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Aire Urbaine mensuel gratuit

#27 octobre 2010

Alsace

culture - sorties - société - tendances

Rétrospective Léz’Arts Scéniques 2010 C’est dans la Vallée - Alice Russell/Ben l’Oncle Soul au Noumatrouff - United Sickness Festival #3 Beethoven,Bruckner, Rossini à l’OPS - La Moisson des Arts Loup y es-tu ? - Un jour en colonie Les saisons : Comédie de l’Est - Tanzmatten - Pôle Sud - Salle du Cercle - Erstein

+ Agenda des sorties p.4 / Chroniques CD p.13 sorties CINÉMA p.15


diversions-magazine.com

cultures sorties société tendances

#28

novembre 2010 AGENDA - 4

Beethoven, Bruckner, Rossini

CHOSES VUES - 6

THÉÂTRES - 11

Léz’Arts Scéniques 2010

REPÉRAGES -7

Les 10 ans de C’est dans la vallée La nouvelle saison de Pôle Sud Les saisons culturelles Salle du Cercle à Bischheim Erstein Les Tanzmatten à Sélestat

MUSIQUES - 9

Week-end soul au Noumatrouff United Sickness Festival #3 La Lune jaune au Taps Gare

La Moisson des Arts au PréO Les Concerts Brodsky Alice Laloy au TJP Des airs de colonie de vacances La saison de la Comédie de l’Est à Colmar

OUVREZ LES YEUX - 13

La fin du monde tel que nous le connaissons

CHRONIQUES CD- 14

Tété en concert à Schiltigheim

Jean-Louis Hess

CINÉMA - 15

Photographes en Alsace 2010,

du 10 septembre au 7 novembre, La Filature, Mulhouse La Filature nous présente cette saison les travaux de dix photographes nés en Alsace pour la plupart, mais qui n’hésitent pas à nous faire traverser les frontières.

Traverser les frontières comme Christophe Bourgeois parti à Chongqing, plus grande ville du monde avec 34 millions d'habitants. Chantier là encore, lieu en devenir mais explosant totalement l’échelle de la minuscule zone des Vosges du Nord… Lieu des hautes aspirations (vanités ?) chinoises, même si le photographe ne manque pas de montrer aussi les « petites mains » derrière tout cela. Le regard du photographe des deux côtés du miroir avec l’humain en point de mire. Mathilde Mestrallet s’est frottée elle aussi aux paysages, de Hongrie cette fois, en visitant Miskolc, ville du Nord-Est. L’œil de la photographe se pose sur un autre endroit du monde où le développement industriel a prévalu, le béton mordant une nature que Mathilde Mestrallet s’évertue à rechercher entre deux espaces gris. Gauthier Sibillat lui aussi s’est penché sur l’univers urbain et la ville dans ses extrémités. Lieux souvent oubliés Diversions - Edition Alsace Journal d’information gratuit 12, rue des Vieilles Perrières 25000 Besançon 03 81 57 58 92 - 06 34 12 01 91 www.diversions-magazine.com diversions@orange.fr Editeur : SARL Diversions RCS : 508 184 934 Directeur de la publication : Boban Stanojevic 03 81 57 58 92 - 06 34 12 01 91 diversions@orange.fr

© Zvardon Frantisek

Philip Anstett investit ainsi le milieu urbain, s’inscrivant dans la lignée de la « Street Photography » consistant à prendre des images à la volée. La photographie brute, prise à l’instinct avec cette part de hasard qui rend parfois des images saisissantes. Certains photographes se réfèrent ouvertement à une certaine tradition de l’image, tel Bernard Birsinger qui travaille sur le paysage sauvage, dont il tente de faire ressortir des traits particuliers, lieux en transition que l’objectif du photographe fixe à jamais. Le paysage toujours avec Bernard Bischoff en panoramique cette fois pour donner à voir les Vosges du nord, théâtre sauvage et reculé. « Je tente ainsi d’agir contre la dévastation des milieux, la disparition des vergers, des haies, des bosquets, contre l’envahissement du piémont par les monocultures polluantes » expliquet-il.

Zvardon Frantisek (voire cachés) dont les paysages dessinent, à celui qui veut bien regarder, des motifs mis en scène à travers l’objectif. Leur charge poétique, souvent insoupçonnée, nous est révélée par l’œil du photographe. Sébastien Bozon va à la rencontre de pratiquants musulmans lors du Ramadan, comme Frantisek Zvardon découvrant quant à lui les Surmas, peuplade du sud-ouest de l’Éthiopie. Loin des discours anthropologiques, le photographe se borne ici à faire ressortir la dimension esthétique et poétique des corps. Jean-Louis Hess le dit d’ailleurs lui-même, « la photographie est une manière de partager ». - Hector Mann -

Rédacteur en chef : Dominique Demangeot magazine.diversions@yahoo.fr

Régie publicitaire : Boban Stanojevic - 03 81 57 58 92 - 06 34 12 01 91 - diversions@orange.fr

Rédaction : Samuel Bertaud, Gilles Bloin, Frédéric Dassonville, Dominique Demangeot Bertrand Demornieux, Nicolas Keshvary, Amandine Mannier, Hector Mann Sébastien Marais, Fabien Pautot, Paul Sobrin, Boban Stanojevic, Marc Vincent

Dépôt légal : octobre 2010 © Diversions 2010 Imprimé en Espagne ISSN : en cours

Comité de relecture : Dominique Demangeot, Caroline Vo Minh

valeur : 1,15 euros offert Diversions est diffusé gratuitement sur l’Alsace, la Bourgogne et la Franche-Comté Prochaine parution : 28 octobre 2010


Diversions - L’Agenda du mois

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Les sorties du mois en un clin d’oeil

HAUT-RHIN

Médiathèque Ateliers multimédia jeunesse du mercredi de 9h à 10h 29 septembre : initiation à l’ordinateur 1 6 octobre : initiation à l’ordinateur 2 13 octobre : Défi clavier

ALTKIRCH CRAC Alsace Du 10 octobre 2010 au 16 janvier 2011 Exposition « Folklore ? » + Project Room n°8 «Mais Godard c’est Delacroix/Plan 3»

Musée Fernet Branca

COLMAR Comédie de l’Est

Du 29 septembre au 1er octobre : La route vers la Mecque Du 11 au 15 octobre : Le Meunier hurlant 13 et 14 octobre : Eugène O’Neill : Tryptique La corde, Soif, L’endroit marqué d’une croix 20 et 21 octobre : Ismène

Le Grillen

1er octobre :Release Party : Evi Anton (pop) 8 octobre : Soan (chanson) 9 octobre : Festival Orgies d’influences 12 octobre Jon Oliva’s Pain (métal/prog) 15 octobre : Karelia (electro indus) 16 octobre : Léoparleur (chanson) 17 octobre : Noumacore : Vulcain (métal) 29 octobre : Korpiklaani + Eluveitie (folk métal) 30 octobre : 100% Drum’n’bass #2 : DJ Panick 31 octobre : Halloween Tribute Lux Interior

Théâtre municipal

2 octobre à 20h30 : Jacky et Roger avec vous jusqu’au bout (humour) 7 octobre à 12h30 : Schumann selon Clara (apéritif concert)

22 octobre à 20h30 : Zaz + Agnès Bihl (chan-

son)

Parc des expositions

Du 1er au 4 octobre : Salon des Antiquaires Expositions

Espace d’art contemporain André Malraux Du 4 septembre au 24 octobre Antonio Segui, peintures et gravures

Shakaponk au Noumatrouff le 16 octobre 14 octobre à 20h30 : Flânerie en chansons par la Cie l’Ouvre Boîte (café concert) 15 octobre à 20h30 : Let Hit Be - les Beatles a capella (concert) 16 octobre à 20h30 : Florijazz (concert) 21 octobre à 20h30 : Jazzoscope - café (concert) Vendredi 22 octobre à 20h30 : Mozart vs Mozart - par la Cie FFortissimo (Humour musical)

KINGERSHEIM Espace Tival

6 octobre à 14h30 : Compagnie Gangmit & Pol à découvrir en résidence (entrée libre) Du 25 octobre au 3 novembre : Accueil de loisirs des vacances de la Toussaint Inscriptions à partir du mardi 12 octobre

MULHOUSE

La Filature du 10 septembre au 7 novembre : Photographes en Alsace (exposition) 7 octobre à 19h30 - 8 octobre à 20h30 : 13 Most Beautiful… Songs for Andy Warhol’s Screen Tests Dean & Britta (ciné concert) 9 octobre à 20h : Opéra national du Rhin Love and Other Demons Peter Eötvös (opéra) 12 octobre à 20h30 : David Murray and the Gwo Ka Masters The Devil Tried to Kill Me (jazz)

Lézard

Du 10 septembre au 30 octobre Jean-Luc Schické - Bé(ton) at(t)itude (sculptures) Jusqu’au 31 octobre Joe Downing, un américain en France

ENSISHEIM

Caf’Conc

ILLZACH

1er et 2 octobre à 20h30 : La Cruche cassée par la Cie Hélios (Théâtre) Du 5 au 23 octobre : Sculptures d’Olivier Courty Exposition d’art contemporain 8 octobre à 20h30 : Alfred Dirmel One man show (humour) 8 octobre à 21h15 Chansons Folles tirées du chapeau - par la Cie le Vent en Poupe (Chansons)

Kunsthalle Mulhouse Jusqu’au 14 novembre : Exposition «La fin du monde tel que nous le connaissons»

David Murray 13 octobre à 19h30 - 14 octobre à 19h30 : Le gros, la vache et le mainate de Pierre Guillois – Bernard Menez (théâtre) 15 octobre à 20h30 - 16 octobre à 20h30 : Concert symphonique 2 Honegger - Ravel Beethoven (musique) 19 octobre à 20h30 : Thomas Fersen Mythologies (musique) 21 octobre à 19h30 : Walking next to our shoes… Robyn Orlin (danse) 30 octobre à 20h - 31 octobre à 15h Ballet de l’Opéra national du Rhin - Empty Spaces (danse)

Autres événements

Du 8 au 10 octobre : Festival Theatra

Noumatrouff

1er octobre à 20h30 : Darkness Dynamite + Smash Hit Combo (métal) 7 octobre à 20h : Alice Russell + guest (soul) 8 octobre à 20h30 : Ben l’oncle Soul + Jamoon (soul) 9 octobre à 20h30 : EIFFEL + Baby Brings Bad News (rock) 14 octobre à 20h30 : Primal Fear + Circle II Circle (hard rock) 15 octobre à 20h30 : Noumacore : Housebound + Fall Of Death + One Size Fits All + Blood For Navajos (métal

fusion hardcore)

16 octobre à 20h30 : Noumacore : Shakaponk + Shineski (rock electro fusion) 21 octobre à 20h : Beast + Tzak (electro rock soul)

30 octobre à 20h30 Youssoupha + Rescapés (hip hop)

SAINTE-MARIE-AUX-MINES

Théâtre de la Sinne

3 octobre : C.P.E Bach - Haydn – Mercadante (Musique classique)

5 octobre : Mozart – Schubert (Musique

classique)

6 octobre : Mission Florimont (Théâtre) 9 octobre : Fête au Village de l’OMAP 16 octobre : Laurence Ridoux (piano) 20 octobre : Gros mensonges (Théâtre) Du 23 au 30 octobre : Lifting oder jung se esch alles (Théâtre)

