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Aire Urbaine Mensuel gratuit d’informations

#30

janvier 2011

Besançon

ACTU / Le Club TGV Besançon Franche-Comté De drôles de chalets au Marché de Noël de Besançon CULTURE / Ouverture de la Rodia - Une Flûte enchantée au Théâtre musical - Cycle Mahler par l’Orchestre Dijon-Bourgogne - Dealing With Claire au Nouveau Théâtre - Stand Alone Zone au Théâtre de l’Espace - Désirs au Théâtre de Lons-le-Saunier Thomas Hirschhorn à l’ERBA Besançon...

+ l’Agenda du mois p.4 / Cinéma p.15


Théâtre musical


Aire Urbaine diversions-magazine.com

cultures sorties société

#30 #27

janvier 2011

Besançon La Flûte enchantée au Théâtre musical Cycle Mahler par l’Orchestre Dijon-Bourgogne

L’AGENDA - 4 REPÉRAGES - 5

Le Club TGV Besançon Franche-Comté De drôles de chalets au Marché de Noël de Besançon

THÉÂTRES -10

Dealing With Claire au Nouveau Théâtre Stand Alone Zone

MUSIQUES - 7

Ouverture de la Rodia

PLUS LOIN... - 11

Que faire ? (le retour) au TDB Musique du monde et chanson réaliste à Dijon Désirs au Théâtre de Lons-le-Saunier Art Danse, Le Festival à Dijon

Marcelle Cahn au Musée des Ursulines à Mâcon

CHRONIQUES - 14 CINÉMA - 15

OUVREZ LES YEUX - 13

Thomas Hirschhorn à l’École Régionale des Beaux-Arts de Besançon

Le voyage de l’Orchestre Besançon Montbéliard Franche-Comté

Ce vendredi 19 novembre, l’orchestre de Besançon-Montbéliard nous proposait de partir en voyage à travers un programme très éclectique et plein de contrastes. C’était aussi l’occasion pour les bisontins de retrouver Jean-François Verdier, le nouveau chef de l’orchestre, après une entrée très remarquée lors de l’ouverture du Festival de Musique de Besançon sur la place de la Révolution en septembre dernier et lors de « Thank you, Mr Bernstein » donné en octobre au Théâtre Musical. Ce voyage proposé par Jean François Verdier ne possède pas seulement un propos géographique, c’est aussi un périple dans le temps avec des talents Diversions - Edition Besançon Journal d’information gratuit 12, rue des Vieilles Perrières 25000 Besançon 03 81 57 58 92 - 06 34 12 01 91 www.diversions-magazine.com diversions@orange.fr Editeur : SARL Diversions RCS : 508 184 934 Directeur de la publication : Boban Stanojevic 03 81 57 58 92 / 06 34 12 01 91 diversions@orange.fr

différents et des atmosphères diverses. À la légèreté de l’ouverture avec un extrait de On the Town de Leonard Bernstein répond la gravité des Pas sur la neige de Debussy et Takenory. Au triomphe de l’ouverture de Nabuco de Verdi répond la retenue de la Valse des fleurs de Tchaïkovski. La diversité est là, le talent également. Il n’est de voyages qu’en bonne compagnie, et là aussi nous avons eu la chance de retrouver Juan Jose Mosalini et son bandonéon magique pour des rythmes argentins (il avait participé également à l’ouverture du Festival de musique 2010), la soprano Marie-Paule Doti, la danseuse Nathalie Pernette et le dessinateur sur sable David Myriam.

Ce soir-là le public est nombreux et cette représentation placée sous le signe de la diversité apporte une grande nouveauté avec cet écran géant au-dessus de l’orchestre, sur lequel nous voyons David Myriam, suivi par un jeu de caméras, dessiner sur le sable des fresques étonnantes de sensibilité, apportant un support visuel pour comprendre ce que nous écoutons là. Nathalie Pernette vient également donner une touche animée, la fluidité de ses mouvements faisant écho à la musique. Le pari de Jean-François Verdier de marier les genres est un coup gagnant, qui demande certainement à être reconduit, car sans lever la part de mystère de la « grande musique », ce mariage

Rédacteur en chef : Dominique Demangeot magazine.diversions@yahoo.fr Rédaction : Gilles Bloin, Brent, Frédéric Dassonville, Dominique Demangeot Simon Grangereau, Hector Mann, Amandine Mannier, Sébastien Marais Sylvère Raguon, Paul Sobrin, Boban Stanojevic, Marc Vincent, Caroline Vo Minh Comité de relecture : Dominique Demangeot, Caroline Vo Minh Régie publicitaire : Boban Stanojevic - 03 81 57 58 92 / 06 34 12 01 91 - diversions@orange.fr

des genres donne des clefs pour goûter la musique autrement. Le calendrier de l’Orchestre Besançon Montbéliard Franche-Comté est bien rempli et chaque mois apportera une couleur différente. Avec ce que l’on a vu et entendu ce soir, nul doute que le public conquis attend avec impatience de voyager de nouveau. - Jean-Cyril Daenekyndt Crédits photos : http://jcyd.free.fr

14 Janvier 20h - Le Théâtre musical de Besançon : Carte blanche à Jean-François Heisser 15 Janvier - 20h30 Scènes du Jura Dole Le Théâtre : Tous les goûts sont dans la nature

Dépôt légal : janvier 2011 © Diversions 2011 Imprimé en Espagne - Rotimpres ISSN : en cours valeur : 1,15 euros offert Diversions est diffusé gratuitement sur la Bourgogne Franche-Comté Prochaine parution : 4 février 2011


Diversions - L’Agenda du mois

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Les sorties du mois en un clin d’oeil

Avec Radio Sud Besançon 101.8 Fm, la radio de la diversité culturelle

BESANÇON Spectacles, concerts, théâtre... Brasserie de l’Espace 6 janvier à 19h : Troll’s Jazz Band - Jazz 13 janvier à 19h : Angel Carriqui - Chanson 20 janvier à 19h : Carabossa - Bossa Nova/ Chanson/Jazz

Micropolis 5 janvier à 20h30 : Jean Marie Bigard remet le paquet - Humour 15 janvier à 20h30 : hommage symphonique à Pink Floyd - Rock 23 janvier à 15h : Alderbert j’ai 10 ans - Chanson

Nouveau Théâtre

Du 5 au 7 janvier : Mille francs de récompense Du 24 janvier au 6 février : Dealing With Crimp

Théâtre de l’espace

Du 11 au 14 janvier : Stand Alone Zone - Danse Du 18 au 21 janvier : Le cirque précaire Spectacle Les 27 et 28 janvier : Body Time - Pièce chorégraphiqe

Théâtre musical

Du 5 au 7 janvier : Mille francs de récompense - Théâtre 14 janvier à 20h : carte blanche à Jean François Heisser - Concert Du 19 au 21 janvier à 20h : La flute enchantée - Opéra 26 janvier à 20h : Nya - Danse 28 janvier à 20h : Premier amour - Théâtre

Passagers du Zinc

20 Janvier à 21h : Run of Lava / Godess

Expositions

Le Gymnase - Espace culturel Du 11 janvier au 10 février : Exposition « Volcanismes »

En parallèle à l’exposition Projections/Conférences : Eyjafjöll : un volcan islandais qui ne manque pas de panache Jeudi 13 janvier, 18h30, amphithéâtre de Fourcroy, Fort Griffon Sur les volcans italiens : Vésuve, Etna, Stromboli et Vulcano Jeudi 20 janvier, 18h30, amphithéâtre de Fourcroy, Fort Griffon Montserrat : un paradis devenu enfer

Exposition « Volcanismes » au Gymnase, Espace culturel de Besançon à partir du 11 janvier

Jeudi 27 janvier, 18h30, amphithéâtre de Fourcroy, Fort Griffon Exposition : Volcanisme islandais : la crise provoquée par l’Eyjafjallajokull Bibliothèque Universitaire Sciences-Staps de l’Université de Franche-Comté + Projection / conférence : mardi 18 janvier à 18h

Ecole Régionale des Beaux Arts

10 janvier à 21h : conférence Thomas Hirschhorn Du 11 janvier au 4 février : exposition Thomas Hirschhorn 11 janvier à 18h : vernissage Thomas Hirschhorn

Musée du temps

Jusqu’au 29 mai 2011: Montres et merveilles

Monde associatif

Bains Douches Du 3 au 23 janvier : Exposition peinture Mauve Bonnefoi et Caroline Checcou 19 janvier à 18h : Concert Folk - Buridane 25 janvier à partir de 19h : 2ème édition de la descente aux flambeaux de Fort Griffon à l’église de la Madeleine

Projet Théâtre aux Bains-douches : Il reste des places ! Le théâtre pour parler du racisme ... Les Bains douches s’associent aux talents de Rafik Harbaoui pour constituer une équipe de comédiens en herbe. La troupe présentera une pièce de théâtre en mars dans le cadre de la semaine d’éducation contre le racisme. Inscriptions et renseignements aux BainsDouches : 03 81 41 57 58

MJC Palente 15 janvier à 17h et 16 janvier à 10h30 : Embrasser la lune - Théâtre jeune public 30 janvier à 15h et 17h (au Kursaal) : Je leur construisais des labyrinthes - Théâtre jeune public

JURA

DOLE La Commanderie Le 6 janvier à 20h30 : Yves Jamait - Chanson

Théâtre de Dole

Le 8 janvier à 20h30: Léo Ferré, poète vos papiers - Chanson

Montres et Merveilles au Musée du Temps de Besançon

HAUTE-SAÔNE VESOUL Théâtre Edwige Feuillère 11 janvier à 20h30 : Erwan et les oiseaux - Théâtre 15 janvier à 20h30 : Prowpuskovic - Musique de l’Est 19 janvier à 15h : La Danse de la Hyène - Musique du monde 22 janvier à 20h30 : Les 39 marches - Théâtre comédie 25 janvier à 19h : Ha ha ha ! - Clown

Jamait le 6 janvier à La Commanderie de Dole


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Edition Besançon, Dole, Vesoul

Diversions

Le Club TGV Rhin-Rhône, Cercle Besançon Franche-Comté Le 11 décembre dernier, la gare Viotte à Besançon inaugurait le compte à rebours nous séparant de l’arrivée du premier TGV sur la nouvelle ligne à grande vitesse, le 11 décembre 2011. La LGV mettra Besançon à une demi-heure de Dijon et 50 minutes de Mulhouse, raccourcissant ainsi les temps de déplacement sur l’axe Rhin-Rhône. Les trajets Paris-Besançon gagneront quant à eux une demi-heure. Pour préparer cette arrivée et anticiper les changements économiques qui en découleront, le Club TGV Rhin-Rhône a été créé en août 2009, composé de quatre cercles de réflexion à Dijon, Besançon, Belfort-Montbéliard et Mulhouse.

