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�10 | 24 Novembre 2006 | Enquêtes, reportages & dessous de table | France, Maghreb, Afrique et d’autres coins aussi

Un flic des RG sifflé hors jeu

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omme le battement d’aile du papillon peut provoquer un tsunami à l’autre bout du monde, la chute d’un petit escroc niçois, mis en cause pour avoir tenté de corrompre des arbitres de football risque de faire des vagues jusqu’à… la place Beauvau. Au départ, il y a une plainte déposée en septembre dernier par la Ligue de Football Professionnel. Elle vise un certain Xavier Pettinato. Les instances du ballon rond soupçonnent cet intermédiaire d’avoir cherché à corrompre des arbitres. Pendant deux ans, Pettinato a en effet fourni à toute une série d’hommes en noir, officiant sur les terrains de Ligue 1, téléphones portables, micro-ordinateurs et vêtements Adidas, à des prix défiant toute concurrence. Le hic, c’est que Pettinato, déjà mis en examen dans une autre affaire d’escroquerie immobilière à Nice, a été mis en relation avec le corps arbitral par un de ses amis, Stéphane Bré. Lequel Bré a la particularité, outre celle d’être arbitre international, d’exercer la profession de flic aux Renseignements Généraux à Rennes. Pire encore, d’après les premiers éléments

y 2€

de l’enquête, Bré aurait introduit son sulfureux ami auprès de ses collègues arbitres en le présentant comme un « ancien conseiller de Nicolas Sarkozy auprès de l’Intérieur » ! Pas très informé pour un RG : on ne connaît en réalité qu’une seule occupation officielle à Pettinato, celle d’avoir été agent territorial détaché au cabinet de Jacques Peyrat, le maire de Nice. Un poste dont il s’est d’ailleurs fait éjecter en juin dernier. Mouiller son ministre dans une sombre carambouille footballistique ? Pas très malin pour un flic ! D’autant que Bré, déjà pris l’année dernière la main dans le sac, aura du mal à soutenir avoir été abusé par son ami à la réputation moyenne... En 2005, il avait en effet été suspendu six mois par l’UEFA pour avoir tenté d’utiliser un faux classement d’arbitres européens. Il utilisait ce document contrefait pour se plaindre de son traitement au niveau international et réclamait d’arbitrer plus de matchs internationaux. À l’époque déjà, l’enquête des instances européennes s’était intéressée au rôle pivot de Pettinato dans le système d’arbitrage français. « Comment juger la note donnée par un observateur d’arbitre à M. Bré si l’observateur en question a acheté du matériel à bas prix à M. Pettinato qui est l’ami de M. Bré », interrogeait l’UEFA. Bonne question…y Pascal Bovo

Les frégates se cachent …pour mourir : la justice n’a pas trouvé les destinaires des fameuses rétro-commissions

Parfum frelaté

Ou comment la DGSE a fait un trou de 180 millions d’euros dans le trésor de guerre de la France

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Islamistes enchantés

Selon un livre écrit par deux amis de Bakchich, au Maroc, la mode sera bientôt à la barbe

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Déguerpissements

Au Gomboland, que certains apæ pellent Cameroun, l’aménagement du territoire est parfois musclé


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france

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rsommet huilé

Le sommet franco-africain qui se tiendra à la mi-février à Cannes et accueillera 40 à 50 chefs d’État mobilise déjà nos huiles. Annie Lhéritier, chef de cabinet de Chirac, se rend sur place pour les premières réunions de cadrage à la préfecture des AlpesMaritimes ce lundi 27 novembre. Hormis la relation institutionnelle avec le préfet, elle dispose d’un contact direct avec le sous-préfet de Grasse, Claude Serra, un ancien des... chasses présidentielles

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gaydamak Premier

« Donnez-moi trois mois et la moitié de la Knesset sera à moi ». Le matamore auteur de cette annonce n’est autre que le célébrissime marchand d’armes franco-israélien, Arkadi Gaydamak. Connu en France pour son rôle dans l’Angolagate, un trafic d’armes présumé... et jamais jugé, entre la France et l’Angola, l’ami Arkadi s’est brillamment reconverti en Israël. Tour à tour planteur de tomates, président de club de foot, grand donateur pour une puissante association de juifs américains, Gaydamak ne vise ni plus ni moins désormais que le poste de Premier ministre en Israël. Ce n’est tout de même pas pour bénéficier d’une immunité parlementaire qu’il se lance en politique ?y

Mort dans l’âme

Deux illustres amateurs de bonne chair ont disparu. Après Robert Altman, le cinéaste américain décédé en début de semaine, le comédien français Philippe Noiret s’est éteint. L’exception culturelle ne résiste pas à la grande faucheuse y

Suspense

Nicolas Sarkozy, à propos de ses ambitions (présidentielles) : « je dirai la semaine prochaine ce que je veux faire et ce que je propose ». Le peuple meurt d’impatience de connaître sa décision. Candidature ? Programme ? Bah, tant qu’il n’impose pas le port de talonnettes y

Compensation

En France, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon, une donzelle est violée toutes les heures. Mais que l’on ne prenne pas la France pour un pays de sales machistes ! La preuve, le premier vaccin contre le cancer du col de l’utérus va être commercialisé dans notre beau pays, terre sacrée des droits de l’Homme. Non mais ! y

Ségolinades

Dame Royal, officiellement candidate socialiste à la présidentielle d’avril prochain veut se faire comprendre du bon peuple : « Si je dis “la vie chère” au lieu de “pouvoir d’achat”, ce n’est pas un hasard. “La vie chère”, tout le monde comprend ce que cela veut dire, tandis que le “pouvoir d’achat”, lui, dépend de statistiques de l’Insee qui s’obstine à le voir en hausse » (Le Monde 23/11). Autre exemple de traduction politique-bon peuple donnée par la député des Deux-Sèvres parler de « petites retraites » plutôt que « pensions modestes ». Le bon peuple, lui, a jusqu’au 23 avril pour traduire en langage Royal « branlée électorale » y

Les frégates se cachent pour mourir

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a justice vient de jeter l’éponge : elle n’a pas retrouvé les destinataires des fameuses rétro commissions qui ont fait fantasmer pendant près de 10 ans journalistes, enquêteurs, lobbyistes, hommes politiques… De nombreux noms de bénéficiaires présumés, de gauche comme de droite, circulaient. En juillet 2006, l’ancien ministre de la Défense Alain Richard a même déclaré être au courant. Il a expliqué que le système de rétro commissions avait été décidé sous la houlette de Mitterrand et d’Edouard Balladur, Premier ministre entre 1993 et 1995. Comme souvent dans cet énorme dossier, aucun détail précis n’a été livré au juge, Renaud Van Ruymbeke. Ce dernier a donc clôturé officiellement ses investigations et le procureur de la République devra bientôt rédiger ses réquisitions. Il ne lui restera comme clients à se mettre sous la dent que quelques clampins qui ont tenté, en 1991, de se greffer sur le faramineux marché pour en tirer des subsides sonnants et trébuchants : Christine DeviersJoncour, Loïk Le Floch-Prigent et une poignée d’autres. Alfred Sirven n’est plus là pour donner sa version de cette petite escroquerie qui aurait pu lui rapporter gros. Mais chez Thales, montrée du doigt comme corrupteur présumé pendant toute la période de l’enquête, on juge « bancale » la fin de cette belle saga. « Le magistrat a fait son enquête à moitié, et donc le soupçon que des rétro-commissions ont été versées n’est toujours pas définitivement écarté. Nous avons hésité à demander à Van Ruymbeke de nouvelles investigations pour prouver qu’il n’y a jamais eu d’argent versé à des Français, mais l’idée de relancer l’affaire pour trois ou ans en plus nous a stoppés », confie un proche du groupe électronique. Et si le juge avait trouvé quelque chose à se mettre sous la dent, Thales aurait ri jaune. Les responsables du groupe d’électronique estiment que le juge n’a pas tout mis en oeuvre pour retrouver l’intégralité des comptes d’André Wang. En 2001, les comptes bancaires en Suisse de l’homme d’affaires qui avait servi d’intermédiaire entre la France et Taiwan ont été bloqués par la justice. Ce businessman avait touché un pactole sur le contrat des frégates : environ 520 millions de dollars. Le problème, c’est que l’argent n’est pas sorti de ces comptes : il n’a donc pas a priori été redistribué… Les commissions sont-elles sorties d’autres comptes bancaires ? Encore fallait-il se montrer curieux. Aucune enquête n’a été menée aux États-Unis, où Wang a vécu pendant des années, à Oakland. Pourtant, la justice américaine aurait pu être sollicitée. Peut-être le magistrat ne parle-t-il pas anglais fluently. Le juge s’est aussi gardé de demander aux autres sociétés – Matra

