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Le Conseil Général vous informe N°29 Février 2010

magazine

Un budget 2010 solide et solidaire pour rendre le meilleur service aux Haut-Rhinois


sommaire

exebudget 2010 mag:A4 budget 2010  1/02/10  9:08  Page 1

Environnement

27,45 M€

Patrimoine

3,9 M€

10,5 M€

A la Une

Coopérations transfrontalières

515000 €

Logement

Budget 2010 : les dépenses d’investissements et de services

Pistes cyclables

3 M€

Economie, universités

4 Un budget 2010 solide et solidaire

S’élevant à 812,39 millions d’euros, le budget primitif permet de maintenir le cap du projet pour le Haut-Rhin.

Insertion par l'emploi

Prévention santé, enfance

79,1 M€

77,8 M€

21,9 M€

Routes et transports

Handicapés

75 M€

Initiatives

22 Le goût des livres

Culture

10,4 M€

121,6 M€ Collèges, sport, jeunesse

50 M€

Centres de secours

20,5 M€

Personnes âgées

73,9 M€

6 Pour rendre le meilleur service au plus près des Haut-Rhinois

En direct

8 Les décisions du Conseil Général,

en bref et en images.

A vos côtés

10 L’aide du Conseil Général aux

Haut-Rhinois qui s’investissent dans les domaines de la solidarité, de la culture, de la vie associative et du sport.

24 De nouveaux outils pédagogiques dans les collèges

26 TGV Rhin-Rhône

un train à ne pas manquer

28 Quand écologie rime avec économie

Bien vivre ensemble

29 Quartiers Innovants

En avant-première, présentation du Projet QI à Issenheim

32 Parler allemand

pour être plus performant

34 Pour la sécurité des Haut-Rhinois

Le Conseil Général aux côtés des gendarmes

Territoires

Proche de vous 12 Vialsace

une nouvelle façon de se déplacer

13 Le bonheur est dans le verger

Promotion des vergers familiaux, soutien à l’abattoir de proximité, démarche Gerplan… le Conseil Général multiplie les actions pour préserver notre diversité et notre patrimoine local.

16 Prise en charge du handicap

Inventons une vie ensemble : vers un parcours personnalisé des personnes handicapées

18 Parents et enfants, mieux vivre ensemble

35 A la courbe du fleuve, Bâle

Découverte de l’une des plus authentiques des villes rhénanes

Dialecte

39 Uf loos goot s loos !

Partage

40 Albert Schweitzer,

la vie et rien d'autre

20 Des patrouilleurs pour notre sécurité sur les routes du Haut-Rhin

42 Tribune d’expression des groupes de l’assemblée

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Haut-Rhin magazine N°29 - Févier 2010


édito Chères Haut-Rhinoises, chers Haut-Rhinois, Vouloir renforcer les relations avec les acteurs socio-économiques du département, développer une économie de proximité et solidaire, soutenir une économie centrée sur le développement durable, c’est, en somme, vouloir réaffirmer une économie humaniste, fidèle aux valeurs de la Haute-Alsace et plus largement de l’espace rhénan. Dans cet objectif, et par-delà les trois piliers du Projet pour le Haut-Rhin que sont la proximité, le bien vivre ensemble et la productivité de notre Collectivité, et qui fondent l’action du Conseil Général, j’ai proposé à l’Assemblée Départementale d’ajouter un 4e pilier : celui de la prospérité, car comment imaginer un seul instant la mise en oeuvre de politiques sociales fortes sans économie prospère !

Proximité, bien “vivre ensemble,

productivité de notre Collectivité et prospérité sont les maîtres mots qui guideront notre action au quotidien en 2010

Cette double ambition, j’ai voulu qu’elle soit pleinement prise en compte dans le budget 2010 qui a été préparé dans un esprit de concorde, signe que l’Assemblée Départementale est rassemblée et tournée vers la seule et véritable préoccupation des Haut-Rhinois : être et agir au service du bien vivre ensemble en Haute-Alsace. Solide et solidaire, ce budget 2010 permet de dégager un fort niveau d’investissement, ce qui est essentiel pour la vitalité de l’économie hautrhinoise. Parallèlement, il garantit notre forte implication dans le domaine social et les services aux personnes, notamment en direction des plus fragiles d’entre nous. Cet effort de solidarité doit être, en effet, plus que jamais au cœur de notre mission. Pour faire face aux conséquences d’une crise mondialisée, pour soutenir notre économie, nos emplois et notre compétitivité, le Conseil Général n’agira pas seul. Il s’emploiera à le faire avec ses partenaires institutionnels et socio-économiques à travers, notamment, les Assises Départementales de l’économie pour l'emploi. Cette démarche fédératrice, engagée en 2009 et poursuivie tout au long de l’année 2010, permettra d’affirmer nos stratégies et d’engager de nouvelles actions avec toutes celles et ceux qui entreprennent en Haute-Alsace, dans chacun de ses territoires, avec et pour nos populations. Proximité, bien vivre ensemble, productivité de notre Collectivité, prospérité : voilà bien les maîtres mots qui guideront notre action au quotidien en 2010. Votre Président

Charles BUTTNER

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à la une

Un budget 2010 solide et solidaire Fruit de plus de 18 mois de travail, le budget primitif 2010 s’élève à 812,39 ME. Fondé sur des choix réalistes et responsables, le budget se veut solide et solidaire pour conforter les actions dans le domaine des services à la personne mais aussi pour soutenir activement et efficacement l’économie locale et les emplois dans notre département.

Environnement

27,45 M€

Patrimoine

3,9 M€

515000 €

Logement

10,5 M€

Budget 20 d’investissem

Pistes cyclables

3 M€

Prévention santé, enfance

77,8 M€

Handicapés

75 M€

Centres de secours

20,5 M€

4

Coopérations transfrontalière

Insertion par l'emploi

79,1 M€


s es

Questions à Rémy With,

010 : les dépenses ments et de services Economie, universités

21,9 M€

1er Vice-Président du Conseil Général et Président de la commission finances, administration générale et ressources humaines Comment a été réalisé le budget 2010 ?

C’est dans un esprit collégial dans le cadre de nombreuses réunions de travail, d’arbitrages, que nous avons rigoureusement préparé le budget, puis lors de commissions thématiques et réunies. Tous les élus se sont mobilisés pour trouver les voies et moyens pour répondre aux attentes croissantes des Haut-Rhinois. Pour cela, il a fallu faire des choix dans un contexte budgétaire particulièrement difficile. Malgré une fiscalité* que nous avons voulu modérée, le budget reste volontaire et garant d’une action publique efficace. Quelles sont les grandes orientations de ce budget ?

Ce budget permet de maintenir le cap du Projet pour le Haut-Rhin et de poursuivre la mise en œuvre des grandes politiques départementales. Je fais notamment référence aux plans et schémas pluriannuels élaborés avec nos partenaires tels que les schémas de gérontologie et de la petite enfance, le plan de soutien et de revitalisation économique, le plan de gestion de l’espace rural et périurbain communément désigné sous le terme de Gerplan, le plan départemental de l’habitat, le schéma des enseignements artistiques, les nouveaux contrats de territoire de vie. Et puis, je tiens aussi à souligner l’effort particulier du Département en matière de solidarité. C’est la première fois que les dépenses sociales (plus de 300 ME) dépassent les recettes fiscales, soit plus de 50% du budget de fonctionnement. Sans oublier que, par rapport à 2009, nous avons réduit le recours à l'emprunt tout en préservant un budget d'investissement particulièrement élevé.

Culture

10,4 M€

* La fiscalité est également préservée avec une évolution maîtrisée à 1,8%.

Routes et transports

121,6 M€ Dépenses d'investissement opérationnel dans le tissu local Collèges, sport, jeunesse

50 M€

Personnes âgées

73,9 M€

Haut-Rhin magazine N°29 - Févier 2010

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à la une �

Pour rendre le meilleur

service au plus près des Haut-Rhinois Il ne suffit pas de vivre dans le Haut-Rhin pour vivre à la même enseigne. Chaque territoire de notre département s’est construit avec ses spécificités. Prendre en compte l’existant et les attentes de chacun de ces territoires, mettre en œuvre les actions dont il a réellement besoin, c’est le projet de territorialisation qu’ont choisi de mener les élus du Conseil Général. Un projet devenu, aujourd'hui, réalité. Marie-Odile Kreidl-Haegy

La création, au cœur des territoires, de services relais du Conseil Général a constitué la première étape du projet de territorialisation. Regroupés avec d’autres services déjà présents (notamment les services sociaux), ils constituent de véritables antennes délocalisées du Conseil Général. A ce titre, on les appelle "antennes territoriales". La mutualisation des moyens apportée par cette nouvelle organisation a permis d'améliorer les conditions d’accueil du public, en terme de services rendus, de locaux ou encore d’amplitude horaire. De nouvelles fonctions y ont été créées: l’accueil généraliste ou guichet unique d’information sur l’ensemble des services du Conseil Général ; l’animateur-coordonnateur, maillon de terrain entre les acteurs locaux (communautés de communes, communes, associations, porteurs de projets…), les services du Conseil Général et les conseillers généraux du territoire.

2010 : des contrats avec les territoires

L'adaptation des politiques départementales aux besoins de chaque

territoire constitue la seconde étape du projet de territorialisation. Il ne s’agit plus de décider « en haut lieu » d’une politique unique et de l'appliquer uniformément à tout le département mais bien de construire, avec les territoires, des politiques spécifiques sur la base d'une remontée des besoins exprimés par les acteurs de chaque territoire. Davantage de routes, de social, de zones d’activité économique, d’infrastructures de loisirs ? Les acteurs locaux sont incités à se concerter, se rapprocher pour porter un projet à plusieurs, à une échelle plus grande, idéalement celle du territoire. Ces projets, inscrits dans un Contrat de Territoire signé avec le Conseil Général, feront l’objet d’un financement global en lieu et place du « coup par coup ». Moins de saupoudrage et effet de levier sont les objectifs qui sous-tendent l’ensemble de cette démarche. Si les aides classiques ne sont pas exclues (un nouveau Guide des Aides Départementales vient d’être mis en œuvre), la volonté est à davantage d’efficience.

L’exemple du Sundgau

La première Antenne du Conseil Général a vu le jour en 2008 à Altkirch dans le Sundgau. C’est aussi dans ce territoire que la démarche territorialisation est la plus avancée. Ses élus locaux y ont globalement adhéré et, après quelques mois de concertation, ont annoncé les 51 projets structurants à l’échelle du territoire et/ou partagés par plusieurs porteurs, qui feront l’objet d'un premier contrat signé entre un Territoire de Vie et le Conseil Général. 6

Haut-Rhin magazine N°29 - Févier 2010


Qu’est-ce qu’un Territoire de Vie ?

Selon l’endroit où l’on habite, chacun se dessine un périmètre de vie, celui dans lequel se déroule la plupart de ses actions quotidiennes : faire ses courses, consulter un médecin, pratiquer un sport, aller au cinéma, se faire des amis… Ces périmètres n’ont rien d’administratif. On les appelle Territoires de Vie. Le HautRhin en compte sept, qui se dessinent naturellement.

En mai et juin 2009 le Président et les élus du Conseil Général sont allés à la rencontre des élus de chaque Territoire de Vie pour expliquer leur démarche et leur demander de se concerter afin de faire émerger des projets structurants pour leur territoire.

Je crois en “ l'intelligence

des territoires

Charles Buttner,

Président du Conseil Général du Haut-Rhin

Depuis 2004, de nouveaux enjeux ont émergé pour l’ensemble des Départements de France : acte 2 de la décentralisation, désengagement de l’Etat dans un certain nombre de domaines, montée en puissance des intercommunalités, développement des déséquilibres territoriaux, raréfaction des ressources financières des Départements… Face à ces enjeux, le Conseil Général a eu la volonté de remettre en perspective les politiques et les modes d’intervention du Département. Il s’agissait très clairement de modifier notre mode de fonctionnement avec les communes et intercommunalités afin de parvenir à faire mieux avec autant, sinon moins d’argent. Dans le contexte de crise auquel nous faisons face avec la plus grande détermination, nous avons la conviction que notre choix est le bon : plus que jamais, nous avons le devoir de rendre le meilleur service possible à une population qui en a de plus en plus besoin et cela sans dépenser davantage, voire en réalisant des économies. 7


Les décisions du Conseil Général

en direct...en direct...en dire Culture régionale

Les services à la personne : un secteur en plein essor

Un forum départemental des Services à la Personne organisé dans le cadre du Salon Régional Formation Emploi, les 29 et 30 janvier derniers à Colmar, a permis aux nombreux visiteurs d’obtenir toutes les informations sur les formations et emplois relatifs à ce secteur en plein développement. Dans notre département, 135 structures agréées emploient 8 400 salariés à temps partiel pour répondre aux besoins croissants des ménages en matière de services à la personne.

