Issuu on Google+

MG1 Éducation socioculturelle

.com

Claude GACOIN

MANUEL


AVANT - PROPOS Un manuel de cours et un cahier d’activités permettent d’appréhender les trois zones définies dans le programme du module EG1 - Objectif 2 : Zone 1 - Les formes de communications interpersonnelles. Zone 2 - La communication médiatisée. Zone 3 - L’éducation artistique (initiation, analyse et réalisation). Cet ouvrage se veut concret et permet d’acquérir de manière active des savoirs et des savoirfaire permettant aux étudiants de s’insérer socialement et professionnellement pour devenir des acteurs de leur environnement. L’auteur a également fait le choix de couvrir abondamment l’ensemble du programme, permettant aux enseignants et aux élèves de faire un choix répondant au mieux à leurs attentes et aux projets qu’ils entendent mener.

Ce manuel a été réalisé dans le cadre de la convention de coopération signée entre l’APECITA et le ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche. Éditeur : Docéo Éditions Mise en page et illustrations : Michaël SANCHEZ Docéo Éditions - 5 rue de l’ancienne mairie - 92110 CLICHY ISBN : 978-2-35497-083-3 Imprimerie : AIRneed


SOMMAIRE ZONE 1 la communication interpersonnelle 1 2 3 4 5

Les éléments d’une situation de communication Le non verbal dans les relations humaines Les freins et obstacles à la communication Les entretiens professionnels Les réunions professionnelles

p. 6 p. 17 p. 20 p. 23 p. 28

ZONE 2 la communication médiatisée 1 2 3

La lecture de l’image La diffusion de masse de l’information par les médias Le s rôles éthiques et civiques des médias - Les enjeux citoyens

p. 36 p. 63 p. 74

ZONE 3 pratique socioculturelle 1 2 3

La photographie La vidéo Le son

p. 84 p. 96 p. 105

index

p. 110


4


ZONE 1

la communication interpersonnelle 1 Les éléments d’une situation de communication

p. 6

2

Le non verbal dans les relations humaines

p. 17

3

Les freins et obstacles à la communication

p. 20

4

Les entretiens professionnels

p. 23

5

Les réunions professionnelles

p. 28 5


1

les éléments d’une situation de communication

La communication se trouve dans l’interaction directe entre deux individus chaque fois qu’ils sont en relation, pour une question, une demande, une remarque, une consigne… Nous utilisons la communication interpersonnelle pour faire passer notre intention. Mais la relation «face-à-face» obéit à toute une grammaire de règles et à des procédures sans lesquelles la communication n’est pas possible. Les échanges interpersonnels n’ont pas seulement une visée instrumentale : ils sont aussi animés par un besoin de reconnaissance, des enjeux de positionnement, de pouvoir, d’identité… Ces échanges ne s’expriment pas seulement par la parole : les gestes, les postures, les regards constituent l’essentiel de la compréhension : «c’est la communication non verbale». L’école de Palo Alto, a posé les principes fondamentaux de la communication interpersonnelle. > La double contrainte > La notion de la distance > Le poids du contexte

SI

N

ATIO TU

L’école de PALO ALTO Cette petite ville près de San Fransisco, fut le lieu de regroupement de chercheurs en communication. Gregory Bateson dans un premier temps a introduit la notion de «double bind» (ce que l’on peut traduire par «double contrainte». Il s’agit en fait de qualifier une situation contradictoire et inévitable. Par exemple quand un individu dit à un autre «sois spontané», en obéissant, ce dernier n’est pas spontané ! Ces conflits sont à l’origine de la créativité et de la psychose. Dans le cadre professionnel, ces situations existent souvent. Exemple : si une personne a une charge de travail très importante et qu’elle n’est pas capable d’y faire face, une partie de sa tâche sera effectuée et l’autre ne le sera pas ! Mais ne pas faire cette partie de l’ordre reçu signifie que le travail ne sera pas effectué complètement. Dans tous les cas, on dira que cette personne ne fait pas son travail. activité

Recherchez, dans la vie courante, des exemples de situations similaires. 6


La notion de distance Dans l’émission d’un message, on trouve :

Dans la réception du message, la forme sensorielle intervient :

Des sensations extrasensorielles complètent cette approche :

• l’aspect corporel et gestuel, • la forme écrite, • visuelle, • audiovisuelle, • multimédia.

• la vue de loin et de près, • l’ouïe de loin et de près, • l’odorat de loin et de près, • le toucher, • la proximité, • le goût.

• par l’impression • par l’intuition, • par la prémonition.

Lors des relations avec autrui, il est normal de maintenir une certaines distance physique. En fonction de la culture des individus, elle peut varier (on est plus proche dans les pays du Sud que dans les pays du Nord). Plus le caractère des relations est intime, plus l’espace réservé est réduit autour de l’individu. L’espace intime se situe à l’intérieur d’un rayon d’environ 50 cm. Cet espace est réservé aux amis proches, famille, partenaires. Il permet et autorise le contact physique et tous les sens peuvent y être exacerbés. L’espace personnel se situe entre 0,5 et 1,2 m. Il ne permet pas le contact physique, mais permet les échanges (propos, documents... ) tout en assurant la confidentialité ou la discrétion. L’espace social se situe entre 1,2 et 3,6 m environ. Il permet des échanges aisés d’idées, en particulier lors de formations ou de réunions. L’espace public est au-delà. Il ne conserve pas une dimension humaine et autorise l’indifférence. Il est réservé aux enseignements magistraux, déclarations publiques, discours, spectacles divers... Par respect pour son interlocuteur il faut savoir prendre en compte ces distances. Un commercial, ou un supérieur hiérarchique, qui ne respecte pas ces distances aura du mal à faire passer son message. Ces quelques points permettent donc d’affirmer que dans une discussion, ou lors de la transmission d’une idée ou d’une consigne, beaucoup de facteurs peuvent intervenir.

Le poids du contexte Il pèse sur toute situation de communication. Il peut être plus ou moins déterminant et l’individu peut plus ou moins agir. Par exemple, dans un contexte hiérarchique rigide, le subordonné se doit d’exécuter les ordres ; cependant, la négociation est possible si la situation s’annonce difficile. Il existe plusieurs types de contextes : > Contexte technologique (transport, santé, NTIC). > Contexte socio-économique (mondialisation, richesse, croissance). > Contexte culturel (communautarisme, individualisme, famille). > Contexte institutionnel (état, lois, répression, institutions). 7


Un apprentissage nécessaire La communication interpersonnelle s’apprend et a besoin d’entraînement. Elle bénéficie d’outils, de méthodes et d’éléments de compréhension pour s’adapter à la situation en fonction : > de la cible (on ne parle pas de la même façon à son professeur ou à ses camarades) ; > des contenus (annoncer une naissance ou un décès dans une famille n’est pas exprimé de la même manière) ; > de la situation (négociation de son salaire ou discussion au bord de la piscine). activité

Jeux de rôle Par groupe de deux, imaginez des entraînements à la communication en fonction des critères ci-dessus. Analysez les différentes situations.

8


Le contenu de la communication interpersonnelle

La nature du contenu à communiquer comprend : > des faits > des opinions > des sentiments

« La dictature c’est ferme ta gueule »

Ces différents aspects sont sur des registres différents et doivent être transmis de façon adaptée, claire, afin que s’établisse une relation consensuelle. En ce qui concerne les opinions (sur la politique, sur les problèmes sociaux, sur les faits de société par exemple) il en va tout autrement. Il est parfois très difficile d’être en accord sur ces sujets, car chacun d’entre nous a sa propre idée sur la question, de par ses origines, son éducation, son milieu social. Ces avis divergent et faire accepter ses opinions à l’autre est un exercice très compliqué. C’est souvent le début d’une discussion sans fin, parfois avec conflit.

« la démocratie c’est cause toujours ! » D’après un dessin de «LOUP»

Une opinion peut-être évoquée par une méthode explicative, pédagogique et argumentée. Pour que le dialogue s’installe, une écoute réciproque est nécessaire. Il faut être en capacité d’écouter l’autre. Pour les sentiments, c’est un peu similaire. Chacun vit les choses de façon unique et on aurait tort de penser que l’autre a les mêmes ressentis que soi-même. Il faut être vigilant dans ce type de relation. Pour communiquer ses sentiments, il faut donc être patient, attentionné et encore une fois entendre au lieu d’écouter l’autre.

Pour avoir une communication productive et positive, une fois le problème du contenu clarifié, il faut tenir compte : > de la pertinence du moment, > de l’organisation du contenu, > de la façon de présenter les faits, > des opinions, > des sentiments. Il faut de bons réflexes, et avoir souvent le recul nécessaire.

Si l’on est sous l’influence d’une émotion, pensez-vous qu’il est facile de communiquer ? Donnez quelques exemples de cette situation.

L’idée de donner, de recevoir, c’est-à-dire d’instaurer un véritable échange, doit s’organiser et se construire. Il faut clarifier les enjeux. Quand les enjeux portent à conséquence, il faut travailler et réfléchir à sa communication… Par exemple lors d’un entretien d’embauche ou d’un oral d’examen.

Ne jamais oublier qu’une mauvaise communication est stressante, alors qu’une bonne communication fait avancer des projets vers la réussite. Dans une bonne communication les échanges d’informations sont fluides et chacun en dispose au bon moment. C’est un élément essentiel du management.

9


SI

N

ATIO TU

Les cinq règles de la communication 1 - On ne peut pas ne pas communiquer Le comportement a valeur de message et tout message a valeur de communication. De façon orale ou gestuelle, l’homme communique en permanence que ce soit au travail, durant ses loisirs, seul ou en groupe. 2 - Toute communication présente deux aspects : le contenu et la relation Tout message transmet une information mais induit également un comportement. Toute interaction suppose un engagement et définit par la suite une relation, c’est un indice. La relation, c’est la manière dont on doit entendre le contenu…, c’est l’ordre. La relation est donc une communication sur la communication. C’est ce que l’on nomme la métacommunication. Une relation saine est spontanée et donne priorité aux messages, donc au contenu. Une relation perturbée ou malade est une relation qui pose problème et parasite le contenu qui passe en arrièreplan pour perdre de l’importance. 3 - La nature de la relation dépend de la ponctuation des séquences de communication entre les partenaires On peut penser que l’interaction est un échange ininterrompu de messages. Or chacun ponctue ces messages à sa façon. Le problème posé est un problème de dépendance, de prééminence ou d’initiative. Notre vie sociale est structurée par un grand nombre de conventions culturelles admises ponctuées. Dans la vie courante, on parle de leaders, de «moutons» (que ferait celui-ci sans l’autre, qui a commencé... ?). Exemple : dans un couple, Monsieur regarde la télévision dans le canapé pendant que Madame fait la vaiselle ! Analyse : Monsieur pense qu’il en a fait assez durant sa journée. Il ne ressent pas le besoin d’en faire plus. Tandis que Madame fait des tâches ménagères et aimerait que Monsieur lui donne un peu d’aide. Ils ont des difficultés à parler de leur relation, à métacommuniquer. C’est une communication basée sur l’agression et qui fonctionne en dents de scie ! Source : journal Marianne - n° 641 - août 2009

10


4 - Les êtres humains usent simultanément de deux modes de communication : digitale et analogique Langage digital

Langage analogique

Il a une syntaxe* logique, souple et pratique. Il est de nature symbolique (mots, sémantique propre à une langue).

Il possède une sémantique appropriée à la relation. La communication non verbale est analogique (primitive et animale). Elle est riche de sens et exprime nos sentiments. Elle définit une relation.

*Syntaxe : partie de la grammaire qui décrit les règles par lesquelles les unités linguistiques se combinent en phrases (Larousse).

Remarques : la communication analogique définit la relation. Elle est très intuitive, mais manque de souplesse et peut être ambiguë. Elle manque d’indices et de fonctions logiques. On peut nier une émotion ou un sentiment, on ne peut que les vivre pour lever certaines ambiguïtés propres à ce mode de communication ; il faut les traduire, c’est-à-dire passer de l’analogique au digital ou parler de la relation, soit métacommuniquer. Cette traduction entraîne des distorsions et une perte d’informations.

Les larmes peuvent être de joie ou de peine (à replacer dans un contexte donné). Trouvez à votre tour des situations de communication analogique.

5 - Tout échange de communication est symétrique ou complémentaire, selon qu’il se fonde sur l’égalité ou la différence. > Une relation symétrique est une relation d’égalité. > Une relation complémentaire accentue au contraire la différence. Exemples de relations complémentaires : les couples médecin - patient ; professeur - élève ; mère - enfant... La symétrie et la complémentarité sont les concepts de base de l’analyse transactionnelle, théorie selon laquelle chacun de nous est composé de trois états psychologiques : > le parent (autorité ou réconfort), > l’adulte (analyse objective), > l’enfant (humour et soumission). 11


LES ENJEUX DE LA COMMUNICATION Alex Mucchielli distingue cinq types d’enjeux qui agissent fortement sur les processus de communication. 1 - Les enjeux informatifs

4 . Les enjeux relationnels

La communication est un acte d’information  : dans toute communication, il y a nécessairement transmission d’informations, mais elle est plus qu’un simple échange d’informations.

La communication est un acte de concrétisation de la relation humaine : elle est le mécanisme par lequel les relations humaines existent et se développent. Elle inclut les attitudes, les gestes, les mimiques, le ton de la voix, les mots et tous les moyens, depuis les écrits, le téléphone, jusqu’au réseau Internet. Dans ce dernier cas, l’internaute se comporte comme un voyageur, il navigue sur le Web où il rencontre une multitude de partenaires ; il recherche à travers tous ces contacts une ou plusieurs influences qui lui plaisent. Communiquer c’est, en partie, établir et spécifier la relation avec notre semblable.

2 - Les enjeux de positionnement d’identité La communication est un acte de positionnement personnel : si on s’en tient au modèle où un sujet émet et l’autre reçoit on peut, à un moment donné, être émetteur et, à un autre, récepteur ; on donne ainsi une idée d’égalité des deux intervenants sans tenir compte des relations de pouvoir  : chaque acteur, dans une situation de communication, interprète un rôle qu’il cherche à faire reconnaître. Communiquer c’est donc, en partie, se positionner par rapport à autrui, en proposant des éléments de son identité. 3 . Les enjeux d’influence La communication est un acte de mobilisation d’autrui : dans l’acte de communication, il y a une tentative «d’influence» de l’autre. L’influence est une ressource humaine, liée à la nature de certaines personnes qui ont un pouvoir de conviction tel qu’elles le font passer à travers leurs communications. Communiquer c’est, en partie, s’efforcer de mobiliser autrui par divers processus d’influence.

5 . Les enjeux normatifs La communication est un acte d’élaboration de normes relationnelles  : on ne peut pas communiquer sans être dans un système de règles. Mais s’il y a référence à des règles d’échanges (les rituels de salutation ou de séparation), il y a aussi construction et élaboration en commun des règles ; c’est ce que l’on constate dans les situations limites que sont les groupes de thérapie. Communiquer c’est, en partie, contribuer à la mise au point de règles de l’échange collectif. BILAN - D’après vos connaissances et après réflexion collective, il apparaît que communiquer revêt quatre sens principaux différents qui s’organisent logiquement.

Expliquez en quelques lignes les quatre sens du mot «communication». 12


LA DIVERSITÉ DES SITUATIONS DE COMMUNICATION Il s’agit ici d’effectuer des repérages de différentes situations réelles observées ou vécues. Toute communication peut être caractérisée par : > sa forme (ou type) : interpersonnelle, de groupe, de masse, de réseau… > ses différents éléments (ou composantes) : les acteurs, le message, le canal, les stratégies utilisées, le contexte et le sens de la communication.

Recensez toutes les formes de communication que vous connaissez par des exemples pris dans votre vécu professionnel ou social et vos connaissances personnelles.

Les enjeux collectifs de la communication pour un pays et ses dirigeants sont considérables, primordiaux, voire même vitaux ; l’actualité de tous les jours nous le rappelle sans cesse. Il en va de même pour une entreprise, une collectivité ou un organisme, qui relèvent de véritables enjeux stratégiques et économiques.

Mais ce qui est valable pour la communauté l’est aussi à l’échelle individuelle. Il en va de nos propres capacités à se faire comprendre, à se positionner en tant qu’individu unique, doué de raison, et donc de mieux s’intégrer au monde dans lequel nous vivons.

LES DIFFÉRENTS TYPES DE COMMUNICATION INTERPERSONNELLE

Notre communication prend des types divers selon la forme du message que nous voulons transmettre, selon les moyens dont nous disposons, selon les destinataires de notre message et leur nombre, selon qu’il y a réciprocité ou non de la communication, selon la nature du message, selon le sens de la transmission (lié au rang hiérarchique de notre interlocuteur).

La communication : une avance essentielle dans le jeu politique

13


1

Doc.

Types de communication

Selon la forme de la communication

Selon le moyen utilisé

Selon le destinataire de la communication

Selon le nombre de personnes impliquées

Selon la réciprocité ou non du message

Selon la nature du message

Selon le statut et le rang hiérarchique de notre interlocuteur

Communication verbale Communication non verbale

Communication directe Communication différée

Communication interne Communication externe

Communication interpersonnelle Communication de groupe/de masse/de réseau

Communication unilatérale Communication bilatérale

Communication amicale Communication professionnelle

Communication verticale (ascendante ou descendante) Communication horizontale

Après avoir donné un exemple pour chaque type de communication, recherchez leur définition. 14


LES DIFFÉRENTS TYPES DE COMMUNICATION INTERPERSONNELLE 1. Les acteurs 

> Le contexte donne le sens des échanges.

> À l’origine de toute communication, il y a l’émetteur qui produit un certain nombre de mots ou de signes constituant le message à transmettre.

> La situation contient un ensemble de problématiques plus ou moins partagées.

> En face de l’émetteur se trouve le destinataire ou récepteur qui reçoit le message, même de façon inconsciente.

> Les acteurs se sentent plus ou moins impliqués dans ces problématiques et ont plus ou moins «envie» de les résoudre.

2. Le message

On ne peut pas parler d’un unique contexte mais de plusieurs contextes séquents et interdépendants :

C’est le contenu des informations transmises, l’élément du processus de communication ; il exprime l’attitude du locuteur à l’égard du contenu émis. 3. Le canal et le code C’est la voie ou l’outil de transmission du message. Exemples : pour un écrit = la poste, pour un message verbal = le téléphone. La langue employée, le ton de la voix, le registre de langue sont autant de codes pour réussir leur communication, que l’émetteur et le récepteur doivent partager. 4. Le contexte Dans toute communication, il y a une définition commune de la situation par les acteurs. Si cette dernière n’existe pas ou est imprécise, il est nécessaire dès les premiers échanges de la préciser pour éviter des malentendus.

> Toute communication se fait dans une situation de communication sociale.

> Culturel  : éducation, environnement familial et social ; > Organisationnel  : milieu professionnel, appartenance à une organisation, statut professionnel ; > Matériel : dépendance par rapport à un outil proprement dit ou même financier ; > Spatial : espace relationnel selon la zone de communication ; > Temporel : une même information transmise à un moment donné peut prendre un sens différent à un autre moment ; > Relationnel : prend en compte le type de relation (par exemple, le niveau hiérarchique entre les partenaires).

D’après ces éléments et avec vos propres expériences, dites quelle est l’importance du contexte dans toute situation de communication. 15


LES MODÈLES DE COMMUNICATION Modèle de shannon et Weaver C’est un modèle linéaire simple de la communication : la transmission d’un message. Un émetteur, grâce à un codage, envoie un message à un récepteur qui effectue un décodage dans un contexte perturbé de bruits. Ce schéma est apparu en 1948 dans la «théorie mathématique» et sert à Claude Shannon et Warren Weaver (informaticien et scientifique). À ce modèle, on peut reprocher plusieurs défauts : > Et s’il y a plusieurs récepteurs ? > Et si le message prend du temps pour leur parvenir ? > Et si la réalité décrite n’existe pas ailleurs que chez le premier locuteur ? > Et s’il y a plusieurs messages qui sont prononcés en même temps (avec des contenus contradictoires) ? > Et s’il y a un lapsus ? > Et si sont mis en jeu des moyens de séduction, de menace, de coercition ? > Et si le message comporte des symboles nouveaux ou des jeux de mots ? Dans ce modèle (Shannon et Weaver) on considère que le récepteur est passif, ce qui paraît simpliste ou faux. Doc.

2

Schéma de la communication de Shannon et Weaver Message

Source de l’information

Signal émis

Bruit

Signal reçu

Circulation des signaux

Codage

Message

Décodage

Transmetteur

Destinataire

Récepteur

La communication de groupe Elle part de plus d’un émetteur s’adressant à une catégorie d’individus bien définis. Elle est apparue avec des formes modernes de culture, souvent axées sur la culture de masse (société de consommation), dont la publicité ciblée est la plus récente et la plus manifeste. Les effets de la communication de groupe se situent entre la communication interpersonnelle et la communication de masse. 16

Elle est aussi complexe et multiple car elle est liée à la taille du groupe, la fonction du groupe et la personnalité des membres qui la compose. On peut également intégrer cette notion dans la communication interne à une entité. Les groupes peuvent alors être des catégories de personnels, des individus au sein d’un service.


2

Le non verbal dans les relations humaines

La communication non verbale est le fait d’envoyer et de recevoir des messages sans passer par la parole, mais au moyen des expressions du visage, des postures, des gestes et des bruits divers. Le choix vestimentaire, la coiffure, la position du corps, le maquillage, les mimiques sont autant d’éléments de communication.

Le message auditif est ainsi complété par des expressions corporelles, des silences, des tons de la voix, des rythmes de l’évolution. Tout ceci exprime des émotions, des sentiments, des mal-être ou des bien-être.

Comment se fait la communication non verbale ? Le premier savant qui ait étudié le langage non verbal ou langage corporel, est Darwin. Il travailla toute sa vie à l’évolution des espèces. De nombreux signes de ce langage sont innés : un clin d’œil, un geste grossier, un raclement de la gorge, le fait de rougir sont des gestes involontaires. Ces signes peuvent être spontanés ou déclenchés à volonté (ex : haussement d’épaules, rires, pleurs). Nous communiquons de manière non verbale en toute inconscience. Ces risques permettent une communication entre personnes de langues

1

Doc.

différentes. Ils sont universels, mais sont à interpréter en fonction du contexte : religion, pays, culture (exemple : la façon de manger varie selon les pays). Selon le chercheur Mehrabian, l’impact va croissant selon que l’on emploie des mots, un ton de voix ou le non verbal. La façon de dire les choses est donc très importante. On observe en particulier beaucoup de mimiques chez l’enfant aveugle de naissance, ce qui prouve qu’il n’a pas pu apprendre par imitation.

Le sourire adoucit les mœurs

Le sourire est un important mode de communication non verbal. Il a pour principal effet de faire connaître à autrui l’état interne d’une personne (les dispositions psychiques). Dans toutes les cultures où il a été étudié, le sourire est d’abord censé exprimer la joie. Mais pas uniquement. Le psychologue Paul Ekman a recensé 19 sens différents du sourire ! On peut en effet sourire sous l’emprise de la peur, ou par mépris et ironie. Dans ce dernier cas, le sourire est sensiblement différent : une partie de la bouche est plus déformée que l’autre... Une deuxième fonction du sourire est de susciter chez autrui des attitudes positives. Des chercheurs ont ainsi constaté qu’au cours d’un jugement, si le délit est mineur, l’accusé souriant est jugé moins sévèrement. On comprend dès lors le caractère apparemment paradoxal des résultats d’une autre étude, menée en laboratoire. Les sujets ont eu tendance à sourire plus fréquemment à un partenaire d’expérience, à la fois quand on les a prévenus que celui-ci était amical ou quand on leur a dit qu’il était

plutôt désagréable, comparativement aux sujets à qui aucune précision de ce type n’a été fournie. Une interprétation possible est que, face à une personne amicale, les sujets ont souri spontanément, tandis que face à une personne hostile, ils ont souri volontairement, afin de convaincre cette personne de leur ouverture d’esprit. Le sourire est contagieux. Une étude menée sur des hommes politiques américains montre que lorsque ceuxci sourient, ils induisent généralement un comportement identique chez le téléspectateur, quelle que soit l’orientation politique de ce dernier. Par ailleurs, un sourire suivi de réciprocité persiste nettement plus longtemps. Last but not least, des études sur le sourire : les femmes sourient beaucoup plus que les hommes. Ce qui se constate même dans les publicités ! Bella M. De Paulo, «Nonverbel Behavior and Selfpresentation », Psychological Bulletin, vol. 11. n° 2, mars 1992. 17


SI

N

ATIO TU

La communication non verbale Quelques exemples de communication non verbale. > Le hochement de tête d’avant en arrière signifie l’affirmation, la compréhension. > Un enfant tournera la tête ou la secouera pour marquer son refus. > Froncer les sourcils marque la colère, la concentration, le déplaisir ou la réflexion. > L’enfant qui ouvre grand les yeux, marque l’admiration, l’émerveillement. > Si le clignement des paupières s’accentue, cela montrera chez l’individu un stress, une excitation, une inquiétude et peut-être aussi un mensonge

(exemple  : le visage des hommes politiques à la télévision). > Chez l’enfant, pencher la tête sur le côté est un signe de timidité ; chez l’adulte, c’est plutôt un signe de séduction. On remarque d’ailleurs que les femmes inclinent plus la tête sur le côté que les hommes. > Se gratter la tête ou le crâne, se frotter le lobe de l’oreille dénote un signe de perplexité, d’hésitation, parfois d’une opposition non dite. > La main tendue symbolise la paix, par contre le poing levé signifie la révolte.

Certains gestes sont signes de négation

Certains signes sont conventionnels

Le doigt sur la bouche (je me tais), les mains sur les oreilles (je n’entends rien), ou les mains sur les yeux (je ne veux rien voir), les bras croisés (je ne veux plus communiquer), se frotter les mains (en signe de complicité…).

Par exemple le doigt dirigé vers une porte ou un hochement de la main en signe d’au revoir, signifie «dehors !» . On peut aussi manifester son admiration ou son approbation en applaudissant à deux mains.

Il ne faut pas oublier non plus que le «regard est le miroir de l’âme». Un clin d’œil (qui veut dire ne pas prendre au sérieux), un regard soutenu (qui manifeste une intention hostile) ou un regard panoramique (qui implique tous les auditeurs) sont autant de signes de nos intentions profondes. Le silence C’est une partie de la communication indispensable à l’écoute. Il exprime l’offense ou l’irritation, l’attention à l’écoute, la réflexion à une question pour se protéger de l’impulsivité, mais peut aussi traduire le retrait, l’isolement des autres ou l’indifférence. Il peut exprimer une incompréhension. Un silence dubitatif annonce l’interrogation et le scepticisme.

18

Rappelez-vous : le silence est d’or, il faut savoir tenir sa langue, il faut tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler. Ces quelques conseils peuvent vous éviter parfois de graves conséquences dans vos relations.

Un élève lit à haute voix un texte, sans silences, puis il relit en mettant l’accent sur les silences (virgules, points, points de suspension). Comparez les deux interprétations.


L’apparence On juge souvent une personne sur son apparence, c’est la première image donnée à l’autre. Cette forme de communication laisse souvent une première impression. Les vêtements, qui sont fonction de l’âge, du rang social, de la profession, sont les premiers éléments vus chez une autre personne. Ils démontrent, audelà de l’apparence, des qualités chez l’individu qui les porte : son goût, son milieu social ; il n’est pas nécessaire d’être toujours en costume trois pièces. Depuis une vingtaine d’année, la tenue est plus décontractée, les tissus et les couleurs ont beaucoup changé.

