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Mensuel gratuit d’informations

#41 mars

2012

Bourgogne

Culture, tourisme et actualité

La troupe d’improvisation des ALIBI à Saint-Apollinaire Drôles de Dames à Mâcon Scène nationale - La MJC Héritan à Mâcon et la pratique amateure mise en lumière au Gymnase - David Krakauer à Chenôve - Human Beat Box à Dijon - The Ex à La Vapeur - Très nombreux, chacun seul au TDB - Photographies de Philippe Gronon au Musée des beaux-arts de Dijon et au Musée Magnin - Cynik, graffeur dijonnais - 2ème Biennale Itinéraires Singuliers Bidonville, l’autre ville à Latitude 21 + l’agenda du mois + Chroniques CD Livres, Cinéma

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www.beaunefestivalpolicier.com


Du 10 au 27 mars

Licences : 1-136912; 2-136913; 3-136914 Crédits photos : Adeline Poulain - Jean Marc Lubrano - Tommy Pascal - C. Reynaud de Lage - Jean-Christophe Nicolas - Ville de Mâcon - Gérard Nicolas

Soirée ChanSon

Chloé Lacan / Sophia Charaï Samedi 10 marS à 20h30 Cinéma

Et maintenant on va où ? Nadine Labanki

Brahms, Mahler



Vendredi 16 mars 20h30 Théâtre de Cluny Samedi 17 mars 20h Salle de Flore, Dijon

mardi 13 marS à 20h30 en partenariat avec l’embobiné

danSe

Révolution

Chorégraphe Olivier Dubois Vendredi 16 marS à 20h30 Soirée Cirque

The Sugar Beast Circus Geneva Foster

Miroir, Miroir Mélissa Von Vepy

11#123€2

merCredi 21 marS à 19h30 muSique ClaSSique

Destins de Femmes Orchestre de Mâcon Direction Eric Geneste ThéâTre

Solistes de l’Orchestre Dijon Bourgogne Direction Gergely Madaras Soprano Liesbeth Devos

03 80 44 95 95 www.orchestredijonbourgogne.fr

Foucault 71 Collectif F71

mardi 27 marS à 20h30

Tarif réduit

TA R I F S

dimanChe 25 marS à 17h

Adultes

Moins de 26 ans Moins de 12 ans Tarif unique cinéma

16€ 13€ 5€ 7€

www.theatre-macon.com 03 85 22 82 99


diversions-magazine.com

cultures sorties société

#41 #26 mars 2012

Bourgogne La pratique amateure mise en lumière au Gymnase

L’AGENDA - 4 REPÉRAGES - 6

Drôles de Dames à Mâcon Scène Nationale La Maison natale de Victor Hugo à Besançon

MUSIQUES - 8

David Krakauer à Chenôve Festival Human Beat Box à Dijon The Ex à La Vapeur Mars à La Rodia

MJC / VIE DES QUARTIERS - 7 La MJC Héritan

THÉÂTRES - 10

Très nombreux, chacun seul au TDB Dom Juan au Nouveau Théâtre de Besançon

OUVREZ LES YEUX - 11

Cynik, graffeur dijonnais Photographies de Philippe Gronon au Musée des Beaux-Arts de Dijon et au Musée Magnin

Biennale 2012 d’Itinéraires Singuliers Bidonville, l’autre ville à Latitude 21

CHRONIQUES CD - 13 CHRONIQUES LIVRES - 14 CINÉMA - 15

L’improvisation à Saint-Apollinaire Les ALIBI sont une association d’improvisateurs amateurs basés à SaintApollinaire. Depuis la rentrée dernière, la compagnie est partie prenante de la saison culturelle de la ville, proposant cinq fois dans l’année des soirées spéciales. Nous avons rencontré Stéphane Lançon des ALIBI qui nous parle de l’histoire de la troupe.

étant surtout un prétexte pour se donner des contraintes qui rendent le challenge plus intéressant. Notons que si l’impro n’avance pas durant un match, le public de connaisseurs peut lancer des savates sur la scène - et non sur le joueur ! - pour manifester son mécontentement.

Les ALIBI se composent actuellement de 34 membres. Le soutien de la municipalité de Saint-Apollinaire leur a permis de proposer des spectacles qui les ont fait connaître un peu plus. Ils se divisent en trois catégories: premières années, deuxièmes années et confirmés. On peut donc s’initier à l’improvisation au sein du groupe !

Les soirées à Saint-Apollinaire

Spectacle ‘‘ La vie est un cabaret ’’ du 14 janvier dernier

Historique

A la dissolution de la Ligue d’improvisation bourguignonne il y a six ans, les amateurs qui faisaient partie de cette ligue ont souhaité

Diversions - Edition Bourgogne Journal d’information gratuit 1, rue de Vittel 25000 Besançon 03 81 87 40 05 - 06 34 12 01 91 www.diversions-magazine.com diversions@orange.fr Editeur : SARL Diversions RCS : 508 184 934 Directeur de la publication : Boban Stanojevic 03 81 87 40 05 / 06 34 12 01 91 diversions@orange.fr

monter leur propre compagnie. Ainsi est née la troupe des ALIBI, qui signifie Association Libre d’Improvisation Bourguignonne. Les ALIBI ont rencontré peu à peu d’autres compagnies en France pour disputer des matchs et organiser d’autres événements autour de l’impro. En septembre dernier, ils sont même partis au Québec, la mère patrie de l’improvisation puisque c’est là-bas qu’est née cette discipline. « Cela nous a permis de découvrir des ligues d’improvisation québécoises », explique Stéphane Lançon. « C’est né là-bas en 1977, face à la chute de spectateurs dans les théâtres ». Deux comédiens, Yvon Leduc et Robert Gravel, ont donc décidé de mettre sur pied des matches d’improvisation s’inpirant du hockey sur glace, sport national dans la Belle province !

Québec

« Quand on fait un match d’improvisation les

deux équipes doivent avoir des maillots de hockey. La scène est appelée la patinoire... Il y a des remises d’étoiles en fin de match pour l’improvisateur qui a fait les meilleurs personnages, les meilleures constructions, et pour le meilleur improvisateur ». Des règles sont bien sûr là pour que les improvisateurs puissent se jouer de contraintes diverses. On joue les improvisations selon différentes catégories - façon dessin animé, façon Shakespeare, etc. -. L’imagination est la seule limite. Chaque joueur poursuit l’histoire de l’autre, de sorte à ce qu’il n’y ait au final qu’une seule histoire. L’arbitre - qui est lui même un comédien jouant un rôle - peut siffler des fautes. Il donne également un thème qui n’est pas connu des joueurs avant la rencontre. Il faut en effet souligner que les compagnies d’improvisation se rencontrent souvent dans le cadre de compétitions, même si ces dernières restent bon enfant, la compétition

Rédacteur en chef : Dominique Demangeot magazine.diversions@yahoo.fr Rédaction : Florian Antunes Pires, Aurélie Choley, Frédéric Dassonville Dominique Demangeot, Manu Gilles, Simon Grangereau, Bruno Kolanek Sébastien Marais, Chloë Malbranche, Paul Sobrin, Boban Stanojevic Marc Vincent, Caroline Vo Minh Comité de relecture : Dominique Demangeot, Caroline Vo Minh Régie publicitaire : Boban Stanojevic - 03 81 87 40 05 / 06 34 12 01 91 - diversions@orange.fr

Les ALIBI proposent des concepts où le décorum change à chaque fois. Ainsi Les gueux de l’impro nous transporte dans le monde moyen-âgeux et rural, tandis que Le Cabaret de l’impro propose un monde de paillettes. Le public peut participer à ces soirées. A l’entrée de la salle, il est invité à écrire des mots sur des petits bouts de papier, des idées de personnages que les improvisateurs vont ensuite devoir jouer. La dernière soirée de ce type, intitulée La vie est un cabaret, a eu lieu le 14 janvier dernier dans le cadre de la saison culturelle de la ville. « Le meneur de revue a présenté au public des numéros qui devaient être joués par les improvisateurs. On recevait ce soir-là une autre association d’impro, les Givrés de Valence », explique Stéphane Lançon. Avec les boas des femmes pour les chorégraphies et les chapeaux haut de forme des hommes, la soirée fut véritablement placée sous le signe des cabarets des années 30.

Prochaine soirée le 7 avril prochain sur le thème de la musique à l’Espace Tabourot des Accords de Saint-Apollinaire. Un groupe avec un batteur, un guitariste et une chanteuse seront présents. Une compagnie d’improvisation nîmoise sera invitée. Pour en savoir plus sur les ALIBI : www.alibi-impro.fr

Dépôt légal : mars 2012 © Diversions 2012 Imprimé en Espagne - Rotimpres ISSN : en cours valeur : 1,15 euros offert Diversions est diffusé gratuitement sur la Bourgogne Franche-Comté Prochaine parution : 27 mars 2012


Diversions - L’Agenda du mois

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Les sorties du mois en un clin d’oeil

CHARNAY-LES-MÂCON Salle du Vieux Temple Du 9 au 12 mars de 14h à 19h : Ateliers créatifs

- Entrée libre Renseignements : 03 85 38 63 14

Téléchargez l’application Diversions pour i-Phone

Du 17 au 25 mars de 15h à 18h : Exposition «L’art africain, masques et parures» Espace La Verchère 1er mars à 20h : Christophe Alévêque - Humour 31 mars à 20h30 : Concert de printemps

Julien Doré à La Vapeur le 29 mars

CHENÔVE Espace culturel François Mitterrand 31 mars à 20h : David Krakauer / Le quatuor Habanera - Concert BEAUNE Musée des Beaux-Arts Du 18 novembre 2011 au 28 février 2012 : Félix Ziem - Voyages, impressions et paradoxes - Peinture

Théâtre de Beaune 8 mars à 20h30 : Le Quatuor - Humour musical 20 mars à 20h30 : Je parle un langage de fête - Théâtre DIJON ABC (au Théâtre des Feuillants) 13 mars à 20h : CEU – Musique du monde 16 mars à 20h : Les trois sœurs – Théâtre 23 mars à 20h : Terez Montcalm – Jazz

Bistrot de la Scène Du 14 au 17 mars : 6ème édition Italiart & Festival 14 mars à 10h et 15h : C’est pas possible – Jeune public 14 mars à 20h30 : Kaspar Hauser, l’énigme de l’impossibilité de vivre – Théâtre 15 mars à 20h30 : C’est beau l’Italie dans tes yeux – Paroles en musique 15 mars à 22h : Gomber – Théâtre 16 mars à 20h30 : Lou Di Franco / Quadri Sonori d’Autor – Musique 17 mars à 20h30 : Tristan Léa chante Reggiani – Chansons 17 mars à 22h : Kaspar Hauser, l’énigme de l’impossibilité de vivre – Théâtre 21 et 28 mars à 10h30, 15h et 17h : Rémi en concert – Jeune public 21 mars à 20h30 : Bafouilles du rhizome jubilatoire – Humour 23 et 24 mars à 20h30 : Les Robinsons du Suzon – Comédie musicale 29 mars à 20h30 : Olivier Truchot Quartet – Jazz 30 mars à 20h30 : François Corbier - Chansons

