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Mensuel gratuit d’information

#61 mai

2014

Bourgogne

Culture, tourisme et actualité

Festival Théâtre en Mai à Dijon - Le Rézo’Fêt’Art GiedRé à La Vapeur - Rencontre avec Birth Of Joy Le Moche à l’Espace des Arts - Le Jeu des 1000 euros à Mâcon Scène Nationale - Les Ogres de Barback fêtent leurs vingt ans au festival Rolling Saône à Gray - La Semaine des Emergences à Besançon - Ana Popovic au Moulin de Brainans Impure Muzik fête ses quinze ans + Agenda du mois + Cinéma, chroniques CD, Livres...


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#61 #26 mai 2014

Bourgogne

L’AGENDA - 4 DIJON - 6

Festival Théâtre en Mai Le Rézo Fêt’Art GiedRé à La Vapeur Rencontre avec Birth Of Joy

Diversions - Edition Bourgogne Journal d’information gratuit 1, rue de Vittel 25000 Besançon 03 81 87 40 05 - 06 34 12 01 91 www.diversions-magazine.com diversions@orange.fr Editeur : SARL Diversions RCS : 508 184 934 Directeur de la publication : Boban Stanojevic 03 81 87 40 05 / 06 34 12 01 91 diversions@orange.fr

CHALON-SUR-SAÔNE - 9

Le Moche à l’Espace des Arts

MÂCON - 9

Le Jeu des 1000 euros à Mâcon Scène Nationale

EN FRANCHE-COMTÉ - 10

La Semaine des Émergences à Besançon Les Ogres de Barback au festival Rolling Saône Ana Popovic au Moulin de Brainans Impure Muzik fête ses quinze ans

Rédacteur en chef : Dominique Demangeot magazine.diversions@yahoo.fr Rédaction : Florian Antunes Pires, Lucie Brownie, Dominique Demangeot Manu Gilles, Simon Grangereau, Chloé Malbranche, Amandine Mannier Sébastien Marais, Paul Sobrin, Marc Vincent, Caroline Vo Minh Comité de relecture : Dominique Demangeot, Caroline Vo Minh Régie publicitaire : Boban Stanojevic - 03 81 87 40 05 / 06 34 12 01 91 - diversions@orange.fr

CHRONIQUES CD - 13 CHRONIQUES LIVRES - 14 CINÉMA - 15

Dépôt légal : Mai 2014 © Diversions 2014 Imprimé en Espagne ISSN : en cours valeur : 1,15 euros offert Diversions est diffusé gratuitement sur la Bourgogne Franche-Comté Prochaine parution : Mercredi 28 mai 2014


Diversions - L’Agenda du mois

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Les sorties du mois en un clin d’oeil

BEAUNE Musée des Beaux-Arts De mai à novembre 2014 : Exposition-dossier André Derain et compagnie - Peinture 17 mai à 19h : Visite libre de l’exposition dans le cadre de la soirée de la Nuit européenne des musées

28 mai à 20h : Printemps dans le Nord par Michael Schonwandt - Classique 30 mai à 20h : Airs & Symphonies de Rameau - Classique Parc des Expositions Du 24 mai au 1er juin : 42ème Salon des Antiquaires et de la Brocante - Salon

Quartier Saint Jacques 23 et 24 mai : Les 24 heures de Beaune - Course d’engins non motorisés Théâtre de Beaune 9 mai à 20h30 : Les oranges - Théâtre 16 mai à 20h30 : Travelling - Théâtre CHENÔVE

Complexe Louis Curel 24 mai à 20h30 : Concert de printemps - Différents styles de musique © Balthazar Maisch

Salle des Fêtes 16 mai à 20h : The Incredible Drum Show : Fills Monkey - Concert de batteries

Une raclette du 24 au 26 mai au TDB 16 mai à 20h30 : Carte blanche à Label Epique - Chanson 17 mai à 20h30 : Gainsbourg JAZZe - Chanson 22 mai à 20h30 : En rêve et contre tout par Alain Rodot - Chanson 23 mai à 20h30 : NoEh par Romain Billard - Chanson 24 mai à 20h30 : Cargo + Hypérion - Concert 28 mai à 20h30 : Capella - Chanson 30 et 31 mai à 20h30 : L’audition - Théâtre

© DR

Fills Monkey à la Salle des Fêtes de Chenôve le 16 mai DIJON

Chapiteau et cirque Lili Du 24 au 29 mai : FoRest - Cirque jonglage

Bains du Nord (FRAC Bourgogne) Du 18 janvier au 25 mai : Exposition «La question du tableau», futur simple, saison 2 - Art contemporain

Latitude 21 Du 19 avril au 18 juillet : Exposition «La ville africaine» - Architecture Du 18 avril au 18 juillet : Exposition «Islande, la nature à l’état brut» - Architecture

Théâtre Mansart Du 5 au 11 mai : Eclosion #5 - Théâtre Du 7 mai au 15 juin : Exposition M Choubi, sketchbook - Exposition dessins, croquis

La Vapeur 7 mai à 20h : Didier Levallet Quintet - Jazz 14 mai à 20h : Milky Chance / Birth of Joy - Pop 15 mai à 20h : Nahotchan / Lullaby / Fenc/s - Pop rock 16 mai à 20h : Daniel Fernandez / Poignot / Lou Di Franco - Chanson 17 mai à 22h : Stalingrad Electro Party - Electro 22 mai à 20h : Giedre / Jean Elliot Senior - Chanson 24 mai à 20h : Popcorn Party invite Norman Jay - Electro 29 mai à 20h : Jam Session - Musiques variées

Musée d’Art Sacré 4 mai à 16h : Visite : Le patrimoine religieux du musée d’art sacré - Visite commentée 15 mai à 12h30 : Visite : Les coulisses du musée - Visite commentée 17 mai de 20h à minuit : Nuit européenne des musées - Spectacle, atelier, exposition... Musée des beaux-arts Du 17 mai au 13 octobre : Exposition « La Sainte-Chapelle de Dijon et les résidences des ducs de Bourgogne » - Patrimoine

Musée de la vie bourguignonne 4 mai à 15h : Visite : La vie quotidienne dans les campagnes fin 19ème et début 20ème siècle - Visite commentée 11 mai à 15h : Visite : Les anciens commerces dijonnais - Visite commentée 11 mai à 16h : Visite : Des savoir faire en

© DR

Bistrot de la Scène 6 mai à 20h30 : Dans la maison de papier, j’ai des poèmes sur le feu - Théâtre 7 mai à 15h et 17h : En attendant le petit Poucet - Théâtre 9 et 10 mai à 20h30 : RockStory 6ème édition concert 70’ - Concert 14 et 21 mai à 10h30 : Rémi en concert : comptines et jeux de doigts (18 mois - 6 ans) - Chansons 14 et 22 mai à 15h et 17h : rémi Ma Totomobile - Chansons 15 mai à 20h30 : Jazz at the Bistro(t) - Jazz

Le Consortium Du 22 février au 1er juin : L’ Almanach 14 - Art contemporain

Opéra de Dijon 6 mai à 20h : Quatuor Arditti - Classique 14 mai à 20h : Elisabeth Leonskaja - Classique 16 mai à 20h : Louis Couperin 1 - Musique ancienne 17, 19, 21 et 23 mai à 20h : Le Nozze di Figaro de Mozart - Opéra 24 mai à 20h : Brahms #1 par Les Dissonances - Classique 27 mai à 20h : Berwald / Beethoven, Anima Eterna Brugge - Classique

Théâtre Dijon Bourgogne Du 23 mai au 1er juin : Théâtre en mai : 25ème édition - Théâtre - voir article p.6 -

© Richard Hawkins

ABC (au Théâtre des Feuillants) 6 mai à 20h : Automne et hiver - Théâtre

Chapelle de l’Assomption 2 mai à 20h : Nova Cantica, le nouveau chant du 12ème siècle, par l’Ensemble Gilles Binchois - Musique ancienne

Bourgogne - Visite commentée 17 mai de 20h à minuit : Nuit européenne des musées - Spectacle, atelier, exposition... 24 mai à 14h30 : Atelier pour les enfants à partir de 8 ans : thème : Bonne fête maman ! : réalisation de cartes de fête des mères - Atelier

Péniche Cancale 2 mai à 22h : Henning Baer + Mathis & Meerkat - Electro 3 mai à 21h : Mardi Gras Brass Band : Le Printemps de l’Europe - Animations / concert en plein air / fanfare 8 mai à 21h : Le Fou & la Vénus + Les Miches Feutrées : Support Your Local Band - Chanson rock 9 mai à 22h : MeTRoNoMe invité par Bateau Ivre - Techno 10 mai à 21h : The Hillbillies + Mr Duterche : Super Hero Night présenté par Magna Vox - Concert Dj sets rockabilly

Norman Jay le 24 mai à La vapeur


Les sorties du mois en un clin d’oeil

L’Agenda du mois

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Zénith 9 mai à 20h : Chinese Man and Deluxe Feat Taïwan MC & Guests - Hip-Hop 16 mai à 20h30 : Michael Gregorio - Humour 17 mai à 20h30 : Frédéric François - Chanson 22 mai à 20h : Tal - Chanson 23 mai à 20h30 : Olivier de Benoist - Humour

