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2013/printemps-été

Analyses 04

Europe : les secours

continuent à s’organiser

ANALYSES 04 Puilaetco Dewaay Private Bankers

Léguer sans droits de succession

Puilaetco Dewaay & Banque Triodos : la gestion durable de votre portefeuille

Brussels Philharmonic : entre culture et économie


Avant-propos | Analyses |

Analyses fait peau neuve Cher lecteur, Le printemps montre enfin le bout du nez entraînant dans son sillage un nouveau numéro de votre magazine Analyses. Fidèle à notre tradition d’écoute des besoins de nos clients, fidèle également à notre culture de remise en question permanente, cette nouvelle édition innove à plus d’un titre de manière à mieux répondre à vos attentes. En effet, le format se veut plus léger, plus jeune, plus dynamique, plus aéré. En un mot: plus agréable à lire. Par ailleurs, afin de partager avec vous l’importance que nous accordons à nos collaborateurs et vous permettre de mieux connaître ceux qui mettent leur expertise à votre service, les rédacteurs de votre magazine sont mis en évidence.

www.porsche.be

Ces diverses adaptations de forme ont bien entendu été réalisées sans altérer la qualité du contenu. Au sein de ce format revisité, vous retrouverez le même équilibre entre les informations économiques et financières et la partie « Lifestyle ».

Pourvoyeur d’adrénaline depuis 50 ans. Les nouveaux modèles 911 Carrera.

50 Years of the Porsche 911 – Tradition: Future

« Fidèle à notre culture de remise en question permanente, cette nouvelle édition innove de manière à mieux répondre à vos attentes. »

C’est ainsi qu’à côté de la traditionnelle analyse macroéconomique de la situation financière, nous vous informons en profondeur sur les secteurs de l’automobile, de la chimie et de l’énergie avec le cas particulier du gaz de schiste très discuté en ce moment.

Par ailleurs, en ces temps de pression fiscale toujours plus lourde, les deux articles consacrés à la planification patrimoniale et successorale ne devraient pas vous laisser indifférent… Ajoutez à cela le retour sur plus d’une décennie de partenariat exclusif avec la banque Triodos et la présentation de notre bureau de Sint-Martens-Latem et vous obtenez un bel aperçu de ce que Puilaetco Dewaay peut vous offrir. Last but not least, notre soutien à l’ASBL L’Essentiel, l’éclairage donné au développement du motoplaneur, la place accordée à l’art, ou encore notre collaboration innovante avec le Brussels Philharmonic sont autant d’occasions pour nous de mettre en évidence notre engagement sociétal. Je vous souhaite une excellente lecture.

Thierry Smets, Administrateur Delégué Président du Comité de Direction de Puilaetco Dewaay

Dans la rubrique « Expertise », les gestionnaires de nos fonds maison – récemment récompensés par un award pour le fonds PLDW Belgium – ainsi que les responsables de la sélection des fonds de tiers les plus performants mettent leur expertise à votre disposition.

Informations environnementales (A.R. 19/03/2004) : www.porsche.be

CONSOMMATION MOYENNE (L/100 KM) : 8,2 - 10,0 / ÉMISSIONS CO2 (G/KM) : 194 - 236.

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Analyses |

Sommaire Chronique financière 06 / La crise en Europe... un monstre à 7 têtes 10 / Un calme trompeur?

Expertise 30 / Home Funds News: la Belgique n’est pas morte! 34 / Les fonds mixtes flexibles: un moyen de diversification idéal

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Analyse sectorielle 18 / Valeurs automobiles :

38 / 42 / 44 /

p. 6

privilégions le segment premium !

22 / 26 /

48 /

La chimie : une dynamique de création de valeur

Léguer sans droits de succession La fondation privée belge

ÿ p. 44

Bureau de Sint-Martens-Latem : services sur mesure et cocooning du client Banque Triodos : remettre l’argent à sa place

Le gaz de schiste : une révolution mondiale malgré certaines failles…

Lifestyle 52 / Les pieds sur terre, la tête dans les nuages 56 / Brussels Philharmonic :

ÿ p. 18

61 / Réalisation Roularta Custom Media Concept Ben Herremans & Kaat Kerkhove Rédacteur en chef Ben Herremans Lay-out Marie Vannesche Coordination Pieter Taelman, Dirk Rasschaert Textes Puilaetco Dewaay, Cantilis Collaborateurs Delphine Gorloo, Peter Luyten, Alicia Vandecaseyn, Jo Vandendries, Aurore Vanopbroeke Régie Média Custom Regie Impression Roularta Printing

Editeur responsable Dominiek Vanwynsberghe Avenue Herrmann Debroux, 46 1160 Bruxelles. Green label Ce magazine est produit CO2 neutre Papier et impression sont achetés durables et l’émission de CO2 générée malgré tout par la production de ce magazine est compensée. Le magazine est imprimé CO2 neutre avec son utilisation de papier certifié FSC.

Analyses est une publication financière et lifestyle éditée sous la responsabilité de Danny Wittenberg, Chief Investment Officer, et de Christophe Van Canneyt, Responsable Obligations & Produits Structurés, de Puilaetco Dewaay SA – dont le siège social est établi à l’Avenue Herrmann Debroux, 46 à 1160 Bruxelles, TVA BE 0403.236.126 L’information diffusée ne peut pas être considérée comme une offre ou une proposition d’achat ou de vente d’un quelconque instrument financier. La rédaction de ce magazine a été clôturée le 18 mars 2013.

Bruxelles 02/679 80 00 | Anvers 03/24859 10 | Hasselt 011/28 48 90 | Liège 04/340 46 00 | Namur 081/32 63 00 | Sint-Martens-Latem 09/235 23 80 | Waregem 056/62 51 30

www.pldw.be

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ÿ p. 52

entre culture et économie

62 / 65 /

L’Essentiel : un lieu de vie, d’accueil et d’ouverture sur le handicap Pierre Cordier, inventeur du chimigramme Expositions à ne pas manquer

ÿ p. 56

Vous souhaitez réagir? N’hésitez pas à nous faire parvenir vos commentaires afin de nous aider à faire de ce magazine Votre magazine. info@pldw.be www.pldw.be

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« L’Europe est prévenue : les mesures d’austérité excessives produisent un effet contraire au sein de la population. »

La crise en Europe... un monstre à 7 têtes Photos © Roularta / Reporters Agency

L

’année 2013 avait commencé sur les chapeaux de roues et faisait plus qu’honneur en janvier à son titre d’« année de l’action »… jusqu’à ce que les élections italiennes de fin février viennent tout gâcher et réveiller une fois de plus les démons de l’instabilité au sein de la zone euro. La correction, brutale, a fait dégringoler les actions en moins de deux jours du sommet du classement vers les strates inférieures, leur rendement YTD (year to date) ne pouvant plus être qualifié que de symbolique (mais positif).

DANNY WITTENBERG Chief Investment Officer Puilaetco Dewaay

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À l’heure où nous écrivons ces lignes, rien ne permet de savoir comment les Italiens se sortiront de cette impasse, mais il est certain que cela prendra longtemps avant qu’un gouvernement stable confirme ou invalide le travail technocratique entrepris par l’ancien Premier ministre, Mario Monti. Les marchés financiers, qui s’accommodent difficilement de ce type d’incertitudes, sanctionnent les obligations d’État des pays d’Europe méridionale et, dans leur sillage, le secteur bancaire européen. Nous éprouvons un sentiment de

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déjà vu en repensant aux turbulences que la saga grecque et le risque de contamination à l’Espagne et à l’Italie nous ont fait connaître en 2011 et 2012.

Les secours continuent à s’organiser Mais pas mal de choses ont changé pour un mieux depuis lors. En effet, les banques européennes ont réduit de manière drastique leur dépendance aux obligations d’État des pays périphériques et se sont constitué un important matelas de capitaux. Une impulsion a également été donnée à la création d’une Union bancaire au niveau européen, sous la houlette de la BCE. Les fonds de sauvetage européens (FESF, MES) ont été renforcés à coup de centaines de milliards d’euros et Super Mario (Draghi), président de la BCE, s’est doté d’un bazooka OMT (Outright Monetary Transaction) visant à porter secours aux pays européens indigents, à condition que ces derniers mettent en œuvre les réformes nécessaires. Par conséquent, les marchés devraient en principe réagir de manière plus disciplinée que par le passé.

ÿ Les mesures d’austérité ne font pas l’unanimité au sein de la population européenne. Mais il y a plusieurs anguilles sous roche. Tout d’abord, l’Italie est le grand pays européen dont la dette publique est la plus importante, sans comparaison possible avec la Grèce. Lassé par la politique d’austérité, l’électeur italien a voté avec son portefeuille et rejeté les interminables mesures d’économies dictées par Francfort. L’Europe est prévenue : les mesures d’austérité excessives produisent un effet contraire au sein de la population. Le bazooka de Mario Draghi risque de se transformer en un pistolet à eau inutile à défaut de gouvernement légitime disposé à adhérer aux préceptes européens. Cette situation s’accompagne par ailleurs d’un paradoxe : le repli des banques sur leurs marchés locaux opéré depuis trois ans fait moins obstacle à la désintégration de la zone euro que précédemment, lorsque la banqueroute d’un pays d’Europe méridionale aurait également entraîné dans sa chute l’industrie bancaire française et alle-

mande. Ce n’est assurément pas une pensée très rassurante. L’Europe se heurte aux limites de ce qu’autorise la démocratie et il est à craindre que le scénario italien se répète dans d’autres pays affaiblis. La crise économique et financière risque alors de s’enliser dans une crise politico-sociale. Ceci n’est pas surprenant étant donné qu’au sein d’une zone euro (ZE) privée de croissance économique (Allemagne contre le reste), d’une ZE dépourvue d’instances fédérales, d’une ZE où fait défaut la volonté d’opérer des transferts sociaux entre les pays riches et les pays pauvres (sans renonciation à leur autonomie), les déficits structurels d’un pays ne peuvent être résolus qu’en appauvrissant la population (« dévaluation interne » par l’intermédiaire soit de mesures d’économies ou de réduction des salaires, soit de répression financière sous la forme d’une inflation

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galopante ou de taux d’intérêt réels négatifs). Les pays les plus en périphérie sont pris dans ce piège (seule l’Irlande peut s’extirper de la crise). Nous devons veiller en Europe à ne pas favoriser la naissance de mouvements d’extrême droite évoquant de sombres souvenirs d’un passé lointain, ceux-ci étant un ferment très propice à ce type d’idées.

Le timing et la sélectivité sont à l’ordre du jour Comment devons-nous nous positionner par rapport aux marchés financiers dans ce contexte ? Nous avons précédemment annoncé que résoudre la crise n’aurait rien d’une balade de santé. Mais nous n’avions pas véritablement prévu que nous serions aussi rapidement confrontés aux limites du possible. Nous devrons adopter une gestion « hands on » (mains sur le volant) au cours des mois qui viennent. Sachant que les banques centrales sont aux commandes de l’accélérateur et que les politiques appuient sur la pédale de frein, il conviendra de faire preuve d’aptitudes certaines au pilotage pour maintenir le cap.

« Les banques centrales sont aux commandes de l’accélérateur, les politiques appuient sur la pédale de frein. »

Les actions restent vainqueurs La croissance économique a été faible partout dans le monde au quatrième trimestre 2012 (à l’exception de la Chine), mais nombre d’indicateurs principaux du premier trimestre 2013 témoignent d’une amélioration manifeste au cours du second semestre 2013. Une confirmation de cette tendance est absolument nécessaire afin que les Bourses puissent consolider l’acompte qu’elles ont pris sur la réalité. Les banques centrales mettent encore tout en œuvre pour injecter autant de liquidités que possible dans le système, ce qui entretient la réflation des actifs. Les actions nous semblent par conséquent toujours constituer la meilleure classe d’actifs, par comparaison avec toutes les autres possibilités. Nous sommes toutefois conscients que l’année 2013 sera celle des « stock pickers » et que le tout consistera à séparer le bon grain de l’ivraie, contrairement à 2012 où l’intégralité de la Bourse a profité d’un « re-rating » général. Il n’est enfin pas impossible que l’ensemble du rendement annuel soit réalisé en un laps de temps très court, probablement au cours du second semestre.

ÿ Au Japon, le nouveau Premier ministre Shinzo Abe lutte contre la déflation et la surévaluation du yen.

Des niveaux records Un grand nombre d’indices importants ont atteint leur niveau record absolu juste avant les élections italiennes. C’est notamment le cas de l’indice Dow Jones et, à un cheveu près, celui de l’indice S&P 500. L’Europe a atteint son niveau le plus élevé depuis quatre ans. Même constat au Japon, où la nouvelle équipe dirigeante a contraint la banque centrale (BOJ) à faire tourner les presses à billets 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, entraînant ainsi une dévaluation du yen et une montée massive de l’indice Nikkei. Dans les circonstances actuelles, les niveaux records ne seront pas dépassés sans coup férir, mais les secteurs verront apparaître de nouveaux gagnants et de nouveaux perdants (rotation sectorielle). À mesure que (et si) la croissance économique reprendra, ce seront les secteurs davantage cycliques qui se tailleront la part du gâteau.

« L’Europe se heurte aux limites de ce qu’autorise la démocratie et il est à craindre que le scénario italien se répète dans d’autres pays affaiblis. » ÿ Super Mario reste très actif dans l’aide aux pays européens en difficulté. www.pldw.be

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De nombreux observateurs du marché estiment que la baisse des taux d’intérêt constatée depuis 30 ans est définitivement arrivée à son terme, pour céder la place à une reprise lente mais stable. Même à défaut de hausses

spectaculaires, les taux d’intérêt actuels sont tellement bas qu’une légère remontée du taux du marché de 0,2% est susceptible de neutraliser le rendement d’une obligation à 10 ans. Nous avons personnellement fait de la réduction des échéances du portefeuille obligataire notre stratégie principale (sur le plan des obligations) pour 2013. Les obligations « high yield » (HY) et des marchés émergents (ME) perdent également de leur intérêt, alors même qu’il s’agit des seuls sous-segments qui affichent encore un léger rendement positif. Le risque y associé (risque de faillite dans le cas des obligations HY et risque de change dans celui des obligations des ME) n’est plus entièrement proportionnel au (faible) rendement. Il n’y a pas encore mort d’homme pour l’instant, mais tout dépendra de l’afflux durable de liquidités et de la recherche désespérée de rendement. Ou comment la sélectivité est devenue d’une importance capitale dans ce domaine également. Nous continuons à suivre la situation de près et vous apporterons aide et conseil dans cette matière certes compliquée, mais passionnante. 

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« La courte victoire de Barak Obama ne lui a pas permis d’obtenir le capital politique nécessaire pour imposer son agenda. »

Un calme trompeur ? Photos © Roularta / Reporters Agency

A

près un premier trimestre particulièrement tumultueux, les problèmes européens semblaient avoir disparu au second plan. La menace de Mario Draghi de racheter activement et sans limites les obligations d’État des pays affaiblis a incité les spéculateurs à y réfléchir à deux fois avant d’écourter ces obligations. Le rendement de celles-ci a dès lors chuté à vue d’œil, faisant ainsi disparaître les doutes quant à la possibilité de rembourser la dette publique et ramenant enfin un calme relatif en Europe. Malheureusement, ce calme retrouvé a amené certains politiques à crier victoire et à déclarer que la crise était enfin passée. Ce faisant, ils ont à nouveau témoigné de leur méconnaissance de la réalité et des nombreux problèmes structurels devant encore être résolus.

Entre-temps, l’attention du marché était davantage focalisée sur les développements de l’autre côté de l’Atlantique, où le débat sur la falaise fiscale a attiré l’attention sur la situation fiscale désastreuse de l’Oncle Sam.

ÿ Les Américains peinent à se mettre d’accord sur le plafond de la dette. faveur fiscales votées sous le gouvernement Bush sont arrivées à échéance fin 2012, ce qui s’est traduit par une hausse d’impôt pour une grande partie des Américains. La combinaison de ces deux effets a été suffisamment forte pour renvoyer en récession l’économie américaine encore chancelante, ce que d’aucuns voulaient éviter à tout prix. Les Républicains avaient probablement espéré que leur candidat remporterait les élections présidentielles sur ce thème, mais ils ne sont pas parvenus à tirer la couverture sur eux : la réélection de Barak Obama signifiait de facto que les cartes politiques n’avaient pas été redistribuées et qu’il conviendrait de trouver un compromis politique entre les deux camps américains. Une fois de plus, cela semblait irréalisable pour le système politique américain particulièrement polarisé. La courte victoire de Barak Obama ne lui a pas permis d’obtenir le capital politique nécessaire pour imposer son agenda, tandis que de leur côté, les Républicains n’ont pu approuver une forte hausse des impôts sous la pression de leur aile droite ultraconservatrice. Au final, la montagne a accouché d’une souris (augmentation limitée des impôts) et les grandes décisions sur le plafond de la dette et la maîtrise des dépenses sociales ont de nouveau été reportées aux calendes grecques.

ÿ Graphique 1 : répartition des revenus aux États-Unis. Number of Americans by Average Income - www.mybudget360.com 72.826.204

États-Unis : des problèmes fiscaux sur fond de reprise de l’économie

CHRISTOPHE VAN CANNEYT Head of Fixed Income and Structured Products Puilaetco Dewaay

www.pldw.be

Le débat sur le déficit budgétaire américain, insoutenable, a en effet atteint son point d’orgue au cours des derniers mois de l’année dernière. À la suite des discussions particulièrement âpres au sujet du rehaussement du plafond légal de la dette qui ont eu lieu pendant l’été 2011, les politiques américains étaient arrivés à la conclusion que ces problèmes ne pouvaient être résolus dans la configuration politique existant à l’époque (président démocrate et chambre républicaine) et les ont dès lors reporté à la période postérieure aux élections présidentielles en calculant le plafond de la dette tel qu’il serait atteint juste après les élections. Parallèlement, plusieurs mesures de

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34.935.554

33.705.495

7.540.606

0-$25.000

$25.001 $45.000

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$45.001 $99.999

$100.000 $200.000

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$201.000 $400.000

$401.000 million

$1 $1 million and higher

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« L’industrie américaine a entamé une véritable reprise. »

Source : www.mybudget360.com

ÿ Graphique 2 : évolution du pouvoir d’achat aux États-Unis.

