Page 1

Aire Urbaine mensuel gratuit

#34 mai 2011

Alsace

Culture, tourisme et actualité

L’année internationale de la chimie à l’Université de Haute-Alsace - Foire du Livre de SaintLouis - La Filature célèbre la danse en mai à Mulhouse Chansons en Herbe aux Tanzmatten - Les Soeurs Mézière aux TAPS - Die Entführung aus dem Serail à l’ONR Festival Nouvelles à Strasbourg - Le Cirque Plume à Epinal - Jean-Pierre Sergent au Musée des Beaux-Arts de Mulhouse - Paysages à l’honneur à Strasbourg et Colmar - Anselm Kiefer au Musée Würth + Agenda - chroniques Albums...

UN WEEK-END CHOREGRAPHIQUE A MULHOUSE DU VENDREDI 13 AU DIMANCHE 15 MAI 2011

CATHERINE DREYFUS ET STEPHANE IMBERT

AUDE LACHAISE MICHELE NOIRET

CRÉATION GRAPHIQUE LENZ / PERROTTET 2011. CRÉDIT PHOTO CATHERINE LEUTENEGGER

VIDAL BINI – KHZ FELIX RUCKERT BAL MODERNE

DELGADO FUCHS

VIRGINIA HEINEN – C IE BLICKE


diversions-magazine.com

cultures sorties société

#34

mai 2011

AGENDA - 4

MUSIQUES - 9

Chansons en Herbe aux Tanzmatten

REPÉRAGES - 6

L’année internationale de la chimie à l’Université de Haute-Alsace Foire du Livre de Saint-Louis La Filature célèbre la danse en mai à Mulhouse

THÉÂTRES - 10

Les Soeurs Mézière aux TAPS Die Entführung aus dem Serail à l’ONR

DANSES - 11

Festival Nouvelles à Strasbourg

CIRQUE - 11

Le Cirque Plume à Epinal

Paysages à l’honneur dans les Musées de Strasbourg et Colmar Anselm Kiefer au Musée Würth

CHRONIQUES CD- 14

OUVREZ LES YEUX - 12

Jean-Pierre Sergent au Musée des Beaux-Arts de Mulhouse

Exposition Far East, Vanessa Chambard, La Chambre à Strasbourg, du 13 mai au 26 juin

© Vanessa Chambard

Vanessa Chambard - Série Far East - 2007 La Chambre à Strasbourg présente à partir du 13 mai une nouvelle exposition qui nous donne à voir le travail de Vanessa Chambard. La photographe s’est rendue en Bulgarie et en Roumanie durant l’automne 2007 à bord d’une vieille Peugeot 309. Road trip durant lequel elle a capturé des images et des instants d’Europe de l’est.

première. Vanessa Chambard évoque un véritable voyage durant lequel elle s’est laissée portée. Elle est alors allée à la rencontre des paysages d’Europe de l’Est, des grandes villes mais aussi des zones rurales, nous présentant des scènes sauvages, où même en milieu urbain, la nature semble vouloir reprendre ses droits.

Si l’objectif de départ était de réaliser un reportage sur l’émigration des populations bulgares et roumaines vers la France en compagnie d’une journaliste, des imprévus ont modifié l’intention

Comme un musicien, Vanessa Chambard a compris que les vides et les silences ont autant d’importance que le remplissage. Ses scènes sont toujours équilibrées avec minutie, posant, sur

Diversions - Edition Alsace Journal d’information gratuit 12, rue des Vieilles Perrières 25000 Besançon 03 81 57 58 92 - 06 34 12 01 91 www.diversions-magazine.com diversions@orange.fr Editeur : SARL Diversions RCS : 508 184 934 Directeur de la publication : Boban Stanojevic 03 81 57 58 92 - 06 34 12 01 91 diversions@orange.fr

des arrières-plan blancs et estompés, des lignes sombres guidant notre regard. Bitume fatigué, arbres amputés et lumières rasantes. Vanessa Chambard suggère plus qu’elle ne décrit de façon documentaire. Son regard croise les brumes, immortalise des instants entre chien et loups, des nuits bleues, arbres éparses et constructions de l’ère communiste somnolant dans la brume. Scènes presque effacées comme une histoire encombrante qui s’oublie et une autre qui aimerait bien débuter. Elle nous montre les chan-

tiers en construction, les projets immobiliers mais aussi les exclus, la solitude des terrains vagues et la culture tzigane qui fait écho à son propre voyage. Les routes d’Europe de l’Est prennent parfois même des allures d’highways américaines. Photographies de l’errance.

- Marc Vincent Far East, de Vanessa Chambard, exposition à La Chambre, Strasbourg, du 13 mai au 26 juin Vernissage le 13 mai à 18h www.la-chambre.org

Rédacteur en chef : Dominique Demangeot magazine.diversions@yahoo.fr

Régie publicitaire : Boban Stanojevic - 03 81 57 58 92 - 06 34 12 01 91 - diversions@orange.fr

Rédaction : Samuel Bertaud, Gilles Bloin, Sophie Choffant, Frédéric Dassonville Dominique Demangeot, Bertrand Demornieux, Nicolas Keshvary, Amandine Mannier Sébastien Marais, Fabien Pautot, Paul Sobrin, Marc Vincent

Dépôt légal : mai 2011 © Diversions 2010 Imprimé en Espagne ISSN : en cours

Comité de relecture : Dominique Demangeot, Caroline Vo Minh

valeur : 1,15 euros offert Diversions est diffusé gratuitement sur l’Alsace, la Bourgogne et la Franche-Comté Prochaine parution : 31mai 2011


Diversions - L’Agenda du mois

4

Les sorties du mois en un clin d’oeil

HAUT-RHIN

HAGUENAU Médiathèque de la Vieille Ile Du 14 mai au 5 juin : Exposition d’archives de l’association Florence Blumenthal

ALTKIRCH CRAC Jusqu’au 15 mai : exposition Ann Veronica Janssens et Aurélie Godard + project room #9

Théâtre de Haguenau

Du 26 mai au 4 juin : Festival L’Humour des Notes - Humour musical, Théâtre, Spectacles de rue...

