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do L’heb

�5 | 20 octobre 2006 | Enquêtes, reportages & dessous de table | France, Maghreb, Afrique et d’autres coins aussi

Il est bien là,

Temps béni

Ah, les présidentielles, ce doux parfum de campagne, de débats, de coups bas. Aucun journaliste ne peut y résister, nous comme les autres. Pensez ! Les vannes de l’information sont ouvertes, les informateurs parlent pour peu qu’ils trouvent plumes et oreilles attentives. Un vrai régal pour la confrérie que ces temps d’élection. La Côte d’Ivoire en a presque oublié le parfum (p. 7). Mais entre les tergiversations de ses leaders, les ronds-de-jambe des instances internationales et les magouilles financières, nos confrères ivoiriens ont de quoi s’occuper. Le tout est de le faire sans être manipulé, ou carrément téléguidé. S’il retrouve un semblant de dignité et qu’il s’extrait des logorrhées racistes et militaristes, le patron d’Aujourd’hui Le Maroc (p.5), quotidien du Makhzen, pourra à n’en pas douter écrire un joli ouvrage sur la question. Les livres sur Jacques Chirac, notre regrettable président, n’en finissent plus d’inonder les rayons des libraires. Qu’on en profite, en mai prochain l’époque dorée de la « monarchiraquie » sera sans doute révolue. Et ses affidés de l’ombre, pudiques intermédiaires des contrats d’armement, l’ont bien compris. Leur âge d’or prend fin, il va falloir laisser la place. Alors ils se tuent à la tâche, notamment en Libye, où la guéguerre avec Sarkozy, s’est, l’espace d’un contrat, exportée. Le temps des élections est aussi celui des commissions. Et le petit Nicolas chasse déjà sur les plates-bandes du grand Jacques. C’est ça aussi les élections. Tuer le père, lui couper toute solution de repli et bien sûr, faire déguerpir les concurrents. En matière de déguerpissement, la politique camerounaise semble la plus efficace (p.7), mais l’ami de la place Beauvau a sa propre signature. Mieux vaut trouver de quoi financer sa campagne...ou empêcher les autres de financer la leur ! Un temps béni pour gratte-papier, scribouillards et pisse-copie de notre espècey

Un chef des RG viré

le temps des commissions !

À l’approche des élections, et à l’arrivée de l’automne, revient, flamboyant, le temps des commissions… Où chiraquiens et sarkozystes peuvent s’affronter avec encore plus d’entrain, comme ici, dans le cadre d’une vente d’armes à la Lybie | p. 2

Une filature à la Courneuve : bilan, deux flics traumatisés, et leur grand patron débarqué

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Algériens en prison

…en Occident : le régime n’aide pas beaucoup ceux qui y croupissent injustement

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Pause pour Thales

En Afrique du Sud, le procès pour corruption de l’entreprise française d’armement a été stoppé

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L’Onu plaint le Liban

Un rapport explosif de Jean Ziegler ¿ fait le bilan des destructions de la guerre avec Israël de cet été


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rRupture

La France n’est plus un havre de paix pour les hiérarques marocains. Le procureur de la République de Paris vient de signer la demande de renvoi devant le tribunal de l’ancien patron de la Banque Chaabi, filiale de la Banque Populaire Marocaine, pour abus de confiance. Le juge d’instruction Jacques Gazeau sera chargé de clore le dossier de cette belle escroquerie. Le patron n’hésitait pas à transférer sur son compte perso l’argent de comptes que personne ne réclamait, accordait de gentils crédits aux copains et à la famille, bref profitait de la belle vie. Environ 2, 5 millions d’euros se seraient évanouis à son profit, notamment dans un splendide appartement de l’avenue Bugeaud, dans le triangle d’or parisienr

Justice nulle part

Ciel, même les rue de Genève ne sont plus sûres. Le fils d’Alexandre Djourhi, le tapageur intermédiaire en chef de la Chiraquie, s’y est même fait braquer sa luxueuse Mercedes. Benoîtement, le fiston Djouhri s’est fait dérober sa berline alors qu’il était en train de faire le plein, dans une station genevoise. Ah, si papa avait été là. D’ordinaire fort discret, ou plutôt fort protégé, l’homme d’affaires franco-algérien s’est fait connaître dans les média en 2004. en compagnie du peu avenant député UMP Alain Marsaud, Djouhri avait provoqué une rixe à l’entrée du palace parisien le Georges Vy

Journal intime

Décédé le 9 novembre dernier à Bordeaux, l’ancien ambassadeur de France au Gabon, ex-baron du SDECE (ancêtre de la DGSE) et grand copain de Bob Dénard et feu Jacques Foccart, notait peu de choses. Suffisamment néanmoins pour remplir cinq carnets d’adresses de petites remarques, numéros de téléphone... Bref, un concentré du petit monde françafricain et de ses secrets, qui aurait pu échapper à l’oubli. Mais le 10 au matin, la toute fraîche veuve Robert a eu de la visite d’émissaires de la République. Et les cinq calepins se sont envolés...y

Petit juge...

La courageuse Sophie Clément, juge d’instruction en charge de l’enquête sur l’assassinat du juge Borrel à Djibouti a passé outre l’avis du parquet de Paris : elle a émis les deux mandats d’arrêts internationaux contre les principaux suspects du meurtre. Les deux djiboutiens, proches du pouvoir, sont toujours en fuite y

...contre intérêt

france

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L’une des multiples raisons des piétinements de l’enquête sur la mort du juge Borrel en 1995 à Djibouti réside dans l’importance stratégique de la base militaire française installée dans ce petit pays... et la versatilité de son président, Ismaël Omar Guelleh. Dragué depuis moult années par les Américains, l’ami Omar pourrait tourner casaque si la justice française se montrait chatouillante y

Chirac vs Sarkozy : des équipements de pointe nourissent la guéguerre

Armement | Ou comment des ventes d’armes à la Lybie s’in scrivent dans les ambitions élyséennes

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l y a trois semaines, Paris a subi un inhabituel déploiement d’officiers supérieurs et d’espions libyens à Paris dont le patron des forces aériennes de Kadhafi, le général Rifi. Les envoyés spéciaux de l’imprévisible colonel ont tenté de calmer une énième castagne entre sarkozystes et chiraquiens engagée autour d’une série de contrats très juteux. Le différend initial porte sur un contrat d’armement de 140 millions de dollars avec, à la clef, des commissions qui pourraient atteindre 4 à 5 % de ce montant… la pointe d’un iceberg de marchés à venir beaucoup plus importants annonçant une vente possible du fameux Rafale que Dassault n’a toujours pas réussi à placer à l’export. Le Journal des finances du 12 octobre dernier confirme que

feu vert à la vente à la Libye de caméras thermiques et de systèmes de visée nocturne. Montés sur des hélicoptères Alouette et des avions Casa, ces matériels très sophistiqués sont destinés, notamment à la surveillance des frontières et à la lutte antiterroriste. La Sagem, société française qui est le N° 3 européen en électronique de défense de sécurité, a remporté le marché. Celui-ci doit être finalisé par une deuxième société de conseil permettant, comme le souhaite Tripoli, d’effectuer une transaction d’État à État. Cette tâche a été confiée au groupe Sofema, officine réputée