(EADS aujourd’hui), Sagem, etc – qui utilisaient l’incontournable monsieur Wang sur quels comptes elles le payaient. Il aurait pu perquisitionner pour en savoir peutêtre un peu plus sur les relations entre le Taiwanais et ses honorables sociétés. On l’a appris depuis, que le juge Van Ruymbeke entretenait des relations plutôt cordiales avec un ponte d’EADS, Jean-Louis Gergorin, lequel a roulé le magistrat

Corruption | On pensait que le plus gros contrat signé par la France à Taiwan, la vente en 1991 de six frégates militaires pour 2,5 milliards d’euros, ne livrerait jamais ses secrets.

dans la farine à propos de faux listings bancaires… C’est l’affaire Clearstream. À Singapour, où Wang détenait quelques comptes bancaires, le juge avait envoyé une commission rogatoire pour enquêter : il est vrai que

les autorités n’ont pas répondu à ce Français un peu trop curieux à leur goût. Voilà pourquoi on ne saura jamais la vérité sur les rétro commissions de l’affaire des frégates de Taiwany L.L.

d Le « spectre » thales Le dossier des frégates refermé, Thales reste embarrassée par le « spectre » argentin. L’affaire a fait grand bruit à Buenos Aires, où une enquête a été ouverte par le bureau anti-corruption du ministère de la Justice. Aujourd’hui, le juge Van Ruymbeke est également chargé des investigations. Il cherche à remonter la piste d’environ 25 millions de dollars versés par Thales et transférés vers des comptes bancaires aux États-Unis et en Uruguay. À la base du dossier, Thales remporte en Argentine grâce à un décret du président Carlos Memen de 1997, un énorme contrat de gestion et de surveillance du spectre radio-électrique que le gouvernement argentin concède au groupe français. Une opération à 900 millions de dollars sur 15 ans. Pour l’occasion une holding, filiale de Thales, est créée aux PaysBas, Thales Spectrum International. Mais parallèlement,

un contrat secret « d’assistance » est signé, à Paris, entre Thales et Finego, une petite société suisse. Le gérant de Finego était apparu dans l’affaire Elf, sa société a été liquidée début 2003. Mais quand le fameux contrat est signé, alors que Finego est censée sur le papier apporter études, rapports et informations à Thales à propos du contrat argentin contre un salaire de 135 000 dollars par mois, la petite structure se contente de recevoir puis transférer cette somme, moins 3% qu’elle conserve, vers de mystérieux comptes bancaires. À deux reprises, en plus des 135 000 dollars, deux virements de 10 millions de dollars vont suivre le même chemin. À chaque fois, sur instructions émanant d’un Français de Buenos Aires, Jean-Nicolas D., travaillant pour Thalesy L.L.


france

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Le parfum frelaté de la DGSE

« Manipulations », livre d’enquête plein de belles choses, raconte notamment, par le biais d’un mémo du prolifique général Rondot, comment les services secrets français ont perdu quelques 180 millions d’euros de leur trésor de guerre dans des investissements foireux

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ans Manipulations, l’excellent livre que viennent de publier les journalistes de Libération et du Parisien, Karl Laské et Laurent Valdiguet, figurent quinze excellentes pages sur le compte caché de Chirac au Japon. Qu’un message puisé aux meilleures sources de nos sympathiques barbouzes fasse état d’avoirs secrets du chef de l’État dans l’établissement d’un banquier sulfureux de Tokyo, voilà qui mérite qu’on s’y attarde. Étrangement, les médias, y compris les gazettes où travaillent nos excellents auteurs, n’ont guère repris ces informations. La plupart

des fonds spéciaux alloués aux services (secrets, NDLR). La perte sèche enregistrée dans cette opération se situe autour de 180MF ! ». Et le bon général d’ajouter : « S’il est normal que la DGSE dispose d’un trésor de guerre, encore convient-il que celui ci soit immédiatement disponible en cas de crise [...] et qu’il ne cherche pas à entretenir, chez quelques correspondants affairistes [...], leurs “danseuses”, ce qui n’est pas le cas ». De quoi s’agit-il ? Et bien la DGSE reçoit des millions d’euros de fonds secrets chaque année, qui lui servent par exemple à libérer des ota-

a DGSE reçoit des millions d’euros de fonds secrets chaque Lmener année, qui lui servent par exemple à libérer des otages ou à de discrètes opérations, type, dans le plus mauvais des

cas, Rainbow Warrior. Hélas, nos espions auraient du placer leurs économies à la caisse d’épargne ; or ils ont préféré, grisés par la bulle Internet, les investir dans des fiduciaires qui ont pris de plein fouet le retournement de 2001 et 2002 ont préféré se faire l’écho de trois pages maigrichonnes sur un supposé trésor de guerre caché de la DGSE. À l’appui de leur « scoop », les deux journalistes ne produisent qu’une note adressée le 9 septembre 2002 à Michèle Alliot-Marie par le général Rondot, scribe à ses heures, alors conseiller auprès de la ministre. « Le règlement, si l’on peut dire, de l’affaire EK Finances, sujet sur lequel je vous avais alertée le 22 mai, fait apparaître de très graves dysfonctionnements dans la gestion

ges ou à mener de discrètes opérations, type, dans le plus mauvais des cas, Rainbow Warrior. Hélas, nos espions auraient dû placer leurs économies à la caisse d’épargne ; or ils ont préféré, grisés par la bulle Internet, les investir dans des fiduciaires qui ont pris de plein fouet le retournement de 2001 et 2002. « L’affaire EK Finances », comme l’écrit le général Rondot, fait allusion à une boîte de parfumerie où la DGSE avait investi à fonds perdus. Derrière le parfumeur, se

Aux armes, etc. Atmosphère de franche camaraderie au sein de Safran, dernier né des vendeurs d’armes français. Cocorico !

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onne ambiance, lundi dernier, à la dernière Assemblée générale de Sagem, le groupe d’électronique de défense. Présents à l’appel, entre représentants des différents actionnaires et du conseil d’administration, un huissier. Peu connus pour leur propension à faire le coup de poing, les ingénieurs encravatés et à l’âge respectable qui composent l’aréopage auraient pu en venir aux mains. Si, si, si l’on en croit Jean-Paul Herteman, représentant du groupe Safran, actionnaire majoritaire – à 90% – de Sagem. C’est du moins l’explication que l’homme a avancé pour expliquer l’in-

cachait parfois un espion. Le procédé plus discret que le classique chèque de banque était peut-être habile mais certainement pas rentable, la boîte ayant perdu beaucoup d’argent. À l’époque, le grand financier de la DGSE était Paul Henri Trollet qui a poursuivi une belle carrière comme directeur de cabinet de l’actuel Préfet de Police, un homme intègre et scrupuleux de l’avis général. Les comptes des services, par ailleurs, sont examinés à la loupe chaque année par quelques magistrats de la Cour des Comptes. Seul un contrôle public par le Parlement des services français permettrait d’éviter à nos espions de mauvais procès. Car il existe suffisamment de coups tordus de barbouzes à dénoncer pour ne pas se perdre dans des erreurs de calculette du bon généraly Julien Naël

congru présence de son invité huissier... Depuis sa création en 2005, Safran, groupe spécialisé dans l’aéronautique et les télécommunications, pimente un peu les pages éco des grands journaux parisiens. Issu de la fusion de la Snecma (propulsion et équipements aéronautiques et spatiaux) et Sagem (communications, défense, et sécurité), le nouveau groupe digère mal l’absorption des deux entités, aux objectifs plutôt divergents. L’un vend des avions neufs, l’autre « booste » les vieux. Et les anciens

a lutte des clans est telle que les salariés se sont Lmerveilleux tous remis à la lecture du « Combat des chefs », album de la saga Astérix de chaque camp s’asticotent gaiement. Démissions, rétrogradations, brimades... Une saine ambiance de travail et de quoi rassurer l’actionnaire numéro un de l’entité, l’État... La lutte des clans est telle que les salariés se sont tous remis à la lectu-

