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Mensuel gratuit d’informations

#32

mars 2011

Bourgogne

Culture, tourisme et actualité

L’Orchestre des Quartiers à la Fontaine-d’Ouche Human Beat Box Festival - Turandot à l’Opéra de Dijon - Festival Itinéraires Singuliers - Zone Libre à La Vapeur - Dixit Dominus & Magnificat au Théâtre musical de Besançon - Alex Beaupain - Le Chien à Plumes - Soleil couchant au TDB - Les Rendez-vous des Piccolis - Mâcon, Scène nationale - Tursic & Mille au Musée des Beaux-Arts de Dole...

+ l’Agenda du mois p.4 / Sorties Cinéma p.15


Service Communication - Ville de Dole - décembre 2010 - illustration Camille Jourdy

- auteurs - illustrateurs - éditeurs - libraires - ateliers - spectacles - espace lecture

DOLE

31 MARS, 1ER ET 2 AVRIL 2011

Infos et réservations : Médiathèque – 03 84 69 01 50

programme complet sur : e e 31 MARS : 13 h – 19 h é r t n E ratuit ER g 1 ET 2 AVRIL : 10 h – 19 h www.doledujura.fr


diversions-magazine.com

cultures sorties société

#32

mars 2011

Bourgogne

AGENDA - 4

MUSIQUES - 8

Zone Libre à La Vapeur Dixit Dominus & Magnificat au Théâtre musical de Besançon Alex Beaupain au Théâtre des Feuillants Zoom sur Le Chien à Plumes

REPÉRAGES - 5

L’Orchestre des Quartiers à la Fontaine-d’Ouche Human Beat Box Festival Turandot à l’Opéra de Dijon Festival Itinéraires Singuliers

Arts de Dole Les Insolites au Musée de l’Aventure Peugeot à Sochaux

THÉÂTRES - 10

Soleil couchant au TDB Les Rendez-vous des Piccolis La Scène nationale de Mâcon

CHRONIQUES - 14

OUVREZ LES YEUX - 12

Nouvel Espace Bartholdi au Musée d’Histoire de la Citadelle de Belfort Tursic & Mille au Musée des Beaux-

CINÉMA - 15

L’image du mois - Philippe Azéma au Festival Itinéraires Singuliers travail de deux artistes peintres. Après Laurentiu Dimisca en 2009, Moss et Philippe Azéma seront exposés en 2011 en partenariat avec L’art en Marche. Plusieurs lieux d’exposition les accueilleront sur Dijon et le Grand Dijon. Diversions consacre son image du mois à Philippe Azéma. Cet ouvrier agricole partage sa vie entre son métier et la peinture. Originaire du Tarn, il compose sur papier ou de vieux draps marouflés des scènes rupestres, dessinant souvent des silhouettes noires, de profil et se détachant sur des fonds rouges ou jaunes exclusivement, sans ligne d’horizon. Ces scènes rupestres qui s’apparentent souvent à des fresques de par leur taille importante, ne l’empêchent pas d’y introduire des éléments plus contemporains tels que des graffitis. Il y appose également des mots. Des œuvres qui se situent donc entre la préhistoire et notre monde contemporain.

© Philippe Azéma

Philippe Azéma sera, avec Moss, l’un des peintres invités par le festival Itinéraires Singuliers L’année dernière, l’association Itinéraires Singuliers, basée à Dijon, proposait son exposition biennale sur l’art singulier visant à montrer des œuvres produites dans des hôpitaux psychiatriques. Elle mettait en lumière les ponts

Diversions - Edition Bourgogne Journal d’information gratuit 12, rue des Vieilles Perrières 25000 Besançon 03 81 57 58 92 - 06 34 12 01 91 www.diversions-magazine.com diversions@orange.fr Editeur : SARL Diversions RCS : 508 184 934 Directeur de la publication : Boban Stanojevic 03 81 57 58 92 / 06 34 12 01 91 diversions@orange.fr

qui peuvent exister entre l’art et le milieu psychiatrique, ou les personnes en marge de manière générale. En alternance, l’association Itinéraires Singuliers propose son festival, qui a lieu du 17 mars au 10 avril cette année pour sa

septième édition. L’objectif est là encore de faire de l’art un point de rencontre entre les publics, ménager des moments de partage. Cette année le festival donne à voir le

Rédacteur en chef : Dominique Demangeot magazine.diversions@yahoo.fr Rédaction : Gilles Bloin, Sophie Choffant, Frédéric Dassonville Dominique Demangeot, Samuel Effin, Manu Gilles, Hector Mann, Sébastien Marais Paul Sobrin, Marc Vincent, Caroline Vo Minh Comité de relecture : Dominique Demangeot, Caroline Vo Minh Régie publicitaire : Boban Stanojevic - 03 81 57 58 92 / 06 34 12 01 91 - diversions@orange.fr

On trouve dans ces peintures une saturation de personnages et d’animaux, au milieu desquels on distingue également de mystérieux signes. Des scènes où règne un certain chaos né de rêves ou de scènes vécues, même si la palette limitée de couleurs et le noir des silhouettes apportent également une unité et une personnalité propre aux œuvres. Tout un monde qui défile sous nos yeux, sur des toiles-fresques qui invitent le regard à se perdre parmi l’enchevêtrement de motifs et les scénettes posées ça et là, les morceaux de phrases, en français ou dans une langue inventée de toutes pièces. Tout un monde très personnel à découvrir durant le festival. - Marc Vincent -

www.itinerairessinguliers.com Voir notre sujet p.7

Dépôt légal : mars 2011 © Diversions 2011 Imprimé en Espagne - Rotimpres ISSN : en cours valeur : 1,15 euros offert Diversions est diffusé gratuitement sur la Bourgogne Franche-Comté Prochaine parution : 24 mars 2011


Diversions - L’Agenda du mois

BEAUNE Théâtre de Beaune 11 mars à 20h30 : Vincent Roca - Humour 15 mars à 20h30 : Contrepoint, Viola - Danse 23 mars à 15h : L’air de rien - Cirque jeune public CHENÔVE Salle des fêtes 8 mars à 20h : Journée des femmes avec Samira Kadiri - Musique lyrique 30 mars à 20h : Rachel, de l’opéra à l’opérette

4

Sheme / Maya Jupiter - Soul 24 mars à 20h : Jam Session: After Midnight Blues pimenté 25 mars à 20h : Human Beatbox festival : Taylor Mc Ferrin... - Beatbox 26 mars à 20h : Human Beatbox festival : Kenny Muhammad... - Beatbox 29 mars à 20h : Zone libre vs casey and B. James / Psykick Lyrikah - Fusion rap/ Rock 30 mars à 20h : Anna Calvi /Shout Out Louds - Pop Rock

DIJON Spectacles, concerts, théâtre...

Association Bourguignonne Culturelle 8 mars à 20h30 : Alex Beaupain (Théâtre des Feuillants) - Scène française 11 mars à 20h30 : La comédie des erreurs (Théâtre des Feuillants) - Théâtre 18 mars à 20h30 : Un français à Naples (Théâtre des Feuillants) - Musique 22 et 23 mars à 20h30 : L’opéra du dragon (Théâtre des Feuillants) - Théâtre et marionnette 29 mars à 20h30 : The Klezmatics (Maison de Marsannay) - Musique du monde

The Klezmatics, le 29 mars à la Maison de Marsannay Opéra de Dijon Les 9, 11 et 13 mars : Turandot - Opéra 12 mars à 20h : Angelika Kirchschlager Musique 17 mars à 20h : Afterlight - Danse 18 mars à 18h : Aimez vous Brahms? - Musique 19 mars à 20h : Invitation au voyage - Musique 20 mars à 17h : London Philharmonic Orchestra -musique Du 22 au 26 mars : Julius Caesar - Théâtre 24 mars à 20h : Entre d’eux - Danse 25 mars à 20h : Les grands motets - Musique 26 mars à 11h : Chamber Orchestra of europe - Musique 30 mars à 20h : SWR Sinfonieorchester Musique

La Vapeur 10 mars à 20h : Yael Naïm - Folk 12 mars à 20 h : Stromae - Electro rap 19 mars à 20h : Madjo/ the Hub - Pop folk 23 mars à 20h : Aloe Blacc and the Grand

Latitude 21 Jusqu’au 30 mars 2011 : Exposition Amiante, un siècle de mensonges Jusqu’en août 2011 : Face à face : la faune locale grandeur nature

Théâtre Mansart 7 mars à 20h30 : Battling (((Les républiques))) #3 - Création 9 mars à 20h30 : Finale Musique de R.U – Concert 10 mars à 20h30 : Arrête arrête, ne me touche pas – Création 18 mars à 20h30 : Tête de confiote – Création jeune public 23 et 24 mars à 20h30 : Du caractère relatif de la présence des choses – Nouvelle forme 29 et 30 mars à 20h30 : Hamlet.(Re)play – Création

24 mars à 20h : Dave Libman, Jean Marie Machado « Eternal Moments » - Musique Du 29 mars au 2 avril : Semaine de la danse – Danse Espace des Arts : Du 7 au 11 mars : Les rendez-vous des Piccolis 2 – Jeune public 15 mars à 20h : Correria/ Agwa – Danse 18 mars à 20h : Staff Benda Bilili – Musique 22 et 23 mars à 20h : Vers toi terre promise, tragédie dentaire – Théâtre 25 mars à 20h : Febre – Danse 29 et 30 mars à 20h : Roberto Zucco – Théâtre La Péniche 3 mars à 19h : Festival Kontact Sonores : Antioche Kirm/ Eve Risser – Pop angora cybernétique/ Improvisation 6 mars à 21h : Festival Kontact Sonores : Tapetronic / Sgure / Otto Von Schirach / Monster X / Sinead O Connick jr – Autres scratch/ Satire/ Electro breakcore 13 mars à 21h : Nomo / Shrink Orchestra – Afrobeat / Electro 20 mars à 21h: Toubab All Stars / DJ Mr Toubab Déco - Infrapooh –SkAfro System Party Expositions Musée Nicéphore Niépce Jusqu’au 15 mai : Ice : Photographies et documents d’Antoine d’Agata BLV 4, conversation entre œuvres Nouvelles frontières, le paysage dans la photographie contemporaine

MÂCON La Cave à Musique 4 mars à 21h30 : Les frères Labrel / Fantazio sauve son âme – Chanson 5 mars à 21h : Arnaud Tsamère – Humour 9 mars à 15h30 : La barbe bleue, spectacle musical en langue des signes – Spectacle 12 mars à 21h30 : Atama / Black bomb A – Rock fusion/ Métal hardcore 18 mars à 21h30 : Owl collision / Martin Bisi – Chanson jazzy - Folk rock 19 mars à 21h30 : Cannibales & Vahinées / Ukandanz & Asnaqe Guebreyes – Tribal jazz rock / Ethnogroove 26 mars à 21h30 : Jokari Players / The Young Gods – Electro pop /Indus rock

