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Aire Urbaine mensuel gratuit

#52 mai 2013

Alsace

Culture, tourisme et actualité

Green Days dans le Pays de Montbéliard - Festival Horizon à La Filature de Mulhouse - Le FIMU à Belfort Arno à Sausheim - Cabaret Brecht à la Comédie de l’Est - Le Carnaval des Animaux à La Coupole de Saint-Louis - Festival Nouvelles Danse Performance à Pôle Sud - La condition humaine par l’Orchestre philharmonique de Strasbourg - Chante ce kil te plait aux Tanzmatten - Fin de saison au TJP + Agenda + chroniques Albums, Livres, Cinéma...


diversions-magazine.com

cultures sorties société

#52

mai 2013

AGENDA - 4

BAS-RHIN- 10

AIRE URBAINE BELFORT-MONTBÉLIARD - 6 Festival International de Musique Universitaire de Belfort Festival Green Days dans le Pays de Montbéliard

HAUT-RHIN - 7

EXPOSITIONS -12

Festival Nouvelles - Danse Performance à Pôle Sud et au Maillon La condition humaine par l’Orchestre philharmonique de Strasbourg Festival Chante ! ... ce kil te plaît aux Tanzmatten de Sélestat Fin de saison au TJP

La naissance de La vache qui rit

CHRONIQUES CD - 13 CHRONIQUES LIVRES - 14 SORTIES CINÉMA - 15

Festival Horizon à La Filature de Mulhouse Le Carnaval des Animaux à la Coupole de Saint-Louis Cabaret Brecht à La Comédie de l’Est

Philippe Marle, illustrateur / dessinateur naturaliste L’illustrateur Philippe Marle exposait récemment dans le petit village de Myon dans le Doubs, à l’occasion de Cœur d’Artisan 2013. Là-bas, il a présenté principalement des dessins d’oiseaux et de plantes, œuvres caractérisées par un constant souci du détail. On a pu également admirer quelques paysages, comme celui du village de Myon.

Diversions - Edition Besançon Journal d’information gratuit 1, rue de Vittel 25000 Besançon 03 81 87 40 05 - 06 34 12 01 91 www.diversions-magazine.com diversions@orange.fr Editeur : SARL Diversions RCS : 508 184 934 Directeur de la publication : Boban Stanojevic 03 81 87 40 05 / 06 34 12 01 91 diversions@orange.fr

Le lièvre sorcier (aquarelle et dessin) par Philippe Marle toujours la ligne chez l’oiseau ». L’illustrateur a travaillé quelques années en Égypte lorsqu’il était dessinateur en archéologie. Les hiéroglyphes qui l’ont entouré l’ont probablement inspiré...

champignons, avec une même espèce, on arrive à avoir des formes très différentes ». Le jardin botanique de Besançon est notamment l’un de ses lieux d’inspiration.

Parallèlement aux personnages, portraits, plantes, poissons ou oiseaux, Philippe Marle avoue également un grand intérêt pour la mycologie. « Chez les

Sa formation de dessinateur d’architecture à l’École des beauxarts de Besançon lui permet aussi de se consacrer aux habitations, aux villages et aux grands sites

Rédacteur en chef : Dominique Demangeot magazine.diversions@yahoo.fr Rédaction : Florian Antunes Pires, Lucie Brownie, Frédéric Dassonville Dominique Demangeot, Manu Gilles, Simon Grangereau Bruno Kolanek, Sébastien Marais, Paul Sobrin, Marc Vincent Caroline Vo Minh Comité de relecture : Dominique Demangeot, Caroline Vo Minh Régie publicitaire : Boban Stanojevic - 03 81 87 40 05 / 06 34 12 01 91 - diversions@orange.fr

© Philippe Marle

Philippe Marle revendique un véritable travail d’observateur, même si l’illustrateur va au-delà de l’objectif naturaliste. «Il arrive assez souvent que l’observation pure soit dépassée pour aller vers un travail graphique, un travail de couleur qui est très personnel», explique l’artiste. Chez les oiseaux par exemple, Philippe Marle privilégie l’élégance, la construction et la force du dessin à la biologie pure. « Je privilégie

Retrouvez l’artiste fin octobre à la Biennale des arts plastiques de Micropolis Besançon www.philippe-marle.com

© Philippe Marle

Les illustrations de Philippe Marle ont voyagé, exposées en FrancheComté bien sûr, mais aussi en Suisse, en Italie, au Japon... L’artiste travaille principalement pour l’édition.

naturels. « J’aime la lumière sur la pierre, sur les toits. J’aime voir les grands paysages ». En cela, la Franche-Comté nourrit, elle aussi, les illustrations de Philippe Marle.

Le souci du détail guide les illustrateurs naturalistes. Ici, fragment d’une planche sur les formes et les couleurs d’Octobre

Dépôt légal : mai 2013 © Diversions 2013 Imprimé en Espagne - Rotimpres ISSN : en cours valeur : 1,15 euros offert Diversions est diffusé gratuitement sur l’Alsace Franche-Comté Prochaine parution : 30 mai 2013


Diversions - L’Agenda du mois

4

Les sorties du mois en un clin d’oeil

HAUT-RHIN CRAC

SAUSHEIM Espace Dolfus & Noack

4 mai à 20h30 : Cœur en portée - Chant choral 23 mai à 20h : Arno - Chanson Rock + Claudio Capéo - Ska Reggae et Céline b - DJ 25 mai à 20h30 : Pascal Obispo - Chanson Pop 31 mai à 20h30 : Max Boublil - Humour

ALTKIRCH

Jusqu’au 5 mai : Exposition «Grundfrage (question fondamentale)» - Art contemporain

Espace Grün

CERNAY

Du 10 au 31 mai : Muriel Hasse Collin - Collage 3 mai à 20h30 : Los Abrazos - Danse Musique 24 mai à 20h30 : Solin fait son cinéma : Cécile Solin (chant) et Michel Ott (piano) - Jazz

VILLAGE-NEUF Le RiveRhin

© Phile Deprez

COLMAR Comédie de l’Est

Du 14 au 25 mai : Cabaret Brecht – Théâtre 23 et 24 mai à 19h : Carte blanche à François Kergourlay - Poésie

Before your very eyes à La Filature de Mulhouse La Filature

© DR

Cabaret Brecht à Colmar Lézard

Du 6 avril au 26 mai : Exposition Gilles Ghez - Exposition Du 17 au 19 mai : 17ème festival Musiques Métisses

Musée Unterlinden

Jusqu’au 31 décembre : La peinture en mouvement, les œuvres du musée Unterlinden sous le regard de Robert Cahen

MULHOUSE

Du 2 mai au 7 juillet : Exposition «Blow Up» de Cyril Hatt – Photographie, arts visuels 3 et 4 mai : Toi tu seras une fleur et moi à cheval – Théâtre musique 3 mai à 20h : Puz/zle – Danse Du 14 au 25 mai : Festival Horizon – Performance théâtre musique 14 et 15 mai à 20h : La réunification des deux Corées – Théâtre 17 et 18 mai à 20h : Before your very eyes – Théâtre 22 mai à 20h : Requiemachine – Théâtre 23 mai à 19h : Come, been and gone – Danse 24 et 25 mai : The smile off your face – Performance 24 mai à 20h : Let’s get physical – Danse 25 mai à 21h30 : Rubin Steiner – Techno 28 et 29 mai à 20h : Les beaux orages (qui nous étaient promis) – Cirque 31 mai à 20h : Manu Katché - Jazz

SAINT-LOUIS

Du 3 au 5 mai : Foire du Livre

Fondation Fernet Branca

Jusqu’au 12 mai : Collection de la fondation des Treilles - Exposition

La Coupole

14 mai à 19h30 : Le Carnaval des animaux - Concert jeune public

Hôtel de ville

Du 13 avril au 5 mai : Exposition «Amazing Amasie»

17 mai à 20h30 : Puggy - Pop Rock

Théâtre Municipal

3 mai à 20h30 : Coup de foudre – Comédie 4 mai à 17h : « Les musicales » - Concert 15 mai à 20h : concert AJAM – Concert Du 17 au 19 mai : Claudine David – Musique 25 mai à 20h30 : Dans l’air du temps - Musique

Parc des Expositions

ILLZACH

4 mai à 20h30 : Barber Shop Quartet – Humour musical 15 mai à 20h30 : 110 cordes et Ensemble de musique de chambre – Concert 16 mai à 20h30 : Patchwork, Voyage au pays des quilts – Conférence 31 mai à 18h45 : Le patchwork expliqué aux enfants – Conférence pour enfants

Puggy le 17 mai au Noumatrouff Théâtre de la Sinne

14 et 17 mai à 20h : Gala de danse du Conservatoire - Danse 15 mai à 14h : Concours de chant scolaire - Chant 29 mai à 15h et 1er juin à 17h : P.P Les Petits cailloux – Jeune public

© Phile Deprez

Espace 110

BAS-RHIN

Etapenstall

Le Noumatrouff

8 mai : Marché aux géraniums Du 9 au 13 mai : Foire Ecobiologique d’Alsace 18 mai : Roostock Reggae Music Festival – Reggae

4 mai à 20h30 : The Weepers Circus - Chanson 11 mai à 20h30 : Zoom - Impro au féminin 25 mai à 20h30 : La Revue satirique de la Choucrouterie - Théâtre Cabaret