© Mario Del Curto

FONTAINE-LES-DIJON Galerie La Source Du 3 au 25 mai : Exposition «Détrompe l’oeil» de Pazanis - Peintre 2 mai à 18h30 : Vernissage de l’exposition «Détrompe l’oeil» CHALON-SUR-SAÔNE

Auditorium du Conservatoire 6 mai à 20h : Nuit 2 Jazz et Création - Jazz 16 mai à 18h : Conférence autour de la musique malienne - Conférence 17 mai de 14h à 17h : Les percussions maliennes - Atelier

Espace des Arts Du 7 au 18 mai : Pour le meilleur et pour le pire - Cirque (Ancienne Sucrerie, Quai St-Cosme) 15 mai à 20h : Sfumato - Danse Du 21 au 23 mai : Le moche - Théâtre

Le Cirque Aïtal à l’Ancienne Sucrerie de Chalon-sur-Saône du 7 au 18 mai Musée Nicéphore Niépce Du 15 février au 18 mai : Une photographie sous tension : la collection de Florence et Damien Bachelot - Photographie Du 15 février au 18 mai : Kathryn Cook, Memory of trees - Photographie Du 15 février au 18 mai : Ziad Antar, au hasard de la pellicule - Photographie

La Péniche 1er mai à 21h : Second Rate / Flying Donuts - Punk 7 mai à 21h : Smokey Joe & The Kid / D.J Incontrol / Oui Oui Oui / Home / Shining Victims - Electro, pop 16 mai à 21h : The Banyans meet Maranto - Reggae 17 mai à 21h : BKO Quintette - Musiques du monde 24 mai à 21h : Trio NRV / Le Grand Barouf - Rock

Parc des expositions 10 mai de 11h à minuit et 11 mai de 10h à 20h: 7ème Convention Tatoo Du 23 au 25 mai : Salon automobile

Théâtre Piccolo 16 mai à 20h : Pourquoi les hommes n’écoutent jamais rien... et les femmes ne savent pas lire les cartes routières - Humour 18 mai à 11 h : Le haut du panier 4, une fin de marché en musique : Couleurs du Mali Ballaké Sissoko - Musiques du monde

Musée Denon Du 12 avril au 16 juin : Le portrait d’un Noir - Peinture

MÂCON Cave à Musique 2 mai à 21h : Vildhjarta / Hypno5e / Psygnosis / Scarred / Defeat The Earth - Métal 3 mai à 21h : Arkona / Belenos / Sangdragon ... - Médieval folk, pop métal 4 mai à 10h : Fête médiévale - Combat, fauconnerie, conteur, marché artisanal 10 mai à 21h : Imperial Kikiristan / Radio Kaizman - Fanfare, musiques du monde 17 mai à 21h : La fine équipe / Chill Bump - Hip hop 18 mai à 10h45 et 14h45 : Histoire papier - Spectacle de marionnettes 31 mai à 21h : Congopunk / Böreck - Turkish et Africa Electric Le Crescent 16 mai : Manuel Guesseney 5tet (à l’auditorium du Conservatoire) - Jazz actuel Mâcon Scène nationale 6 mai à 19h30 : Pierre et le Loup... Et le jazz ! - Jazz Big Band 16 mai à 20h30 : Le jeu des 1000 euros (dès 9 ans) - Théâtre jeune public MJC Héritan Du 10 au 17 mai : Exposition « Solex, les princes de la route... » - Histoire du solex Vernissage le vendredi 9 mai à 18h QUETIGNY

© Isabelle Maiko Morin

Espace Mendès-France 9 et 10 mai à 20h30 : Do you wanna dance ? avec Singall Gospel - Bal folk 27 mai à 20h : Le singe bleu (à partir de 8 ans) - Théâtre jeune public

Le Roberto Negro Trio le 6 mai à l’Auditorium de Chalon-sur-Saône

En extérieur 17 et 18 mai : Guitares dans la ville - Musique


Diversions Bourgogne - Journal culturel

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Théâtre Dijon Bourgogne Théâtre en Mai mais aussi burlesque. La pièce, aui a connu un véritable succès dans les années 60, en pleine guerre du Vietnam, a été recréée récemment avec les élèves du Théâtre École d’Aquitaine. La transmission, toujours...

Première édition du festival Théâtre en Mai depuis l’arrivée de Benoît Lambert à la direction du Théâtre Dijon Bourgogne. Mais aussi date anniversaire : vingt-cinquième volet de ce temps fort du théâtre dans la capitale bourguignonne, qui met en lumière la jeune création.

La danse immobile, enfin, nous fera entendre des poèmes du metteur en scène, accompagné par deux accordéonistes et une danseuse. Des textes très personnels de Pierre Debauche, mis en scène par un autre de ses anciens élèves, Daniel Mesguich.

« Théâtre en Mai continue d’être un festival de découverte », souligne en effet Benoît Lambert, qui veut aussi montrer qu’il n’y a pas une mais plusieurs esthétiques du jeune théâtre. Ainsi la programmation, une nouvelle fois variée, évoquera tour à tour la guerre, ou plutôt les deux guerres mondiales, à travers Ah Dieu ! Que la guerre est jolie... et La Grande Histoire, le milieu carcéral avec Dans l’ombre, des jours ou encore l’univers du rock avec Rapport sur moi.

Théâtre en mai, Théâtre Dijon Bourgogne, du 23 mai au 1er juin Programme complet : www.tdb-cdn.com

Françoise Danell, Pierre Debauche et Robert Angebaud dans Le chant du cygne ou les 150 miroirs Le metteur en scène franco-belge, qui a notamment dirigé le Théâtre des Amandiers de 1965 à 1978, reviendra sur les cinquante dernières années de la vie théâtrale française avec Le chant du cygne ou les 150 miroirs. En compagnie de Françoise Danell et Robert Angebaud, Pierre Debauche nous fait part de ses souvenirs de théâtre, de 1960 à 2010, évoquant tour à tour Jean Vilar, Coluche, André Malraux, Jacques Duhamel, Gérard Philippe, Patrice Chereau et d’autres gens de théâtre, mais aussi Boby Lapointe, Higelin, Ferré... Cinquante années de théâtre et de décentralisation. Et si la pièce commence sur une saynète de Tchekhov, Le Chant du cygne, dans laquelle un vieil acteur malade se souvient de sa gloire passée, c’est bien la vitalité d’un théâtre qui est mise en lumière, un spectacle qui illustre la volonté de Théâtre en Mai de soutenir les jeunes compagnies... en s’appuyant aussi sur tout un patrimoine. Benoît Lambert remarque d’ailleurs cette année une tendance des jeunes compagnies à se tourner vers les pièces classiques, pour

revisiter ces textes illustres, « un dialogue qui peut être également insolent avec le répertoire », explique le directeur du TDB. Ce dernier note aussi une tendance à un théâtre, si ce n’est documentaire, tout du moins documenté, le besoin d’aller se confronter, d’une part au réel, à l’ici et maintenant, et d’autre part au patrimoine. Qu’il s’agisse de Maëlle Poésy et sa compagnie Drôle de Bizarre, revisitant le Candide de Voltaire, ou d’un jeune auteur et musicien allemand, PeterLicht, adaptant le texte de Molière L’Avare, pour tisser une variation autour de nos sociétés marchandes, le festival Théâtre en Mai nous propose un panorama, nécessairement « partiel et partial », comme le dit encore Benoît Lambert, mais faisant véritablement écho à ce que nous propose le jeune art dramatique aujourd’hui. De Pierre Debauche, l’on pourra voir en outre son adaptation de Ah dieu ! Que la guerre est jolie..., de Joan Littlewood, qui aborde la première guerre mondiale sous l’angle d’une revue de music hall. Cirque tragique...

© Victor Tonelli

© Alain Kaiser

L’Avare : un portrait de famille en ce début du 3ème millénaire

© François Sternicha

Mais puisque le festival croise aussi les générations, c’est une grande figure du théâtre en France, Pierre Debauche, ce « grand bâtisseur discret » comme le dit Benoît Lambert, qui est le parrain de cette nouvelle édition. Parallèlement à une rencontre et une table ronde en compagnie du metteur en scène, ce sont trois pièces qui seront présentées par le parrain 2014.

- Dominique Demangeot -

Le crocodile trompeur / Didon et Énée

Monde associatif Le Rézo Fêt’Art Le Rézo’Fêt’Art se situe derrière la gare de Dijon Ville, au 3 rue Blairet. Il suffit de passer le portail et nous nous trouvons à San Francisco, dans un cadre hippie avec des couleurs plein les yeux… On peut chanter avec Maxime Le Forestier : « C’est une maison bleue… ». Quelle est la phrase qui résume le mieux le Rézo’Fêt’Art ? « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait », de Mark Twain. Et quelle est donc la philosophie de votre hospitalité ? Accueillir un public intergénérationnel, dans un cadre convivial et festif, permettant à chacun de s’épanouir selon ce qui le passionne : théâtre, artisanat, environnement, relaxation, musique, cirque… Combien d’entre vous participent à cette association, vous les organisateurs, et quelle en est votre contribution ? Au-delà des membres du Conseil d’Administration, nous sommes actuellement cinq salariés, en emplois aidés, pour encadrer l’association Rézo’Fêt’Art et pour gérer les activités de l’association : organisations d’évènements sur place, accueils associatifs, animations itinérantes…

Max, un des fondateurs, chargé du développement de l’association. Pierre, éco-coordinateur, tout comme Tristan et Fred, qui ont pour mission de coordonner les activités liées aux domaines de l’alimentation et de l’environnement. Allan coordonne les activités liées au domaine artistique. Mais bien sûr il y a aussi Léo qui fait son service civique volontaire, s’occupant plus de la coordination de projets. Nous accueillons aussi des stagiaires régulièrement et des étudiants internationaux, comme en ce moment deux sud-africains et deux chiliennes jusqu’en juillet.

