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Le Petit Journal du festival Green Days

Supplément mensuel gratuit d’information - n°8

Du vendredi 24 mai au samedi 1er juin à MA Scène Nationale dans le Pays de Montbéliard 2 - ÉDITO 3 - Le festival Green Days GASTRONOMIE - Le Grand Festin

4 - PROJETS PARTICIPATIFS La Traversée First Life

5 - THÉÂTRE - Macbeth MUSIQUE - Éclats d’Orchestre 6 - DANSE & PAYSAGE Promenade dansée / Héroïnes

7 - CARTE 8 - Programme complet


Le Petit Journal du festival Green Days Supplément du journal Diversions

Du 24 mai au 1er juin 2013

n°8 - mai 2013

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Édito

© Sylvain Thomas

Avant la sortie de son traditionnel guide estival fin mai, Diversions a souhaité vous donner un avantgoût des beaux jours en préparant avec MA Scène Nationale un supplément dédié à son festival Green Days. La première édition de ce nouveau temps fort se tiendra du 24 mai au 1er juin à Montbéliard et aux alentours, clôturant la saison 2012-2013 de la Scène nationale du Pays de Montbéliard. Une saison durant laquelle est né un autre festival, dédié aux arts numériques en novembre (Ars Numérica). Mais pour l’heure, ce sont bien les arts en pleine nature que le directeur de la scène nationale, Yannick Marzin, nous propose d’aller rencontrer. Avant le début des festivités, Diversions a recueilli les témoignages d’artistes et de spectateurs, qui nous en disent plus sur quelques-unes des propositions à découvrir durant Green Days. Fidèle en effet à son nouveau label TOI&MA, la Scène nationale du Pays de Montbéliard souhaite impliquer les habitants dans certains de ses projets. Que ce soient les collégiens, les lycéens ou les adultes, les habitants du Pays de Montbéliard sont associés aux créations de la scène nationale. C’est pourquoi nous sommes allés à la rencontre des stagiaires des deux temps forts participatifs à découvrir lors du festival : First Life et La Traversée. Alors bonne lecture à tous, bon festival et surtout... n’oubliez pas de prendre l’air !

MA Scène Nationale crée Green Days, festival mêlant les arts et la nature

À SUIVRE... EN VIDÉO

Durant Green Days, Diversions sera présent pour vous faire revivre en vidéo les temps forts du festival, mais aussi les coulisses. Nous irons à la rencontre des habitants qui s’activent pour préparer, en complicité avec les artistes, les différentes manifestations. Ce reportage sera aussi l’occasion d’en apprendre plus sur le patrimoine naturel du Pays de Montbéliard

www.artsenscene.tv ET EN SEPTEMBRE...

© Dominique Delfino

Supplément du journal Diversions consacré au festival Green Days. Diffusé dans l’édition Diversions Aire urbaine de mai 2013. Dépôt légal : mai 2013 Textes : Dominique Demangeot Publicité : Boban Stanojevic : 03 81 87 40 05 / 06 34 12 01 91 www.diversions-magazine.com

Retrouvez également, dans notre numéro de rentrée en septembre prochain, quelques-unes des images prises durant la masterclasse photo du 26 mai et le safari photo qui s’était tenu en avril.


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LE2013 Petit Journal du festival n°8 - mai Du 24Green mai au 1erDays juin 2013 Supplément du journal Diversions

Festival Green

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Days dans le Pays de Montbéliard

En cette fin de saison, la Scène nationale du Pays de Montbéliard vous invite à prendre la clé des champs. Son directeur Yannick Marzin a souhaité en effet ménager un nouveau temps fort qui mêle nature et culture.

© Sylvain Thomas

Dans les Bois le 1er juin à 18h

Gastronomie Le

© Frank Loriou

Pluridisciplinaire, le festival Green Days bien nommé en cette période printanière - proposera de nombreux rendez-vous, comme un concert de l’Orchestre Victor Hugo Franche-Comté - voir article p.15 -, ou encore des apéro-concerts à l’heure de midi. Baptisés avec pertinence La Clé des Chants, ces trois rendez-vous sont l’occasion de rencontrer les élèves du Conservatoire du Pays de Montbéliard. Programme éclectique entre jazz, valse-tango et opéra italien, le tout entre le 29 et le 31 mai à 18h30 à l’Hôtel de Sponeck.

