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Feuille des Chênes n° 3 (été 2012)

a feuille des chênes… La feuille de l’association « Vivre à Presles » -

N° 3 . ETE 2012 ( gratis )


Feuille des Chênes n° 3 (été 2012)

L’EDITO … ou TARD Le lien? Encore un vaste sujet. Des liens il en est de toutes sortes. La ficelle de la botte de foin, la route qui nous relie à la vallée, les fils de téléphone ou de l'électricité. La plupart ont en commun des services qui nous manquent cruellement dès qu'ils sont rompus, brisés. Mais qu'en est-il des liens entre les humains?

par le comité de rédaction.

tres par le biais d'événements qui se déroulent sur le plateau; Jazz à Presles, Ecran libre, la vogue, la charbonnière... Autant de chances pour les preslins de se rencontrer, de partager et pourquoi pas se lier d'amitié?

Alors bien le bonjour à tous et nous espérons sinon vous convaincre, vous L'été qui approche, amorce un regain rencontrer bientôt. d'occasions de se lier les uns aux auLe courrier des lecteurs ---------------------------Enchanté ou désolé à la lecture de la Feuille des chênes, si vous souhaitez rebondir sur un sujet , formuler une critique ou une idée concernant ce bulletin , cette rubrique vous est réservée . Faîtes parvenir vos courriers signés à l’association « Vivre à Presles » , le comité de rédaction publiera tous les articles , sans aucune censure. Le Comité de rédaction : Claviers , courriers , crayons L. Berardet , D. Buissiere , E. Cottey, V.Dumas , M. Hareau . Merci à Dominique Duhaut pour les corrections, la mise en page et l’impression. Les articles et les illustrations n’engagent que leurs auteurs . Leur parution est sous la responsabilité de la rédaction . - 150 tirages de ce numéro - distribution boîtes aux lettres de Presles. --

Dépôt lieux publics de Presles

- Envoi aux électeurs de Presles Contact : Association « Vivre à Presles » Le Faubourg - 38680 Presles Courriel : associationvivreapresles@laposte.net

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Photo de couverture, collection Musée Dauphinois extraite du livre : « Vercors autrefois » de F. et C. Gardelle Edition Fontaine de Siloé


Feuille des Chênes n° 3 (été 2012)

Le Vieux Il réside loin du village celui qu’on nomme « le vieux ». Il habite une vieille ferme un peu délaissée depuis que ses douleurs lui rappellent son âge à chaque changement de temps. Quand le soleil s’invite devant sa porte, il s’installe sur le banc de bois. Il suit du regard le chemin goudronné qui serpente sous la garde des lignes de téléphone et d’électricité. Ces liens comme un cordon ombilical le rattachent à ses semblables et le rassurent. Il s’est abonné au journal local pour la visite régulière du facteur, apportant ses bonnes et ses mauvaises nouvelles, autre lien précieux à la campagne Depuis des années, les factures et la publicité ont pris la part de roi dans cette distribution, les lettres personnelles se faisant rares. Pourtant, la découverte de quelques vieilles lettres oubliées dans un carton poussiéreux abandonné au grenier, est un petit bonheur. Vieilli par le temps le papier deve-

nu friable a pris l’odeur et la couleur des roses fanées. On ouvre les enveloppes avec délicatesse comme un écrin précieux. Puis vient la récompense. Ecriture à l’encre violette, avec ses pleins et ses déliés, légèrement penchée pour ne pas paraitre arrogante, la lettre chuchote alors ses secrets. Aujourd’hui, on ne correspond plus, et c’est dommage. Les échanges deviennent virtuels laissant pour compte les sans PC1. Zéro papier pour ne pas abattre un arbre, alors que la pub qui nous ensevelit s’en charge. En 1754, un de ses aïeuls « au vieux » avait été consul à Champeverse sous l’ancien régime avant que La Poste ne devienne service public. C’était le destinataire qui payait pour recevoir les missives. Dans le cadre des tailles royales concernant la construction des routes voilà ce que disait un de ces billets : 1 : Personnal Computer (ordinateur personnel)

A messieurs Officiers Du Roy, Messieurs Les Officiers de la Communauté de Presle, et Champaverse Tullin le 15 fevrier 1754 Messieurs Ensuite des ordres de Monseigneur d’intendant et de la Lettre de Monsieur Goy, Ingenieur des Ponts et Chaussées, vous ne ferés fautte de vous rendre a Tullin Vendredy prochain compté le 22° du present avant midy pour declarer devant moy les propres forces des habitans tant en personnes qu’en bestiaux de votre Communauté et ensuitte reconnaître les taches personnelles que j’assignerés à un chacun au bas de la montée de Chantesse à la decharge de la Communauté de rancurel contenant trente toises de longueur ou je fixeré la quantité des toises, pieds et pouces, que chacun devra faire suivant ses forces, Et suis très parfaittement avec considerations Vous payeray au porteur de la présente trois livres et un reçu de la présente Messieurs Votre très humble et très obeissant serviteur J Peronnet Entrepreneur

Mais motus et bouche cousue! « Le vieux » ne vous dira rien. Une indiscrétion pourrait parvenir aux oreilles de quelques banquiers voraces ou de grands argentiers rêvant de privatiser La Poste. Cela leur donnerait de mauvaises idées à ces gens là. Pour ne pas trébucher dans l’oubli des autres, « le vieux » tient à son service public. Jeanine Dupoux-Peysson

Philippe Geluck « le meilleur du chat »

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Feuille des Chênes n° 3 (été 2012)

UNE ASSOCIATION SIMPLE, ET DES PERIPETIES BIEN COMPLIQUEES La petite histoire du pont à bascule de Presles Les routes de Presles vers Pont en Royans et Saint ¨Pierre de Chérennes sont construites à la fin du XIX° siècle. Les échanges vers les vallées se multiplient. Bois d’œuvre ou de chauffage, charbon de bois, foin, animaux domestiques : on les descend pour les vendre. Mais pour bien vendre, il faut vendre au juste poids. La solution : un pont à bascule. Mais comment faire quand on n’en a pas ? Etape 1 : les habitants s’unissent pour construire un équipement nécessaire à la commune Discussions, réunions, appels à volontaires : ce n’est pas facile de se mettre d’accord sur un projet commun. A la fin, tope là, la décision est prise, les volontaires pour financer le projet mettent la main à la poche, et, enfin, en 1908, le projet devient réalité. Pour 1 566 francs de l’époque, ça y est : Presles a son pont à bascule. Financé par les Preslins, il est construit sur un terrain communal, en plein centre du village pour offrir le maximum de commodité. Toutefois, après trois ans de fonctionnement, il paraît plus simple d’en confier la gestion à l’autorité communale. Etape 2 : la commune vote pour l’acquisition du pont, à un prix très amical. Donc, le 17 novembre 1911, la municipalité se porte acquéreuse du dit pont, pour une somme de 1080 francs, inférieure de 486 francs à son prix de revient, trois ans plus tôt. Tout irait bien, sauf que … Sauf que la préfecture s’en mêle. Tout va devenir beaucoup plus compliqué. Etape 3 : tout se complique : la Préfecture oppose son veto ! Le 28 janvier 1912, réunion d’un conseil extraordinaire. La Préfecture refuse la transaction. Le traité de vente intervenu entre les copropriétaires du pont à bascule de Presles et la commune de Presles a été retourné par la Préfecture qui fait remarquer que divers conseillers municipaux ayant pris part à la délibération du 17 novembre semblent être intéressés 4

