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Aire Urbaine Culture - Tourisme - Loisirs et actualité

#84 décembre 2016 janvier 2017

Besançon Besançon Dole Dijon Beaune Chalon-sur-Saône

www.diversions-magazine.com

Création vidéo

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Culture - Tourisme - Loisirs et actualité

#84 décembre 2016 janvier 2017

Besançon Dole Dijon Beaune Chalon-sur-Saône

CULTURE SCIENTIFIQUE - 4

CULTURE - 5

Une maison gallo-romaine sous le Pavillon d’Archéologie à Besançon

CITADELLE DE BESANÇON - 4 Les photographies de la collection d’Orival au Musée Comtois

Diversions Journal d’information gratuit 1, rue de Vittel 25000 Besançon 06 34 12 01 91 www.diversions-magazine.com diversions@orange.fr Editeur : SARL Diversions RCS : 508 184 934 Directeur de la publication : Boban Stanojevic 03 81 87 40 05 / 06 34 12 01 91 diversions@orange.fr

Courbet/Clergue : rencontre photographique au Musée Courbet L’Experimentarium à la Fabrikà sciences Ana Popovic à La Rodia Festival Voix:Là à Gray Max Feed et Dominique Blais au Frac Franche-Comté

L’Orchestre Victor Hugo fête le Nouvel An à Micropolis Exposition Brut Now à Bourogne et Belfort La saison de L’artiste numérique dans le Doubs Un Vent de Hip-Hop sur Morteau

TOURISME - 9

Besançon Scintillante Le Mois Givré à Belfort

Rédacteur en chef : Dominique Demangeot magazine.diversions@yahoo.fr Rédaction : Florian Antunes Pires, Lucie Brownie, Martial Cavatz, Dominique Demangeot, Manu Gilles, Paul Sobrin, Marc Vincent, Caroline Vo Minh Comité de relecture : Dominique Demangeot, Caroline Vo Minh Régie publicitaire : Boban Stanojevic - 06 34 12 01 91 diversions@orange.fr

CULTURE CLIP - 12

Palermo Queens - Benjamin Biolay Feat. Sofia Wilhelmi

LES VOYAGES DE MAX - 13 CHRONIQUES CD-LIVRES - 14 SORTIES CINÉMA - 15

Dépôt légal : décembre 2016 © Diversions 2016 Imprimé en Espagne ISSN : en cours valeur : 1,15 euros offert Diversions est diffusé gratuitement sur la Bourgogne Franche-Comté Prochaine parution : jeudi 19 janvier 2017


Culture - Tourisme - Loisirs et actualité en Bourgogne Franche-Comté

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Culture scientifique Une maison gallo-romaine sous le Pavillon d’Archéologie à Besançon Rue Chifflet. Le fameux “Pavillon d’archéologie” rappellera probablement des souvenirs aux anciens étudiants, en particulier ceux qui étaient inscrits en histoire de l’art et d’archéologie. C’est d’ailleurs ce département, à la Faculté des lettres de Besançon, qui gère cette maison bisontine méconnue datant de l’époque gallo-romaine. Découvert en 1920 par la Banque de France, ancien propriétaire des lieux, le lieu baptisé Domus recèle plusieurs pièces antiques. Après le rachat du terrain par l’Université de Franche-Comté, des fouilles ont été à nouveau effectuées au début des années 50, mettant à jour d’autres pièces et notamment des mosaïques.

© Diversions

Réhabilitée récemment, la Domus qui accueillait des dignitaires de la cité il y a plus de 2000 ans, abrite désormais un espace ouvert au public à l’occasion des Journées du patrimoine, comme ce fut le cas en septembre dernier. Une fois par an, une exposition est organisée pour “essayer d’amener quelque chose de l’ordre d’une interrogation sur l’art, dans un lieu où on traite de savoir mais pas forcément de la beauté et du visuel”, précise Louis Ucciani, qui enseigne la philosophie à l’Université de Franche-Comté. L’exposition Confrontation portait bien son nom. L’objectif était ici de faire dialoguer l’art antique et l’art actuel. À l’occasion de l’exposition, Dorine Arnaud et d’autres étudiants de la Licence Pro Meti ont ainsi fait de la médiation, présentant au public l’exposition et les œuvres dans le

cadre de ce projet incluant de nombreux partenaires, porté par le Département d’histoire de l’art et d’archéologie et la Licence professionnelle METI de l’UFR SLHS, en collaboration avec le Centre d’art mobile et la galerie Jean Greset, et avec le soutien de la DRAC Bourgogne-Franche-Comté et le Service Sciences, arts et culture de l’UFC. “Le but de cette licence est de former des gens qui seraient capables de monter très

rapidement une exposition et d’être des assistants dans les métiers de l’exposition, que ce soit des expositions de type patrimonial, d’art contemporain mais aussi des expositions commerciales comme les grandes rencontres, les foires d’exposition”. Pour cette troisième édition, et à l’heure de la grande région, il avait été décidé de mettre en lumière des artistes travaillant entre

Bourgogne et Franche-Comté. “Il y a eu un temps où la Bourgogne et la Franche-Comté étaient réunies. C’était le temps des Romains, quand Jules César colonisait la Gaule et donc on s’est dit que ce lieu-là, la Domus, est le plus approprié pour essayer de montrer les liens entre les deux régions”. L’exposition s’ouvrait avec Barbara Puthomme, artiste bisontine, qui grâce à une fondation américanodijonnaise est allée présenter son travail aux États-Unis. Son habitude de prélever des objets mis au rebut, abandonnés dans la nature, fait sans nul doute écho à la Domus qui sommeille sous le Pavillon d’archéologie. Cette “cathédrale” comme l’appelle Louis Ucciani, a été mise en regard avec une pièce de l’artiste dijonnaise Anne Tastemain dont les recherches portent notamment sur le monochrome. “Si on s’approche de son tableau on voit apparaître quelque chose en arrière fond. Il y a la surface et quelque chose derrière la surface, qui essaie de passer, qui est pour nous la forme de l’art”. Les photographies pixellisées de Loïc Raguénès côtoyaient un bronze de Jean Messagier, tandis que le plâtre peint des citrouilles moulées de Didier Marcel faisait écho à la broyeuse de chocolat de Duchamp. Livia de Poli présentait quant à elle ses deux dernières œuvres, travaillant la faïence, la porcelaine, “des matériaux très nobles qui ont la particularité de faire une combinaison entre la terre et le feu et on tenait, sur ce lieu qui montre un mécanisme de chauffage au sol datant des Romains (l’hypocauste, NDLR), de faire apparaître ce lien artistique”, a souligné Louis Ucciani. - Dominique Demangeot -

Citadelle de Besançon Découverte de la collection de photographies d’Orival Jusqu’en 2017, la Citadelle de Besançon accueille une exposition basée sur la riche collection photographique de la famille d’Orival. Son intérêt à la fois social, historique et géographique, a vivement intéressé le Musée Comtois qui expose aujourd’hui une partie de cette collection.

Ce dont disposait Mme de Grivel, c’étaient des plaques, près de 700 plaques en négatif,

© Caroline Vo Minh

« Ces collections anciennes de photographies sont très riches et beaucoup plus larges qu’on ne le croit », explique Lionel François, conservateur du Musée Comtois. « Ce ne sont pas uniquement des collections de portraits privés et figés. Cela représente beaucoup plus que ça ». Don de Véronique de Grivel, cette collection a trait à l’histoire de sa famille, mais se distingue également de par l’angle particulier adopté par le photographe, qui semble être Henri d’Orival. Datant de la fin du XIXème siècle, l’exposition nous ramène donc aux origines de la photographie. Prises de vue en extérieur, scènes de rues à Besançon et dans les villages alentours, les photographies nous offrent notamment un témoignage précieux sur l’architecture et la vie quotidienne des années 1880. Malgré l’emploi à l’époque des encombrantes chambres photographiques, difficilement transportables, Henri d’Orival est cependant parvenu à saisir des instants sur le vif, comme on pourrait le faire avec un appareil plus léger et moderne. « Pour certaines prises de vue, ce sont les premières à notre connaissance sur certains quartiers ou certains villages », souligne Lionel François au sujet de cette collection qui va encore prendre de la valeur avec le temps.

sur lesquelles il était difficile de distinguer des images. Tenant cette série de son père, qui était photographe, elle avait cependant pu se rendre compte de la qualité et de l’intérêt des prises de vue sur certaines photographies qui avaient été développées. « J’ai tout de suite eu envie de voir ce que ça donnait et de collaborer dans la mesure de mes moyens avec l’équipe du musée pour découvrir qui pouvaient être ces personnes ». Explorer une collection photographique, c’est en effet partir parfois à la recherche d’un temps

