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BULLETIN D’INFORMATION TRIMESTRIEL du RÉSEAU FINANCEMENT ALTERNATIF Trimestriel • 2ème trimestre 2002 • Numéro 13

EDITORIAL

Au nom de tous les membres du Réseau: Merci !

Nous sommes heureux et fiers de vous présenter aujourd’hui les nombreux projets qui seront réalisés grâce à votre épargne solidaire. En effet, les sommes épargnées sur les comptes d’épargne Cigale (Fortis Banque) et Dynamo (Banque Triodos) nous ont permis de redistribuer l’année dernière près de 375.000 euros aux 63 associations membres du Réseau Financement Alternatif.

A la lecture de ce numéro spécial d’Interface dédié aux projets solidaires 2002, vous pourrez mieux mesurer la formidable dynamique qui anime aujourd’hui le monde associatif. Ce secteur qui ne relève ni du secteur public ni du secteur privé tente de palier aux imperfections malheureusement toujours plus nombreuses de notre société en développant des activités locales, novatrices et entreprenantes. Le monde associatif répond ainsi aux exclusions sociales, aux situations de précarité et de pauvreté mais aussi aux besoins de formation des jeunes marginalisés, d’échanges interculturels pour un développement solidaire,

de recyclage des déchets pour un environnement de qualité ou encore de paix et de rapports sociaux équilibrés pour un monde plus respectueux des autres.

Que de richesse, d’espoir et d’encouragement dans ces projets. Et pourtant, de nombreuses difficultés jalonnent quotidiennement le chemin des associations et de nombreux défis restent à relever. Votre solidarité est très précieuse car elle montre la confiance que vous accordez à ces personnes qui œuvrent chaque jour pour une société plus équitable et plus responsable. Permettez-moi ici de vous remercier au nom de tous les membres du Réseau.

Nous comptons sur vous pour faire connaître dans votre entourage, auprès de votre famille ou de vos amis, cette formidable «aventure» qu’est l’épargne solidaire. Nous avons besoin de votre appui pour poursuivre notre action de manière durable et multiplier les occasions de solidarité avec les associations membres du Réseau.

Un grand merci de votre engagement.

Anne-Hélène Lulling, directrice SOMMAIRE

Les nouveaux venus au Réseau

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Les projets solidaires soutenus en 2002

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Les autres produits du Réseau

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Un dépliant en annexe

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Des projets Cigale aux projets Solidaires… Jusqu’à l’année passée, le Réseau Financement Alternatif vous a présenté dans sa brochure «projets Cigale» les projets des associations membres qui ont pu voir le jour grâce à l’épargne Cigale. En 2001, le Réseau a lancé l’épargne Dynamo en partenariat avec la Banque Triodos et nous vous présentons désormais les «projets solidaires» plutôt que «Cigale» et «Dynamo». Et c’est très bien, car la solidarité est l’élément moteur du Réseau et nous voulons qu’elle soit mise en évidence dans toutes nos actions. Un nouveau produit, et c’est la solidarité qui s’agrandit. Gageons que les années futures verront naître de nouveaux produits financiers éthiques et solidaires pour que beaucoup de projets, tels que ceux que nous vous présentons ci-dessous, se réalisent et contribuent à une société plus humaine et plus équitable.

Qui sont-ils, que font-ils et quel sera le projet solidaire soutenu?

Dix nouvelles associations rejoignent le Réseau. Leur adhésion a été confirmée à l’assemblée générale de mars 2002. Les voici, reprises par secteur d’activité: • Lutte contre l ’excl usi on : L’Arche en Belgique, l’Arche d’Alliance Namur, La Bobine, Caritas, Hydrojeunes et Surdimobil. • Rel ati ons Nord/ S ud : Autre Terre, Echos Communication et Max Havelaar. • Envi ronnement : RESsources.

L’Arche en Belgique

Créer des maisons où personnes handicapées et personnes «normales» partagent des expériences de rencontre et de vie quotidienne, offrir des possibilités d’épanouissement dans une activité professionnelle adaptée, voilà le travail de l’Arche. Cette association, fondée en 1973 sur le modèle de Jean Vannier en France, accueille aujourd’hui plus de 130 personnes handicapées mentales en Belgique, réparties dans 6 communautés qui regroupent quinze foyers et six ateliers. L’Arche existe maintenant dans plus de trente pays à travers le monde. Partout, la démarche est la même. Il s’agit d’ouvrir des foyers à taille humaine pour recréer une cellule familiale traditionnelle et un atelier où les résidents exercent leurs talents : boulangerie, jardinage, travail du bois, céramique,… Chacun y trouve un épanouissement personnel important, personnes handicapées comme personnes « normales ».

