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Analyse du travail « Peintre décoratrice » Ingénierie de formation 2010

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Sommaire

Introduction ………………………………………………………………….

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Cadre théorique ……………………………………………………………..

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Méthode d’analyse du travail ……………………………………………..

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Résultats de l’analyse du travail …………………………………………

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Propositions de formation ………………………………………………...

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Annexes ………………………………………………………………………

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1 – Lexique 2 – Technique enduit stuqué 3 – Organisation de l’activité 4 – Identification d’une situation problème


Introduction

L’activité que je me propose d’analyser dans ce dossier est celle d’une peintre décoratrice en enduits chaux et terre qui exerce ce métier depuis 7 ans. Cette activité se rattache au secteur du bâtiment second œuvre et aux métiers de l’artisanat. Son activité professionnelle s’articule selon plusieurs axes : activité sur les chantiers construction ou rénovation, stages de formation pour particuliers et artisans, accompagnement aux travaux pour les particuliers, et en activité annexe l’importation de chaux revendue à des distributeurs. Cette professionnelle souhaite développer la partie formation de son activité, accueillir des stagiaires. L’intérêt de réaliser cette analyse du travail porte sur l’identification des automatismes lors de l’activité, de situations potentiellement formatrices et ce afin d’améliorer les contenus de formation. L’analyse se situe sur un chantier de rénovation chez un particulier. L’observation porte sur la réalisation d’un enduit stuqué* sur un tablier de baignoire. Ce travail s’apparente plus à de la maçonnerie décorative qu’à des travaux de peinture. Quelques précisions techniques sur le travail des enduits et de la chaux : Il existe deux possibilités pour le choix des matériaux : soit vous utilisez des produits préformulés, soit vous les fabriquez à partir de différents composants. C’est cette dernière possibilité qu’utilise la personne observée. Cette solution limite les apports d’adjuvants* et de proposer une palette de couleur plus étendue. Cette technique est moins onéreuse que l’achat de produits prêt à l’emploi, mais nécessite un temps de préparation plus important. Il existe plusieurs catégories de chaux, avec pour chacune des usages spécifiques. En ce qui concerne le matériau utilisé sur ce chantier c’est la chaux aérienne qui fait partie des chaux naturelles. Les chaux naturelles sont utilisées dans les domaines de la maçonnerie traditionnelle, la restauration des monuments historiques, les enduits de construction et de décoration, les badigeons sanitaires et décoratifs. Elles constituent le liant*. Dans le cas d’enduits stuqués on ajoute la charge* qui correspond dans cet exemple à de la poudre de marbre. L’ajout des pigments*, adjuvants*, savon noir et eau finalise la préparation du mortier*. C’est ce mortier* qui sera appliqué sur le tablier de la baignoire pour constituer l’enduit de finition décoratif. Afin de pouvoir approfondir cette analyse, je limiterai la situation étudiée à la réalisation de l’enduit sans la phase de préparation du mortier* et du support à enduire.

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Cadre théorique de l’analyse

Cette analyse a pour objectif de repérer le déroulé de l’action efficace et les compétences mises en œuvre. En relation avec la didactique professionnelle plusieurs concepts me semblent intéressants pour définir le cadre de cette analyse. Tout d’abord le concept de schème de Gérard Vergnaud (Vergnaud G., 2007) et ensuite la théorie de l’activité de Pyotr Galpérine (Savoyant A., 1998). Dans la situation observée la tâche à réaliser est d’enduire un ouvrage de maçonnerie avec un mortier de chaux. Cette tâche est définie conjointement avec le client. Il s’agit donc dans cette analyse d’identifier l’activité réelle avec son organisation. Cette analyse peut aussi être utile pour compléter les documents prescripteurs si nécessaire. •