À Ankara, un lobbyiste de Lockheed pour gérer le PKK Le 21/11/06 | Article paru en turc le 20 novembre dans le quotidien « Sabah »

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es États-Unis ont exercé d’importantes pressions pour que la Turquie accepte enfin leur Coordinateur contre le PKK. Au terme d’intenses tractations, la Maison Blanche avait désigné le général Joseph Ralston pour assumer ces fonctions, et les autori-

tés d’Ankara lui avaient adjoint un officier supérieur Turc, le général Edip Baser – retiré des effectifs. Mais au regard du climat instauré sur ce dossier, la nomination d’Edip Baser n’a pas atteint le niveau ministériel et elle n’a pas suffi à pleinement impliquer l’administration

sécuritaire turque dans ce dossier. Le chef d’état-major des armées Yasar Buyukanit, tout comme le président Ahmet Necdet Sezer, refusent obstinément de rencontrer Ralston, malgré les demandes de Washington. Les dernières découvertes sur la

re du Combat des chefs, merveilleux album de la saga Astérix. Avec, pour l’instant, avantage à la Snecma. Jean-Paul Béchat, pdg du groupe en est issu et dézingue à tout va. Dernièrement, l’ami polytechnicien – « l’encorné » de son surnom – a placé un des ses hommes, Herteman à la tête de Sagem défense et sécurité (SDS), en lieu et place de l’historique Jacques Paccard. Tout en virant l’un des pères du nucléaire français et autre dirigeant historique de Sagem, Daniel Dupuy. Aux dernières nouvelles, la fin de la récréation devrait être sifflée avant le 13 décembre et le Conseil de surveillance du groupe Safran. Au programme le remplacement de Béchat, le Pdg de Safran pour calmer les esprits. Bercy a déjà auditionné quelques pontes de l’aéronautique, et pointent les noms de Francis Auque et Hervé Guilloux pour prendre la tête du groupe. Niveau guerre de clans, les deux hommes sont rôdés. Ils viennent d’Eads, premier fournisseur des acteurs de l’affaire Clearstream... y X.M.

réalité des activités commerciales de Jospeh Ralston, pour le compte de Lockheed, devraient aggraver la situation. Car on semble maintenant confirmer que Ralston occupe en effet un poste de directeur au sein du comité exécutif du groupe aéronautique de défense Lockheed, producteur notamment de l’avion de com-

bat F-16 (ndlr : équipant l’Armée de l’Air Turque, qui compterait 117 appareils de ce type). À ce titre, il travaille aussi comme conseiller des négociateurs américains chargés du dossier du Joint Strike Fighter, le futur avion de combat multi rôle, objet d’un cofinancement international, sur lequel intervient le cabinet de lobbying Cohn Groupy

Avec le site geopolitique.com & Guillaume dasquié, Bakchich traduit chaque semaine un article paru dans ces journaux que l’on ne lit jamais – ouzbèkes, nigérians, ou zimbabwéens. Cette semaine, le quotidien turc « sabah » explique le refus des autorités de son pays de collaborer avec Joseph Ralston, le « coordinateur » des américains contre le pkk (le groupe séparatiste kurde)


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rles généraux algériens grincent

maghreb|machrek

L’œuvre de « réconciliation nationale » tant voulue par le président Bouteflika et son Premier ministre Belkhadem fait grincer quelques dents. Et pas qu’aux seins des populations qui ont eu à subir, la guerre civile, les attentats et leurs 150 000 morts, sans compter les disparus. Les généraux aussi commencent à rouspéter. Et les tensions pourraient mettre fin à la belle lune de miel que vivaient Boutef’ et l’armée depuis 1999. Plus de nouvelles cette semaine sur Bakchich.info.

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taser schön

Merveille de la coopération et de la mondialisation, les services algériens disposent désormais des mêmes joujous que la flicaille française : le Taser. Arme non létale, ce petit gadget d’origine américaine s’apparente à un pistolet électrique, capable d’immobiliser les importuns... presque sans douleur promettent les autorités. La décharge électrique envoyée (plusieurs milliers de volts) « ne tue pas (...) ne blesse pas (...) et n’a aucune contre-indication même pour la femme enceinte ». Ils parlent des femmes-flics enceintes là ?y

Ça phosphore

Joyaux de l’industrie marocaine et pompe à grisbi du pays, l’office nationale des phosphates (OCP) connaît des remous, qui tournent ces derniers temps à l’épuration. Après avoir commandé audit sur audit, son président et chouchou de Sa Majesté Mohammed VI, Mustafa Terrab vient de virer son directeur financier. Le pauvre homme aurait monté d’étranges « joint-ventures » à l’étranger. Autant d’opérations risquées et qui, au final, ont grévé les finances de l’office, faisant entrer le roi dans une colère mémorable y

CD bile

L’association marocaine Tanmia, soutenu par l’Union européenne, vient de sortir un CD rom destiné à sensibiliser les Marocains aux droits de l’enfant. Une belle idée sachant que les enfants maltraités et victimes de pédophilie sont souvent issus des classes les plus pauvres du Royaume... et qui comble de malchance n’ont pas de lecteurs CD. Ils pourront toujours être invités chez de gentils touristes, au sein de leur merveilleux riad, qui eux, disposent d’ordinateur avec plein de photos d’enfants. Voire de films ! La coopération Nord-Sud est en marche !y

Déconstruction

Un colloque international sur le philosophe Jacque Derrida s’est ouvert jeudi 23 novembre à Alger. Natif de la capitale algérienne, le penseur français aurait sans doute été honoré d’assister à une telle célébration de son génie, dans un lieu si indiqué. Son concept phare, « la déconstruction » est appliqué à merveille par les autorités algériennes qui s’échinent à démanteler le pays et ses richesses depuis déjà pas mal d’années. Un bel hommage, vraiment y

Au royaume enchanté, les barbus sont presque rois Bouquin | Les Marocains risquent la gueule de bois. Dans « Quand le Maroc sera islamiste », Nicolas Beau du Canard Enchaîné et Catherine Graciet du « Journal Hebdo » (tous deux membres du Club Bakchich) mettent à jour les difficultés d’un pays de plus en plus infiltré par l’islamisme mais qui tarde à engager des réformes en profondeur.

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Donnez un jet ski à Mohammed VI et qu’il s’en aille avec à l’autre bout du monde ! Nous ne reconnaissons pas la dimension “Commanderie des croyants” de la monarchie marocaine. Nous n’acceptons pas non plus que le roi concentre tous les pouvoirs entre ses mains. C’est notre droit de le dire et nous sommes prêts à retrouvez en payer le prix fort. » Nadia des extraits Yassine (leader du livre sur charismatique du mouvement bakchich islamiste Justice et Bienfaisance, non reconnu par l’État) et ses ouailles ne mâchent pas leurs mots. Et pour cause. Pendant que le roi du Maroc et des clubbeurs fait affréter des Hercule C-130 pour le transport de ces fameux jets ski, les islamistes gagnent du terrain. Les hebdos parisiens ont beau abreuver de publi-reportages sur les formidables avancées du pays des riads, les notes rapportées par les auteurs sont alarmantes. « Deux sondages réalisés par un institut américain courant 2006 et à six mois d’intervalle sont aussi formels que des sondages peuvent l’être : si des élections législatives ont lieu “demain” au Maroc, le PJD (Parti Justice et Développement) remporte la majorité absolue au Parlement. Mieux, il

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creuse un sacré écart avec les autres partis politiques traditionnels. » Le PJD, parti islamiste légal est jugé par la Direction aux affaires stratégiques (DAS) du ministère français de la Défense, comme bien plus ri-

petites affaires qui on déjà beaucoup coûté au royaume. « Le royaume serait “en mouvement”, comme le prétendent les propagandistes du régime ? Sans doute, mais la pente l’entraîne plus vers le bas que vers

