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Aire Urbaine mensuel gratuit

#50 mars 2013

Alsace

Culture et actualité

New Combo Jazz Band à l’Espace Dolfus & Noack Bang On ! au Noumatrouff - Nouvelle création de la Compagnie des Rives de l’Ill à l’Espace 110 d’Illzach Emanuel Gat à La Filature de Mulhouse et au Maillon à Strasbourg - Sirènes au TJP de Strasbourg - Owen Wingrave à l’Opéra national du Rhin - Valère Novarina au Maillon - Soirée Dub au Moloco d’Audincourt Joanne Leighton au Granit + Agenda + chroniques Albums, Livres, Cinéma...


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#50

mars 2013

AGENDA - 4 L’AIRE URBAINE BELFORT-MONTBÉLIARD - 6 Joanne Leighton au Granit de Belfort Soirée Dub au Moloco d’Audincourt

Diversions - Edition Besançon Journal d’information gratuit 1, rue de Vittel 25000 Besançon 03 81 87 40 05 - 06 34 12 01 91 www.diversions-magazine.com diversions@orange.fr Editeur : SARL Diversions RCS : 508 184 934 Directeur de la publication : Boban Stanojevic 03 81 87 40 05 / 06 34 12 01 91 diversions@orange.fr

HAUT-RHIN - 7

Nouvelle création à l’Espace 110 Emanuel Gat en Alsace New Combo Jazz Band à Sausheim Bang On ! au Noumatrouff

BAS-RHIN - 9

Les flux du temps et de la mer avec l’Orchestre philharmonique de Strasbourg

Jean la Chance au Théâtre National de Strasbourg Sirènes au TJP Owen Wingrave à l’Opéra national du Rhin Valère Novarina au Maillon Yves Jamait au Printemps des Bretelles

Rédacteur en chef : Dominique Demangeot magazine.diversions@yahoo.fr Rédaction : Florian Antunes Pires, Gilles Bloin, Lucie Brownie, Frédéric Dassonville Dominique Demangeot, Bertrand Demornieux, Manu Gilles, Simon Grangereau Bruno Kolanek, Amandine Mannier, Sébastien Marais, Paul Sobrin, Marc Vincent Caroline Vo Minh Comité de relecture : Dominique Demangeot, Caroline Vo Minh Régie publicitaire : Boban Stanojevic - 03 81 87 40 05 / 06 34 12 01 91 - diversions@orange.fr

EXPOSITIONS - 12

Les 30 ans de la 205 au Musée de l’Aventure Peugeot de Sochaux

CHRONIQUES CD - 13 CHRONIQUES LIVRES - 14 SORTIES CINÉMA - 15

Dépôt légal : mars 2013 © Diversions 2013 Imprimé en Espagne - Rotimpres ISSN : en cours valeur : 1,15 euros offert Diversions est diffusé gratuitement sur l’Alsace à 55.000 exemplaires Prochaine parution : 25 mars 2013


Diversions - L’Agenda du mois

4

Les sorties du mois en un clin d’oeil

HAUT-RHIN CRAC Alsace

Salons de la Commanderie

Du 10 au 17 mars : Exposition Christian Geiger, «De retour de mes grands voyages» - Peinture

ALTKIRCH

Du 12 février au 5 mai : Exposition Grundfrage (question fondamentale) - Art contemporain

Espace Grün

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CERNAY

8 mars à 20h30 : Roland, la vérité du vainqueur - Théâtre d’ombres 15 mars à 20h30 : Maintenant ! - Théâtre 22 mars à 20h30 : Kerakoum - Musique métissée

COLMAR Comédie de l’Est

© Pierre Grosbois

6 et 7 mars : Le gardien des âmes Du 15 au 17 mars : La petite trilogie Keene 20 mars à 15h : Qui est cet inconnu dans mes bras ? 21 et 22 mars à 19h : Carte blanche à l’actrice Anne Le Guernec – Lecture 26 et 27 mars à 20h30 : Tendre et cruel

La vie est un rêve les 21 et 22 mars à La Filature de Mulhouse

Kunsthalle

MULHOUSE

Jusqu’au 31 mai : Exposition ça vous regarde - Art contemporain

La Filature © Nicolas Michel

La petite trilogie Keene à la Comédie de l’Est Espace d’art contemporain André Malraux

Jusqu’au 31 mars : Exposition François Bruetschy : poussière des astres

Lézard

Du 1er mars au 20 avril : Sylvie Villaume – Exposition art contemporain 7 mars à 20h15 : L’impératrice rouge – Cinéma 12 mars à 20h15 : Le grand retournement – Cinéma 23 mars à 17h30 : Gangs of Wasseypur - Cinéma

Théâtre Municipal

Du 19 au 21 mars : Owen Wingrave - Opéra 23 mars à 20h : Soirée deux gars deux filles – Humour 28 mars à 20h30 : Du piment dans le caviar - Comédie

Jusqu’au 14 avril : Exposition Walter Niedermayr : Appearances 1er et 3 mars : La petite renarde rusée – Opéra 7 et 9 mars : Traversée – Théâtre visuel 8 et 9 mars à 20h : Concert symphonique – Musique 12 mars à 20h : Univers Nino – Jazz 15 mars à 20h : Brilliant Corners – Danse 16 mars à 20h : La dernière berceuse – Théâtre Du 18 au 23 mars : Festival des scènes nationales « Effets scènes » 21 et 22 mars : La vie est un rêve – Théâtre 27 et 28 mars : Les lumières de la ville – Ciné concert 1er mars à 20h30 : Mono + Chris Brokaw - Post Rock 9 mars à 22h : Eponym en orbite - Soirée Battle de graffeurs, concert électro rock, DJs et surprises 16 mars à partir de 22h : Bang On ! + Netto + Dr Chalice + Ottist Riddim - Dubstep Hip Hop Grime Drum’n’Bass 18 mars à 20h : Culture - Reggae 23 mars à 20h30 : Triptik + Flynt - Hip Hop

Du 15 au 18 mars : Salon Énergie habitat Du 22 au 24 mars : Salon des vins et des saveurs du terroir

Parc des expositions

9 mars à 20h : Mamma Mia – Spectacle musical 16 mars : 68ème bourse internationale d’échanges de voitures miniatures et de jouets anciens Du 23 au 24 mars : Salon de l’immobilier

Culture au Noumatrouff le 18 mars

SAINT-LOUIS Caveau du Café Littéraire

7 mars à 20h30 : la poésie de Pier Paolo Pasolini - Lecture 13 mars à 20h30 : La chute - Théâtre 14 mars à 20h30 : Max Jacob, sacré funambule ! - Lecture 23 mars à 20h30 : Trois pays, trois langues - Lecture

Fondation Fernet Branca

Du 20 janvier au 12 mai : Collection de la fondation des Treilles - Exposition

La Coupole

9 mars à 20h30 : Madame Butterfly - Opera 15 mars à 20h30 : Un fil à la patte - Théâtre 22 mars à 20h30 : Ce que le jour doit à la nuit - Danse 26 mars à 20h30 : La vérité - Théâtre

Salle des Portes

19 mars à 20h30 : Aelle - Chanson

SAINTE-MARIE-AUX-MINES Val d’Argent Expo

Mamma Mia le 9 mars au Parc des expositions de Mulhouse

La Passerelle

ILLZACH

9 mars à 20h30 : Trio Wanderer - Classique Du 14 au 17 mars : Concours européen de musique de chambre 21 mars à 20h30 : Le patchwork, connaître pour mieux apprécier – Conférence 22 et 23 mars : Silence complice - Théâtre 23 mars à 20h30 : Cabaret ? Cabaret ! – Musique

6 et 10 mars : L’ogrelet – Jeune public 15 mars à 20h30 : Cours toujours – Théâtre 18 mars à 20h : Musique de chambre – Musique classique Du 26 au 28 mars à 20h : La Folie de la danse – Danse

Le Noumatrouff

Parc des Expositions

Espace 110

Théâtre de la Sinne

Et retrouvez notre agenda des sorties en Alsace Bourgogne Franche-Comté ainsi que notre sélection de reportages vidéo

RIXHEIM

1er mars à 14h30 : Petit monstre - Marionnettes 28 février à 17h et 1er mars à 10h : RDV marionnettiques avec le Mexique - Marionnettes sur table 12 mars à 20h30 : Pss Pss - Clown sans paroles 20 mars à 14h30 : Primo Tempo - Théâtre Musique

Du 21 au 23 mars : Salon Modes et Tissus

SAUSHEIM Espace Dolfus & Noack

6 mars à 20h30 : Karen Chataîgner - Humour 7 mars à 20h30 : Pierre Perret - Chanson 8 mars à 20h30 : Alex Lutz - Humour 14 mars à 20h30 : New Combo Jazz Band - Jazz 22 mars à 20h30 : Serge Lama - Chanson 26 mars à 20h30 : Comité de la Manecanterie de Saint-Jean - Chœur de jeunes filles

VILLAGE-NEUF Le Rive-Rhin

8 et 9 mars à 20h30 : Building - Théâtre 22 mars à 20h30 : Stéphanie Bruzzese - Humour


L’Agenda du mois

Les sorties du mois en un clin d’oeil BAS-RHIN Etapenstall

Opéra National du Rhin

Du 24 mars au 8 avril : Tannhäuser - Opéra

ERSTEIN

Pôle Sud

Du 1er au 21 mars : Exposition des travaux de l’EMAPE 6 mars : Mercredi musée (à partir de 6 ans) - Jeune public 21 mars à 20h30 : les Improblables - Spectacle 24 mars : Croque musée

Du 4 au 7 mars : Partituur par Ivana Muller (pièce participative) – Théâtre Du 12 au 14 mars à 20h30 : Brilliant Corners – Danse 15 mars à 20h30 : New quartet – Jazz 20 et 21 mars à 20h30 : LabOfilm&1 – La lamentation de Blanche-Neige – Danse performance 22 mars à 20h30 : Organic Trio – Jazz Du 26 au 28 mars à 20h30 : Al Menos dos Caras - Danse