Chapelle des Annonciades Jusqu’au 5 juin : Exposition Vestiges de voyages

ILLKIRCH GRAFFENSTADEN L’Illiade

Wire le 12 mai au Noumatrouff à Mulhouse ILLZACH Espace 110 © Aurélie Godard - La chaise de Lucrèce, 2010 - bois d’épave, diam 80 cm - crédit photo : Manuel Irles, Le Quartier - Quimper, 2010

COLMAR Comédie de l’Est Du 10 au 13 mai : Bluff

Théâtre Municipal

Du 4 au 8 mai : 59ème festival de musique de chambre : autour de Franz Lizt – Musique classique 5 mai à 12h30 : concert apéritif de Londres à New York – Musique anglaise et américaine 13 mai à 20h : Don Pasquale – Opéra 15 mai à 15h : Don Pasquale – Opéra 21 mai à 20h : Trilogie russe : la sacre du printemps, Chout, le baiser de la fée – Danse 28 mai à 20h30 : au fond de l’encrier - Création

Parc des Expositions 8 mai de 7h à 12h30 : Marché aux géraniums

Espace d’art contemporain André Malraux

Jusqu’au 29 mai : exposition Stéphane Couturier - Photographie

Lézard

Jusqu’au 25 juin : exposition Pascal Henri Poirot - Peintures

ENSISHEIM

Caf’Conc Les 3 et 4 mai à 21h : Rob Tognoni – Blues Rock Les 6 et 7 mai à 22h : Topor et Bianchi – Chanson française 9 mai à 20h : Le Stammtisch des Bredelers Les 10 et 11 mai à 21h : Toronzo Cannon / Gas Band – Blues rock Les 13 et 14 mai à 22h : Truckers – Southern Rock 20 et 21 mai à 22h : Furious Zoo featuring Renaud Hantson – Hard Rock 24 mai à 20h : Audition des élèves de l’école de musique actuelle d’Ensisheim 27 et 28 mai à 22h : Natchez – Southern Rock 29 mai à 22h : Malted Milk – Blues Soul France

5 et 6 mai à 20h30 : La maison de Bernard Alba – Théâtre 13 et 14 mai à 20h30 : Tête de gondole 19 mai à 20h30 : Lionel et Nathalie chantent Mireille – Café concert 21 mai à 20h30 : Saint Louis Blues Band – Concert jazz 26 mai à 20h30 : Les nainsprovisateurs – Improvisation théâtrale 27 mai à 14h30 : Elles de Molière - Théâtre

MULHOUSE

La Filature Du 13 mai au 3 juillet : Exposition Paul Pouvreau - Photographie Du 3 au 7 mai : Têtes rondes et têtes pointues –Théâtre 6 mai à 20h30 : John Lord (Deep Purple) Rock Band et l’Orchestre Symphonique de Mulhouse – Musique 13 et 14 mai : Marlon – Danse 13 mai à 19h30 : Can you be me ? – Danse 13 mai à 21h : Demain –Danse 14 et 15 mai : Spaces & Stories – Danse 14 mai à 21h : Manteau long en laine marine porté sur un pull à encolure détendue avec un pantalon peau de pêche et des chaussures pointues en nubuck rouge – Danse 15 mai : Un R de rien – Danse 15 mai à 15h : Romanze – Danse 15 mai à 16h30 : Bal moderne – Danse 18 mai à 20h30 : Salif Keïta – Musique 31 mai à 20h30 : Le champ de la terre – Théâtre musique

Noumatrouff 7 mai : Jehro - Folk Reggae Soul 12 mai : Wire : Post Punk 14 mai : Kansas Of Elsass - Rock 21 mai : Just Good Vibes #5 - Reggae

Théâtre de la Sinne

2 mai à 20h : Musique de chambre, orchestre symphonique de Mulhouse – Musique 3 mai à 20h30 : Grossesses nerveuses – Théâtre 13 au 15 mai : Trilogie russe – Danse 17 mai à 20h : Spectacle de danse – Danse 18 mai à 14h : Chant choral scolaire – Musique 29 et 31 mai : Die Entfuhrüng aus dem Serail - Opéra

Parc des Expositions Du 13 au 22 mai : Foire de Mulhouse

SAINT-LOUIS Evénement Du 6 au 8 mai : 28ème Foire du Livre - voir article p.6

Auditorium du Conservatoire 31 mai à 19h30 : Les instruments graves - Concert découverte

Forum de l’Hôtel de Ville Du 1er juin au 3 juillet : Christine Close, Plis de vie - Peinture, sculpture, photographie

La Coupole

13 mai à 20h30 : La Croisade des cochons – Théâtre 19 mai à 20h30 : Ballet de l’Opéra National du Rhin – Danse classique Du 25 au 27 mai : Pinocchio - Théâtre

Musée Fernet Branca

Jusqu’au 8 mai : Simon Buri et Carlo Aloë - Peinture

Salle des Portes 11 mai à 20h30 : Antour d’Anthèmes - avec Maiko Matsuoka (Ensemble Linea Strasbourg) et Robert Piencikowski - Concert conférence 17 mai à 20h30 : Le Rhin, par la compagnie L’Indocile - Lecture spectacle

BAS-RHIN

BISCHHEIM Salle du Cercle 4 mai à 15h : Rouge tomate – Spectacle musical 12 mai à 20h30 : Capitaine Sprütz - Humour

BISCHWILLER Mac Robert Lieb :

6 mai à 20h30 : Le Dieu du carnage - Théâtre

ERSTEIN

Etapenstall :

Jusqu’en juin 2011 : Exposition « A l’eau j’écoute » Du 4 au 29 mai : Exposition 1001 Corrinne Kleck et Véronique Moser

Musée Würth

Jusqu’au 25 septembre : Exposition Anselm Kiefer

3 mai à 20h30 : Mon amour – Théâtre 4 mai à 15h : A belles dents – Jeune public 8 mai à 17h : Les Misérables – Spectacle de rue 10 mai à 20h30 : Tout ça c’est moi – Musique 13 et 14 mai à 20h30 : Idées noires, idées blanches – Musique 20 et 21 mai à 20h30 : Cocktail maison impro’fusion – Humour 21 mai à 15h : Les contes Zinédits – Jeune public 22 mai à 17h : Rouge bluff – Spectacle de rue 27 mai à 20h30 : Herb Geller Group - Musique

OBERHAUSBERGEN Le PréO 7 mai à 20h30 : Kings of Comedy Show –Humour 18 mai à 15h: 2, rue bulle – Jeune public 20 mai à 20h30 : Le dieu du carnage – Théâtre Du 27 au 29 mai : La cagnotte - Théâtre