Pour mettre un point final à la série de spectacles proposés à Green Days, c’est Peter von Poehl qui viendra donner un concert dans le cadre enchanteur des vergers de la Damassine, à Vandoncourt

Peter von Poehl le 1er juin dans les vergers de la Damassine Green Days, c’est aussi du théâtre, mais du théâtre hors les murs, en forêt, Macbeth mis en scène par la troupe du Théâtre de l’Unité. Jacques Livchine et Hervée de Lafond nous emmènent dans le bois de Dasle avec une version pour le moins originale de ce classique shakespearien. Nul doute que les ambiances sylvestres et nocturnes cadreront à merveille le 25 mai avec la pièce sombre et parfois surnaturelle - la fameuse rencontre avec les trois sorcières - de Shakespeare. Les comédiens joueront les scènes au milieu des arbres, en pleine nature et dans l’obscurité, poussant le théâtre - et le spectateur ! - dans des contrées peu souvent explorées... Dans les bois toujours, mais route de Laire à Montbéliard cette fois, Clara Cornil et David

Subal proposeront le 1er juin un spectacle dansé en pleine nature, leurs corps côtoyant les arbres et les plantes, cherchant l’accord parfait entre l’homme et l’élément naturel. Pour mettre un point final à la série de spectacles proposés à Green Days, c’est Peter von Poehl qui viendra donner un concert dans le cadre enchanteur des vergers de la Damassine, à Vandoncourt, le 1er juin à 19h. Nul doute que la pop cuivrée du Suédois trouvera elle aussi un bel accord avec le cadre naturel de Vandoncourt.

à travers la participation de la population à certains projets. Ainsi la trapéziste Chloé Moglia a mené depuis janvier quatre ateliers durant lesquels elle a mis au point, avec des stagiaires, le parcours-spectacle intitulé La Traversée, qui se déroulera la nuit du 25 mai dans la commune de Vandoncourt, près de Montbéliard. Des surprises vous attendent bien sûr tout au long de ce parcours ! Autre temps fort participatif, un parcours en réalité virtuelle, à suivre avec des téléphones portables, dans les rues de Vieux-Charmont l’après-midi du 25 mai. Là encore ce parcours a été préparé lors d’un stage en février dernier, mené par la compagnie IciMême. Quand le spectacle vivant et les arts numériques ne font qu’un ! Green Days, ce sera aussi un banquet sur l’herbe en ouverture de festival le 24 mai à l’Hôtel de Sponeck, dès 18h30, mais également des ateliers culinaires avec plusieurs chefs du Pays de Montbéliard, un safari photo pour débusquer les coins de nature dans Montbéliard, une promenade dansée et bien d’autres choses encore...

Notons encore la volonté importante d’implanter le festival dans le territoire, non seulement en matière de diffusion, mais aussi

Grand Festin © Florian Roy - Lorius

Durant le festival Green Days, MA Scène Nationale accueille plusieurs chefs, dont Joseph Morabito, Yves-Laurent Hervé et Stéphane Robinne (de gauche à droite)

Repas 20€ hors boissons sur réservation uniquement au 0 805 710 700

Au menu du Grand Festin le 24 mai

Fromages Crêmeux de petits pois, espuma au basilic & fânes de radis Asperges, jaune d’oeuf mariné et crème d’asperges Fondant de truite et crêmeux de lentilles parfumées à la saucisse de Montbéliard Ballotine de volaille et son risotto aux herbes Petites brochettes d’escargots sur leur tartine au beurre d’herbes

Tartelettes au chocolat bio Macarons religieuse Croquembouches aux fruits

Programme des ateliers Lundi 27 mai S. Robinne & J.-P. Debrie Parmesan, comté, roquette, tomate verte & desserts «souvenirs d’enfance»

© DR

La fête des papilles débutera dès le vendredi 24 mai à 18h30, dans la cour de l’Hôtel de Sponeck. Avant de se réjouir les oreilles à 21h30 avec Mazalda, entre groove urbain, fanfare napolitaine, raï et autres sonorités du monde, les chefs prépareront les différents plats du repas, et proposeront également des démonstrations culinaires. Ces rois du fourneau mèneront ensuite, tout au long de la semaine suivante, des masterclasses durant lesquelles ils livreront certains de leurs secrets. L’ambiance sonore du 24 mai sera assurée par Rodolphe Alexis, tandis que seront également présents Bet Miralta et Jordi Aspa d’Escarlata Circus, qui avaient inauguré la saison en octobre dernier aux côtés de Sergi López.