ÿ General Motors a retrouvé sa place de plus grand producteur automobile mondial. Les difficultés entourant le volet social de la société américaine Pourquoi le débat sur l’assainissement des finances publiques est-il si compliqué ? Et pourquoi les positions des politiques semblent-elles si difficilement conciliables ? La raison sous-jacente semble tenir au fossé grandissant entre les have’s et have not’s de la société américaine. En effet, force est de constater que l’écart entre les revenus de l’Américain moyen et ceux du groupe restreint des Américains les plus riches ne fait qu’augmenter (graphique 1). Il convient d’ajouter à cela que le revenu de l’Américain moyen, en termes réels, stagne depuis presque deux décennies : le pouvoir d’achat actuel de Joe Sixpack n’est pas plus élevé qu’en 1996 (graphique 2). De nombreux Américains parviennent aujourd’hui à la conclusion que le rêve américain (l’idée que celui qui travaille dur et prend des risques réfléchis se forge un avenir meilleur) n’est qu’une caricature d’une réalité de plus en plus difficile. Ils voient dès lors d’un mauvais œil qu’un petit groupe, qui s’approprie pratiquement tous les fruits de la croissance économique, refuse même à présent de renoncer à une partie de ses privilèges pour aider à supporter les charges collectives. De son côté, ce groupe invoque la reprise de la compétitivité américaine et le dynamisme des entreprises pour justifier sa rémunération élevée.

« Le revenu de l’Américain moyen, en termes réels, stagne depuis presque deux décennies. » ÿ Le rêve américain est devenu un mythe plus qu’une réalité. www.pldw.be

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La compétitivité américaine connaît un fort regain Nul ne peut nier que l’industrie américaine a entamé une véritable reprise. En effet, les nombreuses aides monétaires et budgétaires ont permis à l’économie américaine de ne pas stagner comme en Europe, mais de continuer à connaître une croissance stable. Elle ne connaît pas non plus la sclérose qui caractérise l’économie européenne, mais subit au contraire une véritable métamorphose. Cette métamorphose repose en partie sur la plus grande capacité d’adaptation de l’économie américaine : c’est surtout le marché du travail, nettement moins réglementé qu’en Europe, qui a réagi avec célérité au signal économique de l’augmentation du taux de chômage. En conséquence, les coûts salariaux ont connu une baisse beaucoup plus rapide que chez nous, ce qui a permis à l’économie américaine de retrouver sa compétitivité au plus vite. Ce faisant, les États-Unis sont bien placés pour récupérer une partie de la production chinoise dans leur propre pays. L’exemple par excellence de cette évolution est la renaissance de General Motors : il y a quelques années à peine, ce fleuron de l’industrie américaine fléchissait sous des coûts salariaux trop élevés et une offre de produits trop pauvre, mais il a depuis lors retrouvé sa place de plus grand producteur mondial. Les ouvriers profitent toutefois nettement moins de contrats royaux que leurs prédécesseurs. Outre la baisse des coûts salariaux, plusieurs innovations technologiques ont également aidé les États-Unis à reconquérir leur part de marché : grâce à l’évolution rapide de la robotique et de la technologie d’impression en trois dimensions, le fossé salarial avec la Chine a été partiellement comblé. De plus, l’exploitation croissante et rapide du gaz de schiste (cf. infra) offre aux Américains un avantage concurrentiel important en termes de prix de l’énergie. Tout ceci contribue à ce que les États-Unis créent à nouveau des emplois dans l’industrie, et ce pour la première fois en une génération : depuis 2008, un total de 500.000 emplois ont été créés dans l’industrie, ce qui n’est pas énorme en soi mais qui témoigne malgré tout d’un revirement significatif compte tenu de la situation difficile que connaît l’économie mondiale. C’est justement grâce à cette dynamique retrouvée de l’économie américaine que les pays étrangers ont jusqu’à présent maintenu leur confiance dans la capacité des Américains à honorer leurs engagements et que la création monétaire à grande échelle ne s’est pas encore traduite par une véritable attaque sur la devise. Les États-Unis devront toutefois trouver à l’avenir une solution à l’absence de bilan social correct.

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« Le risque systémique au sein de la zone euro a fortement diminué. »

L’économie européenne continue à se tasser Alors que le calme semblait être quelque peu revenu sur les marchés financiers, l’économie réelle ne s’est pas du tout engagée dans la bonne voie. L’évolution de la situation a même pris une tournure inquiétante : l’économie européenne semblait sombrer encore plus profondément, la spirale négative ne relâchant pas son étreinte. En effet, tandis que l’économie européenne s’est légèrement tassée trimestre après trimestre en 2012, ce tassement s’est accentué à la fin de l’année. Le PNB européen s’est tassé de 0,6% au quatrième trimestre par rapport au troisième trimestre, alors que ce même tassement s’était stabilisé à 0,1% au cours de ce troisième trimestre (tableau 1). Tableau 1 : croissance du PNB européen trimestre par trimestre, 2009 - 2012

ÿ Mario Draghi, à la rescousse de l’Europe.

Source : Bloomberg

Q1

Q2

Q3

Q4

2012

-0,1

-0,2

-0,1

-0,6

2011

0,6

0,1

0,2

-0,3

2010

0,5

1,0

0,4

0,4

2009

-2,8

-0,3

0,4

0,4

Parallèlement, il devenait également de plus en plus manifeste que le fossé économique, financier, politique et social entre l’Europe du Nord et l’Europe du Sud ne faisait que s’accroître. Tandis que les pays septentrionaux connaissaient encore une croissance limitée ou une légère stagnation de leur économie, la récession se poursuivait dans les États membres méridionaux (tableau 2).

Europe : la BCE apporte enfin le calme Alors que les négociations budgétaires aux États-Unis étaient au centre de l’attention, les problèmes européens semblaient pour la première fois depuis longtemps avoir disparu au second plan. L’Europe doit uniquement en remercier le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi. L’incertitude permanente concernant la faculté de remboursement des dettes des pays méridionaux s’était en effet traduite sur les marchés par une hausse croissante du taux de ces obligations, mettant chaque jour un peu plus en danger la faculté de ces pays à rembourser leurs dettes. Il devenait de plus en plus manifeste qu’en l’absence d’intervention sur le marché, l’Europe risquait de ne plus pouvoir sortir de cette spirale funeste et de provoquer l’effondrement de l’euro. L’Allemagne, mue par une aversion fortement ancrée des mesures de financement monétaire des pouvoirs publics stimulant l’inflation, s’est toutefois opposée avec vigueur au rachat des obligations d’État par la BCE. Mais Mario Draghi est finalement parvenu à rallier les Allemands à sa cause en exigeant, en contrepartie du rachat des obligations d’État, que les pays concernés introduisent une demande officielle auprès du fonds de sauvetage européen MES (Mécanisme Européen de Stabilité) et adoptent par conséquent aussi des mesures correctives. Cela n’a pas été une mince affaire sur le plan technique (la Cour suprême allemande devait encore en effet se prononcer sur la légalité du MES), mais tous les obstacles ont été surmontés avant le début du mois de septembre et la BCE a pu commencer à joindre le geste à la parole. Cela ne s’est toutefois pas encore avéré nécessaire. Rien que la menace de devoir en découdre avec la puissance de feu financière illimitée de la BCE a contraint les spéculateurs à faire marche arrière et à fermer leurs positions courtes. Le cercle vicieux s’est alors mué en cercle vertueux : le taux des obligations italiennes a commencé à baisser, ce qui a permis à son tour d’atténuer les doutes sur la faculté de remboursement de la dette. De très nombreux acteurs du marché sont parvenus à la conclusion que le risque systémique au sein de la zone euro avait fortement diminué et que, partant, le rapport risque/rendement des obligations des pays périphériques semblait s’être grandement amélioré. C’est ainsi qu’un nombre croissant d’acteurs ont commencé à acquérir ce type d’obligations et que le taux a continué à baisser. Le rendement des obligations italiennes à 10 ans a diminué de 6,5% fin juillet à un peu moins de 4,5% fin 2012. Le rendement des obligations espagnoles a connu lui aussi une baisse similaire (de plus de 7,5% à 5,25%). Les obligations irlandaises et portugaises ont de même continué à baisser. La zone euro semblait retrouver une forme de calme pour la première fois en deux ans et pouvoir enfin se libérer de l’étreinte fatale des marchés financiers.

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Tableau 2 : croissance du PNB par pays, 2009 -2012 (%)

Source : Eurostat

2009

2010

2011

2012

Belgique

-2,8

2,4

1,8

-0,2

Allemagne

-5,1

4,2

3,0

0,7

Grèce

-3,1(p)

-4,9 (p)

-7,1 (p)

-6,4 (p)

Espagne

-3,7

-0,3

0,4

-1,4 (f)

France

-3,1

1,7

1,7

0,0 (f)

Italie

-5,5

1,7

0,4

-2,4

Portugal

-2,9

1,9

-1,6

-3,2

(p): provisoire (f): prévision

Le seuil de tolérance à la douleur sociale est-il atteint ?

« Le fossé économique, financier, politique et social entre l’Europe du Nord et l’Europe du Sud ne fait que s’accroître. »

Le tribut social imputable à la faiblesse persistante de la croissance a entre-temps atteint un niveau intolérable : le taux de chômage a grimpé à 11,9% au sein de la zone euro. Ce chiffre global, déjà inquiétant en soi, masque par ailleurs un écart béant entre les États membres les plus forts et les pays périphériques (tableau 3). Ces derniers sont en outre confrontés à un taux de chômage considérable parmi les jeunes : 22,6% des jeunes Européens de moins de 25 ans sont actuellement sans emploi. Le véritable drame de cette crise, c’est que nous risquons de perdre la jeune génération : les jeunes les mieux formés ou ceux les plus enclins à prendre des initiatives abandonnent massivement leur pays, à la recherche d’un avenir meilleur, tandis que les autres s’empêtrent, découragés et toute illusion perdue, dans les filets de sécurité tendus par les pouvoirs publics ou leur propre cercle familial. Rester « à l’hôtel chez maman » est la seule option pour de très nombreux jeunes Européens (70% des Espagnols de moins de 30 ans habitent encore chez leurs parents).

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Tableau 3 : taux de chômage en Europe (%)

Source : Eurostat

Décembre 2012 Belgique

7,4

Allemagne

5,3

Grèce

26,4

Espagne

26,1

France

10,5

Italie

11,3

Portugal

17,3

ÿ Réunis à Bruxelles, les représentants des États membres de l’Union européenne ont cherché un équilibre entre austérité et croissance.

L’accès de rigueur sévèrement critiqué

Mais ce n’est pas uniquement sur le plan du travail que l’Europe sape son avenir. Le malaise économique persistant a également contribué à fortement détériorer notre tissu industriel. Les innombrables fermetures d’entreprises et cures d’amaigrissement du personnel, que nous avons malheureusement connues aussi dans notre pays (dont l’annonce de la fermeture de Ford Genk, la possible fermeture des lignes de production de Mittal et la restructuration à grande échelle de Caterpillar ne sont que les principaux et tristes exemples), se traduisent en effet par une perte irrévocable d’activité pour l’avenir. N’oublions pas non plus le drame certes moins médiatisé, mais tout aussi grave des nombreuses PME qui mettent la clé sous la porte : notre pays a recensé pas moins de 10.587 faillites en 2012, un nombre record. Songeons enfin aux nombreuses entreprises, pour la plupart familiales, dont les dirigeants déposent le bilan, de guerre lasse ou à défaut de repreneur.

Même les économistes se posent de plus en plus de questions concernant l’efficacité des mesures d’économie destinées à assainir le budget. L’accès de rigueur semble en effet avoir intégralement étouffé la croissance dans l’œuf, avec toutes les conséquences que cela entraîne pour les recettes publiques dont le niveau reste systématiquement inférieur aux attentes. Et lorsque les objectifs budgétaires ne sont pas atteints, les dirigeants réagissent en imposant de nouvelles mesures d’économie. De plus en plus de voix s’élèvent par conséquent pour assouplir à tout le moins une partie des objectifs et reporter l’atteinte de l’équilibre budgétaire à une date ultérieure. De très nombreux économistes attirent également l’attention sur le fait que l’ampleur du désastre lié aux mesures d’assainissement mises en œuvre dans les pays périphériques tient à ce que tout le monde appuie sur le frein budgétaire en même temps : ce courant estime que les problèmes européens pourraient être résolus plus efficacement si les pays qui en ont les moyens jouaient un rôle de stimulant et profitaient pleinement dans ce cadre de la faiblesse historique des taux auxquels ils peuvent se financer aujourd’hui. Pour atteindre cet objectif, il est toutefois indispensable que ces stimuli ne soient pas financés par une nouvelle augmentation de la pression fiscale déjà trop intense, et encore moins des charges sur le travail.

Dans ce contexte économique défavorable, l’Europe est tombée de Charybde en Scylla. D’aucuns se demandent dès lors si la population va pouvoir ou vouloir continuer à supporter encore longtemps le mal social grandissant. Lors des élections italiennes, la population a pour la première fois protesté vigoureusement contre la manière dont les dirigeants entendaient résoudre la crise : Mario Monti, le réformateur respecté partout ailleurs en Europe pour s’être enfin attaqué aux racines du problème italien, n’a recueilli que 10% des voix. Berlusconi, l’homme qui a précipité le déclin de l’Italie aux yeux du monde entier, s’est adjugé presque 30% des voix. Quant au populiste Beppe Grillo, il a été plébiscité à 19% des voix. Le message à l’adresse de l’Europe est on ne peut plus clair : la population n’entend plus faire les frais des mesures d’économie sans fin.

La Suède : un exemple pour l’Europe !

ÿ En Italie, les élections résonnent comme un coup de tonnerre. www.pldw.be

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En ces temps de crise, la Suède fait figure de bon élève. En effet, à l’heure où l’austérité s’installe dans certains pays d’Europe, ce pays industrialisé est, lui, en pleine croissance. Parmi les pays les plus riches, la Suède connaît un niveau de vie très élevé.

Lors du dernier sommet européen, l’Europe a finalement entrouvert la porte d’un assouplissement des objectifs budgétaires trop contraignants et divers pays ont annoncé l’adoption de mesures destinées à stimuler de nouveau la croissance. Le succès de ces dernières dépendra en partie de la croissance de l’économie mondiale, laquelle semble fort heureusement pour l’Europe se maintenir à niveau.

Miroir, mon beau miroir… C’est ainsi que la situation économique en Occident a donné naissance, après cinq années de crise, à une image inversée entre les États-Unis et l’Europe. Les États-Unis ne se sont pas encore attelés à résoudre le problème de la dette publique et leur bilan social doit être impérativement corrigé. Mais leur appareil productif connaît une forte reprise et la compétitivité retrouvée des États-Unis convainc encore provisoirement les marchés que le pays sera en mesure de tenir ses engagements. De son côté, l’Europe est nettement plus avancée sur le terrain de la réduction des déficits budgétaires, mais les efforts qu’elle y a consenti ont anéanti la croissance. L’augmentation des charges sur le travail n’a par ailleurs fait qu’entamer un peu plus la compétitivité déjà faible de l’économie européenne. Ces deux facteurs (lenteur de la croissance et perte de compétitivité) ont entraîné la destruction de très nombreux emplois. Le coût social de cette politique semble par ailleurs avoir atteint ses limites. Il est donc grand temps de changer de tactique et de trouver un nouvel équilibre entre, d’une part, les modalités et le rythme de réduction des déficits et, d’autre part, le maintien de la confiance des marchés dans la capacité des États à rembourser leurs dettes collectives. La mise au point de ce nouvel équilibre est cruciale pour la survie de la zone euro. 

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Valeurs automobiles : privilégions le segment premium ! Photos © Roularta / Reporters Agency & Belga Pictures

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’année 2012 a été relativement difficile pour le secteur automobile. Malheureusement, 2013 ne devrait montrer aucun signe d’amélioration. L’Europe souffre en effet d’une surcapacité structurelle, sans oublier la crise économique qui fait toujours rage, entraînant le déclin des volumes et la mise sous pression des prix. Néanmoins, les spécialistes s’accordent à dire que 2014 sera meilleure. C’est pourquoi, nous avons relevé fin février le secteur automobile à une surpondération dans nos recommandations d’investissements.

SANDRINE de MOERLOOSE Financial Analyst Puilaetco Dewaay

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Les constructeurs automobiles peuvent être distingués en deux groupes, ce qui rend le secteur bipolaire. D’un côté, nous avons ceux qui se spécialisent dans les « premium brands » (marques haut de gamme) et de l’autre, nous retrouvons les « mass market players » (constructeurs de masse). Ces derniers sont bien évidemment ceux qui souffrent le plus dans l’environnement actuel.

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Le haut de gamme a la cOte Nous avons donc tout intérêt à favoriser les constructeurs qui ont un « pricing power » (c’est-à-dire un pouvoir de fixation des prix), une exposition géographique intéressante (via une présence importante dans les marchés émergents), une bonne rentabilité et des bilans solides. Autrement dit, il faut favoriser les « premium brands », c’est-à-dire les marques allemandes qui sont moins vulnérables aux aléas de la conjoncture européenne, par opposition aux marques françaises. Depuis quelques mois en effet, les constructeurs allemands ont connu un beau parcours boursier. À l’heure actuelle, la valorisation de ces sociétés est assez élevée, mais reste inférieure aux moyennes historiques. Néanmoins, le « re-rating » (la croissance du cours de Bourse) de ces valeurs pourrait encore continuer dans une certaine mesure.