Consortium Jusqu’au 10 mars : The Deer, par Eric Troncy

La Vapeur 1er mars à 20h : The Nu Band – Jazz 9 mars à 20h : Les fortes têtes 10 mars à 20h : Bal Swing / Jazz Collectors / Algorythmik 16 mars à 20h : Coco Loco Party – Mix Latino 18 mars à 20h : The Ex / Shiko Shiko – Punk rock 22 mars à 20h : Sziget Night – Musique balkanique et tzigane 23 mars à 20h : François & The Atlas Mountains / Crane Angels – Musique 24 mars à 20h : La nuit du slam – Slam 29 mars à 20h : Julien Doré – Chanson Latitude 21 Du 7 janvier au 31 mars : Bidonville, l’autre ville Du 18 février au 30 mai : Exposition TaraOcéans Musée des Beaux-Arts Du 18 février au 21 mai : De l’autre côté - Photographies de Philippe Gronon

Photographies de Philippe Gronon au Musée des Beaux-Arts de Dijon jusqu’au 21 mai Céu le 13 mars au Théâtre des Feuillants

François Corbier le 30 mars au Bistrot de la Scène

Et retrouvez notre agenda des sorties en Alsace Bourgogne Franche-Comté ainsi que notre sélection de reportages vidéo Galerie Interface Du 11 février à mi-mars : Exposition de Pierre-Laurent Cassière

Opéra de Dijon 13 mars à 20h : Litszt : Transcendant, piano : Igor Tchetuev – Musique 13 mars à 22h : Liszt et les tsiganes, piano : Ferenc Vici, ensemble Cifra – Musique 13, 16, 18 et 20 mars : Cosi Fan Tutte, Mozart, chœur de l’opéra de Dijon – Opéra 18 mars à 15h : Atelier Cosi fan Tutte, 5/10 ans – Atelier 21 mars à 20h : Années de pèlerinage Litszt, piano : Nicholas Angelich – Musique 23 mars à 20h : Sérénades, Jos van Immerseel et Anima Eterna Brugge – Musique 24 mars à 20h : Russian National Orchestra, Pletnev / Luganski, direction musicale Mikhaïl Pletnev – Musique 28 mars à 20h : Les cris de Paris : Memento Mori, direction musicale Geoffroy Jourdain – Musique 31 mars à 20h : Un monde en soi, quatuor Debussy - Danse Parc des Expositions Du 9 au 11 mars : National de pétanque Du 24 au 25 mars : Poly’Son – Spectacle 25 mars : Concours du bœuf de Pâques Du 30 mars au 1er avril : Salon Immo d’Or


L’Agenda du mois LE CREUSOT L’arc Scène nationale Du 2 mars au 6 mai : Jephan de Villiers - Exposition Sculptures 15 mars à 20h30 : Le chagrin des ogres - Théâtre 20 mars à 19h30 et 21 mars à 16h : Chouz - Danse 23 mars à 20h30 : Gablin Jazze, De Wilde Sextete - Lecture concert 31 mars à 20h30 : Loïc Lantoine - Chanson

General Electriks le 2 mars à La Cave à Musique Zénith Du 9 au 11 mars : Saltimbanco – Cirque 14 mars à 20h : Chœurs de l’armée russe – Spectacle 16 mars à 14h30 et 20h15 : Age tendre et tête de bois, saison 7 - Spectacle musical 18 mars à 17h : Shy’m – Musique 24 mars à 20h15 : RFM Party – Musique 25 mars à 14h30 et 17h : Tchoupi fait son spectacle – Jeune public 27 mars à 20h30 : Symphonie équestre II – Spectacle équestre 29 mars à 20h30 : Stéphane Rousseau – Humour CHALON-SUR-SAÔNE Auditorium du Conservatoire 16 mars à 20h : Les Piccolis à l’Audito – Musique 20 et 21 mars à 20h : Jeune ballet du CNSMD de Lyon – Danse 27 au 31 mars : Semaine de la danse, 10ème édition - Danse

Akalé Wubé à La Péniche Cancale le 11 mars Théâtre Dijon Bourgogne Du 13 au 17 mars : Très nombreux, chacun seul (salle Jacques Fornier) 21 mars à 20h : Le courage - Danse Son 23 et 24 mars : Atomic Radio 137 live

Théâtre Mansart 9 et 10 mars à 20h30 : Late night with the Romanée Counteez and friends 15 mars à 20h30 : Musique de R.U – Tremplin musical étudiant 20 mars à 20h30 : Au bout de la nuit – Théâtre 24 mars à 19h : Elément #1 – Spectacle sonore Théâtre universitaire de Dijon 24 et 25 mars : Stage Voix

Renseignements/inscriptions : 03 80 38 22 23 - www.tudijon.fr

MÂCON Cave à Musique 1er mars : Mellanoisescape Bilbax / Djazzia Satour - Impro électrique, américana 2 mars : Papier Tigre / Shiko Shiko / Bartholoméo / General Electriks – Rock, pop soul funk 3 mars : Brice et sa pute / JMPZ / Lofofora Cabaret punk, électro-tribal-groove, rock fusion 21 mars : Joseph d’Anvers / Miossec - Chanson rock Le Crescent 1er mars à 22h30 : Jam session spéciale 20 ans Cave à musique 24 mars à 21h : Jeremy Pelt 5tet, 17 ans du Crescent jazz club – Jazz Eglise Notre Dame de la Paix 18 mars à 17h : Quintette piano et vents - Rubinstein / Rimsky-Korsakov

Tarif normal : 20 euros - Adhérents : 10 euros - Gratuit pour les - de 18 ans 03 85 35 61 38 - www.musiquedechambre-valdesaone.net Mâcon Scène nationale 6 mars à 20h30 : III – Théâtre 10 mars à 20h30 : Chloé Lacan et Sophia Charaï – Musique 16 mars à 20h30 : Révolution – Danse 21 mars à 19h30 : The Sugar Beat Circus et Miroir, Miroir – Cirque

© Frédéric Cha-

La Péniche Cancale 1er mars à 21h : Dub in VO + T.H. Dubwise Selecta – Electro Dub 2 mars à 22h : Bateau Ivre : MZKBX – Electro House 3 mars à 21h : Attack El Robot + Mr Duterche – Rock’n’roll Spaghetti 4 mars de 15h à 20h : Tournoi de mini pingpong-sur-table-de-bistrot 8 mars à 21h : Big Rude Jake - Blues 9 mars à 22h : Mama Cumbia Sound System – Groove Latino 10 mars à 21h : Lady M & The Spicy Souls + Funky People Party 11 mars à 18h : Akalé Wubé – Ethno Groove 15 mars à 21h : Habstrakt + Dephas8 - Dubstep 16 mars à 22h : Skanky Yard & Friends – Reggae Sound System 17 mars à 20h : Bullstoop + Lubrik’s Bug – Jazz Rock Electro 23h : Boum Love Boat – Des rythmes et de l’amour 18 mars à 17h30 : Nicolas Bonneau « Dernier village avant la ville » - Conte 22 mars à 20h30 : Fish A King - Blues 23 mars à 22h : Dr Larry vs Julio - Hip Hop Reggae Ragga 24 mars à 21h : Loopzilla + Kiko Selecta – Funk Rock Brass Band 25 mars à 18h : The Chap – Pop Electro 29 mars à 20h30 : D’Jazz Kabaret : Drei improten Kreis – Jazz 30 mars à 22h : Soul Food Party – Groove & more 31 mars à 19h : Adaman + Djalafoul’ Sound System – Reggae & Afro 70’s

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Loïc Lantoine le 31 mars à L’arc 25 mars à 17h : Destins de femmes – Musique classique 27 mars à 20h30 : Foucault 71 – Théâtre

Musée des Ursulines Du 17 mars au 20 mai : Jean-Michel Gasquet / Sophie Coroller

QUETIGNY Bibliothèque municipale 17 mars à 17h : Le Printemps des Poètes : lecture réunissant lecteurs de la bibliothèque et musiciens de l’Ecole de musique, de danse et des arts , orchestrée par Alexis Louis-Lucas de la compagnie Taxi Brousse

Espace Mendès-France 16 mars à 20h30 : Ils étaient 29000 - Théâtre 27 mars à 20h30 : L’air de rien - Jonglage et musique Salle Berlioz - Espace Léo Ferré 15 mars à 20h30 : Causerie musicale «Autour de l’orchestre à cordes et la musique française»

Espace des Arts Du 12 au 16 mars : Les rendez-vous des Piccolis 3 23 mars à 20h : Choeur Accentus, Shubertiades – Musique 27 mars à 20h : Vertical Road – Danse Du 28 au 31 mars : Pages en partage – Lectures, rencontres, théâtre

Musée Nicéphore Nièpce Jusqu’au 20 mai : Exposition de Charlotte Perriand, La photographie pour un autre monde Jusqu’au 20 mai : Exposition de Raphaël Dallaporta, Observation

La Péniche 1er mars à 20h30 : Amour – Blues, heavy métal, zouk 10 mars à 21h : Les femmes et les enfants plus tard : Idem + Myster Möbius + Gameboy Physical Destruction + Black Ball’s + Garmonbozia + La Veillée – Electro rock, punck, hard rock 16 mars à 21h30 : Hell’s Kitchen / Otto – Blues 17 mars à 21h30 : Scène découverte: The Whyskers + The Fawkes – Hard rock, punk rock

Exposition Charlotte Perriand au Musée Nicéphore Nièpce de Chalon-sur-Saône jusqu’au 20 mai


Repérages

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Drôles de Dames à Mâcon Scène nationale Cette année le temps fort Drôles de dames élargit son champ d’action puisque la danse se voit rejointe par d’autres disciplines artistiques. Le public pourra ainsi découvrir également un concert et un spectacle de cirque. Des propositions artistiques à la fois très diverses, mais qui ont comme point commun d’être portées par des artistes féminines.

Le théâtre fait son apparition dans Drôles de dames avec le Collectif F71, groupe de cinq comédiennes qui ont travaillé sur trois affaires qu’avait mises en lumière le philosophe Michel Foucault dans les années 70. La réunion d’une somme importante de documents leur a permis de mettre en place cette pièce qui traite de sujets épineux comme la prison, la liberté de la presse et le racisme. « Foucault 71 récrée vraiment de manière très sensitive l’époque, évoque des problématiques très actuelles sur la surpopulation dans les prisons mais propose aussi un théâtre nouveau qui n’est pas basé sur un texte qu’on aurait mis en scène », explique Laurence Terk, directrice de Mâcon Scène nationale. Drôles de Dame c’est bien sûr également de la danse avec la venue cette saison d’une création d’Olivier Dubois, Révolution, mettant en scène pas moins de quatorze danseuses qui réalisent ici une performance particulièrement physique. « C’est une pièce qu’Olivier Dubois a vraiment écrite en commun avec ses interprètes », explique Laurence Terk. La partition du Bolero de Ravel, qui dure 21 minutes, a été étirée à 2 heures. Des danseuses tournent autour d’une barre de Pole dance. « Tout l’intérêt réside dans les moments d’abandon. La répétition crée une familiarisation avec les interprètes ».

La trapéziste Mélissa von Vepy

La chanson s’invite aussi cette année par l’entremise de Chloé Lacan et Sophia Charaï. Deux chanteuses s’accompagnant chacune à l’accordéon, et partageant un goût certain pour le métissage des musiques. « Ce sont deux artistes qui en imposent, qui ne sont pas sur le féminin évanescent, mais plutôt la force », souligne Laurence Terk.