L’image véhiculée de soi se résume toujours en trois points : • une image projetée (c’est l’image de soi), • une image reçue (c’est celle que les autres perçoivent), • une image souhaitée (c’est celle que l’on aimerait donner). Le vêtement est un langage car il renvoie de façon consciente ou inconsciente à un désir d’appartenance ou de distinction à un groupe. activité

Énumérez différents groupes sociaux et décrivez le type d’habits qui s’y rapporte.

Les accessoires : outils de communication ? Nous portons chaque jour des attributs afin de nous distinguer des autres (chapeaux, casquettes, bijoux, chaussures). Tous ces accessoires, souvent objets de mode, sont entrés dans notre société de consommation par la grande porte. activité

Il faut retenir que les vêtements expriment : > des émotions et des sentiments (en fonction des couleurs), > des messages à connotations sexuelles (en fonction de la forme), > des statuts sociaux (en fonction de l’utilité).

L’espace de communication Gestion de la distance Nous avons tous un périmètre sacré, notre jardin privé. Ce périmètre est variable selon des critères culturels ou personnels (exemple : lors d’un entretien d’embauche, attention de ne pas envahir le bureau du recruteur). Apparence générale Dans un premier temps, on observe la physionomie complète de l’orateur, puis ses mains, son visage, son regard. Si l’orateur a une certaine tonicité, il va transmettre de l’énergie. Si l’orateur est monotone, il endort son auditeur. Les déplacements donnent une image d’aisance ou de crispation. Les gestes La tête, les pieds, les mains transmettent des informations. Les façons de serrer la main, de jouer avec son stylo, de s’asseoir sont significatives d’un état d’esprit. Il est donc important de se concentrer sur sa manière de s’exprimer et d’écouter. 19


Les freins et obstacles à la communication

3

De nombreux incidents ou gênes appelés «freins», «filtres» ou «bruits» peuvent nuire à la qualité de la communication. Il faut savoir les repérer et y remédier pour assurer une communication efficace.

1

Doc.

Schéma du processus de la communication CONTROLE RETOUR ?

ÉMETTEUR

ce qu’il vit réellement

?

ce qu’il veut dire

ce qu’il admet

ce qu’il sait dire

ce qu’il comprend

ce qu’il ose dire ce qu’il dit réellement

ce qu’il écoute

MESSAGE

RÉCEPTEUR

ce qu’il entend

DÉCODAGE

ENCODAGE

INTERROGEONS-NOUS SUR LA RÉUSSITE D’UNE COMMUNICATION  À partir du schéma ci-dessus, il nous faut répondre à la question : «Ce que le récepteur a effectivement fait ou dit est-il l’exacte interprétation de ce que l’émetteur avait voulu dire au départ ?» Quand on analyse sérieusement le processus de compréhension d’une communication même simple, on se rend compte des étapes successives et fondamentales par lesquelles passent les idées puis les mots ou les gestes.

20

À chaque étape, un ou plusieurs «filtres» peuvent venir perturber voire obstruer la relation entre les communicants.


QUELS SONT «LES FREINS» ? 1. Les freins techniques  Les incidents techniques ont plusieurs origines et empêchent la transmission du message à son destinataire. Il peut s’agir de défaillances techniques d’un outil ou du moyen de transmission utilisé, d’une erreur de manipulation d’un appareil, de la défaillance du support qui porte le message, … 2. Les freins culturels ou ceux liés au langage  Le destinataire ne comprend pas la teneur du message qui lui a été adressé car il n’a pas les mêmes codes culturels ou lexicaux que l’émetteur. À l’écrit, la rédaction est illisible ou maladroite ; le sens des mots n’est pas respecté, les phrases ne suivent pas les règles de syntaxe de la langue française. À l’oral, la langue employée nous est inconnue, l’expression ou l’élocution sont défaillantes : le débit est trop rapide, les accents sont trop prononcés, la prononciation incorrecte. 3. Les filtres extérieurs  La mauvaise compréhension du message peut être liée à des causes extérieures. Il peut s’agir de la mauvaise acoustique du lieu ou de l’inconfort sonore lié à des bruits matériels qui entravent l’écoute.

4. Les freins organisationnels Une communication peut échouer par le simple fait de la gestion déficiente du personnel, ou de la mauvaise organisation d’un service, ou du mauvais emploi des outils de communication. Les informations sont déformées, n’arrivent pas ou ne sont pas transmises en temps et en heure à la bonne personne, ou se perdent faute d’outils adaptés. Parfois, le surmenage ou le stress sont directement liés à cet aspect organisationnel.

5. Les freins physiologiques ou psychologiques  Le comportement des partenaires de la communication peut provoquer des freins si les interlocuteurs sont désorientés ou pire encore, choqués par l’attitude non conforme aux usages. Ces réactions ont des origines physiques, émotionnelles ou liées au caractère individuel, bref à la personnalité des individus, mais sont aussi attachées à des critères d’éducation, de respect, de tolérance, ...

Analysons L’émetteur, comme le récepteur, ne sont jamais neutres. Nous ne parlons pas de la même façon à un adulte, à un enfant ou à une personne âgée. Face à un étranger ne comprenant pas notre langue, nous utilisons plus de gestes. Parmi les freins à la communication nous noterons que plusieurs facteurs entrent en jeu : > Les facteurs sociologiques Le mot PDG ne veut pas dire la même chose à un salarié ou à un cadre. > Les facteurs psychologiques Convaincre une autre personne nécessite un langage et une approche différents. > Les facteurs intellectuels Le code verbal utilisé, le vocabulaire, le code non verbal n’ont pas la même signification chez tous les peuples.

BILAN - En communication, il existe d’innombrables déperditions : mots absents, attention du récepteur qui se relâche, interprétation des paroles, mémorisation défaillante… Tous ces freins sont des parasites. Pour une bonne communication, il faut se préoccuper de la façon de penser, des connaissances et des conceptions du destinataire, de ses croyances, de ses convictions, ainsi que de ses motivations et objectifs. Il faut trouver une stratégie efficace. 21


activité

Racontez une expérience personnelle de communication, vécue ou observée, dans laquelle vous avez fait preuve d’une maîtrise technique des éléments de communication qui s’est matérialisée par une réussite.

2

Doc.

Réduire les freins : un enjeu d’image ?

André Amouriq, in Linéaires N° 189, février 2004. activité

1. Quels sont les freins explicites et implicites de cette situation de travail ? 2. Quels sont les enjeux à la résolution de ces freins ? 22


4

Les entretiens PROFESSIONNELS

Les entretiens sont fréquents dans les entreprises. Ils commencent le jour où votre cv (curriculum vitae) a été repéré et a attiré l’attention du recruteur. N’oubliez pas ! Lorsque vous postulez pour un emploi qui exige un bac professionnel en horticulture par exemple, tous les candidats auront un bac pro de cette spécialité dans la poche. La différence se fera par une expérience particulière acquise en dehors de votre parcours scolaire (comme par exemple vos loisirs, vos pratiques sportives, vos centres d’intérêts, vos connaissances de langues étrangères…) ou par votre charisme, c’est-à-dire votre force de conviction et de perception.

L’entretien d’embauche Il peut se dérouler de façon individuelle ou collective. Vous êtes seul face à un ou plusieurs recruteurs. 1. L’entretien individuel Il est important, car il est basé sur la première impression que vous allez donner au recruteur. Mais dites-vous aussi que le rôle de l’employeur n’est pas facile. Il n’a pas droit à l’erreur. S’il se trompe sur la personne qu’il va embaucher, il peut le payer très cher. Pensez également qu’il n’a pas non plus la formation de «recruteur professionnel». Ce type d’entretien, (le plus classique) est aussi le plus facile car vous êtes seul et vous n’avez que vous à surveiller. Avant de commencer l’entretien, pensez à vous relaxer, vous détendre. Il est normal d’être stressé dans ces moments-là, surtout quand vous franchissez la porte du bureau. Dites-vous qu’au bout de cinq minutes, vous serez dans le bain et plus détendu. C’est toujours l’inconnu qui fait peur ! Ce type d’entretien que l’on appelle aussi de «faceà-face» prend souvent la forme d’une discussion. Il existe trois formes de déroulement possibles :

a. La façon directive Le recruteur vous pose des questions prédéfinies suivant un cheminement préétabli. Cela ressemble à un interrogatoire précis sur des sujets divers. Les réponses doivent être claires, simples et sans hésitations. b. La façon semi-directive L’entretien prend une tournure apparemment plus libre, mais les questions sont toutes précises. C’est le mode d’entretien le plus fréquent, mais il vous faudra malgré tout rester vigilant. Ne vous laissez pas entraîner vers des sujets scabreux. Prenez le temps de répondre après réflexion aux questions posées. Écoutez votre interlocuteur et ne l’interrompez jamais. Prenez soin de votre expression orale (diction, élocution, débit, timbre de voix, syntaxe et vocabulaire), soyez naturel tout en évitant le langage familier, restez vous-même.

c. La façon non directive L’interlocuteur intervient le moins possible et vous laisse parler. Des silences s’installent, souvent pesants, mais il ne faut pas systématiquement vouloir les combler car le recruteur peut profiter de ces moments pour vous poser d’autres questions afin que vous reformuliez votre pensée. Ce type d’entretien difficile et éprouvant vous oblige à connaître votre CV par cœur afin d’y faire référence. Votre exposé doit être clair, construit. Un entraînement préalable est indispensable avant cette épreuve. Remarque : un recrutement peut se dérouler en plusieurs entretiens successifs avec différentes personnes. Le choix définitif du candidat se fait par comparaison des impressions des différents recruteurs. Il vous faudra donc avoir les mêmes motivations et donner la même image de vous-même, c’est-à-dire la meilleure ! C’est ce que l’on appelle l’entretien ambulatoire ou en chaîne. 23


2. L’entretien face à un jury Vous passez devant un groupe de personnes que l’on ne vous présente pas toujours ; elles vous écoutent et vous posent des questions. Vous êtes seul face à 3 ou 4 personnes. Vous devez répondre à chaque personne qui vous pose une question en la regardant. En entrant dans la salle, dites bonjour en regardant tout le monde de façon circulaire. Très souvent, un membre du jury ne pose pas de questions. Il est là pour observer. N’oubliez pas de lui prêter attention de temps en temps ! Remarque : si vous êtes un peu timide, cela peut vous déstabiliser mais dites-vous que c’est un entretien «normal» et faites comme si vous ne parliez qu’à une seule personne. Si les questions viennent trop vite, ne les éludez jamais et faites répéter la dernière question si nécessaire. Le jury, composé de plusieurs personnes, réunit les domaines de compétence de l’entreprise : technicien, commercial, comptable, chef d’équipe. L’échange final entre ces personnes détermine le meilleur candidat.

3. L’entretien en groupe C’est un des entretiens les plus difficiles à gérer car il faudra à la fois faire attention à vous, mais aussi aux autres candidats. Le recruteur rassemble plusieurs candidats pour le même poste. Il va donc juger le comportement vis-à-vis des autres et apprécier la personnalité de chacun. Cette épreuve est toujours suivie, pour ceux qui l’ont réussie, par un entretien en tête-à-tête ou face à un jury, voire également par des tests.

Quelques conseils pour ce type d’entretien > Choisissez une place médiane dès votre arrivée dans la salle. > Répondez aux questions de façon claire et rapide. > Ne coupez pas la parole aux autres, sauf s’ils se trompent. > Si un autre candidat vous coupe la parole, alors que vous n’avez pas commis d’erreur, ne vous arrêtez pas et finissez votre exposé. > Vous devez prendre la parole dans ce type d’entretien, mais ne la monopolisez pas. > Soyez constructif. > Ne critiquez pas les autres. > Ayez un esprit de synthèse et appuyez-vous sur ce qui a été dit par les autres… Cela montrera votre capacité d’écoute. > À la fin saluez les recruteurs et les autres candidats. > Ne parlez jamais de salaire le premier. > Si on vous demande votre avis sur ce type de recrutement dites que vous avez apprécié.

24


4. L’entretien avec un cabinet de recrutement Dans certaines entreprises (surtout dans les PME/ PMI) il y a peu de personnes formées au recrutement. Aussi font-elles appel à des cabinets spécialisés, surtout pour les postes de cadres ou à responsabilités. Le but de ces spécialistes est de sélectionner un candidat fiable qui se sente bien dans l’entreprise. Il va donc, avec vous, rechercher vos qualités, vos compétences, … il sera votre allié. Posez-lui des questions sur l’entreprise, le contexte, le marché. Mais à l’inverse d’un recruteur non spécialisé, il va rapidement vous juger et se faire une opinion sur vous. N’oubliez pas que c’est un professionnel et que rien ne lui échappe !

5. L’entretien téléphonique Tout commence par la prise de rendez-vous. Or l’assistante qui s’en chage va déjà donner son avis sur vous (n’est pas agréable, est-il vraiment motivé, aucune date ne l’arrange, connaît bien

le secteur d’activité…) ! Montrez donc que vous êtes heureux d’être convoqué et demandez des précisions (qui sera l’interlocuteur, son nom et sa fonction, le lieu et l’heure du rendez-vous, le nom et l’adresse exacte de l’entreprise). N’hésitez pas à faire répéter si vous n’avez pas compris et, à la fin, récapitulez oralement tous les éléments avec la personne qui est au bout du fil ! N’oubliez pas de la saluer et de la remercier.

Les trois raisons d’un appel téléphonique en vue du recrutement. > Une confirmation de certains points de votre CV : connaissance d’une langue étrangère (certains entretiens se font en anglais !), connaissances techniques, précisions sur votre expérience professionnelle. > Un premier tri qui permet d’éliminer les candidats dont le profil ne correspond pas. Pour un même poste vous n’êtes pas seul ! Au préalable, vous aurez pris soin de connaître les attentes du recruteur par une enquête, par des lectures sur cette entreprise, par les médias… > L’entretien de sélection qui se fait par téléphone, est similaire à un entretien face-à-face. De toute façon, il se terminera, si vous intéressez le recruteur, par un rendez-vous… C’est l’objectif que vous devez poursuivre ! Pour réussir ce type de confrontation, il faut être dans des conditions optimums (pas de bruit autour de vous, si vous êtes en voiture demandez à rappeler la personne un peu plus tard et fixez un créneau horaire précis). Remarque : quelles que soient les circonstances, ne vous énervez pas, même en cas d’échec : peut-être que l’entreprise aura un autre poste à vous proposer ! Et souriez toujours au téléphone… le sourire passe très bien ! Les autres types d’entretiens Dans votre carrière, vous aurez souvent des entretiens avec votre hiérarchie. On peut les classer par typologie : > un entretien d’accueil après un recrutement, > un entretien d’encouragement à un poste difficile, > un entretien de recadrage lorsque vous serez plus efficace, > un entretien disciplinaire en cas de faute avérée,

> un entretien préalable à un licenciement (pour faute ou économique), > un entretien d’évaluation, > un entretien d’évolution de votre carrière en cas de promotion, > un entretien de résolution des problèmes.

Vous l’aurez compris, ces situations sont différentes les unes des autres et les rapports de force sont variés. Il vous faudra vous adapter à la situation et réagir en fonction. 25


Ce qu’il ne faut pas faire LORS D’UN entretieN D’EMBAUCHE > n’arrivez pas trop en avance > n’arrivez pas en retard > ne vous asseyez pas à l’extrémité de votre chaise > ne serrez pas nerveusement vos mains > ne fumez pas, même si on vous offre une cigarette > ne regardez pas votre montre > ne dites pas que c’est le seul entretien que vous avez obtenu > n’essayez pas de lire un document sur le bureau du recruteur

> ne dites pas que vous avez besoin de travailler pour vivre : l’entreprise ne fait pas la charité, elle fournit du travail. > ne dites pas que vous êtes prêt à travailler pour très peu > ne donnez pas des informations confidentielles concernant votre ancien travail > ne vous étendez pas sur des points personnels > ne répondez pas uniquement par «oui» ou «peut-être», faites des phrases > ne mentez pas – soyez sincère

> ne dites pas de mal de votre employeur actuel ou passé

> évitez les questions indiscrètes (sur le recruteur, l’entreprise)

> ne vous lancez pas dans une discussion d’ordre politique

> ne vous incrustez pas lors de l’entretien

> soyez modeste («moi j’ai réussi tous les tests…»)

> pensez à vous munir de vos CV, documents, lettres, références ou agenda pour ce travail

> ne vous présentez pas comme quelqu’un qui doute trop de lui, ou qui ne veut pas se mettre en avant Les questions posées lors d’un entretien d’embauche

Sur le poste

Sur l’expérience

Sur les aptitudes

• Qu’est-ce qui vous plaît dans cet emploi ? • Pensez-vous vous plaire dans ce travail ? • Comment imaginez-vous le poste que l’on vous propose ? • Pourquoi avez-vous répondu à l’annonce ? • Pensez-vous être fait pour ce poste ? • Quel poste aimeriez-vous occuper dans l’entreprise ?

• Qu’avez-vous apporté à votre précédente entreprise ? • Quelles fonctions avez-vous occupées ? • Qu’avez-vous le mieux réussi ? • Qu’avez-vous le plus aimé ? Pourquoi ? • Parlez-moi de votre expérience professionnelle. • Parlez-moi de vos anciens employeurs. • Pourquoi avez-vous quitté votre dernier emploi ?

• Dans quel domaine êtes-vous le plus compétent ? • Expliquez-moi pourquoi je devrais vous choisir. • Quelles sont parmi vos aptitudes et expériences, celles qui vous font penser que vous réussirez dans le poste que je vous propose ?

• Parlez-vous une langue étrangère ? Prouvez-le ! • Avez-vous déjà dirigé une équipe ? 26


• Quels sont vos loisirs ? • Quel domaine vous attire le plus ? • Préférez-vous travailler seul ou en équipe ? • Quelles étaient vos relations avec vos camarades d’école ? • Comment vous jugez-vous ? • Quelles sont vos qualités ? • Quels sont vos défauts ? • Parlez-moi de vous ! Sur la personnalité •• Décrivez-vous. Comment acceptez-vous la hiérarchie ? • Aimez-vous les responsabilités ? • Quelles ont été vos plus grandes responsabilités ? • Quelles sont les expériences qui ont forgé votre personnalité ? • Quel est votre style de travail ? • Quel type de patron aimeriez-vous avoir ? • Aimez-vous le travail routinier ou varié et pourquoi ? • Admettez-vous les différences avec les autres ? Pourquoi ? • Allez-vous jusqu’au bout de ce que vous commencez ? • Quelle est votre formation ? • Quel niveau d’étude avez-vous ? • Êtes-vous autodidacte ? • Dans quelle matière étiez-vous le meilleur ? Pourquoi ? • Durant vos études avez-vous gagné de l’argent ? Comment ? • Avez-vous participé à des actions extra-scolaires ? Lesquelles ? Sur le passé • Pensez-vous avoir fait les études dont vous vous sentez le plus capable ? • Si vous deviez refaire des études, referiez-vous les mêmes ? Ou d’autres ? • Avez-vous suivi des stages de formation ? • Quel métier ont exercé vos parents ? • Comment passiez-vous vos vacances ? • Que faisiez-vous à la maison étant enfant ? • Êtes-vous libre de suite ? • Acceptez-vous des déplacements fréquents ? • Acceptez-vous de déménager pour ce poste ? • Quelle est votre situation de famille ? • Que font votre conjoint et vos enfants ? • Quel âge avez-vous ? • Quel est votre statut militaire ? Sur le présent • Depuis combien de temps recherchez-vous du travail ? • Avez-vous contacté d’autres entreprises ? • Avez-vous d’autres propositions ? • Comment organisez-vous votre recherche d’emploi ? • Avez-vous parlé à votre conjoint de votre recherche d’emploi et qu’en pense-t-il ? • Avez-vous des projets pour vos enfants ? Lesquels ? • Combien désirez-vous gagner ? • Quel était votre précédent salaire ?

Sur le futur

Sur l’entreprise

• Quels sont vos objectifs professionnels (à court, moyen, long terme) ? • Quel sera votre avenir à 5 ans ? • Que voulez-vous devenir dans notre entreprise ? • Quels sont vos espérances de gains ? • Quel est votre plan de carrière ? • Pourquoi voulez-vous travailler dans notre entreprise ? • Que savez-vous d’elle ? • Préférez-vous travailler dans une grande, moyenne ou petite entreprise ? • Que pensez-vous pouvoir apporter dans ce lieu de travail ? • Pourquoi et comment pensez-vous participer au développement de notre société ? • Citez une ou deux expériences dans lesquelles vous avez fait preuve d’initiative, de persuasion et de dynamisme.

27


5

Les RÉUNIONS PROFESSIONNELLES

Vous avez déjà assisté à des réunions dans votre vie d’étudiant. Mais dans le monde professionnel, vous aurez soit à organiser, soit à participer à différentes confrontations professionnelles. 1. les différents types de réunions La réunion d’information a) descendante b) ascendante

Rechercher, rassembler, organiser, traiter l’information des problèmes à prendre en charge. Transmettre des informations que vous détenez : exposés de bilans, de résultats d’enquête, de techniques nouvelles. Faire le point, recueillir des suggestions, consulter pour prendre une décision ultérieure.

La réunion de réflexion

Elle se situe dans le domaine de l’échange (échanger des idées…).

La réunion de concertation (avec prise de décision)

C’est la recherche d’une solution à un problème. Les positions de chacun sont énoncées.

La réunion de négociation

La réunion de régulation

La réunion de décision

Aussi nommée réunion de stratégie. Elle est composée de parties adverses. Le résultat est influencé par le groupe qui a la stratégie la plus opératoire (ex : réunion patron/syndicats dans les entreprises). Permet à une équipe de prendre des décisions et favorise les affrontements pour régler les problèmes entre personnes et réguler les conflits. Permet à une équipe d’analyser les propositions, d’étudier un problème et décider des actions. Il faut faire des choix pour aboutir à une solution finale. activité

Dans votre lycée, essayez de repérer les différentes réunions qui sont programmées (réunion d’accueil, réunion collective et réunion individuelle) et déterminez les objectifs de chacune d’entre elles.

2. Comment RENDRE LES réunions efficaces ? > Ne réunir que si c’est le moyen le plus efficace. Souvent, un simple contact personnel suffit. Ne convoquer à une réunion que si c’est la formule la plus adaptée, soit sur le plan efficacité pour résoudre collectivement un problème, soit au niveau psychologique pour éviter les blocages qui freinent l’action. > Ne réunir que les personnes concernées. Il ne sert à rien de réunir des personnes qui ne se sentent pas concernées par le sujet traité, même si elles devraient l’être. À l’inverse, ne pas oublier celles qui ont envie de discuter du problème. 28


> Réunir un nombre optimum de participants. L’expérience montre que pour être efficace une réunion doit comprendre entre 3 et 15 personnes, le nombre optimum étant 7. Dans le cas de réunions d’information, le nombre peut être plus élevé (attention à bien faire comprendre le message et tenir compte de la réaction du public). > Se réunir sur un objectif clair et précis. En assistant à la réunion chacun doit savoir : • ce qu’il est venu faire (pourquoi ?) • le problème à traiter (lequel ?) • l’objectif à atteindre (but ?) > Bien préparer sa réunion. Prévoir le thème, l’objectif, le plan et la procédure. La convocation doit être envoyée assez tôt pour que les participants aient le temps de réfléchir aux problèmes et que la mise en commun soit riche. > Favoriser une participation active de tous. L’expression de chacun, en partant de ses problèmes, est une mine d’informations, de réactions, de suggestions, qu’il faut mettre en avant. Après l’expression de chacun, une synthèse s’impose. > Exiger de la rigueur dans le travail.

• en favorisant l’exactitude pour le début et la fin de la réunion (pas de longues réunions redondantes), • bien organiser l’intendance (sièges, tables, café…).

> Pas de contact avec l’extérieur ! Durant la réunion, demandez aux participants de couper les téléphones portables, évitez les intrusions de personnes, en mettant par exemple une pancarte sur la porte «ne pas déranger». Pour toutes ces raisons, limitez la réunion à un créneau horaire précis.

29


3. animer une réunion Une réunion s’organise en trois étapes-clés :

1. introduire

2. engager / piloter

3. conclure

A - Préparer la réunion Après avoir défini l’objectif et la finalité de la réunion, il faudra préparer le plan de la réunion, les différents points à aborder et déterminer le temps nécessaire. Le choix des participants se fera selon leurs compétences, leur expérience et l’intérêt qu’ils portent au sujet traité. Il faudra aussi rassembler les documents nécessaires et prévoir les supports visuels indispensables.

Ensuite il faudra choisir le lieu de la réunion puis convoquer les personnes concernées avec précision (date, heure, lieu) et prévoir le matériel. Enfin le jour J, il faudra préparer la salle (chaises, tables, disposition générale, matériel de projection, matériel informatique, vidéoprojecteur…).

B - Débuter la réunion > Accueillir les participants de façon détendue afin de créer une ambiance sereine mais studieuse. > Vous présenter (identité, fonction, compétence) et présenter chaque membre du groupe. Il est aussi possible de débuter par un tour de table où chacun se définit en quelques phrases. > Si besoin, resituer le contexte de la réunion par rapport aux précédentes rencontres. > Repréciser le but de la réunion et ses objectifs. > Choisir parmi l’assemblée un secrétaire de séance. > Définir les règles de fonctionnement de la réunion. C - Maîtriser le déroulement de la réunion Le contenu d’une bonne réunion se décompose ainsi :

Expression des participants

80 % 20 % Directivité de l’animateur

30


L’animateur fixe les règles du jeu et facilite la prise de parole des participants. Il n’intervient pas sur le fond et le contenu vient des participants. L’animateur doit donc : > donner un temps de parole suffisant pour l’exposé des faits ; > instaurer des pauses, des temps de parole, des silences ; > faire respecter la circulation de l’information en donnant la parole à chacun ; > utiliser le tour de table pour favoriser la participation ; > solliciter les avis, les analyses ; > rester à l’initiative par le questionnement ; > réguler les tensions dues aux avis contraires, aux oppositions, voire aux conflits. Il doit «calmer le jeu» ; > reformuler les avis pour vérifier que tout le monde a compris la même chose ; > faire respecter l’ordre du jour et veiller à ce que la réunion ne dérape pas ; > recentrer le sujet avec fermeté et tact ; > faire des synthèses ; > noter au tableau les points d’accord, de désaccord, le chemin à parcourir, le chemin parcouru ; > faire rejeter certains points ; > interdire les attaques personnelles ; > clarifier ce qui est dit ; > favoriser une méthode de résolution des problèmes (travail en sous-groupes, recensement des arguments, liste des avantages et des inconvénients d’une solution) ; > conclure la réunion en rappelant les décisions prises. D - Caractéristiques d’un groupe

Les participants doivent avoir : Les participants doivent être : > concernés > compétents > motivés

> le pouvoir (liberté d’atteindre un objectif) > la volonté (envie d’atteindre l’objectif) > l’information (les ressources pour l’atteindre) > la technique (méthode de travail)

E - Clore la réunion > Faire une synthèse du cheminement du groupe et présenter des conclusions. > Préciser ce que la réunion va permettre de faire. > Répartir les tâches et fixer le planning de la prochaine réunion. > Faire l’évaluation de la réunion. > Remercier les participants en les valorisant. Cette phase de conclusion permet d’anticiper les suites à donner et d’en fixer les échéances. 31


F - Rédiger le compte rendu Il doit contenir : > le lieu, la date, l’ordre du jour, l’heure de début et de fin de la réunion, > les objectifs de la réunion, > les amendements éventuels à l’ordre du jour, > le développement des points de l’ordre du jour : • contenu des débats, • nom des intervenants, Cette étape est primordiale pour la progression • points d’accord et de désaccord, du travail en équipe. Elle permet de contrôler > les décisions prises et les conditions d’adoption (vote l’avancée du travail, mais aussi de repérer ce qui se à la majorité, à l’unanimité, après consensus…), joue comme relation entre les autres membres. La > les responsabilités de chacun, qualité de la transcription des débats permettra > les points laissés à la réflexion, à reprendre à la proà l’animateur de mieux connaître les personnes chaine réunion, avec lesquelles il travaille et pourra donc améliorer > date, heure, lieu, objectifs de la prochaine réunion. l’animation de ses réunions. Il doit être envoyé aux participants le plus tôt possible (maximum 72 heures après la tenue de la réunion). G - Les participants a - Le rôle Les participants doivent avant la réunion : > prendre connaissance de l’ordre du jour, > rassembler les informations nécessaires correspondant à l’ordre du jour, > rédiger par écrit les questions à poser, > se rendre mentalement disponibles.

pendant la réunion : > respecter les règles du jeu (temps imparti, déroulement, méthode de travail), > être actifs (donner des idées et participer activement).

b - Intervenir en réunion Après l’exposé de départ, la communication d’informations, l’annonce d’un projet ou d’une décision à prendre, il vous est demandé votre avis, vos idées sur ces perspectives. Sans disposer d’un long moment de préparation, comment intervenir ? 