Quand l’association a-t-elle été créée ? Qu’y a-t-il de plus étonnant dans le Rézo’Fêt’Art ? Le Rézo’Fêt’Art a vu le jour à l’automne 2004. Le plus étonnant, ce sont les festivals, les concerts, les performances artistiques, les scènes ouvertes « RézO’pen Mic », les gens présents lors des événements… et d’avoir réussi à se renouveler depuis dix ans et d’avoir gardé le dynamisme, et surtout d’y avoir toujours cru ! Qu’est-ce qu’on peut trouver d’exceptionnel pour se restaurer au Rézo’Fêt’Art ? Le Rézo’ anime effectivement un café associatif où l’on peut retrouver de bons

aliments sélectionnés selon notre charte : produits frais, locaux, issus de l’agriculture raisonnée et biologique, ou encore du commerce équitable et de proximité… Aussi, depuis deux ans, notre jardin nous permet d’agrémenter avec plus de simplicité les produits proposés. - Propos recueillis par Chloë Malbranche -

http://rezofetart.com


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La Vapeur GiedRé L’origine de son prénom, il faut la chercher dans son ascendance lituanienne. C’est en effet à Vilnius que la chanteuse naît en 1985, avant d’arriver en France avec sa mère à sept ans. GiedRé sera à La Vapeur de Dijon le 22 mai prochain, pour présenter au public ses chansons décalées.

Quand elle chante Les petits secrets, ces petits secrets sont vraiment inavouables, souvent situés en-dessous de la ceinture, des thèmes de la vraie vie, comme aime pourtant à le rappeler GiedRé. Si son premier album ne contenait pas de disque, mais des vignettes avec de petits anus (sic) à gratter pour obtenir des codes de téléchargement, son nouvel opus « avec d’autres instruments que juste la guitare » est sorti le 21 janvier

© Clement Halborn

Ne vous fiez pas à ses airs de princesse blonde, ses robes rose bonbon ou vert pomme. Il ne suffit que de quelques notes - et surtout de quelques paroles - pour situer la jeune femme. Aux ballades acidulées et romantiques, GiedRé préfère en effet les chansons acides et politiquement incorrectes. L’univers de l’artiste, qui a notamment étudié au cours Florent et joué de petits rôles à la télévision et au théâtre, est souvent proche du café théâtre. Sur son site, sa bio fait état d’un croisement « entre Pierre Perret et les Sex Pistols », ce qui n’est pas faux... Mais on pourrait ajouter à la galerie de portraits Didier Super, pour cette constante irrévérence dans ses chansons. Une chansonnette qui débute comme un morceau de Michael Miro prend vite une tangente dangereuse, et GiedRé disserte alors sur le fait de « Pisser debout » par exemple...

dernier, et propose comme l’indique son titre, une évolution musicale. L’artiste a ajouté à ses chansons sur scène claviers, xylophones... Mais les textes sont toujours aussi rentrededans, de la part de la jeune chanteuse qui a déclaré n’avoir aucune limite, si ce n’est celle de la méchanceté. - Manu Gilles -

GiedRé + Jean Elliot Senior, La Vapeur, Dijon, 22 mai à 20h www.lavapeur.com


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La Vapeur Birth Of Joy Birth Of Joy se produiront le 14 mai prochain à La Vapeur de Dijon. En prélude à ce concert, les rockeurs psychédéliques hollandais ont répondu aux questions de Diversions. Qu’est-ce qui vous a réunis et poussés à faire de la musique ensemble ? On s’est rencontrés il y a six ans dans une école de musique en Hollande. Au sein de notre formation, nous devions former un groupe, faire des covers ainsi que nos propres chansons, et nous avons découvert par hasard que nous avions la même connexion pour la musique, donc c’est comme ça qu’on a commencé. Puis on est devenus des amis et un an plus tard, on a créé notre groupe. D’où provient votre inspiration? De beaucoup d’autres groupes : The Doors, Jimi Hendrix, Deep Purple, Led Zeppelin et aussi Queen of the Stone Age et Nirvana. Mais nous avons tous les trois un large panel de goûts musicaux. Nous écoutons également du jazz oldschool et du blues par exemple. Ça vous flatte que les chroniqueurs vous mettent d’égal à égal avec des groupes comme The Doors ou Deep Purple ? C’est un énorme compliment. Nous avons été inspirés par les musiques des années 60 et 70 mais nous sommes nés dans les années 80, et avons grandi dans les années 90, donc je pense que notre musique est différente de la musique des années 60 et 70. Mais c’est vraiment un compliment.

Quand on vous écoute, certains nostalgiques de l’époque Woodstock se retrouvent grâce à vos musiques. Est-ce que c’est une époque que vous auriez aimé connaître ? Non pas vraiment, je pense que je suis heureux de vivre à notre époque. C’était une époque importante, particulièrement pour la musique, tout était nouveau. Je pense que c’est vraiment une bonne chose que les gens aient trouvé cette liberté.

Vous allez faire pas mal de festivals cet été, quelles sensations avez-vous, comparé à vos autres concerts? Nous allons jouer dans des festivals vraiment sympas, en Europe et à Toronto au Canada. Je pense que c’est un privilège de faire ces festivals, jouer sur des grandes scènes avec tous ces gens, c’est génial ! J’ai vraiment hâte de participer à ces festivals. Merci beaucoup, c’était super gentil de ta part d’avoir pris le temps de répondre à nos questions. Est-ce que tu veux ajouter quelque chose ? Oui, je voudrais aussi te remercier pour tes bonnes questions. Nous allons refaire une

grosse tournée en France en mai, et en Europe, ça va être super. Regardez nos dates sur notre site ! J’espère vous voir le mois prochain dans ce cas à la Vapeur de Dijon ! Oui, nous espérons te rencontrer également. « Merci ! ». - Propos recueillis par Sarah Belnez -

Birth Of Joy + Milky Chance, La Vapeur, Dijon, 14 mai à 20h - www.lavapeur.com

Vous avez sollicité Brian Lucey, qui a également produit Arctic Monkeys et Black keys dans le passé. Que recherchiez-vous pour votre musique en vous entourant de ce producteur ? Nous sommes de grands fans des albums qu’il a créés. Donc on s’est dit qu’on allait tenter le truc, on lui a envoyé un e-mail et voilà, nous étions très heureux de faire ça. Comment arrivez-vous à éviter la monotonie et la facilité qui peuvent rapidement s’installer ? Je pense que nous sommes tous les trois des créatifs, nous aimons le progrès et nous n’aimons pas faire de musique commerciale. Comment avez-vous travaillé sur votre dernier album Prisoner ? L’année dernière, nous étions dans une grosse tournée en Europe et aux USA, donc nous n’avions pas beaucoup de temps pour écrire des chansons (rires). Nous préférons garder la spontanéité. Parfois, les meilleures idées viennent comme ça, sur le moment, et nous aimons capturer ces moments pour travailler dessus. Que représente pour vous ce nouvel album? C’est une sorte de transformation. Je voulais devenir libre et j’ai réalisé que je ne le suis pas. Donc ça représente la prison que je me suis créée moi-même, c’est parfois autobiographique et parfois ça parle d’autres choses, principalement de devenir libre.

© Tijmen Hobbel

Vous avez quelquefois fait référence à votre passage aux Transmusicales de Rennes pendant les interviews. Comment avez-vous vécu cet évènement ? C’était un moment mémorable et une vraie chance que nous avons eue. C’était vraiment génial ! C’était notre premier show en France, devant 3 000 personnes. Les gens étaient géniaux, la passion des gens aussi était super, nous n’avions jamais expérimenté quelque chose comme ça avant. Ça nous a ouvert les portes pour la France et le reste de l’Europe, donc je pense que les Transmusicales étaient l’une des meilleures choses qui pouvaient nous arriver.

Vous revenez bientôt en France pour jouer, vous êtes heureux? Oui, j’aime vraiment la France, les gens sont vraiment gentils, la nourriture, le vin… « J’espère parler français mais mon français c’est pas terrible » (rires).

BI-MÉDIA PAPIER + WEB Un journal papier diffusé à 35.000 exemplaires sur la Bourgogne chaque mois Un site internet mis à jour quotidiennement Des reportages vidéo

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Chalon-sur-Saône Le Moche à l’Espace des Arts Jean-Jacques Parquier et Julia Friedberg mettent en scène Le Moche, pièce de l’auteur allemand Marius von Mayenburg, variation tragique et absurde sur notre société régie par les apparences, et sur nos désirs contrariés.