PJD, parti islamiste légal est jugé par la Direction aux affaires Lbienestratégiques (DAS) du ministère français de la Défense, comme plus rigoriste et dangereux que Justice et Bienfaisance qui, lui, ne veut rien de moins qu’instaurer... un califat islamiste au Maroc ! goriste et dangereux que Justice et Bienfaisance qui, lui, ne veut rien de moins qu’instaurer... un califat islamiste au Maroc ! L’enquête menée par les auteurs dans les milieux islamistes est passionnante et dézingue bien des préjugés. Elle nous plonge dans une réalité bien plus complexe que celle du barbu poseur de bombes. On y découvre des militants islamistes surdiplômés, très politisés qui veulent en découdre avec la monarchie et le vieux makhzen. Il y a aussi le PJD, parti au système bien huilé qui tire son épingle d’un jeu politique faussé par la corruption et la déliquescence des partis traditionnels. « La marmite marocaine a commencé à bouillir. Et à grosses bulles. » La fièvre religieuse qui s’est emparée du pays s’est principalement nourrie de la misère qui accable toujours la population. Et les auteurs de nous exposer, sur les bases du rapport McKinsey, passé inaperçu, une situation catastrophique. Le Maroc peine à se développer économiquement et les élites continuent leurs

les cimes de la croissance et du développement durable. » Malgré de nombreux avertissements, certains s’échinent encore à croire que le Maroc est devenu la Californie de l’Europe et que les Cassandres ne

sont qu’une bande d’« écervelés, journalistes au Monde ou au Canard enchaîné, ou d’altermondialistes en rupture de ban ». Ce livre est un excellent antidote à recommander à tous ces songe-creux marocains et occidentaux qui continuent de tresser des lauriers à un roi qui a tôt fait de s’endormir dessus. Les auteurs, d’une enquête l’autre, nous entraînent dans l’envers marocain ; ce ne sont plus des riads et des plages mais des réunions d’adhérentes de Justice et Bienveillance que rapportent leurs visions. Les bazars laissent place à des conseillers qui bradent les entreprises nationales en s’en mettant plein les poches et les marocains, descendent de plus en plus souvent dans les rues pour réclamer du pain. Le roi des pauvres qui éprouve une aversion quasi-physique à l’égard des barbus doit à tout pris se ressaisir s’il veut éviter de les voir lui souffler son trôney La Princesse enchantée Quand le Maroc sera Islamiste, de Nicolas Beau et Catherine Graciet, La découverte

d Azoulay le boutiquier Le très lisse conseiller de Sa Majesté, André Azoulay, est un piètre vendeur. Le Maroc a été, par ses entremises, une super assiette au beurre pour un grand nombre d’entreprises françaises dont Accor, Publicis et Vivendi. Les auteurs décrivent ces affaires et les hommes qui ont bradé les joyaux du Maroc. Là où l’intérêt de l’État aurait dû être servi, ce sont des ministres, conseillers et autres hauts fonctionnaires qui en ont profité. Ou leur famille. Azoulay, grand cœur, n’a pas laissé son frère en reste dans l’épopée Accor au Maroc. Marcel Azoulay a, grâce à son aîné, trouvé le financement nécessaire pour construire un hôtel à Essaouira, ville natale et

chérie de la famille. Chouchou du roi Hassan II, Azoulay avait les coudées franches pour organiser ses petites affaires. Quand, en 1997, certains essayent de protester face au scandale Publicis (énorme contrat, énormes factures), ils sont limogés. Les amis du conseiller remplacent les rebelles. Le bouquin a l’énorme avantage d’aborder plusieurs affaires passées sous silence par la presse marocaine et française tant elles impliquent une bonne partie de la classe dirigeante marocaine. On retrouve dans ce crapuloscope notre conseiller et d’autres : Mejidi, Laraki, les Azeroual ou l’inénarrable Mourad Chérify La P.E.


maghreb | machrek

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L’Europe chatouille le glorieux sauveur de la nation tunisienne

Mardi 7 novembre 2006, date anniversaire de l’arrivée aux commandes du prophète Ben Ali en Tunisie. Jusqu’ici l’Europe taisait ses pratiques, mais depuis peu certaines animosités s’exacerbent.

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n ce jour du 19ème anniversaire de Ta prise de pouvoir, Tes honorables confrères le Roi Mohamed VI, souverain du Maroc, le Président palestinien, Mahmoud Abbas, le Roi Abdallah II, souverain du Royaume Hachémite de Jordanie et le Sultan Qabous Ben Said, Sultan d’Oman ont envoyé tous leurs voeux, mais sans se déplacer ! Alléluia ! Un sauveur est né  ! Ces augustes missives sont dévoilées par infotunisie. com, site gouvernemen-

tal publiant des nouvelles quotidiennes du pays. Mais pourquoi n’y trouve-t-on aucune référence à « the » information de ce mardi 7 novembre : la libération de 55 prisonniers islamistes tunisiens ? Le site officiel du premier quotidien de Tunisie, lapresse.tn n’en fait pas plus écho, pourquoi ? Peutêtre parce qu’il ne s’agit pas de prisonniers politiques – comme s’entête à le répéter Reporters sans frontières- mais de prisonniers de droit commun incarcérés pour « tentative de changer le régime par la violence » ou dans le cadre de la loi antiterroriste de décembre 2003. Ô gloire à toi Zine El Abidine Ben Ali ! Alléluia ! Mais la bonne parole du

sauveur de la nation tunisienne porte plus dans la sphère arabe que sur le vieux continent. En dix ans de coopération avec l’Union Européenne, la Tunisie a accroché neuf résolutions d’urgence émanant du Parlement sur son tableau de chasse. Toutes portent, bien entendu, sur les Droits de l’homme. Mais chaque fois, elles débutaient par un éloge de la Tunisie en bonne élève fayotte des leçons d’économie à la sauce occidentale et des processus de libéralisation. Et le parti socialiste européen acceptait de s’accorder avec la droite et de minimiser les violations des droits de l’homme par la Tunisie pour adopter ces résolutions dans une joyeuse unanimité. Seulement en juin dernier, le parti populaire européen s’est abstenu, pour laisser la gauche déclencher la première vraie crise entre la Tunisie et le Parlement européen : « Les autorités tunisiennes sont invitées à fournir des explications sur l’interdiction du congrès de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) prévu les 27 et 28 mai

dernier et sur les actes de violence à l’égard des défenseurs des droits de l’homme et des magistrats tunisiens » Les amours entre la Commission et le pays des cornes de gazelle sont grippées, elles aussi, depuis l’affaire de Berlin. La capitale alleman-

a bonne parole du sauveur de la nation tunisienne Lcontinent. porte plus dans la sphère arabe que sur le vieux de accueillera au premier semestre 2007 la Conférence Intergouvernementale Euromed sur l’emploi. Les ONG et les syndicats ont lancé pour l’occasion une série d’études préparatives sur huit pays du Sud méditerranéen (dont la Tunisie) sur l’emploi et le droit. Le comité est piloté par 17

Le blues du Quai d’Orsay

Douste Blabla a réinventé la diplomatie à la française, dopée au Lexomil...

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epuis les envolées lyriques de 2003, et le fameux discours de Dominique de Villepin aux Nations Unies, qui ont vu la France s’opposer aux Etats-Unis sur le déclenchement de la guerre en Irak, il ne reste plus grand-chose de ce choix qui avait donné à la France un crédit et une popularité inégalés dans le monde arabe. Trois ans plus tard et dans la plus grande discrétion, la politique de la France a considérablement évolué par petites touches les dirigeants français font tout ce qu’ils peuvent pour se rabi-

u Quai d’Orsay, les diplomates ont littéralement Aresponsables le blues et sont excédés par les attaques des politiques de droite comme de gauche

sur la politique arabe de la France. Ils rappellent qu’ils sont des fonctionnaires qui mettent en pratique les orientations définies par les élus bocher avec les États-Unis et leur allié stratégique Israël. Au Quai d’Orsay, les diplomates ont littéralement le blues et sont excédés par les attaques des responsables politiques de droite comme de gauche sur la politique arabe de la France. Ils rappellent qu’ils sont des fonctionnaires qui mettent en pratique les orientations définies par les élus. La dernière en date provenait de Dominique Strauss-Kahn, qui, dans un entretien à un journal américain proche des conservateurs, n’hésitait pas à fustiger cette orientation et, assurait que s’il avait des responsabilités dans un gouvernement socialiste il pèserait pour mettre fin à cette doctrine. Au Quai d’Orsay, on est d’autant plus amer que les diplomates estiment avoir un très mauvais ministre, peu au fait des questions internationales et qui ne maîtrise pas les dossiers. L’échec le plus spectaculaire reste le voyage à Alger de juin