Les nouveaux venus au Réseau sous la loupe

Comme vous le savez, le Réseau s’est mis en position de stand-by, pour l’entrée de nouvelles associations, pendant les trois années où les négociations avec Fortis étaient engagées. Fin 2001, les nouvelles conditions du partenariat étaient connues et le Réseau a pu se rouvrir aux nouvelles associations.

Un engagement central pour tous : adhérer au projet du Réseau, autrement dit changer les rapports à l’argent et favoriser le développement de mécanismes financiers pour soutenir les initiatives de l’économie solidaire.

Le projet soutenu par l’épargne solidaire : la reconstruction du centre de jour «le Grain» par l’Arche-communauté de Bruxelles.

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Depuis sa fondation en 1977, le centre de jour «Le Grain» accueille des personnes

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venant des foyers de l’Arche mais également de familles ou d’institutions. Vingt-deux personnes viennent tous les jours mais les bâtiments ont pris un coup de vieux et ne permettent plus un accueil dans de bonnes conditions. Un nouveau centre va donc être reconstruit dans le même quartier.

elles peuvent venir accompagnées de leurs enfants de 0 à 6 ans. En collaboration avec les Femmes Prévoyantes Socialistes, un atelier de couture est organisé. Cette activité a l’avantage d’être concrète, valorisante, acceptée par les maris et elle offre également des possibilités de formation plus qualifiante pour celles qui le désirent. Ces femmes trouvent là un lieu où elles peuvent s’exprimer (parfois avec les mains pour les animatrices !) et tout spécialement sur les difficultés qu’elles rencontrent dans la vie de tous les jours. La demande est alors venue d’organiser un cours d’alphabétisation pour mieux comprendre le cours de couture. Plus de 100 femmes ont suivi les cours et une liste d’attente est déjà établie pour la rentrée prochaine! Des femmes qui ont été accueillies à la Bobine sont maintenant elles-mêmes animatrices et d’autres ont pu suivre avec succès une formation professionnelle réelle.

L’Arche d’Alliance Namur

A l’Arche d’Alliance, depuis 1972, les femmes en grande détresse trouvent un accueil d’urgence pour elles et pour leurs enfants. Dès leur arrivée, elles bénéficient d’un accompagnement social et psychologique. Un service d’accompagnement les aide également dans leurs démarches administratives pour faciliter leur retour à une autonomie complète. Avant de franchir cette étape importante, elles pourront s’installer dans un des sept appartements supervisés et faire bénéficier leurs enfants des services de la crèche ou de l’école des devoirs. En moyenne, 180 femmes et 180 enfants sont accueillis chaque année.

Le projet soutenu par l’épargne solidaire : «Lire et écrire, c’est gai !».

Le projet soutenu par l’épargne solidaire : des nouveaux bâtiments pour la crèche.

Des livres pour petits et grands, plein d’informations sur la couture, le français ou l’emploi, des revues, … c’est le projet solidaire de la Bobine en 2002. Cette bibliothèque-centre de documentation sera avant tout un endroit convivial où les femmes et leurs enfants, mais aussi le personnel, passeront un moment agréable à lire ou à trouver des informations pratiques.

La crèche de l’Arche d’Alliance est ouverte aux enfants des femmes accueillies mais aussi aux enfants du quartier. Sa particularité : la présence d’une institutrice maternelle qui prépare les enfants mais aussi les parents à l’entrée à l’école primaire. Un lien avec l’école se crée et permet une meilleure intégration.

Hydrojeunes

La Bobine

Le quartier de Droixhe à Liège compte 4.098 habitants de 52 origines différentes. Des immeubles à l’abandon forment le cœur de ce quartier qui a connu autrefois des jours florissants. La population est très pauvre et les femmes sont souvent isolées si elles ne parlent pas le français et ne travaillent pas. Pour sortir ces femmes de leur isolement, un lieu d’accueil a été ouvert où

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Hydrojeunes est une association créée pour et par les jeunes. En effet, cette association qui a déjà près de 10 ans a vu le jour grâce à l’enthousiasme d’un groupe d’étudiants décidés à passer à l’action pour «construire un monde meilleur». Et ils l’ont fait! Plusieurs dizaines de jeunes qui vivaient en foyers ont participé à 11 voyages en Mer Méditerranée pour aller à la rencontre des dauphins. Anecdotique ? Pas tant que ça, car ces jeunes en difficulté préparent leur voyage

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pendant toute une année et une véritable relation de confiance se construit entre eux : ils devront apprendre la solidarité et la réalisation d’un projet en groupe. A leur retour, ils partageront d’ailleurs ces expériences avec les nouveaux venus qui partiront un an après lors du prochain voyage.

objectif en commun : donner à ceux qui le souhaitent la possibilité de construire eux-mêmes leur avenir, et en même temps les moyens de l’assurer à long terme. La gestion des projets est toujours participative dans un souci de démocratie directe la plus large possible. Ce sont les gens du Sud qui sont les acteurs du projet avec le soutien d’Autre Terre, ce sont eux qui sont les véritables acteurs de leur développement.