Le Moche est une pièce où le dramaturge joue à fond la carte de l’absurde, avec les clônes de Lette qui finissent par apparaître dans les rues. Diatribe féroce du diktat de l’apparence dans nos sociétés modernes

Comme souvent, Marius von Mayenburg dénonce avec talent les travers de ses contemporains, en prenant comme exemple ici la cruauté des collègues et des proches de Lette à son encontre. Le Moche est une pièce où le dramaturge joue à fond la carte de l’absurde, avec les clônes de Lette qui finissent par apparaître dans les rues. Diatribe féroce du diktat de l’apparence dans nos sociétés modernes. L’auteur n’est pas tendre non plus avec le monde de l’entreprise et du management, sans oublier le pouvoir et ses corollaires indissociables : le sexe et l’argent. Dès lors que l’assistant de Lette constate la

© DR

Lette est ingénieur. Lorsque son supérieur décide un jour d’envoyer son assistant Karlmann à un congrès pour présenter son dernier projet, Lette prend conscience de la laideur de son visage. À partir de ce jour, c’est sa vie entière qui bascule. Lorsque même sa femme lui avoue qu’elle l’a toujours trouvé laid, Lette décide de recourir à la chirurgie esthétique pour améliorer son apparence. Le résultat est étonnant et de « moche », Lette passe à « très bel homme », que l’on n’hésite désormais plus à envoyer dans les congrès pour représenter sa société. Les femmes sont désormais attirées par Lette, qui se voit même offrir un poste de modèle publicitaire afin de vanter les mérites du cabinet de chirurgie esthétique du docteur Scheffler, à qui Lette doit son nouveau visage. métamorphose physique de ce dernier, il tente de séduire sa femme qu’il croit délaissée. Celle-ci le repousse cependant, et Karlmann de subir lui aussi une intervention de chirurgie esthétique. Fanny finit alors par prendre Karlmann pour amant... Triste humanité que nous dépeint Marius von Mayenburg, régie par ses désirs, et se fiant avant toute chose aux apparences. Le Moche soulève aussi la question de l’identité. « Dès la première lecture, la pièce m’a semblée simple et directe, elle m’a rappelé les jeux d’enfants que je pratiquais », explique Jean-Jacques Parquier. « Peut-être parce que les personnages gardent le

même nom et changent d’identité, alors qu’ils sont joués par le même acteur ». Le metteur en scène fait ici allusion à cette tendance de nos sociétés modernes à tout uniformiser, les actes comme les êtres. « Nous devenons tous interchangeables, simples numéros sur une liste d’attente sans fin. Faire du théâtre, c’est forcément s’opposer à cette volonté d’uniformiser le monde ». C’est cette tendance de la société à tout standardiser qui a poussé Lette à vouloir changer de visage, pour enfin satisfaire aux canons esthétiques de cette dernière. Jean-Jacques Parquier a été attiré par « ces mécaniques à faire rire » élaborées par le

jeune dramaturge. Pour que cette mécanique fonctionne à plein régime, le metteur en scène a choisi une scénographie épurée dans laquelle l’acteur est au centre, pour être au plus près de l’intention de Marius von Mayenburg, dont les indications « vont dans le sens du dépouillement ». Le décor évolue au gré des déplacements de cubes blancs, mus par les acteurs eux-mêmes. Associés à la vidéo, ces cubes peuvent également représenter le visage de Lette modifié durant l’opération, une « image abstraite » et une « recomposition absurde » symbolisant le visage atypique, mais surtout l’identité fragmentée de Lette. Une perte de repères, consécutive à la perte du visage. - Marc Vincent -

Le Moche, Espace des Arts, Chalon-sur-Saône, 21 et 22 mai à 20h www.espace-des-arts.com

Théâtre Le jeu des 1000 euros à Mâcon Scène Nationale Pour son dernier spectacle de la saison, Mâcon Scène Nationale nous replonge dans l’ambiance du fameux Jeu des 1000 francs, jeu radiophonique de culture générale qui sévit depuis 1958 avec un succès toujours égal. Un jeu populaire, dont le fonctionnement même l’appelait à franchir un jour les portes des théâtres, dans cette adaptation que l’on pourra découvrir à Mâcon le 16 mai.

communion, et déraillera du jeu radiophonique pour devenir une forme visuelle explosive », explique Bertrand Bossard. Le fameux jeu va donc sortir du cadre, les notes de xylophone annonçant l’écart, lorsque le candidat se met à réfléchir. « Et durant cette attente, cette réflexion, nous allons matérialiser un cerveau humain, ce qui s’y passe, ce qui l’affole, ce qui le stresse et l’enivre », ajoute le metteur en scène.

« Je veux en donner une forme théâtrale qui se jouera des rituels, détournera la

Le Jeu des 1000 euros de France Inter est un vrai spectacle, qui se déroule devant un

© Christophe Raynaud de Lage

En compagnie du collectif d’artistes L’Anatomie du chaos, Bertrand Bossard a donc écrit et mis en scène cette nouvelle pièce autour de cette institution qu’est le Jeu des 1000 francs. C’est l’occasion pour Bertrand Bossard et son équipe de faire référence à des textes fondateurs, en citant ces derniers, ou en se replongeant dans leur contexte. L’occasion aussi pour le metteur en scène de nous dire que les écrits peuvent parfois être détournés. Il arrive également à l’équipe de la pièce de s’adapter au lieu où il joue pour inclure dans le spectacle un peu d’histoire locale... D’autant que le public peut répondre aux questions s’il le souhaite, comme dans un vrai jeu. La pièce peut alors devenir véritablement interactive. D’une certaine manière, le Jeu des 1000 euros, et a fortiori son extension théâtrale, mettent en lumière les bienfaits de la réflexion. « Penser, c’est indispensable si on veut continuer à créer une société possible », ajoute le metteur en scène Bertrand Bossard. Le jeu des 1000 euros nous incite à nous cultiver. Son adaptation théâtrale ne pouvait que mettre cette particularité en avant !

public. Sur la proposition de Jérôme le Cardeur, qui avait accueilli le jeu dans son théâtre alors qu’il dirigeait encore la scène nationale de Dieppe, Bertrand Bossard a donc porté sur scène Le Jeu des 1000 euros, intéressé notamment par le rapport au public qui est développé dans ce jeu radiophonique. Du jeu au jeu de théâtre, il n’y avait qu’un pas, que Bertrand Bossard et L’Anatomie du chaos ont allègrement franchi dans cette adaptation que les habitués du jeu reconnaîtront sans difficultés. Le metteur en scène a en effet souhaité en conserver

les codes esthétiques, couleurs, ambiance sonore, sans oublier ses grands principes... comme la question Banco et Super Banco ! - Marc Vincent -

Le Jeu des 1000 euros, Mâcon Scène Nationale, 16 mai à 20h30 À noter : concert de Jeanette Berger à l’issue de la représentation. Cette dernière proposera également un concert sandwich le 15 mai. www.theatre-macon.fr


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Spectacle vivant Semaine des Émergences à Besançon Jeudi 5 juin à 20h Le Locataire par la Tide Company Théâtre - Scène nationale de Besançon Trois comédiens venus de l’univers du cirque ont mis au point un spectacle à la frontière des arts circassiens et dramatique. « Le cirque - en particulier la manipulation d’objet et la magie - est débarrassé de sa logique démonstrative au profit d’une logique conflictuelle, engendrant du sens », explique la Tide Company qui souhaite développer dans ce spectacle un univers absurde et empli d’étrangeté.

Trois jeunes compagnies et un artiste solo figurent au millésime 2014 de la Semaine des Émergences à Besançon. Une semaine pour découvrir la nouvelle création en région, avec cette année encore une programmation pluridisciplinaire.

Mercredi 4 juin à 22h Sorg & Napoleon Maddox La Rodia Léo Dufourt, jeune producteur et beatmaker bisontin, évolue dans un cercle artistique qui inclut également Cotton Claw, Zerolex, Lilea Narrative, entre autres artistes hip-hop

- Dominique Demangeot -

Édouard II, par le Ring-Théâtre electro. Sous le nom de Sorg, il crée aujourd’hui ses propres morceaux et collabore, sur son deuxième EP sorti en février 2013, avec le rappeur Napoleon Maddox, aussi à l’aise dans l’univers du hip-hop que du jazz et des musiques improvisées. Le projet qui sera présenté à Émergences a donc un pied en France et l’autre aux États-Unis, amalgamant différents styles : electro et hiphop, jazz, improvisation, projet qui découle d’un premier titre conçu à quatre mains, Wild West, sur le EP 16 Diamonds de février 2013. Depuis septembre, les deux artistes travaillent sur un nouveau set en préparation qui a pris aussi la forme d’un EP 5 titres en mars 2014 : Ribbons Razors.

© Christophe Loiseau

Mardi 3 juin à 20h et mercredi 4 juin à 19h Edouard II - première étape Par le Ring-Théâtre Centre Dramatique National Besançon Franche-Comté Entre le répertoire contemporain et les pièces classiques, le Ring-Théâtre n’a pas choisi. Après le projet expérimental Quartier Général, la compagnie retrouve le souflle épique du théâtre élisabéthain, à travers Édouard II, œuvre sur le pouvoir écrite par Christopher Marlowe en 1593. Pour faire vivre ce théâtre « avec du souffle, du rire et des larmes », comme le dit la compagnie, cette dernière porte aussi son regard sur nos démocraties modernes. En s’appuyant sur le destin de ce roi qui ne monte sur le trône que pour satisfaire ses propres désirs, quitte à faire vaciller l’État, le Ring-Théâtre dirige aussi notre regard sur l’époque actuelle. « La république elle-même n’est-elle pas bien souvent lassée de ses élus qui n’incarnent plus la nation mais se contentent de gérer les affaires ? », s’interroge la compagnie.