Une année de transition Dans son ensemble, le secteur se négocie à des multiples de 8 fois son bénéfice par

ÿ Dans le secteur automobile, les marques haut de gamme sortent du lot. action espéré pour l’année 2014, par rapport à une moyenne de 10 fois sur les dix dernières années, soit une décote de 25%. Si on compare ceci aux moyennes des constructeurs asiatiques et américains, les constructeurs européens se traitent avec une décote de respectivement 25% et de 30%. Par rapport aux autres secteurs de l’économie européenne, l’industrie automobile présente une décote de 33%, ce qui est supérieur à la moyenne historique (de 20%) d’avant 2008 par rapport au DJ Stoxx 600 (l’indice boursier reprenant les 600 plus importantes sociétés européennes cotées en termes de capitalisation boursière). Nous ne sommes donc pas optimistes à outrance sur le secteur automobile, mais étant donné que les valorisations sont loin d’être excessives, il n’est pas non plus nécessaire d’être pessimiste. Néanmoins, nous continuons à privilégier le segment « premium » dans le secteur.

De manière générale, 2013 devrait être une année de transition pour les constructeurs automobiles européens, avant une amélioration du secteur en 2014. Certains analystes prévoient une croissance du marché automobile mondial de 2,7% cette année avec une faiblesse inchangée en Europe. En 2014, nous devrions assister à un retour de la croissance, avec une progression espérée de 4,6% au niveau mondial, dont un accroissement de 4,5% en Europe. Dans cet environnement, il est donc important d’identifier et de privilégier les gagnants du secteur européen, c’est-à-dire les constructeurs allemands, qui ont une capacité à surprendre le marché positivement. En effet, certains analystes prévoient que le chiffre d’affaires des constructeurs « premium » augmentera de 5% en 2013, surperformant ainsi le marché européen global. Les constructeurs de marques haut de gamme devraient continuer de bénéficier de la richesse croissante des ménages aisés (qui profitent de l’augmentation du prix des actifs) dans les années à venir. Ils devraient donc assister à une croissance de

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« 2013 devrait être une année de transition pour les constructeurs automobiles européens, avant une amélioration du secteur en 2014. » Puilaetco Dewaay Private Bankers


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« Il faut favoriser les premium brands, c’est-à-dire les marques allemandes qui sont moins vulnérables aux aléas de la conjoncture européenne, par opposition aux marques françaises. »

ÿ Leader mondial de la pneumatique, Michelin survit très bien à la crise.

leurs volumes de vente et à des changements favorables dans le mix-produit. En revanche, les constructeurs « mass market » souffriront de la diminution du revenu disponible des ménages plus modestes, impacté par une conjoncture économique morose.

Michelin, une meilleure façon d’avancer ! Concernant le sous-secteur des pneumatiques, le quatrième trimestre 2012 a été moins bon que prévu, malgré une base de comparaison moins élevée et la fin du mouvement de déstockage. En 2012, les pneumaticiens ont donc affiché des résultats décevants au niveau des volumes, compensés par des coûts de matières premières moins élevés et une augmentation des prix. Le début d’année 2013 devrait rester difficile, malgré un fort « pricing power ». Tant que le secteur automobile continue de souffrir (malgré les constructeurs allemands qui tirent leur épingle du jeu), les pneumaticiens sont mieux positionnés : coûts des matières premières faibles, dans un environnement prix qui reste fort dans le segment du premium, et une présence dans les marchés émergents.

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À l’heure actuelle, seul Michelin, marque premium la plus connue au monde grâce au contenu technologique de ses produits, à sa culture d’innovation et à ses fortes positions mondiales, fait partie de nos valeurs recommandées. Leader mondial dans le secteur des pneus, Michelin a pourtant la plus petite exposition par rapport à ses pairs en Europe (avec 37% de ses ventes réalisées dans cette zone), mais la plus grande exposition en Amérique du Nord (32% de son chiffre d’affaires). Grâce à sa présence dans chaque segment du marché, Michelin a un avantage compétitif, même dans l’environnement actuel difficile. La principale activité de Michelin est la pneumatique pour véhicules légers, représentant 52% des ventes, suivie par celle des camions (32% du revenu) et par les pneus de spécialité (équipements d’engins pour l’exploitation minière, pour l’aviation… représentant 16% du chiffre d’affaires). Ces derniers représentent aussi la division la plus rentable de Michelin avec une marge de 26%.

Un gagnant structurel Les résultats annuels de Michelin étaient légèrement en-deçà des attentes à certains égards, en raison d’une certaine prudence affichée

ÿ L’intérêt du titre Michelin réside dans son

ÿ Michelin, un gagnant structurel.

par le Groupe pour l’année 2013 et d’une faible demande en Europe. Néanmoins, cela n’a pas altéré notre thèse d’investissement. En effet, le focus sur la stratégie « premium » du groupe et sur l’expansion  du business des pneus de spécialisation (progression de 13% en 2012) a un effet positif sur la rentabilité du Groupe.

à l’entreprise. Grâce à la mise au point d’un programme d’investissements, dont la création d’une joint-venture, Michelin a pu se positionner, entre autres en Chine (avec une part de marché de 6%), augmenter sa capacité de production dans ce pays, et profiter ainsi pleinement de la croissance de 50% escomptée d’ici 2015. 

profil défensif.

Le titre reste intéressant par son profil défensif à court terme grâce aux pneus de remplacement qui représentent 70% des volumes de vente, et offrent donc de la stabilité et de la visibilité lorsque l’économie ralentit. En effet, crise économique ou non, une fois les pneus usés, il faut les remplacer. Ceci assure à Michelin des rentrées moins volatiles en cas de crise. Si le contexte macroéconomique venait à s’améliorer, les ventes de nouvelles voitures augmenteraient, et par conséquent le volume de vente de pneus de première monte rebondirait. On assisterait alors à une amélioration sensible des volumes de vente, et donc de la productivité et du résultat. Au-delà de 2013, Michelin reste l’une des plus belles histoires de croissance à moyen-long terme et un gagnant structurel. Les pays émergents offrent un grand potentiel de croissance

En conclusion, la performance du secteur automobile devrait rester difficile en 2013. Dans cet environnement, les pneumaticiens seront probablement encore les gagnants. Néanmoins, afin de renforcer le poids du secteur automobile dans les portefeuilles en cours d’année, en prévision d’un redressement en 2014, l’ajout d’un constructeur « premium » allemand (comme Volkswagen) parmi nos valeurs recommandées devrait être privilégié.

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« Grâce à sa présence dans chaque segment du marché, Michelin a un avantage compétitif, même dans l’environnement actuel difficile. » Puilaetco Dewaay Private Bankers


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« En l’espace d’un peu plus d’une décennie, le secteur européen de la chimie a connu une profonde transformation. »

La chimie : une dynamique de création de valeur Photos © Roularta / Reporters Agency & Belga Pictures

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u cours de l’année 2012, en dépit d’une conjoncture économique qui n’a cessé de s’affaiblir, notamment en Europe, le secteur de la chimie s’est largement distingué. Son excellente performance boursière avec une belle progression de l’indice sectoriel proche de 30% est particulièrement sortie du lot. 2012 fut aussi la neuvième année consécutive de surperformance boursière de ce secteur par rapport au marché des actions en Europe. Dans un indice comme le DJ Stoxx 600, qui représente les 600 premières valeurs de 18 pays européens classées en fonction de leur capitalisation boursière respective, l’industrie chimique pèse cinq pour cent.

MARC ERNAELSTEEN Head of Equities Puilaetco Dewaay

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En l’espace d’un peu plus d’une décennie, le secteur européen de la chimie a connu une profonde transformation. Ces changements notables, sur lesquels nous reviendrons, ont suscité l’intérêt des investisseurs et ont contri-

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bué à modifier graduellement l’image d’une industrie cyclique et les attentes que les investisseurs traduisent dans la valorisation des actions de ce secteur.

Économies d’échelle ou spécialisation Les acteurs du secteur chimique ont mené un vaste processus de consolidation dans le cadre d’une stratégie de gestion dynamique de leur portefeuille d’activités respectif afin de renforcer les positions concurrentielles. La stratégie s’est déclinée de deux façons. Soit en recherchant des économies d’échelle pour comprimer les coûts marginaux de production. Soit par une spécialisation dans des activités à plus haute valeur ajoutée avec des marges plus élevées et une moindre intensité capitalistique. Au fil des années, on a donc pu observer une tendance structurelle à l’amélioration des marges et des rendements sur capitaux investis. Les acquisitions dans des activités qui procurent un avan-

ÿ Le secteur chimique suscite l’engouement des investisseurs. tage concurrentiel par la technologie ou l’innovation sont des barrières à l’entrée pour les métiers spécialisés à plus forte croissance. Par exemple, DSM (Pays-Bas) se spécialise de plus en plus dans le domaine de la nutrition (vitamines, enzymes…) pour réduire la sensibilité du groupe au cycle économique. D’autres exemples marquants sont ceux de Arkema (France) et Lanxess (Allemagne). Ces deux sociétés respectivement sorties du périmètre de Total (2006) et de Bayer (2005) ont mené une stratégie dont la ligne directrice a été le repositionnement du portefeuille d’activités vers des marchés de niche à plus forte valeur ajoutée. Un autre cas est celui de Rhodia (France), société créée en 1999 pour regrouper le pôle chimique issu de la fusion entre RhonePoulenc et Hoechst, qui au cours des dix années suivantes est passée par une longue phase de recentrage sur les métiers où Rhodia détenait une position de leadership et ceux à plus forte croissance. En 2011, suite à la cession préalable de sa branche Pharmacie jugée trop petite, Solvay lançait une offre publique d’achat sur Rhodia pour ainsi doubler sa taille dans la chimie et être mieux diversifié.

Des acquisitions et des cessions stratégiques Les opérations d’acquisitions ou de cessions sont aussi motivées par une stratégie visant à se défaire de l’image de « conglomérat industriel » qui était associée jadis à nombre de sociétés. Peu de structures « hybrides » subsistent aujourd’hui, exception faite de Bayer (Allemagne) où sciences de la vie (Pharmacie) et chimie spécialisée coexistent encore. L’objectif est de se recentrer sur un nombre plus restreint de métiers, entre lesquels des synergies sont possibles, optimisant ainsi l’exposition sur les marchés cibles. La stratégie vise alors à se positionner dans le top 3 en termes de parts de marché. À l’instar d’Akzo Nobel (Pays-Bas) et son rachat de ICI (UK) devenu le numéro un mondial des enduits et peintures ; ou encore de Linde (Allemagne), devenu un leader mondial dans les gaz industriels, après son acquisition de BOC (UK). Acquérir une taille critique permet aussi de renforcer le « pricing power », d’optimiser l’allocation de capital si l’acquéreur fait preuve de discipline financière.

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« Peu de structures hybrides subsistent aujourd’hui, exception faite de Bayer où sciences de la vie et chimie spécialisée coexistent encore. »

d’actifs non stratégiques (peu efficients) et une meilleure discipline dans les investissements ont permis de diminuer sensiblement le niveau d’endettement moyen du secteur.

Une grande diversité Toutefois, certaines sociétés ayant atteint leur niveau – jugé optimal – en termes d’endettement préfèrent alors redistribuer aux actionnaires le surplus de cash généré par l’activité. Soit sous la forme d’accroissement des dividendes versés, soit sous forme de rachat d’actions. À titre d’exemples, citons Givaudan (leader mondial des arômes), Syngenta (spécialiste en agrochimie) ou Arkema (chimie spécialisée).

ÿ Multinationale hollandaise, Akzo Nobel est numéro un dans le secteur des peintures décoratives. Une autre considération associée aux opérations d’acquisition ou de cession est la réduction de la sensibilité aux cycles conjoncturels, et in fine la recherche de relais de croissance vers les pays émergents. Une part importante (30% à 40% en moyenne) des ventes est actuellement réalisée dans les marchés émergents. Cette réalité a permis aux acteurs européens de mieux faire face à l’absence de croissance dans une Europe en crise. Doper l’exposition aux marchés émergents est un pilier de la stratégie de l’industrie chimique. Les acquisitions respectivement par Solvay de Rhodia et par BASF (Allemagne) de Cognis (chimiste spécialisé dans les débouchés pour les biens de consommation) suivent cette logique industrielle. Les chimistes européens sont devenus des acteurs mondiaux ayant bien diversifié géographiquement leurs activités opérationnelles (relocalisation d’usines, nouveaux centres de R&D…) et orienté davantage leur offre de produits vers des marchés à forte croissance.

Une évolution favorable des prix Une autre dynamique qui a soutenu cette industrie depuis près de dix ans est l’évolution

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de 3.000 milliards de dollars dont le tiers est réalisé par des sociétés européennes.

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des prix – à la hausse – suivant ainsi l’envolée du pétrole brut, qui est la matière première de référence. Par ailleurs, les industriels ont davantage fait preuve de discipline en ce qui concerne les prix, donc parfois aux dépens des volumes vendus. Néanmoins, la recherche d’efficience opérationnelle et l’assainissement des bilans sont aussi un axe stratégique prioritaire de l’industrie. Il s’agit en effet d’un élément essentiel dans les activités à plus faible valeur ajoutée où la pression haussière des prix pour les matières premières sur les marges brutes se fait très vite ressentir sur la rentabilité. Lors de la récession (mondiale) de 2008-2009, l’industrie a prouvé qu’elle avait mieux résisté que par le passé à pareil choc économique. Toutefois, cette crise fut une opportunité pour les acteurs de s’engager de manière plus structurelle à bien maîtriser leurs coûts d’exploitation d’une part, et à améliorer leur flexibilité financière (désendettement) d’autre part. Le contrôle des frais généraux est une réalité qui se décline sous divers plans pluriannuels d’économies à réaliser. Quant au renforcement des bilans, des actions ont été menées sur divers leviers pour optimiser la gestion du cash-flow opérationnel (sur le besoin en fonds de roulement, en particulier). La cession

Cette industrie réalise des investissements pour innover et rester compétitive, notamment dans les marchés matures. L’industrie chimique transforme des « commodités » – pétrole, gaz naturel, air, eau, métaux et minéraux – en plus de 70.000 produits différents aux multiples débouchés dans l’agriculture, l’industrie en général, la construction et le développement durable. À l’échelle mondiale, le secteur représente un chiffre d’affaires annuel de plus

Ce secteur est aussi très hétérogène. On opte donc pour une classification des sociétés en plusieurs segments : la chimie de base (ou pétrochimie), la chimie spécialisée (portefeuille d’activités diversifié, des produits de base à ceux à haute valeur ajoutée), les gaziers industriels, l’agrochimie (engrais et produits à usage agricole), les acteurs de niche (chimie des arômes/parfums). Pour l’investisseur, cette diversité est une opportunité qui permet de choisir son exposition aux thématiques les plus prometteuses du moment. En conclusion, les orientations stratégiques suivies par le secteur de la chimie (optimisation du portefeuille d’activités, innovation, recherche d’efficience opérationnelle, flexibilité financière et distribution de cash aux actionnaires) présentent encore un potentiel de création de valeur à long terme pour l’actionnaire. 

« Doper l’exposition aux marchés émergents est un pilier de la stratégie de l’industrie chimique. » ÿ Solvay est leader mondial de produits chimiques de spécialités.

ÿ De nombreuses cessions et acquisitions

ont permis à Arkema de se recentrer sur la chimie de spécialité.

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Le gaz de schiste : une révolution mondiale malgré certaines failles… Texte © Puilaetco Dewaay Photos © Roularta / Reporters Agency

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es coûts élevés de l’énergie poussent continuellement les hommes à chercher des alternatives plus avantageuses. Au cœur des débats actuels, le gaz de schiste représente un enjeu majeur pour le renouvellement des réserves énergétiques mondiales. Ces nouveaux gisements augmentent en effet considérablement l’autonomie énergétique des pays occidentaux et offrent des perspectives économiques majeures pour les groupes parapétroliers. Cependant, ils suscitent également de nombreux débats écologiques.

Mais qu’est-ce que le gaz de schiste au juste ? Il s’agit d’un gaz naturel contenu dans des roches très compactes, imperméables et enfouies à de grandes profondeurs. Également appelé gaz de roche-mère, il est identique au gaz naturel classique d’un point de vue chimique mais est souvent nommé gaz « non conventionnel » car il ne peut être extrait à l’aide des techniques traditionnelles. En effet, il a comme particularité d’être piégé dans des roches situées entre 1500 et 3000 mètres de profondeur et nécessite dès lors un procédé d’extraction plus complexe. L’exploitation du gaz de roche-mère était inaccessible jusqu’il y a peu. Elle est désormais rendue possible grâce au procédé mis au point par les groupes parapétroliers qui combine le forage vertical, le forage horizontal et la technique dite de « fracturation hydraulique ». Cette dernière consiste à injecter sous très haute pression un mélange d’eau, de sable et d’additifs chimiques afin de créer des fissures dans les roches et ainsi libérer les gaz qu’elles contiennent.

MAXIME RICQUIER Financial Analyst MARC ERNAELSTEEN Head of Equities

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ÿ évolution du prix du gaz naturel en Europe et aux USA.

Le gaz de schiste est présent sur tous les continents et constitue un potentiel de développement immense. En effet, à l’échelle mondiale, les ressources en gaz de roche-mère seraient du même ordre de grandeur que celles des gaz conventionnels. Au rythme de la consommation actuelle, cela reviendrait donc à doubler notre réserve en gaz. Les études exploratoires des réserves de gaz de schiste indiquent qu’il serait principalement présent en Chine, aux États-Unis, au Canada, ainsi que dans de nombreux pays européens, et en particulier en France et en Pologne. Toutefois, c’est en Amérique du Nord que l’extraction de ce type de gaz s’est le plus développée jusqu’à ce jour. Le gaz de schiste produit aux États-Unis représente d’ailleurs aujourd’hui près de 30% de la consommation américaine totale de gaz, contre 1% en 2000. Ainsi, depuis plusieurs années, le pays réduit ses exportations de gaz naturel et se dirige progressivement vers une autosuffisance énergétique, prévue vers les années 2020. Une autre conséquence de cette production abondante est une forte baisse du prix du gaz, celui-ci étant actuellement environ quatre fois plus faible qu’en Europe. Cette différence s’explique facilement. En effet, contrairement au Vieux Continent, les États-Unis ont jusqu’à présent favorisé la consommation intérieure et n’ont pas appuyé politiquement la mise en place d’infrastructures nécessaires à l’exportation de ce gaz. De plus, en Europe nous n’en sommes pas du tout au même stade de développement dans l’exploitation du gaz de schiste, les études exploratoires ayant souvent été freinées par des désaccords d’ordre politique et écologique.