par cette vente et qu’en conséquence, cette délibération tombe sur le coup de l’article 64 de la loi du 5 avril 1884 et devient annulable. Il y aurait soupçon de prise illégale d’intérêt ! C’est vrai que sur les 10 élus ayant voté, 6 sont vendeurs à titre privé et acheteurs à titre public. Etape 4 : on revote, à la demande de la Préfecture. Ils se retirent. Le doyen d’âge, Joseph Glénat, préside le conseil réduit à 4 membres. Après délibération ils votent la résolution du 17 novembre. Le pont à bascule établi sur un terrain communal de la commune de Presles, appartenant à plusieurs propriétaires est acquis par la commune de Presles, moyennant la somme fixe de 1080 francs. Ouf, c’est réglé. Non, au contraire, tout se complique. Etape 5 : mais maintenant, il faut un expert pour statuer ! Maintenant que l’Etat s’en mêle, il va falloir d’abord contrôler l’estimation du bien, et donc nommer un expert extérieur pour vérifier le bien-fondé du montant de la transaction. Cet expert, Mr. Vial, est nommé. Ses constats ? Que ce pont à bascule emplacé à l’est du bâtiment communal servant à l’usage de mairie, en bordure du chemin vicinal de Presles au Charmeil, est bien situé et ne gêne nullement la circulation. Que l’appareil de pesage fourni par la maison Troyvoux de Lyon, d’une force moyenne de 6 000 kg, est à l’état de neuf. Que les murs de la fosse et du soutènement ont été construits dans de bons matériaux, que l’appareil est accompagné de 510 kg de poids de fonte destiné à la vérification. En conséquence, il considère : Que ce pont à bascule est d’une réelle utilité aux habitants de la commune … Que la vente est consentie à une somme bien inférieure au prix de la construction … Que l’appareil étant à l’état de neuf, la commune de Presles bénéficierait ainsi d’une forte réduction et ferait une acquisition nécessaire.


Feuille des Chênes n° 3 (été 2012)

Par ces motifs, l’expert soussigné conclut à ce que la commune de Presles. fasse l’acquisition du pont à bascule sus énoncé moyennant la somme totale de 1080 francs. Voilà. C’est fini. Les requêtes de l’administration sont respectées. La municipalité peut racheter le pont à bascule comme souhaité. Hélas, non. Un dernier problème reste à régler. Etape 6 : oui, mais, à qui rachète-t-on ce pont ? A qui la commune va-t-elle racheter le pont ? L’association de départ est une association de fait, sans autre existence que la bonne volonté des participants. Elle n’a aucune existence légitime. Après l’expert, le notaire … M° Emile Perrin, notaire à Pont en Royans, va faire appel à deux témoins domiciliés à Pont. Mr. Auguste Perrier, négociant, et Mr. Aimé Guge, cafetier, vont témoigner … parfaitement savoir qu’une association de fait, c’est-à-dire sans qu’aucun écrit ne le constate, existe depuis le courant de l’année 1908 entre les 23 propriétaires pour la construction à frais communs d’un pont à bascule … Bref, la société de fait est reconnue le 12 juin 1912, et l’Etat par les soins de Mr. Le percepteur des contributions directes de Saint Romans pourra régler la somme au liquidateur, Mr. Joseph Attuyer, charge à lui de la répartir entre les intéressés. Ah, au fait ! L’histoire ne se termine pas là. Il y a des frais d’enregistrement de la vente à payer. Comme il y a eu entre temps changement de conseil municipal, une nouvelle délibération du conseil a lieu, pour régler les frais notariaux de 122,65 francs. Une fois la propriété de la mairie bien établie, celle-ci se rend compte qu’elle est incapable de l’exploiter directement. Elle met en location le pont à bascule auprès d’un particulier pour 50 francs de loyer annuel. Le pont à bascule va fonctionner jusqu’au début des années 2000. Mais qui se souvient encore des péripéties de sa naissance et de l’association qui l’a créé ? Cet article est dédié à la première association connue de Presles et à ses membres fondateurs : Joseph Attuyer Hôtelier , Julien Belle Cultivateur, Désiré Blay Propriétaire, Aimé Fillet Propriétaire, Auguste Girard Propriétaire, Alphonse Guillermet, Julien Idelon Propriétaire, Joseph Inard Propriétaire, Eugène Inard Propriétaire, Frédéric Manthe Propriétaire, Marius Penon Propriétaire, Célestin Philibert Propriétaire, Julien Philibert Propriétaire, Félicien Raymond Propriétaire, Edmond Rousset Propriétaire, Auguste Rozand Propriétaire, Félicien Rozand Propriétaire, Clémentine Inard veuve Rozand Propriétaire, Ludovie Vincent veuve Julien Dubouchez Propriétaire, tous habitants et domiciliés à Presles, ainsi que Julien Glénat, fermier, demeurant à Murinais, Auguste Pellat Finet, agriculteur demeurant à Beaulieu, Joseph Tomasset, cultivateur demeurant à Chevrières.

- Samedi 7 juillet - The Broken Brothers Vincent STEPHAN, trompette Hervé SAILLARD, sax Antoine LAVILLE, piano Nicolas DIEUDONNE', batterie Pascal FANCEA, contrebasse - Samedi 14 Juillet - carte blanche à Olivier TRUCHOT myspace.Olivier Truchot - Jeudi 19 Juillet, en collaboration avec l'association l'ARS - Samedi 21 Juillet - David Bressat Trio www.davidbressat.com - Samedi - 4 août - Gadjo Loco Guillaume FAURE, Banjo/Guitare Jérémie Soulas, Harmonicas/Saxophones Simon JAMILLOUX, Guitare Julien DELOOZ, Cajon Frederic BRET, Contrebasse www.gadjoloco - Samedi - 11 août - Fabrice Tarel Trio Fabrice Tarel, piano Gil Lachenal, contrebasse Sébastien Mourant, batterie www.myspace.fabricetareltrio - Samedi 18 août - Michel Fernandez Trio Claude BAKUBAMA, basse Max FUERIS, batterie Michel FERNANDEZ, saxophones www.michel-fernandez.com 5


Feuille des Chênes n° 3 (été 2012)

Restaurant Le Dragon Vert … entre le village et les falaises de PRESLES Renseignements et réservations au :

Cuisine « fait maison » à partir de produits frais…

04 76 36 12 96

Programme d’évènements de l’été 2012 : Sur réservation

Jeudi 5 juillet

Repas – Spectacle

- 19h

6€ enfant, 9€ adulte (Spectacle et plat)