‘‘ La Franche-Comté est devenue une destination TGV. Besançon ne sera plus qu’à deux heures de Paris ’’ Patrick Ayache, Directeur général des services de la Ville de Besançon

© RFF/Photo Lab Services

Le Cercle Besançon Franche-Comté

A Besançon, trois groupes de travail ont été constitués, mobilisant au total plus d’une centaine d’acteurs publics et privés. Collectivités, entreprises et associations du Grand Besançon assistent aux réunions de travail, s’informent et expriment leurs attentes. Le premier groupe a trait au développement économique, animé par Bernard Garnier, PDG de KH-SK, Groupe Velux, et les CCI du Doubs et de la Haute-Saône. « C’est Bernard Garnier en tant que personne, avec son regard de président d’entreprise, mais ce n’est pas son entreprise qui est membre du groupe. J’y suis moi aussi à titre personnel », explique Patrick Ayache, Directeur Général des Services de la Ville de Besançon. Le pôle touristique est animé par Michel Albin, président des Petites Cités Comtoises de caractère, par Gilles Dreydemy, directeur de l’Office du Tourisme de Besançon et le Centre Régional du Tourisme de Franche-Comté. Comment ménager les conditions d’une attractivité satisfaisante en Franche-Comté et accueillir les nouvelles populations ? Telle est la réflexion menée par le troisième groupe de travail animé par Patrick Ayache, les services du Grand Besançon et de la Ville de Besançon.

Identifier les problématiques liées à la LGV

« Les gens se disent qu’on a déjà le TGV et se demandent ce que cela peut nous amener de plus », confie Patrick Ayache. Il existe

Le site de la nouvelle gare d’Auxon (25) actuellement une confusion entre le TGV et l’arrivée de la Ligne à Grande Vitesse (LGV), y compris auprès des chefs d’entreprise. Il s’agit de l’installation d’une nouvelle ligne, dans le but de raccourcir les temps de parcours et effectuer plus d’allers-retours vers Paris, Marseille et d’autres grandes villes. Le rôle du Club TGV est aussi d’identifier certaines problématiques comme celle des transports. Un groupe de travail, animé par le secrétaire général de la Préfecture, travaille ainsi autour du problème des taxis. « Nous avons demandé qu’il y ait plus de taxis à certaines heures à la fois à Besançon Auxon et Besançon Viotte », explique Patrick Ayache. « Le problème aujourd’hui est que lorsqu’on arrive à Viotte par le TGV de 20 heures, on n’est pas sûr de trouver un taxi ».

Une nouvelle gare à Auxon et une gare Viotte réaménagée

Acteurs socio-économiques et collectivités ont notamment réfléchi sur l’accessibilité de la nouvelle gare Besançon Franche-Comté située à Auxon, mais aussi sur l’actuelle gare Viotte qui va être entièrement réaménagée. L’enjeu est d’en faire un pôle multimodal où

l’on descendra du TGV pour rentrer dans le tramway ou les bus Ginko. Un quartier d’affaires et d’habitat complètement revisité est à l’étude. La gare Viotte devrait accueillir un centre commercial, à l’image de la Gare de l’Est à Paris. Excentrée à une dizaine de kilomètres de Besançon, la gare d’Auxon verra quant à elle se développer une zone d’activité économique.

La Franche-Comté devient une destination TGV

La question du tourisme est également essentielle. « La Franche-Comté est devenue une destination TGV. Besançon ne sera plus qu’à deux heures de Paris », explique Patrick Ayache. La demande de courts séjours étant susceptible d’augmenter, l’offre doit donc être adaptée et assurée par les professionnels du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration. « Il y a déjà une augmentation de l’hôtellerie qui a été très importante, avec deux hôtels 3 étoiles. On réfléchit à la possibilité d’implanter un hôtel 4 étoiles au centreville de Besançon », explique Patrick Ayache. Les transports de la gare vers les lieux d’hébergement, sites touristiques et lieux

d’animation doivent être également pris en compte, d’autant que le périmètre concerné est large (de Besançon à Dole, d’Ornans aux Petites Cités Comtoises de Caractère). Le Cercle Besançon Franche-Comté préconise aussi d’associer les Francs-Comtois à la promotion de leur territoire. Plusieurs suggestions ont été formulées dans ce sens, comme la mise en place d’un réseau d’ambassadeurs de la région.

Accueillir de nouveaux habitants

Le Club s’est également penché sur l’accueil des nouveaux arrivants, examinant ainsi l’offre d’habitat et les services d’accueil. Le public étudiant est un autre point de réflexion majeur. « Si nous parvenons à améliorer encore la qualité de cet accueil, cela sera certainement très favorable au développement des activités de recherche de haut niveau et des relations que nous pourrons entretenir pour notre compétitivité », explique Claude Condé, président de l’Université de FrancheComté. Des formations mixtes pourront être suivies entre les deux universités. L’arrivée de la LGV doit donc également s’envisager à l’échelle de la métropole Rhin-Rhône, le train reliant les différentes agglomérations qui la constituent. « Les relations de Besançon avec le reste de la Franche-Comté, ainsi qu’avec Dijon et Lyon sont amenées à évoluer avec la mise en service du TGV Rhin-Rhône. La métropole Rhin-Rhône est un outil qui permet de construire des projets en commun et d’assurer une visibilité plus importante pour ces territoires », explique Eric Anguenot, directeur de la Métropole Rhin-Rhône. - Dominique Demangeot, Boban Stanojevic -

www.clubtgvrhinrhone.eu

La LGV à Besançon en quelques chiffres

Voyageurs prévus en gare Besançon Franche-Comté par jour : entre 4000 et 6000 Arrêts TGV quotidiens en gare Besançon Franche-Comté : 27 Arrêts TGV quotidiens en gare Viotte : 10

Accès routiers à la gare

RFF construit la ligne

Des aménagements sur l’actuelle RD 1 sont réalisés et le rond point d’accès à la gare sera mis en service en 2011, en attendant une reconfiguration en 2014 de la RD 1 entre la RN 57 et la nouvelle gare d’Auxon. La RN 57 sera réaménagée en 2x2 voies entre la sortie de l’A 36 et l’échangeur de Devecey.

Accès à la gare en transports en commun

© RFF/Photo Lab Services

Navette ferroviaire de correspondance entre la gare Besançon Franche-Comté d’Auxon et la gare Besançon Viotte (halte prévue à Ecole Valentin + deux autres haltes en 2013 et 2015 à Miserey Salines et aux Portes de Vesoul) Une ligne Ginko restructurée pour relier la gare TGV à Témis Nouvel arrêt en gare de Besançon Franche-Comté sur la ligne autocar Livéo Besançon et Vesoul Bus entre Besançon et Pontarlier prolongés jusqu’à la nouvelle gare

Dessertes ferroviaires intrarégionales

Cadencement TER pour prolonger les TGV dès décembre 2011

Stationnement

Parking de 1000 places sur le site de la nouvelle gare TGV Besançon FrancheComté

La future gare TGV Besançon Franche-Comté à Auxon


Diversions

Edition Besançon, Dole, Vesoul

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22 et 23 janvier 2011 à Besançon, Site d’Arènes samedi 22 à 14h30, 17h30 et 20h30 dimanche 23 à 10h30, 14h30 et 17h30 Renseignements et réservations : www.cirque-medrano.fr et Points de vente habituels

© Jean-Cyril Daenekyndt

Le chalet de Noël interprété par Cécile Sigonney

De drôles de chalets au marché de Noël de Besançon À Besançon, le Marché de Noël 2010 a accueilli en décembre d’étonnants chalets, bien éloignés des petites cahutes traditionnelles que l’on retrouve à la période des fêtes. Les chalets normaux étaient bien sûr présents, mais six d’entre eux étaient passés entre les mains expertes d’artistes contemporains qui les ont revisités. Invités par l’École régionale des Beaux-Arts de Besançon à donner leurs propres interprétations des chalets de Noël, les artistes se sont laissés aller à plusieurs digressions, transformant les chalets en œuvres d’art à part entière.

Le même phénomène déstabilisant se produit devant le chalet de Cécile Sigonney. A

Les chalets n’ont pas manqué d’intriguer les passants. Tout comme l’annonce dans un haut-parleur de l’inauguration de ces derniers par le directeur de l’ERBA Laurent Devèze, n’a pas dû manquer de susciter la surprise chez les premiers visiteurs du marché. Cette opération s’inscrit dans la politique de l’école des beaux-arts de s’ouvrir à tous les publics, et investir des endroits au-delà des galeries d’art. C’est dans le même esprit que l’ERBA organisera le 5 février une journée portes ouvertes sur le thème de la porte et du seuil. Si vous-mêmes avez croisé ces chalets un peu spéciaux, s’ils vous ont intrigués, amusés, s’ils vous ont évoqué des pensées, des souvenirs, n’hésitez pas à nous en faire part, nous publierons vos réactions dans le prochain numéro de Diversions. © Jean-Cyril Daenekyndt

Pour cette incursion originale dans l’espace public, les partis pris artistiques ont été divers et variés. Trois projets ont consisté à envisager l’extérieur, tandis que trois autres ont au contraire investi l’intérieur des chalets. Maxime Peroz a ainsi recouvert les murs de l’un des chalets de dessins et de textes qui relatent son expérience au Japon. Des portraits, des paysages, des constructions ont été reproduites sur du papier blanc, comme un carnet de voyage à taille humaine où le chaland-spectateur pénètre comme dans un temple. Comme dans un livre géant ? L’extérieur du chalet est en tous cas recouvert d’un feutre rouge qui rappelle la couverture d’un vieux livre. Cerné d’illustrations, le visiteur s’abstrait pour quelques secondesvoire quelques minutes s’il en a le temps ou l’envie – de l’univers du marché pour pénétrer ailleurs. C’est ce contraste entre deux environnements très différents – le marché, ses lumières, ses guirlandes, ses marrons d’une part et cet environnement noir et blanc d’autre part – qui nous saisit.

travers une vitre nous observons un intérieur cosy, une vidéo, des photographies en noir et blanc. Là encore nous sommes saisis, non seulement pas le froid – décembre oblige – mais également par ce décalage entre l’agitation du marché de Noël, la grande roue qui tourne, toute proche, et cette incursion de notre regard dans ce qui s’apparente à un salon chaud et accueillant.

Un autre chalet investi cette fois par Maxime Peroz, qui nous fait part ici de ses voyages au Japon

- Dominique Demangeot -

Plus d’informations sur l’Ecole Régionale des Beaux-Arts de Besançon www.erba.besancon.com www.erba-actu.com Voir aussi l’article sur l’exposition de Thomas Hirscchorn à l’ERBA à partir du 10 janvier (p.13)


Musiques

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La Rodia ouvre ses portes le 27 janvier à Besançon La nouvelle salle des musiques actuelles de Besançon est enfin sortie de terre. Proche du centre ville, la Rodia est le premier bâtiment du nouveau quartier culturel de Besançon qui accueillera bientôt la Cité des arts avec le FRAC, le conservatoire de musique et une friche culturelle aux Prés-de-Vaux. Un grand week-end d’inauguration accueillera le public du 27 au 29 janvier prochains.