© Frank Loriou

Plusieurs chefs du Pays de Montbéliard accompagneront Green Days, à travers la conception de repas mais aussi des ateliers et des démonstrations.

Mardi 28 mai O.Prévôt-Carme & S.Pawly Fraîcheur d’agrumes Mercredi 29 mai O.Prévôt-Carme & Y.-L. Hervé Moëlleux de tourteau saveurs réglisse et fraises & déclinaison de fraises Jeudi 30 mai C.Pilloud & É.Vergne Foie gras poché, bouillon miso, rhubarbe,

soja, coriandre, gingembre & tartelette aux fruits de la passion, rhubarbe, fraise Vendredi 31 mai : É.Petit & J.Morabito Effiloché de cabillaud au gingembre et mangue, crème d’avocat & déclinaison de poissons

Ateliers culinaires du lundi 27 au vendredi 31 mai à 16h à l’Hôtel de sponeck 20€ l’atelier sur réservation uniquement au 0 805 710 700 - Durée : 2h


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Projet participatif La

Du 24 mai au 1er juin 2013

n°8 - mai 2013

Traversée

Depuis janvier, l’artiste trapéziste Chloé Moglia travaille avec une dizaine d’habitants du Pays de Montbéliard, préparant le parcours intitulé La Traversée que l’on pourra découvrir le soir du 25 mai. Chaque participant de l’atelier servira de guide à quelques spectateurs, qui suivront ainsi ce parcours à travers la nature de Vandoncourt. Partant du village, La Traversée les mènera jusqu’au Pont Sarrazin, lieu remarquable du Pays de Montbéliard. Nous avons rencontré Isabelle Hege, l’une des participantes, qui nous parle de cette expérience.

Il y a un rapport avec les propres spectacles de Chloé Moglia... Oui, Chloé exécute des mouvements très lents dans ses spectacles. Elle arrive à tenir dans des positions très difficiles. Mais les stages étaient par contre très abordables. On n’a fait qu’une séance de trapèze et il est vrai que c’est très physique ! Mais ce n’est pas ce qui va nous être demandé le 25 mai au soir. Il s’agira plutôt d’un parcours

itinéraire. C’est intéressant parce qu’elle appréhende différemment les parcours, avec un regard plus artistique. Mais c’est vrai qu’il y a eu un vrai échange entre elle et nous. D’autant qu’il y a une quinzaine d’années, le Pont Sarrazin fut le lieu d’un spectacle assez exceptionnel. C’est un endroit qui prend part à l’histoire locale, qui a du sens pour les habitants du Pays de Montbéliard en général, et de Vandoncourt en particulier... Tout à fait, c’était un son et lumière assez grandiose avec plein de figurants, des scènes de village au Moyen-Âge. Et puis le lieu est déjà magique par lui-même. Les visiteurs pourront justement le découvrir. © MA Scène Nationale

Même si vous êtes tous amateurs, et que La Traversée n’est pas un spectacle à proprement parler, l’ensemble du projet s’est préparé dans une grande rigueur. Comment avez-vous vécu cette expérience ? Ça m’a beaucoup apporté. Déjà j’ai découvert le chi gong, que je ne connaissais pas. Ça fait vraiment du bien ! Ce sont des mouvements très lents. On apprend à mieux connaître son corps, à sentir davantage ses muscles, se concentrer...

initiatique. Il faudra essayer de sentir ce qui nous entoure. Le chi gong nous a aussi appris à nous concentrer, écouter l’environnement autour de nous. Les ateliers suivis avec Chloé Moglia avaient aussi pour objectif de vous préparer à accueillir quelques personnes lors de la soirée de La Traversée... En effet on sera en binôme. On entraînera quelques personnes à suivre le parcours. Il y aura aussi des surprises que l’on ne va pas dévoiler pour l’instant !