Cie Objet Sensible

« Dormir, moi ? Jamais ! » Théatre, marionnette, musique L’histoire d’un enfant roi. Toute la journée, son conseiller l’aide. Mais quand vient l'heure du coucher, c'est la guerre... www.marionnette-en-isere.org/repertoire_objetsensible.htm

Vendredi 20 juillet - 20h

Repas – Concert :

17€ adulte (Concert et plat)

« NAÏAS » Musiques populaires, rock acoustique virevoltant avec langues et rythmes caniculaires, de folk enragé nourri aux eaux vives de Méditerranée www.myspace.com/NAIAS

Mercredi 1 août - 21h30

Projection plein air dans le cadre du festival ciné itinérantes

Gratuit (Restauration possible sur réservation avant la projection)

« de l’écrit à l’écran » « Le pas de côté » Benoit Keller

Film documentaire

Ma mère rêvait d’une autre vie. Un jour, elle a tout abandonné pour quelques chèvres et elle nous a emmenés, mon frère et moi, sur une montagne dont elle ne connaissait rien. www.ecranlibre.fr Dimanche 12 août - 19h

Repas – Concert - Bal :

Prix à définir… (Concert, bal et menu)

« Rural Café » Musique traditionnelle du Vercors, Dauphiné … des douceurs occitanes aux brumes celtes, des saveurs du terroirs aux épices de l’Orient. www.ruralcafe.com OU myspaceruralcafe

Tout l’été : « Au passage » Pizzas maison avec fromages du Vercors 7,50€ Plat du jour à partir de 9,00€ « Sur réservation » Grands menus à partir de

21,00€ et 28,00€

Spécial desserts d’été Glaces et sorbets maison : Fleur de sureau, pétale de rose, cassis, groseille, framboise, mûre, yaourt vanille ... ** Dans tous les cas camping sur place possible. Téléphoner pour renseignements supplémentaires **

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Feuille des Chênes n° 3 (été 2012)

LE MOT du Président de l’association L'association vivre à Presles est dans sa 4e année d'existence. Lors de l'assemblée générale du 10/12/2011, le conseil d'administration a été reconduit à l'identique (voir le n°2 de la feuille des chênes). Le thème de ce 3e journal de la feuille des chênes est le lien. un mot simple en apparence. L'association rassemble ses membres tous les premiers vendredi de chaque mois pour échanger autour de quelques victuailles. L'association a tenu buvette juillet 2011 pour ponctuer certains temps forts d'écran libre. Ne manquez pas le programme d'écran libre dans ce même numéro. Nous réaffirmons notre partenariat pour cette année 2012. Il est noté dans l'excellent édito du n°2 que "que l'on s'entende ou pas, nous vivons tous à Presles, l'avenir de la commune nous est commun! Qu'il soit décidé par les uns ou par les autres nous aurons à le partager ou le subir. Aussi il est important que chaque preslin soit pris en compte." Par ailleurs dans ce même numéro 2, nous rappellions que nous avons interpellé la mairie afin qu'elle organise une réunion publique préalable à l'élaboration d'un document d'urbanisme. Depuis, le conseil municipal a délibéré pour mettre en place une carte communale. Nous constatons que la municipalité n'a pas fait part de ce projet dans le journal municipal. Nous regrettons l'absence d'information et de réunion publique préalable. L'élaboration d'un document d'urbanisme engage l'avenir de la commune. Nous restons attentifs. Une aire de lavage et un magnifique garage pour VTT ont été inaugurés sur la commune de Presles. Notons que L'association Vivre à Presles a interpellé et continuera d'interpeller la municipalité à propos de l'usage de certains chemins car la situation n'a pas évolué depuis le dernier numéro de la feuille des chênes. L'association n'a toujours pas de local communal pour se réunir. L'association vivre à Presles accueille l'association Atravercors qui réalisera une charbonnière grandeur nature à l'automne 2012. Une soirée a été organisée à l'occasion de la coupe de bois au printemps 2012 lors du week-end "prolongé" du 1er mai. Musique de tôt à tard, omelettes succulentes, soupes et mets partagés ont participé à créer un peu plus de lien avec nos amis d'Atravercors. Un grand merci à toutes et tous. Tout cela ne tombe pas mal, c'est un peu le thème de ce journal : le lien, simple en apparence. Dominique Buissière

« Si un enfant murmurait à l’oreille des vagues un simple « bonjour » répété à l’infini. Il lui serait alors agréable d’entendre les vagues lui répéter le « merci, tu veux jouer ?» de son ami inconnu de l’autre rivage. Les mers et les océans qui nous séparent seraient alors un lien entre nous ». Jeanine Dupoux-Peysson « Le tien, le sien, le mien,… le lien ! » Il y a les forts et les faibles, les hauts et les bas, les absents et les présents, les historiques et les nouveaux, les lointains et les proches,…, toujours les liens se tendent, se détendent, se retendent. Le plateau de Presles relie ses habitants, se relie à l’en-bas comme aux ailleurs. Presle relit son histoire et écrit son avenir au quotidien. Il y a ce lien avec le monde. Il y a les poteaux de la route de Presles, l’électricité et le téléphone comme seules connexions câblées avec l’extérieur. Il y a les satellites et internet, les quotas non atteints ou dépassés, la modernité qui permet à l’ailleurs de n’être jamais bien loin. Il y a le réseau des luttes, qui se tisse d’une maison à l’autre. Il y a cet enchevêtrement des personnes qui se regroupent, rient, discutent, se disputent, se réconcilient... Il y a ce lien avec l’époque. Il y a les voix et les voies des falaises. Il y a ces voix d’adultes et d’enfants résonnant sur les rochers. Il y a les voies tracées par les spits, les mousquetons et les cordes, habitées par les grimpeurs, femmes et hommes accrochés, soutenus, portés. Reliés ! Il y a les routes improbables taillées dans la roche, les chemins plus ou moins tracés pour aller d’un hameau à l’autre, d’un lieu-dit à l’autre, les sentiers de randonnée qui canalisent le flux des arpenteurs du luxe sans prix de l’espace des Coulmes. Il y a ce lien avec la nature. Dans mon Amer, entre autre point de repère remarquable du plateau, il y a les voix et les voies de Presles et d’ailleurs. Il y a le piège des toiles d’araignées. Il y a ces mésanges silencieuses et colorées, messagères hagardes et affolées, pas toujours comprises. Il y a l’amour qui vient sans prévenir et s’installe d’un regard. Il y a les amitiés qui entrent sans frapper, toujours bienvenues. Il y a ce lien avec l’humanité. Le plateau de Presles est bigarré, enchevêtrement de fils coloré savamment tissés. Chacun est responsable de son fil et des nœuds faits et défaits. Il y a le tien, le sien, le mien, … Il y a le lien… Ou plutôt il y a les liens, tellement fragiles, précieux, toujours à protéger. Le Gardien de Phare – novembre 2011