La nouvelle salle se donne pour objectif de diffuser des concerts d’artistes nationaux et internationaux, en n’oubliant pas la scène locale pour qui des dispositifs sont mis en place. La Rodia assurera ainsi un soutien à la recherche et à la création professionnelle et amateur

Les principales missions de la Rodia

© Zoriah

Construite sur pilotis, la Rodia est idéalement placée en bord de Doubs, possédant une esplanade de 600 m2 et 2 salles de concerts (900 et 320 places debout). On y trouve également un hall-bar, un espace d’information-ressource, deux studios de création, trois loges, un catering et un ensemble administratif. La nouvelle salle se donne pour objectif de diffuser des concerts d’artistes nationaux et internationaux, en n’oubliant pas la scène locale pour qui des dispositifs sont mis en place. La Rodia assurera ainsi un soutien à la recherche et à la création professionnelle et amateur, et mettra à disposition studios et espaces scéniques, notamment dans le cadre de résidences. L’équipe mise aussi sur le conseil et la formation. Un centre info-ressource équipé en multimédia et ouvrages sera ouvert. L’action culturelle sera également favorisée pour toucher des publics variés (établissement scolaires, socio-éducatifs, prisons, hôpitaux, etc.).

Yael Naim se produira le 9 mars dans la nouvelle salle de la Rodia visites commentées de La Rodia et des rencontres avec les artistes seront proposées aux collégiens et lycéens. Des actions artistiques seront également menées, comme des ateliers de construction d’instruments électroniques au Collège Victor Hugo en partenariat avec Le Citron Vert, un atelier de pratique musicale à la maison d'arrêt de Besançon animé par Manuel Wandji. En matière d’accompagnement et d’aide à la création, des résidences d’artistes sont prévues en février (Jack & the Bearded Fishermen, Yules) et en mars (Slide on Venus, Ny Malagasy Orkestra). Citons encore une formation aux pratiques scéniques pour

En terme d’actions culturelles, citons notamment la sensibilisation dans les collèges et les lycées sur les risques auditifs avec le concert pédagogique "Peace & Lobe" avec le groupe The Washing Machine Cie. En partenariat avec les Jeunesses Musicales de France, un concert découverte de Yoanna, jeune chanteuse suisse, sera donné le 11 mars en compagnie de Marion Ferrieu. Des

les groupes pré-professionnels avec Le Piston, programme de formation co-organisé par La Rodia, Le Bastion, Culture Action, Le Zèbre (studio d'enregistrement), Découvert Autorisé et Le Vestibulle, pour approfondir le travail de scène et de studio, la promotion... Une formation initiale aux métiers techniques du spectacle avec le DMA du Lycée Pasteur de Besançon est également proposée.

Week-end d’ouverture 27 janvier

La Rodia sera donc officiellement inaugurée le 27 janvier prochain, lors d’une soirée gratuite sur invitation. Une inauguration en

musique évidemment avec Heavy Trash, duo qui comme son nom ne l’indique pas s’adonne aux joies du blues, du rock et du rockabilly. L’occasion d’apprécier notamment sur scène Jon Spencer (fondateur du mythique Jon Spencer Blues Explosion). Une soirée d’inauguration éclectique puisque la Rodia a invité également la jeune chanteuse suédoise Fredrika Stahl, dont la voix d’ange nous avait caressés cet été dans la cour du Palais Granvelle. Entre le jazz et la pop, Fredrika Stahl propose un équilibre tout personnel que l’on peut apprécier notamment sur son dernier EP Sweep Me Away. Pop dans sa manière de ciseler les arrangements des morceaux , jazzy à travers les jolies digressions de la voix, la suédoise a tout pour plaire aux amateurs de pop intimiste. Le voyage musical s’achèvera sur de l’électro hip hop avec Padwriterz, duo bisontin samplant la soul. Ils seront accompagnés par l’univers graphique de Small et Damn Good Coffee.

28 janvier

© Stuart Cooper

© LR

Fredrika Stahl

Le lendemain la Rodia accueillera Lilly Wood and The Prick, jeune duo originaire de Paris. On pense forcément à The Kills à voir ce couple évoluer dans des ambiances rock folk sombres. Après un premier maxi dans un style folk, Nill et Ben publient leur premier album Invicible Friends en mai 2010. Un opus où se côtoient ambiances synthétiques distillées avec parcimonie et souci de la mélodie, même si le groupe revient parfois sur des terres folk (Cover My Face et cette voix légèrement éraillée, Prayer In C) ou des climats pop plus traditionnels (My Best qui a tout du single pour séduire les radios). Little Johnny et Hopeless Kids sont de belles et planantes ballades pop ornées de chœurs La Rodia accueillera également Birdpen, un autre duo dont l’un des membres n’est autre que Dave Pen, l’un des chanteurs d’Archive à l’allure christique que l’on a pu apprécier notamment aux Eurockéennes en 2006 lors du passage du groupe (période Lights). Ceux qui étaient présents savent combien le bonhomme peut être habité sur scène... Breaking Precedent, très pop rock et accessible, ouvre l’album mais ne représente pas vraiment ce premier opus qui évolue sur une corde mélancolique et se radicalise au fur et à mesure qu’avancent les titres. Le morceau en apesanteur Airspace qui rappellera les envolées en haute atmosphère de Radiohead laisse ensuite la place à des titres plus rêches, boites à rythme froides et basses ronflantes, le parfait terrain pour les expérimentations du groupe. Birdpen présentera à la Rodia ses morceaux électro rock, progressifs et

Birdpen, avec Dave Pen, l’un des chanteurs d’Archive déstructurés (Man On Fire). Le groupe affectionne les ambiances planantes et les amateurs d’Archive ne seront pas dépaysés par ce duo atmosphérique et sombre. On pourra écouter aussi ce soir-là les quatre bisontins de Slide On Venus dont on a beaucoup entendu parler ces derniers mois suite à leur victoire au festival Rock Inter Ecoles du Gibus. Ils se produiront sur la toute nouvelle scène de la Rodia avec leur power pop électrisante..

29 janvier

Pour clore ce week-end pas comme les autres, une journée portes ouvertes invitera le public à faire le tour du propriétaire dès 14h, avant un concert à 16h du groupe Les Nino’s, pour un concert-spectacle en hommage à Nico Ferrer. - Dominique Demangeot -

www.larodia.com


Musiques

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Une flûte enchantée La Flûte enchantée est une œuvre majeure de Mozart, l’une des plus jouées et connues du grand public. C’est à cet opéra mythique qu’a décidé de s’attaquer le metteur en scène Peter Brook. Il nous propose « une » flûte enchantée, adaptation qui tranche avec la version lyrique traditionnelle de Mozart. Après La Tragédie de Carmen et Impressions de Pelléas, Peter Brook s’est donc attelé à créer une Flûte enchantée loin des modes de représentation traditionnels. L’opéra se voit tout d’abord dépouillé d’une mise en scène trop imposante, Peter Brook et Alain Planès encourageant même les jeunes solistes à s’aventurer sur le chemin de l’improvisation lors des répétitions.

Heureuse relecture

Le metteur en scène anglais s'appuie pour cela sur une très fine équipe de jeunes solistes afin d’offrir une Flûte légère et revisitée, ramenée à l’essentiel. L’occasion d’entendre toute la nuance des merveilleuses harmonies mises en place par Mozart. Le metteur en scène, acteur, réalisateur et scénariste britannique a souvent posé sa patte sur de

nombreux chefs d’œuvre du théâtre mais aussi de l’opéra (Carmen, Pelléas et Mélisande), proposant une relecture audacieuse de ces derniers.

Brook le défricheur

Adaptant dès 1944 Marlowe, Shakespeare son auteur fétiche, Sartre, Anouilh et bien d’autres, Peter Brook impulsera un nouveau courant dans le théâtre dans les années 50 et 60. Lorsqu’il monte en 1962, avec la Royal Shakespeare Company, Le Roi Lear, il fait table rase de tout décor (inventant ainsi le concept d’espace vide qui sera l’une de ses marques de fabrique). Un dispositif qui rend d’autant plus nécessaire l’engagement des acteurs, à travers notamment l’improvisation, importante base de travail chez Brook. Fondant à la fin des années 60 le Centre International de Recherches Théâtrales, le metteur en scène milite pour un nouveau théâtre, et part notamment en Afrique pour découvrir de nouvelles formes d’art dramatique. Peter Brook a contribué à rendre plus étroite la relation entre mise en scène et scénographie, et à favoriser un contact plus direct avec le public.

© Pascal Victor ArtComArt

Peter Brook adapte une oeuvre ramenée à l’essentiel, un conte de fées empli de magie et de rebondissements, enchanté par le génie mélodique de Mozart

Mozart intime

Peter Brooke n’a pas dérogé à cette règle avec Une Flûte enchantée dont l’atmosphère est propice elle aussi à l’intimité avec son décor simplifié à l’extrême et sa partition, ramenée à l’essentiel là encore. Dernière création de Peter Brooke aux Bouffes du Nord avant que ce dernier ne prenne une retraite bien méritée, cette Flûte enchantée dure moins de deux heures, bien loin des quatre tours de cadran d’ordinaire nécessaires pour porter à la scène l’œuvre de Mozart. Le metteur en scène fait disparaitre plusieurs personnages, tandis que le piano assure seul la partition. Les récitatifs parlés ont été sous-titrés pour un suivi plus aisé de l’action. Franck Krawczyk qui a adapté la partition d’orchestre pour le piano a également ajouté à l’opéra d'autres morceaux de Mozart. Un spectacle qui permet à Brook de solder une dernière fois ses comptes avec le genre de l’opéra qu’il estime « figé » pour reprendre ses propres paroles.

L’histoire

Entre le conte de fées et la fable, le tragique et le comique, La flûte enchantée nous

conte l’histoire du prince Tamino, poursuivi par un serpent puis sauvé par les trois suivantes de la Reine de la Nuit. Ces dernières lui montrent le portrait de Pamina, la fille de la Reine de la Nuit enlevée par le vil Sarastro. La Reine demande alors à Tamino de partir au château de Sarastro afin de délivrer sa fille. Le prince est accompagné par le bavard Papageno qui se voit remettre un carillon magique. Tamino lui, s’empare de la flûte enchantée que lui remettent les trois dames de la nuit. Avec La Flûte enchantée, Mozart mettait en musique un conte de fées empli de rebondissements, où la magie tient une place de choix. Une histoire où se côtoient deux amants que le sort contrarie, passant par plusieurs épreuves initiatiques, un divertissement au sens noble du terme - Sylvère Raguon -

Une Flûte enchantée, Théâtre musical de Besançon, d’après Mozart, mise en scène Peter Brook, du 19 au 21 janvier à 20h www.letheatre-besancon


Musiques

Cycle Mahler par l’Orchestre Dijon-Bourgogne Le cycle Mahler de l’Orchestre DijonBourgogne, initié en octobre dernier avec « Bernstein, Mahler » en collaboration avec l’Orchestre Besançon Montbéliard FrancheComté, mettait en évidence les liens intimes unissant le compositeur autrichien et Leonard Bernstein. Ce dernier contribua en effet grandement à faire redécouvrir l’œuvre de Mahler dans les années soixante. Faire découvrir ou redécouvrir Mahler, voilà une tâche ardue dans laquelle s’est lancé l’Orchestre Dijon-Bourgogne, en favorisant l’angle intime.