Plaques de rues trilingues

Depuis décembre 2009, l’Ecomusée d’Alsace a mis en place une signalétique trilingue : chaque rue ou place de l’Ecomusée comprend une appellation en langue française, une appellation en Hochdeutsch et une appellation dans l’une des variantes dialectales germanique ou romane. L’objectif de la démarche, réalisée en partenariat avec le Comité fédéral pour la langue alsacienne, est de renouer avec l’histoire et de rendre la langue régionale, dans toute sa richesse et sa diversité, plus présente dans l’environnement public.

Histoire de langues

Le Conseil Général du Haut-Rhin a confié au Comité Fédéral des Associations pour la Langue et la Culture Régionales en Alsace et en Moselle, la réalisation d’un ouvrage, intitulé Chronologie des langues d’Alsace, vo da Sprocha vom Elsàss, der Sprachen des Elsass. Très complet par son contenu et très original dans sa forme, il est consultable comme un livre ou comme une frise d’environ 4m de long.

Ouvrage (Editions TSH)disponible auprès de son auteur Yves Bisch : bisch.yves@wanadoo.fr et au siège du Comité Fédéral, 29, rue de la Corneille à COLMAR 03 89 29 03 61 haut-comite@alsace-lorraine.org Prix : 17 euros + frais d’envoi

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Maison du Munster : ouverture prévue à l’automne

A l’entrée de la vallée de Munster, sur le site de Gunsbach, les travaux vont bon train. La première pierre du chantier de « la maison du munster » a été posée le 22 octobre dernier, une pierre symbolique car l’ossature du bâtiment sera surtout constituée de bois. Cette vitrine de la vallée de Munster, soutenue par le Conseil Général du Haut-Rhin, permettra aux visiteurs de découvrir l’ensemble des pratiques agricoles des montagnes vosgiennes. L’ouverture au public doit intervenir pour l’automne 2010. La Maison du Munster - Tél. 03 89 77 50 32 - www.cc-vallee-munster.fr

Fondation Passions Alsace un soutien aux projets alsaciens

Portée par la société civile et placée sous l’égide de la Fondation de France, la fondation Passions Alsace offre un soutien, bienvenu en cette période de crise, aux petites associations alsaciennes et aux initiatives locales. Première fondation territoriale régionale en France, elle privilégie le territoire et la proximité dans ses choix, ce qui lui permet d‘examiner des dossiers, quel que soit leur domaine : santé, solidarité, culture, environnement, recherche… Les donateurs pourront par ailleurs choisir l’action qu’ils veulent soutenir puis la suivre sur le site Internet de la fondation. www.fondationpassionsalsace.org Haut-Rhin magazine N°29 - Févier 2010


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Tout en images �

La transfrontalité en ligne

www.infobest.eu Le nou-

veau site Internet des instances Infobest est une mine de renseignements sur toutes les questions transfrontalières. Emploi, éducation, formation, famille, retraite, santé, maternité, impôts, immatriculation des véhicules, déménagement dans le pays voisin… plus besoin de surfer des heures sur les sites publics allemands, français ou suisses: tout est là ! L’information est pratique, fiable et bien sûr bilingue. De plus, le site permet de se documenter sur la coopération transfrontalière dans la région du Rhin supérieur, sur l’organisation administrative de la France, de l’Allemagne et de la Suisse, ainsi que sur l’Union Européenne.

Réouverture du musée

Jean-Jacques Henner à Paris �

Suite à d’importants travaux de rénovation, le musée du peintre sundgauvien, Jean-Jacques Henner, installé dans un hôtel particulier du XIXe siècle, vient de réouvrir. Ses collections retracent sa vie, de son Alsace natale à Paris où il a fait carrière, en passant par la Villa Médicis où il a séjourné suite à son Prix de Rome. L’itinéraire d’un artiste qui, au début du XXe siècle, était considéré comme un des plus importants de son temps. www.musee-henner.fr (43 avenue de Villiers 75017 Paris)

Rixheim Le Président du Conseil Général Charles Buttner et son Vice-Président Bernard Notter ont inauguré la centrale énergétique de la Communauté de Communes de l’Ile Napoléon.

Mulhouse Pose de la première pierre de l'Institut de recherche et de l'Ecole de chimie par le Président Charles Buttner et Jo Spiegel, Conseiller Général.

Espoir Mulhouse a 40 ans

L’association mulhousienne Espoir a fêté début 2010 ses 40 années au service des Haut-Rhinois en difficulté. Lors de sa création, l’association s’était fixée comme premier objectif l’ouverture d’un foyer d’hébergement pour hommes. Mais rapidement l’Espoir Mulhouse a développé des actions diversifiées d’accueil, d’hébergement et d’accompagnement social en direction des femmes isolées ou avec enfants, des ménages sans logis, des personnes sans emploi, des étrangers demandeurs d’asile ou des familles en difficulté d’exercice de la parentalité. Espoir Mulhouse 03 89 60 72 70 espoir.mulhouse.siege@wanadoo.fr

Hinterzarten Championnats du monde junior de ski nordique en Forêt Noire. 800 sportifs de 39 nations ont pris part à cet événement sportif international.

Dannemarie Inauguration de l'antenne territoriale par le Président Charles Buttner, le 1er Vice-Président, Rémy With et Paul Mumbach, maire de Dannemarie. 9


à vos côtés Si construire des collèges, des routes et des infrastructures relève des compétences du Conseil Général, le Département sait que les petites rivières font les grands fleuves. Chaque jour, il est à vos côtés. Florilèges des actions soutenues.

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Solidarité

Sport

Le Conseil Général

Le Conseil Général

les actions solidaires 10 000 œufs pour les enfants de Tchernobyl

3

la pratique sportive Stages de foot pour enfants et adolescents

Art

4

soutient

accompagne 1

Les stages de foot de la LAFAcademy sont ouverts à tous les garçons et filles de 8 à 16 ans, licenciés ou non. Dans le Haut-Rhin, ils se déroulent à Carspach pendant les vacances de Pâques et le mois de juillet. Le programme des jeunes stagiaires y conjugue le football dans toute sa diversité (Futsal, Freestyle, TennisBallon, etc.) et le perfectionnement de la langue allemande. Ces stages sont mis en œuvre par l’Equipe Technique de la Ligue d’Alsace de Football et sont agréés par la Direction Régionale de la Jeunesse et des Sports. Les inscriptions sont ouvertes. Renseignements : 03 88 27 94 03 ou www.lafacademy.fr

Vos cadeaux de Pâques sont tout trouvés ! Comme chaque année, l’association «Les enfants de Tchernobyl» met en vente des milliers d’œufs traditionnels en bois. L’occasion de faire des heureux autour de vous tout en participant au financement du voyage de dizaines d’enfants ukrainiens accueillis, l’été prochain, dans des familles alsaciennes. Des séjours qui sont pour eux bien plus que des vacances puisqu’ils permettent de réduire considérablement la radioactivité interne de leur organisme. Vous trouverez les œufs des enfants de Tchernobyl dans les supermarchés du département, du 20 mars au 3 avril.

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Le Conseil Général encourage l'art Geneviève Dolle, artiste discrète, peintre de renom

Les couleurs explosent mais n’agressent jamais. Parcourir l’œuvre de Geneviève Dolle est une vivifiante promenade dans la douceur. A l’huile, à l’acrylique ou à l’aquarelle, fleurs, paysages, portraits et musiciens oscillent entre le figuratif et l’abstraction. Des instants, des gestes sont attrapés côté salle ou côté cuisine d’une brasserie chic, au cœur d’un orchestre… Au bout du pinceau, l’on devine un amour de la musique à fleur de peau. L’artiste peintre de Riedisheim se fait cependant un peu plus discrète dans le Haut-Rhin qu’en Suisse, en Allemagne ou même à Londres. Une raison de plus pour guetter patiemment une prochaine exposition. Geneviève Dolle, sociétaire des Artistes Français, est également maître de conférences et exerce l’art thérapie. Haut-Rhin magazine N°29 - Févier 2010

L’escrime colmarienne à la pointe

Les escrimeurs colmariens ont enfin la salle qu’ils méritent, l’une des plus modernes de France. Située à la Waldeslust, près de Colmar, elle accueille notamment une équipe d’épéistes senior au top 12 des équipes françaises en nationale 1. Les épéistes junior, sont quant à eux tous engagés dans les coupes sélectives pour les championnats du monde junior. Chez les cadets et les cadettes de très bonnes places ont été prises en 2009 sur l’échiquier européen. Non contents de représenter la France à l’étranger, les escrimeurs des Sports Réunis Colmar Escrime accueillent également des compétitions d’envergure. Prochaines échéances, le championnat d’escrime inter académique et le circuit national épée junior. Le Conseil Général est fier de soutenir financièrement ce club et d’avoir contribué à la construction de la nouvelle salle d’escrime. Renseignements : www.srcolmar-escrime.com


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Projets

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Le Conseil Général encourage les projets des Haut-Rhinois La Chevauchée Alsace-Vendée 2010

Une chevauchée pour établir le premier tracé de randonnée équestre entre l’Alsace et la Vendée, c’est le projet que porte l’association « Alsace Adventure Horse », de Ballersdorf. Ce cheminement au cœur des provinces, prévu pour l’été prochain, sera l’occasion de créer des liens avec les habitants et tous les passionnés de chevaux des régions traversées. Une démarche de collecte de fonds, destinée à deux associations d’aide aux malades et aux handicapés, y sera associée. « Alsace Adventure Horse » finance ce projet grâce à la vente de calendriers et à l’organisation de soirées festives et chevauchées populaires. N’hésitez pas à vous y associer ! Renseignements : 06 77 62 24 97 ou advenhorse68@voila.fr 6

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Le Périscope, un bimestriel sur et pour les entreprises

Distribué à plus de 4 000 exemplaires auprès des 700 entreprises du « croissant économique » de l’Ouest Mulhousien, le Périscope présente tous les deux mois des entreprises locales. Ce journal dont l’objectif est de favoriser les relations économiques de proximité est entièrement gratuit. Il est complété par un blog (www.le-periscope.info) et un « Apériscope », rendez-vous trimestriel entre entrepreneurs dans une entreprise ou une institution du secteur. Et pour la touche « verte » de cette initiative « éco », Le Périscope est désormais distribué en vélo remorque, par un service de coursier récemment créé. Bétrice Fauroux en est la rédactrice en chef et Hervé Waldmeyer, le directeur de la publication.

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proche de vous

Vialsace : une nouvelle

façon de se déplacer « Comment me rendre de mon domicile aux environs de Cernay à mon rendezvous à Strasbourg ? » Pour commencer, cliquez sur www.vialsace.eu, le site de tous les itinéraires d’Alsace.

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Marie-Odile Kreidl-Haegy

TER, tram, bus, car interurbain… tous les moyens de transport existants en Alsace se déclinent sur www.vialsace. eu Vous y trouverez tous les horaires, tous les plans de lignes, toutes les correspondances et surtout un « calculateur d’itinéraires ». Avec cet outil, se déplacer dans notre région et même au-delà de la frontière devient un jeu d’enfant : vous indiquez vos points de départ et d’arrivée et lui vous concocte votre trajet en combinant les moyens de transport nécessaires.

On n’oublie pas la marche à pieds

Vialsace prend également en compte les nombreux parkings-relais afin de combiner trajets en voiture et transports en commun. Une offre qui sera complétée dès le deuxième semestre 2010 par les réseaux de pistes cyclables et les parkings à vélo. D’ici là, les plus éco-mobiles y trouveront aussi leur compte avec des suggestions de trajets à pieds d’adresse à adresse.

Une œuvre éco-collégiale

Ce portail d’aide aux déplacements multimodaux (combinant plusieurs moyens de transports) est un des premiers du genre en France. Il a été mis en œuvre par l’ensemble des Autorités Organisatrices de Transports alsaciennes, dont le Conseil Général du Haut-Rhin pour ce qui concerne les lignes inter-urbaines et les transports scolaires du Haut-Rhin. 12

Calcul du CO2

En cliquant sur cette option, Vialsace vous renseignera sur les itinéraires et transports les moins émetteurs de gaz à effet de serre.

530

C’est le nombre de kilomètres de pistes cyclables interurbaines gérées par le Conseil Général dans le Haut-Rhin. Dès le deuxième semestre 2010, ce réseau sera intégré à l’offre de Vialsace.

