior teacher, extends to us the invitation of Jesus to be His disciples and persuades us to Our journey unwinds, starting from our humble begin- accept. The Spirit is discreet and quiet. He disappears to nings at the Becchi. There is a stream of people. There make way for Jesus. You “do not know where it comes are many of us - the Salesian Family, young people and from and where it goes, because it blows where it wills.” lay people. We journey together and we are happy to do His breath is imperceptible, but it gives life. The Spirit is so. The symbol of the journey recalls the words of the unseen, but is present. Strenna: “we journey together …” We have come from the Bicentenary with our charismatic identity strength- The journey with Jesus, which is an adventure of the ened and therefore with a more marked sense of be- Spirit, leads to a meeting with him. In the foreground longing. It is a festive journey. On the journey we meet of the poster we see the meeting of a young man with others and meeting them encourages us on our journey. Jesus. The young man carries in his heart the spirit of Without others there would be no journey. Don Bosco. In preparation for the Bicentenary we were invited to start from Don Bosco. Now our commitment We walk with Jesus. He is the goal of the journey. We are is to “start afresh from Jesus” in our specifically Salesian all directed towards him. Jesus is also our leader on the way. The centre place and the primacy should be given journey. He shows us the way, because he is the way. He to the Lord Jesus - we follow Christ in the footsteps of tells us so himself - “I am the way.” The journey is the Don Bosco. one taken by Jesus himself. He is our companion on the journey as he was for the disciples of Emmaus. He is a The poster is by the Spanish artist David González friendly travel-companion, especially for young people. Arjona, of ARTIA COMUNICACIÓN With one hand Jesus invites a young person to walk with 16

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Salesians of Don Bosco, Africa of the Great Lakes (AGL).

Poster

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Salesians of Don Bosco, Africa of the Great Lakes (AGL).

Affiche

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Salesians of Don Bosco, Africa of the Great Lakes (AGL).

Interprétation Affiche

Interprétation Affiche Étrenne 2016 Chacun de nous peut faire un « exercice de lecture » du poster de l’Etrenne 2016 : « Avec Jésus, parcourons ensemble l’aventure de l’Esprit ». Il n’est pas nécessaire d’être expert pour interpréter les signes d’un dessin, car il est éloquent de par lui-même ; il s’agit de laisser parler ce que l’image évoque en nous. J’essaie donc d’esquisser quelques suggestions à partir des symboles qui apparaissent sur le poster.

Don Francesco Cereda, Vicaire du Recteur Majeur. La Basilique de Don Bosco, au Colle Don Bosco, qui se trouve dans l’arrière-plan, nous rappelle que nous avons juste clôturé le Bicentenaire de la naissance de notre cher Père et Fondateur. La mémoire reconnaissante de cet événement, préparé depuis longtemps et vécu partout avec profondeur, mais surtout sur les lieux salésiens, est une richesse qui doit porter des fruits charismatiques abondants ; et donc il ne peut pas être vite oublié, mais il doit être renouvelé dans ses aspects essentiels.

offre soutien et proximité ; Il exprime l’ ‘amorevolezza’ : Il est ‘le visage de la miséricorde’.

La marche avec Jésus est une aventure, ‘l’aventure de l’Esprit’. Pour cela Jésus adresse l’invitation au jeune : « Viens à ma suite ! » Nous pouvons répondre ‘oui’ ou ‘non’. Nous ne savons pas où nous portera la suite de Jésus. L’Esprit, qui est le maître intérieur, nous suggère et nous convainc à accueillir l’invitation de Jésus et à être ses disciples. L’Esprit est une présence discrète et silenLa marche d’un peuple qui serpente à partir de nos hum- cieuse ; Il disparaît pour laisser la place à Jésus. « Tu ne bles origines des ‘Becchi’ ; c’est un fleuve de gens. Nous sais ni d’où il vient, ni où il va, car il souffle où il veut.» sommes nombreux : la Famille Salésienne, les jeunes, les Son souffle est imperceptible, mais il anime et donne la laïcs ; nous marchons tous ensemble et nous sommes vie. On ne le voit pas, mais il est présent. heureux de le faire. Le symbole de la marche rappelle les paroles de l’Étrenne : « parcourons ensemble ». Nous sommes sortis du Bicentenaire avec une identité charis- La marche avec Jésus, qui est une aventure de l’Esprit, matique renforcée et donc avec un sens d’appartenance provoque la rencontre. Au premier plan du poster, il y plus marqué. La marche est joyeuse ; la marche favorise a la rencontre disponible du jeune avec Jésus. Le jeune la rencontre et la rencontre soutient la marche ; sans ren- porte dans le cœur l’esprit de Don Bosco. Si, au cours contre, il n’y a pas de marche. de la préparation au Bicentenaire, nous avons été invités à repartir de Don Bosco, maintenant notre engagement Nous marchons avec Jésus : Il est la direction de la est de « repartir de Jésus » dans notre manière spécifique marche ; nous tous, nous nous dirigeons vers Lui. Jésus salésienne. Le centre et la primauté doivent être donnés est aussi à la tête de la marche ; Il nous indique la route, au Seigneur Jésus : mettons-nous à la suite du Christ sur car Il est la voie ; c’est ce qu’Il nous dit : « Je suis la voie les pas de Don Bosco. ». La marche est la voie parcourue par Jésus lui-même. Mais Il est surtout ‘compagnie’ ; comme avec les disciples d’Emmaüs, il devient un aimable compagnon de Le poster est l’œuvre de l’artiste espagnol David voyage, surtout des jeunes. Jésus, avec une main, invite le González Arjona, de ARTIA COMUNICACIÓN jeune à marcher avec Lui et à le suivre ; avec l’autre, Il lui April 2016 - Salesian bulletin No 12

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Salésiens de Don Bosco, Afrique des Grands Lacs (AGL).

In Memoriam

In Memoriam Père Jean Dingenen (1924-2015)

Cela fait un peu plus d’une année que le Père Jean Dingenen est retourné à la maison du Père. Une belle occasion pour évoquer un salésien prêtre avec le cœur de Don Bosco au service des jeunes au Congo, Rwanda et Burundi.

