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Mensuel gratuit d’information

#57 décembre

2013

Bourgogne

Culture, tourisme et actualité

Le conte d’hiver au TDB - Gergely Madaras nous offre un Noël hongrois - Retour sur la Fête de la Science 2013 en Bourgogne - Keziah Jones à La Vapeur - Mômes et Merveilles à Beaune Homme pour homme à l’Espace des Arts - Histoire d’animaux à l’Auditorium de Chalon-sur-Saône Djemdi et Krachtva Valda au Moulin de Brainans CAHIER SPÉCIAL MUSÉES N°2 + l’agenda du mois + Cinéma, chroniques CD, Livres...


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#57 #26 décembre 2013

Bourgogne

L’AGENDA - 4 DIJON - 6

Le conte d’hiver au Théâtre Dijon Bourgogne Gergely Madaras nous offre un Noël hongrois Retour sur la Fête de la Science 2013 en Bourgogne Keziah Jones à La Vapeur

SUPPLÉMENT SPÉCIAL MUSÉES N°2 - 9-16

BEAUNE - 18

CHALON-SUR-SAÔNE -17

BESANÇON / JURA - 19

Festival Mômes et Merveilles Djemdi et Krachtva Valda au Moulin de Brainans L’Orchestre Victor Hugo FrancheComté vous invite à un Nouvel An russe Yukonstyle au CDN de Besançon

Homme pour homme à l’Espace des Arts Histoire d’animaux à l’Auditorium

CHRONIQUES CD - 21 CHRONIQUES LIVRES - 22 CINÉMA - 23

La nuit du court-métrage à Baume-les-Dames Pour la première fois, Le jour le plus Court est organisé à Baume-les-Dames. C’est en effet le 21 décembre, au solstice d’hiver, autrement dit le jour le plus court de l’année, que ce temps fort aura lieu. Coordonné par le Comité des Fêtes de Baume-les-Dames, l’événement, baptisé pour l’occasion Baume tout Court !, se déroulera au Centre d’Affaires et de Rencontres.

Le Comité des Fêtes a prévu, pour vous faire saliver, des paninis chauds - Aura-t-on droit aux fameux paninis au Nutella du Swimming Poule festival ? -, des paninis saucisse de Morteau/

Diversions - Edition Bourgogne Journal d’information gratuit 1, rue de Vittel 25000 Besançon 03 81 87 40 05 - 06 34 12 01 91 www.diversions-magazine.com diversions@orange.fr Editeur : SARL Diversions RCS : 508 184 934 Directeur de la publication : Boban Stanojevic 03 81 87 40 05 / 06 34 12 01 91 diversions@orange.fr

© DR

À Baume-les-Dames, le Comité des Fêtes de la ville accueille donc la manifestation. La particularité de cette édition baumoise du Jour le plus Court est qu’elle débute dès 18 heures par un programme dédié au jeune public avec des films et des dessins animés. À partir de 21 heures, place aux adolescents et aux adultes. La programmation s’est décidée en réunion au sein du Comité des Fêtes, tout comme le nom de la manifestation. Le choix fut large, et sur 250 courts proposés, plusieurs thématiques ont été choisies : actualité, reportage, films expérimentaux. Trois courts métrages soutenus par la Région Franche-Comté seront également présentés. Les organisateurs ont souhaité mettre en place une programmation globalement variée, et qui ménagera une bonne place à la découverte, mais aussi au divertissement ! Citons encore une sélection qui s’appellera « Ça sent le sapin », quatre courts-métrages nous contant des Noëls décalés, l’un des coups de cœur - de circonstance - de l’équipe organisatrice.

© DR

Ce Jour le plus Court - ou plutôt, en l’occurence ici, cette soirée et cette nuit, puisque l’événement se déroulera de 18h à 2h du matin -, est un événement national qui se déroule dans de nombreuses villes de France. Des projections publiques sont organisées dans le but de promouvoir le court métrage auprès du grand public. Des espaces de rencontre entre amateurs et professionnels peuvent également être ménagés.

morbier pour rester dans la couleur locale, sans oublier l’incontournable vin chaud en cette période de Noël. Un partenariat avec le lycée Jouffroy d’Abbans de Baume-les-Dames sera également monté. Les élèves en Bac pro éclairage s’occuperont des lumières, de la mise en valeur du site, avec peut-être aussi une projection de mapping sur la façade du Centre d’Affaires et de Rencontres où se dérouleront les projections.

Baume... tout court !, Baume-les-Dames, Centre d’Affaires et de Rencontres - Entrée gratuite - Buvette et restauration sur place. 18h-19h : Le Court des p’tits 19h-21h : Le Court des moyens 21h-2h : Le Court des grands www.doubs-bienvenue.com

Rédacteur en chef : Dominique Demangeot magazine.diversions@yahoo.fr Rédaction : Florian Antunes Pires, Lucie Brownie, Dominique Demangeot Manu Gilles, Simon Grangereau, Amandine Mannier, Sébastien Marais Paul Sobrin, Marc Vincent, Caroline Vo Minh Comité de relecture : Dominique Demangeot, Caroline Vo Minh Régie publicitaire : Boban Stanojevic - 03 81 87 40 05 / 06 34 12 01 91 - diversions@orange.fr

Dépôt légal : décembre 2013 © Diversions 2013 Imprimé en Espagne ISSN : en cours valeur : 1,15 euros offert Diversions est diffusé gratuitement sur la Bourgogne Franche-Comté Prochaine parution : Mardi 7 janvier 2014


Diversions - L’Agenda du mois

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Les sorties du mois en un clin d’oeil

BEAUNE La Lanterne Magique Du 10 décembre au 10 janvier : Festival Mômes et Merveilles

Musée des Beaux-Arts  27 décembre à 15h : Animation pédagogique : à la découverte du musée (8/11 ans) Théâtre municipal 5 décembre à 20h30 : Nikki & Jules – Jazz 18 décembre à 20h30 : Chanson Plus Bifluorée – Chanson humour

© Jean-Louis Fernandez

Elle brûle au Théâtre Dijon Bourgogne du 18 au 20 décembre

© Liliane Privé

Le grenier à Pépé le 16 décembre à la Lanterne Magique CHARNAY-LES-MÂCON Espace La Verchère 6 décembre à 15h et 20h30 : Les êtres humaines - Théâtre

Place Mommessin 8 décembre à partir de 18h30 : Charnay en lumières - Déambulation et animations musicales

CHENÔVE Espace culturel François Mitterrand 4 décembre à 15h : Noël, toute une histoire – Théâtre 14 décembre à 10h30 : Gratte moi l’do – Théâtre jeune public

ABC (au Théâtre des Feuillants) 3 décembre à 20h : Le porteur d’histoire – Théâtre 7 décembre à 20h : Tango mon amour – Danse 29 décembre à 17h : Les Vêpres de la Vierge de Monteverdi (Église du Sacré Cœur) – Musique classique Bistrot de la Scène 4 décembre à 15h et 17h : Les enfants de Shéhérazade – Jeune public 6 et 7 décembre à 20h30 : Iltika – Chanson 11 et 18 décembre à 15h et 17h : Contes Mandarines, contes de Noël – Jeune public 13 et 14 décembre à 20h30 : Cabarêve – Danse et chanson 19 décembre à 20h30 : Christophe Adams Trio – Jazz

Musée de la Vie Bourguignonne Du 14 septembre au 30 décembre : Exposition « Coiffe ou bonnet... allez savoir ! »

Opéra de Dijon 5 décembre à 20h : Neige : De Purcel à Pauset – Musique classique 8 décembre à 15h : Le Messie de Haendel – Oratorio 12 décembre à 20h : Piano scandinave par Jos van Immerseel – Musique classique 15 décembre à 15h : L’inachevée, les Dissonances – Musique classique

Parc des Expositions 20 décembre à 20h : Un Noël Hongrois par Gergely Madaras – Musique classique

Théâtre Dijon Bourgogne Du 3 au 14 décembre : Le conte d’hiver (Parvis St Jean) – Théâtre Du 18 au 20 décembre à 20h : Elle brûle ( salle Jacques Fornier) – Théâtre

La Ferronnerie Du 15 novembre au 14 décembre, de 13h à 19h : Exposition documentaire: la ville africaine - Photos, vidéos, documentaires sonores

Latitude 21 Jusqu’au 31 décembre : Exposition «Quartier université : toute une histoire…» 15 novembre au 14 décembre : Exposition «Peintres reporters de l’urbanité à Kinshasa» - Peinture

19 décembre à 20h : Bruckner 9 par Michael Gielen – Musique classique 21 décembre à 14h et 16h : Le criquet, ciné concert – Goûter 22 décembre à 15h : Noël scandinave : un violon en Norvège - Musique

Gergely Madaras

Consortium Du 12 octobre au 26 janvier : Richard Hawkins, « Glimmer » - Art contemporain

© Richard Hawkins

Gratte moi’ldo

DIJON

Musée d’Art sacré Jusqu’au 30 décembre : Exposition «La spiritualité au féminin»

© Balazs Borocz

Salle du Vieux Temple Du 7 au 15 décembre de 14h à 19h : Les Ateliers artistiques - Exposition d’œuvres des résidents du Foyer des Luminaires et des Bruyères de la RDAS

Salle des Fêtes 11 décembre à 18h : Concert de Noël – Musique classique

Exposition Richard Hawkins, « Glimmer » au Consortium à Dijon jusqu’au 26 janvier

Théâtre Mansart 6 décembre à 20h30 : Kinematics - Stéphane Chausse et Bertrand Lajudie, avec l’OJJB et les étudiants du PESM Bourgogne - Concert 18 décembre à 20h : Session Jam #2 - Improvisation collective en danse, musique, création libre 19 décembre à 20h30 : Marios Bros & Friends - Orchestre Symphonique Universitaire de Dijon - Musiques de jeux vidéo


L’Agenda du mois

Les sorties du mois en un clin d’oeil La Vapeur 6 décembre à 20h : Girls in Hawaï / V.O / Jaromil – Indie pop 8 décembre à 17h : « Tom et Jerry » par La Terre tremble !!! – Ciné concert 9 décembre à 20h : Keziah Jones – Soul funk 12 décembre à 20h : Jam session – Scène ouverte 13 décembre à 20h : Sébastien Texier Quintet / Vincent Jourde Quartet – Jazz 14 décembre à 20h : Gaëtan Roussel / Christine and the Queens – Chanson 15 décembre à 17h : Mémoires du soleil : Smadj & More – Concert exposition danse 19 décembre à 22h : Stalingrad Electro Party – Electro

Du 9 au 20 décembre : Exposition des dessins de Marie-Pierre Émorine - Illustration jeunesse

Musée Nicéphore Niépce Du 12 octobre au 12 janvier : Exposition «Après l’obscurité : Klavdij Sluban, une rétrospective (1992-2012)» «Robert Burley :The Disappearance of Darkness» – Photographie

© DR

CHALON-SUR-SAÔNE

Espace des Arts Jusqu’au 14 décembre : Exposition Gérard Cambon 3 décembre à 20h30 : Antonio Zambujo – Fado Du 6 au 14 décembre : Circus Incognitus – Cirque Du 17 au 21 décembre à 20h : Homme pour homme – Théâtre

Parc des expositions Du 6 au 8 décembre - Vendredi 6 de 13h30 à 19h / Samedi 7 de9h00 à 18h00 / Dimanche 8 de 9h00 à 11h00 : Bourse aux vélos d’occasion (Boulodromme) La Péniche 7 décembre à 21h : Locked In Syndrom + Bench - Rock/Hip Hop

Salle Sembat 5 décembre à 20h30 : Chevallier et Laspalès - Humour LE CREUSOT

Mâcon Scène nationale 6 décembre à 20h30 : Avenir radieux, une fission française (Petit théâtre) – Théâtre dès 14 ans 14 décembre à 17h : High Dolls, opéra pagaï (Grand théâtre) – Marionnettes 20 décembre à 20h30 : Swan Lake - Danse

L’arc scène nationale Jusqu’au 8 décembre : Exposition Gérard Cambon «Eldorado» - Sculptures 14 décembre à 20h30 : Le Grand C - Cirque

Cave à Musique 1er décembre à 16h45 : Barbaboum - Spectacle musical jeune public 7 décembre à 21h : Naâman + Patko - Reggae 8 décembre à 21h : L’Enfance Rouge & Eugène S. Robinson + O - Rock/Noise

MJC André Malraux 14 décembre à 20h30 : Dùnndotta + Skylab - Electro 21 décembre à 18h30 : Départ devant la MJC : Cie Remue-Ménage, « Les Gnomikys » - Spectacle familial

Musée-site Buffon / Bibliothèque Jacques Prévert Du 16 novembre au 23 mars : Exposition « Lumières, l’encyclopédie revisitée »

Maison de Marsannay 10 décembre à 20h30 : Cinéma

MÂCON

MONTBARD

Dùnndotta à Montbard le 14 décembre

MARSANNAY-LA-CÔTE

Médiathèque Bachelard 11 décembre à 9h15 et 14 décembre à 9h30 : Ateliers « Musique pour petites oreilles » 17 décembre à 17h30 : Cercle de lecture Jeunes 17 décembre à 20h : Cercle de lecture Adultes

