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do L’heb

�8 | 10 Novembre 2006 | Enquêtes, reportages & dessous de table | France, Maghreb, Afrique et d’autres coins aussi

Djouhri ou la belle vie La belle histoire de l’intermédiaire Alexandre Djouhri, franco-algérien sauvé des eaux troubles de Seine-Saint-Denis par les opaques réseaux d’affaires de la Chiraquie.

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elui qui n’était encore dans les années 80 que le petit Ahmed Djouhri, franco-algérien né un matin de février 1959 en Seine-Saint-denis aurait pu mal tourner. Les prémices du printemps 1986 ont même failli lui être fatales. « Le 4 avril 1986 [...] vers 20 h 40, était découvert dans l’enceinte de l’hôpital Saint-Louis, le nommé Djouhri Ahmed, blessé d’une balle de calibre 11/43 mm au niveau du dos », révèle un rapport de police judiciaire daté de 1989, dont Le Canard enchaîné, Intelligence on line et Libération ont déjà fait écho… et dont Bakchich publie de larges extraits sur son site. Une sombre histoire de règlements de compte entre clans. Passés ces errements de jeunesse, Ahmed se fait Alexandre et entame une nouvelle carrière. Toujours accueillante pour les hommes en quête de rédemption, la maison Pasqua ouvre ses portes à ce nouveau larron. Cornaqué par François Antona, grand flic estampillé Môssieur Charles et un temps son directeur de cabinet au Conseil général des Hauts-deSeine, Djouhri apprend vite. Intime de la flicaille parisienne, collecteur hors pair de renseignements, son aisance fascine jusqu’à André Tarallo. Le « Monsieur Afrique » d’Elf utilise ses talents quand le scandale du pétrolier éclate. L’occasion pour Alexandre de faire le tour du propriétaire. Rencontres avec Alfred Sirven, Pierre-Yves Gilleron (ancien de la DST très présent en Françafrique), Michel Roussin... Il se voit également octroyer un passeport diplomatique congolais et voyage souvent à Brazzaville... Et l’ami Dédé Tarallo n’oublie pas de faire découvrir les vertus du grand air suisse à son comparse. Toujours fourré ensemble dans les restos huppés de Genève, le duo ne passe pas inaperçu. Le personnel de l’hôtel Richemond, qui les

accueille souvent, se méfie même un temps de « ce petit homme toujours en costard mais qui ressemble à un loulou de banlieue au langage trivial ». Heureusement, Monsieur Alexandre gagne en respectabilité. Sa société de trading pétrolier, Direct investment Management (Dim), s’est installée dès 1987 à Genève et travaille beaucoup avec le « baron de l’eau », Bernard Forterre. Son carnet d’adresses s’étoffe d’autant. Fin des années 90, via Forterre, le lascar en costard décroche ses entrées à Vivendi environnement. Alain Marsaud, ex-juge anti-terroriste, ancien pasquaïen, député UMP et alors M. Sécurité de Messier, devient un grand pote. Henri Proglio, patron du pôle environnemental devenu Veolia, un intime. Normal, selon ses amis, Djouhri possèderait quelque 8% du capital de la société. Un joli magot. Cerise sur le gâteau, chiraquien de (presque) toujours, Proglio installe Djouhri dans le sillage du président. S’ouvre un nouvel horizon : l’armement. Bardé de sa proximité vantée avec Bouteflika et Belkheir, de sa double nationalité franco-algérienne et d’un entregent certain, Djouhri séduit Maurice GourdaultMontagne. Le conseiller diplomatique de l’Elysée ne jure que par lui, le Président en fait son chouchou. Et le greffe sur tous les contrats militaires et aéronautiques qui traînent : Algérie, Libye, Chine, sans oublier l’Arabie Saoudite. Après tout, le temps presse, la mort de la méritocratie chiraquienne est programmée. Mais d’ici mai 2007, il est encore temps d’en profiter. Pour l’instant, M. Alexandre n’est que millionnaire.y Xavier Monnier

Encore Clearstream

Rififi au Sahara

y 2€

Les juges D’Huy et Pons, dits «Zig et Puce», affrontent les «snipers» du code de procédure pénale

Pour le 31e anniversaire de la marche verte… rien ne se passe vraiment

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Ce que Bongo veut… Depuis près de 40 ans, tous les hommes politiques français draguent le petit Omar

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Chabi Chabot

Portrait de la grande cheftaine de ø France 2 par notre chroniqueur Gilbert Comte


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france

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rLe pied Marin

Jean-Claude Marin, le procureur de la République de Paris, veut encore se faire remarquer. Le magistrat n’a toujours pas pris position sur le dernier gros dossier judiciaire concernant le Crédit lyonnais, celui visant la manipulation des comptes de la banque en 1993. Va-t-il demander le jugement des anciens dirigeants du Lyonnais, ou bien un non-lieu général ? Depuis la fin juin, le dossier est sur son bureau et roupille tranquillement

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Tonton Sarko

Sarkozy bichonne les anciens proches de Mitterrand. Le ministre de l’Intérieur a nommé au début d’août dernier la préfète Béatrice Marre, l’ex-chef de cabinet de Mitterrand à l’Elysée, à la Commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France (CRRVE). Cette commission qui dépend des Affaires étrangères rassemble les représentants de diverses administrations et sert à réexaminer les dossiers de visas refusés pour l’entrée en France. Du travail en perspective !

y Décevant Chirac

Dans un livre à paraître la semaine prochaine, Karl Laske et Laurent Valdiguié confirment ce qu’a dévoilé le Canard Enchaîné avant l’été. Jacques Chirac a bien disposé d’un compte japonais, où ont transité quelques trois cent millions de Francs (45 million d’euros). Un document de la DGSE, retranscrit dans leur enquête, Machination en atteste. « Le montant des sommes versées sur le compte ouvert par Sowa au nom de M. Chirac serait de 70 okuyens, soit sept milliards de yens, soit environ 300 millions de francs », explique la note des services français. Une paille comparée aux fortunes des amis chiraquiens, Pinault ou feu Lagardère. Même pas le prix d’un Zidane. Chirac va encore faire des déçus

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Notre ami Bauer

Décoré cette semaine par Nicolas Sarkozy, notre ami Alain Bauer est resté fidèle aux convictions qu’il nous avait confessé. Ancien maître du Grand Orient, criminologue médiatique, économiquement intelligent, l’homme a réaffirmé pour l’occasion être « un Rocardien de conviction et de toujours » (Le Canard Enchaîné 8/11). Non seulement l’un des derniers de France mais sans doute le seul prosélyte vivant du rocardisme !

y Dissuadons !

La France va devenir encore plus dissuasive que dissuasive. Les tests de son nouveau missile à longue portée nucléaire, le M51, a été couronné de succès. 12 mètres au garrot, 46 tonnes sur la balance, 8 à 10 000 kilomètres de portée, la bête est affriolante. Et sera définitivement prête au décollage, fin 2010. Le temps que l’Iran et la Corée du Nord soient aptes à faire joujou eux aussi, avec la dissuasion...

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« Zig & Puce » cernés par les snipers

En charge de l’affaire Clearstream, les juges Jean-Marie d’Huy et Hervé Pons auront au moins eu la satisfaction de faire défiler la République dans leur cabinet d’instruction. Mais cela risque de ne plus durer très longtemps !