Musée Würth

Jusqu’au 19 mai : L’appel de la forêt - Exposition

HAGUENAU Théâtre de Haguenau

ILLKIRCH GRAFFENSTADEN L’Illiade

Brilliant Corners du 12 au 14 mars au Maillon OSTWALD Le Point d’Eau

6 mars à 15h : Rosie Rose – Théâtre 8 mars à 20h30 : Le K – Théâtre 10 mars à 11h : La Philharmonie de poche – Musique classique 15 mars à 20h30 : Conte & Soul – Musique 19 et 20 mars : Otto, autobiographie d’un ours en peluche – Marionnettes 23 mars à 20h30 : Rebels of rhythm – Musique 27 mars à 15h : La ferme des animaux – Marionnettes

SÉLESTAT Les Tanzmatten

8 mars à 14h30 et 19h : Le petit chaperon rouge – Danse jeune public 9 mars à 20h30 : Pss Pss – Cirque 14 mars à 14h30 et 20h30 : Le mariage de Figaro – Théâtre opéra bouffon 16 mars à 20h30 : Albert Lee and Hogan’s Heroes – Blues country 23 mars à 20h30 : Une semaine… pas plus – Théâtre humour 27 mars à 20h30 : L’échange – Théâtre

SCHILTIGHEIM L’Echappée Belle

Alex Lutz le 7 mars à l’Illiade Le PréO

OBERHAUSBERGEN

2 mars à 20h30 : Im@gine – Théâtre humour 5, 8 et 9 mars à 20h30 : Les Justes – Théâtre classique 17 mars à 15h : D’wyn Mugge – Musique 20 mars à 15h : l’intrépide soldat de plomb - Jeune public 22 mars à 20h30 : Le ravissement d’Adèle – Théâtre 23 mars à 20h30 : D’Adèle îsch gànz ewag (en dialecte) – Théâtre 28 mars à 20h30 : Oh boy ! – Théâtre de récits et d’objets

1er et 2 mars à 20h30 : Christine Ott – Musiques du monde 8 mars à 20h30 : Babx – Chanson française 9 mars à 20h30 : Moutin Réunion Quartet – Jazz 10 mars à 17h : Wilhem Latchoumia – Musique classique 13 mars à 15h : Il y a quelqu’un dans le vent – Famille 16 mars à 11h : Rosie Rose – Théâtre d’objets 16 mars à 20h30 : Lo’jo – Musiques du monde 17 mars à 20h30 : Kenny Garrett – Jazz 18 mars à 20h30 : Patricia Barber – Jazz 20 mars à 9h30, 11h et 15h30 : Trio Cibou (dès 18 mois) – Jeune public 22 mars à 20h30 : Trio Esperança – Musiques du monde 23 mars à 20h30 : Nevchehirlian Le soleil brille pour tout le monde ? + Ottillie B en 1ère partie – Chanson française 24 mars à 20h30 : Rudresh Mahanthappa quartet – Jazz 26 mars à 20h : Cuerpo – Danse

STRASBOURG CREPS - Théâtre de la Boîte Noire

Du 1er au 31 mars : Le barbier de Séville – Théâtre classique

Le Kafteur

7 et 8 mars à 20h30 : Qui vive (Taps Scala) 20, 23 et 24 mars : La petite trilogie Keene (Taps Scala) Du 26 au 29 mars à 20h30 : Les boîtes (Taps Gare)

TJP

Du 5 au 9 mars : Murmurs (à partir de 7 ans) 8 et 9 mars à 20h30 : Kindertotenlieder Du 10 au 16 mars : Sirènes (à partir de 4 ans) 15 et 16 mars à 20h30 : & - Arts visuels Du 21 au 24 mars : Anubis – Danse théâtre Du 22 au 24 mars : Limen – Théâtre danse

Du 5 au 9 mars : ZEF – Théâtre visuel et burlesque 12 mars à 20h30 : Les labos du mardi : Nuit de la vaseuse Du 19 au 30 mars : Le Marathon de l’humour du Kafteur

La Laiterie

Sélection Diversions 5 mars à 20h : Jake Bugg – Indie british folk 7 mars à 20h : Les Tambours du Bronx – Musiques du monde 14 mars à 20h : Oxmo Puccino + invité – Hip hop

Le Maillon

1er mars à 19h : Voies off – Création artistique 2 et 3 mars : Atelier de danse avec Rindra Rasoaveloson – Danse 6 et 7 mars à 20h30 : L’atelier volant – Théâtre Du 12 au 14 mars : Brilliant Corners – Danse 21 et 22 mars à 20h30 : Kill your darlings ! Streets of Berlinadelphia - Théâtre 24 mars à 17h30 : Die Zeit schlägt dich tot - Théâtre musique allemande Du 21 mars au 31 mai : Verna – Exposition Du 26 au 28 mars à 20h30 : Al Menos Dos Caras – Danse

© Uta Gebert

5 mars à 14h30 et 20h30 : Connaissances du monde : Qhapaq Ñan - La grande route inca – Cinéma Du 5 au 10 mars : Chacun son problème – Théâtre 6 mars à 15h : Le Renne du soleil – Famille 7 mars à 20h30 : Alex Lutz – Humour 10 mars à 17h : Elastic – Cirque 12 mars à 20h30 : Quatuor pour piano et cordes – Musique classique 16 mars à 20h30 : Samouraï – Musique 17 mars à 17h : La Flûte enchantée – Opéra 18 mars à 20h30 : Caladh Nua – Musique 19 mars à 20h30 : Minka – Famille 20 mars à 20h30 : Bonbon – Musique 21 mars à 20h30 : Loeffler & Beck Jazz Band avec en invitée Lisa Doby – Jazz 22 mars à 20h30 : Yves Jamait – Chanson

Taps © Emanuel Gat

7 et 8 mars à 20h30 : La petite trilogie Keene – Théâtre Du 9 au 23 mars : Le Japon à Haguenau – Spectacles, exposition, ateliers… 12 mars à 20h30 : Ensemble Sakura – Danse, chant et percussions 16 mars à 17h : 2084, un futur plein d’avenir – Marionnettes 26 et 27 mars à 20h30 : Beaucoup de bruit pour rien - Théâtre

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Limen du 22 au 24 mars au TJP de Strasbourg Théâtre National de Strasbourg

Du 5 au 9, du 12 au 17 et du 19 au 24 mars : Jean la chance – Théâtre Du 19 au 27 mars : Maître Puntila et son valet Matti - Théâtre

Expositions La Chambre

Jusqu’au 3 mars : Arnold Oldermatt – Exposition photographique Du 8 mars au 28 avril : Africa – America – Exposition photographique

Stimultania

Jusqu’au 17 mars : Pieter Hugo - «This must be the place» - Exposition photographique 10 mars à 18h : Clara Clara - Concert Post Punk Musées de Strasbourg

Musée archéologique

Jusqu’au 31 août : Peintures murales romaines en Alsace

Musée Tomi Ungerer

Oxmo Puccino à La Laiterie le 14 mars

Jusqu’au 31 mars : Tomi s’amuse, jeux et jouets de la collection Tomi Ungerer


Dans l’Aire urbaine Belfort-Montbéliard

Création de Joanne Leighton au Granit La directrice du Centre Chorégraphique National de Franche-Comté à Belfort présente en mars au Granit sa nouvelle création, un solo qu’elle a conçu pour le danseur Jérôme Andrieu, que l’on avait pu voir dans le projet collégial Exquisite Corpse en mai dernier, toujours à la Scène nationale de Belfort.

C’est justement ce long processus de recherche, transposé à la danse, que Joanne Leighton et Jérôme Andrieu ont souhaité faire partager au public. Bertrand Lavier a copié sous forme de néons une œuvre du peintre Frank Stella, qu’il a ensuite fait reproduire par la manufacture des Gobelins à Paris. Un Solo est régi par le même principe de transposition. Comment passer d’un medium à un autre ?

- Dominique Demangeot -

Un solo, Le Granit, Belfort, 19 mars à 20h30 - www.ccnfc-belfort.org www.legranit.org

Soirée Dub au Moloco C’est l’histoire d’une rencontre, entre le chorégraphe Sylvain Groud et Molecule, formation électro-dub. Coréalisée par la scène nationale du Pays de Montbéliard et Le Moloco, la soirée dub du 15 mars mêlera danse contemporaine et musique. Sylvain Groud est artiste associé à MA Scène Nationale depuis septembre 2011. Parallèlement aux spectacles qu’il présente, il mène divers projets en lien avec les habitants, dans les lycées et les collèges du Pays de Montbéliard. Pour le spectacle Collusion, quatre danseurs cohabitent sur scène avec les trois musiciens de Molecule. Jouée en live, la musique de Molecule s’inspire aussi bien de Pink Floyd que de Debussy, musique laboratoire qui favorise l’hybridation esthétique. Antiques synthétiseurs, basse ou sitar indien s’animent sur le socle des infrabasses. La musique de Molecule a donc une présence également très « physique » qui a logiquement attiré le danseur qu’est Sylvain Groud. Le chorégraphe et le musicien ont travaillé sur les interactions entre le son et le geste, pour cette création qui a vu le jour en novembre 2011 au Centquatre à Paris. Sylvain et Molecule parlent volontiers d’un concert performance, dans la mesure où Collusion n’est pas appelé à accomplir une longue tournée. Il s’agit plus ici d’une rencontre exceptionnelle puisqu’elle élargit le cadre habituel de la création. L’expérience se poursuit durant le concert même puisque Molecule agit aussi sur la musique en direct, « guidé par le mouvement de l’interprète ». Les gestes naissent de la musique, mais la réciproque est aussi vraie. La danse influe sur les sons.

© Belafilms

Le 8 février dernier, Joanne Leighton et Jérôme Andrieu ont présenté au public quelques-unes de leurs pistes de travail, après treize jours de répétition, faisant allusion notamment à une exposition que la directrice du CCN avait visité début janvier. Dédiée à Bertrand Lavier, cette exposition mettait en évidence la démarche de l’artiste autour du rapport entre copie et original. « Sa démarche consiste à utiliser un document, en l’occurence ici un tableau, pour le transposer ensuite dans une autre œuvre », explique le danseur Jérôme Andrieu. « C’est justement ce processus suivi par l’artiste qui me plait ». Ce qui intéresse Joanne Leighton, c’est la dimension artisanale du geste, le côté très méticuleux de la copie. « Ici l’objet est travaillé, on n’est pas dans le ready made de Duchamp », ajoute la chorégraphe.