Véronique de Grivel devant le fonds photographique d’Orival

enfui, de personnes disparues. « J’avais posé des questions autour de moi, à ma famille. J’ai redécouvert une famille élargie mais quelles questions poser ? ». Mme de Grivel s’est donc livrée, aux côtés de l’équipe du Musée Comtois, à « une enquête passionnante », selon ses propres termes. Cette dernière est également heureuse que son patrimoine familial rencontre finalement le patrimoine commun aux Bisontins et Grands Bisontins. L’enquête n’est pas terminée et il reste notamment à découvrir les auteurs de plaques plus récentes datant de 1930, et à poursuivre l’examen minutieux des scènes, des bâtiments. « On a retrouvé des albums de famille qui avaient été aux archives et qui montraient les photos de ces plaques, ce qui a permis de redonner des dates à d’autres photos, mais il y en a encore un certain nombre qui ne sont pas datées ». Ce qu’apprécie Mme de Grivel, c’est que des hommes comme des femmes « étaient à la manœuvre » dans une société que l’on pouvait encore, à l’époque, qualifier de

patriarcale. « Et puis la photographie, ça coûtait cher. Il fallait tout de même un petit peu de moyens ». Si une partie de la collection fait de Besançon son objet principal, une exposition étendue à la région serait tout à fait envisageable. « Ce sont vraiment des reportages, comme la photo sur le marché de Besançon, mais on peut avoir le marché de Beure, la foire aux bœufs de Montagney… on retrouve beaucoup d’éléments de la vie quotidienne et pas uniquement familiale, sur une région ». Il y a donc fort à parier que l’on entendra à nouveau parler de la collection d’Orival dans les prochaines années à la Citadelle de Besançon... - Caroline Vo Minh -

Exposition La photographie privée, témoin social et historique. Collection d’Orival, 1880-1900, Exposition semi-permanente 2015-2017. La Citadelle, Musée Comtois, Besançon - www.citadelle.com


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Ornans Courbet/Clergue - Rencontre photographique au Musée Courbet

© Ornans, Institut Gustave Courbet - cliché : Claude-Henri Bernardot

L’exposition Courbet/Clergue - Rencontre photographique proposera dans un premier temps d’étudier les rapports qu’entretenait Gustave Courbet avec la photographie, ce dernier ayant été immortalisé par quelques grands photographes de l’époque tels que Nadar, Carjat ou Reutlinger. On verra également que ce nouveau medium, procédé inventé par Joseph Nicéphore Niépce au début du XIXe siècle, sera mis à profit par le peintre d’Ornans pour promouvoir sa peinture, mais qu’il l’utilisera aussi dans le cadre de ses propres créations. Parmi les œuvres exposées, le public découvrira la première photographie de Gustave Courbet, prise en 1853 par Victor Laisné, portrait de l’artiste déterminé, ainsi que la dernière, datant de 1877, un portrait par Paul Metzner montrant le peintre triste et vieillissant. Manière de nous dire peutêtre qu’en parallèle de son intérêt artistique, la photographie sera aussi un formidable moyen de témoigner de l’histoire des hommes, rendre compte de leurs destinées. Dans l’exposition à voir à Ornans, d’autres

Gustave Courbet en 1862 par Étienne Carjat prises de vue présenteront Courbet de manière stéréoscopique, grâce à Eugène Feyen qui immortalisa l’artiste Courbet travaillant dans son atelier ou dehors.

Besançon L’Experimentarium Les dimanches 4, 11 et 18 décembre de 15h à 17h, la Fabrikà sciences à Besançon accueillera des séances de l'Experimentarium, qui consistent à réunir public et chercheurs lors d'ateliers-discussions. En vingt minutes, les scientifiques de tous poils n'ont qu'une seule mission : rendre compréhensible à un public - même, et surtout, néophyte -, leurs thèmes de recherche... Une belle occasion d’en apprendre plus, et de manière ludique, sur des thématiques dont vous n’auriez probablement jamais pensé parler un jour ! L'Experimentarium est né à Dijon en 2001, à l'initiative de la Mission Culture scientifique de l'Université de Bourgogne, avant de se diffuser par la suite ailleurs en France, et rencontrant ainsi un beau succès. Le Service Sciences, arts et culture de l'Université de FrancheComté, basé à Besançon, organisait le 1er mai dernier un premier Experimentarium franc-comtois dans une ferme de HauteSaône. Santé, environnement et sociologie étaient au programme, des recherches ici en lien avec le monde agricole. Mais les thématiques qui seront évoquées ces trois dimanches de décembre à la Fabrikà sciences de Besançon seront encore plus nombreuses et ne se limiteront pas à l’univers de la ferme. À l'aide de manipulations diverses, les scientifiques présenteront donc leurs recherches, non sans avoir été préalablement formés par l'équipe Sciences, arts et culture, anciennement Mission culture scientifique de l'Université de Franche-Comté. Car il n'est pas aisé de rendre intelligible au plus grand nombre, adultes comme enfants, des recherches

menées dans le secret des laboratoires. Pour « vulgariser » sa discipline, comme on dit, il faut savoir trouver les mots, contourner des concepts parfois acrobatiques pour ne conserver que l’essentiel. Car les recherches qui sont actuellement effectuées peuvent paraître difficiles à appréhender, mais elles contribueront cependant peut-être à rendre notre vie quotidienne plus aisée dans quelques années. Certaines permettront peut-être même de sauver des vies ! Parmi les sujets qui seront traités à la Fabrikà sciences en décembre, citons entre autres thématiques, la chimie, les neurosciences, les lasers, la mesure du temps, la biologie mais aussi la micro-robotique et les sciences de l’ingénierie. D’autres chercheurs auront plaisir à vous parler de concepts qui peuvent paraître obscurs au premier abord, comme l’électrolyte ou encore l’ultrafiltration membranaire... Si le public trouvera sans doute son compte dans ces trois séances de l’Experimentarium qui débarque à Besançon, les scientifiques aussi bénéficient de ces rencontres avec le public, notamment en ce qui concerne l’expression orale qui s’en trouve améliorée, ce qui n’est pas inutile lorsqu’il faut convaincre un jury, voire de futurs employeurs ou financeurs ! - Manu Gilles -

L’Experimentarium, les dimanches 4, 11 et 18 décembre de 15h à 17h, Fabrikà sciences, 16 route de Gray à Besançon À voir aussi le samedi 4 février 2017 de 15h à 17h à la Médiathèque Pierre Bayle (27 rue de la République à Besançon) http://sciences-en-culture.univ-fcomte.fr

© Ornans, Institut Gustave Courbet - cliché : Claude-Henri Bernardot

C’est à une rencontre d’un type particulier que nous convie le Musée Courbet à partir du 17 décembre. Le musée mobilise une partie de son fonds photographique ainsi qu’un prêt d’une collection privée pour nous faire découvrir les liens forts unissant le peintre franc-comtois et le photographe Lucien Clergue, tout en évoquant également le rôle majeur que joue aujourd’hui la photographie dans la création artistique, et que Gustave Courbet avait pressenti à son époque.

Vue stéréoscopique de l’atelier de Courbet par Eugène Feyen L’exposition fera également intervenir les œuvres de Lucien Clergue, originaire d’Arles et fondateur des Rencontres photographiques dans la même ville. Premier photographe intégrant l’Académie des beaux-arts de l’Institut de France, Lucien Clergue, grand ami de Picasso, est notamment célèbre pour ses nus et ses scènes de corrida. L’exposition à Ornans, où Clergue s’est rendu en 1979, mettra en évidence la filiation entre les deux artistes. « Courbet ! Ses nus dans l’eau bien sûr m’avaient touché ! », dira Lucien Clergue. « Il m’avait précédé et je ne pouvais que me réjouir de m’inscrire dans une suite logique ». L’Institut Courbet présente 34 photographies issues de son fonds, qui rendent hommage

au Pays de Courbet porté sur la pellicule par Clergue, le photographe emboîtant le pas du maître du Réalisme, contemplant les mêmes paysages, « à la recherche des signes et traces laissées par Courbet ». - Paul Sobrin -

Exposition Courbet/Clergue - Rencontre photographique, Musée Courbet, Ornans, du 17 décembre au 30 avril www.musee-courbet.fr


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La Rodia Ana Popovic

Gray Voix:Là

Nouvel album pour Ana Popovic, ou plutôt triple album pour la blueswoman d’origine serbe qui faisait paraitre en mai 2016 Trilogy, une bonne tranche de blues allant s’abreuver à différentes influences de la musique du diable, qui compte encore nombre d’adeptes de par le monde. Une bonne heure trente de musique à déguster et à retrouver, en live, à la Rodia le 15 décembre.