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i après MAM, « Zig et Puce » comme les surnomment sans grande tendresse leurs collègues juges du pôle financier, ont fermement l’intention de s’offrir un tête-à-tête avec Villepin, cette audition risque bien d’être leur dernier fait d’armes. Dans le viseur d’une poignée de « snipers » du code de procédure pénale, les deux valeureux magistrats vont en effet avoir beaucoup de mal à conserver le dossier le plus médiatique de l’année. Premier à avoir juré leur perte : le général Rondot. Les notes scrupuleuses de l’espion qui se prenait pour un clerc de notaire avaient involontairement mis les juges sur la piste du Premier ministre ? Qu’à cela ne tienne. Le général s’est depuis juré de réparer son erreur. Sa dernière mission de serviteur zélé du « PM » : sortir Villepin du guêpier en obtenant le dessaisissement des juges. Pour ce faire, il a mis au point une stratégie à double détente. Première étape : demander à être réentendu par les magistrats, sous prétexte de rectifier certaines de ses premières déclarations dans lesquelles, dit-il, il se serait un peu mélangé les pinceaux. Mais n’accepter l’invitation des juges que si ceux-ci lui accordent le statut de témoin assisté, ce qui lui permettrait de rentrer officiellement dans le dossier judiciaire. Une fois partie à part entière dans l’instruction, Rondot aurait tout loisir d’introduire une requête en suspicion légitime contre les magistrats. Son avocat, Eric Morain, a déjà trouvé le motif : la mention d’une rencontre entre Imad Lahoud et Sarko, figurant dans les carnets Rondot saisis par les juges, a mystérieusement disparu de la synthèse desdits carnets figurant au dossier. Comme si les juges, qui ne s’intéressent qu’au rôle de Villepin, voulaient exonérer par avance son ennemi de l’Intérieur de toutes manœuvres dans le dossier pour ne se concentrer que sur Villepin. Si le plan anti-juge de Rondot ne fonctionne pas, un autre tireur embusqué attend son heure : Imad Lahoud, l’auteur matériel présumé des faux-listings, selon « Zig et Puce ». Lui aussi vise leur dessaisissement en utilisant un autre biais : les relations amicales unissant depuis de longues années le journaliste Denis Robert et le juge Henri Pons. Il y a quelques années, les deux hommes avaient

effectivement préparé ensemble le marathon de New-York. Et suer côte à côte, c’est bien connu, crée des liens… Au début de l’été, le journaliste a apporté au magistrat les preuves de l’implication de Lahoud dans la machination Clearstream... grâce à des fichiers volés. Ce qui pourrait donc potentiellement valoir quelques ennuis judiciaires à Robert du genre une mise en examen pour « abus de confiance » par exemple. Or les juges D’Huy et Pons refusent d’envisager cette hypothèse, pourtant soulevée par le parquet. Zig et Puce n’ont pas tellement envie d’aller chercher des poux dans la tête de leur informateur Denis Robert, ce qui est compréhensible. « Ils mènent leurs instruction de manière partiale »,

se plaint depuis Lahoud, qui s’est néanmoins déjà fait envoyer bouler avec une première requête en suspicion légitime rejetée par la justice. Son avocat en a préparée une autre… Et si il n’y avait que les chausse-trappes tendues par les avocats ! Mais non, Zig et Puce doivent aussi se coltiner l’hostilité du procureur de Paris. En mission commandée pour sauver le Premier ministre, Jean-Claude Marin n’attend qu’un faux pas des magistrats pour siffler la fin de la récréation. Déjà, dans des réquisitions écrites, il vient de leur suggérer certains actes de procédures que les juges se refusent à accomplir… mais que le clan Villepin réclame à corps et à cris depuis le début : entendre MAM et le Premier ministre comme simple témoin par exemple. Ou encore accorder l’accès au dossier au général Rondot. Et mettre en examen le

journaliste Denis Robert pour faire diversion. Bref, le procureur Marin n’a de cesse de vouloir recadrer l’authentique affaire d’Etat en simple carambouille de pieds-nickelés. Jusqu’ici Zig et Puce continuent de faire la sourde oreille. Mais combien de temps vont-ils tenir retranchés dans le Fort Chabrol du pôle financier où ils ne comptent pas que des amis ?y Pascal Bovo


france

Châtillon, le Gud des autres

Après le voyage de Dieudonné au Liban cet été, une photo a circulé sur le net ou l’on voit M. Mbala Mbala en compagnie de Frédéric Châtillon, ex-dirigeant du Gud. Ce dernier nous le révèle: la rencontre relève d’un hasard total

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et été, Bakchich en a parlé, quand les canons israéliens et les roquettes du Hezbollah se sont tus, un messie moderne est allé vadrouiller dans les décombres du sud de Beyrouth : Dieudonné. Ses apôtres : une vaillante troupe, composée de son directeur de campagne, l’aimable ex-frontiste Marc Robert, de l’ineffable Alain Soral, d’Ahmed Moualek, animateur du site La banlieue s’exprime et du sémillant boss du Réseau Voltaire, Thierry Meyssan. Avec eux, celui qui n’est plus candidat à la présidentielle a rencontré les plus beaux spécimens de la poli-

tique libanaise et syrienne : le président Émile Lahoud, le général Aoun, la direction de la chaîne du Hezbollah, Al-Manar, ou encore le Président du parti national Syrien. D’augustes personnages qui n’ont évidemment accordé d’entrevues avec notre Mbala Mbala national que parce qu’il est un éminent leader de la politique française. Sur une photo prise dans la banlieue Sud de Beyrouth qui a pas mal circulé sur le net, se distingue, les yeux fermés, un autre Français, le sympathique Frédéric Châtillon. Dirigeant du GUD, le syndicat étudiant d’extrêmedroite, dans les années 90,

père d’un enfant parrainé Le Pen et proche de la fille de ce dernier, le jeune homme, selon des colporteurs de ragots mal intentionnés, aurait organisé le voyage grâce au soutien financier de la Syrie. Certes, l’homme a des amitiés dans le dernier pays baassiste. « Ami » du général Moustapha Tlass, l’ancien ministre syrien de la Défense et grand maître des services secrets du pays, Châtillon aurait largement fait bénéficier de ses réseaux au GUD. La note des RG le concernant précise que le GUD, « par son intermédiaire, a toujours entretenu des relations avec les autorités syriennes ». Se-

Le déclin d’un empereur corse Avant son tragique accident, l’ami Jean-Jé Colonna avait eu quelques soucis sur l’île.

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fficiellement Jean-Jé Colonna, ancien de la French connection et désigné comme le dernier parrain corse, est mort de sa belle mort, victime d’un arrêt cardiaque au volant de sa voiture, le 1er novembre dernier. Sa famille a expliqué à la police que ce saint homme, simple salarié de supérette, avait eu l + sur un malaise cardiaque bakchich deux jours avant l’accident alors qu’il se reposait chez lui. Et son épouse n’a pas demandé d’autopsie. Circulez, il n’y a rien à voir. Voici la version officielle de la Police judiciaire d’Ajaccio. Il reste que les bagarres entre les partisans de Colonna et des bandes rivales en Corsedu-Sud s’étaient intensifiées ces derniers mois. Ces luttes d’influence avaient même été particulièrement vives lors des élections cantonales partielles qui devaient pour-

voir, cet automne, au remplacement de Roland Francisci décédé au mois d’août d’un cancer. Son propre fils était can-

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lon la même fiche, fin 2001, le beau Frédéric « active ses réseaux syriens pour rencontrer le chef du Hezbollah […] [il] devait se rendre au Liban et en Syrie pour visiter des camps du Hezbollah ainsi que le cheikh Nasrallah responsable fondateur du Hezbollah ». Tout cela a laissé supposer à certains que l’ancien Gudard avait organisé les éminentes rencontres et, donc, fait financer le voyage par ses amis. Mais pas du tout !