Nous avons rencontré Laurence Terk, directrice de Mâcon Scène nationale, qui nous parle de Drôles de Dames, temps fort autour de la création féminine. A visionner sur la webTV de Diversions consacrée au spectacle vivant : www.artsenscene.tv

Sophia Charaï Une soirée particulière aura aussi lieu le 21 mars avec deux spectacles très différents. Le premier, The Sugar Beast Circus, propose un spectacle de cirque « qui évoque plutôt les baraques foraines du XIXème siècle », explique la directrice de la scène nationale mâconnaise, un univers très curieux entre cirque, danse, théâtre et installation. Mélissa von Vepy viendra ensuite présenter son spectacle de trapèze, Miroir, Miroir proposant une réflexion sur le regard que l’on porte sur soi-même et sur l’image que l’on renvoie. L’Orchestre de Mâcon participe lui aussi au festival Drôles de Dames à travers un pro-

gramme dédié aux oeuvres méconnues de quatre compositrices du XIXème siècle. Trois noms que l’on reconnaîtra aisément - Fanny Mendelssohn, Clara Schumann et Alma Malher - et une quatrième Louise Farrenc, dont la Symphonie n°3 en Sol mineur sera interprétée. L’Embobiné, association mâconnaise de cinéphiles, s’associe pour la première fois à l’événement et propose la projection du film iranien Et maintenant on va où ?. La directrice souhaite ainsi collaborer avec des structures locales pour enrichir la programmation. L’association de cinéphiles bénévoles met en place régulièrement une programmation de films d’auteurs ou classés Art et essai. - Paul Sobrin -

www.theatre-macon.com

La Maison natale de Victor Hugo ouvrira ses portes en 2013

NOTEZ-LE !

Du 10 au 26 février ont eu lieu à Besançon de nombreuses manifestations autour de Victor Hugo. A travers spectacles, lectures, expositions et rencontres diverses, la capitale comtoise rendait hommage à l'écrivain à l'occasion du 210ème anniversaire de sa naissance.

Nos reportages sur tourismeetpatrimoine.tv © Dominique Demangeot

On trouve à Besançon de nombreuses allusions à la naissance de l'écrivain, né au 140 Grande Rue le 26 février 1802, de la statue de Just Becquet à Granvelle à celle plus récente d'Ousmane Sow sur l'esplanade des Droits de l'Homme. En juin 2013, la maison natale de Victor Hugo ouvrira ses portes au public. Le maire de Besançon Jean-Louis Fousseret a souhaité que ce lieu emblématique soit restauré, non pas pour en faire un musée, mais plutôt un lieu contribuant à garder vivante la pensée hugolienne, universelle et toujours d'actualité près de 130 ans après la disparition de l’homme de lettres.

Diversions a suivi les événements autour du 210ème anniversaire de la naissance de Victor Hugo.

Le Bibliobus aux couleurs de Victor Hugo devant sa maison natale "Lorsque je suis allé en Chine", explique JeanLouis Fousseret, j'ai mesuré combien Victor Hugo était connu là-bas". Les thèses humanistes d'Hugo ont largement dépassé les frontières nationales et pourtant on pouvait déplorer un manque de visibilité de l'écrivain dans sa ville natale. Dès juin des entreprises seront consultées et la Maison natale de Victor Hugo devrait ouvrir un an plus tard. On y trouvera du mobilier de la famille Hugo récupéré à Paris qui est la propriété de la Ville de Besançon, mais aussi une pharmacie conservée actuellement au Palais Lascaris à Nice, "remise au millimètre près où elle se situait il y a un siècle", souligne Jean-Louis Fousseret. La Maison s'étend sur le rez-de-chaussée et le premier étage - qui abritait le Théâtre de Poche dans les années 80 -. Un espace multimédia - au sous-sol - côtoiera cet antique mobilier, pour retracer la vie et l'oeuvre de

Victor Hugo, en particulier auprès du jeune public. Les classes seront d'ailleurs les bienvenues à la Maison natale de l'écrivain. "Nous souhaitons montrer que les grands combats de Victor Hugo sont toujours d'actualité", ajoute le maire de Besançon. La Maison natale de Victor Hugo s'inscrit dans un réseau international recensant les endroits emblématiques en rapport avec l'écrivain, un réseau parrainé par Robert Badinter qui était présent à Besançon le 25 février pour évoquer la conception de la justice - un sujet qu'il connaît bien - à travers Les Misérables. La DRAC se félicite également de cette Maison natale, "un projet intelligent car cohérent avec le passé et l'histoire de la ville, sa tradition de solidarité", estime Lazare Paupert, son directeur régional. Le Ministère de la Culture envisage d'ailleurs d'attribuer le label Maison des Illustres à la bâtisse dès son ouverture au

Durant l’année et jusqu’en juin 2013, Diversions vous proposera des sujets réguliers sur l’écrivain et notamment ses relations avec la Ville de Besançon

public en juin prochain. Ces célébrations autour de Victor Hugo voient aussi la parution d'un ouvrage sur l’écrivain écrit par Gonzague Saint Bris et illustré par Philippe Lorin. Pour "ressentir le souffle du grand homme", comme le dit Jean-Louis Fousseret, une série d'événements a eu lieu du 10 au 26 février à Besançon, mobilisant de nombreuses structures culturelles bisontines. A noter également deux expositions à la Médiathèque Pierre Bayle qui se déroulent jusqu’au 15 mars. - Dominique Demangeot -

www.besancon.fr/victorhugo


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L’actu des MJC / Vie des quartiers

Diversions

La MJC Héritan à Mâcon Depuis 1955, la MJC Héritan propose à Mâcon des activités culturelles et sportives pour toute la famille. Nous avons rencontré Jean-Marc Dumas, directeur de la structure, qui retrace pour nous son histoire.

NOTEZ-LE ! Retrouvez un reportage sur la MJC Héritan sur le site du journal Diversions. Nous avons suivi quelques activités proposées à la MJC Héritan et rencontré son directeur Jean-Marc Dumas

« Au départ, c’est la volonté d’un homme, Louis Escande, à l’époque adjoint au maire, qui a souhaité créer quelque chose pour la jeunesse à Mâcon après la Libération », explique Jean-Marc Dumas. La MJC ouvre en 1955 après quatre ans de travaux, Mâcon étant l’une des premières villes moyennes à bénéficier d’une maison des jeunes et de la culture. Avant, des associations de patronnage laïque permettaient aux jeunes de se retrouver dans des petites salles municipales mais pas de manière structurée. Souvent ces associations étaient rattachées à des écoles primaires. Jean-Marc Dumas précise d’ailleurs que l’Amicale laïque de Mâcon a été prise comme base pour la création de l’actuelle MJC.

www.diversions-magazine.com

L’Orchestre d’accordéons de Lyon le 31 mars à la MJC Héritan

Le directeur souligne que l’usager de la Maison des jeunes et de la culture n’est pas seulement consommateur mais aussi adhérant, pouvant être amené à prendre part à la vie de la structure

par quartier qui développent leurs activités dans des bengalos, des préfabriqués ».

- Dominique Demangeot -

www.mjc-heritanmacon.org

Les MJC restent encore aujourd’hui très attachées au concept d’éducation populaire, même si Jean-Marc Dumas confesse que depuis la fin des années 90, les activités commencent à s’essouffler, du fait du développement d’associations ou d’opérateurs privés proposant les mêmes activités que celles des MJC. Le phénomène de l’auto-entreprenariat accélère encore aujourd’hui ce processus. En 2003-2004, un travail de réflexion a donc été mené par bénévoles et professionnels de la MJC, sur les valeurs qu’ils souhaitaient défendre et sur l’évolution des activités. « On avait peut-être un petit peu oublié d’où on venait et ce qu’on était. Cette réflexion nous a permis de retravailler nos fondamentaux ». Le directeur souligne en effet que l’usager de la Maison des jeunes et de la culture n’est

© Diversions

En 1965 sont créées les fameuses MJC - Maisons des Jeunes et de la Culture - et les activités se multiplient alors, le nombre d’adhérants également. Fait notable, dans les années 60 et 70 de grands noms de la chanson comme Brel ou Bécaud passeront par Mâcon ! « C’était l’âge d’or pour les artistes français et pour les MJC qui donnaient à ces derniers la possibilité de se produire. Les théâtres étaient peu nombreux à l’époque », explique JeanMarc Dumas. Les deux rôles principaux de la MJC sont les activités sportives et la diffusion de spectacles. Avec l’arrivée du théâtre de Mâcon en 1975, la MJC abondonne ce rôle de diffuseur et commence à mettre en place plus d’activités. La scène est murée et différentes salles d’activités sont aménagées. « Nos concitoyens ont un grand désir d’accès à la culture, de pratiquer des activités diverses et variées et la MJC prend cette orientation de proposer un panel d’activités conséquent. A l’époque on retrouve pratiquement une MJC

pas seulement consommateur mais aussi adhérant, pouvant être amené à prendre part à la vie de la structure. « On s’est donné deux autres axes qui sont le développement des conférences et des pratiques amateurs». Du 24 février au 29 juin, la MJC proposera en effet la troisième saison du Gymnase, quatre mois de représentations, théâtre, danse, concerts assurés par des amateurs.

Atelier cirque

La pratique amateure mise en lumière au Gymnase Le Gymnase

En 2005, un gradin de 228 places a été acheté d’occasion et une scène a été montée pour célébrer les 50 ans de la MJC. L’expérience a rencontré un tel succès qu’elle a été renouvelée au fil des ans jusqu’en 2009, les ateliers et les clubs se mettant en scène dans le gymnase en juin. En 2010 la MJC récupère du matériel son et lumière, ce qui lui permet de monter la première édition du Gymnase. Une programmation culturelle choisie par la MJC est proposée, mettant en valeur le travail des troupes et musiciens amateurs de tous bords. Après un festival de Heavy Metal organisé les 24 et 25 février, on pourra assister en mars et avril à plusieurs pièces montées par des compagnies amateures de la région de Mâcon. On remarque que si les propositions sont très variées, elles prennent toutes soin de porter un message, comme Des deux côtés du mur, l’ombre qui traite de la relation Israël-Palestine, Les 7 jours de Simon Labrosse au sujet du chômage, Blanc... sur l’accompagnement en fin de vie... Le Gymnase, c’est aussi la venue d’un orchestre particulier composé d’une quinzaine d’accordéonistes le 31 mars.

Notons un autre temps fort du 16 au 29 juin où les activités et les clubs de la MJC se mettent en scène. Du jazz au hip hop, des arts du cirque au théâtre, c’est l’occasion là encore de prendre la mesure des productions artistiques proposées par les amateurs dans la région de Mâcon.