Vendredi 6 juin à 20h Sous Vide par le Projet D Espace - Scène nationale de Besançon La naissance est une rupture, un déchirement, passage de l’intériorité du ventre maternel à un monde multiple, parfois hostile et souvent déconcertant. « Notre point de départ est un questionnement sur le rapport de tout individu à la Nature, à la terre, à l’Origine », explique la compagnie. Sous Vide retrace les différentes étapes de ce grand bouleversement qu’est la naissance, dans un décor où est dressée une grande toile de plastique, comme pour signifier la stérilisation à outrance du monde moderne et la froideur des relations humaines. Dans ce spectacle qui mêle théâtre et arts de la marionnette, des bébés décident alors de faire la grève de la naissance...

Sous Vide, par le Projet D

Semaine des Émergences, Besançon, du 2 au 6 juin - Tarif unique : 5 euros. La soirée d’ouverture d’Émergences, le 2 juin au Café international (Cité Canot), proposera notamment un concert des Affranchistes qui débutera à 22h (gratuit). Il s’inscrit dans le concept des concerts gratuits de la Semaine des Émergences programmés par le Consortium, collectif d’associations de musiques actuelles et alternatives de Besançon. Programme complet : www.besancon.fr 03 81 61 51 01 Réservation auprès des scènes


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Gray Les Ogres de Barback fêtent leurs 20 ans à Rolling Saône Quand on fête quelque chose, on invite généralement les amis. À l’occasion des vingt ans de leur formation, Les Ogres de Barback fêteront cet anniversaire le 9 mai prochain sous la Halle Sauzay, au festival Rolling Saône. Ils seront accompagnés par la Fanfare Eyo’Nlé, énième collaboration pour une formation qui a préfèré un nouvel album au sempiternel Best of de milieu de carrière. Les Ogres de Barback, ce sont quatre frères et sœurs, une famille musicale en somme, soudée comme pas deux. Sam, Mathilde, Fred et Alice accommodent une nouvelle fois leur base musicale - violon, accordéon, violoncelle et flûte traversière – à de nombreuses cultures, un nouvel album, baptisé Vous m’emmerdez, qu’ils ont une nouvelle fois façonné dans leur studio au cœur de l’Ardèche, des notes et des mots enregistrés en pleine nature, une liberté de création et de ton qui n’est pas pour rien dans le succès du groupe. Chez les Ogres, on trouve toutes sortes d’instruments, en mode acoustique ou électrique, pour varier les couleurs musicales, de la chanson à des emportements plus rock, musique festive qui s’inspire parfois des Pays de l’Est, souvent engagée à travers ses textes. Car les Ogres s’inscrivent tout à fait dans un registre de chanson française dite « à textes », popularisée notamment par les Têtes Raides, qui sont invités sur le dernier album, ou encore La Rue Kétanou, d’autres amis du groupe, qui ont souvent partagé les scènes. Avec Jérôme, ils évoquaient de manière sensible et en toute simplicité l’homosexualité, tandis

que Il ne restera rien traitait de la fuite inéluctable du temps, titre philosophe pour un groupe qui l’est tout autant, même si c’est bien l’optimisme et la joie de vivre qui président d’ordinaire dans leurs albums et leurs concerts ! Des prestations également pleines de poésie, comme l’illustre par exemple le joli clip d’animation Ma fille.

Les programmateurs ne s’y sont pas trompés, invitant la fanfare sur le continent africain bien sûr mais aussi en Europe - France et Allemagne -. Les cuivres du groupe africain ont apporté toute leur chaleur à la chanson des Ogres, Sacré fils. De mars à décembre, les Ogres effectuent donc cette tournée anniversaire avec la Fanfare Eyo’Nlé. Une nouvelle collaboration, tant on ne compte plus les rencontres ménagées entre nos Ogres et des artistes aussi divers que Manu Chao... et Pierre Perret. Des voyages aux quatre coins du monde qui, en vingt ans, ont forcément nourri le quatuor. Ils en feront la brillante démonstration à Gray le 9 mai. Sur un des morceaux de ce nouvel album, les Ogres invitent Lo’Jo ainsi que la Fanfare Eyo’Nlé, qui signifie «Réjouissons-nous» en Yoruba, une langue que l’on trouve notamment au Nigéria, mais aussi dans certaines régions du Togo et du Bénin. C’est justement pour promouvoir la culture du Bénin que la Fanfare Eyo’Nlé a été fondée par Mathieu. La formation de cuivres et percussions s’inspire des musiques traditionnelles du Bénin, des musiques festives

Moulin de Brainans Ana Popovic Pour son dernier concert du mois de mai, le Moulin de Brainans invite la jeune blueswoman originaire de Serbie, Ana Popovic. Du blues à l’état pur, que l’artiste pratique depuis près de vingt ans.

En 2004, c’est le prix « Jazz à Juan Révélation » que remporte Ana, qui met une fois encore en lumière la versatilité de sa musique. Aujourd’hui, l’artiste s’en va porter la bonne parole du blues dans le monde entier, reconnue par ses pairs, et ayant remporté plusieurs distinctions au fil des années. Cette année, elle prend part

© Cheryl Gorski

C’est en effet à l’âge de quinze ans qu’Ana Popovic empoigne une guitare pour la première fois, ayant grandi dans une famille de musiciens. L’enfant puis l’adolescente écoutera durant des heures la collection de disques de blues et de soul de son paternel... Après un premier album confidentiel à la fin des années 90, Ana Popovic part enregistrer son deuxième disque à Memphis, en compagnie du producteur de Stevie Ray Vaughan, excusez du peu... -, un album intitulé Hush ! - chut -, titre peu en rapport avec la tendance forte d’Ana Popovic à faire rugir sa six cordes. Le blues qu’elle pratique est en effet, et avant tout, électrique, et prend corps dans des styles variés, tantôt urbain et électrique, tantôt caressé par un esprit soul. Suite à son deuxième opus, Ana ne perd pas de temps et partage la scène avec Bernard Allison, Popa Chubby et bien d’autres bluesmen. Citons encore le roublard Buddy Guy, avec qui Ana tape le bœuf de temps à autres.

jouées généralement dans les rues. À cette tradition, la Fanfare a ajouté une touche occidentale, à travers le jazz notamment. Une modernité que l’on retrouve aussi dans les thématiques abordées par les textes, très actuelles quant à elles, évoquant notamment le chômage, la peur de l’avenir. Mais comme nous le disions précédemment, l’époque souvent morose n’empêche pas la Fanfare Eyo’Nlé de jouer et de faire danser le public.

à une tournée hommage à Jimi Hendrix, qui l’amène à partager cette fois la scène avec Buddy Guy, Zakk Wylde, Jonny Lang, Kenny Wayne Shepherd et Bootsy Collins. Comme l’illustre le morceau d’ouverture, qui est aussi la chanson titre de son dernier album en date, Can You Stand The Heat, la chanteuse a de l’énergie à revendre. Ce titre fortement groovy laisse s’exprimer toute la personnalité de la musicienne, et inclut quelques sections de cuivres qui réchauffent encore - s’il en était besoin ! - sa musique. Pour l’explication dans le texte, rendez-vous le dernier soir de mai au Moulin ! - Manu Gilles -

Ana Popovic + Almana[k], Le Moulin de Brainans, 31 mai à 20h30 www.moulindebrainans.com

- Manu Gilles -

Les Ogres de Barback et la Fanfare Eyo’Nlé, à voir au festival Rolling Saône, Halle Sauzay à Gray, le 9 mai à 20h15 Festival Rolling Saône, du 8 au 10 mai Programme complet : www.rolling-saone.com

Comme nous vous l’annoncions le mois précédent, le festival Rolling Saône revient à Gray pour une huitième édition. Bien à l’abri sous sa Halle Sauzay, ce temps fort dédié au rock, à la chanson et aux musiques du monde - sans oublier l’électro -, fera une bonne place aux artistes locaux et nationaux, voire internationaux. En matière de groupes locaux, citons notamment les Bisontins de la formation pop Shiva Rosa qui ont été lauréats du tremplin Rolling Saône en mars dernier. Ils ouvriront le festival le jeudi 8 mai dès 17h45. En parallèle d’incontournables têtes d’affiche, comme Alpha Blondy, Psy4 De la Rime, Gaëtan Roussel... des artistes moins connus et émergents seront présents, à découvrir tels que le tout jeune Brice Conrad et sa chanson pop et légère le 8 mai, ou encore la pop folk de la toute aussi jeune Belge Noa Moon le 9 mai. Citons encore une propension certaine à ménager des moments plus dansants durant le festival, avec des artistes conviés qui fleurtent avec l’électro, associée au rock Nasser -, ainsi que le DJ culte sur les dancefloors Joachim Garraud et son electro house.


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Musiques actuelles Impure Musik fête ses quinze ans Le label bisontin fêtera ses quinze ans d’existence cette année. Quinze années durant lesquelles l’association n’aura jamais dévié de sa ligne conductrice, une ligne tracée par la passion de la musique et de l’échange humain. © Impure Muzik

Tout commence en 1999, avec Gantz, groupe dont fait partie Joss, fondateur d’Impure Muzik. Afin d’assurer la distribution des disques de son combo, il crée le label qui va par la suite également sortir les productions d’autres formations proches,

toujours dans un style musical punk-hardcore. Le projet grandit et sera finalement déclaré en association 1901 en 2001. Mais les choses sont très claires : le but de l’association n’est en aucun cas de faire du profit. Depuis le début, le financement vient des deniers personnels des membres d’Impure Muzik. « On ne fait pas de bénéfices. Et quand bien même il en existerait, on le réinjecte directement dans la production de nouveaux disques, mais ces bénéfices restent rares. Aucun prêt n’a jamais été contracté et dès qu’on en a besoin, on réinjecte tout de notre poche » nous dit Floyd. « Et on est aussi en contact avec d’autres labels indépendants français ou étrangers, ce qui nous permet de partager les frais ».