Durant sa longue vie salésienne et missionnaire, le Père Jean a été un semeur. Il est parti pour semer, et de préférence en des endroits où on n’avait pas encore beaucoup semé. Le Père Jean a semé le champ du Seigneur par ses paroles mais surtout par ses actes. A la suite du Christ il était un semeur qui ne savait pas où ni comment la semence allait germer. Le Père Jean a commencé sa vie salésienne en 1942. Après avoir obtenu le diplôme de gradué en mathématiques, et au moment de commencer son stage pratique en Belgique, le Provincial lui demanda d’aller donner cours aux élèves européens du Collège Saint François de Sales d’Élisabethville (Lubumbashi, en RDC). Le Père Jean n’avait jamais pensé à être missionnaire. Il a accepté. Il avait choisi comme devise celle de Saint François de Sales : Rien demander et rien refuser. Il s’y est tenu toute sa vie. La demande du Provincial a donné une nouvelle orientation à sa vie. Le continent africain était devenu sa nouvelle patrie. La plus grande partie de sa vie allait se dérouler en Afrique. Après son stage pratique de trois ans à Lubumbashi, il 22

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rentra en Belgique pour faire ses études de théologie. Il fut ordonné prêtre le 19 avril 1953. La même année il repartit à Lubumbashi où il enseigna de nouveau au Collège Saint François de Sales pendant trois ans. En 1956 il fut nommé à l’EPOM (École professionnelle officielle des Métiers) de Kigali au Rwanda. Implantée d’abord dans l’enceinte de la paroisse Sainte Famille, elle fut transférée sur le site de Kicukiro en 1959 et devint une école technique (A3 et A2). Et le Père Jean en fut le directeur jusqu’en 1966. Après avoir passé dix ans à l’école technique de Kicukiro, le Père Jean fut nommé au Collège Don Bosco de Ngozi (Burundi) ; pas pour longtemps cependant, car l’année suivante il fut nommé directeur de l’École Technique de Mutoshi-Kolwezi (RDC), une école de la Gécamines confiée aux Salésiens depuis 1958. Il y restera deux ans. En 1969 il fut nommé directeur de la Cité des Jeunes à Lubumbashi. En 1971 une nouvelle nomination l’attendait : directeur de l’École technique officielle de Lubumbashi, où il restera trois ans.


Salesians of Don Bosco, Africa of the Great Lakes (AGL).

In Memoriam

En 1974 le Provincial lui demanda de rentrer à Mutoshi-Kolwezi, comme directeur, mais en 1975 il ne pouvait plus rester directeur à cause de la politique de zaïrisation du président Mobutu. C’est ainsi que le Père Jean fut envoyé, une nouvelle fois, à Kigali. Le gouvernement rwandais avait demandé aux Salésiens de faire « quelque chose » pour les jeunes désœuvrés. Avec l’appui des Anciens élèves de l’ETO, les autorités accordèrent aux Salésiens un vaste terrain à Gikondo-Gatenga. C’était un terrain dont personne ne voulait parce qu’il était marécageux et infesté de moustiques. A partir de Kimihurura, le P. Jean, avec deux autres confrères, réussit à valoriser le site et à le préparer pour la construction d’ateliers et de classes. C’est ici que le P. Jean a été surnommé « Mitsi » (le fort). Les Salésiens s’y établirent en 1978 et c’est encore le P. Jean qui en fut le premier directeur. Cette œuvre, qui a toujours accueilli les jeunes les plus pauvres, est connue aujourd’hui partout au Rwanda sous le nom de « Centre de Jeunes de Gatenga ». En 1979, à la demande des autorités civiles et ecclésiastiques, les Salésiens reprirent l’ETO de Kicukiro, dont la direction leur avait été enlevée en 1973 suite à des troubles politico-ethniques. Et ce fut le P. Jean qui en devint – pour la deuxième fois – le directeur. Il le restera pendant cinq ans, jusqu’en 1984, lorsqu’il reçut sa nomination comme Provincial de la province d’Afrique Centrale, comprenant le Congo (RDC), le Rwanda et le Burundi. Comme Provincial, il était tout entier au service de ses confrères. Il terminait ses lettres circulaires aux confrères par cette phrase : « Votre tout dévoué J. Dingenen, provincial ». Ce n’était pas une formule toute faite, mais l’expression d’un style de vie : le dévouement à toutes les « missions » que la Providence lui demandait d’accomplir. Son mandat de provincial terminé (en 1990), le nouveau Provincial le nomma directeur du scolasticat de Kansebula (Lubumbashi). A côté de son travail de Supérieur religieux d’une grande communauté de jeunes Salésiens, il organisa de grands travaux de terrassement, et comme au Rwanda, il n’hésitait pas à empoigner pelle et pioche. Cependant ces travaux étaient trop lourds pour son âge : il oubliait qu’il n’avait plus l’âge de l’époque où il assainissait le marais de Gatenga. Épuisé, il dut rentrer en Belgique pour reprendre des forces. En 1992 il fut envoyé à Goma-Ngangi, dans une œuvre où tout était encore à faire. C’était une œuvre naissante en faveur de jeunes pauvres à qui l’on offrait la possibilité d’apprendre un métier. Le Père suivit les constructions, tout en donnant des cours de mathématiques et de dessin technique. De nouveau, il était heureux parmi les jeunes. Mais la Providence lui confiait une nouvelle mission. Le Provincial de Belgique-Nord avait été sollicité par le Recteur Majeur, le P. Egidio Vigano, pour commencer l’œuvre salésienne en République Centrafricaine. Le Provincial de Belgique demandait au Provincial d’Afrique