Le Crescent 11 mars à 21h: 16 ans du Crescent! Alain Jean Marie/ Biguine Reflections trio 12 mars à 21h : 16 ans du Crescent ! 4tet 26 mars à 21h : Aérophone Mâcon Scène nationale 8 mars à 20h30 : Ad Astra – Danse 15 mars à 20h30 : Ca bouge mais ça tient – Cirque burlesque 18 mars à 20h30 : Dealing with Clair – Théâtre 25 mars à 20h30 : Chat perché – Musique/ Chant/ Cirque 30 mars à 15h : Clown sur tapis de salon – Clown

Mercredi 6 avril à 20h Salle des Fêtes de Chenôve

Zenith 12 mars à 14h30 et 17h45: Disney live ! la bande à Mickey – Jeune public 16 mars à 14h et 17h : Dora l’exploratrice et la cité des jouets - Jeune public 17 mars à 14h30 et 20h15 : Age tendre et tête de bois -Chanson 19 mars à 20h30 : Les Chevaliers du Fiel - Humour 23 mars à 20h : Irish Legends - Danse 26 mars à 20h : Michel Sardou – Chanson Salons, foires... Dijon Congrexpo Du 5 au 6 mars : salon Animalia Du 11 au 13 mars : National de Pétanque Du 12 au 13 mars : Salon Choco’Croc Du 12 au 26 mars : Spectacle musical les éclats de Bourgogne Du 18 au 20 mars : Salon Esthétik Du 25 au 27 mars : Salon Immo d’Or

Monde associatif MJC Bourroche Valendon 19 mars à 20h30 : Transport en commun – Théâtre CHALON-SUR-SAÔNE Spectacles, concerts, théâtres... L’Auditorium, Conservatoire du Grand Chalon 11 mars à 20h : Les Piccolis à l’Audito – Jeune public

Billetterie à l’Escale Charcot – 5 rue Armand Thibaut Ouverture: lundi-vendredi du 14h à 18h et mercredi de 10h à 12h et de 14h à 18h - 03 80 51 55 70 6 euros plein tarif - 3 euros demi tarif (- 18 ans, familles nombreuses, enfants scolarisés à Chenôve, chomeurs, étudiants, bénéf. RSA, allocation adulte handicapé, carte culture étudiant, carte Pass’Port Culture)

www.ville-chenove.fr

© Stéphane Kerrad - KB Studios

Théâtre Dijon Bourgogne Du 8 au 12 mars : Soleil couchant Du 16 au 18 mars : Clarisse, Mehdi et les autres Du 22 au 26 mars : Julius Caesar Du 29 mars au 2 avril : Lointain intérieur 31 mars : L’après de l’avant

Yael Naïm, le 10 mars à La Vapeur

Les sorties du mois en un clin d’oeil


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Edition Bourgogne

Diversions

L’Orchestre des Quartiers a rencontré David Grimal Le 15 février dernier, un orchestre en herbe a investi la Maison de quartier de la Fontaine d’Ouche. A la baguette, Daniel Weissmann, directeur général de l’Orchestre Dijon Bourgogne et violoniste, et Sylvie Brochard, violoncelliste de l’orcheste. En invité d’honneur, et parrain de l’opération, David Grimal, violoniste associé à l’Opéra de Dijon, qui par sa présence signifiait toute l’importance accordée aux ateliers mis en place depuis septembre en direction des enfants. L’objectif est de monter l’Orchestre des Quartiers, dont la première apparition publique aura lieu le 28 mai prochain.

Porter le classique vers d’autres publics

Daniel Weissmann explique aux grandes personnes venues ce soir-là en quoi consistent les cours de violon et de violoncelle prodigués aux enfants. « Le but est de découvrir une musique qu’on n’écoute pas tous les jours. Il y a des personnes, comme David, qui défendent cette musique à un autre niveau que dans les salles de concert ». Daniel Weissmann nous confiera d’ailleurs que David Grimal l’avait accompagné pour défendre ce projet d’orchestre auprès de la Ville de Dijon.

Le parrain David Grimal

Dans un premier temps, les enfants sont sensibilisés aux premiers gestes : comment tenir l’instrument, sortir les premiers sons, ressentir les vibrations. Pour que le violon nous parle il faut d’abord savoir accomplir quelques

© Dominique Demangeot

L’atelier est un peu spécial ce soir-là. Les parents des jeunes stagiaires se sont en effet déplacés pour mesurer les progrès réalisés par leurs enfants depuis septembre dernier. Des musiciens de l’Orchestre Dijon-Bourgogne se proposent d’initier ces derniers à la pratique du violon et du violoncelle. Les mercredis matins, tous les quinze jours environ, une douzaine d’enfants retrouvent donc Daniel Weissmann et Sylvie Brochard, leurs premiers guides dans le vaste monde de la musique classique. L’Orchestre Dijon Bourgogne se rend également à la Maison de quartier de la Fontaine-d’Ouche pour mener des répétitions publiques, et lever un peu le mystère sur cette musique. Les habitants du quartier y sont bien sûr chaleureusement conviés.

‘‘ Le but est de découvrir une musique qu’on n’écoute pas tous les jours. Il y a des personnes, comme David, qui défendent cette musique à un autre niveau que dans les salles de concert ’’ Daniel Weissmann

De gauche à droite : Daniel Weissmann, David Grimal et les élèves gestes simples mais importants : poser l’instrument sur la clavicule, tenir l’archet d’une certaine façon, prendre ses premiers repères pour qu’une première note puisse enfin sortir. « C’est Camille qui doit trouver ses propres sensations », explique Daniel Weissmann en prenant l’exemple d’une des jeunes élèves. Les enfants jouent ensuite quelque chose à David Grimal. C’est alors au tour du violoniste de prodiguer quelques conseils même si, comme il l’explique lui-même, ses propres élèves – en Allemagne - sont plus âgés et ont déjà une bonne expérience du violon. Les principes de base sont enseignés : positionnement du bras droit, de l’archet… David Grimal rappelle aux parents qu’apprendre à jouer d’un instrument est bon pour la coordination de l’enfant. Mais il s’attache surtout à expliquer que les choses que l’on peut faire avec un instrument sont infinies, et que la musique est d’abord une passion. « Je travaille tout le

temps… mais je n’ai jamais l’impression de travailler ! » lance le violoniste, avant de clore son intervention par une interprétation d’une partita de Bach, l’un de ses compositeurs fétiches. Il n’oublie pas, juste après, de donner rendez-vous aux élèves dans un an !

Un engagement de chacun

Ces ateliers du mercredi matin sont une première étape. A leur issue, des cours individuels pourront être donnés aux enfants qui le souhaitent. Ces derniers se sont vus prêter des instruments dont ils doivent prendre soin. Une manière aussi de les responsabiliser. « Ce qu’on voudrait c’est que les enfants n’aillent pas tout de suite au conservatoire, mais que l’on continue à travailler ici, dans cette maison de quartier où l’on est très bien reçus » souligne Daniel Weissmann. Un tel dispositif requiert l’engagement de plusieurs acteurs : la maison de quartier qui

accueille les cours, le Fonds instrumental Musique et Vin au Clos Vougeot qui prête les instruments, les musiciens eux-mêmes qui donnent de leur temps. Le projet est également mené en partenariat avec l’Opéra de Dijon. Les enfants et leurs familles pourront assister à des spectacles, des répétitions... N’oublions pas les élèves bien sûr au centre du projet, mais aussi les parents, qui doivent s’assurer le soir que les exercices quotidiens sont faits ! « Il fallait aussi qu’il y ait des musiciens comme David qui soutiennent cela, pour montrer que même des musiciens qui courent dans le monde entier ont à cœur de défendre aussi cette manière de faire de la musique » note encore le directeur général de l’Orchestre Dijon-Bourgogne. Comprenant pour l’instant violons et violoncelles, l’Orchestre des Quartiers s’ouvrira ensuite à d’autres instruments. La machine est lancée et des rendez-vous prochains d’ores et déjà fixés. Les enfants rencontreront la violoniste Amanda Favier le 23 mars avant de donner leur premier concert le 28 mai lors de la Fête de quartier de la Fontaine-d’Ouche, un autre le 9 juin à la chapelle de l’Hôpital avant le concert de l’ODB avec Régis Pasquier, et encore un autre le 21 juin dans la cour de la DRAC... Les enfants ont du pain sur la planche mais tout devrait au final bien se passer. Car même si apprendre un instrument requiert discipline et rigueur, « le seul enjeu est de se faire plaisir » comme l’a rappelé Daniel Weissmann… - Dominique Demangeot -

www.cameratadebourgogne.fr www.opera-dijon.fr

Saison culturelle 2010/2011 - Projet d’échange Tétouan / Chenôve avec Daniel Fernandez Trio

Concerts à Chenôve et Beaune en 2011 Le mercredi 6 avril à 20h * Salle des fêtes de Chenôve Le jeudi 7 avril à 20h * La comédie du Vin à Beaune A travers ce partenariat avec la Ville de Tétouan, la région Tanger-Tétouan

et ses institutions culturelles, la Ville de Chenôve a souhaité défendre le dialogue entre les cultures et plus particulièrement entre la France et le Maroc. Au cours de la saison 2010 /2011, plusieurs actions seront proposées : concert, exposition… Le temps fort sera porté par le Conservatoire à rayonnement communal de musique et de danse à travers un projet original et ambitieux qui se déroulera sur 2 années avec pour fil conducteur le partage des musiques. Issues des répertoires traditionnelles des deux pays mais également de compositions originales du groupe Daniel Fernandez Trio, les musiques seront entièrement travaillées puis

interprétées par les classes des conservatoires de Chenôve et de Tétouan lors de concerts événements à Chenôve en 2011, puis à Tétouan en 2012. Les enfants sont au nombre de 12 et âgés d’environ 12 à 14 ans. Cette classe est confiée à Melle Bérangère Senelas pour les deux années. Un planning de travail est ainsi organisé pour faire travailler les enfants de Chenôve sur le répertoire avec le Daniel Fernandez Trio, de novembre à mars 2011 : chansons du Daniel Fernandez Trio, compositions de Mansour (musicien du Trio), répertoire traditionnel (Frères Jacques, J’ai du bon tabac..) harmonisées pour l’oc-

casion « en miroir » mode occidental et mode oriental avec un travail de création instrumentale (percussions) autour des chansons. L’ensemble de ces pièces sera écrit pour un chœur d’enfants et un ensemble d’instruments marocains (luth, violon et percussions) de Tétouan et Chenôve, soit environ 25 enfants avec un accompagnement musical par les Daniel Fernandes Trio. Le déroulement du travail avec les enfants est visible sur la page facebook culture de la ville : Culture Chenôve

www.ville-chenove.fr


Diversions

Edition Bourgogne

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Human Beatbox Festival Le Human Beatbox Festival revient à Dijon durant trois jours du 25 au 27 mars. Une fois encore l’événement se consacrera au beatboxing. Cette année plusieurs artistes de renom dans cette discipline seront conviés, venus de France mais aussi des Etats-Unis et d’Australie. L’association Zutique qui porte le festival proposera également un éclairage sur les ateliers qu’elle mène toute l’année. Le festival démontrera que le beatboxing s’accommode à des esthétiques diverses, convoquant notamment Taylor McFerrin le 25 mars, le fils de Bobby qui a développé le même talent de vocaliste que son père en imposant son propre univers. Depuis son premier EP Broken Vibes en 2006, Taylor est musicien à tout faire, créant ses morceaux sur scène en direct accompagné de son clavier Fender-Rhodes et ses boîtes à rythmes. S’il vient du hip hop et de la soul, il touche aussi au jazz, à l’électro comme en témoignent les trois nouveaux titres disponibles sur le net, qui devraient être bientôt suivis d’un nouvel album. Sur fond de beatboxing, sa musique prend des formes diverses, Taylor confiant être influencé par les artistes qu’il côtoie. Récemment il est allé retrouver les racines de sa musique en Afrique pour approfondir encore son art. Kenny Muhammad sera présent quant à lui le 26 mars. Considéré comme l’un des piliers du beatboxing mondial, il emploie généralement la “wind technique” qui consiste à