Apporter une explication

L’intervention qui donne une explication déclenche l’attention. Quatre façons de construire une explication : > Comparer : > Proposer une définition : cette démarche est simple, facile à comprendre. il faut alors être clair et précis en peu de mots. Elle établit des relations, fait apparaître des ressemRestez intelligible. blances, des différences. > Décrire une situation : > Raconter les faits : cela crée un cadre, un espace qui prend corps dans le récit respecte ou reconstruit une chronologie. On l’imaginaire. s’adresse alors aux sens et on reste concret. 32


Argumenter

C’est la construction d’un raisonnement qui s’adresse à la fois à l’intelligence et à la sensibilité. Pour argumenter efficacement, il vaut mieux être bref et ne pas délayer. Pour construire une argumentation : > il faut connaître le point de départ et le point d’arrivée pour avoir un fort impact sur l’auditoire, > utiliser des mots de liaison comme donc, enfin, c’est pourquoi, > répéter des arguments-clés pour pointer les temps forts de l’intervention.

Réfuter

C’est la réponse à un argument que l’on veut contredire. Elle est improvisée, car elle dépend de l’argumentation précédente. Construire une réfutation : > il faut d’abord écouter, penser et préparer la réponse. Un bon moyen de réagir est de prendre des notes du dialogue des autres participants, puis : > intervenir en reformulant avec l’accord de l’interlocuteur, > énoncer la réfutation, > développer l’argumentation, > conclure en reprenant l’essentiel du message.

c - Il ne faut jamais (…) sinon vous serez discrédité ! > Provoquer le Président de séance. > Se substituer au Président de séance (c’est au Président à faire un rappel à l’ordre des bavards !). > Couper la parole à une personne. > Prêter des propos à une personne qui ne les a pas tenus. > Se tromper dans le nom d’une personne (pour éviter ce genre d’incident, au début de la séance, distribuer des cartons que chacun marque à son nom et place devant lui sur la table). > Intervenir à tout prix, ou à l’inverse ne jamais parler. > Revenir sur des questions tranchées. > Dire ce que tout le monde sait déjà. > Oublier l’objet de son intervention en se perdant dans une explication trop longue. > Sourire de façon ironique en écoutant quelqu’un. > Sécarter du sujet. > Arriver à une réunion sans l’avoir préparée.

33


H - L’animateur de séance C’est le pilote de la réunion et son rôle est de provoquer une dynamique constructive dans le groupe. Il a trois fonctions : > une fonction de production et de résultats, > une fonction d’organisation et de structuration, > une fonction de gestion et de mise en relation. L’animation doit donc être participative et interactive. Son attitude Accepter, quand on joue ce rôle, d’être sous le regard des autres et affronter ce regard. C’est pourquoi il faut regarder chaque membre du groupe tout en parlant. L’aspect corporel L’animateur doit bouger, ne pas rester statique, à un rythme assez lent et non précipité. Il doit rester debout durant l’intervention, ce qui lui permet de se déplacer et de créer un ascendant sur les participants. Les gestes qui renforcent le message émis lui donnent une dimension visuelle et provoquent une dynamique. Il lui sera bon de prendre un point d’appui mobile, comme par exemple un stylo ou un feutre, ce qui lui évitera de mettre les mains dans les poches ou de s’appuyer sur le dossier d’une chaise. La voix Il fera l’effort de prononcer les mots correctement, de bien articuler afin d’être compris des auditeurs et de parler fort pour que chacun l’entende. L’intensié de sa voix marquera son aptitude à être convaincant. Il maîtrisera son débit, ménagera des pauses pour reprendre son souffle. Il anticipera ce qu’il va dire pour créer un effet d’attente qui maintient l’attention des auditeurs et leur permet ainsi de mieux comprendre. Les outils de l’animateur L’animateur dispose d’outils de communication importants, il doit s’en servir. Ils rendront son intervention plus captivante, plus vivante. > Le tableau. Le tableau blanc ou en papier permet de noter les mots-clés à mesure que se déroule la séance. Écrire au tableau permet de mémoriser des aspects de la réunion. Le tableau de papier permet d’afficher les feuilles aux murs afin de faciliter les synthèses. > Les transparents. Ils sont importants car projetés sur écran géant ils permettent de suivre un déroulement ou d’afficher un document complexe (ex : un bilan d’entreprise). > Power point (logiciel). Ce support informatique d’accompagnement permet à l’aide de diapositives d’agrémenter une explication. En effet, textes et photos peuvent s’y côtoyer et rendre les explications plus ludiques. > Les documents papiers. Ils sont à distribuer à bon escient tout au long de la réunion pour ne pas en perturber ni parasiter le déroulement.

34


ZONE 2

la communication médiatisée

1

La lecture de l’image

p. 36

2

La diffusion de masse de l’information par les médias

p. 63

3

Les rôles éthiques et civiques des médias - Les enjeux citoyens p. 74

35


La lecture de l’image

1

INTRODUCTION Dessins préhistoriques, effigies frappées des monnaies, vitraux et bas-reliefs des cathédrales gothiques, tapisseries médiévales racontant des épisodes de la vie religieuse, militaire ou sociale, tableaux ou sculptures de maîtres…, l’image a accompagné la vie de nos ancêtres et jalonne toute l’histoire de l’humanité.

Aujourd’hui l’image est omniprésente, fixe ou mobile, réelle ou virtuelle, elle accompagne notre vie quotidienne, d’où l’intérêt d’apprendre à la lire et à l’interpréter.

Les différentes formes d’images activité

Recensez toutes les formes d’images, les symboles et les supports visuels (petits ou grands) que vous avez personnellement subis depuis votre réveil jusqu’à cet instant.

a - Définition de l’image DÉFINITION : Petite fabrique de l’image, Magnard, 1995 Le terme d’image est utilisé de manière approximative pour désigner des productions aussi différentes que le dessin d’enfant, la photographie de mode ou d’album familial, la peinture préhistorique, la carte de géographie, le calligramme, la vignette de bande dessinée, l’image de cinéma, l’image vidéo… En fait, l’usage social englobe sous ce terme toutes

1

Doc.

Vassily Kandisky

Kandinsky, Yellow, red, blue, 1925, huile sur toile 127 x 200 cm, Centre G. Pompidou, Paris

36

les représentations qui offrent un rapport d’analogie avec les modèles du monde visible. Mais il arrive aussi que le terme s’applique à des compositions non figuratives ou «abstraites» comme une peinture de Mondrian ou Kandinsky, comme la combinaison colorée du kaléidoscope.

Doc.

2

Claude Gellée

Claude Gellée, dit «Le Lorrain» (1600-1682) Port de mer au soleil couchant, 1639, huile sur toile, 137 x 103 cm, Musée du Louvre, Paris


Doc.

3

Pablo Picasso

LES FAITS HISTORIQUES - La guerre civile éclate en Espagne en 1936. La guerre est d’une extrême violence, comme l’est en Allemagne dès 1933, le combat mené par le fascisme contre la démocratie et la culture, notamment juive. Certains observateurs avaient alors compris la gravité du danger qui allait s’abattre sur l’Europe. Deux mois avant que la guerre d’Espagne n’éclatât, Hitler avait prononcé son discours au Lustgarten de Berlin, entouré de dignitaires nazis et devant la foule enthousiaste jusqu’au délire, le bras tendu vers le drapeau à la

croix gammée. La guerre contre le fascisme commençait et mobilisait un certain nombre d’intellectuels dont certains, comme Malraux, n’hésitaient pas à se porter volontaires sur le front. Le 27 avril 1937, des bombardiers nazis appelés par Franco détruisaient la petite ville basque de Guernica y Luno. Le bombardement avait duré quatre heures, anéantissant impitoyablement la ville et ses alentours dans un rayon de 10 kilomètres. Le bilan fut terrible : presque 2 000 morts, des milliers de blessés et de sans-abris, une ville rayée de la carte.

Pablo Picasso, Guernica, musée du Prado, Madrid

PICASSO FACE A CET ÉVÉNEMENT  - «La guerre d’Espagne est la bataille de la réaction contre le peuple, contre la liberté. Toute ma vie d’artiste n’a été qu’une lutte continuelle contre la réaction et la mort de l’art. Dans le panneau auquel je travaille et que j’appellerai «Guernica» et toutes mes œuvres récentes, j’exprime clairement mon horreur de la caste militaire qui a fait sombrer l’Espagne dans un océan de douleur et de mort». Picasso prend immédiatement parti contre le général Franco et se range aux côtés des Républicains. Dès 1936, bouleversé, choqué par la violence des nationalistes, Picasso avait commencé

à jeter sa colère sur une toile de 8 mètres de long et 3,50 mètres de large. Il avait réalisé 45 dessins préliminaires, dont la plupart en couleurs. Certains éléments symboliques, chers à Picasso, apparaissaient dès les premières esquisses : le taureau, le cheval, la porteuse de lumière. Le taureau exprime la brutalité, le cheval le peuple. Picasso multiplia les études et à la mi-juin 1937, il livra son tableau monochrome au pavillon espagnol de l’exposition universelle. Les grandes dimensions de Guernica répondent à un souci de visibilité.

37


b - La diversité des formes et des supports d’images activité

Recherchez des informations biographiques sur les auteurs (ou les sites) et les images du dossier d’images suivantes et datez-les, autant que possible, avec les périodes de création auxquelles elles appartiennent.

Kevin COSTNER

Philippe Geluck, Le Chat Henri CARTIER-BRESSON

Gustave DorÉ

Jean-Pierre Jeunet

Uderzo & Goscinny, Astérix & Obélix

Gustav KLIMT, Le Baiser

38

Léonard de VINCI, La Cène

Toutankhamon


QUINO, Mafalda

MUCHA

Matt Groening, Les simpsons

Hayao Miyazaki

CASSANDRE

Robert DOISNEAU

Jan VERMEER, La Laitière

Grotte Chauvet, Ardèche

GEO n° 373 - mars 2010

Marithé François GIRBAUD

39


c - Les domaines d’utilisation de l’image 1. La communication : pictogramme, idéogramme, icône informatique, symbole, signal, emblème, logo... 2. Le journalisme et l’information : reportage, «image choc», magazine, caricature, dessin de presse, dessin d’actualité... 3. La publicité  : dessin publicitaire, affiche, panneau

d’affichage, tract, dépliant, flyer, spot publicitaire, clip promotionnel...

6. La langue et les techniques littéraires : comparaison,

métaphore, symbole, allégorie, figure de rhétorique par analogie, description, image poétique, image d’anticipation ou surréaliste...

7. L’image éducative, pédagogique : livre pour enfant,

livre illustré, illustration de manuel scolaire, document iconographique historique ou littéraire, portrait, schéma, dessin éducatif...

8. L’image comme mémoire : banque d’images, image

gerie satellitaire, télédétection, échographie, scanner, IRM...

d’archive, photographie souvenir, carte postale, album photographique...

5. L’art : art pariétal, fresque murale, mosaïque, céramique,

9. L’image cliché  : image d’Épinal, estampe, image

4. La science, la médecine : microscope, télescope, ima-

sculpture, gravure, monnaie, peinture, tapisserie, architecture, vitrail, art décoratif, collage, photographie, cinéma, dessin animé...

pieuse, image commémorative (médaille, timbre-poste, stèle, plaque et monument commémoratifs...).

activité

Après avoir organisé un débat de classe vous choisirez, en accord avec votre enseignant, de planifier et de préparer une sortie culturelle dont l’objet sera «l’image». Vous choisirez le lieu et le thème de la visite.

LES FONCTIONS ET LES DIFFÉRENTS TYPES D’IMAGE

a - Les fonctions de l’image Depuis la préhistoire, la peinture et le dessin forment un langage à part entière, qui permet aux premiers hommes de partager et transmettre à leurs contemporains et depuis, à toutes les générations suivantes, leurs croyances spirituelles et leur univers social et culturel.

4

Doc.

L’image s’attache depuis, et à travers les âges, à rendre compte des perceptions de l’homme lorsqu’il s’agit d’imiter la réalité, de la comprendre, mais aussi de la rêver. On distingue ainsi différents types d’images selon leurs objectifs.

Les nouvelles images

Notre monde fourmille d’images. Il n’est guère de lieux, d’espaces, de machines où l’image ne soit présente. Les images sont partout pour nous informer, nous faire découvrir des mondes invisibles, nous avertir, nous divertir, parfois pour être contemplées et nous faire rêver. Cette abondance est, bien sûr, liée au développement des techniques de reproduction. Mais depuis l’invention de la photographie (1826-1841), créer une image, c’est aussi pouvoir la reproduire en série. Images et sociétés, Les nouvelles images. Pierre Barbosa, Editions d’art, 1997

activité

40

Soulignez les rôles que l’auteur attribue à l’image.


b - Les trois types d’images 1. L’image informative ou narrative 

Cette image raconte des faits, des instants de vie, des rencontres, ou narre des histoires. Elle a un but pédagogique d’explication ou d’information, parfois engagée ou provocante, elle peut aussi tout simplement être de divertissement ou ludique. Les dessins humoristiques et la bande dessinée séduisent par leur côté «décalé» et amusant ; à l’inverse, l’image ou la photographie journalistique raconte, choque ou séduit son lecteur.

Blacksad-Juanjo GUARNIDO - Éditions Dargaud

2. L’image décorative ou artistique 

La peinture a été pendant longtemps l’unique procédé de représentation du monde et d’imitation de la réalité. Cette transcription plus ou moins réaliste de ce que l’artiste voyait et ressentait, témoigne et traduit sa vision sur son monde aussi bien extérieur qu’intérieur. Depuis l’invention de la photographie, cette image s’oriente vers la représentation de l’émotion, la recherche du beau et la transposition de l’univers intérieur de l’artiste.

La métamorphose de Narcisse - 1937 - Salvador DALI

3. L’image argumentative ou publicitaire

Certaines images visent à promouvoir un produit, d’autres à vanter un service, d’autres encore à défendre une cause sociale, politique ou humanitaire. Notre société fourmille aujourd’hui d’images incitatives, révélant ainsi le véritable pouvoir de l’image.

Le chat noir de Théophile Alexandre STEINLEN 1895 - Conservée au musée de la publicité, Paris.

Adèle Blanc-Sec - Luc BESSON - 2010

41


HISTOIRE ET IMPORTANCE ACTUELLE DE L’IMAGE

L’image précède l’écriture d’au moins 17 millénaires. Nos images contemporaines ont par conséquent une longue histoire qu’il est impératif d’étudier pour mieux comprendre leurs évolutions, leurs différences actuelles et leurs enjeux. Cette production considérable de représentations est jalonnée par l’invention de techniques décisives. Ces changements sont indissociables d’un mouvement plus général d’innovations et de technologies caractérisant

chaque époque de la vie matérielle et culturelle des sociétés jusqu’à aujourd’hui. Chaque technique de fabrication des images puise dans les ressources disponibles d’une époque donnée pour représenter le monde et ses imaginaires. C’est pourquoi, les techniques d’images nous parlent aussi des relations que les communautés humaines entretiennent avec la réalité.

activité

Recherchez et expliquez une grande innovation dans l’art de la représentation ou la création d’un outil qui utilise l’image. Expliquez son procédé ou son fonctionnement.

................................................................................................................................................................................................................... ................................................................................................................................................................................................................... ................................................................................................................................................................................................................... Histoire des techniques et des innovations de l’image a - L’art pariétal : la naissance des images La peinture et le dessin de tout temps ont constitué des langages à part entière qui permettaient de partager des émotions, des informations ou des croyances. Les peintures rupestres couvrant les grottes de la préhistoire sont,

Doc.

5

La naissance des images

Une grotte ornée de gravures préhistoriques datant de l’époque glaciaire (13 000 ans) continue de faire la une en Angleterre. Une première, dans un pays où l’on croyait l’art des cavernes définitivement absent. Au début du mois de juillet, des préhistoriens britanniques et espagnols ont eu la surprise d’identifier de nouveaux animaux gravés sur les parois calcaires de la grotte de Church Hole, à Creswell Crags, dans le Nottinghamshire. Après les douze figures d’oiseaux et de 42

jusqu’alors, les premiers témoignages artistiques de l’humanité. Ce sont, à ce jour, les premières représentations connues.

cervidés aperçues pour la première fois en 2003, ce sont désormais près de 95 représentations pariétales que les chercheurs ont mises au jour. Parmi elles, plusieurs bisons, des têtes de chevaux, des ours et différentes espèces d’oiseaux. Rien d’aussi important datant du paléolithique n’avait été trouvé en Grande-Bretagne depuis les restes d’hominidés vieux de 500 000 ans exhumés à Boxgrove, dans le Sussex, au milieu des années 1990.


b - Les innovations de l’antiquité

activité

1. Qu’est-ce que l’archéologie  ? Choisissez individuellement ou collectivement une civilisation du monde antique et faites un exposé sur les traces et témoignages archéologiques de l’utilisation des images à cette époque. 2. Choisissez un mythe, un dieu ou un héros antique que vous présenterez à la classe dans un bref exposé illustré et dont vous retrouvez les principaux témoignages imagés : gravure, peinture, sculpture, bas-relief, monnaie, céramique, mosaïque, ... c - La révolution artistique du moyen âge et de la Renaissance 1. L’image au Moyen Âge : de l’adulation au rejet

L’Occident est le lieu culturel de toutes les problématiques. Non seulement l’image ne pouvait pas faire exception à cette règle mais elle fut la première à être l’objet d’une mise en question.

Doc.

6

L’image en occident

2. L’utilisation de l’image en occident pour former les consciences : la cathédrale, un livre d’images

Un vitrail est une fenêtre composée de multiples verres colorés, assemblés au moyen de plombs, représentant des scènes, des personnages, des symboles. Il est devenu, en Occident, à partir du Moyen Âge, une expression artistique très utilisée en architecture et plus particulièrement dans les édifices religieux, empruntant les techniques de la peinture et de la céramique. En plus de leur fonction décorative, les sculptures et les vitraux des cathédrales sont chargés d’un message religieux auprès de fidèles illétrés. «L’intention des concepteurs des cathédrales était de monter en spectacle les vérités dont ils s’approchaient par la méditation et le raisonnement, de donner à voir ce que le chrétien doit faire pour bien se conduire et être sauvé». G. Duby. C’est cette intention que l’on retrouve dans les vitraux et les portails.

Église de Gruyères (Suisse), 1254, Vitraux de Yoki

Doc.

7

L’image pieuse

3. L’image pieuse : l’art au service de l’Eglise

La Contre-Réforme (mouvement religieux catholique du XVIe siècle initié pour contrer la progression du Protestantisme) a renouvelé le culte de Joseph, un peu oublié jusqu’alors. On lui a alors consacré des textes et les peintres se sont emparés du sujet. Ce thème est donc naturel pour l’époque ; aucune originalité ne marque le choix de ce modèle. Il prend place dans les préoccupations du temps, très attaché à l’enfance du Christ et à cette forme de piété. Un jeune enfant, aide son père, charpentier. activité

Recherchez des informations sur cette toile et son auteur et décrivez le contexte historicoculturel.

Saint Joseph charpentier, vers 1640, par Georges de la Tour (1593-1652), 137 x 101 cm, Paris, Musée du Louvre

43


4. La Renaissance : l’image apprivoisée

Du XIVe au XVe siècle en Europe une révolution de la représentation de l’espace se répand. L’art pictural évolue au fur et à mesure des nouvelles découvertes rendues possibles grâce aux progrès technologiques et aux mathématiques. La peinture est alors l’unique procédé de représentation du monde, forgeant ainsi un rapport très étroit avec la société occidentale qui se transforme rapidement.

Doc.

À partir des XVe et surtout XVIe siècles, l’art pictural évolue, bénéficiant des nouvelles découvertes techniques et mathématiques. À la Renaissance, un cadre délimite l’image, lui donnant souvent une forme rectangulaire. Le peintre joue sur l’illusion de la profondeur, car il maîtrise désormais les lois de la PERSPECTIVE, des points de fuite, de l’harmonie ou des contrastes de couleurs. Désormais, la peinture et tous les arts graphiques emploieront cette technique de représentation.

8

L’image apprivoisée

Dans cette Route de Middelharnis de Meyndert Hobbema qui date de 1689, nous avons une application parfaite de la théorie d’Alberti.

5. L’évolution des représentations et des supports de l’image à l’époque moderne

Au fur et à mesure de l’évolution des sociétés occidentales et de la libération des consciences, la peinture s’est progressivement détachée de l’inspiration religieuse, pour donner naissance à d’autres représentations aux thèmes profanes : des portraits, des paysages, des scènes de genre et des natures mortes. 6. La gravure : naissance de la reproduction en série

Cette forme de représentation, dont les premiers témoignages d’utilisation remontent au XIIe siècle en Europe et en Asie, est la première technique de reproduction en série de l’image dont le principe est la mise sous presse d’une matrice gravée (bois, cuivre). Elle prend son essor en même temps que la typographie que Gutenberg met au point en 1455. En effet, à partir de la Renaissance, cette technique va s’affirmer comme un art destiné à diffuser des images profanes principalement aux nouvelles classes aisées de commerçants, négociants, manufacturiers qui consacrent la naissance de la bourgeoisie.

Doc.

9

La gravure

«Albert Dürer (né à Nuremberg en 1471, mort en 1528) appartient, comme Léonard de Vinci, à cette génération de grands artistes, peintres, sculpteurs et architectes, pour lesquels la géométrie est non seulement un instrument d’analyse, mais un puissant moyen de perfectionnement. L’étude de la perspective le conduisit à la transformation des figures en d’autres figures du même genre. Et de là naquirent plusieurs méthodes géométriques, comme celle qui consiste à faire croître proportionnellement les ordonnées des points d’une figure, dans le dessin d’un profil dont on veut rendre les dimensions en hauteur plus facilement appréciables. Dürer maniait très habilement le compas pour tracer des ellipses et d’autres figures géométriques. Le pentagone de Dürer est un pentagone régulier, construit avec une seule ouverture de compas ; mais d’autres géomètres (Clavius, J.B. Benedetti) ont démontré depuis que ce pentagone n’a pas tous les angles égaux et que sa figure n’est qu’approximative. Les Instructions de Dürer concernant l’usage du compas parurent en allemand, à Nuremberg, 1525, in-fol., avec 19 figures sur bois, probablement gravées par Dürer lui-même.»

Ferdinand Hoefer, Histoire des mathématiques depuis leurs origines jusqu’au commencement du XIXe siècle, Paris, Hachette, 1874, p. 337 La Chute de l’Homme (Adam et Ève). Gravure de Dürer, 1504 Source : Library of Congress, Prints & Photographs Division, Gardiner Greene Hubbard, Collection Domaine public

44


À la fin du XIXe siècle, le procédé de la photogravure réalise un compromis durable entre les exigences liées à l’exactitude et la précision de la réplication et celles d’une diffusion de plus en plus large qui, au fur et à mesure se diversifie et s’élargit, permettant ainsi une certaine démocratisation du savoir par l’accès du plus grand nombre, au patrimoine artistique. Cette technique permettra en outre d’introduire la photographie dans la presse écrite.

Utilisée comme illustration, la gravure consacre un langage universel, au-delà des barrières linguistiques, culturelles, religieuses... qui a servi à édifier le peuple, répandre des idées de toutes sortes (religieuses, politiques, moralisatrices...). Pour ces deux raisons, on peut classer la gravure, qui en est l’un des premiers vecteurs principaux, parmi les grands moyens de communication de masse.

d - L’entrée dans l’ère moderne : la technologie au service de l’image 1. L’apparition de l’affiche et sa diffusion

L’apparition de l’affiche en tant qu’objet de série est difficile à dater. Celle créée par William Coxton en 1477 pour vanter les bienfaits curatifs des eaux de Salisbury est la première affiche courante (130 x 70 cm) de type moderne, en caractères d’imprimerie. Puis les murs se couvrent d’affiches diverses, qu’elles concernent le Roi et l’Église, les thèses historiées ou à images, ancêtres de l’affiche artistique, les affiches de spectacle et les premières affiches commerciales illustrées. À la fin du XVIIIe siècle, un trop plein d’affiches amène les premières législations. En 1791, la loi Le Chapelier réserve à l’affiche officielle l’impression en noir sur papier blanc. En 1818, l’État instaure le timbrage obligatoire et en 1848 la mention du nom de l’imprimeur devient nécessaire. Au début du XIXe siècle, les affiches qui restent de petits formats, en noir et blanc, ne sont généralement que de simples textes typographiques, l’illustration restant rare, entretenant avec l’image un rapport qui est celui du livre. L’invention de la lithographie en 1798 va permettre aux artistes de laisser libre cours à leur imagination. 2. L’essor de la caricature

La caricature (de l’italien caricare, charger) est l’expression la plus évidente de la satire dans le graphisme, la peinture et même la statuaire. Elle fut longtemps confondue avec les manifestations du grotesque, mais depuis la fin des années 1950 on a cherché à préciser son domaine. Dans la caricature, il convient de distinguer le portrait en charge, qui utilise la déformation physique comme métaphore d’une idée (portrait politique) ou se limite à l’exagération des caractères physiques (portraits d’artistes) et la caricature de situations, dans laquelle des événements réels ou imaginaires mettent en relief les mœurs ou le comportement de certains groupes humains. 3. Au XIXe siècle, l’invention de la photographie bouleverse le rapport à l’image

Nicéphore Niepce en 1827 réalise la première photographie. Ensuite, le procédé évolue grâce à une succession de

découvertes qui le rendent de plus en plus maniable. La photographie, littéralement «écriture par la lumière», remplit dès lors une fonction qui était réservée à la peinture : représenter le réel, de la manière la plus fidèle ou la plus originale possible. L’invention au XIXe siècle de la photographie marque une rupture décisive dans l’histoire des images. Pour la première fois, la réalité pouvait être reproduite avec une totale objectivité grâce à la mise en œuvre de divers automatismes mécaniques et chimiques. L’engouement est immédiat et sa portée internationale. La fidélité de la reproduction en fait très tôt un outil scientifique, tandis que sa nature documentaire familiarise le grand public avec les paysages et les populations lointaines et exotiques. À partir de là, la photo de presse s’impose à la fin du XIXe et plus encore au XXe siècle, comme le moyen d’informer par l’image, reléguant ainsi la gravure de presse au rang des antiquités. Elle s’intègre au journal et constitue une véritable révolution dans la communication, instituant la naissance du photojournalisme. Peu à peu, la diffusion dans toutes les couches de la société, la miniaturisation et la sophistication des appareils photographiques, puis de la caméra, permettent à chacun de capturer des images et de fixer, à travers elles, les moments privilégiés de l’existence. Aujourd’hui, des centaines de millions de photographies sont tirées chaque année par des photographes amateurs, tandis que le photojournalisme, en proie à la concurrence de la télévision, est entré dans une crise durable, accentuée par la généralisation des traitements numériques qui tendent à réduire la photographie de presse à des fonctions bien plus illustratives que véritablement informatives. 4. La photographie dans la presse

Chaque illustration photographique peut être un élément d’information autonome. Dans la presse, elle participe le plus souvent avec le texte, à la divulgation de faits auprès des lecteurs. Elle est aussi un élément d’illustration ou de mise en scène d’une information.