Joanne Leighton prend comme base ici les commentaires de plusieurs personnes à qui l’on a demandé de regarder et décrire ce qu’ils voyaient à l’écran en temps réel, des œuvres dansées, anciennes ou contemporaines transposées en paroles. « Cette parole réelle devient la partition pour nous », explique Joanne Leighton. Une partition pour créer, à partir d’une parole existante, autre chose. Au moment où Joanne Leighton et Jérôme Andrieu nous ont dévoilé cette courte étape de travail, ils ne savaient pas encore si les voix off seraient intégrées au spectacle final, mais les spectateurs ont eu l’opportunité de faire un bout de chemin avec les deux artistes, échanger avec eux sur leur processus de création, leurs interrogations et les problèmes rencontrés. Parmi les problématiques engagées ici, Jérôme Andrieu a notamment évoqué la distance qu’il entretient avec ce qu’il entend, quelle marge il s’accorde dans le rendu physique de ce que décrivent les mots entendus : leur être fidèle ou s’en détacher, prendre leur contrepied, tout en essayant d’aboutir à quelque chose de naturel ? « Comment on entend ces mots et comment on peut leur répondre », ajoute Joanne Leighton. « Et puis il y a toujours une marge, un endroit où l’on peut improviser », conclut le danseur que l’on retrouvera le 19 mars sur la scène du Granit.

6

Durant six mois, chacun a travaillé chez soi, Sylvain imaginant des mouvements sur les échantillons de musique que lui envoyait Molecule. Sensation physique en effet, Sylvain Groud parlant même de « chahut jubilatoire des organes » et se disant submergé par les nappes Dub de Molecule. La soirée au Moloco se poursuivra par deux concerts : Brain Damage, une référence du Dub qui opérait son grand retour sur scène en 2012, et Dub Invaders, revenant aux affaires eux aussi avec leur projet Dub Invaders #2. - Manu Gilles -

Collusion + Brain Damage + Dub Invaders, Le Moloco, Audincourt, 15 mars à 20h30 - www.mascenenationale.com


Théâtres

7

Nouvelle création à l’Espace 110 d’Illzach Nous avions rencontré la Compagnie des Rives de l’Ill en décembre dernier à l’Espace 110. Chose promise, chose due, ils nous présentent cette fois leur nouvelle pièce, Silence complice, créée à Illzach le 22 mars. Silence complice, du dramaturge australien Daniel Keene, nous présente Bill et John, deux êtres à la dérive qui décident un jour de se lancer dans les courses de lévriers. Mais le chien, baptisé « Silence complice », n’est pas le bolide qu’ils espéraient... Bill et John sont des anti-héros tragiques, en marge, qui ne peuvent s’accrocher qu’à des chimères, des espoirs qui vont nécessairement les décevoir. Course oblige, le monde de l’argent est également abordé dans cette pièce mise en scène par Thomas Ress et interprétée par deux comédiens, Sylvain Urban et Loïc Risser, établis à Paris mais originaires d’Alsace. Tandis qu’une partie de l’équipe des Rives de l’Ill achèvera sa tournée parisienne - La Tour de la Défense est jouée jusqu’au 17 mars au Vingtième Théâtre -, une autre poursuit les répétitions de Silence complice à l’Espace 110. « La pièce est écrite comme un film, avec une trentaine de tableaux de 3 à 4 minutes chacun », explique Thomas Ress. Ce dernier a souhaité cependant collaborer avec un dessinateur, Dominique Rousseau, qui a conçu tous les décors. Ceux-ci se dessineront peu à peu au fil de la pièce. Thomas Ress nous confie également que la couleur orange tiendra une place prédominante, pour rappeler la terre battue des terrains de courses de lévriers, mais aussi pour conférer au spectacle une certaine unité graphique, « pour se concentrer sur les rapports humains entre les personnages », précise Thomas.

‘‘Une fable dure, amère et pourtant si fraîche, si drôle’’, Thomas Ress, metteur en scène Avec Daniel Keene, la compagnie ajoute une nouvelle case contemporaine à son répertoire. Le dramaturge australien, découvert en France en 1995 par une lecture de Une heure avant la mort de mon frère au Théâtre du Vieux-Colombier, pose sur nos sociétés modernes un regard aiguisé et sans concession : chômage, vieillesse, violence sont abordés dans son théâtre. La situation économique peu reluisante des deux personnages de Silence complice fait évidemment référence à notre crise actuelle, une déconfiture financière qui mute en crise morale. Chez Bill et John, le lien social est rompu avec leurs semblables, de sorte qu’il se sont créé leur propre univers, presque à la manière d’un couple. Dans Silence complice, le sordide côtoie constamment le comique. « Une fable dure, amère et pourtant si fraîche, si drôle », écrit Thomas Ress, « peutêtre grâce à la forte complicité et amitié qui existent entre ces deux hommes ». - Dominique Demangeot -

Silence complice, Espace 110, Illzach 22 et 23 mars et 5 et 6 avril www.espace110.org

Danses

Emanuel Gat en Alsace

© Emanuel Gat Dance

Emanuel Gat se frotte au légendaire Thelonious Monk, tentant de retrouver l’esprit du pianiste de génie qui a contribué à donner forme au bebop, tout en s’éloignant des cadres traditionnels du jazz.

lent et complexe assemblage semble avoir présidé à l’élaboration de l’album Brilliant Corners, tissé du jeu versatile et complexe de Monk, libre de tous formats. « Le jazz est mon aventure », expliquera un jour Thelonious Monk.

Le chorégraphe israélien a pris comme base le mythique album Brilliant Corners. Si Emanuel Gat ne se sert d’aucun morceau de Thelonious Monk, il s’inspire cependant de la pulsation si personnelle de la musique de l’artiste. Emanuel Gat évoque d’ailleurs ici une « cour de jeu », comme pour faire allusion à la jubilation de la recherche. Une errance de départ pour mieux parvenir à l’œuvre, sans pour autant suivre un schéma tout tracé. Le chorégraphe préfère parler de « forces » qui vont donner naissance au mouvement, sans qu’un point final ne soit posé, ni recherché au préalable. L’œuvre émerge alors peu à peu d’un magma de gestes, de pas et de sources sonores laboratoire à même le plateau d’où doit surgir le spectacle. Le même principe d’un

Emanuel Gat souligne que le processus qui a mené à la naissance de l’album Brilliant Corners, paru en 1957, a beaucoup à voir avec la création chorégraphique, lorsqu’il s’agit de laisser parler les corps plutôt que de les enserrer dans des cadres rigides... voire inhibant d’un point de vue créatif ! « Voir plus, entendre plus, ressentir plus », telle semble être la devise du chorégraphe pour ce nouveau spectacle. - Marc Vincent-

Brilliant Corners, La Filature, Mulhouse 15 mars à 20h À voir aussi au Maillon de Strasbourg du 12 au 14 mars


Musiques

8

New Combo Jazz Band à Sausheim

© DR

Réservez votre soirée du 14 mars à Sausheim pour assister à un concert hors norme, tout en faisant une bonne action. C’est en effet au profit de l’association Afrique Future que les 19 musiciens du New Combo Jazz Band se produiront sur la scène de l’EdN. Le New Combo Jazz Band est un big band, formation dédiée au répertoire jazz, en particulier le swing jusque dans les années 60. Les big bands traditionnels emploient quatre sections instrumentales où les cuivres se taillent la part du lion : saxophones, trombones, trompettes et enfin la section rythmique : piano, contrebasse ou basse et batterie, guitare et diverses autres percussions. Dans le New Combo Jazz Band, on trouve également parfois des voix, car le Combo propose aussi des morceaux chantés. C’est la période du swing que le New Combo Jazz Band met en avant dans ses prestations, sous la direction d’Éric Chiocchia - également trompettiste -.. Créé en 1986,

l’ensemble amateur enchaîne les concerts et les collaborations. Très présent sur la scène régionale, le New Combo Jazz Band a notamment collaboré avec Michel Hausser, Stan Lafferière - avec lesquels ils ont enregistré leur troisième opus Basically Jazz -, Vincent Cordelette, l’organiste Rhoda Scott, Claude Bolling entre autres grandes figures du jazz. Le combo propose également ses propres arrangements. Leur nom a déjà figuré sur les affiches de festivals de jazz d’importance comme à Delle-Porrentruy ou Munster. Le New Combo Jazz Band s’exporte aussi et s’est notamment produit dans quelques hauts lieux du jazz parisien. C’est bien la grande tradition du swing qui est célébrée ici, même si le big band mulhousien s’autorise parfois quelques arrangements plus audacieux ! - Manu Gilles -

New Combo Jazz Band, Espace Dolfus & Noack, Sausheim, 14 mars à 20h30 www.edn-sausheim.com