out allait pour le mieux jusqu’à l’intervention de Ziad TNicolas Takieddine, un businessman libanais très en cour chez Sarkozy, qui veut contourner la Sofema pour ramener les commissions à ses amis de vingt ans « pour Dassault-Aviation, les négociations viennent de débuter avec la Libye ». En amont, voilà maintenant un an et demi que la Commission interministérielle d’exportation des matériels de guerre (CIEMG) – l’organisme qui autorise ou non les exportations d’armes – a donné son

proche de l’Elysée qui devrait normalement superviser la répartition des commissions. Tout allait pour le mieux jusqu’à l’intervention de Ziad Takieddine,

un businessman libanais très en cour chez Nicolas Sarkozy, qui veut contourner la Sofema pour ramener les commissions à ses amis de vingt ans. « Cet intermédiaire à la réputation douteuse qui a déjà fait perdre à la France des millions d’euros se pavane à Tripoli en prétendant parler au nom du futur Président de la République et surtout en affirmant que, désormais toutes les affaires impliquant notre pays, passent par lui et lui seul », déplore très remonté un diplomate français en poste en Libye. Notoirement connu dans le club très fermé des marchands de canons, ce nabab d’origine druze a dirigé la station de ski Isola 2000. Dès 1993, lorsque Edouard Balladur s’est installé à Matignon, il a beaucoup invité à la montagne, notamment le ministre de la défense de l’époque François Léotard, son conseiller Renaud Donnedieu de Vabres et les deux Nicolas (Bazire le « dircab » d’Edouard et Sarkozy, l’ombre du dircab). Surnommé depuis « Monsieur T », il s’est imposé comme l’intermédiaire obligé de toutes les grosses affaires financières de la galaxie Sarkozy. C’est à lui que l’on doit notamment la faillite du marché MIKSA, un système de surveillance des frontières qu’on essayait de refiler aux Saoudiens depuis le début des années 19901. Attaché à quelques militaires libyens dont

Abdallah Sanoussi, impliqué dans l’attentat du vol français UTA, il a aussi fait échouer une vente d’Eurocopter, Tripoli ayant finalement opté pour l’italien Augusta, fin 2005. « Et l’on peut craindre que l’intervention de ce héros de nos guéguerres franco-gauloises ne se solde aujourd’hui de la même manière », déplore encore notre diplomate en ajoutant que les enjeux de cette affaire excèdent largement le contrat SAGEM. Suite du feuilleton saoudien MIKSA, cette affaire libyenne n’est pas tant destinée à ramener des commissions au clan Sarkozy – les versements devant intervenir après l’élection présidentielle – qu’à assécher les possibles d’autres financements électoraux (plusieurs sources informées pensent à Michèle Allliot-Marie) et aussi à s’assurer la maîtrise de la relation avec les nouveaux maîtres de Tripoli, désormais convertis à l’économie de marché. En effet, sont à l’étude plusieurs contrats d’armements mirifiques dont l’un portant sur une vingtaine de Tigre, l’hélicoptère de combat, produit phare d’Eurocopter retoqué l’année dernière. D’autres contrats d’armements, plus importants encore seraient en jeu, dont celui portant sur une douzaine de Rafale, de même que des marchés civils dans les secteurs des transports publics, du bâtiment et de l’eau… De quoi aiguiser bien des appétits sarko-élyséens.y Uriel Da Costa Voir l’excellent ouvrage de notre confrère Laurent Léger : Trafic d’armes – Enquête sur les marchands de mort, éditions Flammarion, septembre 2006. 1


france

Racailles contre flics : un mort parmi les chefs de la police À la suite d’un affrontement évitable entre deux flics et une trentaine de banlieusards, Jean-Marc Luca, le nerveux patron de l’élite des RG, s’est gentiment fait virer

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ans sa guerre médiatique contre les zones de nondroit, Sarko s’est bien gardé de faire savoir sa dernière défaite de la police. Et pourtant une trentaine de jeunes de la cité des 4 000 à La Courneuve vient de réussir – sans le vouloir – à faire tomber la tête d’un des patrons des RG sur le pavé de banlieue. Le commissaire Jean-Marc Luca, patron de la section nationale de recherche opérationnelle (SNRO), le service d’élite des RG a

ment, alors que les banlieues sont chauffées à blanc par la perspective de fêter dans une dizaine de jours l’anniversaire des émeutes de novembre ! Là, les deux flics tombent sur une scène de la vie quotidienne dans les quartiers chauds : un vol à l’arraché. L’envie d’en découdre ou le simplement le sens du devoir ? Toujours est-il qu’ils interviennent. D’habitude, pour « sauter » des voyous en pleine zone de non-droit, on fait intervenir une section de CRS.

es hommes, qui effectuaient une surveillance vidéo Slumière d’indépendantistes en Corse, s’étaient plaint de la trop crue d’un lampadaire sur la voie publique qui gênait le visionnage. Ni une, ni deux, Luca avait pris l’avion pour Ajaccio, emportant dans ses bagages un fusil à longue portée. Et s’était chargé lui-même de faire exploser d’un coup de fusil l’ampoule du lampadaire gênant… en effet été discrètement limogé lundi dernier après un accrochage entre ses troupes et une bande de jeunes de banlieue. La scène se passe le jeudi 12 octobre. Ce jour-là, le commissaire Luca envoie deux de ses hommes s’entraîner à la filature à la Courneuve. Curieux terrain d’entraîne-

Là, non. Les deux poulets y vont seuls. Forcément, l’arrestation dégénère. Une trentaine de lascars surgissent des entrées d’immeubles et cernent les flics. Qui doivent tirer en l’air pour disperser la troupe d’agresseurs et prendre leurs jambes à leur cou. Fin de l’incident ? Pas tout à fait… De retour dans leurs

Glouglou 2 (le retour) L’affaire « Marceau », qui a ébranlé les machines à café du Monde, a connu son discret épilogue. Bakchich avait laissé Philippe Marceau et Jean-Marie Colombani un peu embarrassés (voir n°2 du 29 septembre). Le tout pour une histoire assez rocambolesque, presqu’une histoire de comptoir, qui se racontait à mots couverts autour d’une tasse de café, dans l’une des multiples et minuscules salles fumeur du journal. L’ami Marceau, parangon des garçons d’étage du Monde et

pénates, les flics agressés font un rapport à leur supérieur, le commissaire Luca. Mais un peu gêné aux entournures, celui-ci tente d’écraser le coup, sans avertir sa hiérarchie. Le patron des RG, Joël Bouchité n’apprendra l’incident que plus tard par l’intermédiaire du patron de la sécurité publique du 9- 3. Colère noire forcément. « Bouchité a attendu lundi matin 9 heures pour solder ses comptes avec Luca au cours d’une mémorable engueulade dans son bureau, explique un témoin. Luca, qui était déjà dans le collimateur, a sauté en une demi-heure. » Il faut dire que le commissaire Luca, est un cas au RG. « Un fou furieux », lâche même, peu diplomatiquement, l’un de ses collègues. Il y a un an, cet ancien numéro trois de la Division nationale anti-terroriste (DNAT) s’était déjà fait remarquer par une action d’éclat dont on parle encore dans les couloirs. Ses hommes, qui effectuaient une surveillance vidéo d’indépendantistes en Corse, s’étaient plaints de la lumière trop crue d’un lampadaire sur la voie publique qui gênait le visionnage. Ni une, ni deux,