Les ateliers

Le festival Human Beat Box travaille en partenariat avec l’espace socioculturel de l’ACODEGE qui propose à des adultes en situation de handicap, de maladie et de difficultés, de découvrir et pratiquer plusieurs disciplines artistiques, culturelles, sportives, technologiques ou créatives… A l'occasion du festival Itinéraires Singuliers (voir article p.7), le Human Beatbox Festival propose d’ouvrir l’atelier animé depuis 5 ans par Fatkab au grand public durant le festival. Ces ateliers sont proposés par Zutique productions, Octarine, l’Espace Socioculturel ACODEGE dans le cadre des festivals Itinéraires Singuliers et Human Beatbox Festival. Un Bionic Workshop – couplage beatboxing et nouvelles technologies - est proposé avec Ezra le 26 mars de 15h à 17h au studio de La Vapeur tandis que le 27 mars, de 14h à 15h30, la Péniche Cancale accueillera une Masterclass avec Kenny Muhammad lui-même.

Taylor McFerrin utiliser la respiration comme arrière-plan sonore tandis que la bouche forme des sons. On ne compte plus ses collaborations avec des artistes aussi divers et prestigieux que Stevie Wonder, Public Enemy, Vernon Reid et bien sûr Rahzel, autre roi du beatboxing, membre de The Roots. Kenny parcourt le monde et s’arrêtera à Dijon le 26 mars ! Et puisque le beatboxing est aussi l’art de la collaboration, on retrouvera Ezra qui proposera cette fois un nouveau set accompagné de la flûtiste Marine Thibault. Lui aussi a partagé la scène avec de nombreux artistes, d’Higelin à X Makeena, de Kid Koala à Wax Tailor.

- Manu Gilles -

Human Beatbox Festival, divers lieux à Dijon du 25 au 27 mars prochains www.zutique.com

Kenny Muhammad

Turandot à l’Opéra de Dijon Après l’opéra L’Amour des trois oranges et la pièce L’Oiseau vert, le cycle Carlo Gozzi s’achève sur un opéra-bouffe. Turandot nous transporte dans la Chine médiévale, la partition de Busoni renouvelant ici grandement la fable de Gozzi, mettant en avant la dimension à la fois grotesque et merveilleuse de l’œuvre. Le compositeur italien redéfinissait par la même occasion l’opéra au début du XXe siècle.

Alors que l’adaptation de Gozzi par Puccini avait éliminé la dimension comique de l’œuvre, Busoni renouait avec le véritable opéra-bouffe. Si les fables de Gozzi attirent tant Busoni, c’est qu’elles ménagent constamment une distance par rapport aux événements graves, alternant pesanteur et légèreté

L’histoire

Pour gagner la main de la Princesse Turandot, les princes doivent résoudre trois énigmes. La sanction en cas d’échec à l’une de ces énigmes est la mort. C’est ce qu’encourt le Prince de Perse, qui sera exécuté au lever de la lune. Un autre mystérieux prince arrive à Pékin et retrouve son père par hasard, ancien roi de Tartarie en exil devenu aveugle. Le prince tombe amoureux de Turandot et décide de se soumettre à ses énigmes… On apprend plus tard l’origine de la cruauté de Turandot, qui souhaite venger son ancêtre, Lou-ling, princesse de Pékin rendue muette par son époux. Malgré l’intrigue sanglante et la cruauté de la princesse Turandot, cet opéra-bouffe s’avère enjoué et empli d’ironie, s’inspirant d’une fable écrite par Carlo Gozzi en 1762. Lui-même s’était inspiré d’une légende persane médiévale. Ferruccio Busoni composera d’abord une suite orchestrale basée sur Turandot en 1904, avant de réutiliser cette partition pour son opéra de 1917. La partition, à l’image de l’œuvre, est versatile, invoquant tour à tour ombre et lumière, classique et contemporain, dirigée par Daniel Kawka. L’œuvre sera mise en scène par Cisco Aznar, gage d’une adaptation hors des sentiers battus, un esprit qui convient finalement bien à

Cisco Aznar mettra en scène la fable de Gozzi à l’idée que Feruccio Busoni se faisait de l’opéra. Alors que l’adaptation de Gozzi par Puccini avait éliminé la dimension comique de l’œuvre, Busoni renouait avec le véritable opéra-bouffe. Si les fables de Gozzi attirent tant Busoni, c’est qu’elles ménagent constamment une distance par rapport aux événements graves, alternant pesanteur et légèreté. Busoni mêle les esthétiques. Le sérieux du conte côtoie le comique et l’ironie, et le caractère tragique se voit expurgé de l’histoire. Gozzi lui-même considérait ses contes comme des « inepties puériles », se démarquant ainsi nettement de l’opéra traditionnel du début du XXe siècle. Délaissant la préoccupation réaliste de l’opéra italien et le tragique allemand hérité de Wagner,

Busoni fait montre d’une envie d’émancipation face à l’œuvre, liberté de prendre une distance nécessaire par rapport à cette dernière. Ce recul s’incarne notamment dans un remaniement important de la pièce de Gozzi, la réduisant de cinq à deux actes, et resituant l’intrigue autour du personnage d’Adelma, servante de Turandot, qui aime en secret le prince Kalaf. Alors que dans la fable originale, les trois énigmes portent sur le soleil, l’amour et le lion de Venise, Busoni leur attribue l’entendement, la coutume et l’art, manière pour lui d’exprimer sa conception de l’art qui est d’abord élever l’âme et l’affranchir des bassesses matérielles, la musique possédant en

effet selon lui une dimension spirituelle non négligeable – et inaltérable -. Il se réapproprie ici l’esthétique romantique et opte pour la langue allemande. Grand admirateur d’Hoffmann, Busoni voyait en Turandot l’occasion de rendre hommage à l’écrivain allemand, qui s’était lui-même inspiré du merveilleux chez Gozzi. Un merveilleux constamment mis en distance à travers l’ironie de la Commedia dell’Arte. Un mélange qui s’annonce détonnant. - Paul Sobrin -

Turandot, Auditorium de Dijon, 9 et 11 mars à 20h, 13 mars à 15h www.opera-dijon.fr


Repérages

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Festival Itinéraires Singuliers ou formes artistiques plus hybrides comme des performances musicales. Des récits de vie également à l’exemple de la création de la compagnie Kao qui rend hommage à Titi, alias Raymond Dubost, « enfant du pays de Cluny, belle figure joyeuse et douloureuse de la ville, trop vite et trop mal parti », des vies d’inconnus ou d’artistes célèbres comme Nijinsky atteint d’une psychose à trente ans qui l’obligera à se faire interner durant deux décennies. Le chorégraphe et danseur Serge Ambert avait travaillé auparavant à l’Hôpital psychiatrique de Dijon pendant un an et demi, ce qui l’avait inspiré pour préparer ce spectacle en hommage à Nijinsky.

L’association Itinéraires Singuliers et le Centre Hospitalier La Chartreuse coorganisent la 7ème édition du Festival Itinéraires Singuliers du 17 mars au 10 avril. Une manifestation qui prendra place sur l’ensemble de la Bourgogne, dont la particularité est de mêler arts vivants, arts plastiques et sensibilisation à l’isolement des personnes en difficultés. Prenant place à Dijon, de la Péniche Cancale au TDB, en passant par le CH La Chartreuse, centre névralgique du festival, Itinéraires Singuliers s’étendra cette année à d’autres lieux en Bourgogne : Chalon/Saône, Cluny, Nevers, Beaune...

Le Bal au CH La Chartreuse sera un espace de rencontre et de diffusion, mais aussi de réflexion et de formation au croisement de l’art, de la thérapeutique et du public. La volonté est également ici d’échapper aux formats que nous imposent les médias aujourd’hui, en favorisant le passage d’une culture à une autre, d’un milieu à un autre, dans le but d’acquérir une plus grande liberté pour déterminer son parcours. C’est d’ailleurs le

© Alain Trellu

C’est en 1999 que le Festival Itinéraires Singuliers voit le jour, avec le principal objectif d’envisager l’art comme un moyen de lutte contre l’isolement. L’art qui doit instituer des lieux d’échange entre artistes et différents publics, « populations issues de la norme ou de l'exclusion » précise le festival qui veut signifier qu’il s’agit bien d’un temps de partage entre artistes et personnes issues de milieux divers. Les projets présentés ont été menés dans le cadre d’une réelle démarche artistique et l’on découvrira avec l’OiseauMouche, troupe permanente de comédiens en situation d’handicap mental, que les Centres d’Aide par le Travail peuvent aussi inclure cette dimension artistique.