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Feuille des Chênes n° 3 (été 2012) Comment faire une charbonnière, de la construction au cavage... PRÉPARATION Il faut d'abord une plate-forme assez grande et parfaitement plate pour accueillir la charbonnière.Les charbonniers doivent pouvoir circuler autour de la charbonnière pour mille raisons, pour cela le bois ne doit pas occuper toute la plate-forme : laisser un mètre de couloir tout autour.Nous faisons des charbonnières d'environ sept mètres de diamètre pour une hauteur de deux mètres cinquante à trois mètres. Cela correspond à un volume de bois proche de 25 m3.Lors de la coupe, le bois est billé et refendu en bouts d'un mètre, pas plus ni moins, il est très important d'être le plus régulier possible ! CONSTRUCTION Il faut commencer par la cheminée : située au centre de la plate-forme, elle sera de section carrée d'environ trente centimètres de côté. Elle est construite avec du petit bois ligoté pour assurer sa stabilité.Ensuite, nous commençons a appuyer les bois d'un mètre contre la cheminée, nous les plaçons légèrement inclinés et non pas verticaux. Nous tournons autour de la cheminée en posant les bois un par un. Au bout d'un certain temps le premier rang est monté.Le plancher du premier

rang gravi, nous prolongeons la cheminée et commençons le deuxième rang, toujours en bouts d'un mètre.Nous parvenons au troisième et dernier rang que nous appelons la tête. Elle est constituée de bois plus courts qui sont quasiment couchés pour donner à la charbonnière sa forme de meule et former un dôme régulier.Au centre de la charbonnière se trouve la cheminée, encore ouverte à ce stade.Il est temps de dresser la robe. Chaque espace entre les bois des rangs doit être fermé par des bois de toutes longueurs et de diamètres plus fins afin de stopper les appels d'airs. C'est ce qu'on appelle la robe.Des peuillons (plaques de terre prises sur place) couvrent le tout pour assurer une étanchéité parfaite. Ceux-ci sont ensuite recouverts d'une fine couche de terre tamisée au préalable.La technique du peuillon n'est qu'une des multiples techniques possibles pour assurer l'étanchéité de la charbonnière, les charbonniers utilisent ce qu'ils trouvent à proximité pour parvenir à leurs fins.

Débardage avec « Dina » et François Charbonnière 2012 à Presles (38)

Construction de la cheminée Les photos de la charbonnière ont été prises aux Combettes (St-Martin-en-Vercors) en 2008.

Construction de la robe

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Feuille des Chênes n° 3 (été 2012) L'ALLUMAGE Du sommet de la charbonnière, avec des pelles, nous mettons des braises au fond de la cheminée. Puis nous la remplissons de petit bois jusqu'à son sommet.Nous fermons la cheminée avec une tôle. Les premiers jours, à intervalle régulier nous enlevons la tôle et remettons du petit bois. Le but est de faire monter le feu (braises) au sommet de la cheminée. Lorsque le feu est remonté, nous fermons définitivement la cheminée avec la même technique que pour la robe : bois, peuillon et terre. Ensuite, à l'aide du forégon, nous perçons des trous tout autour de la charbonnière, une trentaine de centimètres sous le sommet. Le feu redescend alors et charbonne le bois au passage. À la couleur de la fumée, nous savons si le charbon est prêt. Dès que c'est le cas, nous les fermons et en ouvrons d'autres en-dessous... et ainsi de suite jusqu'au sol. La combustion totale de la meule prend de deux à trois semaines. Durant tout ce temps, les charbonniers se relaient jour et nuit pour surveiller l'avancement de la combustion !Sachant qu'il faut 5 kg de bois pour obtenir 1 kg de charbon, on imagine aisément ce qu'il peut se passer. La charbonnière perd du volume et s'affaisse par endroits, ce qui peut créer des cratères ouverts permettant des appels d'airs malvenus. Il faut donc

"nourrir" la charbonnière en bouchant ces cratères par du bois et en reconstituant la robe pour l'étanchéité. Il est primordial de bien maîtriser les entrées d'air pour contrôler la combustion. LE CAVAGE le meilleur pour la fin !La charbonnière peut être refroidie quelques jours avant le cavage (extraction du charbon) de sorte qu'elle soit moins chaude quand nous l'ouvrons. Nous l'ouvrons donc a un endroit et sortons le charbon encore chaud dans les fumerolles moites, noires et très chaudes malgré tout. Au fur et à mesure que le charbon sort, il est humidifié avec de l'eau pour éviter qu'il brûle. Le trou d'ouverture est refermé, puis nous en ouvrons un autre à côté. De la même façon que pour la construction, nous tournons autour lors du cavage, jusqu'a ce qu'il n'y ait plus rien !Le charbon est étalé au sol et mis en sacs une fois totalement refroidi. Dans le cadre de la charbonnière de Presles, ( au l i eu di t du Ser r e Gr i er pr oche de l a r out e de Mar ot ) et étant donné l'exceptionnel jumelage de "Vivre a Presle" et "Atravercors", nous invitons les gens désireux de participer a venir nous rejoindre pendant toute la durée de la charbonnière, et ce de jour comme de nuit !!

Les dates à ne pas oublier ! - Samedi 15 septembre : l’allumage de la charbonnière ( montage les jours précédents ) - Samedi 6 octobre : le cavage, la vente du charbon, … et grande fête populaire ( cantine, buvette et musique toute la journée et concerts toute la nuit - programmation en cours - musicien(ne)s intéressés, appeler au 06 20 36 57 08 ). - Du 15 septembre au 6 octobre, tous les musiciens sont les bien venus, surtout le week-end ( acoustique !)

Combustion - « Charbonnier … Fais fumer ! »

Cavage

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Feuille des Chênes n° 3 (été 2012)