ERSTEIN

Jusqu’au 20 juin : Quand le tout Erstein se faisait photographier – Exposition 18 mai à partir de 19h : Nuit des musées 26 mai à 14h : Atelier d’écriture Du 5 mai au 2 juin : Les trouées & paysages, de la Baltique à la Mer noire - Exposition

Musée Würth

Jusqu’au 19 mai : L’appel de la forêt – Exposition 5 mai à 11h : Si la forêt m’était contée – Conte traditionnel 7 mai à 10h30 : Ma cabane – Théâtre 12 mai à 17h : Trois fois trois vœux - Théâtre


L’Agenda du mois

Les sorties du mois en un clin d’oeil ILLKIRCH GRAFFENSTADEN L’Illiade

Pôle Sud

3 et 4 mai à 20h30 : Impro’Fusion – Impro théâtre 4 et 5 mai : Contes Zinédits – Impro théâtre 5 mai à 17h : La mélopée du phare – Famille 10 et 11 mai : Universal Dancers V – Danse 12 mai à 11h : Cartonville – Musique 14 mai à 20h30 : Huguette Dreikhaus – Théâtre alsacien 15 mai à 20h30 : Solin fait son cinéma – Spectacle musical 18 mai à 20h30 : Boni Gnahore – Musique africaine 25 mai à 20h30 : Paolo Fresu – Jazz 26 mai à 17h : E-missions sonores - Famille

Le PréO

3 mai à 20h30 : Akosh S. et Jörg Müller : Rêvolutions + Estelle Delcambre et Ivan Fatjo : Madriguera – Danse 21 mai à 22h30 : François Verret – Chantier Danse 2014-2018 21 mai à 19h (+ 22 mai à 15h) : József Trefeli : Jinx103 – Danse 21 mai à 20h30 : Thomas Hauert & Ángels Margarit : From B to B – Danse 22 mai à 20h30 : Andrea Sitter – Die Donau : la 5ème position, une chronique dansée – Danse 22 mai à 20h30 : Stéphanie Aubin / Yan Duyvendak , Julie Nioche, Michel Schweizer & Chloé Moglia : les Etonnistes # 2 – Danse 24 mai à 20h30 : Fatou Cissé / Andréya Ouamba – Cie 1er Temps : Regarde-moi encore Step out 2 – Danse 29 et 30 mai à 20h30 : Mathilde Monnier : Twin paradox - Danse

OBERHAUSBERGEN

4 mai à 20h30 : Pss Pss – Jeune public 7 mai à 20h30 : parmi n(v)ous – Danse 18 mai à 20h30 : L’avare – Théâtre 26 mai à 15h : Qui est cet inconnu dans mes bras ? – Marionnettes

OSTWALD Le Point d’Eau

4 mai à 20h30 : Anima – Danse 17 mai à 20h30 : Capitaine Sprütz en 3D – Humour 24 mai à 20h30 : P.P les P’tits cailloux – Jeune public 30 et 31 mai à 20h30 : Les fourberies de Scapin - Théâtre

SÉLESTAT Frac Alsace et Chapelle Saint-Quirin  Du 2 mai au 28 juillet : Exposition «Miroir Noir» de Marie-Jeanne Hoffner

Les Tanzmatten

3 mai à 20h30 : Anima – Danse 11 mai à 20h30 : Michel Jonasz Piano voix avec Jean-Yves d’Angelo – Chanson jazz 14 mai à 14h30 et 19h : Ecolo Sapiens – Musique 16 mai à 20h30 : Amélie-les-Crayons – Chanson 23 mai à 20h : Joyce Jonathan + Barcella – Chanson Pop 30 mai à 20h30 : Solin fait son cinéma - Musique

Théâtre Jeune Public

Sanseverino le 24 mai à Schiltigheim 14 mai à 20h30 : Louis Winsberg, Renaud Garcia-Fons et Prabhu Edouard – Jazz 17 mai à 20h30 : Irene Alvarez et Mariano Martín (au Brassin) – Musique du monde 22 mai à 9h30, 11h et 15h30 : Pour la petite histoire (au Brassin) – Jeune public 24 mai à 20h30 : Sanseverino (Salle des Fêtes) - Chanson 29 mai à 15h : L’air de rien (au Brassin) – Jeune public

Le Kafteur

STRASBOURG

Du 14 au 25 mai : Des brèves de comptoir - Humour

Halle des Chars

4 mai à 20h30 : Canetti Musica ou la quête des métamorphoses - Performance Musicale Du 10 au 12 mai : INACT #3 festival de performances mixmédias – Exposition performance

La Laiterie

Sélection Diversions 15 mai à 20h : Maceo Parker – Funk 15 mai à 20h : Rebekka Karijord + Arman Melies – Pop folk 21 mai à 20h : Nick Waterhouse + Jon Toubin - Rock

Le Maillon

Barcella le 23 mai aux Tanzmatten SCHILTIGHEIM L’Échappée Belle

3 mai à 20h30 : Stephan Eicher (Salle des Fêtes) – Chanson 7 mai à 20h30 : Yan Caillasse (au Cheval Blanc) – Musique poésie

Du 21 mars au 31 mai : Exposition «Verna» par Guillaume Greff Du 2 au 4 mai à 20h30 (le 5 à 15h) : Hans was heiri – Danse musique cirque théâtre 4 mai à 12h : Atelier de pratique avec Dimitri Jourde – Atelier 15 et 16 mai à 20h30 : Testament – Théâtre allemand 23 et 24 mai à 20h30 : JJ’s Voices – Danse 29 et 30 mai à 20h30 : Twin Paradox - Danse

Opéra National du Rhin

11 mai à 12h : Tous à l’opéra 16 mai à 18h30 : Rencontre avec Vincent Boussard animée par Guy Wach 18 mai à 20h : Annette Dasch - Récital 17, 21, 23, 26, 28 et 30 mai : Les Pécheurs de perles - Opéra

Du 3 au 7 mai : Tête de mort ( à partir de 9 ans) – Théâtre d’objets Du 14 au 21 mai : Le jardin du possible ( à partir de 2 ans) – Théâtre Du 28 au 30 mai : Meine kältekammer ( à partir de 14 ans) – Marionnettes théâtre

Théâtre National de Strasbourg

Du 21 au 25 et du 28 au 31 mai à 20h : Gauvain et leCchevalier vert - Théâtre

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Taps 

Du 3 au 5 mai : Ma mère qui chantait sur un phare – Théâtre Du 14 au 17 mai à 20h30 : Sophocle – Théâtre Du 21 au 25 mai à 20h30 : Chacun son problème – Théâtre Du 28 au 31 mai : Eaux les bains – Théâtre humour

Expositions La Chambre

Du 3 mai au 23 juin : Mission photographique du territoire de Strasbourg - Photographie

Stimultania

Jusqu’au 16 juin : The Mystic Black Body Maïmouna Guerresi - Photographie Musées de Strasbourg

Musée archéologique

Du 20 avril au 31 août : Un art de l’illusion, peintures murales romaines en Alsace - Archéologie

Musée d’Art Moderne et Contemporain

Du 30 mars au 21 juillet : Interférences / Interferenzen - Art contemporain

Musée Tomi Ungerer

Du 12 avril au 14 juillet : Du duel au duo - Dessin


Aire urbaine Belfort Montbéliard

6

Festival International de Musique Universitaire de Belfort Le 27ème Festival International de Musique Universitaire se tiendra du 18 au 20 mai prochains à Belfort. Près de 2500 musiciens venus des quatre coins du monde s’apprêtent à prendre d’assaut la Vieille Ville, sur 15 scènes et lors de 250 concerts.

différentes facettes de la culture au Burkina Faso, entre chanson acoustique, musique traditionnelle, chanson française métissée, Afro-beat et hip hop.

© Bruno Gagliardi

Comme aime à le rappeler le maire de Belfort Étienne Butzbach, le FIMU demeure « une initiative de la Ville de Belfort en relation forte avec l’Université ». Si le public retient surtout les dizaines de concerts donnés gratuitement dans toute la Vieille Ville, en intérieur comme en extérieur, n’oublions pas les quelques 300 bénévoles supervisés chaque année par un comité de pilotage d’une dizaine d’étudiants (association Com’Et et UTBM), qui gère toutes les questions autour du FIMU : de l’accueil public et artiste aux enfants, en passant par la sécurité, le handicap...