Du 8 au 11 décembre, le Théâtre de Gray accueillera la cinquième édition du festival Voix:Là, qui comme son nom l’indique met en lumière la création vocale. Cette année, l’association Contre z’Ut à l’initiative du festival, nous promet une envolée américaine, avec notamment plusieurs percées sur le continent sud américain.

les tonalités tantôt funk de Woman To Love, soul sur Let’s Do It Again et rock débridé avec Who’s Yo Mama. Le troisième disque nous promène sur des rives jazzy que l’on ne soupçonnait pas chez l’artiste. Finie la Strat. Bonjour la Gibson pour ces derniers morceaux à travers lesquels l’artiste renoue avec le jazz, qu’Ana n’avait pas pratiqué depuis longtemps. - Dominique Demangeot -

Ana Popovic + Alexx & Mooonshiners, La Rodia, Besançon, 15 décembre à 20h30 www.larodia.com

Le festival sera inauguré le 8 décembre à 21h avec Denis d’Arcangelo qui deviendra pour l’occasion Lady Raymonde, chanteuse de Ménilmontant partant conquérir Broadway. Denis délaisse Trenet et Gainsbourg pour reprendre Dolly Parton, entre autres artistes qui se sont distingués aux États-Unis, même si le répertoire fera aussi la place à quelques standards français... car il faut bien apporter aux Américains quelques-uns de nos joyaux musicaux ! Au Cinémavia de Gray, le 9 décembre à 19h, Odile Bertotto et Benoît Eyraud nous feront découvrir le compositeur brésilien Vinicius de Moraes, lors d’un concert après lequel sera projeté le film Orfeu Negro. L’occasion de découvrir ce poète majeur, et plusieurs styles allant de la bossa nova à la samba, certains textes étant traduits en français pour une meilleure compréhension de l’univers du poète. Du Brésil, on passera le 10 décembre à 17h au Vénézuela avec la chanteuse Emmanuelle Saby, qui partage la scène avec Marius Pibarot et Cristóbal Soto, jouant de plusieurs instruments traditionnels à cordes dont la mandoline ou encore le cuatro - petite guitare à quatre cordes -. Le 10 décembre à 19h, Aurélie et Verioca nous inviteront à repartir au

© DR

© Ruben Tomas

Sur Trilogy, la belle ajoute à son blues un côté funk réjouissant, section de cuivres à l’appui, bains de wah-wah pour souligner tout le mordant des chorus et des solos. Can’t Stand The Heat son précédent album surfait déjà sur quelques vagues funk et jazzy, et cette première galette, baptisée Morning, ne fait que confirmer cela. Plusieurs invités sont à dénombrer sur Trilogy, à l’image des Américains de North Mississippi Allstars, Robert Randolph et sa pedal steel guitar sur Hook me Up ou encore le rappeur Capone. Dernièrement, Ana partageait la scène aux côtés de quelques fines lames de la guitare lors de l’Experience Hendrix Tour. Mais s’il ne fallait retenir qu’un nom sur ce CV à l’occasion du dernier album décidément bien fourni, il faudrait probablement citer le duo chaud bouillant qu’elle forme sur Train avec Joe Bonamassa, probablement le guitariste le plus étonnant en matière de blues depuis Stevie Ray Vaughan et Gary Moore. Tout au long de ces 23 titres, polis et arrangés par Warren Riker (Carlos Santana), Tom Hambridge (Buddy Guy) et Delfeayo Marsalis qui se sont partagés les trois disques, Ana nous invite à parcourir une journée entière rythmée par la musique. Mid-Day se veut davantage blues, mais avec là encore

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Lady Raymonde Brésil, dans ce concert qui proposera par ailleurs une dégustation de tapas. À 22h, Jean-Marie Machado et l’Orchestre Danzas apporteront les couleurs du jazz sur les planches du Théâtre de Gray, mariées aux sonorités latines, accompagnés par trois voix sarde, portugaise et française. La dernière journée, l’ensemble Aedes convoquera avec West Side Music des répertoires variés allant du jazz à la pop, sans oublier des esthétiques plus contemporaines avec Steve Reich, et classiques avec Samuel Barber, et bien sûr la comédie musicale. Signalons la présence comme chaque année des étudiants du CNSMDP qui ont concocté un programme baptisé avec à propos I like to be in America. - Marc Vincent -

Voix:Là, Théâtre de Gray, du 8 au 11 décembre - http://festival-voixla.fr

Frac Franche-Comté Max Feed et Dominique Blais Pour ses deux derniers rendez-vous de l’année, le Frac Franche-Comté propose une exposition collective ainsi qu’un focus sur le travail de Dominique Blais, deux temps forts tournant autour des thématiques parallèles et complémentaires du son et du temps.

© Diversions

Max Feed est la première exposition collective d’importance présentant les travaux de nombreux artistes, un hommage à l’œuvre de Max Neuhaus (1939-2009), fondateur du concept de l’installation et des balades sonores, dont sont également présentés de nombreux dessins documentant ses travaux - propositions, croquis préparatoires... -. À l’occasion du cinquantenaire de son œuvre LISTEN, dont l’essence sonore était l’univers post-industriel de New York que le public était invité à visiter dans la rue, le commissaire et historien d’art Daniele Balit, professeur à l’ISBA, a convié neuf artistes à dialoguer autour de l’œuvre et de l’héritage de Max Neuhaus, sur le principe du fameux feedback, ce perturbateur d’ondes sonores que Neuhaus mettra au point en 1966. Les médiums sont divers dans cette exposition qui invite à faire l’expérience de procédés, de sensations multiples, in-situ comme souvent chez Max Neuhaus qui n’hésitait pas à plonger ses installations sonores dans le quotidien, une attention particulière étant demandée à l’auditeur/écoutant. Les artistes recherchent ainsi « des affinités et des points de contact avec l’œuvre de Max Neuhaus », comme l’explique Daniele Balit, et nous interpellent notamment sur le concept de musique écologique, conçue pour cohabiter avec le monde environnant. On va donc retrouver le son sous différentes formes, dans différents environnements, qu’il s’agisse du

Max Neuhaus, Sans titre (Domaine de Kerguehennec, Locminé), 1993, FNAC 96218 (1à2), Centre national des arts plastiques © droits réservés/Cnap/ Photographe : Yves Chenot corps même avec Myriam Lefkowitz ou du design et de la scénographie avec Olivier Vadrot et son œuvre Pentélique (Cinq chaises pour Max Neuhaus). À l’occasion de l’exposition, le Frac Franche-Comté invitait également Nina Katchadourian à activer, en octobre et novembre, son œuvre sonore Natural Car Alarms sur le parking SaintPaul proche de la Cité des Arts, équipant trois véhicules de fausses alarmes diffusant de façon aléatoire des chants d’oiseaux, manière de rappeler la volonté de Max Neuhaus de faire vivre ses installations audelà des murs des centres d’art et autres

lieux dédiés. Car derrière ses installations souvent minimales, et d’apparence austère, « Max Neuhaus avait au contraire beaucoup d’humour, et une parole simple, très directe. Il tenait vraiment à un art anti élitiste » comme l’explique encore Daniele Balit. Avec Le Temps matériel, Dominique Blais a notamment produit une œuvre, commande du Frac Franche-Comté baptisée Finale (Les Adieux), transposition du dernier mouvement d’une symphonie de Haydn. La captation de l’orchestre en train d’interpréter le final de la symphonie a été effectuée au moyen d’un

appareil photo numérique dont l’objectif a été remplacé par un capuchon préalablement percé pour obtenir un sténopé. « On retourne à une résolution protophotographique où les seules choses qui émergent de l’image, ce sont de petits halos lumineux un peu mouvants », explique l’artiste, « avec ce moment où les halos disparaissent les uns après les autres ». Ce passage de la lumière à la mise au noir est également concentré en une seule image en négatif, inversée de gauche à droite et de haut en bas, des traces noires sur fond blanc insérées dans un halo. Cette commande côtoie d’autres œuvres du corpus de Dominique Blais dont la plus ancienne date de 2009, des pièces dont la plupart « se déroulent d’une manière temporelle », comme nous l’expliquait l’artiste et comme l’illustre notamment le grand pendule qui est en quelque sorte l’axe central et mouvant de la salle consacrée à l’artiste, clin d’œil également au Pendule de Foucault installé au Musée du Temps. Les flux sonores apparaissent de manière régulière dans l’œuvre de Dominique Blais, qui intègre aussi dans ses recherches une réflexion sur la lumière, « et la façon dont cette lumière change au fil d’une journée et des saisons ». - Dominique Demangeot -