Centrale de lui « prêter » le Père Jean pour faire partie de l’équipe fondatrice, étant donné sa longue expérience africaine. Il accepta avec enthousiasme et y restera trois ans. En 1997, son Provincial d’AFC le nomma à Kinshasa où il travailla dans les trois communautés de la capitale congolaise durant une dizaine d’années, avec une interruption d’une année pendant laquelle il fut nommé, pour la deuxième fois, directeur de la Cité des Jeunes de Lubumbashi. Il accepta encore cette fois de faire ce qu’on lui demandait, malgré le handicap de l’âge qui commençait à se faire sentir. En 2007 il rentra en Belgique pour des soins. Peu à peu sa santé se rétablit et son désir missionnaire continua de le hanter. Quand le Provincial de la nouvelle province AGL (Afrique des Grands Lacs : Burundi, Ouganda, Rwanda), le Père Gabriel Ngendakuriyo l’invita à rejoindre cette nouvelle province, il n’hésita pas un instant. Il repartit de nouveau en mission en 2008. Cependant sa santé nécessitait des soins particuliers. Au bout de six mois, il rentra définitivement en Belgique. Il fut heureux d’avoir pu revoir toutes les œuvres du Burundi et du Rwanda qu’il avait vu naître. Pendant les six dernières années de sa vie, sa santé ne cessait de décliner graduellement. C’est le 17 février 2015 que le Seigneur de la Vie lui a dit : « Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup, entre dans la joie de ton maître. » Père Jean, homme fort, Mitsi, fidèle à la parole du Seigneur, tu as semé en tant d’endroits. Tu as été le témoin de la bonté de Dieu par tes paroles et par tes actes. Tu as tant signifié pour tes confrères en Afrique. Tu as été l’envoyé de Dieu pour tant de personnes que tu as rencontrées. Rien n’était jamais de trop quand tu te mettais à la disposition de la Parole de Dieu. Ta disponibilité infatigable et ton engagement fidèle continuent à inspirer chacun de nous. Maintenant tu peux contempler comment ton travail de semailles porte ses fruits. Nous pouvons apprendre de toi ce qu’ « évangéliser » veut dire. Aide-nous dans cette mission qui est aussi la nôtre. Et nous te demandons : Reste uni à nous, prie pour nous. Prie avec nous pour des vocations en Afrique et partout au monde. Merci, Père Jean, pour ce que tu as été. Repose maintenant en paix. Jacques Verheyden (Sources : Homélie du Provincial de Belgique Nord, le Père Mark Tips, lors des funérailles du Père Jean, le 23 février 2015 ; Marcel Verhulst, Le Père Jan Dingenen, esquisse biographique.)

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Salésiens de Don Bosco, Afrique des Grands Lacs (AGL).

Interview

La province de l’Afrique des Grands Lacs (AGL) a eu la grâce et le bonheur d’avoir deux nouveaux prêtres en 2015, le Père Servilien Ufitamahoro et le Père Félix Nyagatare. Ils ont été ordonnés prêtres à l’Ifak Kimihurura Kigali, le 14 juin 2015, par Mgr Vincent Harolimana, Evêque du diocèse de Ruhengeri.

Interview

Ils répondent à quelques questions que le « Bulletin Salésien » leur a posées. Comment s’est passée ton enfance?

Père Servilien Ufitamahoro Père Félix Nyagatare

P. Félix J’ai eu l’idée de devenir prêtre quand j’étais en quatrième année primaire ; j’étais attiré par les prêtres de notre paroisse qui étaient toujours disponibles pour la catéchèse, pour quelques jeux avec nous le dimanche après la deuxième messe. En plus, mes parents avaient quelques amis prêtres qui venaient à la maison de temps en temps. C’est ainsi qu’a grandi en moi l’idée de me faire prêtre. Je partageais ce désir avec mes parents qui m’encourageaient. Quant à l’idée de devenir Salésien de Don BoP. Félix sco, c’était vraiment une surprise, parce que j’ai connu Je suis né à Kiliba (République Démocratique du Con- les Salésiens plus tard, en 2004, juste après mes études go). Je rends grâce à Dieu de m’avoir donné le cadeau secondaires et quelques années de travail. Mon cousin d’une très bonne famille de six enfants dont cinq garçons m’avait parlé des Salésiens ; après, je lui avais dit que et une fille. Mon enfance s’est très bien passée et j’en j’aimerais bien leur rendre visite, alors il m’a accompagné garde toujours de bons souvenirs. Mes parents m’ont au scolasticat de Kabgayi. donné tout ce qu’il fallait pour bien grandir. J’étais toujours à côté de maman qui m’apprenait un peu de Quel membre de la Famille salésienne as-tu rencontré catéchèse, et de petits travaux. Je n’avais pas beaucoup pour la première fois? de temps pour mes amis au quartier à cause des études. J’allais fréquemment à la messe avec papa et maman ; P. Servilien ils m’ont appris à prier. J’ai fini par devenir servant de Le membre de la Famille salésienne que j’ai rencontré messe. Bref, j’ai passé une enfance heureuse et je dis pour la première fois est Sœur Lumière, FMA. C’était merci à mes parents. dans une rencontre de membres des groupes vocationnels à la paroisse Stella Maris de GISENYI. P. Servilien. Étant le cadet de la famille, je dirai que mon enfance en général s’est bien passée. Comme enfant je n’ai pas eu la chance d’être à coté de mes deux parents. J’ai été élevé par maman qui a travaillé beaucoup pour pouvoir me procurer le nécessaire pour mon bien-être, mais aussi pour le bien-être de mes grandes sœurs et de mon grand frère.

Quand as-tu ressenti l’appel à devenir Salésien de Don Bosco et plus particulièrement prêtre?

P. Félix C’était Père Roger Vande Kerkhove qui m’a accueilP. Servilien li chaleureusement au scolasticat de Kabgayi , il m’a L’appel à devenir prêtre, je l’ai ressenti depuis mon je- expliqué en long et en large la vie de Don Bosco, le une âge. L’appel à devenir Salésien de Don Bosco, c’est charisme des Salésiens et il m’a donné un dépliant qui quand j’étais en cinquième année secondaire après avoir contient les étapes de la formation salésienne et les coneu de l’information sur la congrégation salésienne. ditions pour être Salésien de Don Bosco. 24

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Salesians of Don Bosco, Africa of the Great Lakes (AGL).