didat à la succession et son élection ne faisait pas de doute. Jusqu’au moment où un candidat s’est déclaré, Nono Lanfranchi, officiellement divers droite, en fait fort proche du clan Colonna. Pour l’aider dans sa campagne, le fils Francisci devait faire appel à l’aide d’un ancien grand flic, Charles Pellegrini, qui secondait son père dans le cercle de jeu que ce dernier possédait à Paris. Pellegrini a rameuté le ban et l’arrière-ban pour aider le jeune héritier. Il fit appel notamment, à un ancien journaliste reconverti dans le lobbying, un certain Marc Francelet qui a bien des entrées dans les rédactions parisiennes. L’ami Francelet y déblatère notamment sur le Petit Bar d’Ajaccio où les amis de Jean-Jé avaient l’habitude de se retrouver. A bon entendeur salut. Finalement, le fils Francisci a été facilement élu lors de l’élection cantonale partielle. Son rival « Nono » est retourné à la chasse au sanglier. Et s’il n’y avait pas eu ce fichu accident dont Jean Jé a été victime, tout irait pour le mieux dans la meilleure des Corse.y Gari John

Joint par téléphone, l’intéressé nous apporte la lumière : « Je me suis rendu sur place parce que j’ai des amis là-bas et de la famille » explique-til. Quant à Dieudonné, « je l’ai rencontré à l’hôtel, à Damas ». Par hasard ! La photo ? « J’ai pensé que ce serait marrant de faire un tour avec eux à Beyrouth ». Et voilà. Et ceux qui insistent sur les rap-

Fin juin 1970, le bouillant Jean-Jacques Servan-Schreiber emporte à la hussarde un siège de député à Nancy. La victoire de ce trublion centriste, fondateur de l’Express, auteur en 1967 d’un best-seller, Le Défi américain, intrigue la Maison-Blanche, qui se demande si ce JJSS est capable de bousculer la France post-gaulliste. Le conseiller Henry Kissinger, qui seconde le président Richard Nixon, demande donc une note au Département d’Etat sur le cas JJSS. Le mémorandum « confidentiel » que nous reproduisons sur www.bakchich.info, adressé à Henry Kissinger, est daté du 3 juillet 1970. Les diplomates américains s’amusent que l’élection surprise de JJSS donne aux Français un sujet de conversation dans une climat politique plutôt « terne ». Ils évoquent les clés de son succès, alliant « sa conduite, le charme, l’argent, et un don remarquable pour l’auto-promotion ». Ils soulignent que ses idées neuves sur la décentralisation et l’Europe, et sa

Le 08.11.06 | Dépêche parue en farsi le 7 nov. sur les fils de l’agence de presse iranienne Mehr News Agency

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par le gouverneur général et maire de la ville de Diwaniyah ; et elle est entrée en Iran par le poste-frontière de Shalamcheh. Répondant aux questions du reporter de Mehr News Agency, le gouverneur de Khorramshahr, Mohammad Ali Shirari a précisé que « la délégation est entrée sur notre territoire à midi. Elle rencontrera

plusieurs représentants de l’industrie pétrochimique dans les ports de Bandar-e Imam et de Mahshar. Les entretiens porteront sur des projets de coopération économique ». Il nous a également expliqué qu’elle participerait ensuite à des réunions avec des représentants de la province de Khuzestan et de la ville d’Ahvaz.

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prochements idéologiques, autour de d’un antisionisme pour le moins virulent, de la bande à Dieudo et du Gudard propalestinien ne lancent que médisances. Après tout, pourquoi ne pas croire un homme considéré par les RG comme intime du chef des services secrets syriens ? y Guillaume Barou

Quand J.J.S.S. intriguait la Maison Blanche

Des émissaires irakiens négocient en Iran es discussions transfrontalières sont entamées qui devraient impliquer l’Iran dans la remise en état des grandes villes du Sud de l’Irak. Le gouverneur de Khorramshahr nous a annoncé l’arrivée imminente d’une délégation irakienne de douze personnes. Celle-ci est emmenée

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La région frontalière de Diwaniyah, d’où arrive cette délégation,

« virtuosité littéraire » ont prévalu sur son comportement passé, souvent erratique et « parfois irresponsable ». Prudents, les diplomates estiment que seul le temps dira s’il s’agit juste « d’un flash » ou « la première ligne d’un nouveau chapitre de l’histoire politique française ». La carrière politique de JJSS, ministre de Giscard durant quelques jours en mai 1974, sera brève. Son histoire avec les États-Unis ne faisait pourtant que commencer. Servan s’envole avec armes et enfants vers les USA en 1985, après un échec retentissant. Placé à la tête du centre mondial pour l’informatisation et les ressources humaines, une entreprise attalo-mitterrandienne, l’ancien éditorialiste y a laissé un fatal gouffre financier. Accueilli à Pittsburgh, il y préside le comité international de l’Université Carnegie Mellon, avant de revenir en France au milieu des années 90. JJSS est décédé le 7 novembre 2006 y G.J.

jouxte la province iranienne de Khuzestan. L’objectif poursuivi par ces membres vise à renforcer les coopérations dans le domaine de l’ingénierie et du BTP, afin d’impliquer l’Iran dans la reconstruction de cette zone.y

Avec le site geopolitique.com & Guillaume dasquié, Bakchich traduit chaque semaine un article paru dans ces journaux que l’on ne lit jamais – ouzbèkes, nigérians, ou zimbabwéens. Cette semaine, une dépêche iranienne détaille les « discutions transfrontalières » entre des iraniens et une délégation irakienne, axées notamment sur «des projets de coopération économique »


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rélections Maroc : ça avance et ça recule

maghreb|machrek

Des élections législatives sont censées se tenir au royaume enchanté en 2007. Tout le monde pensait qu’elles auraient lieu au dernier trimestre mais, à en croire ce qui se dit dans les allées du pouvoir, sa Majesté pourrait décider de les organiser dès le mois de juin. Une astuce pour gêner les islamistes, grands favoris ? Mouais, plutôt l’ambition de montrer que le règne de M6 a pris un nouveau tournant et que ça travaille dur

En cet anniversaire de la marche verte, le Maroc tarde à présenter son projet d’autonomie élargie pour le Sahara Occidental, un projet qui intéresse pourtant la communauté internationale

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Lucien Aimé-Blanc entendu par la justice française

On n’arrête plus le juge Ramaël qui sévit dans l’enquête sur la disparition en 1965 de Mehdi Ben Barka. Cette semaine, il a auditionné l’ex-commissaire de police Lucien Aimé Blanc. En avril 2006, soit 41 ans après les faits, celui-ci a révélé dans un livre que les autorités françaises savaient que quelque chose de louche se tramait contre l’opposant marocain. Le commissaire avait alors exhumé de vieilles retranscriptions d’écoutes téléphoniques, commandées par le ministère de l’Intérieur français, entre les principaux protagonistes de l’enlèvement de Ben Barka et à quelques jours avant que l’on ne perde sa tracey

RSF contre attaque

Le 7 novembre dernier, l’association Reporters sans frontières a fêté à sa façon le 19e anniversaire du coup d’État médical du tunisien Ben Ali. Elle a organisé les « 24 heures contre la censure ». Et ce sont tout de même 100 000 internautes qui ont navigué sur le site des défenseurs de notre belle liberté d’expression. Du baume au cœur, mais une broutille comparés aux nombreux tunisiens venus acclamer leur sauveur à l’occasion de l’anniversaire du « changement ». Comme quoi, c’est plus facile d’ouvrir la bouche que de tendre le brasy

Prière de Ramer

La phobie de l’islamisme aéroportuaire s’est exporté de Roissy à Rabat. Une note interne à la Royale Air Maroc et dévoilée par le quotidien marocain arabophone Assabah, enjoint ses salariés à moins prier et à plus bosser ! Les salles de prières de l’entreprise ont été fermées et les pauses religieuses supprimés. La découverte récente d’un CD faisant l’apologie de l’islamisme circulant chez les salariés ne serait pas tout à fait étranger à cette décision. Tout comme les problèmes financiers que rencontre la compagnie. Mais qu’ils fassent attention. S’ils continuent, ils vont avoir droit à un livre de l’agité du bocage, le vicomte De Villiersy