Concept de schème – Gérard Vergnaud

Selon Gérard Vergnaud pour analyser les compétences, il faut analyser l’action efficace. Ce qui revient à analyser l’organisation de l’action. L’action est faite d’invariance et de régularité, mais aussi de flexibilité et d’adaptation aux conditions rencontrées. Le concept de schème met en relation deux formes de connaissances : opératoire et prédicative. La connaissance opératoire elle celle qui permet de comprendre l’organisation de l’action et d’agir en situation, elle repose sur l’expérience de l’individu. La forme prédictive permet la verbalisation et la compréhension des relations existant entre les connaissances. Elle est contenue dans les manuels et la documentation. Le schème est un système dynamique qui sert de base à la pratique. C’est une forme invariante d’organisation de l’activité pour une classe de situation. L’observation de la situation de travail a pour objet de repérer les différentes étapes de l’action avec Le ou les buts : quelle est la priorité de l’action, Les sous-buts : quelles sont les différentes étapes pour mener à bien cette action, Les règles d’action : en fonction des conditions rencontrées quels sont les choix à effectuer, Les invariants opératoires (concepts en actes, théorèmes en acte) : les critères pertinents et significatifs qui sont retenus par l’opérateur en situation pour agir efficacement, ils constituent la composante conceptuelle du schème, Et les inférences : adaptation aux changements de situation, régulation de l’activité, en lien avec les règles d’action

Théorie de l’activité - Pyotr Galpérine

Cette théorie porte sur les opérations d’orientation, d’exécution et de contrôle qui constituent le contenu opérationnel de l’action.


Les opérations d’orientation : les opérations d’orientation s’appuient sur la base orientatrice pour identifier la situation, spécifier les buts et déterminer les opérations d’exécutions. La base orientatrice : système de représentations et de connaissances dont se sert le sujet pour exécuter l’action Les opérations d’exécution : elles permettent la transformation effective de la situation en fonction du but et des sous-buts initialement définis Les opérations de contrôle/régulation : elles assurent la vérification et le contrôle de l’atteinte du but, pendant le déroulement de l’action. Le cas échéant, l’action est adaptée et modifiée par le sujet L’exécution et le contrôle sont visibles dans l’action, alors que les opérations d’orientation sont peu visibles. C’est la partie cognitive de l’activité professionnelle et le noyau central de la compétence. Elle s’appuie sur une base orientatrice qui va permettre de guider l’action, par la sélection de certaines dimensions d’une situation qui vont constituer des éléments organisateurs de l’action.

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Méthode d’analyse

La méthode que j’ai utilisée pour cette analyse du travail repose sur la technique d’entretien d’auto-confrontation croisée (Yves Clot). Pour sélectionner la situation à observer et enregistrer une vidéo, j’ai tout d’abord rencontré la peintre décoratrice lors d’un stage de formation qu’elle animait pour des professionnels. Je suis ensuite allée sur un de ses chantiers. En fonction des différentes discussions que nous avons eues, j’ai retenu l’analyse d’un chantier de rénovation avec la réalisation d’un enduit stuqué. Ces différents rendez-vous favorisent la mise en place d’une relation de confiance qui facilite par la suite les entretiens de débriefing. C’est par ces différents échanges que l’on peut construire une représentation de l’activité à réaliser, en l’occurrence ici l’analyse de l’activité. Lors des premiers rendez-vous, d’autres personnes étaient présentes, à cette occasion j’ai expliqué plusieurs fois le but de l’analyse de l’activité que je réalisais. Ensuite, lors de l’enregistrement vidéo, c’est la peintre décoratrice qui a expliquée au propriétaire en quoi consistait cette analyse. Ce qui validait l’étape d’appropriation du but poursuivi. Cet entretien de débriefing favorise un travail réflexif afin d’identifier les différents automatismes et de verbaliser les différentes actions réalisées, avec la distanciation puisque l’on n’est plus dans l’action. Ces entretiens favorisent donc la conceptualisation par l’opérateur de son activité. L’observation s’est déroulée pendant une après-midi incluant la préparation des matériaux nécessaires et l’application de l’enduit. J’ai enregistré sur vidéo les différentes étapes. Dans un second temps, soit environ trois semaines plus tard, j’ai visionné la vidéo avec la peintre décoratrice lors d’un entretien et quelques jours après avec une de ses collègues. Ces deux entretiens ont été enregistrés sur support audio. Les deux personnes interviewées sont expertes dans leur domaine. En ce qui concerne les entretiens de débriefing, cela implique à mon avis de poser au préalable un cadre de non jugement et confidentialité et d’être consciente de sa propre subjectivité. Le fait d’observer et d’enregistrer sur vidéo apporte déjà une modification à la situation de travail.