OSTWALD Le Point d’Eau

Du 4 au 7 mai : Les Rencontres du Point d’Eau - Théâtre 13 mai à 20h30 : Confidences à Allah - Théâtre 21 mai à 20h30 : RASSA YATRA : Voyage au cœur de l’esthétique de l’Inde avec Manickam Yogeswaran, musiques, danses et poésies de l’Inde

REISCHOFFEN La Castine 14 mai à 20h30 : Zandoli Pa Tini Pat – Danse Afro

SAVERNE Espace Rohan 5 mai à 20h30 : Le gardien des Ames – Théâtre 10 mai à 20h30 : Pierre et le loup – Musique, théâtre et cirque 14 mai à 15h : Noces Bayna – Musique du monde 21 mai à 15h : Cirque équestre Pagnozzo –Cirque équestre 22 mai à 10h : La nuit s’en va le jour –Spectacle visuel, jeune public 22 mai à 17h30 : Cirque équestre Pagnozoo – Cirque équestre 31 mai à 20h30 : Opus à l’oreille – Humour musical et lyrique


Diversions - L’Agenda du mois

Jusqu’au 22 mai : Résidence de création Olga Mesa

Les Tanzmatten

5 mai : Le petit chasseur de bruit, théâtre de papier – Jeune public 12 mai à 20h30 : Confidences à Allah – Théâtre 19 mai à 20h : Karimouche / Zaz – Chanson 20 mai à 20h : Marie Espinoza/ Daphné –Chanson 21 mai à 20h : Matsktat / Eric Toulis – Chanson/ Humour 28 mai à 20h30 : Aristo par Elastic –Cabaret visuel burlesque, jeune public

SCHILTIGHEIM Saison de l’Echappée Belle 6 mai à 20h30 : Faim de loup – Théâtre et marionnette 7 mai à 20h30 : Beaucoup de bruit pour rien – Théâtre 13 mai à 20h30 : Tout ça … c’est moi – Cabaret 14 et 21 mai à 20h30 : Les talents de l’échappée - Jeune talent 17 mai à 20h30 : Le soir, des lions par François Morel – Chanson française/ Humour 20 mai à 20h30 : Amir John Addad y Almeraya quarteto flamenco – Flamenco 27 mai à 20h30 : Charlélie Couture : Fort rêveur – Chanson française 28 mai à 20h30 : Eric le Lann Quartet – Jazz

Sélection Diversions 8 mai à 19h : Alela Diane / Dylan Leblanc – Americana folk 12 mai à 20h : Le bal des Enragés/ Monica and the explosion – Punk rock métal 14 mai à 20h : Florent Marchet/ This is the hello monster – Chanson Pop 15 mai à 19h : Agnès Obel – Folk indé 20 mai à 20h : Chinese Man / MC2 - Electro Hip Hop / Groove Zen

Théâtre Jeune Public

6 mai à 19h : Pierre et le loup, Palais de la musique et des congrès 11 mai, 14 et 15 mai : H2O Du 4 au 7 mai à 20h : Fin de partida, en espagnol surtitré en français – Théâtre 8 mai à 16h : Fin de partida, en espagnol surtitré en français - Théâtre

MAMCS

Jusqu’au 28 août : Franck Scurti

Musée archéologique

Le Kafteur

Jusqu’au 31 mai : exposition Alsace-Kreta, fouilles récentes de Mutarotnegra, 3790 après JC

Musée des Beaux-Arts et Galerie Heitz - Palais Rohan

Jusqu’au 15 août : Le Goût de la Nature Paysages des Musées de Strasbourg XIX et XXe siècles

La chambre

Du 13 mai au 26 juin : Far East par Vanessa Chambard

Musée Tomi Ungerer

Jusqu’au 7 août : Ogres, brigans et compagnie - Les livres pour enfants de Tomi Ungerer

WISSEMBOURG La Nef- Relais culturel

6 mai à 20h30 : Si proche de Desproges, théâtre lumière –Humour 15 mai à 14h30 : Rouge tomate – Jeune public 21 mai à 20h30 : Mira – Danse

MAI

2011

Théâtre National de Strasbourg

Jusqu’au 31 décembre : Strasbourg - Argentorate

Jusqu’au 7 mai : Christelle Delbrouk dans « Nadette » - Humour 10 mai : Nabot nez rouge – Cabaret clownesque Du 12 au 21 mai : Alex Vizorek est une œuvre d’art – Humour 14 mai : Ciné conf’ 24 mai : 11ème nuit de la Vaseuse

ORcHESTRE NATIONAL

6 mai à 20h30 : Little Nemo – Jazz Du 18 au 28 mai : Festival Danse Performance - Nouvelles

Musée Archéologique

STRASBOURG

PHILHARMONIQUE dE STRASBOURG

Pôle Sud

Jusqu’au 2 juillet : The Forty-Part Motet

7 mai à 20h30 : Le Tango des Gangsters – Musique métissée 20 mai à 20h30 : Les sept péchés capitaux de Kurt Weill – Concert

Orchestre

Du 4 au 6 mai à 20h30 : Notre besoin de consolation – Théâtre Du 12 au 15 mai : Cinémamiettes/ Bribophone/ Conférence sur la jubilation - Spectacle Du 12 au 15 mai : L’immédiat – Cirque 20 et 21 mai à 20h30 : Les pendus – Théâtre 24 et 25 mai à 20h30 : Last meadow - Danse

Aubette 1928

SOULTZ-SOUS-FORET La Saline

euro

Le Maillon

Expositions

CharlElie Couture le 27 mai à Schiltigheim

talnene i p a C pée

La Laiterie

CONCEPTION REYMANN COMMUNICATION // MONTAGE BKN.FR // © SHUTTERSTOCK // LICENCES D’ENTREPRENEURS DE SPECTACLES N° 2 : 1006168 ET N°3 : 10066169

SÉLESTAT FRAC et Chapelle Saint-Quirin

5

jeudi 12 • Michael SandeRling direction • Renata PokuPic soprano • Werner güRa ténor • Markus eiche basse-baryton