Et n’oublions pas le désormais célèbre rendez-vous de l’été …

De l’écrit à l’écran, 5ème édition 2012 … Du 16 juillet au 4 août 2012 Cette année, c’est le réalisateur Aurélien Vernhes-Lermusiaux qui viendra séjourner quelques semaines dans le Vercors pour commencer l'écriture d'un film long-métrage et encadrer un atelier de réalisation documentaire ouvert à tou(te)s. Né dans le sud de la France dans les années 80, Aurélien VernhesLermusiaux est diplômé du Fresnoy, Studio national des arts contemporains. II réalise des films de fiction et des essais documentaires :fracas des pattes de l’araignée (2012),jour où le fils de Raïner s’est noyé (2011),Le Rescapé (2010), The Passenger (2008), L'inconnu (2007), La Lèvre fendue (2006)...primés en festivals ; ses films ont aussi été diffusés à la Galerie du Jeu de Paume, au Centre Georges Pompidou ou à la Cinémathèque Française. Collaborateur régulier de revues de cinéma et intervenant dans différentes écoles d'art, il a aussi travaillé sur des films de André Téchiné, Youssef Chahine, Elia Suleiman, Sharunas Bartas, Richard Dembo, Jacques Audiard... Actuellement, il développe un longmétrage de fiction Nous ne garderons ni les fleurs ni le photographe et travaille à l’écriture d’un second Almeria. PROJET DE FILM DÉVELOPPÉ PENDANT LA RÉSIDENCE Pendant deux semaines, Aurélien Vernhes-Lermusiaux travaillera sur l'écriture de son prochain long-métrage: Almeria. «voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait ou vous défait.» Nicolas Bouvier, L’Usage du monde, 1963 L’ouragan Katrina a dévasté une grande partie de la Nouvelle Orléans, il y a tout juste 2 mois. Peter, 35 ans, a été réquisitionné pour tenter de réhabiliter les bâtisses encore debout. La ville en plein chaos et délaissée par le pays doit aussi supporter un conflit social qui se développe avec de plus en plus de virulence. Peter, jeune révolutionnaire utopiste, participe activement aux rassemblements. Alors que son quotidien se résume à mettre les mains dans la boue ou à se battre pour une égalité illusoire, un soir en rentrant chez lui, il découvre un message sur le répondeur de son téléphone. Un message en français qu’il comprend à peine, mais suffisamment, pour être en état de choc. Au bout du fil, Sandrine, une française se présente comme sa demi-sœur et lui annonce que son père qu’il n’a jamais connu est en train de mourir. Après plusieurs jours de réflexion et d’incompréhension, Peter décide de partir en France à la rencontre de l’homme et de la jeune femme. Alors qu’il part à la recherche de son histoire, à son arrivée à Toulouse le père vient de mourir. Face à Peter, Sandrine sous le choc qui ne parle pas un mot d’anglais et lui en colère qui ne connaît pas le français. Bloqué quelques jours sur place, Peter finit par accepter d’accompagner Sandrine jusqu’à Almeria en Espagne pour tenir une promesse… Lundi 16 Juillet, 20h Presles / Le Faubourg / Chez Valérie Vicat et Vincent Dumas SOIRÉE D'OUVERTURE PROJECTION RENCONTRE DU CINÉASTE INVITÉ Lors de cette première rencontre, le cinéaste en résidence cette année, Aurélien Vernhes-Lermusiaux, présentera le projet de film qu'il développera au cours de sa résidence «Almeria» et montrera un moyen métrage qu’il a réalisé: “Le Rescapé”. Le Rescapé (2010, France, 33 min.) Marc, un enfant d’une douzaine d’années, reprend conscience dans un champ. Il a le corps meurtri par de multiples blessures. De retour à son domicile, plongé dans un profond silence et dans un état d’hébétude, il provoque d’étranges réactions de la part de ses proches. Que lui est-il arrivé? Repli possible à l'abri en cas de mauvais temps Du Lundi 16 juillet au vendredi 20 juillet Châtelus / Chez Angélique Doucet / Ferme du clos ATELIER DE RÉALISATION DOCUMENTAIRE

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GRATUIT ET OUVERT À TOUS (À PARTIR DE 18 ANS) Gratuit et ouvert à toute personne désireuse d'apprendre les techniques de réalisation et de se confronter aux différents aspects de l'élaboration d'un film, cet atelier sera encadré par le cinéaste en résidence, Aurélien Vernhes-Lermusiaux. Pendant cinq jours, rejoignez l'équipe de tournage, et participez à la réalisation d'un documentaire dont le sujet sera choisi au début de l'atelier avec le réalisateur. ATTENTION : NOMBRE DE PLACES LIMITÉ! Renseignements et inscriptions : 04 72 78 05 74 / 06 63 98 90 36 Jeudi 19 juillet, 20h30 Saint-Martin-en-Vercors, Salle des fêtes PROJECTION et DISCUSSION Images du vieux monde (1972, Tchécoslovaquie, 66 min.) Un film documentaire de Dusan Hanák Dusan Hanák a rencontré de vieux paysans slovaques photographiés par Martin Martincek et leur a demandé quelles étaient les valeurs qui donnent sens à leur vie. Le film donne la parole à ces personnes qui ont gardé ou acquis avec la vieillesse le sens de l'essentiel, en dépit de la solitude et de leurs conditions de vie très dures. « C'est un film sur la force morale et la beauté intérieure de nos grands-pères.» des valeurs qui manquent souvent à l'homme d'aujourd'hui. » Soirée co-organisée avec le CPIE Vercors, en écho aux rencontres cinématographiques de St-Julien-en-Vercors Vendredi 20 juillet, vers 21h30 Saint-André-en-Royans / Au Gîte "Les Arnaux" / Route de Presles PROJECTION DEBAT CHEZ L'HABITANT Bernard Sasia, monteur des films de Robert Guédiguian Projet de documentaire (France, 2013, 80 min) Depuis trente ans, Bernard Sasia accompagne la réalisation des films de Robert Guédiguian, cinéaste auteur de nombreux films tels que "Marius et Jeannette". Bernard Sasia prépare aujourd'hui un documentaire sur son travail de monteur et leur collaboration. Séance "work in progress", suivie d'une discussion avec le public, en présence de Bernard Sasia. Repli possible à l'abri en cas de mauvais temps Dimanche 22 Juillet, 18h, Châtelus / Ferme du Clos / Chez Angélique Doucet DIFFUSION DU FILM D'ATELIER Après la projection du film court réalisé par les participants à l'atelier, nous vous proposons d'échanger autour d'un verre. Petite restauration, façon casse croûte proposée par la Cabane Mardi 24 Juillet, 21h30 Presles / Place du village PROJECTION EN PLEIN AIR Le Chat du Rabbin (2011, France, 100 min.) Un film de Joann Sfar et Antoine Delesvaux César du meilleur film d’animation en 2011 A partir de 6 ans Alger, années 1920. Le rabbin Sfar vit avec sa fille Zlabya et un chat espiègle qui se met à parler pour ne dire que des mensonges. Le


Feuille des Chênes n° 3 (été 2012) rabbin veut éloigner le chat de sa fille, mais le chat est prêt à tout pour rester près d'elle, et même à faire sa Bar Mitsva ! Bientôt un peintre russe débarque dans la communauté, et entraîne dans sa suite une petite troupe pour partir en quête d'une Jérusalem imaginaire, en Afrique, où vivraient des Juifs noirs. Repli possible à l'abri en cas de mauvais temps Jeudi 26 Juillet, 21h30 Presles / Chez Eziò / Auberge de Presles PROJECTION A L’AUBERGE Zabriskie Point (1970, USA, 107 min.) Un film de Michelangelo Antonioni Los Angeles, 1969. La contestation grandit dans les milieux universitaires. Marc, un jeune homme solitaire, est prêt à mourir pour la révolution. Témoin d 'une fusillade au cours de laquelle un étudiant noir est abattu par un policier, il s'apprète à risposter quand soudain le policier est abattu. Restauration possible à l’auberge avant la projection Repli possible dans l’auberge en cas de mauvais temps Vendredi 27 juillet, 21h30 Presles / Au gîte Le Charmeil PROJECTION CHEZ L'HABITANT Un ange à Doel (2011, Belgique, 76 min.) Un film documentaire de Tom Fassaert Doel est un village qui encombrait l’expansion mégalomane du port d’Anvers depuis des décennies. Alors que le village commence à être démoli, et ses habitants expulsés, Émilienne décide de résister et de rester chez elle. Petite restauration proposée sur place par Boui-Boui Repli possible à l'abri en cas de mauvais temps Samedi 28 juillet, 21h Saint-Julien-en-Vercors / Les Alberts / La Grange des Drôles / Chez les Aussibal PROJECTION CHEZ L'HABITANT