© Bruno Gagliardi

Robert Belot, adjoint en charge de la culture à la mairie de Belfort, rappelle les trois valeurs portées par le festival : gratuité, diversité et convivialité. Si les concerts sont gratuits, les musiciens jouent quant à eux sans cachets, même s’ils sont bien sûr défrayés. Cela ne les empêche pas de postuler toujours plus nombreux chaque année. Il faut dire que pour ces musiciens étudiants ou amateurs de manière générale, le FIMU est souvent une occasion unique de jouer devant un public... vraiment nombreux. L’an dernier, ce sont près de 90 000 spectateurs qui se sont pressés dans la cité du Lion pour assister aux concerts. Le FIMU proposera une nouvelle fois des rendez-vous musicaux dans des styles très divers, des musiques actuelles aux musiques traditionnelles, sans oublier la musique

classique, les musiques nouvelles - musique expérimentale, électroacoustique -, les musiques du monde... Le festival vous donne rendez-vous cette année dès le vendredi 17 mai au soir, pour une soirée d’ouverture au Granit où l’on pourra rencontrer quatre formations régionales qui joueront exclusivement des percussions, pour faire honneur à l’instrument phare de cette 27ème édition. Un autre hommage sera rendu au Burkina Faso, dans le cadre de la célébration du 30ème anniversaire du partenariat et de la coopération entre la Ville de Belfort, le Territoire de Belfort, ses associations et les communes de Tanghin Dassouri et Komki Ipala. Cinq groupes burkinabè seront ainsi invités à Belfort cette année, pour présenter

C’est également une volonté de la Ville de Belfort d’associer les musées et les bibliothèques aux festivités. C’est la raison pour laquelle la Tour 46 sera ouverte durant le festival pour la deuxième année consécutive, présentant sa nouvelle exposition montée en partenariat avec le Frac Franche-Comté, « L’embarras du choix ». « Nous voulons absolument mêler la musique à d’autres formes d’art », rappelle Robert Belot. L’adjoint au maire souligne également quelques nouveautés pour ce FIMU 2013 comme de nouvelles boissons, avec des buvettes représentant diverses cultures et des bars « ambiancés ». Un restaurant en places assises sera installé cette année sur la place de la République, avec un espace plus convivial et décoré. L’accent sera également mis sur le jeune public avec un atelier installé au Square du Souvenir. Citons encore la place Corbis et le pont Carnot rendus aux piétons pour l’occasion. - Dominique Demangeot -

27ème Festival International de Musique Universitaire, Belfort, Vieille Ville, du 18 au 20 mai - www.fimu.com www.ville-belfort.fr

Festival Green Days dans le Pays de Montbéliard En cette fin de saison, la Scène nationale du Pays de Montbéliard vous invite à prendre la clé des champs. Son directeur Yannick Marzin a souhaité en effet ménager un nouveau temps fort qui mêle nature et culture.

© Sylvain Thomas

Dans les Bois le 1er juin à 18h

© Frank Loriou

Pluridisciplinaire, le festival Green Days bien nommé en cette période printanière - proposera de nombreux rendez-vous, comme un concert de l’Orchestre Victor Hugo Franche-Comté - voir article p.15 -, ou encore des apéro-concerts à l’heure de midi. Baptisés avec pertinence La Clé des Chants, ces trois rendez-vous sont l’occasion de rencontrer les élèves du Conservatoire du Pays de Montbéliard. Programme éclectique entre jazz, valse-tango et opéra italien, le tout entre le 29 et le 31 mai à 18h30 à l’Hôtel de Sponeck.

Peter von Poehl le 1er juin dans les vergers de la Damassine Green Days, c’est aussi du théâtre, mais du théâtre hors les murs, en forêt, Macbeth mis en scène par la troupe du Théâtre de l’Unité. Jacques Livchine et Hervée de Lafond nous emmènent dans le bois de Dasle avec une version pour le moins originale de ce classique shakespearien. Nul doute que les ambiances sylvestres et nocturnes cadreront à merveille le 25 mai avec la pièce sombre et parfois surnaturelle - la fameuse rencontre avec les trois sorcières - de Shakespeare. Les comédiens joueront les scènes au milieu des arbres, en pleine nature et dans l’obscurité, poussant le théâtre - et le spectateur ! - dans des contrées peu souvent explorées... Dans les bois toujours, mais route de Laire à Montbéliard cette fois, Clara Cornil et David

Subal proposeront le 1er juin un spectacle dansé en pleine nature, leurs corps côtoyant les arbres et les plantes, cherchant l’accord parfait entre l’homme et l’élément naturel. Pour mettre un point final à la série de spectacles proposés à Green Days, c’est Peter von Poehl qui viendra donner un concert dans le cadre enchanteur des vergers de la Damassine, à Vandoncourt, le 1er juin à 19h. Nul doute que la pop cuivrée du Suédois trouvera elle aussi un bel accord avec le cadre naturel de Vandoncourt. Notons encore la volonté importante d’implanter le festival dans le territoire, non seulement en matière de diffusion, mais aussi

à travers la participation de la population à certains projets. Ainsi la trapéziste Chloé Moglia a mené depuis janvier quatre ateliers durant lesquels elle a mis au point, avec des stagiaires, le parcours-spectacle intitulé La Traversée, qui se déroulera la nuit du 25 mai dans la commune de Vandoncourt, près de Montbéliard. Des surprises vous attendent bien sûr tout au long de ce parcours ! Autre temps fort participatif, un parcours en réalité virtuelle, à suivre avec des téléphones portables, dans les rues de Vieux-Charmont l’après-midi du 25 mai. Là encore ce parcours a été préparé lors d’un stage en février dernier, mené par la compagnie IciMême. Quand le spectacle vivant et les arts numériques ne font qu’un ! Green Days, ce sera aussi un banquet sur l’herbe en ouverture de festival le 24 mai à l’Hôtel de Sponeck, dès 18h30, mais également des ateliers culinaires avec plusieurs chefs du Pays de Montbéliard, un safari photo pour débusquer les coins de nature dans Montbéliard, une promenade dansée et bien d’autres choses encore... - Paul Sobrin -

Green Days, Festival organisé par MA Scène Nationale, Pays de Montbéliard, du 24 mai au 1er juin. Retrouvez le programme complet sur www.mascenenationale.com, ainsi que dans un supplément spécial édité en partenariat avec DIVERSIONS


Haut-Rhin

7

Horizon à La Filature de Mulhouse Du 14 au 25 mai, La Filature inaugure à Mulhouse un nouveau temps fort autour de la création européenne. Un festival transeuropéen qui proposera danse, théâtre, performance entre autres formes de création, traitant de grandes questions particulièrement d'actualité aujourd'hui en Europe comme le patriotisme et le nationalisme.

hommage au rock, qui l'a influencé en tant qu'artiste et en tant qu'individu. Michael Clark est un artiste hybride, qui mêle dans ses spectacles ballet classique et danse contemporaine, pop, mode et arts visuels, un melting pot culturel qui n'est pas sans rappeler le bouillonnement créatif qu'ont pu connaître la fin des années 60 et le début des années 70.

La Filature inaugurera son festival le 14 mai à 19h. En entrée libre, cette inauguration sera l'occasion pour le public de découvrir la programmation d'Horizon mais aussi la nouvelle exposition dans la galerie - Blow up ainsi qu'une performance de Cyril Hatt.

Le festival se clôturera sur un temps fort festif, durant lequel le DJ Rubin Steiner transformera la salle modulable de La Filature en un dancefloor qui devrait transcender les genres là encore, entre hip hop, disco et techno.

Festival Horizon, La Filature, Mulhouse, du 14 au 25 mai - Programme complet : www.lafilature.org

Maudit soit le traitre à sa patrie ! morale comme le nôtre, les patriotismes sont exacerbés. Les comédiens sont partis de leur expérience personnelle pour parler d'identité et d'appartenance, mais aussi de responsabilités, en détournant les habituels discours patriotiques. Le Mladinsko Theatre produit ici une œuvre radicale. C'est ensuite entre l'Allemagne et la GrandeBretagne que se partage le collectif Gob Squad, nous présentant sept enfants entre dix et quatorze ans qui grandissent... vieillissent et meurent devant le public. Une fois encore, le Gob Squad questionne la représentation en abordant les différents âges de la vie. On le voit, les compagnies réinventent, remettent en cause le spectacle vivant et

ses formes, comme Marta Górnicka qui avec Requiemachine, a formé un chœur à partir d'hommes et de femmes, issus de tous milieux sociaux, un chœur mixte et intergénérationnel, qui traite des dogmes, qu'ils soient religieux, sociaux ou économiques. Marta Górnicka s'est inspirée des mots du poète polonais Wladyslaw Broniewski. Horizon sera aussi l'occasion d'aller à la rencontre de Michael Clark, chorégraphe peu programmé en France. Avec Come, been and gone, le Britannique s'attaque une nouvelle fois à la société bien pensante en convoquant Bowie, Lou Reed et le Velvet Underground. Le chorégraphe rend ici

© Jake Walters

La Filature convie également une compagnie de Slovénie, le Mladinsko Theatre, pour Maudit soit le traitre à sa patrie !, qui évoque ici le démantellement de la Yougoslavie. Dans un temps de crise économique et

© Ziga Koritnik

En matière de théâtre, le festival Horizon accueillera la nouvelle création de Joël Pommerat. Avec La réunification des deux Corées, vingt histoires d'amour nous sont contées. Femmes de ménages, prostituées, curés se croisent dans cette pièce qui lorgne également vers le cabaret. La musique y tient en effet une place centrale. Joël Pommerat explore la relation amoureuse sous toutes ses coutures, et bien qu'elle soit souvent source de conflit, comme le suggère le titre du spectacle - l'homme et la femme, deux nations inconciliables ? -, cette relation entre deux êtres est multiple, à la fois ancrée dans un quotidien pouvant aussi révéler nos peurs les plus intimes, et versant également, de temps à autres, dans la poésie pure.