Projet participatif First

Au-delà du parcours à définir, ces ateliers en vue de La Traversée ont également été l’occasion de travailler sur vous-mêmes ? Oui on a beaucoup réfléchi ! Par rapport à nos peurs dans la nuit, par rapport au vide, sur les images que ça nous rappelle, les contes de notre enfance, etc. Les expériences de chacun vont faire le parcours. Vous avez appris beaucoup, mais vous avez aussi fait bénéficier Chloé Moglia de votre connaissance des lieux, n’est-ce pas ? Oui bien sûr. C’est elle qui choisit tel ou tel

La Traversée, avec Chloé Moglia et des habitants du Pays de Montbéliard, Samedi 25 mai à 22h30 - Rendez-vous à La Damassine à Vandoncourt - 0€ - Sur réservation uniquement au 0 805 710 700

s’ils étaient dans leur peau, assister à des scènes qui ne se passeront que dans le téléphone, mais avec l’illusion qu’elles se déroulent bien devant leurs yeux. « Cet effet sera d’autant plus accentué qu’on utilise un système de prise de son appelée binaurale. C’est comme un casque audio, sauf qu’il y a un micro à chaque oreille, ce qui donne quelque chose de très immersif. Le spectateur sera complètement plongé dans le film ».

© Diversions

Comme pour La Traversée, nous ne révélerons rien ici des parcours et des histoires conçus durant le stage de février dernier. Disons seulement que les stagiaires ont de

Vous serez donc les guides d’un soir. Mais y aura-t-il aussi une part d’imprévu lors de cette Traversée ? On va se laisser surprendre je pense ! Ce qu’on a fait la journée n’aura rien à voir avec ce qui se passera la nuit. Des élèves de l’atelier cirque du collège d’Hérimoncourt seront là également, pour participer d’une façon différente. Ils ont travaillé eux aussi avec Chloé. Ils seront avec nous.

Life

First Life, ce sont les arts numériques et les mondes virtuels qui s’invitent en pleine nature. Sur le principe là encore, d’un atelier participatif, plusieurs enfants et adultes du Pays de Montbéliard ont suivi durant quelques jours un stage mené par la compagnie Ici Même. Ils ont produit plusieurs courts métrages qui seront visionnables sur des téléphones portables l’après-midi du samedi 25 mai. L’objectif : transporter le visiteur dans une réalité augmentée. Éric Ménard, scénographe de la compagnie Ici Même, a souhaité partir sur un projet vidéo. « Ce sont en quelque sorte des films à la première personne. C’est comme une caméra subjective qui suit un parcours dans Vieux-Charmont et ses alentours ». La plupart des films débutent à la salle Jean Jaurès. Les scénarios sont en revanche très différents les uns des autres, fruits de l’imagination de leurs concepteurs. Les lieux sont très divers eux aussi : caserne de pompiers, grange, jardins... MA Scène Nationale a même eu recours au service du transporteur Ienn qui a ouvert ses portes aux stagiaires. « Vous allez tenir le téléphone portable dans la main gauche, et ce que vous allez voir à l’écran c’est ce que vous voyez aussi dans la réalité », explique Éric Ménard. « Il y aura alors une main qui va rentrer dans le champ, et ce sera votre main, qui vous fera accomplir un certain nombre d’actions ».