© Floriane Miny

La définition même du Do It Yourself est la philosophie de ces passionnés. Et cette absence de pression en termes financiers laisse place à beaucoup de liberté dans le choix des artistes qui seront ensuite produits par le label. La seule condition est qu’ils plaisent à chacun. « Si un membre a un coup de cœur pour une groupe, il le fait découvrir aux autres. Il faut qu’il plaise à tout le monde sinon on oublie. Et parfois, il faut savoir faire

preuve de persuasion », sourit Flo. Derrière ça, on voit toute la passion qui anime les cinq membres d’Impure Muzik. Car en effet, chacun travaille à côté et participe bénévolement au projet, leur temps libre étant grandement consacré à la recherche de nouveaux groupes, à la gestion de la distribution des LPs et à la préparation des concerts, le booking étant une autre activité du label. « Dès qu’un groupe est dans le coin, on essaie de caler une date. Souvent, on ne connait pas les gars, on les découvre quand ils arrivent. On les héberge chez nous. C’est toujours très sympa et c’est vraiment ça qu’on aime, c’est cet échange perpétuel. Tout se passe sans jamais se prendre la tête » explique Sylvain. À ce jour, 55 disques sont parus chez Impure Muzik, beaucoup d’artistes de la scène franc-comtoise mais pas que. Floyd plaisante en disant qu’ils vont jusqu’à la région RhôneAlpes maintenant… « Et on a aussi un groupe de Lettonie ». Un catalogue bien fourni donc pour Impure Muzik, grandement consacré à la scène punk-hardcore et post-rock, sous format vinyle uniquement et à l’artwork toujours travaillé. « Ceux qui se procurent nos disques sont des initiés. La plupart des gens

n’achètent plus de disques et ceux qui continuent sont des avertis qui ont définitivement abandonné le CD ». Et quand on lui parle de projet d’avenir, le label semble ne pas trop se prendre la tête. « On a fait neuf sorties l’année dernière, ce qui est assez exceptionnel. On a déjà de quoi faire pour l’instant… Et peut-être se lancer dans un festival, un Impure Fest », ajoute Flo le sourire aux lèvres. Impure Muzik est en plein dans son adolescence. Mais avec la passion qui les anime et cette envie de partager, on gage que le passage à l’âge adulte se fera dans la plus grande sérénité. - Florian Antunes Pires -

www.impuremuzik.fr


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Chroniques CD

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COUNTRY FOLK

Johnny Cash Out Among The Stars (Columbia/Sony) Plus de dix ans après sa mort, un nouvel album posthume du Man In Black voit le jour. Et il convient de prévenir celui qui voudrait se jeter dessus. En effet, Out Among The Stars ne fait pas partie des American Recordings, comme on s’y était habitués régulièrement au cours des vingt dernières années. L’album date du début des années 80, donc en plein dans le creux artistique du chanteur, période ingrate, où l’inspiration et par conséquent le succès des albums de Johnny Cash étaient en berne. Il faudra alors attendre sa participation sur Zooropa de U2 puis l’intérêt de Rick Rubin pour pouvoir véritablement jouir du talent de l’Américain. À l’époque, Out Among The Stars avait été rejeté par Cash pour son côté trop pop. Et on va lui donner raison. Cet album s’adressera donc surtout aux fans inconditionnels de Johnny Cash, qui ont suivi ses faits et gestes depuis l’époque Sun jusqu’à ses derniers souffles chez Rubin. Pour ceux qui ne connaissent que le Cash sous les ordres du producteur barbu, il vaut mieux être prévenu. On est loin de la beauté funèbre des American Recordings. On est carrément à l’opposé et les plus mauvaises langues diront qu’on a

ROCK

l’impression d’écouter le générique du Fall Guy (L’homme qui tombe à pic !) - et on ne pourra pas toujours leur donner totalement tort. On a affaire à un album en grande partie fait de morceaux country-variétoche parfaits pour les rednecks. Mais Johnny Cash reste Johnny Cash et comme ça avait été le cas sur Boom Chicka Boom (Mercury/1990) avec les reprises de Cat’s In The Cradle et de Hidden Shame de Costello, on arrive à trouver son bonheur. Notamment quand la fougue de June Carter s’y colle comme à la belle époque de Jackson (Baby Ride Easy). She Used To Love Me A Lot a des couleurs pop et I’m Movin’ On donne envie de monter sur l’échine d’une vache un peu excitée. Le Storyteller reprend le dessus lors de titres plus posés, au son de la slide (Call Your Mother, After All), et démontre que même depuis l’au-delà, ça marche encore droit. - Florian Antunes Pires IRLANDE

Transat

Irish Trad System

l’Atlantique, il suffit d’écouter Transat qui nous délivre un second opus savoureux et rythmé. Oyé, dansez sur le pont du navire bonnes gens ! Quelques vagues de musique vont vous transbahuter de tous les côtés, peut-être même vous faire chavirer. Mais on avance dans le sens du vent. Sur ce nouvel album, s’il est vrai que les influences sont largement induites par une veloutée des irish lands, la partie nord des Amériques semble aussi avoir un rôle à tenir dans la cadence. Le socle est couvert d’un tissu de guitare sèche qui impose parfois sa mélodie, faisant corps avec la voix ample et sûre de Lucie Étienne. Les paroles, s’irriguant dans un flux médium, sont clairement audibles. Du côté des instrumentaux, lorsque le violon joue, la guitare se met raccord et lui offre une transe, un tapis de notes sur lequel il peut se balader en toute confiance. Ce violon donne l’essence même des chansons de l’album. C’est de lui aussi que partent les arrangements. La précédente mouture du groupe avait donné à la musique traditionnelle irlandaise une première cure de jouvence, en y mêlant des sons électroniques. Ici, la fraîcheur est restée mais l’électro est moins patente, excepté sur Monaghan. Sur l’ensemble de la tracklist, l’orchestration se veut davantage organique. Des traces d’improvisation subsistent dans les lâchés de violon de Jean-Pierre Aufort. L’auditeur remarquera aussi un semblant de pop, audacieusement ficelée, sur certains titres comme Home Fire ou Pastures of Plenty. - Frédéric Dassonville-

(autoproduction) L’intitulé annonce la couleur et ne ment pas. Les outils actuels mis au service de courants musicaux traditionnels, l’Irlande comme moteur... c’est au fond plus loin que le trio Transat va chercher ses mélodies. Mieux qu’un filet de pêche pour goûter à

FOLK

Asgeir In The Silence (One Little Indian Records/ Because Music) Le folk au pays de l’électro. Voilà ce qui qualifie le deuxième album de Asgeir Trausti, compatriote de Björk et autres Sigur Ros. L’Islande, pays où les hivers sont rigoureux mais ne sont pas pour autant mauvais. La base du son de Asgeir, c’est bien le folk, qui se présente dans son plus simple appareil au travers de Was There Nothing ?, Summer Guest ou On That Day. Mais à côté de cela, le musicien apporte des touches d’électro qui emmènent ses compositions vers des contrées classieuses qui nous font alors comprendre la parenté sus-citée. Torrent avec ses grands coups de batterie devient une cousine de Perth et le morceau-titre est un labyrinthe d’arrangements à la grandiloquence retenue. Même si quand l’électro est clairement en avant, l’adhésion se fait moins évidente, In The Silence reste très séduisant et devient la bande-son idéale d’une après-midi à profiter du temps qui passe au coin du feu. Le second album de Asgeir demeure un très beau recueil de titres élégants et authentiques. - Florian

Antunes Pires -

FOLK

COUNTRY FOLK

(Sub Pop)

Ben & Ellen Harper Childhood Home (autoproduit)

Harold Martinez Dead Man (Socadisc)

Monument de la scène rock indé de l’autre côté de l’Atlantique à la fin du siècle dernier, le groupe de Cincinnati signe un retour autant inespéré que réussi. On connait surtout The Afghan Whigs par leur leader Greg Dulli qui n’a pas vraiment chômé depuis la séparation du combo en 2001. The Gutter Twins avec Mark Lanegan, The Twilight Singers en groupe, des apparitions chez les Belges de dEUS ou encore sur Blues Funeral du chanteur des Screaming Trees, l’homme a toujours été occupé. Mais une série de concerts du groupe de l’Ohio aura débouché sur une envie de recommencer. Et c’est dans les studios de Josh Homme qu’a été enregistré Do To The Beast, dont certains déploreront l’absence de l’autre tête pensante du groupe, le guitariste Rick McCollum. S’ouvrant sur le son stoner de Parked Outside, Do The Beast est un album très sombre et heavy, qui se marie parfaitement avec la voix sur la corde raide de Dulli. Des accents orientaux répondent à des riffs acérés dans un même titre (Matamaros) et c’est cette ambivalence entre calme et tension qui définit le mieux