Max Feed et Dominique Blais - Le Temps matériel, Frac Franche-Comté, Cité des Arts de Besançon, du 9 octobre au 30 décembre - www.frac-franche-comte.fr


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Classique L’Orchestre Victor Hugo fête le Nouvel An... dans l’Ouest Chaque année, début janvier, l’Orchestre Victor Hugo donne rendez-vous à son public en lui proposant de grands concerts dans des salles tout aussi vastes. Cette année, Micropolis à Besançon et l’Axone à Montbéliard accueilleront donc une nouvelle fois le Nouvel An de l’orchestre. Le thème choisi par le chef Jean-François Verdier aura trait, comme souvent, au voyage, en nous transportant cette fois sur le continent américain. Ce sont bien « Les Amériques » au pluriel qui sont évoquées ici. L’Amérique et le jazz tout d’abord, avec Un Américain à Paris de George Gershwin, inspiré du séjour du musicien dans la Ville Lumière. Le poème symphonique nous emmène dans le Paris des années 20, entre répertoire classique et jazz, un poème urbain également puisque Gershwin aura recours à des klaxons d’automobiles pour figurer l’ambiance de la capitale française... Depuis les ChampsÉlysées, le compositeur nous convie à une balade entre music-halls et parcs parisiens. Retour aux États-Unis avec l’ouverture de Candide. Composée en 1956, cette opérette de Leonard Bernstein s’inspire du conte de Voltaire, créée à Broadway et dont la partition eut bien davantage de succès que la version scénique. C’est cette Ouverture que l’Orchestre Victor Hugo jouera en début d’année à Besançon et Montbéliard. La formation invitera ensuite Tomás Gubitsch, guitariste aussi à l’aise dans le

champ des musiques du monde, que du jazz et de la musique contemporaine, et qui a composé pour l’occasion, en création mondiale, une partition qui nous emmène dans son pays d’origine, l’Argentine. Au-delà de l’océan, concerto pour accordéon, deux percussions et cordes sera ainsi joué pour la première fois à Besançon et Montbéliard. Tomás sera accompagné par le Trio K/D/M percussions et accordéon -, ensemble à géométrie variable, du solo au trio, qui explore les répertoires du XXème siècle et du début du XXIème siècle. L’Orchestre Victor Hugo clôturera ce programme en présentant quelques moments symphoniques qui ont ponctué les grands westerns américains, histoire de donner à cette nouvelle année 2017 des airs de grands espaces, et en conviant également Luanda Siqueira qui reprendra quelques standards de Broadway. Notons que pour ce premier rendez-vous de l’année avec l’orchestre, un concert bénéficiant d’une formule « spéciale famille » sera proposé le samedi 7 janvier à 16h à Micropolis Besançon, pour les enfants. - Dominique Demangeot -

Orchestre Victor Hugo - Il était une fois l’Ouest, L’Axone, Montbéliard, 6 janvier à 20h, Micropolis, Besançon, 7 janvier à 20h + Un concert familles le 7 janvier à 16h à Micropolis - www.ovhfc.com

Bourogne et Belfort Exposition Brut Now

Près de 200 œuvres ont été réunies par les deux commissaires de l’exposition, Christian Berst, directeur d’une galerie d’art brut parisienne, et BrutPop, collectif se consacrant à la musique expérimentale et aux arts plastiques, dont le public se trouve en situation de handicap mental ou psychique. Il faut dire que l’art brut, tel que l’a théorisé Jean Dubuffet, fait référence à des créateurs autodidactes, que l’on situe la plupart du temps à la marge de la société et qui créent sans se préoccuper d’une quelconque audience, sans s’inscrire dans un courant artistique particulier. Entre photographie, enregistrements sonores et dispositifs numériques, l’exposition nous présente les démarches très personnelles de chacun. Brut Now propose ainsi divers éclairages sur des travaux méconnus. « Ce qui est intéressant dans l’art brut, c’est que ce sont des artistes qui n’ont pas de limites », explique Valérie Perrin, directrice de l’Espace Multimédia Gantner. « Travailler avec la Tour 46 de Belfort nous a permis de vraiment développer le propos ». À Bourogne, est mise

© Diversions

L’Espace Multimédia Gantner à Bourogne et la Tour 46 à Belfort nous présentent l’art brut sous un nouveau jour. On attache souvent ce terme inventé par Jean Dubuffet en 1945 à la peinture, mais l’art brut s’étend bien au-delà du médium peint, comme on va le voir dans cette double exposition, Brut Now, qui met en lumière de nombreuses pratiques, du dessin à la vidéo, de l’informatique à la matière sonore. C’est ainsi l’art brut aujourd’hui - et encore en défrichage - que nous propose de découvrir Brut Now.

en valeur en particulier la dimension sonore, en présentant le travail vertigineux de Jean-Marie Massou, composé de dessins sur papier et de gravures dans la pierre, d’enregistrements sur cassettes, ainsi que les expérimentations musicales des Harry’s jeunes autistes pratiquant l’expérimentation bruitiste - et du collectif Brut Pop. Cet art brut à l’aune des nouvelles technologies est en train d’être défriché, et ce fut notamment le travail du collectif BrutPop, de repérer dans les institutions de jeunes artistes. « Ils ont eu toute une démarche auprès des animateurs pour aider ces derniers à sauvegarder, pour que l’on puisse avoir une trace et ensuite faire une sélection des œuvres ». Valérie Perrin envisage de proposer d’ici quelques années une exposition où il n’y aurait que des propositions numériques.

« La technologie est exprimée à travers le prisme du fantasme », explique encore la directrice. Citons notamment l’obsession de Jean Perdrizet pour le monde de l’au-delà, et en particulier sa volonté de communiquer avec les morts qui le pousse à concevoir une table spirite. L’artiste d’origine roumaine Ionel Talpazan, qui connaitra une enfance chaotique - mort de son frère jumeau, famille d’accueil violente -, a développé quant à lui une passion pour les OVNI, et ne cessera dès lors de représenter des soucoupes volantes. Des panoramas d’Albert Moser aux autoportraits d’un certain «Zorro» réalisés de 1940 à 1970 - surnom attribué à l’artiste à défaut de connaitre sa véritable identité -, les créations présentées à Bourogne et Belfort relèvent très souvent de processus se déroulant sur plusieurs années, à l’image du

programmateur américain Terry Davis qui œuvre depuis dix ans à la conception d’un système d’exploitation, TempleOS, dont la réalisation lui aurait été dictée par Dieu lui-même... Brut Now évoque aussi la technique du collage, à l’image de Yohann Goetzmann qui imprime des captures d’écrans, et plusieurs travaux réalisés à partir de technologies diverses - Enzo Schott, jeune autiste qui travaille avec le jeu Minecraft, Rhalidou Diaby avec Paint... -. Pour déchiffrer le monde qui les entoure, les artistes ont parfois aussi recours aux formules mathématiques et à leurs lignes de codes toutes personnelles, matérialisations de leurs obsessions. Des mondes d’une diversité saisissante à découvrir entre Bourogne et Belfort jusqu’au 16 janvier. - Dominique Demangeot -

Brut Now - L’art brut au temps des technologies, Espace Multimédia Gantner, Bourogne et Tour 46, Belfort, du 29 octobre au 16 janvier http://www.espacemultimediagantner. cg90.net et www.ville-belfort.fr


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Dans le Doubs La saison de L’Artiste numérique se mêleront le 28 janvier, à l’occasion d’une soirée qui conviera également l’Ensemble Musique Interactive (EMI) dirigé par Jacopo Baboni Schilingi, professeur au Conservatoire à rayonnement départemental du Pays de Montbéliard.

© Yves Petit

L’Artiste numérique fera aussi une belle place au spectacle jeune public avec notamment R + 0, à découvrir le 12 janvier à 19h à la Scène numérique de Montbéliard. Kitsou Dubois, chorégraphe adepte des situations en apesanteur - au sens figuré comme au sens propre - propose un dispositif vidéo qui nous transporte dans des mondes aquatiques et aériens, et qui nous donne l’illusion

© Fabien Keffer-Hebert

Cette saison numérique a pour but d’irriguer l’ensemble du département, qu’il s’agisse des zones urbaines ou rurales, de Saint-Vit à Allenjoie, de Pouilley-les-Vignes à Morteau, de Besançon à Montbéliard en passant par Audincourt, ainsi qu’à Seloncourt, Jougne, Frasne... En matière de disciplines, le panel est large, du théâtre à la danse, des installations à la musique. L’Artiste numérique souhaite également, afin de promouvoir ce champ de recherche artistique, mettre à contribution le spectateur lors d’ateliers et de conférences. D’ailleurs dans Chef de corps, le groupe Entorse, à retrouver en sortie de résidence à la Scène numérique de Montbéliard le 15 décembre, invite les spectateurs à devenir « co-auteurs » lors de cette performance autour du vivre ensemble et de la prise de parole.