Le projet soutenu par l’épargne solidaire : le voyage 2002 et… un moteur.

Le projet soutenu par l’épargne solidaire : culture et vente autour de la taya et de la tuna dans la vallée de San Marcos au Pérou.

Un nouveau projet ? Chaque année, l’arrivée des nouveaux participants est synonyme de nouveau projet. En 2002, un besoin urgent cependant : un nouveau moteur pour le bateau. Sans lui, pas de voyage dans des conditions de sécurité satisfaisantes.

Ce projet de longue haleine est développé depuis 1977 avec l’association Tierra de San Marcos au Pérou pour améliorer les conditions de vie des paysans de la région. Trois grandes phases à ce projet ambitieux : l’irrigation d’un versant de colline, la reforestation par deux espèces indigènes pour protéger de l’érosion les versants jusque là non cultivés et l’industrialisation de la transformation des produits de la tuna et de la taya. La cochenille de la tuna devient un colorant alimentaire ou cosmétique et les gousses de la taya sont utilisées pour ses tanins et ses propriétés colorantes.

Surdimobil

Surdimobil est une association née autour d’un projet du même nom : un parcours de sept modules interactifs qui nous font entrer dans le monde des sourds et des malentendants pour découvrir en conditions réelles leur vie quotidienne balisée de difficultés insoupçonnées jusqu’à cette visite du Surdimobil. L’action des promoteurs du projet ne s’arrête pas là mais s’intègre dans une volonté plus large de rencontre, de compréhension mutuelle et d’intégration entre les deux mondes des sourds et des entendants.

Max Havelaar

Le projet soutenu par l’épargne solidaire : un camion pour le Surdimobil.

Le Surdimobil peut être présenté à de nombreuses occasions et à des publics aussi différents que les écoles, les entreprises, les fêtes communales et bien d’autres…mais il nécessite d’aménager un camion pour que les transports, souvent réalisés par des bénévoles, soient moins chers et plus faciles.

Autre Terre

Autre Terre est une ONG agréée. C’est elle qui permet au groupe Terre de concrétiser sa volonté d’établir un monde plus juste et solidaire, également dans le Tiers Monde. Tous les projets d’Autre Terre ont un

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Dans les pays en développement, des millions de producteurs cultivent à petite échelle des denrées telles que le café, les bananes ou le cacao. Leurs moyens limités, leur manque d’expérience commerciale, et leur faible connaissance des marchés mondiaux font qu’ils n’ont bien souvent d’autre choix que de vendre leur récolte sur le marché local à des prix qui souvent ne couvrent pas leurs coûts de production. Face à cette situation, Max Havelaar s’est donné pour objectif de permettre aux cultivateurs de vendre leurs récoltes sur le marché mondial à un prix plus juste, un prix plus équitable. Comment reconnaître ces produits ? Vous retrouverez le label Max Havelaar sur leur emballage. C’est la garantie qu’ils ont été produits dans des conditions de travail correctes et que les cultivateurs des pays en développement ont reçu le juste prix pour leur récolte.

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Le projet soutenu par l’épargne solidaire : la campagne «pour changer le train-train».

RESsources

L’économie sociale de la récupération est restée un secteur économique fort discret pendant cinquante ans. Des organismes comme Terre ou les Petits Riens se sont principalement développés pour aider à la réinsertion de personnes marginalisées et ont par leurs actions apporté une plusvalue sociale importante. Depuis une dizaine d’années, la collecte et le traitement des déchets sont devenus incontournables et les opérateurs de l’économie sociale doivent s’imposer dans un marché devenu intéressant pour le secteur privé. Se fédérer a constitué un pas important dans le positionnement de ces entreprises et l’asbl RESsources est née en 1998 pour regrouper et représenter les entreprises d’économie sociale actives dans le recyclage.

A l’automne 2002, chacun pourra devenir acteur de la campagne et sortir de son train-train quotidien en apprenant des gestes simples de consommation responsable pour un monde plus juste.

Echos Communication

L’échange de cultures, de savoirs, d’informations, tel est le credo de l’association Echos Communication qui participe à un développement solidaire Sud/Nord et Est/Ouest. Utiliser la communication comme outil de développement, tel est son objectif. Douze émissions radio sur le thème «Démocratie, Environnement et Développement», une rencontre au Mali pour faire le point sur les nouvelles technologies et le développement ou encore une base de données en ligne des films qui parlent de relations avec le Sud (www.intermondes.tv), voilà des projets qui ont vu le jour depuis bientôt dix ans et qui ont servi à une meilleure compréhension mutuelle.

Le projet soutenu par l’épargne solidaire : la communication entre les membres de RESsources.