Parc des expositions

Musée d’Unterlinden

1er et 2 octobre : Shanna Waterstown (blues soul)

Jusqu’au 24 octobre : De Degas à Picasso, collection Jean Planque Du 1er octobre au 30 décembre : Utopies et innovations/Architectures transfrontalières

Du 2 au 3 octobre : 19ème Salon du Mariage et des Jours de Fêtes Du 7 au 17 octobre : Journées d’Octobre de Mulhouse Du 22 au 24 octobre : 4ème Salon Energivie Du 23 au 24 octobre : 7ème Salon des Vins, des Femmes, des Hommes 31 octobre : Salon de l’Univers du Parfum, Cartes Postales, Collections, Antiquités, Brocante de qualité et des Collections

SAINT-LOUIS

Forum Exposition Jusqu’au 31 octobre Delphine Guitard - Instantanés (peinture)

La Coupole

2 octobre : Fame (Comédie musicale) 12 et 13 octobre (10h et 14h / 19h30) Chatroom (Théâtre) 22 octobre : Le couronnement de Poppée (Opéra)

Du 7 au 10 octobre 2010 : Festival C’est dans la Vallée Du 21 au 24 octobre : Modes et Tissus

BAS-RHIN

BISCHHEIM Salle du Cercle 14 octobre : Amparo Sanchez (Espagne) (Musique du monde)

HAGUENAU Théâtre de Haguenau 12 octobre à 20h30 : Soudain l’été dernier, d’après Tennesse Williams (théâtre) 19 octobre à 20h30 : Les grandes gueules chantent Les exercices de style de Queneau (musique) 29 octobre à 20h30 : Torun Eriksen (Norvège) et le Jazzchor Freiburg (Allemagne) (musique) dans le cadre du festival Gospel’In 2 qui se déroulera du 29 octobre au 1er novembre à Haguenau et dans ses environs

Musée historique

Jusqu’au 10 octobre : Exposition Lucien Binaepfel


Diversions - L’Agenda du mois

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ILLKIRCH-GRAFFENSTADEN L’Illiade

Les sorties du mois en un clin d’oeil

STRASBOURG Le Kafteur

2 octobre : Caña santa de cuba (Musique) 5 et 6 octobre à 20h30 Chatroom (Théâtre) 8 octobre : Tournois de Slam 13 octobre : Marie-Anne Alizon (Concert

Jusqu’au 2 octobre Sprütz Faux Rêveur Du 7 au 16 octobre Francis Albiero dans «Le Fruit» Du 19 au 23 octobre La Terre est un bateau (jeune public)

Découverte)

13 octobre : The Wilders (Musique) 14 octobre : Le préjugé vaincu (Théâtre) 16 octobre : Em Remes Sini Band (Musique) 20 octobre : Sanseverino (Musique) 20 octobre : Ficelles (Jeune Public) 21 et 22 octobre : Bicentenaire Fryderyk Chopin (1810-1849) et Robert Schumann (1810-1856) (Musique Classique) 23 octobre : Mozart vs Mozart (Humour) 23 octobre - 07 novembre : La dure lutte

La Laiterie

La sélection Métal

29 octobre : Epica + Kells + Revamp La sélection Blues/Funk :

7 octobre : Maceo Parker

(Humour)

26 octobre : Jena Lee (Musique) 28, 29 et 30 octobre : Super Scène (Humour) 29 octobre : Robert Weiss (Musique) 30 octobre : Les Contes Zinédits (Jeune

Le PréO 2 octobre : Arrêtez de mentir ! Pour le prix d’un ! (Humour) 8 octobre : Chapel Hill / Gablé / Messer Chups (Musique) 9 octobre : Ben l’Oncle Soul / Bibi Tanga & The Selenites (Musique) 15 octobre : Mais n’te promène donc pas toute nue et Léonie est en avance (Classique du Répertoire)

19 octobre : La Moisson des Arts (Exposi-

tion/théâtre)

20 octobre : Wendy et Peter Pan (Jeune

public)

22 octobre : Vent Coulis (Théâtre) 23 octobre : Du bleu plein les Yeux

Jusqu’au 3 octobre Bruno Breitwieser : « Voir / Se voir» A partir du 19 septembre Exposition « En passant » - Pascal H. Poirot Rue de l’église, dans le cadre de la deuxième édition de « Fenêtre contemporaine ».

Les Tanzmatten

7 octobre à 14h30, 8 et 9 octobre à 20h30 et 10 octobre 2010 à 17h Léonie est en avance/Mais ne te promène donc pas toute nue (Théâtre) 14 octobre à 20h30 Sur le fil par Sophie Forte (complet) 23 octobre à 17h30 United Sickness Festival #3 (musiques ex-

son française/Rock)

harpe et chant)

13 octobre : Plastic Circus (Marionnette/ Création)

16 octobre : Marc Jolivet fête 40 ans de scène (One man show)

22 octobre : Volo (Chanson française) 23 et 24 octobre : Un jour en colonie, la si, la sol… ! (Théâtre/Danse/Humour)

Jusqu’au 24 octobre Feydeau - Du mariage au divorce

Chambre à part Du 8 octobre au 7 novembre Guillaume Chamahian

Musée Alsacien

Chapelle Saint-Quirin

2 octobre à 20h30 : Alex Tassel Quintet (jazz) 5 octobre à 20h30 : Sylvain Luc et Biréli Lagrène Duo (jazz) 9 octobre à 20h30 : Belle du Berry et David Lewis (chanson) 10 octobre à 17h : Plaisirs d’amour (duo

Hall/Cirque)

Théâtre National de Strasbourg

Expositions

du 1er octobre au 20 novembre Exposition Destination : livres

1er octobre à 20h30 : Weepers Circus (Chan-

1er octobre : Ouverture de saison Yvan Le Bolloc’h : Ma guitare s’appelle reviens (Humour musical) 8 octobre : Ça va bien (One man show/Music-

Du 12 au 23 octobre (dès 6 ans) : Y es-tu ? Du 15 au 24 octobre (dès 10 ans) 2084 (un futur plein d’avenir)

36, rue du Bain aux Plantes

SÉLESTAT Bibiothèque humaniste

SCHILTIGHEIM Saison de l’Echappée Belle

OSTWALD Le Point d’Eau

Théâtre Jeune Public

peinture-matière-écriture installation vidéo - Pascal Stutz

Marc Jolivet

trêmes)

Ben l’Oncle Soul

7 octobre à 20h30 : Anthony Braxton Septet 14 octobre à 19h : Phuphuma Love Minus 15 et 16 octobre à 20h30 : Robyn Orlin City Theatre & Dance Group 20 octobre à 20h30 : Erika Stucky and Roots Of Communication

La Tinta Café

Public)

OBERHAUSBERGEN

Pôle Sud

15 octobre à 20h30 : Lo Cor de la Plana + Danyel Waro (musique du monde) 16 octobre à 20h : Iva Nova+Jessie Evans+Izia (polka rock, pop, electro, afro-beat, rock...)

19 octobre à 20h30 : Piers Faccini (folk/ blues) 26 octobre à 20h30 ! Oregon (jazz) 30 octobre à 20h30 : Tété (folk/blues/chanson)

SOULTZ-SOUS-SALINE La Saline 10 octobre à 17h Rick Hannah Trio (jazz) (+ projection à 15h30) 29 octobre à 20h30 Catch d’improvisation (théâtre) par la Cie Inédit Théâtre

Maceo Parker

Du 16 octobre au 31 janvier Des mondes de papier, l’imagerie populaire de Wissembourg

La sélection Electro

16 octobre : Front 242 + MOPA La sélection Hip Hop

14 octobre : Tumi & The Volum + SMOD La sélection Pop

30 octobre : Peter Doherty + Marie Flore

Le Maillon

Du 15 au 17 octobre : La Menzogna (théâtre) 21 et 22 octobre : Les concerts Brodsky

Le Molodoï

1er octobre : Next Level : MILK’N’HONEY SOUND + RUHM ONE + FOST + WICKED MAN + SHOCKRAT ... 2 octobre : Vinyls release party : NO HIT MAKERS + LORD FESTER COMBO + BRAIN EATERS + LE MASSEY ... 7 octobre : Doom expe garage : 1400 POINTS DE SUTURE + JC SATAN 8 octobre : Badass’s’Cream : BOUM OPERATOR + COPERNIC + ANATHEME + EMAKHA + TADAM + FURIO ... 9 octobre : Dub Soundz : WEEDING DUB FT. MC OLIVA + O.B.F SOUND SYSTEM + AGOBUN SOUN ... 11 octobre : Indie garage noise THE PHARMACY + ANCIENT SKY + LITTLE GOLD + TIMBER RATTLE + B ... 14 octobre : Soutien O’zone AMSTERDAM KLEZMER BAND 15 octobre : Doigt dans le nez : SPERMICIDE + PHALANGES METALLIQUES + SCUMSHOT 16 octobre : Le concert des dix ans 21 octobre : Soutien aux inculpés du contre sommet de l OTAN 25 octobre : LEDLP Assonance et Pelpass : DES ARTE + LES TRUES + HERMETIC DELIGHT + MOVIE STAR JUNKIES 30 octobre : Hirsute Konfrerie 2 DJ GIOBBE + DJ HYPE + DJ NIMP + RTZ + OSKAR + BRZ + BATROUX ...

L’imagerie populaire de Wissembourg Musée Archéologique Du 15 octobre au 31 décembre Strasbourg-Argentorate (Fouilles 8)

Musée Historique

Jusqu’au 10 décembre Strasbourg brûle-t-il ?

Stimultania

Jusqu’au 24 octobre : Michael Ackerman 17 octobre : concert : Mister Quintron + Miss Pussycat


Choses vues

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Retour sur... Lez’Arts Scéniques 2010 à Sélestat

© Nicolas Keshvary

IAM © Nicolas Keshvary

Les classiques sont passés en revue et une reprise de Brassens, « La mauvaise réputation » clôt la prestation. Une légende du reggae s’élance à son tour: Toots and the Maytals. La pluie s’est également invitée. IAM monte sur scène à 21h45 pour le plus grand plaisir de tous. Hip Hop,

Joseph Duplantier de Gojira L’événement Zone 51 de l’année était de retour en cet été 2010 avec la renaissance de Léz’Arts Scéniques. Alors que l’association annonce d’ores et déjà une édition 2011 en lâchant un premier nom (les mythiques Dubliners), petit retour sur l’édition 2010 pour les nostalgiques.

Vendredi 30 juillet

- Textes et photos : Nicolas Keshvary -

www.nicolas-keshvary.com

Samedi 31 juillet

Cette journée du samedi s’annonce très chaude avec son soleil de plomb. On oublie les perfectos, vestes en jeans patchés et cheveux longs, pour laisser la place aux crêtes, Doc Martens et Bombers ! Voilà les keupons qui débarquent ! C’est The Boring qui entame la journée après l’annulation de Civet. Les hollandais de Mark Foggo et leur ska péchu nous gratifient d’un set déjanté à l’image de leur chanteur loufoque. Les groupes s’enchainent et c’est déjà le tour des Irlandais d’Undertones de prendre d’assaut le main stage. Le set est correct et quelques pogos commencent à voir le jour. A 18h45 c’est le collectif du « Bal des enragés » qui va reprendre les choses en mains et faire monter de plusieurs degrés la chaleur ambiante. C’est sur « Je suis un anti-christ » que le groupe a déboulé en enchainant avec « I wanna be your dog » d’Iggy Pop. Ce collectif de quelques vingt musiciens (Parabellum, Lofofora, Tagada Jones, Punish Yourself entre autres) a pour but de reprendre des titres phares de groupes qu’ils apprécient. Seront passés en revue « Ace of Spades » de Motörhead (version presque plus réussie que l’originale) ou encore un énormissime « Killing In The Name Of » de RATM qui donne lieu à un pogo monstrueux. Le tout enrobé du jeu de scène de Klodia et ses acrobaties enflammées (dans le sens strict et figuré du terme), ou déguisée en Mère-Noël sur « Ce soir c’est Noël » avec en guest Monsieur Didier Wampas himself.