Le premier tram-train de France

En décembre 2010, le réseau des transports publics hautrhinois accueillera un nouveau venu : le tram-train MulhouseVallée de la Thur : le moyen idéal pour relier la Vallée de la Thur au cœur de la cité des musées sans La première rame du futur tram-train Mulhouse Vallée de la Thur passer par la case a été présentée à Mulhouse en décembre dernier. «gare de Mulhouse». A Thann ( SaintJacques) des correspondances TER permettront de relier les communes de la Haute Vallée de la Thur, jusqu’à Kruth. Le Conseil Général du Haut-Rhin a financé 12,5 % du coût des travaux de l’infrastructure ferroviaire. Haut-Rhin magazine N°29 - Févier 2010


proche de nous

Le bonheur est dans le verger « Au près de mon arbre, je vivais heureux » Georges Brassens l’a chanté, le Conseil Général l’a réalisé ! Pascal Herrscher

Depuis que l’opération « des arbres pour la Sainte-Catherine » a été lancée par le Conseil Général du Haut-Rhin en 2001, ce sont plus de 30 000 arbres fruitiers de haute tige, dont de nombreuses variétés anciennes, qui ont été distribués aux Haut-Rhinois et plantés sur l’ensemble de notre territoire. Cette initiative a pour ambition de contribuer à la préservation de notre patrimoine local et à la diversité paysagère de notre département, mais bien davantage encore de participer à la reconquête d’un véritable art de vivre. Peuplés d’arbres, d’oiseaux, de fleurs et d’insectes, les vergers ne sontils pas la preuve en effet que ce n’est que de nous que dépend le paradis

terrestre ? Chaque année, le verger inaugure la course du temps : floraisons légères, fructifications prodigues, parterres ocres et rouges lorsque le soleil s’éloigne. C’est une très vieille histoire, que celle des vergers en HauteAlsace. Une histoire qui a contribué à faire l’identité et le charme de notre département. Les vergers traditionnels d’arbres à haute tige constituent un élément caractéristique et une des richesses de notre paysage rural. Ils entourent fermes et villages, assurent non seulement une production fruitière mais également un rôle de brise vent, atténuent les rigueurs climatiques, diminuent l’érosion dans les terrains itués en pente et offrent de l’ombre aux animaux dans les pâturages. 13


proche de vous ment. Leur lumière d’ailleurs n’est-elle pas la même que celle des cathédrales? Lieu de convivialité, espace de découverte, le verger permet à chacun de reprendre contact avec son environnement naturel. Le verger est un lieu de mémoire aussi. L’arbre est planté afin de conserver des traces, des souvenirs. L’arbre alors devient témoin, ami et compagnon de plusieurs générations. Milieux de vie, espaces récréatifs, les vergers sont aussi et surtout des lieux de production qui fournissent des fruits de qualité, sains, bons pour la santé.

Il est urgent d’agir

Une cathédrale d’or et de lumière

Jean Baltenweck

Créés par l’homme et entretenus dans le respect des équilibres naturels, les vergers de haute tige abritent une flore et une faune très diversifiées. Ils constituent souvent l’ultime refuge pour des oiseaux cavernicoles tels la chouette chevêche, ce petit rapace nocturne tout juste un peu plus haut qu’un merle, et le torcol fourmilier avec son plumage de couleur feuilles mortes qui lui permet de passer inaperçu. Les plus chanceux auront le bonheur d’y croiser l’oiseau fée, semblable à un papillon géant : la huppe. Pénétrer dans un verger c’est balayer les scories de la vie quotidienne. Les vergers ont une grande force d’apaise-

Mangez des pommes ! Jean Baltenweck a beau être viticulteur, il a la conviction que l’homme ne vit pas de vin seulement. De la diversité des paysages du Piémont de son enfance, il ne subsiste aujourd’hui que quelques lambeaux de vergers et quelques rares arbres fruitiers isolés. Rentabilité économique oblige, la vigne partout s’impose. En créant en 1997 l’association 14

des « Apfelbisser » à Ribeauvillé, Jean Baltenweck voulait prouver que Christkindel, Bohnapfel, Rosackerle… et autres Haut-Rhin magazine N°29 - Févier 2010

« A chaque recoin » dit un dicton « plante un arbre, porte lui soin, il te le rendra bien ». De cette volonté paysanne est né le plus riche et le plus bel éventail de paysages de vergers. Ce tableau lentement toutefois s’efface. Agriculture moderne, urbanisation, restrictions apportées aux droits des bouilleurs de cru, ont considérablement fait régresser les vergers de haute tige en Haute Alsace. Les collectivités agissent. Le Conseil Général du Haut-Rhin, en partenariat avec le Conservatoire des Sites Alsaciens, a contribué à préserver de nombreux vergers remarquables du département. Les associations d’arboriculture, les communes ne restent pas inactives non plus. Et pourtant, toutes ces initiatives resteront insuffisantes tant qu’elles ne seront pas suivies d’une relance de la consommation familiale. C’est de nous tous que dépend l’avenir de ces milieux de vie. Ensemble choisissons la qualité des produits de nos terroirs et de nos paysages.

variétés locales de pommes pouvaient être juteuses elles aussi. Et de donner la preuve par l’exemple, exploitant 3 ha de vergers dont 2 ha situés en plein vignoble d’appellation d’origine contrôlée. Rien de passéiste et de nostalgique dans cette démarche : « Mon expérience dans les vergers féconde mon travail dans les vignes. J’y ai appris la lutte intégrée, les nombreux bénéfices d’une cohabitation intelligente avec la nature. »


Les fruits retrouvés �

Quelle meilleure façon de préserver le riche patrimoine naturel et culturel que représentent les vergers que de trouver de nouveaux usages aux fruits dont plus personne n’avait l’utilité. Ainsi sont nés partout à travers le département, à l’initiative d’associations et avec le soutien financier des collectivités et du Conseil Général en particulier, des ateliers de pressurage. A Bennwihr, Hésingue, Lapoutroie, Altenach… tout un chacun peut venir transformer ses fruits. Lorsque l’heureux propriétaire d’un verger apporte ses fruits -des pommes et des poires le plus souvent- ceux-ci sont tout d’abord lavés, hachés et pressés. Puis le jus obtenu est chauffé à un minimum de 73 degrés et mis en bouteilles. Pour quelques dizaines de centimes d’euros, de riches saveurs retrouvées, la joie de produire son propre jus de fruit et le bonheur de contribuer à la préservation et à l’identité de nos paysages. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Car avec les petits bénéfices réalisés par cette opération de pressurage, plusieurs associations entretiennent un verger école, organisent des cours de taille et ainsi transmettent leur passion aux plus jeunes.

Parfums alambiqués

A Muespach-le-Haut, malgré l’heure matinale, le « Sundgauer Obstbrenhisle» est déjà en pleine effervescence et l’air embaume le distillat de quetsches. Première distillerie associative à avoir vu le jour en Alsace, elle est ouverte à toute personne désireuse de transformer une partie de sa production fruitière en eau de vie. Inutile d’avoir des connaissances en matière de distillation puisque la prestation, en contre-partie d’une petite contribution, est assurée par un membre compétent (et bénévole !) de l’association. Au moment de la distillation, le Brenhisle devient un lieu de rencontre, de partage et d’entraide entre les hommes du village. Avec la régression de cette activité, ce sont non seulement les vergers qui risquent de disparaître mais également toute une culture et avec elle son

savoir-faire et son cérémonial. Car n’est pas bouilleur de cru qui veut ! La fabrication du schnaps nécessite un riche savoir chimique et technique. Tout comme les ateliers de pressurage, les distilleries artisanales permettent de trouver de nouveaux usages à la production fruitière des vergers familiaux. Pour que longtemps encore les vergers nous distillent du bonheur.

Relocaliser “ et non plus délocaliser “ Michel Habig

3e Vice-Président Président de la commission agriculture, environnement et cadre de vie

A travers la promotion des vergers familiaux, le soutien à l’abattoir de proximité de Cernay, la démarche Gerplan, c’est une seule et même ambition que le Conseil Général souhaite défendre : la nécessité d’une gestion concertée et durable de nos territoires, l’urgence de maintenir une agriculture locale de qualité, diversifiée et s’intégrant dans son environnement. C’est de cette même logique également que relève notre volonté de privilégier les filières courtes, celles qui permettent de recréer du lien entre producteurs et consommateurs.

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proche de vous

Inventons une vie ensemble

La prise en charge du handicap est un champ d’action complexe et qui implique des engagements financiers importants. Le Conseil Général l’assume avec cœur car le bien vivre ensemble est à ce prix. Pascal Herrscher

Les multiples formes que peut prendre le handicap concernent un nombre de plus en plus important de personnes et de familles dont les revendications légitimes sont d’être écoutées, reconnues, soutenues, aidées par un ensemble de prestations, de services et de formules d’accueil adaptés, accessibles et cohérents. L’extrême complexité de ce champ de l’action sanitaire, médico-sociale et sociale, mais aussi l’éclatement des compétences et des responsabilités en matière de prise en charge des handicaps ont longtemps constitué un frein à une approche globale et réfléchie de ce grand domaine de la solidarité. La loi du 11 février 2005 sur l’égalité des droits et des chances des personnes handicapées a remédié à cette dilution des responsabilités et a offert à toutes les familles qui sont en charge d’une personne souffrant d’une déficience quelconque, un interlocuteur unique : le Département.

Un guichet unique pour un parcours personnalisé Maison Départementale des Personnes Handicapées Antenne colmarienne 48A avenue de la République BP 20351 - 68006 Colmar Cedex Tél. 03 89 30 68 10 E-mail : mdph@cg68.fr Antenne mulhousienne 51A rue d’Agen 68100 Mulhouse Tél. 03 89 60 81 83 E-mail : mdph@cg68.fr

En ouvrant ses portes dès 2006, la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) s’est donné pour objectif de simplifier le parcours de la personne déficiente en devenant un lieu d’accueil, d’écoute et de conseil unique. La prestation de compensation du handicap, autre nouveauté de la loi de 2005, permet de compenser les conséquences du handicap en prenant en compte les aspirations et les besoins de la personne handicapée, autrement dit de prendre en charge les dépenses liées au handicap et de construire un parcours personnalisé en fonction du projet de vie de chacun.

Innover, anticiper et soulager les aidants Les réponses les plus adaptées ne peuvent être apportées que dans la proximité. C’est pourquoi 14 Services d’Accompagnement à la Vie Sociale (SAVS) dont le rôle est d’accompagner les personnes souffrant d’un handicap 16

Haut-Rhin magazine N°29 - Févier 2010

physique ou mental vers le maximum d’autonomie dont elles sont capables, maillent le territoire haut-rhinois ; une densité absolument unique. En finançant le développement d’accueils de jour, de lieux de convivialité pour handicapés, de maisons de retraite spécialisées, mais aussi en apportant son aide à l’aménagement de logements et diverses autres alternatives à l’accueil en institution, le Conseil Général a initié une politique nouvelle, ambitieuse et prospective autour du problème du vieillissement des personnes handicapées. Toutes ces initiatives correspondent à une attente certaine des personnes et des familles. Elles permettent surtout de soulager les aidants familiaux qui constituent désormais, au même titre que la personne handicapée ellemême, une cible privilégiée de la politique départementale.


Un secteur d’emploi en plein développement

Permettre aux personnes handicapées de continuer à vivre dans leur environnement familier plutôt que de rejoindre une institution a eu pour effet le développement d’un nouveau métier : l’auxiliaire de vie sociale. Pascale Richarme, vous êtes coordinatrice de l’équipe de formation continue à l’Institut Supérieur Social de Mulhouse (ISSM). Le métier d’auxiliaire de vie sociale (AVS) est récent, mais ses débouchés en terme d’emploi semblent importants. La création de ce métier date de 2002. Il permet effectivement de prétendre à un « emploi en tension » selon l’expression utilisée par les professionnels, c’est-à-dire riche en perspectives. Les personnes que nous formons trouvent toutes très facilement un emploi.