Le guitariste californien (s’)offre un disque avec sa maman. Ses grands-parents tenaient un magasin d’instruments à Claremont, sa mère chantait et jouait de la guitare. C’est donc tout naturellement qu’Ellen et Ben ont eu l’idée d’enregistrer un disque ensemble et se sont mis à écrire une série de chansons, chacun de son côté pendant quelques années. Mère et fils chantent ensemble un titre où raisonnent une batterie feutrée et quelques accords de guitare simples et efficaces comme du Johnny Cash. Tout est ici du même tenant que ce A House is A Home introductif. Ellen Harper a également ce joli brin de voix à la Joni Mitchell, haut perché mais doux. Parfois, elle le module, apportant plus de gravité à son chant. En parfaite harmonie, le duo met tout en œuvre (solos de guitare, banjo d’Ellen, l’incontournable Weissenborn) pour dorloter l’oreille, en évoquant la vie de famille avec ses bons et ses mauvais côtés, sans oublier de tacler les producteurs d’OGM. Ben et Ellen délivrent un disque de bonne facture, pas révolutionnaire mais honnête et plein de générosité. - Simon Grangereau-

Le duo Nîmois revient avec une deuxième production synonyme de confirmation après un Birdmum déjà plein de promesses. Les premières écoutes d’Harold Martinez nous avaient fait découvrir un univers qui mariait savamment le blues et le folk, qui nous faisait voyager du côté des terres arides du midwest. Cette fois-ci, le groupe va plus loin. Et si l’album se nomme Dead Man, ce n’est pas un pur hasard. Comme pour le Loner, on trouve cette ambivalence, où les pistes acoustiques répondent aux titres électriques. Wolf Feathers, O’Lord pour le côté blues posé, la chevauchée Freedom Rider ou The Killers Crow pour le côté rock garage. Et le morceau éponyme est un titre sombre et épique, qui délivre une magie crépusculaire envoûtante. Avec Dead Man et sa capacité à électriser son folk, Harold Martinez montrent qu’il faudra compter sur eux à l’avenir et se posent comme le penchant hexagonal des Two Gallants.

la production des Afghan Whigs. Lost In The Woods illustre très bien cette description, dans sa composition hybride ou comme Algiers, parfaite opposée de The Lottery, elle-même contrée par la planante Can Rova. - Florian Antunes Pires ELECTRO ROCK

The Afghan Whigs Do To The Beast

30’NRV Xing Xang

(Sandmusic) Xing Xang, c’est le nouvel EP de 30’ NRV - prononcer Trente minutes énervé -. Une ambiance électro-rock survitaminée qui met ton crâne à feu et à son. À la guitare comme à la basse, accompagné de sa machinerie habituelle : alter ego électroluminescent qui glitch sec et sonne juste, 30’ NRV plonge son auditoire dans une transe envoûtante ponctuée de gimmicks survoltés et de riffs sculptés sur le vif. Ses solos sont des cocktails de bonbons acidulés sur plage de coton. On croirait flotter quand il envoie son indus unique, primitif et cyberpunk. Design sonore garanti. Xing Xang, dispo sur www. sandmusic.fr. - Justine Lhabitant -

- Florian Antunes Pires -


Littératures

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ESSAI

Georges Pop

Les Français ne sont pas Suisses

Cabédita

Force est de constater que l’assemblage helvétique est complexe. D’ailleurs, Georges Pop n’en propose pas une étude, mais l’exploration de la partie romande, celle où la langue de Molière reste employée majoritairement. Un écrivain aurait pu observer le même concept géographique entre la Bavière (en Allemagne) et la Suisse alémanique. Puisque certains prennent des raccourcis, Georges Pop propose de nous faire voir la grande route, mais hors des sentiers battus. Dans cet ouvrage le verbe est dosé, le vocable mesuré. Et la précision recherchée donne à penser que l’écrivain a composé avec une latente réflexion. Lui qui déclarait modestement à Diversions ne pas se sentir orfèvre de la francophonie, il en possède à coup sûr la finesse. C’est dit, les Français ne sont pas DES Suisses... tel devait être le titre originel de ce livre. Mais l’emploi de l’article « des » aurait cassé l’esthétique d’une phrase où, pourtant, Georges Pop veut mettre au ban les querelles de clocher. S’il confesse avoir rédigé son livre avec une forme d’amusement, reste à voir à quel degré le lecteur de notre côté de la frontière appréhendera l’autodérision. Car tel que le rappelle le journaliste, malgré la

ESSAI

Pascal Pich

Terminator, l’anonyme champion du monde

Ed2A

proximité d’une école de Morteau (25) qui se tient à quinze kilomètres d’une autre au Locle (Suisse), les cerveaux seront modelés différemment. Les accents en témoignent. Ce qui forge l’individu réside dans les institutions et l’Histoire d’un lieu, de quelque taille qu’il soit. Le saviez-vous, la Suisse n’a pas de capitale! Il est plus pratique pour les médias de l’Hexagone (voire internationaux) de désigner Berne. Georges Pop démêle les ignorances par explicatifs. Il envoie ainsi au placard, les fantasmes viscéraux sur un pays prétendu placide et livré à des banques trop discrètes. Même dans cela réside un argumentaire historique. Mais l’écrivain ne se veut pas professoral, même si l’on apprend ce qui façonne la Confédération. D’autre part, une base d’éléments est posée pour retourner la situation : à comprendre que s’ils voulaient, les Romands pourraient transposer un identique schéma réducteur, regardant avec mièvrerie leurs voisins «d’outre Jura». L’écrivain nous donne du coup une piqûre de rappel (voire davantage) sur notre propre histoire. Il signifie au passage, sur un ton volontairement pédant, que les Suisses sont bien renseignés sur ce qui a érigé la France. La subjectivité de Georges Pop est formidablement cachée par la démonstration de vérités. D’accord, ce dernier n’est pas pour autant rancunier. Mais c’est parce que sa répartie, inspirée par des grincements de dents que provoquent chez lui certains Gaulois, est proportionnellement imbibée d’ironie. Après tout c’est de bonne guerre. D’après le livre, la «petite Helvétie» ferait la sourde oreille face aux préjugés. Tout autant que Goliath (la France), borné d’idées reçues, ne se rendrait pas vraiment compte des affabulations faussant l’image de la Suisse. L’auteur fait un tir croisé. Un constat sur la vision française, intelligemment entremêlé de fines flèches, légères, mais bien aiguisées. - Frédéric Dassonville -

SCIENCES NATURELLES

celui de sportif de haut niveau. Il a su montrer une grande force de caractère dans tous ces défis, et sa motivation reste intacte pour prouver qu’il en a encore sous les baskets. En décembre 2013, Pascal Pich a décidé de se lancer un nouveau défi qu’il a baptisé « Ironman around the world ». Il consiste à courir un double Ironman et un déca-Ironman sur les cinq continents. Pour cela, Pascal recherche des sponsors, des équipementiers et un soutien financier. À la lecture de ce livre, vous pourrez découvrir les prémices de cette belle aventure et pourquoi pas, avoir envie d’y contribuer... - Gérald Frigotto -

seront exposées dans quelques semaines à Liège, lors de la neuvième édition de la biennale internationale de la photo et des arts visuels en Belgique. Elles iront dans la même période au Contemporary Art Space de New York.

PHOTOGRAPHIE Pascal Pich fait partie des ultra-triathlètes. Ce qui le distingue des triathlètes lambdas c’est qu’il est capable d’enchaîner jusqu’à dix fois la distance Ironman en une semaine en course à pied (l’Ironman c’est 3,8 km de natation, 180 km de cyclisme puis un marathon de 42,195 km), avec seulement deux heures de sommeil par jour. Des distances hallucinantes qui poussent le corps humain au bout de ses limites physiques et psychologiques : 38 km de natation, 1 800 km de vélo et 423 km de course à pieds. Ils ne sont qu’une vingtaine au monde à pratiquer cette discipline hors du commun. Le faible nombre de participants et la longueur des épreuves font que les médias s’intéressent peu à cette variante du triathlon. Dans son livre, Pascal Pich raconte son combat quotidien pour faire reconnaître sa discipline, une reconnaissance que mérite un quintuple champion du monde, champion d’Europe et détenteur de neuf records du monde. Vous y découvrirez aussi les coulisses et les galères qu’il a rencontrées au cours de ses différentes courses à travers le monde. Les difficultés d’allier son métier de policier à

Yves Gellie

Human Version

Loco

Qui n’a pas rêvé un jour d’avoir à la maison un robot de compagnie, qui remplirait les tâches les plus fastidieuses. Ce stade est bel et bien franchi depuis un certain temps. À ceci près que désormais, la fonctionnalité a été rejointe par l’esthétisme. Le photographe Yves Gellie a fait le tour du monde des laboratoires pour en proposer l’inventaire, dans une forme de catalogue stylisé. Les photographies de ce travail d’investigation, reproduites en grand format pour l’ouvrage,

François Dehondt, Fréderic Mora (coord.)