Sahara occidental

Du rififi sur toute la ligne

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ette semaine, le Maroc fêtait le 31e anniversaire de la Marche Verte. Coup de poker magistral d’Hassan II, elle a permis au royaume de faire main basse, pacifiquement, sur le Sahara occidental en 1975. Depuis, d’une majesté à l’autre, on s’évertue à faire acter cette annexion à la communauté internationale, fermement convaincus que le Maroc a des droits inaliénables sur le Sahara. Pour ce, le royaume a trouvé la parade : proposer une solution d’autonomie élargie du territoire. Au niveau diplomatique, la proposition est en train de tourner court. Bien que l’Algérie et le Front Polisario l’aient illico rejetée, la communauté internationale a manifesté un réel intérêt pour cette piste. Et patatras boum boum, tombé en léthargie, le Maroc n’a toujours pas présenté sa fameuse autonomie aux Nations Unies. Dès le début, il avait certes indiqué qu’il se donnait jusqu’en mars 2007, mais avait promis de sortir du bois en avril 2006 puis en octobre. Bref, toujours rien à l’horizon et, dans les chancelleries, on lève les yeux au ciel.

La folie des grandeurs d’Ould Rachid La faute à qui ? À pas de chance peut-être ? En 2005, Mohammed VI a créé le Corcas, le Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes. Sa mission : concevoir

un projet d’autonomie digne de ce nom. Pour diriger son nouveau joujou, le roi a désigné un Sahraoui rentré dans le giron marocain dans les années 70, l’inénarrable Khalli Henna Ould Rachid (voir sur le site le portrait peu glorieux que lui avait consacré Bakchich en juin 2006). Mauvaise pioche. Atteint d’une folie des grandeurs incurable, celui-ci a cru qu’on le laisserait régner en maître absolu sur un Sahara autonome. Et a mijoté plus ou moins en cachette, en tout cas sans concerter ses pairs du Corcas, un projet d’autonomie qui lui donne le beau rôle. Son contenu reste inconnu mais on sait qu’il a été retoqué en haut lieu à Rabat. Furieux d’avoir été snobés par Ould Rachid, certains Sahraouis promarocains du Corcas ont décidé de se débarrasser de cet encombrant mégalo. Et n’y vont pas de main morte. La semaine dernière, le président de la commission des droits de l’homme de la vénérable institution s’est répandu en vacheries faisant le bonheur des partisans de l’autodétermi-

nation. Il a tout simplement déclaré qu’en matière des droits de l’homme au Sahara, le Maroc se comportait encore plus mal que l’État d’Israël en Palestine ! Tout ça pour dire qu’il a alerté Ould Rachid sur le problème (au demeurant réel), en vain. Bref, le Corcas – que les Sahraouis indépendantistes ont rebaptisé « la carcasse » – n’est pas prêt de ficeler un projet d’autonomie. Il va falloir que Sa majesté et son shadow cabinet de conseillers se retroussent les manches.

Le coup de babouches d’Abdelaziz Bouteflika Malheureusement, Mohammed VI semble très occupé à croiser le fer avec l’Algérie qui soutient le Front Polisario. À l’occasion du 31e anniversaire de la Marche Verte, il s’est fendu d’un discours polémique. Extraits : « sur le plan maghrébin et régional, Nous réaffirmons par cette démarche Notre attachement à l’unité du Maghreb arabe et Notre volonté d’épargner à cet espace, ainsi qu’à la région du Sahel et aux

d la marche verte 1975. L’Espagne s’apprête à quitter le Sahara occidental. Que va devenir le territoire : un État indépendant, une partie de la Mauritanie, une province marocaine comme le désire ardemment le royaume ? La Cour Internationale de Justice tranche : il faut organiser un référendum d’autodétermination. Le roi Hassan II décide alors d’envahir pacifiquement le Sahara. Il y fait converger 350 000 Ma-

rives méridionale et septentrionale de la Méditerranée, les risques calamiteux de balkanisation et d’instabilité qu’engendrerait l’implantation d’une entité factice (sous-entendu un Sahara occidental indépendant). Cette redoutable hypothèse transformerait la région en un marécage glauque servant de repaire aux bandes de terroristes et de malfrats faisant commerce d’êtres humains et de trafic d’armes. » Jusqu’à présent, le royaume laissait plutôt ce type d’arguments à quelques sous-fifres ou communiquants mercenaires… Résultat : depuis Pékin où il assiste au congrès sino-africain, le président algérien Bouteflika s’est immédiatement dressé sur ses ergots, envoyant un bon coup de babouches au jeune monarque. L’Algérie, elle, n’attise pas les tensions entre les deux pays puisqu’elle considère que le dossier du Sahara n’est pas un frein à la normalisation des relations ni à la construction maghrébine, a-t-il rétorqué en substance. Ambiance…y La Princesse enchantée

rocains par tous les moyens de transport possibles. « Cela correspond au nombre de naissances annuelles au Maroc. J’ai pensé qu’il m’était permis d’engager la moisson solennelle que Dieu nous donne pour ramener à la Patrie une terre que nous n’avons jamais oubliée » dira-t-il, superbe… Il se gardera, en revanche, d’expliquer que le but de cette marche était aussi de souder le peuple marocain autour du trône et de faire rentrer l’extrême gauche dans le giron monarchiquey La P.E.


maghreb | machrek

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Jeune Afrique en pince pour la Tunisie Tunisie | L’hebdo panafricain a choisi un nouveau directeur à la délégation tunisienne, tout droit sorti du clan Trabelsi. De quoi assurer de belles rentrées publicitaires

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oilà 47 ans que Jeune Afrique, « hebdomadaire international indépendant » – dixit la couv’ – abreuve ses lecteurs de copieux publireportages maquillés en enquêtes sérieuses. Des arrangements qui ont le mérite de faire vivre le canard. D’ailleurs en embauchant, début octobre, Hédi Hamdi au poste de directeur de la délégation générale Tuniso-libyenne, le newsmagazine panafricain s’assure là aussi de beaux jours. Jusqu’ici, Monsieur Raja

Skandrani avait le privilège d’occuper seul le poste de directeur de la délégation à Tunis. Le charme est rompu courant septembre. Il s’est vu flanquer un acolyte, Hédi Hamdi. Ce fidèle de la garde rapprochée de Belhassen

1994 le magazine spécialisé Profession tourisme. Un magazine du groupe Karthago éditions abreuvé de publicités Karthago Airlines et truffé d’articles de présentation des hôtels du groupe Karthago… du grand art !

édi Hamdi : ce fidèle de la garde rapprochée de H Belhassen Trabelsi, le patron du clan du même nom, s’y connaît en presse « indépendante » Trabelsi, le patron du clan du même nom, s’y connaît en presse « indépendante ». Lui et son boss éditent depuis

Mais peu importe la réputation de celui que les langues persifleuses surnommeraient HH snif-snif, rapport à la

Les croisades de Sifaoui Algérie/France | Tariq Ramadan, Al Qaida, Al Zarkaoui, aucune des figures du grand satan islamiste n’échappe (ou alors de très très peu) à l’ineffable « reporter » Mohammed Siafoui

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après la légende, Mohamed Sifaoui est un opposant algérien qui a fuit son pays à la fin des années 1990. Mais, quelques mois seulement après avoir débarqué en France, « l’opposant » est l + sur bizarrement bakchich devenu l’ami de certains haut-gradés algériens, au point de venir soutenir le très sympathique général Khaled Nezzar lors d’un procès qui s’est tenu à Paris en 2002. Transformé en pourfendeur de « l’islamisme », le dynamique Mohamed est devenu le fournisseur officiel de barbus des chaînes de télévision françaises qui