45


10

Doc.

La photographie de presse

Vietnam, par Larry Burrows, Flamarion. C’est fou, terrifiant, incroyable. Cet homme était partout, au cœur de l’enfer. Dans les rizières et dans la boue avec les G.I., près des marines blessés ou des Viêt-congs gisant au sol, témoin de 1962 à 1971, des affrontements sanglants qui ont bouleversé durablement le Vietnam. En 1971, le photographe anglais, correspondant du magazine Life, meurt lorsque son hélicoptère est abattu à la frontière entre le Vietnam et le Laos, laissant en guise de testament ces clichés exceptionnels qui impressionnèrent, en leur temps, le peuple américain et contribuèrent aux mouvements de protestation contre cette guerre. Un livre impressionnant, qui rappelle que Larry Burrrows était à la fois photographe, journaliste, artiste, historien. MP.

Article L’Express, le magazine, N° 2684, décembre 2002 activité

Décrivez cette photographie de presse en précisant l’impression qu’elle vous donne. 5. La presse magazine de territoire et de tourisme se multiplie et s’enrichit chaque année

C’est une presse qui séduit avec nombre d’images sur papier glacé et des titres invitant au voyage ou à l’évasion, à la découverte au moins virtuelle d’une région, d’un pays à travers ses paysages, son patrimoine, son histoire, ses habitants, son mode de vie...

6. La presse spécialisée a elle aussi pris un grand essor 

Les magazines féminins, mais aujourd’hui aussi masculins, fleurissent. Que dire des magazines automobiles, informatiques, de jeux vidéo, de jardinage et de maison...

e - Au XXe siècle : la multiplication des formes d’images et de supports

11

Doc.

La diversité d’utilisation des champs

L’image ludique

L’image publicitaire L’image historique

L’image politique

Campagne présidentielle, affiche de 1981

46

L’image informative


1. L’animation des représentations grâce au cinéma

12

Doc.

La représentation par le cinéma

• Le cinéma est issu des recherches sur le mouvement humain et animal effectuées vers 1880 par le Français Etienne Marey et l’Américain Edwards Muybridge. C’est à cette époque que l’invention d’une émulsion très rapide : le gélatino-bromure d’argent, a déclenché la révolution de la saisie instantanée qui allait donner naissance au cinéma. Puisqu’il était possible d’isoler parfaitement un geste, il apparut très vite que la visualisation accélérée du mouvement de photogrammes permettaient de restituer la continuité du mouvement, donc de l’animation de la vie. En déposant un brevet le 13 février 1895, Louis et Auguste Lumière devenaient les inventeurs du cinématographe. Les premiers films conçus par les frères Lumière, en 1895, Luc Jacquet a passé un an en Antarctique pour tourner «La marche de l’empereur», primé aux Oscars. sont des documentaires. Mais très vite, les films de fiction rencontrent un grand succès auprès du public. été singulier. La formule a été remaniée selon la Travailler avec un producteur du nom de Bonne volonté des distributeurs américains. Un simple pioche, ça aide. La preuve, Luc Jacquet est reparL’apparition du cinéma parcommentaire dit par Morgan Freeman remplace ti d’Hollywood avec un Oscar, dernière étape en lant à la fin des années la version française, un peu plus lourde dans date, dimanche soir, de sa triomphale Marche de 20, permet d’associer la laquelle Romane Bohringer, Charles Berling et l’empereur. Napoléon n’y est pour rien. L’empemusique et les paroles à Jules Sitruk font parler les animaux. La musique reur en question, ce sont les troupeaux de manl’image. Le cinéma devient d’Émilie Simon a été remplacée par une autre. chots de l’Antarctique dont il raconte l’impresle divertissement par excelCela n’a pas empêché les manchots de se mettre sionnant périple dans ce documentaire mené à lence et fait des acteurs de 75 millions de dollars dans leurs poches. C’est le bout de bras avec passion, courage, obstination véritables stars universelles. record absolu pour un film français outre-Atlanet virtuosité. «Pas besoin d’effets spéciaux, de Le passage à la couleur tique. Mieux que le 5e élément et Amélie Poulain femmes nues, de violence» dans un cinéma de dans les années 50, profite cœur, jubilait le lauréat en caressant son troet plus fort aussi que les cinq longs-métrages en phée... du regard. Un manchot en peluche à la lice pour l’Oscar du meilleur film ! d’abord aux superproducmain, il a dédié sa statuette «à tous les enfants Il n’y avait qu’une place sur le podium du dotions hollywoodiennes qui dans le monde qui ont vu le film». cumentaire, Luc Jacquet l’a prise aux dépens adaptent les mythes antiques Un an de tournage, par 30 °C parfois, pour rade Hubert Sauper, qui représentait également et les récits bibliques comme conter «la frontière de la vie». Grâce à l’émotion la France avec Le cauchemar de Darwin. Recalé les Dix Commandements, ou dont il habille son message écologique - «je crois aussi Christian Carion, il rêvait d’un Oscar du film créent des mythes nouveaux profondément en ce que j’ai filmé, il faut protéétranger pour son Joyeux Noël, sorti aux USA avec le western. Le cinéma ger l’Antarctique» - l’ancien ornithologue lyondeux jours plus tôt. La pioche n’a pas été bonne multiplie les genres  : les nais devenu cinéaste a séduit 1,7 million de specpour tout le monde. films à suspense d’Alfred tateurs en France et 16 millions dans le monde Pierre FORNEROD Hitchcock, les films hisentier. Mais c’est aux États-Unis que l’exploit a toriques ou de science ficArticle Ouest France, mars 2006, «Un Oscar pour l’Empereur» tion, ... Certains réalisateurs français mondialement reconnus comme François Truffaut, vigilance, le discernement et l’esprit critique de ceux dont Bertrand Tavernier, Jean Luc Godard continuent à consi- nous faisons tous partie, en tant que citoyens, électeurs ou dérer le cinéma comme le «septième art», à travers lequel encore consommateurs. Avec l’avènement de la télévision et ils tentent d’exprimer leur vision personnelle de l’univers. sa domination actuelle sur les autres médias, la civilisation a pris un virage irréversible, celui de la communication de 2. À la fin du XXe siècle, la télévision : un mass media masse. L’un des traits les plus marquants dans l’évolution des techniques des images est cette marche constante dans l’automatisation qui concerne aussi bien les procédés de fabrication de l’image que les moyens de sa diffusion. De plus en plus importante dans le monde actuel dirigé par l’économie et la politique, l’image attire, interpelle, fait réagir, fait vendre ; bref, plus que jamais, elle dispose d’un véritable pouvoir d’autant plus fort aujourd’hui que la banalisation des images amoindrit considérablement la

• L’image électronique est le résultat de travaux sur l’iconoscope de Vladimir Zworykin qui met au point en 1936, le premier tube cathodique. Cette nouvelle image est le fruit de la décomposition en lignes d’une prise de vue réalisée par le balayage d’une cellule photoélectrique. La recomposition de l’image doit être synchronisée de façon suffisamment rapide pour que l’œil discerne une image stable. L’image de télévision est, en somme, un flux électronique transmis à la vitesse de la lumière.

47


Aujourd’hui, en Europe occidentale et aux États-Unis, la plupart des foyers sont équipés d’un téléviseur si ce n’est de plusieurs. • Au XXe siècle, la télévision prend le pouvoir. Le temps passé devant l’écran progresse tous les ans de façon constante. Elle touche toutes les classes d’âge et toutes les couches sociales. Le spectacle télévisuel s’insère dans les rythmes et les habitudes des consommateurs et transforme ainsi leur mode de vie. La plupart des émissions (journal, sport, variétés, fiction, documentaire, ludique...) utilisent la possibilité de multiplier une image sur l’écran, de la faire tourner, de jouer sur la coïncidence de deux états d’une même action. Les rythmes de montage ont tendance à s’accélérer ; les producteurs ont tendance à multiplier les coupes et les points de montage pour captiver le spectateur par l’abondance et la diversité des images et des sons. Il semble que la captation soit d’autant plus grande que la forme de l’émission se rapproche de celle d’un match (forme préférée de la majorité des téléspectateurs). Les émissions

d’information ont tendance à privilégier un effet de dramatisation et de confrontation. La mutation de l’interactivité de la télévision est le principal changement de ces dernières années. Les émissions en direct (simultanéité de la prise de vue, de la transmission et de la réception) qui sont, au départ, le principe constitutif de la télévision, créent un élargissement de la perception et l’impression de communiquer à l’échelle planétaire. La multiplication des sources d’information, la complexification des possibilités de connexion (duplex, triplex...) et la rapidité de l’intervention d’un correspondant permettent d’avoir les images d’un fait en temps réel. Le public est de plus en plus présent comme spectateur direct ou en tant que témoin dans de nombreuses émissions dites de «talk-show». Le spectateur est parfois même le véritable acteur des émissions qu’il regarde, notamment dans la «télé-réalité». Les appels téléphoniques lui donnent la possibilité de se prononcer dans un débat ou d’intervenir dans une émission.

L’explosion et la massification des images publicitaires, ses rapports avec l’art et l’écriture

13

Doc.

La publicité et l’art

C’est surtout à travers l’affiche, interlocutrice directe de la peinture et à travers l’écran publicitaire qui appartient à l’univers cinématographique que peuvent être traités les rapports de la publicité avec l’art. Par l’affiche, qui marqua ses véritables débuts, la publicité est certes d’origine artistique, mais à mesure qu’elle se développait en se diversifiant, elle s’est vu reléguée dans un ghetto qui pourrait bien correspondre à l’«inconscient» de l’art. Par sa seule existence, la publicité heurte de front la hiérarchie mise en place à partir de la notion d’un art «pur». Pourtant, nombre de ses manifestations sont aussi convaincantes que des œuvres qui sont censées être nées d’un besoin de création désintéressé. Le jugement qui frappe la création publicitaire est fuyant car il s’appuie, selon les besoins d’une démonstration nourrie d’a priori, sur des arguments tantôt esthétiques, tantôt sociologiques, tantôt économiques, voire moraux, sans que le passage des uns aux autres fasse l’objet d’une signalisation particulière. Les rapports entre publicité et art, faute d’être énoncés de façon cohérente, sont prétextes à de brèves évocations qui tendent soit à minimiser l’œuvre publicitaire en la situant parmi les arts «mineurs», soit à la rejeter en l’accusant d’être porteuse d’une faute originelle, celle d’avoir été conçue sous le signe du mercantilisme. La publicité introduit dans l’ordre établi de l’art une irrésolution qui n’est pas près d’être surmontée, mais qui peut s’avérer féconde pour l’esprit critique. Wanadoo.fr/art-deco.France/publicité

L’image numérique et virtuelle Avec la domestication et la généralisation du numérique, nous assistons à une nouvelle et profonde révolution de l’image, avec tous les débordements possibles qui accompagnent son développement, sa généralisation et sa banalisation. activité

Recherchez et décrivez dans vos lectures ou vos connaissances iconographiques, une image empruntée à l’art, aujourd’hui détournée de son sens premier pour servir de base à la promotion d’un produit, d’une marque. 48


14

Doc.

L’image échographique : l’ère du «fœtomaton»

L’image, assassin ou déclencheur de fantasmes ?

Est-il anodin de découvrir le visage de son enfant «in utéro» ? Quelques réponses empruntées à la psychiatrie et à la psychanalyse. «Le bébé existe dans la tête de la mère bien avant qu’elle ne soit enceinte, explique Michel Soulé, ancien psychiatre de l’Institut de puériculture (Paris). Elle en rêve depuis qu’elle est petite fille. C’est son enfant imaginaire. Le père aussi a le sien propre.» Quand la femme se sait enceinte, elle redouble dans la fantasmatisation. Et puis a lieu la première échographie. «D’un coup, l’enfant réel est imposé aux parents, poursuit Michel Soulé. C’est la première étape dans la transformation de l’adulte en parent !» Un réel qui, selon le psychiatre, va malheureusement empiéter de plus en plus sur l’imaginaire durant toute la grossesse. «Au deuxième rendez-vous, l’échographiste propose de connaître le sexe, puis il commente la vivacité du fœtus, ses mouvements, il le mesure, et annonce qu’il fera par exemple 3,5 kg à la naissance… Le bébéfantasme s’évanouit. Avec l’échographie 3D, c’est pire. C’est une limitation à la capacité de rêverie des parents !» Réaction de Serge Tisseron, psychanalyste spécialiste de l’image : «Si voir un cli-

Avec la 3D, les parents voient leur enfant «imaginaire»

ché unique du fœtus fige certainement l’imagination dans une seule représentation, voir une multitude de clichés stimule l’imaginaire bien au contraire !» Pour lui, l’échographie est une étape très importante pour les parents car «elle apporte très tôt à la mère une représentation visuelle des sensations qu’elle éprouve tandis que le père, lui, peut voir ce qu’il ne ressent pas. C’est une vraie venue au monde. Elle marque aussi l’introduction de l’enfant dans le circuit familial, elle l’inscrit dans une filiation et elle le socialise.»

La version 3D de cette image lui semble, en revanche, plus difficile à assimiler. «Ces clichés sont très crus. Quand on les voit pour la première fois, ils ont un impact psychologique proche de celui d’une image pornographique.» Le psychanalyste gage que la jeune génération, à l’aise avec la réalité virtuelle, aura de plus en plus recours à la 3D. Cette représentation réaliste du fœtus ne risque-t-elle pas de décupler la détresse des parents en cas de mort fœtale ? «Non, estime Michel Soulé, car les études récentes ont montré que les parents parviennent mieux à faire leur deuil du bébé quand ils ont été confrontés au corps.» L’effet pervers de la nouvelle technologie serait ailleurs. «Que va-t-on faire de ces images ? s’inquiète Serge Tisseron. Montrer à l’enfant comment il était dans le ventre de sa mère ? Il grandira en pensant qu’il peut être surveillé, vu, où qu’il soit.» Et le psychanalyste de mettre en garde : «Les parent doivent comprendre que dès sa venue au monde, l’enfant aura besoin d’un espace de liberté pour s’épanouir… loin des caméras.» In Science et Vie, septembre 2004 activité

1. Après avoir lu cet article, expliquez son titre «L’image échographique : l’ère du «fœtomaton».

2. Quelles sont les deux thèses opposées dans ce texte ? Quels sont les dangers révélés ? 49


LES DIFFÉRENTS OBJETS ET LEURS FORMES DE REPRÉSENTATION • De l’homme : le portrait, la statue ... • De la société : scène de genre, mosaïque, fresque, tapisserie, vitrail, affiche, photographie, cinéma, télévision... • De la nature : paysage, marine, nature morte, carte postale, lithographie... • De l’espace : cartographie, imagerie médicale, imagerie satellitaire, plan... • Du temps : représentation du passé, de l’avenir, du temps astronomique... • De l’action : bas-relief, bande dessinée, film, clip vidéo, jeu vidéo, dessin animé... • Le réel déformé ou simplifié : anamorphose, ombre chinoise, kaléidoscope, idéogramme, caricature, schéma... activité

Recherchez dans cette liste non exhaustive de types de représentations, une image de votre choix et faites-en un commentaire que vous apporterez à la classe en n’omettant pas de justifier votre choix.

L’IMAGE ET LE TEXTE L’image raconte, informe, interpelle ou séduit celui qui la regarde. Elle est parfois accompagnée d’un texte qui oriente le sens de l’image permettant ainsi son interprétation, mais qui parfois peut induire en erreur, de façon consciente ou non.

15

Doc.

Image et écriture

L’image est, par définition, un objet, alors que l’écriture jouit du privilège attaché à l’immatérialité  : dans la pierre, l’écriture s’inscrit en creux. Sur un support mobile, peau ou papier, elle reste sans épaisseur. L’écriture est l’apanage d’une élite pour qui elle est à la fois lecture et pratique (écriture). L’image elle, marque le divorce entre déchiffrement et pratique.

Encyclopédie Universalis, article Image.

16

Doc.

Couverture de Cl Lieber, 2001, New Line Productions Inc.

La publicité et l’écriture

Une forme d’expression liée à l’écriture La publicité, elle, est au départ une écriture, puis une écriture illustrée, enfin un message visuel destiné à rendre accessible, de la manière la plus immédiate, la plus concise, un slogan, un produit, une marque... Le but idéal, rarement atteint, étant de transformer l’écriture en un message exclusivement plastique, grâce auquel toutes les données seraient perçues simultanément. «Même dans les œuvres les moins figuratives et les plus dénuées de contenu religieux, l’artiste est créateur d’un message ; il exerce à travers les formes une fonction symbolisante qui perce ailleurs dans la musique ou le langage» (André Leroi-Gourhan). Dans les premières affiches imagées, l’information écrite et son illustration sont juxtaposées, puis le graphiste s’efforce d’absorber l’écrit dans la composition de l’image. Dès que s’impose l’idée qu’un produit ou une idée politique pourrait être mieux servi en s’appuyant sur l’image, le respon-

50

sable d’une campagne publicitaire ou politique fait appel à des artistes. D’abord parce que ceux-ci paraissent les plus capables d’inventer des images, ensuite parce qu’ils sont les plus aptes à utiliser les techniques de la gravure sur bois, de la lithographie... Cette dernière en particulier, après avoir servi à «démocratiser» les chefs-d’œuvre, devint un mode de création original. Des artistes comme Daumier, Manet, Gavarni, Cham, Grandville, Toni Johannot, Bertall... ont même trouvé un style adapté à la lithographie. C’est donc à des créateurs connus pour leur habileté que seront demandées les premières œuvres publicitaires illustrées. Wanadoo.fr/art-deco.France/publicité


activité

Quel est le rapport entre l’image publicitaire et le texte ?

les trois fonctions du texte ou de la légende L’image à elle seule peut susciter à un même lecteur des associations d’idées très importantes et très différentes les unes des autres. C’est donc au texte joint de réduire le nombre des connotations suggérées et d’imposer, au choix, la signification réelle ou celle volontairement fausse de l’image présentée. Par la longueur du paragraphe, le choix des mots, de la tonalité du discours... il est possible de provoquer des sentiments contradictoires au lecteur de l’image : joie, tristesse, sympathie, antipathie, optimisme, pessimisme. • Un texte ou une légende peuvent avoir une fonction explicative : dans ce cas, c’est le texte qui complète l’information, car à elle seule, l’image ne dit pas toujours tout de certains

éléments essentiels de compréhension. • Un texte ou une légende peuvent avoir une fonction d’orientation de l’interprétation du lecteur : un même fait ou une même histoire présentés en image peuvent être interprétés de manières différentes, voire opposées sans volonté pour son auteur de falsification. Ainsi une légende permet de placer le lecteur sur de bons guides, évitant toutes les maladresses d’interprétation. • Un texte ou une légende peuvent avoir une fonction de falsification de la réalité  : en détournant l’image de son contexte, de son objet, le texte juxtaposé peut détourner abusivement le sens d’une image.

Jacques Prévert Photo Robert Doisneau

17

Doc.

Histoire d’une photographie de R. Doisneau

On raconte l’histoire véridique d’une photographie du photographe Robert Doisneau prise avec le consentement des personnes photographiées, d’abord publiée sans légende, puis diffusée par des agences et publications diverses. Elle montrait une jeune fille s’entretenant au comptoir d’un café avec un professeur de dessin. Or cette même image s’est retrouvée dans une revue à scandale avec la légende «prostitution aux Champs-Élysées».

Tiré de La communication par l’image, Nathan 2002

51


APPROCHE SÉMIOLOGIQUE DE L’IMAGE

a - Le sens d’une image par rapport au langage Sémiologie - Science qui a pour objet d’étude les différents systèmes de signes et de lois qui régissent les sociétés et qui en recherche la logique cachée.

Plaque de Pioneer

18

Doc.

Les différents sens de l’image

L’image est plus polysémique (plusieurs sens) que la langue. En effet, elle a la réputation d’être un moyen de communication incomplet et rudimentaire parce qu’elle peut susciter des impressions, des commentaires et des analyses divergentes. Cette polysémie plus grande engendre forcément de la méfiance, voire du mépris pour l’image, suspecte de nous séduire et nous manipuler. La polysémie se fonde sur le fait que les signes visuels sont épars dans l’image  ? Alors que dans la langue la lecture est linéaire, continue, la perception de l’image est globale, simultanée. Le sens de l’image est le résultat d’un parcours qui articule entre eux les signes visuels discontinus : le lecteur en repère certains, les associe, il fait une sorte d’inventaire qui

b - Le processus de communication par l’image

devient itinéraire de lecture. Il participe activement à la sélection et l’organisation du sens. Cette polysémie n’est donc ni infinie, ni archaïque. Il est difficile de connaître «l’intention» de celui qui a fait l’image, de savoir ce qu’il a «voulu» dire. Cependant toute image a un auteur, individu ou groupe, qui l’a réalisée dans certaines conditions sociales et culturelles. Le seul fait que l’image circule, a une vie publique, engage au moins l’intention de plaire, d’émouvoir, d’éveiller une impression esthétique, d’apporter une information… Le lecteur se trouve face à ce produit, en situation de communication. Petite fabrique de l’image, Magnard

19

Doc.

Plantu

Comme dans la communication linguistique, le schéma de communication peut s’appliquer à ceci près que les signes iconiques n’obéissent pas comme les signes linguistiques, à une grammaire. On retrouve ainsi les six éléments de communication : • l’émetteur : celui qui émet le message ; • le destinataire : celui à qui il est destiné ; • le message : le contenu d’information ; • le canal  : le support matériel, l’outil technique de transmission ; • le code : le système de signes conventionnels utilisé dans le message ; • le feed-back : toute communication suppose la possibilité d’un contrôle-retour.

52

Plantu, Le Monde, à l’occasion de la visite du Premier Secrétaire du Parti Communiste chinois en France


activité

Décrivez l’image du document et complétez le schéma suivant avec les éléments théoriques et les éléments concrets de l’illustration.

C........................................................................................... .............................................................................................

E........................................................................................... ............................................................................................. ............................................................................................. .............................................................................................

M.......................................................................................... ............................................................................................. ............................................................................................. .............................................................................................

R........................................................................................... ............................................................................................. ............................................................................................. .............................................................................................

C........................................................................................... .............................................................................................

F......................B................................................................. ............................................................................................. ............................................................................................. .............................................................................................

c - L’ambiguïté de l’image

20

Doc.

Article Phosphore, N° 299, mai 2006

activité

Dans un premier temps regardez et interprétez l’image seule. Lisez ensuite l’article de ce même document «Attention amalgames !» et répondez aux questions.

au bout du canon Qui ou quoi cette jeune femme a-t-elle en ligne de mire ?

attention, amalgames ! La scène donne froid dans le dos. Une femme voilée tient à bout de bras un pistolet. Sans doute une terroriste, car dans notre esprit, une femme voilée ne peut être que soumise ou embrigadée... Mais il s’agit d’une policière iranienne qui s’exerce. Et hop, tous nos a priori s’envolent. Le but recherché était celuilà : ne pas rapporter une réalité, mais interroger nos fantasmes. Qui en joue ? La cible est délibérément laissée horschamp par le photographe. Le regard de la femme prolongé par son arme, laisse libre cours à l’imagination... La scène se déroule sur un fond neutre : le photographe fait ressortir son personnage, avec un contexte minimaliste (un début de corps et une autre arme pointée) : la femme n’est pas seule. On ne sait pas qui l’entoure. Il cadre enfin celle au joli et doux visage pour faire ressortir la démesure du pistolet. Un contraste qui choque. Pierangélique SCHOULER

53


d - La confusion des images avec son modèle

21

Doc.

L’image et son modèle

Les Grecs appelaient «icône» une sculpture représentant fidèlement un modèle humain à l’échelle naturelle. C’est ainsi que l’on désigne également les figures divines dans la peinture religieuse. Justement, l’adoration fétichiste de l’image pieuse, qui substitue à Dieu sa représentation, nous rappelle cette distinction élémentaire entre image et modèle de l’image. L’expression fréquemment utilisée : «là, c’est moi» pour se désigner sur une photographie, est un raccourci révélateur qui traduit la confusion

de nos rapports aux objets iconiques. Confusion qui tient sans doute à l’extrême abondance des images. Elles sont tellement intégrées à notre paysage social et culturel qu’il faut faire un effort pour les distinguer et les identifier comme telles parmi les objets du monde visible, pour s’interroger sur la manière dont nous les percevons et les pratiquons. Petite fabrique de l’image, Magnard, 1995

BILAN - Dans la lecture d’une image, l’histoire individuelle du lecteur, son appartenance socioculturelle entrent en jeu dans la lecture du signe iconique, fondée sur la reconnaissance d’un code de représentation analogique. Exemple, entre le signifiant graphique ou photographique et le signifié «poisson» : la relation est motivée par une analogie (ressemblance) signifiant/signifié. D’autres critères rentrent en compte dans sa propre perception des images : • Son imagination : son fonctionnement, ses productions (plastiques, picturales, littéraires, photographiques, cinématographiques...). • Ses représentations mentales, visions, illusions d’optique, hallucinations, mirages, fantasmes, ... • Ses représentations du souvenir. • Sa propre image de soi. • Sa propre image des autres (parents, amis, ennemis, professeurs...).

e - L’image ne fait- elle qu’imiter la réalité ?

22

Doc.

Images et sociétés, Les nouvelles images

L’image hésite entre l’imaginaire et la réalité : elle ressemble à son modèle et pourrait fort bien la remplacer, d’où la trouble séduction qu’elle ne manque pas d’exercer. Par définition, elle entretient un rapport d’imitation avec son référent, la réalité qu’elle a pour charge de représenter. C’est pourquoi l’image nous met en face d’une absence. Cependant, les images ne sont pas de simples décalques du monde. L’artiste ou l’artisan nourrissent, par leur style, leur culture, leur personnalité et les outils mêmes qu’ils utilisent, l’image de leur propre vision du monde. De l’abstraction au réalisme, l’analogie recourt à maints stratagèmes mais toujours, l’image est un fantôme entre le monde commun et la pensée de chacun. Ainsi l’image oscille-t-elle entre sa vérité matérielle, qui n’est jamais que graphique, et le mystère de ce qu’elle représente ; elle est une fenêtre ouverte sur d’autres vérités, dissimulées derrière le geste humain et créateur. Car l’image, à l’instar de la technique, est une création spécifiquement humaine. C’est bien pourquoi, la méfiance envers les images fut de rigueur dès les temps bibliques quand Yahvé, le Dieu unique et jaloux, proscrit l’adoration des idoles et des images, suspectées de rivaliser avec lui. À l’aube de notre siècle et, certes, dans un tout autre style, le peintre Maurice Denis ne dit pas autre chose quand il recommande de «se rappeler qu’un tableau - avant d’être un cheval de bataille, une femme, ou une quelconque anecdote - est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées». Ce conseil servira d’antidote à l’illusion naïve qui nous ferait prendre la carte d’un territoire pour le territoire lui-même. Cette recommandation est précieuse quand on sait que le charme de l’image agit par-delà de son support physique. Pierre Barbosa, Editions d’art, 1997

54


Doc.

23

La photographie La photographie (écriture par la lumière) : l’image vraie ?