Mahler intime

A l’occasion du centenaire Mahler en 2011, l’Orchestre Dijon-Bourgogne rend hommage au compositeur autrichien en proposant au public des œuvres moins tonitruantes que ses symphonies. Les solistes de l’orchestre nous feront ainsi entendre le 18 janvier, à la Chapelle du Lycée Carnot, le Quatuor avec piano en la mineur, une œuvre de jeunesse de Mahler, sa seule pièce de musique de chambre suivie de deux autres quatuors avec piano de Beethoven et Schubert. L’Adagietto de la 5ème Symphonie sera également interprété. « Pour Bernstein, l’orchestration de Mahler était la plus parfaite. Il y avait tous les instruments, mais aucun ne parlait la même langue », souligne Daniel Weissmann. Pour entendre cette « langue », l’Orchestre nous proposera également, les 22 et 23 janvier (Auditorium de Dijon et Espace des Arts à Chalon-sur-Saône) les Kindertotenlieder pour mezzo-soprano et orchestre, œuvre toute en retenue là encore. La presque totalité des thèmes des symphonies de Mahler sont les thèmes de ses lieder, qui sont un peu comme

des clés pour comprendre l’univers musical du compositeur. En février le cycle Mahler s’achèvera avec les Rückert Lieder orchestrés par David Walter, une transcription identique à celle que Schönberg avait effectuée pour Le Chant de la Terre en 1920, dernière œuvre de Mahler. « Les Rückert Lieder, par leur écriture originale très dépouillée, permettent une adaptation assez aisée pour un double quintette élargi », écrit David Walter (voir encadré à droite). « On retrouve ce côté intime de Mahler. Son gigantisme n’est pas tout. Il est vrai que lorsqu’il orchestre, on a cette espèce de folie, les bruissements de la vie, cette énergie incroyable qu’il ne mettait que dans sa musique symphonique ». Mais il y a aussi autre chose, une face plus intime, qui nous est justement exposée dans ce cycle Mahler. L’occasion également de mesurer l’évolution de l’orchestre et ses orientations pour les prochaines années.

L’Orchestre Dijon-Bourgogne

L’orchestre est employé comme un véritable outil, pouvant interpréter le lyrique ou la musique de chambre, « le tout avec une pertinence des genres, une responsabilité du musicien », note Daniel Weissmann. « La nature de l’orchestre c’est aussi d’apprendre à travailler dans le style d’un musicien. Le style de Mahler est difficile, ces marches militaires, ces deux temps qui rebondissent beaucoup, ces valses un peu hésitantes… On n’a pas le sang viennois, alors on apprend, avec des musiciens qui sont beaucoup plus ouverts qu’avant. On apprend en fonction des musiques qu’on aborde, comme on le fera avec Mozart, Hayden, Purcell, ce style classique très difficile pour les orchestres ». Des partenariats sont liés avec l’ABC, l’Opéra

‘‘ Pour Bernstein, l’orchestration de Mahler était la plus parfaite. Il y avait tous les instruments, mais aucun ne parlait la même langue ’’ Daniel Weissmann bien sûr avec le cycle Mahler sur lequel l’orchestre est un acteur majeur, le Théâtre Dijon Bourgogne… Fin janvier, l’orchestre accueillera le forum des métiers du son. Une cinquantaine d’étudiants futurs ingénieurs du son passeront deux jours de conférences, de prises de son à l’Auditorium pour enregistrer au final le concert du 22 janvier. Un long travail de pédagogie et de préparation, avec Pascal Verrot notamment, sera accompli. « On travaille aussi avec la Maîtrise de Chalon-sur-Saône qui va venir assister aux répétitions » note encore Daniel Weissmann. Avec toutes ces actions, les spectacles bien sûr mais aussi les projets pédagogiques, l’Orchestre Dijon Bourgogne joue ainsi pleinement son rôle de lieu de ressource en région pour la musique en général, dans toutes ses formes. Un orchestre dans la cité, explorant un répertoire hétéroclite et favorisant également l’action culturelle et la professionnalisation de certains métiers autour de la musique. - Dominique Demangeot -

www.cameratadebourgogne.fr

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Le Chant de la Terre Par David Walter ‘‘ J'ai entendu Nikolaus Harnoncourt dire un jour qu'il n'aimait pas la musique de Mahler car "on sait à tout moment ce qui se passe dans sa cuisine. Toute opinion est respectable, mais pour ce qui me concerne, je goûte très intensément les saveurs musicales de notre ami Gustav. C'est un des rares compositeurs du XX siècle avec Chostakovitch à être capable de nous faire passer du rire aux larmes et inversement. Dans une époque où les dictats de toutes sortes envahissaient notre petite planète et où le règne de la complexité et de l'intellectualisme phagocytait inexorablement la création musicale, il a été capable de créer un style personnel et abouti tout en gardant un contact étroit avec le sensible. Le Chant de la Terre est un des sommets de l'histoire de la musique. Si Le Chant de la Terre est au plan de l'écriture orchestrale une grande fresque que Schönberg a dû beaucoup retravailler pour en restituer l'esprit pour un ensemble instrumental restreint, les Rückert Lieder, par leur écriture originale très dépouillée, permettent une adaptation assez aisée pour un double quintette élargi : en effet, les vents et les bois en particuliers interviennent la plupart du temps en solo. Il suffit donc de laisser à ces instruments peu ou prou leurs rôles d'origine et de répartir les rares interventions des secondes parties aux instruments disponibles. Le résultat sonore ainsi obtenu est très proche de l'original. ’’


Théâtres

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Dealing With Claire au Nouveau Théâtre Dans sa nouvelle création à voir en février au Nouveau Théâtre, Sylvain Maurice délaisse le merveilleux de Peer Gynt et Edgar Poe pour revenir à une critique sociale très actuelle, ancrée dans une réalité on ne peut plus concrète, celle des années 80 sous Margaret Thatcher. Un jeune couple de yuppies londoniens, Mike et Liz, essaient de vendre leur maison et font appel à Claire, jeune agent immobilier. Leur proie ? James, un riche quinquagénaire. Mike et Liz souhaitent agir en toute morale mais la transaction révèle leur face cachée, comme si l’argent, l’appât du gain, révélait en nous ce côté obscur. Le miroir de ce lent délitement est le langage qui porte cette « étrangeté », pour reprendre le terme de Sylvain Maurice, une parole parcourue d’infimes soubresauts, portant en elle les stigmates d’une société déréglée, en dépit de ce désir constant de préserver les apparences. Le couple de vendeurs se retrouve alors confronté à un dilemme moral : être honnête quant à l’état réel de la maison ou vendre cette dernière ? Martin Crimp compare le dialogue à une corde raide, qui doit rester tendue et véhiculer toute l’information. Les interruptions, les points de suspension sont courants dans ses

pièces. « Pour moi le langage du théâtre doit partir du langage de tous les jours mais ce doit être une intensification de ce langage » souligne le dramaturge. Dealing With Claire est aussi l’occasion de découvrir Martin Crimp, auteur encore peu joué en France. « Pour moi, c’est un auteur majeur, l’un des plus intéressants parmi les contemporains », dit encore Sylvain Maurice. « À travers le personnage de Claire, Crimp montre les contradictions de notre temps : où s’arrête la frontière entre indépendance et individualisme, entre liberté réelle et fantasme de la liberté ? ». Le jeune couple finit par succomber à l’appât du gain et trompe finalement James. Les vices cachés de la maison sont aussi ceux du couple... « Posséder l’autre, l’acheter, le corrompre, et jouir de cela : ce sont des situations à explorer pour faire résonner toute la singularité de cette œuvre ». Dealing With Claire est donc une oeuvre sombre, où le thème de la disparition et de la mort est très présent, où résonnent les années Thatcher. Des années de fer où régnaient les yuppies, ces petits sorciers de la finance. Martin Crimp y distille pourtant également une certaine ironie, un humour à froid. Le commentaire social est très présent dans la pièce, transparaissant dans le langage

Stand Alone Zone au Théâtre de l’Espace Karl Biscuit, scénographe et musicien et Marcia Barcellos, chorégraphe, fondent il y a dix ans la compagnie du Système Castafiore. Leur vision de la danse est décalée, et sert des histoires abracadabrantes qui vont particulièrement parler à un jeune public. Leur dernier spectacle Stand Alone Zone a d’ailleurs été donné devant des scolaires pour l’éprouver au regard des plus jeunes. Le spectacle nous entraîne dans un monde futuriste et apocalyptique qui fait intervenir images de synthèse et 3D, technologie autorisant tous les fantasmes visuels. Stand Alone Zone nous conte l’histoire d’un bébé atteint d’un mal étrange et poétique : des fleurs poussent dans son cerveau. Pour le guérir, il faut vaincre les monstres gardant neuf salles secrètes. Une danse aventure donc, danse épique sur une partition musicale de Karl Biscuit qui fait intervenir le classique mêlé à des bruitages. - Amandine Mannier -

Stand Alone Zone, Système Castafiore, Théâtre de l’Espace, Besançon, du 11 au 14 janvier - www.theatre-espace.fr

‘‘ À travers le personnage de Claire, Crimp montre les contradictions de notre temps : où s’arrête la frontière entre indépendance et individualisme, entre liberté réelle et fantasme de la liberté ? ’’ Sylvain Maurice qui s’étiole lentement, sous lequel couve la violence. Crimp s’est d’ailleurs inspiré du fait divers de Suzy Lampugh, jeune agent immobilier disparue en faisant faire une visite à un client. Ce sera en effet le sort de Claire dans la pièce. On retrouve ici la morale anglo-saxone et puritaine, de la victime dont le sacrifice purifie ses semblables. Claire, qui mène une transaction douteuse, va disparaître. L’apparence de James est trompeuse... passant de proie à bourreau. « Claire en affaires se révèle comme une pièce sur la banalité du mal. Crimp raconte la violence de notre temps, même chez ceux qui nous ressemblent », explique Sylvain Maurice.

Dealing With Crimp

Le Nouveau Théâtre propose un prélude à la pièce. Sur un montage et une mise en jeu de Sylvain Maurice et Nicolas Laurent, cette

petite forme est un montage de différents textes de Martin Crimp, interprété par deux comédiens. L’occasion de faire connaissance avec l’écriture particulière de l’auteur de Dealing With Claire. Donné devant des classes, des associations voire des groupes d’amis, Dealing With Crimp est suivi d’une conversation sur l’auteur.

Du 24 janvier au 6 février - Renseignements auprès de Gilles Perrault 03 81 88 55 11 - gilles.perrault@nouveautheatre.fr - Paul Sobrin -

Dealing With Claire, Nouveau Théâtre de Besançon, du 7 au 19 février www.nouveautheatre.fr


Plus loin...

Que faire ? (le retour) au Théâtre Dijon Bourgogne Les deux complices de scène François Chattot et Martine Schambacher se retrouvent au TDB pour la nouvelle création de Benoît Lambert. Se basant une fois encore sur un texte de Jean-Charles Massera, le metteur en scène s’est également inspiré de plusieurs textes d’origines diverses, philosophiques, idéologiques, politiques, poétiques. C’est au milieu de ce bouillon de cultures, ce laboratoire d’idées que s’est élaborée la pièce du metteur en scène de We Are l’Europe. « Au lieu de la philosophie dans le boudoir, c’est plutôt ici la philosophie dans la cuisine ! » comme le dit si bien François Chattot...