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louent ses services comme on loue ceux d’un traiteur pour une soirée d’anniversaire. C’est ainsi que, dès 2003, son inséparable caméra cachée lui a permis de démasquer, pour France 2 et M6, une prétendue « cellule d’Al Qaida à Paris ». Une étrange affaire qui s’est soldée par « la fuite » du principal protagoniste du « reportage » – un soi-disant militant algérien du GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat) – en… Algérie, où le « jihadiste » coule, d’après nos informations, des jours assez tranquilles. Il se passe des choses étranges en Algérie. Mais le pays est trop petit pour satisfaire les appétits de Mohamed Sifaoui qui,

auréolé de ce premier succès télévisuel, s’est rapidement lancé « sur les traces de Ben Laden » au Pakistan, pour M6, le manquant d’un poil de barbe (2003), avant de traquer Abou Moussab Al Zarkaoui en Jordanie, pour la même chaîne, sans plus de succès (2005). Ces derniers temps, c’est principalement pour l’émission du service public Envoyé Spécial que le journaliste en rangers fait chauffer sa caméra cachée, avec des « enquêtes » au bazooka contre les mosquées de banlieues (2004), contre Tariq Ramadan (2004), contre les « émeutiers » de banlieues (2005), contre les « islamistes » danois (2006), etc.

poudre magique. Le PDG de Jeune Afrique, Béchir Ben Yahmed, et son honorable conseiller François Soudan ont certainement vu en lui une poule aux œufs d’or. Poule qui a dû pondre parce que depuis cette nomination, le site Internet du journal consacre, en une, tout un encadré à la « Tunisie de demain ». Ce « pays développé » à la compétitivité accrue, cette « voie à suivre » que les riches pays du Golfe s’arrachent est la nouvelle terre promise où tout finan-

Chefs d’œuvre de manipulation, comme cela a été prouvé dans une édition d’Arrêt sur images sur France 5 en 2006, les reportages de Mohamed Sifaoui font exploser l’Audimat, et ont l’odeur âcre de la terre brûlée. La crise des caricatures du prophète, en février dernier, ne pouvait dès lors échapper à son goût pour les enquêtes ciblées. Ceux qui veulent comprendre ce qui s’est tramé lors de la trop fameuse « affaire des caricatures de Mahomet » qui a défrayé la chronique en février dernier perdront leur temps à lire le nouveau livre de Mohamed Sifaoui, sobrement intitulé L’affaire des caricatures. Les lecteurs qui, eux, aiment qu’on leur fasse peur – et qu’on les prenne au passage pour des imbéciles – y trouveront sans doute leur compte (18 euros)... (chronique sur le site, www.bakchich. info)y Souleymane Al-Arabi

x gendarmerie marocaine x

cier avisé se doit d’investir ! Ridha Kéfi, ancien rédacteur en chef délégué correspondant à Tunis de Jeune Afrique ne doit pas partager l’avis de ces laudateurs. Étrangement, son nom n’apparaît plus dans l’ours depuis la nomination de HH. Pourtant, le journal le plus acheté des ambassades africaines est coutumier du « racket publicitaire ». Déjà en 2005, des documents tirés de « l’échéancier des encaissements sur contrats de communication » (sic) révélaient comment Jeune Afri-

 ª

que, à l’époque l’Intelligent, avait signé pour près de six millions d’euros de contrats publicitaires avec des régimes amis. Si Jeune Afrique a bien une intelligence c’est dans l’art du bakchich y Léa Labaye

En Algérie, c’est la foire

Pendant que Boutéflika s’affairait au sommet Chine-Afrique, les Algériens se ruaient par milliers au salon international du livre

C

es derniers jours, c’est au salon international du livre (qui n’a de salon que le nom et qui est en vérité une immense foire du livre) que l’on peut prendre la mesure de la vitalité de la société algérienne. Ils sont des milliers à arpenter chaque jour des kilomètres carrés de stands dans ce qui fut autrefois, sous Boumediène, la foire de la production nationale. C’était le temps des hauts fourneaux, de la sidérurgie, de la révolution agraire et de la révolution culturelle lorsque, endimanchés, nous venions admirer les prouesses des machines industrielles de l’Allemagne de l’Est. Depuis, l’endroit accueille toutes les foires commerciales mais c’est en Chine que notre président est en visite de travail et où, si l’on en croit la presse algérienne, il s’en est pris vertement aux bâtisseurs de route chinois, les exhortant à respecter les délais de livraison de l’autoroute Est-Ouest, des milliers de kilomètres qui traverseront l’Algérie entièrement réalisée par de vrais Chinois, en chair et en os, pour des milliards de dollars. L’Algérie est riche mais les livres sont chers, se plaignent les visiteurs de la foire du livre. Qu’importe, ils sont des milliers à venir, avec leurs enfants, leurs sœurs, leurs mères et leurs femmes, arracher à leurs économies le prix d’un livre comme on part à la recherche du savoir que le Coran recommande du reste d’aller chercher jusqu’en Chine. Et si, comme chaque année, le livre religieux demeure au hit parade des ventes, avec Coran dis-

tribué gratuitement par les maisons d’édition saoudiennes, tout se vend et s’achète. Livres scolaires, médecine, mécanique, beaux livres, romans, les stands sont pris d’assaut au grand bonheur des importateurs, à peine quatre ou cinq dans tout le pays, qui sont en véritable situation de monopole depuis qu’une loi les oblige à détenir un capital de deux milliards de dinars, ce qui exclut de fait tous les petits libraires et

gros riches qui n’ont Lalorsesjamais lu un livre ou il y a bien longtemps

se retrouvent de fait les grands ordonnateurs de la politique du livre en Algérie autres petits. Les gros riches qui n’ont jamais lu un livre ou alors il y a bien longtemps se retrouvent de fait les grands ordonnateurs de la politique du livre en Algérie, ce sont eux qui choisissent les titres, les quantités, et qui décident des prix de façon totalement folklorique. On comprend pourquoi la ministre de la Culture qui d’habitude inaugure, à la lumière des caméras de la télévision nationale, cette manifestation, s’est faite porter pâle cette année et remplacer par le président du Sénat, M. Bensalah qui s’est contenté de trois petits tours. Il s’est longuement arrêté au stand des cartes postales avant de partir et de laisser la place de l’Etat vide comme une étagère après le passage d’un typhon. Seule la police fait son travail en passant à la loupe les titres autorisés et les livres interdits…y Malika Rédédal


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rWade-Seck, la suite

Les faucons du président Wade préparent un gros coup contre Idrissa Seck. À en croire la Lettre du Continent (9/11), les anti-Idy ont balancé tout un dossier à un magazine français, sur le patrimoine financier de l’ancien maire de Thiès. Ainsi que tous les bakchichs qu’il a distribués, histoire de lui couper l’herbe sous le pied ? Interrogé sur sa fortune, Seck a affirmé qu’il l’avait gagnée en siphonnant les fonds secrets de la présidence de la République, lorsqu’il en avait la charge. Une manœuvre tout à fait légale. Et qu’il disposait au franc CFA près, de l’attribution de ses comptes. Vivement le grand déballage

r

Réconciliation mortuaire

Apôtre du développement séparé, grand architecte de l’apartheid et des ratonnades dans les townships, l’ancien président sud africain P. W. Botha est mort de sa belle mort, le 1er novembre dernier. Sans un mot de regret pour son action. Ni Nelson Mandela, le premier président noir d’Afrique du Sud, ni Thabo Mbeki son successeur, ne l’ont tancé. Les deux hommes lui ont même rendu hommage. Mbeki s’est rendu à ses funérailles, le 8 novembre, Mandela a salué l’homme qui avait contribué « à mettre fin à la domination blanche »... à son corps défendant certes, mais quand mêmey