PmC - sAlle érAsme 20H30 hayDn

Symphonie n° 104 en ré majeur Londres

ReSpighi

Airs et danses anciens, suite n°3

StRavinSky Pulcinella

dimanche 20

Auditorium de lA Cité de lA musique et de lA dAnse - 20H30

CONCERT DANS lE CADRE DE CulTuRES DE PAIx

pRokofiev

• Marko letonJa direction • isabelle FauSt violon

MenDelSSohn

Symphonie n°1 en ré majeur dite classique op.25

Concerto n°2 pour violon et orchestre en mi mineur op.64

Cultures

Paix de

beethoven Symphonie n° 8 en fa majeur op. 93

jeudi 26 vendredi 27 • Jakub HrUša direction • Radek BaBorák cor

PmC - sAlle érAsme 20H30 ˇ ák DvoR Suite américaine pour orchestre en la majeur B190 op.98

StRauSS Concerto pour cor et orchestre n°1 en mi bémol majeur op.11

SchubeRt Symphonie n° 9 en ut majeur La Grande D.944

SAISON 2010>2011 Caisse OPS - Entrée Schweitzer - Du lundi au vendredi de 10h à 18h sans interruption - 03 69 06 37 06 Boutique Culture - 10 place de la Cathédrale Du mardi au samedi de 12h à 19h - 03 88 23 84 65

experts-comptables


Repérages

6

L’année de la chimie célébrée à l’Université de Haute-Alsace Le 6 mars dernier Jean-Marie Lehn, Prix Nobel de chimie 1987, inaugurait à Strasbourg l’Année Internationale de la Chimie en Alsace. Partout dans le monde, la chimie sera fêtée en 2011, l’occasion de prendre connaissance de ses applications extrêmement variées dans notre vie quotidienne. L’Alsace, où la chimie est le second employeur derrière l’automobile, se devait d’accueillir dignement cette année de la chimie.

A Strasbourg

Depuis le 7 mars, l’exposition « La physique au service de la chimie » est l’occasion de découvrir ou redécouvrir un véritable patrimoine du savoir-faire des chimistes. Portée

Mulhouse

© Galerie Alain Gutharc

De nombreuses structures participeront à cette célébration de la chimie en Alsace, de l’Université de Haute-Alsace à la Nef des Sciences en passant par le Pôle Chimie Alsace. Expositions, cafés des sciences, conférences, publications, outils pédagogiques divers seront mis en place afin de mieux appréhender la discipline. Un guide « Chimie grandeur nature » à la fois pédagogique et ludique, est en outre disponible, notamment à Mulhouse à la Nef des Sciences et à Strasbourg au Jardin des Sciences. L’Année internationale de la chimie comporte un important volet pédagogique auprès des écoles, collèges et lycées. L’un des objectifs est en effet de susciter les vocations, dans un domaine particulièrement vaste qui touche à notre vie de tous les jours : santé, transport, environnement… Il convient aussi de dissiper certaines peurs que l’on peut avoir envers la chimie de manière générale.

Les artistes Anita Molinero et Juliana Borinski travailleront avec des chercheurs et des enseignants/chercheurs de l’IS2M, mêlant leurs regards sur les phénomènes physiques et chimiques.

Une oeuvre d’Anita Molinero, sans titre - 2008 par le Jardin des Sciences de l’Université de Strasbourg et l’AMUSS (Association de culture et muséographie scientifiques), l’exposition est à voir à la Galerie d’actualité Scientifique à Strasbourg. Sur le boulevard de la Victoire, une exposition extérieure « Dans l’air du temps » se consacre à la chimie atmosphérique et touche à des préoccupations environnementales (Arrêt Tram "Université" ).

L’Institut de Science des Matériaux de Mulhouse (unité de recherche CNRS - UHA), la Kunsthalle Mulhouse et le Service Universitaire de l’Action Culturelle de l’Université de Haute-Alsace collaborent pour mettre en place l’exposition FORMules. Du 11 mai au 18 juin, à l’Institut de Science des Matériaux de Mulhouse sur le campus de l’Illberg, les artistes Anita Molinero et Juliana Borinski travailleront avec des chercheurs et des enseignants/chercheurs de l’IS2M, mêlant leurs regards sur les phénomènes physiques et chimiques. L’objectif sera notamment de comparer les processus d’élaboration d’une connaissance scientifique et d’une œuvre d’art. Des visites guidées et des conférences pour tous publics viendront en complément de l’exposition. Le vernissage de FORMules aura lieu le 11 mai, complété par une rencontre avec les artistes à 17h. Le 19 mai, une table ronde « Quand la science et l’art font avancer la recherche » se tiendra à 18h avec Marc Thébaut, artiste, Yann Grienenberger , directeur du Centre International d’Art Verrier, Carole Ecoffet, chargée de recherche au CNRS / Institut de Science des Matériaux de Mulhouse, et Christiane Geoffroy – artiste.

Le 26 mai le photographe Jean-Hugues Berrou donnera une conférence à 18h. Le 7 juin se tiendra enfin « Emulsions cinématographiques », un programme de projections élaboré par Valérie Perrin, directrice de l’Espace multimédia Gantner à Bourogne à 18h. De nombreuses autres manifestations sont organisées, n’hésitez pas à aller sur le site officiel de la manifestation sur l’Alsace. - Gilles Bloin -

A voir aussi au Vaisseau à Strasbourg jusqu’au 7 mai : « La chimie fait son show au Vaisseau », animations scientifiques, rencontres, spectacle, stages. A Strasbourg toujours, l’exposition extérieure « Les éléments chimiques » est à voir à partir du 6 juin sur le Boulevard de la Victoire (arrêt Tram « Observatoire ») Programme complet des manifestations : http://chimie2011.unistra.fr

Foire du Livre de Saint-Louis Saint-Louis organise cette année sa 28ème Foire du Livre. La thématique choisie est celle de la beauté, une cuvée 2011 qui sera co-présidée par Simone et Antoine Veil. Les trois invités d’honneur seront la poétesse et romancière cubaine Zoé Valdès, Didier van Cauwelaert, romancier, scénariste, librettiste, auteur de théâtre, réalisateur, Goncourt 1994 pour Un aller simple et le critique littéraire Eric Naulleau qui officie chaque samedi soir dans l’émission de Laurent Ruquier. Débats, conférences et autres événements seront au programme comme chaque année. Parmi les thèmes de 2011, citons un débat autour du livre intitulé « 100 000 ans de beauté », un hommage au truculent Frédéric Dard (San-Antonio) par Eric Bouhier, un retour sur les fameux Dictionnaires Amoureux (Plon) avec la présence de quelques-uns de leurs auteurs, sans oublier Eric Naulleau, l’un des invités d’honneur qui débatera de la critique littéraire avec Gérard Collard, autre critique – également libraire – haut en couleur.