L’invention de la photographie marque une rupture décisive dans l’histoire des images. Pour la première fois, la réalité pouvait être reproduite avec une totale objectivité grâce à la mise en œuvre de divers automatismes mécaniques et chimiques. Cette même image pouvait en outre être reproduite à l’infini dans des qualités, somme toute, équivalentes au premier tirage.

vient à toutes les étapes de l’élaboration du cliché, dans le choix du sujet, la prise de vue, le choix et la sensibilité de la pellicule et de l’objectif, et bien sûr le développement et le tirage. Il s’agit d’autant de possibilités successives de transformation même involontaire, de modification donc de falsification du réel. Même avec un très grand degré de perfection mimétique, aucune image n’est une restitution véritable du réel, son duplicata. Elle est et reste une reconstruction, une recréation, bref une icône.

Mais c’est aussi un arsenal technique, dans lequel le photographe inter-

f - L’image et la ressemblance et l’iconicité • Le problème de l’image et sa ressemblance (degré de ressemblance), ou l’image et sa représentation  (degré d’iconicité) ?

L’image, telle que nous la connaissons le mieux a pour objet premier la représentation analogique des objets du monde visible par mimétisme apparent de la structure, de la couleur, de l’échelle, de la texture, ... À partir de cette représentation, chacun est à même de juger de sa plus ou moins grande ressemblance avec l’objet réel initial, mais notre interprétation du degré de ressemblance est extrêmement variable. Pour preuve, nous reconnaissons presque tout aussi bien une peinture hyperréaliste, une gravure de Rembrandt, un dessin de Reiser, le schéma d’une notice de montage, ou

Doc.

24

un panneau indicateur du code de la route. La raison tient à ce que toutes les formes sont des signes visuels iconiques qui ont un degré d’iconicité (ou de schématisation, voire d’abstraction) qui n’a plus rien à voir avec la réalité, se fondant sur un autre rapport avec elle. L’homme contemporain reconnaît même des signes iconiques représentant des objets virtuels ou fantasmagoriques et même des objets rêvés ou de science-fiction.

Les signes iconiques

activité

Retrouvez dans votre environnement et vos connaissances des signes iconiques très imagés. Dessinez-les ou collez-les.

Pablo Picasso, Portrait de Dora Maar, huile sur toile, 46 x 55 cm, 1937

Dora Maar, 1909-1997

55


g- La connotation / dénotation de l’image La lecture d’une image, comme celle d’un texte, mais avec plus de précaution d’interprétation, nécessite l’utilisation de certains outils propres à l’étude iconographique, technique et pratique, mais aussi sémiologique. Il est ainsi crucial dans tout acte de lecture d’une image, d’analyser les combinaisons des sens dénotés et des sens connotés. 1. Le sens dénoté  C’est la reconnaissance la plus neutre du signe iconique : «Je perçois, je reconnais : je nomme».

Pour les images les plus énigmatiques, la dénotation se borne à un constat technique et pratique de cadrage, de forme, d’aspect, de ligne, de couleurs... auquel il convient d’ajouter un commentaire sur les formes observées par comparaison et rapprochement avec des modèles connus. Même si l’objectif de dénotation se doit de nommer les signes visuels de l’image en toute neutralité, on n’y parvient jamais tout à fait, car la nomination des éléments perçus engage déjà une lecture, c’est-à-dire une interprétation qui déborde donc par définition le sens dénoté.

encore de rapprochements avec d’autres images. Dans la mise en scène de certaines images publicitaires, les codes (perceptifs, socioculturels) sont mis en jeu de façon délibérée et encore plus accentuée. Dans certains cas, certaines images renvoient explicitement à des modèles déjà connus, dont les références iconiques se trouvent dans l’histoire littéraire et artistique mondiale. C’est ce que l’on appelle «l’image citation». Ces «reprises»  peuvent prendre les traits de parodie, d’hommage ou de détournement humoristique ou ludique se déclinant à l’infini. 3. Des œuvres jouent parfois sur le décalage entre un objet et sa représentation

25

Doc.

La trahison des images

2. Le sens connoté  L’image est polysémique, elle ouvre au lecteur un autre champ d’interprétation : la subjectivité.

La connotation complète la dénotation, puisqu’elle vient superposer, associer des significations supplémentaires. Elles dépendent d’une part du lecteur lui-même, de sa mémoire, de ses valeurs personnelles, de sa culture, de ses pratiques sociales ou culturelles, de ses émotions, de son imaginaire... mais elles dépendent aussi des objets et de leur mise en scène. La connotation est une interprétation personnelle à partir d’éléments techniques, de transcriptions de codes ou

La trahison des images , René Magritte (1898-1967), huile sur toile, 1929, County Museum of Art, Los Angeles

Explications du titre - Pour expliquer ce qu’il a voulu représenter à travers cette œuvre, Magritte a déclaré ceci : «La fameuse pipe, me l’a-t-on assez reprochée ! Et pourtant, pouvez-vous la bourrer ma pipe ? Non, n’est-ce pas, elle n’est qu’une représentation. Donc si j’avais écrit sous mon tableau «ceci est une pipe», j’aurais menti !».

4. Le détournement et la falsification des images : le trucage, le traitement de l’image

La jalousie du Führer explique probablement la disparition de Goebbels sur la photographie officielle. Très liée à Hitler, Leni Riefenstahl, présente sur la photographie, passa pour être la maîtresse de Goebbels. Repères pratiques, La communication par l’image, Nathan

56


• Les raisons de la manipulation : le «retouchage» d’image

est pratiqué dès le début du XXe siècle, au départ pour embellir la photographie. Très utilisé dans les photographies officielles, il est systématique dans les régimes totalitaires. À ce motif d’agrément, il faut ajouter : - l’intention de forcer l’interprétation : en ajoutant un élément, on modifie le sens et donc l’interprétation d’une scène. - l’élimination  : le cas le plus fréquent de falsification consiste à supprimer d’une représentation un personnage considéré comme dangereux ou même à faire disparaître toute trace de l’existence, de la postérité d’un monarque déchu ou toutes les traces d’un opposant politique emprisonné ou clandestinement exécuté.

h - Image et éthique

• Les techniques de manipulation de l’image sont :

- la retouche : élimination point par point des défauts dus à la poussière et aux imperfections sur une pellicule. - le détourage  : isolation de l’image en retirant le fond. L’image sélectionnée «positif» apparaissant sur fond blanc est retravaillée en tirage dur très contrasté permettant ainsi l’élimination chimique d’une partie du sujet. - le découpage : assemblage d’éléments empruntés à des photographies différentes : photomontage. - le recadrage : isolement d’un élément par recadrage de la photographie originale.

Doc.

26

Les magazines

• Choix et utilisation des images

(pornographie, atteinte à la vie privée, manipulation...).

• La réglementation sur le droit à l’image.

Voici, janvier 2009

Closer, mai 2006

i - Peut-on et doit-on tout représenter ?

Doc.

27

L’affaire des «caricatures du Jyllands-Posten»

L’été 2005, l’auteur danois Kåre Bluitgen, travaillait sur un projet de livre pour enfants racontant la vie de Mahomet. Tous les illustrateurs auxquels il s’est adressé ont refusé de prendre part à l’entreprise, l’un d’entre eux prétextant ne pas vouloir terminer comme un Théo Van Gogh, les autres trouvant des excuses diverses. Un seul voulait bien illustrer le livre, mais souhaitait rester anonyme. Faisant état publiquement de son problème d’auto-censure des illustrateurs danois, Kåre Bluitgen a attiré l’intérêt de la rédaction du Jyllands-Posten sur le sujet de la liberté d’expression, confrontée aux sensibilités musulmanes. Le Jyllands-Posten, premier quotidien du Danemark avec 150 000 exemplaires et 670 000 lecteurs par jour, fondé en 1871, est un journal qui se situe au centre-droit, proche du Parti libéral du Premier ministre Fogh Rasmussen. Carsten Juste, rédacteur en chef du journal, décide alors de lancer un appel à douze illustrateurs avec l’interrogation suivante «Si vous aviez à représenter le prophète, que dessineriez-vous ?», et le JyllandsPosten publie le 30 septembre 2005 les résultats de l’expérience sur une pleine page.

57


LES QUATRE ÉTAPES DE LA LECTURE D’UNE IMAGE PICTURALE

L’image n’est qu’un point de vue. Elle découpe une totalité des environnements, des espaces qu’elle est censée représenter. Elle ne possède donc pas une totalité de sens, elle parle de façon universelle à tous, mais concerne chacun de façon différente selon son expérience, ses affects, sa culture, son état psychologique et physique du moment, son projet... Il est impératif de prendre en compte ces éléments pour

analyser avec discernement toutes les images qui nous entourent et qui nous abreuvent. Une image est donc reçue différemment et parfois même de façon contradictoire, selon les individus, leur ethnie, leur culture, leur tolérance à l’image... Au-delà de l’effet de réel, le contexte de parution, la date et l’accompagnement par le texte orientent la compréhension du lecteur d’image. Il faut donc apprendre à lire une image et se laisser guider par nos propres sens.

Salle Rubens - Musée du Louvre par Louis Béroud - 1904

PREMIÈRE ÉTAPE

DEUXIÈME ÉTAPE

«Regarder» un tableau, c’est avant toute chose éprouver une émotion esthétique

«Voir» le tableau

Au-delà du simple coup d’œil, lire un tableau en s’intéressant aux nombreuses techniques employées, permet d’identifier une manière de peindre, de mesurer les rapports qu’entretient un peintre avec son temps et de comprendre en partie, le sens que l’artiste a voulu donner à son œuvre.

TROISIÈME ÉTAPE

Savoir lire un tableau, c’est aussi se donner les moyens d’apprécier une toile sur laquelle notre regard ne se serait peut-être pas arrêté.

28

Doc.

«Lire» le tableau

QUATRIÈME ÉTAPE «Dégager le sens» d’un tableau

Des images à lire activité

Prenez connaissance des quatre tableaux-images ci-après et analysez-les en observant les quatre étapes décrites ci-dessus.

58


Image 1 Une scène de genre  : c’est depuis le XVIIe siècle, aussi appelé «Grand siècle», l’ensemble des tableaux qui représentent des hommes et femmes ordinaires représentés dans leur intimité, leurs modes de vie, leurs habitudes, leurs activités et leurs distractions courantes ou exceptionnelles.

Famille de paysans dans un intérieur, vers 1862, Le Nain, Musée du Louvre, Paris

Image 2 Un portrait : c’est une représentation «réaliste» d’un individu en buste ou en pied, le plus souvent immobile, en intérieur ou inscrit dans un paysage, qui peut mettre en lumière l’état émotionnel ou psychologique du sujet représenté.

Portrait du docteur Paul Gachet, huile sur toile, 57 x 68 cm, vers 1890, Van Gogh, Musée d’Orsay, Paris.

Image 3 Un paysage  : c’est une interprétation d’une scène de plein air plus ou moins réaliste, qui suppose la mise en perspective d’objets insérés dans un décor et d’effets atmosphériques. L’espace ainsi cadré, mis en perspective et en couleurs permet la suggestion du relief et la densité des masses. La «touche» du peintre est la manière d’apposer la peinture avec le pinceau ou le couteau. Elle peut-être fine, renforçant l’illusion du réel, ou plus diffuse, vague (impressionniste), voire en rupture avec les règles esthétiques (expressionnistes, pointillistes, cubistes…) par la juxtaposition de couleurs vives, par la violence ou l’épaisseur du trait, ou encore, par le défi aux règles de la perspective ou du mouvement…

Impression, soleil levant, huile sur toile, 48 x 63 cm, 1873, Monet, Musée Marmottan, Paris

59


Image 4

Vanité, huile sur toile, 52 x 44 cm, Simon Renard de Saint-André, vers 1650, Musée des beaux Arts, Marseille. Une nature morte : c’est une construction qui représente une combinaison fragile, d’objets plus ou moins nombreux, immobiles et agencés de façon à susciter une réflexion d’ordre émotionnel ou métaphysique. Elle exclut l’être vivant et l’action, mais développe un langage codé basé sur des objets qui semblent suspendus dans le temps, figés pour l’éternité, mais qui ont tous pour but de rappeler la présence de l’homme. • Des animaux morts : gibier, poissons, crustacés, coquillages... • Des fleurs et fruits dont la maturité n’est pas simultanée, des compositions originales... • Des objets : construits ou utilisés par l’homme, renvoient aux cinq sens, aux progrès scientifiques, techniques... • Les vanités : peintures qui évoquent le caractère éphémère de la vie. L’homme y est représenté sous la forme d’un crâne, associé à différents objets de son existence, les plaisirs, ou d’autres qui évoquent le temps ou même des symboles de résurrection : épis de blé, branche de laurier, coquillages...

LA LECTURE DU DESSIN D’ACTUALITÉ

DÉFINITION - Toute image est un discours. Le dessin est une image synthétique qui combine des codes, des figures de rhétorique et des procédés humoristiques, que le dessinateur organise consciemment pour exprimer un point de vue.

60


a. Petite histoire de l’illustration

Art qui a attiré depuis le Moyen Âge les peintres et les dessinateurs et qui doit son véritable essor à la diffusion du livre et à l’invention de techniques d’impression diversifiées depuis Gutenberg (vers 1440), principalement la gravure sur bois, qui multiplie l’édition de livres illustrés, l’image et le texte étant produits en même temps et en plusieurs exemplaires, l’impression typographique étant parfaitement homogène. Insérée dans un livre ou accompagnant un texte, l’illustration présente dès sa naissance deux fonctions distinctes : esthétique et didactique. La plus ancienne trace de cet art remonte à un papyrus de l’antiquité grecque datant du IIe siècle et traitant d’astronomie. Au cours du Moyen Âge, le commentaire pictural se développe essentiellement sous forme de miniatures (car exécutées à l’origine au rouge de minium)  : lettres ou vignettes ornées et, du XIII e au XVe siècles, enluminures, chargées à juste titre, de mettre en lumière et d’embellir les manuscrits profanes ou religieux. L’arrivée et la massification de l’utilisation de la photographie dans la presse d’information et, plus tard, l’arrivée de la télévision a entraîné une baisse conséquente du nombre de dessinateurs. Mais l’explosion de la bande dessinée dans les années 70 ouvre la voie aux dessins d’humour développés en petites histoires ou «comic strips» (bandes en trois vignettes) par de jeunes artistes comme Brétécher, Pétillon, Geluck, Cabu, Faber, Charb qui sont aujourd’hui des maîtres du genre. b. Le rôle du dessin de presse • Attirer l’œil du lecteur

Le dessin de presse est en effet une formidable accroche du public, habitué à consommer ce genre, ou nouveau lecteur, car souvent en Une des parutions. Cette même Une étant gratuite, il s’agit d’une véritable vitrine pour le journal. Le dessin complète les textes et participe à l’information, sur une autre tonalité mais tout en conservant la ligne éditoriale du journal. • Rompre la monotonie relative de la page

L’insertion d’un dessin permet en effet une mise en page plus souple et plus aérée. L’unité noire des textes est rompue par un espace dessiné sur fond blanc et parfois même quelques remplissages de couleurs vives. Cette juxtaposition donne l’illusion d’un équilibre des masses sur la page et facilite ainsi la lecture. • Informer le lecteur

Au même titre qu’un journaliste, le dessinateur est soumis

29

Doc.

L’illustration

Gutenberg inventa la typographie, c’est-à-dire le procédé de composition au moyen de caractères mobiles d’alliage de plomb qui permet de les réutiliser plusieurs fois. Associé à l’utilisation de la presse à vis, le procédé permet la naissance de l’imprimerie moderne.

à l’actualité. Il collabore donc à l’information du public en juxtaposant son dessin aux textes de l’article ou de l’éditorial. Un même dessin recèle parfois de nombreux éléments explicatifs ou argumentatifs, dont les codes sont connus d’un maximum de lecteurs. c. Les procédés du dessin de presse

Pour atteindre ses objectifs, le dessinateur dispose d’un certain nombre de techniques dont l’humour n’est jamais très éloigné. • La caricature 

C’est une technique de déformation exagérée de certains traits d’une personnalité publique, qui permet l’identification certaine et immédiate par le lecteur. Certains caricaturistes poussent même l’exagération par la caractérisation psychologique ou mentale des personnages «croqués» dans la peau d’objets usuels ou d’animaux. • Le paradoxe 

Ce procédé consiste à présenter une situation qui va à l’encontre de la manière de penser habituelle. Cette façon de heurter la logique et le raisonnement permet de faire réagir le lecteur.

• La provocation  C’est le procédé le plus violent, car il consiste à représenter un thème ou un sujet d’actualité de façon complètement décalée par rapport au choc ou à la peur qui en découle. Le dessinateur prend ainsi, à contresens, les sujets les plus tabous comme la mort, la pédophilie, le racisme, le fanatisme, ... ou des sujets horribles comme les accidents, les attentats, les guerres, les famines, ... pour faire sourire et provoquer par là-même une réaction contrastée de plaisir et de gêne en même temps. • La répétition 

Il s’agit pour le dessinateur de répéter une même scène plusieurs fois, au besoin sur plusieurs numéros de journaux, avec à chaque dessin des modifications progressives. • L’ironie 

Ce procédé consiste à présenter une situation ou des traits de caractère de personnages en illustrant exactement le

61


contraire, ce qui engendre un contraste décevant par rapport à ce que le lecteur attendait, mais qui au final permet à celui qui sait l’interpréter de contredire ses adversaires, montrer au grand jour leur ignorance ou les amener à une absurdité évidente. d. Les codes, les figures de rhétorique, les procédés humoristiques de fabrication du dessin de presse • Les codes de l’image

- les codes de reconnaissance de l’identité - les codes de reconnaissance des lieux - les codes de relations interpersonnelles - les codes des manifestations collectives - le cadrage - l’angle de vue - les lignes directrices - la taille et la forme des personnages - le choix des couleurs - la typographie des textes - le modelé des traits - les étiquettes - les codes de la bande dessinée - les codes du théâtre • Les figures de rhétorique 

Art de bien s’exprimer, d’utiliser de manière pertinente et efficace les procédés de l’expression orale. Comme en littérature, le dessin de presse utilise des figures de style : - l’allégorie : image figurative représentant une idée abstraite : la mort, le temps, la République, ... - la comparaison  : procédé de style qui rapproche deux images dans un rapport de ressemblance. - la métaphore : figure de style par laquelle la signification

propre de l’image est changée en une signification qui ne lui convient que dans un rapport sous-entendu. Exemple : «le printemps de la vie». - la métonymie : figure de style par laquelle la signification propre de l’image est changée en une signification qui ne lui convient que dans un rapport de contiguïté. Exemple : «boire un verre». • Les procédés humoristiques

L’humour est une forme d’esprit qui consiste à présenter la réalité de manière à en dégager les aspects plaisants et à en faire sourire le lecteur. Il donne une distance par rapport aux événements par l’inattendu, l’insolite, le gag, parfois le ridicule. C’est une arme redoutable. «Le rire, je crois est la meilleure arme dissuasive». Serre

- L’exagération - Les effets de rapprochement - Le comique de l’absurde - Le paradoxe - Le comique de mots - Les effets de répétition - La dérision - L’ironie - L’humour noir 5. L’art d’épingler grâce au dessin

Le dessinateur de presse utilise toute la palette des procédés pour exprimer fortement son intention : - dénoncer, alerter - faire réfléchir - expliquer - donner libre court à son imagination - créer une œuvre graphique

CONCLUSION - Parfois, le dessinateur joue de la provocation et choque le lecteur pour le faire réfléchir et plus encore réagir ou attaque les «valeurs» traditionnelles et les tabous de la société. Le dessin de presse ne peut se comprendre isolément de l’actualité du moment et du support dans lequel il est publié : journal, hebdomadaire, magazine, ... et fonctionne souvent en contrepoids du texte dont il dépend.

62


2

La diffusion de masse de l’information par les médias Mais qu’est-ce qu’un média ?

On peut définir les médias comme des moyens de communication entendus comme intermédiaires des échanges d’images, de textes, de sons, de livres, de journaux (presse), d’affichage, du cinéma, du téléphone, de la télévision, d’Internet, de jeux vidéos. Ce mot «média» vient de l’expression anglaise «mass media». Il y a deux types de communication : > Celle qui relie un petit nombre de personnes qui se sont choisies pour préserver leur vie privée. > Celle qui met en relation (directe ou différée) un émetteur et un public représentant un grand nombre de personnes (c’est la sphère publique). Mais la frontière entre ces deux types de communication n’est pas aussi étanche qu’il y paraît. Que pensez-vous par exemple de la convergence des médias qui permet d’accéder à des chaînes télé sur son téléphone portable ? Ampleur du public des médias La radio et la télévision ont une importance quantitative considérable. Elles touchent un public bien plus large que les autres. Prenons un exemple simple : un succès de librairie comme le prix Goncourt atteint quelques milliers de lecteurs, alors qu’une bonne série télé en début de soirée peut réunir jusqu’à huit à neuf millions de téléspectateurs. Cet accès à un large public est permis grâce à une généralisation des équipements de télévision

dans les ménages, mais aussi jusqu’à récemment, par le nombre réduit de chaînes hertziennes (accessibles sous abonnement). Ce phénomène a, durant de nombreuses années, favorisé l’émergence d’un monopole public pour la radio et la télévision. L’apparition des chaînes numériques terrestres gratuites (TNT) est depuis 2005 en train d’éroder les audiences des chaînes historiques (TF1, France 2 et France 3).

a - La radio Le média le plus crédible Selon le sondage annuel TNS Sofres Logica pour La Croix sur la crédibilité des médias, la radio est le média le plus sûr pour les Français. 58 % estiment qu’elle restitue fidèlement la réalité. La presse écrite (52 %), la télévision (48 %) et Internet (34 %) viennent ensuite, selon une hiérarchie stable depuis plusieurs années. • 83 % des Français écoutent la radio chaque jour. • C’est le média de la mobilité : près de 50 % l’écoutent hors domicile, 21,5 % au travail et 20,8 % en déplacement. • Il y a 150 millions de postes de radio en France, soit en moyenne six par famille. • Mais la radio est aussi le média le plus consulté via Internet. 70 % des internautes l’écoutent en direct ou en podcast.

• Parmi les cinq stations les plus programmées chez les auditeurs équipés d’un autoradio, trois sont des stations musicales. • Plus des 3/4 des auditeurs de la radio (77,1 %) effectuent au moins un déplacement chaque jour. • Plus de la moitié d’entre eux (51,5 %) écoutent la radio dans ce contexte de mobilité. • La durée d’écoute du média radio par auditeur atteint 2 h 59 par jour. • Les auditeurs sont plus nombreux lors du pic d’audience matinal entre 8 h 00 et 8 h 15. 63


b - La télévision Selon l’étude Media In Life de Médiamétrie sur la 76,2 % des sondés, contre 14,7 % pour les loisirs nuconsommation des médias publiée le mercredi 23 mériques et 9,1 % pour Internet. juillet, la part des médias comme Parmi les 41,6 contacts médias et activité principale des Français est multimédias qu’ont les consomen constante progression depuis mateurs en moyenne par jour, la 2006. Sur la période se déroulant Le chiffre du jour grande majorité (29,2) est consade janvier à février 2008, 89,2 % des 9 Français sur 10 regardent crée à la télévision, à la radio et à personnes âgées de 13 ans et plus la télévision tous les jours en la presse, soit 0,7 contact de plus ont eu en moyenne un contact semaine qu’en 2006. quotidien avec la télévision en semaine et près de 80 % avec la radio. L’étude Media In Life a été conduite La télévision, la radio et la presse demeurent les ac- en janvier et février 2008, auprès de consommateurs tivités médias et multimédias prépondérantes de vivant en France et âgés de 13 ans et plus. Source : Médiamétrie 2008

Doc.

1

Les médias et vous

Ce spot télé de Nespresso, avec George Clooney, et cette affiche de Canal+ font partie des publicités les plus appréciées des Français, selon un sondage Ipsos. L’HUMOUR DÉCALÉ et les stars sans piédestal, voilà ce qui marche auprès des Français. Pour preuve, les prix prestigieux qui ont sacré trois campagnes publicitaires, hier soir, à Paris. • Nespresso, champion télé. Selon un sondage Ipsos, la pub télé préférée du public (47,5 % des sondés favorables), c’est celle qu’a signée l’agence McCann Erickson Paris, avec le beau George. «C’est l’effet Clooney, résume François Kermoal, directeur du magazine Stratégies. Mais c’est aussi une pub simple et pleine d’humour qui

qui exploite le registre de la fausse piste.» «Ce qui plaît, complète Benoît Tranzer, directeur général d’Ipsos ASI France, ce sont les stars désacralisées par rapport à leur statut habituel. Du coup, la star, dans la pub, c’est la marque !» • Canal+, championne de l’affichage. Cette campagne pour la chaîne cryptée, réalisée par l’agence BETC Euro RSCG, a déjà reçu à l’automne le grand prix de l’affichage décerné par des créatifs de renom. Cette fois, selon le bilan national Ipsos, elle remporte les faveurs de 51,6 % des

Français devant Voyages-sncf.com et... Nespresso. • CanalSat, champion de la radio. L’Oreille d’or, en bref le grand prix de la publicité radio, organisé par Sirrp, le Syndicat indépendant des régies de radios privées, a été décernée par de grands créatifs à Peugeot. Le grand public (plus de 500 votants sur le site du Sirpp) a, quant à lui, préféré les spots en faveur de CanalSat (agence BETC Euro RSCG), qui déliraient sur les sélections réalisées par ses «experts». Un délire qui fait mouche ! MARC PELLERIN Source : République du centre - jeudi 24 janvier 2008

64


Doc.

2

Les chiffres-clés de la télévision

Bilan de l’audience de la télévision : janvier - juillet 2009 : les Français regardent toujours plus la télévision. Au cours des 7 premiers mois de l’année, les résidents métropolitains, âgés de 14 ans ou plus, sont restés à l’écoute de la télévision. Ils y ont consacré 3 heures et 23 minutes par jour, soit 14,1 % de leur journée, sommeil compris. À noter, cette durée d’écoute est en progression d’un quart d’heure par jour sur 10 ans. La durée d’écoute est en hausse auprès d’une grande partie du public et notamment auprès de plusieurs cibles commerciales très prisées par les annonceurs comme, par exemple, les adolescents de 11 à 14 ans (2 heures et 9 minutes par jour). Source Syndicat national de la publicité TV

c - La presse Voulez-vous me donner le journal, s’il vous plaît ? C’est par une simple phrase de ce genre que les clients décident, sans même y penser, du contenu comme de la forme de toutes les publications imprimées. Qu’ils achètent exceptionnellement ou habituellement au numéro, qu’ils souscrivent des abonnements postaux ou par portage, leurs choix parmi les titres distribués contribuent en effet de manière décisive à la vie ou à la mort économique de la plupart des quotidiens et des magazines. Ils procèdent de la sorte à un tri culturel qui leur confère un pouvoir sur la presse au moins égal à celui que les journaux sont réputés exercer sur l’opinion. Si les journalistes proposent, ce sont en définitive les lecteurs qui disposent. Rien d’étonnant, dans ces condi-

Doc.

3

tions, à ce que les premiers s’intéressent aux comportements des seconds. Ce qu’ils peuvent en apprendre par les courriers spontanés, les études de marché confidentielles que commanditent surtout des publicitaires et les expériences en laboratoire que réalisent des chercheurs en sciences humaines, leur permet de produire de plus en plus d’informations presque sur mesure. À la limite, ce sont ainsi les lecteurs qui font indirectement leurs journaux. La connaissance de leurs conduites détermine de manière croissante la conception des publications par les éditeurs. Et nous offre du même coup l’un des meilleurs moyens de comprendre les principes de fabrication de la presse contemporaine.