L’héroïsme au temps de la grippe aviaire au Bal du CH La Chartreuse les 2 et 3 avril thème du passage qui a été retenu cette année. Pour partir à la découverte de ces « richesses improbables, rares » dont parle Alain Vasseur, directeur du festival Itinéraires singuliers, des temps de rencontre et de réflexion seront également ménagés (journées d’étude, ateliers divers, ouverts chaque dimanche à l’issue des représentations de 15h au Bal du CH La Chartreuse pour s’exprimer sur le thème du passage). Le festival fait intervenir théâtre, musique (dont le trop rare Bastien Lallemant et l’accordéoniste virtuose Marc Perrone), slam avec l’association dijonnaise Némésis, danse

Le cadre artistique est souvent un formidable lieu d’expression, même pour l’esprit troublé, un cadre où ce dernier a tout loisir de s’exprimer. 4.48 Psychose, qui nous transporte dans l’esprit torturé de la dramaturge britannique Sarah Kane - elle mettra fin à ses jours quelque semaines avant la publication de ce texte - sera d’ailleurs présenté lors de la 22ème semaine d’information sur la santé mentale (SISM). Une rencontre - débat suivra la représentation. L’échange, ce sont aussi les rencontres d’artistes avec le milieu psychiatrique qui nourrissent la création, à l’exemple de Julie Rey et Arnaud Cathrine qui ont travaillé durant un an au Centre hospitalier La Chartreuse à Dijon pour leur nouvelle création Il n’y a pas de coeur étanche. Avec En sortir !, Gérard Noiriel s’est inspiré d’entretiens et de biographies de personnes sans abris, pour camper un personnage cassé qui retrouve son chemin à travers l’écriture. « Mon intention est de rompre avec la vision stéréotypée et misérabiliste véhiculée par les médias car elle contribue à la marginalisation du « peuple de la rue », explique Gérard Noiriel.

Le festival impulse donc des créations comme la suite du travail de Daniel Scalliet (Projet Vertigo) qui collabore ici avec Sébastien Bacquias (Projet Vertigo) et Mickaël Sevrain (The Birds of Erika). Premier volet d’un projet « Répertoire de la révolte » entre free rock, poésie et impro. Si le festival Itinéraires Singuliers noue des partenariats avec des structures culturelles majeures comme le Théâtre Dijon Bourgogne, il amène aussi le spectacle dans d’autres lieux comme le Bal, lieu provisoire de représentation et d’échanges, situé à Dijon au CH La Chartreuse, mais aussi des espaces associatifs (MJC des Bourroches) ou encore le Musée des Beaux-Arts pour une visite décalée. Trois semaines de propositions artistiques pour aller vers l’autre. - Bertrand Demornieux, Dominique Demangeot -

7ème Festival Itinéraires Singuliers, sur l’ensemble de la région Bourgogne, du 17 mars au 10 avril - Programmation complète : www.itinerairessinguliers.com Accueil du public - information : Le Bal / CH La Chartreuse : 1 boulevard du Chanoine Kir à Dijon Lundi, mardi, mercredi, jeudi et vendredi de 12h à 14h - Samedi et dimanche de 14h à 18h et sur rendez-vous La Coupole : 1 rue Sainte-Anne à Dijon Ouvert du 17 mars au 10 avril 2011 Lundi, mardi, mercredi, jeudi et vendredi de 17h à 19h

Il n’y a pas de coeur étanche © Anne Gautherot

Quelques semaines avant l’ouverture d’Itinéraires Singuliers, la chanteuse dijonnaise Julie Rey nous a présenté son nouveau projet coréalisé avec l’écrivain Arnaud Cathrine. Un spectacle qui traite du thème de l’exclusion, monté suite à une rencontre avec des résidents d’un hôpital psychiatrique. De ces discussions a découlé un travail d’écriture et de mise en scène. Le spectacle, déjà programmé à Paris et Marseille, sera proposé en création le 23 mars prochain à l’atheneum. « Le spectacle veut porter la voix de ceux qui vont mal » explique Julie Rey. Les deux auteurs ont rencontré les résidents d’un hôpital psychiatrique, La Chartreuse, pendant dix mois de septembre 2009 à juin 2010. Cette rencontre s’est déroulée en petit comité d’une dizaine de personnes. Au tout début, Julie et Arnaud ont proposé des thèmes de discussion. Ils ont écouté les patients avant de se livrer eux aussi, peu à peu. Un réel échange est finalement né. Les résidents ont été prévenus dès le départ du projet et de son aboutissement : un spectacle serait tiré des séances de paroles. Ces derniers ont donné leur accord, d’autant qu’ils connaissaient bien le festival Itinéraires Singuliers, ce qui a contribué à les mettre en confiance. A l’issue de ces premières prises de contact, quatre résidents ont été filmés, les vidéos étant destinées à être incluses dans la pièce. Partir d’une dizaine de personnes choisies pour n’en garder que quatre s’est avéré difficile pour les auteurs, mais les décisions prises ont été expliquées aux résidents afin de ne froisser personne. Les prénoms et les histoires ont été modifiés pour préserver la vie privée des participants.

La pièce présente donc quatre personnages. L’adolescent s’appelle Virgil, a pour particularité de s’habiller en femme et suscite l’incompréhension de ses parents. Le deuxième protagoniste est Kléber, « un monsieur d’un certain âge qui ne communique qu’en vers », nous explique Julie. « Nora, la dame de 35 ans, est assez froide et utilise cette froideur pour exprimer ses pensées. La dernière personne, Héloïse, est une dame qui n’a pas surmonté le deuil de son fils et tente de survivre ». Les quatre personnages seront joués par Julie et Arnaud, sur une mise en scène de Ninon Brétécher. Deux personnes discuteront face à face. A cela s’ajouteront des vidéos des séquences tournées à l’hôpital, des images de portraits en toile de fond et des chansons qui permettront au spectateur de comprendre les changements de personnages. Une mise en scène qui se veut donc résolument rythmée, et présentant des techniques variées : vidéo, musique, écriture pour accompagner Il n’y a pas de cœur étanche. Le titre est quant à lui volontairement énigmatique. Le spectateur ne comprend pas totalement le sens et se rend au spectacle dans l’idée de trouver des réponses... Disons seulement que le titre provient d’une chanson issue d’un autre projet de Julie Rey : Charlotte Mildray... - Caroline Vo Minh -

Julie Rey et Arnaud Cathrine ont écrit leur spectacle suite à des rencontres avec des patients du CH La Chartreuse à Dijon

Il n’y a pas de coeur étanche, spectacle musical de Julie Rey et Arnaud Cathrine 23 et 24 mars : atheneum de Dijon, 25 mars : Chalon-sur-Saône, 1er avril : Abbaye de Corbigny - www.julierey.fr


Musiques

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Zone Libre à La Vapeur Serge Tessot-Gay est de retour avec le projet Zone Libre, croisant toujours le fer avec Casey sur un nouvel album encore plus expérimental dans la forme, même si une unité sonore faite de noirceur englobe le propos. Zone Libre sera à la Vapeur le 29 mars prochain. Comme leur nom l’indique, ces contes-là ne flatteront pas les esprits encore tendres de nos chères têtes blondes, s’apparentant plutôt à des histoires d’une noirceur d’encre. Sûrement pas du « rap à l’eau d’rose » mais un art de l’urgence tandis que Casey scande que chaque seconde compte, avec en arrière-plan l’inquiétante masse sonore édifiée par le groupe. Dans les contes de Zone Libre, les sucres d’orge et les gueules d’ange ne sont pas à prendre au premier sens du terme. « Je veux la purge pour ma tête, le grand nettoyage »… des mots qui prennent un sens fort dans le flot percutant de Casey, pour exhiber cette triste médiocratie qui nous gouverne. Zone Libre VS Casey & B. James nous font voir La marque de la chaine sur une ritournelle blues rock -, le capitalisme et la précarité sur d’autres morceaux tout aussi bouillants. Casey et B. James, membres du collectif Anfalsh, naviguent en toute maîtrise sur l'électricité du trio. Deux ans après L’Angle Mort, Zone Libre publie un nouvel opus et compte bien réitérer le succès de la dernière tournée. Hamé du groupe La Rumeur parti faire un break, réalisant son premier court-métrage, c’est B. James qui le remplace sur scène et en studio. On retrouve l’énergie électrique du morceau "Le Mur" sur le précédent album, qui traite des difficultés en banlieue avec un aplomb implacable. Avec Marc Sens (guitariste et bassiste de Yann Tiersen) et Cyril Bilbeaud (ex-batteur de Sloy), le guitariste s’est adjoint des rappeurs peu présents dans les médias mais à la

détermination – et la réputation – sans failles pour qui apprécie le rap loin des clichés à la Booba ou Passi – les deux extrêmes d’un hip hop aujourd’hui fossilisé dans des clichés gangsta et/ou mielleux. Comme le dit B James « le peura et le keuro collaborent » et c’est tant mieux. Zone Libre distille un rap combat qui vise l’abdomen, veut prendre à la gorge mais surtout veut illuminer les esprits. Enregistré dans les conditions du live, ces Contes du chaos ne contiennent pas d’overdub pour une énergie intacte, donnant la parole aux exclus, une Zone libre qui tend de plus en plus à devenir la marge. - Dominique Demangeot -

Zone Libre vs Casey & B. James, La Vapeur, Dijon, 29 mars - www.lavapeur.com

Dixit Dominus & Magnificat L'année 1685 est à l’honneur au Théâtre musical de Besançon, marquant la naissance de trois compositeurs majeurs : Bach, Haendel et Scarlatti. Dixit Dominus & Magnificat présentera des oeuvres de ces trois musiciens.

Haendel - Dixit Dominus

C’est en Italie qu’Haendel compose son Dixit Dominus à l’âge de 22 ans. A la différence de Bach le sédentaire, le jeune Haendel est un voyageur impénitent qui parcourt l’Europe. Durant trois ans il va s’imprégner de l’Italie avant de découvrir plus tard l’Angleterre. Ecrit à Rome en avril 1707, le Dixit Dominus est l’un des motets les plus célèbres d’Haendel, commande de cardinaux-protecteurs catholiques au jeune luthérien. La verve musicale de ce dernier séduira pêle-mêle musiciens, peintres, religieux et nobles. Il faut dire que le Dixit Dominus est une œuvre toute à la gloire de Rome et qu’elle symbolise avec force le pendant italien de Haendel, musique très ornementée, pleine de relief, parcourue d’une tension mélodique à la fois dans les moments emportés – Dixit Dominus Domino Meo qui ouvre le bal – ou les instants plus intimistes – les deux arias où le chœur s’efface devant le contre ténor puis la soprano -. Tout est fait dans cette œuvre pour impressionner l’auditeur au moyen d’effets dramatiques : rythmes enlevés, cassures, harmonies complexes symbolisant toute la fougue du jeune Haendel, qu’illustre notamment le sixième mouvement – Dominus a dextris tuis – suivi par un mouvement autrement plus sobre mais ô combien poignant…

Bach - Magnificat

Le Magnificat est créé le jour de Noël 1723, lors du séjour de Bach à Leipzig qui sera l’occasion de bien d’autres chefs d’oeuvre. A l’instar de Haendel, Bach recourt ici à de nombreux contrastes. Cette oeuvre virtuose et exigeante alterne elle aussi recueillement et exaltation, portée notamment par la profondeur des cuivres.