Musée des Ursulines Du 16 novembre au 16 février : Exposition José Mingret - Peinture

MJC Héritan 2 décembre à 14h30 et 18h30 : Planète Voyage TUNISIE, entre rencontres et traditions Du lundi 2 au vendredi 6 décembre : Semaine de vente humanitaire avec le Collectif Forum de la Solidarité 5 décembre à 20h dans la salle de conférences: Conférence Débat avec le Docteur Brigitte Maitre, de Médecins du Monde : «Au bout du voyage...» : état des lieux après 5 ans de Pacte Européen des Migrations et de l’Asile

QUETIGNY

© Pierre-Stéphane Azéma

Auditorium du Conservatoire 8 décembre à 17h : Orchestre et chœurs, le sacré et le profane - Musique classique 17 décembre à 20h : Histoires d’animaux... - Concert familial 19 décembre à 20h : Amandine Beyer et Pierre Hantaï - Autour de Bach 21 décembre à 18h : Brass Band du Grand Chalon - Concert de Noël

Musée Denon Du 12 octobre au 3 mars : Exposition « Jean Olivier Hucleux (1923-2012) - À la pointe du crayon - Dessin

13 décembre à 21h : Didier Wampas & Bikini Machine + Le Réparateur - Rock 14 décembre à 21h : Human Beatbox Party: Jean Gloute De Braga + Flashbox + Sax Machine Feat. Jay Ree - Beatbox + Electro

Exposition de Marie-Pierre Émorine à la MJC Héritan

© DR

Zénith 11 décembre à 20h : Irish Celtic - Spectacle 12 décembre à 20h : Le Casse-Noisette de Saint-Pétersbourg - Ballet 14 décembre à 14h, 15 décembre à 10h30 et 17h15 : Noël à Clown Circus - Spectacle jeune public 18 décembre à 19h45 : Vanessa Paradis - Chanson Pop 19 décembre à 15h et 20h30 : Roméo et Juliette - Comédie musicale 20 décembre à 20h30 : Bollywood Express - Spectacle

© Marie-Pierre Émorine

© Gonçalo F. Santos

© Balazs Borocz

Antonio Zambujo le 3 décembre à l’Espace des Arts

Gaëtan Roussel

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Exposition « Eldorado » de Gérard Cambonà l’Arc Scène Nationale jusqu’au 8 décembre

Espace Mendès-France 14 décembre à 20h : Splendeur des cuivres, concert d’hiver par l’Ensemble Cadences et l’École municipale de musique, de danse et des arts - De la Renaissance... au tango


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Théâtre Dijon Bourgogne Le conte d’hiver En cette fin d’année, Shakespeare vient nous rendre visite au TDB, avec cette pièce peu connue, Le conte d’hiver, une intrigue tragique et comique de circonstance en ce mois de décembre, qui ne laisse pas indifférent comme souvent avec l’illustre dramaturge. L’envie aussi, pour Patrick Pineau, de former une troupe pour jouer ce Shakespeare, convoquant ici treize comédiens qui vont nous narrer ce conte hivernal et sanglant.

Retraduit par Daniel Loayza, Le conte d’hiver est une tragicomédie, par définition contrastée, charriant sentiments violents et par trop humains - jalousie, haine, passion mais aussi instants magiques, car les dieux mettent leur grain de sel dans l’histoire... L’Oracle d’Apollon est interrogé pour déterminer si Hermione est véritablement adultère. « L’oracle d’Apollon lave Hermione de tout soupçon d’infidélité et, à l’instant

© Philippe Delacroix

Léonte, roi de Sicile, soupçonne à tort sa femme Hermione d’avoir une relation adultère avec Polixène, son ami d’enfance et roi de Bohème. Rendu fou par la jalousie, Léonte fait enfermer sa femme, qui s’enfuit grâce à un serviteur. « Pourquoi ce roi qui a tout pour être heureux se laisse-t-il submerger par une jalousie délirante ? », s’interroge Patrick Pineau. Comme dans Le Roi Lear, Shakespeare dépeint ici les rouages de la folie d’un homme, détruisant tout sur son passage, jusqu’à ses propres enfants. « Léonte, en arrachant Perdita au giron maternel pour la vouer à l’exil, est aussitôt frappé dans sa descendance », explique le metteur en scène, « et peu s’en faut qu’il ne voue sa lignée à l’extinction ».

même où Léonte se permet de le mettre en doute, un messager lui apprend la mort de son fils. Coïncidence ou châtiment divin ? », demande le traducteur Daniel Loayza. Le conte d’hiver... est bien un conte, un conte fantastique dans lequel Hermione se voit transformée en statue de pierre, dans lequel le roi devenu tyran déchaîne des forces qu’il ne pourra contrôler... et pourtant « une histoire terriblement humaine », comme le rappelle aussi Patrick Pineau. - Marc Vincent -

Le conte d’hiver, Théâtre Dijon Bourgogne, Parvis Saint-Jean, du 3 au 14 décembre www.tdb-cdn.com

Orchestre Dijon Bourgogne Gergely Madaras nous offre un Noël hongrois L’Orchestre Dijon Bourgogne accueillait en septembre le chef Gergely Madaras, son nouveau directeur musical. Avec son premier concert, le jeune chef souhaite se présenter au public bourguignon en l’emmenant dans quelques lieux qui illustrent ses “quatre identités”, comme il le dit lui-même, un programme de contrastes, de la musique de chambre à la symphonie.

Avec Zoltan Kodaly et ses Danses de Galanta, Gergely Madaras nous emmène sur les terres de son enfance, au son des musiques traditionnelles hongroises qui ont constitué ses premières influences. De formation classique, ami de Bartók, Zoltan Kodaly se met en quête aux côtés de ce dernier de nombreux chants traditionnels nationaux. L’une des rares compositions orchestrales de Kodaly, Les Danses de Galanta, créées

Nous le chroniquions le mois dernier dans ces pages. L’album Traversées sort ces jours-ci. Vous pouvez retrouver sur internet et les réseaux sociaux un reportage sur l’enregistrement de l’album, tourné en mars dernier à la Maison de la Culture de Nevers et de la Nièvre. Diversions a suivi l’Orchestre Dijon Bourgogne, Guillaume de Chassy et Jean-Christophe Cholet dans cette belle aventure.

© Balazs Borocz

La carrière de Gergely Madaras, Hongrois de naissance, l’a amené à sillonner la planète, un périple musical qui l’a ancré dans certains pays en particulier. La France bien sûr, qui l’accueille aujourd’hui à l’occasion de sa nomination à la tête de l’ODB, mais aussi l’Angleterre, où il vit, et l’Autriche, où il a étudié la direction d’orchestre. Gergely Madaras souhaite faire apparaître, dans ce programme contrasté tant au niveau des nationalités que des styles, quelques traits caractéristiques de ces quatre cultures qui se retrouveront, le 20 décembre prochain, au bout de la baguette du chef. « J’ai pu constater ces caractéristiques au cours de mes séjours dans ces différents lieux, au contact des populations », souligne le directeur musical de l’orchestre.

Sortie de l’album Traversées

Gergely Madaras en 1933, est une suite de danses populaires particulièrement vives. Galanta est le village où Zoltan Kodaly a passé son enfance. Le chef compte bien nous faire découvrir plus avant, au fil des saisons, cette culture hongroise qui lui est chère. Pour la France, c’est Bizet et sa célèbre Suite de Carmen pour orchestre que Gergely Madaras a choisi de nous présenter. Une œuvre qui fait référence au voyage là encore puisque Carmen nous transporte en

Espagne, à Séville, à la rencontre de la fougueuse bohémienne. Le chef nous fait ensuite passer du soleil sévillan au brouillard de l’Angleterre, avec l’Introduction et l’Allegro pour cordes d’Edward Elgar. L’introduction s’inspire là encore d’une musique traditionnelle, à savoir ici d’un thème du folklore gallois. C’est enfin Joseph Haydn et sa Symphonie n°104 en ré majeur, dite symphonie de

Londres, qui clôturera ce programme. Nous voici donc ici avec un compositeur autrichien... qui évoque pour nous la capitale anglaise. Il s’agit de la dernière symphonie d’Haydn, une apothéose d’une certaine manière, tant l’œuvre s’avère ample et aventureuse, virtuose aussi avec la sophistication de ses rythmes et de ses contrastes. - Dominique Demangeot -

Orchestre Dijon Bourgogne, Un Noël hongrois, 20 décembre à 20h, Salle Romanée Conti, Dijon Congrexpo www.orchestredijonbourgogne.fr


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Culture scientifique Retour sur la Fête de la Science 2013 en Bourgogne

Qu’il s’agisse d’observer le monde à travers un microscope ou un télescope, la démarche scientifique, les méthodes mobilisées sont les mêmes dans un cas comme dans l’autre, si ce n’est qu’aujourd’hui, pour visualiser ces deux frontières, microscopes et télescopes ont été remplacés par des données mathématiques. Les avancées technologiques de la seconde moitié du XXe siècle ont permis d’approcher encore davantage ces deux mondes. Lors de la Fête de la Science 2013 en Bourgogne, on a ainsi pu, au Laboratoire départemental de la Côte-d’Or, découvrir l’étude des parasites chez les animaux, ainsi que la recherche de bactéries dans les aliments. De l’autre côté de l’échelle, à Guérigny dans la Nièvre, on a pu au contraire voyager dans l’espace en direction des premières galaxies et des premières étoiles, pour se confronter à l’infini.

Technique et Industrielle de Bourgogne. « Il s’agit de redonner de la vision sur l’actualité de la science aujourd’hui », explique Serge Waszak, directeur du CCSTIB. La structure, réseau régional en lien avec les centres de recherche, l’Université, les musées et les associations, assure la promotion de la culture scientifique, technique et industrielle en Bourgogne. Le CCSTIB tient notamment à la disposition des écoles, collectivités, entreprises, 27 expositions itinérantes touchant à des thématiques scientifiques très variées. « Alimenter son esprit critique, dégager de la compréhension », est un autre objectif de cette Fête de la Science, selon Serge Waszak, qui nous rappelle également que le monde scientifique, aujourd’hui, est constitué d’équipes internationales, des métiers d’une

C’est donc entre ces deux frontières qu’ont pris place les très nombreuses propositions de cette Fête de la Science 2013, coordonnée par le Centre de Culture Scientifique,

La Vapeur Keziah Jones Le 9 décembre, Keziah Jones présentera à la Vapeur son dernier album. Le chanteur guitariste d’origine nigériane revient sur le devant de la scène avec un nouvel opus dont le premier single court sur les ondes et sur le net depuis quelques semaines déjà : Afro Newwave.

En endossant le costume d’un personnage de fiction, l’artiste ajoute une dimension dramatique à ses performances, qui étaient déjà, pour ceux qui ont eu la chance de le voir en live, particulièrement intenses. Le bonhomme est à l’image de son jeu de guitare : nerveux et increvable. La Vapeur sera l’une des premières étapes d’une toute nouvelle tournée. Keziah Jones, c’est avant tout une synthèse particulièrement originale de musiques africaines ou noires américaines blues, funk, mélodies traditionnelles d’Afrique -. Dès les premières mesures du premier single, on reconnaît le style très particulier de Keziah Jones, ce jeu de guitare très percussif, avec le pouce frappant inlassablement la guitare, acoustique ou électro-acoustique. L’artiste mêle encore plus, dans ce sixième album, rythmes occidentaux et africains,

© Matthieu Courapied

L’inventeur du Blufunk n’était pas retourné en studio depuis son album Nigerian Wood en 2008. C’est entre Los Angeles, Lagos au Nigeria et l’Espagne qu’a mûri ce nouvel album, intitulé Captain Rugged, accompagné d’un roman graphique dont Keziah Jones est le co-auteur avec l’écrivain Biyi Bandele, nigérian lui aussi. Captain Rugged est un personnage que l’on a pu entrevoir dans les albums Black Orpheus et African Space Craft, un super héros qui se cacherait en chacun de nous, à en croire le musicien.

pour un Captain Rugged pétri d’Afro-Rock, musique vagabonde et universelle de la part de cet artiste qui a été découvert jouant dans le métro de Paris. Captain Rugged évoque d’ailleurs les thèmes de l’immigration, la mystique africaine, en passant par les voyages... dans l’espace. Qu’il joue dans une petite bouche de métro - l’artiste est retourné y donner un concert exceptionnel l’an dernier - ou en première partie des Rolling Stones cet été à Londres - devant 50 000 personnes -, Keziah Jones reste le même. On en aura une nouvelle preuve en décembre à La Vapeur. - Manu Gilles -