Dimanche 1er août

Cette dernière journée est placée sous les hospices du reggae et du Hip Hop. A 16h45 les poids lourds arrivent en même temps que le public. Babylon Circus réussit à réveiller les plus endormis. Elmer Food Beat n’ont quant à eux rien perdu de leur humour ni de leur énergie sur scène. Les paroles sont encore dans nos mémoires, quand on évoque « Daniela » ou « La caissière de chez Leclerc ». Le public entonne les refrains pendant que Manou le chanteur excentrique saute de part et d’autre de la scène avec son épuisette en guise de guitare ! Grande scène, 19h. Mike et Riké les deux chanteurs de Sinsemilia montent sur scène accompagnés de leur groupe.

© Nicolas Keshvary

C’est le métal qui ouvrait les hostilités sur la petite scène, avec les locaux d’Inside Project. Après les métallo-comiques d’Ultra Vomit, on passe la vitesse supérieure avec le groupe australien Koritni. Du bon hard rock rythmé avec le son et la patte reconnaissables du rock kangourou. Comme un hommage à leurs aînés le groupe reprendra même un titre d’AC/DC. L’organisation est réglée comme du papier à musique et les groupes s’enchaînent d’une scène à l’autre sans pause, et malgré la chaleur montante le public court pour ne pas louper une miette du groupe suivant. C’est le fer de lance du métal extrême français qui prend d’assaut le mainstage. Gojira assène son métal brutal. Son énorme et prestation hors du commun, comme si le groupe voulait se faire pardonner l’annulation de leur venue lors d’une des précédentes éditions (seul concert que le groupe à dû annuler de toute sa carrière, nous avouera le chanteur Joseph lors de la conférence de presse). De retour sur la petite scène avec le métal extrême de Loudblast. Le groupe de Stéphane Buriez souhaite revenir au-devant de la scène et nous ressort les bons vieux morceaux qui ont fait leurs heures de gloire. La tension monte peu à peu avec l’arrivée fatidique des 22 heures. Les pistoleros doivent monter sur scène : « We are Motörhead and we play rock’n’roll » nous prévient Lemmy Kilmister de sa voix caverneuse. Et nous voilà partis pour 75 minutes de pur rock’n’roll dopé aux anabolisants ! Le père Lemmy malgré ses 65 ans n’a rien perdu de son jeu de basse et de sa voix railleuse. Le show ne sera pas aussi intense qu’on l’espérait, mais Motörhead restera Motörhead et l’on ne peut que saluer la longévité d’un groupe plus qu’exemplaire.

discours revendicatifs, chorégraphie, tout y est, les titres repris en choeur par ce public conquis d’avance et qui a su les accueillir à bras ouverts. Nous avons même eu un flash back sur les années 80 avec le fameux Mia. IAM est le plus grand groupe hip hop français et à ce jour la concurrence est loin.

Motörhead et le grand Lemmy


Repérages

7

Les 10 ans de C’est dans la vallée Du 7 au 10 octobre, le festival C’est dans la vallée fête ses dix ans. Fondé par Rodolphe Burger à Sainte-Marie-aux-Mines en 2000, le festival mêle plusieurs propositions culturelles (musique, expositions, cinéma…) dans le cadre idyllique du Val d’Argent. Prenant place traditionnellement en mai, le festival se déroulera cette année en octobre, du fait de l’actualité chargée de Rodolphe Burger qui présentera d’ailleurs son nouveau spectacle dédié au Velvet Underground.

Higelin

Cette année le festival convie notamment Jacques Higelin, le samedi soir au Théâtre. Un passage obligé lorsque l’on sait que le chanteur a produit ses deux derniers albums à Sainte-Marie-aux-Mines. Un «Coup de foudre» qui tient sans doute à la beauté de ce « lieu qui a une âme », selon Higelin luimême. Le chanteur a pourtant les pieds bien plantés dans la réalité sociale et politique de 2010. Sa chanson Aujourd'hui la crise de 1976 n’a (malheureusement) par pris une ride. Rock progressif, chansons aériennes et swing composent ce nouvel opus.

Hommage à Woodie Guthrie...

Le festival sera également l’occasion de découvrir des artistes plus confidentiels mais au talent certain (on se souvient encore de deux concerts hors du temps en mai 2009, avec Piers Faccini et Matt Eliott à Saint-Pierre sur l’Hâte). Cette année, Seb Martel investira dimanche 10 octobre la chapelle haut perchée et rendra hommage à Woodie Guthrie. L’infatigable guitariste qui multiplie les collaborations comme on enchaine les solos

Higelin est de retour à Sainte-Marie-aux-Mines publiait en 2006 Coitry ?, double album dont l’une des faces (Country Side) faisait la part belle au folk blues. Pas étonnant donc qu’il revienne avec sous le bras un spectacle dédié à Guthrie, père de la folk aux Etats-Unis.

... et Dylan

Autre hommage au folk avec Ben Sidran qui a enregistré son nouvel album, Dylan Different, dans le studio de Rodolphe Burger. Une entrée en matière jazz et blues pour cette nouvelle édition de C’est dans la vallée, à suivre au Temple Réformé le 7 octobre à 20h. Un Dylan « revisited » à la sauce Ben Sidran, passé à la douce moulinette de ses arrangements jazzy aux ambiances feutrées, où les textes si pertinents de Robert Zimmerman sont particulièrement choyés, susurrés, servis avec une grande sensibilité.

Le Velvet

Rodolphe Burger nous transportera quant à lui dans le monde magique du Velvet Under-

ground. Ce projet est né en quelque sorte d’une rencontre du chanteur avec le Velvet il y a trente ans. « Sans ma découverte du Velvet Underground, assez tardive au fond, puisqu’elle date de 1976 environ, je n’aurais sans doute jamais entrepris pour ma part de « retour » à la musique et à l’expérience de groupe qui a débouché plus tard sur la création de Kat Onoma », confesse l’artiste. Le groupe de Lou Reed et John Cale a ouvert de nouvelles portes au rock, plongé vivant dans le bouillonnement artistique du New York de la fin des années 60. « J’ai découvert avec le Velvet que le rock n’était pas seulement une histoire de teenagers. Mais qu’il était peut-être l’art contemporain par excellence » dit encore Rodolphe Burger. Le Velvet Underground ou la conjecture inédite entre la spontanéité du rock qui s’ouvrait à un large spectre artistique, le jazz et toute une esthétique plastique que Warhol apportera au groupe. Cette création, qui fera l’objet d’un album live chroniqué prochainement dans nos pages, est à suivre le vendredi 8 octobre à 20 h au Théâtre.

L’image

N’oublions pas le cinéma, avec un cinéconcert d’Olivier Mellano sur Buffet froid, et les projections des films "La brune et moi" (1979), Mammuth (Kervern, Delépine), des documentaires... Kid Loco participera à un "after" avec de nombreux invités surprise le samedi soir au foyer du théâtre. Le lendemain il proposera une conférence autour de son étonnant objet littéraire et musical non identifié, "Les Soniques", co-écrit avec Niccolo Ricardo. Notons qu’une exposition rétrospective retracera également la décennie de ce festival unique en son genre. - Manu Gilles, Sébastien Marais, Paul Sobrin -

Programmation complète (concerts, conférences, brunch, concerts dans les bars...) www.cestdanslavallee.com

La nouvelle saison de Pôle Sud La scène conventionnée pour la danse et la musique de Strasbourg fêtait l’année dernière ses vingt ans. Alors qu’une nouvelle saison se profile, Pôle Sud poursuit son exploration des mouvements et des notes, avec la volonté toujours farouche de défricher le territoire chorégraphique contemporain et donner à voir la scène jazz internationale.

Danse

En octobre Pôle Sud prendra des allures de township de Johannesburg puisque la saison chorégraphique s’ouvrira le 15 avec la venue du Robyn Orlin City Theatre & Dance Group, où la chorégraphe convoque un chœur traditionnel zoulou et une chanteuse lyrique. La veille, le public aura pu entendre le groupe Phuphuma Love Minus, formation de musique traditionnelle zoulou qui a inspiré Robyn Orlin pour cette nouvelle création. Le public retrouvera quelques visages familiers, à commencer par Joanne Leighton, récemment nommée directrice du Centre chorégraphique national de Franche-Comté à Belfort, qui présentera son nouveau spectacle Made In Strasbourg le 5 décembre prochain, oeuvre pour 99 amateurs et 5 danseurs. Un travail collégial qui illustre la volonté de la chorégraphe de pratiquer l’enseignement de la danse auprès de nombreux publics. Made In Strasbourg sera en quelque sorte un portrait dansé de la capitale alsacienne, intimement lié au lieu où il se déroulera. Retour également de Virginia Heinen et Enrico Tedde, qui proposaient l’année dernière Caos-Genesi A/R. Dans Romanze, nous passerons du chaos créateur à la recherche de l’équilibre comme mode de création là encore. Une troisième création, Beautiful Djazaïr en février prochain mobilisera Yan Gilg (Cie

Erika Stucky à suivre le 20 octobre Mémoires Vives) en duo cette fois avec Hamid Ben Mahi (cie Hors Série). La question de la mémoire et de l’identité demeurera au cœur des préoccupations ici puisque la colonisation de l’Algérie sera abordée pour ce troisième volet après A nos morts et Folies Colonies. Les collaborations se poursuivent également avec Le Maillon sur plusieurs spectacles comme lors de la venue des Ballets C de la B d’Alain Platel en décembre ou celle de Josef Nadj en février, dans un spectacle mêlant jazz et danse et s’inspirant d’un ouvrage japonais bouddhiste du XIIIème siècle. A noter une « parenthèse » brésilienne en avril prochain, durant laquelle la compagnie Membros présentera trois pièces autour de thématiques sociales et contemporaines comme l’univers carcéral, danse inspirée du

hip hop et des grands ensembles urbains, souvent brute et percutante. N’oublions pas, en mai prochain, la vingtième édition du festival Nouvelles, qui creusera encore un peu plus la collaboration avec le Frac Alsace de Sélestat autour de la performance, et proposera notamment la première mondiale de la nouvelle création de La Ribot, préparée dans le cadre d’une résidence à Pôle Sud.