Mbaniégate

La guerre entre le Gabon et la Guinée Equatoriale continue sur la propriété de l’îlot de Mbanié, au doux parfum de pétrole. Les diplomates des deux pays, et les hautes instances françaises et espagnoles tentent, en vain, de trouver un compromis. Et le temps presse... les élections législatives gabonaises approchent. Le cadeautage organisé tous les sept ans par Omar Bongo pour tous les candidats ne se fait pas à crédit. D’autant que quelques aspirants à la députation ont augmenté leur prix : ils se disent indépendants !y

Kagamé insatiable

Le très démocratique président rwandais Paul Kagamé, a des fourmis dans les jambes. Le 7 novembre dernier, l’ancien patron du front patriotique rwandais a menacé de renvoyer ses troupes en République démocratiques du Congo. Voilà qui va contribuer à apaiser le climat à Kinshasa, déjà très tendu avant l’annonces des résultats de la présidentielle. Objet de la colère de Kagamé, la présence de groupe rebelles rwandais en territoire congolais. Et la présence de mines de diamants et d’or à proximité des zones rebelles n’a rien à voir dans l’histoire, bien entendu y

afrique | ~

Omar Bongo, le si sympathique président gabonais adore depuis toujours la politique française, comme l’atteste un document que Bakchich a déterré. Et les hommes politiques français le lui rendent bien, depuis toujours.

E

lf, géant pétrolier et bras armé de la France en Afrique, n’est plus. Mais l’entreprise a laissé quelques traces. Et des documents croustillants dans son sillage (consultables sur www.bakchich. info). Ainsi de cette note issue de son service de renseignement. Daté de 1977, l’auguste rapport est signé de la main experte de feu Maurice Robert. Directeur pendant 20 ans du SDECE (ancêtre de la DGSE), ambassadeur de France à Libreville de 1979 à 1981, Robert a fait un détour par Elf entre 1973 et 1979. D’un innocent voyage au Gabon et au Cameroun, la barbouze a ramené quelques anecdotes, adressées notamment à Messieurs Guillaumat (gaulliste historique alors président d’Elf) et Tarallo (le Monsieur Afrique du groupe). Eloquentes quant au poids, passé et à venir d’Omar Bongo sur la politique intérieure

& reste du monde

Ce qu’Omar veut, la France le veut française. Au cours de son séjour, l’ancien espion a eu la joie de rencontrer le déjà président, « et toujours très accueillant » Omar Bongo (pas encore Ondimba) du Gabon. Diverses politesses et atermoiement sont échangés sur la politique intérieure française d’alors. « Le président ne comprend pas pourquoi la Majorité et le Président de la République partent battus alors que les élections législatives n’ont lieu que dans un an », rapporte le futur ambassadeur. Les inquiétudes Bongonaises sont aussi évoquées.

ne le décevra jamais. Le Batéké « met tous ses espoirs en Jacques Chirac et pense qu’il faut continuer à l’aider ». Sans doute un soutien psychologique et amical, doublé d’une invite aux dirigeants d’Elf de montrer toute leur sollicitude envers le tout neuf président du RPR et maire de Paris... Souvent courtisé, le sémillant gabonais en profite aussi pour se faire à l’occasion menaçant, n’hésite pas à jouer « de la provocation » et peutêtre assez injonctif. « Le Président m’a chargé M. Delauney (ambassadeur de France au Gabon) pour que

1977, Omar a déjà trouvé son petit chouchou pour ses Equ’unnlongues années de règne à venir... et son poulain n’est autre grand corrézien, qui ne le décevra jamais Le maître du palais du bord de mer est « tout à fait opposé à la désignation, comme conseiller technique à Libreville, de M. Meyer, inspecteur des finances, jugé homme de gauche donc dangereux ». L’aile gauche de la politique française semble alors particulièrement intriguer le petit Omar, qui s’interroge sur « ce que feront les Etats africains modérés si la gauche arrive au pouvoir ». Le règne des socialistes et de François Mitterrand calmera bien heureusement ses inquiétudes. Mais, en 77, Omar a déjà trouvé son petit chouchou pour ses longues années de règne à venir... et son poulain n’est autre qu’un grand corrézien, qui

celui-ci adresse au Quai d’Orsay un télégramme demandant à la France d’émettre son veto ou de s’abstenir lors de la réunion du conseil de sécurité de l’Onu le 6 avril. » Une demande précise qui concerne une affaire amusante : le coup d’Etat manqué de 1977 contre Mathieu Kérékou, président du Bénin et inventeur du marxisme-béninisme. En ces temps bénis, les barbouzeries étaient légions et l’ami Omar n’était pas le dernier à s’y adonner, avec l’aide, bien entendu, des services français. L’armada des cent mercenaires qui débarqua un beau matin de février à Cotonou pour renverser Kérékou

avait en effet embarqué depuis le Gabon. Mieux, tout ce que la Françafrique compte de mains expertes (Bob Dénard, Jacques Foccart) avait utilisé une officine l + sur franco-gabonaise basée à Libreville bakchich où la famille Bongo a des parts pour monter le coup : la Société Gabonaise de Sécurité de Edouard de Béthencourt, toujours très active. Mouillé autant que faire se peut dans l’affaire, le président gabonais a obtenu gain de cause dans sa requête auprès du Quai d’Orsay. « Monsieur Delauney a télégraphié dans ce sens à Paris ». Une célérité impressionnante de la part de la diplomatie française, fort courtisane auprès du maître de Libreville. Depuis l’intérêt de Bongo pour la politique française n’a pas faibli. Ni son influence. Seul son amour pour Chirac semble avoir pris un coup de vieux. Pas la courtisanerie des politiques français, voire leur servilité à son égard. Les nombreux échanges entre Libreville et Nicolas Sarkozy (comme Bakchich l’a révélé sur son site) en attestent : promesses d’exonération de visa pour les Gabonais (!), rencontres en tête à tête au Meurice (Paris), lettres de félicitations après la triomphale réélection de Bongo l’année dernière, projet de visite à Libreville.... A se demander quels trésors cachent Bongo pour fasciner autant les hommes de pouvoir français.y Xavier Monnier

www. .info


| afrioue ~

& reste du monde

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Joséphine, captive hospitalière (II) Suite et fin de l’aventure de la jeune mère camerounaise, prisonnière de l’hôpital où elle avait accouché pour cause d’insolvabilité.

I

ncapable de payer, ou de faire payer sa famille déjà ruinée par les premiers soins, Joséphine propose donc de travailler gratuitement dans l’hôpital pour s’acquitter de sa dette. Une solution à l’amiable qui, là encore, est semble-t-il as-

jeunes mamans retenues, elles aussi, depuis plusieurs semaines, pour défaut de paiement : deux d’entre elles doivent payer des césariennes (200 000 F CFA, 300 euros), une autre doit régler quarante jours de couveuse après un accouchement prématuré (5.000 F CFA par Le Gombo n’est pas qu’un délicieux jour, 7,5 euros) et légume, c’est aussi la déclinai- une quatrième doit son camerounaise du Bakchich… « rembourser » les soins prodigués à ses jumeaux… qui n’ont pourtant pas survécu (454 000 F CFA, 681 euros). sez courante et qui, surtout, La ruine et la mort font parpermet de libérer de la place fois bon ménage. dans « la prison » de l’hô- C’est à un journaliste de la pital. Car on se bouscule, si presse indépendante, que le l’on peut dire, aux portes de hasard a amené à l’hôpital ce qui tient lieu de « cellule il y a deux semaines, que les ». Joséphine a ainsi fait la cinq malheureuses doivent connaissance de quatre autres leur salut. Scandalisé (c’est

chronique du

gomboland

rare dans la presse camerounaise) par cette situation (apparemment fréquente), il provoque une petite polémique en publiant le portrait de la mère des jumeaux défunts (Mutations, 25 octobre). Panique du directeur de l’hôpital et du ministre de la Santé qui organisent dare-dare la contre-attaque : la presse gouvernementale est convoquée pour assister à « la libération » opportune des otages, applaudir bruyamment « l’indulgence » des autorités et… vilipender les pauvres qui « ruinent » le service public. « Les gens doivent comprendre que la santé a un coût, explique tout sourire le directeur de l’hôpital. Les fonds publics, les subventions que nous recevons de l’Etat ne peuvent pas permettre de résoudre tous les problème »