Connaître le monde

Dans les livres, les personnages acquièrent des savoir faire, des outils pour appréhender

‘‘ Qui a le droit de s’occuper de la république ? Les experts ? Et pourquoi le commun des mortels n’aurait pas le droit d’y mettre son nez ? ’’ François Chattot

© Vincent Arbelet

Un couple se retrouve dans une cuisine, avec à sa disposition tout un inventaire d’ouvrages qu’il consulte à loisir, bombardé de réflexions, de thèses et de doctrines. « Ils jonglent avec des pensées », explique François Chattot. « Mais ils sont comme une poule qui trouve un couteau. Ils ne savent pas trop comment ça se manipule. En même temps ça les intéresse, ça leur donne de l’imagination ». Au fil de la pièce notre couple va parler, chanter, danser. Dans la grande tradition du couple phare du cabaret allemand des années 20, Karl Valentin et Liesl Karlstadt, nos compères sont deux naïfs confrontés à l’immensité de la pensée humaine, de Descartes à mai 68, de Hegel à Marx. Malgré le sérieux du propos, Benoît Lambert souhaite que la pièce reste pétrie d’ironie, parcourue de chansons, de petites dances, pour rappeler l’esprit du music-hall là encore, emporter le spectateur dans un imaginaire.

le monde. « Comme un réseau du savoir », explique François Chattot, dans lequel ils essaient de trouver une issue. « Il y a un rapport de naïveté et d’étonnement au monde » fait remarquer Benoît Lambert. « On veut aussi montrer des gens qui essaient de se réapproprier leurs vies, essaient de se réinterroger », dit encore le metteur en scène.

De la nécessité de douter

Dans leur boîte-cuisine, les personnages sont comme des souris observées dans un laboratoire, vierges de toute connaissance et sans compétences particulières. « Ils sont naïfs dans le bon sens du terme. Quand ils vont lire Descartes, ils vont bien comprendre que

Musique du monde et chanson réaliste à Dijon En janvier à Dijon, les amateurs de concerts n’auront que l’embarras du choix. Deux artistes très différents se succéderont ainsi dans la capitale bourguignonne, Yannick Noah le 18 janvier au Zénith de Dijon (concert complet) et Pigalle le 28 janvier à La Vapeur.

Yannick Noah au Zénith de Dijon

Que les fans se rassurent, devant l’affluence des spectateurs au Zénith de Dijon, le concert affiche bel et bien complet mais le chanteur ex-tennisman remettra le couvert le mercredi 9 novembre 2011. Le jeune Yannick suit rapidement les pas de son père footballeur professionnel, mais en tant que tennisman, conduisant l’équipe de France en finale de la Coupe Davis contre les Etats-Unis en 1982 et remportant le titre à Roland Garros en 1983. Le tube Saga Africa marque le début d’une seconde carrière en tant que chanteur cette fois. D’Afrique mais aussi d’Amérique latine - en 2006 paraît Charango du nom d’un instrument traditionnel d’Amérique latine - , Yannick Noah milite en outre pour l’environnement. Parrain de la fondation Enfants de la Terre créée par sa mère Marie-Claire Perrier, il s’engage aussi dans le domaine social en fondant en 1996 « Fête le Mur », association favorisant l’accès au tennis des jeunes des quartiers défavorisés. Au Zénith, l’artiste présentera plusieurs morceaux de son nouvel album Frontières sorti à l’automne, nouvel opus plus pop, matiné d’envolées funk et de cuivres.

Pigalle

Les Garçons Bouchers avaient su mêler dans les années 80 la fureur du rock alternatif et la dimension contestataire de la chanson réaliste. Ce mariage improbable entre les

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guitares et les accordéons avait également propulsé Pigalle sur le devant de la scène. À la tête de tout ce petit monde, Francis HadjiLazaro, chanteur-leader et fondateur du label Boucherie Production. Jouant de plus de 25 instruments (guitare, violon, accordéon, vielle à roue, cornemuse, banjo, violon, ukulélé, oud, mandoline…), Francis commence sa carrière dans le métro avant de créer Pigalle en 1982 puis Les Garçons Bouchers en 1985. Pigalle s’éteint en 1998 et renait de ses cendres en 2008 avec Neuf & occasion, double album avec dix-huit titres anciens du groupe et six inédits. Les textes jouent toujours la fibre de l’engagement avec une réflexion sur les sanspapiers et les exclus en général, l’environnement… Mais Pigalle c’est surtout un véritable patrimoine rock/chanson revisité à l’occasion de cette nouvelle tournée, pour présenter le nouvel album de Pigalle, Des espoirs sorti le 8 février dernier. - Amandine Mannier -

c’est important, simplement ils ne savent pas les conséquences que ça peut avoir », dit encore le directeur du TDB. Car nos deux personnages, en bons disciples de Descartes, respectent la doctrine du philosophe au pied de la lettre et se mettent à douter. Un doute qui acquiert alors du sens, et nous pousse à ne pas prendre pour argent content ces pensées qui se fossilisent et deviennent des dogmes. « Qui a le droit de s’occuper de la république ? Les experts ? Et pourquoi le commun des mortels n’aurait pas le droit d’y mettre son nez ? » demande François Chattot. « Est-ce que le savoir n’est que dans les livres ? ». Devant cette profusion d’idées, une question

émerge : que faire ? Un propos très contemporain finalement même s’il renvoie à l’ouvrage fondateur du communisme de Lénine. Que faisons-nous face à ces informations multiples et contradictoires qui nous proviennent des médias, des journaux, d’internet, des hommes politiques, des sociologues, des stars du petit ou du grand écran ? Que faire lorsque l’on n’a pas voix au chapitre, lorsque des lois nous tombent dessus au gré des changements de gouvernements ? Que faire et surtout, comment le faire ? La bonne volonté, dont parle un texte de Kant présent dans la pièce, est un premier pas. La dimension contestataire est également très présente, ce besoin d’insurrection qui fait bouger le monde. L’un des textes assène d‘ailleurs cette remarque imparable. « C’est une chose entendue, que tout ne peut aller que de mal en pis ». De ce néant fondateur, les deux personnages vont entamer un processus de compréhension. Comment en eston arrivés là ? Et surtout, où cela va-t-il nous mener ? - Dominique Demangeot -

Que faire ? (le retour), Théâtre Dijon Bourgogne (Salle Fornier) du 5 au 22 janvier 2011- www.tdb-cdn.com


Plus loin...

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Désirs au Théâtre de Lons-le-Saunier Le Ballet de Lorraine nous transporte en Afrique en conviant cinq chorégraphes qui s’inspirent de leurs cultures pour ce nouveau spectacle. En compagnie d’une vingtaine de danseurs et danseuses du Ballet de Lorraine, Boyzie Cekwana, Hafiz Dhaou et Aïcha M’Barek, Seydou Boro et Salia Sanou mettent au point trois pièces basées sur l’échange et le « désir » de donner à voir et entendre sa propre culture. D’Afrique du Sud, du Burkina Faso et de Tunisie, la danse est internationale, différente, et vient pourtant faire résonner notre part intime à tous. Pour traiter du couple, tisser le rêve et favoriser les découvertes, l’instrumentation sera elle aussi internationale et mêlera la kora et le violon, le ngoni et le balafon. Didier Deschamps et le Ballet de Lorraine mettent en avant la rencontre avec des créateurs du continent africain, manière de danser un ailleurs partagé où chacun se nourrit de la rencontre avec l’autre. En créant le premier centre chorégraphique africain (installé à Ouagadougou), Seydou Boro et Salia Sanou affirment la volonté d’une nouvelle génération de chorégraphes de s’éloigner des stéréotypes folkloriques que l’on attribue à la danse africaine dans son ensemble. Longtemps enfermée dans la tradition, la danse africaine dépasse aujourd’hui cela, sans renier ses origines, mais en les interfaçant de manière plus directe avec la création mondiale. Car les chorégraphes africains collaborent de plus en plus

Didier Deschamps et le Ballet de Lorraine mettent en avant la rencontre avec des créateurs du continent africain, manière de danser un ailleurs partagé où chacun se nourrit de la rencontre avec l’autre. avec le reste du monde. Salia Sanou et Seydou Boro rencontraient ainsi dès 1993 Mathilde Monnier. La danse africaine nous parle d’aujourd’hui, de l’homme moderne, de nos travers contemporains, nos politiques, sans oublier d’effectuer également son autocritique. Avec Fïlaa (qui signifie « deux » en langue dioula), les Burkinabés Seydou Boro et Salia Sanou partent du duo qui est aussi une « source d’imagination, de complémentarité, de regards croisés, de longue marche, de consensus et d’antagonismes ». L’occasion d’écouter le ngoni, une sorte de luth africain, et d’entrer là encore en contact avec une autre culture.

subsiste en Afrique du Sud mais aussi dans d’autres endroits du monde. Hafiz Dhaou et Aïcha M‘Barek ont déjà collaboré eux aussi avec plusieurs compagnies françaises et se sont formés notamment au CNDC d’Angers. Dans Un des sens, ils nous entretiendront également du désir, et de cette volonté d’aller vers l’autre en prenant la danse comme caisse de résonnance de notre intimité. Dans Vu en 2009, les deux chorégraphes souhaitaient aller au-delà des codes et des conventions. Aïcha rappelle qu’en Tunisie, la danse a un rôle social, qu’elle annonce quelque chose. Elle est un événement. Pour parler du désir, les tunisiens confrontent les différences entre les hommes et les femmes puisque, c’est bien connu, les opposés s’attirent, comme nous attire et nous intrigue le mystère de ces danses d’Afrique qui s’aiguisent aux autres cultures du monde.

Le sud africain Boyzie Cekwana crée quant à lui Crossworlds puzzles « pour donner vie aux mots et les faire se déplacer pour donner du sens aux lettres » explique le chorégraphe. De passage à Nancy en 2005 dans le cadre d‘un accueil studio, il traite ici de la notion de langage. Ayant passé la moitié de sa vie à Soweto, Boyzie Cekwana a trouvé dans la danse la liberté que l’Apartheid refusait aux Sud-Africains noirs. Boyzie exprime aussi dans sa danse une forme de ségrégation qui

- Amandine Mannier -

Désirs, Théâtre de Lons-le-Saunier, 20 janvier à 20h30 - www.scenesdujura.com

Art Danse, Le Festival à Dijon Du 22 janvier au 1er février 2011, le festival Art Danse reprend ses droits et propose une nouvelle fois un tour d’horizon de la danse contemporaine. Investissant plusieurs lieux culturels dijonnais (Auditorium, Parvis Saint-Jean, Salle Jacques Fornier et Théâtre Mansart) mais aussi le CROUS et l’Orangerie au Jardin des Sciences, treize spectacles seront donnés par des compagnies françaises et internationales.

Art Danse est également un festival pluridisciplinaire. Vanessa Larré est à l’origine comédienne, Salves de Maguy Marin oscille entre la danse et le théâtre muet, tandis que Fluxs.2 de Jean Gaudin avance une dimension virtuelle et cinématographique très étudiée. Une danse contemporaine bien dans son temps, à l’image de Radhouane El Meddeb nous confrontant à cinq personnages réunis lors de funérailles. Des « trajectoires brisées » qui essaient pourtant de se réunir, rejoindre le groupe et briser ce processus de solitude. Les chorégraphes nous parlent parfois de la société, des relations qui s’y nouent et s’y dénouent.