Résultats de l’analyse du travail

Il s’agit dans cette partie de rendre compte de l’activité réelle à partir des observations et entretiens réalisés et de la comparer à la tâche prescrite. C’est l’écart entre la tâche prescrite et le travail réel qui est pertinent pour identifier des situations de travail qui favorisent le développement des compétences. Autrement dit repérer comment l’activité constructive peut se déployer dans l’activité productive. Ce sont ces situations de travail qu’il sera pertinent d’utiliser pour des actions de formation, en les transformant en situations didactiques. Dans cette situation la tâche prescrite correspond à la commande du client. Le processus garantissant le bon déroulement de cette tâche se trouve annexe 2. Pour l’analyse de l’activité j’ai réalisé, à partir des entretiens de débriefing un tableau de synthèse reprenant les différentes étapes du chantier et les éléments permettant d’identifier le schème qui organise et guide l’activité efficace.(annexe 3) J’ai aussi retenu une situation problème rencontrée sur ce chantier et à partir de là décrit le processus cognitif mis en œuvre pour résoudre ce problème, en reprenant la classification de Pyotr Galpérine pour sa théorie de l’activité.(Savoyant A., 1998) (annexe 4) Je présente ces résultats en me basant sur la grille d’analyse de Gérard Vergnaud. (Vergnaud G., 2007) •

Avant le déroulement de la tâche prescrite Représentation de la tâche prescrite

Si je reprends le libellé du devis adressé au client, la tâche est défini comme suit : « Application d’un enduit spécial chaux, validation d’un enduit chaux de type stuc en deux passes sur une teinte choisie après échantillonnage. Application carré noir en protection après finition. Recherche de teinte, base trois pigments. » Cette tâche va être redéfinie par la professionnelle en fonction d’informations recueillies sur le chantier à partir de l’analyse des supports à enduire, afin d’allier qualité de couleur, finesse de l’enduit et environnement dans lequel il doit être réalisé. •

Pendant le déroulement schème/situation (annexe 3)

de

l’activité

identification

du

couplage

Schème pour la classe de situation : réalisation d’un enduit à la chaux Par cette décomposition du schème dans l’activité, on constate bien les différentes informations prélevées par la peintre décoratrice pour guider et adapter son action de manière efficace. Ce déroulé indique que l’activité est bien organisée avec un schème pour cette classe de situation. Ce qui compte pour l’action efficace ce n’est pas seulement le résultat final (la performance), mais aussi la manière dont l’action est organisée. C'est-à-dire les moyens utilisés par la personne en fonction du but à atteindre, les critères de qualité de réalisation, mais aussi l’adaptation de la technique pour faciliter le travail.

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Après la réalisation de l’activité (annexe 4)

Cette étape permet de vérifier si le but est atteint. Elle se traduit par la signature d’un procès verbal de réception signé par le client. Sur ce chantier la personne a rencontré plusieurs situations problèmes. Si on analyse une des situations problèmes rencontrées, on retrouve bien les trois opérations d’orientation, d’exécution et de régulation/contrôle mentionnées par Pyotr Galperine (Savoyant A.,1998). Un professionnel qui rencontre un problème ou un dysfonctionnement dans son activité lors d’une étape de régulation/contrôle va procéder à l’analyse de la situation en passant par un certain nombre d’étapes : •

Décrire le problème rencontré

Etablir un diagnostic en fonction de ses représentations et connaissances (étape d’orientation en utilisant la base d’orientation)

Identifier les solutions possibles et définir les opérations d’exécution

Exécuter les opérations définies

Enrichir la base d’orientation

Pour cela il va combiner des ressources internes et externes.

Comparaison analyse de l’activité et tâche prescrite : En comparant la tâche prescrite, le document annexe 2 (déroulé de l’application d’un enduit) et l’analyse de l’activité réalisée, on s’aperçoit que la tâche prescrite ne tient pas compte des aléas, et des différentes informations prélevées pour orienter et guider l’action efficace. La tâche prescrite correspond à la performance qui est attendue par le client et se traduit par la signature ou non du procès verbal de réception des travaux. L’activité réelle quant à elle, s’oriente au départ par une redéfinition de la tâche et son adaptation au fur et à mesure de l’avancement de la réalisation. Dans le cas présent il y a eu une autre modification de la tâche prescrite, puisque le tablier a nécessité trois passes pour l’enduit au lieu des deux initialement prévues. (Autre situation problème)