- Paul Sobrin -

Come, been and gone


Haut-Rhin

8

Le Carnaval des Animaux à La Coupole de Saint-Louis L’Ensemble Instrumental du Conservatoire de Saint-Louis clôturera la saison 2012-2013 à La Coupole avec un spectacle d’abord destiné aux enfants, mais que les parents prendront certainement plaisir à venir découvrir également. C’est de plus une création «Made in Saint-Louis» que la Coupole nous offre pour ce dernier rendez-vous au théâtre. Sous la direction musicale de JeanClaude André, l’Ensemble Instrumental du Conservatoire de Saint-Louis initie ainsi une première collaboration avec la Coupole. Le Carnaval des animaux est une suite musicale de 15 mouvements. Camille Saint-Saëns l’a composée en 1886 comme un bestiaire musical. On y trouve en effet dépeintes de nombreuses bêtes à poils et à plumes, depuis la marche très « royale » du lion jusqu’à la majesté et la grâce du cygne. Entre ces deux animaux, défilent l’imposant éléphant, la baleine et la sardine, le sautillant kangourou et les bavardes poules. Chaque membre de cette arche de Noé est illustré en musique, avec un grand réalisme, Camille Saint-Saens mettant à profit ici toute la gamme de sonorités de l’orchestre. Ainsi la clarinette imite le son du coucou, le glockenspiel ou le célesta évoquent le paysage liquide d’un aquarium, tandis que les violoncelles et les altos dépeignent la tortue dans toute sa lenteur ! Le ton de la pièce n’est pas sans humour, et constitue une bonne introduction à la musique classique pour les enfants... et les parents ! Avec Pierre et le loup de Prokofiev, Le Carnaval des animaux est une pièce phare

Le ton de la pièce n’est pas sans humour, et constitue une bonne introduction à la musique classique pour les enfants... et les parents ! de la musique classique pour jeune public. Avec son Carnaval des Animaux, Saint-Saëns étonnera d’ailleurs ses contemporains, lui que l’on considérait comme un compositeur « sérieux ». On trouve notamment dans cette suite de pièces « Le Cygne », véritable tube pour les violoncellistes. Ce morceau fut d’ailleurs le seul dont le compositeur autorisa l’exécution de son vivant. De brefs textes ont été écrits par l’humoriste Francis Blanche à partir du Carnaval des Animaux. Auguste Vonville sera d’ailleurs le récitant lors de la représentation. L’an dernier, c’est un autre humoriste, François Rollin, qui écrivait de nouveaux textes pour cette œuvre. Preuve que le Carnaval a su rester populaire près de 130 ans après sa création... - Marc Vincent -

Le Carnaval des Animaux, La Coupole, Saint-Louis, 14 mai à 19h30 www.lacoupole.fr

Arno à Sausheim

Cabaret Brecht à La Comédie de l’Est Brecht ouvrait la saison en octobre dernier avec la mise en scène par Guy Pierre Couleau de Maître Puntila et son valet Matti. Le directeur de la Comédie de l’Est clôt 20122013 en conviant une nouvelle fois le dramaturge allemand, adaptant cette fois quelques-unes de ses chansons. Si l’adaptation de Maître Puntila et son valet Matti faisait déjà la part belle à la chanson, avec des transitions musicales assurées par Nolwenn Korbell, ce Cabaret Brecht pousse le concept un peu plus loin en présentant uniquement des chansons de diverses pièces de Brecht, à savoir l’Opéra de quat’ sous et Mère Courage et ses enfants entre autres œuvres. On retrouvera des airs connus comme le fameux Alabama Song repris par les Doors. Des compositions de Paul Dessau et Hanns Eisler sont aussi au programme de ce Cabaret Brecht, un spectacle que Guy Pierre Couleau a souhaité « festif et revigorant ».

- Paul Sobrin -

Le 23 mai, le plus rockeur des chanteurs belges fera une halte par l’Espace Dolfus et Noack. À Sausheim, il présentera notamment des chansons de son nouvel album paru en septembre dernier : Future Vintage.

Cabaret Brecht, La Comédie de l’Est, Colmar, du 14 au 25 mai www.comedie-est.com

Entre rock, blues et pop, l’artiste ballade sa voix rocailleuse depuis les années 70, d’abord dans des groupes puis en solo à partir de 1986. S’il a repris de nombreux standards de la chanson française, attirant à cet artiste flamand un public hexagonal fidèle, Arno plaque aussi à ses musiques ses propres textes souvent touchants, poétiques, qui étonnent dans un premier temps, de la part de ce grand gaillard un peu bourru.

© DR

C’est Nolwenn Korbell qui assurera une fois encore le chant ici, accompagnée par Didier Dréo à la guitare. Comme il l’explique dans le carnet de bord de la création, Guy Pierre Couleau a rapidement vu apparaître durant les répétitions « une femme envoûtante et magnifique. Une femme aux multiples visages, aux corps changeants et cependant toujours proches ». Nous sommes bien sûr au théâtre ici, et même si la musique est prépondérante dans Cabaret Brecht, nul doute que le metteur en scène compte aussi sur la présence de la chanteuse comédienne pour véritablement interpréter ces musiques et ces textes.

Si Guy Pierre Couleau et son équipe ont opté pour l’esthétique classique du cabaret - strass et tentures rouges -, la volonté était également d’adjoindre une dimension plus « rock », « un côté plus libre et plus affirmé correspondant parfaitement à l’univers musical de Nolwenn Korbell », explique le metteur en scène. Pour les costumes, des icônes glam ont été retenues, à savoir Nina Hagen et David Bowie, stars du rock joliment décadentes, qui ont marqué leur époque.

Nolwenn Korbell

Sur Future Vintage, Arno chante une fois encore en français, en flamand et en néerlendais. La musique demeure rock à la base. Arnold Charles Ernest Hintjens a collaboré ici avec le producteur John Parish (PJ Harvey, Tracy Chapman...). Ce dernier a su faire ressortir toute la fragilité du doux géant sur des morceaux plus mélancoliques comme le très beau Dis pas ça à ma Femme. Elle dit la Vérité et Ostend Dub avancent

des rythmiques plus dancefloor et electro, une autre facette du Belge à découvrir. Ce dernier morceau est un hommage technoïde à son port de naissance, sur la côte flamande. Ce qui fait le succès d’Arno, c’est peut-être en premier lieu l’univers qu’il sait faire surgir autour de lui, cette mélancolie qu’il distille sans se départir cependant d’un humour à froid - parfois même surréaliste ! - , un second degré qui fait tout le sel de ses chansons. Des textes qui oscillent entre une critique sociale toujours aiguisée et les sempiternelles histoires d’amour, qu’Arno sait transcender avec sa voix et son attitude inimitables. Sur Future Vintage, la palette est large. Au rock et au blues, il faut ajouter le trip hop et le punk, pour ce chanteur de 63 ans qui n’est pas loin de demeurer un éternel adolescent. - Manu Gilles -

Arno, Espace Dolfus et Sausheim, 23 mai à 20h www.eden-sausheim.com

Noack,


Bas-Rhin

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Festival Nouvelles - Danse Performance Chaque année, Pôle Sud organise un temps fort autour de la danse, pour clôturer sa saison. Le festival Nouvelles - Danse Performance est donc de retour pour une édition 2013 où se croiseront une nouvelle fois les générations et les esthétiques.

© Carl Thorborg

© Homardpayette

C’est en effet l’un des objectifs de la scène conventionnée musique et danse, de proposer un panel large de propositions artistiques, qui montre toute la diversité de la danse contemporaine, mais aussi les passerelles que cette danse peut ménager avec d’autres arts. Benoît Lachambre

JJ’s Voices

© Ros Ribas

Thomas Hauert et Ángels Margarit s’unit ainsi au Ballet Cullberg pour rendre hommage à Janis Joplin. C’est bien la voix de «JJ» qui donne ici l’impulsion d’une danse très physique, presque animale. © Éric Boudet

Andrea Sitter

pleine mutation, où les cabanes de pêcheurs côtoient des bâtiments modernes. Le festival nous invite donc également au voyage, les chorégraphes venant de France ou d’ailleurs, à l’image de l’Espagnole Ángels Margarit, précurseur de la nouvelle danse dans les années 80, et du Belge Thomas Hauert qui viendront présenter From B to B, basé sur le partage artistique. D’Allemagne, nous viendra Andrea Sitter, qui a travaillé

La notion de performance est centrale dans la programmation cette année encore. On pourra ainsi visionner, à Pôle Sud, des performances dansées à Dakar, sous la forme d’une installation video à double point de vue et d’un film, incursion dans un lieu en

La condition humaine par l’OPS

Avec ses Offrandes oubliées, Messiaen produisait en 1930 une méditation symphonique empreinte de mysticisme et de foi, partageant l’œuvre en trois parties : La Croix, Le Péché et l’Eucharistie. La ferveur catholique accompagnera durant toute sa carrière cet organiste liturgique, nommé titulaire du grand orgue Cavaillé-Coll de l’Église de la Trinité. Place ensuite à la religion hébraïque avec Schelomo, rhapsodie pour violoncelle et orchestre de Bloch. Chef d’œuvre de ce compositeur d’origine suisse, naturalisé américain, Schelomo est aussi une pièce de bravoure pour les violoncellistes. Créée à New York le 3 mai 1917, elle s’inspire de Salomon dans la Bible, partition tumultueuse et complexe, particulièrement lyrique. C’est la Symphonie n° 6 en si mineur op. 74 qui clôturera ce programme. Surnommée « Pathétique » par le frère du compositeur, c’est en effet une œuvre pour le moins sombre que concevait ici Tchaïkovski.