Source : Thomson Reuters Data stream / Fathom Consulting

Des réticences écologiques Mais pourquoi l’exploitation du gaz de schiste n’a-t-elle pas démarré de façon similaire en Europe ? La réponse se trouve en partie dans son procédé qui engendre des réticences de la part de nombreux mouvements environnementaux. En effet, même si la combustion de gaz naturel émet deux fois moins de gaz à effet de serre (CO2) que le charbon, le forage de gaz de schiste est fortement remis en question car il présenterait d’importants risques environnementaux. La technique de fracturation hydraulique, comme son nom l’indique, nécessite de l’eau et ce en très grande quantité. Il faudrait compter environ 15.000 m3 d’eau (15 millions de litres) et 2000 tonnes de sable pour l’exploitation d’un puits, avec en moyenne 10 fracturations réalisées par puits. Au point que l’extraction du gaz de schiste pourrait affecter significativement les milieux aquatiques et les réserves en eau de certaines régions. De plus, cette technique utilise des dizaines d’additifs chimiques qui se retrouvent mélangés à l’eau et au

« Le gaz de schiste est présent sur tous les continents et constitue un potentiel de développement immense. » 27

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sable. Or cette eau contaminée n’est pas totalement récupérée et peut facilement se retrouver dans les nappes phréatiques environnantes. Enfin, l’exploitation du gaz de schiste laisserait s’échapper en faible proportion dans l’atmosphère du méthane qui est un gaz à effet de serre encore plus néfaste pour la couche d’ozone que le CO2. De sérieux points négatifs justifient donc la réticence des pays européens à pousser plus loin le projet. La majorité des pays plaide pour soutenir davantage le développement d’énergies renouvelables. Ainsi, sous la pression de l’opinion publique, la France, qui disposerait pourtant des plus grandes réserves en Europe, a voté une loi en juillet 2011 interdisant la fracturation hydraulique. Mais des exceptions existent sur le Vieux Continent. En effet, la Pologne est favorable au gaz de schiste étant donné sa volonté de réduire sa forte dépendance à son voisin russe.

Une bonne longueur d’avance Les États-Unis ne nous ont pas attendus et sont passés d’une production de 20 milliards de m3 en 2005 à 220 milliards en 2011, avec plus de 100.000 puits en fonctionnement. Les États-Unis ont donc accumulé une expérience significative dans cette activité créatrice d’emplois et génératrice de croissance économique à long terme. En effet, cet essor du gaz de schiste est une opportunité pour de nombreuses entreprises de services pétroliers telles que Halliburton ou Schlumberger. Celles-ci disposent de technologies innovantes pour optimiser la gestion des puits de gaz et bénéficient dès lors des investissements massifs en infrastructures gazières. Par ailleurs, ce phénomène est extrêmement positif pour les

« En Europe, le forage de gaz de schiste est fortement remis en question car il présenterait d’importants risques environnementaux. »

industries qui utilisent le gaz comme source énergétique ou comme matière première. Par exemple, les sociétés de pétrochimie jouissent désormais d’un avantage compétitif majeur pour le commerce international, grâce à la forte baisse du coût du gaz. Ces sociétés pétrochimiques utilisent en effet le gaz naturel comme matière première afin d’en produire par exemple des matières plastiques telles que le PVC. En conclusion, le développement massif du gaz de schiste aux États-Unis est une véritable révolution dans le paysage énergétique mondial. En effet, ces découvertes remettent en question le postulat selon lequel les énergies fossiles sont destinées à se raréfier dans un avenir proche. Les Chinois, dont les réserves en gaz de schiste surpassent même celles des Américains, commencent à prendre la mesure de l’enjeu et il ne serait pas étonnant de les voir progressivement investir dans le gaz de schiste afin de remplacer leur dépendance massive au charbon. En Europe, les réserves supposées laissent présager un scénario similaire. Mais encore faut-il que les autorités politiques trouvent un terrain d’entente avec les mouvements écologiques et l’opinion publique. En effet, malgré les inconvénients écologiques expliqués ci-dessus, le développement du gaz de schiste pourrait dans un premier temps réduire l’utilisation du charbon encore très importante dans certains pays et dont l’empreinte écologique est très élevée. D’où le débat actuel: dans un contexte d’austérité, pourquoi se priver d’une ressource qui augmenterait notre indépendance énergétique tout en générant des emplois ? Enfin, à l’heure de la concurrence globalisée, n’oublions pas que notre rejet du gaz de schiste risque de pénaliser dans les prochaines années certaines entreprises dont les bénéfices dépendent fortement du coût de l’énergie. 

Shale gas

Water table

1000s of metres

Impermeable seal layers

2 Gas Shale

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High pressure fracturing fluid first cracks the shale

3

1

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Fine particles (proppant) keep the fractures open

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« C’est en Amérique du Nord que l’extraction de ce type de gaz s’est le plus développée jusqu’à ce jour. »

Shale gas flows into the pipe and up the well

ÿ L’extraction du gaz de schiste se fait grâce à la technique dite de

ÿ Le gaz de schiste est enfoui dans des roches situées entre 1500 et 3000

« fracturation hydraulique ».

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mètres de profondeur.

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ÿ Le Dakota est un des États américains les plus actifs dans l’exploitation du gaz de schiste.

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ÿ Comparaison de l’évolution du compartiment PLDW Belgium, de l’indice BAS et de l’indice BEL20 sur dix ans.

Une gestion qui a fait ses preuves Le compartiment est géré selon les mêmes principes que le Small & Mid Cap Europe, ce type de gestion faisant partie de l’ADN de Puilaetco Dewaay. L’analyse fondamentale est la pierre angulaire de notre processus d’investissement. La sélection des valeurs est clairement basée sur une analyse détaillée des entreprises. Nous analysons les produits, les parts de marché, la position de l’entreprise dans le secteur et la croissance de celui-ci. Les résultats, les cash-flows et bien évidemment la situation financière sont autant d’éléments qui entrent en ligne de compte dans notre processus de sélection. Nous prêtons également une attention non négligeable au management que nous essayons de rencontrer aussi souvent que possible. Avec des sociétés belges, ceci est heureusement plus facile qu’avec des sociétés européennes ! La conviction (ou son absence…) est bien évidemment le moteur de toute décision d’investissement dans le compartiment.

N

ous vous avons déjà parlé à de multiples reprises du compartiment investi en valeurs européennes de petites et moyennes capitalisations dont les performances restent très intéressantes. En 2012, la performance était proche de 23%, soit plus de 8% supérieure à celle de l’indice européen Stoxx 600. Les actifs sous gestion ont connu également une belle croissance, passant de 80 millions d’euros à près de 125 millions. Mais nous gérons également un compartiment qui investit uniquement en valeurs belges, dont l’attrait peut paraître, à tort selon nous, moins spectaculaire mais dont les performances sont, année après année, tout aussi rémunératrices.

Sans faire les gros titres de l’actualité, la Bourse belge a enregistré, en 2012, une performance tout à fait remarquable. C’est ainsi que l’indice BEL20 a progressé de près de 19% et l’indice Belgian All Shares (BAS), qui regroupe toutes les valeurs belges, de près de 17% ! Dans l’environnement très chahuté que nous avons connu en 2012, cette performance ne peut être totalement passée sous silence car elle est en tous points remarquable. Néanmoins, la vraie bonne nouvelle selon nous, est que le compartiment que nous gérons a fait encore mieux que cela ! En effet, la valeur du fonds s’est accrue de plus de 23% l’année dernière… et tout cela avec des sociétés… de chez nous !

Marc Engels Head of Equity Funds Puilaetco Dewaay

www.pldw.be

Comme vous pouvez le constater sur le graphique ci-contre, la performance sur dix ans, malgré les crises que nous avons endurées, est également nettement positive. Depuis sa création en juin 1991, la performance annualisée du compartiment est de 8,89% (au 31 décembre 2012).

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Fund Awards 2012 Dans la catégorie “Actions belges”, Puilaetco Dewaay Belgium se classe troisième des Fund Awards De Tijd/L’Echo pour la deuxième année consécutive.

Néanmoins, le marché belge présente aussi des particularités bien spécifiques dont nous devons tenir compte. La première concerne les deux grandes capitalisations qui composent les indices. À eux seuls, ABInBev et GDF Suez représentent environ 54% de l’indice BAS (dont 41% rien que pour ABInBev) et près de 24% du BEL20. Tenant compte des contraintes légales qui sont imposées à toutes les sicavs (pas plus de 10% dans un émetteur et la somme des positions de plus de 5% ne peut dépasser 40%), nous ne pouvons dès lors jamais surpondérer ces valeurs dans le portefeuille. Dans le cas qui nous occupe, nous sommes toujours proches des 10% dans le brasseur sur lequel notre avis est positif et sommes exposés à moins de 2,5% dans GDF Suez car nous sommes négatifs sur cette valeur comme sur tout le secteur des services aux collectivités d’ailleurs. La deuxième particularité du marché belge concerne la liquidité de certaines valeurs. Les actifs sous gestion avoisinent les 40 millions d’euros. Si nous voulons prendre une position de 3% du portefeuille dans une action, cela revient à investir plus d’un million d’euros. Pour certaines valeurs comme Lotus Bakeries et IBA, c’est un véritable parcours du combattant qui commence car ces valeurs sont très peu liquides!

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Puilaetco Dewaay Private Bankers


| Analyses | Expertise

Expertise | Analyses |

Cela étant, nous parvenons clairement à faire ressortir nos convictions fortes qui sont actuellement Thrombogenics, Barco, EVS, CFE, Umicore, Solvay et Arseus. Le cas de Barco est particulièrement intéressant. Ce groupe a été pendant de nombreuses années fortement décrié par les analystes et les investisseurs car ses performances bénéficiaires n’ont pas toujours répondu aux attentes du marché. L’arrivée d’un nouveau CEO en 2009 a probablement été un des éléments déterminants dans le succès que le groupe a connu depuis. Certes le marché sur lequel Barco opère (avec la digitalisation des salles de cinéma) a connu une croissance jamais vue auparavant, mais le nouveau management a réussi à fondamentalement changer la culture de l’entreprise, à concentrer la société sur un nombre plus réduit de produits et à améliorer les performances financières, comme la génération de cash-flow. Il en a clairement récolté les fruits au cours des deux dernières années, ce dont le compartiment a largement profité.

« Le marché belge présente des particularités bien spécifiques dont nous devons tenir compte. »

© Reporters Agency

Nos convictions mises en avant

Thrombogenics est une tout autre histoire. Au cours de l’année écoulée, nous sommes passés par toutes les couleurs. Le noir en juin 2012, au moment où le marché a pris peur, deux jours avant l’avis des experts de la FDA (autorité d’approbation américaine). Puis le ciel est passé au bleu, lorsque son produit phare (ocriplasmine / Jetrea) a été finalement approuvé sans réserves d’abord aux États-Unis puis, plus récemment en Europe. Thrombogenics est indubitablement une très belle réussite… qui finira probablement, comme d’autres auparavant, dans des mains étrangères dans un avenir peut-être pas si lointain.

ÿ L’arrivée d’un nouveau CEO en 2009 a redynamisé le groupe Barco.

ÿ Thrombogenics est indubitablement une très belle réussite. Thrombogenics

EUR 40,62

+2,97%

000384663 / BE0003846632 / NYSE Euronext Bruxelles

20.02.13 16:09:56

+1,17

© Roularta / Belga Pictures

Mais notre force de conviction peut aussi se traduire dans le sens opposé, en sous-pondérant des valeurs ou des secteurs dans lesquels nous ne croyons pas. C’est le cas des services aux collectivités (GDF Suez) et des télécommunications (Belgacom et Mobistar). En effet, ces deux secteurs pâtissent des mêmes maux, à savoir un effet déflationniste important sur leur chiffre d’affaires et une difficulté grandissante à générer des marges opérationnelles élevées. Nous ne sommes pas non plus des fervents partisans de la croyance qu’un rendement du dividende élevé protège l’action sous-jacente d’une trop forte volatilité. L’histoire boursière récente montre très clairement que ce dernier argument est largement utopique. Ces actions présentent aussi une certaine volatilité et dès lors, même si le dividende est «garanti», le capital peut subir une forte érosion. Le

Haute: 41,25 Ouverture: 39,92 Basse: 39,74 Clôture: 39,45

dividende n’est donc certainement pas la panacée ! L’utopie réside dans le fait que le caractère récurrent de la distribution d’un dividende est bien évidemment lié au caractère lui aussi récurrent des résultats générés. Autrement dit, si les perspectives bénéficiaires sont moroses, le risque de voir l’entreprise être obligée de réduire son dividende est évidemment élevé. Un rendement élevé est donc, dans bien des cas, synonyme de prévisions dégradées de l’évolution des résultats à moyen terme. Il ne protège donc aucunement contre une baisse importante du cours de l’action en question.

« Thrombogenics finira probablement dans des mains étrangères dans un avenir peut-être pas si lointain. » www.pldw.be

En conclusion, nous pouvons clairement être fiers des performances réalisées par la Bourse de Bruxelles. En 2012 encore, elle figurait dans le peloton de tête en Europe. Le compartiment PLDW Belgium que nous gérons sur base de nos convictions propres, est un véhicule idéal pour investir dans des sociétés qui sont pour la plupart connues de tous sans pour autant prendre le risque de n’en choisir que l’une ou l’autre. La performance est au rendez-vous depuis plusieurs années. Et la Bourse belge peut encore réserver de belles surprises !  © 1996-2010 Interactive Data Managed Solutions AG, tous droits réservés. Plate-forme technologique fournie par Interactive Data Managed Solutions AG.

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Des informations plus détaillées, en ce compris les Valeurs Nettes d’Inventaires, peuvent être retrouvées sur notre site www.pldw.be

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Puilaetco Dewaay Private Bankers


41.22%

BBB

15.46%

BB

| Analyses | Expertise B 2.89%

POLAND 4.75% 25/04/2017

Pologne

A

1.59

POLAND 5.00% 25/04/2016

Pologne

A

1.28

SPAIN 3.75% 31/10/2015

Espagne

BBB-

1.27

TURKEY 9.50% 12/01/2022

Turquie

BBB

1.14

SPAIN 4.00% 30/07/2015

Espagne

BBB-

1.11

TURKEY 8.50% 14/09/2022

Turquie

BB+

brute du portefeuille.

Expertise | Analyses |

0.85 18.78

Sans Rating 2.71%

ÿ En l’espace de quelques mois seulement, l’exposition actions de Carmignac Patrimoine a été relevée de façon spectaculaire.

7.86% 7.83% 7.01% 6.70% 5.75% 4.82% 4.55% 3.74% 3.35% 3.32% 3.28% 13.04%

Les fonds mixtes flexibles : un moyen de diversification idéal

V. Vandorpe, Senior Portfolio Manager & Fund Analyst M-A. Lizin, Fund Analyst

www.pldw.be

À l’heure de la mondialisation et de l’accélération de la concurrence, nous devons plus que jamais avoir une vue hélicoptère. Partisans de l’architecture ouverte, nous ne nous limitons pas à nos fonds maison mais investissons également dans des fonds tiers. Ainsi, parmi les fonds mixtes flexibles externes utilisés chez Puilaetco Dewaay, on retrouve principalement les fonds Ethna Aktiv-E, Carmignac

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20 20 10 10 0

24.73%

Consommation Discrétionnaire

24.05%

Matériaux

Technologies de

L

30 30

Finance

Biens de Consommation de Base

es fonds mixtes flexibles constituent un bon moyen parmi d’autres de diversifier les portefeuilles de nos clients. Il s’agit de fonds qui répartissent leurs actifs en actions, obligations, trésorerie,… et dont la partie actions peut fortement varier dans le temps. Chez Puilaetco Dewaay, nous avons recours au fonds maison KBL epb Flagship mais pas uniquement. Nous faisons en effet grand usage d’excellents fonds mixtes flexibles externes.

40 40

Principales positions - Actions

Répartition par secteur - Poche actions

13.44%

Energie

Texte © Puilaetco Dewaay

50 50

l'Information Patrimoine (et son petit frère Emerging Patrimoine), BL Global Flexible, Universal Invest Santé Global Flexible et BlackRock Global Allocation.

12.25% 10.17% 7.30% 6.53%

Industrie 1.53%

Nom

Carmignac Patrimoine ANADARKO PETROLEUM

Pays Etats-Unis

Le fonds Carmignac Patrimoine a offertSuisse un renNESTLE SA dement à long terme d’environ 8% par an depuis CIE FINANCIERE RICHEMONT Suisse 2002. Cette performance est aussi intéressante NOVO NORDISK AS Danemark que celle d’Ethna Aktiv-E. À l’instar de ce dernier, AIA GROUP Hong Kong Carmignac Patrimoine ne peut placer qu’un YUM! BRANDS INC Etats-Unis maximum de 50% en actions. D’un point de vue LVMH France géographique, Carmignac Patrimoine est comLAS VEGAS SANDS Etats-Unis plémentaire à Ethna Aktiv-E : tandis qu’Ethna ICICI ses BANK concentre placements dans les paysInde indusSCHLUMBERGER trialisés, Carmignac est réputé pour sonEtats-Unis orientation stratégique sur les marchés émergents, tant du côté des actions que des obligations.