Keziah Jones, La Vapeur, Dijon, 9 décembre à 20h - www.lavapeur.com

très haute technicité qui n’excluent pourtant pas la passion, voire l’émerveillement. C’est justement tout l’art des chercheurs durant la Fête de la Science, que de rendre intelligibles, et surtout concrets, des concepts scientifiques pouvant sembler, de prime abord, particulièrement complexes. Les dimensions éthiques et morales font elles aussi partie du paysage en matière de sciences. « Les nanomatériaux, risques ou bénéfices pour la société : de quel côté penchera la balance ? », s’interrogeaient les chercheurs, lors d’une conférence au lycée Jules Renard de Nevers. Si « la science ne dit pas le bien ou le mal », comme le souligne le directeur du CCSTIB, c’est à la société, aux collectivités publiques, de fixer les limites, d’apprécier les enjeux des avancées scientifiques. Une notion de responsabilité qui

© Serge Waszak

© Serge Waszak

La Fête de la Science s’est déroulée en octobre comme chaque année en Bourgogne. Dans toute la région, les scientifiques sont sortis de leurs laboratoires pour présenter leurs recherches. Toujours plus avides de connaissance, ce sont près de 25 000 visiteurs qui se sont déplacés dans les Villages des Sciences de Dijon, Chalon-sur-Saône, Nevers, dans les grands centres urbains comme dans des zones plus rurales. En parlant d’échelle, ce sont l’infiniment grand et l’infiniment petit qui constituaient la thématique de cette nouvelle édition de la Fête de la Science.

s’applique également à l’environnement. « Il faudra notamment que les décideurs prennent à bras le corps la question des énergies et leur maîtrise, comment mieux gérer nos ressources », rappelle Serge Waszak. L’INRA Dijon - Institut National de la Recherche Agronomique - mettait ainsi en lumière l’importance des micro-organismes du sol sur nos écosystèmes et la flore... ces chers micro-organismes pouvant impacter jusqu’au fameux effet de serre ! Comme quoi, de l’infiniment petit à l’infiniment grand, il n’y a qu’un pas, que les scientifiques franchissent chaque jour, allègrement. - Dominique Demangeot -

Plus d’informations sur le Centre de Culture Scientifique, Technique et Industrielle de Bourgogne : www.ccstib.fr


Diversions Bourgogne - Journal culturel

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Pour cette deuxième édition du festival graylois, la voix sera une nouvelle fois au centre de toutes les attentions. Neuf spectacles en trois journées, c’est ce que nous propose le Chœur Contre z’ut, qui organise ce temps fort en collaboration avec la Ville de Gray. Vendredi 29 novembre 11h Vocisimago Grammaire et goélette est une fantaisie lyrique pour jeune public Création de Guillaume Dujardin avec Françoise Rebaud (voix) et Benjamin Faure (piano). 17h Chet Nuneta, Pangea Compositeur, auteur et arrangeur, le groupe, avec des mots et des sons sans frontière, rend hommage à la mémoire des peuples avec une énergie jubilatoire. 21h Jolies fleurs et peaux de vache Une création à l’esprit original, un moment gentiment vachard et poétique, un petit objet un brin sarcastique et follement divertissant. Jean Delescluse (chant), Pascal Hild (piano), Jean-Philippe Salério (mise en scène). Samedi 30 novembre 11h Multivox Les multiples émissions vocales de Christine Bertocchi et Phil Minton relayées par un travail de traitement, transformation et reprise en multi-diffusion tissent un parcours vocal fait d’exploration de la matière sonore.

17h Houria Aïchi Rendue célèbre pour son interprétation des chants de l’Aurès, Houria Aïchi, enfant de Batna, revisite le répertoire sacré de son pays dont elle a collecté les joyaux populaires. 21h Le Rhin, Karen Vour’ch et Anne Le Bozec nous guideront avec des mélodies et des lieder dans les méandres du fleuve. Dimanche 1er décembre 11h Jeunes talents Duos voix/piano d’étudiants du CNSMD de Paris (mélodies et lieder). 15h Il Mondo della Luna Un surprenant opéra de Haydn sur une comédie de Goldoni, mis en scène par Alexandra Lacroix. L’intrigue, où illusion et réalité se fondent et se confondent, est transposée dans les années 1970… 21h Chasseurs de sons L’univers « rigoureux comme le classique, débridé comme le music-hall » de Cinq de Cœur ne ressemble à aucun autre et se veut avant tout drôle. Il s’allie à une prestation vocale a capella dont la qualité est largement reconnue.

Festival Voix:Là, Théâtre de Gray, du 29 novembre au 1er décembre Tarifs et réservations auprès du Service animation et culture de la Ville de Gray : 03 84 65 69 03 - www.contrezut.com


Le Petit Journal des Expositions

Supplément mensuel gratuit d’information - n°9

L’actualité des musées dans le grand est décembre 2013 - mars 2014 Cahier n°2

SOMMAIRE // 10 - Léon Deubel au clair-obscur Itinéraires d’un poète belfortain à la Tour 46 de Belfort 11 - Les Hubert Robert de Besançon au Musée des beaux-arts et d’archéologie de Besançon L’HORLO - L’École d’horlogerie de Besançon au Musée du Temps de Besançon 12 - Mathissime / Trésors oubliés de l’expédition Schley au Pavillon des Sciences à Montbéliard 13 - Dessine-moi une collection au Musée de l’Abbaye / Donations Guy Bardone-René Genis à Saint-Claude 14 - Jean Olivier Hucleux - À la pointe du crayon au Musée Denon de Chalon-sur-Saône 15 - Musée Archéologique de Dijon 16 - Nouvelle salles au Musée Historique de Strasbourg Pièces montrées - Frac Alsace, 30 ans de collection - Formes et forces au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg Hubert Robert, Jeune homme lisant une lettre © Bibliothèque Municipale de Besançon


LE PETIT JOURNAL DES EXPOSITIONS

Supplément du journal Diversions

n°9 - Décembre 2013 - Mars 2014

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Léon Deubel au clair-obscur Itinéraires d’un poète belfortain Tour 46 de Belfort 26 octobre 2013 - 28 janvier 2014 En cette fin d’année 2013, la Ville de Belfort rend hommage au poète Léon Deubel, dont on fête cette année le centenaire de la disparition. À cette occasion, une exposition est consacrée à la Tour 46 à l’artiste belfortain, ami de Pergaud et Verlaine, qui fut un grand poète de son temps. La vie de Léon Deubel fut pourtant celle d’un poète maudit, l’artiste, rebelle à toute autorité et intransigeant quant à sa conception de la poésie, ayant vécu dans la misère, sans jamais se départir d’un certain dandysme. Il se suicide en se jetant dans la Marne à Maison-Alfort le 12 juin 1913. L’exposition Léon Deubel au clair-obscur - Itinéraires d’un poète belfortain, retrace la vie de l’artiste, depuis sa naissance à Belfort jusqu’à sa fin tragique. C’est sur une série de peintures de Bernard Gantner que s’ouvre l’exposition, hommage d’un artiste à un autre artiste, des paysages de la Vieille Ville de Belfort peints lors de sa reconstruction dans les années 1967-68, « cadre pittoresque idéal à l’atmosphère de la poésie de Léon Deubel », dira le peintre. Le visiteur prend ensuite connaissance des grandes étapes de la vie de l’artiste. Une photographie de la devanture de l’épicerie familiale nous rappelle que Léon Deubel est issu d’un milieu aisé, qu’il a cependant toujours fui pour se consacrer exclusivement à la poésie. Il y a la période scolaire, au collège de Baume-les-Dames, lorsque Deubel découvre la poésie et l’alchimie des mots. Dès son plus jeune âge, Léon Deubel est en conflit avec l’autorité.

mélancolie et dépeignant le « clairobscur » de l’existence de Léon Deubel. « Je suis sans pain, sans rêve et sans demeure », écrira ce dernier à Paris.

Hiroatsu Takata, Le poète Léon Deubel, modèle de plâtre du monument à la mémoire de Léon Deubel avant la fonte par l’Occupant nazi par Emile Rohner) - Platre, 1942 Coll. Bibliothèque municipale de Belfort L’exposition propose de nombreuses lettres et autres documents manuscrits, écrits d’enfant, d’adolescent et d’adulte, pour mieux connaître cet homme de lettres que l’histoire de la littérature a, il faut bien le dire, quelque peu oublié. L’intimité de l’artiste nous est révélée. Les espoirs et les doutes de Léon Deubel nous sont exposés, cent ans après sa mort, comme lorsqu’il se lamente : « Crise aigüe de désespoir [...]. Impossible d’écrire ». L’exposition nous présente également l’entourage du poète, ses frères de plume dont Paul Verlaine, à qui il dédiera sa Revue verlainienne. On compte aussi, parmi les meilleurs amis de Léon Deubel, l’écrivain Louis Pergaud, à qui est consacré un documentaire que l’on peut visionner dans l’exposition.

Son existence connaît cependant une éclaircie lorsqu’il part en Italie pour visiter Venise puis Florence où il séjournera, et d’où il ramènera notamment des sonnets, une période où la misère « est moins pénible au soleil » comme l’a chanté Aznavour. Citons encore des œuvres de l’artiste Aurélien Imbert, un regard contemporain qui évoque plusieurs étapes de la vie du poète, la salle de classe, les bancs de Paris, la Loggia de Florence, des œuvres faites de parpaings en béton, volontairement austères, comme pour évoquer la précarité de la vie d’artiste, mais rappeler également le poète belfortain à notre bon souvenir, cent ans après sa disparition.

Ce dernier accueillera Deubel chez lui, dans sa maison du village de Durnes dans le Doubs. Pergaud offre un toit au poète belfortain - au grand dam de son épouse - tandis que Deubel persuade l’auteur de La Guerre des boutons de poursuivre sur le chemin de l’écriture. Le jeune instituteur qu’il est à l’époque, et surtout l’écrivain reconnu qu’il est devenu, lui doivent probablement beaucoup. L’exposition évoque aussi la vie parisienne et sa bohème, Deubel arrivant à la capitale le 1er mars 1900. L’artiste est aussi dépeint par ses contemporains qui nourrissaient, souvent, une grande estime pour l’artiste. Une admiration exprimée notamment dans un beau poème de Gérard de Nerval, teinté de

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Bernard Gantner, Belfort vue de la vieille ville, 1967-1968 - Gouache, encre et aquarelle sur papier - Musées de Belfort - acquis avec le soutien

du FRAM (Fonds Régional d’Acquisition pour les Musées dispensée à parité par la DRAC et la Région Franche-Comté)


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Les Hubert Robert de Besançon

L’HORLO - L’école d’horlogerie de Besançon

Musée des beaux-arts et d ‘archéologie 21 septembre 2013 - 6 janvier 2014

Musée du Temps 6 décembre 2013 - 30 mars 2014

Deux expositions sont à voir à Besançon, l’une au Musée des beaux-arts et d’archéologie, consacrée au peintre Hubert Robert, l’autre dans un domaine plus technique, puisqu’elle propose, au Musée du Temps, une plongée dans l’univers de l’horlogerie.

Naples et les villas romaines. Le peintre parcourra également les bords de Seine, visitera les châteaux français, des périples dont il rapportera notamment des paysages où se mêleront architectures antique et moderne, des réalisations où se fait sentir l’influence du graveur italien Piranèse.

Les Hubert Robert de Besançon

Parmi la riche collection d’arts graphiques de la Ville de Besançon, se distingue le fonds des dessins d’Hubert Robert, constitué de plus de 180 pièces dont 80 sont aujourd’hui présentées au public au sein d’une exposition à suivre au Musée des beaux-arts et d’archéologie de Besançon. Hubert Robert (1733-1808), peintre majeur de la seconde moitié du XVIIIe siècle, voyagera en Italie, visitant Rome,

Le bâtiment de l’HORLO, à Besançon, actuel lycée Jules Haag © MBAA L’HORLO - L’école d’horlogerie de Besançon

Hubert Robert, Un guerrier et deux femmes conversant autour d'une ruine © BMB

Hubert Robert, Le dessinateur du Vase Borghèse près du Colisée © MBAA

Hubert Robert avait une prédilection pour les ruines. L’artiste appréciait également la technique de la contreépreuve, consistant à disposer une feuille humidifiée sur un dessin pour obtenir la réplique inversée du dessin original, une fois passée sous presse. Une technique qui a notamment permis à l’artiste de retravailler ses épreuves ou d’en modifier l’aspect. Le Musée des beaux-arts et d’archéologie propose aussi un parallèle contemporain, avec la projection de photographies de Pierre Laniau autour du thème de la ruine urbaine.

Fondée en 1862, l’École d’horlogerie de Besançon fête ses 150 ans, ainsi que les 80 ans de l’actuel bâtiment, devenu le lycée Jules Haag. Un important fonds d’objets et documents divers retrace l’histoire de ce haut lieu de l’horlogerie, un ancien fleuron de l’industrie bisontine. Au-delà de l’histoire industrielle, qui a marqué une ville et une époque, ce sont tous les anonymes, leur quotidien, leurs outils et objets divers, aui sont aussi mis en lumière : cahiers d’élèves, outillage personnel et les incontournables photos de classe. L’exposition suit un parcours chronologique, qui débute en 1862 à la création de l’Horlo. Jusqu’en 1921, se structure peu à peu l’enseignement horloger, dans un contexte de forte demande de main d’œuvre. Au-delà de la confection des mécanismes, sont

également évoquées la décoration de boîtes de montre et la bijouterie. De 1921 à 1945, l’école connaît son âge d’or. Dirigée par Louis Trincano, personnage phare de l’histoire horlogère, l’institution intègre un nouveau et imposant bâtiment en 1933, spécialement conçu pour l’enseignement technique. Un enseignement qui prend fin en 1985. Proche de nous dans le temps, cette dernière période revêt une dimension plus intime, présentant des souvenirs personnels d’élèves, des anecdotes également sur le déclin progressif du secteur de l’horlogerie. Un film documentaire spécialement réalisé pour l’exposition, regroupe témoignages d’anciens élèves, professeurs et personnels.