© Marco Borggreve

En mai, l’Orchestre philharmonique de Strasbourg explorera différents univers, depuis les « créatures fantastiques » qui seront dépeintes dans le spectacle éducatif de Geoffrey Styles et Alasdair Malloy, jusqu’aux héroïques actes de résistance de la seconde guerre mondiale, mis en musique notamment dans la symphonie « Leningrad » de Chostakovitch. Avec un programme intitulé « La condition humaine », l’OPS invite le jeune violoncelliste Nicolas Altstaedt, qui prendra part à quelques œuvres introspectives.

Nicolas Altstaedt S’achevant sur un mouvement lent l’adagio lamentoso -, la symphonie est souvent considérée comme le testament du compositeur, ce dernier étant décédé quelques jours après avoir dirigé l’œuvre à l’occasion de sa création. Notons que Tchaïkovski cite la messe pour les morts de l’Église orthodoxe dans le premier mouvement, comme un pressentiment - une allusion ? - à sa mort prochaine.. - Marc Vincent -

La condition humaine, Orchestre philharmonique de Strasbourg, Strasbourg, PMC - Salle Érasme, 23 et 24 mai à 20h30 www.philharmonique-strasbourg.com

autour de la «cinquième», position particulière en danse classique. La danseuse envisage cette position comme une contrainte autour de laquelle elle tisse ce nouveau solo, bel exemple d’un regard d’aujourd’hui sur la tradition dansée. Mais cette tendance à explorer les esthétiques contemporaines ne coupe pas certains artistes de leurs racines, à l’image de Jozsef Trefeli qui, en duo avec Gabor Varga, revisite la « czardas », danse de leur culture d’origine, la Hongrie. Fatou Cissé et Andréya Ouamba porteront quant à eux les traditions africaines sur la scène de Pôle Sud, - Marc Vincent -

Festival Nouvelles, Danse Performance Pôle Sud et Maillon, Strasbourg, du 21 au 31 mai - www.pole-sud


Bas-Rhin

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Chante ! ...ce kil te plaît aux Tanzmatten Le festival Chante ! ...ce kil te plait est de retour à Sélestat. Ce temps fort musical, qui remplaçait Chansons en herbe l’an dernier, a cependant conservé les grandes lignes de cet ancien festival : mettre en avant les forces vives de la chanson aujourd’hui, dans des esthétiques musicales diverses allant de l’acoustique à la pop, sans oublier les ambiances jazzy voire particulièrement décalées. Les Tanzmatten ont pris l’habitude de terminer la saison en musique, sous le signe de la chanson française. Chaque année en effet, la salle de Sélestat convie plusieurs générations de chanteurs et de chanteuses. En 2013, le « patriarche » de l’édition sera Michel Jonasz, qui a fait swinguer comme personne beaux textes et musiques jazzy. C’est lui qui inaugurera le festival le 11 mai. À sa suite, toute une ribambelle d’artistes, très différents les uns des autres. Tom Nardone et les Sales Gones présenteront leurs « chansons colorées » - pour reprendre le titre de leur premier album en 2003 -, un univers décalé, entre rock et jazz, non dénué d’humour et pétri de conscience écologique, qui plaira aux adultes mais aussi au jeune public. Le festival proposera d’autres esthétiques, entre la chanson théâtrale et facétieuse d’Amélie-les-Crayons et la swinguante Cécile Solin qui reprendra les grands standards des bandes originales du cinéma français et américain. Mention spéciale au chanteur Barcella, qui se produira le 23 mai aux côtés de Joyce

Jonathan. Le jeune artiste originaire de Reims voit sa réputation grandir au fil des concerts, celle d’un troubadour aux multiples facettes, grand manieur de mots qui sait émouvoir ou réjouir au détour d’un complet. Découvrez son riche univers qui laisse une large place à l’enfance, dans des couleurs tour à tour pop, acoustiques voire hip hop avec son titre Mixtape. Cette année, les Tanzmatten inaugurent en outre, dans le cadre du festival, les ateliers d’interprétation. Ouverts à tous, ils offrent l’opportunité de se frotter à la scène et de mettre ses paroles en musique. Un musicien, Serge Bilger, concevra des ambiances sonores propres pour illustrer les textes de chacun. Une inscription préalable est obligatoire depuis le formulaire en ligne, par mail, ou à l’accueil des Tanzmatten. - Manu Gilles -

Festival Chante ! ...ce kil te plaît, Les Tanzmatten, Sélestat, du 11 au 30 mai Atelier d’interprétation : Vendredi 10 mai de 18h à 19h : réunion de présentation de l’atelier Vendredi 17 mai de 18h à 20h30 : atelier Samedi 18/05 de 14h à 17h : atelier Samedi 18/05 à 18h : Restitution publique, en entrée libre Programmation complète : www.tanzmatten.fr

Fin de saison au TJP Tout le travail de Benoît Sicat tourne autour de l’élément naturel. Qu’il l’invite dans une voiture, transformant alors le véhicule en « garden mobile » ou la peigne sur des toiles grand format, l’artiste plasticien rend hommage à la nature, l’envisageant sous des angles le plus souvent originaux ou décalés, mais qui mettent toujours en valeur cet élément naturel. « Le jardin du possible est mon espace primitif », souligne Benoît. Ici il

Déjà la fin de la saison pour le nouveau directeur du Centre Dramatique National d’Alsace à Strasbourg. Renaud Herbin a exposé, durant cette première saison, les grands axes de son mandat, plaçant notamment la marionnette à la croisée des autres arts, favorisant les rencontres mais aussi les résidences de recherche. Trois spectacles sont encore à voir en mai au TJP, le premier abordant le thème universel de la mort, tandis que le deuxième nous propose un voyage en pleine nature. Quant au dernier spectacle, Meine Kältekammer, il nous présente les marionnettes hyperréalistes de la compagnie Puppentheater Halle.

La Puppentheater Halle sera enfin présente au TJP pour clore la saison sur une chronique sociale, où la comédie a également sa place. En collaboration avec la compagnie Louis Brouillard, la troupe adapte un texte de Joël Pommerat, qui nous transporte ici dans l’univers cynique d’une entreprise. Dans ce jeu de miroirs entre marionnettes et manipulateurs, entre lesquels les frontières se brouillent constamment, nous faisons la connaissance d’Estelle, une employée que son patron exploite sans le moindre scrupule. - Marc Vincent © DR

Tête de mort Dans Le jardin du possible, Benoît Sicat est seul en scène, seul dans son jardin, même s’il invite les spectateurs à parcourir son carré de nature. Destiné à la petite enfance, Le jardin de Benoît Sicat fait la part belle aux sensations, à la vue, au toucher... L’artiste invite les plus jeunes à manipuler, ressentir.

© DR

Tête de mort est conçu par un collectif d’artistes qui œuvrent au sein de la compagnie Les Ateliers du Spectacle. Accueillie au TJP de Strasbourg cette saison en vue de la création de son nouveau projet, le Campement mathématique, la compagnie présente ici une réflexion sur la mort. En travaillant à partir de marionnettes à gaine et autres formes animées. Jean-Pierre Larroche et son équipe se sont inspirés des danses de mort du Môyen-Âge, qui mêlaient les défunts et les vivants. Les Ateliers du Spectacle veulent démontrer que la mort est une figure belle et bien vivante. « Elle fauche, elle rit, elle joue à se faire peur et à mourir, elle dort et rêve (d’une moissonneuse batteuse) », explique la compagnie. Peu importe que les marionnettes meurent les unes après les autres ou se suicident, Les Ateliers du Spectacle se rient de la mort dans cette pièce également empreinte de poésie.

associe la nature à la création, l’envisageant comme un terrain, un compagnon de jeu. « Du jeu comme principe d’exploration du monde et de construction de soi », car en fouillant la terre, en déplaçant les pierres, l’enfant se construit lui aussi, élabore son rapport au monde. D’une certaine manière, l’artiste dévoile à l’enfant - et à l’adulte sa propre expérience de créateur. « Nous construisons la cité ensemble. Pas de bande son, pas de paroles », explique encore Benoît Sicat.

Le jardin du possible

À suivre au TJP Strasbourg : Tête de mort, du 3 au 7 mai (Grande Scène) Le jardin du possible, du 14 au 21 mai (Petite Scène) Meine Kältekammer, du 28 au 30 mai (Grande Scène) www.tjp-strasbourg.com


Expositions

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La naissance de La vache qui rit La Maison de La vache qui rit propose actuellement une exposition temporaire dédiée aux relations entre art et jouets. C’est à cette occasion que l’on peut ainsi découvrir quelques dessins de Benjamin Rabier, le créateur du fameux personnage de La vache qui rit, admiré notamment par Hergé, qui va d’ailleurs s’inspirer de lui pour créer Tintin.