© www.benoitpelletier-diabolus

Le Conseil départemental du Doubs met en place, en partenariat avec plusieurs structures culturelles du département, une programmation sur le concept des quatre saisons. Cet hiver, du 15 décembre au 5 février, ce cycle débutera dans un contexte numérique. «L’Artiste numérique», c’est le nom de ce premier volet, explore ainsi, à travers plusieurs propositions, la création artistique à l’aune des nouvelles technologies.

Christophe Chassol

WormHole

d’arpenter les murs dans ce spectacle où nos perceptions sont mises sens dessus dessous.

À Morteau le 31 janvier, on retrouvera la compagnie 1 Des Si, dirigée par Étienne Rochefort, que le public du Pays Horloger connait bien puisque ce dernier a longtemps animé des ateliers dans le cadre du festival Un Vent de Hip-Hop. Avec WormHole, Étienne et son équipe confronteront leur danse à un univers de science-fiction, la compagnie ayant l’habitude de travailler tout autant ses chorégraphies que les lumières pour installer des atmosphères troublantes. Ici WormHole évoque les fameux trous noirs, passages à la fois inquiétants et fascinants. Mais les arts numériques nous font aussi prendre l’air. Citons ainsi la compagnie Tricyclique Dol qui proposera les 4 et 5 février sa nouvelle création Trouble, à Baume-les-Dames, un spectacle qui comme souvent chez la compagnie prend la forme d’une

Qu’il s’agisse de confronter les univers classiques et électroniques - avec les Variations utopiques de Philippe Boillot revisitant des musiques de films au Temple de Dampierre-les-Bois le 24 janvier - ou d’emboîter le pas d’ancêtres martiniquais comme Christophe Chassol sur son dernier opus Big Sun - à écouter à la Rodia de Besançon le 27 janvier -, les technologies numériques rendent possible le métissage. Le Moloco d’Audincourt accueillera quant à lui le duo Frontières, composé d’Arnaud Rebotini et Christian Zanési, directeur artistique du Groupe de recherches Musicales (GrM) depuis 2006. Musiques électronique et concrète/électroacoustique

R+0 installation/déambulation à travers la ville. Avec Trouble, les murs se confient à nous à l’occasion de cet « arpentage poétique pour tous ». En matière d’ateliers, des lieux divers comme la Fabrikà sciences à Besançon, les médiathèques de Jougne, Frasnes et Ornans, entre autres, traiteront de thématiques numériques diverses, entre code informatique et design sonore... des dispositifs qui seront, pourquoi pas, les outils des créateurs de demain. - Dominique Demangeot -

L’Artiste numérique, divers lieux du Doubs, du 15 décembre au 5 février Programmation complète des spectacles, ateliers et conférences : www.saisonscap25.fr


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Culture - Tourisme - Loisirs et actualité en Bourgogne Franche-Comté

Morteau Un Vent de Hip-Hop sur Morteau

Le 12 janvier, avec Reconstitution, la compagnie Alexandra N’Possee, déjà invitée en 2012 pour sa pièce Les S’tazunis, est de retour avec cette nouvelle pièce que la troupe présentait cet été dans le Off du festival d’Avignon. L’identité d’un individu est recomposée à travers trois chorégraphies, trois duos de danseurs et trois angles : Essence pour évoquer le parcours, l’histoire de tout un chacun et la reconstruction de l’esprit. ChutChutChute comme une reconstruction là encore, cette fois en mode vertical, et ZigZag, pour « une danse tendrement virile », comme le dit la compagnie qui souhaite faire référence ici aux liens sociaux. Quant à la compagnie Chute Libre, elle mettra en scène le 13 janvier six danseurs en costumes, une esthétique a priori éloignée du hip-hop, mais il suffit de quelques pas pour nous prouver que nous sommes bien dans l’univers des danses urbaines. Pierre Bolo reprend ici sa pièce MadMen, un « hip-hop blues » comme le définit le chorégraphe, pour évoquer une « notion de spleen et d’idéal », et pour nous dire que le blues n’exclut pas l’enthousiasme, l’envie de rebondir. MadMen, et par extension Flash Player, s’inspirent de la trompette d’Eddie Henderson, de Tom Waits, de la soul des années 70 autant que du rap. L’incandescence s’exprime dans les corps

© kaminoto.colm (Lucie Jean)

Du 12 au 14 janvier prochains, la Ville de Morteau proposera la treizième édition de son festival dédié aux danses urbaines. Un Vent de Hip-Hop soufflera à nouveau sur le Pays Horloger, conviant des compagnies proposant des esthétiques hip-hop mariées à d’autres univers artistiques, et traitant de thématiques là encore diverses.

Tourisme Besançon Scintillante

4ème Souffle des danseurs mais est aussi figurée par les projecteurs puissants derrière ces derniers. Enfin le 14 janvier, le collectif 4ème Souffle nous montrera que la danse hip-hop a su s’ouvrir à différentes disciplines, qu’il s’agisse de la musique live et même ici... de l’univers du clown ! Le collectif a également souhaité brouiller la frontière entre la scène et le public. À flux tendu nous emmène ainsi dans les coulisses de la danse en nous donnant accès aux répétitions, au travail que les artistes ne dévoilent pas d’ordinaire. Un bouillonnement créatif, fait d’énergie et de ratés, d’essais, de travail. - Paul Sobrin -

Un Vent de Hip-Hop sur Morteau, Théâtre municipal, du 12 au 14 janvier www.morteau.org

En ces temps de marchés de Noël, Besançon a revêtu ses habits de lumières. Cette année en effet, une déambulation lumineuse y sera proposée, du 3 au 24 décembre. Une belle occasion d’aller visiter les différents marchés de Noël disséminés dans la ville, depuis le traditionnel marché de la Promenade Granvelle jusqu’à celui des Ateliers Zone Art dans la rue Battant. Des marchés qui s’accompagneront de nombreuses animations en cette fin d’année. C’est à partir de 17h que les bâtiments vont s’illuminer au moyen de projections qui habilleront les façades du Quai Vauban, de la Place Pasteur, de la Place de la Révolution, de l’Église Saint-Pierre et de la Promenade Granvelle, une manière originale de mettre en valeur le patrimoine bisontin. À découvrir du samedi 3 au samedi 24 décembre - Horaires de projections : de 17h à 21h, vendredi et samedi jusqu’à 22h. Ce sont également plusieurs marchés qui seront proposés cette année. Il y aura les traditionnels chalets sur la Promenade Granvelle, proposant des produits du terroir et des décorations. Pour faire le plein d’idées cadeaux, les artisans d’art seront également présents pour proposer bijoux, objets en bois ou en céramiques, des réalisations originales à découvrir. Du 26 novembre au 24 décembre - Ouvert tous les jours de 11h à 20h, 21h les vendredis et samedis, fermé le lundi matin. À noter que des manèges seront également proposés: chevaux au galop sur la Promenade Granvelle et un Carrousel sur la Place du 8 Septembre - Tarif unique : 2,50 € le tour.

Toujours pour les enfants, le Père-Noël accueillera ces derniers dans sa maison et son atelier de jouets tous les mercredis de 14h à 19h, ainsi que tous les samedis et dimanches, et du 19 au 23 décembre de 15h à 20h. Le Bistrot de Noël proposera un plat du jour à 9,90 €, entre autres menus, avec une ambiance musicale tous les vendredis et samedis soirs. Mais le marché de Noël bisontin proposera bien d’autres animations pour tous les publics, depuis les balades en calèche jusqu’aux ateliers pour apprendre à confectionner couronnes de l’Avent et autres décorations végétales de tables de Noël à l’Office de Tourisme. La Maison de l’Europe, 26D rue de la République, organise quant à elle une exposition pour découvrir comment nos voisins européens fêtent Noël - du 30 novembre au 22 décembre-. Notons enfin plusieurs autres marchés de Noël, celui des Ateliers Zone Art au 37 rue Battant, dédié à la création locale, ou encore le marché de Noël solidaire de RECIDEV, du 7 au 18 décembre au Square Saint-Amour. Un marché artisanal se tiendra également Square Bouchot, du 10 au 24 décembre - en haut de la rue Battant, juste avant le parking -. - Manu Gilles -

Besançon Scintillante, dans les rues de Besançon, à partir du 26 novembre Programme complet : www.besanconandco.com


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Culture - Tourisme - Loisirs et actualité en Bourgogne Franche-Comté