Après une première phase d’étude et d’évaluation, RESsources a besoin de renforcer les liens entre ses membres pour mettre en place des actions coordonnées et établir des synergies avec des opérateurs extérieurs privés ou publics. Différents outils de communication seront créés pour permettre ces échanges.

Le projet soutenu par l’épargne solidaire : Reciprocité.tv.

Ce projet comprend trois volets : la base de données en ligne Intermondes, Réciprocités.org, une base de données en ligne des acteurs de la communication liée au développement, et RéciproCité, un magazine participatif en ligne centré sur les dynamiques d’échange de savoirs entre le Nord et le Sud.

Caritas

Coupole belge francophone du groupe Caritas Catholica Belgique, Caritas a rejoint le Réseau car ils veulent montrer leur adhésion aux objectifs poursuivis de développement de l’argent éthique et solidaire.

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Les projets solidaires soutenus en 2002 grâce à votre épargne. Retrouvez, au fil des 6 secteurs d’activité, toutes les actions qui seront menées à bien en 2002 par les membres du Réseau.

pillage que ces éclairages nocturnes inutiles entraînent. L’APERE lancera en 2002 «Renouvelle», un nouveau magazine d’information sur les énergies renouvelables. Les membres de l’APERE et les acteurs du secteur trouveront dans ce magazine toute l’actualité sur les énergies renouvelables en Belgique, en Europe et dans le reste du monde avec une attention toute particulière accordée aux initiatives dans les pays en développement. Dans un autre registre, comme les années précédentes, Nature et Progrès invite le grand public à découvrir quelques «Jardins et Habitats Nature» de ses membres. Jardins sauvages, mares naturelles, potagers bio ou jardins d’agrément se côtoient en toute simplicité pour former de véritables petits havres de paix. Enfin, Les Ami s de l a Terre ajouteront un nouveau thème pour leur deuxième édition du Salon de l’Eau : l’écologie à la maison. Di e Raupe et Greenpeace sont également membres du Réseau Financement Alternatif dans le secteur «environnement».

D’autres projets

Environnement

Le terme «environnement» a maintenant droit de cité partout et même dans la publicité, mais ça n’est pas pour autant que tous les problèmes d’environnement ont disparu, bien au contraire. Nous devons à l’heure actuelle faire face à des défis majeurs tels que les changements climatiques, la gestion des ressources naturelles qui s’épuisent, les conflits probables pour l’accès à l’eau potable… et la liste peut s’allonger presque indéfiniment. C’est pour trouver des solutions, pour faire évoluer les mentalités et les comportements, que des associations se battent et agissent à tous les niveaux.

La paix et les droits de l’Homme

«Eteignons les lumières»

Projet épinglé

Laisser les lumières allumées toute la nuit dans des immeubles de bureaux ou sur des chantiers, est-ce vraiment nécessaire ? Inter-Envi ronnement Bruxel l es fera le relevé de ces illuminations intempestives et les présentera via son site Internet aux autorités publiques et aux entreprises en novembre pendant la semaine de l’énergie. L’information s’adressera en premier lieu au grand public pour sensibiliser les riverains de tels immeubles. La campagne ciblera ensuite les firmes privées et les pouvoirs communaux pour les amener à agir contre les pollutions visuelles et le gas-

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Si c’était vraiment nécessaire, les événements du 11 septembre et le conflit Israélo-Palestinien nous rappellent que beaucoup d’efforts sont encore à faire pour que la paix et les droits de l’Homme deviennent une réalité pour tous. Le

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chantier est toujours en construction et des soins attentionnés sont prodigués pour que la paix progresse et les droits de l’Homme soient concrétisés. L’actualité nous rappelle aussi que ça ne se passe pas que chez les autres et que chez nous aussi les projets sont à développer.

ments ludiques, favoriseront une approche émotionnelle pour se sentir moins démuni face à la violence, la sienne ou celles des autres. Une autre pierre à l’édifice est apportée par le S ervi ce Ci vi l Internati onal (S CI) en développant un partenariat durable avec l’association congolaise Humanités Nouvelles (HuNo). Les enfants des rues à Kinshasa n’ont pas bonne réputation même auprès de leurs parents ! Pour que ces enfants trouvent une nouvelle valorisation, HuNo a développé un programme d’éducation à la citoyenneté qui passe par des actions simples mais importantes comme prendre une douche, nettoyer les rues, apprendre à lire ou même garder un petit boulot.

«100 artistes pour les 100 ans de la Ligue des droits de l’Homme»

Projet épinglé

100 artistes ont été invités à exprimer, à travers une œuvre, leur sensibilité sur la situation des droits de l’Homme en Belgique, aujourd’hui. Ces œuvres ont été exposées dans trois lieux symboliques : le Petit Château, le Palais de Justice de Bruxelles et la Médiatine, durant quatre semaines.