Prix littéraires

Trois prix seront également remis : la treizième édition du Prix des Romancières, créé en partenariat avec le Conseil régional d’Alsace et la Ville de Saint-Louis dont le jury est composé de femmes écrivains ou artistes de renom, et la quinzième édition du prix Printemps du Roman, créé par Jean-Jacques Brochier, rédacteur en chef du Magazine Littéraire, avec la ville de Saint-Louis et en partenariat avec le journal l’Alsace et la direction des Affaires culturelles d’Alsace. N’oublions pas le Prix Jeunesse de la Bande Dessinée, attribué par un jury composé de jeunes de Saint-Louis âgés de 12 à 18 ans.

Simone Veil Lectures

Il y aura également des lectures avec Brigitte Fossey qui reprendra des textes de Victor Hugo, Sanseverino qui interprétera Le Meunier hurlant d’Arto Paasilinna, Guy Marchand qui lira quelques pages de son dernier roman Le soleil des enfants perdus. A suivre également une lecture d’un type particulier puisqu’elle sera dansée, Marie Nimier lisant quelques-uns de ses textes, accompagnée par les mouvements gracieux de la chorégraphe Claudia Gradinger. Dans Les inséparables, roman de 2008, Marie Nimier faisait le portrait de Léa, femme aux prises avec la drogue et la prostitution.

L’Oral et Hardi

Jacques Bonnaffé viendra quant à lui présenter son spectacle l’Oral et Hardi. L’acteur interprète des textes de Jean-Pierre Verheggen, écrivain à la langue pleine de vie et d’outrance, poétique et indisciplinée. Il suffit de lire quelques titres d’œuvres de l’auteur belge - Logorrha-bouffe, Artaud Rimbur, Entre saint Antoine et San Antoniou, Portrait

Eric Naulleau de l’artiste en castafiore catastrophique – pour se rendre compte du traitement jouissif infligé à une langue où se télescopent les styles.

et de fabrication de papier, marionnettes, contes… La lecture pour tous.

D’autres manifestations sont prévues comme la projection de Pieds nus sur les limaces au cinéma La Coupole en présence de la réalisatrice Fabienne Berthaud. A voir également une exposition autour de Plonk et Replonk, éditeurs suisses - La Chaux-de-Fonds – qui ont créé des séries de cartes postales anciennes, retouchées et détournées. Des créations qui fleurent bon l’humour absurde. Le jeune public n’est pas oublié avec de nombreuses animations : ateliers d’illustration

28ème Foire du Livre de Saint-Louis, du 6 au 8 mai, Entrée libre - Restauration sur place Horaires : Vendredi de 14 h à 18 h - Samedi de 10 h à 19 h - Dimanche de 10 h à 18 h Programme complet : www.foirelivre.com www.saint-louis.fr

- Bertrand Demornieux -


Repérages

7

La Filature célèbre la danse en mai à Mulhouse Du vendredi 13 au dimanche 15 mai, la danse sera à l’honneur à Mulhouse. La scène nationale de La Filature installe un nouveau temps fort autour de l’art chorégraphique. Le temps d’un week end, se croiseront chorégraphes et danseurs émergents et confirmés. La danse contemporaine s’appréciera sous différentes formes et mouvances, en salle mais aussi en extérieur. Le public lui-même sera invité, s’il le souhaite, à exécuter quelques pas...

Jeune création...

vendredi 13 mai à 18h30 et samedi 14 mai à 19h30 Marlon - Aude Lachaise

Demain par Michèle Noiret récepteur des stimuli extérieurs, corps physique mais aussi corps social. « Pouvons-nous dissocier corps, émotions, images, énergies pour les explorer séparément ? peut-être, à travers la création d'un protocole » souligne la compagnie HKZ. Chaque danseuse possède ce qu’elle appelle des « paramètres personnels » qui vont être plaqués sur les trois femmes : « l'une étant le corps, l'autre l'image sociale et la troisième l'esprit ». La photographie permettra d’explorer l’intimité du corps, de représenter les interactions avec d’autres corps mais aussi de traquer le flou induit par les mouvements. L’objectif est de rapprocher intimement les trois corps sur scène pour parvenir à une réelle connaissance commune, au-delà des représentations sociales et culturelles. Une réelle expérience de l’autre.

... Et artistes confirmés Vendredi 13 mai à 21h Demain - Michèle Noiret

© Candice Milon

Can you be me ? par Vidal Bini et la compagnie KHZ Vendredi 13 mai à 19h30 Can you be me ? - Vidal Bini – KHZ

Mais aussi

Le week-end Dans(e) proposera d’autres œuvres comme cette pièce au titre pour le moins décalé… Manteau long en laine marine porté sur un pull à encolure détendue avec un pantalon peau de pêche et des chaussures pointues en nubuck rouge.

Samedi 14 mai à 15h et dimanche 15 mai à 11h, Felix Ruckert proposera avec Space and Stories des déambulations dans la ville, faisant office de guide un peu spécial dans les rues de Mulhouse. Cette première édition du festival Dans(e) investit donc aussi l’extérieur pour un spectacle qui repousse les limites de la représentation. Les solos s’enchaînent, contant à chaque fois une histoire différente selon l’endroit.

Space and Stories par Felix Ruckert nous propose une ballade dansée dans les rues de Mulhouse Un brunch sera en outre proposé ce dimanche dans le hall de La Filature dès 13h. - Amandine Mannier, Sophie Choffant -

Dans(e), un week-end chorégraphique à Mulhouse, du 13 au 15 mai, à La Filature et dans les rues de Mulhouse – tarifs des spectacles de 5,50 € à 25 € / brunch 15 € Pass DANS(E) : 3 spectacles pour 36 € / 6 spectacles pour 48 € Programme complet : www.lafilature.org

Le dimanche 15 mai à 15h, on retrouvera Virginia Heinen qui a souhaité poursuivre la rencontre opérée avec Martin Grandperret dans sa précédente pièce Memoria. Romanze traite de la relation amoureuse, moteur des interactions entre deux êtres finissant par ne former qu’un seul corps. La pièce illustre ce mouvement perpétuel d’attraction/ répulsion, un aller-retour qui nourrit la relation mais peut aussi se faire destructeur. « La routine, la répétition des mouvements, se heurtent à la poésie et la tuent. Et voilà que la réalité les rattrape, le quotidien prend le dessus » explique la chorégraphe. Danse en duo également avec Catherine Dreyfus et Stéphane Imbert qui proposent avec Un R de rien un ballet fluide et poétique à l’image du travail de la compagnie Act2 (dimanche 15 mai à 13h et 16h, entrée libre).