Interview

Peux-tu nous dire ce qui a été déterminant dans ce choix, ce qui t’a guidé à devenir “Salésien de Don Bosco”?

P. Servilien Ce qui a été déterminant dans ce choix, c’est l’expérience d’une session de 40 jours à Gatenga à laquelle j’ai eu la chance de participer. Cette session était organisée par le Père Joseph Kabadugaritse, qui était l’animateur vocationnel en ce temps-là. Nous participions aux activités du patronage chaque jour du lundi au vendredi et nous avions la chance d’avoir des rencontres avec le Père Joseph Kabadugaritse qui nous parlait de la vie religieuse et sacerdotale en général et de la vie salésienne en particulier.

Quelles ont été les difficultés de ce parcours?

P. Servilien Les difficultés ou les obstacles que j’ai pu surmonter étaient entre autres dus au découragement. Certains amis et quelques membres de ma famille n’étaient pas pour ce choix. On me demandait d’abandonner le cheminement pour trouver du travail.

P. Félix Les difficultés ne manquent pas dans la vie. La première difficulté qui m’a secoué sérieusement, ce fut la mort de ma chère maman, le 6 juin 2006 quand j’étais encore prénovice. J’étais découragé et j’ai failli arrêter mon cheminement, mais heureusement j’ai persévéré dans la P. Félix foi. Il y avait aussi certains amis qui me décourageaient Quand j’ai lu la vie de Don Bosco, quand j’ai compris le de continuer …C’est par la grâce de notre Seigneur que charisme de la congrégation salésienne : « Éduquer en j’ai pu tenir. évangélisant et évangéliser en éduquant », surtout les jeunes pauvres et abandonnés. Voyant la situation des Quel message voudrais-tu transmettre aux jeunes d’aujeunes pauvres, orphelins de l’école où j’étais intendant jourd’hui? et préfet de Discipline, je me suis dit que j’allais dédier ma vie à ces jeunes de façon plus concrète…. Je n’ou- P. Servilien blie pas ma première expérience au Centre de Jeunes de Le message à transmettre aux jeunes d’aujourd’hui est Gatenga où j’ai passé un mois de patronage ; vraiment de les inviter à bien discerner leur vocation ; que la vie ça été très stimulant et édifiant pour moi. religieuse et la vie sacerdotale sont des voies ouvertes à tous ceux qui ont la bonne volonté de suivre le Christ de Comment a mûri cet appel, cette vocation? plus près quand Il les appelle. La moisson est abondante mais les ouvriers sont peu nombreux. P. Servilien Cet appel a mûri par la prière et par la lecture de la vie P. Félix des saints, surtout les saints religieux prêtres. Le message que je voudrais transmettre aux jeunes, c’est d’être toujours optimistes, de donner un sens à leur vie, P. Félix de se confier toujours au Seigneur ; ensuite je les invite Pour mûrir cette vocation, je me suis laissé former, ac- à se laisser former, à prier avec conviction ; enfin à ne compagner, par mes formateurs…bien sûr, c’est tout un pas bouder et à ne pas avoir peur quand ils entendent la processus, c’est pour toute la vie. Je pense que l’essentiel voix du Seigneur qui les appelle car la moisson est abonest de prendre soin de sa vocation en se laissant guider dante mais les ouvriers sont peu nombreux. par notre Seigneur. Qui t’a aidé dans ce cheminement?

P. Servilien Dans mon cheminement j’ai eu l’aide de mon guide et directeur spirituel, mais aussi le soutien de maman, de quelques membres de ma famille et de quelques amis. P. Félix Beaucoup de confrères m’ont aidé dans ce cheminement : les formateurs que j’ai eus pendant deux ans à Gatenga comme aspirant et prénovice, au noviciat avec Père maître, au scolasticat de Kabgayi, au Lycée Don Bosco et à Gatenga comme stagiaire, enfin au Theologicum Don Bosco Utume (Nairobi). Je remercie également quelques membres de ma famille et amis qui m’ont encouragé et soutenu.

Que voudrais-tu partager avec nous à l’occasion de ton ordination sacerdotale?

P. Servilien Ce que je pourrais partager avec vous à l’occasion de mon ordination est la joie d’être prêtre et plus particulièrement prêtre Salésien de Don Bosco. Je remercie tous ceux qui m’ont aidé durant ce cheminement, et je rends grâce à Dieu pour son amour envers moi. Père Félix Je voudrais remercier toutes les personnes qui se sont donné corps et âme pour la réussite des cérémonies de mon ordination. Que Dieu les bénisse tous ! Je voudrais aussi dire « qu’on n’est pas prêtre pour soi mais pour les autres », c’est pour cela que je compte beaucoup sur votre prière, et je vous promets aussi de prier pour vous. April 2016 - Salesian bulletin No 12

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Don Bosco Muhazi

Si Muhazi m’était conté …

Délaissée depuis les années 90, en raison de l’insécurité qui régnait dans la région, la propriété de Muhazi était à redécouvrir… Curiosité éveillée un jour par une question d’apparence anodine . Une grille en ferme l’accès… et un petit berger, David, y garde des chèvres. C’est la brousse … dame nature a repris ses droits très rapidement. De beaux tulipiers, de grands avocatiers et manguiers ont échappé de justesse à la fabrication des « macaras » - braises. Et le lac est là, si proche, bordé de roseaux, de bambous, royaume des tisserins. Quelques pirogues se déplacent lentement, moyen de transport efficace pour les riverains en ce dimanche, jour de visites ! La maison est debout ! Certes, le toit a été endommagé mais les murs bien solides ont résisté au temps – on situe vers 1968, 1969, la date d’acquisition de la propriété et de la construction par des Pères salésiens. Maintenant squattée par les chauves-souris, les abeilles … qui, visiblement, n’apprécient pas cette visite imprévue. Douloureuse expérience, je vous assure ! Le toit en éternit est à remplacer en priorité … Et ainsi, petit à petit, grâce au financement de projets, de bienfaiteurs, la réhabilitation peut commencer. Une cuisine, une étable sont ajoutées, permettant d’accueillir très rapidement des groupes de jeunes du Foyer d’accueil de Gatenga. 26