chercheurs dont certains de la fondation allemande Friedrich Ebert. Choix épineux : ladite fondation allemande a omis d’inviter l’Union nationale de la femme tunisienne, l’association de stricte obédience gouvernementale, à

dernier qui s’est soldé par un échec retentissant et a mis en transe Jacques Chirac. Plus préoccupé par son image que par la place et le rôle de la France dans le monde, le chef de la diplomatie française est décrié par son administration et critiqué par les parlementaires de la commission des Affaires Étrangères et de la Défense pour son manque de rigueur. Les propos sont parfois cinglants, ce qui, dans cette antre de moquette épaisse et de doubles portes battantes, en dit long sur la déprime qui a gagné ces hauts fonctionnaires, plus habitués aux discours référencés qu’aux échanges par SMS avec les directeurs de l’administration. Le style de Philippe Douste-Blazy se veut simple et son exercice du pouvoir détendu. En fait, il est perçu comme celui d’un homme qui cherche à dissimuler son indifférence et, ce qui est plus grave, son manque d’intérêt pour ce prestigieux ministère. Sur le dossier du Proche-Orient la France a perdu de son lustre et là encore ce sont les Etats-Unis qui s’imposent. Au Liban après l’assassinat de Rafic Hariri, un ami de 20 ans de Jacques Chirac, la France a fait voter par le conseil de sécurité de l’ONU une résolution condamnant la Syrie, alliée traditionnelle de la France dans la région depuis le mandat français. L’effet a été désastreux sur les dirigeants palestiniens, iraniens et le Hezbollah libanais. Ainsi peu à peu la France recule et un proche de Dominique de Villepin souligne que « la France c’est un champion automobile qui a eu un accident de la circulation ». Cette réflexion illustre le désarroi et l’absence de réflexion des éminences qui n’ont pas su anticiper les bouleversements internationaux et redéployer l’un des meilleurs réseaux diplomatiques du monde. En Afrique là encore la France est bousculée, voire contestée. En Côte-d’Ivoire, en Algérie, au Tchad, soit les dirigeants

son round sur les « femmes travailleuses » de début septembre. Conséquence indue, le séminaire de validation de cette Conférence Euromed, qui devait avoir lieu à Tunis du 7 au 9 septembre, n’a jamais pu se tenir. La veille, les organisateurs apprennent que leur hôtel a un problème de

climatisation. Ce doit être une épidémie car tous les autres établissements sollicités avancent la même excuse pour ne pas les accueillir. Seul l’hôtel JTT accepte finalement de les héberger. Peine perdue, la réunion a finalement été interdite. Et fin septembre, l’ambassadeur de Tunisie auprès de la Belgique et de l’Union européenne, Ben Rehouma est rappelé au pays. Pas bégueule la Commission n’a pas toutefois ébruité l’affaire. Reste à savoir si le Parlement sera aussi conciliant ou s’il coupera les robinets financiers.y Maya Lenoir (Cet article a été publié sur le site le 8 novembre, mais nous avons pensé que nos nombreux abonnés au Bakchich Hebdo papier le méritaient aussi !)

locaux préfèrent négocier avec l’oncle Sam, soit les régimes en place sont menacés par une opposition interne et l’on ne trouve pas de canaux de dialogue avec les futurs responsables. Jusqu’en Europe où l’échec du référendum constitutionnel, voulu par Jacques Chirac, a affaibli le gouvernement français déjà fragilisé par plusieurs défaites électorales. Ce qui se joue aujourd’hui affirment certains directeurs du Quai d’Orsay c’est notre capacité à incarner des valeurs et être un pays qui peut jouer un rôle de passerelle entre l’occident et l’orient. En revanche pour ce qui est de notre position dans le monde il faut définitivement admettre que l’avenir appartient à l’Asie, même les États-Unis, étranglés par leur dette devront composer avec ces géants économiques et notamment la Chine militairey Sami Abada

Les desseins de Doha Maroc | L’afflux des capitaux du Golfe continue à entretenir au Maroc une fièvre immobilière. Ainsi la société Doha, dirigée par Amar Sefraoui, est-elle entrée en bourse en vendant cinq fois les actions qu’elle mettait en jeu. Bravo l’artiste ! D’autant plus qu’il a pu mettre le grapin sur l’ancien aéroport d’Anfa à Casablanca, cent vingt hectares au cœur ou presque de l’agglomération. Et qu’il convoite la caserne militaire de Rabat, autre bel emplacement. Autant de ca-

deaux qui lui seraient fait sgrâce aux projets qu’il prépare dans le plus grand secret avec l’ONA, le holding contrôlé par le Palais. Pour mieux brouiller les pistes, le ministre délégué à l’Intérieur, Fouad El Halima, prétend que c’est le frère du Roi, Moulay Rachid, qui serait derrière tous ces desseins immobiliers. Il est vrai que le cadet est connu pour mener quelques juteuses affaires immobilières ou autres. Mais cette fois, il ne semble pas s’être intéressé aux projets


 ∫

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rlabo guinéen

Oubliée des médias, la Guinée Conakry ressemble à s’y méprendre au laboratoire de l’avenir africain. Ou du moins son armée. La garde du président Lansana Conté se voit ainsi scindée en deux. Un groupe est formé par des officiers Chinois. L’autre est cornaqué par d’anciens officiers américains, passés par la société militaire privée en vogue, MPRI. Et les Français ? Un officier fait la liaison entre bidasses guinéennes et instructeurs « ricains ». Bref les miettes. Comme ce que la France peut espérer avoir en Afrique, dans les prochaines années. Quant aux Africains eux-mêmes, leur part reste congrue...

r

port salut

Le port d’Abidjan continue d’empoisonner les relations entre le Président Gbagbo et son Premier ministre, Charles Konan Banny. Litige principal : le sort du directeur général du port autotonome, Marcel Gossio, sponsor et bras financier du FPI, le parti de Gbagbo. Le « palais » aurait activé une procédure visant à réintégrer Gossio dans ses fonctions. Un fait qui serait perçu comme un – nouvel – aveu de faiblesse de la part de Banny. Et pendant ce temps, le port tourne au ralenti…y

fantomes rwandais

Le génocide rwandais n’a pas fini de hanter les pages des journaux français... et de pourrir les relations entre Paris et Kigali. Le juge Bruguière vient en effet de lancer neuf mandats d’arrêts internationaux contre des proches du président Kagamé. Les personnalités visées auraient joué un rôle central dans l’attentat qui coûta la vie au président Habyarimana, attentat déclencheur du génocide tutsi. Pire, annonce en exclusivité notre partenaire geopolitique.com, les éléments qui ont conduit le juge français à agir étaient connus dès 1997 par une commission d’enquête de l’Onu, qui a étouffé l’affairey

Grèves gabonaises

Après les enseignants, ce sont les salariés du secteur pétrolier qui étaient en grève cette semaine au Gabon. Et oui, le grisbi dépensé par Omar Bongo pendant les élections attire toutes les convoitises. D’ici le 17 décembre prochain, date des législatives, le meilleur moyen de se faire remarquer du maître de Libreville, c’est encore la grèvey

Bakchich volant

Les passagers d’un vol Banjul-Bristol de la compagnie First choice airways ont fait la délicieuse connaissance des autorités aéroportuaires de Dakar. Faute de carburant, le pilote avait choisi de faire escale dans la capitale sénégalaise. Mais au moment de redécoller, le pilote a dû débourser 2000 livres sterling (2200 euros) environ de surtaxe, exigés par la tour ce contrôle. Une somme qu’il a acquitté après avoir fait la quête parmi les passagers, vidé la recette du mini bar et... transformé toute cette ferraille en francs CFA. La livre sterling n’a pas cours au Sénégal. Les voyageurs ont eu l’impression d’avoir été volé, parait-il.y

afrique | ~

« Bakchich » avait prévenu : le supermaire de Yaoundé se préparait à « déguerpir » les quartiers populaires de la capitale camerounaise1. La semaine dernière, les « forces de l’ordre » ont tiré sur les habitants avant de détruire leurs maisons au bulldozer