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l’imagination à revendre, et de la suite dans les idées ! Sans oublier la patience de tourner, parfois plusieurs fois de suite, une même scène. Chaque détail compte pour rendre au mieux les histoires qu’ils souhaitent conter, les émotions qu’ils souhaitent faire passer... Les stagiaires qui ont participé au projet First Life sont à la fois réalisateurs, auteurs de leurs films, comédiens interprétant le personnage en caméra subjective... mais également régisseurs ! « Ils seront présents le 25 mai », souligne Éric Ménard. « Par exemple, si

quelqu’un prend une tasse dans l’un des films et qu’il l’emmène à un autre endroit, il faudra que la personne qui a fait le film ramène cette tasse à l’endroit initial pour le visiteur d’après. Donc c’est très complet ». Le 25 mai, le décor sera complètement différent. On sera en effet au printemps alors que les films ont été tournés en plein hiver. Un anachronisme qui devrait encore ajouter à la déconcertante expérience de la réalité augmentée. Les spectateurs vont donc revivre les parcours des personnages comme

Rendez-vous est donc donné à VieuxCharmont le 25 mai à la salle Jean Jaurès, où vous sera prêté un téléphone portable. On vous expliquera bien sûr également comment procéder, pour entrer dans les mondes virtuels imaginés par les stagiaires de First Life. En février dernier, nous rencontrions le jeune Ryad, l’un des stagiaires. Ce dernier jouera le rôle d’un enfant passionné de camions... Mais nous n’en disons pas plus. Rendez-vous samedi 25 mai pour découvrir, en temps réel, les différents courts métrages des stagiaires de First Life, et rentrer dans la peau de leurs personnages...

First Life, samedi 25 mai de 14h à 17h 5 parcours de 30 min en départ continu à la salle Jean Jaurès de Vieux-Charmont Inscription au 0 805 710 700 - Dès 16 ans


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LE2013 Petit Journal du festival n°8 - mai Du 24Green mai au 1erDays juin 2013 Supplément du journal Diversions

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Théâtre Macbeth Les 30 et 31 mai dans le bois de Dasle, vous avez rendez-vous avec Shakespeare, grâce au Théâtre de l’Unité qui s’attaque à l’une des pièces phares du dramaturge, une œuvre très sombre, teintée de surnaturel, Macbeth. Adieu les quatre murs rassurants et les projecteurs d’une salle de théâtre. Bonjour ou plutôt bonsoir - les arbres et l’obscurité.

Pour le comédien metteur en scène, il était

puisse se fondre le plus naturellement possible

accessible. Il faut comprendre ce que l’on voit et ce que l’on entend. Hervée de Lafond pourra aussi, parfois, dresser des parallèles avec l’actualité et le monde d’aujourd’hui. « Et puis il faut être aussi drôles par moments, car la pièce est assez horrible ! », souligne encore Jacques Livchine.

C’est en effet dans la pénombre que se déroulera la pièce, portée par dix comédiens de la troupe de théâtre basée à Audincourt. « Des comédiens kamikazes, qui n’ont pas peur de l’humidité ou du froid », fait remarquer Jacques Livchine, co-directeur du Théâtre de l’Unité, et co-metteur en scène de Macbeth avec sa complice de toujours Hervée de Lafond.

Musique Éclats

© Jacques Livchine

Il faut dire que cette version sylvestre de Macbeth bouscule les habitudes des comédiens comme du public. La pièce se déroulera dans cinq endroits du bois de Dasle, avec quatre déambulations. « Personne n’aura le droit de s’éclairer mais il y aura des phares de voitures, des projecteurs spéciaux et du feu ». À l’Unité, le théâtre de rue, c’est une tradition. La compagnie en est même l’un des précurseurs. Le théâtre dans les bois, par contre, c’est une première pour eux. Ils y travaillent depuis deux ans. Jacques Livchine nous rappelle qu’au temps du théâtre élisabéthain et de Shakespeare, on jouait au grand air, dans les cours des auberges. « Shakespeare tenait au ciel audessus de sa tête ».

l’Unité, il est important de rendre le théâtre

temps que le Théâtre de l’Unité d’Audincourt s’attaque aux grands répertoires - « à notre âge canonique ! », dixit Jacques Livchine, qui fait allusion aux 40 ans de sa troupe. Et comme le Théâtre de l’Unité fait rarement les choses comme tout le monde, il a sérieusement adapté la pièce, conservant l’essentiel. « On a gardé le style, mais il faut savoir qu’on n’a pas le manuscrit original de Shakespeare ». L’Unité peut donc se permettre d’adapter la pièce, afin qu’elle

parmi les arbres du bois de Dasle. Jacques Livchine souhaitait également rendre l’intrigue plus limpide. « Je ne comprends jamais Shakespeare. C’est compliqué. Il y a les intrigues, tous ces personnages...». C’est également la raison pour laquelle, durant les passages d’un lieu à l’autre, Hervée de Lafond fera office de guide, éclairant le texte de la pièce, faisant de ce périple en forêt, également un voyage dans l’univers de Shakespeare, remettant son œuvre en contexte. Car pour Jacques Livchine et