Qu’est-ce qu’on apprend dans la formation d’auxiliaire de vie sociale que vous dispensez à l’ISSM ? Insistons d’emblée sur le fait que nous ne formons pas des femmes de ménage même si l’AVS est amenée à effectuer des tâches ménagères. L’AVS n’est pas un soignant non plus. Ce métier relève clairement du domaine du travail social. Notre formation dispense aussi bien un savoir technique -aide à la toilette, entretien du linge, du cadre de vie, aide à l’alimentation…- que des notions d’éthique et de déontologie ou encore des connaissances pour l’accompagnement à la vie sociale et relationnelle. Quelles sont les conditions d’admission à cette formation ? L’épreuve d’admission consiste en une épreuve écrite éliminatoire, autrement dit où il est nécessaire d’avoir la moyenne, et d’une épreuve orale. Il n’y a aucun niveau de base requis. La maîtrise élémentaire de l’écrit et de la compréhension d’un texte est suffisante. Et à qui est ouverte cette formation ? A tous. La moyenne d’âge de notre dernière promotion se situait autour de 37-38 ans avec des extrêmes allant de 18 à 53 ans. Les hommes par contre ne sont pas encore très nombreux -2 seulement dans notre dernière promotion- et pourtant les AVS masculins sont très demandés. Nous formons beaucoup de demandeurs d’emploi, des personnes qui souhaitent se reconvertir, des femmes, qui après avoir consacré de longues années à l’éducation de leurs enfants, souhaitent reprendre une activité. 17


proche de vous

Parents et enfants Mieux vivre ensemble Divorce, jalousie, difficultés à communiquer, pour que les conflits entre parents et enfants ne deviennent pas inextricables, chaque famille peut avoir besoin de l’accompagnement d’une éducatrice parentalité. Un service de proximité mis en place par le Conseil Général, chef de file de la protection de l’enfance. Katia Bitsch

Ce matin, Josiane Decaux, l’une des 12 éducateurs-parentalité du Haut-Rhin, arrive au bureau du Centre MédicoSocial de Riedisheim. Le temps de prendre quelques dossiers, elle repart sur les routes, puisque c’est auprès des familles que Josiane travaille. Aujourd’hui, elle se rend près de Mulhouse au domicile de Sandrine* 32 ans. « On intervient dans les familles, avec l'accord des parents, essentiellement à la demande des assistantes sociales du Conseil Général, de l'Education Nationale, de l'hôpital, lorsque l’on décèle une souffrance chez l’enfant. Pas forcément pour cause de mauvais traitement, parfois c’est un manque de communication ou des difficultés à trouver sa place pour des enfants dans une famille recomposée ». Chaque famille a son histoire, chaque approche est différente. Alors tout d’abord, il faut créer une relation de confiance. « Il est important que les parents comprennent que nous sommes là pour les aider et non pas pour les juger ».

Une relation de confiance

Et cette relation ne se construit pas en un jour. Pour que Sandrine* accepte l'intrusion d’une "étrangère" dans sa famille, Josiane a dû faire preuve de persévérance devant une porte parfois close. Pourtant aujourd’hui cette jeune maman de 5 enfants le reconnaît volontiers « Madame Decaux m’a beaucoup aidée, au début, je ne voulais pas reconnaître que j’avais un problème, je n’arrivais pas à exprimer mon amour envers mes enfants » explique Sandrine. Le plus âgé de la fratrie se sentait délaissé dans cette famille nombreuse. Un mal-être inavoué, une mère en détresse, le conflit familial aurait pu s’enliser sans l’aide de l’éducatrice. Josiane a très vite décelé la détresse psychologique de Sandrine, à bout de souffle, elle ne parvenait plus à assurer l’éducation de ses enfants. 18

Haut-Rhin magazine N°29 - Févier 2010

* Pour préserver l’anonymat des familles les prénoms ont été modifiés.

Un travail à long terme

Josiane a su tendre l’oreille « parfois il faut mettre le doigt là où ça fait mal sans pour autant jouer les psychologues ». Elle rend régulièrement visite à cette famille modeste. « Ensemble on établit un projet sur du long terme, on travaille sur des objectifs précis, parce que souvent les problèmes sont plus profonds qu’il n’y paraît » précise Josiane. Les conflits, le sentiment d’impuissance des parents, le mal-être des enfants, des situations que Josiane comprend bien.

L’éloignement plutôt que le foyer

C’est en se basant sur sa formation d'éducatrice spécialisée et son expérience qu’elle a pu aider Sandrine, une jeune maman aujourd’hui pleinement reconnaissante « Pour nous Madame Decaux est toujours de bon conseil et quand j’ai un problème je peux lui faire confiance » dit-elle. Si la situation


Illustration : Ourida Dif

l’oblige, l'éducatrice peut cependant proposer le placement de l’enfant. Avant d’en arriver là, il y a d’autres solutions, lorsque les conflits sont trop fréquents, l’éducatrice et le Conseil Général peuvent par exemple proposer la prise en charge en internat. Un moyen d’éloigner l’enfant temporairement en évitant la rupture familiale. « Lors d’une séparation difficile, les enfants subissent également la souffrance des parents, le placement en internat permet alors de les protéger des tensions » explique Josiane.

Regard extérieur

Après une heure d’entretien avec Sandrine, l’éducatrice poursuit ses visites. Elle se présente au domicile de Nathalie*. Cette fois, la maman qui a contacté l’éducatrice, Nathalie a constaté que son fils Erwan* 4 ans, est violent à l’école, il essaye de se faire remarquer pour avoir autant d’attention que sa sœur handicapée. Josiane passe

du temps avec l’enfant pour qu’il comprenne qu’il n’est pas oublié. Si Nathalie a eu le réflexe de s’adresser à l’éducatrice du Conseil Général, c’est parce que Josiane lui avait déjà apporté son aide il y a trois ans. C'était alors la perspicacité de l’éducatrice qui avais permis d'orienter la famille vers les médecins qui décelèrent les troubles neurologiques de Julie* 10 ans. « Souvent le nez dans les problèmes on n’a pas suffisamment de recul pour les comprendre » explique Josiane, « il faut parfois un regard extérieur pour désamorcer les conflits» Les crises de colère de sa fille, Nathalie les comprend mieux à présent. Elle a appris à tempérer son agacement et à ne pas répondre par des hurlements. Une vie de famille en harmonie, pour Josiane c’est une belle victoire.

En 2010, le Conseil Général consacre plus de 74 millions d'euros à l'aide sociale à l’enfance. Pour contacter un éducateur parentalité, vous pouvez joindre l’espace solidarité de votre territoire. www.cg68.fr

Pour les parents et les ados en difficulté

Portée par le Conseil Général et le centre hospitalier de Rouffach, la Maison des Adolescents vient d’ouvrir au 8-10 rue des Pins à Mulhouse (tél. 03 89 32 01 15). Ce nouveau lieu apporte soin et écoute personnalisés aux adolescents en souffrance, mais aussi aux parents et à leur entourage.

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proche de vous

Les patrouilleurs veillent Ces patrouilleurs n’ont rien de militaires. Ils sont agents du Conseil Général du Haut-Rhin. Fonctionnaires. Cependant, les « heures de bureau » ne leur disent pas grand chose. Pour notre sécurité, ils sont en route bien avant l’aube. Gérard Peter est l’un d’eux.

6 h 10, il est temps de faxer l’état des routes à la Cellule Opérationnelle de Coordination Routière du Conseil Général.

Marie-Odile Kreidl-Haegy

Il est 8 h. Gérard Peter salue ses collègues qui arrivent. Lui, a démarré sa journée à 4 h 30. Il est responsable d’intervention au centre routier de Rixheim. En alternance avec deux de ses collègues, il assure l’astreinte hivernale. Et cette semaine, c’est son tour : ses journées démarrent dans la nuit. A midi, son binôme prend la relève. A 17h, Gérard reprend le flambeau, assurant l’astreinte jusqu’au lendemain matin. Ce week-end ce sera du 24 h/24 h.

4h30 : patrouille hivernale

La mission de patrouille du Conseil Général du Haut-Rhin a récemment été certifiée ISO 9001 pour la régularité de la surveillance du réseau routier, la rapidité des interventions, et la bonne transmission des informations

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De mi-novembre à mi-mars, la météo consultée en fin d’après-midi conditionne sa journée du lendemain. En dessous de 5°, Gérard est bon pour la patrouille. Sa mission : vérifier dès 4h30 (et parfois plus tôt !) les conditions de circulation sur les routes de son secteur. Thermomètre-laser à la main, il relève la température du sol en six ou sept points stratégiques : pont de Nieffer, RD39 dans la Forêt de la Hardt, échangeur au niveau de l’usine Peugeot… En cas de neige ou de verglas, c’est l’alerte: le déneigeur d’astreinte est tiré de son sommeil pour intervenir au plus vite. Lorsque l’alerte est généralisée, ce sont autant d’engins que de circuits qui se mettent en branle dans la nuit. « On préfère ça à une situation limite : route sèche à 5h mais températures et Haut-Rhin magazine N°29 - Févier 2010

humidité que le lever du jour peut faire basculer en verglas. On appelle, on n’appelle pas ? Malgré la préscision des prévisions de Météo France, l'incertitude demeure toujours. La sécurité des usagers se joue là ! »

6h et quelques : communication de l’état de la route aux médias

Etat de la chaussée, température, état du ciel, précipitations… De retour au centre routier, après une bonne heure et demie de patrouille, Gérard communique toutes les données recensées à ses collègues de la Cellule Opérationnelle de Coordination Routière (COCR), basée à Colmar. A 6 h 30, elles seront transmises aux médias. Ce sont elles que vous retrouverez dans les flashs d’information sur les conditions de circulation dans le département. Les plus matinaux d’entre nous sont en route. Qui, sans le savoir, aura évité l’accident dans ce virage verglacé à 4 h 45, salé à 5 h 15 ? On ne le saura jamais, et c’est tant mieux.

8h : changement de casquette

Parfois, la météo est clémente. « On en profite pour faire de l’administratif au bureau avant l’arrivée des collègues.» A 8 h, c’est une journée classique de responsable d’équipe qui commence. Le centre routier s’anime. Gérard


En cas d’accident, le fourgon est appelé en urgence pour sécuriser la circulation.

Patrouille sur 2 x 2 voies et autres routes départementales

Une patrouille que l’on pourrait appeler « d’entretien » ou « de contrôle » est effectuée en journée sur les routes départementales, et ce tout au long de l’année. Il s’agit d’inspecter au minimum une fois par semaine chacune des routes de chaque centre routier. Les interventions rapides sont effectuées immédiatement (colmatage de nid de poule, petite réparation sur panneau de signalisation…). Les autres sont signalées au responsable d’intervention et aussitôt programmées. Les routes départementales en 2 x 2 voies bénéficient d’un régime particulier. Elles sont sillonnées toute la journée six jours sur sept. Chaque centre routier assure à tour de rôle une semaine de patrouillage sur les 2 x 2 voies du département. Le soir, il n’est pas rare que le fourgon soit rempli d’objets aussi insolites que dangereux (plaques de polystyrène, tapis ou même cuisinière !)

raconte ses péripéties de la soirée: deux accidents provoqués par des vaches en divagation sur la route, mise en place de la signalisation d’urgence, patrouille à la recherche des animaux incriminés, situation rétablie à 23 h. Autour d’un café, il répartit les tâches du jour: un panneau à redresser juste avant Baldersheim, la signalisation d’un prochain chantier à mettre en place sur la RD155 à Kingersheim, la patrouille de secteur à terminer… Une nouvelle journée commence.

Besoin de connaître

les conditions de

circulation ? � Appelez le

03 89 24 23 33 � Les infos de ce répondeur sont mises à jour régulièrement

Chaque intervention réalisée ou signalée par la patrouille de secteur est répertoriée sur une main courante.

Responsable du centre routier de Huningue, Fabien Blangenwitsch patrouille depuis de longues années. « On finit par connaître le circuit par cœur. On sait où sont les dangers, ce fameux kilomètre qui peut être enneigé alors que la route est au noir partout ailleurs ! »

5 Unités Routières et 15 Centres Routiers

Pour la gestion et l’entretien de ses routes départementales, le Conseil Général a partagé son territoire en cinq Unités Routières. Chacune comprend deux à cinq Centres Routiers dont les équipes assurent au quotidien la sécurité des usagers de la route.

Un obstacle

sur la route ? � Appelez le 03 89 20 10 25

L’info sera transmise aux patrouilleurs. 21


initiatives

Le goût des livres

Plaisir de lire, de découvrir, de rencontrer, de s’évader par les temps qui courent… Le livre, plaisir commun à toutes les générations, a encore de longues heures devant lui.