Propositions de formation

Le but initial de cette analyse du travail était d’identifier les automatismes et repérer des situations potentiellement formatrices pour les transformer en situations didactiques. Les pistes pour les contenus de formation reposent déjà sur les informations recueillies qui constituent le schème pour cette classe de situation. L’analyse du travail a montré que l’activité était organisée selon des invariants opératoires et une adaptation aux situations « critiques », confirmée par les situations problèmes rencontrées sur le chantier. Pour approfondir ce travail avec les outils que propose la didactique professionnelle, on peut envisager de mettre en place une formation à l’auto-analyse en se basant sur les travaux de Bénédicte Six Touchard et Nicole Carlin. •

Repartir des vidéos déjà enregistrées et réaliser des entretiens plus détaillés avec la peintre décoratrice pour approfondir la verbalisation et faciliter la prise de conscience de la dynamique des savoirs et compétences mis en jeu dans les différentes situations. Reprendre chaque geste qui peut paraître anodin, notamment dans les enchainements. Expliquer les choix d’une technique, d’un outil au fur et à mesure de l’avancement des travaux, ainsi que les pratiques pour faciliter la réalisation de l’ouvrage. Identifier les savoirs de référence : le cycle de la chaux, les matériaux et outils utilisés …

Repérer quelles sont les variables sélectionnées pour agir efficacement (empreinte, bulle d’air, indices sonores …)

Réaliser un entretien d’auto-confrontation croisé avec un autre expert et/ou un novice, mais simultanément, contrairement a ce qui a été fait pour cette analyse.

Cette démarche d’auto-analyse réflexive permet de passer du processus (production de l'action et conceptualisation dans l'action) au produit (concept pragmatique) qui sera une ressource pour une action future (Guy Jobert). A partir de ces différents entretiens repérer les situations à potentiel formatif notamment les situations critiques et les transformer en situations didactiques, reprises lors des stages de formation. Cela permettra aussi de construire des situations d’apprentissage en lien direct avec le travail réel. •

Les vidéos peuvent aussi servir de support lors des stages de formation pour expliquer aux stagiaires les différentes étapes de l’action et les prises d’informations réalisées pour guider cette action. Dans cet usage les vidéos deviennent des documents prescripteurs.

Pour un travail de capitalisation de l’expérience entre professionnels, cette vidéo peut aussi être utile pour comparer et échanger sur les pratiques de chacun et ainsi www.dominique-le-goff.com

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enrichir le savoir-faire de ces professionnels. Cela peut s’adresser aux experts, mais aussi aux débutants.

Ce dernier point peut être intéressant pour améliorer l’apprentissage. Selon Pierre Pastré, « L'apprentissage professionnel est maximal quand le modèle cognitif et le modèle opératif peuvent s'étayer l'un l'autre ». Tout d’abord apprentissage par l'action et ensuite apprentissage par l'analyse de l'action.

Annexe 1 - Lexique

Adjuvant : produits ajoutés au mélange de base pour en modifier ou améliorer les caractéristiques. - agents organiques améliorant la plasticité et contribuant à la cristallisation. - colles de reprise (résines) pour améliorer l’adhérence et stabiliser les badigeons. Agrégat : matériaux destinés à la confection des mortiers Carbonatation : la « CARBONATATION »  l’eau s’évapore Cette carbonatation progressive est indispensable pour assurer la tenue et la robustesse de l’enduit qui aura été réalisé. A l’application, la chaux va fixer le gaz carbonique contenu dans l’atmosphère et va se retransformer peu à peu en CARBONATE DE CALCIUM. Charge : granulat plus ou moins fin pour la composition des bétons, des mortiers et des peintures. Chaux : la chaux se présente sous les formes : - chaux vive en roche ou en poudre (produit à éteindre) - chaux éteinte en pâte (chaux aérienne) - chaux éteinte en poudre (chaux aérienne éteinte pour le bâtiment : CL) - chaux éteinte en poudre (chaux hydraulique naturel : NHL) - produits formulés en mortiers et badigeons prêts à l’emploi. Enduits stuqués : Extrait du livre "Architecture Traditionnelle Méditerranéenne" - Chapitre 3 : Les arts de bâtir, les techniques et les hommes http://www.meda-corpus.net/libros/pdf_livre_atm/atm_frn/03-atm_frn.pdf