Macbeth est en effet une pièce particulièrement sombre de Shakespeare, une pièce sur le pouvoir, sur la trahison, qui mêle aussi la farce et la tragédie. Macbeth, cousin du roi Duncan et chef de l’armée d’Écosse, revient victorieux de la bataille contre la Norvège. Dans la forêt, il rencontre trois sorcières qui lui prédisent alors la gloire. Grisé par la perspective du pouvoir, il devient un tyran sanguinaire, poussé par son épouse Lady Macbeth. Une pièce qui devrait s’avérer au final une aventure tant pour les comédiens, le technicien sur place... et bien sûr pour les spectateurs qui se verront remettre un banc avant le début du spectacle, pour suivre l’entreprise sanglante et la chute du sinistre Macbeth.

Macbeth, jeudi 30 et vendredi 31 mai à 22h au bois de Dasle (séance du 31 mai complète). Départ à Audincourt, rue de la Combotte, sentier nature du bois des 4 cantons - 14€ - 12€ en prévente uniquement (pas de billetterie sur place)

d’Orchestre

Ce n’est pas parce que l’on pratique une musique dite « sérieuse » que l’on n’a pas le droit de s’éclater. En mai, l’Orchestre Victor Hugo Franche-Comté se plie en quatre pour emmener son public sur des chemins de traverse. À Sochaux, il proposera son programme Éclats d’Orchestre, qui mêle la musique classique et le monde du rock. © Dominique Demangeot

C’est en effet l’une des volontés de l’orchestre de s’adresser à des publics variés, et d’aller au-delà des programmes classiques. En ce sens, l’album Atom Heart Mother de Pink Floyd (1970) était tout indiqué. Avec cette œuvre, les britanniques, collaborant avec Ron Gessin, ouvraient encore plus leurs champs d’explorations musicales en travaillant ici à une véritable suite pour orchestre.

Éclats d’Orchestre sera l’occasion d’apprécier séparément différentes sections de l’OVHFC, ici la section des cuivres. En bas : Philippe Cornu, percussion-

© Dominique Demangeot

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Jérôme Thiébaux, secrétaire général de l’Orchestre Victor Hugo Franche-Comté, évoque comme référence, à propos d’Éclats d’Orchestre, le festival The Proms, une institution en Angleterre qui propose des concerts de musique classique à une très large audience. C’est bien l’objectif de l’orchestre ici de mêler les genres et les publics. Pour Atom Heart Mother, la formation collabore d’ailleurs avec les salles de musiques actuelles de La Rodia et du Moloco, qui ont trouvé quatre musiciens constituant le groupe rock qui jouera avec les musiciens classiques. Tout ce petit monde se retrouvera les 21 et 23 mai pour une répétition commune. La section des dix cuivres de l’Orchestre Victor Hugo Franche-Comté sera sur scène, accompagnée d’un violoncelle. N’oublions

pas les parties vocales d’Atom Heart Mother qui seront interprétées par le Chœur des lycées de Besançon et Montbéliard, dirigés par Arnaud Pairier. Atom Heart Mother est en effet depuis deux ans au programme de l’option musique au Bac. Ce sont d’ailleurs des professeurs de musique en lycée qui sont venus proposer à l’orchestre de collaborer sur cette suite de Pink Floyd, dont Ron Gessin lui-même a produit une adaptation pour la France. L’OVHFC n’a pas hésité à relever le défi ! Ce programme pas comme les autres fait également intervenir le Quatuor Debussy, l’un des plus anciens quatuors français, précurseur dans la démarche des ensembles classiques de s’ouvrir à d’autres esthétiques, d’autres disciplines. Ce dernier interprètera,