Luca avait pris l’avion pour Ajaccio, emportant dans ses bagages un fusil à longue portée. Et s’était chargé luimême de faire exploser d’un

homme à tout faire du directeur du journal, Jean-Marie Colombani, était taquiné par la justice, qui l’a soupçonné de revendre une partie des livres destinés à la rédaction. Initiée par le groupe Le Monde en l’absence du grand patron, la plainte a bien heureusement été retirée au retour du boss. Son petit protégé, aux talents de sommelier insoupçonnés, revendait également le vin offert à Colombani et auquel en bon ascète, Monsieur le directeur goûte peu.Peu

Les Saoudiens font le mur

Le 18.10.06 | Synthèse de deux articles parus en arabe les 15 et 16 octobre dans le quotidien saoudien « Al-Sharq al-Awsat »

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nterrogé par Al-Sharq Al-Awsat, le directeur général des Gardes- Frontières saoudiens a estimé que le chiffre du nombre de personnes traversant illégalement la frontière entre son pays et l’Irak a décru ces dernières années. Un sujet sensible abordé lors de la dernière réunion du Conseil de Coopération du Golfe, à la Mecque. Selon le général Tilal Anqawi, ce chiffre a baissé d’environ 30 % (ndlr : entre 2003 et 2004, un nombre significatif de jihadistes saoudiens perpétrant des actions violentes dans le royaume ont passé la frontière pour se battre contre les forces américaines en Irak).

Cette déclaration intervient après les communiqués du ministère de l’Intérieur sur ses intentions de faire édifier un vaste mur de séparation le long de la frontière irakienne. Pour Anqawi, les éléments statistiques sur l’année 2006 démontrent pourtant que les passages clandestins diminuent du fait de

l’installation de postes de sécurité bilatéraux aux points de passage. Le Prince Ahmad bin Abdel-Aziz, adjoint au ministre de l’Intérieur le Prince Nayef, a tenu des propos qui ne faisaient pas de doute quant à la ferme résolution du cabinet du ministre de voir ce mur se construire. Officiellement, le ministère de l’in-

Avec le site geopolitique.com & Guillaume dasquié, Bakchich traduit chaque semaine un article paru dans ces journaux que l’on ne lit jamais – ouzbèkes, nigérians, ou zimbabwéens. Cette semaine, le quotidien que contrôle la famille royale saoudienne annonce la construction d’un mur entre l’arabie et l’irak, un mur que la france veut équiper en équipements de sécurité. Nous reviendront sur ce « projet Mixa » dans un prochain numéro

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coup de fusil l’ampoule du lampadaire gênant, avant de rentrer tranquillement à Paris. À l’époque, la direction des RG avait préféré fermer les yeux sur cette dégradation de bien public, sans demander de sanctions. « Mais on lui avait demandé de trouver un nouveau poste rapidement », raconte un de ses hommes. Las ! Luca n’avait pas trouver à se recaser. Ni les CRS, ni la Direction centrale de la Police Judiciaire (DCPJ)

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où il avait postulé, n’avaient souhaité s’encombrer avec un porte-flingue de cet acabit. Cette fois-ci, on risque de demander tout simplement au commissaire Luca de rester chez lui. Les RG lui ont de toute façon déjà trouvé un successeur en la personne de l’actuel chef d’antenne des RG à Bayonne, le commissaire Arnaud Vieule. Avec pour instruction de se calmer sur les exercices de filatures…y Pascal Bovo

ébruité, le dossier est toutefois quelque peu gênant, surtout à l’heure de l’expansion du Monde (rachat des journaux régionaux du Sud-est à Lagardère) et d’une fronde feutrée de la société des rédacteurs... Aussi, une solution a été trouvé en douceur et l’esclandre a fait glouglou. Une fois la plainte retirée, l’ami Marceau s’en est allé, licencié en bonne et due forme, avec indemnités. Dans la dignité... Sans doute rebondira-t-il. En ouvrant une cave ? y Xavier Monnier

térieur annonce avoir interpellé 63 ressortissants saoudiens tentants d’entrer clandestinement en Irak, et 682 irakiens entrés irrégulièrement (ndlr : ces chiffres paraissent peu vraisemblables, les services de renseignement européens implantés dans la région estiment qu’au moins 5 000 jihadistes saoudiens sont partis combattre en Irak). Tandis que le budget saoudien pour assurer la sécurité de la frontière irakienne atteignait 1,8 milliards de Rials fin 2004, il était passé à 4 milliards de Rials en août 2005. Ce renforcement aurait permis d’appréhender plusieurs lots d’explosif transitant entre les deux pays – on parle de 1450 kilos saisis. La politique de sécurité de l’Arabie Saoudite semble avoir été réformée sur ces questions à partir du premier trimestre 2004. Au mois de mars, les officiers du corps des Garde-frontières ont commencé à

suivre des sessions d’entraînement et de formation pour répondre aux nouveaux défis posés par la guerre en Irak. Et à partir de décembre 2004, l’Armée de l’Air a mis à disposition des services du ministère de l’Intérieur des unités de drones et des appareils de reconnaissance. Ces questions ont été longuement débattues au palace Al-Safa de la Mecque où le roi Abdallah recevait les délégations du Conseil de coopération du Golfe, ainsi qu’une délégation de l’Association des étudiants islamique d’Irak, menée par le Cheikh Harith al-Dari. Le directeur du renseignement, Prince Miqrin bin Abdel-Aziz, et l’adjoint du conseiller du prince héritier, Hamad al-Suwaylin participaient aux discussions. Cellesci ont été par ailleurs largement consacrées au développement de la présence saoudienne sur le continent africainy


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rTaupe académy

Les télégrammes ont fonctionné à plein entre les palais de Rabat et les services français en 2003, juste après les attentats de Casablanca. À cette époque, les services disposaient d’une taupe bien introduite dans le sérail, qui a décrit par le menu les petites bisbilles au palais. Et d’un correspondant bien avisé à Paris. Les notes transmises depuis le Maroc étaient commentées dans le XVIe arrondissement par Driss Basri, le déjà déchu ministre de l’Intérieur. Bakchich dévoile quelques-uns uns de ces savoureux documents sur son site

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Retour en enfance

Les flics tunisiens, nostalgiques des jeux de cours d’école, ont trouvé dans le dernier dada de Ben Ali de quoi y remédier. Ce dernier, en grand héraut de la démocratie, déconseille fortement à ses sujets féminins le port du voile. Du coup, on voit dans les rues tunisiennes des hordes de policiers courir après les femmes voilées pour leur arracher leur couvre-chef… Souhaitons-leur de ne pas tomber sur une de ces vielles peaux françaises venues chercher une nouvelle jeunesse et qui se camouflent en attendant la cicatrisation !y

Pirate

Un gang de pirates des mers spécialisés dans les vols de yachts en direction de la Tunisie vient d’être interpellé par la gendarmerie de Toulon. Les pandores ont retrouvé les trois skippers qui avaient volé le Beru-Ma, la superbe embarcation du banquier Bruno Roger (voir sur Bakchich. info, La croisière s’amuse, http:// www.bakchich.info/article71. html), qui avait été retrouvé à Sidi Bou Said. Ces comparses ont donné le nom de leur commanditaire, Imed Trabelsi, le neveu de la belle Leila, l’épouse du président y