La gamme des enduits stuqués. Ceux-là sont très minces– jamais plus de 3 mm – très dosés en liant et utilisant des 16 agrégats de fine granulométrie (poudres de marbre, de pierre, tuileaux broyés). On les resserre vigoureusement avec une lisseuse métallique ou parfois un galet, on les pose toujours sur un enduit dressé. Ils peuvent être exécutés en une seule passe, simplement pour regarnir le grain de la couche support, mais aussi à deux, trois, voire plus de passes. Ferrer : resserrer le grain avec le tranchant du couteau Liant : la chaux ou le ciment Mortier : pâte composée de différents matériaux pour la réalisation des enduits. Pigments : les pigments traditionnels des enduits et des stucs sont les terres naturelles (pigments minéraux) présents dans les sables ou en ajout : ocre rouge et jaune, terres de sienne, terres d’ombre, terres vertes et terres colorantes de toutes origines. Les oxydes


synthétiques (matières plus colorantes) apportent aujourd’hui une complémentarité pour des valeurs plus soutenues. Savon noir : savon mou aux huiles végétales. Sgraphito : gravure en creux d’un dessin dans une couche de stuc à base de chaux encore fraîche et appliquée en mince épaisseur sur un enduit d’une autre couleur (http://www.okhra.com/@fr/85028/article.asp), consulté le 8/07/2010

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Annexe 2 – Technique enduit stuqué

Préambule Formulation : préparation mortier

Application :

Application de la première couche, elle a le rôle de couche de charge. C’est celle qui donnera l’accroche pour la seconde couche. Pour vérifier si l’enduit commence à tirer un peu, on fait le test doigt. Quand on pose le doigt sur l’enduit il ne faut pas qu’il y ait l’empreinte. S’il y a empreinte c’est trop humide, on attend un peu S’il n’y a pas d’empreinte, on sent que la matière est encore semi fraîche, on peut à ce moment passer la seconde couche de la même façon que la première. On va commencer à lisser avec le platoir, pour cela incliner un peu plus le platoir de façon à lisser la matière. Après l’étape du lissage, quand l’enduit a encore tiré un peu plus et est encore ferme, à cœur, on va passer à l’étape du ferrage. L’enduit doit être stabilisé et un peu plus sec. Pour cette étape on ne dépose plus de matière, mais on récupère le platoir sec et on fait ses mouvements de ferrage. On lisse et on fait briller l’enduit. Le lendemain quand l’enduit est sec, il faut le traiter au savon noir.


Annexe 3 : Organisation de l’activité But sous but

Règle d'action

Invariants opératoires

Parce que c'est ça qui prend le plus de temps Quand tu as un mur entier sans porte, ni fenêtre, l'amplitude On se rend compte que toutes les bordures ça prend un du geste est beaucoup plus allongé donc tu peux tomber temps fou mais en proportion plus de zones qui prennent du boulot de façon plus rapide qu'une petite surface plus de temps, un angle à gérer, à chaque fois qu'il y a une finalement 1 arrête, un angle rentrant, un angle sortant Là je suis en train de faire les angles

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Ca forme une seule et même couche d'enduit d'une certaine épaisseur alors si tu attends qu'il sèche trop tu auras moins ce phénomène là

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le platoir il risque d'être trop lourd pour le geste que tu v as 2 faire

2

2 2

2

2

Inférences

Tu v ois quand l'enduit il commence à se matifier, cela montre qu'il est en train de sécher L'objectif de poser deux couches, v oire trois couches superposées les unes au dessus des autres, à ce moment là c'est pour finalement mécaniquement faire en sorte que chaque couche pénètre un petit peu sur celle d'av ant de façon que au moment de la carbonatation* Donc pour un travail de finesse en état de surface, de lissage, c'est moins permissif

Là j'ai changé d'outil. La première passe je l'ai passé au platoir av ec ma truelle de stucateur qui a la particularité d'av oir la tête plate.

J'ai inversé mes outils pour pouvoir travailler tranquillement

Habituellement je passe ma deuxième couche au platoir, mais étant donné qu'il tirait un peu vite Mais là je sentais que par rapport à ma matière je voulais pas avoir à attendre trop longtemps. Je touche en fait , tu v ois qu'il y a des endroits qui font prise