seul, le Quatuor en Fa de Maurice Ravel. Le quatuor s’est déjà frotté au théâtre, s’est rendu dans les écoles, tout en conservant sa couleur artistique. La présence de l’ensemble coulait donc de source ici, l’Orchestre Victor Hugo Franche-Comté affichant cette même volonté d’aller vers de nouveaux publics et de nouvelles disciplines. En conviant le Quatuor Debussy, l’orchestre reste également fidèle à une thématique de saison qui consistait à proposer concerto ou œuvres concertantes s’éloignant des pièces traditionnelles - on a ainsi pu entendre durant l’année marimba, timbales et concerto pour percussions -. Le titre du programme, Éclats d’Orchestre, est justement une référence à cette volonté de donner à voir séparément les diverses sections de la formation : pupitres des cuivres, des cordes, des percussions... Tandis que les cuivres se consacreront à Atom Heart Mother, la section des vents donnera la Sérénade pour instruments à vent, violoncelle et contrebasse de Dvořák, et les percussions Clameurs, concerto pour percussions et instruments à vent.

Éclats d’Orchestre, Orchestre Victor Hugo Franche-Comté et invités - Samedi 25 mai à 19h à La Mals de Sochaux, Ma Scène Nationale - 0 € - Réservation conseillée au 0 805 710 700


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Danse & PAYSAGE

Du 24 mai au 1er juin 2013

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Promenade dansée Après plusieurs repérages, je pense qu’on a trouvé le lieu adéquat avec le parc des Miches, avec des visibilités différentes, des hauteurs, des promontoirs.

À Green Days, les artistes et le public investissent la nature, qui devient lieu de représentation et d’exploration. Ce sera notamment le cas avec la danseuse et chorégraphe Caroline Grosjean. Tout au long de l’année, elle a travaillé en atelier avec une dizaine de lycéennes en vue d’une déambulation « Danse et paysage » qui se tiendra au parc des Miches à Montbéliard, le samedi 1er juin à 14 heures. Comment s’est faite la rencontre avec MA Scène Nationale ? L’an passé j’ai mené un atelier artistique au lycée du Grand Chenois, en collaboration avec Catherine Lhuillier, professeur responsable de cet atelier. Cette année la scène nationale souhaitait que les restitutions d’ateliers soient plus intégrées à leurs projets. La proposition de Green Days, de travailler en plein air, me paraissait sympathique pour des jeunes filles. J’ai pensé le projet avec des lycéennes de seconde, première et terminale.

Comment as-tu abordé ces ateliers ? Quelles thématiques ont été travaillées ? On a travaillé sur les espaces, ensuite les éléments et les saisons, et enfin la poésie en action. Pour cette dernière étape, j’ai voulu travailler sur des textes, je me suis inspirée notamment des Carnets du paysage (revue française consacrée au paysage, NDLR). Je me suis aussi inspirée de travaux de Trisha Brown. J’avais envie aussi de travailler sur des verbes très simples comme tourner, rouler... que l’on peut associer aux danses libres.

© DR

Est-ce que ces dernières possèdent déjà une expérience de la danse ? Non pas vraiment. L’une d’elles est suivie de plus près par Florent Trochel, artiste vidéaste associé à MA Scène Nationale. Mais certaines n’avaient jamais dansé, et j’en connaissais d’autres de l’option de l’an dernier au lycée, qui avaient déjà fait de la danse au collège. Il y a eu près d’une cinquantaine d’heures avec elles cette année, en plus de l’atelier chaque mercredi durant deux heures avec Catherine Lhuillier.

On ne danse pas de la même manière en intérieur et à l’air libre. Les jeunes danseuses devront-elles aussi composer avec le hasard, l’imprévu ? Peut-être improviser ? Les conditions météo vont jouer aussi. On ne va pas utiliser de musique, mais le bruit dans les feuillages. J’ai visité le parc par trois fois déjà et à chaque fois le paysage était différent. Je vais faire une partition pour les filles, avec des rendez-vous à certains endroits. Les gens qui se baladent n’auront pas du tout la même chose à cinq minutes d’intervalle. Ils pourront échanger sur ce qu’ils auront vu de près, de loin...