Bang On ! au Noumatrouff « No Panic »... Une expression anglophone qui devrait parler à tous les aficionados de musique électronique. Il y a quelques années, le Noumatrouff proposait des soirées dédiées à l’électro. L’équipe remet sur la table le concept en conviant notamment pour ce grand retour Bang On ! le 16 mars, nouvelle recrue de l’incontournable label Ninja Tune nous arrivant tout droit de Grande-Bretagne. Élevé au bon lait de Liverpool, Bang On ! pratique avant tout le Grime, une électro urbaine très orientée hip hop, sur fond de synthés Dubstep. Elliott Egerton, jeune britannique de tout juste 22 ans, a assimilé à plein l’un des concepts clés de la culture hip hop dont son premier opus [SIC] est largement imprégné : ne négliger aucune influence. L’album commence d’ailleurs sur un guitare voix peu fréquent sur un opus de grime, morceau qui laisse rapidement la place à un panel de titres éclectiques, bourrés de trouvailles sonores et d’ambiances diverses. Si Elliott dépasse à peine la vingtaine, notons que le bougre, à l’âge de 12 ans, sévissait déjà sous le pseudonyme de Young L, collaborant avec des pointures comme Skinny Man ou Roots Manuva, excusez du peu... Bang On ! adjoint également à sa musique des éléments punk rock et drum’n bass. PunkDonk comme son titre l’indique, porte le hip hop vers une urgence très rock même si ici le morceau repose sur un assemblage de beats électroniques distillés à une cadence frénétique... Rythmiquement, la galette est audacieuse, beats erratiques, speed et violents comme l’air du temps. Chaque titre apporte ses paysages : les tempi intenables de Munnys et Huztlin’, estampillés d’un flow tout aussi redoutable, ou les errances sonores

et lancinantes, sentant bon le bitume de banlieue arpenté semaine après semaine, de D’n’D et du premier single Fars Yer Whop. Elliott n’a peur de rien et bien malin celui qui collera une étiquette à [SIC], tant la production et l’amalgame des divers styles - parfois dans un même morceau - font de ce premier opus un objet sonore difficilement catégorisable, certes ancré entre hip hop et breakbeat, mais bien plus que ça ! Ajoutez un sens aigü de l’ironie distillé par un accent et un argot difficilement accessibles à nous pauvres francophones, mais on vous assure que les textes, une fois survolés - et déchiffrés ! - valent le détour. La nouvelle petite bombe comme Ninja Tune sait si bien en dénicher. - Sébastien Marais -

Soirée « No Panic » : Bang On ! + Netto + Dr Chalice + Ottist Riddim Le Noumatrouff, Mulhouse, 16 mars à partir de 22h - www.noumatrouff.fr


Musiques

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Les flux du temps et de la mer avec l’OPS

Des œuvres des deux compositeurs seront interprétées le mercredi 27 mars, lors d’une soirée qui conviera également La Mer de Debussy et From the Depths Sound the Great Sea Gongs: Invocation of the Sea de Gareth Farr. Notons d’ailleurs que Tōru Takemitsu est féru de musique française, et de Debussy en particulier ! D’où peut-être la présence du compositeur dans ce programme. On retrouve bien sûr l’influence du Japon dans sa musique, tant dans ses compositions que dans l’usage d’instruments traditionnels. Ses œuvres font aussi bonne place à la nature comme dans I Hear the Water Dreaming (1987) et How Slow the Wind (1991)... Le compositeur préfère cependant parler d’universalisation de la musique plutôt que d’un pont entre Orient et Occident. Celui qui est également à l’origine des bandes originales de Kurosawa et Kobayashi a bénéficié d’une grande reconnaissance dans son pays. Commande du Carnegie Hall pour le Boston Symphony Orchestra - dirigé par Seiji Ozawa -, From Me Flows What You Call Time a été composé à l’occasion du centenaire du Carnegie Hall, constituant une pièce de choix pour des percussionnistes solo, même si ici, nul fracas ne se fait entendre, mais au contraire une impression constante de légéreté et de fluidité. Les Percussions de Strasbourg interprèteront cette œuvre, pour le moins méditative, qui s’inspire notamment

© Sergine Laloux

Haydn, Mozart, Telemann en mars au programme des concerts proposés par l’Orchestre philharmonique de Strasbourg, mais aussi des incursions dans des œuvres plus récentes comme celle du compositeur japonais Tōru Takemitsu ou encore de l’Italien Ottorino Respighi.

Les Percussions de Strasbourg du bouddhisme. En écoutant cette pièce, on comprend alors pourquoi cette soirée a été intitulée « Les flux du temps et de la mer », tant la partition semble transporter l’auditeur dans un fluc et un reflux, à la fois aériens et liquides. Nous restons d’ailleurs dans l’élément liquide avec Les Fontaines de Rome par Ottorino Respighi, poème symphonique sous le double patronage de Richard Strauss et Claude Debussy. Ce premier volet de la Trilogie romaine, créé en 1917 dans la capitale italienne, évoque différentes fontaines de Rome. Du matin au soir, de la fontaine du triton le matin à la fontaine de Trevi le midi, la musique de Respighi se fait ici hautement poétique, et propre à rendre l’eau coulant en cascade ou s’égouttant lentement, baignée d’une lumière solaire. - Marc Vincent -

Orchestre philharmonique de Strasbourg, Les flux du temps et de la mer, 27 mars à 20h30 www.philharmonique-strasbourg.com

Théâtres

Sirènes au TJP

Jean la Chance au TNS

© Michel Gabriel Duffour

© Vincent Arbelet

Après la création au Théâtre Dijon Bourgogne en novembre dernier, Jean-Louis Hourdin présente à Strasbourg Jean la Chance, satire de Bertolt Brecht qui nous met en présence d’un paysan à qui il vient l’idée farfelue d’échanger sa femme Jeanne... contre une ferme. Pièce de jeunesse inachevée de Bertolt Brecht, Jean la Chance est inspirée d’un conte populaire adapté par les frères Grimm. « Elle en suit la fable mais la débarrasse de toute morale. Tout y devient objet d’échange sans hiérarchie de valeurs, être aimé, outil de travail, bête ou chose » souligne Jean-Louis Hourdin. Cette pièce peu connue de Brecht, que lui-même a reniée, le comédien metteur en scène confesse avoir ressenti un désir impérieux de la monter, «œuvre à la fois savante et populaire, tragique et farcesque», pièce de contrastes donc, qui sera donnée en mars au Théâtre National de Strasbourg. La pièce nous parle en premier lieu de dépossession. Peu à peu, Jean la Chance

se défait de tous ses biens, sans que cela ne semble lui causer la moindre peine, bien au contraire. Ces multiples dépossessions le laissent au final plus léger, plus libre. Manière pour Brecht de nous dire que la richesse matérielle n’est pas tout. Héros naïf et heureux, Jean échange sa femme contre une ferme, sa ferme contre une charrette, puis cette charrette contre un manège… Jean la Chance, dont l’humanité n’est plus à démontrer, semble agir également en philosophe, comprenant, excusant même ceux qui le volent et le maltraitent. Pour lui la richesse n’est rien. Comme souvent, Brecht emploie le rire pour faire passer son message, et JeanLouis Hourdin y ajoute ici la musique. Le «chœur des escrocs», qui dépouille Jean de tous ses biens, est un groupe de comédiens chanteurs qui ponctuent musicalement la pièce. - Dominique Demangeot -

Jean la Chance, Théâtre National de Strasbourg, du 5 au 24 mars - www.tns.fr

Présenté notamment au festival Momix en février, Sirènes sera joué à partir du 10 mars au TJP de Strasbourg, où Eve Ledig et Le Fil Rouge Théâtre ont suivi deux résidences en novembre et décembre dernier pour mettre les dernières touches au spectacle. Si la pièce s’inspire librement de la célèbre Petite sirène d’Andersen, Sirènes croise les disciplines. Récit, images et objets dialoguent en effet avec une belle économie de moyens. L’histoire surgit avec peu. « J’ai envie de retrouver le plaisir du jeu », explique Eve Ledig. « D’inventer à partir du plateau ». Le spectacle, visible dès 4 ans, est une petite forme « pour s’embarquer ensemble » dit encore la metteure en scène qui interprète ici l’unique personnage. Cette dernière a entraîné dans son périple Sabine Siegwalt, scénographe et costumière avec qui elle collabore depuis 17 ans. La pièce s’est écrite à six mains avec Sabine Siegwalt mais aussi la comédienne Marie-Anne Jamaux. À travers le dessin, la photographie et la peinture, des images accompagnent le

récit porté par la comédienne, esquissent les paysages, l’écume et les vagues de l’océan. La guitare électrique de Jeff Benignus traduit elle aussi le paysage marin, le fracas océanique ou les vagues qui doucement viennent chatouiller le rivage. Un voyage en bord de mer qui est aussi voyage intérieur. La femme sur scène se souvient de son enfance, et en particulier des vacances qu’elle passait chez sa grandmère au bord de la mer. C’est elle qui nous dit le conte de la petite sirène qui aspire à devenir humaine. Quoi qu’il lui en coûte, elle cherche à abondonner ses nageoires pour rejoindre les humains. C’est ici l’occasion pour Le Fil Rouge Théâtre de traiter de thèmes qui lui sont chers comme la transmission et la métamorphose. Et puis il y a aussi l’amour et la mort qui se côtoient étroitement, comme souvent dans les contes d’Andersen... - Amandine Mannier -

Sirènes, TJP de Strasbourg, du 10 au 16 mars - www.tjp-strasbourg.com


Théâtres

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Owen Wingrave à l’Opéra national du Rhin L’Opéra Studio proposera en mars, avril et juillet sa nouvelle production, un opéra du compositeur britannique Benjamin Britten, peu joué en France. Avec Owen Wingrave, Britten laissait libre cours à ses convictions pacifiques, dans cette œuvre sombre, fantastique mais aussi très ancrée dans la vie réelle de par sa dimension politique.

Si ses proches le traitent de lâche, Owen Wingrave affronte pourtant vaillamment la colère de sa famille qui le rejette, tout comme sa fiancée Kate, qui lui lance alors le défi de dormir dans la chambre de son ancêtre que l’on dit hantée. Il faut dire que la nouvelle de Henry James sur laquelle se base Britten pour composer son opéra, est ce que l’on désigne outre-Manche une ghost story, une histoire de fantômes, un conte fantastique que Britten va reprendre à son compte. La malédiction familiale semble poursuivre Owen Wingrave, puisque l’on raconte que cet ancêtre

© Frédéric Godard

Le compositeur s’est basé sur une nouvelle de Henry James. Lorsque Benjamin Britten compose son avant-dernier opéra en 1970, les États-Unis s’enlisent dans le conflit vietnamien. La nouvelle met en scène Owen Wingrave, fils de bonne famille qui refuse le destin militaire que lui a assigné son père. La résonance avec les instincts profondément pacifiques de Britten et le contexte géopolitique de l’époque, est donc évidente ici. La dimension patriotique sera bien sûr explorée par le metteur en scène Christophe Gayral. La scénographie mettra de plus en avant le coquelicot, symbole du retour à la paix mais aussi du sang versé. Cette fleur est en effet portée le Jour du Souvenir en Grande-Bretagne, en hommage aux disparus de la première guerre mondiale.