Jazz

Le jazz ne sera pas en reste cette saison avec de nombreux concerts en reflétant différentes facettes, parfois mêlé à d’autres disciplines. Beaucoup d’audace et même quelques légendes. La saison jazz démarre d’ailleurs le 7 octobre avec Anthony Braxton. Cet expérimentateur

multi-instrumentiste se produit à Pôle Sud avec de jeunes musiciens. Improvisateur pionnier du free jazz, mythique et mystique, il ouvrira grandes les portes du jazz en ce début de saison. En matière de free jazz, citons encore le légendaire Joe McPhee, accompagné de son saxophone et sa trompette de poche en février prochain. Les générations se croiseront cette année à l’image du duo Heinz Sauer et Michael Wollny, le premier vétéran du saxophone, le second jeune espoir du jazz allemand. D’autres instants transversaux sont à suivre durant la saison comme cette plongée dans l’Amérique profonde du guitariste Bill Frisell, au son du folk, du bluegrass et de la country, et au rythme des images du photographe Mike Disfarmer. A suivre aussi Catherine Delauney qui mettra en musique des poèmes de Malcolm Lowry en avril prochain. Des mots chantés par John Greaves et interprétés par un quintet composé d’une clarinette/accordéon, harpe, contrebasse et trombone. Les musiciens repousseront les limites techniques et stylistiques de leurs instruments, le trombone avec Reut Regev ou la guitare avec Marc Ribot, entre autres explorateurs. En parlant d’exploration, est à suivre notamment le 20 octobre prochain le concert d’Erika Stucky. Du jazz certes, mais fortement transformé par cette artiste qui convoque des esthétiques aussi diverses que le yodel (elle a grandi dans le Haut-Valais suisse) et le blues (née à San Francisco). Son accordéon et son humour sont d’autres armes redoutables pour qui apprécie la musique produite dans des contextes décalés. - Amandine Mannier, Fabien Pautot -

Nouvelle saison de Pôle Sud www.pole-sud.fr


Repérages

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La Salle du Cercle de Bischheim

La saison culturelle d’Erstein

La nouvelle plaquette de la saison culturelle de Bischheim évoque cette année la savane et sa faune, animaux d’ailleurs pour faire allusion aux nombreuses contrées explorées cette année à la Salle du Cercle : Espagne, Réunion, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Iran. Mais aussi le grand nord, l’océan, une île paradisiaque…

La saison culturelle d’Erstein ouvrait officiellement ses portes le 23 septembre, en plein air sur le parvis de la médiathèque avec la pièce de Shakespeare Macbeth, revisitée en profondeur par la compagnie Ecknobul. Une nouvelle saison de culture à Erstein qui mobilisera toutes les disciplines et fera une large place à la découverte et la pratique amateur.

La saison culturelle commence le 14 octobre avec Amparo Sanchez en partenariat avec les Nuits européennes. La chanteuse espagnole transportera le public dans un voyage entre Tucson et Habana, du nom de son premier album solo qui vient de sortir. La culture ibérique sera à l’honneur avec la chanteuse qui a longtemps officié au sein d’Amparanoïa, groupe de rock alternatif espagnol. Après de nombreuses collaborations (Calexico, Manu Chao, Tiken Jah Fakoli…), Amparo poursuit sa route en solo avec un album plus introspectif et mélancolique. Un premier concert qui illustre la prédilection de la Salle du Cercle pour les musiques du monde, puisqu’au fil de la saison le service culturel de la ville de Bischheim donne rendez-vous au public avec l’île de la Réunion (Davy Sicard en novembre), ou encore la Côte d’Ivoire en mars prochain avec Dobet Gnahoré. A suivre également quelques spectacles d’humour avec la venue de Denis Maréchal en décembre ou encore l’inénarrable Capitaine Sprütz en mai 2011. Le jeune public n’est pas oublié avec plusieurs spectacles durant l’année.

Les jeudis, Erstein proposera ses rendez-vous culturels, spectacles à voir en famille dans des domaines variés, musique, théâtre, cirque, humour... La ville d’Erstein travaillera une nouvelle fois en bonne entente avec des structures culturelles d’Alsace ou des festivals comme Jazzdor en novembre lorsqu’elle recevra Jean-Louis Martinier et Michael Riessler. En décembre la compagnie des Improvisateurs présentera sa nouvelle création, menée par Régis Bougharza autour de la télévision. Entre le cirque et l’humour, le public n’aura que l’embarras du choix avec notamment le retour du chanteur multi-instrumentiste Jean-Patrice Jullian qui présentera son nouveau spectacle mêlant textes et musiques. A suivre également du conte en février, de la marionnette en mars. Le théâtre contemporain aura également droit de citer avec la compagnie du Talon Rouge qui viendra présenter ses « Petites pauses poétiques, etc. », sur un beau texte de Sylvain Levey, entre autres spectacles.

Ciné-Concert

L’autre ligne directrice de la Salle du Cercle, c’est le ciné-concert qui occupera

Amparo Sanchez une fois encore une place de choix. Au menu plusieurs propositions conviant différents styles de cinéma. C’est Nanouk l’Esquimau, en partenariat avec le festival Jazzdor, qui ouvrira le bal le 10 novembre prochain. Sur une création musicale du groupe de percussion Baron Samedi, nous redécouvrirons le premier film documentaire de l’histoire, réalisé en 1922 et montrant l’univers des esquimaux, leurs paysages blancs à couper le souffle. Ce monde en voie de disparition sera mis en musiques (au pluriel, jazz, Balkans, Turquie…). Place à une création de Christian Paboeuf en janvier 2011 avec un film méconnu d’Alfred Hitchcok, The Lodger et en février c’est Buster Keaton qui investira la Salle du Cercle avec La croisière du Navigator. - Bertrand Demornieux -

www.salleducercle.fr

Les arts plastiques

Les amateurs d’art seront comblés puisque de nombreuses rencontres avec des travaux d’artistes seront organisées avec notamment une nouvelle édition d’Eur’Art court jusqu’au 10 octobre, carte blanche confiée à Daniel Depoutot qui rassemble Gabi Streile

et Werner Schmitt, artistes majeurs de l’art contemporain allemand. Quelques temps forts également comme le traditionnel « Erstein s’expose » en mars prochain nous faisant connaître les artistes du territoire avec deux nouveaux collectifs constitués, ou la diffusion d’œuvres du Frac du 8 au 31 janvier prochain à l’école d’arts plastiques. Le FRAC Alsace collabore avec le service culturel de la ville d’Erstein et mène un travail de sensibilisation à la création artistique auprès des publics enfants et adultes.

Soutien à la création

Les résidences reprennent également de plus belle cette année avec l’accueil de plusieurs compagnies qui bénéficient ainsi d’un soutien de la ville d’Erstein. Cette année ce sont quatre compagnies qui prépareront leurs spectacles, quatre spectacles divers dont celui de la Compagnie Actémobazar (A belles dents !) qui sera présenté en mars prochain au TJP à Strasbourg durant les Giboulées, mais aussi les 26 et 27 mai à Erstein. Christine Kohlmer préparera quant à elle fin septembre, avec sa compagnie Les Imaginoires, son nouveau spectacle L’Envol (titre provisoire) qui s’inspire d’ateliers menés dans les banlieues strasbourgeoises. Un spectacle sur les peurs et les espoirs des jeunes aujourd’hui. Un futur que Christine Kohlmer souhaite résolument positif. La saison culturelle s’achèvera sur un point d’orgue qui est le Festival Un été ailleurs, avec les USA comme thématique. - Samuel Bertaud -

Programmation complète : www.ville-erstein.fr

La saison des Tanzmatten Dix années de musique, de théâtre et d’humour, ça se fête. C’est bien ce que comptent faire Les Tanzmatten cette saison avec une programmation une nouvelle fois éclectique. Après un premier spectacle sous le haut patronage des mots de Claude Nougaro, revisité par un trio jazz en compagnie du chanteur David Linx, la saison est à présent pleinement engagée. En octobre on pourra notamment assister à la restitution d’une résidence de la compagnie BoulevArt Théâtre aux Tanzmatten, pour suivre leur adaptation de deux pièces de Feydeau du 7 au 10 octobre, Léonie est en avance et Mais n’te promène donc pas toute nue. Deux œuvres où une fois encore Feydeau glorifie les femmes, tout en assénant quelques coups de griffes à la bourgeosie bien pensante du XIXème siècle. Autre moment d’humour le 14 octobre avec Sophie Forte qui viendra présenter son nouveau spectacle mettant aux prises deux inconnus apprenant à se connaître au téléphone. Le spectacle est d’ores et déjà complet. Le mois se terminera sur la troisième édition du United Sickness Festival, dédié aux musiques métal (voir article p. 9), comme pour illustrer l’éclectisme de la programmation pour ces dix ans de spectacles à Sélestat.

Théâtre

L’art dramatique tiendra bien sûr une place de choix, qu’il s’agisse de théâtre classique (Le nombril de Jean Anouilh en novembre, La nuit des Rois de Shakespeare en avril) ou plus contemporain (à l’image de Dis à ma fille que je pars en voyage, par la Compagnie Indigo, sur l’univers carcéral féminin). A noter en mai 2011 la venue d’Alice Belaidi pour

Le mois se terminera sur la troisième édition du United Sickness Festival, dédié aux musiques métal, comme pour illustrer l’éclectisme de la programmation pour ces dix ans de spectacles à Sélestat.

La légende Cock Robin en février prochain

son spectacle Confidences à Allah, qui lui a valu le Molière 2010 de la révélation théâtrale féminine.

Musique

La musique sera un autre passage obligé aux Tanzmatten. Des couleurs éclectiques allant des musiques actuelles à travers plusieurs concerts dont ceux organisés avec l’association Zone 51, au jazz manouche (Les doigts de l’homme en avril 2011). Musique classique également avec le traditionnel concert de Nouvel An de La Follia en janvier, du blues en février avec le légendaire Mighty Moe Rogers

sans oublier Cock Robin en février également, autre légende de la pop internationale cette fois. Le festival Chansons en herbe reprendra ses droits en mai 2011 avec la venue de jeunes espoirs de la scène française, dont Zaz popularisée ces derniers mois par son tube « Je veux ».

Humour

N’oublions pas le rire qui tiendra une grande place avec d’abord la Semaine de l’Humour du 23 au 28 novembre, précédée par le Grand Tremplin de l’Humour présenté le 20 novembre prochain par Jean-Luc Falbriard, un tremplin pour mettre le pied à l’étrier des jeunes pousses de l’humour. Le rire sur tous les modes, de l’incontournable Gustave Parking à Gaspard Proust, la dernière recrue de Laurent Ruquier à l’humour acide qui n’est pas sans rappeler Desproges.

Mais aussi…

Les Tanzmatten cette saison, ce sera aussi de la danse, « claquettes déjantées » en janvier et danse hip hop en mars, du cabaret visuel burlesque, du cirque moderne et multimédia (Coloro en décembre), du nouveau cirque avec les Pas perdus des Argonautes en février pour redécouvrir cet art ancestral qui évolue avec son temps. Les artistes d’Alsace auront une fois encore une place importante dans la programmation, que ce soit en matière de théâtre (le Théâtre du Vieux Rempart se produira ainsi à deux reprises aux Tanzmatten), de musique (le trio de clarinettes d’Accroche-Note en février) ou d’humour (la fameuse Revue Scoute qui revient en février 2011) - Manu Gilles -

Programmation complète : www.tanzmatten.fr


Musiques

Week end Soul au Noumatrouff

United Sickness Festival #3

Le Noumatrouff a concocté une fin de semaine Soul les 7 et 8 octobre avec deux jeunes représentants de cette musique : Alice Russell à découvrir et Ben l’Oncle Soul qui cartonne actuellement sur les ondes.

Zone 51, en partenariat avec Les Tanzmatten, remet le couvert à Sélestat le 23 octobre pour une nuit dédiée aux musiques extrêmes. Un festival international qui augure de blasts à tout va.