Belfort Le Mois Givré 2016

© Diversions

La troisième édition du Mois Givré se tient à Belfort du 3 décembre au 1er janvier, se partageant une fois encore entre la Place Corbis, la place du Marché des Vosges et la Place d’Armes. La Ville de Belfort a préparé une centaine d’animations à destination du public de l’Aire urbaine et au-delà, convoquant à nouveau les trois mascottes Givrou l’ours blanc, Réno le Renne et P’tit Biscuit. 29 jours tout entiers dédiés au divertissement, à la découverte, au commerce et... aux sports de glisse ! La place du Marché des Vosges accueille des pistes de luge. Cette année, quatre pistes et une descente de snow-tubing sont mises en place pour tous les publics à partir de 4 ans – Port de gants obligatoire. Billetterie sur place: 4€ (10 descentes) -. Une patinoire est également installée Place Corbis, 450 m² de glace pour éprouver là encore les douces sensations de la glisse, avec un jardin dédié aux plus petits – la patinoire est ainsi accessible dès 3 ans -. De nombreuses animations accompagneront la patinoire durant les 29 jours que durera le Mois Givré 2016 - Billetterie sur place : 4€. Le Village des P’tits Givrés s’est enfin installé sur la place d’Armes qui accueille également le Rotondo des Neiges – glissades en bouée – ainsi que plusieurs “Manèges enchantés” – Petit Train Féérique et Petite Roue -. Le Manège des Lutins de Belfort est par ailleurs accessible sur la place de la Commune pour les 2-7 ans. Billetterie sur place : 2€. Un Pass à 10 euros donnera accès à la piste de luges, à la patinoire et au Village des P’tits Givrés – manèges non inclus -. C’est aussi sur la place d’Armes que le père Noël prendra ses quartiers dans son chalet de 50m². Un conte en musique y sera donné du 3 au 24 décembre, à 17h30. Le chalet sera ouvert du 3 au 16 décembre, de 10h à 19h, sauf les mercredis et samedis de 10h à 20h, et du 17 au 31 décembre, de 10h à 20h. Le Père Noël ne chômera pas les 25 décembre et 1er janvier puisque son chalet restera ouvert de 15h à 19h. Quand le bonhomme en rouge ne sera pas présent, des lutins-musiciens proposeront ateliers et jeux de 10h à 20h. Du 3 au 16 décembre, de 15h à 19h sauf les mercredis et weekends, de 10h à 13h30 et de 15h30 à 20h. Du 17 au 24 décembre, de 10h à 13h30 et de 15h30 à 20h sauf le 24 décembre, jusqu’à 16h45. Entrée libre

Les commerçants sont aussi de la fête

Le Mois Givré se veut également une vitrine du commerce belfortain. C’est pourquoi on retrouvera comme les deux années précédentes de nombreux chalets installés Place d’Armes, Place Corbis, à l’entrée du Faubourg de France ainsi que Place du Marché des Vosges. La Taverne de Givrou reprendra ses droits place Corbis afin de proposer restauration et jeux pour enfants (2 – 10 ans). La Bibliothèque municipale y installera une sélection d’ouvrages sur le thème de Noël. Tous les jours, de 10h à 20h – Ouverture exceptionnelle jusqu’à 1h du matin le 31 décembre. L’artisanat sera à la fête à la Boutique éphémère, une vingtaine d’artisans et d’artistes de l’association Territoire d’Artistes y présentant leurs créations. Jusqu’au 22 décembre – De 12h à 19h, du mardi au dimanche sauf le samedi de 10h à 19h – 104 avenue Jean Jaurès. Les commerces seront ouverts les dimanches 4, 11 et 18 décembre. Parkings gratuits le lundi 26 décembre.

Mais aussi…

Le Mois Givré, ce seront aussi de très nombreuses animations, l’entrée libre dans les Musées de Belfort tous les jours sauf les mardis, de 14h à 18h, des actions solidaires, du fitness sur la terrasse du Lion – de 17h à 19h, une exposition du Théâtre de Marionnettes de Belfort tous les jours sauf le dimanche, salle Kléber à l’Hôtel de Ville, un jeu de piste “Givré” du 3 au 11 décembre, des jeux en bois géants à la patinoire de la Communauté de l’agglomération belfortaine à Bavilliers, de la musique, contes et autres spectacles, ateliers, démonstrations de patinage… Citons encore parmi les temps fort, les 40 ans de la patinoire à Bavilliers dignement fêtés le dimanche 18 décembre, la venue de Philippe Candeloro le jeudi 22 décembre à la patinoire de la place Corbis. Le champion du monde de patinage artistique Brian Joubert reviendra pour une démonstration sur la place Corbis avec les clubs belfortains de patinage le 31 décembre à 14h30, histoire de terminer l’année en beauté et avec grâce ! Entrée libre, dans la limite des places disponibles. - Paul Sobrin -

Le Mois Givré, Belfort, du 3 décembre 2016 au 1er janvier 2017 Programme complet : www.ville-belfort.fr


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Culture Clip

Benjamin Biolay Feat. Sofia Wilhelmi Palermo Queens Un air de bandonéon nous accueille. Depuis l’azur où moutonnent les nuages, la caméra s’en va terminer sa course sur un mur décati. On y a accroché un portrait dessiné de Benjamin Biolay à l’occasion de la sortie de son nouvel album Palermo Hollywood. Cut. Extérieur. Fin du jour. Deux filles batifolent sur un toit. C’est en mettant les dernières touches à une chronique de Palermo Hollywood pour le magazine Diversions que je suis tombé sur cette vidéo de Benjamin Biolay, revenu récemment de Buenos Aires avec une poignée de chansons lumineuses. Le Lyonnais a eu la bonne idée de clipper certains des morceaux, exploitant ainsi la dimension cinématographique de sa musique, distillant par petites touches l’atmosphère si particulière de la capitale argentine qui somnole au soleil et se réveille la nuit, les molaires baignant dans le rhum coca et la cerveza, tentaculaire Buenos Aires balancée entre allégresse et mélancolie, lyrisme et introspection. Quatre clips qui offrent l’opportunité de se replonger avec bonheur dans quelquesunes des perles du nouvel album. Parmi ces vidéos, Palermo Queens.

© DR

Biolay monté sur un toit avec deux jeunes femmes qui ne trouvent rien de mieux pour exprimer leur attachement mutuel, que de s’étreindre devant un Benjy qui n’en rate pas une miette. On le comprend. On deviendrait satyres nous aussi pour moins que ça, d’autant qu’à la première note de basse claquée dans Palermo Queens, les deux naïades se mettent à improviser une danse sensuelle devant notre Benjamin national. Blonde et brune, dos à dos et peu farouches, comme les deux faces d’une seule et même démone à la longue chevelure, se laissent emporter dans de frénétiques déhanchements, hydre à deux têtes façon Danse avec les stars. Ça frétille des épaules, ça remue des hanches sous le regard lubrique du compositeur. Planquez vos filles. Planquez vos mères (sait-on jamais). Benjamin, tout émoustillé de la mèche, surgit du bois – ou plutôt, ici, du toit, l’air bien décidé à s’en payer une bonne tranche. Une chose est sûre : le combi short a de beaux jours devant lui.

© DR

Cette scène nocturne pourrait paraître bien incongrue. En 2016 cependant, on danse encore sur les toits et c’est tant mieux. Déjà qu’on a voulu nous virer des terrasses… Dans ce clip heureusement, tout n’est que luxe, calme et volupté, ou plutôt luxure, calme et volupté, si Baudelaire veut bien m’autoriser une incartade à son célèbre vers. Benjamin Biolay nous propose quant à lui sa propre Invitation au voyage. La caméra subjective

nous porte au plus près de la scène, sur laquelle le réalisateur eût été bien mal avisé de jeter un voile pudique. Dont acte. L’indiscret caméraman tournoie Tandis que le jour décline, se noie Dans la fauve nuit argentine. Brune, blonde et ondoyantes silhouettes Affolent les derniers rayons d’un soleil Baissant pavillon Parmi la skyline latine. La blonde, c’est Sofia Wilhelmi que l’on peut entendre sur le titre Palermo Queens mais aussi pousser quelques vocalises sur le manuchaoesque Palermo Soho, deux célèbres quartiers de Buenos Aires auxquels Biolay rend hommage sur son dernier album studio. Comme elle le dit si bien de sa voix très « calor », Sofia est actrice, pas chanteuse, mais à la contempler bougeant son corps sur ce toit, Benjamin semble s’en ficher comme de son premier cours de trompette – dont il joue d’ailleurs admirablement, soit dit en passant -. Dans la rue là tout en bas, la foule qui traverse la chaude nuit ignore cette scène bucolique. Trois millions d’habitants mourront idiots ce soir, car ils ne sauront pas que se rejoue, au sommet de ce building argentin, le trio piquant de Jules et Jim inversé. Un homme, deux femmes, trois possibilités. (Mince j’allais oublier le caméraman). Dernier plan. La caméra retourne s’abîmer dans le ciel presque noir de Buenos Aires, avant de revenir, en plein jour, sous l’écrasant soleil latin, à une réalité peut-être moins excitante. Jusqu’à la prochaine nuit. Dominique Demangeot Dessin : Maxime Péroz