Presles / Au restaurant Dragon Vert / entre le village et les falaises PROJECTION A L’AUBERGE Le pas de côté (2012, France, 62 min.) un film documentaire de Benoit KELLER Renouer avec la nature, vivre de ce que nos mains sont capables de produire, retrouver la simplicité des choses… Ma mère rêvait d’une autre vie. Un jour, elle a tout abandonné pour quelques chèvres et elle nous a emmenés, mon frère et moi, sur une montagne dont elle ne connaissait rien. Restauration possible à l’auberge avant la projection Repli possible à l'abri en cas de mauvais temps Par ailleurs, dans la journée du 1er Août, Benoit Keller, Samuel Aubin, ainsi que les réalisateurs du film « Passages » participeront à l'atelier de réflexion « Laboratoire de Paysages » animé par Catherine Flament / Un Comptoir d'édition afin de préparer l'édition d'un DVD qui comprendra plusieurs films réalisés dans le Vercors. Le DVD sera accompagné d'un livre qui développera la question « comment les images produisent-elles aussi les paysages ? ». Il inclura notamment « Passages » film d'atelier réalisé dans le cadre de la résidence « De l'écrit à l'écran » 2008 et le film « Paysages du Vercors » réalisé par Samuel Aubin en 2011 pour le Parc du Vercors. Jeudi 2 août, 21h30 Choranche / Chez Bruno Bégou / la Ranconnière PROJECTION CHEZ L'HABITANT La main de Dieu (ou la queue du renard) (2010, France, 87 min.) Un film de François Sculier Suite à des incendies meurtriers en Grèce, un réalisateur français parcourt en solitaire les chemins du Péloponnèse avec l’intention de filmer les villageois dans la reconstruction de leur existence. Mais, il se heurte à un obstacle majeur : la langue.

Tahrir, Place de la Libération (2011, Italie, 90 min.) Un film documentaire de Stefano Savona

Repas partagé autour de ce que chacun aura amené Repli possible à l'abri en cas de mauvais temps

Le Caire, février 2011, révolution en Egypte: Elsayed, Noha et Ahmed occupent la place Tahrir jour et nuit. Les répressions sanguinaires du régime attisent la révolte : à Tahrir on résiste, on apprend à discuter et à lancer des pierres, à inventer des slogans, à défier l’armée et à préserver le territoire conquis – un espace de liberté où l’on s’enivre de mots.

Samedi 4 août, 18h Presles / Le Faubourg / Chez Valérie Vicat et Vincent Dumas

Repli possible à l'abri en cas de mauvais temps Repas partagé autour de ce que chacun aura amené

Après deux semaines d’écriture, Aurélien Vernhes-Lermusiaux, le cinéaste invité, nous fera part des avancées de son travail, dans le lieu même où il a écrit, à travers un premier jet de scénario lu par un comédien.

Mardi 31 juillet, 21h30 Pont-en-Royans / Aire de loisirs, au bord de la Bourne PROJECTION EN PLEIN AIR Benda Bilili (2010, Congo/France, 85 min.) Un film de Renaud Barret et Florent de La Tullaye Camera d’or au festival de Cannes et meilleur documentaire aux Césars 2011 Ricky avait un rêve : faire de Staff Benda Bilili le meilleur orchestre du Congo. Roger, enfant des rues, rejoint ces stars du ghetto qui écument la ville sur des fauteuils roulants customisés façon Mad Max. Pendant cinq ans, des premières chansons à leur triomphe dans les festivals du monde entier, Benda Bilili nous raconte ce rêve devenu réalité. Repli possible en cas de mauvais temps à la salle des fêtes Mercredi 1er août, 21h30

SOIREE DE CLOTURE RESTITUTION DU TRAVAIL DU CINÉASTE LECTURE DE SCÉNARIO

Repli possible à l'abri en cas de mauvais temps Petite restauration proposée à l’issue de la projection par l’association Vivre à Presles INFORMATIONS PRATIQUES : Renseignements et réservations ECRAN LIBRE: 04 72 78 05 74 / 06 63 98 90 36 ecranlibre@ecranlibre.fr www.ecranlibre.fr « De l’écrit à l’écran » est organisé par Ecran Libre, association qui soutient la création de films, et mène des actions d’éducation artistique à l’image. Coordination: Samuel Aubin, Sébastien Escande. Coups de main régie/communication: Gérard Moine. Graphisme: Vergine Keaton. Cet événement est soutenu par la Région Rhône-Alpes, le Conseil Général de l’Isère, la Communauté de Communes de la Bourne à l’Isère et la Mairie de Presles.

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La

tribune

libre

Envoi texte : Association « Vivre à Presles » - Le Faubourg - 38680 Presles Courriel : associationvivreapresles@laposte.net

Ici, tout le monde peut s'exprimer ! Une idée, un avis, une astuce, une déclaration d'amour ou de guerre, on prend tout, pourvu que ce soit signé. Dans cette tribune pas de tabou, vous avez quelque chose à dire, vous l'assumez, alors faites nous parvenir vos articles ! -----------------------------------------------------------------------------------------inconnu, qui est venu pendant mon absence balancer Lundi 30 Avril, le bal des charbonniers. Quelle du débroussaillant, là où je vis. soirée! De la bonne musique, plein de gens venus Ces liens, je le crains, seront solides, malgré partager l'omelette le vin et la bonne humeur. Puis l'incompréhension face à la bêtise et à la l'après midi du premier Mai, sur la coupe de bois. méchanceté. Et là encore, autant d'occasions de tisser des liens. Ces liens, nous allons les conserver. Je n'arracherai Pendant ce temps là, à la porte de ma maison se pas ces petits cadavres végétaux. Je veux les garder tissaient d'autres liens; au milieux de cette nature magnifique, pour qu'à Le premier, fut olfactif, puissant, de ces odeurs que chaque fois que tu les vois, tu te souviennes que l'on ressent autant avec la gorge que le nez. Violent malgré les braves gens qui t'entourent, ton cœur, relent chimique, qui inquiète et dégoute. comme ces lavandes mortes, est noir et sec. Le second, visuel, le lendemain, quand les pissenlits, les orties et les lavandes devant la maison Laurent Bérardet ont commencé à se tordre. Morel 38680 Presles Le troisième, temporel, face à la lente agonie de ces formes de vie transformées en déchets toxiques. Ces liens je les ai tissés avec toi, courageux

La parole est aux touristes . . De passage à Presles pour une heure, un jour, un mois ou plus, si vous souhaitez partager vos émotions, vos souvenirs , envoyez votre texte à : Association « Vivre à Presles » - Le Faubourg - 38680 Presles Courriel : associationvivreapresles@laposte.net