Alice Russell

La Soul revient fort ces dernières années, y compris sur les grandes ondes et les télévisions. Si Alice Russell n’a pas (encore) l’aura d’une Duffy ou d’une Amy Winehouse, elle est tout aussi britannique que ces dernières, et possède surtout un organe capable de chanter la soul, ce qui n’est pas donné à tout le monde, vous en conviendrez… Si elle a débuté sa carrière en 2004, c’est son deuxième album Pot of Gold, essuyant des critiques dythirambiques, qui la distingue en 2008. Fan absolue des grandes voix de la soul, Alice Russell (qui reprendra d’ailleurs elle aussi Seven Nation Army en 2006 comme Ben l’Oncle Soul), produisait en 2008 avec Pot Of Gold, un album en or en effet, pour celui qui apprécie la soul à l’ancienne à l’image de Living The Life Of A Dreamer, morceau au groove irrésistible et cuivrés à souhait. Let Us Be Loving et ses cordes classieuses, ses chœurs tout aussi léchés. Des envolées vocales enfiévrées à l’orgue Hammond qui s’enflamme, tout y est. Et la reprise inspirée de Crazy n’est pas là pour nous contredire.

Ben l’Oncle Soul

Au-delà du gimmick entêtant de Seven Nation Army, transformé ici en une cocotte soul du plus bel effet, Ben (qui, rappelons-le, est originaire de nos chères contrées françaises) a produit un premier album teinté de soul chaude et pleine d’humour. La langue de Molière tient la dragée haute à l’anglais dans ce premier album. Comme l’illustre le deuxième morceau de la galette, Ben aspire à être un « Soulman », chante-t-il au son

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L’association Zone 51 œuvre d’arrachepied pour installer au fil des années une scène des musiques actuelles éclectique sur la région Centre-Alsace. Si le point d’orgue est chaque été le festival Léz’Arts Scéniques, durant la saison régulière nous avons droit à quelques soirées bien senties pour les amateurs de musiques électroniques, de rock et de métal. Cette troisième soirée United Sickness penche clairement du côté de cette dernière discipline, mais en la poussant à l’extrême.

Alice Russell d’un vieux piano vintage, slows gonflés aux hormones et chœurs chaud bouillants (Mon amour, L’ombre d’un homme, Lise), un petit côté funky laidback également, qui rappellera les grandes heures de Sinclair (Elle me dit). Ce jeune Tourangeau aux tenues élégantes convoque les figures majeures de la soul des sixties de manière efficace. - Dominique Demangeot -

Alice Russell + Taylor Mc Ferrin, 7 octobre à 20h, Ben l’Oncle Soul + Jamoon, 8 octobre à 20h30, Le Noumatrouff, Mulhouse www.noumatrouff.com

Plusieurs des formations présentes ont de l’expérience à revendre, à commencer par Rotten Sound, fondé en 1993 et qui n’a cessé depuis d’écumer les scènes grindcore du monde entier. Les finlandais donnent le ton : voix inhumaine comme éructée de la gorge en feu d’un démon. Le dernier opus sorti en juin, Napalm, hommage non dissimulé à Napalm Death, nous présente le groupe dans sa meilleure forme même si, pour une fois, ils lèvent quelque peu le pied sur certains titres (remarque toute relative lorsque l’on connait la capacité d’atomisation de leur musique). Leur exécution d’une brutalité froide et chirurgicale devrait mettre tout le monde d’accord. Place ensuite à une autre formation roulant sa bosse depuis près de vingt ans avec Malignant Tumour. Venus de République Tchèque, ce sont des pionniers du grind dans leur région, parsemant leurs lyrics de termes médicaux aussi peu ragoûtants les uns que les autres. Les allemands de Gorezone obtiennent quant à eux de bonnes critiques depuis

quelques années, participant notamment au très prisé Grind’em All Tour en 2004. Dans la ligne de Deaden et Deeds Of Flesh, Gorezone avance un death métal brutal et technique qui enchaine les cassures rythmiques et les styles de chants (deux voix ici alternant guttural, deathcore, growl…). Un changement de line-up (qui n’a épargné que les guitariste et bassiste) a considérablement élevé le niveau de jeu. A suivre d’autres formations tout aussi barrées (Rectal Smegma, porngrind moins rapide mais saturé d’éructations perverses, Tortured Soul (dans un style plus death/ hardcore), Rubufaso Mukufo (grindore), Trepan Dead (grindcore) et enfin Human Parasite (death métal). - Brent -

United Sickness Festival #3, Les Tanzmatten, Sélestat, 23 octobre dès 17h30 www.zone51.net - www.tanzmatten.fr

La Lune jaune au Taps Gare En octobre les Taps nous proposent une expérience de théâtre originale puisque Corine Linden, co-directrice artistique de la compagnie Flash Marionnettes, a souhaité mêler ici poésie et musiques actuelles. Une œuvre transdisciplinaire, qui mobilisera également ses compétences de plasticienne, à voir du 12 au 17 octobre au Taps Gare. Dans une société demandeuse d’étiquettes et de catégories, La Lune jaune est pour le moins un spectacle qui détonne. Spectacle en effet, si l’on s’en tient à la racine latine du terme, quelque chose l’on va « voir ». Voir cette diseuse de poèmes qui va peindre en même temps sur un long rouleau de papier wenzhou. Mais écouter aussi les mots de Pessoa, Michaux, Apollinaire. Ecouter la musique de Stéphane Bonacci. Mettre à profit ses sens donc pour appréhender cette Lune jaune. Après trente années et des poussières de bons et loyaux services au sein de la compagnie Flash Marionnettes, Corine Linden s’est lassée d’une certaine routine qu’elle avait sentie s’installer. « J’ai eu envie de descendre du train. J’ai fait de la sculpture, puis une bourse au CEAAC pendant deux ans m’a permis de découvrir le monde des plasticiens », explique-t-elle. Une remise en question artistique et personnelle à l’origine de La Lune jaune. C’est en lisant un livre d’Henri Michaux offert par un ami que Corine Linden entre en poésie. Quelques vers qui lui offrent l’occasion de décrocher de cette « machine à penser » comme elle le dit elle-même. Les phrases des poètes lui font du bien. Auprès d’un « grand diseur de mots, un fou de Rim-

baud », elle apprend à faire les résonner. « Il faut charger les mots, les densifier », explique Corine Linden, « mais sans les alourdir ».

Mieux ressentir les mots

Les dépoussiérer aussi, car on a souvent une image galvaudée de la poésie. C’est pourquoi La Lune jaune sera également mise en musique pour « voir si la poésie peut fonctionner avec du rock ». Stéphane Bonacci qui a composé les musiques, a très vite trouvé la voie vers les textes qui lui avaient été présentés. Peut-être parce qu’un musicien ne peut qu’être sensible à la musique interne et au rythme d’un vers. A la parole et à la musique, Corine Linden mêlera aussi le geste, exécutant des peintures Tch’an à l’encre de Chine en direct, offrant un contrepoint graphique à la musique et aux mots comme pour mieux souligner ces derniers. Là encore il est question de souffle, la peinture Tch’an ayant beaucoup à voir avec le zen bouddhique. Le geste a une importance centrale. Tout dire en quelques traits, comme une rupture là encore avec la peinture traditionnelle. A y regarder de plus près, les auteurs retenus ont pour la plupart emprunté des chemins de traverse, pris des risques. Arts graphiques et psychiatrie pour Michaux, poèmes-dessins d’Apollinaire précurseur du surréalisme, Pessoa et ses doubles. Mais parmi cette multiplicité qui tourne parfois à la schizophrénie, entre musique, poésie et peinture, réside peut-être l’opportunité de se retrouver soi-même dans une introspection salutaire. Encore faut-il trouver le geste qui englobera l’ensemble. Le travail de mise en scène de

Dominique Guibbert a consisté justement à lier toutes ces forces, poésie, musique, peinture, « même si le texte est premier », insiste Corine Linden, car tout ceci est un fragile édifice. Un art qui joue aussi sur les contrastes, comme un peintre impressionniste bâtit ses tableaux sur l’opposition des couleurs. - Dominique Demangeot -

La Lune jaune, Taps Gare, du 12 au 17 octobre - www.taps.strasbourg.eu

L’équipe de La Lune jaune

« Il faut charger les mots, les densifier, mais sans les alourdir » Corine Linden


Musiques

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Beethoven, Bruckner, Rossini En octobre, l’Orchestre philharmonique de Strasbourg mêle les genres et les générations. Si le mois s’ouvre sur « Deux visions du monde » dirigées par Marc Albrecht, mettant aux prises deux œuvres clés des répertoires de Beethoven et Bruckner, il se poursuivra le 24 octobre avec de jeunes interprètes qui chemineront sur des montures plus légères : une sonate de Rossini et le septuor pour vents et cordes de Beethoven. A la fin du mois nous retournerons dans des contrées plus sombres avec des musiques funèbres, une soirée sous la direction d’Henrich Schiff qui officiera également au violoncelle.

tale Carpoipéenne eu

Bruckner / Symphonie n°3 en ré mineur dite Wagner symphonie A.94 Dans la plus révisée de ses symphonies, dédiée toute entière à Wagner, Bruckner déploie des trésors d’inventivité pour faire alterner ténèbres et lumières. Une ambition mal récompensée puisque la création en 1877 fut un échec à Vienne. On trouve pourtant dans cette symphonie des moments de grâce comme le magnifique Adagio (deuxième mouvement) où les silences ont autant d’importance que les notes. L’esprit du maître Wagner plane sur cette oeuvre d’une grande intensité dramatique, en particulier dans l’Allegro final.

Orchestre

PHILHARMONIQUE dE STRASBOURG ORcHESTRE NATIONAL

jeudi 7 vendredi 8

7 et 8 octobre Le feu et la glace

• Marc Albrecht Direction • Alexei Volodin Piano

PMC - SALLE ÉRASME 20H30 Beethoven

Concerto pour piano et orchestre n°4 en sol majeur op.58

Bruckner

Symphonie n° 3 en ré mineur dite Wagner symphonie A.94

dimanche 24

Alexei Volodin

24 octobre Rossini : Sonate à quatre pour deux violons, violoncelle et contrebasse n°3 Beethoven : Septuor pour vents et cordes en mi bémol majeur op.20 Après les assauts symphoniques de Beethoven et Bruckner, retour à des climats tempérés avec une œuvre plus légère de Beethoven et la sonate de Rossini qui lui fait écho. Ce dernier, plus connu pour son œuvre lyrique, composera cependant plusieurs pièces pour orchestre de chambre dont cette sonate à quatre, très inspirée des divertimentos de Mozart. Une partition vive, enjouée et très expressive, parfois théâtrale qui n’est pas sans rappeler la dimension dramatique de l’opéra. Beethoven avec son septuor, livre là encore une sérénade rappelant fortement le divertimento mozartien. Légère, la partition avance pourtant des vents qui ajoutent une certaine pesanteur à l’œuvre. - Paul Sobrin -

CONCEPTION REYMANN COMMUNICATION // MONTAGE BKN.FR // © SHUTTERSTOCK // LICENCES D’ENTREPRENEURS DE SPECTACLES N° 2 : 1006168 ET N°3 : 10066169

Beethoven : Concerto pour piano et orchestre n°4 en sol majeur op.58 Ne vous fiez pas à l’apparente simplicité des premiers instants de ce concerto. C’est l’un des plus ardus à interpréter de l’avis de beaucoup de pianistes. Plus loin le piano se fera d’ailleurs plus vigoureux, prenant peu à peu la main sur l’orchestre dans ce premier mouvement harmoniquement audacieux. L’andante con moto (second mouvement) se fait virtuose, l’un des moments les plus électrisants de l’œuvre. Alexei Volodin officiera au clavier dans cette joute que se livrent piano et orchestre, dialogue extrêmement contrasté entre piano soliste, d’un calme athénien, et l’assaut autrement plus dantesque des cordes. Combat de David contre Goliath ? L’ensemble conserve cependant un bel équilibre, avant un dernier mouvement où le piano fait preuve d’une virtuosité éclatante, comme si l’orchestre courbait le dos devant tant de grâce.