Le Gymnase en mars 2, 3, 16 et 17 mars à 20h30 11 mars à 17h : Des deux côtés du mur, l’ombre, coproduction Golmus et le Pendart - Théâtre 23 mars à 20h30 : Les 7 jours de Simon Labrosse - Théâtre 31 mars à 20h30 : Orchestre d’accordéons de Lyon - Concert

Des deux côtés du mur, l’ombre du 2 au 17 mars


Musiques

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David Krakauer à Chenôve La Ville de Chenôve accueille le 31 mars le clarinettiste David Krakauer. Rompu à l’exercice du concert, le musicien new-yorkais fera une halte par la Bourgogne.

de chambre -, David Krakauer tourne donc avec le quatuor Habanera une nouvelle page musicale. Le new-yorkais rencontre nos quatre français lors de leur neuvième académie en 2008. Ces derniers se penchent alors sur des compositions klezmers originales de David Krakauer, mais quelques partitions classiques sont également revisitées comme l’ouverture des thèmes juifs de Prokoviev ou Mladi de Leos Janacek.

David Krakauer est l’un des plus fameux représentants du renouveau new-yorkais de la musique klezmer. Il contribue, avec ses Klezmatics, d’autres formations ou en solo, à populariser cette musique traditionnelle qui s’ouvre aujourd’hui à tout un nouveau public.

A Chenôve, David Krakauer se produira avec le quatuor de saxophones Habanera, ensemble français lui aussi adepte de défrichages musicaux. De la création contemporaine aux musiques du monde, en passant par les musiques improvisées, le quatuor a remporté pas moins de 8 premiers prix internationaux de musique de chambre

Le quatuor Habanera Le Klezmer est une tradition musicale juive d’Europe centrale et de l’Est dont les origines remontent au XVe siècle. On y trouve des influences bigarrées - Europe centrale mais aussi Moyen-Orient, tziganes et slaves. Klezmer signifie « instrument de chant ». Le clarinettiste a su rester fidèle à cette tradition de métissage propre à la musique Klezmer, en collaborant avec de nombreux musiciens venus d’horizons divers. Dernièrement, il a beaucoup travaillé avec Josh Dolgin alias So Called, MC Yiddish de Montréal.

A Chenôve, il se produira avec le quatuor de saxophones Habanera, ensemble français lui aussi adepte de défrichages musicaux. De la création contemporaine aux musiques du monde, en passant par les musiques improvisées, le quatuor a remporté pas moins de 8 premiers prix internationaux de musique de chambre. Dernièrement ils ont invité Louis Sclavis sur un album studio. Habitué lui aussi à travailler avec des artistes divers - rock, avant-garde, musique

Retrouvez l’actu des musiques actuelles

www.diversionspartenlive.tv

David Krakauer est un virtuose de la clarinette au jeu puissant, comme en témoignent les nombreuses descentes de notes durant ses concerts. Mais virtuosité ne signifie pas manque d’âme. Vitesse n’est pas précipitation. Dans les concerts de David Krakauer c’est l’expressivité qui prime, lorsque le musicien nous plonge dans le folklore festif des pays de l’Est. Ce n’est pas pour rien que la formation qui accompagne Krakauer se nomme The Klezmer Madness - la folie klezmer - ! - Paul Sobrin -

David Krakauer et le quatuor Habanera, Hôtel de Ville, Chenôve, 31 mars à 20h www.ville-chenove.fr

en vidéo

un site du journal Diversions


Musiques

Human Beat Box à Dijon

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The Ex à La Vapeur

Zutique et Octarine poursuivent leur exploration des multiples possibilités de la voix avec le festival Human Beat Box qui reviendra du 6 au 8 avril prochains. Une fois encore le festival mélange les têtes d’affiche et les jeunes pousses du Beatboxing. Pour les connaisseurs, les organisateurs ont convié le 6 avril à 20h30 Sly Johnson. L’ancien membre du fameux Saïan Supa Crew se produira au Consortium et présentera sa musique au carrefour du rap, de la soul... et du beatboxing bien sûr. Sur son premier album solo, 74, l’artiste, non content d’inviter le gratin des musiciens - batteuse de Lenny Kravitz, bassiste de James Brown -, a produit une galette qui démontre toute l’étendue de ses capacités vocales, entre soul, rap, funk et jazz. Cerise sur le gâteau, cette soirée du 6 avril verra la venue de Napoleon Maddox. Le beatboxer se voit offrir une carte blanche. Le leader du groupe IsWhat?! mêle jazz et rap, composantes essentielles de la musique noire américaine, deux époques qui se rejoignent dans le flow du bonhomme. Le lendemain, samedi 7 avril, le festival investit cette fois La Vapeur et vous invite à découvrir les vainqueurs des derniers championnats de France de Beatboxing, Box Office. Ces championnats constituent un bon tremplin comme on pourra le voir avec Entek, ancien champion qui s’est uni à d’autres artistes pour former un groupe naviguant entre dubstep, hip hop et beatbox. Enfin Eklips présentera un show, ou plutôt un one man show entre la France et les EtatsUnis. Eklips passe en revue les stars du hip hop de Joey Starr à Busta Rhymes, d’Eminem à ... Diam’s ! Il reproduit en beatboxing

Sly Johnson leurs compositions originales en y ajoutant une grosse tranche d’humour.

Mais aussi

Human Beat Box, ce sont aussi des rendezvous dans des lieux plus intimistes comme l’Hôtel de Vogüe qui accueillera le 6 avril, dès 18 h, Polo « Mr Groove », jeune beatboxer autodidacte ainsi que la projection d’un reportage musical en Afrique du Sud. Le 7 avril, place à la restitution d’ateliers menés par des professionnels auprès des amateurs et à une deuxième projection, qui retrace le parcours d’Under Kontrol, champions du monde de Beatboxing en 2009. Le dimanche, la Péniche Cancale accueillera un beatboxer flûtiste ainsi que Miss White & The Drunken Pianoe, entre hip hop et cabaret. - Manu Gilles-

Attention légende... Les hollandais de The Ex fêtent leurs trente-trois ans de carrière et font une étape par Dijon le 17 mars. Le groupe toujours vaillant pratique depuis trois décennies un post-punk avide d’expérimentations. Contrairement à nombre de formations de leurs époques, The Ex ont su aller voir plus loin que le bout de leur nez. Lorgnant du côté de la musique improvisée, africaine, du jazz et du noise - Sonic Youth les citent souvent en exemple -, le groupe compte plus de vingt albums dans son escarcelle. The Ex se forment en 1979 et sortent leur premier album l’année suivante. Très vite le groupe fait montre d’un réel engagement politique comme lorsqu’avec l’album Weapons For El Salvador il soutient la guérilla contre le gouvernement. Même si des membres quittent le groupe au fil du temps, les collaborations s’enchaînent, et les prises de position également - contre l’Apartheid, pour le peuple palestinien... -. The Ex enregistrent dans un squat d’Amsterdam, avec un violoncelliste, côtoient tour à tour le folk et le rap et vont même collaborer avec un choré-

Festival Human Beat Box, Dijon, du 6 au 8 avril - www.humanbeatboxfestival.com

graphe contemporain. Lorsqu’en 1999 le groupe fête ses 20 ans de carrière au Paradiso à Amsterdam, c’est à guichet fermé. Aujourd’hui The Ex sont toujours bien vivants et continuent de sillonner le monde avec leur musique sans frontières.

A voir aussi : Les Femmes s’en mêlent

N’oublions pas en ce mois de mars le passage par Dijon du festival désormais célèbre des Femmes s’en mêlent. Un focus sur la scène musicale féminine le 21 mars qui nous fera découvrir cette année trois formations qui méritent le détour, dont les Dum Dum Girls à l’ascension fulgurante. Sur le label Sub Pop elles pratiquent un rock garage nourri de la magie des sixties, qui n’a rien à envier aux mecs. Venez suivre l’étonnante chanteuse Dee Dee sur la scène du Consortium. C’est en effet entre les murs du centre d’art contemporain dijonnais que se tiendra Les femmes s’en mêlent cette saison. - Samuel Effin -

Programmation complète : www.lavapeur.com

Mars à La Rodia A La Rodia en mars, la programmation s’annonce une fois encore éclectique entre les couleurs irlandaises des bisontins de Blackwater le 2 mars et la tradition malienne de Boubacar Traoré le 16 - au Théâtre musical -. Il y a ceux que l’on prendra plaisir à retrouver comme la joyeuse bande de The Washing Machine Cie le 3 mars, dont le désormais fameux blues’n’roll assurera la première partie de Sallie Ford and The Sound Outside, formation à découvrir originaire de Portland à l’instar de Beth Ditto. Derrière ses lunettes passées de mode, Sallie Ford retourne au bon vieux temps du rockabilly, mais un rockabilly moderne teinté de claviers et de cordes. Avant que le mois de mars ne s’achève le 30 avec les musiciens touaregs de Tinariwen, un blues du Mali à découvrir si cela n’avait pas été fait il y a deux ans aux Eurockéennes, La Rodia accueillera le 22 mars Miossec. Le plus célèbre des brestois vient de sortir un nouvel album entre textes forts et guitares abrasives du rock. Un nouvel opus, Chansons ordinaires, en opposition au précédent album qui se voulait plus pop. Chansons ordinaires a été enregistré très vite, mais dans une urgence souhaitée, avec une formation resserrée pour des textes et des musiques particulièrement bruts.

Melissmell

Le 29 mars la jeune Melissmel, que certains d’entre vous ont peut-être entendue l’an dernier à Rolling Saône, s’avancera sur la scène de la Rodia, précédée par les bisontins d’Archael. Son premier album Ecoute s'il pleut, sorti en début d’année 2011, a reçu de belles critiques. Dès la première piste Aux

Miossec le 22 mars armes, où la jeune artiste détourne pour mieux le remettre en question notre hymne national, Melissmell alias Mélanie s’inscrit dans une tonalité contestataire. S’il est facile de s’indigner, il est déjà moins commode d’y mettre les formes. C’est pourtant ce que fait Melissmell ici avec un premier album de rock/pop réaliste, éclairé de beaux arrangements – Je me souviens, Viens -. Petite anecdote pour nos lecteurs francs-comtois, la chanteuse a convié sur Ecoute s’il pleut Thomas Nicol, le violoncelliste d’Aldebert. Une fille à suivre… - Seb Marais, Manu Gilles -

www.larodia.com


Théâtres

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Très nombreux, chacun seul au TDB défend le directeur du TDB François Chattot.

Jean-Louis Hourdin est un compagnon fidèle du TDB. On le retrouve en mars pour une nouvelle création, collective une fois encore, jusque dans son titre, Très nombreux, chacun seul. Une nouvelle oeuvre à la croisée des disciplines qui convoque musique, chanson, cinéma et théâtre.

Très nombreux, chacun seul met donc en avant un chant, peut-être au sens d’incantation, comme pour mobiliser l’attention et, pourquoi pas, susciter l’action dans l’auditoire. « En règle générale, ce qui guide nos créations ce sont les rencontres, les échanges, le vécu », souligne Jean-Louis

© A. Brisson

C’est le monde ouvrier que Jean-Louis Hourdin et ses collègues souhaitent évoquer ici. Une histoire de résistances, de conflits sociaux qui veut aussi faire perdurer la mémoire pour « ne pas montrer ce qui se dit, dire ce qui se tait ». En janvier à la Maison des Arts de Brioux-surBoutonne en Poitou-Charentes, la compagnie la Mouline venait présenter le spectacle en cours de création. Jean-Pierre Bodin qui propose certains de ses textes dans le spectacle, a rencontré d’anciens ouvriers. Devant eux il a lu des textes qui parlaient du travail à l’usine. Il a aussi évoqué un certain sens de l’entraide qui semble oublié aujourd’hui.