C’est à l’Opéra national du Rhin qu’avait été créée la version française d’Owen Wingrave en 1996. L’Opéra Studio reprend ici l’œuvre dans sa langue d’origine

La troupe de l’Opéra Studio a été tué par son père pour avoir refusé de se battre en duel contre un camarade... Mais la malédiction est aussi sociale, Owen se voyant cerné par des personnages qui lui sont tous, à leur manière, hostiles. Cela inclue même sa fiancée Kate, qui l’oblige à prouver sa bravoure en allant dormir dans la chambre que l’on dit hantée. « On est dans un contexte très intime, très sensible », souligne Laurent Deleuil qui interprète le rôle d’Owen. « Il est seul face à tous, rejeté par les siens ». C’est à l’Opéra national du Rhin qu’avait été créée la version française d’Owen Wingrave en 1996. L’Opéra Studio reprend ici l’œuvre dans sa langue d’origine.

Owen Wingrave a été écrit en vue d’une diffusion télévisée, après les succès qu’avait connus Britten avec Billy Budd - 1966 - et Peter Grimes - 1969 -. Moyens télévisuels obligent, le compositeur s’était autorisé quelques effets, comme dans la scène 2 qui présente des actions se déroulant simultanément en deux endroits différents. Le contexte télévisé impose aussi un rythme vif et de brèves scènes. Pour cette nouvelle production de l’Opéra Studio, le choix a donc été fait d’employer la vidéo pour satisfaire à certaines de ces contraintes.

conscient que le petit écran pourrait lui attirer un public nouveau. La musique d’Owen Wingrave est à l’image du thème et de la fin de l’opéra : belle et tragique. On y retrouve des accents du fameux War Requiem de Britten, œuvre là encore particulièrement pacifiste, notamment lors de la belle ballade pour ténor. Quant aux percussions dans l’air final, elles rappellent Death In Venice. La partition d’Owen Wingrave sera exécutée par l’Orchestre symphonique de Mulhouse, dirigé pour l’occasion par le britannique David Syrus, grand spécialiste de Britten. - Bertrand Demornieux -

Owen Wingrave, Théâtre municipal de Colmar du 17 au 21 mars, Théâtre de La Sinne de Mulhouse du 7 au 11 avril, Opéra de Strasbourg les 4 et 6 juillet www.operanationaldurhin.eu

Pour la télévision, Benjamin Britten composera un nombre important d’airs et d’ensembles,

Valère Novarina au Maillon Valère Novarina présente au Maillon la nouvelle mise en scène de sa première pièce, écrite de 1968 à 1970, puis créée en 1974, L’Atelier volant.

Dans la pièce, toujours d’actualité aujourd’hui, l’auteur s’interroge sur le pouvoir du langage, cette arme à double tranchant qui peut réduire l’homme à l’esclavage ou au contraire le libérer

© Valère Novarina

Pour la première fois, le dramaturge met en scène son Atelier volant, nous présentant un groupe d’employés que l’on appelle dans la pièce par les lettres de l’alphabet, des ouvriers à la botte de leurs patrons, les Boucot. C’est en contrôlant notamment le langage que les époux Boucot parviennent à conserver leur emprise sur leurs employés. «Du personnel de toute première qualité !» s’exclame le Docteur qui trouve à Boucot cette main d’oeuvre corvéable à merci, et obéissant «à la voix et au geste». Les employés sont achetés comme on acquérerait un troupeau de bovins. Et peu importe que F souhaite conserver l’une de ses mains, ou D un quart de sa tête, M. Boucot achète le tout.

© Valère Novarina

Dans la pièce, toujours d’actualité aujourd’hui, l’auteur s’interroge sur le pouvoir du langage, cette arme à double tranchant qui peut réduire l’homme à l’esclavage ou au contraire le libérer. Valère Novarina parle de «mécanisation du langage (elle s’opère aujourd’hui sous nos yeux plus manifestement que jamais)», sans oublier de souligner que c’est aussi par le langage que l’on peut s’extirper du carcan que la société, l’entreprise ou des idéologies diverses veulent nous imposer. L’auteur parle alors de «verbe vivant, verbe acteur». Pour mettre en valeur le texte, les mots et rien d’autre, le metteur en scène a opté pour un décor pour le moins sommaire, un cube de deux mètres sur deux, « d’où tout sort et tout

jaillit » explique Valère Novarina. « Tout est monté et montré à cru », souligne ce dernier qui souhaite véritablement placer l’acteur et sa parole au cœur de la pièce. Lorsqu’on lui demande s’il est intervenu sur le texte à l’occasion de cette nouvelle mise en scène, Valère Novarina répond que quelques ajustements ont été opérés, ne manquant pas de pointer la difficulté de l’opération. « Nous avons pratiqué quelques coupes : c’est un travail très délicat, car c’est intervenir sur un organisme vivant ; la partition du livre n’est pas une mécanique mais un animal de mots qui sommeillait — et à qui les acteurs, le scénographe, le compositeur, le metteur en scène vont peu à peu redonner vie ».

La langue en général, et celle de Novarina en particulier, est en effet un théâtre à elle seule, une matière vivante, fluctuante, qui peut partir à la dérive, nous échapper, un fleuve qu’il faut parvenir à maîtriser. Chez Novarina, la langue est véritablement à la fête, un langage dont il réinvente certains mots, en sauve d’autres de l’oubli. Les acteurs jouent du langage comme on le ferait d’un instrument, chacun exécutant sa partition. On ne peut pas séparer la langue du corps. « Ce sont les mêmes muscles du ventre qui, pressant boyaux ou poumons, nous servent à déféquer ou à accentuer la parole » écrira Valère Novarina le 6 juillet 1973. Dans un entretien récent, il ajoutait que « le langage est un geste,[...] la parole est un geste musculaire dans l’espace et dans le temps ». - Dominique Demangeot -

L’Atelier volant, Le Maillon, Strasbourg 6 et 7 mars à 20h30 - www.maillon.eu


Musiques

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Yves Jamait au Printemps des Bretelles Du 15 au 24 mars, l’accordéon est une nouvelle fois à l’honneur à l’Illiade. Comme chaque année, la salle de spectacles d’IllkirchGraffenstaden a concocté une programmation centrée autour de cet instrument. Nous avons rencontré à cette occasion Yves Jamait qui prendra part au festival le 22 mars à 20h30.

Tu as changé ton équipe de musiciens il y a trois ans, et réalisé quelques collaborations. Qu’est-ce qui t’a poussé à faire un duo avec la chanteuse Zaz, sur le morceau La radio qui chante ? Mon tourneur a voulu me faire écouter cette artiste, car on cherchait des premières parties. À cette période, c’étaient des tubes en devenir. Plutôt conquis, j’ai été preneur. Six mois après, Zaz est venue timidement me trouver au Casino de Paris à la fin de mon concert. On a échangé quelques compliments, et elle a alors assuré mes premières parties. À nouveau quelques mois

© Stéphane Kerrad / KB Studios

Sur ton dernier album, Saison 4, l’orchestration est assez nouvelle. Conserveras-tu ce son sur scène ? Lorsque j’avais sorti mon premier disque, je me souciais de ce genre de question. Ce n’est plus le cas à présent. Je considère désormais que les chansons tiennent à ce qu’elles sont. J’ai d’excellents musiciens avec moi. S’il y a une modification d’instruments par rapport à l’enregistrement, on s’en arrange. Déjà lorsqu’on nous sollicite pour faire un acoustique à la télévision, il nous est exigé de venir à un ou deux seulement. Nous sommes bien obligés de nous adapter ! Cependant il y a des évidences, des riffs qu’on ne peut pas enlever. Mais la scène n’est pas le disque, même si je veux respecter ce que les gens ont entendu sur album.

pas car il déprime et tout se mélange. Làdessus, des gens n’ont retenu que le gimmick du refrain... Chacun prend ce qu’il veut dans mes chansons, mais elles contiennent toutes un caractère social.

plus tard, je la revois avec ses 300 000 albums vendus, mais elle a voulu continuer à me précéder sur scène. À ce moment-là, je faisais un spectacle avec Daniel Fernandez avec qui nous mélangions deux univers. Celui de la world-music et de la chanson française. Isabelle (Zaz) a adoré, et m’a demandé de lui écrire une chanson. J’ai écrit un duo, en une heure seulement ! Pour enregistrer, il m’a quelque peu fallu lui courir après car elle était en tournée. [Sourire] C’est en Suisse, dans un studio proche d’un lieu où elle jouait, que cela s’est réalisé. La concordance de vos deux esthétiques musicales, dont la fusion crée une sorte de jazz manouche, a dû faciliter le travail entre Zaz et toi... Au-delà de ce que nous avons fait avec Isabelle, j’ai eu la chance de croiser des gens qui font des choses totalement différentes de moi. Autant dans le classique que des

gens dans le milieu du rap. J’ai rappé moimême ! La mixité est le trésor de ce métierlà. Heureusement, nous avons l’opportunité aujourd’hui de pouvoir jouer dans des festivals hétéroclites. Dans tes nouvelles chansons, l’amour et le couple sont davantage mis en avant. Je continue à faire un mélange de la vie, à laquelle je suis confronté comme tout le monde, avec mes propres fixations et ce qui me taraude. Je n’ai pas l’impression de créer plus de chansons engagées qu’avant, ni moins sociales. Ou de parler davantage d’amour. Le rapport homme-femme n’est pas près de se régler, et ça existera toujours. J’en ai souvent fait état. Mon premier opus (De verre en vers) a pu passer pour un répertoire de buvette. Par exemple, certains disaient que la chanson Et je bois était alcoolisée, mais ce n’est pas le cas. En fait, ce texte raconte l’histoire d’un mec qui s’est fait larguer et qui essaie d’écrire. Il n’y arrive

Le temps qui passe est un thème qui transpire, dans ce dernier disque... Ce sujet est quelque chose qui à la fois me fascine et me fait peur. Je suis sans doute un traumatisé, mais je ne suis pas le seul. Faire des chansons me procure du bonheur. Des gens me demandent parfois pourquoi j’écris des lignes tristes. A ceux-ci, je réponds que, lorsqu’ils vont voir un film tel que Sur la route de Madison, ce n’est pas pour aller rire. C’est pour voir un film triste qui fait du bien. Alors je ne comprends pas pourquoi on jugerait la tristesse. Je pense que si nous ne rions pas tous de la même chose, le motif des pleurs est commun à tous. Le lien de mes chansons, c’est la lucidité. C’est mon tempérament : je refuse la moralisation à deux balles ! Une façon de sourire avec la larme à l’oeil ? Oui, c’est un peu ça. On ne sait pas s’il y a une finalité à tout, rien ne le prouve. Mais l’Homme est dans l’attente. - Propos recueillis par Frédéric Dassonville -

- Manu Gilles -

Le Printemps des Bretelles, L’Illiade, Illkirch-Graffenstaden, du 15 au 24 mars Programmation complète et horaires : www.illiade.com


Expositions

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Les 30 ans de la 205 au Musée de l’Aventure Peugeot « Un sacré numéro ». Personne n’est passé à côté de ce slogan dans les années 80. La 205 de Peugeot s’est imposée comme une voiture incontournable, produite durant 15 années. En ce moment, le Musée de l’Aventure Peugeot lui rend hommage comme il se doit en proposant l’exposition « Les 30 ans d’un sacré numéro ! ».