Atlas des sauterelles et grillons de FrancheComté. Illustrations commentées du peuple chantant de l’herbe

Naturalia

BI-MÉDIA PAPIER + WEB

L’agriculture de Franche-Comté est tournée vers l’élevage, entrainant une diversité de prairies, pelouses, milieux pastoraux qui sont favorables au développement des orthoptères. Les beaux jours arrivant, ces paysages sont aussi l’occasion de balades que l’ouvrage qu’ont coordonné François Dehondt et Frédéric Mora pourra utilement agrémenter. Issu d’un important travail collectif mené sur plusieurs années, l’atlas recense sauterelles, grillons et criquets de Franche-Comté, chaque espèce présentée sous forme d’une fiche synthétique. Le tout est richement illustré de photos, cartes et flashcodes permettant d’aller écouter les sons d’insectes, puisque nombre d’entre eux peuvent être reconnus à partir de leurs stridulations. Le travail se présente comme un état de la connaissance à un moment donné et n’omet pas de signaler les quelques lacunes qui demeurent. Cependant il ne s’adresse pas uniquement au spécialiste, rédigé de manière à être compris par le plus grand nombre. Cet atlas est aussi une œuvre citoyenne, chargée de nous sensibiliser à la biodiversité. - Martial Cavatz -

Le noyau dur de Human Version est évidemment photographique, mais on trouve également un entretien du photographe avec le philosophe Jean-Michel Besnier. C’est la seule présence humaine visible... Leurs mots soulèvent cinq problématiques à dimension humaine. Les avancées en robotique sont là, juste devant nous, d’autant que la culture asiatique a tendance à mettre au rang du vivant la machine. Ainsi, Human Version fait précéder les photos d’Yves Gellie par l’intégralité des clauses d’une charte éthique, signée du parlement de la Corée du Sud en 2007, un document qui institue les relations entre l’Homme et le robot, comme si ce dernier était le représentant d’une nouvelle espèce. En matière de robots humanoïdes, le leadership en la matière est incontestablement japonais. Mais si le pays du soleil levant est un pionnier de la robotique, Yves Gellie a toutefois déniché quelques pépites aux USA et... en France également ! L’ouvrage présente des robots aussi photogéniques que taiseux. Beaucoup ont une expression cadavérique (pages 6, 10, 18, 20, 21), voire fantômatique (pages 5, 12, 16, 19), comme maquillés façon Comedia del arte (page 3). L’observateur peut aussi assister à ce qu’il sera convenu d’appeler un art technologique (pages 2, 4, 6, 10, 15 et 17). Le photographe n’est pas un auteur de science-fiction. Il témoigne au contraire d’une réalité très actuelle.

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L’ouvrage Human Version pose également en creux la question du trop-parfait de la machine, fascinante et inquiétante. Qu’attendons-nous d’elle, justement ? Sans nul doute doit-on prendre en compte le fait que son enveloppe est d’abord un miroir fantasmatique, dont l’image est fabriquée à notre guise. Ou, en regardant plus loin, que le robot devienne notre ersatz, fusse-t-il pratique, dans le dépassement physique de soi. En somme, celui-ci pourrait être le prolongement de nos capacités. L’humanoïde serait alors le bras armé de l’imagination (pages 2, 4, 7, 14, 16, 17), sans en avoir l’esprit créatif puisqu’il en est le fruit. L’entretien en fin de livre évoque notamment cette question. L’éthique, à travers les évolutions technologiques, bouscule forcément les codes. Certains de ces robots humanoïdes nous ressemblent déjà de manière étonnante (pages 9, 14, 22). C’en serait même presque effrayant... L’on notera de nos yeux éblouis que la position des mains, artificielle, trahit l’identité de l’espèce non-humaine. Quoi qu’il en soit, les robots humanoïdes sont tous différents, mais sont à ce jour tous dépourvus de conscience. Leur autre point commun, par définition, se trouve dans ce que l’on appellerait à échelle humaine le narcissisme. La servitude reste cependant, pour l’instant, leur seule raison d’être. - Frédérique Dassonville -


Cinéma

15

30 avril The Amazing Spider Man : Le Destin d’un héros De Marc Webb Aventure

Mise à l’Epreuve De Tim Story Comédie

Andrew Garfield, Emma Stone Peter Parker va devoir affronter un adversaire plus puissant que lui : Electro.

Avec Ice Cube, Kevin Hart Un jeune homme se retrouve mêlé à l’enquête d’un officier de police qui est son futur beau père.

Barbecue

De Eric Lavaine Comédie Avec Lambert Wilson, Franck Dubosc Antoine est victime d’un infarctus et doit adopter un nouveau régime alimentaire.

Kidon

De Emmanuel Naccache Comédie Avec Tomer Sisley, Kev Adams Le 18 février 2010, la une des journaux présente les photos des agents du Mossad israélien en flagrant délit d’assassinat de Mahmoud Al Mahbouh...

Joe

© DR

De David Gordon Green Drame Avec Nicolas Cage, Tye Sheridan Un ancien prisonnier tente de retrouver une vie normale. Il fait la connaissance de Gary, un jeune garçon de 15 ans qui cherche du travail.

Charlie Countryman De Fredrick Bond Action

Barbecue le 30 avril Man of Tai Chi

Le dernier diamant De Eric Barbier Drame

De Keanu Reeves Karaté Avec Tiger Hu Chen, Karen Mok Un homme décide d’organiser un tournoi d’arts martiaux.

Avec Yvan Attal, Bérénice Béjo Un cambrioleur en liberté surveillée accepte de voler un diamant mythique. Pour réussir, il doit se rapprocher d’une experte diamantaire : Julia.

7 mai Arthur Newman De Dante Ariola Comédie dramatique

Avec Colin Firth, Emily Blunt Wallace Avery se crée une nouvelle identité et déménage pour l’Indiana, où il espère devenir golfeur professionnel.

La voie de l’ennemi

De Rachel Bouchareb Thriller Avec Forest Whitaker, Harvey Keitel Un ancien membre d’un gang sort de prison après 18 ans d’incarcération. Mais ce dernier est rattrappé par son passé...

24 jours - La vérité sur l’affaire Ilan Halimi De Alexandre Arcady Drame

Avec Shia LaBeouf, Evan Rachel Wood Charlie Countryman quitte les États-Unis suite au décès de sa mère et se rend à Bucarest, où il fait la rencontre de Gabi.

Le promeneur d’oiseau De Philippe Muyl Drame

Avec Li Baotian, Yang Xin Yi Zhigen retourne dans son village natal pour libérer son oiseau. Il fait le voyage avec sa petite fille Renxing.

Les zévadés de l’espace De Cal Brunker Film d’animation

Scorch Supernova est l’explorateur spatial le plus célèbre de la planète Baab. Il accepte une mission de sauvetage sur une planète dangereuse.

Sarah préfère la course

De Chloé Robichaud Drame Une jeune athlète de semi-fond se voit offrir une place dans le meilleur club d’athlétisme de Montréal.

Cristeros

Sabotage

De Dean Wright Drame Avec Andy Garcia, Oscar Isaak En 1926, le président Callès, en fonction au Mexique, interdit toutes pratiques religieuses dans le pays.

De David Ayer Thriller Avec Arnold Schwarzenegger Une force d’élite de la DEA intervient sur le repaire d’un cartel, mais l’opération est en réalité un braquage.

Avec Zabou Breitman, Pascal Elbé Le meurtre d’Ilan Halimi et les 24 jours de cauchemar de sa famille.

Last days of Summer De Jason Reitman Drame

Ligne d’Eau

Libre et assoupi

Avec Kate Winslet, Josh Brolin Un détenu évadé oblige une femme et son fils à le cacher chez eux. La relation entre le ravisseur et la jeune femme prend une tournure inattendue.

De Benjamin Guedj Comédie Avec Baptiste Lecaplain, Charlotte Le Bon Sébastien passe ses journées sur son canapé. Ses deux colocataires le poussent à accepter des stages et des petits boulots.

De Tomas Wasilewski drame Avec Mateusz Banasiuk, Katarzyna Herman Kuba est un jeune sportif qui s’entraîne pour devenir champion de natation. Un jour, il rencontre Michal, un garçon de toute beauté.

Au Nom du Fils

De Vincent Lanoo Comédie dramatique Avec Astrid Wettnall, Achille Ridolfi Elizabeth, mère aimante et dévouée, est une catholique pratiquante. Elle accueille dans son foyer le père Achille.

Pas son Genre

De Lucas Belvaux Comédie Avec Emilie Dequenne, Loïc Corbery Un jeune professeur de philo est muté à Arras. Il fait la connaissance d’une coiffeuse.

L’Armée du Salut De Abdellah Taïa Drame

Avec Saïd Mrini, Karim Aït Mhand Abdellah vit dans un quartier populaire de Casablanca. Il tente de se construire dans une famille nombreuse.

De guerre lasse

De Olivier Panchot Thriller Avec Jalil Lespert, Tchéky Karyo Le fils d’un caïd s’engage dans la Légion afin d’échapper à un règlement de compte, et revient sur Marseille après quatre ans.

D’une vie à l’autre De Georg Maas Thriller

Godzilla

De Gareth Edwards Action Avec Ken Watanabe, Aaron Taylor Johnson Le dinosaure Godzilla affronte des créatures qui menacent la planète.

Grace de Monaco De Olivier Dahan Biopic

Avec Nicole Kidman, Tim Roth Grace Kelly épouse le Prince de Monaco en 1956. Elle décide alors de quitter sa vie d’actrice renommée.

© DR

© DR

La voie de l’ennemi le 7 mai

Avec Juliane Kohler, Liv Ullmann Katrine est née d’une relation entre une norvégienne et un soldat allemand. Elle a grandi en Allemagne de l’Est et vit à présent en Norvège.

14 mai

Grace de Monaco le 14 mai



Diversions bourgogne mai 2014