© La Maison de La vache qui rit, FB SA

Obtenant à 15 ans le Prix du dessin de la Ville de Paris, c’est pourtant comme comptable au Bon Marché à Paris que Benjamin Rabier obtient son premier emploi. Dès 1889, il propose des dessins à des revues, même s’il a plus de succès en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Dessinant pour les enfants et les adultes, auteur du fameux Gédéon le canard, il expérimente également le dessin animé à partir de 1916 dont il devient l’un des précurseurs. Son succès attire alors l’attention

À gauche : Première boîte de La vache qui rit signée Benjamin Rabier (1924)

© La Maison de La vache qui rit, FB SA

des publicitaires et Benjamin Rabier va notamment créer des dessins animés pour la cinémathèque Pathé Baby de 1922 à 1925. L’artiste est également réputé pour ses dessins animaliers. Édition illustrée des Fables de La Fontaine en 1906, Roman de Renart et Histoire Naturelle de Buffon... Durant la première guerre mondiale, l’emblème du régiment de Ravitaillement en Viande Fraîche où est mobilisé Léon Bel, est une vache dessinée par Benjamin Rabier, pensée pour remonter le moral des troupes et très rapidement rebaptisée « La Wachkyrie », en allusion aux fameuses Walkyries wagnériennes ! Lorsque Léon Bel, de retour du front, reprend son activité de fromager, et qu’il crée avec l’aide d’Émile Graf un nouveau fromage fondu qu’il lance officiellement le 16 avril

En bas : Dessin utilisé comme emblème militaire, et baptisé « La wachkyrie » 1921 à Lons-le-Saunier en le baptisant « La vache qui rit », la jurassien se souvient de l’impact de la vache rieuse sur les troupes françaises, et demande alors à Benjamin Rabier de redessiner le logo. Léon Bel ajoutera la couleur rouge à l’animal. Quant aux fameuses boucles d’oreilles, c’est à son épouse Anne-Marie qu’on les doit. La vache n’est pas le seul animal auquel Rabier donnera le sourire. Il va également dessiner chats, chiens, canards, éléphants, poules... des allégories humaines toutes plus rieuses les unes que les autres, mais qui prendront aussi beaucoup d’autres expressions ! L’oie Clémentine, la vache « Sidonie la radoteuse », Flambeau « chien de guerre » et bien d’autres animaux

Durant la première guerre mondiale, l’emblème du régiment de Ravitaillement en Viande Fraîche où est mobilisé Léon Bel, est une vache dessinée par Benjamin Rabier, pensée pour remonter le moral des troupes personnages feront la joie des jeunes lecteurs dans l’entre-deux-guerres. Paul Grimault, réalisateur du film d’animation Le Roi et L’Oiseau, Hervé Baille, Albert Dubout, Alain Saint Ogan, Jacques Parnel vont eux aussi dessiner La vache qu rit, cette dernière étant également une source d’inspiration pour des artistes comme Bernard Rancillac. Notons enfin que si la vache s’est offert un petit lifting en 1971, le sympathique bovin n’a cessé depuis sa création de fédérer le monde entier autour de la spécialité de fromage fondu jurassienne. Associée à Mickey, Tintin, Gaston Lagaffe et bien d’autres « stars » de la bande dessinée, la Vache qui rit est aujourd’hui consommée dans le monde entier, au rythme effarant de 125 portions... par seconde. Si Léon Bel a eu du nez en créant au retour de la guerre un fromage innovant, qui pouvait se conserver plus longtemps, il a eu également l’œil en repérant le potentiel de la petite vache rieuse qui ornait les camions de son régiment durant la guerre ! - Marc Vincent -

Maison de La vache qui rit, Lons-leSaunier, 25 rue Richebourg www.lamaisondelavachequirit.com


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Chroniques CD

Diversions Retrouvez plus de chroniques, découvertes, interviews et infos musicales sur www.sensationrock.net

FOLK

FOLK ROCK

ROCK

Iron and Wine Ghost On Ghost (4AD/Naïve)

The Shouting Marches

The Flying Sutch Band Bohemian Trip Movie (autoproduction)

Depuis maintenant un peu plus d’une dizaine d’années, Sam Beam trace le chemin d’une carrière exemplaire et posée, commencée dans la plus pure tradition d’un folk simple et épuré mais qui au fil des albums s’est étoffé, révélant des compositions à la beauté indéniablement séduisante. Après les premières productions que sont The Creek Drank The Cradle et le bijou Our Endless Numbered Days, Sam Beam fut vite comparé aux illustres Nick Drake ou Elliott Smith. Non que ces comparaisons ne soient pas flatteuses (bien au contraire), l’homme derrière Iron & Wine entreprit une métamorphose musicale avec The Shepherd’s Dog. Sans pour autant délaisser ses racines folk qu’on sent toujours présentes au fond des compos, la musique de Beam s’est transformée peu à peu en une pop raffinée, où le goût prononcé d’Iron & Wine en matière d’arrangements en tout genre se fait entendre. Comme son grand frère Kiss Other Clean, cette nouvelle production possède un son très 70’s et Iron & Wine pousse encore plus l’habillage de ses compos en apportant de nombreux cuivres et cordes. Tout ce ROCK

V/A : Soul City Real To Reel

(Columbia/Sony) On le connait pour être à la tête des Foo Fighters ou encore derrière les fûts au sein de Them Crooked Vultures (et feu Nirvana). Le grand Dave Grohl passe désormais derrière la caméra produisant cette année Sound City, un film documentaire retraçant la vie du mythique studio de Los Angeles du même nom ayant fermé ses locaux en 2011. Sound City c’est un peu le Abbey Road américain. Le studio, en environ trois décennies, a vu passer des légendes du rock allant de Neil Young à Metallica, en passant par Johnny Cash et bien sûr Nirvana, d���où l’intérêt de Dave pour les locaux. Et il ne fait pas les choses à moitié le Dave. Non seulement il produit le film documentaire mais il signe également la B.O en invitant quelques amis dont Josh Homme, Corey Taylor ou encore un certain Paul Mc Cartney afin de rendre un ultime hommage au studio sous forme de boeufs improvisés, enregistrés sur le vieux matos analogique racheté par notre cher barbu.

The Grownass Man

(Middle West) mélange offre alors un recueil de morceaux lumineux, qu’ils soient pop enjouée (Caught In the Briars, Grace For Saints And Ramblers), soul (The Desert Babbler), funky (Low Light Buddy Of Wine). Sam Beam trouve également beaucoup de justesse dans les choeurs, élégamment dosés et qui viennent soutenir sa voix sur l’aérienne Winter Prayers et nous fait rêver sur la géniale New Mexico’s No Breeze. Jamais avare d’expérimentation, Iron & Wine s’engouffre également dans une approche jazzy, entre l’ambiance feutrée de Grass Windows ou la quasi impro de Lover’s Revolution. Ghost On Ghost prend fin avec le magistral Baby Center Stage, où toujours ces chœurs font écho à la voix très haute perchée de Beam, renforcée par un ensemble de cordes et de cuivres, pour une ballade aérienne digne des Fab Four. Ghost On Ghost est donc la suite logique de Kiss Each Other Clean, précédent chef d’œuvre de cette barbe légendaire, et va définitivement asseoir Sam Beam au rang des songwriters/compositeurs de référence actuels. - Florian Antunes Pires -

Vernon et son vieux pote de Megafaun Phil Cook sont rejoints par Brian Moen, batteur de Peter Wolf Crier pour un album entre blues et rock classic. Est-il besoin de préciser qu’on est à mille lieux de la beauté incandescente de Bon Iver, Bon Iver ? Grownass Man est un album brut, parfois cradingue mais où l’on sent le trio prendre du plaisir à s’éclater en dehors de leurs formations à temps plein. Grownass Man sonne très 70’s, avec ce mélange de rock et de blues qui nous rappelle Creedence ou les groupes sudistes de la même époque. Même si on n’accroche pas sur tout, le trio est plutôt à l’aise dans ce style et pousse même le bouchon jusqu’à un rock garage à faire pâlir les Black Keys (Heaven Knows). Et avec les accords de I’ll Be True, on touche presque au rockab’. Mais cela ne cache pas la couleur blues générale de l’album, illustrée idéalement par la ballade de clôture I Need A Change. Vernon, Cook et Moen livrent un disque complétement anachronique et très réussi, qui après Ben Harper, montre le regain d’intérêt des musiciens actuels pour ce bon vieux blues.