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Mathissime & Trésors oubliés de l’expédition Schley Pavillon des Sciences de Montbéliard 25 novembre 2013 - 9 mars 2014 Le Pavillon des Sciences ne fera pas mentir sa réputation de lieu dédié à la culture scientifique, en consacrant l’une de ses deux nouvelles expositions aux mathématiques. Une invitation à venir découvrir cet univers de manière ludique et conviviale, en laissant de côté les a priori souvent attribués à cette science réputée ardue. L’exposition ne va pas écraser le visiteur sous le poids des théorèmes et autres formules, mais au contraire lui proposer un voyage dans le temps pour évoquer cette science quatre fois millénaire. Le périple commencera en effet en Égypte, vers 1650 av. JC, avec le mathématicien Ahmès qui met à profit les chiffres pour résoudre des problèmes d’ordre pratique. Nous rencontrons, au fil des siècles, les grandes figures des mathématiques, Pythagore, Descartes en Europe mais aussi en Inde, une traversée qui a aussi une portée historique puisque quelques grands jalons de l’histoire humaine sont évoqués : la Renaissance, la Révolution, sans oublier, plus proches de nous, les théories physiques du XXème siècle.

Mais l’exposition fera aussi une bonne place à la « récréation » comme dans toute bonne école qui se respecte... Pas moins de 19 ateliers seront proposés pour manipuler des concepts de géométrie, de logique, démontrer des théorèmes et manier des statistiques. Il s’agit ici de mettre en lumière toutes les applications pratiques que permet la science des mathématiques. La seconde exposition de cet hiver nous présente les objets conçus par Thierry Schley, graphiste et muséographe au Pavillon des Sciences. Au cours des dix dernières années, il a mis au point de très nombreux objets, ludiques et pédagogiques, à l’occasion des différentes expositions présentées. Ces objets sont les outils qu’utilisent les animateurs du Pavillon des sciences pour promouvoir le vaste monde des sciences auprès du grand public. Certains d’entre vous se remémoreront peut-être ainsi les expositions passées, tandis que d’autres pourront se rattraper en revenant sur quelques-uns des nombreux concepts étudiés de manière ludique au Pavillon des Sciences à Montbéliard.

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Dessine-moi une collection Musée de l’Abbaye / Donations Guy Bardone-René Genis 12 septembre 2013 - 26 janvier 2014 Les œuvres graphiques ont constitué dès la création du Musée de l’Abbaye une part conséquente de sa collection. Esquisse d’une œuvre future ou travail abouti, le dessin est mis à l’honneur à l’occasion de cette nouvelle exposition à SaintClaude. En 2012, une seconde donation de Guy Bardone enrichissait la collection de près de 416 pièces, dont 297 lithographies des donateurs. Estampes et dessins relevant de techniques diverses sont présentés jusqu’au 26 janvier : aquarelle, fusain, graphite, crayons de couleur... Dépouillement des encres de Chine d’Albert Marquet, aquarelles de Maurice Brianchon… Le Musée de l’Abbaye présente une large

Édouard Vuillard - La fenêtre en hiver, circa 1893-1895 - Collection musée de l’abbaye / donations Guy Bardone – René Genis © Patrice Schmidt palette de dessins, et s’intéresse en particulier à la technique de l’estampe qu’affectionnait Guy Bardone, que ce dernier rapprochait du métier de peintre et qui a réalisé un nombre important de lithographies, dans la droite ligne de ses peintures. On peut notamment découvrir au deuxième étage, dans le cabinet d’arts graphiques, section « Déclinaison autour de l’atelier », l’œuvre Le chevalet, réalisée en 1954, première lithographie de Guy Bardone. Une thématique autour de l’atelier est ainsi proposée, à travers un dialogue entre les ateliers de Guy Bardone et René Genis à Paris, Bandol et Vaux-les-Saint-Claude. Chevalets et palettes du peintre, poses des modèles, c’est l’univers de la création picturale qui est illustré ici, une incursion dans l’intimité des artistes, lieu de création, lieu de doutes et de remises en question également parfois !

Jacques Truphémus - Poivrons nappe blanche sur fond orange, 2005 - Collection musée de l’abbaye / donations Guy Bardone – René Genis © Pierre Guenat

Le Musée de l’Abbaye Donations Guy Bardone -René Genis

Sont présentées dans l’exposition les dernières œuvres acquises en 2013 par le Musée de l’Abbaye, grâce au soutien de la Fondation Guy Bardone – René Genis, sous l’égide de la Fondation de France, et pour l’oeuvre de Music avec les efforts réunis des collectivités – Communauté de communes Haut-Jura Saint-Claude et Ville de Saint- Claude – et l’aide de l’État par l’intermédiaire du FRAM. Cinq artistes sont concernés par ces nouvelles acquisitions : Intérieur de cathédrale (1984) de l’artiste croate Zoran Music, natures mortes de Maurice Brianchon et Jacques Truphémus, une huile sur carton d’Édouard Vuillard et enfin une série de dessins de paysages du Jura exécutés par le professeur de dessin et géologue amateur Edmond Guirand (1812-1888).

De l’estampe en noir, Guy Bardone passe rapidement à la couleur pour se rapprocher davantage de sa production picturale. « La lithographie me donnant une suite à mon travail de peintre, j’essaye d’y trouver les traductions de mes dessins, de mes aquarelles, de mes peintures d’une manière tout à fait libre », dira-t-il. Différentes techniques d’estampes sont présentées dans l’exposition: lithographie sur pierre calcaire, tailledouce, eau-forte et aquatinte sur plaque de métal, sérigraphie… L’exposition propose également un éclairage sur la thématique de la fenêtre, qui dirigeait le regard des artistes vers les paysages ou apportait la lumière dans l’atelier, lumière crue ou filtrée par un rideau, changeante aux différentes heures de la journée.

Pierre Bonnard - Le bain - Collection musée de l’abbaye / donations Guy Bardone – René Genis © Patrice Schmidt

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3, place de l’Abbaye 39200 Saint-Claude contact@museedelabbaye.fr 03 84 38 12 60 www.musees-franchecomte.com Ouvert de 10h à 12h et de 14h à 18h, tous les jours sauf lundi et mardi (fermé les 1er novembre, 25 décembre, 1er janvier et 1er mai)

© Robert Le Pennec

Inauguré le 25 octobre 2008, le Musée de l’Abbaye a la particularité de mêler patrimoine archéologique et art contemporain. Il est édifié sur les ruines d’une ancienne abbaye datant de la première moitié du onzième siècle. Lorsque Guy Bardone et René Genis, amateurs passionnés d’art moderne, ont légué à la Ville de Saint-Claude une première partie de leurs collections en 2002, la municipalité a pensé que le bâtiment construit sur les ruines du palais abbatial était propice à l’édification d’un musée. Il a donc été rénové pour accueillir les donations. L’art contemporain est également présent dans le musée, par l’accueil d’artistes d’aujourd’hui grâce à une bourse de production attribuée par

le service arts plastiques de la DRAC Franche-Comté. Tandis que le rez-de-chaussée est consacré aux expositions temporaires, les premier et deuxième étages accueillent les pièces du fonds permanent, qui couvre une période allant de la fin du XIXe siècle aux années 1980. On y trouve quelques chefs de file de l’art moderne figuratif comme Pierre Bonnard, Raoul Dufy ou encore Édouard Vuillard.


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Jean Olivier Hucleux (1923-2012) / À la pointe du crayon Musée Denon à Chalon-sur-Saône Du 12 octobre 2013 au 3 mars 2014 Le cycle dédié à l’art contemporain au musée Denon s’achève sur une exposition consacrée à l’artiste Jean Olivier Hucleux, dont les œuvres n’ont cessé de brouiller les frontières entre peinture, dessin et photographie.

L’élaboration des œuvres de Jean Olivier Hucleux relève d’un lent processus, une manière bien particulière d’envisager la peinture et le monde, une démarche que la virtuosité du peintre a souvent éclipsée au yeux du public

Jean Olivier Hucleux réalise les portraits de personnages célèbres d’après des photographies, avec une précision dans le trait, un souci méticuleux du détail qui brouille la frontière entre peinture et photographie. Par là même, il questionne le concept de représentation. L’exposition est montée à partir de quatre portraits d’artistes, dont un double autoportrait et un portrait de photographe. Des œuvres d’où émane une volonté clairement affichée : toucher à la perfection de la reproduction. La notion d’hyperréalisme que l’on attribue à l’artiste, n’est cependant pas propre, comme le souligne Aude Bodet, Chef du service des collections au Centre national des arts plastiques et commissaire invité : « Il ne tient pas compte de la relation très atypique que l’artiste entretenait avec la photographie — dont il évoquait la part de “résistance”, un “espace paradoxal, à la fois d’une ambition extrême, tenir et retenir la réalité, mais aussi d’une extrême faiblesse. […]” —

Jean Olivier Hucleux devant son Double Autoportrait en cours - Photo: Jean Louis Hucleux une relation d’intense proximité mêlée de soupçon, qui avait commencé avec son travail de retoucheur photo entre 1939 et 1947... ». Peinture et photographie : deux disciplines qui, dans l’histoire de l’art, se sont trouvées mises en concurrence et ont posé la question de la reproduction du réel.

Trois films de Virgile Novarina, Brigitte Barbier et Peter Knapp sont également projetés durant l’exposition, pour pénétrer davantage encore l’univers de l’artiste. Car l’élaboration des œuvres de Jean Olivier Hucleux relève d’un lent processus, une manière bien particulière d’envisager la peinture et le monde, une démarche que la virtuosité du peintre a souvent éclipsée aux yeux du public. Deux photographes l’accuseront d’ailleurs même, en 1989, de contrefaçon... Travaillant à ses débuts, en 1972, sur des photographies de mauvaise qualité, Hucleux se voit contraint de recomposer l’image. Celui qui recourait volontiers à des termes en lien avec la religion pour décrire son travail - transmutation, prédestination, initiation... - s’adonnait en effet à un véritable rituel, comme une relation intime le liant à la toile et au crayon, une immersion dans la toile au plus près du sujet, et de la peinture.

Portrait en cours d’Erik Dietman - Photo : Jean Olivier Hucleux

Le musée Denon

Carrefour culturel et commercial exploité par les populations depuis des milliers d’années, la vallée de la

© Patrice Josserand

À côté de chefs-d’œuvre de la peinture napolitaine du XVIIe siècle et de l’École de Rembrandt, les réalisations du chalonnais Dominique-Vivant Denon (1747-1825), premier directeur du musée Napoléon (l’actuel musée du Louvre – Paris) et un rare ensemble de bois gravés constituent des étapes cruciales de la multiplication de l’image.

© Philip Bernard

Les collections du musée Denon et une partie des bâtiments actuels trouvent leur origine dans la construction d’une école gratuite de dessin à partir de 1821. Inauguré en 1866, le musée était alors organisé en deux sections, celles des sciences naturelles et celles de l’histoire et des beaux-arts, avec l’ambition encyclopédique de l’époque. En 1895, il fut baptisé musée Vivant Denon en l’honneur du grand homme natif de Chalon.

Saône livre depuis plus de 150 ans des ensembles archéologiques singuliers en raison de leur état de conservation exceptionnel. La présentation des collections préhistoriques, des âges du bronze, du fer et gallo-romain donnent ainsi l’occasion de découvrir une

autre facette des cultures anciennes, où la simple vocation usuelle de l’objet est vite supplantée par la créativité des artisans... Le parcours actuel met l’accent sur les points forts des collections : autour d’un cabinet d’arts graphiques

consacré à Vivant Denon s’organisent des ensembles cohérents constitués de peintures italiennes, flamandes et hollandaises du XVIIe siècle, de bois gravés et de riches collections archéologiques locales de renommée internationale. Grâce à de fréquentes expositions temporaires d’art contemporain, le dialogue avec les collections anciennes favorise la mise en perspective de l’art, sa reproduction et la fonction de l’image.