Les gens ne lisent plus, le livre va disparaître… Que nenni ! Bien loin d’être désertées, les bibliothèques, baromètres significatifs, maintiennent un niveau de fréquentation assez élevé et voient même leurs prêts augmenter, ces dernières années. C’est le cas de la bibliothèque de Herrlisheim près de Colmar, avec 285 adhérents et près de 7 700 ouvrages empruntés à l’année. « Nous touchons aussi bien les adultes que les jeunes ; la fréquentation masculine est même en légère hausse, précise Jacqueline Kopacz, responsable de la bibliothèque. Je pense que le livre aura toujours sa place dans notre société, malgré tous les progrès. Nous avons même souvent des jeunes qui viennent se procurer des livres sur un sujet bien spécifique après avoir effectué des recherches sur internet qui ne les satisfaisaient pas complètement. »

Professionnalisme et proximité

Si le nombre d’adhérents se maintient et si les bibliothèques ont toujours la cote, ce n’est sûrement pas le fruit du hasard. C’est aussi et surtout parce qu’elles ont su s’adapter et évoluer avec leur temps. Elles se sont informatisées, le personnel s’est professionnalisé. En 2009, la Médiathèque Départementale a accueilli pas moins de 260 sta22

Haut-Rhin magazine N°29 - Févier 2010

giaires pour les former à l’animation, l’informatisation et au développement de l’action culturelle des bibliothèques. Soutenues par le Conseil Général, elles acquièrent régulièrement et rapidement des nouveautés et proposent, pour la plupart, des animations et rencontres avec des auteurs. « Notre motivation est de rendre service à la population du village, et nous cherchons constamment à faire évoluer notre bibliothèque, souligne Jacqueline Kopacz. Nous venons d’ailleurs de mettre en place, à titre expérimental, un nouveau créneau horaire d’ouverture pour répondre aux attentes. Et nous assurons, depuis peu, le transport des personnes âgées à mobilité réduite jusqu’à nos locaux. » Depuis plus d’un an, une quarantaine de bibliothèques du Haut-Rhin se sont regroupées, sous l’impulsion de la Médiathèque Départementale dans le cadre de son plan de développement de la lecture publique pour créer Calice68, un véritable catalogue en ligne. Les communes ne disposant pas de bibliothèques ne sont pas en reste, puisqu'elles sont régulièrement desservies par l'un des cinq médiabus de la Médiathèque Départementale. Pour en savoir plus : www.mediatheque.cg68.fr


La culture en partage

avec Calice68 sur le net �

Créé à l’initiative de la Médiathèque Départementale, le site portail Calice68 permet d’accéder au catalogue d’une quarantaine de bibliothèques haut-rhinoises. Le site offre des descriptions de livres, disques ou vidéos et la possibilité de les réserver en ligne. Les internautes peuvent également proposer des commentaires et donner leur avis. Animations, coups de cœur, informations pratiques sur la vie des bibliothèques, calice68 ne cesse de gagner en convivialité : www.calice68.fr

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initiatives

Le tableau blanc interactif, un outil révolutionnaire dans les collèges Bien loin de l’application traditionnelle du tableau noir, le tableau blanc interactif, communément appelé le TBI, révolutionne le monde de l’enseignement. Moderne et multifonctionnel, cet outil pédagogique utilisé dans les collèges haut-rhinois depuis quelques années pour l’enseignement de certaines matières fait l’unanimité. Bérengère Béhotas

15 TBI ont été installés au collège de Buhl

Dominique Schwartz Professeur au collège de Buhl

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Plus de craie, ni de poussière avec ce nouvel outil… Le TBI, associé à un ordinateur et un projecteur, est avant tout un écran de projection : l’écran de l’ordinateur étant projeté sur le TBI. Cet usage basique permet de visualiser les cours préalablement préparés par les professeurs ou des pages internet. Grâce à l’utilisation « paperboard » de son logiciel, le TBI devient un « tableau blanc à feuilles », sur lequel vont se mêler les documents informatiques importés et l’écriture manuscrite avec un stylet : on peut écrire, dessiner, construire des figures, les déplacer ou encore utiliser des vidéos et importer Haut-Rhin magazine N°29 - Févier 2010

des images. Ces pages sont ensuite enregistrées et peuvent être reprises, modifiées ou complétées ultérieurement. Pour Dominique Schwartz, professeur au nouveau collège de Buhl, « le TBI est un outil incontournable qui génère une plus grande implication des élèves en cours, ces derniers sont volontaires pour passer au tableau. Et puis, le support du cours est toujours clair, net et lisible ». Si aujourd’hui, tableaux noirs et blancs cohabitent dans la plupart des classes, il est fort à parier que d’ici quelques années, les tableaux noirs ne soient présents que dans nos mémoires.


Les collégiens

dans la bonne foulée

L’UNSS, chargée de développer et d’organiser la pratique sportive au sein des établissements publics du second degré, compte plus de 9300 collégiens licenciés. Parmi les disciplines les plus courues, les sports co (depuis la coupe du monde, le rugby connaît un certain essor), la danse ou encore les sports de glisse. L’UNSS est soutenue par le Conseil Général à hauteur de 58 212 euros pour 2010.

Des outils de “ pointe pour un apprentissage de qualité

Dominique Dirrig,

Président de la commission Education, Jeunesse, Collèges, Langue et culture régionales

Deux collèges haut-rhinois expérimentent le « manuel numérique »

Depuis le début de l’année scolaire, les classes de 6e des collèges Lucien Herr d’Altkirch et Georges Forlen de Saint-Louis expérimentent le «manuel numérique». Préconisée par le Rectorat de l’Académie de Strasbourg, cette opération vise à permettre aux élèves de disposer de leurs manuels sous forme numérique au collège et de conserver la version papier au domicile. Pour ce faire, des tableaux blancs interactifs (TBI) ont été installés dans les classes et des ordinateurs portables et transportables de salle en salle sur un chariot de rangement sécurisé et munis d’un routeur Wifi ont été mis à disposition. Subvention exceptionnelle du Conseil Général : 55 400 euros

La mise en place de nouvelles technologies au sein des collèges, une priorité pour le Conseil Général ? C’est important que le Conseil Général soit à l’affût des dernières technologies et des nouveaux outils pédagogiques. L’objectif étant de réunir les conditions optimales à un meilleur apprentissage nécessaire à la réussite éducative, à l’épanouissement des enfants, mais aussi de s’adapter à notre société moderne et aux exigences du marché de l’emploi. Car il ne faut pas oublier que les collégiens d’aujourd’hui sont les travailleurs de demain. Cette prise en compte passe par l’équipement informatique, l’accès à internet, et bien sûr l’équipement en Tableaux Blancs Interactifs qui fait aujourd’hui ses preuves. Je tiens également à préciser que notre Département a été parmi les premiers à mettre en place « l’Espace numérique de travail », véritable plateforme d’échanges et de communication permettant entre autres l’accès à distance, aux notes, aux absences et à l’emploi du temps. 25


initiatives

TGV Rhin-Rhône, un train à ne pas manquer Dans un peu moins de deux ans, le TGV Rhin-Rhône entrera en gare de Mulhouse. 45 minutes pour se rendre à Dijon, 2h30 pour Lyon, 2h40 pour Paris ou encore 4h10 pour Marseille : les distances n’auront plus jamais la même valeur. Mais s’il est un formidable moyen « d’aller vers », le TGV est également une formidable opportunité de « faire venir », à condition de bien s’y préparer. Marie-Odile Kreidl-Haegy

* Source : Observatoire Régional du Tourisme

1,5 millions : c'est le nombre de visiteurs supplémentaires chaque année en Alsace depuis l'arrivée du TGV Est*. En décembre dernier, les flots de touristes déversés par chaque rame du TGV Est ont impressionné même les Strasbourgeois les plus blasés. L’esprit de Noël, cher à notre région, a bénéficié en plein de ce que l’on appelle l’effet TGV. Mais attention ! Celui-ci n’est pas automa-

Europe, Etat, régions, départements et communautés d’agglomération concernés sont partenaires de la ligne à grande vitesse Rhin-Rhône. Le Conseil Général du Haut-Rhin y consacre 53,1 millions d’euros. Le Département du Bas-Rhin et la communauté d’agglomération de Strasbourg sont également partenaires du projet TGV Rhin-Rhône au même titre que le Département du Haut-Rhin l’a été pour le TGV Est. 26

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tique : on ne prend pas le train parce que le trajet est plus court, on le prend pour atteindre une destination qui revêt un intérêt. Il peut être économique, touristique, culturel, l’important est de lui donner suffisamment de visibilité pour susciter tout au bout et tout au long de la ligne à grande vitesse, l’envie de venir.

Faire rester

Mais « venir » n’est pas tout. L’effet TGV a aussi son revers de médaille, en l’occurrence, la possibilité d’effectuer l’aller-retour dans la même journée. La nuit d’hôtel n’est plus une obligation. Comment faire en sorte qu’elle devienne un choix ? Comment donner envie de rester un jour ou quelques


En décembre 2011 le TGV Rhin-Rhône entrera bien en gare de Mulhouse. Cependant, c’est à Petit-Croix, près de Belfort, que s’arrêtera la ligne à grande vitesse. Pour terminer sa course, le TGV devra alors emprunter la ligne classique à vitesse normale. Une deuxième phase de travaux permettra de prolonger la ligne à grande vitesse jusqu’à Lutterbach, tout près de Mulhouse. Le Conseil Général du Haut-Rhin se mobilise fortement afin que ce projet voit le jour.

Train et avion

interconnectés �

jours de plus ? Un raisonnement qui s’applique également à la sphère économique. Faire venir, faire rester, faire s’implanter des entreprises, générer de l’emploi, des richesses… On l’aura compris, l’effet TGV, ça se travaille !

Un club très ouvert

C’est la tâche à laquelle se sont attelés les membres du club TGV RhinRhône. Ils sont plus de 600 répartis au sein de quatre cercles territoriaux : Dijon, Besançon, Belfort-Montbeliard et Mulhouse Sud-Alsace. Ce dernier, lancé officiellement en décembre 2009, rassemble 200 acteurs socioéconomiques du sud de l’Alsace. Leurs horizons sont multiples. Chefs d’entreprises, directeurs d’office de tourisme,

hôteliers, représentants des collectivités, chambres consulaires et associations du département, ils œuvrent avec le même objectif : favoriser les synergies, éviter les doublons, valoriser les initiatives de chacun, partager les bonnes pratiques. En quelques mots, définir ensemble ce qu’il y a lieu de faire pour réussir l’arrivée du TGV RhinRhône La ligne à grande vitesse (LGV) qui reliera, à terme, Dijon à Mulhouse (plus précisément Genlis à Lutterbach) est, en France, la première LGV de province à province. Elle constitue également la branche Est du projet TGV RhinRhône. Autrement dit, le maillon entre la grande vitesse de l’Ouest de l’Eu-

La voie ferrée qui relie Paris et Bâle passe à 700 mètres de l’EuroAirport. De là à la raccorder à l’aéroport, il n’y a qu’un pas ou presque… mais un pas d’envergure : ce chantier devra en effet traverser l’autoroute qui se trouve entre les deux. A terme, l’attractivité de l’aéroport s’en trouvera considérablement renforcée. Sa clientèle historique (essentiellement haut-rhinoise, badoise et bâloise), affranchie de la saturation de l’autoroute, pourra compter sur des temps de parcours fiables. Une clientèle élargie, issue de la grande métropole Rhin-Rhône (de Nancy à Dijon et d’Offenburg à Berne) bénéficiera quant à elle, grâce à l’interconnexion fer/air (y compris TGV), d’une nouvelle porte sur l’Europe et le monde. Ceci sans compter l’intérêt que représente ce raccordement pour la plateforme aéroportuaire et les plus de 6 000 salariés des 130 entreprises qui y sont implantées. Ce projet est vivement soutenu dans le Haut-Rhin par le Conseil Général.

rope et la grande vitesse de l’Est. L’Allemagne (Fribourg, Karlsruhe, Stuttgart, Francfort…) et la Suisse -également partenaire financier du projet- l’attendent avec impatience sur leurs réseaux. Autant de destinations qui feront de Mulhouse un noeud essentiel de l’Europe à grande vitesse. 27


initiatives

Quand écologie rime avec économie Le temps est révolu où la prise en compte du développement durable ne constituait qu’une charge supplémentaire imposée aux entreprises. Aujourd’hui ce sont ces dernières qui font délibérément le choix de l’écologie, porteur d’innovation, de développement économique, de performance et, osons le mot, de profits. Sarah Diby

Une technologie innovante

d’investir

“ J’aienchoisi respectant

l’environnement “

Eric André

La « Coopérative des boulangers et pâtissiers de Colmar et environs », entreprise basée à Colmar depuis 1965, vient de se doter d’installations frigorifiques de dernière génération et a choisi la carte du développement durable. Les derniers investissements de la société, évalués à 1,5 millions d’euros, ont permis de réaliser un espace de démonstration et d’animation dédié aux conférences et formations mais surtout d’augmenter significativement la capacité de stockage de gros volumes. Dans ce cadre, la société s’est dotée de deux outils de stockage froid : une chambre négative à - 23° pour 250 palettes et une chambre positive à - 4° pour 220 palettes. Comme l’indique Eric André, directeur de la coopérative « Les simulations ont rapidement montré l’intérêt de s’orienter vers une solution « écolo », par conviction citoyenne mais aussi par logique économique ». 28

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Ces installations, acquises dans le cadre d’un partenariat entre la coopérative et la société AXIMA Réfrigérateur, utilisent le CO2 comme fluide frigoporteur, ce qui permet de diminuer la consommation énergétique des chambres froides de 20 %. Le CO2, lorsqu’il est rejeté est synonyme de pollution. Dans ce cas, il est employé afin de respecter l’environnement. Ce gaz est non toxique et non inflammable ; il est par ailleurs d’un impact carbone presque inexistant en cas de fuite contrairement au HFC (fréon) habituellement utilisé qui rejette 3,6 tonnes de CO2 par kilogramme de fluide, soit pour une installation telle que la coopérative, l’équivalent de 4 500 000 km parcourus en voiture. Loin de constituer un frein à l’essor de l’entreprise, le surinvestissement lié aux mesures écologiques est au contraire rentable puisqu’il s’amortit en 4 à 5 ans. Une belle initiative qui sert d’exemple dans le département.