La palette des genres journalistiques

La rigueur des techniques de rédaction journalistique risquerait d’engendrer des sensations de monotonie si elle n’était contrebalancée par l’extrême variété des genres journalistiques. Un peu artificiellement, ils sont souvent distingués entre des textes d’opinion (éditoriaux, tribunes libres et autres commentaires), des textes d’humeur (critiques, chroniques, billets et échos) et des textes d’information (brèves, filets et moutures). Tout ceci appartient en fait aux articles rédigés en chambre, assis et sur table, ce qui les fait qualifier de genres de «desk» (bureau, en anglais). Sèches transcriptions des contenus de livres, de films, de conférences ou de réunions, les comptes rendus marquent la transition avec les plus difficiles mais plus gratifiants

genres «de terrain». De nombreuses formes d’interviews permettent de faire entendre les paroles de vedettes ou d’experts comme d’inconnus ; les reportages donnent à la fois à entendre, à voir, à sentir et à goûter les spectacles de lieux ou d’événements ; les enquêtes doivent aider à comprendre les problèmes les plus ardus en combinant des éléments des autres genres, mélange qui, aux yeux des journalistes, confère un prestige particulier à l’appellation quasi pléonastique de «journalisme d’investigation». Il existe de multiples sous-genres, comme les reportages d’interviews sous forme d’entretiens mis en scène, les moutures, commentaires d’interviews et enquêtes sur des personnes qui sont publiés sous le nom de portraits. 65


Il est impossible de rédiger un bon article sans une bonne connaissance du type de lecteur visé. Ensuite, il est toujours nécessaire et suffisant de dégager ses messages essentiels en répondant clairement et complètement à trois questions. 1 - «Pourquoi je veux écrire ?» revient à se demander «Quoi de neuf ?» ou «Que se passe-t-il de nouveau ?», ce qui - depuis que le rhéteur romain Quintilien a formalisé l’analyse de tout événement, voici dix-neuf siècles peut se développer sous forme des quatre à huit interrogations : «qui ? a fait quoi ? quand ? et où ?» mais aussi «pourquoi ? et comment ?» voire «avec qui ? et combien ?». La réponse, parfois résumée dès le surtitre, constitue l’actualité (ou l’actualisation du magazine), qui distingue souvent le journalisme de l’édition. 2 - «Qu’est-ce que je veux et peux honnêtement en dire ?», inséparable des «pourquoi ? et comment ?» précédents, appelle en réponse la définition de l’approche du sujet, soit l’angle, qui permet de formuler un projet de titre.

3 - L’ultime question de contrôle «En quoi cela concerne mon lecteur ?» offre généralement matière à rédiger ce début de l’article que les journalistes français baptisent l’attaque. Mais toutes les réponses à toutes ces questions doivent toujours être données le plus tôt possible et, au pire, avant la fin du troisième paragraphe ou de la quinzième ligne dactylographiée...

4

Doc.

Diffusion totale des principaux titres de la presse d’information générale et politique Milliers d’unités 2003

2004

2005

2006

L’Équipe

340

Le Figaro

359

Le Monde

399

Le Parisien

513 327

La Dépêche du Midi Les Dernières Nouvelles d’Alsace

2007

369

355

365

337

347

342

338

344

381

367

355

359

508

506

518

534

321

315

309

304

206

202

200

197

198

200

196

192

187

183

Quotidiens nationaux

Quotidiens régionaux Centre France

L’Est Républicain

211

207

202

198

195

Ouest France

783

783

781

782

794

Le Progrès

382

370

358

348

342

La Provence

166

165

162

159

153

552

552

547

547

568

Figaro Magazine

487

485

468

464

467

Le Journal du Dimanche

290

276

268

265

269

Presse hebdomadaire d’informations générales L’Express

Paris Match

731

713

721

684

736

Le Point

372

392

397

409

444

La Vie

182

177

176

173

168

VSD

221

219

218

211

232

Source : Diffusion contrôle - OJD/DEPS

activité

Après avoir étudié ce tableau, pouvez-vous noter la tendance pour chaque titre et de façon générale. Après avoir repéré la tendance, analysez vos conclusions.

66


Doc.

5

Titres de la presse Éditeur Unités 1985

Presse nationale d’info. générale et politique Presse locale d’info. générale et politique

1990

1995

2000

2001

Presse spécialisée technique et professionnelle Presse gratuite d’annonces Total

2003

2004

2005

2006

66

75

74

77

70

75

77

76

80

431

399

422

459

445

438

445

455

463

468

7

11

33

46

74

Presse gratuite d’informations Presse spécialisée grand public

2002

63

827

818

974

1 526

1 595

1 583

1 680

1 820

1 898

2 013

1 184

1 253

1 312

1 485

1 504

1 474

1 483

1 489

1 475

1 499

432

377

387

392

448

495

524

561

592

620

2 937

2 913

3 170

3 936

4 069

4 067

4 218

4 435

4 550

4 754

Source DDM/DEPS

Répartition des titres en 2006

activité

Enquêtez sur la presse locale. Prenez rendez-vous avec un journal local proche de votre lycée, préparez un questionnaire (à partir des tableaux ci-dessus et des résultas de vos analyses). Pensez aux questions : La presse pour qui ? Ce qui est écrit dans ces journaux, comment, avec quels moyens, quel budget... ?

67


Les nouveaux médias

a- La fin des mass media ? En 2002, Lorenzo Soccavo publiait cet article qui va nous inciter à réfléchir sur cette question : La critique des médias de masse se développe. Leur empire s’effrite. Demain, Internet, média de flux et participatif pourrait bien être l’alternative et marquer le début d’une nouvelle ère d’échanges. Les dernières avancées techniques et les prospectives vont dans ce sens. La fabrique de l’information relève aujourd’hui d’une telle industrie, ses mécanismes sont tellement apparents, ses effets criants, qu’il est évident que la critique des médias ne va Doc.

6

cesser de croître et que leur avenir est compromis à moyen terme. En marge de ce déclin, se développe la mouvance du logiciel libre qui prône et pratique la copie, et au-delà l’analyse et la modification des codes sources pour améliorer et personnaliser les programmes. «Le libre» apparaît aujourd’hui à la pointe de nouvelles pratiques de publication et d’échanges d’informations.

Internet, un média qui explose !

En 10 ans, la courbe de connexion à Internet a explosé, comme le montre le tableau ci-dessous :

Nombre de connectés Taux de pénétration Nombre d’utilisateurs de mails Nombre d’acheteurs en ligne

1999 3 millions 6,9 % 2,5 millions 209 000

2009 29 millions 60,4 % 25,9 millions 20 millions Source : Observatoire des usages d’Internet - Médiamétrie mai 2009

b - Vers une mutation des modes de l’information Médias participatifs contre médias de masse Aujourd’hui ce ne sont plus les grands reporters sur la brèche, mais chacun qui ressent les soubresauts permanents du monde. L’actualité disparaît au profit de l’instantanéité. Pour l’heure les internautes sont encore comme des aiguilles sans cadran. Mais demain chaque spectateur sera acteur. Les médias de masse n’ont pas été conçus pour massifier les populations. Mais l’histoire prouve qu’ils ont contribué à façonner les nationalismes, l’uniformisation et cette mondialisation tant décriée. Depuis les débuts la lutte est serrée entre information et manipulation, communication et propagande. Aujourd’hui la confusion règne. Tout ou presque fini en spectacle. Les mécanismes de financement priment sur la fabrique de l’information. Le 11 septembre 2001 des blogueurs, et plus largement les communautés interactives de news ont prouvé qu’ils pourraient un jour rivaliser avec les médias coutumiers qui se ressemblent de plus en plus. Les sites de ces derniers trahissent l’inconfort de leur position. Archives payantes, contenus en

68

ligne non adaptés, contrôle des forums, abus de la selfsyndication (publication sur plusieurs sites clients des mêmes news), signent leur politique de contrôle du message et de maîtrise de sa diffusion. Chaînes payantes, journaux gratuits, télé «réalité» sont autant de tentatives de durer. Mais déjà des vedettes et des sportifs court-circuitent les journalistes et communiquent d’abord sur leurs propres sites Internet. Les campagnes électorales s’orientent vers ces nouveaux moyens permettant de toucher et de dialoguer directement avec les électeurs. Aux États-Unis le développement du téléwebbing (suivre le JT en surfant sur le Web) révèle l’émergence d’un nouveau mode de consommation de l’information. Source : Études de M. SACCAVO, AGRIMED


c - Internet Ce moyen de communication est né en 1969 sous l’impulsion du département américain de la défense (DOD). Le réseau nommé à l’époque ARPANET avait pour but d’assurer les échanges d’informations électroniques entre les centres névralgiques américains dans le contexte de la guerre froide. Dans le cahier des charges établi par le DOD, il était stipulé que le réseau puisse poursuivre ses activités en cas d’attaque nucléaire soviétique. C’est la communication en «toile d’araignée». Le principe consiste à créer des itinéraires alternatifs en cas de connexions détruites. «Les nouveaux médias : des jeunes libérés ou abandonnés ?» Les jeunes sont les fers de lance de la révolution numérique. En effet, ils se servent davantage et souvent mieux des nouveaux médias que leurs parents. 60 % des jeunes de 12 à 17 ans sont ainsi des utilisateurs de la messagerie instantanée, et la France est championne du monde du nombre de blogs adolescents. Un jeune sur trois en aurait créé un. Plus impressionnant encore, 67,5 % des jeunes déclarent se servir de plusieurs médias en même temps ! Une génération multimédias est donc née et bouleverse les rapports de la jeunesse au divertissement, à l’information et à l’enseignement. Cette évolution est durable et se renforcera avec la miniaturisation des équipements, et son corollaire, la convergence numérique.

Le rapport estime donc qu’il est inutile de se lamenter sur «l’invasion des nouveaux médias» mais qu’il faut, bien au contraire, réfléchir dès maintenant aux meilleurs moyens d’encourager les pratiques numériques des jeunes en faisant en sorte qu’elles leur soient le plus profitable possible.

Chiffres du Centre interassociatif enfance et médias (septembre 2007)

• 96 % des 10-17 ans et 77 % des 6-17 ans surfent presque tous les jours sur Internet • 8 ans, c’est l’âge moyen à partir duquel l’enfant a le droit d’accéder à Internet seul • 70 % des moins de 18 ans ont déjà chatté sur MSN • 72 % des parents admettent laisser leurs enfants surfer seuls • 46 % de ces parents pensent qu’il n’y a pas de risque • 97 % des parents connaissent l’existence des logiciels de contrôle parental • 51 % d’entre eux pensent qu’il est primordial de les améliorer • 40 % des familles en ont un sur leur ordinateur

C’est en 1982 qu’Internet arrive en Europe et, en 1989, il perd son caractère militaire, pour passer au civil, entre communauté scientifique et universitaire. En 1990, c’est la fin d’ARPANET. Le Web, c’est tout à la fois : une forme de présentation des informations, une famille de langages, de communications et l’ensemble des ordinateurs qui sur Internet partagent ces langages. La base du Word Wide Web est l’hypermédia. 69


Comment les médias se sont partagé la pub en 2007

Source : TNS Média Intelligence

La consommation des médias numériques augmente en France (Paris - Relax news) - Les Français consomment de plus en plus de médias numériques. Selon l’étude «Media In Life» de Médiamétrie publiée le mercredi 23 juillet, 43 % des Français ont en 2008 un contact quotidien avec un téléphone mobile, contre 26,7 % en 2006. Autre média numérique en nette progression en France, Internet. Aujourd’hui, 4 Français sur 10 sont en contact avec le Web en moyenne sur une journée par semaine, contre un peu moins de 3 sur 10 il y a deux ans. Forte progression également pour les jeux vidéo qui concernent désormais 11,4 % des Français (7,8 % en 2006). Globalement, la part des loisirs numériques (téléphone mobile, musique, jeux vidéo, vidéo) dans les activités médias des Français est passée de 11,5 % en 2006 à 14,7 % en 2008. Internet représente 9,1 % des contacts médias des Français (7,9 % en 2006). Les médias traditionnels (télévision, radio et presse) restent majoritaires avec 76,2 %. L’étude Media In life a été conduite en janvier et février 2008, auprès de consommateurs vivant en France et âgés de 13 ans et plus. Source : Médiamétrie

70


Vers une info sans journalistes ? Dans «Les journalistes sont-ils condamnés à disparaître ?», nous posions comme impérative une réforme en profondeur de la profession de journaliste, mise en jeu, d’une part, par la révolution numérique, d’autre part, par une précarisation galopante et parfois, il faut le reconnaître, aggravée par les archaïsmes d’une pensée syndicale en retard d’un train sur les inévitables évolutions de la société. L’info sans journalistes existe déjà en ligne, par l’emploi d’outils logiciels permettant de traduire, reformuler et résumer automatiquement des textes divers et variés. Pour l’automne 2002, l’information anglophone a vulgarisé la pratique en lançant Google News. Collecter et compacter, hiérarchiser et redistribuer de l’information sans intervention humaine, ces possibilités nouvelles ne font que stigmatiser les enjeux auxquels un métier du XIXe siècle est confronté à l’aube du XXIe siècle. La gestion des médias va en être profondément bouleversée.

Mais, petit à petit, les comportements changent et, conjointement à un libre accès et à une libre expression, les internautes admettent de plus en plus de devoir payer certains services. Ce passage au clic payant est toujours lié à la reconnaissance d’une valeur ajoutée. Cette dernière passe, en partie, par des offres issues de la technique (par exemple le couplage haut débit et format PDF permettra bientôt de recevoir avec la même attractivité qu’une version papier, mais dès son bouclage et jusqu’au coin le plus reculé de la planète, son journal préféré... ). Mais pas seulement. Le libre arbitre de l’internaute reprécise également une distinction fondamentale que nous étions en train d’oublier, celle entre ce qui peut être produit mécaniquement, et, ce qui ne peut être que le fruit d’un travail humain et d’une réflexion consciente. Vérifier, mettre en perspective, commenter l’information dans un contexte d’interactivité seront les tâches ancestrales des cyberjournalistes. activité

Selon vous, est-ce que l’information, aujourd’hui, ne passe que par les journalistes ? Quels sont les autres sources possibles ?

INTERNET - Son utilisation L’ambition d’Internet, c’est de relier tous les ordinateurs du monde. Ce système mondial permet l’échange de documents électroniques : textes, fichiers, images, sons ou séquences audiovisuelles. C’est l’alliance entre l’information et les télécommunications… c’est la télématique. Les utilisateurs (les internautes) surfent sur le Net, pour avoir accès à des lieux que l’on appelle «sites Internet». Ce moyen de télécommunication très pratique, permet de recevoir du courrier électronique par la messagerie, participer à des formes de discussions et biens d’autres choses encore. Ensuite, ce moyen permet la recherche d’informations, de calculs d’itinéraires, de renseignements pratiques. Dans le secteur professionnel, Internet permet la recherche documentaire, la communication, le développement culturel phénoménal. Mais tout système a son contraire : les informations diffusées sur Internet sont donc à vérifier. Il ne faut pas prendre au comptant ce qui est dit ou écrit dans les pages Web. Cet instrument de propagande peut servir des causes peu louables. Prudence donc ! Le piratage d’œuvres littéraires ou musicales pose également problème. Le téléchargement illégal a fait récemment l’objet d’une loi dont on mesure la difficulté de sa mise en place.

activité

1 - Que pensez-vous du téléchargement illégal de la musique ou de la vidéo sur Internet ? 2 - Qu’est-ce que la loi HADOPI ? 3 - Quels nouveaux liens sociaux permettent Internet ? 4 - Quelle utilité et dans quel but utilisez-vous Internet ? 5 - Deux handicaps sont à mettre au crédit d’Internet : la confidentialité des transmissions n’est pas garantie (piratage), les signatures électroniques n’ont aucune valeur juridique. Qu’en pensez-vous ?

71


Internet et l’information Internet est souvent associé à un monde que l’on qualifie de cyberespace. Il s’agit d’une sorte de planète virtuelle où le temps et l’espace prennent une tout autre dimension. Autoroutes de données, autoroutes de l’information, Internet, Net, cyberespace, ... toutes ces dénominations désignent la même chose, l’accès au plus grand réseau du monde. Lorsque l’on se connecte à Internet, on accède à des centaines de milliers de gigaoctets de données en ligne. Celles-ci sont disponibles sous forme de textes, de bases de données, d’images, de vidéos, de sons. Point fort d’Intemet, ces informations numérisées traitent de tous les sujets ; pratiquement tout existe quelque part.

Le développement explosif d’Internet ne doit cependant pas cacher le fait qu’il s’agit d’un système qui se cherche. Hier encore subventionné par la recherche et les universités, Internet a été livré à tout le monde. Le meilleur côtoie souvent le pire ou le médiocre. Internet, pour poursuivre cette expérience unique dans l’histoire de la communication humaine, doit devenir mature. Sa structure même le prive de l’administrateur qui gère habituellement un réseau. La censure n’existe pas, l’ensemble des sujets possibles est abordé et laissé à la disposition de tous sans aucune retenue. Il faudra aussi que cet énorme réseau de réseaux subisse avec succès l’épreuve de la société de consommation et devienne rentable. L’embryon de la communication universelle est là ; il reste à lui apporter les soins et les règles nécessaires à une croissance qui, sans cela, risquerait de devenir incontrôlée.

L’actualité et le réseau Internet Dans le Web, les sources d’information sont nombreuses et très diversifiées. Pour suivre l’actualité de près, on peut consulter deux types de ressources : les sites Web des médias traditionnels (journaux, stations de radio et réseaux de télévision) et les magazines électroniques, communément appelés webzines. Ces derniers n’existent pas en version imprimée ; ils diffusent leur contenu uniquement dans le Web. 1 - Les sites Web des médias traditionnels De plus en plus, les stations de radio, les réseaux de télévision et les journaux offrent aux internautes des services complets de nouvelles sur leur site Web. Que ce soit sous forme de manchettes, de reportages audio ou même de séquences vidéo.

72

Les journaux

Les radios

La plupart des grands quotidiens de la planète possèdent leur site Web. Beaucoup plus nombreux que les sites de télévision, ils permettent, à leur manière, de faire le tour du monde tout en restant à la maison. Contrairement aux chaînes de télévision, les quotidiens ne proposent pas de services complets d‘informations. Bien souvent, leurs pages contiennent seulement quelques articles tirés de l’édition du jour et accompagnés de photographies. Certains quotidiens exigent même, de la part des internautes, un abonnement pour consulter leur site Web (À noter : les quotidiens ne possèdent pas tous une vitrine dans le Web).

De tous les médias traditionnels diffusant dans Internet, c’est la radio qui demeure le moins accessible aux internautes. D’abord, il est nécessaire de posséder un ordinateur suffisamment performant pour faire fonctionner les logiciels de lecture audio ; ensuite, il importe d’avoir une liaison Internet de bonne qualité. Ces deux éléments auront une influence directe sur la qualité de l’émission sonore. Tout comme pour les journaux, on trouve de nombreuses stations de radio dans le Web.


2 - Les webzines Outre les médias traditionnels, le Web héberge une nouvelle forme de publications. Il s’agit des magazines électroniques, lesquels présentent la particularité de n’être diffusés que dans le Web. Bien souvent, ces magazines sont produits avec des moyens financiers très réduits, par des journalistes que l’on appelle des cyberreporters. Reconnus pour leur originalité, les webzines sont, pour la plupart, à l’avantgarde de toutes les tendances qui se développent dans le Web. Même s’ils ne sont pas tous d’égale qualité, les webzines contribuent largement à faire du Web un média d’informations crédible, dynamique et original. Ce qui est nouveau avec Internet, c’est la rapidité de circulation de l’information. De façon instantanée, on sait ce qui se passe à l’autre bout du monde. La réactivité est fulgurante.

7

Doc.

Le tremblement de terre à Haïti du 13 janvier 2010

Haïti : la solidarité s’organise sur Facebook et Twitter Plusieurs groupes ont été créés dans la nuit de mardi à mercredi sur le site de socialisation Facebook pour venir en aide aux victimes du violent séisme qui a frappé Haïti, tandis que la star du hip hop Wyclef Jean, un Haïtiano-américain, a lancé un appel aux dons sur Twitter. Le groupe «Venons en aide à Haïti», destiné à «soutenir moralement et partager de l’information pour les Haïtiens», comptait plus de 600 membres quelques heures après le tremblement de terre de magnitude 7. «Je veux partir en Haïti, pour aider, me porter bénévole», écrivait sur la page du groupe Maloone Lyn’s, une utilisatrice de Facebook. Le chanteur américain d’origine haïtienne, Wyclef Jean a lancé un appel aux donx sur son compte Twitter.

«Comment vont-ils faire pour se sortir de ce cauchemar, déjà que c’est un des pays les plus pauvres du monde ? J’espère que l’aide est déjà sur place pour aider les victimes», disait un autre membre de Facebook, Cyrille Dupuis. Les organisateurs du groupe invitaient également les internautes à participer à un appel aux dons lancé par Wyclef Jean via son compte Twitter. Les dons bénéficieront à son association «Yéle Haïti», créée en 2005 pour soutenir des projets éducatifs, artistiques ou sportifs en Haïti. Le chanteur a déjà participé à plusieurs opérations en faveur d’Haïti, comme des distributions de nourriture dans les bidonvilles de Port-au-Prince. Source : Le Parisien.fr activité

Quels sont les dangers possibles d’une information spontanée, rapide et non vérifiée. Donnez des exemples et analysez les conséquences. 73


3

LES RôLES éthiques ET civiques DES MéDIAS - Les enjeux citoyens

Le QUATRIème pouvoir Les médias représentent dans la démocratie moderne ce que l’on appelle le quatrième pouvoir. La nature de ce pouvoir est discutée, mais il est défini comme un contre-pouvoir vis-à-vis des autres. Il est capable de dénoncer des abus pour permettre aux citoyens d’exercer un contrôle sur ceux qui les gouvernent. Ce pouvoir est donc là pour faire vivre le pouvoir de la démocratie à travers le débat. La liberté de la presse apparaît comme concept à la fin puis par Montesquieu de l’équilibre des pouvoirs (exédu XVIIIe siècle avec l’émergence de la reconnaissance cutif, législatif et judiciaire). Tous les régimes démocrade la liberté d’opinion, l’émergence de l’individualisme tiques reposent sur cette délimitation claire des trois et l’apparition d’une sphère publique entre la sphère pouvoirs et sur le respect d’un jeu d’équilibre : contre privée des individus et la sphère du pouvoir. Dans la la tentation d’abuser du pouvoir, le principe de «checks déclaration des droits fondamentaux de l’État de Vir- and balances» offre les meilleures garanties de liberté ginie datant de 1776 il est déclaré politique. C’est ainsi, sous l’inque «la liberté de la presse dans la fluence de la pensée libérale et de société civile est l’un des grands la réflexion sur la séparation des remparts de la liberté. Elle ne pouvoirs qu’est née, pour qualifier peut jamais être limitée sinon par le rôle des médias dans l’équilibre un gouvernement despotique». du jeu démocratique, l’expression La démocratie inaugure donc la de «quatrième pouvoir». liberté d’expression et d’opinion, devant intégrer à sa conception Ce pouvoir supposé des médias de l’État de Droit la liberté de la pose cependant plusieurs propresse. blèmes et soulève un double pa«J’accuse… !» est le titre d’un article rédigé par Émile Zola lors de l’affaire Dreyfus. Il est publié dans le journal radoxe. D’une part ce pouvoir L’Aurore du 13 janvier 1898 sous la forme d’une lettre ouC’est Burke qui en 1787, invente verte au Président de la République Félix Faure. est sans consistance institutionle terme «quatrième pouvoir» nelle car il ne dispose d’aucune pour qualifier l’action des médias dans la société. Les contrainte à sa disposition. Il est qualifié le plus souvent médias sont un organe non institutionnel avec pour de «contre-pouvoir» aux pouvoirs constitués. Gauchet but premier la retransmission objective de faits. Cette le qualifie ainsi de «double irréductible des pouvoirs définition suggère une incidence dans l’opinion, plus officiellement établis» : il répond à l’action de ces pouqu’un réel poids politique pouvant empêcher un autre voirs, en dépend, et base son action sur les faits polipouvoir. Ainsi Gauchet définit le pouvoir comme «ce tiques des pouvoirs établis. D’autre part il a la particuqui, dans l’exercice de ces fonctions, contribue à em- larité notable d’être aux mains d’acteurs privés dont la pêcher ou à obliger les pouvoirs constitués par rapport réussite commerciale est le principal objectif. à la pente spontanée et ce qui contribue à démultiplier l’efficacité des contrepoids et freins à l’œuvre entre ces Au travers de ces paradoxes il est intéressant de se demêmes pouvoirs». Ainsi, le quatrième pouvoir n’a de mander si les médias constituent le «quatrième poupouvoir que ce qu’il soustrait aux autres. voir». En effet, peut-on penser un pouvoir sans pouvoirs institutionnalisés, un pouvoir aux mains d’agents La plupart des régimes démocratiques tiennent à la privés mais agissant dans le champ public ? forme de gouvernement et à l’exigence posée par Locke Les gouvernants et les médias Le régime républicain a utilisé pendant la Première Guerre mondiale les médias comme arme pour lutter contre le risque de démobilisation par le «bourrage de crâne». Par la suite, la radio fut utilisée par les régimes nazi, fasciste et soviétique pour imposer leurs idéologies et leurs valeurs. Dans ces utilisations, l’individu est soumis à des pressions et à des intimidations constantes. 74


Le pouvoir des médias est limité Ce pouvoir que l’on dit important, reste cependant limité vis-à-vis du public. L’effet d’un message dans les médias est loin d’être linéaire, et sa réception dépend du milieu social des individus. Paul Lazarsfeld a mené des études dans le domaine électoral à l’université de Columbia. Il mit en relation le rôle des médias avec le vote lui-même : ces travaux ont montré que l’influence des messages médiatiques était limitée car les récepteurs sélectionnaient plutôt les informations qui renforçaient leurs opinions. L’importance du message peut aussi avoir deux effets contraires. Par exemple, un homme politique qui communique peut susciter de la fascination ou de la répulsion.

La communication institutionnelle suscite aussi de la résistance ou de la prise de distance, notamment dans les milieux populaires parce qu’elle vient d’en haut. Pour faire face à ce phénomène, les professionnels des médias ont joué la proximité. C’est ainsi que l’on voit fleurir les micros-trottoirs diffusés entre autres à la télévision. On joue la carte de la proximité. On pose à «l’homme de la rue» des questions sur lesquelles il n’a pas de compétences particulières. L’homme politique, pour faire proche des gens, parle aussi le langage de tout le monde. La publicité a aussi emprunté ce travers avec des messages renvoyant aux soucis quotidiens de leurs cibles.

Les médias ont un rôle de cadrage des événements Les médias ont le pouvoir de déterminer les événements importants «ceux qui font l’actualité» et de les placer dans le temps. Les agences de presse qui mettent des images à disposition des médias, le pouvoir politique qui facilite l’accès aux lieux d’information ou les médias qui ont des correspondants ou des reporters sur place, tous contribuent à l’idée que les médias se font de l’intérêt public.

sociaux, modifier l’appréhension de problèmes (sur l’homosexualité, l’euthanasie, le sport et la santé).

Les ménages sont aujourd’hui superéquipés pour recevoir les médias chez eux (télé, radio, internet, iPhone, fax…) ce qui devient pour beaucoup une source de connaissance et un regard sur le monde. Les médias sont devenus une instance de socialisation au même titre que les parents d’école. Ils peuvent favoriser les changements

Sociologiquement, on notera un phénomène (soulevé par Elisabeth NoëlleNeumann) qui a remarqué que les individus ne se sentant pas en phase avec les opinions majoritaires (reflétées par les médias) tombent dans la spirale du silence.