OCTOBRE 2010

2010

AuDitoRiuM DE LA CitÉ DE LA MuSiquE Et DE LA DAnSE 11H

• Julien eberhArdt

rossini

• Harold Hirtz

Sonate à quatre pour deux violons, violoncelle et contrebasse n°3

• Véronique Fuchs

Beethoven

Violon Alto

Violoncelle

Septuor pour vents et cordes en mi bémol majeur op.20

• richard biAnco Contrebasse

• Pierre bregeot Clarinette

• Jean-Christophe dAssonVille Basson • Jérôme hAnAr Cor

jeudi 28 vendredi 29 • Heinrich schiFF Direction et violoncelle

PMC - SALLE ÉRASME 20H30 Fauré

Élégie pour violoncelle et orchestre, en ut mineur op.24

saint-saëns

Concerto pour violoncelle et orchestre n° 1 en la mineur op. 33

LutosLawski

Musique funèbre pour cordes À la mémoire de Béla Bartók

haydn

Symphonie n° 98 en si bémol majeur

SAISON 2010>2011 Caisse OPS - Entrée Schweitzer - Du lundi au vendredi de 10h à 18h sans interruption - 03 69 06 37 06 Boutique Culture - 10 place de la Cathédrale Du mardi au samedi de 12h à 19h 03 88 23 84 65

Le 24 octobre sera donné l’unique septuor à cordes de Beethoven

experts-comptables


Théâtres

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La Moisson des Arts au PréO Les Compagnons de Daoloth, compagnie théâtrale professionnelle partenaire du PréO, organisent depuis plusieurs années un Laboratoire de Création qui rassemble amateurs et professionnels. Au terme d'un travail de recherche et d'écriture, une pièce inédite voit ainsi le jour chaque saison, présentée conjointement avec une exposition. L’événement a été intitulé La Moisson des Arts.

comédiens amateurs, chapeautés par les professionnels des Compagnons de Daoloth. Pour poursuivre cette réflexion sur le thème de l'identité, une conférence sera organisée le 28 octobre à 21h30, où interviendront des universitaires pour envisager la difficile question de l’identité sous des angles divers. L’objectif du Laboratoire de Création est de faire découvrir au grand public la pratique du théâtre. Un thème est défini en début d’année, une base autour de laquelle les élèves vont travailler, improviser afin d’enrichir le propos de la pièce. Un travail collégial encore enrichi par des artistes qui sont invités à créer des œuvres autour du thème de la pièce. Les arts plastiques se joignent donc au spectacle. Pierre-Etienne Vilbert nous confie que les artistes devraient venir de plus loin que l’Alsace cette année. Les prochains ateliers reprendront début novembre. Un double rendez-vous à ne pas manquer donc, mêlant théâtre et arts plastiques, ce

Cette moisson sera récoltée du 19 au 31 octobre au PréO d’Oberhausbergen. Le 19 aura lieu le vernissage de l'exposition, qui permettra de rencontrer les artistes plasticiens et l'équipe de graffeurs qui aura réalisé une fresque. La pièce préparée par le Laboratoire de Création sera quant à elle présentée les 28 et 29 octobre prochains. Sur un texte et une mise en scène de PierreEtienne Vilbert, Rouages & Incidents traitera du thème de l’identité. Un spectacle qui est le résultat d’une année de travail par des

qui est peu courant. Une Moisson des Arts qui s’installe doucement mais sûrement comme un temps fort de la saison culturelle d’Oberhausbergen en automne. - Bertrand Demornieux -

La Moisson des Arts, Le PréO à Oberhausbergen Exposition du 19 au 31 octobre, A voir également la pièce Rouages et Incidents le 28 octobre à 20h et le 29 octobre à 20h30 www.le-preo.fr www.compagnons-daoloth.net

Les concerts Brodsky Le comédien Dirk Roofthooft interprète des poèmes de l’auteur russe Joseph Brodsky, accompagné par la musique de Kris Defoort. Entre musique et théâtre, les Concerts Brodsky soulèvent en mots et en notes, quelques-unes des grandes thématiques de l’un des poètes les plus estimés en Russie et en Amérique, entre le tout et le rien, la vie et la mort. Dirk Roofthooft et Kris Defoort respecteront sans doute la volonté du poète de mêler le fond et la forme, Brodsky n’ayant cessé de côtoyer dans ses textes l’engagement au quotidien et l’amour de la belle phrase. Né dans une famille juive et pauvre de Léningrad, la nécessaire interruption de ses études à 16 ans ne tarit pas son envie de découverte. Brodsky apprend alors le polonais, l’anglais, l'histoire et la littérature entre autres disciplines. S’il entre rapidement dans les cercles littéraires d'Union des républiques socialistes soviétiques, il effectue une année de travaux forcés en 1964 pour « parasitisme social », expulsé d'URSS en 1972. Comme d’autres écrivains de sa génération, de Nabokov à Soljenitsin, Joseph Brodsky est un poète de l’exil, celui des travaux forcés puis de l’émigration aux Etats-Unis. C’est

là qu’il commence à écrire des articles puis de la poésie en anglais. Obtenant plus tard la nationalité américaine, il devient alors une figure du milieu intellectuel new-yorkais. En opposition avec le symbolisme russe traditionnel, Brodsky privilégie dans sa poésie l’ici et maintenant, vibrante d’une réalité sensible, littérature de l’empirisme d’où ce vocabulaire simple et ancré dans le concret. Le propos du poète est étroitement lié à la dimension sociale de son temps, ce que lui reprochera le régime soviétique. Cela n’empêche pas Brodsky d’aborder des préoccupations métaphysiques, qu’il incarne souvent dans une forme (notamment la versification) étudiée. Chez lui le quotidien et le précieux s’allient constamment.

Brodsky privilégie dans sa poésie l’ici et maintenant, vibrante d’une réalité sensible, littérature de l’empirisme d’où ce vocabulaire simple et ancré dans le concret

- Paul Sobrin -

Les Concerts Brodsky, avec Kris Defoort et Dirk Roofthooft, Le Maillon-Wacken, Hall 2, 21 et 22 octobre à 20h30 www.le-maillon.com

Kris Defoort & Dirk Roofthooft


Théâtres

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Alice Laloy au TJP

Des airs de colonie de vacances

Alice Laloy joue à nous faire peur. Avec La Compagnie s’appelle reviens, elle revisite nos craintes ancestrales, qui sont aussi nos peurs enfantines dans Y es-tu ?, un titre en forme d’interrogation pour l’artiste associée au Théâtre Jeune Public depuis deux ans.

Pour ce troisième spectacle créé avec des enfants, la compagnie Dounya élit domicile dans les années 60 et nous emmène en colonie de vacances. Un périple en musique et en danse à voir les 23 et 24 octobre prochains au Point d’Eau à Ostwald.

Pour tout public dès six ans, Y es-tu ? nous parle donc de nos cauchemars. « Les peurs auxquelles je souhaite m’intéresser n’appartiennent tellement pas au domaine du Raisonnable » explique Alice Laloy. Ce sont d’abord des peurs intimes qui ne désignent pas un danger particulier, mais dénoteraient plutôt une multitude d’angoisses, petites ou grandes phobies aux origines très diverses. Des « histoires » comme les appelle Alice Laloy qui commencent toutes quelque part. Peut-être pourrait-on même remonter plus loin dans le temps, jusqu’à l’origine… du monde, ou tout du moins de nos mythes. Les petites histoires donc, pour les petites peurs, et d’autres plus ancestrales qui nous font passer de l’individu à l’humanité entière. Nos mythes fondateurs, Adam et Eve, la pomme…

Durant l’année, Claudine Pissenem donne des cours de danse Mandingue au sein de la compagnie Dounya. Depuis trois années, elle a également décidé de mettre sur pied, avec ses élèves les plus motivés, un véritable spectacle à venir voir en famille. Ce sont 17 danseurs et chanteurs amateurs de la compagnie Dounya que l’on pourra venir admirer sur scène fin octobre à Ostwald.

« Depuis que je crée mes spectacles, chacun est une réponse au précédent », dit encore l’ancienne élève du Théâtre national de Strasbourg. Pour la première fois elle partira d’une histoire narrative. Celle du loup, de la grand-mère et la petite fille que le conte appelle Petit Chaperon Rouge. Si ce n’est qu’ici le Chaperon est vert… Le spectacle jouera entre l’obscurité et la lumière, pour mettre à profit l’imaginaire, dessiner les silhouettes de nos peurs, dans « un univers de machines comme des petites usines ». Dans D’Etats de femmes déjà, Alice Laloy jouait avec ce matériau primaire, celui dont

Amateurs certes, mais la chorégraphe ne transige cependant pas sur la qualité. « Le niveau technique est déjà présent », expliquet-elle. « Les gens sont un peu réticents au départ mais il faut savoir que les enfants travaillent trois heures par semaine et pendant les vacances scolaires ». Claudine Pissenem a eu envie de travailler cette fois avec le répertoire de la Motown qui lui tient à cœur. Le thème des colonies de vacances parle à beaucoup de monde, les enfants mais aussi les parents qui peuvent ainsi se remémorer leurs souvenirs (et leurs bêtises) de camps de vacances. Au programme : des musiques des Jackson 5, Stevie Wonder, Sheila qui devraient rapidement nous replonger dans l’ambiance. « C’est l’occasion de mettre sur scène une danse pas toujours reconnue et qui se marie avec beaucoup de musiques », fait remarquer Claudine Pissenem.

on fait les légendes, l’imaginaire féminin. La femme inventée, naissant de l’argile ou du sucre. La femme phantasmée. Dans Moderato, la danse prenait le pas sur le mot pour raconter le trop plein d’amour. Une fois encore Alice Laloy s’adresse à nos instincts plus qu’à notre raison. C’est pour cela peut-être qu’elle met de côté le langage pour laisser parler les images et les sons, préférant les sensations au sens. Sur une mise en scène et une écriture d’Alice Laloy, cette création s’est également nourrie d’ateliers menés auprès de grandes maternelles et de secondes arts appliqués en 2009. - Pascale Géraud -

Y es-tu ? - mise en scène et écriture Alice Laloy, TJP Petite Scène, du 12 au 23 octobre www.theatre-jeune-public.com

de l’Ouest d’où est issue une danse traditionnelle faisant appel à l’énergie et le partage. « Ce n’est pas à proprement parler une danse de contact avec des duos par exemple, mais l’énergie circule entre les membres », rappelle la chorégraphe qui précise qu’il n’est pas rare que les parents s’impliquent dans le travail des jeunes stagiaires. Pour Un jour en colonie, les parents se retrouveront même sur scène, puisqu’ils ont été filmés par un vidéaste. Pour la première fois, les jeunes stagiaires de la compagnie Dounya, qui ont entre 7 et 14 ans, prendront même en charge une chanson. A Ostwald ils pousseront la voix sous la direction d’un chef de chœur. Autonomes sur scène durant une heure, les enfants camperont chacun un rôle, les plus jeunes interprétant les enfants et les adolescents jouant le rôle... des monos ! - Manu Gilles -

Un jour en colonie, la si, la sol… !, Le Point d’Eau, Ostwald, par la compagnie Dounya, Chorégraphie Claudine Pissenem, Mise en scène Claire Aprahamian, 23 octobre à 20h30 et 24 octobre à 14h30 www.lepointdeau.com A noter : Claudine Pissenem propose cette saison un nouveau cours, « Africa Soft » à destination des séniors, pour les personnes à partir de 40 ans www.compagnie-dounya.com

Le domaine de la compagnie Dounya, c’est la danse africaine. Plus précisément la danse Mandingue, une région d’Afrique

La saison de la Comédie de l’Est à Colmar Le 18 septembre dernier la soirée d’ouverture de la Comédie de l’Est fut placée sous le signe du spectacle. Une création artistique à part entière et unique était proposée par l’équipe permanente des comédiens du CDN.