COMMENTAIRES

Carmignac Patrimoine enregistre une performance positive et supérieure à celle de son indice. En hausse en début de mois, les marchés ont par la suite marqué une pause dans le sillage de la publication de chiffres économiques plus faibles qu’ attendu aux Etats-Unis. La poche actions du Fonds a enregistré une contribution positive, portée notamment par nos positions dans les secteurs de l’énergie et de la consommation. Nos valeurs aurifères ont en revanche souffert. Le Fonds a également bénéficié du maintien d’un taux d’ Secteur % Actif exposition élevé. Dans ce nos positions Carmignac a lui aussi le nez fin pour1.88 gérer son c o n t e x t e , Energie dérivées sur les actions et les exposition actions dans le temps : aussi bien Biens de Consommation de Base 1.62 taux ont contribué à hauteur début 2009 (mars/avril) qu’à la moitié de l’année Consommation Discrétionnaire de +0,38% à la performance 1.57 dernière (sauvetage de la zone euro par Mario brute, notamment à la faveur Santé 1.36 Draghi), la partie actions a été relevée en très du bon comportement de nos Finance 1.24 des indices peu de temps de quasi 0% au maximum de 50%. positions sur Consommation Discrétionnaire 1.17 américains et japonais.

0022 /1 2 0033 /1 2 004 4/1 2 0055 /1 2 0066 /1 2 0077 /1 2 0088 /1 2 0099 /1 2 1100 /1 2 1111 /1 2 2 1122 /1 2 0011 /1 3

PORTEFEUILLE ACTIONS

Japon Espagne Danemark Royaume-Uni Brésil Autres

60

28.75%

Etats-Unis Suisse Canada Chine France Inde Hong Kong

Evolution Exposition Actions depuis 1 an (% de l'actif)

Evolution Exposition Actions depuis 1 an (% de l’actif)

(Source : Carmignac Gestion)

Répartition par pays - Poche actions

Consommation Discrétionnaire 1.15 Carmignac Patrimoine est également très Consommation Discrétionnaire 1.09devises. flexible en termes d’exposition aux Finance 1.03 moiLors de la crise de l’euro (2011 + première Energie 1.02dans le tié de 2012), le fonds s’était réfugié 13.14le dollar « safe heaven » par excellence, à savoir américain. À présent que la problématique de

Ethna Aktiv-E Le gestionnaire de patrimoine suisse Ethna vise en premier lieu la protection du capital Largement utilisés chez Puilaetco Dewaay, ces fonds sont un excellent moyen de diversifier un portefeuille. grâce à une faible volatilité. Son fonds-phare Potential Equity fluctuation Equity Bias Aktiv-E a été lancé en 2002. DepuisGestion lors, le d'autres indications. Source : Carmignac à défaut Carmigac Gestionde - SA 8%. au capital de 15 000 000 euros - RCS Paris B 349 501 676 - Agrément AMF GP 97-08 du 13/03/1997 - 24 place Vendôme - 75001 Paris - Tel : +33 1 42 86 53 35. Comparison ofn°Flexible Funds rendement annuel atteint plus Un Lower Equity Risk Upper Equity Risk Current Equity exp Geographical Bias maximum de 50% du fonds peut être placé en actions, avec une attention particulière pour Ethna Aktiv-E 0% 50% 32% Europe la zone euro et les États-Unis. Par ailleurs, les Carmignac Patrimoine 0% 50% 48% World gestionnaires ont le nez fin pour repérer les Carmignac Emerging Patrimoine 0% 50% 48% Emerging belles opportunités. Deux exemples : dans la BL Global Flexible 20% 60% 54% World tourmente de la crise bancaire en 2008, plus de la moitié du portefeuille était détenue en liquiUniversal Invest Global 20% 80% 55% Europe dités rapportant à l’époque entre 4% et 5%. Flexible Début 2009, trois quarts du portefeuille ont été BlackRock Global Allocation 35% 65% 63% USA réorientés vers des obligations d’entreprise de grande qualité (investment grade) proposant Average (if equally weighted) 13% 59% 50% World un « yield to maturity » de 7% à 8%.

ÿ

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Fixed Income Bias

Corp. Bonds Mixed Emerging Gov. Bonds Gov. Bonds High Yield Mixed Mixed

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Carmignac Patrimoine dispose d’un atout supplémentaire pour l’avenir. Si les taux d’intérêt poursuivent leur remontée, le fonds pourra maintenir une duration négative sur la partie obligataire du portefeuille. En résumé, nous pouvons affirmer que Carmignac Patrimoine est le fonds le plus réactif de notre sélection.

Carmignac Emerging Patrimoine Carmignac a toujours été optimiste quant au potentiel des pays émergents sur le long terme. Petit à petit, la société a d’ailleurs renforcé ses effectifs en la matière et possède aujourd’hui une solide expertise sur ces marchés. Le fonds Carmignac Emerging Patrimoine possède les mêmes caractéristiques que son grand frère, le fameux Carmignac Patrimoine, à cette différence qu’il se focalise uniquement sur l’univers « émergent ». Vu la forte volatilité des devises émergentes, l’équipe se réserve cependant la possibilité de réduire temporairement l’exposition à celles-ci en les couvrant contre l’USD ou l’EUR.

« Le fonds BL Global Flexible, commercialisé par la Banque de Luxembourg, est principalement connu pour ses qualités défensives. » www.pldw.be

Depuis son lancement il y a deux ans, ce fonds affiche des performances appréciables. Jusqu’à présent, les gérants ont en effet pris de bonnes décisions. Lors de la débâcle des marchés pendant l’été 2011, l’équipe a su rapidement stopper l’hémorragie en diminuant l’exposition action à 0% et en coupant temporairement l’exposition aux devises émergentes via une couverture contre le dollar, valeur refuge par excellence. Les gérants ont par après relâché la couverture et ainsi rétabli l’exposition aux actions afin de profiter du rallye boursier de fin 2011.

Carmignac Emerging Patrimoine, grâce à sa gestion à la fois prudente et opportuniste, offre donc à l’investisseur une exposition directe à la croissance des marchés émergents, tout en gardant un profil de volatilité modéré.

BL Global Flexible Le fonds BL Global Flexible, commercialisé par la Banque de Luxembourg, est principalement connu pour ses qualités défensives. En effet, nous recourons chez Puilaetco Dewaay essentiellement à BL Global Flexible pour protéger les portefeuilles sur les marchés baissiers. Ce fonds a déjà démontré son utilité. Au moment où la crise de la dette regagnait en intensité (juillet-septembre 2011), l’indice EuroStoxx 50 a perdu 23% tandis que BL Global Flexible se maintenait pratiquement à l’équilibre (à peine -1%). La partie actions de BL Global Flexible oscille traditionnellement entre 20% et 60%. À l’heure actuelle, BL Global Flexible détient 54% d’actions. Pour faire contrepoids aux actions, ce fonds investit principalement, en termes d’obligations, dans des obligations d’État allemandes. Depuis le lancement de BL Global Flexible en 2005, sa position en « German Bunds » a varié entre 45% et – à l’heure actuelle – 0% (en raison de leur rendement trop faible).

Avec une exposition à l’heure actuelle aux actions d’environ 55% et une exposition aux obligations « hauts rendements » et convertibles d’environ 25%, le fonds est clairement en mode « offensif ».

BlackRock Global Allocation L’américain BlackRock est le plus gros gestionnaire d’actifs au monde. Son fonds-phare se dénomme BlackRock Global Allocation et place actuellement 63% de ses actifs en actions. Par le passé, le poids des actions a oscillé entre ± 35% (1995) et 65% (2001). Contrairement à Universal Invest Global Flexible, le fonds BlackRock Global Allocation place relativement peu en Europe (15% au total). Il se concentre davantage sur les valeurs sous-jacentes américaines (actions, obligations). Environ 20% du portefeuille est placé en Asie/Amérique latine, le gestionnaire étant convaincu que cette région offre un ratio valorisation/croissance intéressant.

Universal Invest Global Flexible Géré par la société belge Capfi-Delen, Universal Global Flexible est un fonds patrimonial dont la partie actions a historiquement varié entre 20% et 80%. La stratégie est axée sur la croissance du capital au travers d’une gestion active et flexible. Ce gérant belge a une préférence pour les valeurs « près de chez nous » (ex : Belgique, Pays-Bas, France, Allemagne,…).

Une architecture ouverte Chez Puilaetco Dewaay Private Bankers, nous pratiquons l’architecture ouverte. Celle-ci consiste à ouvrir le champ des investissements possibles au-delà de notre propre gramme de fonds maison. Selon nous, cette « ouverture » d’esprit est devenue incontournable dans un environnement aux tendances toujours plus internationales et concurrentielles.

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La particularité principale du fonds réside dans sa partie obligataire dont une portion importante se situe dans le segment des « hauts rendements ». Cette caractéristique lui vaut un profil généralement plus volatil que les autres fonds flexibles. Dans le passé, le fonds a généralement bien profité des tendances haussières.

Conclusion Ces fonds représentent nos meilleures convictions dans la catégorie des fonds mixtes flexibles. Bien qu’ils fassent partie d’une même catégorie, ils présentent des profils de performance sensiblement différents, selon les conditions du marché. L’architecture ouverte prônée depuis des années chez Puilaetco Dewaay nous incite à voir ces différences comme des complémentarités, voire comme des opportunités. Nous pensons qu’une combinaison de ces fonds au sein d’un même portefeuille apporte une forte valeur ajoutée. Pour plus d’informations, n’hésitez pas à contacter votre banquier privé. 

© Roularta / Reporters Agency

la dette des pays d’Europe méridionale s’améliore et que le déficit public aux États-Unis occupe le devant de la scène, la position en USD a été fortement revue à la baisse, pour ne plus représenter qu’un quart du portefeuille.

ÿ Sur le terrain de football, comme dans un portefeuille, chaque élément a son utilité. 37

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« Léguer un patrimoine à des proches risque de coûter très cher à vos héritiers. »

ÿ Le double legs est une arme efficace contre les droits de succession.

Léguer sans droits de succession

Comment réduire la facture des droits de succession ? Il est possible de diminuer l’impôt successoral en effectuant un legs libre de droits de succession au profit de l’héritier qui est taxé le plus lourdement (en l’occurrence, la compagne) et en mettant les droits de succession dus sur ce legs à charge d’un légataire qui est taxé moins lourdement (à savoir, le fils). Le principe consiste à diminuer en valeur le legs en faveur de celui qui est taxé au taux le plus élevé (le légataire à titre particulier), tout en précisant que les droits de succession dus par ce légataire seront supportés par l’autre légataire (le légataire universel) taxé au taux le moins élevé. Pour compenser la charge relative au paiement des droits de succession, le légataire universel reçoit un complément en capital.

Photos © Roularta / Thinkstock

T

out le monde le sait, les droits de succession sont généralement (très) élevés en Belgique. Léguer un patrimoine à des proches, voire à des personnes n’appartenant pas à votre famille, risque de coûter très cher à vos héritiers. La technique du « double legs » permet de réduire sensiblement la facture des droits de succession et même de soutenir financièrement une œuvre caritative. Illustrons notre propos par des exemples concrets.

Marc vit en Wallonie. Il a un fils, Jean, né d’un précédent mariage. Marc souhaite léguer sa quotité disponible à Caroline, sa compagne, avec laquelle il vit sans avoir fait de déclaration de cohabitation légale. Son patrimoine est estimé à 400.000 € (100.000 euros pour le logement familial et 300.000 euros d’avoirs bancaires). Chaque bénéficiaire recevra donc 200.000 €. Au décès de Marc, les droits de succession suivants seront dus :

Cette possibilité résulte de l’article 64, alinéa 2 du Code des droits de succession, en vertu duquel la charge consistant en l’obligation pour un légataire de payer les droits de succession dus par un autre légataire peut être déduite de la base soumise aux droits de succession. Appliquons ce principe à notre exemple. Marc utilise cette fois le procédé du « double legs ». Il lègue par testament son habitation et le mobilier qui la garnit (ces biens sont estimés à 100.000 €) à sa compagne. Son fils hérite de ses avoirs bancaires (évalués à 300.000 €) mais aussi de la charge de payer l’intégralité des droits de succession dus par la compagne de Marc et par lui-même. Au décès de Marc, la facture des droits de succession s’établit comme suit : CAS N° 1 : MARC A OPTé POUR LE « DOUBLE LEGS » (WALLONIE) Héritage avant impôt

Droits de succession dus

Pression fiscale (+/-)

Héritage net d’impôt 100.000 €

Caroline

100.000 €

0€

0%

Jean

300.000 €

38.250 €

13%

(100.000 €)

58.125 €

58%

400.000 €

96.375 €

24%

CAS N° 1 : MARC N’A PAS OPTé POUR LE « DOUBLE LEGS » (WALLONIE)

BRUNO FERRIER Head of Estate Planning Puilaetco Dewaay

www.pldw.be

Héritage avant impôt

Droits de succession dus

Pression fiscale (+/-)

Héritage net d’impôt

Caroline

200.000 €

138.125 €

69%

61.875 €

Jean

200.000 €

15.125 €

7,5%

184.875 €

Total

400.000 €

153.250 €

38,25%

246.750 €

38

203.625 €

Total

303.625 €

Cette opération permet de réaliser une économie d’impôt de 56.875 € (153.250 - 96.375). Jean et Caroline y trouvent un avantage, comme le révèle le tableau ci-dessus. En effet, Jean hérite d’un montant de 18.750 € supplémentaires (203.625 – 184.875), tandis que Caroline reçoit 38.125 € de plus (100.000 – 61.875).

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Expertise | Analyses |

Quand faut-il conseiller le « double legs » ? Le « double legs » permet de payer moins de droits de succession lorsque les légataires sont soumis à des taux d’imposition différents. Plus la différence de taux est importante, plus cette formule sera intéressante. Elle est systématiquement avantageuse lorsque le futur défunt n’a pas de descendant, d’ascendant ou de conjoint (ou assimilé).

ÿ Réduire la facture des droits de succession tout en soutenant financièrement une œuvre

Une réserve tout de même. La technique du «double legs» suppose que le légataire universel reçoive quelque chose dans la succession. Si le legs à titre particulier est trop important en sorte qu’il ne reste rien ou presque rien pour le légataire universel, celui-ci pourrait renoncer à la succession. Si une telle renonciation devait se produire, on ne pourrait plus parler d’un «double legs» et le légataire à titre particulier devrait alors supporter lui-même les droits de succession au tarif le moins avantageux.

caritative : c’est possible !

Luc rédige donc un testament dans lequel il désigne deux bénéficiaires (légataires). D’une part, il lègue 250.000 € à son neveu Johan (le légataire à titre particulier) ; ce montant est libre de droits de succession. D’autre part, il lègue des avoirs pour 250.000 € à une ASBL, par exemple la Croix-Rouge de Belgique (le légataire universel), qui devra également acquitter les droits de succession relatifs au legs en faveur du neveu du testateur. Dans ce cas, les droits de succession résultant du tableau ci-après seront dus :

Le « double legs », une manière de soutenir l’action des institutions de bienfaisance La technique du « double legs » est, dans la pratique, surtout utilisée pour aider financièrement les associations œuvrant pour le bien-être des gens. Dans ce cas, on profite du fait que ces associations bénéficient d’un tarif réduit en droits de succession.

CAS N° 2 : LUC A OPTé POUR LA TECHNIQUE DU « DOUBLE LEGS » (FLANDRE) Héritage avant impôt

TARIF DES DROITS DE SUCCESSION POUR LES ORGANISMES ASSOCIATIFS Flandre

Bruxelles-Capitale

Wallonie

ASBL

8,8%

12,5%/25% (1)

7%

Fondation d’utilité publique

8,8%

6,6%

7%

Fondation privée

8,8%

25%

7% (2)

Droits de succession dus

Pression fiscale

Héritage net d’impôt

0%

250.000 €

Johan

250.000 €

0€

ASBL

250.000 €

22.000 €

8,8%

(250.000 €)

142.500 €

57%

500.000 €

164.500 €

33%

85.500 €

Les deux

12,5% si l’ASBL peut recevoir des dons déductibles fiscalement ; à défaut, le tarif est de 25% (2) Seules les fondations privées à caractère social bénéficient de ce tarif préférentiel ; les autres sont taxées au taux entre étrangers (30 à 80%)

335.500 €

(1)

Célibataire sans enfants résidant en Flandre, Luc veut léguer par testament un montant de 500.000 € à son neveu Johan. La facture des droits de succession relative à ce legs se monte normalement à 305.000 €, soit un taux moyen d’imposition de 61%. Johan ne conserve donc, en net, que 195.000 €, comme indiqué dans le tableau ci-dessous. CAS N° 2 : LUC N’A PAS OPTé POUR LE « DOUBLE LEGS » (FLANDRE)

Johan

Héritage avant impôt

Droits de succession dus

Pression fiscale

Héritage net d’impôt

500.000 €

305.000 €

61%

195.000 €

La technique du « double legs » permet de réduire significativement ces droits de succession. Le légataire universel serait dans ce cas une ASBL ou une fondation (d’utilité publique) et il y aurait une charge pour cet organisme de verser une partie de l’héritage au neveu du défunt.

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« Le double legs permet de payer moins de droits de succession lorsque les légataires sont soumis à des taux d’imposition différents. »

On voit qu’en optant pour le procédé du « double legs », l’avantage est triple : la somme globale des droits de succession diminue (164.500 € au lieu de 305.000 €), le testateur soutient une bonne œuvre et le légataire à titre particulier (le neveu du défunt) hérite d’un montant net supérieur (250.000 € au lieu de 195.000 €). Tout le monde est donc gagnant, sauf le fisc… Raison pour laquelle l’administration fiscale considère qu’il y a abus fiscal si l’ASBL (dans notre exemple) n’en retire pas un avantage net substantiel. Pour qu’il y ait abus fiscal, il faut cependant que le contribuable réalise une opération en violation des objectifs d’une disposition fiscale. Reste à déterminer les objectifs de cette disposition. La consultation des travaux parlementaires s’avérera ici intéressante. En effet, outre le fait que cette technique est un mode particulier de calcul des droits de succession , les travaux parlementaires relatifs à l’article 64, alinéa 2 du Code des droits de succession reprennent expressément l’exemple du paiement des droits de succession par le légataire universel. Dans ces conditions, comment l’administration fiscale pourraitelle prétendre que les objectifs de la loi ne sont pas respectés et qu’il y a donc abus fiscal ? Vous l’aurez constaté, la technique du « double legs » est complexe et nécessite l’intervention de spécialistes. Toute l’équipe « Estate Planing » se tient à votre disposition pour vous conseiller et vous assister dans la rédaction d’un tel testament. 