Scarlatti - Messe en sol mineur («Madrid»)

Domenico Scarlatti l’italien passera presque toute sa vie en Espagne (après un séjour à la cour de Lisbonne). Protégé et professeur de la future reine Maria Barbara, il sera évidemment influencé par la musique espagnole même s’il saura se forger un style singulier, virtuose, tour à tour lyrique et dissonant, vivant à l’écart des grands centres musicaux qu’étaient la France, l’Italie et l’Allemagne. Sa Messe en sol mineur est également appelée Messe de Madrid car composée en 1754 pour la chapelle royale d’Espagne. Cette pièce entièrement vocale contraste avec les deux autres oeuvres de Bach et Haendel, messe plus austère de par un ton plus recueilli et des harmonies moins complexes. - Paul Sobrin -

Dixit Dominus et Magnificat, Théâtre musical de Besançon, 16 mars à 20h www.letheatre-besancon.fr


Musiques

Alex Baupain au Théâtre des Feuillants L’ABC convie en mars un jeune chanteur à découvrir. C’est peut-être déjà le cas si vous appréciez les films de Christophe Honoré. Originaire de Besançon, Alex Beaupain a tôt fait de quitter la capitale comtoise pour vivre une belle histoire d’amour avec le cinéma. En 2002 il débute en composant la bande originale de 17 fois Cécile Cassard, remportant six ans plus tard un César pour la BO de Nos jeunes chanteurs toujours de Christophe Honoré. S’il use d’arrangements classiques dans ses bandes originales, sur scène Alex Beaupain pratique une pop sensible qu’il illustrait avec talent en 2008 avec son album 33 Tours. Il soigne les refrains - l’arpège de guitare typiquement pop et carillonnant sur I Want To Go Home, chanté en anglais, évidemment -. Jolies mélodies pour mauvais souvenirs filant la nostalgie des années 80, au temps des 33 tours. Il jette aux falaises les passifs - A la mer, désespérément belle -, distingue la forme et le propos dans Juste ces mots, texte fortement sexué sur une musique proche de l’easy-listening. Je veux, là encore bien au-dessous de la ceinture, renvoie à la synth pop légère de Daho. Alex Beaupain clôt cette trilogie sexuelle avec A travers, éloge de la petite mort aux arrangements emprunts là encore de cette légèreté superficielle propre aux eighties. Et tu t’en veux tellement, son clavier, son refrain pop à outrance, l’envolée des chœurs à la Ten CC. Et puis Alex Beaupain aime les voix d’actrices. Le syndrome Gainsbourg, il

ne s’en cache pas non plus. Pull marine est même l’une de ses chansons préférées. Sur Comme la pluie, il invite Ludivine Sagnier, Clotilde Hesme et Chiara Mastroianni. Passage en mode mineur, basse alanguie, caisses claires. Ludivine Sagnier, irrésistiblement sensuelle. On discerne clairement l’influence des aînés Souchon et Daho dans la manière de dépeindre les grandes et les petites histoires. - Manu Gilles -

Alex Beaupain, Théâtre des Feuillants, Dijon, 8 mars à 20h30 - www.abcdijon. org

La Niche se situe dans une zone plutôt rurale. D’où vient le public durant l’année ? Un quart du public vient de Dijon, beaucoup viennent également de Haute-Saône. Le public est-il aussi plus local ? Plus la tête d’affiche est grosse, plus le public vient de loin comme pour Marcel et son Orchestre, Ange ou Paul di Anno.

Vous organisez un tremplin Découverte. D’où viennent les postulants ? Les groupes viennent de toute la France mais

19 mars Le Zénith - Dijon

Irish Legends

23 mars Le Zénith - Dijon ASA

Asa

13 avril La Vapeur - Dijon

Jamel Debbouze 13 mai Le Zénith - Dijon

Florent Marchet

F.MARCHET

21 mai La Vapeur - Dijon

Patrick Fiori

28 mai Le Zénith - Dijon

Calogero Symphonique

CALOGERO

11 juin Le Zénith - Dijon 23 juin Le Zénith - Dijon

Quelques mois avant la nouvelle édition du Chien à Plumes, Diversions a rencontré JeanPhilippe, programmateur du festival et de la Niche à Dommarien - Haute-Marne -. Nous avons évoqué avec lui l’association du Chien à Plumes née en 1994, à l’origine du festival du même nom, et qui a créé dernièrement une salle de concerts, La Niche, en 2007.

L’association bénéficie de subventions publiques, mais aussi de quelques mécènes. Quelle est la proportion entre les deux ? Sur la Niche ou sur le festival, les mécènes commencent à prendre une part importante. La proportion est différente. Le festival bénéficie de très peu de subventions publiques (7.5% du budget) mais attire plus de mécènes (7% du budget).

La Brigade des feuilles

Jean-Louis Aubert

Zoom sur... Le Chien à Plumes

Par rapport à une SMAC traditionnelle, La Niche doit-elle remplir une mission d’accompagnement de groupes amateurs, sensibilisations diverses auprès du public, etc. ? Nous ne sommes pas une SMAC donc nous n’avons pas ce genre d’obligations. Par contre, le Chien à Plumes accompagne quand même des groupes locaux, travaille avec certaines écoles.

Les Chevaliers du Fiel

J.L. AUBERT

Yannick Noah

9 novembre Le Zénith - Dijon

Julien Clerc Symphonique 03 février 2012 - Le Zénith - Dijon

Infos au 03 80 410 333, www.oxoproduction.com ou sur notre page Réservations dans les points de vente habituels

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beaucoup sont de Champagne-Ardenne, Bourgogne, Franche-Comté et Lorraine. Une chose étonnante que l’on n’a pas l’habitude de voir dans une salle consacrée aux musiques actuelles… c’est la Guinguette de la Niche… Oui la guinguette se passe à la Niche, au même endroit que les concerts. Nous devons transformer la niche d’une salle de concert en guinguette dans la nuit. L’occasion pour l’association de proposer de l’animation pour les plus anciens ? Depuis la création de l’association, nous avons toujours proposé des animations pour toutes les générations (enfants jusqu’aux seniors). C’est le rôle d’une association en milieu rural, les activités n’étant pas très nombreuses. Cela montre aussi le rôle important joué par une association comme la vôtre sur le territoire non ? Voire même un rôle social d’une certaine manière ? Oui le Chien à Plumes a toujours eu un rôle social, que ce soit avec 250 bénévoles qui se retrouvent chaque année, ou avec le public qui y trouve des animations. - Propos recueillis par Dominique Demangeot -

Prochain festival du Chien à Plumes, 15ème édition : du 5 au 7 août. Les premiers noms ont été annoncés : Apocalyptica, Katerine, Gogol Bordello, Cali... www.chienaplumes.fr


Théâtres

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Soleil couchant au Théâtre Dijon Bourgogne Irène Bonnaud est de retour au TDB avec sa nouvelle mise en scène, adaptation d’une pièce peu connue de l’écrivain russe Isaac Babel qui nous transporte dans un ghetto juif d’Odessa en Russie, au sein d’une famille d’entrepreneurs.

Babel nous donne à voir ses personnages à travers son regard d’enfant, sans abandonner totalement son objectivité, sachant qu’au sein d’une famille les relations peuvent être parfois tendues, motivées par des

remplace un autre, et les vieux moujiks qui avaient l’habitude de traiter avec le père Mendel se font bientôt mettre dehors par le nouveau patron. C’est un tournant historique que saisit Babel, un bouleversement majeur qui met sens dessus dessous les hiérarchies sociales et familiales » fait remarquer Irène Bonnaud. S’il faut que le soleil se couche pour que naisse un jour nouveau, l’angoisse face à la nuit est bien présente... © DR

Le vieux brigand Mendel Krik affronte ses fils qui veulent prendre sa place au sein de la famille. « Ce mélange désarmant de lucidité implacable et de romantisme populaire fait le ton de la pièce qui se tient à distance de tous ses personnages sans jamais les condamner », explique Irène Bonnaud. On pense ici à d’autres personnages du peuple que l’on a pu voir dans une de ses précédentes mises en scène au TDB, La charrue et les étoiles (2009). Dans Soleil couchant, Isaac Babel nous parle des gens ordinaires qu’il a côtoyés dans son enfance, commerçants mais aussi bandits, contrebandiers et autres petites frappes qui étaient son quotidien, un peuple miséreux qui doit de plus affronter l’antisémitisme. Chez lui, comme chez O’Casey, le tragique le plus noir laisse toujours de la place pour une étincelle de lumière, une certaine distance face au désespoir, avec ces personnages « caractérisés par des silhouettes bizarres et des accoutrements improbables » dit encore Irène Bonnaud.

‘‘ Babel juxtapose réalité triviale et métaphysique, silhouettes du quotidien et figures de cauchemar ’’ Irène Bonnaud

sentiments vénaux, désirs divers et jalousies qui en découlent. Babel montre tout cela avec crudité, dans une langue sèche et rapide, qui fait se côtoyer des registres très contrastés. L’écrivain a su également extraire une cetraine profondeur de ces existences au jour le jour. « Babel juxtapose réalité triviale et métaphysique, silhouettes du quotidien et figures de cauchemar », explique la metteure en scène. Par sa détermination sans failles à

conserver ses biens et son pouvoir, dusse-t-il pour cela braver ses fils, le dieu de la Torah lui-même voire la mort, Mendel Kirk atteint une certaine hauteur. Soleil couchant est l’une des seules pièces écrites par Isaac Babel. On y retrouve les grands thèmes de ses nouvelles et des personnages qui apparaissent dans Les Contes d’Odessa. La pièce se déroule à une période cruciale, avant la première guerre mondiale et la révolution russe. « Un monde en

Dans cette pièce de la démesure, qui fait intervenir plus de trente personnages sur scène, « des marins grecs, des hommes de main géorgiens, le Français du café Fanconi, les prostituées russes, les Juifs riches, les Juifs pauvres, le Turc qui revient de la Mecque, les paysans ukrainiens », mosaïque d’individus et de nationalités, Soleil couchant porte finalement à l’universel. - Paul Sobrin -

Soleil couchant, Théâtre Dijon Bourgogne, du 8 au 12 mars - www.tdb-cdn.com

Les Rendez-vous des Piccolis Après le succès de l’année dernière, l’Espace des Arts renouvelle ses Rendez-vous des Piccolis, rendez-vous donnés au jeune public qui mêlent théâtre, danse et musique durant une semaine à Chalon-sur-Saône.