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Des chantiers de solidarité avec les jeunes du Centre Don Bosco d’Hornu (Belgique) s’organisent à partir de 2003 et se renouvelleront tous les deux ans. Temps de partage, d’échanges ! La maison à étage se construit : un puis deux, puis trois niveaux – ce qui permettra de toujours mieux répondre à sa vocation de maison d’accueil pour les retraites, le ressourcement, la méditation. « C’est un vrai paradis » - voilà le verdict de nombreux visiteurs et collaborateurs. En 2005, nouvelle étape dans l’évolution de la « Maison Don Bosco Muhazi » : le groupe Urunana Belgique, formé d’amis se mettent ensemble – main dans la main - pour soutenir ce projet. Ils viendront y travailler concrètement au cours d’un séjour, en 2007. Ces échanges Nord-Sud permettent une prise de conscience de la situation précaire dans laquelle se trouve la population et de constater qu’on peut vivre heureux avec si peu de choses. Eternel dilemme entre « Avoir ou Être ». Depuis leur séjour, les « Imigongo » décorent la salle de séjour et ont retrouvé pleinement leurs lettres de noblesse. Le prince Kakira en serait heureux ! « KUBAHO N’UKUBANA » – c’est bien vrai ! On existe parce qu’on vit ensemble, qu’on se met ensemble. En 2008, voilà que l’alphabétisation peut être organisée


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Don Bosco Muhazi grâce à la précieuse collaboration des Sœurs « Inshuti Z’Abakene » - « Amies des pauvres » dont le charisme s’inspire de St Vincent de Paul, avec cette prédilection pour les plus pauvres. Ainsi, notre mission salésienne rencontre leur terrain d’apostolat. Un espace entre deux conteneurs a été aménagé, la salle polyvalente équipée ; l’électricité est fournie par des panneaux solaires, l’eau de source est captée…la vie s’organise ! Cent-cinquante personnes : adultes, couples, jeunes analphabètes, se côtoient sur les bancs, sans fausse pudeur ni honte ! Le regard que l’on pose sur eux est tellement important ! Un regard qui envisage, relève, qui invite à aller de l’avant sans s’attarder sur un passé parfois bien lourd à porter. Par la suite, la formation aux métiers donne une nouvelle orientation à la Maison Don Bosco Muhazi, ouverte aux plus pauvres, aux plus démunis, aux jeunes fragilisés par les circonstances de la vie. Le volet éducation s’ouvre, se développe : une éducation intégrale basée sur les valeurs, le respect de l’autre, la vie en société, le droit à la différence. Une éducation fondée sur les piliers chers à Don Bosco : la foi, la raison, l’affection. La vie quotidienne illustre parfaitement cet équilibre à trouver : la marmite est posée sur trois pierres, bien choisies. Ce système éducatif - dit préventif - exige une attention à l’autre, une écoute, une présence accueillante, une capacité d’anticiper les problèmes qui peuvent surgir. Orphelins, jeunes chefs de famille aux responsabilités multiples, trouvent leur place ici et redécouvrent rapidement une joie de vivre cet aujourd’hui qu’ils n’espéraient plus. Un minerval symbolique leur est demandé. Le bel uniforme est confectionné dans l’atelier de couture. Il est important de leur donner une dignité, de les rendre acteurs de leur propre développement afin de secouer l’inertie et le fatalisme de la pauvreté, le « Je suis pauvre et je le resterai », lié à un manque de compétences, d’acquisitions de base élémentaires. Filles et garçons de toutes confessions se retrouvent non seulement pendant les cours dispensés, mais aussi au moment important des activités de loisirs…plus de barrières ni de clivages sociaux: chacun a le droit de s’exprimer selon ses dons, ses talents. Jeu des tambours, danses traditionnelles, théâtre, créations artistiques … permettent à la population locale de s’investir comme « passeurs de mémoire ». Et c’est ainsi que l’on découvre les joueurs de flûte, tellement heureux de nous rejoindre, de pouvoir se valoriser dans le groupe ! Petits et grands fréquentent les terrains de sport, les locaux pour participer aux activités socioculturelles organisées pendant toute l’année scolaire. Des activités plus ponctuelles se déroulent autour de la fête de Noël, dont l’animation des « Petits chanteurs à l’étoile », ainsi que des forums de jeunes, des ateliers de formation spéci-

fique selon les nécessités ressenties, des modules de formation continue destinés aux « Anciens élèves » maintenant regroupés en association. La bibliothèque offre un espace ouvert où les livres peuvent être consultés sur place et les jeux de société, garantir des rencontres éducatives et formatrices. L’engagement sociétal reste une clé de voûte de notre société. Et c’est au niveau local que cet engagement prend la forme la plus concrète et la plus accessible. Depuis 2010, six promotions se sont succédé, soit un total de 373 jeunes ayant reçu un certificat d’aptitude professionnelle. Moitié filles, moitié garçons, signe d’une évolution profonde dans les mentalités rurales et d’une prise de conscience de l’importance d’obtenir une qualification reconnue afin d’améliorer la qualité de vie des communautés locales plutôt que de devoir être contraints à l’exode rural, à la recherche d’un emploi aléatoire dans la capitale. Ainsi, certaines filles optent pour la section construction, tandis que des garçons s’inscrivent en formation cuisine ou couture, renversant des idées reçues, établies, figées. Quelle valorisation pour ces jeunes de participer aux chantiers de construction organisés par le Secteur dont le centre administratif est établi à Gikomero : écoles secondaires, salle polyvalente, marché moderne. Voilà qu’ils collaborent activement à un développement régional à long terme ! En 2015, c’est à la construction de l’atelier ( Don Bosco Mondo) et des nouvelles classes ( Fondation Roi Baudouin / Kitumaini) qu’ils apportent leurs compétences - avec fierté : « C’est notre école ! » Le souvenir des atrocités d’avril 94 ravive chaque année de profondes blessures. La sagesse d’un proverbe rwandais vient apporter son éclairage sur une orientation possible : « Intimba ntiyica hica akazirikano ». « La douleur ne tue pas, ce qui tue, c’est le souvenir incessant. » Ne pas nier cette douleur, mais apprendre à travailler ensemble à la reconstruction, à la paix profonde, à la réconciliation des cœurs. Cet avenir plus serein se façonne jour après jour, petit à petit, à travers l’éducation. « Buhoro buhoro ni rwo rugendo. » ( Doucement, doucement, telle est la bonne marche) pour avancer en eau profonde - celle du lac Muhazi - et permettre aux enfants et aux jeunes, filles et garçons pauvres et à leur famille de retrouver des raisons de vivre, une énergie nouvelle pour envisager un meilleur avenir, pour aller toujours plus loin. Comme tout conte merveilleux, je voudrais conclure en disant simplement : « Ils sont venus et ils furent heureux ! » Thérèse Watripont, Salésienne Coopératrice Volontaire bénévole depuis 2001 au Rwanda.