En clôture de Dans(e) : un Bal moderne

dimanche 15 mai dès 16h30

C’est un bal moderne qui achèvera cette première édition de Dans(e). La Filature remet au goût du jour la tradition de ce temps de danse collective. Trois chorégraphies brèves seront apprises au public. Tout le monde peut prendre part à ce Bal moderne, du débutant au danseur confirmé. Le simple curieux devrait également y trouver son compte ! C’est en tous cas le but des trois chorégraphes qui ont accepté de se prêter au jeu pour cette première édition qui s’achèvera sur des couleurs cosmopolites. Codesa de George Mxolisi Khumalo nous transportera ainsi dans les townships de Soweto en Afrique du Sud, tandis que Blabla-chacha de Hans Tuerlings propose une danse ironique et décalée. Place enfin au funk sensuel de Prince avec Kiss chorégraphié par Wim Vandekeybus.

© Ivan Put

Depuis 2007, Vidal Bini et sa compagnie fondent leurs recherches sur l’improvisation et l’analyse du prétexte et du contexte. Ils nous proposent ici une chorégraphie atypique puisque la musique est absente. Ce sont les interactions de deux danseuses et d’une photographe qui créent la dynamique. C’est l’opposition des corps qui finalement les lie, sur le principe de l’attraction universelle. Créé à l’issue d’une résidence à La Filature en mai 2011, Can you be me ? porte.évidemment le corps au centre du processus,

La chorégraphe danseuse Michèle Noiret s’interroge sur le monde, fouillant une fois de plus, comme souvent, la question existentielle. Ces peurs, ces doutes qui taraudent l’être humain tandis qu’il avance dans la vie. En conviant sur scène les courtes vidéos de l’artiste Aliocha Van der Avoort, la chorégraphe offre un rendu de ses propres angoisses, mêlant une musique originale aux textures sonores de la 7ème symphonie de Beethoven. La danseuse est seule en scène, cernée par ces informations que nous envoient les médias chaque jour, ces « spectacles du monde chaotique et violent qui est le nôtre », catastrophes naturelles, guerres, épidémies virevoltant dans un abyme d’écrans. À partir de ses peurs intimes, Michèle Noiret aboutit à un spectacle universel où la vision d’un monde chaotique est au final partagée par tous et où le temps, heurté, décomposé, s’apparente à celui du rêve ou du cauchemar. Les images, enregistrées ou filmées en direct, plongent le spectateur dans ce monde à la fois onirique et ancré dans une réalité brute.

Un titre à l’image de la danse délurée de la compagnie bernoise Delgado Fuchs, fustigeant ici l’imagerie publicitaire et les canons esthétiques qu’elle tente de nous imposer. (samedi 14 mai à 21h).

© Felix Ruckert

© Sergine Laloux

La jeune chorégraphe propose dans ce solo, première création, une réflexion qui prend comme point de départ le mythique acteur américain Marlon Brando, parangon du désir et de la séduction. Aude Lachaise n’y va pas par quatre chemins et met véritablement à nu l’acteur et l’aura de séduction qu’il symbolise. La chorégraphe survole la séduction induite par le mystère, mais aussi par le sexe, se rapprochant ici de la dramaturgie puisqu’elle dit sur scène un texte qu’elle a elle-même écrit. Au-delà de la simple attirance pour les héros du cinéma, Aude Lachaise souhaite creuser un sillon plus profond. « L’arrière-plan, le contexte de ce solo finalement, c’est cette dichotomie, cette contradiction que je ressens entre le féminisme et le patriarcat qui l’un comme l’autre, même si c’est différemment, opprime » explique la chorégraphe.

Le Bal moderne conviera le public à une grande expérience chorégraphique en clôture de cette première édition de Dans(e)


Musiques

9

Chansons en Herbe aux Tanzmatten Samedi 21 mai - 20h : Matskat - 21h15: Eric Toulis

Le festival Chansons en Herbe est de retour pour une nouvelle édition toujours placée sous le signe de la scène française. Si la soirée d’ouverture avec Zaz affiche d’ores et déjà complète, d’autres artistes sont à découvrir durant ce festival de la chanson à l’image de Daphné et Eric Toulis.

Changement d’ambiance le samedi avec Eric Toulis. Avec son contrebassiste Brahim Haïouani, le chanteur fait bien plus que chanter. Après dix années passées à tourner avec son groupe Les Escrocs, Eric Toulis poursuit l’aventure en solo au moyen d’une chanson pleine d’humour, à la limite du sketch parfois. Entre ses origines bretonnes et kabyles, Eric Toulis n’a pas choisi et pratique une musique métissée à l’image de son morceau bien nommé Loukoum et camembert... Entre balancements jazzy, swing et piano bar. En première partie, on découvrira Matskat, originaire d’Alsace.

Jeudi 19 mai - 20h : Karimouche 21h15 : Zaz - COMPLET

On ne présente plus Zaz qui squatte les ondes depuis près d’un an à présent, et dont l’ascension a été fulgurante. Elle viendra interpréter sur la scène des Tanzmatten son fameux Je veux accompagné de ses autres morceaux. En première partie elle sera précédée par une autre toute jeune chanteuse, Karimouche. Voici encore un petit bout de femme qui a de la voix et n’a pas peur de la pousser. Karimouche – alias Carima – va puiser ses influences à des sources diverses, de Léo Ferré à Björk. Karimouche a été par ailleurs comédienne et cela s’entend lors de ses prestations scéniques survoltées. On pense parfois à Carmen Maria Vega pour la fougue et le second degré exploités à plein régime. Son premier album Emballage d'origine sorti l’année dernière lui ressemble, distillant ses textes poétiques sur des arrièresplans en beat boxing, jolie poésie qui se mêle aux sons traditionnels du hip hop.