Déclinée sous de nombreuses versions, berlines 3 et 5 portes, cabriolet et fourgonnette, la 205 proposait des motorisations allant de 954 cm3 à 1 905 cm3, pour des puissances de 45 à 200 ch (pour la 205 turbo 16). Dès 1978, Peugeot travaille sur le projet M24, dont sera issue la 205. Après la sortie d’un premier prototype en 1981, la production débute fin 1982. Le 24 février 1983, la première 205 sort des usines Peugeot. Le dernier modèle sera produit fin 1998. La 205 fut également un sacré numéro en matière de sport automobile. Sa version Turbo 16 remportera les titres pilote et constructeur du Championnat du monde des rallyes en 1985

© Samuel Carnovali

Fabriquée de 1983 à 1998 à près de 5 300 000 exemplaires, la 205 a été la voiture Peugeot la plus produite jusqu’à la 206. Si elle demeure un symbole des années 80, c’est notamment grâce à ses publicités qui ont littéralement creuvé nos écrans de télévision - encore cathodiques à l’époque -. Tout le monde se souvient des embardées sablonneuses de la 205 sur la plage. Véritable succès commercial, c’est également elle qui va permettre à Peugeot de percer véritablement le marché français et même de redresser la barre.

(Salonen) et 1986 (Kankkunen), le Paris Dakar en 1987 (Vatanen) et 1988 (Kankkunen), et le Championnat de France de rallycross en 1988 (Guy Fréquelin), 1989 (Philippe Wambergue) et 1990 (Jean-Manuel Beuzelin). L’exposition au Musée de l’Aventure Peugeot retrace l’histoire de cette voiture mythique. Écrits, affiches, photos et vidéos accompagneront plusieurs versions de la 205 qui seront exposées. - Sébastien Marais -

Exposition Les 30 ans d’un sacré numéro !, Musée de l’Aventure Peugeot, Sochaux, du 16 février au 7 avril - Tarifs : 8,50€ pour les adultes, 4,50€ pour les enfants de 7 à 18 ans et gratuit pour les moins de 7 ans Horaires d’ouverture : de 10h à 18h www.musee-peugeot.com

En reportage en mai 2011 à l’Atelier du Musée de l’Aventure Peugeot, nous rencontrions un visiteur qui venait admirer sa 205, offerte au musée en 2007. Ce véhicule revêtait une importance particulière pour lui puisqu’il avait appartenu à son père, acheté neuf en mars 1985, et que ce dernier lui avait ensuite cédé en 1993. « Je lui avais promis que je ne la vendrais jamais. J’en ai fait don au musée Peugeot en 2007 pour respecter ses vœux. La 205 a été cédée dans son état d’origine, très bien conservée. Seule la peinture a dû être refaite en 2011, suite à l’averse de grêle de 2010 lors d’une exposition sur le bicentenaire de la marque. Mais l’équipe de restauration de l’atelier du musée a su rendre à la 205 tout son éclat. « Au musée Peugeot, j’ai l’assurance que la voiture nous survivra ! ». Une histoire de famille qui nous fait prendre conscience que la 205, pourtant produite en large série dans les années 80 et 90, est aujourd’hui entrée dans le patrimoine automobile.


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Chroniques CD

POP ROCK

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ROCK FOLK

ROCK

The W.A.N. Reason & Time (autoproduit)

Eels

Si l’acronyme W.A.N. signifie Without Any Name (sans aucun nom), le groupe lui commence à se forger une vraie identité. Ils avaient été découverts en tant que groupe très local par le Swimming Poule Festival de Baume-les-Dames il y a quelques années. Les programmateurs avaient su repérer leur potentiel qui augurait déjà d’un bel avenir. Après une première mouture studio en 2011, le groupe remplace son guitariste formateur (le papa des deux frères). Suite à ce changement, le nouvel album qui arrive prend une dimension plus rock, davantage ficelé, ne gardant que la pop des débuts dans les mélodies. La fraîcheur et la hargne des nouvelles chansons sont le carburant du groupe. Les compositions sont accrocheuses. La performance fait le reste. Le père peut être fier des fistons et leurs amis car, d’une certaine manière, ils lui rendent un hommage. Ainsi l’influence des années 70 s’immisce dans les nouveaux sons de The W.A.N. Cependant, beaucoup de références récentes habitent aussi les chansons comme les Foo Fighters ou The Strokes. - Frédéric Dassonville -

Entre 2009 et 2010, Eels nous avait gâtés à raison d’un album par an, le tout constituant une jolie trilogie. Après trois années silencieuses, Mark Oliver Everett revient très en forme et très inspiré. Les percussions, les sons bricolés et le riff de guitare qui ouvrent le disque (Bombs Away) dévoilent assez rapidement ce que va être l’album : un mélange de rock sévèrement trempé dans le blues et d’electro savamment orchestrée par E, qui comme à son habitude s’est entouré de The Chet, Koool G. Murder, Knuckles. Eels ne cherche pas à plaire aux dictats des FM, il compose sa musique dans son coin sans se soucier du reste. Ça donne dans le désordre une espèce de garage blues electro cheapos à l’effet boeuf (Kinda Fuzzy, Open My Present), un petit slow rigolo qui laisse la part belle aux synthés en tous genres (You’re My Friend), des ballades crève-coeur (True Original, The Turnaround) et tout de même deux ou trois singles en puissance dont l’Américain a le secret (l’étourdissant Peach Blossom, l’épatant Wonderful, Glorious, l’étrange New Alphabet). Après avoir sorti trois disques en moins de deux ans, Eels a pris son temps et Wonderful, Glorious est la preuve que cette période a été très bénéfique à son auteur et qu’on a bien fait d’attendre. - Georges -

Wonderful, Glorious

(Vagrant Records / PIAS)

FOLK

FOLK POP

Anaïs Mitchell

Herman Dune

(Righteous Babe Records)

(Strange Moosic)

Un opéra folk passé inaperçu et sorti sur le label d’Ani Di Franco par une jeune artiste qui sait s’entourer. Ce disque n’a pas connu le succès ici alors qu’il recèle de très belles chansons. À commencer par Wedding Song, interprétée en duo avec Justin Vernon alias Bon Iver. Partant du principe de l’opéra, basé sur le mythe d’Orphée transposé après la Grande Dépression des années 30 (Bon Iver est Orphée, Anaïs est Eurydice, Ani DiFranco est Perséphone...), Hadestown est une oeuvre très construite, autour de musiciens chevronnés, de chanteurs talentueux. Pour preuve, Ben «Hermès» Knox Miller, chanteur de The Low Anthem, en compagnie de Bon Iver démontre tout son talent d’interprète (Wait For Me). De son côté, Greg «Hadès» Brown appose son empreinte d’une voix tellement grave qu’elle ferait presque passer Mark Lanegan pour un castrat. À mi-chemin entre le jazz bastringue et théâtral de Tom Waits et le meilleur du folk contemporain, Hadestown a mis en exergue le talent d’une jeune femme qui n’a pas dit son dernier mot. - Simon Grangereau -

Herman Dune crée la parfaite bande son pour accompagner le road trip des deux personnages principaux du long métrage Mariage à Mendoza, qui s’en vont retrouver en Argentine leur cousin joué par Benjamin Biolay. C’est peu dire que cette soundtrack sent bon les grands espaces et le bitume chauffé au soleil du Sud américain. Les deux frangins tracent leur route, via les États-Unis, en direction de la petite ville de Mendoza au pied des Andes. D’où ces titres aux consonances latino-américaines comme Holding A Monument où la rythmique se fait plus piquante, comme dans For Mendoza qui nous renvoie aux hauteurs que tutoyaient Simon And Garfunkel dans El Condor Passa. Certaines chansons s’écoutent avec une joie non dissimulée, qu’il s’agisse de ballades Mc Cartneyennes - Don’t Lie To Me - ou de réjouissantes pop songs comme peuvent l’être The Wrong Button et The Great Escape. La patte d’Herman Dune est bien là, entre deux respirations comme l’atmosphérique Escape To The Moon. Sur terre ou sur la lune, c’est le dépaysement assuré. - Dominique Demangeot-

Hadestown - A Folk Opera

ROCK FOLK TRIP HOP

Mariage à Mendoza

Elvis Left The Building EP (autoproduction) Une ex-My Lady’s House et un membre actuel du combo folk, un ex-Irradiates et un This Year’s Girl, voici donc le quatuor qui forme Elvis Left The Building, un condensé de rock garage envoyé sans concession. En partie influencé par The Detroit Cobras dont on trouve une reprise ici (I Wanna Holler (But The Town’s Too Small)), ce EP n’accuse aucun temps mort. Rythmique speed et heavy, guitares 60’s et le chant de la féline Santiago sont la recette imparable de ce mini-essai inaugural qu’on espère très vite suivi d’une longue production. Redemption et ses handclaps séduisent immédiatement et on reprend à notre tour ces chœurs fédérateurs. Un peu plus sombre, les couplets de Let Me Oh sont entrecoupés par un refrain plus pop et lumineux imparable. Se clôturant avec le titre pop-rock Torn Dress, la première parution d’Elvis Left The Building laisse entrevoir un avenir prometteur, à découvrir sur scène, où le son du groupe prend réellement toute son ampleur.