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Youth Corner

PORNOGRAPHY Defiling Young Minds

M

atia Senfuka was a hyper-active boy from his early childhood. He was curious about everything, whether they were things of study, intellect, electronic gadgets or anything that he got hold of. Matia’s brothers and sisters, who were a few years older than him, were also similar to him in character. Having 28

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contact with several people, they had very many connections. They spoke about things beyond their age and level of growth. They brought in reading materials, video and audio CDs which were of adult content. Often this “entertainment” was willingly available to Matia. Thus he was “matured” beyond his age. After passing with good results in Primary Leaving Ex-


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Youth Corner

aminations his parents took him to a leading government school for his secondary education. Being in a boarding school he missed his exciting and electrifying materials of his home. He looked for different ways in getting them. He became friendly with students who were in higher classes. They lent him some of those materials at his request. As the years rolled by, Matia grew in age and intellect. Now in Form IV he had easy access to pornographic materials. His suitcase and school bag were filled with cuttings of sexy pictures and CDs. He no more felt embarrassed or scrupulous in having access to pornographic materials and being watched while buying or borrowing them. Having finished his secondary education and grown a young adult he also came in contact with several female friends. He introduced some of them to his own interests and entertainment. His conversation and mannerism resembled things he heard and watched. His friendship surely had the impact of media he was used to. He had become slave to his “entertainment� and an addict to pornographic materials. He used a good portion of his pocket money and the means that were meant for his educational advancement. His latest source of pornography was the internet. He spent at least one or two hours a day to surf pornographic websites. He watched images of naked human beings, homosexuality, explicit sex acts and violent sex crimes against women and children. He got hooked to people of his nature in social network such as Facebook and Netlog. He also got addicted to the practice of masturbation which he could not control. His nature was well shown in his face, behaviour, make-up, dressing style and of course his foul-mouthed language. He could not have a healthy relationship with others or live a normal life anymore. Now he needed a serious psychotherapy to overcome his emotional and psychological problems. *** Pornography is a generic term that encompasses all sexually oriented materials intended to arouse the reader, viewer or listener. It is like a virus that eats the healthy cells. It is a portrayal or communication of obscene writings, images and music of sexual content targeting the human mind so as to excite feelings to eroticism. These media contents aim at making the person think about or act upon them in the way it is suggested. The human mind is sexual in nature. Unfortunately in matters of sexuality our human mind reacts more easily to perverted feelings than to upright feelings. Ill-motivated people or organisations try to capitalize on the weakness

of human nature to make monetary gains or propagate their illicit ideologies. Through pornography they recruit like-minded people or even unsuspected people to their group or ideologies, for example people with homosexual tendencies. Pornography can be mild, that which is available in newspapers or even in educational materials given with good intentions of use. It can be strong through magazines, video or audio materials which are more easily available for little money. It will be hard core when the user goes for it with addiction and spends time and means for it. So in different degrees they affect the user at different levels of impact. As a matter of fact Pornography robs us of the very meaning of our life, the true meaning of love, sacredness of our body and sexuality. Sex is portrayed as something for gratification. It fails to look at our bodies as sacred and an image of God. It leads to a world of fantasy and deceit. The clergy should educate the young faithful the true meaning of human sexuality as a gift of God and a gift to be used in a sacred manner. Through moral education in schools and churches children and young people should be guided to use media and means of communication in a mature way. Students in schools and especially those in boarding sections should be monitored with more caution regarding the use and spread of pornographic materials among them. The Ministry of Education and other related government bodies should make awareness among students and young people about the evils of pornography and the harm they can do to young minds. Parents should supervise children during holidays, by checking on their reading materials, means of entertainment, possession of materials, types of friends and their use of internet facilities. Parents and adults in families should set example to younger people at home by not bringing home or using pornographic materials in the presence of their children. Government through media council should be strict in formulating and enforcing laws to curtail publication and sale of pornographic materials. It is human and Christian duty of every mature adult to stop young people from accessing pornographic materials. Father Lazar Arasu, sdb You can read more articles from Father Arasu on his website : www.arasulazar.org April 2016 - Salesian bulletin No 12

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Divertissement

Conte

L’Homme du Rocher Un petit village est blotti au creux d’une vallée au de cette bonne nouvelle, que, fréquemment au cours cœur d’un écrin de montagnes abruptes. Par un de ces caprices dont la nature a le secret, l’érosion millénaire a patiemment sculpté la roche des crêtes surplombant le village, et dégagé comme une tête d’homme empreinte d’une extraordinaire dignité.

de la journée, alors que les gosses de son âge jouent, il demeure assis, des heures entières parfois, contemplant la montagne.