Aller vers tous les publics

Fidèle à la tradition de sa compagnie d’aller à la rencontre du public amateur, David

Michèle Noiret - Demain

1er février à 20h - Auditorium

© Sergine Laloux

Les thèmes traités sont variés, parfois sombres comme lorsque Vanessa Larré se penche sur le suicide ou lorsque les Soldats de Cécile Loyer investissent de manière étonnante le monde de l’enfance, retrouvant ce temps béni – et bien souvent éphémère – de l’innocence. Des rires aux larmes, des peurs aux émerveillements, la danse peut être brute, voire instinctive, ou esthétique et plus travaillée. La danse met aussi les corps à l’épreuve, comme Christian Rizzo qui confronte ses danseurs à l’enfermement, situation peu naturelle voire antinomique.

réduit aux questions basiques : Qui fait quoi ? Comment ça marche ? À quoi est-ce que ça ressemble ? Nathalie Collantes poursuit ici sa réflexion sur la danse, en se demandant si l’on peut appréhender une pièce chorégraphique à partir d’une notice comme on le ferait d’un objet usuel.

Michèle Noiret sera l’une des têtes d’affiche de l’édition 2011 Rolland propose aux spectateurs, avec Les lecteurs, de réaliser eux-mêmes des mouvements consignés sur des carnets ou à reproduire les mouvements des danseurs. Abolissant la frontière entre spectateurs et spectacle, quatre chorégraphies différentes interagissent, s’adaptant aux lieux et aux contextes. On retrouvera cette implication du public à travers l’initiative d’Art Danse qui n’oublie pas le public amateur avec deux jours de Scènes ouvertes qui leur sont consacrés les lundi 17 et mardi 18 janvier à 20h.

Maguy Marin - Salves

24 janvier à 20h / Auditorium

Créée en septembre dernier au TNP de Villeurbanne, dans le cadre de la Biennale de la danse de Lyon 2010, la pièce fait référence à cette collision fortuite entre deux atomes d’où naissent des mondes, « invention d'une forme nouvelle qui peut donner lieu à des

conséquences inouïes » note Maguy Marin. A travers cette forme légère et facilement adaptable à des lieux divers, Maguy Marin propose une pièce qui porte bien son nom, fortement rythmée par la musique et les jeux de lumières. La chorégraphe nous propose dans une œuvre engagée une fois encore, d’affronter le chaos et la peur pour en ressortir finalement grandis. « Il y a urgence de sortir du trou dans lequel je sens qu’on se trouve tous. Une sorte d’impuissance à changer les hommes qui nous dirigent », souligne-t-elle. A prendre en main notre destin, à reconstruire des choses qui ont été détruites et qui continuent à l’être ».

Nathalie Collantes - Mode d’emploi 28 janvier à 20h / Salle Jacques Fornier

Comme son nom l’indique, ce spectacle est proposé avec sa notice, portant une réflexion sur l’art chorégraphique en lui-même,

La chorégraphe danseuse Michèle Noiret s’interroge sur le monde, fouillant une fois de plus, comme souvent, la question existentielle. Ces peurs, ces doutes qui taraudent l’être humain tandis qu’il avance dans la vie. En conviant sur scène les courtes vidéos de l’artiste Aliocha Van der Avoort, Michèle Noiret offre un rendu de ses propres angoisses, mêlant une musique originale aux textures sonores de la 7ème symphonie de Beethoven. La danseuse est seule en scène, cernée par ces informations que nous envoient les médias chaque jour, ces « spectacles du monde chaotique et violent qui est le nôtre », catastrophes naturelles, guerres, épidémies virevoltant dans un abyme d’écrans. À partir de ses peurs intimes, Michèle Noiret aboutit à un spectacle universel où la vision d’un monde chaotique est au final partagée par tous et où le temps, heurté, décomposé, s’apparente à celui du rêve ou du cauchemar. Les images, enregistrées ou filmées en direct, plongent le spectateur dans ce monde à la fois irréel et ancré dans une réalité brute. - Amandine Mannier -

Art Danse, Le Festival, du 22 janvier au 1er février 2011, dans divers lieux à Dijon Programmation complète : www.art-danse.com


Ouvrez les yeux

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Thomas Hirschhorn à l’École Régionale des Beaux-Arts de Besançon En janvier, la Grande Galerie de l’Ecole Régionale des Beaux-Arts de Besançon accueillera l’artiste suisse Thomas Hirschhorn. Après Berne, Zurich, Londres et bien d’autres hauts lieux de l’art contemporain, l’artiste pose pour un temps ses valises dans la capitale comtoise pour rendre hommage au travail de l’écrivain Manuel Joseph. L’artiste effectuera une intervention à l’ERBA le 10 janvier à 18h. Le vernissage aura lieu le 11 janvier à la même heure. Manuel Joseph sera présent et lira ses propres poèmes. Comme il en a l’habitude, Hirschhorn confrontera une nouvelle fois les arts visuels et l’écriture. « Je veux que la forme de cette exposition permette un voyage à l’intérieur de l’écriture, dans le « Infight » de l’écriture, dans le « infight » au quotidien d’un écrivain avec son outil et son arme – l’écriture » dit l’artiste. L’école des beaux-arts mène notamment une réflexion autour de la poésie, mettant en parallèle les démarches de l’écrivain et de l’artiste visuel. Hirschhorn convie souvent dans ses œuvres les mots des auteurs. « Ce que Thomas Hirschhorn veut nous donner à voir et à saisir c’est l’identité d’engagement qu’il partage avec son frère en création » dit encore Laurent Devèze.

L’art comme une arme de poing

L’engagement, voila un terme clé dans la carrière de Thomas Hisrchhorn. Les arts plastiques partagent avec la littérature cette nécessité de s’engager dans un processus souvent long et ardu. C’est cette volonté de donner à voir ce processus qui a incité Hirschhorn à consacrer notamment une œuvre au philosophe Foucault, car pour lui, la philosophie procède du même engagement que l’art. C’est cet engagement qui est mis en lumière dans l’exposition à l’ERBA. « Je veux aussi qu’on saisisse sa portée - quelque chose d’infiniment citoyen et politique » dit Hirschhorn du travail écrit de Manuel Joseph. Artiste engagé, Hirschhorn pratique un art qu’il souhaite ancré dans la réalité sociale –

‘‘ Je suis absolument certain que l’art a sa place dans le cerveau de n’importe qui, et je sais aussi que l’art possède les outils pour entrer dans cet espace ’’. Thomas Hirschhorn et donc politique – des pays qui accueillent ses expositions. Des boutiques de luxe aux marchés aux puces, Hirschhorn ne connaît pas de frontières lorsqu’il s’agit d’exposer. Dans l’espace urbain, le travail d’un artiste se radicalise, dans la mesure où il est par définition à contrecourant, en rupture. En 2000, Hirschhorn évoquait à propos du lieu qui allait accueillir l’une de ses œuvres, les « forces du centre qui font impitoyablement éjecter les marges. Je veux que cet endroit puisse inclure la marge, la périphérie. Les choses noncontrôlables, inattendues ». L’artiste semble nous dire qu’une oeuvre doit être mise à mal, éprouvée par les regards, les croyances des spécialistes mais aussi des non-spécialistes. Chez Hirschhorn, les concepts côtoient la matérialité la plus banale, sacs poubelles, feuilles d’aluminium… Là encore il s’agit de désacraliser la Pensée avec un grand P et nous la rendre plus proche. Lui qui vient des arts graphiques, où il convient d’ordonner les éléments de manière claire et concise, semble aller à l’encontre de cette démarche dans ses collages, ses empilements de feuilles photocopiées, matériaux divers, excès qui est surtout transgression et donne voix à l’œuvre artistique d’Hirschhorn. - Dominique Demangeot -

Exposition «Exhibiting poetry today : Manuel Joseph», par Thomas Hirschhorn, du 10 janvier au 5 février, Ecole Régionale des Beaux-Arts de Besançon, Grande Galerie www.erba.besancon.com www.erba-actu.com

Marcelle Cahn, entre amis au Musée des Ursulines à Mâcon La nouvelle exposition du Musée des Ursulines nous présente l’évolution de l’oeuvre de l’artiste Marcelle Cahn (1895-1981), prenant comme point de départ l’une des ses peintures réalisée en 1927, La Femme à la raquette, conservée à Mâcon.

En août 2009, la conservatrice du Musée des Ursulines Marie Lapalus reçoit un agrandissement d’une photographie prise aux alentours de 1900. L’image représente une fillette tenant une raquette. Don de Jean-François Biellmann, membre du cercle des amis de Marcelle Cahn, cette photographie acquise en 1979 par Jean-François Garmier, ancien directeur du musée de Mâcon, représente Marcelle Cahn enfant. C’est cette image qui donna l’idée à Marie Lapalus de monter une exposition sur l’artiste, afin d’étudier son œuvre à partir de la peinture emblématique de La femme à la raquette. « Approximativement un siècle après la prise de vue d’une petite fille à la raquette, j’espère renouer les fils de construction du chemin artistique de Marcelle Cahn tout imprégné de rencontres, d’hésitations, de modestie, de fulgurance et de liberté» explique la conservatrice. - Marc Vincent -

Marcelle Kahn, entre amis, Musée des Ursulines, Mâcon, jusqu’au 27 février 2011

La Femme à la raquette

Compositions très structurées et formes linéaires sont un axe fort de son travail. Dans les années 50, Marcelle Cahn se consacre également au dessin et au collage en détournant des objets du quotidien.

© Cliché : Musées de Mâcon

Née en Alsace, étudiant à l’école des Arts Décoratifs de Strasbourg, Marcelle Cahn côtoiera dans les années 20 à Paris des artistes comme Fernand Léger et Arraujo de Vuillard. En 1930, elle entre au groupe Cercle et Carré, qui réunit une grande partie des artistes abstraits du début du XXème siècle. L’exposition au Musée des Ursulines montrera comment l’artiste a évolué du réalisme au début de sa carrière vers un style plus abstrait et géométrique. Aux alentours de 1925, les enseignements d’Amédée Ozenfant et Fernand Léger la confortent sur ce chemin de l’abstraction, l’artiste se tournant notamment vers le purisme, forme de cubisme s’intéressant aux objets de la vie quotidienne. Compositions très structurées et formes linéaires sont un axe fort de son travail. Dans les années 50, Marcelle Cahn se consacre également au dessin et au collage en détournant des objets du quotidien, avant de passer à la sculpture au début des années 60 avec ses « spatiaux », constructions dans l’espace qui là encore organisent des volumes géométriques, en trois dimensions cette fois. Pour mieux comprendre le contexte de l’œuvre de Marcelle Kahn, on retrouvera dans l’exposition des peintures de Jean Legros et

des estampes de JF. Baltzen, deux amis et collectionneurs de l’artiste. Dessins, collages, gommettes colorées datant de la fin de sa carrière offrent des indices supplémentaires sur la nature du travail de Marcelle Cahn, témoignant une fois encore d’une très grande rigueur dans la composition et de la prédilection de l’artiste pour les formes géométriques.