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« Le statut de fondation privée requiert uniquement que la fondation soit constituée en vue de réaliser un but désintéressé déterminé. »

La fondation privée belge Texte © Puilaetco Dewaay Photo © Roularta / Reporters Agency

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a fondation privée belge n’a jamais autant fait la Une des médias que ces derniers temps. Malheureusement, les informations y véhiculées revêtent souvent une connotation très négative, peut-être due à un manque de connaissance de la réalité. Sans rentrer dans la polémique entourant la fondation connue de tous (et liquidée depuis) de la Reine Fabiola, la fondation privée belge a sans conteste mérité sa place au sein de notre ordre juridique.

Afin d’étayer cette affirmation, esquissons tout d’abord les caractéristiques principales d’une fondation, pour ensuite analyser plus en détail la fondation privée belge.

DIRK REYNDERS Senior Wealth & Tax Planner ANOUCK LEJEUNE Head of Wealth & Tax Planning

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La fondation est une structure juridique présente dans de nombreux pays. Parmi les variantes existant à l’étranger, nous pouvons citer la Stichting néerlandaise, la Stiftung liechtensteinoise et la Stichting Particulier Fonds antillaise (SPF). Toutes ces structures partagent des caractéristiques communes. Il s’agit de patrimoines d’affectation distincts auxquels est accordée la personnalité juri-

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ÿ La fondation privée est parfois utilisée dans le cadre d’une planification successorale. dique. La caractéristique la plus singulière des fondations tient à ce qu’il s’agit de personnes morales, sans membres ni actionnaires. Pour cette raison, elles sont aussi souvent décrites comme des structures « flottantes ». Dès leur constitution, elles n’appartiennent plus à personne et visent uniquement à réaliser leur objet. La fondation a été introduite dans l’ordre juridique belge il y a dix ans. Il convient d’opérer une distinction entre la fondation « privée » et la fondation « d’utilité publique ». Le statut d’utilité publique est réservé aux fondations ayant un but désintéressé et qui tendent à la réalisation d’une œuvre à caractère philanthropique, philosophique, religieux, scientifique, artistique, pédagogique ou culturel. Le statut de fondation privée requiert uniquement que la fondation soit constituée en vue de réaliser un but désintéressé déterminé.

INTERPRÉTATION ET CONFUSION L’interprétation de la notion de « but désintéressé » est toutefois sujette à la plus grande confusion depuis la création même de la fondation belge. Bien qu’il ait toujours été admis que cette notion devait être interprétée de manière large, son interprétation concrète est loin de faire l’unanimité. Certaines personnes ont par exemple recours à la fondation dans le cadre d’une planification successorale. Par ailleurs, le manque de clarté général régnant autour de la notion de « but désintéressé » ouvre la porte à des utilisations inadéquates de la fondation privée, voire à des abus. Autre caractéristique essentielle : la fondation ne peut attribuer des avantages matériels ou des revenus à ses fondateurs, ses administrateurs ou ses membres, sauf à ces derniers lorsque cette attribution entre dans le cadre de la réalisation du but désintéressé. Par exemple, une fondation qui aurait pour but de pourvoir à la subsistance d’un enfant handicapé pourrait accorder une allocation (annuelle) à ce dernier. La dissolution d’une fondation doit toujours emprunter la voie judiciaire. Les motifs de

dissolution tiennent notamment à ce que les moyens de la fondation ont été épuisés ou que le but fixé a été réalisé. En cas de dissolution, le solde du patrimoine doit recevoir une (nouvelle) affectation correspondant au but premier de la fondation. Les statuts peuvent prévoir que les biens de la fondation font retour dans le patrimoine du fondateur (ou à défaut de ses héritiers) une fois accompli le but désintéressé.

Planification patrimoniale La fondation privée peut aussi être mise à profit dans le cadre d’une planification successorale, à savoir sous la forme d’un bureau de certification d’actifs déterminés. Nous songeons notamment ici à la gestion des actions d’une société familiale ou encore d’une collection d’œuvres d’art et d’antiquités. La certification est une technique dans le cadre de laquelle une distinction est opérée entre la propriété économique et la propriété juridique de biens déterminés. Les biens sont cédés à la fondation « bureau de certification », laquelle acquiert alors la propriété juridique des biens. En contrepartie, la fondation émet des certificats au profit des anciens propriétaires des biens.

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Ces certificats ouvrent des droits financiers (notamment aux revenus) sur les biens apportés à la fondation « bureau de certification ». Les rapports entre la fondation et les titulaires de certificats sont régis par les conditions de certification. Le recours, d’une manière générale, à une fondation dans le cadre d’une planification successorale et patrimoniale peut vous aider, dans des situations spécifiques, à structurer votre patrimoine afin de répondre durablement à vos souhaits en termes, notamment, de continuité de la gestion de votre patrimoine, de protection de votre patrimoine familial contre des tiers malintentionnés, de philanthropie, de soins à apporter à un ou plusieurs membres de votre famille,… En résumé, les applications de la fondation sont légion. Nous pouvons dès lors conclure que la fondation peut s’avérer une structure très utile dans des situations spécifiques. Avant de passer à la constitution d’une fondation, il importe cependant de définir précisément votre situation personnelle ainsi que vos objectifs. 

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Services sur mesure et cocooning du client Texte © Cantilis Photos © David Plas Photography

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e village de Sint-Martens-Latem mérite assurément le qualificatif de pittoresque lorsque nous le découvrons couvert de neige le jour de notre entretien avec Nadine De Groote, la directrice du bureau local de Puilaetco Dewaay. Le bureau est lui-même hébergé dans une charmante villa de style rural. À notre arrivée, Nadine nous souhaite chaleureusement la bienvenue, prête à s’entretenir ouvertement avec nous. Telle est sa marque de fabrique.

Nadine De Groote a entamé sa carrière au Crédit du Nord bruxellois. L’aspect commercial des activités bancaires, c’est son truc. Elle a rapidement été promue directrice d’agence à Oudenaarde. Après une étape intermédiaire au sein de la société de Bourse, devenue ensuite De Buck Banquiers – dont elle était à nouveau directrice d’agence à Oudenaarde – elle a fait le grand saut dans le monde du véritable Private Banking chez Puilaetco Dewaay. Elle n’a toutefois pas effectué cette transition seule : trois collaborateurs l’ont accompagnée début 2005. « À l’heure actuelle, deux d’entre eux, Sofie Colpaert et

Simon Castelain, travaillent encore avec moi. Nous sommes établis à Sint-Martens-Latem depuis 2010. Cela fait quinze ans que Simon et moi-même travaillons en duo : je suis la force motrice commerciale, il gère les portefeuilles des clients. Depuis l’année dernière, il bénéficie de l’appui de Tom Derumeaux. Récemment, Steven Franck a rejoint l’équipe en tant que banquier privé. » Un grand nombre de ses clients a rejoint Puilaetco Dewaay en même temps que Nadine. « Cela fait déjà 25 ans que je travaille avec certains clients d’Oudenaarde. Leurs enfants

sont depuis lors souvent devenus clients aussi. La gestion de patrimoine familial se caractérise tant par la croissance que la diversité, ce qui rend notre travail particulièrement passionnant. » C’est ainsi que la banque de Sint-Martens-Latem s’est constitué un beau carnet d’adresses. Afin de garantir un ancrage encore plus local, Puilaetco Dewaay Sint-Martens-Latem est encore à la recherche de nouveaux collaborateurs.

« Cocooning » : dans le monde de la banque aussi

ÿ L’équipe de Puilaetco Dewaay à Sint-Martens-Latem : Simon Castelain, Nadine De Groote, Tom Derumeaux, Sofie Colpaert. www.pldw.be

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Nadine sait ce qui importe aux yeux de ses clients et comment elle peut les satisfaire. Les mots d’ordre principaux sont travail sur mesure et cocooning. « Un véritable travail sur mesure », insiste-t-elle, « car bon nombre d’autres banques prétendent également livrer un travail personnalisé. Mais il faut souvent entendre un travail sur mesure en termes de technique de gestion – le portefeuille de placements d’un client correspond souvent à son profil et à ses préférences. Chez Puilaetco Dewaay, nous sommes convaincus en outre de la nécessité d’offrir un service sur mesure. J’emploie souvent le terme de cocooning. Nous créons à tous égards un cocon de soins individuels et de confiance

autour du client. » Cette démarche requiert une relation approfondie, un banquier privé qui ressente précisément quels sont les souhaits et les attentes de chacun. Nadine et son équipe fonctionnent ainsi comme un family office. La confiance opère des deux côtés : « Nous rendons souvent visite à nos clients chez eux, où ils se sentent davantage en confiance, ou faisons la connaissance d’un client potentiel dans un endroit agréable ou lors d’un événement. » La journée de travail d’un banquier privé ne se termine évidemment pas au moment où il ferme la porte du bureau et Nadine n’échappe pas à la règle. « Je combine l’ensemble avec beaucoup de plaisir. La banque privée, c’est bien plus que de bons rendements sur les portefeuilles. Un banquier privé doit être capable de se mettre dans la peau du client, s’adapter et être aguerri à la culture, la politique, la gastronomie,… » C’est d’autant plus vrai aujourd’hui : « Nous n’avons jamais un contrôle total du rendement. Nous avons connu des marchés négatifs ces dernières années. Il faut être capable de compenser cette situation par un service sur mesure irréprochable. C’est la seule manière de garantir l’excellence de la collaboration tant dans les bons que les mauvais moments. »

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« Nous créons à tous égards un cocon de soins individuels et de confiance autour du client. »

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Architecture ouverte Les banquiers privés de Puilaetco Dewaay, comme Nadine De Groote, entretiennent tous une relation personnelle avec leurs clients. Mais ils ne sont pas seuls. Nadine De Groote souligne l’importance du soutien qu’elle reçoit de ses collègues de Sint-Martens-Latem, mais aussi de Puilaetco Dewaay en général. « Le banquier privé est la personne de confiance du client, mais d’autres membres de l’équipe sont toujours prêts à intervenir en cas de besoin. Nous bénéficions également de l’appui des services centraux de Puilaetco Dewaay et du groupe européen KBL European Private Bankers auquel nous appartenons. Les clients profitent dès lors d’une approche best of both. Une équipe de base restreinte connaît leurs attentes sur le bout des doigts et leur propose une approche personnalisée. Parallèlement, l’excellence de nos services est garantie par l’expertise de nos services centraux – des conseils en estate planning aux conseils en matière d’œuvres d’art, il suffit de demander. »

Cette expertise combinée à une approche individuelle est plus que jamais nécessaire. Investir est en effet devenu beaucoup plus compliqué. De nombreux produits sont tellement complexes qu’ils requièrent des connaissances spécialisées. L’intérêt porté aux fonds s’en est, par exemple, trouvé accru. Nadine met toutefois en garde : il convient de bien examiner les intérêts individuels. Un fonds représente parfois la bonne solution, mais il en existe un nombre presque infini. Puilaetco Dewaay répond à cette difficulté grâce à son architecture ouverte. « Cela signifie que nous pouvons conseiller n’importe quel fonds du marché. À condition bien entendu que nos analystes de KBL et Puilaetco Dewaay les aient intégrés à la liste de recommandations. » Celleci se compose uniquement de fonds haut de gamme, diversifiés et de qualité. « Nous sommes en mesure d’être parfaitement objectifs et ouverts en la matière, le client se voit proposer le produit qui lui convient le mieux. Puilaetco Dewaay ne connaît pas de directives centrales. Chez nous, il n’y a pas de quotas à atteindre. » 

« La journée de travail d’un banquier privé ne se termine évidemment pas au moment où il ferme la porte du bureau. » ÿ Nadine De Groote, directrice du bureau de Sint-Martens-Latem. www.pldw.be

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Texte © Banque Triodos & Puilaetco Dewaay

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l y a dix ans, le premier contrat de gestion de fortune durable avec Puilaetco Dewaay était signé par un client de la Banque Triodos. Jan Terlinck voulait que son argent « travaille utilement ». Rencontre.

« On entend enfin des économistes influents prôner autre chose que l’efficience des marchés et de la concurrence, tous ces clichés aberrants. » www.pldw.be

« Ce que je voulais, c’est que mon argent ne serve pas seulement à générer du rendement financier, mais travaille utilement pour la société. Le court terme et le financier ont pris beaucoup trop de place dans notre société. Il faut que cela change. Heureusement, on commence à entendre des voix qui pensent autrement. On entend enfin des économistes influents prôner autre chose que l’efficience des marchés, les bienfaits de la concurrence parfaite, la pure rationalité de l’acteur économique, tous ces clichés aberrants qui ont causé tant de dégâts mais qui ont pourtant la vie dure. »

IL Y A MOYEN DE FAIRE BOUGER LES CHOSES Bruxellois passionné de nature – il est trésorier de Natagora Bruxelles – et ayant pas mal roulé sa bosse en Afrique, Jan Terlinck considère que « l’essentiel ne vient pas de l’argent. Évidem-

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ment, c’est facile à dire quand on a les moyens. J’ai cette chance. Mais il faut remettre l’argent à sa place : c’est un moyen et non une fin en soi. J’ai trouvé la même approche chez Triodos, d’abord comme épargnant. Au milieu des années 90, j’ai découvert les journées Triodos. J’étais frappé de voir que des épargnants s’intéressaient avant tout à ce que la banque faisait de leur argent. C’était ce que je cherchais. Je considère que la démarche est la même en gestion privée. C’est peut-être plus évident avec l’épargne, parce qu’elle va directement dans des projets durables mais, je crois qu’il y a aussi moyen de faire bouger les choses en Bourse. » Et voilà comment Jan Terlinck devient, fin 2002, le premier client de la Banque Triodos à signer un contrat de gestion de patrimoine durable avec la banque privée Puilaetco Dewaay. Un service proposé à partir de 400.000 euros de patrimoine mobilier. Entre les deux banques, les rôles sont clairement répartis. En amont, Triodos Investment Management (TIM), filiale du groupe Triodos Bank, passe au peigne fin les entreprises cotées en Bourse, en retient celles qui répondent à ses exigences en matière écologique, sociale et de gouvernance, et détermine ainsi un univers d’investissement

LE DURABLE EST PLUS STABLE Et financièrement, ça donne quoi avec le recul ? « Pour moi, la comparaison est assez simple à effectuer car je dispose d’un autre portefeuille, géré ailleurs. Un héritage… Les deux portefeuilles sont gérés selon un profil d’investisseur ‘neutre’. J’ai pu comparer sur les 7 dernières années et la différence saute aux yeux : le portefeuille durable résiste beaucoup mieux à la crise que le classique, et profite moins des rebonds. Autrement dit, le premier est plus stable que le second, ça me rassure. J’ajoute que, sur 7 ans, le portefeuille durable a fait un peu mieux que l’autre sur le plan du rendement financier. Bien sûr, il s’agit de mon cas particulier, on ne peut pas en tirer de conclusion générale. Mais c’est frappant. » De nombreux clients ont également fait le choix de la gestion de patrimoine durable: particuliers mais aussi entreprises, asbl, congrégations ou fondations.  Interview réalisée par la Banque Triodos, publiée dans “La couleur de l’argent”, janvier 2013.

Gestion durable – une norme pour le futur ? Les banques Puilaetco Dewaay et Triodos organisent un cycle de conférences sur la gestion durable de votre patrimoine.

© Johanna de Tessières

Remettre l’argent à sa place

durable. En aval, Puilaetco Dewaay se charge du volet financier : en fonction du profil de risque du client, la banque privée sélectionne les actions dans le périmètre fixé par TIM et gère les portefeuilles. L’un assure la durabilité, l’autre la gestion proprement dite. « J’aime bien avoir affaire à deux interlocuteurs », situe Jan Terlinck. « Au moins quand je pose des questions sur des thèmes de société, comme la spéculation sur les matières premières par exemple, j’ai des réponses, je vois que c’est pris en considération. Chacun son domaine. »

• Anvers : le 25 avril et le 23 mai • Bruxelles : le 28 mai et le 6 juin Pour plus de renseignements, visitez notre site internet www.pldw.be.

ÿ Depuis sa prépension, Jan Terlinck a retrouvé ses amours de jeunesse : la nature. 49

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Faites de grandes choses avec votre argent © Puilaetco Dewaay

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ÿ Olivier Depaepe (Puilaetco Dewaay) et Eric Florin (Banque Triodos) 10 ans de partenariat en gestion durable.

RETOUR SUR UNE DÉCENNIE DE COLLABORATION

« Les Investissements Socialement Responsables séduisent chaque jour de plus en plus d’institutions et de particuliers soucieux de l’environnement, de la société, et de l’économie durable. » www.pldw.be

En dix ans, Jan Terlinck n’est pas le seul à avoir eu recours à la gestion de patrimoine durable dans le cadre du partenariat entre les banques Puilaetco Dewaay et Triodos. Les chiffres parlent d’eux-mêmes: nombreux sont ceux qui ont opté pour ce type de gestion, unique en Belgique. Ainsi, depuis 2008, le volume de la clientèle a augmenté de 30% chaque année, avec dans son sillage une hausse proportionnelle des actifs sous gestion. Un profil type? Absolument pas ! La clientèle est extrêmement diversifiée : de l’actif au retraité, du Namurois à l’Anversois, du particulier à l’institution, de l’héritage familial au patrimoine récemment constitué,… À titre d’exemple, les ASBL, ONG, congrégations et entreprises représentaient 20% de la clientèle en 2012. Bien que très différents les uns des autres, les clients partagent un objectif commun: une gestion de patrimoine en adéquation avec leurs valeurs. Les Investissements Socialement Responsables séduisent en effet chaque jour de plus en plus d’institutions et de particuliers soucieux de l’environnement, de la société, et de l’économie durable. Mais qu’en est-il des performances ? Ces dernières années, chez Puilaetco Dewaay, nous avons comparé les chiffres et il en résulte qu’un portefeuille durable affiche une performance sensiblement équivalente à celle d’un portefeuille classique. Mieux encore, les portefeuilles en gestion durable ont présenté, pour une performance équivalente à long terme, une volatilité moindre. Cet effet stabilisateur a été nettement observé lors de l’importante crise financière de 2008. Une raison de plus pour choisir la gestion durable de patrimoine ? N’hésitez plus ! Riche d’une expérience de dix ans, le partenariat exclusif entre les deux banques se renforce d’année en année par une clientèle sans cesse croissante. Pour plus d’informations, contactez les gestionnaires de portefeuilles durables chez Puilaetco Dewaay : Isolde Corne (02/679.89.04) ou Olivier Depaepe (02/679.45.02).