Un enduit qui est trop humide et sur la 1ère couche qui sert d'accroche pour les autres … le fait de repasser av ec un outil dessus … tu v as avoir tendance à fragiliser la matière, v oire à prov oquer du décollement de surface. Visuellement l'indice c'est les petites bulles d'air I l y a des petits signes qui permettent de sav oir Si tu veux quand même avancer tu adaptes la rigidité puis la masse de ton outil si c'est le bon moment ou pas Donc tu utilises un outil plus petit pour faire des plus petits gestes et poser tranquillement ta matière, indirectement en exerçant une pression moins importante sur la matière Si elle le tient pas bien, si elle a pas fait sa prise. Donc du coup elle le passe av ec la truelle, elle fait des C'est l'empreinte qui marque, ça fait des traces mouv ements, des petites touches, au début elle a garni, ça Ca peut pelucher, pas bien adhérer à la au doigt,oui ça s'enfonce commence déjà le décor. Ce n'est pas du relief c'est plan; première couche. Le produit peut faire Si ton doigt fait des marques, c'est que c'est ventouse et l'enlever frais. A oui il est trop frais ça fait des empreintes

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But sous but

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Règle d'action

Là elle a commencé à ferrer*, elle reprend du début, il faut pas que se soit ferré à fond, il faut doser le geste, l'ouverture du platoir, fermer plus ou moins, si elle ferme trop ça adhère moins bien

Invariants opératoires

Inférences

En fait quand les mouv ements se croisent à la fin tu dois av oir une surface plane, le produit se met là où il y a des v ides

La dernière couche il faut que le platoir soit nickel Je le nettoie avec un chiffon. Pour qu'il n'y ait même pas une once de produit, parce que c'est v raiment l'étape du ferrage Oui, là elle v a ferrer. Elle nettoie, et essuyer aussi parce que si ça dégouline ça v a faire des traces

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D'abord v isuel, tactile mais aussi le son, difficile à expliquer, j'aurai du mal à le formuler…pour les enduits à la chaux av ec charge si cela racle, ça manque un peu d'épaisseur Le son est plus sourd quand l'enduit est plus solidifié. I l est entre guillemet plus "humide" quand il est encore souple. J'ai des indices comme ça sonores, qui me permettent d'av oir des informations sur l'état de la matière, la profondeur

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Spontanément je trav aille aussi au son

parce que quand tu fais ça, que la surface est dure, tu 3 C'est la partie la plus délicate il faut pas qu'il y ait un grain peux la rayer

Elle enlèv e les grains de sable qui sont ressortis de la première couche I l y a des trous C'est la dernière opération, elle fait monter la brillance Chaque geste qui a été fait va appuyer sur les petites côtes qui ont peut être fait des différences de niv eau. Mais là ça les met au même niv eau, ça les applanit. Le relief est créé ça fait un jeu de profondeur, qui fait ressortir les par les nuances de couleur traces, les passages. Elle gère en même temps une partie pas sèche, il faut pas trainer à ferrer d'un côté et continuer de l'autre

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Elle fait autrement au lieu de lisser avec un

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si tu appuies à trav ers un fer ça sent pas. Donc c'est peut-être plus localement pour serrer et renforcer

platoir elle utilise une raclette en plastique. Moi je fais av ec le même outil pour ferrer, mais là elle le serre et elle le ferre. Peut-être que c'est moins dangereux T'a la pression. Tu mets ton doigt, là elle appuie à trav ers alors que tu v ois comme c'est souple

Annexe 4 - Identification d’une situation problème www.dominique-le-goff.com

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Lors du chantier il y a eu un problème en haut du tablier de baignoire, partie de l’enduit gonflée de manière horizontale, la matière s’est désolidarisée du fond. Analyse de la situation, conceptualisation :  Généralement quand un enduit n’est pas assez serré, Les zones les plus sensibles sont en bas parce que l’humidité redescend à la base.

 Si tu le lèves trop tôt, généralement une fissure sur un enduit est plus verticale.

 Très bizarre, ce n’est pas une fissure verticale en partie haute

Que c’est-il passé ?  Après cette analyse, demande au propriétaire Réponse : Il s’était appuyé, il était monté sur le rebord de la baignoire pendant que l’enduit était en train de sécher. Diagnostic : il y eu migration de masse ce qui explique la fissure Solution apportée : Un stuc ne peut pas être repris car un raccord à la chaux se voit toujours. Elle n’allait pas décrouter intégralement l’enduit du tablier de baignoire. La solution a été de retracer une bande sur 8 cm de largeur sur l’ensemble du tablier, faire une entaille assez biseauté pour que cela adhère, poncer, refaire une préparation et refaire le stuc. En reprenant le même liseré que le sgraphito* encadré au dessus de la baignoire.

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Analyse du travail peintre décoratrice