Vert espoir

Des amis de Bakchich sont en train de commettre un livre, dont le titre à lui tout seul vaut le détour : Quand le Maroc sera islamiste. Au programme, une radiographie de l’affairisme et de la corruption qui gangrènent le pays et qui font le lit des partis islamistes. Un savoureux bouquin dont Bakchich publiera bien évidemment bonnes feuilles et anecdotes. Sortie prévue pour la fin de l’annéey

« Toto » en Algérie

Robert Montoya, le fameux et fumeux gendarme reconverti dans la vente d’armes en Afrique, est en train d’émigrer un peu plus au Nord. Las des chaleurs tropicales du Togo et de Côte d’Ivoire, et peut-être aussi de la trop grande publicité qui lui est faite, « Toto » a posé un pied et deux orteils en Algérie. Un ancien collègue de la gendarmerie française, LC, qui y possède une société de sécurité, lui aurait ouvert de nombreuses portes y

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Destin carcéral des Algériens

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herchez l’erreur ! « Mais pourquoi la diplomatie algérienne est incapable de voler au secours de nos ressortissants à l’étranger, injustement emprisonnés dans différents pays européens, en Amérique […] sous de prétextes fallacieux et sans aucune preuve de leur appartenance à des organisations terroristes » ? Telle est la question que se pose Hassan Aribi, député d’El-Islah, relatée dans Le Quotidien d’Oran du 12 octobre. Pourquoi ce régime apprécierait-il les Algériens de l’étranger davantage que les Algériens de l’intérieur qu’il voue à la misère, à la déchéance et qu’il spolie de leurs richesses et de leur liberté ? Mais la réponse à la question, c’est un peu Nicolas Sarkozy qui la donne : « La plupart des renseignements qui permettent le démantèlement de cellules terroristes nous sont fournis par les services secrets étrangers ». Pourquoi la « diplomatie algérienne » irait-elle réclamer la libération d’hommes dont elle a commandité les arrestations ? Quel est le profil de ces hommes « injustement emprisonnés » ? Souvent d’honnêtes citoyens. C’est le cas de Lotfi Raïssi qui, après un séjour de plusieurs mois à la prison de Belmarsch, à la demande des Américains, est blanchi de toute accusation : « Ma vie a été détruite. J’avais choisi d’être pilote, je m’étais battu pour ça. Mais parce que j’étais Algérien, musulman, arabe et pilote (...) j’étais coupable et j’ai dû prouver mon innocence » (El Watan du 11 octobre 2006), se plaint-il. C’est également le cas de ces six Algérobosniaques ; ils ont quitté l’Algérie vers 1990, et arrivent en Bosnie qui

Les sujets de Bouteflika emprisonnés en occident recoivent un soutien très timide de leur belle patrie

leur offre une seconde chance. Mariés pour certains à des Bosniaques, experts en informatique ou agents administratifs, leur vie bascule en novembre 2001 lorsqu’ils sont arrêtés. Ils sont accusés par les autorités américaines d’avoir planifié des attentats contre les ambassades américaine et britannique à Sarajevo avant d’être acquittés par la Cour suprême bosniaque. « Mais le jour de leur libération, à quatre heures du matin, et sous les yeux de leurs familles qui attendaient derrière les grilles, ils sont menés, cagoulés, vers une destination inconnue » racontait en 2003 le site Algeria Interface. Libéré avec une paralysie faciale à la suite de tortures à Guantanamo, l’un d’eux, Mustapha Aït-Idir, a porté plainte contre l’administration Bush en avril 2005.

L’Occident aime la SM

Pour d’autres, l’itinéraire est plus équivoque. Ayant transité par l’Afghanistan ou le Pakistan, tout les accuse ! Que faisaient-ils dans ces régions tourmentées, sinon des projets condamnables ? Si des itinéraires individuels de militants du djihad ne sont pas exclus, il est notoire que les filières de recrutement pour ces pays en Algérie sont l’œuvre de la Sécurité militaire (SM). Et, pendant toute la décennie 1990, le

Pakistan était l’une des rares portes de sortie pour les candidats à l’exil dont les parents ne sont ni généraux ni n’ont d’entrée dans les consulats de France. Mais qu’advenait-il de ceux qui, parvenus là-bas, filaient à l’anglaise et rejoignaient l’Europe, espérant tourner la page ? Le DRS (département renseignement et sécurité) les poursuit de sa vindicte en les livrant aux services de sécu-

La fin fut plus funeste pour Khaled Kelkal (« Finis-le ! » Tels furent les derniers mots qu’il a entendus avant de recevoir la balle qui lui ôta la vie), co-acteur des mêmes attentats. Son aventure a commencé quelques mois après qu’il soit revenu d’Alger exempté de service militaire ; un privilège rare et qui valait sans aucun doute partie du salaire pour amener la France à suivre les généraux éradicateurs dans leur folie meurtrière. Ce qui fut fait. Et cela n’est pas de l’histoire ancienne. Vu les nécessités de l’axe du Bien autour de Bush-Bouteflika-Sarkozy-Blair et consorts – comprendre la nécessité

(département renseignement et sécurité) les poursuit de Let ceesaDRS vindicte en les livrant aux services de sécurité occidentaux sont souvent eux qui constituent des pseudo-réseaux démantelés devant les caméras et que l’on relâche sans publicité quelques semaines plus tard. rité occidentaux et ce sont souvent eux qui constituent des pseudo-réseaux démantelés devant les caméras et que l’on relâche sans publicité quelques semaines plus tard. Car ceux qui méritent la prison y vont rarement.Tel Ali Touchent, coordonnateur des attentats à Paris, agent du DRS et protégé de la DST qui l’a aidé à échapper aux rafles où sont tombés les réseaux successifs qu’il a constitués. Exfiltré définitivement en 1995 après la vague d’attentats de Paris, il est rentré à Alger où il a « disparu ».

de maintenir sous le joug les peuples qui occupent les espaces où reposent d’énormes gisements d’hydrocarbures – il est à prévoir que des Kelkal du bioterrorisme sont en cours de formation. Pour vitale qu’elle soit, cette question ne donnera hélas lieu à débat ni dans les médias algériens, ni dans leurs homologues françaisy Lounis Aggoun


maghreb | machrek

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Aujourd’hui le Maroc ou Aujoud’hui le Makhzen ?

Le quotidien « Aujourd’hui le Maroc » et son directeur, Khalil Hachimi Idrissi, sont prêts à tous les dérapages pour exister.