Marcelle Cahn, Femme à la raquette, 1927

Cette oeuvre réunit quelques caractéristiques majeures de la peinture de Marcelle Cahn. La fameuse raquette est le point central du tableau, autour duquel s’organisent les aplats de couleurs et divers ovales. Montrée dans l’exposition organisée par Michel Seuphor en 1929, La Femme à la raquette fait partie d’un groupe de peintures traitant du mouvement Cercle et Carré que Seuphor a fondé avec Joaquín Torres García, peintre et sculpteur uruguyen. Dans ce mouvement éphémère – il ne durera qu’un an - qui incluait notamment Mondrian, Gropius, Léger, le couple Arp et Kandisky, Marcelle Cahn trouvait sa place en proposant des compositions imprégnées d’abstraction. La Femme à la raquette, peinte en 1927, prend pour sujet le tennis, sport très en vogue à l’époque et nous donne à voir une femme volontaire et assurée. « Lorsque je l'accueillais dans "Cercle et Carré", en 1929, elle regardait la vie à travers une raquette de tennis : cordes tendues horizontales et verticales cerclées d'une courbe. Elle est restée fidèle à cette conception du monde" explique Michel Seuphor dans la revues Archives de l'art contemporain n° 21 (Paris, 1972).


Chroniques CD

14

La Sélection albums 2010 de Diversions ROCK BLUES

FOLK

BLUES’N’ROLL ELECTRO HIP HOP ELECTRO

My Lady’s House The Dead Weather Sea Of Cowards (Warner Brothers) Il se produit parfois des réunions dans le monde du rock qui vont à coup sûr électriser les foules. C’est le cas avec Jack White (à la batterie, au chant et à la guitare !) et Alison Mosshart se réunissant pour la seconde fois à l’occasion du projet The Dead Weather. Le blues et la fureur, le sang et la sueur règnent en maître sur une galette roots comme on n’en fait plus guère. Le grain de guitare est sale, la batterie pressée, les deux voix urgentes. Sea Of Cowards ou l’union sacrée du blues rock huileux de Jack White et des vélléités post punk d’Alison Mosshart lorsqu’elle officie au sein de The Kills. The Dead Weather, c’est finalement la schizophrénie de Jack White entraînant dans son sillage diabolique Alison Mosshart, d’ordinaire plus posée. Ici la brunette se métamorphose jusqu’à prendre des poses furieuses à la Janis Joplin (le très inflammable Gasoline).

Solange la Frange

ROCK

FOLK

- Dominique Demangeot -

Solange la Frange

(Two Gentlemen Records) Accompagnée de ses deux compères, Julie (pas Solange) enchaîne les morceaux fiévreux, nourris d’une tension qui s’apparente tout à fait à une énergie rock lors de moments particulièrement chaotiques. L’esthétique dominante reste cependant l’électro, mais une électro nourrie d’un esprit férocement punk, dans sa rage et ses déchaînements. Ainsi Wak a Wak avance une ligne de basse bien affirmée, tandis que Open The Door My Dear sort les guitares et la batterie pour un morceau ne nous laissant là encore que peu d’occasions de respirer. Et même si sur scène le trio joue sans batteur, la rage est bien là et l’important est que l’ensemble groove méchamment... - Sébastien Marais -

The Washing Machine Cie Nutty As A Fruitcake (Troll’s Prod/Why Note)

Gorillaz

The Washing Machine Cie qualifient eux-mêmes leur musique de ‘’Blues’n’roll’’, néologisme qui, admettons-le, convient parfaitement à l’atmosphère générée par le groupe. L’arrangement musical évidemment fait la part belle aux guitares languissantes. L’harmonica s’invite sur chaque morceau comme une voix à part entière. Quant à celle d’Amandine, elle est envoûtante, intense sans être mélodramatique. Le ton oscille entre une Rosemary Standley du groupe Moriarty (Fleeing From) et une Izia (Naco). Le ton bluesy s’efface alors aussi brutalement qu’une giboulée devant une tonitruance rock’n’roll des plus pures. Car le blues’n’roll de The Washing Machine Cie n’est qu’une façade qui cache un univers musical plus riche qu’ils ne veulent bien l’avouer, tournant parfois autour d’une pop typée (Daylight) ou d’un jazz discret (Dark Side). - Caroline Dreux -

Le troisième et attendu album de Gorillaz est enfin paru, un nouvel opus qui marque un attachement fort, dans le visuel et les paroles, à l’environnement. Mais là n’est pas l’originalité, vous vous en doutez. Le groupe virtuel de Damon Albarn et consorts mène toujours sa barque avec brio. Les synthés sont au rendez-vous, tout comme les guest stars de luxe : Snoop Dogg (qui ouvre les festivités sur la galette), Bobby Womack (qui clôt le tout avec la classe qu’on lui connaît), De La Soul, Mos Def, Lou Reed, Mick Jones. Damon Albarn se fait plutôt discret sur cet album, allant d’un titre à l’autre pour assurer les chœurs, si ce n’est sur quatre morceaux où il est très présent. Entre l’électro dub cuivrée Rhinestone Eyes, et les couleurs orientales de White Flag, Plastic Beach aligne une belle variété de morceaux, qu’ils soient lo-fi tendance bricole (Superfast Jellyfish) ou plus complexes (Electric Shock). - Bertrand Demornieux -

Plastic Beach

(Capitol)

POP / NEW WAVE POP ROCK

West Of The Sun Stories

(autoproduction) Si l’on croise ces derniers temps beaucoup de groupes affublés de bottes en cuir et de chemises à carreaux, My Lady’s House a le mérite de ne pas tomber dans l’écueil du banjo et de la cariole bringuebalante. Polaire très probablement, le titre qui ouvre le nouvel album de My Lady’s House. Polar Bears est un condensé lumineux de ce premier opus du groupe bisontin, après un EP remarqué par Magic et les fans de folk éclairée. Douze morceaux aux titres évocateurs qui respirent la concision, les grandes plaines et un sens consommé de l’harmonie. Du dylanien Not Alone, les bottes bien posées dans un terreau country, au planant No Kite, les trois voix s’entremêlent avec grâce. Flivers, récit à la John Steinbeck contant les aventures d’un ouvrier des usines Ford, sent le bitume qui colle aux semelles sur les interminables routes américaines. Si My Lady’s House s’électrise à de rares moments (Once, single en puissance), s’aventurant sur des chemins à peine plus pop (Jenna Grove limpide comme un ruisseau de montagne), le propos conserve dans l’ensemble une belle retenue. La mode des chemises à carreaux n’est pas prête de s’arrêter. - Dominique Demangeot ROCK

Arno Brussld (Naïve)

Damien Jurado (Secretly Canadian/Differ-Ant)

John & Jehn Time For The Devil (Naïve)

Arno enchaîne les albums comme les bocs de bière – belge- et livre encore ici, pour la première fois sous son nouveau label Naïve, un album d’une créativité irréfutable, trois ans après Jus de box (Covers Cocktail il y a deux ans était un disque de reprises). Le chanteur passe avec une déconcertante facilité des brûlots rock enfumés et hypnotiques (Black Dog Day) à des ballades intimistes à l’image de Quelqu’un a touché ma femme ou Elle pense quand elle danse, reprises de manière encore plus sensible au piano en fin d’album. Un Brussld entre fureurs et larmes, une sensibilité à fleur de peau pour l’ours Arno, entre lourdeur et moiteur nord-européennes (Le vendredi on reste au lit, Mademoiselle, gentille musique de carrousel) et énergie rock anglosaxonne. - Dominique Demangeot -

Damien Jurado est de ces songwriters qui ne s’arrêtent jamais d’écrire. Saint Bartlett, le nouvel album en question, sort bientôt et promet du remue-ménage dans la fanbase de Jurado, souvent habituée à des folksongs épurées ou des miniatures rock indé aux textes mélancoliques à souhaits.Damien Jurado a travaillé en binôme avec Richard Swift, avec qui il partage le même label et un goût prononcé pour la pop 60’s. Swift a donc revêtu son costume de Phil Spector, a produit et accompagné Jurado derrière divers instruments. Le résultat est en demi-teinte parce que Jurado s’aventure dans des terrains peu empruntés auparavant et peut surprendre voire dérouter. Mais Damien Jurado n’oublie pas de glisser quelques folksongs de haute volée et de nous rappeler qu’il est un grand interprète. - Simon Grangereau -

Diversions les avait découverts en mai 2009 au festival C’est dans la vallée à Sainte-Marie-auxMines. Deux musiciens sur scène. Chantant tous deux. Electrisants tous deux. Morceaux sombres nourris d’orgue, couleurs new wave aux ambiances psychédéliques. John & Jehn ont bien fait de quitter leur Charente natale pour partir vivre au milieu des brouillards de Londres. L’album s’imprégne en effet de cette humidité toute britannique et post punk. Le timbre bas et sombre de John convient bien à la pop des eighties, tandis que celle de Jehn apporte une salutaire respiration aux morceaux. Des ambiances plus dansantes aussi comme le bien nommé And We Run et Love Is Not Enough, titres qui sentent bon le live, grâce à une production discrète faisant ressortir l’aspect brut de la musique. - Dominique Demangeot -

Saint Bartlett

Sophie Hunger 1983 (Two Gentlemen/Universal) Les douces harmonies vocales qui nous accueillent à l’ouverture de l’album ne nous disent que du bien du second opus de Sophie Hunger, en droite ligne de l’album lumineux que la suissesse nous avait offert en 2009. On retrouve d’une part ces morceaux rythmiquement tendus (Lovesong To Everyone, 1983 en langue allemande), et d’autres pépites plus intimistes à l’image du délicat Headlights avec cette voix comme surgissant du fond d’une cathédrale, ou Citylights Forever ménageant sa lente montée en puissance, suivant les pas d’une batterie légère et déliée. Une pop rock helvétique en apesanteur, servie par une voix puissante et assurée, sachant pourtant susurrer quand il le faut, comme sur cette reprise lunaire de Le vent nous portera. - Dominique Demangeot -

Moss

Never Be Scared

(Excelsior Recordings) Le deuxième album du groupe hollandais présente autant de points communs avec le premier qu’une guitare électrique avec un ocarina, si ce n’est le goût de faire de délicieuses mélodies qui s’envolent allègrement avec les feuilles mortes dans le ciel automnal. Les arrangements choisis sont, en effet, plus audacieux que l’acoustique de The Long Way Back sorti début 2007. Moss mise sur une rythmique assumée de grosse caisse et de basse assorties et un son particulièrement léché de guitare électrique qui n’enlève rien à la précision mélodique. - Caroline Dreux -


Cinéma 5 janvier

15

Ramona and Beezus

Même la pluie

De Elizabeth Allen

Histoire

avec Joey King, Selena Gomez, John Corbett Les aventures de la jeune écolière Ramona Quimby.

Comédie

De Icíar Bollaín

avec Luis Tosar, Gael García Bernal Sebastian, jeune réalisateur et son producteur tournent un film dans les montagnes boliviennes. L’un des figurants locaux interrompt le tournage en se révoltant car les autorités veulent privatiser l’accès à l’eau courante. Costa et Sebastian se retrouvent embarqués malgré eux au coeur d’une lutte sociale.

Au-delà

De Clint Eastwood

Thriller

avec Cécile De France, Thierry Neuvic George est un ouvrier américain capable de communiquer avec les morts. Marie, une journaliste française, a quant à elle frôlé la mort. Marcus, collégien à Londres, tente de comprendre pourquoi la personne la plus proche de lui est morte. Leurs chemins vont se croiser…

Somewhere

De Sofia Coppola

The Green Hornet, le 12 janvier

Drame

avec Stephen Dorff, Elle Fanning L’acteur Johnny Marco est une star qui enchaîne les fêtes et les conquêtes. Son ex-femme lui envoie Cleo, sa fille de 11 ans. Le père et la fille vont s’apprivoiser mutuellement, et il se pourrait bien que Johnny apprenne beaucoup de sa jeune enfant...