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Paul Biya, c’est la paix ». Le roi du Cameroun martèle les leçons apprises aux bons temps du Général De Gaulle : moi ou le chaos. Les banderoles qui pullulent dans le centre ville de Yaoundé le confirment : Son Excellence Paul Biya est incontestablement le seul homme capable d’offrir la paix et l’unité. Il suffit pourtant de se promener du côté d’Etetak pour s’assurer du contraire. Les habitants de ce quartier populaire situé à la périphérie de la ville aux sept collines, subissent depuis quelques jours une offensive qui n’a rien de pacifique : les forces de l’ordre sont en train de transformer le quartier en décor irakien, à coup de bulldozers et de fusils d’assaut. L’opération est officiellement la mise en œuvre de la politique urbaine de la Ville de Yaoundé, décidée par Gilbert Tsimi Evouna, le supermaire de la capitale, nommé par Paul Biya en 2005. L’apparatchik ayant annoncé à l’été 2005 un gigantesque plan de « dégagement des montagnes », les agents de la Communauté Urbaines de Yaoundé (CUY) se plient en quatre pour « déguerpir » les milliers d’habitants qui, chassés pour la plupart par la misère qui règne

& reste du monde

Déguerpissement au fusil d’assaut dans la campagne camerounaise, se sont installés au fil des années sur les collines de Yaoundé. Après avoir barbouillé des croix rouges sur des dizaines de milliers de maisons « à démolir » dans différents quartiers de la ville, les agents de la CUY sont passés à l’action jeudi dernier en s’attaquant à Etetak, où la Ville a prévu de déloger pas moins de 15 000 habitants (3 000 maisons). L’opération de jeudi dernier fut aussi un chef-d’œuvre en matière de « pacification ». Au petit matin, les blindés de la police viennent quadriller le quartier. Débarquent des centaines d’hommes en armes, casques et boucliers, pour escorter les bulldozers. Et comme les dizaines de carcasses de voitures en-

fets personnels. Une femme, assise sur un rocher, ses enfants sous le bras, rassemble ses forces et sa petite monnaie pour prendre le bus qui l’a ramènera dès ce soir « au village ». Quelques mètres plus loin, un jeune homme d’une vingtaine d’années creuse, à l’aide d’une bêche de fortune, ce qui était son jardin : orphelin, nous expliquent ses voisins, il déterre le corps de ses parents avant de s’en aller… Une question brûle les lèvres des habitants : « pourquoi on nous expulse ? ». La CUY, avance que les habitations sont menacées par « l’érosion accélérée » des collines de Yaoundé. Les « déguerpis » seront rassurés d’apprendre que c’est pour leur bien… qu’on les mitraille

débordées par la foule, les forces de l’ordre sont A« tirerinsi « obligées » de matraquer jusqu’aux femmes enceintes et de en l’air » pour disperser les manifestants. Et comme les

policiers visent très bien, un jeune homme se retrouve à l’Hôpital Central de Yaoundé, une balle (réelle) dans la jambe2… treposées sur le chemin ne résistent pas aux chenilles des pelleteuses, les habitants lancent sur les assaillants une pluie de cailloux. Le maire, qui a eu la bonne idée de venir assister au tabassage de ses administrés, est très légèrement blessé. Ainsi débordées par la foule, les forces de l’ordre sont « obligées » de matraquer jusqu’aux femmes enceintes et de « tirer en l’air » pour disperser les manifestants. Et comme les policiers visent très bien, un jeune homme se retrouve à l’Hôpital Central de Yaoundé, une balle (réelle) dans la jambe2… « Front », « embuscade », « assaut » : le vocabulaire des policiers, comme des manifestants, prouve qu’il peut y avoir la guerre dans un « pays en paix ». Une heure à peine après l’affrontement, l’observateur a le sentiment de pénétrer dans une zone bombardée. Dans un nuage de poussière, les habitants explorent les ruines fumantes à la recherche des quelques ef-

à balle réelle ! L’« érosion », pourtant ne semble toucher ni la maison du chef de quartier (celui-là même qui a illégalement vendu pendant des années les terrains d’Etetak aux nouveaux arrivants…) ni la mission catholique de la colline d’en face, parfaitement similaires à la leur, épargnées par les bulldozers. Mieux vaut être notable ou bonne sœur pour éviter les balles3. Face au mutisme des autorités, rumeurs et spéculations font office d’explications. On nous parle de la construction d’une route, de la possible revente par le chef du quartier des lopins déblayés4, de l’achat du terrain par le Vatican ou encore de l’exploitation prochaine d’une mine de diamants… Preuve que les habitants sont habitués à tous les cynismes, une dame sur le point de quitter à jamais le quarti-

l + sur

www. bakchich .info

er nous demande les raisons de notre présence sur les lieux : « C’est vous qui avez acheté le terrain ? ». Rassurée, elle abandonnera l’idée de nous étrangler. Un cynisme qui se love également dans les colonnes de la presse camerounaise. Très sensible aux charmes du maire, une journaliste bien serviable du quotidien Mutations5 expliqua par exemple que le plus grand malheur, dans cette affaire, fut « la lapidation » (sic) du pauvre Tsimi ! Si bien soutenus, les habitants d’Etetak ne savent plus à quel saint se vouer. Beaucoup parlent de Dieu, évidemment, qui les vengera à coup sûr de l’infâme Tsimi, mais on se tourne aussi vers l’autre sauveur du Cameroun : Paul Biya qui, nous assure-t-on sans rire, « n’aurait jamais laissé faire ça ». Malheureusement pour les « déguerpis », le grand chef n’est toujours pas rentré au pays. Quinze jours après la fin de la conférence sino-africaine de Pékin, l’« éternel vacancier » se repose loin du Cameroun. Paisiblementy Moussa Ka Cf : Prosper, c’est le roi des déguerpis, Bakchich, n°5, www.bakchich.info/article347.html 2 D’après un infirmier, la police est venue chercher le blessé à l’hôpital dès que la balle fut extraite de sa jambe. Histoire qu’il ne bavarde pas trop… 3 Lors d’une opération similaire dans le quartier de Bastos, il y a quelques mois, les bulldozers s’étaient arrêtés devant la barrière d’un ministre… 4 Comme ce fut le cas, il y a quelques mois, après le « déguerpissement » d’un autre quartier de Yaoundé, le quartier de l’École de Police. 5 Mutations, 17 novembre 2006 1


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Réunion de poltrons à Tripoli

Devant un soutien de la France qu’ils jugent trop mitigé, les présidents tchadien et centrafricain, angoissés par les rebellions qui les menacent, regardent vers l’Est

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rand pacificateur devant l’éternel, le guide Libyen Mouhammar Kadhafi a réuni mardi dernier un petit conclave présidentiel. Présent à Tripoli, Omar El Béchir du Soudan, Hosni Moubarak d’Egypte, François Bozizé de Centrafrique et Idriss Déby du Tchad. Au menu, le conflit du Darfour, qui a tendance à déstabiliser Soudan, Tchad et

ou d’intervention opérationnelle (Dami et Daso dans le jargon) et quelques bidasses à Bangui et à Ndjaména, Déby-de-Boisson et Bozizi craignent pour leur trône. Le président centrafricain craint notamment un mauvais coup de son « barbu » à lui, l’ancien président déchu, Ange-Félix Patassé. Réfugié à Lomé au Togo, véritable nid de barbouzes, « Pattes-cas-

Béchir craint peu d’être détrôné, ses collègues et centrafricains se révèlent un peu Splusitchadiens couards Centrafrique. Tout ce monde armant les rebellions de l’adversaire. Mais si Béchir craint peu d’être détrôné, ses collègues tchadiens et centrafricains se révèlent un peu plus couards. Malgré le soutien pas même masqué de la France, qui a envoyé Commandos opération spéciales (Cos), détachements spécialisés d’assistance technique

sées » y rencontre beaucoup de monde. Officiers centrafricains exilés, Lionel Gane Béfio (un temps proche de l’ancien gendarme de l’Élysée Paul Barril), l’ancien ministre de la défense Jean-Paul Demafouth ou encore Ricardo Ghiazza, le « transporteur » du célèbre Robert Montoya. Bref l’équipée rêvée pour une « initiative » privée, glissent

À l’issue de son enquête sur l’attentat contre l’ancien président Rwandais Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994, élément déclencheur du génocide, – son avion avait été abattu par des missiles sol-air –, le juge Bruguière estime qu’il s’agissait d’une opération « planifiée » par le chef d’État actuel, Paul Kagame, et son état-major rebelle de l’époque.

x pool ! x

Ça cogne !