Tout le monde veut que l’économie change. Et c’est parfaitement possible. Chacun, à son niveau, peut faire bouger les choses. Tout ce que vous décidez, tout ce que vous faites, peut faire la différence. Et ça commence déjà avec votre épargne. La Banque Triodos utilise votre épargne uniquement pour financer des projets utiles et positifs pour la société : dans les soins de santé, la culture, les énergies renouvelables… pour financer des entreprises durables et solides. De quoi créer une nouvelle dynamique pour la société et contribuer ensemble au changement, le vrai.

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Optez pour la banque durable. Surfez sur triodos.be

La banque durable


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Les pieds sur terre, la tête dans les nuages Texte © Cantilis Photos © David Plas Photography

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uand il ne va pas chercher les ascendances aux commandes de son motoplaneur, petit bijou de technologie qui l’emmène au-dessus des Alpes avec 3 litres de carburant à peine, le vicomte Olivier de Spoelberch s’alarme pour la planète et reconvertit 45 hectares à l’agriculture biologique. Sa devise : « J’essaie d’employer mon temps à améliorer la beauté, les gens et la nature. »

ÿ La véritable liberté aux commandes d’un motoplaneur. c’est en planeur qu’il s’en va côtoyer les cieux. Avec le recul, ce changement de cap s’avère en parfaite harmonie avec une préoccupation devenue centrale dans ses activités : la préservation de l’environnement.

Les parents ne devraient jamais contrarier les passe-temps, même dévorants, de leurs enfants. Dans sa jeunesse, le vicomte Olivier de Spoelberch a pu compter sur une telle bienveillance et s’adonner pleinement à sa passion pour l’aéronautique. Une vocation née très tôt : un film 8 mm le montre à un an et demi, déjà, jouant avec un avion. Plus tard, Olivier de Spoelberch réalise ses propres maquettes d’avion. Là où la plupart des enfants passent rapidement à autre chose, lui persévère : ce sont pas moins de 120 modèles réduits qui naîtront sous ses doigts.

« J’essaiE d’employer mon temps à améliorer la beauté, les gens et la nature. » www.pldw.be

L’appel des airs se fait toujours plus pressant. À l’âge où tous les jeunes gens rêvent de leur première voiture, il préfère s’inscrire à des cours de pilotage et décroche, à 17 ans à peine, sa licence sur le mythique Piper Cub. Son plan de vol paraît tout tracé. En 1970, pourtant, il laisse tomber l’aviation motorisée. Désormais,

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En communion avec les éléments Aux commandes d’un planeur, Olivier de Spoelberch se sent en pleine communion avec les éléments naturels, le vent et le soleil. Reste que, pour ce solitaire autoproclamé, le vol à voile s’avère encore trop contraignant : « Voler en planeur traditionnel demande beaucoup d’assistance. Il y a évidemment le remorquage, indispensable pour vous mener en altitude. Même au sol, vous vous perdez en détails, au détriment du temps réellement passé en vol. » Frustrant…

La véritable liberté, Olivier de Spoelberch finit par la trouver aux commandes d’un motoplaneur. Cet engin qui s’arrache de lui-même du plancher des vaches grâce à son propre moteur, l’emmène vers une rencontre décisive : en 1992, il fait la connaissance de l’ingénieur allemand Reiner Stemme, génial concepteur du Stemme S10, un appareil révolutionnaire. « Le S10 réunit le meilleur des deux mondes : c’est un excellent planeur doublé d’un excellent avion. Et aussi un véritable bijou technologique, par exemple avec son hélice rétractable : en cinq secondes, une fois le moteur coupé, elle

« Je peux me décider de voler à la dernière minute pour profiter du coucher de soleil après une journée de travail. »

2463 km au-dessus des Andes !

ÿ Olivier de Spoelberch.

Vous pensez que Solar Impulse est le premier avion solaire ? Erreur… Comme l’aigle, le (moto)planeur utilise, lui aussi, l’énergie que nous dispense généreusement l’astre du jour. Le soleil réchauffe l’air qui s’élève et forme des courants ascendants. « L’altitude que nous prenons en empruntant ces ascendances constitue notre réservoir d’énergie. Quand on les quitte en descente, on consomme cette énergie. Jusqu’à la prochaine “pompe” : l’ascendance suivante qui nous permet de poursuivre le vol. » Le petit jeu peut durer : le record de vol d’un motoplaneur Stemme a été établi par le pilote allemand Klaus Ohlmann qui, en décembre 2000, a parcouru 2463 km en 14 heures en planeur pur au-dessus des Andes. Olivier de Spoelberch, de son côté, ne vise pas les exploits : « Je cherche plutôt à atteindre une destination choisie en gérant au

mieux l’énergie disponible. Le Stemme permet de le faire en toute sécurité, sans stress. » Si la Suisse constitue sa destination de prédilection, qu’il rejoint avec seulement 3 litres de carburant en relançant son moteur le moins souvent possible, Olivier de Spoelberch a déjà rejoint l’île d’Oléron en six heures environ tout en ne consommant que 18 litres de carburant. Par ailleurs, le motoplaneur Stemme est au cœur de différents projets. La Green Speed Cup est une course à l’économie soutenue par Stemme et destinée à tout aéronef biplace. Le Mountain Wave Project (www.mountain-wave-project.com), quant à lui, promeut la recherche scientifique à l’aide du vol à voile.

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« Sa passion pour le motoplaneur s’inscrit, au-delà du plaisir du vol, dans la promotion d’un mode de développement écoresponsable. »

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s’escamote dans le nez de l’appareil. Il représente tout ce que je recherchais : une manipulation aisée par une seule personne, une grande vitesse de croisière, une très bonne autonomie. Contrairement au vol en planeur qui exige de disposer d’une journée entière, je peux me décider de voler à la dernière minute pour profiter du coucher de soleil après une journée de travail. »

son coactionnaire : « C’est du pur capital-risque mais le Stemme a une carte à jouer sur le marché de la surveillance aérienne. Il représente une alternative économique et écologique par rapport à un avion ou un hélicoptère qui engloutissent des litres de kérosène. » Stemme s’est également associé à l’industriel français Sagem pour développer un drone sur la base de son motoplaneur.

Atout supplémentaire, le S10 est taillé pour le vol à voile de voyage. Rien ne plaît davantage à Olivier de Spoelberch que s’envoler pour la Suisse à bord de son motoplaneur. « Je peux partir le matin de Temploux, arriver pour le déjeuner en Suisse et profiter de tout l’aprèsmidi pour planer au-dessus des Alpes. Avant de rentrer en Belgique. Ou décider de rester. Souvent, je pars avec mon vélo pliant rangé sur le siège du passager. Pendant quelques jours, je pédale le matin dans la montagne et l’aprèsmidi, je la survole. »

L’entreprise décollera-t-elle vers le succès ? Nul ne peut le prédire, mais Olivier de Spoelberch investit par conviction : « L’argent a mauvaise presse. On en parle tellement mal. Il serait tellement plus utile de s’intéresser non pas à la fortune de quelqu’un, mais à ce qu’il en fait. La crise se prolonge parce que l’argent s’est arrêté de tourner. On immobilise les capitaux quand l’économie a besoin avant tout qu’ils circulent. »

L’argent a mauvaise presse L’intérêt d’Olivier de Spoelberch pour le motoplaneur Stemme va cependant bien au-delà des sensations en vol, si somptueuses soientelles. Entrepreneur dans l’âme, le vicomte s’est investi dans l’entreprise Stemme en devenant

Cependant, c’est un autre cri d’alarme, écologiste celui-ci, qu’Olivier de Spoelberch cherche avant tout à faire entendre dans ses multiples activités. Sa passion pour le motoplaneur s’inscrit ainsi, au-delà du plaisir du vol, dans la promotion d’un mode de développement écoresponsable. Bien avant la mode du bio, il a ouvert avec des amis un magasin de jardinage biologique : BIOGARDEN. « Trop tôt sans doute :

le marché n’était pas encore prêt et certains produits non plus, les semences par exemple. » Plus tard, alerté par la baisse de qualité des nappes phréatiques sous les terres cultivées dans sa famille, il convainc celle-ci de passer à l’agriculture biologique : quelque 300 hectares sont reconvertis à la culture maraîchère et en vergers selon des préceptes naturels. Le projet, baptisé « Terres de renaissance », béné-

ficie même du soutien de la Fondation pour les générations futures : « Nous vivons une période de transition. Nous continuons à vivre sur un modèle de production et de consommation hérité du passé, tout en sachant qu’il n’est pas tenable à long terme. Quand allonsnous modifier nos comportements ? Telle est la question… » 

Prendre votre envol ? Neuf clubs de vol à voile en Wallonie, treize en Flandres… les possibilités ne manquent pas pour pratiquer le vol à voile ou, en tout cas, vous y initier. Les clubs proposent en général des formules de baptême de l’air : l’idéal pour goûter aux sensations procurées par ce sport aérien. Si l’expérience vous plaît, il vous faudra décrocher une licence, précédée d’un examen médical. Le parcours d’instruction comprend aussi bien des vols en double commande avec un instructeur, que des vols en solo. Plus d’infos auprès de la Fédération des clubs francophones de vol à voile (www.fcfvv.be) ou de la Liga van Vlaamse Zweefvliegclubs (www.zweefvliegen.be).

ÿ © Stemme AG. www.pldw.be

Envie d’en savoir plus sur le Stemme S10 ? Olivier de Spoelberch répondra volontiers à vos demandes au 0475/28.33.26 ou par e-mail à odespoel@skynet.be. Pour voir le S10 en action : www.ft.com/stemme ou www.youtube.com/watch?v=TuMIKEpczwQ

ÿ Le Stemme S10: un excellent planeur doublé d’un excellent avion. 54

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Brussels Philharmonic : entre culture et économie Texte © Cantilis Photos © Brussels Philharmonic

ÿ Pas moins de 80 musiciens permanents composent l’orchestre.

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unther Broucke du Brussels Philharmonic vit des heures bénies avec son orchestre. Il est grandement apprécié sur la scène internationale et se produit sur des podiums de renom, de Vienne à Amsterdam. Avec son idée de créer une fondation privée pour les instruments à cordes, l’intendant – en collaboration avec Puilaetco Dewaay – est de nouveau à l’origine d’une première.

Le prix des instruments à cordes est un caillou dans le soulier des orchestres symphoniques. Même dans les plus célèbres d’entre eux, les musiciens n’ont généralement guère d’autre choix que de s’endetter pour financer leurs onéreux instruments. Mais l’espoir est permis, du moins pour les musiciens qui jouent d’un instrument à cordes au sein du Brussels Philharmonic, grâce à une initiative de Gunther Broucke, intendant de l’orchestre précité. C’est l’objectif que s’est fixé la fondation privée « Brussels Philharmonic » pour les instruments à cordes qui vient d’être lancée.

ou d’un nouvel instrument. Il est également possible de faire l’apport d’un instrument à la fondation. » La valeur de chacun des instruments est estimée de manière périodique. Un bon instrument à cordes coûte rapidement entre 50.000 et 100.000 euros, et un bon archet entre 10.000 et 20.000 euros. Un certificat est délivré à chaque investisseur par un des principaux centres de luthiers du monde, dont ceux de Crémone, Paris et Londres.

L’innovation est un art Fondamentalement différent « La solution traditionnelle au problème de financement des instruments passe par la collecte de fonds via des clubs d’amis », raconte Gunther Broucke. « Mais ce processus est lent. C’est pourquoi nous abordons le problème depuis février de manière fondamentalement différente et plus efficace, avec l’aide de Puilaetco Dewaay. Les investisseurs privés placent désormais leurs fonds dans nos instruments à cordes et archets par l’intermédiaire d’une fondation nouvellement constituée. » Kurt Van Den Bossche, de Puilaetco Dewaay à Waregem, a été le premier à réagir à cette idée. Il en a immédiatement décelé le potentiel et l’a développée à la demande de Gunther Broucke, en collaboration avec le département Wealth & Tax Planning de Puilaetco Dewaay. Il en explique le principe sous-jacent : « La nouvelle fondation Brussels Philharmonic, dotée d’un fonds estimé à plus de 3 millions d’euros, repose sur le principe d’un parrainage un-à-un. Dans ce cadre, un investisseur déterminé finance l’acquisition d’un instrument déterminé. Il peut s’agir d’un violon, d’un violoncelle ou d’une contrebasse appartenant déjà au Brussels Philharmonic

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Le Brussels Philharmonic n’est pas en mal de premières. Fin de l’année dernière, il a pu se targuer d’être le premier orchestre au monde à utiliser des partitions sur des tablettes numériques. Pour ce faire, il collabore avec Samsung, et depuis peu également avec l’acteur mondial Music Sales.

Lady Blunt : le violon « le plus cher » 15,9 millions de dollars, c’est le montant le plus élevé qui ait jamais été déboursé pour un violon dans le cadre d’une vente aux enchères. L’honneur en revient au Lady Blunt. Ce violon fabriqué en 1721 par l’illustre luthier italien Antonio Stradivari a été baptisé en référence à Anne Blunt, petite-fille du poète britannique Lord Byron, qui l’a jadis possédé. Le produit de la vente a été intégralement affecté en 2011 à l’aide au Japon, alors touché par un tremblement de terre et un tsunami dévastateurs. Un enchérisseur a acquis l’instrument en ligne de la Nippon Music Foundation. Il existe encore environ 650 instruments de Stradivari dans le monde, dont 450 violons.

Gunther Broucke a également créé l’Orchestre Filmharmonique de Bruxelles (spin-off) dans le giron de l’orchestre afin de jouer et d’enregistrer des musiques de films. « De très nombreux orchestres dédaignent la musique de film. Mais le Brussels Philharmonic joue aussi bien Stravinsky et Chostakovitch que Ludovic Bource et Howard Shore. » L’orchestre a déjà atteint la gloire grâce au Golden Globe obtenu pour la bande originale du film « The Aviator » de Martin Scorsese, et tout récemment encore grâce au Golden Globe et à l’Oscar pour la bande originale du film « The Artist ». Et cerise sur le gâteau, le Brussels Philharmonic vient de conclure un partenariat avec la BBC et HBO pour une toute nouvelle série de fiction.

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Rendement à la fois doux et solide

Philharmonic a désigné un comité chargé de l’entretien du patrimoine dans le cadre de la nouvelle fondation. Celui-ci est dirigé par un des meilleurs luthiers de notre pays.

La nouvelle fondation – de droit belge – se distingue sur plusieurs fronts. « La fondation procure de meilleurs instruments à nos musiciens, ce qui aura un effet indéniable sur les performances », d’après Gunther Broucke. De plus, le parrainage permet une plus grande implication des investisseurs, ajoute Kurt Van Den Bossche. Outre l’éventuelle plus-value réalisée à terme sur l’instrument, il existe une autre forme de rendement : celui inscrit dans le lien émotionnel créé avec un instrument et un musicien. « Nous n’avons pas lésiné à cet égard. Vous souhaitez obtenir des places à l’opéra de Vienne ou discuter dans les coulisses avec le chef d’orchestre ? Vous êtes à la bonne adresse chez nous », affirme Gunther Broucke.

Un marché fermé Le marché des instruments à cordes est un marché mondial, mais particulièrement fermé. « Un violon finement acquis, bien entretenu et régulièrement utilisé, peut prendre jusqu’à 10 pour cent de valeur par an. C’est le violon qui rapporte le plus en termes absolus. Mais la contrebasse offre également un bon retour sur investissement. » Il convient bien entendu de savoir dénicher le bon instrument. « Nous disposons de cette expertise. Lorsque vous réunissez un quartet composé de quatre violons de la même dynastie, vous faites d’une pierre deux coups. D’un côté, vous favorisez la qualité puisque tous les instruments ont été fabriqués par la même main. Et en acquérant des instruments de la même famille, vous créez de la rareté et en faites monter le prix. » 

L’âme d’un violon Comment se fait-il qu’aucun hautbois, aucune harpe, ni aucun basson ne fasse partie de la fondation ? Gunther Broucke répond à cette question de manière brève et concise : « Parce qu’ils s’usent et perdent de la valeur. » Qu’est-ce qui rend les instruments à cordes si particuliers ? « Il y a évidemment la pénurie sur le marché. Mais le côté miraculeux, c’est que la qualité de ces instruments augmente à mesure que l’on en joue. » Un bon entretien est toutefois indispensable. « En raison des fortes vibrations, l’âme se déplace régulièrement de quelques micromètres. Conserver un instrument au sommet de sa forme exige un savoir-faire. » Chaque musicien entretient son propre instrument, mais le Brussels

ÿ Violons, violoncelles, contrebasses: instruments à cordes cherchent

ÿ L’orchestre est pionnier dans l’utilisation de partitions sur tablettes tactiles.

investisseurs!