15 000 références �

L’objectif de cette société est de proposer un maximum d’offres et de produits à ses sociétaires. En cumulant les volumes d’achats, il est ainsi possible d’offrir des tarifs préférentiels. La coopérative connaît un développement économique remarquable. En dix ans, le chiffre d’affaires a quasiment doublé, passant de 2,3 millions d’euros en 2000 à 4,5 millions d’euros en 2009; son effectif vient d’ailleurs de passer de 11 à 14 employés. La structure compte aujourd’hui 250 sociétaires, boulangers, pâtissiers, traiteurs, industriels, restauration rapide... et 15 000 références dont 8 000 en stock permanent. Ces produits divers et variés, s’échelonnent entre des matières premières comme le chocolat, la farine, la levure, et les produits frais et surgelés, sans oublier le petit matériel, les emballages ou la décoration.


Bien vivre ensemble

Issenheim, un Quartier Innovant en symbiose avec le centre-ville

Vue partielle du secteur C (zone visĂŠe par le projet QI)


Bien vivre ensemble Deux ans après l’appel à projets « Quartiers innovants » lancé par le Conseil Général et visant à imaginer de nouvelles formes urbaines, Issenheim, l’une des cinq communes en lice, est la première à avoir sélectionné son projet de quartier « nouvelle formule ». Présentation d'une démarche qui participe directement à la préservation de l'environnement. Bérengère Béhotas

Issenheim veut transformer son tissu urbain. Elle est le « candidat idéal » de la démarche QI lancée par le Conseil Général. Le projet d’urbanisation de la future ZAC concerne cinq secteurs distincts de la commune et s’étend sur plus d’une quarantaine d’hectares. Les travaux se feront par phases, en commençant par l’éco quartier du secteur C (voir carte).

Les points forts du projet :

l recréer des liens avec le patrimoine naturel : reconquérir les abords de la Lauch, établir un espace de prairie humide ou encore créer des vergers dans les espaces publics. l créer de véritables « pôles » (pôle d’équipement, pôle commercial…) en lieu et place des secteurs

l inciter la complémentarité entre automobile et circulations douces, avec un cœur de quartier totalement piétonnier et la mise en place d’une trame de liaisons Nord-Sud l construire des logements répartis équitablement entre l’accession à la propriété et le locatif social, et imaginer des logements adaptés aux personnes âgées à proximité des services de santé l créer un véritable lieu de convivialité à l’échelle de la ville, avec la création d’une « place » pouvant accueillir diverses manifestations l s’adapter au dynamisme démographique de la commune en créant des établissements scolaires mais aussi une salle polyvalente

Plan du Nouvel écoquartier (secteur C) Equipe lauérate : HL Architectes Urbanistes EGIS Aménagement : Solares Bauen 30

Haut-Rhin magazine N°29 - Févier 2010

l répondre aux exigences de développement durable et aux problématiques énergétiques : construction de bâtiments de basse consommation, mise en place de panneaux photovoltaïques ou de chauffe-eau solaire.


Nous sommes “ allés chercher plus loin que le quartier

Baptiste Hernandez

gérant del'agence HL Architectes Urbanistes, cabinet lauréat du projet

Infographie : HL Architecture

Le projet repose sur une organisation et une cohérence globale, à l’échelle de la commune. Nous sommes allés chercher plus loin que le quartier, en nous appuyant sur les qualités d’Issenheim. Notre objectif est de créer un lien urbain durable, un quartier fédérateur en matière d’espaces publics, de mixité sociale et de qualité environnementale, véritable levier de la cohérence communale. Cette réflexion à grande échelle est une dimension souvent oubliée dans l’architecture « verte », où l’on a trop souvent tendance à penser que l’environnement suffit à faire de bons projets. A Issenheim, au contraire, nous avons constaté que ces questions sont débattues depuis plusieurs années et aujourd’hui l’adhésion des habitants et la volonté de la municipalité font également la réussite du projet ». www.hlarchitectes.com

Les quartiers de demain en 3 étapes � 1 L’appel à projets : Il y a deux ans, le Conseil Général appelait communes et communautés de communes hautrhinoises à imaginer de nouveaux quartiers axés sur le respect de l’environnement et des habitants. Parmi les critères à respecter : développer de nouvelles formes d’habitat moins consommatrices d’espace et d’énergie, encourager la mixité sociale et intergénérationnelle, respec-

ter l’environnement et les principes de développement durable. Cinq communes ont été retenues : Issenheim, Staffelfelden, le Bonhomme, Ungersheim et Wattwiller. 2 Les concours d’idées : Les communes retenues organisent un concours d’idées, financé à hauteur de 80 % par le Conseil Général, et où architectes, urbanistes et

aménageurs proposent l’organisation d’un nouveau quartier. Tous les projets devraient voir le jour d’ici la fin du premier semestre 2010 (Staffelfelden (janvier), le Bonhomme et Wattwiller (mars) enfin Ungersheim (courant juin). 3 La réalisation : Chacun des projets bénéficiera d’un accompagnement lors de sa réalisation. 31


Bien vivre ensemble

Parler allemand pour être

plus performant �

Face à la crise que nous traversons, le Conseil Général a engagé, dans le cadre des Assises Départementales de l’Economie pour l’Emploi, une nouvelle réflexion sur l’avenir du potentiel économique haut-rhinois dans son contexte transfrontalier. Au cœur des priorités : le bilinguisme.

Sarah Diby

On constate aujourd’hui un appauvrissement linguistique qui constitue un réel préjudice au rayonnement culturel et économique de l’Alsace. Ainsi, le Conseil Général poursuit son effort en faveur de l'enseignement bilingue, français-allemand, et la familiarisation avec les dialectes alsaciens. Les compétences dialectales de la population active s’appauvrissent à l’occasion du renouvellement des générations. Cette compétence linguistique dialectale et la maîtrise de l’allemand par beaucoup, constituaient pendant plusieurs décennies un atout considérable pour l’économie et le prestige institutionnel de notre région. A présent, la donne a changé : on constate en effet une baisse des implantations des entreprises étrangères, une régression des aptitudes à l’exportation vers les pays germanophones, un déclin de la clientèle touristique germanophone, et la perte d’accès aux dizaines de milliers d’emplois nécessitant la maîtrise de l’allemand.

Le bilinguisme au secours de l’économie et du rayonnement du Rhin Supérieur

Cet appauvrissement culturel est un danger d’une part pour le développement économique de notre département et d’autre part, pour la population à la recherche d’un emploi, particulièrement dans les secteurs commercial et productif. L’Alsace doit absolument renouer avec sa tradition culturelle, pour assurer le développement de l’emploi et renforcer les relations transfrontalières. C’est dans ce contexte que le Conseil Général du Haut-Rhin poursuit son action en vue de renforcer le potentiel linguistique de notre région. En Alsace, près de 20 000 élèves sont scolarisés dans plus de 800 classes ou sections bilingues publiques, associatives ou privées de la maternelle à la terminale, dont la moitié dans le Haut-Rhin. 32

Haut-Rhin magazine N°29 - Févier 2010

Promouvoir “ la culture régionale “

Alphonse Hartmann,

Vice-Président Président de la commission Economie, Tourisme, Université et Recherche

Pourquoi le Conseil Général s’emploie tant à promouvoir le bilinguisme voire le trilinguisme ? Les échanges économiques ont toujours été favorisés à travers la connaissance d'une langue commune. Il faut faire un parallèle entre la baisse de la pratique du dialecte et la baisse de l’emploi frontalier pour tous les métiers et secteurs d’activité. Notre population se doit de retrouver cette pratique naturelle de la langue du voisin. Il est évident que cela participe directement de la compétitivité de nos jeunes qui entrent sur le marché du travail et des atouts des candidats à un emploi frontalier. C’est de la compétitivité du territoire et de la main d'œuvre dont il est question. Ainsi, la promotion de la culture régionale est une véritable passerelle vers l’apprentissage de l’allemand. Il ne s’agit pas d’opposer l’allemand à l’anglais mais bien de promouvoir les deux langues.


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Bien vivre ensemble

Pour la sécurité des Haut-Rhinois

Soucieux d’assurer la sécurité de ses concitoyens, le Conseil Général du HautRhin poursuit, dans le cadre de la territorialisation des services et du confortement des territoires de vie, ses engagements quant à la construction ou reconstruction des gendarmeries.

Sarah Diby

Fabrice Holsenburger

Considérant que la sécurité des personnes et des biens doit être assurée le mieux possible sur l’ensemble du territoire, le Conseil Général a préféré prendre les devants et réaliser lui-même la maîtrise d’ouvrage de la construction des gendarmeries de Rouffach et de Dannemarie et en porter seul le financement. Grâce à cette Aux côtés des gendarmes, intervention, les gendarmes de Dannemale Département s’engage rie ont pu quitter leur ancienne caserne en nopour votre sécurité vembre pour s’installer dans une brigade flambant neuve, rue du Stade. Avec des locaux de plus de 200 m2, les gendarmes ont droit à un outil de travail à la pointe pour améliorer la qualité du service rendu au quotidien. Pour le Commandant de la brigade de Dannemarie-Illfurth, Fabrice Holsenburger, la

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Haut-Rhin magazine N°29 - Févier 2010

qualité des locaux renforce l'efficacité. Pour lui, le verdict est sans appel « travailler dans des locaux fonctionnels et opérationnels, c’est que du bonheur ! ». Preuve de la réussite du projet, les locaux ne désemplissent pas, non en raison d’une délinquance croissante, mais parce que les gendarmes retraités ou ceux d’autres brigades viennent apprécier les nouvelles installations. Un motif de satisfaction pour le Conseil Général qui, en contribuant à l’amélioration des conditions de travail de celles et ceux chargés de veiller à notre sécurité, intervient au plus proche des populations et des territoires. La mobilisation continue en 2010 puisque le Département du HautRhin s’engage à hauteur de 3,48 millions d’euros, dans la construction et la modernisation de la gendarmerie de Wittelsheim et du bâtiment du Peloton de Gendarmerie de Montagne (PMG) de Munster.


territoires

Wladyslaw SOJKA "Panorama Basel" - Wikipédia.http://creativecommons.org/licences/by-sa/3.0/legalcode

A la courbe du fleuve, Bâle � On a dit de Bâle que c’était la première ville du HautRhin. Une façon de signifier l’importance de la cité pour notre département. Bâle en fait n’est ni haut-rhinoise, ni la plus alsacienne des villes suisses. C’est la première et la plus authentique ville rhénane, une très grande européenne surtout dont la « classe » et le rayonnement sont sans commune mesure avec le chiffre relativement modeste de sa population.

enclave, le Jura constituant une barrière topographique, jamais véritablement infranchissable, mais forte et réelle sur le plan symbolique. Cette réalité n’a jamais constitué un handicap, car Bâle, très tôt s’est ouverte à ses voisins, l’Alsace et le Pays de Bade. Sa situation parfaite sur l’axe rhénan qui, par les grands cols alpins, relie l’Italie et donc le bassin méditerranéen, à l’Europe du nord, a assuré son prestige et sa prospérité. Le poids de la ville de Bâle et de son agglomération trinationale est aujourd’hui tel que le Haut-Rhin ne peut plus envisager son avenir sans elle.

Le port de Bâle, unique accès de la Suisse à la mer pour le transport de marchandises.