Du pain béni pour le Boulanger d’Abidjan

Côte d’Ivoire | Les déchets toxiques déversés sur le port d’Abidjan ont été rapatriés en France. Toujours ça de pris pour l’hexagone, dont la diplomatie n’en finit plus de se noyer dans la marécage ivorien

P

rincesse Brigitte, Brigitte Girardin dans le civil et ministre de la Coopération dans la fonction, s’est donnée bien du mal après le camouflet infligé à la France par l’Onu. En retoquant la résolution française sur la Côte d’Ivoire avant d’en adopter une allégée, le conseil de sécurité a mouché les Affaires étrangères, désespéré Chirac et ravi son « cauchemar africain », Laurent Gbagbo. Histoire de sauver la face, dame Brigitte a bien essayé la méthode de son chef, Douste-Blazy : « être présent dans les médias ». Mais les coups de fil au Monde, au Figaro, à Europe 1 et à RTL pour expliquer que la France avait eu ce qu’elle voulait – un affaiblissement de Laurent Gbagbo – et que si si, la décision du conseil de l + sur sécurité l’a satisfaite, n’ont bakchich pas suffi. Seul le Parisien a daigné ouvrir ses pages à la papesse de la Francophonie. « La France échoue à imposer ses vues en Côte d’Ivoire » (3/11), a même osé titrer le Figaro. Côté ivoirien, Laurent Gbagbo n’a pas caché sa satisfaction de voir la France hu-

www. .info

dette – visée par la gendarmerie – qui ressemble fort à un boulet de bagnard. Ayant déjà déboursé 350 000 F CFA (525 euros), Joséphine en « doit » encore un peu plus de 200 000. Le père de son

N’empêche, « le Boulanger » d’Abidjan a de nouveau sollicité les conseils de Robert Montoya. L’ancien gendarme de l’Elysée, reconverti dans la vente de matériels militaires

fils vient d’abandonner ses études universitaires et s’est mis en quête d’un petit boulot. Il leur faudra bien payer l’ardoise s’ils veulent éviter la (vraie) prison.y Moussa Ka

en Afrique. Du bon matos, qui a déjà fait ses preuves lors du bombardement du camp français de Bouaké... y Ignacio Manga

x sommet chine-afrique x

miliée... et sa volonté de traiter la résolution onusienne aussi bien que les accords de paix de Marcoussis. En se drapant dans la suprématie de la constitution ivoirienne sur tout autre texte. Pas question, donc, de laisser la haute main sur les nominations militaires à son Premier ministre Charles Konan Banny.

petit crainte de Laurent Gbagbo, Seull’arrivée d’une escadrille barbouzarde Le chef de l’État major de l’armée ivoirienne a réaffirmé son soutien au président Gbagbo. Et CKB n’est pas connu pour être un va-t-en guerre. S’il assure qu’« il assumera pleinement la mission que lui a confiée l’Onu », celui que les ultras gbagbistes appellent le « Français » se contentera des affaires courantes, tout en donnant le change. Après tout, quel intérêt pour lui ? Il ne peut se présenter aux prochaines, et hypothétiques élections présidentielles. Seul petit crainte de Laurent Gbagbo, l’arrivée d’une escadrille barbouzarde, téléguidée par Paris. Un brin parano comme scénario.

Dictateur négrier Et bien oui mon frère, les préliminaires électoraux, en ce moment ne sont bon nulle part. Ne parlons plus de Madagascar où le grand bazar Ravalomana s’est installé, sans guère de raisons d’espérer. Parlons plutôt du Nigeria où la pré-campagne présidentielle a déjà fait des morts et des blessés. On ne peut que déplorer le bordel au Sénégal et la zizanie en Côte d’Ivoire ! Vous comprenez donc que les Chinois préfèrent ex-

(Cameroon Tribune, 30 octobre). Libérées devant les caméras, les captives n’en sont pas quittes pour autant. Car l’hôpital, très près de ses sous, leur a préalablement fait signer une reconnaissance de

traire les richesses du sol d’Afrique, gagner beaucoup d’argent et vendre beaucoup de chinoiseries plutôt que de s’intéresser aux droits de l’homme, à la liberté de la presse ou aux conquêtes sociales que ces rigolos de Gaulois, et ces attardés de Britishs essayaient de nous faire gober comme VALEURS FONDAMENTALES ! Valeurs mon œil ! Un demi-siècle après le mouvement des indépen-

dances, nous voilà, nous Africains, à cause des dictateurs négriers, et pas seulement ceux d’Afrique Centrale, brinquebalés dans la mondialisation, malmenés dans la globalisation tandis que nos chefs accourent chez l’impérialiste chinois dès son premier coup de sifflet. Demandez donc à un étudiant africain ce qu’il retire d’une année universitaire passée à Pékin : cuisine forte, tschétsché, y’a bon, mais racisme antiblack encore plus fort ! On peut rêver de mariages noir-yellow ! En Californie il y en a déjà quelques-uns, dans le treizième arron-

dissement de Paris quasiment pas, et sur le continent africain alors là

Le prince

Pokou

pas du tout. Frères et sœurs, malgré leur racisme profond, nous allons montrer à ces Chinois aux jeux olympiques de Pékin qu’il ne suffit pas de piquer nos matières premières contre un bol de riz blanc. Ils ne nous voleront pas notre horloge africaine, prétendument pour nous dire l’heure : en 2008 à Beijing, nous leur montrerons ce qu’est gagner, comme jadis à Berlin, Mexico, Londres ou Paris : tremblez capitalistes sauvages ! Malgré votre pollution et nos roitelets, nous accumulerons l’or … des médaillesy SAR Le Prince Pokou


ben… la der !

Engagez-vous, qu’ils disaient…

Bilan de l’audition du chef d’État major des armées : de mornes perspectives en Afrique, pas d’enthousiame devant le Liban, le tout avec un matériel aux limites de ses capacités. Haut les coeurs ment peu de succès ». Le dispositif militaire français Licorne (3 800 hommes) y conduit sa mission avec « sang-froid », mais il coûte en moyenne 200 millions d’euros par an. En Afghanistan, selon le général, « la situation se dégrade, tant à l’est qu’au sud, malgré quel-

’idée d’envoyer au Liban un deuxième bataillon français au bout de six mois lui Linvitant paraît d’ores et déjà déraisonnable. Le chef d’état-major des armées a conclu en les décideurs politiques à « peser soigneusement le niveau d’engagement de la France » dans les opérations militaires extérieures ques succès locaux ». Au Tchad, « en dépit des victoires politiques, diplomatiques et militaires du président Idriss Déby, la situation n’est pas stabilisée, loin s’en faut ». Le dispositif Épervier (un millier d’hommes) guette « la résur-

Comte(s) d’aujourd’hui

Gilbert Comte, ancien journaliste au Monde, où il écrivait avec le même brio sur le monde africain ou la politique française, aurait pu devenir un éditorialiste omniprésent et gloser régulièrement sur les plateaux de C dans l’air ou de Mots Croisés. Au lieu de ça, il préfère écrire dans Bakchich, chaque semaine, pour dire du mal de ses ex-collègues et de leur monde creux.