À

Madagascar, le général Fify brave le président RavalOmanana ! Il y a du vent dans les branches de Sassafra. Aux confins du Tchad, du Soudan, et de la Centrafrique, là, c’est une vraie tempête de sable, accompagnée du millier de morts et de déplacés chaque jour. Les armes du colonel bien Kadhafi aideront peutêtre le pauvre « soldat Deby » et le culbuté général Bozizi d’OuganguiChari, mais pour le moment, toutes les gesticulations diplomatiques, notamment celles de Douste-Blabla,

 ª

& reste du monde

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battant pavillon tricolore, le président tchadien s’est résolu à aller chercher son bonheur à l’est. Une vingtaine de petites barbouzes ukrainiennes ont découvert, ces der-

niers jours, le sain climat de l’Afrique centrale. Au grand dam des mercenaires français pourtant habitués du coin. Les traditions se perdent.y Tidiane de Loyola

les services français. Et si l’appui des troupes françaises devrait permettre de reprendre les villes du nord-est, aux mains de la rebellion centrafricaine, la situation à l’Est de Bangui, à la frontière congolaise, est un brin plus préoccupante. Jean-Pierre Bemba, candidat malheureux et vexé par les résultats de la présidentielle de la RDC, pourrait y créer un – autre – foyer d’instabilité. Pas de quoi rassurer Bozizé, malgré le dorlotage du général Pérez, dépêché sur place par Paris. Idriss Déby, depuis Ndjaména, tremble tout autant. Aux prises depuis des mois avec de multiples rebellions, « tonton » a beaucoup cogité. Et vues les réticences françaises quant à la mise sur pied d’une aide privée

Pas de Bakchich pour Bolloré

Vincent Bolloré mis en examen pour corruption au Togo ? Une intox qui a émoustillé la presse parisienne la semaine dernière et dont l’origine reste douteuse…

É

moi dans les rédactions parisiennes la semaine dernière, « Vincent Bolloré serait mis en examen au Togo pour tentative de corruption ». Le grand patron français aurait tout simplement voulu soudoyer le président de la Cour suprême togolaise, le juge Tekoe. Un bakchich de 50 millions de francs CFA contre l’aide du juge dans la guerre des ports qui oppose Bolloré à son ancien salarié Dupuydauby. Pour ce « marché », quatre cadres du groupe, dont le vice-président Gilles Alix, ont même passé quelques jours au mitard, début avril à Lomé. Et n’en sont sortis que moyennant une caution de 100 millions de Francs CFA chacun.

Lellouch-Bléblé et de Girardin-Blibli se sont enlisées dans les sables du Soudan. Seul, le grand JacquO pourrait avoir une vraie conversation avec l’enrubanné Béchir. Oh ! Il ne s’agit pas, bien sur d’aller à Khartoum comme SarkO à Alger ou à Dakar ! Il ne faut pas se faire enfiler le boubou blanc, comme l’a fait le petit Nicolas, par Maître Wade, ni de danser le fox-trott algérois comme il l’a fait avec le convalescent Boutéflika. Mais pourquoi Chirac ne convierait-il-pas, à Cannes, en marge du sommet France-Afrique, en février, les belligérants du Chari, pour une réconciliation au palais des festivals. Allez B. Brochand, bouges tes

Bref, une histoire en or à faire frétiller la plume de n’importe quel journaliste. Manque de bol, la réalité de la tentative de corruption s’avère plus que douteuse. Dès le 4 avril, le brave juge Tekoe a démenti tout incident. Les convocations, bien réelles, sont datées du 12 septembre, pour comparution le 20 et quelques peu elliptiques. « Le nommé Vincent Bolloré président directeur général du groupe Bolloré, demeurant à Paris est invité à se présenter devant le doyen des juges d’instruction »... Ni motivation, ni statut du convoqué. Renseignement pris, si les cadres du groupe étaient bien appelés à comparaître devant un juge d’instruction togo-

miches Monsieur le Maire – Lemaire de Galouzeau de Villepin ne remuera pas les siennes – et propose à Jamel Debbouze et à Dieudonné Balabala de faire de l’inter-médiation. En effet, le Soudanais ne veut pas de l’œuvre de Jean-Marie Guehenno de Quéquette d’Orsay et de l’ONU ! D’ailleurs l’ONU ce machin, ne sert vraiment à rien puisque même le vieil Henry Kissinger suggère la réunion d’une conférence internationale, pour tenter de remettre de l’ordre dans le tragique bordel qui prévaut au Moyen-Orient . S’y entretuent sans relâche, palestiniens, assyrriens, kurdes, turcs, juifs, persans, perses, arabes, chrétiens, hébreux, orthodoxes, catholiques,

lais en tant que mis en examen, Vincent Bolloré n’était lui que convoqué au titre de témoin. Et au final, ces convocations ont été annulées dès leur émission. Une requête en nullité de procédure a été déposée par les avocats du groupe Bolloré, rendant caduque de fait la procédure. Bref, les journalistes tout émoustillés se sont rendus compte que leurs tuyaux étaient percés. Et plus dure a été la chute pour une auguste investigatrice, son papier prêt à envoyer à l’imprimerie. Toute pimpante la brave dame a du se raviser après un coup de fil aux avocats de Bolloré et aux juges de Lomé... Une question demeure en suspens. Quid de la source fallacieuse ? Bien introduit dans les rédactions parisiennes, et proche de Dupuydauby, l’ancien M. Afrique de Jacques Chirac, Michel Dupuch jure grand dieu à Bakchich « qu’il n’est au courant de rien ». « D’ailleurs cela fait dix-huit mois que je ne travaille plus pour Dupuydauby ». Le sympathique conseiller a pourtant séjourné à Lomé durant l’été, au plus fort de la guerre Dupuydauby-Bolloré. Sûrement pour prendre du bon tempsy Ignacio Manga

musulmans, civils. Les militaires, eux, résistent à tirer au canon, dans les deux dernières secondes, lorsque les bombardiers israéliens les photographient en narguant la FI-

Le prince

Pokou

NUL et toutes les résolutions sur le Liban, la Palestine, la Terre Sainte. Le Coréen de l’ONU et la Chinoise de l’OMS (tchao Kouchner) auront autant de mal à secréter la paix que la Première Dame de France, Bernie de Chirac, à rassembler les troupes gauloises derrière son grand Jacky. Pourtant ma bonne dame pour faire la nique à la Royal, il faudra plus que la Marine, mieux que les discours creux de Henri Guaino et surtout pas les singeries communicantes du coco-escroc Jean-Luc Mano. Merci pour les nibards siliconés de la sergente Alliot-Marie. A tout prendre, les Français préféreront le rayonnant sourire de la Royal madone !y SAR Le Prince Pokou


ben… la der !

BAT enfume le Sénat À l’assemblée, le lobby pro-clopes continue son offensive

www. .info

La formulation est subtile : « à l’invitation de Monsieur Christian Poncelet, Président du Sénat, le Club des Parlementaires Amateurs de Havane,

…le Club des Parlementaires Amateurs «  de Havane, présidé par André Santini, et British American Tobacco France organisent un dîner… »

présidé par André Santini, et British American Tobacco France organisent un dîner… ». Autrement dit : le Club du député-maire UDF d’Issy-lesMoulineaux, qui s’est beaucoup activé en coulisses contre l’interdiction de fumer dans les lieux publics (voir Bakchich Hebdo #4), rassemble ses amis,

Comte(s) d’aujourd’hui

Gilbert Comte, ancien journaliste au Monde, où il écrivait avec le même brio sur l’Afrique ou les affaires françaises, aurait pu devenir un éditorialiste omniprésent et gloser régulièrement sur les plateaux de C dans l’air ou de Mots Croisés. Au lieu de ça, il préfère écrire dans Bakchich, chaque semaine, pour dire du mal de ses ex-confrères et de leur univers creux et sale.