Musée Denon - 3 rue Boichot (entrée place de l’Hôtel de Ville) 71100 Chalon-sur-Saône 03 85 94 74 41


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Musée archéologique de Dijon un programme riche et varié en 2014

Deux expositions temporaires Une exposition d'Art contemporain, sur le thème des pierres tombales du Moyen Age, « De pierre en pierre » de l'artiste Agnan Kroïchvili, de mai à août, dans la salle romane du musée. « Sur les traces de l'homme » une exposition pédagogique conçue par Cap Sciences-Bordeaux, s'intéressant aux origines de l'homme, de fin août à fin novembre, dans le dortoir des Bénédictins L'opération « Théâtre au musée », avec : Quel est cet élixir, inspiré d'Alfred de Vigny Pierres vivantes, en juin L'avare de Molière par la compagnie du Sablier, début juillet La tournée des Grands Ducs par La tête de mule, début août

Des concerts Le quatuor Manfred le 16 mai Le trio T3bis dans une prestation innovante : « Archéo-Jazz », fin août Des conférences, commentées...

des

visites

Profitez du musée et de son accès gratuit

Nouveaux horaires à compter du 2 novembre 2013 Du 2 novembre au 31 mars : les mercredis, samedis et dimanches, de 9h30 à 12h30 et de 14h à 18h, fermé les autres jours, sauf pour les groupes sur réservation Du 1er avril au 31 octobre : tous les jours sauf les mardis, de 9h30 à 12h30 et de 14h à 18h

03 80 48 83 70 museearcheologique@ville-dijon.fr www.dijon.fr


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Ouverture de nouvelles salles Musée Historique de Strasbourg À partir du 16 novembre

Au sein du bâtiment des Grandes Boucheries, construit en 1587 et qui accueille le Musée Historique depuis 1920, dix sections sont désormais ouvertes au public, sur 1700 m², regroupant documents et œuvres d’art, costumes et uniformes, maquettes, objets divers pour envisager l’Histoire avec un grand H mais aussi le quotidien des strasbourgeois au fil des siècles. Les nouvelles salles présentent l’époque napoléonienne, sans oublier les deux guerres mondiales, période pour le moins tourmentée. La riche collection de soldats en papier témoigne du passé de Strasbourg en tant que ville militaire sous Napoléon au début du XIXème siècle. En 1848 cependant, Strasbourg a des velléités républicaines tandis qu’un théâtre sort – laborieusement - de terre, place de la République pour distraire

Photo : M. Bertola

Les dernières salles rénovées du Musée Historique de la Ville de Strasbourg ont ouvert leurs portes en novembre, offrant l’opportunité au public de se plonger dans l’histoire complète de la capitale régionale, depuis le Moyen Âge jusqu’au XXe siècle. Un voyage à la croisée de l’histoire et des beaux-arts, de l’ethnologie et de l’architecture, à travers la collection du musée enrichie grâce à plus de 115 donateurs et d’une vingtaine d’institutions.

Maquette du théâtre, côté Jardin, 1813, réalisée au 1/30e par le menuisier Bertat sur les plans de Jean Villot, poirier, chêne, tilleul, résineux, Strasbourg, Musée Historique. les soldats et développer l’usage du français. On peut en admirer une maquette au Musée Historique, datée de 1813 et réalisée au 1/30e par le menuisier Bertat sur les plans de Jean Villot. Les nouvelles salles couvrent une superficie de 425m², évoquant des thématiques économiques, militaires et culturelles. La suite de l’évolution de la cité strasbourgeoise est évoquée, avec notamment le développement des transports et leur impact sur le paysage et l’économie. Sous la coupe

allemande, la superficie de la ville s’étend, Strasbourg gagnant également un campus universitaire. Entre les deux guerres, le port se développe, ainsi que les logements sociaux. Il faudra attendre la seconde moitié du vingtième siècle, pour que Strasbourg prenne toute sa place en Europe en devenant la capitale de la communauté européenne. Dans les nouvelles salles, on peut notamment admirer une Mathis 5 CV type P, torpedo 3 places de 1925, nous rappelant que Strasbourg abrita les usines Mathis à la Meinau entre les deux guerres.

Parallèlement aux divers aménagements comme des cloisons et des vitrines supplémentaires, de nouveaux socles, combinés à une campagne de restauration, ont permis une meilleure mise en valeur des pièces, une présentation des collections menée en partenariat entre les équipes du Musée Historique et un comité scientifique. Une muséographie qui rappelle les évolutions de la ville. Ainsi, passées les parois-murailles de la première section, jusqu’en 1870, évoquant les ruelles moyenâgeuses, le visiteur retrouve un environnement plus ouvert et une lumière naturelle. La dernière section est en forme d’hémicycle, symbolisant le Parlement européen, soit la ville de Strasbourg telle que nous la connaissons aujourd’hui, cité cosmopolite ouverte sur l’Europe. L’histoire continue... C’est d’ailleurs pour cela que la dernière section consacrée à notre époque contemporaine va encore évoluer au fil du temps, de sorte que le Musée Historique s’impose véritablement comme un lien entre le passé, l’époque contemporaine et l’avenir.

Musée Historique - 2 rue du Vieux Marché aux Poissons - Strasbourg www.musees.strasbourg.eu

Pièces montrées - Frac Alsace, 30 ans de collection - Formes et Forces Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg Jusqu’au 9 janvier 2014 Si l’anniversaire des trente ans des Frac se déroule dans chaque région durant l’année 2013, en Alsace c’est l’artiste Raphaël Zarka qui s’est vu proposer d’assurer le commissariat de deux expositions, l’une au Frac à Sélestat et l’autre au Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg. Estelle Pietrzyk, directrice du MAMCS, a été associée au commissariat de cette dernière exposition à Strasbourg. Photographies, vidéos ou sculptures, les travaux de Raphaël Zarka ont la particularité d’identifier les formes récurrentes, que ce soit en matière d’histoire de l’art, de science ou même de nature. Semblable au chercheur, voire à l’archéologue, Raphaël Zarka part en quête de formes qui semblent se répéter de par le monde, une quête qui fait elle-même œuvre dans son travail. Ainsi dans Gibellina Vecchia, une vidéo relate son parcours dans le village sicilien du même nom, l’artiste déambulant dans l’œuvre monumentale d’Alberto

Raphaël Zarka, Cretto, 2005 -Vidéo couleur sonore - Durée : 6’45 - Collection Frac Alsace © Raphaël Zarka / Vue de tournage : Cecilia Becanovic Burri, qui est un hommage grandeur nature aux victimes d’un tremblement de terre qui avait détruit le lieu en 1968. « Formes et Forces », telle est la ligne choisie pour ce volet strasbourgeois de l’exposition Pièces montrées, un titre emprunté à un ouvrage de René

Huyghe, qui fut conservateur du Musée du Louvre, psychologue et philosophe de l’art. L’une des nombreuses intertextualités dont est friand Raphaël Zarka. Les œuvres sélectionnées présentent des techniques très diverses, qu’il s’agisse de peinture ou sculpture, de vidéo ou d’installations. La palette

des générations est elle aussi très large, puisqu’elle s’étend de 1899 pour l’artiste le plus ancien - Henri Michaux à 1978 pour le plus récent - Ziad Antar -. L’absence de réflexion chronologique ou thématique, laisse le champ libre à la subjectivité du spectateur, une subjectivité qui a également guidé le commissariat de cette exposition. La grande question très souvent soulevée dans l’œuvre de Raphaël Zarka, à savoir la quête de la forme, est aussi abordée ici. Ainsi plusieurs formes géométriques seront discernables dans certaines œuvres, à l’image du cône de Richard Monnier, géométries artificielles mises en dialogue avec des formes de la nature comme l’Aile de faucon de Balthasar Burkhard.

MAMCS - 1, place Hans Jean Arp - Strasbourg www.musees.strasbourg.eu


Diversions Bourgogne - Journal culturel

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Espace des Arts Homme pour homme « Un homme est un homme », nous dit Clément Poirée, qui créera en décembre à la scène nationale de Chalon-sur-Saône Homme pour homme, pièce burlesque de Bertolt Brecht. L’homme, matière première, pourraiton dire, des pièces du dramaturge allemand, qui traite ici de l’armée dans cette fable en apparence légère, qui plonge cependant au plus profond de l’être.

Pourtant Clément Poirée prévient. « Homme pour homme n’est pas l’histoire d’un lavage de cerveau. Galy Gay prend seul l’initiative

© Milla

Le personnage de Bertolt Brecht, Galy Gay, croise un trio de soldats qui viennent de perdre leur quatrième membre. Pour éviter de recevoir les foudres de leur supérieur, les trois soldats enrôlent de force Galy Gay qui se voit alors entraîné dans une rocambolesque aventure. « Et si ‘‘je’’ était une fiction ? Et si un homme, ce n’était qu’une page blanche sur laquelle on peut, à loisir, effacer l’identité et redessiner un nouveau personnage », s’interroge Clément Poirée. Homme pour homme questionne le libre arbitre, ainsi que les forces prétendument à l’œuvre pour faire prendre à l’être humain un chemin imposé. Le premier conflit mondial prouvait à quel point l’homme est faillible, et les gouvernements prompts à l’envoyer au casse-pipe pour aller défendre des intérêts qui ne le concernent que de très loin. Quinze années après l’écriture d’Homme pour homme, une bonne partie des européens et d’autres hommes dans le monde devaient repartir au combat, une fois encore la fleur au fusil, pour vite déchanter cependant.

Clément Poirée de ne plus répondre à son nom ; il ne se reconnaît plus ». C’est dans un « espaceatelier » que Clément Poirée plante le décor de cette adaptation. Un décor où règne la matière papier pour que s’y écrive la pièce à chaque instant, comme pour suivre ce tracé du destin dont nous parle le metteur en scène, si ce n’est qu’ici, c’est la vidéo qui viendra projeter, sur ce paysage à géométrie variable, les différents lieux de l’intrigue où se joue et évolue l’identité de Galy Gay, qui changera de nom et de caractère durant la pièce. - Marc Vincent-

Homme pour homme, Chalon-sur-Saône, Espace des Arts (au Théâtre Piccolo), du 17 au 21 décembre à 20h www.espace-des-arts.com

Chalon-sur-Saône Histoire d’animaux En cette période de fin d’année, l’Auditorium de Chalon-sur-Saône pense aux enfants... et à leurs parents en proposant un concert familial. Une soirée qui nous rappellera que nos grands compositeurs ont su aussi s’adresser au jeune public.

Le Carnaval des animaux est une suite musicale de 15 mouvements. Camille SaintSaëns l’a composée en 1886. On y trouve dépeintes de nombreuses bêtes à poils et à plumes, depuis la marche très «royale» du lion jusqu’au cygne majestueux. Entre ces deux animaux, défilent l’imposant éléphant, la baleine et la sardine, le sautillant kangourou et les bavardes poules. Chaque membre de cette arche de Noé est illustré en musique, avec un grand réalisme, Camille Saint-Saens mettant à profit toute la gamme de sonorités de l’orchestre. Ainsi la clarinette imite le son du coucou, le glockenspiel ou le célesta évoquent le paysage liquide d’un aquarium, tandis que les violoncelles et les altos dépeignent la tortue dans toute sa lenteur !

© DR

L’Ensemble Instrumental du Conservatoire interprètera notamment l’Histoire de Babar, de Francis Poulenc, inspirée par les petitscousins du compositeur, et l’une de ses œuvres les plus populaires. En fin de soirée, sera également donné son bal masqué, composition accompagnant des poèmes de Max Jacob. Le texte tiendra une place importante ce soir, puisque le Carnaval des animaux de Saint-Saëns, s’est vu quant à lui adjoindre des textes de Francis Blanche. Un récitant dira ces textes, aux côtés du baryton Mathieu Potot et de l’ensemble instrumental sous la direction de Philippe Cambreling.

Le ton de la pièce n’est pas sans humour, et constitue une bonne introduction à la musique classique pour les enfants... et les parents ! Avec Pierre et le loup de Prokofiev, Le Carnaval des animaux est une pièce phare de la musique classique pour jeune public. Avec cette œuvre pleine de vie, Saint-Saëns étonnera d’ailleurs ses contemporains, lui que l’on considérait comme un compositeur « sérieux ». On trouve notamment dans cette suite de pièces, « Le Cygne », véritable tube pour les violoncellistes. - Paul Sobrin -

Histoire d’animaux, Auditorium, Chalon-sur-Saône, 17 décembre à 20h http://conservatoire.legrandchalon.fr


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Beaune Festival Mômes et merveilles La Ville de Beaune propose la seconde édition de son festival Mômes et Merveilles. Les fêtes de fin d’année rimeront avec le spectacle vivant, puisqu’à cette occasion la salle de la Lanterne Magique s’apprête à accueillir plusieurs spectacles, des rendezvous qui s’étendent entre le 10 décembre et le 10 janvier, pour faire frétiller l’imaginaire des plus jeunes mais aussi des adultes, durant la période des fêtes. Lundi 16 décembre 2013 Le Grenier à Pépé Cie K-Bestan Théâtre, musique et cirque Un conte où se mélangent musique, théâtre et acrobatie. Une rencontre entre un grand père parti rejoindre l’autre monde et son petit fils venu le retrouver à sa manière. Un univers burlesque qui vous transporte entre rire et nostalgie.