Asaf Avidan Different Pulses (Universal) Asaf Avidan est un artiste atypique qui aura marqué l’année passée. Comme quoi, au milieu de toutes ces «hmm hmm» servies par les radios, on peut y trouver de jolies choses. Asaf Avidan a une voix qui sort du cadre, puissante et élastique. A l’écoute de ses précédents disques, plus rock, on pensait inévitablement à Janis Joplin. Avec Different Pulses, l’Israélien ouvre une nouvelle page (sans ses Mojos) et intègre des sonorités trip-hop (Cyclamen). Le single Different Pulses fait le job, mélangeant groove mélancolique et voix au bord de la rupture. Les morceaux du disque fonctionnent plus ou moins selon cette recette : Love It Or Leave It et ses chœurs et guitare vintage, 613 sorte de compromis entre Lykke Li et les musiques orientales. Après, il faut quand même se coltiner ce chant toujours aigu, qui peut agacer parfois. Pas sûr, donc, que l’on puisse écouter le disque en boucle, malgré son évidente efficacité. - Georges -

- Florian Antunes Pires-

POP ROCK

Manu La dernière étoile (Tekini Records/Absilone) La chanteuse revient aux affaires avec un nouvel album, réalisé par son ex-collègue guitariste de Dolly, Nikko, près de cinq ans après un premier opus solo, Rendez-vous. Ce deuxième album passe vite, Manu faisant preuve d’une concision bienvenue tout en agenceant de jolis contrastes, comme l’illustre la magnifique J’attends l’heure où le sobre couplet guitare voix laisse toute sa place à un refrain étoffé et aérien. La pop est un art de l’harmonie que Manu maîtrise depuis la glorieuse époque de Dolly dans les années 90. Certains titres nous emportent dans leur sillage pop rock - J’oublie et Talk (About) chanté en anglais - quand d’autres renouent avec les paysages mélancoliques de Rendez-vous, fortement imprégné de tristesse suite au décès du bassiste de Dolly, Micka, en mai 2005. Sur La routine, Manu se voit rejointe aux chœurs par France Cartigny, même si les moments nerveux cohabitent souvent avec des climats mélancoliques. Un EP Que fais-tu ? est d’ores et déjà disponible en format numérique. L’album sort le 8 avril. - Dominique Demangeot -

AFRO JAZZ

Landry Biaba Zin

(autoproduit) Zin signifie avancer en Medumba (dialecte camerounais). «Au-delà des notes, des mélodies, la musique a quelque chose de magique». C’est ce que nous confiait Landry Biaba lors d’une rencontre. Ainsi illustre-t-il le multilangage utilisé dans ses compositions. Il y invente même une langue imaginaire, faite d’onomatopées qui rappellent aussi le jazz. Ce dernier est justement le socle de la musique de Landry. Au-dessus, s’ajoutent des éléments à la manière d’un millefeuille. Ambiances brésiliennes, soustendues d’une ligne de basse groovy. Chœurs afro entraînés par la rapidité de rythmes traditionnels et un xylophone. Si dans les concerts les cuivres ont tendance à ne faire qu’acte de présence, sur l’album le saxophone n’est pas si timoré. Dans un registre moins habituel, le musicien tente un souffle pop-folk, sans toutefois se détacher de la racine jazzy. L’ensemble instrumental montre bien la subtilité avec laquelle Landry Biaba compose. Il arrive aussi que les chœurs soient réalisés par sa propre voix. Un organe haut-perché qui virevolte de façon improvisée, mais jamais hasardeuse. - Frédéric Dassonville -


Littératures

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Du 5 au 7 avril prochains, le Grand Dole organise la troisième édition de son Festival du Livre Jeunesse dans la salle de La Commanderie à Dole. Les P’tits Papiers, c’est le nom de ce temps fort littéraire qui, outre les traditionnelles rencontres avec les auteurs et éditeurs, proposera sept spectacles - quinze représentations -, des expositions et plusieurs autres activités.

Le soleil sur la colline (Illustrations de Nicolas Gouny)

Sandrine Beau

Éditions Gargantua

Le soleil sur la colline nous transporte en Afrique, dans les paysages aux couleurs vives du grand continent. Le grand-père du petit Kameo lui a transmis l’amour de la nature, et des antilopes en particulier qu’ils vont observer chaque jour à l’aube sur une colline. Sandrine Beau aborde ici avec beaucoup de sensibilité et de pudeur la question du deuil, dans cette histoire illustrée par Nicolas Gouny. Si Sandrine Beau, qui a été aussi animatrice sur France Bleu Besançon, s’est mise il y a deux ans seulement à l’écriture jeunesse, elle s’est aussi essayée à la littérature pour adolescents avec la série Roulette Russe. Après Noël en juillet, le deuxième tome Rouge bitume est sorti, le lecteur retrouvant Tomaso, Youri et Emma, qui repartent pour une nouvelle enquête, allant porter assistance à un SDF. Un deuxième volet qui traite aussi de racisme et de paternité.

À noter que le festival se prépare bien en amont avec les enfants eux-mêmes, puisque depuis le 8 janvier dernier, des rencontres d’auteurs dans les classes et des ateliers à la médiathèque sont mis en place en collaboration avec les écoles. Le premier jour du festival, vendredi 5 avril, sera d’ailleurs dédié en particulier à l’accueil des scolaires.

La légende du petit pommier Alain Goy

Dmodmo Éditions

Alain Goy aime les arbres. Remarquez, rien de plus normal : il a été forestier. La forêt de Chaux est son élément, elle peuple les contes qu’il dit devant le public et qu’il édite également, aujourd’hui, sous forme d’albums. Deuxième forêt de feuillus la plus étendue de France, la belle forêt jurassienne regorge d’histoires qu’Alain Goy, auteur et illustrateur, retranscrit dans ses ouvrages. Le conteur nous raconte notamment la légende d’un petit pommier qui voulait parvenir jusqu’au centre de la forêt, à l’endroit où les arbres « écoutent leur cœur battre ». Un conte qui traite, entre les lignes, du thème de l’exclusion. Chaque livre d’Alain Goy est accompagné d’un CD audio qui permet à l’enfant ne maîtrisant pas la lecture de suivre l’histoire, et de tourner la page au bon moment grâce à un signal sonore. Une seconde plage propose le conte sans interruption.

> Alain Goy présentera deux contes grand public durant le salon, dans la salle du 1er étage de La Commanderie, les samedi et dimanche à 16h

La Moufle (Histoire de Bernard Villiot)

La justice (Textes de Sophie de Menthon)

Élan Vert

Gallimard Jeunesse

Antoine Guilloppé

Par une nuit d’hiver, une moufle abandonnée dans une clairière devient le domicile de plusieurs animaux. D’abord un rat, puis un crapaud, puis un hibou, un lapin... Quand le balai des animaux va-t-il s’arrêter ? Les coutures de la petite moufle tiendrontelles ? Même un ours décide de faire de la moufle sa tanière... Antoine Guilloppé donne corps à la langue poétique de Bernard Villiot. Ses illustrations sont toujours très graphiques, notamment de par l’économie de couleurs. Ce trait graphique, on le retrouvait également en 2011 dans l’album Plein soleil (Éditions Gauthier-Languereau). L’illustrateur maîtrise les ombres chinoises et le découpage en dentelle d’une finesse extrême, pour dépeindre les magnifiques paysages d’Afrique, sa faune et sa flore. Nous suivons les aventures d’un jeune guerrier, Issa, dans cette histoire où le couple texte/ illustrations fonctionne à merveille.

Alexia Delrieu

La justice expliquée aux enfants. Voici ce que propose l’illustratrice Alexia Delrieu, en collaboration avec Sophie de Menthon. A-ton le droit de faire justice soi-même ? Peut-on être condamné à 200 ans de prison comme les Dalton ? L’ouvrage s’intéresse à la justice en France et en Europe. Des jeux permettent également d’apprendre en s’amusant. La collection traite d’autres thématiques comme l’entreprise, la beauté, l’argent ou encore la publicité, des sujets, des faits de société dont nous faisons l’expérience au quotidien, qu’Alexia Delrieu et Sophie de Menthon abordent de manière simple et décomplexée, afin de « donner aux enfants de bonnes bases solides », comme l’explique l’auteure. La collection « Le monde d’aujourd’hui expliqué aux enfants » s’intéresse aussi bien à la mode et ses diktats qu’à l’armée, et s’adresse aux enfants de 5 à 10 ans.

Si le salon convie des auteurs de toute la France, plusieurs écrivains et artistes francs-comtois seront notamment présents, mettant ainsi en lumière la création régionale. Diversions vous propose une sélection d’ouvrages des auteurs présents à Dole en avril prochain, avant des reportages réalisés sur place durant le salon.

La reine maigre (Histoire de Jean-Claude Grumbert) Camille Jourdy

Les P’tits Papiers, Salon du Livre Jeunesse, du 5 au 7 avril 2013, La Commanderie, Dole www.grand-dole.fr http://ptitspapiers2013.blogspot.fr

Léontine, princesse en salopette (Histoire de Séverine Vidal) Soufie

Heyoka Jeunesse (Actes Sud Papiers)

Les P’tits Bérets

Une reine maigre a épousé un roi trop gros. Leurs six filles, toute plus laides les unes que les autres, ne trouvent pas de prétendant et en l’absence de descendant mâle, le royaume risque tout bonnement de disparaître, faute d’héritier... C’est alors que naissent Barnabé et Barnaba, des jumeaux dépareillés, l’un gros, l’autre maigre. Surgit alors un autre problème de taille : déterminer lequel des deux frères accèdera au trône... Doloise d’origine, ayant fait des études d’art à Épinal puis à l’École des Arts Décoratifs de Strasbourg, Camille Jourdy mène à présent la double activité d’illustratrice et d’auteure de bandes dessinées. Avec Rosalie Blum, elle poursuit, toujours chez Actes Sud, une trilogie dans laquelle les personnages se suivent, s’observent et mènent l’enquête. Trois tomes où Camille Jourdy prend un malin plaisir à jouer au chat et à la souris avec ses personnages... et avec ses lecteurs !