Hourdin. Durant un an, Jean-­Pierre Bodin et Alexandrine Brisson ont rencontré des ouvriers de Chauvigny. Entretiens, lectures, films et documentaires ont aussi nourri la préparation de cette pièce. Jean-Louis Hourdin confie qu’ils ont rencontré un ancien syndicaliste de la faïencerie de Chauvigny. « Cette lettre était celle laissée par M. Widdershoven dans le local syndical, avant de se suicider. Il avait demandé à ce que son geste soit reconnu comme accident du travail et c’est ce qui a été fait ».

Dès lors la souffrance au travail est devenue une notion clé dans la création du spectacle. Les artistes se font alors témoins du monde ouvrier, en usant d’autres armes que les sempiternelles statistiques. Une autre notion centrale est celle de la solidarité, comme l’écrit Jean-Louis Hourdin : « Sur le bonheur d’être par son action utile et au coeur de la communauté, indissociablement lié à elle » comme pour souligner la place d’un théâtre dans la cité comme le

Pour réfléchir à cet apauvrissement du lien social, la compagnie La Mouline a collaboré avec une journaliste de Libération, Sonya Faure et Sébastien Dejours, psychiatre, qui avaient déjà abordé la question de la souffrance au travail. Autres compagnons irremplaçables de cette entreprise, les ouvriers eux-mêmes qui apportent leur expérience sur le monde du travail, pour mesurer, à l’aune du passé, ce qu’il est devenu à l’ère des multi-nationales et des plans sociaux. Qu’en est-il aujourd’hui des conséquences de la révolution industrielle ? Vit-on mieux, au travail, aujourd’hui qu’au début du XXème siècle ? Et Roland Auzet, compositeur et percussionniste qui met en musique le spectacle, de comparer l’ouvrier au pauvre Sisyphe roulant son caillou jusqu’au bout de l’éternité... - Dominique Demangeot -

Très nombreux, chacun seul, Théâtre Dijon Bourgogne, Salle Jacques Fornier, du 13 au 17 mars www.tdb-cdn.com

Dom Juan au Nouveau Théâtre de Besançon Que dire de plus sur ce mythe du théâtre que Molière immortalisera en 1665 ? Symbole absolu du séducteur, Dom Juan est plus que cela : avant tout un homme libre, que Julie Brochen met en scène avec des comédiens de la troupe du TNS, d’autres acteurs ainsi que des élèves du Groupe 39 de l’Ecole. Dom Juan enchaîne les conquêtes comme on aligne des trophées sur une étagère. Pour lui, seule la conquête compte, et il met un point d’honneur à ne pas se lier aux femmes dont il partage un temps l’existence. Libertin et blasphémateur, il semble ne rien respecter, si ce n’est son propre désir. Mais Dom Juan est avant tout un homme libre dans un XVIIe siècle rongé par les autoritarismes royal et religieux. N’oublions pas que lorsqu’il écrit Dom Juan, Molière s’est vu interdire de donner Tartuffe, et que certaines scènes de Dom Juan seront elles-mêmes interdites pendant longtemps. Molière qui brocarda si durement

la caste des médecins, la médiocrité bourgeoise et même le pouvoir suprême, celui du roi, en multipliant les doubles niveaux de lecture, brossait aussi ici son propre portrait. « Dom Juan est, pour moi, avant tout, un insoumis. Son héritage, c’est le devoir de calquer sa conduite et sa pensée aux normes de son temps – ce à quoi il va se refuser obstinément, jusqu’à la mort », explique Julie Brochen. Au-delà du mythe Dom Juan, Molière s’en va également chercher la faille, déterrer les racines du mal chez cet homme que rien ne soumet. Cette blessure originelle, il faut la reconnaître dans le père, Dom Louis, à l’autorité duquel il n’obéit pas non plus. Alors le personnage de Molière refuse son héritage et choisit son propre chemin, tentative d’éloignement d’une tradition par trop pesante, un chemin trop rectiligne. Dans une certaine mesure, le personnage de Dom Juan tire une certaine gloire de cette déter

mination à toute épreuve, lui qui est admiré de son valet Sganarelle. Il ne fuit d’ailleurs jamais les que- relles que lui valent ses multiples conquêtes et ses prises de position. Son ultime duel, il le mène à la fin contre la statue du Commandeur qu'il a tué. Contrairement au Dom Juan original, El Burlador de Sevilla y Convidado de piedra, de Tirso de Molina, le personnage de Molière ne demande pas à se confesser à la fin de la pièce.

Cependant Dom Juan n’en reste pas moins homme. Les pitreries de Sganarelle sont une manière de figurer l’angoisse existentielle de Dom Juan lui-même. « Sganarelle provoque, certes, mais pour amener Dom Juan à se ranger à la pensée et les usages communs », dit encore Julie Brochen. « En vérité, les rôles sont inversés : le « vrai bouffon », celui qui bouleverse les codes et les comportements, c’est Dom Juan. Par ses sarcasmes, son refus de se soumettre, il provoque Sganarelle et la société entière ». Sgnanarelle exprime la voix de la bonne morale, des bienséances même s'il éprouve pour son maître un troublant sentiment mêlé de fascination et de crainte. - Marc Vincent -

Dom Juan, Nouveau Théâtre de Besançon, du 13 au 16 mars - www.nouveautheatre.fr


Ouvrez les yeux

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Cynik, graffeur dijonnais A 34 ans, Cynik est aguerri dans la pratique du graffiti : il est l’un des représentants du Street Art de Dijon, connu dans toute la Bourgogne et au-delà. Pour la peine la Péniche Cancale à Dijon lui a demandé de peindre son intérieur. C’était jusqu’en décembre une expo de peinture murale fluo. Cynik a proposé ensuite de vendre aux passants interpelés, pour 1 centime d’euro le centimètre carré de leur choix, cette « fresque panneau ». Les esthètes font appel à lui pour de l’architecture d’intérieure, des décors ou du graphisme. Car Cynik a commencé à peindre vers 16-17 ans, il a donc de l’expérience et il s’est créé un crew, un équipage comme un groupe de musique nommé OCT : On Court Toujours ou pourquoi pas On Cartonne Trop ou Obsessional Compulsiv Troubles : ce qui ne manque pas d’humour car il a bien la tête sur les épaules malgré sa douce folie artistique… Parmi le crew, les alliés du street art Persu à Paris, Skey à Nantes, Cloun à Lyon et Deuma toujours à Dijon qui a reconverti son âme en musique rap. OCT est toujours actif ! Cynik a fait quelques gardes à vues mais il peint aussi aux Tanneries et dans son parcours a influencé pas mal de jeunes graffeurs alors que lui est daltonien. On a pu le retrouver à Chenôve à l’Escale Charcot en février, avec un vernissage le 9, après une première exposition en mai dernier, des peintures sur cartons empilés.

N’est ce pas être mégalomane au service de l’Art ? « Se choisir un nom est un prétexte à dessiner et à écrire…!!! » dit–il « C’est pour se protéger aussi… » Il souhaiterait qu’il y ait plus de lieux pour peindre à Dijon et plus de reconnaissance de la ville. Après avoir fait les Beaux-Arts, il s’est créé un personnage abstrait et critique. Tout comme son livre de prédilection : La mort du roi Tsongor. Mais comme conseil à un jeune graffeur, Cynik rappelle qu’il faut « être soi-même » et non pas entrer dans une uniformisation à force de regarder ce que font les autres, car trop vouloir connaître c’est s’homogénéiser peu à peu, même si cela permet de comprendre d’autres cultures. Pour Cynik beaucoup de choses doivent être improvisées, il s’est beaucoup entraîné aussi dans des cahiers qu’il garde. Ce sont un peu des esquisses à la Léonard De Vinci ce travail... Et la Péniche Cancale l’a bien compris. Cet endroit comme dit Cynik, qui manquait à Dijon, est un lieu culturel ouvert à tous, pas élitiste avec une riche programmation… et qui survole l’eau… ! - Chloë Malbranche -

Pour voir les fresques de CYNIK : www.vizualistic.com/cynik

Cynik a choisi ses lettres de noblesses car elles sont belles et signifient «l’irrévérencieux»…

De l’autre côté. Photographies de Philippe Gronon Au musée des beaux-arts de Dijon et au musée Magnin, le photographe Philippe Gronon présente une sélection d’images issues de sa série Versos photographiques. Comme son nom l’indique, ce travail consiste à dévoiler au public l’envers d’objets, ce que d’ordinaire on ne montre pas.

Philippe Gronon s’interroge ici sur la relation entre peinture et photographie, deux medium que l’on a eu tendance à opposer dès l’invention de la photographie au XIXème siècle

Débutée en 2005, cette série donne à voir au musée des beaux-arts 27 versos de tableaux issus de grandes collections publiques des musées du Louvre, Orsay entre autres lieux, ainsi que du musée des beaux-arts de Dijon. Au musée Magnin, ce sont 11 versos de peintures issues en majorité de collections particulières qui sont mises en regard avec les oeuvres du musée. Philippe Gronon s’interroge ici sur la relation entre peinture et photographie, deux medium que l’on a eu tendance à opposer dès l’invention de la photographie au XIXème siècle. Philippe Gronon a photographié les faces cachées de bien d’autres objets - tableaux électriques, amplis... - cependant l’envers des tableaux possède une caractéristique. Non seulement on ne les voit jamais, mais les règles font que l’on n’est pas autorisé à retourner un tableau dans un musée pour voir ce que recèle son envers. Cette face dissimulée révèle cependant parfois de précieux indices sur la genèse d’un tableau, sur son histoire. On remarque des matériaux divers, des couleurs et des formats variant grandement d’une oeuvre à l’autre. « L'envers d'un tableau, sa face cachée dévoile autre chose » explique Philippe Gronon qui travaille à la chambre et à l'échelle 1 en argentique, pour retrouver au plus près la face cachée originale. Pour lui la photographie enregistre en premier lieu la réalité telle quelle, en révélant les traces d’usure, seule

Deux inédits seront proposés à Dijon dont la très contreversée Origine du monde de Gustave Courbet. - Paul Sobrin -

indice de l’intervention de l’homme ici. C’est avant tout pour lui un moyen d’enregistrement de dispositifs servant à produire des images, des sons, de l’électricité... L'image argentique est ensuite numérisée et contrecollée sur une plaque d'aluminium. Selon ses

propres dires, Philippe Gronon utilise la photographie « dans toute sa rigueur comme moyen d’enregistrement », façonnant le trompe-l’oeil d’un objet à la fois présent et absent.

De l’autre côté. Photographies de Philippe Gronon, Musée des beaux-arts et Musée Magnin, Dijon, du 18 février au 21 mai - http://mba.dijon.fr


Ouvrez les yeux

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La Biennale 2012 d’Itinéraires Singuliers Du 15 mars au 8 avril, la Grande Orangerie du Parc de l’Arquebuse à Dijon accueille la deuxième édition de la biennale d’art singulier. Organisé par l’association Itinéraires Singuliers, ce temps fort autour des arts plastiques vise, à travers expositions mais aussi ateliers, rencontres et spectacles, à questionner les rapports entre art et exclusion. Fidèle à ses principes, l’association Itinéraires Singuliers a souhaité une fois encore ménager des temps de rencontres autour du dessin. La culture peut aider à faire un pas vers les personnes en marge, et réunir des publics qui d’ordinaire de se croisent pas.