Le coin des drageons Tu as moins de 18 ans, content(e) ou mécontent(e), Texte ou dessin, donne ton avis, ton impression . Alors ami(e) preslin(e), de cœur ou d’adoption, à tes crayons ! Envoi texte manuscrit ou dessin original avec accord des parents : Association « Vivre à Presles » - Le Faubourg - 38680 Presles ----------------------------------------------------------------------------------

Dessin de Hilario, 6 ans

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LE CHENE QUI PLEURAIT C’était un chêne qui affichait deux bons siècles ou peut-être plus. Il se tenait toujours bien droit au bord de la route départementale, deux kilomètres avant le village. La force qui s’en dégageait imposait le respect. Le promeneur contemplatif était aussitôt capté par l’énormité et la profondeur de son feuillage. Il faut dire aussi qu’il abritait un monde extraordinaire. Dans cette cage naturelle toute une société d’oiseaux s’était développée et installée. Dès que les beaux jours arrivaient, l’arbre respirait de mille gazouillis. Les femelles donnaient la becquée à leurs petits pendant que les mâles dans un incessant ballet aérien déposaient leurs récoltes de nourritures aux bords des nids. Tout en haut du tronc, à la naissance des branches maîtresses, un couple d’écureuils avait réussi à se faire accepter par toute cette myriade de passereaux. Des milliers d’insectes pullulaient dans l’infini labyrinthe de son écorce, tels des poux dans la tignasse des écoliers. Quand le vent faisait frémir tout ce monde-là, on entendait alors un concert d’orgue dans les ramures. Au compte-gouttes des années, le chêne avait fini par se fondre dans le décor naturel et quotidien des hommes. Les villageois passaient devant lui sans la moindre intention, le moindre regard, la moindre parole, car les arbres ont toujours aimé qu’on leur parle. Vous ne le saviez pas ?

« Alors vieille branche, comment vas-tu ? Qu’est ce que tu as grandi. Tu as une branche qui traverse

complètement la route maintenant. Elle surplombe le mur du cimetière. Tu fais de l’ombre sur la tombe de Mauricette. J’espère que tu ne souffres pas trop de la soif et que tes racines sont suffisamment mouillées dans leurs chaussons terreux. Tes glands sont magnifiques. Ils sont plus beaux que ceux de l’année dernière. Tes feuilles ressemblent à des petites mains de lutins ouvertes vers les hommes. Alors j’en profite pour t’en serrer une et porte-toi bien. Salut ! » Voilà ce qu’un arbre aimerait entendre de temps en temps de la part des humains. Mais comment peut-on parler à un arbre quand on a l’esprit dans un bas de laine ? La terre nourricière avait toujours donné aux gens du cru ce qu’elle pouvait, ce qu’elle avait de meilleur quand les paysans s’y frottaient humblement, à armes égales, sans machinerie excessive. Elle suffisait aux besoins de la population. Mais sont arrivés des guerriers de la terre aux appétits insatiables, assis sur des chevaux vapeurs qui déchiraient, qui broyaient, qui coupaient, qui vaporisaient. Les paysans disparaissaient peu à peu pour laisser la place à une triste relève : les agriculteurs. Ces mercenaires s’éloignaient de la terre puisqu’ils ne la touchaient plus. Le pacte séculaire était rompu. Les champs, les vergers, les vignes, les forêts étaient violés, condamnés à donner toujours plus. A partir de ce moment-là, les hommes ne voulaient plus savoir d’où ils venaient. Le passé encombrait leurs sillons. Pendant ce temps, le chêne se sentait tous les jours un peu plus malheureux, un peu plus orphelin, jusqu’au plus profond de ses fibres, lui qui connaissait une bonne partie de l’histoire du pays pour en avoir été le témoin. Ses souvenirs d’arbrisseau remontaient à la révolution, aux révoltes paysannes, quand l’odeur de la poudre se mélangeait à celle du sang. Il avait grandi dans la fureur des hommes. Durant la seconde guerre, il échappa de justesse à une amputation de son branchage en vue d’alimenter en gazogène les moteurs des automobiles. Mais il avait connu aussi des moments plus calmes et plus agréables. Il se souvenait des amoureux qui se donnaient rendez-vous à son pied et de tous ces cœurs enlacés gravés sur son écorce. L’été il avait accueilli des familles citadines qui profitaient de leurs premiers congés payés pour goûter aux joies du camping. Il était fier de leur faire de l’ombre de tout son feuillage. La serviette à carreaux dépliée sur l’herbe, la cochonnaille déballée, les cris des enfants qui résonnaient dans l’air tiède. Toute cette douce agitation le ravissait. Il avait été sollicité plusieurs fois par des photographes et des peintres du dimanche venus l’immortaliser et le croquer sur la toile et le papier glacé. 13


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Dans ces moments-là, il se sentait humain de tout son tronc, de toutes ses branches et aurait bien vêtu pour l’occasion l’habit de cérémonie afin d’honorer l’objectif et le pinceau. L’intérêt artistique qu’on lui témoignait le touchait beaucoup et il se disait que dans l’âme noire des hommes pouvaient poindre malgré tout quelques lueurs de bonté. Sa vie d’arbre avait été très riche en événements de tous ordres mais il y en avait un qui lui revenait souvent à la mémoire. Un qu’il n’a jamais oublié. Une histoire pas banale. Tonio, le fou du village avait disparu avec sa mobylette. Où était-il passé ? On avait quadrillé la campagne, mis deux épagneuls bretons sur le coup, sondé les puits, dragué la rivière, tout cela sans succès. Tonio s’était volatilisé. Volatilisé était presque le mot. Toutes les recherches avait étaient faites le nez dans les godasses comme si la terre avait aspiré Tonio dans son ventre. Il fallait savoir, et maintenant tout le monde le sait que seuls les fous peuvent s’échapper de l’attraction terrestre même avec une mobylette. Si on avait levé le nez plus haut. Il était làhaut le Tonio, dans son chêne, depuis quatre jours. Il s’y était hissé par la branche la plus basse et ensuite à l’aide d’une corde avait treuillé son vélomoteur dont les sacoches étaient pleines de noix et d’amandes. Sur le porte-bagages était accrochée une gourde en peau enroulée dans une couverture. Nul doute, il avait préparé sa retraite le Tonio. A la jonction de deux grosses branches, il s’était aménagé une petite plate-forme où il pouvait s’allonger en toute sécurité. 14

Pendant toute la durée de son séjour, bien calé contre l’écorce, dans sa forteresse végétale, il s’était senti à l’abri, loin du regard des hommes. Lové dans sa couverture, grignotant ses provisions de fruits secs, il ressemblait à un aiglon délaissé par sa mère. Le monde quelques mètres plus bas n’était pas le sien. La fuite de Tonio avait fait naître dans l’esprit du chêne un puissant sentiment de protection. Il avait avalé le fou du village et en avait fait son protégé. Les arbres sont peutêtre là pour ça aussi. Quand la société rejette certains de ses enfants, ils leurs tendent leurs branches. Tout se termina pour Tonio le matin du cinquième jour. Le facteur arrêta sa fourgonnette au bord de la route pour satisfaire un besoin bien naturel au pied de notre chêne ( ça sert aussi à ça un arbre ). Tout en se soulageant, son regard fut attiré par un éparpillement de coques d’amandes et de noix tout autour du tronc. Elles eussent été celles de glands, notre préposé n’aurait jamais levé la tête. Figé par la surprise, il resta une bonne minute le nez en l’air et la braguette ouverte. Tonio l’aiglon était làhaut, somnolant dans son nid. Une heure après le garde-champêtre accompagné de deux gendarmes et deux pompiers réussirent à faire descendre leur fou. On l’emmena à l’hospice le plus proche où la conscience collective finit par l’oublier. Peu à peu, le village s’était mis à l’heure du tourisme. Les temps étant ce qu’ils étaient, il fallait s’adapter pour survivre. On aménagea un terrain de camping. Pour ce faire, on rasa la grange d’Emile et on remblaya la mare aux