Mise au diapason Il n’est dès lors pas étonnant que Puilaetco Dewaay et le Brussels Philharmonic joignent leurs efforts. Kurt Van Den Bossche : « Nous nous distinguons aussi principalement par notre esprit d’entreprise. Nous prodiguons naturellement des conseils patrimoniaux, mais ne nous en arrêtons pas là, loin s’en faut. Notre réseau nous permet de réunir des personnes qui partagent des centres d’intérêt communs. Nous leur apportons notre aide lorsqu’ils désirent acheter des œuvres d’art, des biens immobiliers, du vin, des ancêtres,… et des instruments à cordes. » Gunther Broucke confirme : « J’avais déjà suggéré ci et là de faire des instruments des objets de placement, mais ce n’est que l’été dernier, lors de la Course de Waregem, que j’ai enfin trouvé une oreille attentive en la personne de Kurt. Il n’a pas hésité une seule seconde et j’ai tout de suite su que j’avais trouvé le partenaire idéal. »

Quelques chiffres Orchestre : 80 musiciens permanents, dont 27 violons, 9 altos, 8 violoncelles et 6 contrebasses ; accompagnés de 16 indépendants et 12 collaborateurs Nationalités : 19 Instrument le plus cher : 350.000 euros Valeur assurée totale des instruments : 3.779.000 euros Chiffre d’affaires : 10 millions d’euros, dont 8,5 millions de subventions de la Communauté flamande

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Vous souhaitez investir dans un instrument par l’intermédiaire de la fondation « Brussels Philharmonic » ? Veuillez contacter Puilaetco Dewaay au 02/679.45.11

« Le côté miraculeux, c’est que la qualité de ces instruments augmente à mesure que l’on en joue. » 58

La fondation Brussels Philharmonic expliquée par Maître Mark Delboo Texte © Mark Delboo qualité, il est fait appel au Conseil consultatif de la fondation, au sein duquel siègent les plus grands artistes de l’Orchestre. La valeur marchande de l’instrument est garantie par un luthier agréé.

Le « fonds d’investissement » adoptera la forme juridique d’une fondation privée dont le but désintéressé sera le relèvement de qualité du Brussels Philharmonic, grâce à la gestion d’instruments à cordes de qualité.

La fondation a la certitude de pouvoir utiliser les instruments pendant cinq ans étant donné qu’ils ne peuvent être décertifiés qu’après ce laps de temps. Le certificat peut être négocié, mais les autres investisseurs jouissent toujours d’un droit de préemption. Ce dernier leur permet, s’ils s’intéressent à un instrument déterminé, de l’acquérir en priorité. Une cession à titre gratuit est également envisageable. Il est donc parfaitement possible aussi d’inclure le certificat dans une planification patrimoniale.

La fondation privée fonctionnera comme un bureau de certification : l’investisseur cédera son instrument à la fondation contre l’émission d’un certificat nominatif. Une scission sera dès lors opérée entre la propriété juridique et la propriété économique de l’instrument. La fondation pourra utiliser l’instrument, dont la valeur continuera à appartenir à l’investisseur. Les conditions de certification définiront les relations précises entre la fondation et les investisseurs. La fondation privée ne compte pas de membres, mais un Conseil d’Administration qui adopte des décisions, comme l’approbation d’un investisseur ou la désignation du musicien qui jouera avec un instrument déterminé. Afin de trouver des instruments de haute

L’Assemblée Générale des titulaires de certificats informe les investisseurs des activités de l’Orchestre et des concerts joués avec leurs instruments.

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Un lieu de vie, d’accueil et d’ouverture sur le handicap Texte & Photos © L’Essentiel asbl

A

près quatre années d’acharnement, l’espace de vie dédié à la personne handicapée adulte, L’Essentiel, a vu le jour début février. Un lieu spécialement imaginé et conçu pour des personnes de plus de 18 ans atteintes d’un handicap, moteur ou mental.

Des activités et animations les plus stimulantes et distrayantes les unes que les autres sont proposées aux résidents : hippothérapie, entretien du jardin sonsoriel, du potager et du parc, randonnées pédestres, activités sportives et culturelles,… L’Essentiel est un merveilleux exemple de persévérance et de ténacité, un véritable cadre de référence pour l’émergence d’autres structures de ce type, ailleurs en Belgique. 

Ce projet, initié par le Docteur Michel Englebert, parent d’un enfant atteint d’un handicap moteur cérébral, a ainsi été créé grâce à la solidarité de nombreux intervenants issus de divers horizons : familles, associations, entreprises, sans oublier les bénévoles et le secteur public.

Votre pArteNAire dANS LA geStioN de pAtriMoiNe

Informations utiles

Favoriser l’épanouissement des personnes handicapées adultes constitue un des objectifs principaux de L’Essentiel. « L’idée est de créer, développer et entretenir un tissu social entre valides et moins valides, dans un esprit d’entraide et de solidarité », précise le Dr Englebert.

Toute forme d’aide (don et bénévolat) reste la bienvenue pour poursuivre le travail entamé. Pour les dons : Compte BE10 0000 0000 0404 - à la Fondation Roi Baudouin. Communication « L 82157 - L’Essentiel » (exonération fiscale à partir de 40 euros). www.asblessentiel.be, info@asblessentiel.be

L’infrastructure comporte un centre résidentiel pour 30 personnes, un centre de jour d’une capacité de 50 personnes et une crèche intégrée pour 20 enfants (valides et non valides).

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www.regularisationfiscale.info ÿ L’asbl L’Essentiel est entièrement dédiée à la personne handicapée

ÿ Les résidents bénéficient de l’hippothérapie, rééducation médiatisée

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par le cheval.

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Pierre Cordier, inventeur du chimigramme

« Tel un scientifique, Pierre Cordier décrit minutieusement ses résultats, classe notes et échantillons. »

Texte © Christine Mostert Photos © Pierre Cordier, Pierre Radisic

L

’œuvre de Pierre Cordier résiste à toute classification conventionnelle des genres. Ni photographie, ni peinture, elle emprunte un peu aux deux en combinant «la physique de la peinture et la chimie de la photographie, sans recourir à l’appareil photographique, sans agrandisseur et en pleine lumière ». Le chimigramme est à la fois le procédé technique et l’image qui en résulte, il est l’œuvre, il ne ressemble à rien d’autre qu’à lui-même.

1956. Pierre Cordier termine son service militaire en Allemagne. Pour l’anniversaire de sa jeune amie Erika, il écrit une dédicace au vernis à ongles sur une feuille de papier photographique. En trempant le papier dans le révélateur, le résultat n’est pas celui attendu. Les lettres écrites au vernis prennent une forme singulière qui l’intrigue et le séduit. Le premier chimigramme est né. Cette histoire fortuite est déterminante. Elle est le point de départ d’une aventure aux possibilités infinies qui dure depuis plus de 50 ans.

ÿ Photographie de Pierre Cordier, © Pierre Radisic, 2006. Hors du champ de la photographie Bien entendu, d’autres avant lui se sont inscrits dans l’histoire de la photographie expérimentale. Mais il existe une différence fondamentale avec les « Rayographs » de Man Ray et les « Fotogramme » de Moholy-Nagy. Cette dissemblance tient au fait que les chimigrammes de Pierre Cordier sont créés avec la chimie des produits révélateurs, fixateurs et la physique des produits localisateurs, et non avec la lumière, principe de base de la photographie. Aussi, dans la carrière de Man Ray et Moholy-Nagy, ces expérimentations ne sont qu’une parenthèse. Chez Pierre Cordier, elles sont l’œuvre d’une vie.

« Il n’est pas nécessaire de connaître la technique du chimigramme pour apprécier les œuvres de Pierre Cordier. » ÿ Chimigramme 1/5/70 III détail, © Pierre Cordier. www.pldw.be

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Pierre Cordier est autodidacte. Le seul bref enseignement qu’il ait suivi est celui d’Otto

Steinert à Saarbrücken. Celui-ci l’invite à exposer pour la première fois trois chimigrammes, à la Fotokina de Cologne en 1958.

des possibilités infinies Le temps de la découverte fait alors place à une longue période de recherches. Tel un scientifique, Pierre Cordier décrit minutieusement ses résultats, classe notes et échantillons. Cette somme d’expériences lui permet de maîtriser son procédé, de mettre au point différentes techniques et variations, et de démultiplier son vocabulaire formel. Il laisse aussi une place au hasard, comme si l’œuvre avait sa propre vie, indépendante du geste créateur.

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« L’important pour Pierre Cordier n’est pas d’avoir été le premier, mais que d’autres fassent aussi des chimigrammes. »

Antoine Watteau. La leçon de musique En invitant le chef d’orchestre franco-américain William Christie en tant que commissaire associé de l’exposition Watteau, le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles touche son objectif : faire correspondre les arts entre eux. Le grand peintre français du XVIIIe siècle a souvent introduit des scènes musicales dans ses tableaux. Une œuvre délicate que l’on peut découvrir en musique avec les concerts associés à l’exposition. Un cycle de conférences et un parcours littéraire sont également programmés. Palais des Beaux-Arts, jusqu’au 12 mai www.bozar.be

Pierre Cordier a exploré le chimigramme et les variétés infinies de sa technique. Pour les distinguer, il utilise des néologismes : Hexagramme, Dédalogramme, Musigramme ou encore Zigzagramme. Il rend hommage à Muybridge, Jorge Luis Borges et Georges Perec.

Kandinsky & Russia Cette exposition nous plonge dans la Russie des années 1901-1922, du symbolisme à l’avantgarde. Kandinsky y côtoie ses contemporains russes : Malévitch, Gontcharova, Roerich,… Les œuvres, prêtées par les musées russes, le centre Pompidou et des collectionneurs privés témoignent de la complexité artistique et intellectuelle du pionnier de l’abstraction. Elles mettent en exergue sa peinture colorée, où se mêlent mythe et féerie, sensation et observation, littérature et musique. Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, jusqu’au 30 juin www.fine-arts-museum.be

Hokusaï. Trente-six vues du Mont Fuji et autres paysages du Japon. Les paysages d’Hokusaï ont fait sa réputation. Parmi les œuvres sélectionnées dans les collections du musée, le « Livre illustré de la Sumida – les deux rives en un seul coup d’œil » sera montré pour la première fois au public. Cette vue panoramique en continu de la rivière Sumida, depuis la baie d’Edo jusque dans la capitale, en traversant les quatre saisons, a été publiée en 2012 aux Éditions Hazan. Du 15 avril au 8 mai, cette exposition peut être combinée à la visite des Serres Royales. Musées d’Extrême-Orient, jusqu’au 9 juin www.kmkg-mrah.be

Neo Rauch. The Obsession of the Demiurge. Selected Works 1993-2012 Après New York, Munich et Leipzig, Neo Rauch (1960) est présenté en Belgique, pour la première fois. Cet artiste de la Neue Leipziger Schule a développé un style très personnel où se mêlent figuratif et abstraction. Ses compositions, le plus souvent monumentales, sont énigmatiques et déroutantes. Elles semblent hantées par les changements qu’a connus l’Allemagne de l’Est suite à la chute du mur. Palais des Beaux-Arts, jusqu’au 19 mai www.bozar.be

Actualité du chimigramme L’important pour Pierre Cordier n’est pas d’avoir été le premier, mais que d’autres fassent aussi des chimigrammes. Il divulgue son procédé en 1979, lors d’un premier atelier aux Rencontres Photographiques d’Arles et a depuis fait de nombreux adeptes. Depuis 2011, il continue à créer des chimigrammes avec la collaboration de l’artiste autrichienne Gundi Falk. Pierre Cordier n’a cessé d’interroger son œuvre, de l’analyser, d’en définir la spécificité, la place originale qu’elle occupe dans l’Histoire de l’Art. Plus qu’une technique, c’est tout un art que Pierre Cordier a créé. 

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Texte © Christine Mostert

BRUXELLES

Il n’est pas nécessaire de connaître la technique du chimigramme pour apprécier les œuvres de Pierre Cordier. On est d’emblée séduit par leur beauté et le mystère qui les habite. On est fasciné par les microcosmes qu’on y découvre. Mais dès que l’on se penche sur la question du « comment », on se rend vite compte que ni la main, ni un quelconque programme informatique n’auraient pu les créer.

Sources • Pierre Cordier, le chimigramme / the chemigram, Bruxelles, éditions Racine, 2007 • Martin Barnes, Shadow Catchers - Cameraless photography, catalogue de l’exposition du Victoria & Albert Museum, London, 2012 • www.pierrecordier.com

Expositions à ne pas manquer

ÿ Chimigramme 29/11/57 I, © Pierre Cordier - Collection du Centre Pompidou, Paris. 64

Giorgio Morandi Icônes de l’art moderne, les natures mortes constituent la part la plus importante de l’œuvre de Morandi. Elles nous fascinent, nous entraînent à la contemplation introspective, nous ouvrent à la simplicité, nous distancient du tumulte de notre monde. Une sélection rigoureuse provenant d’institutions européennes et de collections privées nous entraîne dans son univers, le temps d’un été. Palais des Beaux-Arts, du 7 juin au 22 septembre www.bozar.be

ÿ KANDINSKY, Sur blanc (I), 1920, huile sur toile.

© The State Russian Museum, Saint-Pétersbourg.

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Pendant la fermeture pour rénovation du musée Royal des Beaux-Arts d’Anvers, la demeure du bourgmestre et mécène Nicolas Rockox se métamorphose en un somptueux cabinet d’art dans l’esprit du Siècle d’Or, mêlant aux œuvres de sa collection, des chefsd’œuvre du musée. Maison Rockox jusqu’au 1er janvier 2017 www.kmska.be Charles Fréger: Wilder Mann Depuis 1999, Charles Fréger poursuit un inventaire de portraits pris sous l’angle du costume. Qui sont ces gens qui enfilent des peaux de bêtes ou des tresses de paille ? Il nous dévoile un rituel étonnant, méconnu mais bien vivant de la culture européenne. Surprenant ! Musée de la photographie d’Anvers, jusqu’au 9 juin www.fotomuseum.be

ÿ FRÉGER, Certi, Czech Rep, 2010-2011 © Charles Fréger

Henry Van de Velde. Passion - Fonction - Beauté Cette année célèbre le génie d’Henry Van de Velde. Une rétrospective d’envergure en collaboration avec la Klassik Stiftung Weimar se tiendra au Musée du Cinquantenaire dès septembre. Peintre, décorateur, architecte, designer, pédagogue, Henry Van de Velde a fait une carrière internationale et laissé une œuvre impressionnante. Il est le fondateur de l’école de La Cambre dont les préceptes s’inspirent directement du Bauhaus. Musées Royaux d’Art et d’Histoire, à partir du 13 septembre www.kmkg-mrah.be

ANVERS Le Cabinet d’Or. Le Musée Royal à la Maison Rockox À la fin du XVIe et au début du XVIIe siècle, le climat artistique et économique d’Anvers en fait un centre important de production et de commerce d’articles de luxe. Beaucoup de riches collections s’y constituent.

Soie & Imprimés des archives Abraham. Couture in Colour Dans les années 50-60, Yves Saint Laurent, Christian Dior, Hubert de Givenchy et Cristóbal Balenciaga font appel aux soieries Abraham pour la confection de leurs tissus les plus précieux. Le MoMu a demandé à Dries Van Noten, Diane Von Furstenberg et Peter Pilotto un travail à partir d’une sélection d’imprimés tirés de l’important fonds d’archives conservé à Zurich. Musée de la Mode, jusqu’au 11 août www.momu.be

conservé en mains privées jusqu’à son rachat en 2007 par la Bibliothèque royale de La Haye. Il constitue le plus ancien recueil de chansons de nos régions. Des objets d’art illustrent le climat culturel, social et religieux qui régnait à Bruges au XVe siècle. Le Musée Gruuthuse, jusqu’au 23 juin www.bruges.be

HORNU I Love You Mummy. I Hate You. Maria Marshall Les films de la vidéaste Maria Marshall empruntent leurs thèmes à l’enfance et restent dans les mémoires longtemps après les avoir découverts. En 2002, la présentation d’une de ses œuvres au Mac avait déjà suscité une émotion forte auprès du public. Mac’s, jusqu’au 2 juin www.mac-s.be

OSTENDE L’alphabet stellaire de E.L.T. MESENS (1903 – 1971) En suivant un parcours chronologique jalonné des différentes villes où E.L.T. Mesens a séjourné, on découvre l’importance de son rôle dans le développement du surréalisme en Belgique et son influence dans la diffusion du surréalisme belge à l’étranger. Mu.ZEE, à partir du 6 juillet www.muzee.be

GAND

LOUVAIN

Modernisme. L’art abstrait belge et l’Europe (1912-1930) Première grande rétrospective, depuis plus de vingt ans, consacrée à l’avant-garde des années ‘20 en Belgique. Les beaux-arts, l’architecture et les arts décoratifs, la typographie et la photographie, le cinéma et la musique, la littérature et le théâtre y sont représentés. Les protagonistes belges y côtoient leurs contemporains européens. Musée des Beaux-Arts de Gand, jusqu’au 30 juin www.mskgent.be

Ugo Rondinone Ugo Rondinone travaille depuis 2010 sur la série « Nudes » qui est présentée ici. Ces grandes figures de bronze grandeur nature, apparemment dénuées d’expression, nous attirent par leur présence émotionnelle. M-Museum, du 27 juin au 6 octobre www.mleuven.be

BRUGES Amour et dévotion. Le manuscrit de Gruuthuse Compilé à Bruges vers 1400, ce manuscrit a été

Sensible à l’importance de sa responsabilité sociale en matière de culture et d’art, Puilaetco Dewaay soutient le Palais des Beaux-Arts en tant que BOZAR Patron.

ENGINE CAPACITY: 3799 CC - MAX POWER: 530 HP @ 6500 RPM - MAX TORQUE: 710 NM @ 2250 RPM (IN OVERBOOST, OTHERWISE 650 NM @ 2000 RPM) - MAX SPEED: 307 KM/H - 0-100 KM/H: 4.7 SECS - FUEL CONSUMPTION (COMBINED): 11.8 L/100KM (23.9 MPG) - FUEL CONSUMPTION (URBAN): 17.4 L/100KM (16.2 MPG) - FUEL CONSUMPTION (EXTRA URBAN): 8.5 L/100KM (33.2 MPG) - CO2 EMISSIONS: 274 G/KM

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