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Les voyages de Max


Chroniques CD

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POP SYMPHONIQUE

Nada Surf Peaceful Ghosts (City Slang/Barsuk) Au printemps dernier, Nada Surf nous gratifiaient avec You Know Who You Are de leur meilleure production depuis The Weight Is A Gift. On sentait une fougue et un plaisir retrouvés de jouer ensemble. On a pu alors voir au travers des concerts ce nouvel élan, qui confirmait tout le potentiel live des nouveaux morceaux. Après une première demande de la part d’une radio autrichienne de jouer avec un orchestre symphonique - avortée pour cause d’enregistrement – Matthew Caws a vu une nouvelle offre arriver de la part de la Radio Eins. Voilà donc comment Nada Surf s’est retrouvé à jouer avec un orchestre de 50 musiciens de Babelsberg à Berlin le jour de l’été 2016, le tout produit par le fidèle Martin Wenk de Calexico. On est peu surpris finalement de voir comment les compositions de Nada Surf se marient naturellement avec un habillage symphonique, ce qui démontre comme si on en doutait encore de leur qualité d’écriture. L’orchestration apporte une envergure très cinématographique aux titres, et ce dès le refrain de Believe You’re Mine qui avec l’appui de cuivres et de cordes guette indéniablement du côté d’un générique de James Bond. La même sensation se fait encore plus sentir quand

la grandiloquence frappe sur le final de la sombre The Fox. Dans un autre genre, Out Of The Dark acquiert la légèreté d’un Disney. Les titres, tout en gardant leur âme, sont réinventés (l’envolée de Rushing), gagnent en nostalgie (Blizzard Of ’77), le tout introduit par quelques anecdotes d’écriture toujours plaisantes à entendre. L’occasion aussi de redécouvrir des titres peu joués ou dont on n’avait pas spécialement perçu la beauté sur disque. On citera en première ligne Comes A Times, magnifique ballade prête à vous bercer. - Florian Antunes Pires GARAGE ROCK

Thee Oh Sees A Weird Exits (Castle Face Records) Lorsque fin 2013, John Dwyer annonçait que son groupe désormais mythique allait prendre une pause indéterminée, beaucoup ont pris peur. L’inquiétude sera de courte durée puisque quatre mois plus tard, Dwyer seul maître à bord mais toujours sous le nom de Thee Oh Sees balançait Drop, de quoi rassurer les fans, d’autant plus que Mutilator Defeated At Last est paru seulement un an plus tard. Depuis, Dwyer a décidé de booster et pimenter un peu sa formation en employant deux batteurs pour les performances live. A Weird Exits est pour ainsi dire un nouveau départ puisque c’est

la première fois que la nouvelle formule enregistre ensemble en studio. On retrouve les ingrédients qui ont forgé la réputation du groupe. Des titres à consonance punk garage bien musclés (Dead Man’s Gun) tout comme le virage plus récent du krautrock (Gelatinous Cube) ou encore l’influence électronique/psychédélique du projet solo de Dwyer, Damaged Bug (Jammed Entrance). Là où les Californiens sont très forts, c’est qu’après toutes ces années et leur dantesque discographie, ils arrivent toujours à nous surprendre. En témoignent Crawl Out From The Fall Out, longue piste quasi spatiale nappée de synthétiseurs et violoncelle ou encore le sublime The Axis et son orgue d’église bordé par les chœurs de Brigit Dawson (serait-ce une éventuelle piste de reformation ..?) flirtant avec la pop des 60’s. Pour ceux qui émettaient encore des doutes en ce qui concerne l’avenir de Thee Oh Sees, ce nouvel opus devrait démontrer que la machine n’est décidément pas à court d’idées et n’est pas prête de s’arrêter là. - Johan Perrin POP

reprises, c’est le fun et la décontraction qui priment chez le duo de Portland, dont l’univers rétro colle parfaitement pour un disque de fin d’année. Le style de Zooey Deschanel, son charme irrésistible, sa voix de velours, la coolitude de M. Ward, sont la recette impeccable pour reprendre des standards. Car en effet, ici pas de compositions originales ; comme pour A Very She & Him Christmas, le duo s’approprie les classiques de la culture américaine, livre à peu près la même tracklist que sur n’importe quel album de Noël, mais l’habille de sa pop vintage aux accents doo-wop et rythm and blues, toute droit venue des fifties. On retrouve pêle-mêle Let It Snow et Happy Holiday aux accents jazzy, un Must Be Santa très folklorique avec ses trompettes mariachi, un petit voyage à Hawaii avec Mele Kalimaka. Ça devient plus rock quand M. Ward prend les devants avec Run Run Rudolph, et blues quand on entend la six cordes sur The Man With The Bag. Quelle que soit la formule, ça marche. On se verrait bien passer le réveillon avec Zooey au coin du feu pour nous raconter nos souvenirs (Christmas Memories, Christmas Don’t Be Late). Et preuve que tout passe avec She & Him, même la reprise de All I Want For Christmas Is You de Mariah Carey n’est pas désagréable. En attendant d’ouvrir la première case de notre calendrier de l’Avent, on a bien le droit de déjà se mettre dans l’ambiance avec un bon disque. Et cette année, on commencera sans retenue avec Christmas Party. - Florian Antunes Pires -

She & Him Christmas Party (Columbia) Comme d’habitude, que ce soit avec leurs propres productions que lors d’albums de

Littératures ROMAN

Jonathan Franzen Purity

Éditions de l’Olivier Le dernier-né de Jonathan Franzen n’est « que » le cinquième roman de l’écrivain américain, et sans doute, le meilleur. Ce pavé, vaste et dense fresque mêle dans une trame narrative complexe des destins qui se cherchent et s’évitent, et une réflexion sur les médias qui, par leur évolution rapide se montrent parfois difficiles à contrôler. La question de l’éthique est au centre des quelques 744 pages, dans lesquelles le lecteur peut parfois se perdre, mais sans jamais s’ennuyer. Evidemment, le titre, Purity est tout sauf anodin : il renvoie à une jeune héroïne qui cherche un père, mais aussi son chemin et emprunte des sentiers inquiétants quand ils ne sont pas clairement dangereux. Chaque chapitre s’ouvre sur un titre de plus en plus énigmatique, au fil de la quête de Pip et des autres personnages qui semblent être des satellites évoluant de façon désordonnée autour de la jeune journaliste. On plonge avec délices dans le roman et on adhère vite à l’humour parfois cynique de Franzen : « Le bar s’est rempli de fumée de cigarette, d’hommes au teint de cancéreux

et de filles dont les coupes de cheveux m’auraient épouvanté, la veille encore seulement. A présent, lorsque je m’autorisais à m’imaginer coucher avec l’une de ces coupes de cheveux, il me semblait que c’était une chose que je ferais bientôt si je ne quittais pas Berlin », peut-on lire dans le chapitre [LE1O9N8A0RD ]. Ce chapitre fait la part belle à l’histoire d’Andreas Wolf, quasi sosie de Julian Assange et Tom Aberant (onomastique quand tu nous tiens !), mari de Leila, collègue qui accueille voire recueille Purity et déclenche ainsi une cascade d’événements, apparemment sans lien, mais qui convergent tous vers l’apothéose finale de ce roman qui ne saurait laisser le lecteur indifférent. - Lucie Brownie -

SOCIÉTÉ

la CFDT), son existence est marquée par la fréquentation de religieux, notamment l’Abbé Garneret (1907-2002). Un tel parcours prédisposait à traiter, un jour ou l’autre, de la laïcité. Loin des grandes théories, Pinard préfère partir des toutes petites choses, l’histoire locale et sa propre expérience. Cela peut être vu comme un défaut, le risque est grand de se perdre dans l’anecdote, mais c’est souvent préférable à bien des études qui restent à un niveau de généralisation tellement élevé qu’elle finissent par ne jamais approcher l’expérience concrète des hommes. À une époque où l’esprit de la loi de 1905 est sans cesse invoqué pour mieux le détourner, ce livre offre une perspective plus engageante et tolérante que certaines pies médiatiques. La laïcité y est ici l’occasion de surpasser nos petites différences sans pour autant vouloir les faire disparaître. - Martial Cavatz -