Le MRAX est également membre du Réseau Financement Alternatif dans le secteur «Paix et droits de l’Homme».

Pénétrer dans ces lieux a été, pour beaucoup de visiteurs, une prise de conscience de problématiques dénoncées par la Li gue des droi ts de l ’Homme depuis longtemps.

La lutte contre l’exclusion

Au travers des mots, des images et des émotions, les combats de la Ligue deviennent compréhensibles pour tous. Chacun se les approprie au gré des œuvres artistiques proposées.

L’Associ ati on médi cal e pour l a Préventi on de l a Guerre Nucl éai re (AMPGN) ajoute une nouvelle facette à son travail en allant à la rencontre des élèves du secondaire. Autre travail pour le Gri p qui poursuit son action sur les armes légères en préparant un projet de convention internationale sur le marquage et le traçage de celles-ci. De son côté, l ’Uni versi té de Pai x continue son projet «Faire face à la violence en milieu scolaire». Même public, autre action : le Mouvement International de Réconciliation (MIR) organise une exposition interactive «Un poing c’est tout» pour les jeunes à partir de 12 ans…et pour les moins jeunes. Des mises en situations, des questionne-

D’autres projets

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«Les exclusions» devrait-on plutôt dire car il en existe beaucoup et toutes doivent être combattues avec énergie. Qu’il s’agisse d’exclusion économique, physique, raciale ou encore sociale, toute une série de personnes sont marginalisées, «mises au rancart» d’une société qui exige toujours plus de ses citoyens. Toutes ces personnes ont quelque chose en commun : elles sont démunies, souvent isolées et ont besoin d’une main secourable qui leur apporte réconfort et début d’espoir. C’est ce que réalisent les associations membres du Réseau qui développent des projets pour redonner à

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Dans un autre quartier de Liège, l’asbl S ai nte Wal burge cherche aussi à donner à chacun les moyens de prendre sa vie en main en privilégiant la solidarité et la citoyenneté. Le mouvement du Nid accueille dans sa maison les personnes fragilisées par la prostitution et l’asbl Poi nt d’Appui propose un soutien aux personnes qui désirent venir en aide aux «sans-papiers». Le CIAJ, lui, continue le projet «conseil de classe» initié en 2001.

ces personnes, dignité, valorisation, travail ou endroit pour vivre.

«Les Petits Boulots»

Projet épinglé

Engagez des jeunes «dits à problèmes» dans des dynamiques constructives, donnez-leur des chances de se faire valoir et vous verrez qu’ils développeront des comportements positifs ! Ce constat, c’est celui d’Espace S oci al Tél é-S ervi ce qui a mis sur pied ce projet des «Petits Boulots» pour des jeunes issus de milieux peu favorisés. Ils font des déménagements, des petits travaux de rénovation, de nettoyage… chez des particuliers eux aussi socialement défavorisés et la boucle est bouclée. En plus d’un petit revenu, ces jeunes trouvent une valorisation personnelle qui les pousse même, parfois, à devenir animateurs pour les enfants ou pour d’autres initiatives solidaires. Toutefois, les jeunes qui arrivent maintenant au centre sont de plus en plus déboussolés et un suivi social est très souvent nécessaire. D’autre part, «les petits boulots au féminin» vont aussi être créés car les déménagements c’est bien… mais c’est lourd ! Créer du beau, apporter de la couleur et des odeurs, tels sont les objectifs de cette formation en horticulture organisée par l ’ADEPPI à la prison de Saint-Gilles. La formation s’étend sur dix mois et prépare aux métiers de l’entretien des jardins ou à la culture maraîchère. A côté de cet objectif professionnel, la formation apporte aussi une dimension plus humaine car elle permet de renouer avec la nature dans un monde où elle est totalement absente. Pour ATD Quart-Monde, la misère morale et économique est aussi une réalité quotidienne. Etre une famille pauvre avec enfants est un combat de tous les jours. Alors, des moments de jeux, de rencontres ou encore quelques jours de vacances constituent de véritables petits îlots de détente qui donnent de l’énergie pour continuer à faire face. Groupe d’alphabétisation, groupe de vie, bibliothèque, pour ouvrir des portes, créer des liens sociaux et développer l’autonomie dans un quartier déstructuré, voilà le programme de La Marguerite à Liège.

Infor-Veuvage-Fraternité des veuves, la Fédération francophone de centres de vacances, l’Interrégionale des Habitants des Cités et la Bastide poursuivent les projets qui vous ont été présentés en 2001 et qui tous à leur manière participent au combat contre l’exclusion.