T

elle qu’elle existe encore de Rabat au Caire, la rue arabe produit un pittoresque bien absent du triste trottoir francilien. Avec ses marchands de fringues et godasses à perte de vue, il développe des perspectives mortelles. Pour ne rien dire des magasins d’appareils photos, radios, ménagers, salons de coiffures, de bronzage tellement pareils les uns aux autres. Heureusement, la monotonie générale s’égaie parfois d’une idiotie municipale comme la bêtise d’un sot met sa fraîcheur dans une conversation sérieuse. À Montreuil, par exemple, toute proche banlieue de l’Est parisien, une large artère en provenance de la capitale s’appelle naturellement rue de Paris. Elle débouche sur un vaste carrefour baptisé place Jacques Duclos. Rien de plus naturel. Jusqu’à son décès en 1975, le personnage tout en rondeurs joviales représenta la circonscription à la Chambre des Députés. Dans sa mo-

numentale Histoire du Parti communiste, l’exact et probe Philippe Robrieux remarque dans sa carrière « une spécialisation au service de l’appareil policier stalinien », organisme où le respect de la vie humaine empruntait souvent la trajectoire d’une balle tirée dans la tête. En juin 1940, il essaie de négocier avec les Allemands la reparution de L’Humanité sur ordres de Moscou. L’opération échoue. Il devient l’année suivante un clandestin courageux quand l’agression hitlérienne contre l’URSS jette ses camarades dans la Résistance. À ce titre, encore beaucoup de sang versé sans trop de scrupules. Toujours selon Robrieux, Duclos agit en « homme impitoyable aux lourdes responsabilités dont l’His-

D&Dà Montreuil

toire n’a probablement pas fait le tour ». La municipalité communiste de Montreuil n’en garde évidemment aucun souvenir. Sa « Mémoire » à elle travaille dans une toute autre direction. À quelques mètres de la plaque décernée à Duclos, un panneau genre mobilier urbain en couleurs avec la photogra-

Feu Jacques Duclos

mours yRedac’ chef, directeur de la publication et bourreau : Xavier Monnier (xm@bakchich.info) Maître du Web et des jolies images, et souffre-douleur : Guillaume Barou (gb@bakchich.info) Administratrice et plein d’autres trucs chouettes : Léa Labaye (lea@bakchich.info) yÉcrivent et dessinent de jolies choses dans ce journal : La princesse enchantée, Gary John, Tidiane de Loyola, Lara Mace, Malika Rededal, Maya Lenoir, Ignacio Manga, Matthieu Adenil, SAR le prince Pokou, Moussa Ka, Julien Naël, Uriel Da Costa, Dougui Drou Py, Pascal Bovo, L.L., Gilbert Comte, Michel Ousseuga, Vincent Nouzille, Delambre, Kerleroux, Pat Masioni, Khalid Gueddar, G. yBakchich est édité par le Groupe Bakchich, SARL de presse au capital de 1000 euros. RCS 490374717 | Durée : 90 ans, à compter du 08/06/06 Bakchich | 6b, passage Thiéré 75011 Paris | h 01 43 38 30 19 | redac@bakchich.info En l’état actuel des choses, chers lecteurs bien-aimés, vous pouvez reproduire librement les articles du journal, à condition d’accompagner cette preuve d’amour pour nous d’une mention de la source, en l’occurence Bakchich, et d’un lien vers le site. Si vous copiez quelque chose sans respecter ces règles élémentaires, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour vous nuire.

phie d’un militaire en képi mou du XIXe siècle énonce modestement : « Montreuil célèbre la proclamation de l’innocence de Dreyfus, 19062006 ». Le portrait représente un homme encore assez jeune, au visage mince, un peu énigmatique, assez attachant. Mais quels rapports entre Dreyfus et Duclos, D et D, DD ? Réunir si près l’un de l’autre deux symboles aussi opposés relève d’une ironie supérieure ou d’un extrême abrutissement. Comme tant d’autres communistes de sa génération, Duclos pleura au décès de Staline. Durant la vie du dictateur, il avait approuvé tous ses crimes. Ses Mémoires identifient, célèbrent en lui un remarquable « sens de l’humain ». Aussi, quand le

terrible Joseph organise les procès de Moscou, avec des prévenus battus, torturés avant les audiences, il les approuve tous. Comme après 1948, il applaudira le démantèlement de complots imaginaires suivis de pendaisons à Sofia, Prague, Budapest. Car enfin, jusqu’à sa dégradation dans l’une des cours de l’École militaire, Dreyfus put crier à la face de tous : « Je suis innocent ! » À peine parti pour l’Île du Diable, ses avocats, son frère, son épouse purent librement préparer sa réhabilitation. Dans le système encensé par Jacques Duclos, ils se seraient sous la menace joints aux accusateurs, ou ils auraient été assassinés. Les élus de Montreuil responsables du scabreux rapprochement ne ressemblent sans doute pas à des monstres. Ils sont simplement les braves représentants d’une société superficielle, bêtassonne, prétentieuse, épanouie dans ses ignorances. Comme tout le monde, ils déplorent la disparition des « repères ». Malheureusement, ceux qu’ils proposent frappent d’abord par leurs discordances. Rien n’empêche les imbéciles de vieillir heureux.y Gilbert Comte

Droit de réponse

Devenu un inconditionnel de Bakchich, notre nouveau fan, Alexandre Djouhri nous a réécrit, toujours via son avocat et toujours avec sa plus grande considération. Devant tant d’amabilité nous ne pouvions qu’accéder à sa demande de particpation à la vie éditoriale de Bakchich : « 1-Je conteste formellement le rôle et les activités qui me sont prêtés dans un document se présentant comme la copie d’un rapport de la Brigade Criminelle de 1989 qui circulent actuellement dans certaines rédactions d’organes de presse. 2- Comme mentionné sur ce document, il s’agit d’un “résumé de premières investigations” et non d’un rapport de synthèse ou de clôture d’enquête. 3- Contrairement à ce que peut laisser supposer votre présentation et à l’importance que vous attribuez à ce document, celui-ci ne consiste en fait qu’en une collection d’hypothèses formulées en croisant des procédures distinctes, tentant ainsi d’opérer des rapprochements hasardeux. 4- Le caractère fantaisiste de ce rapport est suffisamment démontré par le fait que je n’ai jamais été entendu, ne serait-ce que comme simple témoin. 5- Il serait trop long de relever toutes les erreurs, contre-vérités et amalgame contenue dans ce qui prétend être le récit de mes relations -vraies ou imaginaire, avec plusieurs personnalités du monde des affaires et de la politique. 6- La répétition d’allégations dirigées contre moi révèle un véritable acharnement dont je comprends mal les motivations. Alexandre Djouhri » Tant d’attention nous honore M. Djouhri. Cependant, ce que vous appelez acharnement n’est rien d’autre qu’un hommage, une d’ode à un parcours réussi, forgé à la force du poignet qui nous laisse admiratif. Quant aux erreurs que vous mentionnez, n’hésitez pas à nous appeler, histoire de nous éclairer sur vos relations...y

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algré l’interdiction prochaine de fumer dans les lieux publics, les fabricants de cigarettes poursuivent leur drague des décideurs politiques, avec la complicité active de certains parlementaires. Dans un courrier daté du 22 septembre 2006 à en-tête de British American Tobacco (2ème cigarettier mondial), Yves Trévilly, le responsable des relale document sur tions institutionnelles de sa filiale française – ancien membre du cabakchich binet de Renaud Dutreil – convie des députés et sénateurs à un sympathique gueuleton le mercredi 29 novembre 2006, à 20h30, dans les salons dorés de la Présidence du Sénat (voir doc sur le site).

parlementaires et ministres, chez Poncelet, avec le soutien affiché de BAT ! Petit rappel : le cigarettier anglo-saxon a, lui aussi, été en pointe contre les projets de décret anti-tabac, au point que certains de ses représentants ont parfois été éconduits des bureaux du ministère de la Santé. Ils étaient jugés trop peu conciliants. Ce bras de fer n’a visiblement pas affecté les bonnes relations politiques de BAT au Sénat et au Palais-Bourbon. Ni altéré pour le moment la santé financière du groupe. Au contraire. Avec ses marques Lucky Strike, Pall Mall, Kent ou Dunhill, son bénéfice par action a progressé de 13% en un an. Les dirigeants de BAT sont même très satisfaits du marché français durant les 9 premiers mois de l’année 2006 : « En France, les profits ont augmenté fortement, grâce à des marges plus élevées », dixit un communiqué officiel. Un succès discret que l’industriel pourra arroser avec les parlementaires fumeurs le 29 novembre au soir.y Vincent Nouzille

| �10 | 24 novembre 2006

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Prochain Bakchich hebdo le 1er décembre


bakchich N°10