Art populaire

© Jean Tourlonias

Cette seconde biennale s’articule autour de la collection d’art populaire contemporain élaborée par Luis Marcel, collectionneur et

Jean Tourlonias

département. Sophie Renault a travaillé quant à elle sur une mise en espace jeu, son et vidéo, préparée lors d’ateliers d’écriture avec des patients et des membres du personnel du CATTP Bachelard du CH La Chartreuse. Une restitution est proposée le 22 mars à 20h et le 23 mars à 14h30. En résidence de création à La Chartreuse, Laurence Vielle rencontre patients et personnels autour de la thématique « Qu’est-ce qui fait vivre ? ». Ces rencontres lui fournissent la matière de son prochain spectacle en 2013. Les 29 mars à 20h et 30 mars à 14h30 elle proposera une lecture musicale accompagnée de Bertrand Binet. Les plus jeunes sont aussi impliqués dans l’aventure. Le 2 avril à 18h30, on pourra ainsi assister à une performance d’improvisation théâtrale menée par le lycée Les Arcades, l’Institut médico-éducatif Les Ecayennes et le CATTP Bachelard. Là encore c’est une étape de travail avec comme objectif la réalisation d’un spectacle l’an prochain pour le festival Itinéraires Singuliers.

Biennale laboratoire

© Van Der Steen

Van Der Steen

directeur de L’art en marche, association et centre d’art contemporain à Lapalisse dans l’Allier. On pourra y voir des oeuvres d’artistes alternatifs, hors des courants et des modes ou du marché de l’art. Cet art populaire contemporain, comme l’a baptisé Luis Marcel lui-même, est propre à chacun des artistes, issu directement de leur vécu, leurs expériences.

Spectacles

A l’Orangerie, le visiteur sera accueilli par des totems confectionnés par 200 usagers de structures sociales, de centres de loisirs et adhérents de l’association Itinéraires Singuliers. Ces totems ont été réalisés sous la tutelle de l’artiste Moss, déjà présent l’an dernier au festival Itinéraires Singuliers.

On découvrira notamment des étapes de travail de spectacles préparés en vue du festival Itinéraires Singuliers en 2013. Une lecture musicale par Sylvain Thirolle et Karine Quintana aura lieu le 15 mars à 20h et le 16 à 14h30. Ils ont travaillé sur Bons baisers de l’expo d’Eugène Durif, en collaboration avec des habitants et des travailleurs sociaux du

La biennale propose aussi dans sa programmation plusieurs temps de spectacles, favorisant ainsi la création. Collaborant en effet avec des artistes associés, l’association Itinéraires Singuliers favorise ainsi la rencontre entre les créateurs et les usagers et le personnel du Centre hospitalier La Chartreuse de Dijon ou sur le département de la Côte d’Or.

A travers de nombreuses animations et rencontres, la biennale 2012 se veut un terrain d’expérimentation et incite le spectateur à s’investir dans des ateliers et autres rencontres. Des visites commentées seront également proposées pour découvrir l’Art brut, « noeud de problématiques, un concept qui cherche à penser l’art dans tous ses rapports à la société ». Notons qu’une journée d’étude autour de l’art populaire contemporain se déroulera à La Nef le mardi 27 mars de 9h à 18h, reconnue au titre de la formation continue. - Dominique Demangeot -

www.itinerairessinguliers.com

Bidonville, l’autre ville à Latitude 21 A Latitude 21, une exposition produite par l’association Architecture Dijon Bourgogne nous entretient des bidonvilles que l’on peut trouver à travers le monde. Une invitation au dépaysement et à la réflexion. Après Dubaï et Abu Dhabi en 2009, l’association se penche cette fois sur un phénomène mondial, à la progression étonnante puisque selon l’O.N.U., 30 % de la population urbaine mondiale vit dans des bidonvilles.

Bidonville, l’autre ville nous fait voyager en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie du Sud. L’association s’est rendue sur ces trois continents et propose également une analyse de bidonvilles à Bucarest, à Amman en Jordanie et à Tokyo, afin d’avoir un panel large et représentatif, « pour voir quelles étaient les grandes typologies et pour en tirer

© Architecture Dijon Bourgogne

Pour étudier cette forme urbaine particulière, des membres de l’association Architecture Dijon Bourgogne sont partis aux quatre coins du monde pour ramener des photographies des lieux. « Nous produisons des expositions d’architecture et d’urbanisme, nous travaillons globalement sur la ville et essayons de réfléchir sur l’évolution urbaine », explique Sébastien Godret. L’exposition à voir en ce moment à Latitude 21 met en avant un nombre important de photographies mais s’interroge aussi sur l’origine des bidonvilles, sur les raisons de leur apparition et de leur développement.

- Marc Vincent -

Un bidonville à Bombay des tendances afin de pouvoir réaliser notre analyse ». Ainsi au-delà du propos architectural, l’exposition aborde également des problématiques économiques, sociétales, démographiques. Architecture Dijon Bourgogne s’est ainsi appuyée sur des travaux de chercheurs.

donc aussi en lumière l’ingéniosité humaine, lorsqu’il faut palier des manques divers. Un exemple dont les pays occidentaux dits développés pourraient même s’inspirer. Les bidonvilles fonctionnent à leur échelle comme de véritables cités, avec leurs règles, leur fonctionnement interne. Et Architecture Djion Bourgogne d’établir une comparaison, pas toujours flatteuse, avec nos propres sociétés. « En filigrane, nous nous interrogerons sur ce que la ville moderne a perdu pour progresser, en offrant les rues aux voitures, en limitant le petit commerce, en créant des hypermarchés en périphéries, en thématisant les quartiers ; bref en détruisant largement la vie sociale de proximité ». Il semble donc que les bidonvilles aient plus à nous apprendre que nous ne le pensons, si nous voulons bien nous défaire quelques instants de nos regards occidentaux.

Regroupant les exclus du système, ceux que l’on met à l’écart pour des raisons économiques ou raciales, le bidonville apparaît également suite à des catastrophes naturelles ou des guerres civiles. En dépit de ces difficultés, ces quartiers subsistent et sont même parvenus à instaurer une véritable économie. L’exposition met

Bidonville, l’autre ville, Latitude 21, Dijon, jusqu’au 31 mars www.archi-db.com - www.latitude21.fr


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Chroniques CD

POP ROCK

Diversions

ROCK JAZZ

Retrouvez plus de chroniques, découvertes, interviews et infos musicales sur www.sensationrock.net ELECTRO HIP HOP

Moss Ornaments (Excelsior / V2 / Differ-Ant)

Tindersticks

Véritables stars dans leur pays mais quasiment inconnus en France, les Hollandais sortent en cette fin janvier leur troisième album. Après l’excellent et scènique Never Be Scared/Don’t Be A Hero, le groupe a revu sa partition en offrant de nouvelles compos plus difficiles d’accès mais qui dévoilent au fur et à mesure des écoutes leur potentiel. Si dans son prédecesseur on était tout de suite embarqués par les mélodies pop indie des pistes, ici en-dehors de quelques morceaux (What You Want ou le très Strokes Spellbound), il faut revenir plusieurs fois pour accrocher. Les chansons ont une couleur electro-ambiant (Ornament, Tiny Love) ou font incursion dans les années 80. On est parfois un peu déçu quand les compos ne décollent pas et nous laissent comme un goût d’inachevé (Give Love To The Ones You Love). En revanche, le côté onirique de Everything Died In Your Heart est bien senti. Même s’il renferme quelques morceaux qui seront à coup sûr de futurs hits taillés pour la scène (l’excellent The Hunter, Good People), Ornaments même après plusieurs écoutes reste en-dessous de Never Be Scared... Il n’en reste pas moins que les grands admirateurs de Moss y trouveront leur compte et continueront à les défendre corps et âme. - Florian Antunes Pires -

Neuvième et probable dernier album de la bande à Stuart Staples, The Something Rain fait dans la délicatesse. Un titre de plus de neuf minutes débute ce disque et installe l’auditeur dans une ambiance cosy, intimiste et délicieusement mélancolique. Pas très vendeur de mettre un morceau-fleuve en intro d’un disque, un titre qui place l’écoute sous une certaine tension, tout de même. Stuart Staples a laissé le soin à David Boulter de placer son spoken word sur cet envoûtant Chocolate. Le saxophone y a une place de choix. Il est aussi très présent sur Show Me Everything, ainsi que des choeurs soul. Chose assez rare chez les Tindersticks, le tempo de ce second morceau est plutôt rapide. Et Staples est toujours maître dans l’art de «crooner». Sa voix reconnaissable entre mille a toujours ce charisme indéniable et les arrangements cotonneux et rythm ‘n’ blues la servent à merveille (Slippin’ Shoes). Frozen et This Fire Of Autumn vont même jusqu’à se ranger dans le sillage funk-soul de Isaac Hayes et Curtis Mayfield. Bardé d’ambiances cotonneuses et délicatement surannées, The Something Rain est définitivement un bon cru Tindersticks.

ROCK METAL

FOLK

POP

The Something Rain

(City Slang / PIAS)

- Simon Grangereau -

Lilea Narrative Feline Boulevard (Bax Records / Kudos / Believe) Après deux albums qui l’ont installé comme l’un des fers de lance du mouvement electro hip-hop, Lilea Narrative revient avec Feline Boulevard. C’est installé à Besançon, qui n’a pas à avoir honte de ses artistes électro, que Lilea Narrative fait désormais évoluer sa musique. Il y a trouvé nouveaux amis et nouvelle inspiration. Dès Deuxième Souffle, on retient le sien puis l’on savoure une électro pleine de nappes de claviers 70’s et de scratches que ne renieraient pas RJD2 ou Buck 65. C’est d’ailleurs entouré d’un scratcher, Blockbass, que Lilea évolue à présent, agrémentant ses lives de vidéos créées en direct par les talentueux Small et Sofa King. Il faut écouter Blockbass s’affairer avec brio sur Cadence Claque. Lilea Narrative élabore également des beats plus complexes parfois teintés de soul (Mama Nine) ou évoquant des atmosphères cinématographiques (Fragments qui évoque le Prefuse 73 des débuts). Captivant, ce nouvel EP, disponible uniquement en vinyle ou mp3, a tous les atouts pour nous faire retenir le nom de Lilea Narrative pour de bon.

The Maccabees Given To The Wild (Fiction Records) Il a fallu plus de deux ans de travail aux anglais de Maccabees pour livrer leur troisième album. Bien leur en a pris puisque ce nouvel opus, bien que plus sombre que les deux précédents, ravira les amateurs de pop. L’introduction particulièrement soignée, avec ses arpèges glacés, annonce la couleur. Le premier morceau Child est dans la même veine, proposant une pop tout à la fois aérienne et entraînante, osons même le terme envoûtant, au diapason de la voix soyeuse d’Orlando Weeks. L’unité sonore est présente - avec aux manettes Tim Goldsworthy (co-fondateur du label Mo Wax avec James Lavelle) et Bruno Ellingham (New Order, Doves). Chaque titre installe cependant son atmosphère propre à l’image de Forever I’ve Known et son gimmick de guitare hypnotique. Il est certes difficile en entendant Heave de ne pas penser à Coldplay mais The Maccabees apportent un côté expérimental, presque progressif, que n’a jamais eu le groupe de Chris Martin. - Dominique Demangeot -

- Simon Grangereau -

TRACK BY TRACK FOLK

This Time Next Year : Une guitare pleine de delay et une rythmique assez exotique. Reel To Reel : Assez étonnant dans la discographie de Jurado, un titre très planant qui bénéficie d’une production psychédélique. Working Titles : Une rythmique sommaire comme point de départ, puis les choeurs de Jurado et Swift réunis mènent ce morceau vers les sommets.