Samedi 28 décembre 2014 Le rêve d’Irène Cie L’oiseau Monde Spectacle d’éveil, théâtre et chansonnettes La nuit, Irène est une petite fille qui rêve. Le jour, elle joue dans sa chambre avec ses jouets favoris et son compagnon de toujours, Octobre, son grand garçon-chiffon. Le rêve d’Irène dépeint l’avènement d’une histoire d’amour, poétique parce qu’improbable, entre deux jouets que tout sépare et qu’une petite fille aura à coeur de rendre tangible. Le rêve d’Irène, comme un flambeau dans la nuit de l’initiation, ouvre la porte du dialogue et des interrogations concrètes : qui est cet Autre qui ne me ressemble pas en tous points? 15h/18h- Dès 4 ans Tarifs : 6€ /9€ au delà de 12 ans

15h30/ 18h00 - Dès 4 ans Tarifs : 6€ /9€ plus de 12 ans

Vendredi 10 janvier 2014 Minifocus Cie 1 Montreur d’Ours Concert électro blues forain Quatre musiciens issus des arts de la rue et inventeurs d’un électro blues forain déjanté se sont mis en tête d’initier nos bambins au détournement de jouets et à la brocante sonore… Les étranges archives revues à la gouaille électro, les guitares distordues, le tuba aux vibrations ventriculaires et l’orgue entêtant sont toujours d’actualité dans cette boîte à musique géante. 15h30 / 20h15 - Dès 4 ans Tarifs : 6€ /9€ au delà de 12 ans

Le rêve d’Irène

Minifocus

À voir aussi

Le festival Mômes et Merveilles s’ouvrira sur le Défilé aux Lampions le 10 décembre, une marche nocturne menée par les enfants dans les rues de Beaune, tenant des lampions multicolores. Orchestre et cracheurs de feu escorteront le joyeux cortège jusqu’à la Place des Halles où arrivera... le PèreNoël bien sûr ! Un défilé lumineux qui est aussi l’occasion d’admirer les animations projetées sur de nombreux monuments du patrimoine beaunois. À partir de 17h30 chaque soir, Collégiale Notre Dame, Beffroi, Rempart des Dames et autres lieux prendront vie.

Départ du défilé le mardi 10 décembre à 17h15 www.beaune.fr

© Montreur d’ours couleur

15h30/ 18h30 - Dès 4 ans Tarifs : 6€ /9€ plus de 12 ans

10h30 /15h30/17h30 - De 9 mois à 5 ans Tarifs : 6€ /9€ au delà de 12 ans

© DR

Vendredi 20 décembre 2013 Chuchotements de zèbres dans mon frigo Cie A Pas de Loup Théâtre d’objets et danse En photographiant une figurine de cheval à l’intérieur d’un frigo, l’ombre de la grille d’étagère projetée en lignes parallèles sur sa silhouette donne à voir l’image d’un zèbre. De cette idée émerge ce spectacle à l’univers plastique et au travail sonore singuliers, traversé par un corps en mouvement qui nous arrache à l’ordinaire et nous transporte dans un imaginaire fantaisiste et inquiétant.

Mercredi 8 janvier 2014 150 g de farine, 200 g de comptines Cie Tyrnanog Poésie visuelle et sonore Un spectacle de comptines et musique. Les chiffres et les nombres sont partout, affichés au mur, dans les livres... et surtout dans les recettes de gâteau au chocolat !


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Moulin de Brainans Djemdi et Krachta Valda Quelques jours avant Noël et ses vacances, le Moulin de Brainans propose sa dernière soirée concert de l’année 2013 en compagnie des groupes Djemdi et Krachtva Valda, deux formations très différentes l’une de l’autre, deux couleurs musicales pour finir l’année les pieds dans la terre nourricière et la tête... dans les étoiles !

© Yves Petit

Kéké, Rod, Flop’s et Baptiste fêtaient cette année leurs dix années au sein de Djemdi, formation qui met à l’honneur des instruments pour le moins traditionnels : didjeridoos, djembés ainsi qu’une basse pour le côté électrique. Une musique qui puise sa source dans les forces telluriques, pour un effet qui n’est pas loin de la transe. La musique de Djemdi installe des ambiances planantes, au moyen de rythmiques hypnotiques et tribales. Sonorités et tempi d’Afrique et d’Océanie se mêlent dans les partitions du quatuor, une musique aux allures mystiques, dont chaque morceau a été baptisé du nom d’une couleur.

Krachta Valda Pour les accompagner, le Moulin a invité le groupe Krachta Valda, un trio swing qui mêle compositions personnelles et reprises du grand Django Reinhardt. Nous venant de Besançon, le groupe mêle aux guitares saxophone et accordéon, voire des voix, selon les contextes... et les envies ! Les musiciens nous préviennent également : « L’écoute de cette musique peut entrainer un swinguite aïgue se caractérisant par des battements de pied ou par de soudaines envies de chanter ou danser ». Vous êtes prévenus, en cette période de virus en tous genres ! - Manu Gilles -

Djemdi + Krachta Valda, Moulin de Brainans, 14 décembre à 20h30 www.moulindebrainans.com

Djemdi

Orchestre Victor Hugo Franche-Comté Un Nouvel An russe à suivre en janvier C’est désormais une - bonne - habitude. L’Orchestre Victor Hugo Franche-Comté prend ses quartiers dans les parcs d’exposition, les grandes salles et, nouveauté cette année, au Palais des Sports de Saint-Claude, pour offrir au public de grandes soirées symphoniques. Après l’Amérique en 2013, c’est au tour d’un autre pays-continent, la Russie, d’être visité cette fois, du 9 au 12 janvier prochains.

© The Glint

Ce n’est rien de dire que Jean-François Verdier et l’orchestre vont souffler le chaud et le froid en ce début 2014, nous proposant deux œuvres, l’une complète, l’autre en extraits, à savoir Le Sacre du Printemps de Stravinsky et Le Lac des Cygnes de Tchaïkovski. On fête cette année le centenaire de la création de cette œuvre magistrale que constitue Le Sacre du Printemps. Magistrale à plus d’un titre et en premier lieu, de par la ferveur qu’a suscitée cette musique à sa création. Stravinsky imaginait ici un grand rite païen durant lequel de vieux sages assistent à la danse jusqu’à la mort d’une jeune fille, rite devant permettre le retour du printemps. Créée par les Ballets russes de Diaghilev à Paris, l’œuvre sera chorégraphiée par Vaslav Nijinski, partition dansée qui ne laissa personne indifférent elle non plus, ni même Stravinsky, lui aussi décontenancé par l’audace du chorégraphe ! Nijinski s’éloignait en effet de la gestuelle classique, en faveur d’une chorégraphie tumultueuse et inédite, premier pas vers la danse contemporaine. La partition se montre donc elle aussi novatrice pour l’époque, et pour le moins aventureuse. Dans sa partition, Stravinsky va à l’encontre des grandes règles symphoniques, jouant constamment des contrastes sonores et

Dans sa partition, Stravinsky va à l’encontre des grandes règles symphoniques, jouant constamment des contrastes sonores et rythmiques. Une partition qui glorifie la terre et les forces de la nature

rythmiques. Une partition qui glorifie la terre et les forces de la nature, s’inspirant de la mythologie slave comme elle tire également son origine d’anciennes mélodies des pays de l’Est. Son caractère frénétique tient également au fait que le compositeur illustre ici des danses païennes, faites pour provoquer un état de transe chez l’auditeur. Le Sacre du Printemps est également une œuvre de la démesure, écrite pour un orchestre symphonique particulièrement conséquent. La section des percussions se montre notamment exceptionnellement étendue et impressionnante. Rien de tout cela, au contraire, dans le majestueux Lac des Cygnes. C’est bien ici toute la grâce du frêle animal qu’évoque

Tchaïkovski dans cette musique pour ballet qui a fait le tour du monde. Bien sûr une dimension sombre n’est pas absente de l’œuvre. Rappelons en effet que Le Lac des Cygnes nous conte l’histoire d’une jeune femme condamnée par un sorcier à se transformer en cygne le jour venu. Un prince la rencontre cependant un beau jour dans une forêt. Le Lac des Cygnes est aussi le conte romantique par excellence, ballet classique parmi les classiques. C’était la première fois, en 1876, qu’un compositeur symphonique créait une musique de ballet. Tchaïkovski explorait ici un registre symphonique large, et s’inspirait de plusieurs compositeurs célèbres comme Delibes et Adam, inventant un thème propre à chaque personnage. L’OVHFC proposera des extraits

de cette suite pour ballet qui fait en outre intervenir plusieurs styles musicaux, et notamment des danses hongroise, russe, espagnole et napolitaine. Le Chœur régional de Franche-Comté sera également de la partie, comme chaque année, pour interpréter en solo les chœurs de l’opéra Eugène Onéguine de Tchaïkovski, ainsi que d’autres œuvres vocales traditionnelles de Russie. - Marc Vincent -

Orchestre Victor Hugo Franche-Comté, Nouvel An - Russie, 9 janvier à 20h30 à La Commanderie de Dole, 10 janvier à 20h à l’Axone, 11 janvier à 20h à Micropolis et 12 janvier à 17h au Palais des Sports de Saint-Claude - www.ovhfc.fr


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Théâtre Yukonstyle au CDN de Besançon La région du Yukon, qui donne son titre au spectacle, est une province du nord du Canada où l’on a la plus grande peine à distinguer le ciel de la terre. Yukonstyle est le titre de la pièce à voir au CDN de Besançon juste avant les congés de Noël. C’est aussi l’occasion de découvrir le travail de la nouvelle directrice, Célie Pauthe, qui présente ici sa dernière création en date.

À travers un contact si direct avec la nature, les personnages se retrouvent comme mus par des forces venues de l’autre monde, surgies d’une époque loin de notre siècle et de son lot d’individualismes, de violences © Élisabeth Carecchio

C’est à la suite d’un voyage en 2008 que Sarah Berthiaume a eu envie d’écrire Yukonstyle. Troublée par les grands espaces de cette région reculée, prise de vertige face à cette nature époustouflante à deux pas de l’Alaska, elle donnait alors vie aux personnages de Yukonstyle. « Quatre jours et quatre nuits d’autobus, de cantines routières, de rencontres incongrues, de prairies, de montagnes, de forêts plus tard, j’arrivais au Yukon », écrira l’auteur trentenaire, qui décidait un jour de partir loin de tout pour fuir une peine de cœur.

© Élisabeth Carecchio

Dans l’immensité blanche, les personnages sont laissés seuls avec leur conscience, avards en mots, comme enfermés en euxmêmes mais aussi connectés les uns aux autres, avec leurs failles, leurs peurs et leurs questions identitaires. Yuko vient de subir un deuil. Garin, métis amérindien et son père Dad’s -, et enfin Kate, adolescente fugueuse, tous sont engagés dans une quête. Si c’est l’immensité qui les égare, c’est peut-être elle, aussi, qui les élève. Le rapport à leur environnement s’avère, ici plus qu’ailleurs, déterminant pour nos quatre personnages. « J’ai d’abord été frappée par l’immensité du paysage qui s’infiltrait, me semblait-il, à l’intérieur même des êtres, pour y révéler des territoires insoupçonnés », souligne encore Sarah Berthiaume. Le désert blanc comme un révélateur de nos peurs et de nos désirs.

« C’est toujours, me semble-t-il, dans l’écriture de Sarah Berthiaume, à partir de ces lieux du repli que le monde se pense et que se réfléchissent notre civilisation et notre modernité », fait remarquer Célie Pauthe. Mais l’immensité blanche n’en demeure pas moins sauvage, nous ramenant à nos instincts primaux : la survie avant tout. À travers un contact si direct avec la nature, les personnages se retrouvent comme mus par des forces venues de l’autre monde, surgies d’une époque loin de notre siècle et de son lot d’individualismes, de violences. « Mythologie et prosaïsme », pour reprendre les termes de Célie Pauthe, se retrouvent en balance constante dans la pièce. « J’ai voulu une langue française, mais avec un rythme et une sonorité près de l’anglais »,

dit encore Sarah Berthiaume, qui a placé dans les bouches de ses personnages une langue très orale, très directe, parfois heurtée comme peut l’être le Quebécois, influencé par la dimension percussive de la langue anglaise. Des passages narratifs en vers libres, incarnent au contraire les moments d’exaltation, quand les personnages s’élèvent vers l’Ailleurs tant souhaité, pleinement conscients, lucides... et libres. Entre ciel et terre. - Paul Sobrin -

Yukonstyle, Centre Dramatique National Besançon Franche-Comté, 18 et 19 décembre à 19h, 20 décembre à 20h www.cdn-besancon.fr


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Chroniques CD

Diversions Chroniques, découvertes, interviews sur www.sensationrock.net

BLUES ROCK

CHANSON POP ROCK

Black Joe Lewis Electric Salve (Vagrant/Modulor)

Julien Doré

Originaire d’Austin au Texas et ancien prêteur sur gages, Joe Lewis a vu sa vie changer lorsqu’un jour il vit cette Telecaster rouge arriver dans sa boutique, et qui depuis ce jour ne l’a plus jamais quitté. Il forme ainsi son propre groupe Black Joe Lewis & The Honeybears revisitant le blues, la funk, la soul façon James Brown et se faisant ainsi repérer par le label Universal Motown. Depuis le garçon a tracé son chemin, en est à son troisième opus avec lequel il a décidé de revenir à un son plus brut et authentique. Le son fuzz ultra saturé de Skulldiggin nous envoie une première éclaboussure de cambouis en plein visage avant que le blues garage cradingue de Young Girls ne vienne nous décrotter les cages à miel. Black Joe ressuscite James Brown le temps du morceau Come To My Party diablement dansant, avant de jouer les Jimi Hendrix sur Vampire, bluesy à souhait avec un solo final à couper le souffle. Jonglant entre le blues, le punk/garage et le R&Blues, comme sur ce Hipster tout droit sorti de la période Stooges, Black Joe Lewis nous offre un album explosif où l’on est surpris à chaque nouveau morceau. - Johan -