Le Centre de Prévention des Violences Familiales et Conjugales, Habitat Service, le Groupe d’Animation de la Basse-Sambre, l’Association des écoles de devoirs en province de Liège et Solidarités Nouvelles sont également membres du Réseau Financement Alternatif dans le secteur «lutte contre l’exclusion».

D’autres projets

Economie Sociale

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Le monde économique actuel nous a amené vers une plus grande richesse… dans l’absolu : mais pour qui, et riche de quoi ? La distribution équitable de cette richesse n’est que rarement abordée en économie dite classique et la teneur de cette richesse encore moins puisque là l’évidence s’impose, il s’agit de richesse financière. L’économie sociale cherche aussi à créer de la richesse mais autant humaine et sociale que financière. On l’appelle aussi souvent «économie solidaire» car la solidarité est un moteur de ses actions. La rentabilité n’est pas absente de ses objec-

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groupes d’épargne de proximité constitués de personnes généreuses qui prêtent leurs deniers personnels pour financer des projets solidaires et ce… sans intérêts et parfois même avec leurs conseils en sus. «Bâtissons notre avenir», un groupe de solidarité et d’entraide pour des personnes qui cherchent à sortir de la spirale de l’exclusion ; «Catacombes» qui aide les détenus à leur sortie de prison dans leurs premières démarches de réinsertion ; «La Page» qui propose toute une série d’activités à des enfants qui dynamisent leur quartier, ou encore l’organisation d’un congrès de l’économie sociale par le Gréséa sont des exemples de projets financés en 2002 par l ’Aube, l e Pi vot et l es Ecus Bal adeurs, trois groupes d’épargne de proximité membres du Réseau.

tifs, bien au contraire, mais elle se mesure aussi en emploi de personnes, en création de lien social, en protection de l’environnement, en valorisation de la personne et de son travail.

Groupe Nord/Sud d’économie sociale

Projet épinglé

S ol i dari té des Al ternati ves Wal l onnes (S AW) coordonne depuis 1998 un groupe Nord/Sud d’économie sociale et solidaire. Dans le cadre de ce groupe, douze rencontres thématiques seront organisées tout au long des années 2002 et 2003. Exclusion et pauvreté se vivent partout et l’économie solidaire apporte des solutions au Sud et au Nord que l’on peut partager. C’est le but de ces soirées où la rencontre et le partage d’expériences en présence d’acteurs du Nord et du Sud apportent toutes leurs richesses.

La Fourmi Solidaire et la Bouée travaillent en collaboration avec les autres groupes d’épargne de proximité et sont membres du Réseau Financement Alternatif dans le secteur «économie sociale».

Des nouveaux projets pour De Bouche à Orei l l e ? … Pas tout à fait. L’heure est plutôt à assurer un bon fonctionnement aux nouvelles actions lancées les années précédentes. La création d’un site Internet (www.dbao.be) constituera néanmoins la nouveauté de l’année, un bel atout pour faire connaître les activités des membres.

D’autres projets

L’éducation et la formation

Le Centre Rural de Dével oppement (CDR), forme des jeunes en difficultés aux métiers de l’impression sur ordinateurs. Et le Centre tire la même conclusion qu’Espace Social TéléService : les jeunes qui arrivent sont souvent dans une telle détresse personnelle qu’ils ont besoin d’un accompagnement durant le temps de leur formation. C’est ce que le CDR leur propose mais ils faut pour cela aménager un local chaleureux et disponible en permanence.

Crédal poursuit son projet de micro-crédit entamé en 2001 pour que des personnes puissent créer leur propre activité professionnelle alors que ces prêts ont été refusés par les banques. Grâce aux bonifications solidaires, un accompagnement des micro-entrepreneurs est réalisé pour maximiser les chances de réussite. Quand on parle de crédit alternatif destiné à l’économie sociale, on pense aussi aux

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L’éducation et la formation ? Mais c’est l’affaire de l’école ! Oui sans aucun doute, mais c’est aussi l’affaire de chacun. Dans notre vie, nous cherchons tous à nous développer, à nous former pour nous et pour mieux répondre aux évolutions de notre société. C’est une question d’intégration, de se sentir bien, capable d’être un acteur de ce qu’on appelle maintenant la «société civile». Seuls, nous sommes parfois désarmés et c’est la raison qui pousse les associations membres du Réseau, reprises dans ce secteur, à entreprendre des actions qui donnent à tout un chacun des possibilités d’apprendre... ou d’apprendre aux autres.