Comme des racines poussent toujours plus loin, peu à peu, se creusa en lui, de plus en plus profond, le Fascinés par la noblesse de ses traits, de génération désir de l’avènement de cet homme, de ce libéraen génération, les villageois ont tissé, peu à peu, une teur et sauveur ; il aspirait intensément à la venue de légende séculaire, celle de « l’Homme du Rocher ». cet artisan de paix, car il désirait de tout son cœur le bonheur de ses montagnes. Mis en relief le soir par les derniers rayons du soleil couchant, le profil majestueux suscite depuis toujo- Cela dura des années. L’enfant grandit et devient urs des commentaires, qui se sont enrichis et enjol- progressivement un adolescent, puis un adulte, et un ivés au fil du temps. jour, stupéfaits, les habitants découvrirent que le jeune homme avait les traits de l’homme du rocher…. Aujourd’hui, à la veillée, les Anciens évoquent fréquemment la venue, un jour, d’un homme qui On prend facilement les traits de celui que l’on aura les traits de l’homme du rocher. Cet homme fréquente avec beaucoup d’amour. viendra apporter la paix, la réconciliation et un bon- A force de fréquenter la Parole de Dieu, on devient heur sans précédent pour tous les habitants de la une image de Jésus aujourd’hui. vallée. Source : Fernand Stréber et André Verviers, Les Les enfants écoutent religieusement ces bardes intarendez-vous contes. rissables, mais parmi eux il en est un, plus attentif encore que les autres. Il vit tellement sous le charme

Divertissement Devinette

Je suis le nom d’un district de la République Rwandaise. Quand on coupe ma queue, je deviens le nom d’une ville de Belgique. Qui suis-je?

Humour

Au cours de l’enrôlement, on demande au vieux Tahai sa fonction. -Bachelier dit-il -C’est quoi ça? Demande l’agent enrôleur. Tahai lui répond: -Quand il y a des funérailles, c’est nous qui mettons les bâches... (Source: XXX, Humour, Rions un peu n°6. Afriquespoir 2010, Kinshasa) ***

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Les USA ont inventé une machine qui attrape les voleurs. On l’essaie dans tous les pays: -Aux USA en trente minutes, elle a pris 300 voleurs, -En Chine, 200 en cinq minutes, -Au Burkina Faso, 600 en deux minutes, -A Adjamé (Côte d’Ivoire), en une minute la machine a été volée! ***

Le père de Toto inscrit son fils à l’école privée, il sort le dernier avec 4 points de moyenne. Son père l’inscrit à l’école publique et il sort toujours le dernier avec 4 points. Son père l’inscrit à l’école catholique, il sort le premier. Son père lui demande : « Pourquoi à l’école publique et privée tu étais dernier et à l’école catholique tu sors premier ? » Toto répond : « Quand je suis arrivé là j’ai vu un élève cloué sur la croix, c’est là que j’ai compris que les maîtres ne blaguent pas là bas ».


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News

RANGO: ENGAGEMENT DES SALÉSIENS AUPRÈS DES RÉFUGIÉS BURUNDAIS.

Depuis le déclenchement de la crise politique au Burundi, en avril 2015, des dizaines de milliers de familles burundaises ont fui les violences pré-électorales pour se réfugier au Rwanda voisin. Après l’élection présidentielle du 21 juillet 2015, qui a donné un troisième mandat controversé au président actuel, d’autres familles ont fui le pays pour s’installer au Rwanda. Ce faisant, ils quittaient un pays francophone pour s’installer dans un pays anglophone. En septembre 2015, les Salésiens de Don Bosco œuvrant à Rango (Huye/Butare), ont ouvert les portes de leur école à 75 jeunes réfugiés Burundais, filles et garçons, pour apprendre l’anglais en vue de leur insertion scolaire dans le programme anglophone. En même temps, les chrétiens de la paroisse salésienne de Rango étaient mobilisés pour offrir des vivres, des habits et d’autre matériel pour venir en aide aux réfugiés qui vivent en dehors du “camp des réfugiés”. Beaucoup d’entre eux vivent difficilement et ont perdu l’espoir du lendemain à cause de l’insécurité qui règne dans certaines parties de leur pays. Étant donné que beaucoup de ces refugiés ont perdu leur travail au Burundi et ont fui dans la précipitation sans rien emmener, leurs familles hébergent beaucoup de « sans-emploi » qui vivent dans des situations matérielles précaires. Les réfugiés burundais vivant dans l’entité de la paroisse de Rango ne bénéficient pas d’assistance adéquate et certains sont traumatisés par la perte de faveurs dont ils

jouissaient dans leur pays. Tout cela fait que le tissu social se fragilise. De nombreux jeunes manquent des moyens nécessaires pour étudier. Actuellement, certains d’entre eux apprennent un métier dans le Centre de formation professionnelle des Salésiens de Don Bosco de Rango. L’impérieuse nécessité d’assister ces jeunes réfugiés appelle de la part de toutes les composantes de la société, un véritable engagement. C’est la cause de la mobilisation de la communauté salésienne, dans sa mission pastorale envers ces réfugiés burundais. Présentement, les Salésiens de Rango frappent aux portes des bienfaiteurs pour essayer de trouver les frais de scolarité et autre matériel en faveur de ces jeunes vulnérables. Leur objectif est clair : aider les jeunes réfugiés et leurs parents à construire une société nouvelle où ils seront capables de se prendre en charge. L’accompagnement des réfugiés est un nouvel apostolat dans lequel les Salésiens de Rango agissent avec assiduité. Ils organisent aussi des activités parascolaires, formatives et récréatives, pour les enfants et les jeunes réfugiés. La tâche est immense et nécessite la participation de tous. Vos dons sont les bienvenus ! Père Raphaël Katanga (Communauté Salésienne de Rango- Huye (Butare).