Viborg, claviers glacés comme la ville danoise qui lui donne son nom, arrangements ambitieux et mélancolie polaire, donne le ton : l’emphase dont est capable Julien Doré depuis ses premières élucubrations scéniques à la Nouvelle Star, ne l’a pas quitté et c’est tant mieux. Du nord de l’Europe, on passe aux Seychelles - avec un détour par Paris -, premier single à l’indéniable séduction pop, basse qui claque et refrain en anglais, des attributs qui n’empêchent pas une certaine mélancolie de transpirer du morceau là encore. La forte et décalée personnalité du chanteur à crinière demeure très présente, à l’image de cet Habemus papaye, pastiche de soul langoureuse, chauffée au soleil d’assommants Tropiques. Il faut dire qu’au fil des balades pop anglophones - Heaven - et des magnifiques et désabusés Mon Apache et Corbeau blanc, que ne renierait pas le Christophe des Mots bleus, le chanteur qui a Jean d’Ormesson tatoué à son biceps, plaque des paroles poétiques, parfois d’inspiration surréaliste, sur ses musiques pop, une douce absurdité qui l’amène jusqu’à disserter sur la prise de poids de Michel Platini... - Dominique Demangeot -

FOLK ROCK

FOLK POP

Midlake Antiphon

(Cooperative/PIAS) Antiphon peut s’apparenter à un retour à zéro pour Midlake. Un grand nombre de titres étaient déjà en préparation avant que Smith ne quitte le navire. Le reste du groupe préfère alors tout recommencer, c’est ce qui fait que ce nouvel opus est peut-être à l’opposé de son prédécesseur. Plus rock que The Courage Of Others, Antiphon s’ouvre avec le morceau-titre, excellente ritournelle psychédélique portée par la voix de Eric Pulido, guitariste devenu chanteur. Le «groove Midlake» est intact, on retrouve cette rondeur qui fit les belles heures de The Trials Of Van Occupanther. Le reste du disque est du même tenant et délivre de belles réussites, et fait définitivement oublier la mélancolie de The Courage Of Others et la corde qui allait avec. Les voix sont aériennes - Eric Pulido ne démérite pas dans l’exercice du chant lead : il est carrément convaincant -, les guitares y font échos et les ex-étudiants en musique distillent des nappes de synthé délicieusement 70’s ou des guitares pleines d’effets, des arrangements parsemés avec beaucoup d’habileté, pour une pop vintage que ne renierait pas Jonathan Wilson. - Florian Antunes Pires/Simon Grangereau -

FUNK ROCK

LØVE

(Columbia)

The Head And The Heart Let’s Be Still

(Sub Pop/PIAS) The Head And The Heart, c’est ce petit groupe sans prétention qui a débarqué dans nos coeurs, il y a un peu plus de deux ans, avec un premier album éponyme plein de fraîcheur et de spontanéité. Let’s Be Still sonne différemment, la spontanéité des débuts laisse la place à une maturité nourrie par les nombreux concerts que le groupe a donné entre 2010 et 2013. Si le diptyque Springtime/Summertime, à mi-chemin entre new wave, disco et soul à l’ancienne, convoque un synthé de mauvais goût et va en dérouter plus d’un, l’album est très tourné vers une pop acoustique grand angle qui continue à faire remuer la tête et le cœur. Toujours sous influence des Beatles, de la country, du folk, le groupe évolue entre ritournelles sophistiquées menées par la voix éraillée de Jonathan Russell, et balades poignantes réhaussées par de fins arrangements. La voix de Charity fait des petits miracles, quand elle fait écho à celle de Josiah Johnson (Let’s Be Still) ou lorsqu’elle porte à elle seule le titre (la magistrale balade folk These Days Are Numbered). - Florian Antunes Pires/Simon

Grangereau -

The Inspector Cluzo Gasconha Rocks (Fuck The Bass Player Records /L’Autre Distribution) Depuis plus de cinq ans, Laurent Lacrouts (guitare, chant) et Mathieu Jourdain (chant, batterie) parcourent les scènes du monde entier (plus de 35 pays tout de même), tout cela de manière indépendante. Les deux bad boys du rock’n’roll made in Gascogne reviennent avec un quatrième album identitaire au possible et c’est pas nous qui allons les contredire. Plus rock que jamais, parfois garage, les Cluzo ont le chic pour vous surprendre à chaque titre comme avec ce punk décapant sur Hello Goodbye Education ou encore le riff très AC/DC de Garbage Beach. Le chant quant à lui est toujours parsemé d’harmonies se référant à la soul des 70’s façon Curtis Mayckson 5. On a également droit à un petit moment funk instrumental sur Lo Camin De La Hesta et The Duck Guilt Blues, rappelant la direction du précédent opus. - Johan -

INDIE ROCK

Minor Alps Get There (Barsurk Records) Quand il n’est pas sur scène à écumer les festivals et les salles avec son groupe Nada Surf, Matthew Caws élabore en studio des petits trésors d’indie rock, en compagnie de la chanteuse Julianna Hatfield. Il est normal de trouver ici des pistes qui ne feraient pas pâle figure au milieu de Proximity Effect ou de Let Go. Mais quand il trempe sa plume dans une autre encre, le blond chanteur offre à son nouveau duo de quoi s’enthousiasmer. Il n’hésite pas à faire appel à quelques synthés pour varier les ambiances, qu’elles soient aériennes ou new wave. Les deux voix se répondent avec une belle complicité et on pourrait vite y voir une parenté avec nos Frenchies de Cocoon (Maxon). Et quand Julianna Hatfield prend le dessus, on se croit revenir au milieu des 90’s avec les groupes de power-pop à leader féminin. Cela donne alors la géniale I Don’t Know What To Do With My Hands et le non moins meilleur Lonely Low. Get There est le genre d’album qu’on va conseiller les yeux fermés aux amateurs de power-pop fraîche et sans prise de tête. - F. with a little

help from his friend S -

Red Hot Chili Peppers I’m Beside You (Warner/Black Friday Record Store Day) I’m Beside You a tout de la compilation. Il n’y a pas de cohérence d’ensemble et les pistes s’enchaînent sans logique. Mais ceci explique pourquoi elles n’ont pas été retenues pour l’album. Loin d’être voués à une diffusion radiophonique, certains morceaux surpassent aisément certains de I’m With You mais démontrent que quand les Peppers veulent bien se lâcher, ils peuvent presque arriver à revenir à une époque où la flamme brûlait vivement. Le groove renaît avec This Is The Kitt ou le break funky de Pink As Floyd et peut même parfois remémorer l’époque de One Hot Minute avec un titre comme Open/Close, proche cousin de Deep Kick. Les Peppers retrouvent de leur fougue et se lancent dans un rock garage burné avec Brave From Affair ou balancent une rythmique lourde sur Victorian Machinery. Une compilation de faces B qui restera relativement confidentielle mais mérite quand même un petit arrêt, ne seraitce que pour certaines pistes qui tiennent franchement la route. - Florian Antunes Pires -

HIP HOP

D-BangerZ Musicbox Quatre MCs et un producteur s’amalgament pour fonder D-BangerZ. Astro Kif, Boston J, James Res, Mic l’Ori et Broad Rush pratiquent un hip-hop détendu de la platine et du micro, sur une première galette au méchant groove qui ne vous laissera pas de marbre. Les mailles de leur Tapis volant, pour paraphraser le morceau d’ouverture de ce premier EP à paraître en début d’année 2014, sont tissées de textes au second degré, d’ambiances sonores travaillées mais avec cet air de ne jamais se prendre au sérieux, à l’image de ce récit d’une virée dans un fast food sur une musique aux beats abrasifs - Burger tiède -. INOUïS du Printemps de Bourges 2013, D-BangerZ posent leurs flows redoutables sur les musiques de Broad Rush, et avant de publier leur premier album prochainement, s’offrent une belle carte de visite avec ce Musicbox qui prendra d’assaut vos tympans. Sur le libidineux Boobs, D-BangerZ vantent les mérites des attributs mammaires. Normal me direz-vous, pour des rappeurs qui citaient quelques minutes avant, Katsumi et Oksana D’Harcourt... Avis aux amateurs. - Manu Gilles -


Littératures

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RÉCIT

ROMAN

ESSAI/BEAU LIVRE

ROMAN

Ève Lerner

Pierre Lemaitre

Stefan Zweig

Serge Joncour

Éditions Dialogues

Albin Michel

Paulsen

J’ai lu

Ève Lerner met en lumière les expressions du monde ouvrier, ses ancêtres ayant été journaliers agricoles, « l’échelon le plus bas de la société. Pas même un échelon ». C’est pourtant « l’âme chevillée au corps » qu’Ève a quitté son Yonne natale pour devenir professeur, poètesse et traductrice. Elle nous conte son histoire familiale à travers la langue de sa mère, particulièrement riche et acquise à l’occasion des divers métiers exercés, les parlés argotique, paysan et ouvrier, « jusqu’au jargon des intellectuels ». Des trésors d’expression qui sont le plus bel héritage légué à sa fille. Dans ce vibrant hommage au monde ouvrier, « voyage aux sources des mots », l’auteur décrypte les expressions, fouille leurs origines mais aussi l’histoire familiale, révélant des aspects du quotidien ouvrier qui en disent long sur leur condition, l’importance des draps, « dans les familles pauvres qui avaient précédemment dormi dans la paille », la place de l’alcool... Le livre évoque aussi l’Histoire tout court, guerre d’Algérie et génération Baby Boom. Ève est parvenue jusqu’à Normale Sup « à-lava-comme-je-te-pousse », la langue ayant été sa meilleure alliée depuis l’enfance.

Pour les lecteurs de Diversions, le romancier, récent Prix Goncourt, n’est pas un inconnu : il nous a déjà fait frissonner avec sa trilogie Travail soigné, Alex et Sacrifices (dont nous parlions dans ces colonnes il y a tout juste un an). Il revient dans un tout autre genre en nous livrant une histoire peu banale, se déroulant à la toute fin de la Première Guerre Mondiale et mettant en scène deux soldats et le Lieutenant Henri d’Aulnay-Pradelle, un pur salaud, sans nuance, qui va s’illustrer dans les pires méfaits de guerre, dont certains ont réellement été commis : Lemaitre s’est livré à un travail (soigné !) de recherches documentaires sur les pires méthodes que certains ont utilisées pour s’enrichir aprèsguerre. Pour une première incursion dans le roman autre que policier, on peut dire que c’est une réussite, en témoigne son prestigieux prix, mais il faut aussi souligner que l’auteur vient du policier et que c’est sans doute cette écriture particulière et sa parfaite connaissance des ficelles du suspense qui font qu’il est si difficile de lâcher son roman. Quand certains pourraient déplorer une forme de manichéisme dans le portrait des personnages, d’autres pourraient lui adresser le reproche d’être un roman populaire, mais pas sûr que ce ne soit pas justement ce qui en fait la qualité.- Lucie Brownie -

C’est à l’occasion d’un voyage maritime vers l’Amérique du Sud que Stefan Zweig a l’idée de consacrer un livre au grand explorateur Fernand de Magellan. Au Moyen Âge, la route des épices est ardemment convoitée, les mystères et les douceurs des Indes exercent une forte attirance sur les nations européennes. Le navigateur portugais persuade le royaume d’Espagne qu’il existe un détroit permettant de contourner les Amériques par le sud. Sweig décrit le contexte historique de cette aventure avec une grande précision, et son talent d’écrivain nous rend « ce conquérant de l’univers » qu’est Magellan, particulièrement humain. C’est le récit du voyage vers les fameuses îles aux épices qui est le plus captivant, Zweig rendant toute la dimension épique du voyage, les doutes et les victoires du commandant des cinq navires, les rencontres avec les peuples indigènes. Cette édition luxueuse, augmentée de très nombreuses cartes, dessins et peintures de l’époque, ne quittera plus les étagères de vos bibliothèques. Stefan Zweig rendait en outre ici un vibrant hommage à l’esprit d’entreprise: « Et, toutes les fois qu’une génération ferme et résolue se met au travail, l’univers se transforme », écrit-il, une détermination dont Magellan fera indéniablement preuve.