Van Halen

A Different King Of Truth

(The Three Twins / LLC) Voici le premier album de Van Halen avec David Lee Roth depuis trente ans, autant dire un événement dans le monde du heavy metal, tant le chanteur charismatique qu’on aime ou qu’on déteste - avait marqué la formation de son empreinte. L’opus reprend principalement du matériel enregistré à la grande époque et jamais exploité. On retrouve en effet ce son Van Halen, les élucubrations vocales de Roth et bien sûr le jeu de gratte inimitable. Après un premier titre mid-tempo dispensable, les frères Van Halen entrent dans le vif du sujet avec She’s The Woman qui nous ramène à ce heavy metal fortement teinté de blues rock, tandis que I Wanna Be Your Knight In Shining Pickup Truck démontre toute la verve de Roth et sa gouaille de mauvais garçon californien. EVH reste le guitariste qu’on connait. On pourra notamment s’en convaincre sur You And Your Blues. Le groove Van Halen est toujours bien vivant, qu’il prenne des allures funky - Bullethead - ou plus progressif - As Is -. Le contrasté Stay Frosty est même un morceau d’anthologie. - Dominique Demangeot -

V/A

The songs of Leonard Cohen Covered

(supplément au magazine Mojo) La tracklist est un mélange idéal de classiques du Canadien et de morceaux un peu moins connus. Le tout repris par un casting alléchant. Le vieux briscard Bill Calahan donne sa voix grave à So Long Marianne, avec un judicieux slide d’une guitare. Le tout fraichement rebaptisé Father John. Misty AKA J.Tillman propose une interprétation magnifique et éternelle de One Of Us Cannot Be Wrong. Cohen n’a jamais été un homme des arrangements grandiloquents, et ces élèves semblent l’avoir bien compris, quand on écoute des versions pures et intimistes de Stories Of The Street par The Low Anthem ou un Sisters Of Mercy par une Liz Green uniquement accompagnée d’un piano. The Songs Of Leonard Cohen Covered témoigne une nouvelle fois de l’influence du Canadien à travers le temps, lui qui aura inspiré un grand nombre de groupes et artistes et montre à travers ces morceaux réinterprétés son intemporalité, et quel songwriter de génie il est. - Florian Antunes Pires -

Damien Jurado Maraqopa

(Secretly Canadian / Differ-Ant) Dixième album et le deuxième en compagnie de Richard Swift. De cette collaboration était né Saint Bartlett, magnifique album paru en 2010. Nothing Is The News : Le guitariste de Vetiver est invité pour délivrer un solo de guitare électrique complètement psychédélique qui surfe sur une rythmique façon «desert blues». D’entrée, on sait que ce nouveau cru Jurado va en imposer. Life Away From The Garden : Une autre nouveauté : le songwriter invite une chorale d’enfants. Si les couplets peuvent sembler un tout petit peu monotones, le refrain qui clôt le morceau est magnifique. Maraqopa : Morceau précédemment intitulé Three To Be Seen, présent sur Our Turn To Shine, réarrangé pour l’album. Richard Swift, l’âme fantomatique du disque y apporte ses choeurs noyés dans la reverb’.

Everyone A Star : Etrange ballade en apesanteur et hantée par un orgue et des choeurs. So On, Nevada : Damien Jurado a souvent chanté les Etats Américains. L’un de ces morceaux, brillamment interprétés, avec toujours Richard Swift harmonisant et apportant ses gimmicks de guitare 60’s. Museum Of Flight : Damien Jurado signe ici un très beau morceau qu’il chante en falsetto. Les arrangements sont feutrés et là aussi, le son est très 60’s. Mountains Still Asleep : Un dernier slow pour conclure l’album. Titre idéal pour danser avec sa belle avec les mêmes arrangements feutrées signés Swift. Un régal. Maraqopa continue dans la même lignée que Saint Bartlett, mais apporte plus de consistance au songwriting de Jurado, dont la voix n’a jamais été aussi à l’aise, en phase avec la musique. Richard Swift signe là une excellente production délicieusement surannée qui confère à l’ensemble une atmosphère de nostalgie et une belle cohérence. - Simon Grangereau -


Littératures

14

NOUVELLES

Nouvelles à ne pas y croire

ROMAN

Dialogues

Kéthévane Davrichewy

Fabien Maréchal

Dans ce recueil de nouvelles de Fabien Maréchal, l’auteur prend un malin plaisir à frayer avec l’absurde et le fantastique, installant des situations apparemment banales, au sein desquelles le réel se détraque de manière plus ou moins appuyée. Il y a ce repas où l’un des deux couples se présente chez leur hôte totalement nu, sans que cela ne semble leur poser le moindre problème. Il y a ce chef de gare nostalgique d’une époque où le voyageur n’était pas le roi, où le trajet comptait plus que la destination. Une vision exagérée de la SNCF et ses travers, la toute puissante « Ligne » qui, à une certaine époque, dictait sa loi. « Des familles de voyageurs se constituaient dans les wagons. On y discutait de ces villes que l’on voyait par la fenêtre sans en connaître le nom, de ces paysages que l’on croyait trouver enneigés et où ce n’était que mer jusqu’au ciel ». La réalité est-elle vraiment telle qu’elle se présente à nous ? Dans Café ?, Fabien Maréchal nous dépeint un monde où les objets ont pris le pouvoir, vision retournée de notre société de consommation, où le client n’est plus du tout roi, deviendrait même esclave, ne choisissant plus les biens de consommation, mais étant au contraire choisi par eux. - Dominique

Demangeot -

BIOGRAPHIE/DESSIN

En tête à tête avec Hugo

Les séparées

Sabine Wespieser

Si l’amour semble être un dominant dans la littérature contemporaine, il est surprenant de constater combien l’amitié est un sujet peu traité, alors qu’elle reste une valeur au moins aussi importante, dans nos sociétés. Les héroïnes de ce texte bouleversant sont deux amies d’enfance, qui ont vécu une histoire passionnée et fusionnelle, puis se sont séparées, comme le titre l’indique, et l’on sent bien au fil des pages que les raisons ne peuvent qu’être tragiques. Les voix se mêlent pour raconter des moments d’une grande intensité auxquels succèdent des anecdotes apparemment sans importance. Parfois, les voix finissent par se superposer, et l’on ne sait plus trop qui d’Alice ou de Cécile parle; cette confusion révèle l’intensité passée de leur relation mais aussi l’état proche de la stupeur quand l’autre manque après avoir comblé toutes les failles. Cécile est dans un semi-coma et elle écrit des lettres imaginaires à Alice, révélant certains aspects du passé qui lui auraient échappé. Peu à peu, le lien se fait plus complexe encore, jusqu’à la dernière ligne, où tout apparaît avec netteté et laisse un sentiment de malaise qui n’est pas près de quitter le lecteur. - Aurélie Choley -

ROMAN

Le mythe de Chtulhu HP Lovecraft

Bragelonne

Gonzague Saint Bris, Philippe Lorin

Gründ

ROMAN

Paul Auster Sunset Park

Actes Sud

Paul Auster aime les laissés pour compte, les perdants magnifiques et les clochards sortis tout droit d’un roman de Dickens. Il les a dépeints plus d’une fois dans ses romans et on pouvait parier que la crise économique telle qu’on la connait depuis 2008, nourrirait à coup sûr un prochain roman. C’est chose faite avec Sunset Park, même si Auster ne s’attache pas à décrire la vie d’un homeless tel qu’on pouvait en rencontrer dans sa Trilogie new-yorkaise ou dans Moon Palace. Ici ce sont les existences de tout un chacun qui sont bousculées et remises en cause par les difficultés économiques. C’est la raison pour laquelle quatre jeunes gens investissent une maison abandonnée dans le quartier de Sunset Park. Pour une fois, l’auteur de Leviathan retient sa verve, et l’histoire, une fois le livre refermé, s’avère finalement assez mince. Miles Heller, jeune homme en rupture avec sa famille depuis sept ans, revient à New York, prévoyant de vivre avec la jeune Pilar qu’il a rencontrée en Floride. Il vient habiter une maison abandonnée avec son ami Bing Nathan, un militant du quotidien qui ne croit pas au progrès défendu par la société moderne. Dans sa boutique, baptisée Hôpital des Objets Cassés, il répare d’anciens objets, des choses datant d’avant l’ère toute puissante des nouvelles technologies. Le squat dans lequel il emménage, dans le quartier rude et bigarré de Sunset Park, « ce torride nulle part de maisons vides et dévastées », cristallise la crise économique sans précédent qu’ont connu les Etats-Unis en 2008, tous ces ménages victimes des sub primes qui ont dû quitter leurs domiciles du jour au lendemain. Les colocataires de Miles Heller ont tous quelques chose à expier, se battent avec leurs fantômes. Dans ce roman où trois générations se croisent, en équilibre instable, « sur la frontière entre l’extinction inévitable et la possibilité d’une vie qui continue », Paul Auster parvient à dresser un portrait sensible et juste de la crise de ce début de siècle.

pour la première fois à l’écriture non théâtrale en 2011 avec un premier volume des Maxiomes de Max. Il propose aujourd’hui une deuxième fournée de ces aphorismes «d’humour absurde-poétique-philosophique et de sagesse» comme il l’écrit lui-même. Max Athanase livre ici de courtes pensées qui prennent corps dans une langue pétrie d’humour et de recherche formelle. L’auteur est omniprésent, s’invitant entre parenthèses, commentant ses formules, prenant le lecteur à parti. Dès lors la dimension orale de ces textes est significative, même si l’auteur a souhaité produire un ouvrage qui peut s’apprécier à la seule lecture. La mise en page et la typographie sont soignées, mêlant étroitement le fond et la forme. Sous des formules versant dans l’absurde ou la causticité, Max ne laisse aucun répit au lecteur qui pourra lire ces maxiomes d’une traite ou picorer à l’intérieur au gré de son humeur. N’oublions pas l’aspect ludique de ce petit ouvrage où la langue est mise à mal avec tendresse, où pointent très souvent une petite philosophie du quotidien, et des thèmes parfois graves sous des atours burlesques. L’entreprise d’auto-édition de Max Athanase est aussi à souligner, l’auteur proposant à ses lecteurs un petit ouvrage confectionné avec soin, qu’il lui est arrivé de distribuer lui-même dans la rue. - Dominique Demangeot Pour savoir où se procurer les Maxiomes, contactez Max Athanase directement sur vivant.max@wanadoo.fr ou au 03 81 88 16 45