Vendredi 20 mai - 20h : Marie Espinosa - 21h15 : Daphné Daphné vient de publier son dernier opus, Bleu Venise, un album aux airs de voyage où l’on retrouve toute la sensibilité de la chanteuse. Daphné remporte le Prix Constantin en 2007 avec son deuxième album Carmin qui la fait connaître à un large public. Après

- Manu Gilles, Sébastien Marais -

Chansons en Herbe, Les Tanzmatten, Sélestat, du 19 au 21 mai – www.tanzmatten.fr

Daphné

Marie Espinosa

l’émeraude et le carmin, voici donc le bleu. Bleu Venise de préférence, exprimant une douce mélancolie tout au long de ces treize titres intemporels. Les arrangements de Larry Klein enveloppent les compositions dans un écrin soyeux – à l’image de cette belle Mélodie à personne -. C’est aussi à Larry Klein que l’on doit les ambiances joliment jazzy, lui qui a travaillé auparavant avec Melody Gardot et Madeleine Peyroux. Doux balancements de Moi plus vouloir dormir seule ou inflexions sombres et burtoniennes de The Death Of Santa Claus. Tantôt « lascive et lassée », pour reprendre les paroles du langoureux Oublier la ville, tantôt mutine – L’Homme à la peau musicale - Daphné promet une soirée particulièrement riche en émotions. Pour l’accompagner en première partie,

Marie Espinosa. L’artiste qui a commencé sa carrière sur les planches - elle a notamment chanté à l'Opéra de Paris – a sorti son premier album La Démarrante en 2010. Encore peu médiatisée, elle produisait pourtant avec cet opus inaugural quelques chansons d’amour contemporaines où ressortait sa personnalité, « charmante jeune fille de 25 ans » comme elle le chante elle-même, qui se dévoilait un peu le long de ces frêles compositions souvent irrésistibles, parfois pétillantes, nourries de concision et de folk anglaise, muries à l’ombre de Jane Birkin et Françoise Hardy. L’artiste à la formation somme toute classique – piano et chant lyrique – sait aussi évoluer dans un contexte pop folk qui sent bon la French touch allant de Gainsbourg à Barbara.

Eric Toulis


Théâtres

10

Les Soeurs Mézière aux TAPS

en

e rb e h s n o s n Cha ANÇAISE 2011

FESTIVAL CHANSON FR

Les

Les Taps accueillent fin mai la première mise en scène de Thierry Simon, auteur, enseignant et animateur d'atelier-théâtre en Alsace. Il nous présente trois sœurs qui cachent de lourds secrets. Dans leur cave, les deux sœurs Mézière, Jeanne et Marie, s’adonnent à une bien étrange occupation : elles découpent de la viande qu’elles stockent dans des congélateurs. Leur soeur cadette, disparue depuis des années, revient enfin à la maison. A la manière d’une enquête, la plus jeune des sœurs tente de démêler l’écheveau des mystères familiaux. Car l’enfance des trois sœurs fut pavée de malheurs. Les Sœurs Mézière est une expérience particulière pour l’auteur. Thierry Simon a souhaité écrire une fable, un récit construit, partant d’une comédie mais croisant les registres. « Notre équipe a été séduite par cette

oeuvre originale, qui brasse pas mal de thématiques tantôt avec tendresse, tantôt avec un humour noir et féroce. Nous lui prédestinons un bel avenir », soulignent les éditions Lansman où est édité le texte. L’histoire des Sœurs Mézière recèle notamment le secret d’un inceste. « Au final c’est comment des personnages qui ont été chahutés, ballotés, durement secoués par la vie arrivent à s’en sortir », explique Thierry Simon. Comme avec le rituel du jeu constamment renouvelé dans Les Bonnes, les sœurs Mézière parviennent, dans leur cave, à surmonter leur drame d’enfance, canalisant les démons qui les taraudent. Jeanne et Marie, en découpant patiemment leurs morceaux de viande, investissent un espace symbolique qui les aide à vivre.

Les Sœurs Mézière, Taps Gare, Strasbourg, du 24 au 29 mai – www.taps.strasbourg.eu

Le mercredi 11mai à 20h à l’Opéra de Strasbourg aura lieu la première de L’enlèvement au sérail de Mozart. L’Orient s’invite à l’Opéra national du Rhin par l’entremise de l’une des plus célèbres turqueries du compositeur. Le jeune metteur en scène belge Waut Koeken signe l’adaptation de l’œuvre, en compagnie de Rinaldo Alessandrini qui dirigera l’orchestre.

Zaz

19 MAI 20H

ET

PL COM

+ Karimouche

Daphné

20 MAI 20H

+ Marie Espinosa © Gérard Amsellem

L’enlèvement au sérail est considéré comme le premier chef d’oeuvre lyrique en langue allemande de Mozart. Le compositeur concevait ici une œuvre sensuelle et vivace, brève mais amplement fournie qui annonçait les grands opéras de la maturité. L’enlèvement s’inspire en effet grandement de la vogue orientaliste au XVIIIe siècle qui a fait souffler un vent baroque sur tous les arts. Derrière le marivaudage, il existe un deuxième degré de lecture que Waut Koeken souhaite exploiter en mettant en valeur les mots et les situations. Pour aller au-delà du cliché de l’orientalisme, il s’inspirera de la Vienne du XVIIIe siècle pour faire ressurgir tout l’attrait que l’Orient pouvait inspirer aux

Sélestat

- Bertrand Demornieux -

Die Entführung aus dem Serail à l’ONR

Ce Singspiel en trois actes de Wolfgang Amadeus Mozart, sur un livret de Gottlieb Stephanie Jr. d’après Bretzner, a été créé au Burgtheater de Vienne le 16 juillet 1782. Dans cette nouvelle production, nous suivrons Konstanze, jeune aristocrate espagnole faite prisonnière par des pirates. Sa servante Blonde et Pedrillo, le fiancé de cette dernière, l’accompagnent. Vendue au Pacha Selim, Konstanze devient l’objet de convoitise de ce dernier. Le fiancé de Konstanze, Belmonte, se rend chez le pacha pour délivrer sa promise même s’il doute des sentiments de cette dernière...

Tanzmatten

Laura Aikin interprétera Konstanze occidentaux de l’époque. L’une des tâches sera d’exprimer ce « mélange de barbarie et de raffinement, la cruauté alliée à un excès d’élégance du comportement » comme le souligne le metteur en scène. Pour exprimer le lien étroit mêlant orient et occident, des cadres transparents laisseront apparaître des décors arabisants. La scénographie privilégiera la poésie et l’imaginaire mais aussi la figure mozartienne du double.