Fille du Rhin

Pascal Herrscher

Un site incomparable

Bâle, c’est le génie du lieu. A la courbe du fleuve, là où le jeune Rhin encore fougueux s’assagit et où, dans un ample et harmonieux virage, il réoriente son cours pour s’engager vers le nord, dans le fossé tectonique qui dorénavant portera son nom. Mais Bâle, c’est aussi le lieu de confluence de plusieurs vallées, la croisée de tous les chemins. Longtemps, la ville a été une

Nombre de fleuves le dépassent en longueur, en puissance, mais nul autre selon les mots de Jean Dollfuss « n’a pris dans l’histoire et le développement de 35


territoires

La statue de Lucius Munatius Plancus, fondateur de Bâle

la civilisation, dans les créations et les soucis des hommes, une part aussi directe, aussi diverse, aussi étendue, aussi notoire que le Rhin ». Des dix fleuves qui drainent les eaux des Alpes et dont presque tous ont un cours continental ou alors débouchent sur des mers peu fréquentées, seul le Rhin est un fleuve atlantique, ouvert sur la mer la plus sillonnée de navires du monde. Selon l’expression Pascalienne, tout cours d’eau est un « chemin qui marche». Mais il faut, précisera plus tard Victor Hugo, le génie de l’homme pour en faire une rue. Ce n’est pas la rue mais le boulevard du capitalisme occidental que l’homme a fait du Rhin. A proximité de ces rives se concentre la plus forte densité industrielle de la terre. Réduire le rôle de ce fleuve d’élite à sa seule fonction commerciale serait une grossière erreur toutefois. Car les cours d’eau, tout autant que des marchandises charrient des idées. Et de tous temps, les bateaux qui suivaient ou remontaient le courant du Rhin, portaient avec leurs richesses matérielles « la foi, l’espérance, la charité, la contestation et l’hérésie ».

Le premier pont

St-Alban Tor

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Le site de Bâle n’a jamais laissé les hommes indifférents. Il y a plus de 2000 ans déjà, les Celtes occupaient ce territoire. Mais c'est l’arrivée des Romains qui va bouleverser cette petite agglomération de pêcheurs. Ce n’est qu’au IVe siècle à vrai dire que Bâle commence à prendre de l’importance, après la destruction par les Alamans d’Augusta Raucher, situé à une dizaine de kilomètres et qui avait constitué le premier site d’implantation d’une colonie romaine en 44 avant JC. Haut-Rhin magazine N°29 - Févier 2010

Enjambons les siècles pour rapidement gagner le début du XIIIe siècle. C’est vers 1225 en effet que Bâle lance sur le Rhin le premier pont fixe, acte fondateur de la vocation européenne de la cité. L’initiative est due à Heinrich von Thun, prince évêque éclairé de Bâle qui n’hésite pas à engager le trésor de l’église pour assurer son financement. Dans un premier temps, la vocation du pont est de joindre le petit Bâle, sur la rive droite du fleuve, et le grand Bâle situé en rive gauche. Mais rapidement son importance va croître car il s’agit ni plus ni moins du seul pont permettant de traverser le fleuve à pied sec entre Constance et la mer !

L’âge d’or

Excepté l’assaut hongrois de 916 qui ravage la ville, Bâle a échappé à toutes les vicissitudes de l’histoire. Des siècles de guerres sanglantes se sont déroulés à ses portes sans jamais lui nuire Dans la cathédrale de durablement. Bâle, la pierre tombale Elle n’a pas pour d’Erasme, modèle de autant échappé l’intellectuel Européen, tolérant, probe, modéré. à toutes les catastrophes. En 1348, une épidémie de peste emporte plus de la moitié de ses habitants et 8 années plus tard un tremblement de terre détruit la quasi-totalité de la cité. Mais à chaque fois Bâle se relève avec une étonnante énergie. C’est que cette ville possède un esprit d’entreprise unique. A un point tel que Théodore de Bèze pouvait écrire en 1581 «… en peu d’années, il eut un aussi grand nombre de savants hommes en cette seule ville là qu’en l’un des plus grands royaumes du monde ». Bâle a été à l’avant-garde de la réforme et de l’humanisme. Constamment, la cité a été un asile ouvert aux hommes, aux pensées et aux biens, accueillant les intellectuels, réformateurs, scientifiques les plus divers : Erasme, Vésale, Paracelse, Calvin… Une formidable puissance de vie et de travail qui va féconder les siècles à venir.


Le musée suisse du papier

Le geste et la parole

Le 24 juin 1840, Bâle était en liesse. Elle fêtait Cuve à pâte le 400e anniverà papier saire de l’imprimerie comme un événement d’importance mondiale. Cet « art divin » n’était certes pas né à Bâle, mais les officines d’imprimeurs éditeurs y étaient nombreuses. Jamais sans eux la pensée humaniste ne se serait développée. L’esprit et la main doivent toujours aller de pair. C’est une grande leçon que Bâle n’oubliera jamais. Innombrables sont les ouvrages d’importance publiés dans la cité. Nous n’en retiendrons qu’un, parce qu’il est l’un des plus remarquables et de surcroît l’œuvre d’un Alsacien, Sébastien Brant. « La nef des fous », «Das Narrenschiff », paraît à Bâle en 1494, et deviendra le premier best seller, le livre le plus diffusé après la Bible. L’ouvrage est d’un pessimisme radical et propose la vision d’un bateau ivre, porteur d’une humanité démente et voyageant vers la catastrophe. Pour Brant toutefois tout n’est pas perdu car « qui se croit sage, manifeste la gravité de son cas. Mais à qui s’accepte fou, le chemin de la guérison est possible ».

La danse macabre

C’est un vaste chapitre que celui de la mort à Bâle. Mourait-on davantage dans cette ville qu’ailleurs ? Certainement pas. Bâle pourtant, de manière plus intense et plus insistante qu’aucune autre ville, a toujours exprimé la fragilité, l’extrême vulnérabilité de la condition humaine. Innombrables sont les prédicateurs, écrivains et peintres, à nous avoir mis en garde contre l’ennemi armé de sa faux.

Mario Botta, Frank Gehry, Renzo Piano, Zaha Hadid… les plus grandes stars de l’architecture internationale ont travaillé à Bâle. Ici, le musée Tinguely.

Jean Tinguely a donné à Bâle une danse macabre extrêmement forte et dérangeante. Le 26 août 1986, un terrible incendie ravage une ferme située près de la maison de l’artiste. « Cette vision était si terrible qu’elle m’évoquait les camps nazis. Ce phénomène de carbonisation m’inspirait l’horreur, la chair des veaux aurait tout aussi bien pu être de la chair humaine. Toute la monstruosité des fours crématoires resurgissait de ces décombres». Au cœur des décombres, l’artiste découvre les vestiges d’une moissonneuse. La marque de la machine est encore lisible : Mengele !

Un peu de folie dans un monde de raison

Le Fassnacht, c’est la signature de Bâle. Une étonnante survivance en terre protestante. Trois jours durant, Bâle la sérieuse, la rigoriste, l’austère, se lâche. Tout le monde participe à la fête. Les costumes qui empruntent autant aux armées napoléoniennes qu’au carnaval de Venise rivalisent d’imagination. C’est « une fête compensatrice, libératrice, contestataire et unifiante, qui brise pour quelques jours le cloisonnement des êtres, des classes et des milieux ». Le Fassnacht trouve à vrai dire pleinement sa place au cœur de cette ville moqueuse, critique et sceptique. Nietzsche qui a enseigné à Bâle et qui a aimé cette ville ne disait-il pas que « parfois la folie est le masque d’un savoir trop certain ».

Le quartier nord de Bâle, celui de la chimie, depuis la Mittlere Brücke. A partir de 1859, Bâle devient l’une des premières places mondiales dans le domaine de la chimie et de la pharmacie.

Le Lella König, symbole d’une ville critique et moqueuse Illustrations : Christian Heinrich

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territoires Bâle finalement possède cette qualité étonnante et unique d’avoir les pieds profondément ancrés dans le sol de la vieille Europe continentale mais le regard qui porte loin, très loin, par-delà les mers.

Babel

Le génie de l’ouverture

La cité rhénane dispose d’un dense réseau de tramways urbain et suburbain, que la collectivité a eu l'intelligence de conserver et de renforcer. Aujourd'hui ce réseau répond parfaitement aux éxigences du développement durable. Fait rare dans l’histoire des transports ferroviaires, toute la campagne bâloise est sillonnée de lignes de tramways.

Ville complexe, multiple, paradoxale, tout à la fois généreuse, iconoclaste et étroite d’esprit qui sait faire cohabiter comme nulle autre la tradition et l’extrême modernité, Bâle est parcourue tout au long des siècles, par un fil rouge, un leitmotiv fondamental : le génie de l’ouverture. Dès 1493 est éditée à Bâle dans une version latine illustrée, la lettre de Christophe Colomb dans laquelle le navigateur fait la révélation de ses découvertes. Quelques décennies plus tard paraît la « Cosmographie » de Sébastien Münster, œuvre colossale qui décrit les multiples aspects de la création et révèle les secrets des royaumes lointains. Vont suivre Mérian et les 30 volumes de sa « Topographie germanique ». De nombreuses « institutions » bâloises participent de ce même désir d’ouverture au monde : le musée d’ethnographie, l’institut de médecine tropicale, le zoo… jusqu’à l’aéroport, international non pas seulement du fait de ses destinations, mais aussi parce qu’il est administré par trois pays différents.

Le dialecte bâlois est à l’image de la cité. En témoignant d’une autonomie unique à l’égard des parlers ruraux environnants, il marque clairement sa farouche volonté d’indépendance. Certes, Bâle se situe à un point de rencontre, celui de deux ensembles dialectaux : le bas alémanique, auquel appartient l’alsacien, et le haut alémanique des terroirs helvétiques. Ce parler toutefois, s’il emprunte à l’un et à l’autre, est tout à fait original. Véritable bouillon de culture, le bâlois intègre de nombreux mots latins et français, prononcés il va de soi à la bâloise. Ainsi, parapluie devient « Baareblyy » et le porte-monnaie, « Boorpmennee ».

Les « Fahri » sont le symbole du rapport étroit que les Bâlois entretiennent avec leur fleuve. Ces petits bacs permettent de traverser le fleuve à la seule force du courant.

Pour aller plus loin

Hôtel de ville

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Ces pages doivent beaucoup à un maître livre, « Bâle et l’Europe » du grand historien Alfred Berchtold. Epuisés chez l’éditeur, Payot Lausanne, ces deux gros volumes qui passionneront tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de l’Alsace, sont disponibles à prix soldé aux « Editeurs retrouvés », www.passages54@bluewin.ch Haut-Rhin magazine N°29 - Févier 2010

Au bord du Rhin, l’un des derniers « Fischergalgen ». Dans ces cabanes surélevées, les pêcheurs prenaient les saumons au carrelet.


dialecte

Uf loos goot s loos ! S Màximum ìsch vo jehar gsì ìn Bàsel schàffa, un mìtem Schwyzergald wìe Gott ìm Frànkrich lawa, wenn o hìtzetàgs nìmm àlles so Guld wàs glantz ìsch. Yves Bisch

Gegasitiga Àzihungskràft

Ja, Bàsel hàt vo jehar a Àzihungskràft uf d Elsasser kà. Un dàs ìsch nìt nur wohr fer d Granzganger, wo viel ìn da zwei vo da waltgreeschta PharmaUnternahma tätig sìnn. S branzliga Thema vo da Bànka wann mr nur schnall erwähna. Bàsel ìsch àwer a o kültürella Zentrum: waltberiahmta Museum, wìe z.b. d «Fondation Beyeler» ìn Riecha (Riehen), oder d Kunschtmass « Art Basel ». Die wo nìt so kültürel igschtellt sìnn, zögra trotzdam nìt fer d Granza ìwerschrìtta fer a Pààr Tafala MìlchSchoggi z’kàuifa, oder àm Morgastreich fer dr Wàggis, dia liicht « ìberspìtzti » Kàriktür voma Elsasser Bür, wo friahjer uffem Martplàtz sini Wàr da Bàsler àbota hàt, un, nìt vergassa, Verànschtàltunga wìe « Baselword », d wìchtigschta Mass vo Ühra- un Schmucktìndüstrie, Doch umkehrt ìsch o gfàhra, wenn scho d Grìnda nìt glich sìnn. Wenn d Bàsler gnüa han vo ìhra Mahlsuppa, Zewalawaija, Fàsnàchtkiechli, süüri Läberli, Leckerli, Brünsli, Röschti, un Bìrchermüessli, surra sìe ewer dr Rhi fer ìm Elsàss Flàmmaküacha, Spàrchla, Sürkrüt verdàcksa. Un wenn d Finànza nìmm so mìtmàcha, ìsch ìhna a gmiatligi « Stràuissi » àn dr bàdischa Wistross ìmmer no güat gnüa.

Dräilanderecka

Fer die Stàdt ìm Harz vo Europa, ìm sogenanta Dräilanderecka, ìsch Zammaàrwet mìt da Nochber salbschtverschtantlig. Ìsch dr beschta Bewiis nìt dr sachzigjahrig Euroairport, « s Wunder vo Blotza » ?