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«Echec à l’échec»

Projet épinglé

De nos jours, les enseignants sont confrontés à des situations nouvelles et l’échec massif en milieu populaire en est très certainement une. Y répondre n’est pas facile et nécessite la mise en place de nouvelles manières de fonctionner pour l’élève et pour le professeur. C’est l’objectif des formations de la Co nfédérati o n Général e des Ens ei gnants (CGE) axées sur la Pédagogie Institutionnelle issue du mouvement Freinet où «il s’agit de créer un lieu respirable pour tous, avec des limites et des lois, favorisant le langage. Des temps et des lieux où chacun puisse être entendu. Les rôles et les statuts ne sont pas figés, les règles de vie peuvent changer». A nouveau, la Fondati on pour l es Générati ons Futures lance un appel aux initiatives de développement durable. Jusqu’ici, les candidatures concernaient des projets en Belgique. En 2002, la FGF souhaite attribuer une bourse à un projet qui intégrerait également une dimension de solidarité Nord/Sud. Un développement durable bien compris privilégie en effet cet aspect en même temps que les dimensions économique, environnementale et sociale traditionnelles.

D’autres projets

Le Col l ecti f Terrai ns d’Aventures et d’Ani mati o n, L’Eco l e des Parents de Li ège, l a Fédérati on Laï que des Centres de Pl anni ng Fami l i al et La Li gue des Fami l l es sont également membres du Réseau dans le secteur «éducation et formation».

Les relations Nord - Sud

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La plupart des projets qui vous ont été présentés ci-dessus se passent en Belgique pour favoriser une société plus juste et plus humaine. Mais cette société-là n’est pas réservée au Nord et beaucoup d’associations membres du Réseau sont là pour faire en sorte qu’au Sud aussi, les gens vivent mieux. Pas la peine de se voiler la face, le travail à réaliser ressemble plus à l’Himalaya qu’à une colline du Hainaut ! Nous devons changer notre regard, adopter de nouveaux modes d’action, apprendre à dialoguer, à se connaître, à donner…et à recevoir. Vaste programme qui ne se réalise pas en deux coups de cuillères à pot mais auquel chaque projet ajoute sa petite pierre.

«Peuples indigènes d’Amérique du Sud»

Projet épinglé

En 2001, S OS PG a organisé une exposition autour du travail réalisé par des artistes péruviens avec des techniques ancestrales. Trois artistes présents ont été à la rencontre des jeunes visiteurs pour leur expliquer le travail et les aider à réaliser une peinture collective en terres de couleurs. Grâce à leur visite de l’exposition, ces élèves des écoles de Liège ont appris à mieux connaître un peuple indigène, à comprendre ses réalités et à découvrir ses valeurs culturelles. Cet enrichissement, les élèves le vivent aussi avec l’exposition itinérante de SOS PG : «Peuples indigènes d’Amérique du Sud», et l’association va réaliser en 2002 un dossier pédagogique qui aidera les professeurs du secondaire à mieux faire passer ce message lors de leur visite de l’exposition. Le FIAN s’est mobilisé avec des experts et d’autres ONGs pour la rédaction d’un «Code International de conduite sur le droit à une nourriture adéquate» et ils vont consacrer leur énergie en 2002 pour que ce code soit adopté par la Belgique comme d’autres états l’ont fait avant elle. Api cul ture sans Fronti ères délocalise dans le Sud !... pour organiser des formations aux techniques de l’apiculture en Afrique. D’autres formations professionnelles sont appuyées par Peupl es S ol i dai res pour que les jeunes de Mwenga ne cèdent

D’autres projets

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pas à l’attrait de l’exploitation dangereuse de l’or ou du coltan ou encore à celui des bandes armées. Un autre chapitre africain est écrit grâce au soutien de Frères des Hommes aux femmes de Bukavu qui se débrouillent pour faire vivre leurs familles grâce aux «petits boulots». Comme en 2001, Entrai de et Fraternité appuiera le projet d’alphabé-

tisation en Haïti où une situation d’insécurité et de non gouvernance s’ajoute au chaos politique organisé.

Les Magasi ns du Monde - Oxfam et le S ervi ce Laï que de Coopérati on au Dével oppement sont également membres du Réseau dans le secteur «relations Nord/Sud».

Le Réseau... des synergies Depuis deux ans, le Réseau Financement Alternatif s'est attaché à étudier la problématique de l'exclusion financière. En organisant deux tables rondes de réflexion qui ont regroupé des acteurs de terrain actifs dans le secteur de l'économie sociale ainsi que des personnes ressources et, ensuite, le 7 décembre 2000, un colloque grand public.

(Voir Interface n° 12 et notre site internet). De son côté, la Ligue des droits de l'Homme, au travers de sa commission droits économiques et sociaux, se penche également depuis le début de l'année sur les problèmes liés à l'accès au compte bancaire et aux moyens de paiement et associe le Réseau Financement Alternatif à ses travaux.

En 2001, à la demande de Monsieur le Ministre de l’Economie, nous avons entamé une étude relative à l'élaboration d'un service bancaire universel, dont la première partie, une enquête auprès des banques, des services sociaux, des organisations sociales et de consommateurs, a été rendue publique en décembre dernier

Cette fructueuse collaboration entre ce dernier et l'un de ses membres sur une problématique particulière liée à la finance éthique et solidaire est illustratif des synergies que la mise en réseau permet et qui sont appelées à se développer dans le futur.