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haque matin, l’éditorialiste et patron d’Aujourd’hui le Maroc, Khalil Hachimi Idrissi (KHI), passe un « Petit bonjour » à ses rares lecteurs, du nom de son éditorial quotidien. La plume est souvent de qualité. On ne peut en dire autant du propos. Ces dernières semaines, l’ami Idrissi s’est fait le chantre d’un racisme anti-algérien primaire. Non seulement il accuse niaisement le voisin d’avoir « acheté »

gez-en par vous-mêmes : « Ce qui fait le plus mal dans cette affaire, c’est que l’on ne soit plus “traité” au sein de cette agence par la fine fleur des faux guides de safaris, les flamboyants baroudeurs africanistes, nous sommes désormais livrés, probablement au nom de la diversité, aux journalistes supplétifs du deuxième collège. » Il est vrai que l’AFP a fauté, postant accidentellement à deux reprises sur son fil d’info la fiche de

Ce qui fait le plus mal dans cette affaire, c’est que l’on ne soit « plus “traité” au sein de cette agence par la fine fleur des faux guides de safaris, les flamboyants baroudeurs africanistes, nous

sommes désormais livrés, probablement au nom de la diversité, aux journalistes supplétifs du deuxième collège. » mKhalil Hachimi Idrissi un rapport du Haut-commissariat aux Droits de l’homme des Nations Unies défavorable au Maroc ; mais en plus, il étrille un journaliste de la vénérable Agence France Presse (AFP) et son « origine algérienne » pour refourguer des propos nauséeux sur la couverture du livre du commandant Tobji par l’AFP. Ju-

lecture du livre de Tobji… Mais KHI est-il le mieux placé pour donner des leçons de journalisme ? En 2001, Fouad Ali El Himma se vantait dans les avions de la Royal Air Maroc que lui, indéfectible n°1 de sa majesté, allait bientôt créer un journal « indépendant », en l’occurrence Aujourd’hui le Maroc…

KHI n’est pas seulement raciste, c’est aussi un « fana-mili ». Il aime son armée et ses chefs. Qu’un Tobji ait le mauvais goût d’évoquer la corruption qui règne au sein de la Grande Muette et voilà notre homme qui monte sur ses grands chevaux. L’ami Idrissi a de la suite dans les idées. Déjà, en février 2000, ce chantre de la presse indépendante et libre, cette incarnation de l’honnêteté journalistique, a éreinté le jeune capitaine Adib (ndlr : Il y a quelques années, le capitaine Adib a dénoncé dans la presse la corruption de ses supérieurs, ce qui lui a valu quelques années de prison) qu’il accusait « de porter préjudice aux institutions les plus sacrées du royaume ». Pas une seconde, l’idée ne l’avait alors effleuré que le jeune officier pouvait avoir agi noblement. KHI a raison de se méfier de ces insupportables donneurs de leçon qui voudraient nettoyer les écuries d’Augias. Imaginez qu’après l’armée, ces messieurs se penchent sur la presse ! Qu’ils enquêtent sur le tirage

x libre échangex

et le financement d’Aujourd’hui le Maroc, sur les revenus de son rédacteur en chef... Où irions-nous ? Ah ! KHI, quand Fouad Ali el Himma t’en laissera le temps, tu devrais nous faire un « Petit Bonjour » sur

Le bon, la brute et le truand à l’assaut de la Tunisie Aux dernières élections présidentielles tunisiennes de 2004, Ben Ali, le truand, a raflé le pactole, plus de 94,49 % des votes. Et au vu de l’état de l’opposition tunisienne, 10 contre 1 que le champion du RCD (Rassemblement constitutionnel démocratique) remportera un autre mandat en 2009 ! Pourtant, l’opposition existe bel et bien, parce que sous la pression de l’Occident, soucieux de faire respecter la pluralité politique, au moins en apparence, Ben Ali a bien dû admettre l’existence de certains partis d’opposition parlementaires reconnus au début des années 80. Seulement voilà, le MDS (Mouvement des démocrates socialistes) ou le PUP (Parti de l’unité populaire) s’apparentent à une opposition de décor, à des cow-boys affublés de pistolets de pacotille, qui non seulement suivent la règle de « l’allégeance contre privilèges » mais en plus s’entretuent. Les brutes au service du truand ! Heureusement dans ce western spaghetti y’a quand même des bons : le PDP (Parti démocrate progressiste), le FDTL (Forum démocra-

L’Iran surfe en bas-débile Très friand de haute technologie, nucléaire en particulier, le gouvernement iranien reste néanmoins prévenant envers son peuple : il ne faudrait pas que les progrès de la science le bouscule de trop. Les mollah ont donc décidé

de limiter les connexions internet du pays a une vitesse de 128 kb/s, (en gros, cinq fois moins que ce qu’on peut commencer à considérer comme du haut-débit). Des suppôts de Satan prétendent que la manœuvre vise

cette réflexion de Prévert : « Quand la morale fout le camp, le fric cavale derrière ». Tu as tous les éléments pour nous faire un superbe papier !y La princesse enchantée

à limiter les possibilités de communication de l’opposition, et à empêcher les Iraniens d’accéder aux sites censurés par les autorités. Celles-ci, dans leur grande sagesse, ont en effet mis en place un système de filtrage sophistiqué de fabrication… américaine, qui place l’Iran à la seconde place derrière la Chine en matière de censure sur Internet. Mais que les

tique pour le travail et les libertés) ou ces partis non reconnus comme le communiste ouvrier ou celui des islamistes… La « vraie » opposition comme elle se nomme-elle même, à laquelle se greffent les organisations de défense des droits de l’homme dont la vindicative LTDH (Ligue tunisienne des droits de l’homme). Un gaillard dénote tout de même

MDS (Mouvement des LPUPedémocrates socialistes) ou le (Parti de l’unité populaire)

s’apparentent à une opposition de décor, à des cow-boys affublés de pistolets de pacotille par ses prises de position : Moncef Marzouki. Le “Clint tunisien” président du CPR (Congrès pour la république) appelle à une opposition de « rupture » plus qu’à une opposition de « pression ». La seule solution, selon lui, pour stopper le pillage de la Tunisie par les Ben Ali & Co. Dommage qu’il soit trop p’tit pour pousser les portes du saloon…y Maya Lenoir

internautes iraniens se rassurent, le gouvernement s’empresse de combler leur envies de s’éclater sur la toile. L’aimable président Mahmoud Ahmadinejad a ouvert son blog le mois dernier, et 300 étudiants en religion, de futurs petits mollah, seront bientôt formés pour mettre en place les leurs…y Darius ekoutum


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rRatsiraka

se jospinise

Didier Ratsiraka, ancien président dictateur de Madagascar, évolue. Détrôné en 2002 dans les urnes et par les armes de son poste par Marc Ravalomanana, « l’Amiral Rouge », n’est depuis pas retourné sur l’île. Son parti, l’Adema, a vu son candidat à la présidentielle de décembre retoqué par la Haute cour constitutionnelle. Et ses condamnations de 2003 à quinze ans de travaux forcés pour détournement de fonds publics et atteinte à la sûreté de l’Etat n’ont pas été levés. Malgré ces éléments, le bougre n’a pas, selon nos sources, décidé de se retirer définitivement de la vie politique. Il attend, au cas où la situation évolue, d’être sollicité. Un ultime recours qui en rappelle un autrer

Bonne affaire

Sur le tarmac de l’aéroport de Nîmes, immobile, trône un DC-8, propriété de la présidence centrafricaine. Le petit coucou, acheté en Roumanie, n’a malheureusement jamais vu la couleur du ciel de Bangui. Il est en maintenance depuis plusieurs mois en France. Encore une belle affaire réalisée par le président centrafricain, François Bozizé...y

Sassou encore

Souhaitant sans doute concurrencer les débilités anonées par le ministre des Affaires étrangères français, Philippe Douste-Blazy, le président congolais Sassou Nguesso a tapé fort sur TV5. « Je n’adhère pas à la Françafrique », a déclaré sans ciller le grand pote de Chirac. Entre siphonnage des revenus pétroliers, corruption à tout va, affairisme via les réseaux Elf et Total, les vertus de l’ami Sassou sont pourtant innombrables...et paraphrasant son gendre, Omar Bongo, il assure « avoir des amis à gauche et à droite en France ». Un signe évident de probité : Sassou applique la loi du milieu...y