Gschìchta kàt ìn a Pààr Stìchwärter bezeichnet wara : Kelta, Reemer, Àlemànna, Bìschtum, Ardbewa (1348), Konzil (1431-1449), Üniversitätsstàdt (sitter ànna 1460), Itrìtt ìn d Eidgenossaschàft (1501), Hàlbkànton (1833)…

Bàsler Eigaschàfta

Ànna 1992, hàt Bàsel mìt dr Walschischwyz fer dr Itrìtt vom Landla ìn d E.U. gwählt, gràd wìe vor kurzem gega dr Verbot vo da Minaretta, àwer hàt jedesmol zu dr Mìnderheit gheert. Dr Bàsler bezeichnet sìch àls kritisch, mìsstràuisch, un schàffrig. Si LieblìngsMotto ìsch schiins « arbeite und halt die Klappe! », ìn dr Hochsproch wenn’s bliabt. Pìnktlikeit wìrd’m schliasslig scho mìt dr Müattermìlch itrachtert... !

Hàlskrànket

Virus vo da Eltra. Sogàr d Granzganger, bsunders dia üssem Sundgàui, wara àgschteckt. Un dodrfer han Roche un Novartis noch kä Ìmpfschtoff gfunda. Zum güata Glìck ! Uf loos goot s loos : c’est parti ! � Zögra : hésiter � a liicht « ìberspìtzti » Kàriktür :

une caricature un peu trop pointue verdàcksa : manger goulûment a « Stràuissi » : eine Straussenwirtschaft mìsstràuisch : méfiant itrachtert : inculqué heimtükisch : sournois a Ìmpfschtoff : un vaccin

Beesa Zunga behàuipta Bàseldytsch säig kä Dialekt, àwer a Hàlskrànket. Schiins han d Schwyzer wagadam d Ricola Bumbum mìt dritzeh Kritter erfunda. Dr Bàsler erbt da heimtükischa 39


initiatives �

La vie et rien d’autre �

Il y a des vies majuscules, des existences qui semblent en contenir de multiples autres. Celle d’Albert Schweitzer a été l’une des plus riches et des plus fécondes du 20e siècle, l’une des plus exemplaires aussi. Pascal Herrscher

Les fleuves ont joué un très grand rôle dans la vie d’Albert Schweitzer. Toute sa vie, il gardera la nostalgie de l’âge d’or du Rhin. De ce fleuve riant, ouvert à tous les négoces et à tous les échanges, lieu du génie européen brassant sur ses rives peuples et langues, de la Méditerranée à la mer du Nord. Pour son malheur, l’« homme de Gunsbach et citoyen du monde » naît à un moment où le Rhin, « fleuve romain, fleuve du monde » devient une frontière « naturelle » séparant deux Etats où grandit un nationalisme belliqueux. Plus tard, à Lambaréné, sur les bords de L’Ogoué, fleuve infiniment moins civilisé que le Rhin mais tellement plus préservé dans sa sauvagerie primitive, Schweitzer aura la révélation, à la vue d’un troupeau d’hippopotames, de notre responsabilité envers tout ce qui vit et qui souffre, de notre devoir de préservation pour les générations futures dans un esprit d’égalité, de partage et de justice.

Schweitzer, ce grand inconnu

Théologien, Albert Schweitzer plaçait l’éthique bien au-dessus de la grâce de la foi. Musicologue et organiste de talent, il était un européen convaincu, profitant de ses tournées d’orgue et de conférences qui lui ont fait parcourir presque tous les pays d’Europe, pour jeter des ponts entre les hommes et les peuples. Médecin, il a été trois-quarts de siècle avant la création de l’association « Médecins sans frontières », le premier French Doctor, le précurseur de la médecine humanitaire et du droit d’ingérence humanitaire. Malgré le plus prestigieux des prix Nobel qui lui a été attribué, celui de la Paix, la fécondité, la richesse et l’envergure de la pensée d’Albert Schweitzer restent peu connues. Le fait que Schweitzer a fait carrière à l’université allemande et qu’il a publié la quasitotalité de son œuvre dans la langue de Goethe n’est évidemment pas étranger à cette réalité. Il est une autre vérité également, qui dit qu’il n’est jamais bon d’avoir raison trop tôt. Or, Schweitzer a été un grand précurseur.w 40

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Ainsi Lambaréné va être le premier creuset d’une forme moderne et humaine de mondialité, d’un idéal qui « sautait par-dessus les frontières ». Très tôt également, Schweitzer pose en terme de responsabilité les relations entre l’Europe et l’Afrique et plus généralement entre les pays développés et ceux qui le sont moins. Et il est le premier à jeter les bases du développement durable : faire mieux avec moins, prendre les chemins de la simplicité et d’une économie respectueuse tout à la fois des équilibres naturels et sociaux. Qui aurait rêvé d’une telle postérité pour Albert Schweitzer ? Il est décidément urgent de redécouvrir l’homme et son œuvre.

Partager “ des valeurs de tolérance “ Brigitte Klinkert,

2e Vice-Présidente

Le Haut-Rhin est au cœur d’un espace qui a donné son nom à un humanisme et à une civilisation. Ces valeurs de tolérance, d’échange, et de partage nées au cœur de l’espace rhénan, le Conseil Général veut les défendre, les promouvoir et les partager avec sa jeunesse. Quelle plus belle figure que celle d’Albert Schweitzer pour nous aider à les porter ? Sa pensée, de surcroît, est en parfaite résonance avec le questionnement des adolescents et leur quête d’un monde plus juste et plus fraternel.

Le prix Albert Schweitzer du jeune citoyen de Haute-Alsace Le Conseil Général du Haut-Rhin envisage la création d'un prix destiné aux collégiens du département. Ce prix ne se cantonnera pas au seul registre de l’humanitaire, domaine auquel on réduit parfois un peu hâtivement Albert Schweitzer, mais sera fidèle à sa pensée ouverte et donc privilégiera tous les projets curieux de la marche du monde et soucieux de réconcilier les hommes entre eux et avec leur milieu de vie. A terme, et parce que Albert Schweitzer n’a jamais cessé de se dire et d’être un « homme de Gunsbach et un citoyen du monde », ce prix deviendra trinational en s’ouvrant aux jeunes collégiens des régions frontalières suisse et allemande.

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Tribune d'expression

des groupes politiques de l'Assemblée Départementale Conformément à l'article 9 de la loi 2002-276

Groupe majoritaire Actions et Territoires

Budget 2010: une nouvelle culture financière au diapason des territoires. Le Conseil Général du Haut-Rhin, dans un contexte pourtant difficile et des ressources en baisse, est parvenu à relever le défi qui lui était imposé: réussir à tenir le cap de ses grandes politiques tout en préservant les grands équilibres financiers. Le vote du budget primitif 2010 en est, à ce titre une parfaite illustration, approuvé bien au-delà des clivages politiques, il conforte la pertinence des propositions et la finesse des réformes entreprises par le Groupe majoritaire. En effet, être en mesure de garantir, dans ces conditions, toutes les solidarités territoriales, sociales et économiques tout en maintenant un haut niveau d'investissement, 198 ME, une faible évolution de la fiscalité et un recours maîtrisé à l'emprunt, 128 ME (en baisse de 5,88%), souligne le travail sérieux et responsable de tous ses membres. Sur les 812 ME inscrits au Budget 2010, plus de 300 ME seront ainsi affectés aux actions de soutien envers

Intergroupe socialiste, développement durable, républicain et indépendants Adresser un signal fort à l’Etat A l’occasion de la dernière séance publique, nos deux groupes ont largement exprimé leurs accords et désaccords actuels sur la gestion de la majorité dé-

Groupe Indépendant Un regard indépendant sur l’action du Conseil Général www.christian-chaton.com Tél. 06 80 50 44 74 Christian CHATON

les plus fragiles de nos concitoyens, qu’ils soient bénéficiaires du RSA, personnes âgées ou handicapées, ou encore enfance en danger; une somme en augmentation de 10% sur un an, représentant pour la première fois, plus de la moitié du budget de fonctionnement du Département. L’Homme reste bel et bien au coeur de nos préoccupations ; il doit conserver toute sa place dans la société et continuer de s’épanouir là où il vit. Cette dimension humaine nous l’avons également privilégiée dans le cadre du Projet pour le Haut-Rhin au travers de la démarche de territorialisation. Elle participe de manière innovante au nouveau dialogue que veut instaurer le Conseil Général avec l’ensemble des collectivités et acteurs locaux. Un partenariat constructif qui vise à déterminer les projets stratégiques à l’échelle d’un territoire, ainsi que leur priorité afin de conjuguer au plus juste les compétences de chaque collectivité et permettre, de la sorte, de notables gains de productivité. Faire, pour résumer, mieux avec moins.

La récente validation du futur contrat de territoire du Sundgau donne le ton de cet engagement ; 51 projets structurants y ont été recensés pour la période 20102013, confirmant l’intérêt pour ce nouveau dispositif. Les six autres territoires de vie devant encore se prononcer cette année. La détermination de ces axes de développement poursuit les objectifs des politiques pluriannuelles déjà mises en oeuvre, telles que le plan de revitalisation économique, les schémas départementaux de gérontologie et de petite enfance, les GERPLAN, etc. La réforme des finances du Département passe par ce travail de fond encore jamais entrepris dans notre collectivité ; aucun des leviers d’action n’a été éludé, d’autres devront sans doute être encore inventés, mais notre mobilisation demeure totale pour assurer les meilleurs services à nos concitoyens.

partementale. Si nous avons participé à la réflexion sur la réforme du Guide des Aides, présentant amendements et aménagements (notamment sur la question des aides territorialisées ainsi que sur les aides aux zones en difficulté –Montagne et Zones Urbaines-) qui ont été acceptés par l’exécutif, nous ne trouvons pas notre compte dans le Budget Primitif qui nous a été présenté à cette occasion.

la taxe de remplacement tenant plus de l’argent de poche donné par le gouvernement au gré de ses priorités que d’une volonté politique d’assurer l’autonomie financière de notre département. Autant dire que c’est le contribuable qui va une fois de plus payer la note restante, le tout sous le regard bienveillant de la majorité départementale en place.

Si nous approuvons les efforts faits pour trouver des économies dans le budget départemental, nous faisons néanmoins le constat que ces économies ne sont pas issues d’une démarche volontaire mais d’une démarche forcée par l’étranglement financier auquel l’Etat soumet les collectivités territoriales. Nous rappelons à ce titre que la facture des compétences transférées depuis 2004 et mal compensées s’élèvera fin 2010 pour le Haut-Rhin à plus de 200 millions d’euros. Et ce n’est pas la réforme de la Taxe Professionnelle qui nous rassure davantage,

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Haut-Rhin magazine N°29 - Févier 2010

Pierre BIHL - Charles BUTTNER - Guy DAESSLE Jean-Paul DIRINGER - Dominique DIRRIG - Francis FLURY - Pierre GSELL - Michel HABIG - Alphonse HARTMANN - Guy JACQUEY - Brigitte KLINKERT Jean-Louis LORRAIN - Bernard NOTTER - Marc SCHITTLY Eric STRAUMANN - Frédéric STRIBY - Daniel WEBER Rémy WITH

Nos deux groupes, riches de leur diversité, ont décidé comme l’année dernière de ne pas se retrancher derrière une posture d’opposition automatique et systématique. Néanmoins, parce que nous souhaitions adresser un signal fort à l’Etat qui décide, en lieu et place des élus que nous sommes, des priorités et des orientations de nos politiques, nous avons décidé de nous abstenir majoritairement lors du vote du budget. Etienne BANNWARTH, Gilbert BUTTAZZONI, Pierre FREYBURGER, Michel HABIB, Frédéric HILBERT Hubert MIEHE, Armand REINHARD, Jean-Luc REITZER, Joseph SPIEGEL, Henri STOLL, François TACQUARD, Pierre VOGT


Il n'y a pas d'âge pour le ski...

dans les Vosges ! �

haut- rhin magazine, le magazine du Conseil Général du Haut-Rhin

N°29 février 2010 ISSN 1772-3361 - Dépôt légal 1er trimestre 2005 - 332 000 exemplaires

Editeur : Conseil Général du Haut-Rhin - Directeur de la publication : Charles Buttner Directeur de la communication : Martial Reheisser - Directeur adjoint : Jean-Pierre Schmitt Rédaction : Bérengère Béhotas, Sarah Diby, Pascal Herrscher, Marie- Odile Kreidl-Haegy Responsable artistique : Isabelle Diaz - Photographies : Edith Marbach, sauf mention contraire Secrétariat : Sylvie Klee - Direction de la communication : 03 89 30 60 70 - contact@cg68.fr Impression : Maury SA Distribution : Groupement La Poste


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Haut-Rhin

propre 2010

26, 27, 28 mars ďż˝


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