Tu as donc souhaité t’inspirer ici d’une tendance de la danse à un retour à la nature, très en vogue dans les années 70, quand les danseurs sortaient des salles de théâtre pour retrouver l’air libre... Oui Trisha Brown dansait à Central Park notamment. Après plusieurs repérages, je pense qu’on a trouvé le lieu adéquat avec le parc des Miches, avec des visibilités différentes, des hauteurs, des promontoirs. Et puis j’ai trouvé que c’était un cadre à la fois intimiste, agréable, et qui permettait au public de se balader à son rythme. Les nouvelles technologies vont aussi s’immiscer dans ce coin de nature... Oui on a travaillé avec Marie-Laure de la scène nationale sur des petits solos en vidéo, refilmés avec des fonds de paysages.

On peut aussi envisager cette promenade dansée comme une installation. Y’a-t-il eu aussi l’intervention des arts plastiques ? On a réfléchi sur l’idée d’installation. Le matin je fais une masterclasse à partir de cette idée-là, avec un travail sur le vêtement. Il y a une pièce de Trisha Brown qui fait intervenir toute une trame de vêtements. Je me suis dit que ça pourrait être à la fois ludique et très joli d’avoir des vêtements dans les arbres et d’utiliser le vêtement comme action. La masterclasse du matin est ouverte ? Oui c’est vraiment pour tous les publics, amateurs ou même débutants. Ça dure deux heures et c’est l’occasion de goûter la danse en milieu naturel.

Pour revenir aux années 70, cette promenade dansée a une dimension expérimentale importante... Oui il y a un côté laboratoire. C’est une restitution mais ce n’est pas un spectacle. C’est également assez ambitieux par rapport au temps de préparation qui a été relativement court. On a tout de même eu la chance de travailler cette année, non seulement dans le gymnase du lycée, mais aussi aux Bains Douches, au Théâtre de Montbéliard... C’est la raison pour laquelle on se demande si la danse prendra encore plus d’espace, ou si l’on se sentira tout petit devant la grandeur du cadre à l’extérieur ! Le parc est plein d’imprévus, notamment au niveau de la sensation sous les pieds.

Danse et paysage, avec Caroline Grosjean, Samedi 1er juin à 14h au Parc des Miches à Montbéliard - 0€

Danse Héroïnes Caroline Grosjean met en scène et interprète ce nouveau solo dont le point central est la féminité. La femme multiple, « amazone, muse, cariatide, mère, déesse, conteuse, romantique, enchanteresse, fée, sorcière, superwoman », comme le souligne Caroline Grosjean, avant de préciser que les « héroïnes », ce sont aussi ces femmes de tous les jours, mères ou inconnues croisées dans la rue. Caroline Grosjean convoque ici différentes cultures, revêt différentes peaux pour analyser comment chacune traite l’image de l’héroïne. La danseuse va passer par plusieurs incarnations dansées, tour à tour violentes et apaisées. Héroïnes raconte aussi des histoires, même si le spectacle suggère plus qu’il ne décrit de manière concrète.

© Dominique Demangeot

La danse de Caroline Grosjean, traversée par diverses influences, classiques ou plus contemporaines, côtoie créations sonores et vidéos. Deux disciplines qui entrent véritablement en dialogue avec la partition

dansée. La chorégraphe et ses deux acolytes - Zidane Boussouf pour la création sonore et Ximena Walerstein pour la vidéo - ont ménagé des instants véritablement poétiques, d’autres plus charnels ou plus rugueux. Caroline Grosjean a voulu aussi proposer des moments plus physiques et virtuoses, pour faire apparaître la féminité dans toute sa complexité.

Caroline Grosjean interprète son solo Héroïnes

La contrainte a été aussi un moteur de création pour la chorégraphe. Elle a notamment travaillé à partir d’un décor confectionné par l’atelier de la Scène nationale de Besançon. Un dispositif complexe que la danseuse parcourt et manipule, composant notamment avec la gravité.

Héroïnes, dimanche 26 mai à 17h au Parc des Miches à Montbéliard - 0€ - Dès 6 ans


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Journal culture

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