Candidat spirituel

La campagne sénégalaise va bon train. La menace d’un scrutin à un tour affole l’opposition au Président Wade, officiellement investi par son parti. Pendant ce temps Idrissa Seck, son ancien Premier ministre recrute peu à peu. Dernier trouvaille, Serigne Modou Kara, le marabout politicien leader du Parti de la vérité et du développement. À la dernière présidentielle Kara avait appelé à voter Abdou Diouf. Une consigne pas vraiment suivie et qui laisse augurer de son poids électoral. Peut-être Seck cherche-t-il à conquérir les âmes plutôt que les voixy

Les voies d’Alpha

Le président de la commission de l’Union Africaine, Alpha Oumar Konaré, s’est en juin élevé contre les mutilations génitales féminines et a appelé de ses voeux la fin de ces pratiques. Apparemment, il est aussi efficace sur ce dossier que sur celui du génocide au Darfour ou de la crise ivoirienne. Dans tous les cas, ça va saigner...y

afrique | ~

& reste du monde

Thales : ton univers impitoyable Afrique du sud | Le procès de l’affaire de corruption qui implique le groupe français de défense Thalès et le glorieux viceprésident Jacob Zuma a été interrompu

B

onne nouvelle pour Thales. Le procès de l’encombrante affaire de corruption qui lui vaut de faire la Une en Afrique du Sud depuis des années a été interrompu ; un juge de la Haute Cour d’Afrique du Sud, Herbert Msimang, a tout simplement retiré l’affaire de l’ordre du jour au terme d’une procédure compliquée. L’État demandait un nouveau délai pour fournir ses éléments de preuve. Dans le jugement inédit que Bakchich s’est procuré, le magistrat a compté : il a fallu pas moins de 4043 pages de documents pour en arriver là. Quatre mille quarante trois pages pour dire : stop. Dans ce jugement de 25 pages, le résumé visant Jacob Zuma, qui il y a quelques mois se voyait bien en

(DSEO) avaient lancé leurs propres investigations sur des marchés de corvettes, sous-marins, hélicoptères et avions de combat. C’est alors qu’un « fax crypté », adressé par la secrétaire du patron de Thales local,

Alain Thetard, a été déniché. Dans ce bout de papier, que les Français doivent regretter d’avoir conservé, Zuma donnait son accord à son conseiller Shabir Shaik, en contact avec Thales, pour recevoir chaque année 500 000 rands. Environ 60 000 euros annuels : bien peu au regard des affaires à la française ! En échange de quoi Zuma s’engageait à protéger Thales de toute enquête dérangeante… On connaît la suite : un scandale public, l’ouverture d’un procès au début de l’été 2006. Et sa clôture inopinée le

20 septembre dernier. Zuma doit « être traité comme toute autre personne en dépit de sa position dans le pays », dit le document du juge Msimang. Les efforts de l’État pour le poursuivre en justice reposent sur des « fondements peu solides ». Mais il y une mauvaise nouvelle pour Thales. Alors que la société d’électronique de défense pensait en avoir terminé avec l’affaire, les Sud-Africains auraient adressé à la France une nouvelle commission rogatoire. Ils cherchent à obtenir de nouvelles informations pour, si possible, rejuger le dossier, comme la procédure le permet. La justice sudafricaine a conscience que sinon, les corrupteurs présumés auraient été blanchis, alors que pour le pot-devin en question, Shaïk serait allé en prison. Ce dernier, lié à Thales dans des sociétés sud-africaines, a en effet été jugé et condamné à 15 ans pour corruption et fraude…y L.L.

uma est « un adulte mâle bien Z connu en Afrique du Sud », écrit le magistrat. Les antécédents de

celui qui s’est « voué à la lutte pour la libération des masses opprimées dans ce pays » sont « légendaires et impeccables » futur président de la République, vaut le détour. Zuma est « un adulte mâle bien connu en Afrique du Sud », écrit le magistrat. Les antécédents de celui qui s’est « voué à la lutte pour la libération des masses opprimées dans ce pays » sont « légendaires et impeccables », a rédigé le juge, lyrique. « Depuis son retour d’exil [sous l’apartheid, qui s’est terminé en 1994, ndlr], il a occupé un nombre de fonctions gouvernementales importantes dont celle de viceprésident, dont il a été démis en juin 2005 ». Il est aujourd’hui « viceprésident de l’ANC, titre qu’il occupe depuis 1997 ». On ne peut nier « qu’il est respecté et idolâtré » par une partie de la population. Rien que ça. Aux côtés de Zuma figuraient sur le banc des accusés deux filiales de Thales, le géant français de l’électronique : Thint Holding et Thint, représentées par leur directeur Pierre Moynot. Un haut cadre de Thales qui n’était pas là au moment des faits. C’est, raconte le jugement, en avril 1998, au cours de l’approbation par le Parlement sud-africain d’un programme de révision de la défense nationale, que tout a commencé. L’idée d’une enquête généralisée sur les conditions des achats d’armes par l’État a germé dans la tête des membres du bureau de l’audit général, une sorte de Cour des Comptes. Un audit a bien été lancé, qui n’a pas fait de grandes découvertes. Mais en parallèle, des empêcheurs de tourner – de corrompre ? – en rond du Serious Economic Offences

d Thales partout, justice nulle part Thales est bien le seul groupe français de défense à être cité dans des affaires judiciaires en permanence. Les juges ont enquêté pendant des années sur les éventuelles commissions reversées à des hommes politiques en marge du marché des frégates vendues à Taïwan en 1991. En vain, ce volet est en train de fondre comme neige au soleil. Il leur reste une « tentative d’escroquerie » au détriment du groupe d’électronique via une petite société suisse, Frontier AG, qui masquait à l’époque deux stars de la future affaire Elf, Alfred Sirven et Christine Deviers-Joncour. Les conditions dans lesquelles Thales aurait obtenu la

concession du fonctionnement de l’espace radioélectrique en Argentine, auprès du président Carlos Menem, font l’objet d’un autre dossier, car des soupçons de pots-de-vin ont été évoqués. À Nice, une opération sur le tramway local est également sous la loupe judiciaire. En Autriche une opération de vente de radars, dans laquelle apparaît l’un des financiers occultes de la CDU allemande, fait aussi du bruit. L’appel d’offres remporté par Thales en 1994 a été contesté. Avec Thales, les avocats gagnent à tous les coups.y L.L.


| afrioue ~

& reste du monde

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© M.K.