Le Fils à Jo

Incendies

Comédie

Drame

De Philippe Guillard

De Denis Villeneuve

avec Gérard Lanvin, Olivier Marchal Jo Canavaro, issu d’une famille de légendes du rugby, élève seul son fils de 13 ans dans un petit village du Tarn. Mais son fils préfère les maths au rugby et Joe va tout faire pour changer cela...

Harry Brown

avec Lubna Azabal, Mélissa DésormeauxPoulin A la lecture du testament de leur mère, Jeanne et Simon Marwan se voient remettre deux enveloppes : l’une destinée à un père qu’ils croyaient mort, l‘autre à un frère dont ils ignoraient l’existence.

Thriller

Stretch

De Daniel Barber

Le Thanato

De Frédéric Cerulli

Thriller

avec Gérard Meylan, Chantal Lauby Norman est embaumeur de corps. Il fait partie d’un clan avec le maire, le médecin légiste, l’assureur et le premier adjoint. Ils maquillent des meutres pour gagner de l’argent. Mais l’arrivée d’une femme va contrecarrer leurs plans.

Gigola

De Laure Charpentier

Drame FOLK CHANSON ELECTRO PO DeROCK Charles de Meaux avec Michael Caine, Emily Mortimer avec Lou Doillon, Thierry Lhermitte La Guerre des pères Un ex-gendarme à la retraite vit au sein d’une Drame George est une jeune collégienne homosexuelle. De Rick Famuyiwa communauté où règne le crime. Lorsque son avec Nicolas Cazalé, Nicolas Duvauchelle Elle tombe amoureuse d’un de ses professeurs. Comédie meilleur ami se fait tuer, il reprend du service Un jeune jockey français se voit obligé de partir Ils vivent secrètement leur amour durant trois avec Forest Whitaker, America Ferrera pour se faire justice lui-même. courir à Macao. Il constate que les règles du jeu ans, jusqu’à ce que l’homme se suicide. DéDeux pères qui ne s’entendent pas du tout s’apsont très différentes... truite, George devient Gigola, sorte de gigolo prêtent à marier leurs enfants... Le Dernier des Templiers pour dames à l’aspect angrogyne. De Dominic Sena Arrietty le petit monde des chapardeurs La Chance de ma vie De Hiromasa Yonebayashi Thriller / Fantastique De Nicolas Cuche avec Nicolas Cage, Ron Perlman Animation Comédie romantique Au Moyen-Âge, le chevalier Bethem reçoit pour Arrietty Clok est une lutine voleuse de 14 ans, avec François-xavier Demaison, Virginie mission d’escorter une jeune fille accusée d’être vivant tapie sous le plancher d’une maison avec Efira Madjo une sorcière qui a propagé la peste. Il va poursa famille. Mais elle se lie d’amitié avec Shô, un Florent Marchet Little Drago Julien Monnier est conseiller conjugal mais ses Charlotte Mildray tant tenter de prouver qu’elle est innocente. jeune garçon humain dans cette histoire dont le Trapdoor Courchevel Machine D relations de couple sont désastreuses. Il porte scénario de a été écritSpar Hayao Miyazaki. La ballade Julie (Mercury) en effet malheur aux femmes... (PIAS) (Peacefrog) POP

(autoproduction)

Après un Ep prometteur, Madjo propose en cette rentrée son premier album qui navigue Julie Rey prépare son nouveau spectacle entre pop, folk et world, une musique étofen solo autour du projet Charlotte Mildray, fée de tout un attirail de bricolages sonores porté en studio avec la collaboration d’Arau charme évident. On pense à Feist sur des naud Cathrine et Bastien Lallemant. Deux titres comme Leaving My Heart, Trapdoor noms qui résonnent de belle manière pour in a wall, Lion monkey husband et les rythles amateurs d’une scène française atmiques variées impriment un groove certain tentive aux textes comme aux paysages à ce premier opus. La jeune artiste d’origine musicaux. La ballade de Julie S, élégant franco-sénégalaise a tout loisir de s’exprimer livre-disque sorti en 2009, s’inscrit dans cette en anglais comme en français. Capable de mouvance, entrecoupé d’intermèdes parfaire profil bas (Heading For Trouble, Catch lés. Un album qui chante et parle de fuites, The Bird et ses frêles arrangements) ou de de disparitions et d’errances. En filigrane, Poupoupidou pousser plus la voix, Madjo pratique ici un une histoire d’amour troublée comme il en Nos résistances De Gérald Hustache-Mathieu éclectisme musical à l’image de Cœur existe tant. Charlotte a quitté Anton. Voici De Romain Cogitore de hibou et ses sons vaporeux. Avec Mad pour les faits. Une séparation originelle qui Drame Mind,avec Madjo produit une Sophie belle machine Drame laisse place à une douce mélancolie. Dans Jean-Paul Rouve, Quinton pop,Un efficace comme avec Michel Vuillermoz, Grégoire Colin auteur detout polars à succèsAnother rencontreDay à Moutheles chansons de Charlotte Mildray les réet Jel’effigie claque des du doigts à l’ambiance plus Durant l’été 1944, un jeune secouriste rejoint s’enfouissent sous la terre et la problonde fromage Belle de Jura, star enponses Propriété interdite échevelée, dénotant d’un véritable un groupe de quinze résistants et entre de plein Franche-Comté. Lorsque la jeune univers Candice estduction, discrète, court à l’essentiel, subtile (Faites demi-tour dès que possible) personnel en matière de musique maisl’inspiration aussi pied dans la guerre, bien malgré lui. à la faveur d’un quatuor guitare voix violon retrouvée morte, l’écrivain croit avoir De Hélène Angel de texte. Et pour troubler encore plus l’audicontrebasse (Millions of kisses), folk rock tout pour un nouveau roman... Thriller Drame teur, Madjo termine par une belle et sensible en sobriété./ Julie Rey prend la mer (voire Fortapàsc avec Charles Bonneton ballade guitare voix.comestible Car le dépouillement l’horizon…) avecBerling, BastienValérie Lallemant sur un De Marco Risi L’Info est-elle ? Claire et Benoîtetvendent la cuivres, maison voyade famille sied aussi à la chanteuse... Manu Gilles morceau pesant empli de De Laurent Gervereau Drame dans laquelle le frère de Claire s’est récemment geant sur des chansons tout en sobriété, avec Libero De Rienzo, Valentina Lodovini Documentaire suicidé. Clairequi estconvoque persuadée un qu’ils ne sont L’étreinte chant ha- pas Les quatre derniers mois de la vie d’un journaEnquête sur la crise des médias (presse, télé-dont seuls dans la maison... bité. La guitare accompagne la voix tout liste qui s’est intéressé de trop près à la Mafia. vision, radio et Internet) entre France, Suisse et Allemagne, ponctué d’entretiens inédits avecen finesse même si, sur les derniers titres, des Jean-Christophe Averty, Plantu, Kiki Picasso,guitares plus électriques déchirent la brume.

19 janvier

12 janvier

The Green Hornet De Michel Gondry

Action

avec Seth Rogen, Cameron Diaz Britt Reid veut venger son père, directeur du journal Daily Sentinel, assassiné pour avoir voulu enquêter sur la corruption qui sévit en ville. Britt reprend le flambeau de son père et devient à son tour un justicier masqué : le Frelon Vert, conduisant une superbe voiture gadget aux côtés de son ami Kato.

à Libération ou au Figaro, à Bakchich Info ou- Dominique Demangeot France 24...

Abel

De Diego Luna

Drame

avec Geraldine Alejandra, Karina Gidi Le jeune Abel, 9 ans, ne parle plus depuis que son père a quitté la maison. Quand il retrouve la parole, il se prend pour le chef de famille et personne ne proteste... jusqu’au jour où son père est de retour...

Au-dela, le 19 janvier

Après Gargilesse et Rio Baril, Florent Marchet poursuit son exploration d’une carte de France mi-réelle mi-rêvée avec un arrêt à Courchevel. Des orchestrations une fois Gigola, encore fournies une petite symphole 19 pour janvier nie du quotidien, douce amère et finement orchestrée à l’image du morceau d’ouAfrica United verture. Florent Marchet poursuit l’œuvre De Debs Gardner-Paterson deComédie mémoire dramatique d’une enfance enfuie, porteparole des grands dadais trentenaires qui avec Eriya Ndayambaje parlent à leurs sacs à dos. Des trois albums Trois enfants rwandais tentent d’assister à la produits par d’ouverture l’artiste depuis Courchecérémonie de la2002, Coupe du Monde velde estFootball celui qui se rapproche le plusLeur des périple for2010 à Johannesburg. mats pop habituels ces d’Afrique... petites phototraversera 5000 kmavec et 7 pays graphies contemporaines. Florent Marchet porte sur son époque un regard désabusé mais aiguisé, ces arêtes dans la gorge, ces ronces qu’on avale... Et le chanteur de filer une douce désespérance dans ce nouvel album (catastrophe aérienne, noyade, pas très réjouissant tout cela...). Une bande son qui à l’instar de ses compagnons de cordée Arman Méliès, L’Enfance d’IcareArnaud Fleurant-Didier, Benjamin Biolay,Lordachescu nous ramène parfois aux De Alexandre années 70, dans ces dix morceaux (plus un Thriller instrumental) qui sont autant de petites vies avec Guillaume Depardieu racontées au cinéma. Jonathancomme Vogel perd une jambe après un ac- propose de tester un - Dominique cident. UnDemangeot médecin lui nouveau traitement révolutionnaire qui se transforme malheureusement en erreur médicale.

Little Drago taire dans le de leur réce grands nom ont récemm de Gorillaz) kimi apporte ces nouvell synth pop fa martelées e bout), un c de nombreu pop concis (Come Hom lorsque l’on bloc de glac rythmiques couleurs fun qui joue d’ mique légèr aériens et li album pour se termine peur. Nébu jazz, soul, éle tion de pet pop, simple pourtant de ming à la r ment heurté


EXPOSITION

Montres & Merveilles

ps - BEsANçON

MuséE Du TEM

Du 9 décembre 2010 au 29 mai 2011

es anciennes. Collection de montr oy 01 : la montre

Ler du monde, la plus compliquée durant un siècle

Le festival

Besançon

l’irrésistible

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urisme.com

ww.besancon-to

Disponible sur w

er, la taxe de étoiles, un petit-déjeun double, hôtel deux au Musée du Temps et l’entrée au la nuit en chambre trée * Ce tarif comprendcomprenant l’entrée à la Citadelle, l’en “Explorateur du temps” proposée par séjour, un Visi’Pass rts et d’Archéologie, une visite guidéeonibilités auprès des différents prestaMusée des Beaux-A et un dîner hors boissons. Selon disp possible : nous consulter. l’Office de Tourisme ment : nous consulter. Séjour en semaine taires. Autre héberge

Crédits Photo : P. Guenat - Ville de Besançon

du 22 janvier au er 1 février 2011

Diversions Besançon janvier 2011  

Journal culture et actualités

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