A découvrir en avril, Le Pont de pierre et la peau d’images, petites formes mises en scène par Guy-Pierre Couleau que la troupe de la Comédie de l’Est portera auprès du public, dans un esprit de décentralisation cher au directeur du CDN, adaptées d’un texte de Daniel Danis, auteur québécois. Histoires d’enfance là encore, traitées sur le thème du théâtre No.

Le spectacle toujours, comme lorsque les huit voix de la troupe des Clandestines conviaient le public à les suivre hors les murs pour un intermède musical dans la cour de la Comédie de l’Est, en prélude à la soirée de présentation en juin dernier. La compagnie chantante de Régine Westenhoeffer sera présente toute la saison à Colmar, dans les quartiers Ouest, pour des actions culturelles, un travail avec les publics mêlant les traditions, les communautés, autour du chant pour favoriser la prise de parole et la convivialité.

© Raoul Gilibert

Le directeur du CDN mettra quant à lui en scène Hiver en mars prochain, œuvre de Zinnie Harris, peu connue en France mais auteur majeur du monde anglo-saxon. Hiver fait référence au conflit en Irak dans un contexte

© Cie Tro-Heol

Cette saison ce sont cinq créations qui seront concoctées, mêlant un auteur classique (Jean Genet) et quatre écrivains contemporains. Nous vous parlions dès septembre de La route vers la Mecque, mise en scène par Jean-Marc Heder, première création s’inspirant d’un fait réel, l’histoire d’une femme vivant dans un village isolé d’Afrique du Sud, se mettant à construire des statues qu’elle dirige vers la Mecque. « Une question centrale ici est celle du devenir d’une œuvre », nous dit Guy-Pierre Couleau.

Ce sera enfin Bluff, en mai prochain, qui clôturera ce cycle de créations, commande de trois centres dramatiques nationaux à un auteur vivant qui écrira trois pièces de 33 minutes chacune, mises en scène par Caroline Gonce, Guy-Pierre Couleau et Vincent Garanger. Pour en savoir plus sur cette énigmatique «histoire vraie d’un mensonge absolu» comme la surnomme Guy-Pierre Couleau, rendez-vous dans quelques mois, l’œuvre étant pour l’instant en pleine gestation…

Le Meunier hurlant en octobre de post onze septembre et pose la question de la reconstruction après le drame. La pièce nous parle aussi d’enfance, un thème, avec celui de la famille, qui reviendra comme un leitmotiv durant la saison à Colmar.

Mon Amour en février A suivre une adaptation des Bonnes de Jean Genet en mars également, plongée dans ce jeu de rôles baroque « où l’on se perd de manière jouissive et délicieuse » nous dit Guillaume Clayssen metteur en scène ici.

Bien d’autres rendez-vous sont donnés aux publics de Colmar et d’ailleurs, histoires d’ostracisme avec Le meunier hurlant, pièce tenue par un acteur et des marionnettes, histoires de mer avec un triptyque sur O’Neill, histoires de feu, d’eau et de terre avec Ismène, venues d’Afrique (Caterpillar, coup de cœur de Guy-Pierre Couleau du Off d’Avignon l’été dernier), histoires du Québec ou d’ailleurs. Des histoires pour tous. - Dominique Demangeot -

www.comedie-est.com


Jorge Macchi, Short Songs

Ouvrez les yeux

13

La fin du monde telle que nous le connaissons « The End of the World as We Know It » est le titre d’une chanson de REM. C’est aussi celui d’un essai d’Immanuel Wallerstein dans lequel ce dernier se penche sur notre société post-capitaliste en phase de transition selon lui. Face à la disparition des structures traditionnelles, que peut nous proposer la société en remplacement ? Pas grand chose pour l’instant si ce n’est la perte des repères, mais la réflexion est toujours possible. L’exposition en cours à la Kunsthalle veut affirmer sa « pertinence sociale immédiate ». Le postulat de départ est clair et nos chers artistes s’en vont donc, la fleur au fusil, dénoncer pêle-mêle « la crise financière, l’effondrement de l’Etat-providence et les industries du divertissement ». Quant à savoir si l’art contemporain « passe au-delà des barrières sociales » comme le souhaite cette exposition, la réponse se trouve avant tout dans les démarches de ces jeunes artistes présents à Mulhouse. Car le rôle de l’artiste n’est pas seulement de dénoncer mais aussi, dans la mesure de ses possibilités, de proposer autre chose, un ailleurs. Partant de notre quotidien, de ces parcelles de réalité qui nous constituent (nous modèlent ?), Marc Bijl explore l’imagerie post-capitaliste et y injecte des esthétiques underground… Subversion des héros et des symboles qui sert le propos de l’artiste. « On porte depuis trente ans tout le poids de la marchandise ciblée et socialisante (avec en tête les nouvelles technologies de communication), les effets de la crise des institutions » comme l’expliquait un jour le collectif d’artistes Claire Fontaine. Quant à Cyprien Gaillard, c’est par le voyage qu’il appréhende le monde, partant à la rencontre d’immeubles qu’il met ensuite en scène dans

produisant cependant une douce mélodie une fois passés dans un mécanisme de boîte à musique. Pas étonnant alors que l’humour, noir de préférence, soit également très présent dans l’exposition. La peinture surréaliste de Bernhardt Martin présente des mondes en déliquescence, œuvre baroque mêlant l’ancien et le moderne, le recueillement et la fête, en résonnance finalement avec notre monde où sévit la perte des repères.

Jorge Macchi, Short Songs son travail. L’artiste confesse qu’il ne fait pas une œuvre directement politique, mais que le politique en est une dimension. A Glasgow, il assistait aux démolitions des immeubles en vue des Commonwealth Games de 2014, grande opération visant à donner une image luisante de la capitale écossaise. Manière surtout d’effacer, du moins en surface, la misère sociale de la ville. Installant des tours du XXème siècle dans un paysage de Rembrandt, l’artiste s’intéresse au vandalisme et à la représentation de la nature. Ruines des civilisations précolombiennes ou destruction de barres d’immeubles modernes, le constat est le même : Cyprien Gaillard nous ramène surtout à notre propre mortalité.

L’italien Piero Golia a trouvé le moyen d’inverser cette spirale fatale en recherchant la célébrité. Il se met en scène, prépare sa postérité, se lançant dans des entreprises extravagantes en jouant avec la légalité. Laisser une trace qui nous permettra de survivre dans les mémoires comme pour arrêter cette chute que l’artiste nous donne à voir dans sa vidéo Oh my god, that’s so awesome. Alors que faire face à l’impermanence des choses ? Jorge Macci travaille sur cette fragilité de l’existence. Instaurant une réalité parallèle, il nous dit également que nous ne connaissons rien, que nos sens et nos expériences nous trompent, à l’image de ces titres de journaux évoquant la crise financière et

Dans cette guerre contre le renoncement et la morosité, les artistes fourbissent leurs propres armes. Ancien militaire, Mladen Miljanovic était enfant durant la guerre des Balkans des années 90. Aujourd’hui il mène des ateliers auprès d’handicapés et invalides de guerre. Une manière de boucler la boucle, en quelque sorte, l’art comme un moyen de médiation et de recyclage. Et peut-être de renouveau. - Samuel Bertaud -

La fin du monde tel que nous le connaissons, Kunsthalle Mulhouse, jusqu’au 14 novembre - www.kunsthallemulhouse.com


Chroniques CD

14

FOLK

L’album du mois POP ROCK

JAZZ MANOUCHE / CHANSON

HIP HOP

Le 20 octobre à 20h30, à L’Illiade d’IllkirchGraffenstaden

J. Tillman Singing Ax (Western Vinyl) Il n’aura fallu que trois jours à J. Tillman pour enregistrer son septième album au titre imagé, Singing Ax. En parallèle de sa carrière de batteur chez les fameux Fleet Foxes, le prolifique songwriter s’est rendu chez Steve Albini et a plié en un tournemain la production d’un très bel ouvrage, quasiment dénué d’arrangements. En effet, hormis pour quelques titres dont l’élégiaque Three Sisters, c’est Tillman et sa guitare qui nous accompagnent le temps d’une dizaine de chansons, tel le funambule Nick Drake enregistrant lui aussi un Pink Moon légendaire au début des années 70 (Diamondback et Tillman’s Rag, deux fantastiques titres...). Au fil de morceaux proches de la pureté (Love No Less Worthy, Maria, Our Beloved Tyrant...), on voyage entre poésie et mysticisme intemporels, portés par la voix de Joshua Tillman, l’un des trésors à demi-enfoui du folk américain. -Simon Grangereau -

Puggy

Something You Might Like

(Mercury) Bien que ce trio soit anglo-franco-suédois, Puggy aime à rappeler qu’ils se sont rencontrés en Belgique. Il est vrai que musicalement, les trois gaillards partagent des points communs non négligeables avec des formations comme Ghinzu ou dEus pour leur emploi quasi encyclopédique de la pop. Dès le premier morceau le groupe accroche l’oreille de l’auditeur au moyen d’une pop rock parfaitement calibrée, punchy juste ce qu’il faut. Goût pour les belles harmonies, talent pour mêler dans un même morceau ambiances romantiques et moments plus rock. Un premier album qui devrait flatter les tympans des amateurs de pop soignée à l’image de We Have Made It, rafraichissante ritournelle pop, ou How I Needed You, dans des couleurs plus folk. Matthew Irons apporte un beau timbre qui sait s’érailler dans les moments plus chauds car le groupe, à l’image de Ghinzu, ménage parfois quelques moments plus théâtraux durant lesquels la personnalité de Puggy peut s’exprimer pleinement (She Kicks Ass, Teaser, jolie ritournelle pop qui rappellera Queen, Goddess Gladys et ses arrangements fantasques et joliment grandiloquents là encore). - Sébastien Marais -