Prosper, youp la boum ! c’est le roi des déguerpis… Quand la démolition fait office de politique urbaine... employés de l’Hôtel de Ville ont sorti le pot de peinture et ont barbouillé sa maison d’une croix rouge d’un mètre de haut et d’un sigle que les Yaoundéens ne connaissent que trop bien : « AD », à démolir. Dans le quartier de Prosper, un immense bidonville à flanc

d’urbanisme, on expulse les indésirables « allogènes » de quartier en quartier, sans jamais leur dire où ils pourraient légalement s’installer. Habitant à Yaoundé depuis plus de quarante ans, Prosper connaît bien la chanson. Déjà « déguerpi » au début des années 1980, ce père de

à un exode rural intarissable et à un régime foncier pour le moins anarchique, les mesures Fde ace « déguerpissement », comme on les appelle ici, tiennent lieu de politique migratoire

C’

est au printemps dernier que Prosper, 48 ans, vendeur à la sauvette de son état, a vu débarquer chez lui les agents de la Com-

munauté Urbaine de Yaoundé (CUY). « Vous avez six mois pour quitter le quartier », lui ont annoncé tout de go ses visiteurs impromptus. Et sans plus d’explication, les

de colline appelé la Carrière, les sinistres croix rouges se comptent par milliers. Face à un exode rural intarissable et à un régime foncier pour le moins anarchique, les mesures de « déguerpissement », comme on les appelle ici, tiennent lieu de politique migratoire. Sous couvert

x concoursx Découverte de nouveaux gisements de pétrole en Guinée équatoriale : le pays est maintenant plus riche que le Gabon

famille a du acheter un bout de terrain aux « autochtones » de la Carrière pour bâtir, pierre par pierre, le nouveau logement familial. « C’était la forêt à l’époque,

explique-t-il, donc ça devait qu’il nomme les « mafiosi » nous permettre de respirer de la Communauté Urbaiun peu d’air pur et d’être très ne osent envoyer les bulltrès bien ». Très très bien, jusqu’au Le Gombo n’est pas qu’un délicieux jour où les autori- légume, c’est aussi la déclinaités ont subitement son camerounaise du Bakchich… « découvert » que la zone, transformée en bidonville depuis bien des années, était… inconstructible. « Occupation dozers, il se battra « jusillégale ! », s’est aussitôt qu’à la mort », jure-t-il écriée la CUY, qui menace avec un regard qui indique aujourd’hui d’anéantir, sans qu’on aurait tort de croire compensation, vingt ans de à des paroles en l’air. Alors sueur et d’économie. qu’expire l’ultimatum de D’un naturel pourtant pa- la CUY, il règne à la Carcifique, Prosper a décidé, rière une atmosphère de cette fois, de ne pas se lais- Saint-Barthélemy.y ser faire. Si d’aventure ceux Moussa Ka

Gbagbo à la tétée

Côte d’ivoire | Laurent Gbagbo, reine d’Angleterre ? Malgré le soutien du président malien ATT, ça en prend le chemin.

C’

est quasi officiel depuis la réunion de l’Union Africaine (UA) à Addis-abeba, Laurent Gbagbo sera toujours président de la Côte d’Ivoire après le 31 octobre. Déjà prolongé l’an dernier, son mandat s’est encore allongé de 12 mois. Autre bonne nouvelle, la cohorte de ses soutiens africains grossit. Après le pacifiste président angolais Dos Santos, le tolérant zimbabwéen Robert Mugabé, l’énigmatique sud-africain Thabo Mbeki, « Lolo » a conquis l’estime du président malien Amani Toumani Touré, dit ATT. Un revirement magique, œuvre, selon les plus diplomates, de Amara Essy, aussi appelé « cube Maggi, qu’on met dans toutes les bonnes sauces ». L’ancien ministre des Affaires étrangères ivoirien et ex-secrétaire général de l’organisation de l’union africaine (devenue l’UA) aurait fait montre de tout son doigté. « Les élections présidentielles

Pour peu que…

« POUR AUTANT », vociférait, l’important Seguin pendant sa campagne contre Paris, contre Tibéri, et contre le système Chirac... On connaît le résultat : Delanoë, les Verts, Paris sale, thrombose circulatoire, et Seguin, Président de la Cour des Comptes grâce au système Chirac... « POUR PEU QUE »... anone Denis Sassou Nguesso à TV5-EUROPE1-LE PARISIEN, de sa voix doucereuse du prétendu rusé ! Pour peu qu’il y ait des écoles, des hôpitaux et des routes, le Congo-Bêta aurait de l’instruction, de la santé et des

communications, élémentaire mon cher Watson ! Mais Mr Zazou vous êtes attristant et ridicule et chaque Africain ou chaque amoureux de l’Afrique vous aura trouvé d’un ignoble cynisme, sauf votre respect, Mr le Président symbolique de l’Union Africaine (sic), alors que le peuple du Congo crève de manque de nourriture et de soin. Chacun aura pu constater votre ressemblance avec Milosevic et Ceaucescu, Mugabé et Charles Taylor. Les Africains surtout auront pu déceler chez toi, mon frère, les stigmates du dictateur grotesque :

dépenser stupidement l’argent du pétrole du peuple congolais pour les besoins personnels de ta famille mais aussi pour des couillonnades post-colonisatrices genre Savorgnan de Brazza... !!! Sassou-Gugus s’est présenté, merci beaucoup, à l’Europe et au monde, grâce aux bons auspices d’Elkabbach, sous les yeux de merlans frits de Roussin, Wiltzer, sans oublier l’escroc Pigasse dont chacun sait la bêtise et la lâcheté. Dessaint et Vernet qui eux, en vrais journalistes, connaissent très bien l’Afrique avaient le sourire intérieur heureux de ceux qui montrent au monde le vrai Sassou : un hanneton dans un abat-jour. POUR PEU QUE... exposant, de

chronique du

gomboland

approchent au Mali, et les caisses du Président ivoirien sont pleines », persiflent de mauvaises langues, qui parlent d’une promesse « de cinq millions de dollars ». Et vu que les élections, en Côte d’Ivoire ne sont inscrites qu’aux calendes grecques, le Président n’a pas besoin de grisbi dans l’immédiat... Dernière bonne nouvelle, Gbagbo va avoir du temps libre. La feuille de route présentée par l’UA est claire. À lui le règne, à Charles Konan Banny, son Premier ministre, les pouvoirs : notamment la possibilité de gouverner par décrets-loi et ordonnances pour permettre la tenue d’élections, et la refonte des services de sécurité. Pas une mince affaire, d’autant que les forces de sécurité étaient jusque là domaine réservé du président... Pas d’élections, donc mais une actualité qui risque d’être agitée. L’opposition a d’ores et déjà annoncé qu’après le 31 octobre, elle ne reconnaîtra plus aucune autorité à Gbagbo, les durs du régime crient leur désirs de voir l’armée française et onusienne déguerpir et l’Onu doit se re-re-pencher sur le cas ivoirien le 25 octobre. Descentes des patriotes dans la rue à prévoir, mais pas de grands combats, ni d’opérations militaires d’envergure, ni de sollicitations « barbouzardes ». « Services américains, israéliens et français surveillent tout le monde sur place, constate un habitué. Tout est verrouillé ». Ni guerre, ni paix, ni élections et un pays coupé en deux. La Côte d’Ivoire réinvente la drôle de guerrey Tidiane de Loyola

sommets en conférences son look démodé de faux gentleman cambrioleur apparaisse enfin... Mes frères, mes sœurs, il est temps que nous mêmes jeunes africains, pre-

Le prince

Pokou

nions concrètement en main les destins de nos pays. L’éclat de rire moqueur que provoque Ochombé en passant à la télévision française est humiliant pour nous tous. Pour ma part, je crois que, notamment au Bénin, en Guinée Equatoriale, au Cameroun, au Mozambique et même en Côte d’Ivoire, renaissent de bons espoirs pour l’Afrique. Dans le village planétaire, dans ce monde nouveau, chacun voit bien que les vieux dictateurs, faux démocrates, comme les Bongo-Sassou-Wade ou Lansana Conté ne tiennent décidément plus la piste : bonne retraite au Maroc les petits ! POUR PEU QUE, Dieu prête la santé.y SAR le Prince Pokou.


ben… la der !