L’état et les médias Si l’État républicain a reconnu très tôt le principe de liberté de la presse, il ne s’est cependant jamais complètement désinvesti en Europe, et particulièrement en France, d’un contrôle assez serré vis-à-vis des médias audiovisuels ou radiophoniques. Les modalités et les objectifs de ce contrôle ont cependant évolué au cours des trente dernières années, et prennent des formes beaucoup plus légères vis-à-vis des nouveaux médias. 75


a - La légitimité de l’État vis-à-vis des médias Dans les pays de tradition anglo-saxonne, c’est le principe de liberté d’expression qui prévaut, parce qu’il reconnaît la supériorité des libertés de l’individu (Locke, 1690). C’est ainsi que le premier amendement de la Constitution américaine protège le droit d’expression et permet de contrer la plupart des initiatives visant à instaurer un contrôle des contenus médiatiques. En France, l’État républicain est le garant de l’intérêt général et de l’organisation des services publics. Il devient

au cours du XXe siècle celui des libertés et de la liberté de communication. La responsabilité de l’État face aux médias est double. Il cherche à préserver la possibilité d’accès de tous à l’espace public de l’information, au nom du principe d’égalité qui régit les services publics. Il garantit donc le droit d’informer et d’être informé de façon pluraliste. L’État assure aussi d’autres aspects de l’intérêt général, dans un premier temps par le monopole public, puis par le maintien de chaînes publiques et par la mise en place d’une réglementation fine.

b - La fin du modèle du monopole public Les relations entre l’État et les médias sont marquées par une tension permanente entre une volonté d’utiliser au service de sa politique le pouvoir que représentent les médias et le devoir d’assurer un pluralisme du service public. Depuis les années 1980, l’État a changé profondément les modalités du contrôle des médias audiovisuels. Les médias sous contrôle. Pendant les années 1960, le pouvoir politique a utilisé les médias audiovisuels dans le cadre d’une politique de représentation de la France : la radio et la télévision étaient considérées comme «la voix de la France». Sous la présidence de De Gaulle, Alain Peyrefitte, Ministre de l’information, reconnut

plus tard qu’il avait pu «bâtir le journal télévisé du soir». Le gouvernement avait alors les moyens d’empêcher tout ce qui semblait susceptible de constituer une opposition à sa politique (allant en période de crise jusqu’à limiter la durée des informations politiques). Cette emprise du politique sur les médias a profondément marqué les consciences et a été un des motifs de la contestation du pouvoir gaulliste en mai 1968. Le monopole public qui était censé garantir une meilleure qualité de service et d’information, grâce aux moyens financiers que l’État pouvait y investir et au principe d’équité du service public, s’est avéré un moyen de contrôle et de censure politique.

c - L’information «un produit en voie de banalisation» Après avoir occupé une place phare dans la presse comme dans les médias audiovisuels, le secteur de l’information est en crise tout comme les institutions politiques, marquées par le désintérêt apparent du public à l’égard de la vie politique. Cette situation touche de plein fouet les journalistes. La crise du secteur est économique, elle est aussi liée à un déficit de confiance à l’égard des professionnels de l’information. Peut-on compter sur une remise à plat des règles déontologiques pour retrouver une dynamique ? La numérisation et la banalisation de l’information. Dans la société postindustrielle, l’information est devenue, avec les technologies de l’information et de la communication (TIC), une matière première indispensable à la production économique et elle nécessite un travail d’adaptation des individus aux outils et de structuration des connaissances. La numérisation, c’est-à-dire la possibilité de coder toute information de façon numérique, permet le stockage, la transmission de textes et de sons (MP3), d’images, sans limite ou presque. La notion d’information, mais aussi la technique de numé76

risation vampirisent l’humain, tout en lui offrant des possibilités médicales et scientifiques nouvelles, avec le décodage des gènes notamment. Cette abondance technologique entraîne dans le même temps sa banalisation. Dans la société de l’information, faite de flux de toutes natures, le journaliste perd sa spécificité, il n’est plus la source privilégiée de «l’information». II reste un médiateur utile, mais il ne constitue plus le point de passage obligé.


d - La concentration économique des médias Les médias sont aujourd’hui des enjeux économiques essentiels. Des groupes multimédias se sont constitués tels des conglomérats, gérant des activités qui vont de la production des programmes à la diffusion de chaînes, ou de téléphones portables.

10 % chez

activité

Que pensez-vous de ces concentrations ? Quels sont les dangers de telles pratiques ? 77


Le risque de dépendance sur le fond Ainsi, parallèlement à l’indépendance gagnée vis-à-vis de l’État, resurgit une forme de dépendance des médias vis-à-vis des groupes économiques, celle-là même qui avait justifié dans le programme de la Résistance des mesures anticoncentration et une réflexion sur la déontologie médiatique. L’imbrication des intérêts finan-

ciers des actionnaires et de l’information peut, en effet, amener à traiter certains sujets ou au contraire à être très succinct sur d’autres. Par exemple, sur TF1, chaîne contrôlée par le groupe Bouygues, des invitations au JT pourraient aider le groupe mère dans l’obtention de contrats de grands travaux à l’étranger.

La position inconfortable des journalistes La crise du journalisme s’inscrit dans un contexte de marasme de la presse écrite, bien ancré.

La crise de la presse La presse d’information décline en France depuis 1945. De 1945 à 2000, le nombre de quotidiens français a été pratiquement divisé par trois : les titres nationaux sont passés de 26 à 10 et les régionaux de 153 à 56, le nombre de quotidiens français a donc été pratiquement divisé par trois. En 15 ans, de 1988 à 2004, la presse quotidienne d’opinion s’est retrouvée en grande difficulté, aussi bien celle de droite (France Soir, Le Figaro) que celle de gauche (L’Humanité, Libération). A contrario, les titres de la presse économique et sportive ainsi que Le Parisien sont en plein essor. Comparés aux citoyens des pays anglo-saxons ou à ceux du Nord de l’Europe, les Français lisent peu de quotidiens : 181 exemplaires pour 1 000 habitants en 2003, contre 371 en Allemagne, 383 en Grande-Bretagne, 543 en Suède. Les titres restent chers : entre 1972 et 2002, le prix des journaux a augmenté deux fois plus vite que celui de la consommation. Les magazines se portent en revanche mieux ; en 20 ans, leur vente a augmenté de 65 %. L’impact du succès des journaux gratuits, lancés en 2002, (1,2 million par jour, source OJD 2005) est controversé. D’un côté, ils pourraient accélérer la crise

en habituant les lecteurs (surtout les jeunes) à ne pas payer pour l’information et à ne pas lire d’articles longs. D’un autre côté, ces journaux gratuits favorisent la lecture de la presse quotidienne parmi des populations peu habituées, voire résistantes, à ce type de pratique. Mais les zones de forte diffusion (urbaines) sont aussi des zones de résistance de la presse traditionnelle. La crise de la presse est aussi accélérée par le développement d’Internet. Entre 2000 et 2005, les recettes publicitaires des journaux papier ont baissé de 13 %, particulièrement dans le cas de la presse nationale d’information politique et générale (- 37 %), avec une baisse importante des ressources tirées des petites annonces (- 55 %). La presse subit un effet d’éviction du fait de la concurrence d’Internet qui ne fait que commencer. En 2005, elle bénéficie encore de 48 % des recettes publicitaires médias, contre 32,5 % pour la télévision. Internet en est à seulement 4,8 % en 2006. La riposte passe nécessairement par le développement de sites Internet de la part de la presse traditionnelle ce qui implique aussi des coûts (en personnel) et des investissements supplémentaires. activité

Pourquoi la concentration des médias dans les mêmes groupes est-elle un danger pour la démocratie ?

78


Une déontologie de l’information est-elle possible ? L’honnêteté de l’information Un principe fondamental. La liberté n’existe pas s’il n’y a pas liberté d’expression, mais la concurrence ne suffit pas à assurer une information de qualité et indépendante. Pour y parvenir, il faut respecter un certain nombre de principes et de droits. La liberté de communication n’est pas absolue. Des limites existent, imposées par le droit. L’un des principes-clés, rappelé par la loi sur la communication, est l’honnêteté de l’information. Dans le domaine audiovisuel, le poids de l’image conduit régulièrement à des dérives dans les pratiques journalistiques (reportages bidonnés, trucage de photos...). Les reporters cherchent toujours des images pour corroborer les faits, celles-ci ayant pris aujourd’hui le statut de preuve. Or une image peut être trompeuse. Les manipulations d’images et la désinformation. Depuis les années 1990 notamment, des scandales ont révélé à l’opinion jusqu’où les manipulations pouvaient aller, décrédibilisant durablement les médias. Le plus emblématique d’entre eux reste l’histoire des faux charniers de Timisoara en décembre 1989. Cette mise en scène macabre fut imaginée pour illustrer les soi-disant tortures et massacres subis par des milliers voire des dizaines de milliers d’opposants au régime de Ceausescu, dans l’unique but d’accélérer la chute du dictateur. Les médias français se sont empressés, à l’époque, d’en diffuser les images, sans prendre la peine de vérifier

la véracité de l’information. On se souvient aussi de la fausse interview de Fidel Castro, réalisée par le journaliste Patrick Poivre d’Arvor qui, par un savant montage, berna les téléspectateurs en leur faisant croire qu’il interrogeait en direct le dirigeant cubain. On peut citer aussi, pendant la première guerre du golfe, un reportage télévisé sur des manifestations pro-irakiennes à Alger, illustrées par des images tournées à Beyrouth. Les médias se sont aussi révélés incapables de déjouer, avant le déclenchement de la seconde guerre d’Irak, les manipulations d’images réalisées par l’équipe de Georges W. Bush sur la dénonciation de fabrication de bombes chimiques par Saddam Hussein. Ainsi, les images peuvent être l’objet de manipulations multiples, par les sources autant que par les médias euxmêmes. Leur médiatisation croisée finit par constituer, dans certains cas, une sorte de «cauchemar médiatique» (D. Schneidermann, 2003) qui vient amplifier des rumeurs ou des angoisses sur des thèmes propices (les réseaux pédophiles en 2000, la question de l’insécurité en 2002). On pense notamment à l’affaire d’Outreau, en 2000, qui a durement remis en cause le fonctionnement de la justice et durant laquelle les médias ont joué un grand rôle. Tout d’abord, ils ont commencé par valider, voire renforcer la thèse du réseau pédophile. Puis ils l’ont contestée tout en se gardant de faire leur mea culpa. Ce type d’emballement médiatique se fait toujours au mépris des règles élémentaires qui permettent de respecter l’honnêteté de l’information : vérification par croisement des informations, indication de la source et de la date des images d’illustration, respect de la présomption d’innocence, utilisation du conditionnel tant que la vérification demeure incertaine ou qu’un jugement n’est pas encore définitif, hiérarchisation des sujets...

Dans le contexte actuel, la manipulation d’images est inhérente au média télévision. Il est donc nécessaire de pratiquer cette fausse information en respectant la déontologie. La course à l’émotion actuelle qui sous-entend la course à l’audimat pousse souvent le journaliste à franchir la ligne jaune ! L’indépendance des médias a été abordée en 1944 par le Conseil National de la Résistance, qui souhaitait établir les bases d’une presse à l’abri des pressions politiques et économiques. Durant les périodes de guerre, les journalistes sont dépendants des gouvernements, également lorsque la sécurité publique est en jeu (voir les deux guerres du Golfe). 79


Les journalistes

La crise du journalisme La perte de crédit des journalistes. Les journalistes ont perdu beaucoup de leur «pouvoir». La concurrence d’Internet fragilise ceux qui travaillent dans les médias traditionnels ne serait-ce que par la vitesse de propagation des informations sur la Toile, qui offre aussi la possibilité de les critiquer. La confiance dans les informations véhiculées par les médias baisse. Moins d’un Français sur deux croit que «les choses se sont vraiment ou à peu près passées comme la télévision et les journaux les présentent» (sondage TNS/Sofrès pour La Croix et Le Point, janvier 2008). La radio est le média qui suscite le plus de confiance devant les journaux et la télévision. Le petit écran voit sa crédibilité diminuer depuis 1987. Des conditions de travail plus précaires. La crise de la presse se répercute sur les conditions de travail des journalistes : diminution du personnel, course au sensationnel et primat à l’actualité dont tous les autres médias parlent. La diminution des coûts de production passe aussi par l’augmentation du recours aux pigistes, en particulier dans la presse quotidienne régionale. Ces derniers, qui sont en situation précaire, payés à l’article ou à l’enquête (la pige), ont moins d’identité professionnelle. Ils sont moins en mesure de faire respecter leurs droits, de suivre le résultat de leur travail et sont plus soumis que les autres à la logique commerciale. Ils se voient, en effet, obligés de cibler leurs sujets selon le public du média auquel ils veulent les vendre. Les nouvelles technologies ont l’avantage de réduire les coûts et les équipes (le journaliste reporter d’images (JRI) travaille seul). Elles diminuent aussi les délais entre la captation des images et leur diffusion. Ces nouvelles pratiques entraînent également des dérives. Par exemple, les rédactions prennent moins de temps (voire aucun) pour vérifier l’information avant de la diffuser. De ce fait, les journalistes deviennent bien souvent des relais de la communication institutionnelle. Une formation remise en cause. Les journalistes viennent d’horizons très hétérogènes, ils n’ont pas tous été formés dans des écoles spécifiques.

80

Une profession qui n’a pas «d’ordre» La profession des journalistes n’est pas organisée en ordre, contrairement aux professions libérales (médecins, avocats...). La Commission de la carte qui délivre les cartes de presse ne joue aucun rôle déontologique. Les journalistes sont, dans leur majorité, très opposés à un conseil de la presse, craignant un contrôle extérieur susceptible de se transformer en censeur. Ils restent plus favorables au principe de l’autorégulation, et les initiatives pour organiser davantage la profession sur le plan déontologique restent souvent des vœux pieux. Rares sont les sanctions prises, même en cas de dérapages graves. Certains évoquent un fatalisme des journalistes qui confine au cynisme. Les insuffisances de méthode et de rigueur sont patentes, 52 % des journalistes financiers et économiques reconnaissent, par exemple, ne pas croiser leurs sources (T.M. Charon, 2007).


LES NOUVEAUX MÉDIAS ET LE LIEN SOCIAL Le téléphone mobile et Internet mettent en relation les personnes presque à tout moment (cf. le slogan de Nokia «connecting people»). Sont-ils pour autant les vecteurs d’un lien social plus intense ? Les individus ne sont-ils pas au contraire plus isolés parce qu’ils peuvent, sans se déplacer de chez eux, être «connectés» au monde entier ? Les nouveaux médias sont-ils porteurs de nouvelles solidarités, de nouvelles mobilisations sociales ou accroissent-ils l’isolement de chacun face à ses écrans ? S’ils permettent un accès de tous ceux qui sont connectés à l’information, s’agit-il pour autant d’une démocratisation du savoir et des connaissances ? Les nouveaux médias : de nouvelles ressources pour tous a - Les médias porteurs de changements sociaux et d’utopie Les médias électroniques ont été porteurs de changements sociaux impressionnants. Ils ont d’emblée été reçus comme tels. Ainsi, dès la fin du XIXe siècle, le développement de la communication permis par un ancêtre de la télévision était vu comme un outil de paix possible entre pays frontaliers. Ils n’ont pas pour autant évité les deux guerres mondiales ! Nous sommes en effet souvent pris par «l’utopie de la communication» (Breton, 1993) qui porte à croire que le développement de celle-ci entre les hommes permet de dépasser les antagonismes et de construire une société plus égalitaire et plus transparente. Les techniques de communication permettent certes une plus grande homogénéisation des styles de vie, mais favorisent aussi de nouvelles formes d’inégalités. Ils modifient certainement notre rapport à l’espace et au temps. Le téléphone, fixe puis mobile, permet la sensation d’ubiquité et le rapprochement des personnes. La diffusion des images banalise la connaissance des lieux les plus reculés et des cérémonies les plus secrètes. Leur fixation permet de faire connaître bien après leur mort des acteurs ou des hommes politiques, même si la fragilité des supports employés fait penser que cette mémoire sera plus courte que celle des peintures, des parchemins ou des livres. Internet et le téléphone deviennent des moyens d’action sans se déplacer. En 2007, un Français sur trois fait des achats par Internet. Le Web constitue de ce fait une ressource nouvelle pour les entreprises, pour toucher des clients à moindre coût et en direct. Les sites de La Redoute, de la Fnac et de la SNCF font partie des trente sites les plus visités (Médiamétrie, 2008). De nouvelles formes de commerce se développent, par l’intermédiaire desquelles les consommateurs peuvent aussi devenir vendeurs. Internet modifie également la communication des administrations vis-à-vis de leurs usagers : de nombreuses informations et démarches sont désormais accessibles par Internet, comme par exemple la déclaration d’impôts. b - Les nouveaux médias diffusent de nouveaux apprentissages La Toile est devenue un réflexe pour tous ceux qui cherchent une information, dans un cadre scolaire, universitaire, ou non. Les moteurs de recherche sont les premiers sites fréquentés. Les nouveaux médias permettent ainsi une démocratisation des savoirs sans précédent : ils donnent accès instantanément à des ressources venues du monde entier, pour peu qu’on en parle la langue.

81


LES NOUVEAUX MéDIAS SOURCES DE NOUVELLES INÉGALITÉS La société de l’information est un projet de société lié au développement des techniques et des réseaux. L’accroissement de l’équipement des ménages connaît des inégalités. Les plus importantes sont générationnelles. Au second trimestre 2008, 54 % des foyers sont connectés à Internet.

AGE + 65 ans 15-17 ans + 60 ans

INTERNET 1 foyer sur 5 relié

LE TÉLÉPHONE MOBILE 94 % équipés 51 % équipés

La fracture numérique est aussi sociale : 10 % des foyers les moins aisés ont un taux d’accès à Internet à domicile de 20 %. Chez les plus aisés, 63 % des foyers ont accès à ce média. Les cadres sont deux fois plus équipés en ordinateur que les ouvriers. Cependant, les foyers avec enfants, même dans les milieux défavorisés, utilisent les technologies actuelles. Les inégalités ne sont pas seulement liées aux équipements mais aux multi-équipements et à la maîtrise de ceux-ci.

CONCLUSION La communication médiatisée a connu un développement sans précédent dans l’histoire. Imaginons un monde sans communication ! Impensable, ce serait une catastrophe mondiale. Cependant, on peut se poser la question suivante : à l’heure où nous communiquons en masse, n’importe où, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, ne sommes-nous pas en train de nous fabriquer des « bulles individuelles» où chacun serait enfermé derrière ses machines… iPhone, Internet, iPod, téléphone mobile ? La communication s’élargit d’un côté, mais se referme sur les individus de l’autre… à méditer !

82


ZONE 3

pratique socioculturelle

1

La photographie

p.84

2

La vidĂŠo

p. 96

3

Le son

p. 105

83


1

LA PHOTOGRAPHIE principe de base

la lumière Il faut savoir qu’un objet opaque ne laisse pas passer la lumière. > Un objet noir absorbe plus de lumière qu’un objet blanc. > Une partie de la lumière est réfléchie : c’est le phénomène de réflexion. > Une partie de la lumière est absorbée : c’est le phénomène d’absorption.

lumière absorbée

lumière inciden te

lu ré miè flé re ch ie

La lumière incidente vient directement de la source lumineuse, à l’inverse de la lumière réfléchie.

84


La couleur d’un objet est déterminée par la longueur d’onde que réfléchit l’objet. Exemple : l’objet est rouge parce qu’il réfléchit le rouge et qu’il absorbe ses couleurs complémentaires qui sont le vert et le bleu.

Les objets translucides L’objet devient source de lumière.

Les objets transparents Ils sont traversés complètement par la lumière.

lumière incidente

lumière absorbée

lumière réfléchie

lumière diffuse

Réflexion de la lumière sur un objet Si les objets sont visibles c’est qu’ils réfléchissent une partie de la lumière incidente.

miroir blanc de magnésie papier blanc papier noir velours noir verre transparent

% de la lumière incidente réfléchie 100 % 98 % 60 % 6% 0,4 % ≈0% activité

Pourquoi les rideaux de fonds de scène sont-ils en velours noir ?

85


l’ombre Elle est en noir généralement et le contraste avec le blanc fait ressortir le volume de l’objet. Par définition, l’ombre, c’est l’interception de la lumière par un objet opaque. On ne distingue pas une mais des ombres : > L’ombre propre, c’est la partie de l’objet qui n’est pas éclairée. > L’ombre portée, c’est la projection de profil de l’objet. > La pénombre, c’est la région intermédiaire entre la région obscure et la partie éclairée de l’objet ou de son ombre. Orientation de la lumière par rapport à l’objet La lumière principale peut provenir de n’importe quelle direction. C’est la source qui éclaire véritablement l’objet. La lumière secondaire ne joue qu’un rôle complémentaire, celui de mieux préciser l’objet dans sa forme, souvent diffuse.

activité

À partir de la photo ci-dessus, essayez de retrouver les différentes ombres que nous avons étudiées.

Que trouve-t-on dans un appareil photo ?

Pour faire une bonne photo il faut > De la lumière. > Doser la lumière à travers le «diaphragme» qui en commande une certaine quantité. > Régler le temps pendant lequel la lumière entre dans l’appareil. > Une pellicule plus ou moins sensible. 86


Les appareils photo modernes Ce sont des appareils reflex 24 x 36. Ces chiffres indiquent la dimension du négatif. Il existe aussi des appareils 6 x 6 employés par les professionnels. Plus la pellicule est de grande dimension, meilleure est la qualité de l’image.

Un appareil photo, qu’il soit argentique (avec une pellicule) ou numérique comme les appareils actuels, se compose de deux parties : le boîtier et l’objectif.

1 - Le boîtier Bon à savoir Ces appareils dits «reflex» combinent visée et prise de vue à travers le même objectif. Avec ce type d’appareil, la photo reproduit exactement ce que l’on voit dans le viseur. Ils peuvent être à mise au point manuelle ou autofocus (mise au point automatique).

1

Doc.

Appareil photographique reflex classique, à film (argentique)

bague de diaphragme objectif manivelle de rembobinage du film sélecteur de sensibilité du film

bague de mise au point (netteté) levier de contrôle de profondeur de champ

griffe flash

déclencheur viseur

compte-poses

barillet de vitesses levier d’armement (manuel)

87


SI

N

ATIO TU

Fonctionnement d’un appareil photographique classique

La lumière rentre par l’objectif de l’appareil, se réfléchit sur le miroir, est renvoyée sur le prisme pour arriver au viseur.

diaphragme

Que se passe-t-il lorsque l’on appuie sur le déclencheur ?

Le miroir remonte, ensuite le diaphragme complètement ouvert se referme à la valeur indiquée, puis s’ouvre pour que la lumière arrive sur le film qui est ainsi exposé. L’obturateur se referme, le diaphragme se rouvre et le miroir reprend sa position initiale. Durant toute cette opération, le photographe ne peut rien voir dans le viseur car le miroir est relevé. diaphragme

2 - Les objectifs Ils sont interchangeables sur les appareils modernes. Suivant les dimensions des objectifs en millimètre (ex : 28, 35…) la photo n’aura pas la même grandeur.

Les objectifs 28 mm 35 mm 50 mm 70 mm 80 mm 105 mm 135 mm 170 mm 210 mm 400 mm 800 mm et plus

88

Effets produits Grand angulaire pour panorama Grand angulaire pour panorama Ce que voit l’œil humain Utilisés pour les portraits Utilisés pour les gros plans ou reportages sportifs Utilisés pour la prise de vue d’animaux par exemple


Certains objectifs «zoom» permettent en un seul appareil d’avoir plusieurs possibilités. Exemple : 35/70 mm, 80/120 mm… On obtient des effets très particuliers avec des objectifs spéciaux ; exemple : fish-eye ou image ronde.

Comment est constitué un objectif ? On trouve sur ce cylindre deux bagues mobiles. > Le diaphragme > La bague de mise au point Le diaphragme : On pourrait le comparer à un robinet. En l’ouvrant plus ou moins, il laissera passer une certaine quantité de lumière. Ceci aura pour but de donner plus ou moins de luminosité à l’image. Cette bague est graduée de 2 à 22. Les graduations passent par : (2) (2.8) (4) (5.6) (8) (11) (16) et (22). D’une valeur à l’autre, il entre deux fois plus ou deux fois moins de lumière. Le diaphragme influence la profondeur de champ. SI

N

ATIO TU

Mais qu’est-ce que la profondeur de champ ? La profondeur de champ est la distance séparant le premier plan net d’un sujet, du dernier plan net pour un réglage de mise au point déterminé. Exemple : si la mise au point est faite sur un objet situé à 2,40 m de l’objectif, des objets placés un

peu plus près ou un peu plus loin que cette distance sont encore d’une netteté acceptable. Dans l’exemple ci-dessous, la profondeur de champ s’étendra entre 1,80 m et 3,60 m.

Cette profondeur de champ augmente lorsqu’on ferme le diaphragme, ou si la mise au point est faite sur une distance éloignée, ou encore lorsque l’objectif est de courte distance. C’est pourquoi les appareils de petit format, à objectif normal de courte focale donnent des profondeurs de champ plus étendues que les objectifs de longue focale. 89


À grande ouverture (petit nombre) À petite ouverture (grand nombre)

Maintenant réglons le diaphragme sur 16 (f:16). On élargit la profondeur de champ (à 2,50 m) ce qui se traduit par cinq sphères nettes.

 

Concrètement Prenons un réglage avec un diaphragme réglé sur f:2. Il en résulte une photographie à faible profondeur de champ. Seule la sphère orange est nette, les autres sont floues.

faible profondeur de champ grande profondeur de champ

La bague de mise au point Pour prendre une photo, il faut viser et cadrer le sujet dans le viseur. Tournez la bague des distances jusqu’à ce que le sujet apparaisse net. Cette bague des distances est graduée de 0,60 m à l’infini. Quand vous regardez dans le viseur, vous avez trois aides de mise au point et vous voyez ceci.

microprisme dépoli fin

stigmomètre 90


bague du zoom

écran

bague des distances pare-soleil

viseur sélecteur de modes déclencheur

boutons multifonctions emplacement de la carte mémoire Le stigmomètre Il est conseillé pour les sujets à contours délimités. Il faut tourner la bague des distances jusqu’à ce que les deux moitiés coïncident et ne forment plus qu’une seule image.

réglage correct

mauvais réglage

molette multifonctions

Le microprisme Convient aux sujets à contour peu défini, ainsi qu’à toute mise au point rapide. Tournez la bague des distances jusqu’à ce que l’image dans la couronne de microprisme soit «sèche». Dépoli fin Idéal pour les gros plans (macro) et avec les téléobjectifs. Tournez la bague des distances jusqu’à ce que l’image dans la zone dépolie soit nette.

UN AUTRE POINT IMPORTANT EN PHOTO, LA VITESSE La vitesse d’obturation, c’est la durée pendant laquelle l’obturateur est ouvert et donc pendant laquelle la pellicule ou le CCD sont exposés à la lumière. Tous les appareils reflex sont équipés d’un obturateur à rideau.

Remarque : plus le sujet à photographier se déplace rapidement, plus la vitesse doit être élevée. Par exemple, un oiseau qui vole (réglage 1/250) ou une voiture de course (1/1000), ce qui aura pour effet de figer le sujet sur la photo. Pour les portraits, nous allons privilégier le réglage 1/15. Si l’on veut que le sujet laisse une traînée derrière lui lors d’un déplacement rapide, il faut régler la vitesse sur 1 seconde ou 1/8 de seconde. EN RÈGLE GÉNÉRALE La vitesse ne doit pas être inférieure à l’objectif utilisé sinon il y a un risque de bouger. Un objectif de 50 mm vitesse jamais inférieure à 1/60. Un objectif de 210 mm vitesse jamais inférieure à 1/250.  