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cochons qui ne servait plus à rien vu qu’il n’y avait plus de cochons depuis belle lurette. Avec une subvention du département, Fonfon accepta d’agrandir sa boulangerie-épicerie, et Maurice le cafetier, sponsorisé par une boisson pétillante venue d’ailleurs, se mit à planter des parasols sur toute la place, entre chaque platane.

ribles frissons glacés tout le long de ses cernes. Comme un navire qui prend l’eau, il se sentit submergé dans la profondeur de ses cellules par une peur indescriptible. Un coup de fouet claqua dans son cœur. Sous le choc, il perdit la moitié de ses feuilles. Les premiers spasmes apparurent avec une violence inouïe. La sève creva l’écorce et des larmes pâteuses coulèrent le long des branches. Quelques-unes tombèrent sur la tête des bûcherons médusés. Ils n’avaient jamais vu un arbre pleurer. Et ce n’était pas fini. Maintenant les convulsions se portaient aux racines. Les secousses étaient si fortes qu’elles soulevaient la terre et finirent par y creuser de profondes crevasses. Agitées par de puissants tremblements, les racines se dégageaient d’elles-mêmes du sol, une par une, dans un bruit d’orage souterrain. L’arbre entier ne pouvait plus se contrôler. Une transe effroyable l’arracha à sa terre. Il se déracinait tout seul, par sa propre peur. La vision et l’intensité de ce spectacle avaient cloué d’effroi les trois hommes. Toutes les grosses racines qui servaient d’ancrage furent bientôt à l’air libre. Privé de point d’appui le chêne s’écroula lourdement dans un terrible craquement dans le cimetière. Il défonça le mur d’enceinte et écrasa et tua sur le coup ses trois bourreaux.

Le décor était presque dressé si on peut dire. Après un conseil municipal vite expédié comme à l’accoutumée, surtout quand l’ordre du jour portait sur la question de savoir s’il fallait arracher ou non le vieux chêne à l’entrée du village. Il gênait le passage des grosses caravanes et ses branches les plus basses risquaient de rayer leur toit. De plus ses racines soulevaient le goudron et formaient un dos d’âne dangereux pour la circulation A sa place on installerait une cabine téléphonique pour les campeurs. Le déracinement fut voté presque à l’unanimité. Une seule voix était contre. Celle de Gino, un cousin éloigné de Pendant plusieurs semaines, une profonde stupeur s’installa dans le village. Les gens se taiTonio. Tout s’explique. Ils sont arrivés un matin clair de juin. Trois bûcherons huileux et trapus qui parlaient haut et fort du match de foot à la télé. L’un d’eux regarda le chêne quelques instants. Non pas qu’il fût travaillé une seconde par un sentiment de remord vis-à-vis de l’acte qu’il allait commettre, mais simplement pour savoir comment lui et ses deux collègues allaient s’y prendre. Le chêne devina tout de suite leur intention. Dans son enveloppe d’écorce il se mit à trembler. Ses fibres se serrèrent et sa sève se figea. Il fut saisi par de ter-

saient. Seuls au café quelques habitués osaient faire allusion à l’arbre assassin. Sa carcasse fut tirée par deux tracteurs jusqu’à la place du village. Personne ne désirait récupérer le bois. Aucune main n’osait le toucher, comme on n’ose toucher un loup blessé à demi-mort, par crainte d’un dernier sursaut vengeur. Alors on le brûla comme on brûle les sorcières. Marcel MORATAL – Extrait de « Minus » Editions du Lampion ( Avec l’autorisation de l’auteur ) 15


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Dictons, jardinage, recettes, et petites annonces ... Charbonnier est maître chez soi :

Chacun est libre d’agir comme il l’entend dans sa propre demeure.

Envoi texte : Association « Vivre à Presles » - Le Faubourg - 38680 Presles Courriel : associationvivreapresles@laposte.net

Errare humanum est Perseverare diabolicum.

I l est dans la nature de l’homme de se tromper. Persévérer est diabolique.

Le mot du gland : L’AS-TU VU ? Le grand concours de la feuille des chênes n°2 était de localiser la partie manquante du cœur reconstitué par notre heureuse gagnante, Meije, qui comme promis a reçu notre considération et un magnifique lot, un plant de chêne truffier. Voici sa réponse : J’ai lu avec intérêt la feuille des chênes n°2. A la vue de la photo du concours, j’ai tout de suite reconnu ce souvenir. Des Bournets, (…) prendre le sentier jaune et vert en direction de Pétouze. On arrive à une maisonnette devant laquelle se trouve une croix en bois ornée d’un cœur (...) aux malheureux ventricules séparés,(…) posé en 1914 : « A nos mères, souvenir d’Uzel Désiré ». Cela fait des décennies que j’aime venir par là. Pour tout dire, j’enviais l’heureux possesseur de la maison bien cachée, à l’époque où je ne croyais pas l’eau et l’électricité nécessaires au confort d’une maison. En 2009 ou 2010, j’arpentais régulièrement les sentiers preslins (…) Le demi cœur était tombé sur le socle de la croix. J’ai hésité à l’emporter dans l’idée d’effectuer une délicate chirurgie cardiaque. Finalement j’ai trouvé douloureux de laisser l’autre ventricule tout seul sur sa croix … en me promettant de venir fixer l’autre moitié, espérant réunir « les mères ». Ce concours sera pour moi l’occasion de faire ma première action (réunion des deux ventricules) pour l’association dont je suis à ce jour la dernière adhérente en date...

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--------------------------------------------------------------Celui qui ne cherche pas la vérité est lâche ou imbécile, mais celui qui tait sciemment la vérité est un criminel Dixit Martin WINCKLER « Le chœur des femmes »

… et un gland , ça germe ! le prochain numéro paraîtra courant 2013, et fera l’objet d’un dossier non déterminé à ce jour.

Le grand concours n°3 … est

d’estimer le poids total de charbon au kg près , qui sera produit à l’occasion de la charbonnière, compte tenu que le bois coupé à charbonner est estimé à 30 stères. Envoyez votre réponse au journal ou sur le site de la charbonnière avant le 6 octobre 2012. Un tirage au sort parmi les bonnes réponses sera effectué le jour même pour désigner le gagnant qui recevra la considération de tous et un magnifique lot.


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