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News

RWANDA: LE CHAMPIONNAT D’AFRIQUE DES NATIONS DE FOOTBALL (CHAN 2016)

Le

Rwanda a organisé la quatrième édition du Championnat d’Afrique des Nations (CHAN-2016), qui a mis en compétition les 16 meilleures équipes africaines qui étaient réparties en quatre pools de quatre équipes. Cette compétition est organisée tous les deux ans par la Confédération africaine de Football (CAF), et est réservée aux joueurs évoluant dans un club de leur pays (joueurs locaux). Les 16 pays qui ont participé dans la CHAN sont les suivants: Rwanda, Ethiopie, Tunisie, Zimbabwe, Côte d’Ivoire, Cameroun, Guinée, Zambie, RDC, Maroc, Angola, Nigéria, Niger, Ouganda, Gabon et Mali. Le Rwanda était placé dans le Pool A, aux côtés de la Côte d’Ivoire, du Maroc et du Gabon. Le championnat a eu lieu du 16 janvier au 7 février 2016, aux stades de Rubavu (province de l’Ouest), Huye (province du Sud), Amahoro (Ville de Kigali), et au stade régional de Kigali situé à Nyamirambo.). Avant le Rwanda, la Côte d’Ivoire (2009), le Soudan (2011), et l’Afrique du Sud (2014) avaient accueilli la même compétition. Les Léopards de la RDC ont croisé le fer avec les Aigles du Mali, en finale de ce championnat, qui a eu lieu le dimanche 7 février 2016, au stade Amahoro de 32

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Kigali. Les Léopards de la RDC ont remporté la coupe en battant les Aigles du Mali sur le score de 3 buts à 0. L’attaquant de l’équipe Don Bosco de Lubumbashi (RDC), Meshack Elia (18 ans), a été élu meilleur joueur et meilleur buteur du championnat. Rappelons que les joueurs de Football club Don Bosco de Lubumbashi sont appelés “Salésiens”. Ils ont mérité ce surnom parce que leur équipe a été fondée par un missionnaire salésien et des anciens élèves des Salésiens de Don Bosco de l’École technique de la Kafubu (Lubumbashi-RDC). Ces joueurs sont fiers d’être appelés “Salésiens”, le nom des éducateurs qui ont marqué leur vie. Le Chan 2016, fut est un grand honneur pour le Rwanda, pays organisateur. Ce championnat a eu un impact socio-économique favorable sur le pays hôte, le Rwanda. Suite au nombre élevé de visiteurs durant la période du championnat, des jeunes formés en “Hôtellerie-cuisine”, ont été engagés temporairement par les hôtels et les restaurants. Cette compétition a été à l’origine d’un climat de joie spéciale au Rwanda et surtout au sein de la jeunesse. A chaque victoire de l’équipe nationale du Rwanda, on entendait les taximoto klaxonner et scander des cris de joie pour féliciter leurs joueurs. Les Vuvuzela étaient au rendez-vous. On remarque actuellement un accroissement de l’attrait pour le football. Beaucoup de jeunes Rwandais veulent devenir comme les meilleurs joueurs qu’ils ont vus durant le championnat. Vive le football, vive la jeunesse. Père Raphaël Katanga


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News

Salesian Games Don Bosco Bombo had an amazing sight as youngsters of AGL province numbering around three hundred gathered together for a unique and same purpose. The three-day-program from Dec 20th to 22nd had lively youngsters from Uganda, Rwanda and Burundi. It’s an annual feature that they come together once a year to exhibit their sportive talent. Two disciplines were represented: football and basketball for both boys and girls. The Salesian community of Bombo was proud to host it this year. The Salesian spirit expressed through joy and simplicity was as if Don Bosco himself was there. You could trace the rays of a kind and nice smile on the faces of all the youngsters gathered for the occasion. They were also nourished by an interesting and well prepared conference on: “We are Caretakers of the Earth”. In basket ball boys, Gatenga Youth Centre managed to get the trophy after a tough and interesting final game against Don Bosco Ngozi, who had beaten Don Bosco Bombo in the semi finals. Don Bosco Bombo got the third position after another interesting match against

Namugongo. In the same discipline, Don Bosco Ngozi girls won the trophy after a serious and interesting match-final against Gatenga Youth Centre, who had beaten Kamuli girls in the semi final. In football, it was also nice but not as interesting as it was in basketball, due to the absence of some teams. Kimihurura managed to win the trophy on penalties after they equalized with Don Bosco Ngozi. On the girls’ side, Gatenga Youth Centre dominated the game and won the trophy against Don Bosco Bombo. All the teams were awarded according to their position. We thank God Almighty for all what have been those three meaningful and interesting days, where Salesians and youngsters shared more closely the charism of our Founder and Friend of Youth St John Bosco. May God continue to choose among the young people, the messengers of his Word and Love to other young who are still in darkness. Bro.Jean Marie Hitimana sdb.

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Photo Gallery

Salesian Games Bombo (Kampala) 2015

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Vocation

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Salésiens de Don Bosco au RWANDA

Salesians of Don Bosco in UGANDA

P. Raymond BAVUMIRAGIYE P. Frédéric MURINDANGABO Tél: +257 71733696/ +257 7181 0896 email: vocation-bu@sdbagl.org Lycée Don Bosco B.P. 1 Ngozi-Burundi

P. Pierre Célestin NGOBOKA P. Félix NYAGATARE Tél: +250 785159697 email: vocation-rw@sdbagl.org Post Noviciat-Gitarama B.P. 97 Gitarama-Rwanda

Father Callixte UKWITEGETSE Father Thomas OLOYA Tel +256 775646056 / +256 773077663 Email : vocation-ug@sdbagl.org Salesians of Don Bosco P.O. Box 10117 Kampala – Uganda

Filles de Marie Auxiliatrice/Rubavu-Muhato

Filles de Marie Auxiliatrice / Kigali – Rugunga

Tél : +250 785376126 (Sr Katarzyna URBANSKA)

Tél : +252 577608 / 0788467166 (Sr Lumière)

e-mail : fmagisenyi@yahoo.fr

e-mail : lucelumi@yahoo.fr

B.P. 31 Gisenyi – Rwanda

B.P. 2556 Kigali – Rwanda April 2016 - Salesian bulletin No 12

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