Ziegler rapporte le bilan des destructions au Liban

J

ean Ziegler, rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation, présentera la semaine prochaine au Conseil de sécurité de l’ONU un rapport explosif sur la guerre israélolibanaise de cet été. À l’invitation du gouvernement libanais, il s’est rendu au pays du Cèdre du 11 au 16 septembre dernier. Dans le cadre de la même mission, il a souhaité se rendre dans le nord d’Israël, mais à ce jour Tel-Aviv n’a toujours pas répondu à sa demande. Les principaux enseignements de ce rapports sont accablants… Durant les 34 jours qu’a duré cette guerre, les forces israéliennes ont lancé plus de 7000 attaques aériennes et 2 500 opérations maritimes, tout en procédant à des bombardements à l’artillerie lourde. Cette guerre a eu des conséquences profondes sur la population libanaise. Selon le Gouvernement libanais, le bilan est le suivant : 1 189 tués (des civils pour la plupart), 4 399 blessés, 974 189 personnes déplacées et 15 000 à 30 000 maisons détruites. Durant la guerre, la destruction des routes et autres infrastructures de transport, s’ajoutant au refus répété des forces armées israéliennes d’accorder un libre passage, a fait que les organismes humanitaires ont éprouvé d’énormes difficultés à transporter de la nourriture et autres secours, en particulier vers les quelque 22 000 personnes au sud du fleuve Litani, où se trouvent 38 lo-

Un rapport accablant de l’Onu sur les conséquences de la guerre israélo-libanaise de cet été

calités sous le contrôle de la force intérimaire des Nations Unies au Liban. Obligées de quitter leurs maisons et leurs terres agricoles, un grand nombre de personnes ont vu leur accès à l’alimentation compromis, des dizaines de milliers d’entre elles devenant dépendantes à l’égard de l’aide alimentaire. La guerre a éclaté au plus fort de la

saison de pêche et de récolte fruitière, affectant ceux qui vivent de ces deux secteurs non seulement directement pour ce qui est du préjudice subi, mais également - et surtout - indirectement du point de vue des débouchés perdus et du manque à gagner. La plupart des terres agricoles ont été affectées par les bombardements et continueront

Jean Ziegler, le vilain rapporteur

mours yRedac’ chef, directeur de la publication et bourreau : Xavier Monnier (xm@bakchich.info) |

Design & cafés : Guillaume Barou (gb@bakchich.info) | Administration et plein d’autres trucs chouettes : Léa Labaye (lea@bakchich.info)

yÉcrivent et dessinent de jolies choses dans ce journal : La princesse enchantée, Gary John,

Guillaume Dasquié, Tidiane de Loyola, Lara Mace, Malika Rededal, Maya Lenoir, Ignacio Manga, Matthieu Adenil, SAR le prince Pokou, Moussa Ka, Julien Naël, Uriel Da Costa, Dougui Drou Py, Pascal Bovo, L.L., Vincent Nouzille, Delambre, Kerleroux, Pat Masioni, Khalid Gueddar, G.

yBakchich est édité par le Groupe Bakchich, SARL de presse au capital de 1000 euros. RCS

de l’être par les bombes non explosées qui restent une entrave à l’accès à un grand nombre de champs. Selon le Centre d’action anti-mines des Nations unies, des centaines de milliers de munitions non explosées, essentiellement des bombes à fragmentation (armes antipersonnel qui répandent des mini-bombes de façon aveugle sur une vaste zone), devront être éliminées avant que l’agriculture puisse redémarrer. Plus de 1,2 million de bombes à fragmentation auraient été ainsi larguées par les forces israéliennes, dont près de 90 % durant les 72 dernières heures de la guerre, alors que les forces israéliennes savaient déjà qu’un cessez-le-feu était imminent. La destruction par les forces israéliennes d’infrastructures essentielles à la survie de la population, en particulier les infrastructures liées à l’agriculture, à l’irrigation et à l’eau, auront également des conséquences durables sur les moyens d’existence et sur l’accès à l’alimentation et à l’eau. La pêche a été fortement affectée par l’importante marée noire qui a suivi le bombardement par Israël des quatre réservoirs de carburant de Jiyyeh, le 14 juillet 2006. La principale préoccupation aujourd’hui concerne les conséquences durables de la guerre sur les moyens d’existence. En effet, il est erroné de croire que le droit à l’alimentation renvoie avant tout à l’aide alimentaire. Il s’agit plutôt du droit d’être capable de se nourrir en

s’appuyant sur des moyens d’existence suffisants. Jean Ziegler a constaté que les moyens d’existence d’une grande partie de la population ont été mis à mal par la guerre et que la reconstruction de ces moyens d’existence a été lente. La perte de moyens d’existence et de sources de revenu constitue la principale menace au bienêtre de milliers de familles, en particulier dans les zones rurales. À la lumière de ses constatations et des obligations internationales qui incombent aux parties à la guerre, le Rapporteur spécial conclut

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Rome de la Cour pénale internationale ; 2) que les Gouvernements israéliens et libanais acceptent que la Commission internationale d’établissement des faits, instituée conformément au Protocole additionnel enquête sur les violations du droit à l’alimentation en vertu du droit humanitaire international ; 3) que le Gouvernement israélien soit tenu responsable, en vertu du droit international, de toute violation du droit à l’alimentation de la population civile libanaise. Le Gouvernement israélien devrait être tenu responsable, en vertu du droit international, des violations du droit à l’alimentation de la population civile libanaise. En vertu du droit international, le Gouvernement israélien a l’obligation de veiller à ce que toutes les victimes reçoivent une réparation et une indemnisation suffisantes pour les préjudices

elon le Centre d’action anti-mines des Nations Sexplosées, unies, des centaines de milliers de munitions non essentiellement des bombes à fragmentation (armes antipersonnel qui répandent des mini-bombes de façon aveugle sur une vaste zone), devront être éliminées avant que l’agriculture puisse redémarrer son rapport en formulant une série de recommandations destinées à améliorer la réalisation du droit à l’alimentation de l’ensemble de la population libanaise. En particulier, le Rapporteur spécial recommande : « 1) de mener des enquêtes approfondies sur les violations du droit à l’alimentation en vertu du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire, afin de déterminer, notamment, si elles constituent de graves violations des Conventions de Genève du 12 août 1949 et du Protocole additionnel I y relatif ou, éventuellement, des crimes de guerre en vertu du Statut de

2[dQ

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subis durant la guerre, ainsi que pour les pertes subies du fait de la perturbation de leurs moyens d’existence ; 4) que le Gouvernement libanais, avec le concours de donateurs bilatéraux et multilatéraux accélère l’élimination des bombes à fragmentation qui jonchent les terres agricoles. Le Gouvernement israélien devrait fournir des informations détaillées et complètes sur l’utilisation par son armée des munitions à fragmentation, afin de faciliter la destruction des munitions non explosées et le nettoyage des zones touchées. » Ziegler va se faire des amis… y Uriel Da Costa

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N°5 20.10.2006

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