BD

Soda tome 2 Warnant

Hammerfall tome 1 Talijancic / Runberg

Dupuis

- Dominique Demangeot -

En tête à tête avec Hugo est une biographie qui retrace le parcours de Victor Hugo depuis sa naissance à Besançon en 1802 jusqu’à ses funérailles nationales au Panthéon en 1885. Entre ces deux moments clés : des combats, des rencontres, des grandeurs et des contradictions que la plume de Saint Bris et le crayon de Lorin retracent pour nous. Un bel hommage à la littérature également de la part de Gonzague Saint Bris qui ne manquait pas de faire remarquer lors de la conférence de presse du 27 janvier dans la capitale comtoise : « Quand on descend la Grande Rue, on se dit que les écrivains sont dans leur patrie ». On pense ici à Stendhal qui installait Julien Sorel à Besançon dans Le rouge et le noir, mais aussi à Flaubert, Mallarmé, à Colette également qui a écrit ses premières « Claudine » à Besançon. - Dominique Demangeot -

Les éditions Bragelonne font une nouvelle fois un coup d’éclat en publiant « Le mythe de Cthulhu  » de Howard Phillips Lovecraft, le plus grand écrivain fantastique américain de son siècle. Son œuvre est placé sous le signe de la peur, ses sources d’inspiration, tout comme ses créations, sont relatives à l’horreur cosmique, à l’idée selon laquelle l’homme ne peut pas comprendre la vie et que l’univers lui est profondément étranger. Lovecraft n’a jamais employé l’expression de «mythe de Cthulhu». Pour lui, c’était un « panthéon noir », une «mythologie synthétique» ou un «cycle de folklore synthétique». Il voulait montrer essentiellement que le cosmos n’est pas anthropocentrique, que l’homme, forme de vie insignifiante parmi d’autres, est loin de tenir une place privilégiée dans la hiérarchie infinie des formes de vie. Ses travaux sont profondément pessimistes et cyniques et remettent en question le Siècle des Lumières, le romantisme ainsi que l’humanisme chrétien. Vous l’aurez compris, c’est superbe et à ne manquer sous aucun prétexte. - Bruno Kolanek -

APHORISMES

Les Maxiomes de Max3 Max Athanase

MURUGAN Editeur m(‘)éditant

Max Athanase, comédien issu du Conservatoire d’Art Dramatique de Besançon, est venu très récemment à l’écriture. Cet habitué de la scène, ayant joué dans de nombreuses pièces de théâtre et proposé également des spectacles en solo, se confrontait

C’est toujours un régal que de lire les intégrales de Dupuis. Notez que la qualité est toujours à la page et que c’est l’occasion de (re) plonger dans des BD qui ont marqué leur époque. Ainsi en était-il de Soda, faux Pasteur mais vrai Flic. Faux Pasteur pour ne pas avouer à sa mère malade du cœur qu’il a plutôt ce que l’on peut qualifier de métier à risque en officiant comme flic dans les rues de New-York. Une superbe série policière de Gazzotti et Tome qui joue sur le double registre thriller/humour. Pour Hammerfall de Talijancic et Runberg, nous sommes dans un autre registre mais ô combien prenant. L’histoire des Hommes et des Dieux, pris dans le déchainement d’une guerre fratricide. C’est le début d’une guerre qui changera le cours de l’histoire des hommes. Divin !!! - Bruno Kolanek -


Cinéma

29 février Le Territoire des Loups De Joe Carnahan Thriller

Target

Extrêmement fort et incroyablement près De Stephen Daldry Drame

La Dame en noir

15

De McG Comédie avec Reese Witherspoon, Chris Pine Deux amis travaillent à la CIA. Ils se rendent compte qu’ils partagent la même femme. Mais aucun ne veut abandonner son histoire d’amour au profit de l’autre. La guerre est déclarée !

avec Liam Neeson, Dallas Roberts Un avion s’écrase dans l’immensité du Grand Nord. Les survivants réalisent qu’ils n’ont que très peu de chance de s’en sortir. Des loups occupent le territoire...

De James Watkins Thriller avec Daniel Radcliffe, Ciarán Hinds Un jeune notaire doit se rendre dans un village afin de se charger de la succession d’une cliente décédée. Il découvre un lieu rempli de secrets et une dame en noir mystérieuse.

Avec Tom Hanks, Thomas Horn Un jeune garcon trouve une clé dans le dressing de son père décédé dans les attentats du 11 septembre. Le mot « Black  » est inscrit sur l’enveloppe. Il décide de résoudre le mystère de cette mystérieuse clé et de ce mot.

Les Infidèles le 29 février

7 mars Fengming - Chronique d’une femme chinoise De Wang Bing Documentaire

L’hiver dernier De John Shank Drame

avec Vincent Rottiers, Anaïs Demoustier Johann s’occupe de la ferme de son père. Mais l’hiver qui s’annonce fragilise son exploitation.

avec Fengming He Une femme se remémore ses souvenirs et les changements de la Chine durant les trente dernières années.

John Carter

De Andrew Stanton Science-fiction avec Taylor Kitsch, Lynn Collins Un vétéran de la guerre civile tente d’échapper aux Apaches. Il se cache dans une grotte où il découvre un portail temporel.

Martha Marcy May Marlene De Sean Durkin Drame

De Jean Dujardin Comédie dramatique avec Gilles Lellouche, Jean Dujardin Une vision de l’infidélité masculine à travers sept réalisateurs.

Oslo, 31 août

De Joachim Trier Drame avec Anders Danielsen Lie Un jeune homme termine sa cure de désintoxication. Durant une permission, il rencontre de vieilles connaissances qui lui rappellent ses erreurs du passé.

avec Michelle Williams, Eddie Redmayne Marilyn se rend en Angleterre en 1956 pour tourner Le Prince et la Danseuse. Elle fait la connaissance de Colin Clark, un jeune assistant. Un relation se crée entre les deux personnages.

L’Autre vie

De Frédéric Zamochnikoff Drame avec Hafsia Herzi Un jeune orphelin trouve une aide précieuse auprès d’une bibliothécaire. Mais le jeune garçon cache un lourd secret.

Elena

De Andreï Zviagintsev Drame avec Andrey Smirnov, Nadejda Markina Un couple d’âge mur est issu de milieux sociaux différents : Vladimir est riche et Elena vient d’un milieu modeste. Le premier, victime d’un malaise cardiaque, souhaite léguer l’intégralité de sa fortune à son unique fille, issue d’un précédent mariage. Mais Elena n’est pas d’accord.

Premium Rush

De David Koepp Action avec Joseph Gordon-Levitt, Jamie Chung Un coursier a pour mission de récupérer un paquet à l’Université de Columbia. Ce dernier est alors pourchassé par un policier.

38 témoins

De Lucas Belvaux Drame avec Yvan Attal, Sophie Quinton Louise découvre qu’un crime a été commis dans sa rue. Aucun témoin n’a assisté à la scène. Son mari était également absent mais une nuit, Louise rêve que ce dernier lui parle...

Comme un chef De Daniel Cohen Comédie

avec Elizabeth Olsen, Christopher Abbott Une jeune femme qui a réussi à s’échapper d’une secte contacte sa sœur et son beau-frère. Mais Martha est persuadée que la secte la suit...

Les Infidèles

My Week With Marilyn De Simon Curtis Drame

avec Michaël Youn, Jean Reno Un amateur de grande cuisine ne parvient pas à trouver un travail à la hauteur de son talent, accumulant les petits contrats de cuistots. Il fait alors la rencontre d’un grand chef étoilé.

Possessions

De Eric Guirado Drame avec Julie Depardieu, Alexandra Lamy Un couple emménage dans un village de montagne. Le propriétaire propose de les reloger à plusieurs reprises. Les relations entre eux vont peu à peu se tendre. Le film retrace le quintuple meurtre des époux Flactif en 2003.

Nos plus belles vacances De Philippe Lellouche Comédie

avec Philippe Lellouche, Vanessa Demouy Un couple décide de partir en vacances en Bretagne. Deux couples d’amis les rejoignent.

Hasta la vista

De Geoffrey Enthoven Comédie avec Tom Audenaert, Isabelle de Hertogh Trois jeunes handicapés décident de perdre leur virginité lors de leur séjour en Espagne.

Cloclo

De Florent Emilio Siri Comédie avec Jérémie Renier, Benoît Magimel La vie de Claude François retracée depuis son départ d’Alexandrie. Son succès, sa rage de travail, ses obsessions…

30° Couleur

De Lucien Jean-Baptiste Comédie avec Lucien Jean-Baptiste, Edouard Montoute Patrick, Antillais d’origine, part s’installer en France pour faire ses études. Il retourne dans son pays d’origine car sa mère est mourante. Il réalise alors qu’il ne connaît plus la Martinique.

A l’aveugle

Rives

De Xavier Palud Drame avec Lambert Wilson, Jacques Gamblin Le commandant Lasalle, chargé d’élucider le meurtre d’une jeune femme, porte ses soupçons sur un accordeur de piano aveugle.

De Armel Hostiou Drame avec Jasmina Sijercic, César Lakits L’isolement vu à travers un homme, une femme et un enfant.

Walk Away Renee

14 mars

De Jonathan Caouette Documentaire avec Jonathan Caouette, Joshua Caouette Le réalisateur Jonathan Caouette déménage sa mère atteinte de troubles mentaux. Aperçu de la relation complexe entre une mère et son fils.

Project X

De Nima Nourizadeh Comédie avec Thomas Mann, Jonathan Daniel Brown Pour fêter ses 17 ans, un adolescent décide de faire une fête. Mais la soirée dégénère...

En terrains connus De Stéphane Lafleur Drame

avec Francis La Haye, Fanny Mallette Un accident survient dans une usine. Maryse, une des employées, voit sa vie bouleversée. Un homme prétendant venir du futur apparaît.

Le Paradis des bêtes De Estelle Larrivaz Drame Possessions le 7 mars

avec Géraldine Pailhas, Stefano Cassetti Un père de famille violent décide de s’enfuir avec ses enfants. Il tente alors de reconstruire une relation avec son fils et sa fille.

My Week With Marilyn le 7 mars


MOLIÈRE JULIE BROCHEN

texte mise en scène

du

13 16 au

MARS

mars Art populaire duau 158 avril contemporain 2012 2ème Biennale / Parc de l’arquebuse - Dijon

www.itinerairessinguliers.com / 03 80 41 37 84

d’après

HERMAN MELVILLE mise en scène OLIVIER COULON-JABLONKA du

27 29 au

MARS

u ne

et expo

encore… plus

Exposition Exposition

Jeux itinerante Contes Animations

Conférences

du 3 mars au 30 avril 2012

Morez, musée de la lunette du 3 mai au 1er juillet 2012

Salins-les-Bains, musée du sel du 3 juillet au 2 septembre 2012

Passavant-la-Rochère, verrerie-cristalerie du 7 septembre au 4 novembre 2012

Vallorbe (CH), musée du fer et du chemin de fer Retrouvez toutes les dates et informations de l’exposition ainsi que le détail du programme sur

www.musees-des-techniques.org Crédit photos : ©J. Arbez ; ©Bibliothèque municipale de Besançon ; ©R. Le Pennec ; ©MTCC/Cl. P. Guenat, J-B. Merillot, M. Paygnard ; ©Musée départemental Gustave Courbet, Ornans

Diversions Bourgogne mars 2012  

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