La Mer en pointillés auxquelles ils n’ont absolument rien à dire ; que leur perception du monde est nourrie du sensible, du sentiment, et de l’observation active de la vie des adultes ; qu’ils apprennent très tôt à ressentir ce qui est juste et ce qui ne l’est pas », note l’artiste. De l’histoire sans paroles du TOF Théâtre, comme vue à travers un tableau de Magritte - Premiers pas sur la dune – aux silhouettes du théâtre d’ombres esquissées dans Du coq à l’âne, où six instrumentistes insufflent la magie de la musique ancienne à un conte de Grimm, les Piccolis proposent cette année encore diverses esthétiques. Les Rendez-vous

des Piccolis ont également invité les enfants à prendre eux-mêmes part à la création en mettant en place, depuis septembre 2010, des ateliers écriture à l’Espace des Arts. On pourra en apprécier l’aboutissement en suivant Nos pères, nos mères, création partagée qui voyagera dans plusieurs maisons de quartier de Chalon-sur-Saône ainsi qu’à la Bibliothèque de Châtenoy-le-Royal à 20h le 18 mars, au Réservoir à Saint-Marcel à 20h le 21 et enfin à La Taverne de Saint Rémy à 20h le 25 mars. A la frontière entre autobiographie et fiction, ce spectacle porté par Carol Beaudoin, écrivain, et la comédienne Claire

© DR

Mais ces Rendez-vous ne nous parleront pas que de super-héros et de mondes fantasmés. La mer en pointillés nous racontera en effet, à travers les marionnettes et les objets de Serge Boulier, le périple d’un immigrant des Balkans qui parcourt l’Europe en bicyclette à la rencontre de l’autre. Le rêve de ce personnage : voir la mer, doux rêve caressé, se confronte vite à une réalité autrement plus brutale : celle des contingences administratives de l’Europe. Un spectacle qui traite d’un sujet grave, qu’un jeune public peut cependant appréhender dans sa pleine mesure selon Serge Boulier. « Notre vision romantique de l’enfance nous fait souvent oublier qu’ils vivent dans le même monde que nous, régi par les mêmes lois, faites par des adultes, et

© Jean Henry

Le festival sera inauguré avec le spectacle transdisciplinaire d’Emilio Calcagno. Le chorégraphe s’est adjoint en effet les services de Bertrand Belin pour la bande originale et de Marie Caillou pour l’illustration. La bande dessinée projetée en fond de scène nous transporte dans les années 40, au temps de l’âge d’or des comics américains et de leurs utopies. Un monde secouru par des superhéros capés et masqués est-il possible ? « La musique de Bertrand Belin et les dessins de Marie Caillou entretiennent tout au long de la pièce le climat cinématographique d’un futur « rétro », tenant autant de Kraftwerk que de Métropolis : une époque d’avant les désillusions, où l’on rêvait encore de faire du beau avec des machines... » explique Emilio Calcagno. Un temps où l’espoir semblait encore permis, créé à partir de trois écritures chorégraphique, musicale et dessinée.

Du Coq à l’Âne Monot, s’appuiera sur des ateliers d’écriture. L’écrivain a pris comme matière la parole des habitants des quartiers de Chalon-surSaône et de son agglomération, un recueil de témoignages, d’histoires et de souvenirs qui formeront au final Nos pères, nos mères, récit d’intimité et de filiation, travail sur la mémoire. - Bertrand Demornieux -

Les Rendez-vous des Piccolis, Espace des Arts, Chalon-sur-Saône, du 7 au 11 mars www.espace-des-arts.com


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Edition Bourgogne

Diversions

La Scène nationale de Mâcon Située à l’extrême sud de la Bourgogne, la Scène nationale de Mâcon est à la croisée de plusieurs territoires. Tandis que le mois de mars s’annonce chargé avec notamment plusieurs créations dont l’opéra rural Chat Perché et Dealing With Clair, nous avons rencontré Laurence Terk, directrice de Mâcon, Scène nationale depuis 2003, avec laquelle nous avons notamment évoqué les missions de la structure et ses choix artistiques.

Les scènes nationales ont notamment pour mission d’apporter la culture sur le territoire. Les Cafés Baroufs en sont un bon exemple aux alentours de Mâcon… On travaille depuis six ans avec des acteurs des micro-territoires qui nous invitent et font office de relais social avec la population. Cela nous permet de rencontrer des personnes qui soient seraient venus spontanément, ou qui ont besoin de cette validation par un acteur de leur territoire. Avec les Cafés Baroufs, on se retrouve dans des petits lieux. Ce n’est pas la même relation qu’avec notre public traditionnel et je dois dire que c’est vraiment intéressant. Chaque foyer rural organise une dizaine de Cafés Baroufs dans l’année et l’un de leur rendez-vous nous concerne. Les comédiens peuvent parler de leur rôle, leur carrière... Il y a aussi le partenariat avec le Cadran Lunaire, où l’on va dans une librairie pour rencontrer un auteur ou un metteur en scène qui vient parler de ses lectures. Il s’agit donc d’irriguer culturellement un territoire, mais de porter aussi un regard sur ce territoire. L’année dernière par exemple, vous aviez présenté plusieurs spectacles en rapport avec le travail... C’est moins thématiser ou décliner trop méthodiquement que de mettre en regard

Laurence Terk, directrice de Mâcon, Scène nationale

© Caroline Albain

La Scène nationale est proche de la frontière avec la région Rhône-Alpes. D’où vient votre public de manière générale ? Le public vient essentiellement d’un périmètre d’une trentaine de kilomètres autour de Mâcon, le Rhône, Mâconnais, Clunisois, Charollais de manière homogène. Notre positionnement géographique fait partie de notre identité. Comme nous ne sommes pas sur un territoire institutionnellement reconnu comme tel, c’est parfois un peu difficile à gérer.

‘‘ Ce qui m’intéresse le plus, c’est la pluridisciplinarité, au sens d’une égalité réelle entre toutes les disciplines du spectacle vivant. La danse est particulièrement adaptée à ces lieux, mais je souhaite aussi que chaque forme artistique donne tout autant de sens que du théâtre ’’

Drôles de dames est un temps fort de mars autour de la danse à Mâcon. Ici Ad Astra d’Emmanuelle Vo-Dinh quelques spectacles. Une programmation est aussi un geste artistique. Ce qui m’intéresse le plus, c’est la pluridisciplinarité, au sens d’une égalité réelle entre toutes les disciplines du spectacle vivant. La danse est particulièrement adaptée à ces lieux, mais je souhaite aussi que chaque forme artistique donne tout autant de sens que du théâtre. C’est aussi une autre mission des Scènes nationales que de susciter la découverte ? Tout à fait, le pire pour nous, et pour toutes les scènes je pense, c’est lorsqu’un spectateur ne vient qu’une fois dans l’année pour voir la tête d’affiche. On a un pass qui oblige à circuler entre les disciplines, lire la plaquette… Chat Perché qui passe en mars est un bel exemple de croisement des disciplines… Effectivement ! C’est tout de même plus excitant d’avoir une dramaturgie pour faire découvrir la musique savante. De plus Les Contes du Chat Perché sont tous publics à partir de huit ans. C’est à la limite plus facile pour les enfants de découvrir la musique classique, que pour nous adultes qui sommes déjà formatés.

L’équipe vient d’ailleurs répéter le spectacle dans vos murs... Si l’on n’a pas les fonds nécessaires pour faire de la production, on a en revanche une super cuisinière, une équipe technique et un très beau lieu bien sûr. On organise des résidences de création où les artistes viennent finaliser leurs spectacles. Chat perché sera créé à l’Opéra Bastille mais l’équipe avait besoin de nous pour les locaux. Drôle de dames est à présent un rendez-vous régulier en mars. Oui il est consacré aux danseuses. Le public est en confiance et découvre des artistes. Cette année j’ai proposé à la Scène nationale du Creusot de s’y associer. Le Palace de Cuisery est également partenaire. L’an prochain j’ai l’intention de faire participer d’autres théâtres, et de décliner le registre des femmes sur un mois dans toutes les disciplines. L’Orchestre de Mâcon jouera par exemple des compositrices, qui ne sont pas très connues mais ont écrit la musique aussi bien que les hommes. - Propos recueillis par Dominique Demangeot -

www.theatre-macon.com

Dealing With Clair, le 18 mars à 20h30 Un jeune couple de yuppies londoniens, Mike et Liz, essaient de vendre leur maison et font appel à Claire, jeune agent immobilier. Leur proie ? James, un riche quinquagénaire. Mike et Liz souhaitent agir en toute morale mais la transaction révèle leur face cachée, comme si l’argent, l’appât du gain, révélait en nous un côté obscur. Le miroir de ce lent délitement est le langage qui porte cette étrangeté, pour reprendre le terme de Sylvain Maurice qui met en scène la pièce. Une parole parcourue d’infimes soubresauts, portant en elle les stigmates d’une société déréglée, en dépit de ce désir constant de préserver les apparences. Le couple de vendeurs se retrouve alors confronté à un dilemme moral : être honnête sur l’état réel de la maison ou vendre cette dernière ? Martin Crimp compare le dialogue à une corde raide, qui doit rester tendue et véhiculer toute l’information. Les interruptions, les points de suspension sont courants dans ses pièces. « Pour moi le langage du théâtre doit partir du langage de tous les jours mais ce doit être une intensification de ce langage» souligne le dramaturge. Dealing With Clair est aussi l’occasion de découvrir Martin Crimp, auteur encore peu joué en France. « Pour moi, c’est un auteur majeur, l’un des plus intéressants parmi les contemporains », dit encore Sylvain Maurice.


Ouvrez les yeux

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Le nouvel Espace Bartholdi au Musée d’Histoire de Belfort Le Lion de Bartholdi s’apprête à être fêté à Belfort. Son inauguration officielle, qui n’avait jamais eu lieu, se déroulera les 17 et 18 septembre prochains. Avant cette date, un regard différent sur le félin emblématique, ainsi que sur son créateur Frédéric Auguste Bartholdi, sera porté au Musée d’Histoire dès le 12 mars, à l’occasion de l’inauguration de six nouvelles salles consacrées au sculpteur. Le Lion est une commande de la municipalité de Belfort qui souhaitait célébrer la résistance de la ville face aux Prussiens, même si la France perd en 1871 l’Alsace et une partie de la Lorraine. Le projet, initié en 1872, sera achevé en 1879.

Six salles consacrées à Bartholdi

Les salles 5 et 6 feront notamment état de la relation particulière qui a uni Bartholdi et Belfort. Aide de camp durant la guerre de 1870, Bartholdi a vécu ce conflit de l’intérieur et la perte de l’Alsace par la France restera un échec cuisant pour lui. Ses relations avec la ville de Belfort seront pourtant houleuses, d’abord en raison de considérations politiques qui mèneront finalement au refus de Belfort d’inaugurer officiellement le Lion en 1881, de peur de provoquer l’Allemagne. On s’intéressera également au monument posthume de Bartholdi, Les trois sièges, représentant les généraux Legrand, Lecourbe et Denfert-Rochereau. Le sculpteur a choisi de rendre ici hommage aux trois héros des trois sièges que la ville a subis sans jamais céder. Le monument inachevé à la mort de Bartholdi en 1904, sera inauguré de manière posthume en 1913, dernier symbole de l’attachement du sculpteur à la ville de Belfort.