Bohemian Trip Movie sortait en février 2012, enregistré à Dijon au studio Triphon. Coup de chapeau tout d’abord au travail devant les manettes, ce premier opus possèdant en effet un son bien à lui, une production qui fait joliment ressortir le côté vintage des morceaux. La chanson titre annonce d’ailleurs la couleur dès les premières mesures : le rock du FSB est d’influence sixties, teinté de blues, les guitares parfaitement escortées par un orgue Hammond. Italian Chic Party et Green Androgyne se veulent plus rock. Le groupe sait assurément utiliser une guitare en mode saturé, et l’on résiste difficilement aux balancement de Fucker ou Preacher’s Bitch, ce dernier titre apportant une dimension mélodique et pop supplémentaire à l’album. L’excellent Mescalero ne dépareillerait pas dans un film de Quentin Tarentino et Robert Rodriguez, avec ses couleurs latines, tandis que Glitter Lace change la donne avec un titre tout en retenue, piano voix et quelques discrets chœurs féminins en arrière-plan. - Manu Gilles-

POP ROCK

POP

James Blake

Alessi’s Ark

- Florian Antunes Pires -

« Sound City That’s It Man » lâche Dave Grohl en introduction de la galette avant que retentisse le riff bluesy crasseux de Heaven And All où le producteur fou passe derrière les fûts, accompagné par Peter Hayes et Robert Levon Been du Black Rebel Motorcycle Club, annoncant d’emblée le ton du projet. Les Foo Fighters ne sont pas loin avec Time Slowing Down où Brad Wilk (ex RATM, Audioslave) et Chris Goss producteur du groupe KYUSS, s’en donnent à coeur joie. La voix de Stevie Nicks de Fleetwood Mac apporte un peu de douceur sur You Can’t Fix It dans cet univers composé essentiellement de mâles barbus bucheronneux. Autre surprise agréable avec From Can To Can’t interprété par un Corey Taylor (Slipknot, Stone Sour) bluffant de sincérité sur cette fausse ballade rock, ayant des airs d’Alice In Chains par moment. Instant intimiste avec Josh Homme sur Centipede et son intro folk se mariant plutôt bien à la voix du géant rouquin, pour finir en explosion stoner rock bien lourd comme à son habitude avec les Queens Of The Stone Age, où Dave Grohl et Chris Goss viennent prêter main forte. Invité de marque pour ce Cut Me Some Slack qui va sûrement entrer dans la légende, Sir Paul Mc Cartney himself présent avec les anciens membres de Nirvana (Krist Novoselic, Pat Smear, Dave Grohl) pour endosser le rôle de feu Kurt Cobain (rien que ça). Le morceau stoner est lourd au possible. La voix de Paul Mc Cartney est méconnaissable, diablement efficace. Le pari de réunir tout ce beau monde était certes risqué mais Dave Grohl s’en sort bien, proposant un disque varié avec des rencontres plutôt réussies dans l’ensemble. - Johan -

Overgrown

(Polydor/Universal) Le monde se divise en deux catégories. Ceux qui aiment James Blake et ceux qui n’aiment pas James Blake. Nous, on creuse. L’Anglais a conquis les admirateurs de dubstep, ce mouvement musical dans lequel on aime bien fourrer tout le monde (en toute amitié) de Skrillex à Jamie Woon... Bref, l’un-des-artistes-avec-qui-il-faut-désormaiscompter sort aujourd’hui son deuxième disque qui marie nappes de claviers et voix de velours. I Am Sold, à l’instrumentation simple, place la voix de Blake devant. James Blake, c’est ça : il y a quelques effets, une rythmique electro, un peu comme du R’n’B sous valium. Le Londonien ne cherche pas les arrangements riches et parfaits, mais propose juste un habillage sommaire pour ses chansons maigrichonnes, mais qui ont une âme et recèlent de petits trésors mélodiques. Cependant, malgré ce son cotonneux, on s’ennuie parfois un peu et cet album qui confirme un artiste au timbre atypique, habité et plein d’émotion, passe par plusieurs phases et textures sans pour autant convaincre totalement. - Georges-

The Still Life

(Bella Union/Cooperative) On avait découvert Alessi’s Ark il y a deux ans avec Time Travel, petit album sans prétention, petit coup de fraîcheur de la part d’une jeune demoiselle à peine âgée de 21 ans. Voici donc The Still Life, nouvelle production de Alessi Lauren-Mark. Un album qu’elle a voulu comme un paysage musical qui varierait tout du long, mais en gardant un sentiment de calme prépondérant. Pour ça, elle a volontairement mis en retrait la guitare acoustique pour s’ouvrir à d’autres sons. Un recueil de treize morceaux pop, très concis. La maturité laisse de côté toute la spontanéité et l’insouciance des débuts. Et cela permet à Alessi’s Ark d’offrir des titres très variés. La cristalline Tin Smithing, la ballade folk en français dans le texte Sans Balance, l’aérienne The Rain, l’onirique Those Waves ou la synthétique Afraid Of Anyone. Avec The Still Life, Alessi’s Ark s’affirme et laisse entrevoir un futur plutôt intéressant. - Florian Antunes Pires -


Littératures

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POLAR

Ghislain Gilberti

Le Festin du Serpent

Anne Carrière

Dans son premier roman en format papier, Ghislain Gilberti n’opte pas pour la facilité en croisant deux enquêtes bien distinctes. Le lecteur fait la connaissance de deux flics, l’une jeune commissaire de la police judiciaire, experte en profilage et criminologie, l’autre chef d’une brigade antiterroriste. Chacun d’eux est sur la trace de dangereux prédateurs. Cécile Sanchez enquête sur un serial killer aux méthodes particulièrement glaçantes, tandis qu’AngeMarie Barthélemy surveille un groupe de territoristes islamistes. Contre toute attente, les deux affaires finissent par se rejoindre. Ghislain Gilberti, jeune auteur belfortain, réussit avant toute chose la prouesse de traiter chacune des intrigues avec brio, décrivant tout aussi finement les réseaux terroristes que la psychologie - toute aussi complexe - du tueur en série. Il faut dire que les deux policiers ont un regard particulièrement affûté. Chacun est expert dans son propre domaine, comme on peut s’y attendre dans tout bon polar qui se respecte. D’autant que la mécanique des deux intrigues s’avère quant à elle parfaitement huilée. L’écriture

ROMAN

Joyce Maynard Baby Love

Philippe Rey

court à l’essentiel. Les chapitres, brefs, s’enchaînent sans que jamais le rythme ne baisse en régime. L’auteur fait également montre d’un sens consommé de l’action, et ce dès le chapitre d’ouverture qui nous plonge dans l’enfer d’une fusillade. On croirait presque entendre les balles siffler à nos oreilles... Même souci du détail - et de l’horreur - en ce qui concerne les rituels du tueur en série, décrits avec une froideur clinique. Le rythme ne laisse aucun répit au lecteur, qui passe sans peine d’une intrigue à l’autre. Fins limiers l’un comme l’autre, Sanchez et Barthélemy se rejoignent aussi dans le rapport presque exclusif qu’ils entretiennent avec leur job, et la solitude dans laquelle ils sont enfermés, en dépit de l’admiration qu’ils suscitent chez leurs collègues. Une part d’humanité qui ajoute encore à l’intérêt de ce Festin du serpent. On a rarement vu 550 pages bien tassées tourner aussi vite... - Dominique Demangeot -

BANDE DESSINÉE

Les 75 ans de Spirou

Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts de Belgique, de France et d’ailleurs depuis le 21 avril 1938. Seul, imperturbable, un journal de bandes dessinées a survécu à toutes les tempêtes  : Spirou. Rien n’aurait distingué ce jour de printemps 1938 si ce matin-là les

désir, selon les circonstances. À l’image de Wanda qui espère un emploi de serveuse, à défaut de gagner 20 000 dollars à un jeu télévisé, Joyce Maynard nous dit qu’il n’y a finalement pas grand chose à attendre du rêve américain par ici. - Marc Vincent -

CHRONIQUES

Joyce Maynard

Une adolescence américaine

Philippe Rey

Sandy, Tara, Wandy et Jill sont quatre adolescentes qui vivent dans une petite ville comme il en existe beaucoup dans l’Amérique profonde. De cette Amérique souvent fantasmée, Joyce Maynard nous présente un autre visage. L’envers du rêve américain, ce pourrait être ces petites bourgades, qui se ressemblent finalement toutes avec leurs supermarchés, leurs boutiques et leurs pizzerias snacks. Pour les quatre adolescentes, la maternité semble la seule option possible. En tous cas, l’option attendue. L’arrivée de deux femmes, Ann, boulimique et séparée de Ruppert, dont elle espère toujours le retour, et Carla, que ses voisins considèrent comme une «hippie», va bouleverser cet ordre établi. L’auteure de Prête à tout, porté au cinéma par Gus Van Sant, livre ici une chronique étonnante de justesse sur les quatre adolescentes, et sur la condition féminine en général. Le roman accorde une place particulière à la maternité chez les quatre adolescentes. L’image forte, récurrente, presque obsessionnelle, est celle du sein maternel, source de vie ou de

En complément à Baby Love, on plongera dans l’Amérique des années 60 avec ces chroniques de Joyce Maynard. Une adolescence américaine, c’est évidemment la sienne. Devenue célèbre à 18 ans après la publication d’un article sur sa génération dans le New York Times, l’auteure éditait un an plus tard, en 1973, une série d’essais sur les sixties, période de bouillonnement intellectuel, culturel et social. Joyce Maynard y décrit avec sensibilité, et à sa manière toute personnelle, les bouleversements que furent la guerre du Vietnam, le mouvement hippie, les drogues... Une fenêtre ouverte sur les sixties, des essais à la fois passionnants et toujours empreints de la fraîcheur d’une auteure au sortir de l’adolescence. - Marc Vincent -

marchands de journaux de toute la Belgique n’avaient présenté, au milieu de toute une série d’illustrés, un nouvel hebdomadaire pour la jeunesse : Le journal de Spirou. Il faudrait beaucoup plus que ces quelques lignes pour raconter ici la naissance du journal et du personnage, le tout impulsé par Jean Dupuis, petit imprimeur de Marcinelle. Ce qu’il faut retenir, c’est que l’on donna le nom de Spirou à ce personnage parce qu’il sonnait bien et qu’il a une signification particulière en wallon. Nom qui représente l’image d’un petit écureuil, et par extension, celle d’un jeune garçon vif et dynamique. Il faut retenir également le nom du véritable créateur de Spirou, Robert Velter dit RobVel, et que dans la foulée ce sont dans l’ordre d’apparition sur les pages de bandes dessinées, Jijé, Franquin, Fournier, Nic et Cauvin, Tome et Janry, Morvan et Munuera et enfin Yoann et Vehlmann, qui ont réalisé le tome 53 intitulé « Dans les griffes de la Vipère ». En proie à des problèmes financiers, Spirou et son magazine sont rachetés par l’homme le plus riche du monde. Mais Spirou n’est pas homme à se laisser dicter sa conduite et à se laisser enfermer dans une prison dorée. Autour de cet anniversaire, pendant un an les éditions Dupuis nous ont concocté un fameux périple éditorial. Ont déjà vu le jour, en janvier, le tome 53 des aventures de Spirou, puis «  La véritable histoire de Spirou tome 1 de 1937 à 1946  », ainsi que « Spirou, l’intégrale 1938 - 1943 » par Rob-Vel. En mars a été édité «  La galerie des Illustres  », et également «  Dans l’atelier de Fournier  ». En avril, c’est au tour du tome 13 de l’intégrale « Spirou et Fantasio ».