Au début, ce sont deux êtres esseulés : Louise et Franck, séparés de leurs semblables suite à des expériences douloureuses dont on perçoit, peu à peu, les origines communes. Car Louise et Franck sont liés, par Alexandre tout d’abord. Disparition de l’amant pour l’une, du frère cadet pour l’autre. Reporter globe-trotter, Franck retrouve le monde paysan de son enfance, les Bertranges dans la Nièvre, « ces terres [qui] usaient les hommes comme le matériel », renouant avec les vieilles rivalités d’un « univers exclusivement fait de choses utiles ». Un monde qui risque fort de disparaitre comme une certaine frange du monde ouvrier, là-bas dans les villes. C’est la fermeture prochaine de l’usine où elle travaille qui pousse Louise à revenir chez ses beaux-parents. D’autant qu’une tierce personne s’avance, un jeune enfant... du nom d’Alexandre, fils de Louise, double étrange et plein de vie, trait d’union inattendu entre les deux personnages. L’amour sans le faire est un beau roman sur la filiation et la famille, et la place que l’on doit y prendre, ou que les autres voudraient que l’on y prenne. Un roman sur la nature aussi, sauvage et belle, qu’il faut se laisser le temps d’apprivoiser, comme un puissant révélateur de notre moi intime. - Paul Sobrin -

ROMAN

PATRIMOINE

HISTOIRE

Mark Safranko

Philippe Berte-Langereau

Joseph Pinard

13E Note

Éditions Sutton

L’Âme chevillée au corps

- Dominique Demangeot -

Travaux forcés

Suite directe de Dieu Bénisse l’Amérique, Travaux Forcés signe la suite des aventures de Max Zajack, alter ego de l’écrivain et fraichement émancipé de la maison familiale. Enchaînant les petits boulots pour (sur)vivre et les histoires sentimentales foireuses, Zajack est le témoin de l’anti-rêve américain, où la classe moyenne n’existe pas, l’histoire d’un homme qui se cherche dans sa vie, véritable fantasme inabouti. Travaux Forcés se déroule dans les années 70, mais pourrait être transposé de nos jours tellement les choses ont peu bougé, si ce n’est que le fossé des inégalités n’a fait que s’élargir. Jamais amer, souvent cynique, Max Zajack est un génial loser blasé, qui croise un chat noir tous les jours mais jamais ne s’apitoie sur son sort et toujours retombe sur ses pieds. Un album de Dylan sur la platine, la plume de Safranko vous happe pour ne plus vous lâcher, jusqu’à la dernière page qui nous conduit là où tout a commencé… - Florian Antunes Pires -

Au revoir là-haut

Le Morvan des villages

C’est une plongée dans la vie paysanne d’antan que nous propose Philippe BerteLangereau à partir de la fin du XIXème siècle. Les coutumes rurales des Morvandeaux nous sont décrites de manière détaillée, les foins, le travail à la faux... De nombreuses photographies documentent l’ouvrage, archives familiales et témoignages. L’iconographie abondante nous donne à voir les maisons de l’époque, le mobilier et les problèmes de salubrité, l’état de la voirie - tout aussi déplorable au XIXème siècle - et les relations de voisinage parfois houleuses. Les chaumières - appelées ainsi en raison du toit en chaume - n’étaient pas des plus confortables, d’autant qu’il n’y avait pas de séparation dans les maisons entre les lieux de vie et les étables et granges. En raison des incendies fréquents, les toits de chaume ont été remplacés par la tuile puis l’ardoise. Métiers disparus, scènes de campagne, instants festifs au son des bourrées sont aussi évoqués. Un beau voyage qui s’achève au détour des années 60, alors que le Morvan subit un exode rural massif au profit des villes, les attelages d’ânes ou de chevaux étant remplacés quant à eux par les 2 CV et les 4 L. - Marc Vincent -

Magellan

L’amour sans le faire

- Dominique Demangeot -

Quand la Franche-Comté faillit disparaître. Le projet Nazi d’expulsion de 1940.

Éditions Cêtre

Joseph Pinard est bien connu des Bisontins pour ses chroniques dans le journal BVV et pour son engament politique, qui l’a conduit à être député de 1981 à 1986 et conseiller général de Palente pendant presque trente ans. Normalien et agrégé d’histoire, il est auteur d’une œuvre d’histoire locale foisonnante. L’année dernière, il publiait une riche étude sur le passage à Besançon du grand historien Lucien Febvre (cf. Diversions, octobre 2012). Aujourd’hui, c’est avec un livre plus modeste qu’il nous revient. Livre modeste dans son format mais qui nous offre un éclairage sur un projet méconnu qui faillit transformer notre région. L’histoire n’a pas uniquement vocation à raconter ce qui est advenu mais aussi ce qui aurait pu advenir, elle retrace tous les possibles d’une époque. Car il s’agit bien ici, heureusement pour nous, d’un projet avorté, celui d’expulser les Franc-Comtois pour y loger les Sud-Tyroliens en 1940. Cette histoire abracadabrante est racontée pour la première fois par l’historien Karl Stuhlpfarrer, en 1985, dans un volumineux ouvrage paru en deux tomes et jamais traduit en français. Décédé en 2009, l’historien autrichien n’avait pas été vraiment lu en France en dehors des revues spécialisées, et

c’est le grand mérite de Joseph Pinard de revenir sur cette histoire et d’y apporter sa touche personnelle. Lors de la Première guerre mondiale, la triple entente (France, Angleterre, Russie) offre à l’Italie en échange de son ralliement le Tyrol du sud, un territoire dont la population est à 92 % germanophone. Le traité de Saint-Germain-en-Laye, en 1919, officialise ce transfert et l’Italie mène dès lors une politique d’italianisation forcée. Alors que le programme Nazi prévoit l’intégration de toutes les populations allemandes, Hitler souhaite ménager son allié Mussolini et ne revendique pas le territoire nouvellement acquis. Le devenir de cette population rétive à son intégration dans l’Italie va conduire à ce projet un peu fou de leur proposer une nouvelle terre. La Franche-Comté est envisagée car elle possède une parenté géographique certaine avec le Tyrol du sud. Joseph Pinard retrace avec précision ce projet et toutes les oppositions internes qu’il a pu rencontrer, rappelant ainsi, que contrairement aux théories du complot en vogue de nos jours, un pouvoir quel qu’il soit n’est jamais monolithique, parcouru de contradictions, avec lesquelles un leader habile doit savoir jouer. Mais l’ouvrage ne s’arrête pas à cet évènement, il revient sur une histoire millénaire de la Franche-Comté et nous rappelle qu’à plusieurs reprises elle fut menacée. Ainsi, à titre d’exemple, les Alliés coalisés contre Louis XV en 1709 envisagèrent très sérieusement de mettre la main sur cette région qui venait d’être intégrée depuis peu au royaume de France... - Martial Cavatz -


Cinéma 27 novembre

All is Lost

De J.C. Chandor Drame

Hunger Games - L’embrasement De Francis Lawrence Science-fiction

Avec Robert Redford

Un marin découvre que la coque de son voilier a été percée. Il tente de se rapprocher d’une voie de navigation.

Avec Jennifer Lawrence

Katniss est devenue le symbole de la rébellion en défiant le Capitole. Le président Snow veille au calme des districts.

100% cachemire

De Valérie Lemercier Comédie Avec Gilles Lellouche, Marina Foïs Aleksandra et Cyrille vivent de manière très aisée dans la capitale. Soudain, un petit garçon russe de sept ans apparait dans leurs vies.

The Immigrant De James Gray Drame

Avec Marion Cotillard, Jérémy Rener

A bord d’un bateau, une femme se voit obligée de vendre son corps en échange de médicaments pour sa sœur malade.

Je fais le Mort

De Jean-Paul Salomé Policier

Last Vegas

Avec François Damiens, Géraldine Nakache

De Jon Turteltaub Comédie

Un comédien au chômage cherche du travail. Sa conseillère lui propose de prendre la place du mort dans les scènes de crime.

Avec Robert De Niro, Morgan Freeman

Un ancien séducteur profite d’un enterrement de vie de garçon avec trois amis d’enfance.

23

Le Hobbit - La Désolation de Smaug le 11 décembre

The Lunchbox

De Ritesh Batra Romance Avec Irrfan Khan, Nimrat Kaur

Tom le cancre

De Manuel Pradal Aventure

Avec Steve Le Roi, Sacha Bourdo

Des enfants se perdent dans une forêt. Ils rencontrent un enfant de 14 ans : Tom le cancre. De Philippe Kotlarski Drame

Dracula 3D

De Dario Argento Epouvante

Avec Asia Argento, Francesco Rossini

Un jeune bibliothécaire travaille pour le Comte Dracula.

Avant l’hiver

De Philippe Claudel Drame

Avec Kristin Scott Thomas, Daniel Auteuil

Paul est marié à Lucie depuis de nombreuses années et leur mariage est un succès. Un jour, des bouquets de rose sont livrés de manière anonyme...

Les Gouffres

De Antoine Barraud Drame

Avec Mathieu Amalric, Mario Dragunsky

Des chercheurs sont envoyés en expédition afin d’étudier des gouffres gigantesques.

Cet été-là

De Nat Faxon Comédie dramatique Avec Steve Carell, Anna Sophia Robb Un jeune garçon se rend dans une maison au bord de la mer et fait la connaissance des responsables du parc aquatique de la région.

La Marche

De Nabil Ben Yadir Drame

Avec Olivier Gourmet, Nader Boussandel

Les habitants d’une cité de la banlieue lyonnaise décident de protester contre la discriminations des français issus de l’immigration.

Dans un service de livraison de lunch boxes, une erreur s’est glissée, mettant en relation une jeune femme et un homme proche de la retraite.

La jalousie

De Philippe Garrel Drame

Les Interdits

Avec Stéphanie Lippmann

Wikileaks, a publié de nombreux documents confidentiels sur des opérations en Irak, des dictateurs africains et l’armée américaine.

Sokolinski,

Avec Anna Mouglalis, Esther Garrel Jérémie

Carole et Jérôme participent à un voyage organisé à Odessa. Durant leur périple, ils rencontrent des refuzniks.

Wajma, une fiancée afghane De Barmak Akram Drame

A Kaboul, Mustafa séduit une jeune étudiante. Ils vont vivre leur relation de manière clandestine.

4 décembre

Louis et Claudia, en couple, font du théâtre. Un soir, la jeune femme rencontre un architecte qui lui propose du travail.

Henri

De Yolande Moreau Comédie dramatique Avec Pippo Delbono, Miss Ming Henri et Rita possèdent un petit restaurant aux alentours de Charleroi. Quand Rita décède soudainement, Laetitia leur fille, propose à son père de se faire seconder par Rosette, issue d’un foyer d’handicapés mentaux.

All Is lost le 11 décembre

Zulu

De Jérôme Salle Thriller

Le Père Frimas

Avec Orlando Bloom, Forest Whitaker En Afrique du Sud, deux policiers s’unissent pour retrouver le meurtrier d’une jeune adolescente.

De Youri Tcherenkov Animation Film d’animation précédé du court métrage Le Noël de Komanek !

Carrie, la vengeance De Kimberly Peirce Epouvante

L’arche de Noë

Juan Pablo Buscarini Animation Des humains et des animaux se trouvent embarqués dans un bateau construit par Noë.

Avec Chloë Grace Moretz, Julianne Moore

Carrie White, jeune fille battue par sa mère et mal intégrée dans son lycée, découvre qu’elle possède des pouvoirs de télékinésie.

La Reine des neiges De Chris Buck Animation

Rêves d’or

Anna part à la recherche de sa sœur, Elsa, la Reine des Neiges. Elle est acompagnée de Kristoff, un montagnard et Sven, un renne.

Juan, Sara et Samuel tentent de s’enfuir du Guatemala pour rejoindre les Etats-Unis.

Avec Kristen Bell, Idina Menzel

De Diego Quemada-Díez Drame

Avec Brandon López, Rodolfo Domínguez

Le Secret de l’étoile du nord De Nils Gaup Fantastique Avec Agnes Kittelsen

Une jeune orpheline part à la conquête de l’Etoile du Nord afin de rompre la malédiction qui a privé le Roi de sa fille.

Layla

De Pia Marais Thriller

Avec Rayna Campbell, August Diehl

En Afrique du Sud, une jeune mère célibataire est suspectée d’un meurtre qui s’est déroulé dans un casino.

Le Démantèlement De Sébastien Pilote Drame

Avec Gabriel Arcand, Pierre-Luc Brillant

Gaby possède une ferme où il élève des agneaux. Il n’a pas de fils mais deux filles. Un jour, l’aînée rencontre des problèmes financiers.

Casse-tête chinois De Cédric Klapisch Comédie Le Chemin

De Luciano Moura Drame

Avec Wagner Moura, Lima Duarte Un médecin père de famille habite dans une banlieue brésilienne résidentielle. Un jour son fils de 15 ans disparait.

Avec Romain Duris, Kelly Reilly

Xavier a fondé une famille avec Wendy. Cette dernière part s’installer à New York avec sa fille et son fils. Xavier décide de les rejoindre.

Le cinquième pouvoir De Bill Condon Biopic

Avec Benedict Cumberbatch, Daniel Brühl

Julian Assange, développeur du site web

11 décembre Le Hobbit : La Désolation de Smaug De Peter Jackson Aventure

Avec Evangeline Lilly Les nains, Thorin, Bilbo et Gandalf continuent leur périple et rencontrent un étranger très puissant : Beorn.

100 % cachemire le 11 décembre


Diversions bourgogne decembre 2013  
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