BANDE DESSINÉE

Joseph Pinard

Laïcité et fraternité

Cêtre

Regnault et Seiter

Joseph Pinard fait partie de ces militants de gauche dont la socialisation politique a été marquée par la fréquentation d’associations chrétiennes. Bien qu’ayant fait partie de ceux qui ont œuvré à la laïcisation du SGEN (syndicat des enseignants au sein de

Éditions du Long Bec

Trou de mémoire Tome2/2 Combien de temps un homme peut-il survivre sans respirer ? Œdème pulmonaire traumatique. Quel que

soit votre problème nous sommes à votre service. C’est sur ces bonnes paroles, ces mots choisis qui se voulaient rassurants que Milton Gilford, si toutefois il s’agit bien de lui, gagnerait en lucidité (voir tome 1). Car un problème il y en a bien un. Un p’tit tour by night sur les quais sombres de Fisherman’s Wharf allait sérieusement lui égratigner le haut du crâne et c’est pas trois points de suture qui stopperaient la suppure. Y’a la mémoire qui flanche... Apparemment notre gagnant du jour est un ancien sniper du Underwater Demolition Team, son tableau de chasse ne manque pas de charme. Donc pour un expert en combat rapproché et en survie en milieu hostile, abandonner un cadavre dans une ruelle n’est qu’une simple formalité. Cette amnésie est insupportable, un interminable voyage de sale affaire. Milton a déjà tous les limiers du FBI aux trousses alors jouer au héros et se faire tirer comme un lapin ça commence à bien faire. Mais de là à finir, boulets enchaînés aux pieds, au fond des eaux glaciales de l’Upper Bay il n’y a qu’un pas. Fatale randonnée. - Pascal Vernier -


Cinéma

15

30 novembre Sausage Party

De Conrad Vernon Animation Une petite saucisse part à la recherche de ses origines.

14 décembre

Oppression

Avec Felicity Jones, Diego Luna Ce film se situe entre les épisodes 3 et 4 de la saga Star Wars. Des individus vont tenter de voler les plans de l’Étoile de la Mort au péril de leur vie.

Rogue One: A Star Wars Story De Gareth Edwards Fantastique

De Farren Blackburn Thriller Avec Naomi Watts, Jacob Tremblay Une pédopsychiatre vit seule avec son beaufils dans un chalet isolé. Un de ses patients est porté disparu.

Ballerina

De Eric Summer Animation Félicie a une passion : la danse. Avec son ami, ils inventent un plan pour s’échapper de l’orphelinat et partir à Paris. © DR

Sully le 30 novembre Le Gang des Antillais De Jean-Claude Barny Thriller Sully

De Clint Eastwood Biopic Avec Tom Hanks, Aaron Eckhart Un avion en panne parvient à atterrir sans faire de blessés.

Vaiana, la légende du bout du monde De John Musker Animation Une navigatrice part à la recherche d’une île mystérieuse. Elle est accompagnée de son idole, le demi dieu Maui.

La Fine équipe

Avec Djedje Apali, Eriq Ebouaney Jimmy Larivière arrive à Paris. Il fait la connaissance de trois jeunes Antillais qui l’entrainent dans des braquages.

Avec Omar Sy, Clémence Poésy Un homme se retrouve père du jour au lendemain. Il part à la recherche de la mère de l’enfant.

L’Ornithologue

Baccalauréat

De João Pedro Rodrigues Drame Avec Paul Hamy, João Pedro Rodrigues Un ornithologue longe une rivière en kayak afin d’apercevoir des spécimens de cigognes noires. Mais il se laisse surprendre par les rapides.

De Cristian Mungiu Drame Avec Adrian Titieni, Maria Drăguș Un médecin a tout mis en œuvre pour que sa fille entre dans une université anglaise. Mais il lui reste à obtenir son baccalauréat.

Dark Show

Carole Matthieu

De Magaly Richard-Serrano Comédie Avec Annabelle Lengronne, William Lebghil Omen est fan de la chanteuse Stan. Il lui propose ses services de chauffeur polyvalent.

De Olivier Parthonnaud Drame Avec Malcolm Conrath, Joanne McCallin X-tremLimit est un jeu télévisé qui a pour objet de mettre en situation extrême une personne à travers une série d’épreuves sportives.

Le Voyage au Groenland

Banana

De Sébastien Betbeder

Avec Thomas Blanchard, Thomas Scimeca Thomas et Thomas décident de partir pour Kullorsuaq, un village reculé du Groenland.

De Andrea Jublin Comédie Avec Marco Todisco, Beatrice Modica Un jeune garçon essaie de conquérir le cœur d’une petite fille. Cet enfant a une particularité : son pied est en forme de banane...

Ma’Rosa

Lazar

Comédie dramatique

De Brillante Mendoza Drame Avec Jaclyn Jose, Julio Diaz Ma’Rosa tient une épicerie dans un quartier pauvre de Manille. Pour subvenir à ses besoins, elle revend aussi illégalement des narcotiques.

Les Enfants de la chance De Malik Chibane Comédie dramatique

De Svetozar Ristovski Drame Avec Vedran Zivolic, Natasa Petrovic Lazar est le protégé d’un parrain et vit grâce à l’argent des trafics. Mais il tombe un jour amoureux d’une jeune étudiante.

7 décembre

Avec Matteo Perez, Philippe Torreton Maurice Gutman évite la rafle qui emporte sa famille car il doit être emmené à l’hôpital pour une jambe cassée.

Demain tout commence De Hugo Gélin Comédie

Premier Contact

De Denis Villeneuve Science-fiction Avec Amy Adams, Jeremy Renner De mystérieux vaisseaux venus de l’espace envahissent la Terre. Des experts tentent de comprendre les raisons de cette invasion.

Papa ou maman 2

De Martin Bourboulon Comédie Avec Laurent Lafitte, Marina Foïs Les Leroy ont réussi leur divorce. Mais la venue de deux nouveaux amoureux va bouleverser leur quotidien.

De Louis-Julien Petit Drame Avec Isabelle Adjani, Corinne Masiero Carole Matthieu, médecin du travail dans une entreprise, se rend compte que les techniques managériales sont difficiles à vivre pour les employés.

Cigarettes et chocolat chaud De Sophie Reine Comédie

Avec Gustave Kervern, Camille Cottin Denis s’occupe de ses deux filles Janis et Mercredi. Débordé, il oublie un soir l’une d’elles à l’école...

Personal Shopper De Olivier Assayas Fantastique

Avec Kristen Stewart, Lars Eidinger Maureen a trouvé un travail qu’elle n’aime pas et attend que l’esprit de son frère jumeau disparu se manifeste.

Manchester by the sea De Kenneth Lonergan Drame

Avec Casey Affleck, Michelle Williams Lee devient le tuteur légal de son neveu après la mort de son frère ainé, dans une famille de la classe ouvrière du Massachussets.

Absolutely Fabulous : Le Film De Mandie Fletcher Comédie

Avec Jennifer Saunders, Joanna Lumley Edina et Patsy continuent à vivre dans le glamour avec outrance. Elles poussent accidentellement Kate Moss dans la Tamise...

Salt And Fire

De Werner Herzog Thriller Avec Michael Shannon, Gael García Bernal Un scientifique accuse une grande entreprise d’avoir provoqué une catastrophe écologique.

Go Home

De Jihane Chouaib Drame Avec Golshifteh Farahani Nada revient au Liban. Elle se rend dans sa maison de famille en ruines où son grand-père a disparu pendant la guerre civile.

Alice Comedies De Walt Disney Animation

La Jeune Fille Sans Mains De Sébastien Laudenbach Animation

Un meunier vend sa fille au Diable. Cette dernière lui échappe mais se voit alors privée de ses mains...

Wonderland

De Lisa Blatter Drame Avec Peter Jecklin, Dashmir Ristemi Un nuage apparait dans le ciel et recouvre la Suisse, avant de se transformer en tempête.

Avec Virginia Davis, Margaret Davis Les premiers films de Walt Disney commencent dans les années 1920. Ils ont tous pour héroïne Alice.

Bienvenus !

De Rune Denstad Langlo Comédie Avec Anders Baasmo Christiansen Le propriétaire d’un hôtel est au bord de la faillite. Il songe à transformer ce lieu en centre d’accueil pour réfugiés.

Tikkoun

De Avishai Sivan Drame Avec Khalifa Natour, Riki Blich Haïm-Aaron vit à Jérusalem. Il fait de brillantes études dans une yeshiva. © DR

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Demain tout commence le 7 décembre

Personal Shopper le 14 décembre



Diversions Besançon décembre 2016