A côté de l’épargne Cigale et de l’épargne Dynamo, il existe deux autres produits éthiques et solidaires : AlterVision Balance Europe et Triodos Values Fund International Equities, deux produits sicav développés respectivement par Fortis Banque et la Banque Triodos. Chaque année, c’est l’assemblée générale qui décide de l’affectation des commissions solidaires reçues sur ces deux produits. Les commissions 1998 et 1999 d’AlterVision ont été affectées à des prises de capital à risque dans deux entreprises d’économie sociale: Les schistes de Warmifontaines et l’asbl Itinéraires. En 2000, l’assemblée a décidé de garder en réserve 5 millions de francs pour le

capital de la société de conseil en investissements éthiques et solidaires qui pourrait voir le jour si les études de faisabilité sont concluantes. Un million de francs a également été mis en réserve pour palier partiellement la diminution importante des bonifications Cigale versées aux associations membres suite aux nouvelles conditions Fortis. En 2001, la commission a permis de soutenir directement les actions de sensibilisation et de promotion du Réseau. La sicav de la banque Triodos a été lancée courant 2001, la commission 2001 reste anecdotique.

.. . . .. . .. . . . . . .. . .. . .. . . . .......... ... ... Les autres produits du Réseau

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Un dépliant en annexe, pour quoi faire ? Et si chaque épargnant solidaire trouvait un nouvel épargnant solidaire… on doublerait d’un seul coup les projets réalisés!

A la fin de l’année, les mêmes intérêts qu’avant mais un projet en plus qui reçoit une bonification. «Et ça marche ?» vont-ils vous demander. Oui, avec parfois des modifications du taux des commissions solidaires comme nous venons d’en vivre avec Fortis Banque, avec parfois des imperfections de fonctionnement pratique mais ça existe, profitons-en !

Parfois la logique mathématique simplifie la réalité mais est-ce aussi simple ? Non, bien sûr, mais nous comptons sur vous pour qu’au moins une partie de ces projets supplémentaires puissent être réalisés. Ou plutôt nous comptons sur votre enthousiasme pour parler de l’épargne solidaire à votre famille, vos amis, vos collègues de travail,… et pour leur donner le dépliant que nous vous envoyons en annexe. Comme vous, ils seront séduits par la simplicité de l’opération : ouvrir ou transformer un compte d’épargne existant en compte Cigale ou Dynamo… et voilà, le tour est joué !

Vous voulez distribuer plus de dépliants ? Contactez Catherine Lemière au 081/ 71.15.71. Nous nous ferons un plaisir de vous en envoyer. PS : l’argent épargné est utilisé pour financer des projets ou entreprises qui respectent des critères de qualité liés au développement durable. C’est l’aspect éthique des produits Cigale et Dynamo.

Un nouveau véhicule de l’information : le site du Réseau

Les sites Internet sont comme les voitures ou presque car ils nécessitent un entretien constant et parfois il faut même envisager de les changer ! C’est ce que le Réseau a décidé de faire en 2002 pour que les résultats du travail qui est réalisé puissent être accessibles à tous. En priorité, nous espérons que vous y trouverez une mine d’informations qui vous permettront de confirmer ou même d’étendre votre démarche en faveur d’une utilisation plus responsable de l’argent. Vous y retrouverez également les membres du Réseau ainsi que les projets qui sont réalisés grâce aux bonifications de votre épargne solidaire. Rendez-vous à l’adresse inchangée: www.reseau-alterfinance.org pour visiter le site actuel ou sa nouvelle mouture à partir du quatrième trimestre de cette année.

Bulletin d’information Trimestriel - Editeur responsable : Anne-Hélène Lulling Avenue Cardinal Mercier, 53 5000 Namur T. 081-71 15 71- F. 081-74.27 71 www.reseau-alterfinance.org Ont collaboré à ce numéro : Bernard Bayot, Alexandra Demoustiez, Catherine Lemière, Anne-Hélène Lulling, Sophie Salle. graphiste: dominos Snyers Vos nom, prénoms et adresse sont enregistrés dans les fichiers du Réseau Financement Alternatif, avenue Cardinal Mercier, 53 à 5000 Namur afin de vous envoyer le journal Interface. Conformément à la loi du 8 décembre 1992, vous disposez d’un droit d’accès et de rectification de ces données : moyennant demande écrite datée et signée, la personne justifiant de son identité peut obtenir gratuitement la communication écrite des données à caractère personnel la concernant ainsi que, le cas échéant, la rectification de celles qui seraient inexactes.

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journal interface  

journal du Réseau financement alternatif. Terminé en 2005

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