Le Lion dans la ville

On verra également que le félin de pierre a fait des petits. On dénombre en effet de nombreuses reproductions du lion dans la ville de Belfort. C’est la raison pour laquelle le musée fait aussi appel aux particuliers qui possèdent peut-être, cachés dans leurs tiroirs ou un vieux grenier, des objets faisant référence au célèbre lion : en-têtes de lettres, affiches, cartes postales... Cette intime histoire

de Bartholdi avec Belfort s’explique aussi par la place que le sculpteur a souhaité donner à son œuvre dans la ville, bien en vue sous la Citadelle. « Ce monument doit vivre avec la vie publique, devenir un besoin dans l’aspect de la ville et s’identifier à elle », écrit Bartholdi au maire de Belfort en 1872.

Le Lion à travers l’histoire

Si le Lion de Belfort est fermement accroché à son rocher, son image a évolué au fil de l’histoire et le félin s’est souvent trouvé instrumentalisé. Le Lion devient un argument politique et au fil de l’évolution des relations entre la France et l’Allemagne, il sera régulièrement pris comme symbole d’un regain de patriotisme, voire de nationalisme. Pour les Alsaciens au contraire, la statue de Bartholdi est le symbole de l’amour pour leur pays, eux qui ont été ralliés de force à l’Allemagne en 1871. Il est temps de redécouvrir le Lion de Belfort sous ses divers aspects. - Dominique Demangeot -

© Régis Antoine

Les musées de Belfort ont réuni un fonds d’œuvres diverses : sculptures, peintures, esquisses, nombreux documents tels que photographies et correspondances qui nous en apprendront plus sur Bartholdi. Un important programme de restauration a notamment été mené. Ce nouvel espace d’une superficie de 240 m2 nous présentera Bartholdi sous un angle bien sûr historique, replacé dans son époque. Mais un Bartholdi plus intime sera également abordé. Un fonds permanent présentera les influences de l’artiste et ses premières commandes (salles 1 et 2). Deux autres salles permettront de suivre les différentes étapes qui ont mené au Lion tel qu’on peut l’admirer aujourd’hui, montrant notamment la maquette du premier projet en plâtre. On est frappé par l’attitude plus agressive de ce prototype, « en fait un réemploi d’un monument que Bartholdi destinait à honorer les défenseurs de Paris en 1814 » explique Robert Belot, Adjoint au Maire délégué à la culture à Belfort.

‘‘ Ce monument doit vivre avec la vie publique, devenir un besoin dans l’aspect de la ville et s’identifier à elle ’’ (Lettre de Bartholdi au maire de Belfort) - 16 mars 1872

Pour la 1ère fois, Bartholdi s’expose, Musée d’Histoire de la Citadelle de Belfort, dès le 12 mars - www.mairie-belfort.com

Le Lion de Belfort

Tursic & Mille au Musée des Beaux-Arts de Dole représentations que la société, le monde politique ou même celui de l’art nous donnent à voir. Représentations de masse telles que les pins ups en 3D, les icônes du grand écran et de la publicité qui nous sont familières, passées pour certaines dans l’inconscient collectif. Si la pornographie tient une place de choix dans le travail de Tursic et Mille, c’est parce qu’elle a comme principe de tout montrer en éliminant le mystère et toute opportunité pour le spectateur de se construire sa propre représentation. Charge à l’artiste de replacer ces représentations vues et revues dans un nouveau contexte. Scannées puis réimprimées sur toile en grand format, les icônes sur papier glacé s’apparent aux natures mortes du XIXe siècle. Débarrassées de leur vacuité originelle, elles acquièrent une autre dimension, une fois projetées dans la sphère artistique. Manière également de prendre de la distance en regard d’un monde moderne, dangereux et anxiogène.

Le Musée des Beaux-Arts de Dole nous présente deux jeunes artistes contemporains, Ida Tursic et Wilfried Mille. Leurs œuvres, reproductions de scènes au fort impact visuel – incendies, pornographie, lieux emblématiques - ont séduit plusieurs galeristes de par le monde. A Dole, ils présentent It was the dirty end of winter, une exposition qui ménage une porte d’entrée sur leur univers. Recourant à une large palette de procédés, de l’aérographe à l’empâtement (épaisseurs de peinture modelées directement sur la toile), en passant par le glacis, les deux artistes nous invitent à envisager leurs œuvres sous des angles divers. Ida et Wilfried se sont frottés tour à tour aux peintures géométriques et à l’abstraction, jouant notamment sur les illusions d’optique, abordant la vision stéréoscopique (en 3D), sans jamais négliger la couleur et la composition. Depuis près de dix ans, ils questionnent la représentation dans l’art. Comme l’illustre l’un de leurs tableaux, « The back of the signs » où l’on peut voir l’arrière des lettres de la fameuse pancarte Hollywood sur les hauteurs de Los Angeles, les deux artistes cherchent à nous montrer l’envers du décor, ce qui se dissimule derrière les

- Paul Sobrin -

Ida Tursic & Wilfried Mille, Silver Girl

Ida Tursic et Wilfried Mille, It was the dirty end of winter, Musée des Beaux-Arts de Dole, du 12 février au 30 avril www.doledujurafr


Ouvrez les yeux

Les Insolites au Musée de l’Aventure Peugeot à Sochaux Du 12 mars au 3 avril, le Musée de l’Aventure Peugeot accueillera les « Insolites ». Sous ce terme, se cachent de nombreux modèles de véhicules Peugeot, venus de France et d’autres endroits du monde. Certains ont permis d’expérimenter toutes sortes d’idées en matière de design, de mécanique, d’autres ont même fait du cinéma… L’occasion d’explorer une facette peu connue de la marque au lion, lorsque les concepteurs et les designers sortent quelque peu des chemins balisés, pour ouvrir des routes de traverse... à l’Aventure Peugeot. Ces Insolites seront notamment l’occasion d’un tour du monde, sur d’autres continents où l’on construit également les véhicules Peugeot. On trouvera par exemple la 504 Pick Up Double cabine produite en Thaïlande, datant du milieu des années 80. L’assemblage est fait à partir d'éléments produits en France. Le continent asiatique est un marché porteur. La Chine est bien sûr au premier rang. Depuis les années 80, l’usage de véhicules motorisés a explosé en Chine, passant de 3,5 à près de 168 millions aujourd’hui... L’aventure automobile se poursuit en Chine notamment avec la 307 Sedan à partir de 2004. On pourra apprécier d’autres modèles produits en Amérique du Sud et en Afrique comme la 504 Taxi Dakar et la 504 Taxi Argentine.On retrouvera bien sûr également l’incontournable 407 du Film "Taxi 4" datant de 2007, et bien d’autres surprises... - Gilles Bloin -

www.musee-peugeot.com

Focus sur la 104 Peugette Avec la 104 Peugette, restée à l’état de prototype, l’objectif était d’envisager une voiture sportive et peu coûteuse, avec capote ou toit rigide. Dessiné par Pininfarina, également auteur des versions berline et coupé, ce concept car s’inspirait du 104 Coupé ZS que le carrossier avait également dessiné. Il a été présenté par le carrossier italien au salon de Turin 1976. Afin de limiter au maximum les coûts de production, le capot, le couvercle du coffre à bagages et les ailes sont identiques à l’avant et à l’arrière, tout comme les portes et les longerons droit et gauche. La simplicité des traits comme celle de l’intérieur participaient également à la baisse de coût qui était de 20 % inférieur au modèle de grande série. Les feux et la calandre sont identiques au modèle de série. Ce petit roadster deux places possède une ligne qui rappelle les véhicules de compétition de l’époque et donne un véritable coup de jeune à la 104 de série. La Peugette était proposée dans une robe jaune et bleue, mais aussi rouge et grise, la baie de pare-brise et l’arceau de sécurité sont de couleur alu, ce dernier portant le «F» de Pininfarina. La planche de bord

a été modifiée. Si son soubassement est identique, sa partie supérieure comporte quatre blocs compteurs cubiques. Le volant adopte quant à lui un aspect sport avec ses quatre branches. Le châssisplateforme de Peugeot 104 Coupé étant utilisé, on peut y placer des moteurs de cylindrées et de puissances différentes.

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Chroniques CD

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CHANSON BLUES ROCK

L’album du mois INDIE POP

SOUL FUNK FOLK

POST PUNK NEW WAVE

Bruno Mars Doo-Wop & Hooligans (Atlantic)

White Lies

Pas vraiment de doo-wop dans ce premier opus. Exit les références aux Temptations, l’album lorgnant plutôt vers une soul pop dans l’ère du temps. Pas de hooligans non plus, l’ensemble restant au demeurant plus que sage. Le début s’oriente vers la pop Grenade, Just The Way You Are – titres les plus convaincants en plus du featuring de Cee-Lo Green -. La voix perchée bien haut de Bruno Mars imprime sa marque sur des couleurs pop aériennes, organe soyeux qui plaira assurément aux dames, à l’exemple de cette ballade folk à la Jason Mraz – Count On Me -. Certains morceaux en rajoutent sur la dose de miel tel Our First Time que n’auraient pas renié George Michael et Prince dans leurs pires poussées d’hormones… Bruno Mars prouve néanmoins avec ce premier opus un certain éclectisme comme lorsqu’il nous présente contre toute attente Runaway Baby, morceau autrement plus enlevé. Avec Damian Marley, il nous sert un Liquor Store Blues qui nous éloigne un peu des litanies reggae traditionnelles en ajoutant une touche de soul bienvenue. The Other Side apporte encore d’autres couleurs, mélange de pop/funk façon Gnarls Barkley. On préfère largement cette référence - Bertrand Demornieux -

Le portrait de jumelles sur ce second album de White Lies résume assez finement leur musique. Les londoniens se sont imposés comme les dignes héritiers d’une double tradition toute britannique : beautés froides et équivoque de la pop et de sa petite sœur la new wave. On retrouve ce qui avait fait le succès du premier opus en 2008 : pop sombre et mélodique trempée dans la grisaille des banlieues anglaises. Ritual enfonce le clou avec le sorcier de Depeche Mode : Alan Moulder qui saupoudre ces nouveaux morceaux de cristaux polaires. Sur Turn The Bells on a même parfois l’impression d’écouter un Depeche Mode période Violator. Le résultat siéra sans doute également aux adeptes de Joy Division, même si la production fleure bon les technologies modernes. L’emphase est de mise, menée par la voix d’outre-tombe d’Harry McVeigh. Bad Love avec son couplet plombé, son refrain aux allures d’hymne, est d’une efficacité imparable. L’équilibre parfaitement ménagé entre une pop puissante et des couleurs synthétiques fait tout le sel de Ritual. La production fait claquer les riffs de guitare, parfois même envahissante comme sur l’intenable Holy Ghost et les effets sur la voix. Beau comme un diamant noir dans un écrin en soie. - Sébastien Marais -