Léontine est une princesse mais préfère les salopettes aux belles robes des contes de fées. Elle pousse l’effronterie jusqu’à porter des bottes ornées de... grenouilles vert fluo ! Pour le prince charmant c’est la même chose: elle préfère choisir elle-même son amoureux. Léontine est une petite féministe attachée à son indépendance, et qui ne s’en laisse pas compter. Soufie signait ici son premier album, avec cette histoire de Séverine Vidal non dénuée d’humour qui aborde le thème du libre arbitre. Avec ses bottes pour le moins voyantes, Léontine sait se faire remarquer, mais n’a nulle peur de sa différence. Elle est comme ça, Léontine, elle se moque de ce que peuvent penser les autres, et même, elle met un point d’honneur à ne pas suivre le mouvement. « Adieu vêtements ridicules de princesse. Maintenant, je ne porte plus que mon tee-shirt tête de mort, ma salopette en jean pour être à l’aise quand je grimpe aux arbres », se félicite la petite fille. L’illustratrice vient de publier Le plus grand des voyages, qui parait aux éditions Bilboquet.

Moussy et le tas de l’opéra

Songes d’une nuit de Chine

Les Éditions Marie-Louise

Hongfei Cultures

Nathalie Infante

Dans son école, la petite souris Moussy est malheureuse car elle n’a pas de jolis vêtements comme les autres petits rats. Les siens sont usés et rapiéciés. Elle décide alors de prendre les devants et crée ses propres vêtements, faisant preuve d’une belle créativité et d’un réel esprit d’initiative. Nathalie Infante traite notamment ici de tolérance mais aussi de notre société de consommation. Elle a créé en 2007 Les Editions Marie-Louise pour conter les aventures de son personnage Moussy, la souris petit rat qui étudie dans une école de danse. Ici le lecteur ne tourne pas les pages comme dans un livre traditionnel, mais les déroule au fur et à mesure. La collection RollStory permet ainsi à l’enfant de dérouler l’histoire qu’il peut ensuite accrocher aux murs de sa chambre à la manière d’un poster. Aux Éditions Marie-Louise, qui mettent en avant une forme très moderne dans le graphisme et la typographie, on peut aussi suivre les aventures de chats et de fourmis !

Chung-Liang Yeh

Co-créateur des éditions Hongfei Cultures, Chun-Lian Yeh est auteur. Avec l’illustratrice Valérie Dumas, il nous transporte dans une plaine du Nord de la Chine. Un jeune paysan travaille durement dans un champ de sorgho. Un soir, il aperçoit un rat et songe alors qu’il aimerait être comme ce petit rongeur, pour pouvoir vivre sans être obligé de travailler. Mais le jeune homme ne sait pas que le rat aimerait parfois devenir buffle, que le buffle rêve de devenir tigre... L’histoire nous entretient des différentes figures symboliques du Zodiaque chinois, avec une belle concision. Les éditions HongFei sélectionnent des textes d’auteurs de langue chinoise, illustrés par des dessinateurs français. Les traductions sont souvent inédites, et s’accompagnent de notes sur la langue chinoise pour mieux saisir certaines de ses spécificités. Contes et poèmes s’adressent à des enfants de 3 à 12 ans. Mais la qualité des illustrations et des textes font que ces ouvrages raviront également les plus grands.


Cinéma

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27 février Möbius

de Eric Rochant Thriller avec Jean Dujardin, Cécile de France Un officier des services secrets russes se rend à Monaco pour effectuer une surveillance d’un puissant homme d’affaires. Pour cette mission, l’équipe recrute une surdouée de la finance.

Jappeloup

de Christian Duguay Comédie dramatique avec Guillaume Canet, Tchéky Karyo Un avocat abandonne sa carrière pour se consacrer à sa passion  : le saut d’obstacle. Il mise tout sur un cheval : Jappeloup.

Camille Claudel 1915 de Bruno Dumont Drame

avec Juliette Binoche, Jean-Luc Vincent Camille Caudel est internée par sa famille dans un asile du sud de la France. Elle attend la visite de son frère Paul.

Les nuits avec Théodore de Sébastien Betbeder Drame

Week-end Royal de Roger Michell Drame

avec Bill Murray, Laura Linney Le Président Franklin Roosevelt doit recevoir la visite du roi Georges VI et de son épouse Elizabeth.

Du plomb dans la tête de Walter Hill Action

avec Sylvester Stallone, Jason Momoa Un tueur à gages et un inspecteur de police font équipe afin de retrouver les responsables des assassinats de leurs partenaires respectifs.

As If I Am Not There de Juanita Wilson Drame

avec Natasa Petrovic, Fedja Stukan Une jeune femme de Sarajevo voit sa vie basculer lorsqu’un soldat l’emmène dans un camp où d’autres femmes sont emprisonnées.

Ouf

de Yann Coridian Drame Un homme est interné dans un hôpital. À sa sortie, il tente de reconquérir sa femme qui ne souhaite plus le voir.

Les Équilibristes

de Ivano De Matteo Drame avec Valerio Mastandrea, Barbora Bobulova Giulio a tout pour être heureux  : un emploi stable, deux enfants, une femme qu’il aime. Mais un jour, celle-ci le quitte.

avec Pio Marmai, Agathe Bonitzer Théodore rencontre Anna lors d’une fête dans un appartement parisien. Ils décident de parcourir la ville la nuit.

20 ans d’écart le 6 mars

6 mars À la merveille

de Terrence Malick Drame avec Javier Bardem, Rachel McAdams Neil et Marina se sont connus au Mont Saint Michel. Au fil des années, Marina se sent piégée et décide de se rendre en France avec sa fille.

Hansel et Gretel : Chasseurs de sorcières de Tommy Wirkola Fantastique

Au bout du conte de Agnès Jaoui Comédie

avec Jean-Pierre Bacri, Agnès Jaoui Une jeune fille rêve du grand amour, tandis qu’un homme croit en son talent de compositeur mais manque de confiance en lui.

13 mars Le Monde Fantastique d’Oz de Sam Raimi Fantastique

avec Jeremy Renner, Gemma Arterton Hansel et Gretel sont frères et sœur. Ils ont décidé de se venger et vont mettre à exécution leurs projets.

avec James Franco, Mila Kunis Un petit magicien de cirque est emporté au pays d’Oz à bord d’une montgolfière. Dans ce monde merveilleux, tout est possible, même se faire passer pour un grand magicien.

The Sessions de Ben Lewin Comédie

Cloud Atlas

avec John Hawkes, Helen Hunt Un homme paralysé fait paraître une annonce afin de trouver la femme de sa vie. Il rencontre alors une thérapeute.

No

de Pablo Larrain Drame avec Gael García Bernal, Alfredo Castro Un référendum doit se prononcer sur la prorogation ou non du mandat de Pinochet.

de Tom Tykwer Science-fiction avec Tom Hanks, Halle Berry Une histoire se déroule sur cinq siècles, les décisions de certaines personnes provoquant des conséquences pour l’avenir.

40 ans : mode d’emploi de Judd Apatow Comédie

avec Paul Rudd, Leslie Mann Un homme voit sa maison de disques souffrir de difficultés financières. Il doit trouver une solution avec sa femme.

Le Dernier exorcisme 2 de Ed Gass-Donnelly Épouvante

avec Ashley Bell, Andrew Sensenig Nell Sweetzer tente de reprendre une nouvelle vie après les événements qu’elle a vécus dans le premier chapitre. Mais les forces maléfiques sont de retour...

Sublimes créatures

Les Voisins de Dieu de Meni Yaesh Drame

Boule et Bill

Spring Breakers

Zaytoun

20 ans d’écart

de Richard LaGravenese Science-fiction avec Emma Thompson, Emmy Rossum Un jeune lycéen fait la rencontre d’une nouvelle élève, Léa. D’étranges phénomènes inexplicables interviennent dans la ville. de Alexandre Charlot Comédie avec Franck Dubosc, Marina Foïs Un chien roux est à la SPA. Il va être adopté par un petit enfant roux... de Eran Riklis Drame avec Stephen Dorff, Alice Taglioni Un réfugié palestinien de 12 ans fait la connaissance d’un pilote de chasse dont l’avion est abattu au-dessus de Beyrouth.

Cloud Atlas le 13 mars Le choc des générations de Andy Fickman Comédie

avec Marisa Tomei, Bailee Madison Deux grands-parents recueillent leurs petits enfants et tentent de faire appliquer leurs méthode d’éducation. Mais les enfants d’aujourd’hui ne sont pas dociles...

L’Artiste et son modèle de Fernando Trueba Drame

avec Jean Rochefort, Claudia Cardinale Un célèbre sculpteur vit avec sa femme. Alors qu’il recherche une nouvelle inspiration, cette dernier repère une jeune espagnole.

Basilicata Coast To Coast de Rocco Papaleo Comédie dramatique

avec Alessandro Gassman, Paolo Briguglia Quatre musiciens rejoints par une jeune journaliste se rendent au festival «  Théâtre chanson ».

avec Roy Assaf, Itzik Golan Trois copains ont décidé de se désigner surveillants d’un quartier de Bat Yam en Israël. Ils font respecter les tenues des femmes, le shabbat… de Harmony Korine Comédie dramatique avec James Franco, Selena Gomez Quatre jeunes filles décident de braquer un fast food pour financer leur spring break. de David Moreau Comédie avec Charles Berling, Virginie Efira Une jeune femme de 36 ans tente de briser son image de femme trop sérieuse en commençant une relation avec un jeune homme de 20 ans.

Le Monde Fantastique d’Oz le 13 mars



Diversions Alsace mars 2013