www.spirou.com - Bruno Kolanek -

FANTASY

Samantha Bailly Oraisons

Bragelonne

Depuis quelques temps maintenant, les éditions Bragelonne nous réservent toujours de très bonnes surprises, tant pour les liseuses qu’en support papier. Ainsi, l’éditeur nous propose en Fantasy l’intégrale Oraisons, d’une jeune auteure âgée d’à peine 25 ans. En Heldérion, la mort peut rapporter beaucoup, surtout à la famille Manérian qui procède aux oraisons, les rites funéraires du royaume. Mais la réalité de la mort les frappe de plein fouet lorsqu’on retrouve le corps de leur plus jeune fille dans une ruelle sordide.Tout désigne les clans, ces dangereux rebelles qui s’opposent à Heldérion. Ailenn, prête à tout pour venger sa cadette, se lance dans une enquête qui la mettra à rude épreuve. Que l’on ne s’y trompe pas, tous les ingrédients de la Fantasy sont dans ce roman. En bref, une formidable auteure à découvrir et soutenir au plus vite. - Bruno Kolanek -


Cinéma 24 avril

8 mai

Iron Man 3

De Shane Black Action Avec Robert Downey Jr., Guy Pearce Tnoy Stark, alias Iron Man, affronte un nouvel ennemi qui va attaquer sur tous les fronts.

Trance

De Danny Boyle Drame Avec James McAvoy Un commissaire-priseur spécialiste des œuvres d’art devient complice d’un gang pour dérober un tableau d’une valeur de plusieurs millions de dollars. Mais durant le vol, le jeune homme reçoit un violent coup à la tête et devient amnésique.

L’Écume des jours De Michel Gondry Drame

Avec Romain Duris, Audrey Tautou Colin vit dans un étrange pays. Il rencontre Chloé. Ils vont vivre des aventures hors du commun dans un monde absurde.

Sous surveillance De Robert Redford Drame

Avec Robert Redford, Shia LaBeouf En 1969, des militants radicaux sont mis en prison. Une ancienne militante est arrêtée de nos jours, ce qui replace l’affaire sur le devant de la scène.

La Sirga

De William Vega Drame Avec Joghis Seudin Arias Alicia fuit l’armée et se réfugie à La Sirga, une auberge appartenant à Oscar, le seul membre de sa famille encore vivant.

The Land of Hope De Sono Shion Drame

Avec Isao Natsuyagi, Jun Murakami Un tremblement de terre sévit au Japon, ce qui fait exploser une centrale nucléaire. Les autorités tracent un périmètre de sécurité qui coupe en deux la localité.

Survivre

De Baltasar Kormákur Drame Avec Ólafur Darri Ólafsson En 1984, un chalutier sombre dans l’océan. Les membres périssent tous à l’exception d’un des passagers qui parvient à regagner la terre.

Hannah Arendt

De Margarethe von Trotta Drame Avec Barbara Sukowa, Axel Milberg En 1961, une philosophe juive allemande doit couvrir le procès d’un responsable de la déportation de millions de juifs.

Sous surveillance le 8 mai 3, Chronique d’une famille singulière De Pablo Stoll Ward Comédie

Le Coeur a ses raisons De Rama Burshtein Drame

1er mai

La Fleur de l’âge De Nick Quinn Drame

Avec Sara Bessio Rodolfo vit avec sa seconde épouse mais il n’est pas heureux. Il tente de retrouver sa place auprès de sa première femme et de leur fille, qu’il a abandonnées dix ans auparavant.

Evil Dead

De Fede Alvarez Horreur Avec Jane Levy, Shiloh Fernandez Mia, accompagnée de son frère et d’un groupe d’amis, se rend dans une cabane isolée au fond des bois et y découvre le « Livre des Morts ».

Stoker

De Park Chan-Wook Drame Avec Nicole Kidman Une adolescente voit sa vie basculer lorsque son père meurt dans un accident de voiture. Son oncle, dont elle ignorait l’existence, apparaît et s’installe avec elle et sa mère.

Mohamed Dubois De Ernesto Ona Comédie

Avec Eric Judor, Marie Kremer Arnaud Dubois est l’héritier de la banque Berthier. Mais tout porte à croire qu’il s’appelle en réalité Mohamed, fils d’un professeur de tennis à Djerba...

Paradis : Foi

De Ulrich Seidl Drame Une femme d’une cinquantaine d’années décide de consacrer ses vacances à prêcher l’amour du Christ. Son mari revient après des années d’absence.

Bob et les Sex-Pistaches De Yves Matthey Comédie

Avec Jules Sitruk Un fils de punk grandit au milieu des guitares. Il décide à son tour de devenir une rock star.

Paradis : Espoir De Ulrich Seidl Drame

Avec Joseph Lorenz, Vivian Bartsch Une jeune fille suit une cure dans un centre d’amaigrissement pendant les vacances d’été. Elle tombe amoureuse du directeur du centre, un médecin de quarante ans son aîné.

Avec Irit Sheleg, Hadas Yaron Une famille hassidique orthodoxe vit à Tel Aviv. La plus jeune fille est sur le point de se marier avec un homme du même âge et du même milieu.

Avec Jean-Pierre Marielle Un producteur de télévision réputé de 63 ans accumule les conquêtes féminines trentenaires. Mais ce dernier est contraint d’accueillir son père Hubert, dépendant.

Denis

De Lionel Bailliu Comédie Avec Jean-Paul Rouve Vincent a perdu deux fois la femme de sa vie à cause du même homme : Denis. Sa seule crainte est que l’histoire se répète avec sa compagne actuelle, Anna.

Les Yeux fermés De Jessica Palud Comédie dramatique

Avec Simon Buret, Linh-Dan Pham Pierre a subi un grave accident et retourne dans la maison familiale après neuf ans d’absence. Il réapprend à vivre à travers ses yeux d’enfant.

Orléans

De Virgil Vernier Drame Avec Julia Auchynnikava Deux jeunes femmes travaillant comme danseuses dans un club de strip tease à Orléans, se retrouvent plongées au milieu des célébrations de Jeanne d’Arc.

J’demande pas la lune, juste quelques étoiles De Robert Coudray Drame

Avec Laurent Voiturin Un ancien ingénieur vit dans la rue. Il décide de se reprendre en main et choisit de partir en Bretagne pour réparer une vieille maison héritée de son grand-père.

La Cage dorée

De Ruben Alves Drame Avec Rita Blanco Un couple d’immigrés portugais sont très appréciés dans le quartier à Paris. Un jour, ils ont l’opportunité de rentrer dans leur pays.

15

Mud - Sur les rives du Mississippi De Jeff Nichols Drame

Avec Matthew McConaughey Deux hommes font la connaissance d’un réfugié sur une île au milieu du Mississipi.

Upside Down

De Juan Diego Solanas Fantastique Avec Kirsten Dunst, Jim Sturgess Deux mondes coexistent : celui d’en haut et celui d’en bas. Adam, du monde d’en bas, tombe amoureux d’Eden, de l’autre monde.

L’hypnotiseur le 8 mai

La Fleur de l’âge le 1er mai The Hit Girls

De Jason Moore Drame Avec Elizabeth Banks, Alexis Knapp Une étudiante au look gothique est scolarisée dans l’établissement où son père enseigne. Elle découvre qu’elle possède une belle voix...

Sympathy for Delicious De Mark Ruffalo Drame

Avec Orlando Bloom, Mark Ruffalo Dean, alias «  Delicious D  » était un DJ talentueux. Suite à un accident de moto, il devient paraplégique et doit vivre dans sa voiture à Los Angeles.

Hotel Normandy

De Charles Nemes Drame Avec Helena Noguerra, Éric Elmosnino Une jeune trentenaire reçoit comme cadeau d’anniversaire un séjour à la Biennale de Deauville. Ses amies ont engagé, en secret, un homme pour la séduire.

L’Hypnotiseur

De Lasse Hallström Thriller Avec Tobias Zilliacus Dans la banlieue de Stockholm, une famille est sauvagement assassinée. Un jeune garçon a survécu au massacre. L’inspecteur Joona Linna décide de faire appel à un hypnotiseur afin d’explorer le subconscient de l’enfant, pour retrouver le coupable.



Diversions Alsace mai 2013