Le 26 mars à La Rodia de Besançon

CharlElie Couture Fort Rêveur (Believe) Fort Rêveur débute sur une tonalité blues et acoustique, hymne à la liberté « de travailler ou de voyager ». CharlElie revendique depuis plus de trente ans sa liberté de créer, en musique ou en images, l’affirmant une nouvelle fois sur ce nouvel opus à la production au top de Sean Flora (Black Keys, Franz Ferdinand…), quinze titres inspirés par New York où le peintre-musicien possède un atelier, parcourus de la fureur, des sirènes et des interrogations de la Grosse Pomme. On retrouve le chanteur philosophe à la voix blues et à la belle langue pour un nouveau bilan sur la planète (Les Ours blancs) et des récits de vie parfois difficiles comme Si légère sur l’anorexie. Le Phénix, pièce de choix, est une longue complainte cinématographique et sombre, ballade au milieu des cendres de Ground Zero, tandis que le tableau qui lui fait suite, Les gestes gratuits, s’habille au contraire de couleurs pastels. CharlElie reste à l’écart des lumières du showbiz, gardant une distance salutaire face au monde. Nous proposant ses propres fables de la fontaine (La vie facile), il dépeint ses semblables dans cet opus imprégné de musique américaine, nous gratifiant même d’un petit folk rock servi dans la langue de Shakespeare. De la belle ouvrage. - Dominique Demangeot -

My Little Cheap Dictaphone The Tragic Tale Of A Genius

(At(h)ome) Dès l’intro alambiquée et cette Piano Waltz que l’on suit avec curiosité, indie rock pour fête foraine à la production classieuse - amplitude des cordes, douce ritournelle au piano -, l’auditeur sait qu’il n’aura pas affaire à un album de traditionnelle pop rock. Une pop en apesanteur bien loin des climats intimistes du néanmoins excellent Small Town Boy en 2006. Comme son titre l’indique, The Tragic Tale Of A Genius nous conte l’histoire d’un génie de la musique torturé. Toute allusion au surdoué Brian Wilson des Beach Boys est loin d’être fortuite… L’épopée restitue d’ailleurs un bel hommage à une tradition pop versant dans des harmonies fouillées, à la manière des grands opéra rock des années 70 qui comme ses illustres prédécesseurs, n’est pas avare en titres expressionnistes. Entre lyrisme et ambiances de bars enfumés, Tom Waits et Thom Yorke, MLCD parvient à préserver tout au long de l’album une certaine unité sonore imprégnée d’une classic pop à la Mercury Rev. Jonathan Donahue est d’ailleurs invité lui aussi à poser sa voix sur What Are Your Waiting For. Le groupe lève rarement le pied tout au long de ces treize titres, nous concoctant des morceaux hautement expressifs à l’image du sombre What The Devil Says ou du caractériel No Self Esteem. - Sébastien Marais -

Ritual

(Polydor)


Cinéma 02 mars

Pollen

De Louie Schwartzberg Documentaire avec Fiona Perry Les rapports entre les «pollinisateurs», insectes et animaux qui assurent la reproduction des fleurs aux quatre coins de la planète.

Paul

De Greg Mottola Comédie avec Seth Rogen, Simon Pegg Deux fans de science-fiction britanniques se rendent aux Etats-Unis pour visiter la « Zone » où ils pourront rencontrer un véritable alien.

Ma part du gâteau De Cédric Klapisch Comédie dramatique

Take Me Home Tonight De Michael Dowse Comédie

avec Karin Viard, Gilles Lellouche France est ouvrière à Dunkerque et se retrouve au chômage après la fermeture de son usine. Pour trouver un nouveau travail elle part à Paris et devient femme de ménage chez un riche trader à mille lieues de son univers, et qui n’est pas sans rapport avec la faillite de son usine...

avec Teresa Palmer, Anna Faris Un jeune diplômé courtise la fille de ses rêves. Avec sa soeur jumelle et son meilleur ami, ils vont faire le dur apprentissage de la vie d’adulte .

Never Let Me Go

De Mark Romanek Drame/Fantastique avec Carey Mulligan, Keira Knightley Trois adultes découvrent que leur ancienne école n’est pas le lieu idyllique qu’ils croyaient...

Ironclad

De Jonathan English Action avec Jason Flemyng, Kate Mara Une plongée dans le 13ème siècle, au temps des Chevaliers des Templiers qui défendent le château de Rochester contre un roi tyrannique.

Faster

De George Tillman Jr. Action avec Dwayne Johnson, Mauricio Lopez Le Conducteur veut venger le meurtre de son frère à sa sortie de prison, tué lors du braquage qui l’a envoyé derrière les barreaux.

Sans identité

De Jaume Collet-Serra Thriller avec Liam Neeson, Diane Kruger Un homme tombe dans le coma après un accident de voiture. Pendant ce temps, un autre vole son identité et cherche à le tuer...

Le Roman de ma femme De Djamshed Usmonov Drame

avec Léa Seydoux, Olivier Gourmet Michel disparait et laisse sa femme Eve avec d’énormes dettes. Cette dernière est aidée par Chollet, ami et avocat comme son mari. Des soupçons commencent à peser sur l’avocat : s’il avait tout manigancé pour séduire Eve ?

L’Assaut

De Julien Leclercq Action/Drame avec Vincent Elbaz, Gregori Derangère L’histoire vraie de la prise d’otage d’un Airbus par quatre terroristes du GIA le 24 décembre 1994.

Le Marquis

De Dominique Farrugia Comédie drama-

tique

09 mars Fighter

De David O. Russell Drame avec Mark Wahlberg, Christian Bale Un boxeur Irlandais, Micky Ward, gravit les échelons jusqu’au titre de champion poids léger, assisté par son frère qui devient son entraîneur.

Le Rite

De Mikael Håfström Thriller avec Anthony Hopkins, Colin O’Donoghue Un séminariste sceptique assiste à des cours d’exorcisme au Vatican. Le père Lucas lui fait découvrir la face cachée de la religion. De Nigel Cole Comédie dramatique avec Sally Hawkins, Andrea Riseborough L’histoire des grèves de 1968 à l’usine Ford de Dagenham. 850 travailleuses ont dénoncé la discrimination sexuelle dans leur travail. Une date clé dans l’histoire du mouvement pour les droits des femmes en Angleterre.

De Debra Granik Drame avec Jennifer Lawrence, John Hawkes Ree Dolly est une adolescente qui vit seule dans la forêt des plateaux de l’Ozark avec son frère et sa soeur. Lorsque son père sort de prison, elle part à sa recherche car ce dernier a utilisé leur maison comme caution...

L’Etrange affaire Angelica De Manoel de Oliveira Drame

Le Marquis, le 9 mars

We want sex

Winter’s Bone

avec Franck Dubosc, Richard Berry Thomas Gardesse est VRP. Envoyé en prison pour six mois, il prétend être Le Marquis, un as du cambriolage. Quinze jours avant sa sortie, un braqueur le fait évader pour l’emmener à Manille faire le casse du siècle...

avec Pilar López de Ayala, Filipe Vargas Isaac, jeune photographe, doit faire le dernier portrait de la fille d’une riche famille, morte juste après son mariage. Il tombe immédiatement amoureux d’elle, et la jeune femme va le hanter jour et nuit...

The Silent House

De Gustavo Hernandez Horreur avec Gustavo Alonso, Florencia Colucci Laura et son père s’installent dans une maison pour la retaper sur demande de son propriétaire. Ils ne se doutent pas de la nuit de cauchemar qu’ils s’apprêtent à vivre...

16 mars Revenge

De Susanne Bier Drame avec Mikael Persbrandt, Trine Dyrholm Anton, médecin vivant au Danemark, travaille au sein d’un camp de réfugiés en Afrique. Son fil Elias se lie d’amitié avec Christian, marqué par le récent décès de sa mère. Christian va impliquer Elias dans un acte de vengeance...

Conviction

De Tony Goldwyn Drame avec Hilary Swank, Sam Rockwell Une mère célibataire s’inscrit à l’université pour étudier le droit. Elle souhaite libérer son frère qui a été accusé à tort d’un meurtre.

Jimmy Rivière

De Teddy Lussi-Modeste Drame avec Guillaume Gouix, Béatrice Dalle Jimmy Rivière est un jeune Gitan qui s’emporte parfois trop facilement. Il se convertit au pentecôtisme et renonce à ses deux passions que sont la boxe thaï et la belle Sonia...

Au bistrot du coin De Charles Nemes Comédie

avec Fred Testot, Eddy Mitchell Manu souhaite monter un spectacle caritatif dans son bar. Pour la bonne cause, plusieurs habitants du quartier vont apprendre à vivre ensemble durant une journée malgré leurs différences.

Légitime défense De Pierre Lacan Policier

avec Jean-Paul Rouve, Claude Brasseur Le père de Benoît, ancien flic devenu détective privé, disparaît mystérieusement. Benoît découvre alors des faits sur ce dernier qu’il ne soupçonnait pas. Lui-même va risquer sa vie dans cette enquête.

Les Moomins et la chasse à la comète De Maria Lindberg Animation

Une poussière grise recouvre soudain toute la vallée. Monsieur le Rat Musqué explique à Moomin que cela annonce des jours sombres pour la terre. Moomin et ses amis construisent un radeau pour aller demander de l’aide aux Savants Professeurs...

La Permission de minuit

De Delphine Gleize Drame avec Vincent Lindon, Emmanuelle Devos Un professeur en dermatologie soigne un enfant atteint d’une déficience génétique qui l’oblige à vivre à l’écart de la lumière du jour. Une mutation inespérée met cette amitié atypique en danger.

Avant l’aube

De Raphaël Jacoulot Drame avec Jean-Pierre Bacri, Vincent Rottiers Frédéric est un jeune en réinsertion qui travaille dans un grand hôtel à la montagne. Lorsqu’un client disparaît, les soupçons de Frédéric se portent sur la famille qui l’emploie.

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Conviction, le 16 mars Poursuite

De Marina Deak Drame avec Marina Deak, Aurélien Recoing Un petit garçon vit chez sa grand-mère car ses parents, séparés, ne peuvent pas assumer leur rôle.

La Ligne droite

De Régis Wargnier Drame avec Rachida Brakni, Clémentine Célarié Après cinq années de prison, Leïla rencontre un jeune sportif qui vient de perdre la vue. Ancienne athlète, elle devient son guide lorsqu’il commence à pratiquer la course.

World invasion : Battle for Los Angeles De Jonathan Liebesman Action

avec Aaron Eckhart, Ramon Rodriguez Les rues de Los Angeles sont prises d’assaut par des aliens. Les Marines sont appelés à la rescousse.

Route Irish

De Ken Loach Drame avec Mark Womack, Andrea Lowe Deux agents de sécurité en Irak sont également amis. Lorsque l’un d’entre eux perd la vie d’une façon mystérieuse, l’autre mène l’enquête.

Ma part du gâteau, le 16 mars



Diversions Bourgogne mars 2011jour