91


LES FILMS ET LES CCD Qu’il s’agisse de films sensibles à développer ou de capteurs numériques, la photographie prend en compte la sensibilité, c’est-à-dire la réaction de la partie sensible à la lumière. Pour exprimer la sensibilité des films, l’industrie internationale de la photographie a adapté le système ISO (International Organization for Standardization). Il est identique au système ASA. La sensibilité d’un film est sa capacité à réagir à la lumière. Exemple de sensibilité : ASA ou ISO 25 ISO 64 ISO 125 ISO 200 ISO 400 ISO 1000 ISO

S’utilise pour : une grande luminosité extérieure une luminosité moyenne des sujets peu éclairés

Plus le chiffre augmente, plus la pellicule est sensible. Il existe quatre grandes catégories de films : > Le noir et blanc > La couleur > Le sépia > La diapositive (qui est un positif couleur ou noir et blanc) Sur les appareils numériques, cette sélection s’effectue par un réglage manuel, ce qui fait qu’une photo peut être prise en noir et blanc ou en couleur, directement au moment de la prise de vue ou sur l’ordinateur lors du transfert. Les logiciels tels que Photoshop ou autres sont capables de transformer les photos, tant au niveau de la couleur que du format ou de la disposition.

Sur les appareils argentiques, c’est-à-dire avec une pellicule, après avoir pris les différentes poses (12, 24 ou 36) le film part au laboratoire pour développement suivant ces étapes :

développement du film

92

négatif

tirage papier


Pour les appareils numériques, le résultat est instantané car il n’y a plus de développement. On prend la photo et on regarde. Deux solutions, soit on garde la photo car elle convient, soit on la supprime en la mettant dans la corbeille. D’autre part, les photos sont enregistrées sur une carte que l’on insère dans l’appareil photo. Cette carte remplace la pellicule. Elle a une capacité variable de 256 Mo (mégaoctets) à 4, 6, 8 et plus Go (gigaoctets). Le nombre de photos que l’on peut faire à partir de ces cartes dépend de deux facteurs : la capacité de la carte et la définition de la photo en millions de pixels.

Définition du capteur 3 MP 5 MP 6 MP 8 MP 10 MP 12 MP

256 Mo 230 90 80 65 50 35

512 Mo 480 190 175 140 105 80

Capacité de la carte 1 Go 990 390 360 285 215 165

2 Go 2 000 800 730 580 440 335

4 Go 4 000 1 600 1 460 1 160 880 670

activité

Que remarquez-vous sur ce tableau ?

LE CADRAGE

Le cadrage est essentiel en photo. C’est lui qui permet de s’exprimer, d’extérioriser une impression, un sentiment. Quelques règles à connaître. > La photo doit comporter un centre d’intérêt unique. Ce sujet doit être évident. Si d’autres sujets sont dans le décor, ils doivent être complémentaires du sujet principal et le mettre en valeur. > Les points forts : quand on cadre, on a toujours tendance à positionner le sujet au centre de l’image «dans la pastille». C’est une erreur !!! L’œil recherche en fait les quatre points forts de l’image.

viseur de l’appareil

règle des tiers Il faut imaginer deux lignes horizontales sur votre viseur qui partagent la surface en trois tiers égaux et deux autres lignes qui partagent la surface verticalement en trois tiers égaux. Votre viseur est ainsi séparé en neuf secteurs. Les points forts (ceux recherchés par l’œil se trouvent à l’intersection des lignes). Avant de faire une photo, il faut la cadrer selon ce principe, c’est une règle d’or ! 93


LES SURFACES La règle est identique à celle des points forts. Les surfaces sont divisées par tiers et non par moitiés. Si l’on prend l’horizon par exemple, il doit être au tiers haut ou au tiers bas de l’image.

1/3

2/3

Sur cette photo, on remarque que l’horizon est au tiers supérieur par rapport aux montagnes. Les lignes Quelles soient matérialisées ou non, elles représentent l’architecture de la photo. Elles dirigent le regard vers le sujet. Par exemple, une composition en diagonale est dynamique, alors qu’une autre avec des lignes parallèles est statique.

activité

Photo statique ou dynamique ?  activité

Que remarquez-vous dans cette photo ? Est-elle statique ou dynamique ?

94


Une ligne peut-être matérialisée par un chemin, un cours d’eau, une rue. Dans la nature, on trouve beaucoup de lignes naturelles.

activité

Dans cette photo où est la ligne naturelle ? L’ÉQUILIBRE Les masses de la photo doivent s’équilibrer. Pour ce faire, épinglez votre photo sur un mur par son centre. Elle ne doit pas tourner ni dans un sens, ni dans l’autre. Bon à savoir Les couleurs sombres pèsent beaucoup plus lourd que les couleurs claires. Il faut également veiller à conserver l’horizon horizontal (exemple : la mer qui penche est rare !). Vous pouvez cependant prendre des photos en format paysage ou en format portrait, ou également incliner volontairement votre appareil. Si possible, travaillez en plongée ou contre-plongée pour donner du dynamisme à vos photos.

95


LA vidéo

2

Avant de passer à la technique, il faut comprendre comment notre organisme perçoit les images en mouvement.

La persistance rétinienne Ce phénomène de persistance rétinienne fut observé par Léonard de Vinci (1452-1519), à l’époque de la Renaissance, mais c’est le chimiste et physicien Michael Faraday (1791-1867) qui le démontra en 1825. C’est une capacité essentielle de l’organisme qui nous permet de voir une animation à partir d’une succession d’images fixes. C’est le principe du praxinoscope.

SI

N

ATIO TU

Le praxinoscope Le praxinoscope fut la première invention d’Émile Reynaud en 1876. Brevetée en 1877, il s’agissait d’un jouet optique donnant l’illusion du mouvement. Il obtiendra une «mention honorable» à l’Exposition universelle de Paris de 1878 et aura un beau succès commercial qui permettra à son inventeur de continuer ses recherches. Le praxinoscope est ainsi à la base de ses inventions suivantes : le praxinoscope-théâtre, le praxinoscope à projection, le théâtre optique.

Fonctionnement Une bande de 12 dessins est disposée à l’intérieur d’un tambour tournant autour d’un axe servant de pied. Sur le même axe, Emile Reynaud ajoute un cylindre à 12 facettes, sur lequel sont disposés 12 miroirs reflétant chacun un dessin ; le spectateur ne visionne qu’un dessin à la fois. La rotation du tambour donne aux images un mouvement animé. C’est par cette succession d’images mises en rotation et à l’aide des miroirs bien distincts et aux bandes noires entre chaque image que l’œil pourra distinguer nettement le mouvement, grâce au phénomène physiologique de la persistance rétinienne.

96


Mais de quoi s’agit-il ? Lorsque nous regardons un objet, l’image s’imprime sur la rétine, «écran» sensible à la lumière qui tapisse le fond de l’œil. Chaque image captée par la rétine met une fraction de seconde à disparaître. C’est la persistance rétinienne. Mais l’œil ne peut enregistrer une image que tous les 1/16 de seconde.

Les frères Lumière en inventant le cinématographe en 1895, avaient défini la vitesse de projection à 16 images par seconde pour des questions pratiques. Les premiers films montrent des actions accélérées car la norme actuelle est de 24 images/seconde. La télévision, en France, défile à raison de 25 images par seconde et les dessins animés des studios Disney à 30 par souci de rendre les personnages vivants et réels. Remarque : il a été constaté qu’à partir de 25 images par seconde, la 26e ne serait pas perçue consciemment par notre cerveau mais de façon inconsciente, c’est-à-dire que cette image serait assimilée sans que l’on s’en rende compte. C’est ce que l’on appelle «l’image subliminale». Le cinématographe Lumière : projection

activité

Si l’on veut qu’un film soit accéléré, combien d’images par seconde sont nécessaires ? Et à l’inverse, si l’on veut obtenir un ralenti, combien faut-il d’images par seconde ? 97


comment réaliser un film

Nous allons réaliser un film de 5 minutes avec un caméscope à cassette 8 mm ou numérique à capteur CCD. L’avantage de ce matériel est de pouvoir faire plusieurs prises ou d’en effacer une partie. Cette réalisation comprend deux grandes parties : > le tournage , > le montage (puis la projection). a - Le tournage La réalisation d’un film, qu’il soit documentaire ou de fiction est avant tout un travail d’équipe. Il faut donc des compétences variées car les tâches sont multiples : • organiser le travail en commun ; • imaginer une histoire ; • la mettre en image ; • préparer le décor ; • les costumes ; • le maquillage ; • l’éclairage ;

• diriger les acteurs ; • rédiger les textes ; • filmer ; • sonoriser ; • tenir le script ; • monter le tout à la fin.

Quatre à cinq personnes sont un maximum pour mener à bien ce projet. Vous pourrez toujours faire appel à des aides ponctuelles. Avant tout travail, il faudra tenir un planning afin de bien gérer votre temps.

À faire

planning Durée/date Nombre de personnes

Imprévus

b - Élaboration d’un récit Il faudra soit mettre en images une histoire, une nouvelle, un récit, un fait divers déjà écrits, soit inventer. Il y aura donc dans votre démarche un départ et une arrivée ; le plus intéressant est d’écrire le synopsis. Il faut dans ce travail lever les ambiguïtés, les contradictions et les impossibilités filmiques. Attachezvous à respecter la chronologie du récit. Ce synopsis précise les lieux, les époques, les personnages, les actions dans le temps. Puis effectuez le découpage en séquences, que l’on

peut comparer aux chapitres d’un livre. Un travail détaillé sur chaque séquence est l’occasion de réaliser une recherche documentaire aboutissant à une importante production écrite et dessinée (description des lieux, des personnages avec leurs portraits physique et moral). Il permet aussi d’écrire des dialogues et de détailler des actions. Le scénario, que l’on appelle «story-board», peut ainsi s’étoffer et se décomposer en fiches de séquences. Séquence 1

Qui ? Quand ? Où ? Problèmes ... et ainsi de suite pour les séquences suivantes jusqu’à la fin. Ensuite, il faudra remplir le story-board plan par plan et faire une fiche selon le modèle du document 1, page 99. 98


1

Doc.

Fiche type pour écriture d’un story-board plan par plan

titre de la séquence : plan n° durée approximative : ce que l’on verra À l’image      

plan d’ensemble plan général plan moyen plan rapproché gros plan très gros plan

ce que l’on entendra

(musique, voix off, dialogues, bruitages)

le mouvement des acteurs

le mouvement de la caméra plan fixe : panoramique (préciser) : zoom (préciser) :

costumes et accessoires

acteurs :

techniciens :

99


c - Les différents plans

plan moyen 100

très gros plan

gros plan

plan rapproché

plan demI-rapproché

plan américain

plan italien

Lorsque l’on filme un personnage, il existe plusieurs façons de le cadrer :


d - Les mouvements de caméra > le plan fixe : la caméra est sur son pied, sans tourner et filme une scène (exemple : un personnage passe de gauche à droite). > le panoramique horizontal : la caméra pivote autour d’un point fixe (pied de caméra ou épaule du cadreur) et balaye horizontalement la scène. Cette technique est utilisée pour décrire un paysage en suivant l’horizon. > le panoramique vertical : la caméra se déplace de bas en haut ou inversement (exemple : pour filmer un personnage des pieds à la tête). > le travelling : la caméra se déplace suivant une trajectoire définie. Il faut donc faire des repères avant cette opération. La caméra peut dans certains cas être placée dans un véhicule. Souvent ces travellings latéraux, avant ou arrière sont effectués avec une caméra sur rails. > le plan séquence : il combine successivement ou simultanément différents mouvements de la caméra et présente une seule séquence dans un seul plan. > le champ et le contrechamp : cette technique est utilisée souvent en vidéo ou en cinéma afin de rendre un dialogue dynamique.

Deux personnages cadrés dans le viseur ; visiblement ils vont se parler.

Au lieu de les filmer dans cette disposition on va appliquer la technique du «champ/contrechamp».

Le champ, prise de vue n° 1

Le contrechamp, on l’obtient par un mouvement de caméra à 180°.

101


e - Utilisation du pied vidéo Le pied permet de poser le caméscope et de vous soulager pendant la réalisation qui parfois est assez longue, souvent en reportage. En plus, il permet d’effectuer «sans bouger» des travellings horizontaux ! f - Les différent types de caméscopes Il existe deux grandes catégories. Les analogiques qui utilisent des bandes magnétiques de format VHS, vidéo 8 ou Bétamax. Aujourd’hui on ne trouve plus ces types d’appareils car l’évolution technologique nous amène à utiliser des caméscopes numériques. Ces derniers sont dotés de disques durs ou de mémoire à carte (SD) ou de cassettes mini DV. Certains caméscopes enregistrent en haute définition pour une meilleure qualité d’image. D’une façon générale, on classera les caméscopes en trois catégories : • grand public • semi-professionnel • professionnel Le prix d’achat est variable en fonction de la catégorie choisie. La qualité d’image reste «bonne» sur les caméscopes à cassette. D’autre part le DVD que l’on met dans un caméscope ne fait que 8 cm de diamètre et non 12 cm comme un DVD normal. Sa durée d’enregistrement est donc plus courte. De préférence, choisir un caméscope HD (haute définition). Exemple de durée d’enregistrement : DVD-R = 30 minutes K7 = 60 minutes Par contre, l’avantage du DVD dans le caméscope permet, une fois le film réalisé, une lecture directe dans le lecteur de salon, sans installation de fil. La tendance actuelle est au caméscope avec carte SD. ATTENTION : certains problèmes subsistent avec un DVD réinscriptible car certains lecteurs ne prennent pas en compte ce type de support. g - L’éclairage Lors des scènes de tournage en intérieur ou en extérieur, attention à la lumière. Le jeu des ombres et des contrastes entraîne un climat sensible qui doit servir le scénario. En intérieur, n’hésitez pas à utiliser des projecteurs et des éclairages adaptés à votre scène. En extérieur, filmez toujours avec le soleil dans le dos. h - Le son Il est enregistré en même temps que l’image, on dit qu’il est synchrone. Faites donc attention quand vous filmez et que vous devez garder le son d’origine, de ne pas avoir de parasites autour de vous. Demandez le silence pendant le tournage. Si vous ajoutez un son, une musique, un dialogue au montage (c’est la postsynchronisation), le son que vous avez enregistré en direct n’a pas d’importance puisque vous ne le garderez pas. Attention : souvent, lorsque l’on filme, on ajoute des commentaires personnels. Ceci est à proscrire ! 102


i - Les textes Ils peuvent sur un film apparaître en «voix off» ou être dits par les acteurs dans le champ «voix on». j - Les bruitages Ils sont efficaces pour accroître le réalisme ou la tension d’une scène. Ils possèdent un pouvoir d’évocation souvent intense. On trouve ces bruitages sur des CD spécialisés, en vente dans le commerce. k - Les silences Ils donnent une note dramatique lorsqu’ils sont inattendus. Ils mettent en valeur les paroles. l - La musique Elle concourt à créer une ambiance de film. activité

Effectuez un tournage de quelques minutes, puis ajoutez différentes musiques sur ces images. Commentez le résultat.

LE MONTAGE VIDÉO Au niveau technique, il y aurait encore beaucoup de choses à dire, mais l’expérience fait souvent le reste. N’hésitez donc pas à prendre un caméscope et à tourner, à bouger. Un conseil : évitez l’emploi du zoom, surtout au début car vos scènes risquent d’être de mauvaise qualité ; à n’utiliser qu’avec parcimonie.

Une fois le tournage complet réalisé, montez votre film, c’est-à-dire replacez les séquences dans un certain ordre afin de lui donner un rythme. Si les cadences auxquelles défilent les plans courts donnent un rythme rapide, les plans longs sont moins nombreux et installent un rythme lent.

Plans dans l’ordre du tournage

Plan A

Plan B

Plan C

Plan D

Plan E

Plan C

Plan E

Il est peut-être préférable de monter le film dans un ordre différent.

Plan B

Plan D

Plan A

Un plan est constitué par des images comprises entre le moment où l’on enclenche le tournage (position REC sur le caméscope) et le moment où l’on stoppe le tournage (position pause). L’ensemble de ces plans bruts, que l’on vient de fil-

mer constitue des «rushes». Souvent les plans ne sont pas tournés dans l’ordre du scénario. Il faut donc les retravailler. Avant toutes choses, il faut savoir que le montage prend beaucoup plus de temps que le tournage, même avec les logiciels actuels. 103


Comment faire le montage ? 1re étape - Transférez le contenu de votre cassette ou DVD sur le disque dur de l’ordinateur. Pour ce faire, branchez le câble qui relie le caméscope à l’ordinateur. Vérifiez que l’ordinateur a bien un logiciel de montage installé (soit sur MAC ou WINDOWS). Si vous utilisez un caméscope analogique, il faudra une carte d’acquisition vidéo sur votre ordinateur. Si votre caméscope est numérique, il faudra une carte IEEE 1394. D’autre part, vérifiez que vous avez de la place sur votre disque dur car la vidéo est gourmande ! 2e étape - À l’aide de votre logiciel, vous pouvez commencer le montage. Pour ce faire, placez d’un simple clic vos plans dans la zone de montage située sur votre écran.

Quelques logiciels : Windows Movie Maker sur PC ILIFE 9 sur MAC

2

Doc.

Chasseur d’images

Une fois votre montage terminé, vous pouvez créer un DVD à lire sur votre lecteur de salon ou sur un autre ordinateur. Point important Lors du montage, il faut respecter le sens du développement des actions filmées.

Plan A

Dans le langage cinématographique, il faut maintenir une relation entre l’image, le texte et la bande son. Le montage produit du sens et les transitions relient les plans entre eux. Il faut aussi être créatif dans les cadrages. Toujours penser à ceux qui vont voir le film. La caméra vidéo permet de choisir les plans filmés. Ne vous privez pas d’en faire et choisissez les meilleurs !

nées, caméra à l’épaule. «J’ai toujours été passionné de photos, dit-il pour résumer son parcours. J’ai d‘ailleurs publié plusieurs ouvrages sur la Sologne et Chambord, ainsi qu’une Anthologie du Cerf, chez Hatier ; qui m‘a valu, en 1993, d’être lauréat

Premier prix du public au Festival international de Namur (Belgique), prix spécial du jury et 1er prix du public au Festival international du film animalier d’Albert (Somme), prix spécial du jury au Festival Green Screen de Bekernförde (Allemagne)... Ces derniers mois, le patient travail du cinéaste animalier Jean-Paul Grossin a été largement ré-

104

jean - paul grossin documentariste compensé ! Il est vrai que ce journaliste - il fut longtemps rédacteur en chef du Journal de la Sologne - devenu documentariste offre une fois de plus, dans sa dernière production (Quand le cerf perd la tête), une merveilleuse ode à la nature. Et à son animal fétiche - le cerf donc - traqué cette fois pendant huit an-

Plan B

de l’Académie française.» Encore une récompense pour celui qui, du fond de là où il vit quasiment reclus et où est installée sa maison de production (100  C Production) confesse pourtant, un rien provocateur : «Je suis sûre-

ment misanthrope.» Désormais, tout porte à croire que seul le noble cervidé emplit sa vie. Jusqu’à ce tee-shirt qu’il arbore pour nous recevoir : l’esquisse blanche d’une tête de cerf sur fond noir. Le signe ostentatoire d’une passion dévorante. L’animal le lui rend bien. Car, avant Jean-Paul Grossin, personne n’avait filmé la perte des bois du cervidé (Quand le cerf perd la tête). Jamais aucun documentaire animalier n’avait montré la partie de cachecache d’un renard et d’une biche (L’étang aux biches). Le tout avec poésie et naturel, sur une musique originale de Patrick Morin. Un autre Solognot. Source : Reflet du Loiret janvier/février 2010


3

LE SON

Définition Le son est une vibration de l’air qui se propage. Dans l’air (milieu compressible) le son se propage sous forme d’une variation de pressions (compression/dépression). On peut comparer ces vibrations à un déplacement concentrique. Imaginez un étang, par une belle journée et sans vent. La surface de l’eau est égale à un miroir sans rides. Puis soudain, quelqu’un jette une grosse pierre dans l’eau. L’eau va faire des vagues concentriques, verticales à partir du point d’impact. Nous percevons les sons grâce à nos tympans.

Le son se propage aussi dans les solides, sous forme de vibrations des atomes. Seules les vibrations se propagent et non les atomes qui ne font que vibrer très faiblement autour de leur position d’équilibre. Remarque : le son se propage plus mal à l’horizontale que sous des angles montants. Ce phénomène est dû au changement de densité de l’air qui varie avec l’altitude. Depuis l’antiquité, on a construit des théâtres en plein air avec des gradins circulaires face à la scène. Les ondes sonores se déplacent à la vitesse de 344 mètres par seconde dans l’air à 20 °C (ce qui fait environ 1 km pour 3 secondes). Cette notion est utile pour mesurer la distance d’un éclair lors d’un orage.

Théâtre antique d’Orange

105


En milieu non gazeux le son peut se propager encore plus rapidement : • dans l’eau sa vitesse est de 1 482 m/s ; • dans l’acier sa vitesse est de 5 050 m/s. Il faut savoir que le son ne se propage pas dans le vide puisqu’il n’y a pas de matière pour supporter les ondes produites. Par conséquent, le vide est un excellent isolant phonique (voir les fenêtres à double ou triple carreaux + vide d’air). En résumé : lorsque vous pincez la corde d’une guitare, elle se met à vibrer et elle entraîne dans son mouvement l’air dans lequel elle bouge. C’est donc bien une vibration.

COMPOSITION D’UNE SONORISATION Une sonorisation se compose : > d’un micro > d’un amplificateur > d’une table de mixage + des haut-parleurs > d’un ordinateur (non obligatoire) a - Le micro On a vu que l’oreille humaine reçoit des sons par le tympan qui transmet les vibrations au nerf auditif puis au cerveau sous forme d’impulsions électriques ; le micro traduit lui (comme l’oreille) une onde sonore en signal électrique. La membrane du micro vibre sous les vibrations sonores et les transforme en impulsions électriques.

Sous les vibrations, la membrane vibre et pousse un cylindre entouré d’une bobine de cuivre autour d’un aimant. Ce phénomène fait varier la valeur de la tension de sortie.

106


Il existe trois grandes familles de micros. > Les micros dynamiques sont conçus pour la scène, ils supportent de très fortes pressions sonores et ne craignent pas les chocs physiques. Ils sont cependant limités dans le rendement des aigus au-delà de 16 kHz. > Les micros électrostatiques utilisant un condensateur ont de meilleurs rendements dans les fréquences aiguës. Ils ont besoin d’une alimentation à piles 12 volts. Ils sont plus fragiles et saturent plus facilement. > Les micros à électret. C’est le même principe que les micros électroacoustiques, sauf que l’alimentation extérieure est fournie en permanence. Ces micros que l’on utilise en studio sont fragiles et très onéreux.

1

Doc.

La directivité des micros Elle définit sa sensibilité en fonction de la provenance d’un son. Omnidirectionnel Le microphone omnidirectionnel ne privilégie aucune provenance. Il est donc particulièrement adapté pour enregistrer des sons d’ambiance.

Cardioïde Le micro cardioïde est défini par sa directivité vers l’avant, mais surtout par le fait qu’il capte peu les sons provenant de l’arrière. C’est pourquoi il est le microphone privilégié des chanteurs sur scène car le risque de feed-back avec un retour de scène est limité.

Bidirectionnel Le micro bidirectionnel est sensible aux sons provenant de l’avant et de l’arrière. Il est donc indiqué pour les duos ou pour être placé entre deux éléments (caisse claire-charley par exemple).

Hypercardioïde Le micro hypercardioïde ressemble à un microphone cardioïde mais dont les angles morts diffèrent. De ce fait, il est adapté aux chanteurs utilisant deux retours de scène.

Canon Le microphone canon possède une forte directivité vers l’avant. Il est donc indiqué pour capter les sons d’une source éloignée en limitant les bruits parasites. Idéal pour capter une source éloignée (documentaires animaliers...). 107


b - L’amplificateur Son but est d’amplifier le son. Il va dépendre du lieu à sonoriser. Sa puissance mesurée en watts est fonction de son utilisation. Si vous devez sonoriser un spectacle en plein air par exemple, il vous faudra prendre un ampli de forte puissance (2 à 3 kW). Lors de vos manifestations extérieures, il est parfois plus intéressant de louer le matériel car dans ce cas il sera exactement adapté à vos besoins. Mais il n’est pas interdit d’avoir une sonorisation simple pour vos salles de classe ou de spectacle.

La puissance RMS ou vrais watts, représente la puissance efficace, c’est donc la plus importante. On parle souvent de la puissance musicale. On l’obtient en multipliant par 2 la puissance efficace. Puissance efficace × 2 = Puissance musicale

L’amplificateur est l’organe central d’une sonorisation. Sans ampli, plus de sono. Prévoyez donc une solution de rechange en cas de panne !

Certains amplis peuvent recevoir un port USB compatible iPod ou iPhone, afin de récupérer des fichiers audio. Ils sont souvent munis de prises HDMI pour transmettre des images 3D vers un téléviseur compatible. Classement des amplificateurs La classe d’amplification détermine la manière dont fonctionnent les étapes des amplificateurs. Les classes les plus courantes sont de type A,B ou AB. Il faut savoir qu’aujourd’hui le transistor est le composant le plus utilisé dans les amplis, pour son faible encombrement, sa longévité et sa miniaturisation. 108


c - Les haut-parleurs Ils transforment l’énergie électrique en énergie acoustique. C’est un système à la fois électrique, mécanique et acoustique. Ils dépendent d’un principe physique de la loi de Laplace.

Principe de fonctionnement La bobine mobile reçoit la modulation alternative du signal amplifié par l’amplificateur, créant un champ magnétique autour d’elle, de sens alterné suivant le signal. De ce fait la bobine est mise en mouvement d’avant en arrière autant de fois par seconde que la fréquence du signal à reproduire, entraînant la membrane du même mouvement, poussant ou attirant les molécules d’air ambiant, «créant» le son.

d - La table de mixage Sa fonction est de mélanger plusieurs sources (micros, musiques, platines, PC...). On distingue trois niveaux de fréquences qui sont réglables : > les aigus (12 kHz) ; > les médium ou fréquences moyennes (100 Hz à 2 kHz) ; > les basses (80 Hz). Principaux réglages : le signal à mélanger correspond à une entrée que l’on appelle «voie» ou «tranche».

109


 Symboles

M

Quatrième pouvoir 74

mass media 47 médias 63 message 15 micro 106 multimédia 77

A affiche 45

B bruits 20

C canal (de communication) 15 caricature 45, 57, 61 champ et contrechamp 101 communication 13, 14 contexte 15 CV 25

D dessin 60

E écriture 50 émetteur 20 entretiens 23

F film 98 freins (à la communication) 21

G gravure 44

I icône 54, 55 image 36, 40, 42, 43, 54 image iconograpique 49 image numérique 48 image publicitaire 51 Internet 72

J journalistes 80

L langage analogique 11 langage digital 11 légende 51 lumière 84

110

index

O ombre 86

P photographie 45, 46, 51 plans 100 praxinoscope 96 presse 45, 65 profondeur de champ 89 provocation 62

R radio 63 récepteur 20 règle des tiers 93 relation 11 réunion 28

S sémiologie 52 silence 18

T tabou 62 télévision 64


111


Ce manuel a été réalisé dans le cadre de la convention de coopération signée entre l’APECITA et le ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche. Éditeur : Docéo Éditions Mise en page et illustrations : Michaël SANCHEZ Docéo Éditions - 5 rue de l’ancienne mairie - 92110 CLICHY ISBN : 978-2-35497-083-3 Imprimerie : AIRneed

112


Éducation socioculturelle 1ere-Tle bac pro