Sanseverino Les Faux Talbins (Columbia) Sanseverino et sa guitare sont de retour. Une six cordes acoustique et roublarde qui éclaire des histoires de gangster, le jazz manouche du bonhomme parcourant le manche avec dextérité, aussi sûr que les Incorruptibles d’Elliott Ness dézinguaient les sbires d’Al Capone durant la Prohibition. Chroniques gentiment sanglantes, histoires d’effractions et de saloons, larcins divers comme dans les films noirs ou les westerns des années 50, mais aussi des petites histoires, tranches de vie plus ou moins profondes contées sur le mode humoristique et bluesy comme dans Finis ta vaisselle et A Boy Named Sue parcouru d’une slide brûlante. Qu’il nous entretienne de « la banlieue et ses couleurs péraves » ou des « chien galeux », l’artiste le fait toujours avec style et humour. On a envie de le suivre dans ses galopades musicales, même lorsqu’il plonge dans des eaux rock’n’roll (Les rockers aiment la java, doucement parodique aux guitares mordantes). Sanseverino se fait aussi diabolique (cette reprise de la Salsa du Démon à la sauce manouche et Tu pues Benny tout aussi irrévérencieuse). Il n’a pas fini de nous faire courir sur toutes les gammes du swing. - Manu Gilles -

Germinal #3... Chroniques du bordel (Beau Buro) Germinal est de retour avec un nouvel album dans la lignée des travaux précédents, hip hop sombre mais lucide, loin des clichés du rap moderne, empruntant parfois des tons plus décalés (Danse guerrière, leur MIA à eux !). Tenant largement la dragée haute à des productions professionnelles, le son est travaillé, les ambiances très présentes à l’image des violons stressants de Sous pression. Ces Chroniques du bordel s’abreuvent à plusieurs cultures, traditions africaines sur Exil #3, coup de griffe à la stupide « identité nationale » invitant le chanteur camerounais Henri Dikongué. Bon esprit malgré le propos souvent sérieux, Germinal avance quelques mélodies fouillées comme avec Dans l’rouge, évoquant son « bled à lui », évasion du quotidien à la faveur d’une virée dans le sud (« la langueur de mon reggae colle à mes collines »). Le rap combat demeure au centre du propos, s’exprimant dans des morceaux plus radicaux en matière de son (Canicule, Acte 2 Présence), une deuxième moitié d’album plus tendue, Germinal constatant «l’étendue des dégâts», variation sur la violence quotidienne sur une bande son implacable ou souvenirs nostalgiques de la fin des années 80 (Sur not’banc). - Dominique Demangeot -

SKA

En concert à Schiltigheim le 30 octobre à 20h30 www.ville-schiltigheim.fr

Tété

Le premier clair de l’aube

Jive Epic Tété est un artiste particulier de la scène française, d’abord pour le mélange tout à fait inédit qu’il propose entre les cultures française et anglo-saxonne. Il fait se côtoyer avec une grande sensibilité (et surtout une cohérence étonnante) riffs de blues et chants aux couleurs médiévales, textes ciselés dans la grande tradition de Brassens et inflexions soul, mélange véritablement inédit et intelligent. Le premier clair de l’aube, nouvel album de Tété, joue dans la même cour, toujours en mode acoustique, même si là encore, comme à chaque opus, Tété a su se renouveler. Le premier single, L’envie et

le dédain, avance des accents pop sur un arrière-plan bluesy et enjoué. Tété peut bien parler de « Maudit blues », la guitare tient toujours le haut du pavé, pour beaucoup dans la couleur blues folk de sa musique, une guitare qu’il maîtrise pour nous conter de petites histoires souvent décalées, regard philosophe d’un artiste sur ses contemporains. Le bal de boulets convoque des chœurs sombres, cithares, cuivres et arrangements aux petits oignons où pointe une touche de gospel. C’est tout l’art de Tété de distiller une musique possédant à la fois la spontanéité de la soul et du blues, tout en proposant des arrangements vocaux ciselés (le magnifique 1770). La palette de Tété est large. Ad Libitum met en avant des cuivres, Bye-Bye joue plutôt dans une cour blues. La chanson titre, Le premier clair de l’aube, illustre en effet la clarté diaphane des premières minutes du jour, douce comptine folk pour six cordes et une voix. Tété parsème sa musique d’éléments variés, capable de produire une « Petite chanson » toute légère et entrainante, éclairée de claquements de mains, ou des morceaux parcourus d’une slide bluegrass (électrifiée, une fois n’est pas coutume). - Manu Gilles -

65 Mines Street 65 Mines Street (Productions Impossible Records)

Si vous vous intéressez de près ou de loin au ska, vous n’avez pas pu passer à côté de groupes comme Two Tone Club ou Taste In Vibes, responsables de pas mal de soirées très chaudes sur le Pays de Montbéliard et bien au-delà. Dernièrement certains membres de ces deux formations s’associaient à d’autres musiciens issus de l’Aire urbaine Belfort-Montbéliard, Bobby Sixkiller évoluant lui aussi dans la mouvance ska rocksteady, ainsi que Rebel Assholes aux velléités beaucoup plus rock. Pour fêter leur

premier anniversaire, 65 Mines Street viennent de sortir leur premier opus éponyme. Le 18 septembre dernier, ils présentaient la galette au Studio des Trois Oranges à Audincourt, accompagnés de Bobby Sixkiller. S’inscrivant entre le early-reggae et le ska évidemment, ce premier opus apporte aussi son lot d’influences punk savamment distillées, du fait de la présence dans le groupe de bad boys de Rebel Assholes. Les morceaux se font même parfois mélodiquement ambitieux (les chœurs sur Black & White, Bang Bang et ses cassures de rythme, le revigorant Juicy Morning), et les tempos suffisamment variés pour ne pas s’ennuyer d’un titre à l’autre. Un album bigarré à l’image de cette reprise de Stuck In The Middle With You entre ska, rock et blues. L’album sort en format CD et vinyl chez Productions Impossible Records. -Brent -

www.myspace.com/65minesstreetrecords


Cinéma

29 septembre

20 octobre

Wall Street : l’argent ne dort jamais

Biutiful

Drame

Drame

15

De Alejandro Gonzalez Inarritu

De Oliver Stone

Avec Javier Bardem, Martina Garcia

avec Michael Douglas, Shia LaBeouf Durant le krach boursier de 2008, un jeune trader, Jacob Moore, veut venger son mentor qui s’est suicidé suite à des tractations financières douteuses. Il demande de l’aide à Gordon Gekko, ancien requin de la finance qui vient de sortir de prison. Une plongée dans le monde impitoyable de la finance.

Les petits mouchoirs De Guillaume Canet

Comédie dramatique

Avec François Cluzet, Marion Cotillard Une bande de copains part en vacances au bord de la mer comme chaque année. L’occasion pour eux de se confesser, dévoiler leurs petits secrets et leurs grands mensonges.

...Pour voir la bande annonce, scanner le QR Code avec votre mobile

Alpha and Omega 3D De Ben Gluck

Animation Wall Street : l’argent ne dort jamais, le 29 septembre

Avec : Thomas Dekker, Juno Temple

Une journaliste américaine enquête sur la rafle du Vél d¹Hiv. Elle rencontre Sarah qui avait 10 ans en juillet 1942. L’enquête de la journaliste prend de plus en plus d’importance dans sa vie jusqu’à l’impliquer personnellement.

Laisse-moi entrer

Au fond des bois

Horreur

Drame

Kaboom

De Gregg Araki

Comédie/Horreur Ao, le dernier Néanderthal

De Jacques Malaterre Documentaire avec Gael García Bernal, Diego Luna Pendant plus de 300 000 ans, l’homme de Néandertal a régné sur la planète avant de disparaitre. Jacques Malaterre (L’Odyssée de l’espèce, Homo Sapiens) nous invite à suivre le dernier des Néandertaliens...

De Matt Reeves

Avec Chloe Moretz , Kodi Smit-McPhee

Avec Annette Bening, Julianne Moore De Isabelle Mergault

Comédie

Avec Daniel Auteuil, Sabine Azéma Constant Billot s’est évadé de prison. Il trouve refuge sur la péniche de Sylvia. Elle lui propose un marché : tuer Jeanne, sa mère adoptive, sinon elle le dénonce à la police. Cependant, Constant n’est pas un assassin...

De Nanette Burstein Comédie avec Drew Barrymore, Justin Long

La machine à démonter le temps

Sans queue ni tête

Avec John Cusack, Rob Cordry

avec Isabelle Huppert, Bouli Lanners

Avec Isild Le Besco, Nahuel Pérez Biscayart

Moi, moche et méchant, le 6 octobre Creation

De Jon Amiel

Biopic

Donnant, donnant

Comédie dramatique

Avec Paul Bettany, Jennifer Connelly L’histoire vraie du scientifique Charles Darwin à l’origine de la théorie de l’évolution, aux prises avec les convictions religieuses de sa femme, farouchement opposée à sa théorie.

De Emily Atef

Drame

Avec Hans Diehll, Judith Engel

De Steve Pink

Comédie

Illegal

De Olivier Masset-Depasse

Captifs

Drame

De Yann Gozlan

6 octobre

13 octobre

Moi, moche et méchant (3D)

Arthur 3 - La guerre des 2 mondes

Jean-Michel Basquiat, The radiant child

Comédie (animation)

Animation

Documentaire

De Sidney J. Furie Espionnage avec Michael Caine, Nigel Green

Thriller

Avec Zoé Félix, Arié Elmaleh, Eric Savin

Rouge comme le ciel De Cristiano Bortone

Comédie dramatique

Avec Luca Capriotti, Francesca Maturanza

De Christiophe Renaud

Avec Jason Segel , Steve Carell Une maison dissimule un endroit secret. Gru prépare un coup diabolique et inédit avec ses assistants : voler la lune.

De Luc Besson

Avec Freddie Highmore

De Stéphane Mercurio

Documentaire

De Gilles Paquet-Brenner

Drame

Avec Kristin Scott-Thomas, Mayance, Niels Arestrup

De Tamra David

Mourir ? Plutôt crever !

Elle s’appelait Sarah

Mélusine

Donnant, donnant, le 6 octobre L’étranger en moi

Avec Anne Coesens, Essé Lawson L’histoire de Tania Zimina et de son fils Ivan, d’origine russe, arrivés en Belgique il y a huit ans. Sans papiers d’identité ils sont contrôlés par la police. Ivan parvient à s’échapper, tandis que sa mère est envoyée dans un centre fermé Présenté dans le cadre de la Quinzaine des Réalisateurs 2010 à Cannes, le film traite du douloureux et très actuel problème de l’immigration.

Ipcress, danger immédiat

Avec Katie Featherston

Comédie dramatique

Comédie dramatique

De Jeanne Labrune

Fantastique

De Woody Allen

De Lisa Cholodenko

Trop loin pour toi

De Tod Williams

Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu

Tout va bien

De Franck Richard Comédie avec Yolande Moreau, Emilie Dequenne

Paranormal Activity 2

De Benoît Jacquot

Avec Anthony Hopkins, Naomi Watts Alfie est paniqué à l’idée qu’il ne lui reste plus que quelques années à vivre. Rupture, tentative de suicide et analyse n’y changent rien. Il rencontre une voyante qui lui prédit une histoire d’amour avec un « grand inconnu tout de noir vêtu »…

La Meute

Deux loups sont capturés et emmenés loin de chez eux. Ils sont pourtant prêts à tout pour retrouver leur meute.

Avec Siné, Guy Bedos, Benoît Delépine À 80 ans, Siné continue le combat. Toujours engagé, toujours enragé quoiqu’il advienne. Le film nous raconte son histoire.

Mystères de Lisbonne De Raoul Ruiz

Romance

Avec Melvil Poupaud, Léa Seydoux


Diversions Alsace octobre 2010  

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