S

auf parmi les Rohan, un seul Chabot dans notre histoire nationale : le capucin défroqué mort jeune à Paris, en 1794, sous la guillotine. Robespierre détestait ce débauché révolutionnaire et concussionnaire. Sûrement aucun cousinage entre lui et l’Arlette du même nom, cheftaine suprême à France 2. Sauf une aptitude comme familiale à perdre la tête en public. Lui, dans le panier à

isateur du film, deux acteurs, puis Max Gallo comme historien, Philippe Séguin né à Tunis et censé comprendre le Maghreb. Les émissions d’Arlette ne foncent pas toujours comme une locomotive. Accrocher la dernière au succès d’un spectacle profitera peut-être à l’audimat. Accessoirement, accrochage en seconde partie d’une dissert sur les incendies des banlieues avec Tapie en maître de conférence. La Vestale ne sait

a paupière lourde, les traits inexpressifs comme Ld’« Indigènes » d’habitude, Arlette organise un soir autour l’un de ces faux débats dont elle raffole son. Elle à la recherche de l’audience. Puis il déblatérait à la Convention comme elle pérore à la télévision. Musique ! La paupière lourde, les traits inexpressifs comme d’habitude, Arlette organise un soir autour d’Indigènes l’un de ces faux débats dont elle raffole. Invités, le réal-

gence d’éléments rebelles significatifs, toujours possible à l’est et au sud du pays ». En République démocratique du Congo, à la veille des élections « les risques de provocations des partisans de tel ou tel candidat demeurent ». Au Kosovo, le calme actuel ne doit pas faire

plus comment s’y prendre pour entretenir le feu sacré. Glorifiée autrefois sans mesure sous le noble vocable de colonisation, dénigrée de nos jours sans plus de discernement avec le terme odieux de colonialisme, l’œuvre française outremer mélange selon les époques, les endroits, le meilleur et le pire,

Arlette au carré

l’exemplaire et l’insoutenable, dans un magma où se côtoient héros et canailles. Une expérience personnelle, un savoir étendu permettent d’en parler sans dire trop de bêtises. Jamais à l’aise dans le contradictoire, Arlette opère plutôt dans le péremptoire. Pour soutenir l’épreuve, elle revêt ce soir-là un petit blouson de cuir. Un sujet militaire exige par définition des épaules au carré. Dans la sereine balourdise de la Dame, l’émission ne vaut pas trois sous. Lieux communs, sottises vertigineuses, omissions grossières, interprétations intempestives se succèdent sans qu’à aucun moment elle ne distingue le vrai du faux, l’essentiel de l’accidentel. Arlette n’a ni la culture générale, ni l’intelligence historique suffisantes pour se hisser à des hauteurs très loin au dessus de sa cervelle. Mais elle y ajoute cette marque de fabrication si personnelle : le

mours yRedac’ chef, directeur de la publication et bourreau : Xavier Monnier (xm@bakchich.info) Maître du Web et des jolies images, et souffre-douleur : Guillaume Barou (gb@bakchich.info) Administratrice et plein d’autres trucs chouettes : Léa Labaye (lea@bakchich.info) yÉcrivent et dessinent de jolies choses dans ce journal : La princesse enchantée, Gary John, Guillaume Dasquié, Tidiane de Loyola, Lara Mace, Malika Rededal, Maya Lenoir, Ignacio Manga, Matthieu Adenil, SAR le prince Pokou, Moussa Ka, Julien Naël, Uriel Da Costa, Dougui Drou Py, Pascal Bovo, L.L., Vincent Nouzille, Delambre, Kerleroux, Pat Masioni, Khalid Gueddar, G. yBakchich est édité par le Groupe Bakchich, SARL de presse au capital de 1000 euros. RCS 490374717 | Durée : 90 ans, à compter du 08/06/06 Bakchich | 6b, passage Thiéré 75011 Paris | h 01 43 38 30 19 | redac@bakchich.info En l’état actuel des choses, chers lecteurs bien-aimés, vous pouvez reproduire librement les articles du journal, à condition d’accompagner cette preuve d’amour pour nous d’une mention de la source, en l’occurence Bakchich, et d’un lien vers le site. Si vous copiez quelque chose sans respecter ces règles élémentaires, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour vous nuire.

illusion : « l’adoption prochaine d’un statut final pour la région est porteuse de risques sérieux de troubles, par impatience ou par refus de la solution qui s’imposera ». Quant au déploiement français dans le cadre

de la Force intérimaire des Nations-Unies au Liban, le général Georgelin a jugé qu’il se déroulait bien « sans qu’on puisse se départir d’une certaine prudence ». Et l’idée d’envoyer au Liban un deuxième bataillon français au bout de six mois lui paraît d’ores et déjà déraisonnable. Le chef d’état-major des armées a conclu en invitant les décideurs politiques à « peser soigneusement le niveau d’engagement de la France » dans les opérations militaires extérieures. Traduction : on a assez de problèmes comme cela ! De plus, les hommes et les matériels (notamment les avions et hélicoptères) sont aux limites de leurs capacités. Sans parler des factures qui flambent : l’enveloppe des surcoûts des Opex est passée de 100 millions d’euros en 2005 à 175 millions en 2006 et elle est déjà prévue à 375 millions d’euros en 2007, la seule opération au Liban pompant 120 millions d’euros de crédits. Les militaires ne veulent pas être à la fois embourbés et ruinés y Vincent Nouzille

morale, un individu passé sur décision d’un tribunal de son bureau de ministre à la prison de droit commun gardet-il l’autorité suffisante pour servir de modèle aux adolescents ? Au train où elle fonc-

tionne, Arlette finira bien par nous organiser un autre « débat » entre lui et Juppé sur la magistrature. Pour monter, elle n’en finit jamais de descendrey Gilbert Comte

pesamment superficiel. Bien entendu, tout le monde déplore le maintien des pensions des anciens combattants d’outremer aux taux outrageants de 1960. Le nom d’un seul homme politique français passe dans Indigènes, celui du Général de Gaulle. L’auteur même, le responsable de la mesquinerie financière dénoncée en commun. Avec Philippe Séguin, aux grosses prunelles sentimentales, Arlette tient justement assis à trois pas d’elle une sorte de gaulliste historique propre à fournir une explication. En bonne servante des intérêts en place, elle se garde bien de lui demander ses lumières. Mais ça vous glose interminablement sur la nation, le métissage, et patati, et patata pour ne rien dire. Tapie en seconde partie du théâtre pour parler aux « jeunes ». À quel titre ? En droit, il a comme on dit « purgé » sa peine. Mais en

Abonnez vous ! yVous soutenez activement votre journal préféré yVous brillez dans les diners et les débats yVous lisez Bakchich dans un papier de luxe que tous les autres journaux nous envient L’abonnement d’un an est fixé à 80 euros, 60 euros pour les pauvres. L’abonnement de 6 mois, lui, coûte 40 euros, 30 pour les pauvres. Remplissez immédiatement le formulaire ci-contre, et renvoyez-le, accompagné d’un chèque à l’ordre du Groupe Bakchich à l’adresse indiquée en bas. Merci.

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es autorités françaises aiment se moquer du bourbier militaire dans lequel les Américains sont empêtrés en Irak. Mais nos braves soldats tricolores sont à peine mieux lotis, si l’on en croit le chef d’état-major des armées, Jean-Louis Georgelin. Auditionné le 10 octobre par les députés de la Commission de la défense, le patron des armées a dressé un sombre panorama des opérations extérieures (les « Opex » en langage militaire) qui mobilisent actuellement 14 500 militaires français : « sur la plupart des théâtres, la situation politico-militaire tend à se durcir » a expliqué le général. La revue de détail valait le détour. En Côte d’Ivoire, « la communauté internationale poursuit ses efforts, avec malheureuse-

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Bakchich | 6b, passage Thiéré, 75011 Paris

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bakchich N°8  

N°8 10.11.2006

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