Eric

Toulis

21 MAI 20H

+ Matskat + Le Duo

28 MAI 20H30

du Pavé

MJC Le Vivarium - Villé

- Paul Sobrin -

Die Entführung aus dem Serail, du 11 au 21 mai à l’Opéra de Strasbourg, du 29 mai au 2 juin à La Sinne de Mulhouse www.operanationaldurhin.eu

Renseignements et réservations : 03 88 58 45 45 / tanzmatten@ville-selestat.fr Location réseaux Fnac et Ticketnet


Danses

11

Festival Nouvelles à Strasbourg Le festival dédié à la danse contemporaine de Pôle Sud revient cette année. Nouvelles, c’est son nom, conviera une fois encore de nombreuses compagnies qui viendront présenter leur travail, avec une place importante faite à la création et à la performance.

La Ribot - PARAdistinguidas 18 et 19 mai à 20h30

Le festival poursuit son exploration des chemins qui font rimer danse et performance. Les artistes que la structure a accueillis en résidence y tiendront une bonne place à l’image de La Ribot qui a préparé à Strasbourg sa nouvelle création. La Ribot illustre avec à propos ce chemin parallèle qu’empruntent certains chorégraphes vers la performance. Remettant en question le cadre de l’œuvre dansée, elle a par le passé créé 34 solos très courts - d’une durée de 30 secondes à 7 minutes –, la danseuse mettant en vente ces courtes pièces, chacune à l’attention de collectionneurs qui possèdent à présent cette œuvre immatérielle. A Pôle Sud, La Ribot a travaillé à une réorganisation de ces solos juxtaposés et enchaînés, qui sont à présent interprétés par un groupe de danseurs : cinq interprètes et vingt figurants apportant un autre relief au travail de la chorégraphe.

Trajal Harrell - Twenty Looks or Paris is Burning at the Judson Church 27 mai à 22h

Le new-yorkais Trajal Harrel proposera quant à lui une conjonction atypique entre le Voguing et la Postmodern dance. Le Voguing trouve son origine dans le Harlem de la fin des années 60, lorsque les danseurs pastichaient la gestuelle des mannequins et des stars glamour d’Hollywood. La Postmodern dance

La Ribot

Trajal Harrell venait quant à elle en opposition aux canons chorégraphiques de l’époque, danse réaction là encore pour explorer d’autres univers dansés.

Danse et performance

La notion de performance reste donc une dimension centrale du festival, et plusieurs artistes montreront comment la danse et la performance peuvent collaborer, se mêlant au théâtre, à la musique et aux arts plastiques. Pour cela un partenariat s’est mêlé avec le Frac Alsace, afin de mettre en place des « journées particulières » durant lesquelles Xavier Furlan, Fanny de Chaillé entre autres artistes envisagent le spectacle dansé de différentes manières, le plaçant dans des cadres différents, des chorégraphies souvent en marge d’autres disciplines, expérimentations sur le temps et l’espace.

Le Cirque Plume à Epinal Le Cirque Plume plante son chapiteau à Epinal. Le nouveau spectacle de la troupe originaire de Besançon s’attache cette fois à explorer l’atelier d’un peintre. Sur une partition originale de Robert Miny, Bernard Kudlak compose une toile drôle et poétique, où prennent vie les couleurs et les outils du peintre. En bons représentant du nouveau cirque, le Plume mêle danse, musique, poésie et comédie mais aussi ombres chinoises. L’atelier du peintre nous transporte également dans les univers de grands manieurs de pinceaux tels Ingres, Miro, Picasso entre autres génies. Certains chefs d’œuvres sont revisités au clair d’une lune souriante comme dans nos contes d’enfants. Dans ce spectacle à l’inventivité certaine, les nez rouges se peignent à la gouache et la musique se joue sur des mannequins et du verre, du classique au contemporain. Les clowns se voient forcément attirés par le dripping qui consiste à lancer des gouttes d’eau sur la toile... Les numéros de voltige, sangles aériennes, magiciens, trampoline se succèdent… Habitué à revisiter des univers variés et y imprimer sa marque – l’opéra, l’eau… -, le Cirque Plume se consacre à présent à l’élément peinture. La musique jouée en direct ponctue instants poétiques ou plus physiques, acrobaties et effleurements, caresses et pitreties de clowns. Le public forcément familial y trouvera son compte qu’il soit ou non familier de l’histoire de l’art. L’Atelier du peintre pourrait même constituer une belle porte d’entrée sur le monde de la peinture. Depuis 1984, Plume milite pour un cirque populaire et éclairé, et en donne une nouvelle

Nouvelles est bel et bien un festival de création. Plusieurs chorégraphes auront l’occasion de présenter leurs nouvelles pièces à Pôle Sud comme Thierry Baë. Dans Je cherchai dans mes poches, il mêle étroitement musique et danse. Il a invité un musicien, Benoît Delbeck, qui sera sur le plateau avec lui, en compagnie de deux autres danseurs, travaillant sur leurs expériences personnelles pour concevoir le spectacle. Les thématiques seront variées, des différentes formes de représentation de l’identité nationale avec Exposition universelle de Rachid Ouramdane à l’univers des rock critics avec la « Gonzo Conférence » de Fanny de Chaillé. Alain Buffard traitera quant à lui des asservissements établis par nos sociétés modernes, à travers une chorégraphie rude et rigoureuse. Signalons également Parade #1 par la Compagnie Mistral et Leila Bessahli. Cette dernière a travaillé avec des danseurs professionnels mais aussi de jeunes amateurs des différents quartiers de Strasbourg. A l’îlot Malraux, le

résultat d’un parcours pédagogique et de création sera proposé sous forme de parade chorégraphique le 21 mai à 17h. Les propositions des artistes iront aussi se frotter à d’autres cultures, de la danse japonaise du Butô avec Xavier Le Roy au mythe hollywoodien de James Dean avec le new-yorkais Michel Gutierrez. Et comme souvent, la danse contemporaine aura une nouvelle fois l’occasion de poser également un regard distancié sur ellemême comme avec Gravel Works de Frédéric Gravel, qui fustige ironiquement l’élitisme des avant-gardes, démontant le processus d’un spectacle de danse, mêlant vraies recherches et divertissement. Une démarche qui peut s’appliquer au festival Nouvelles dans son ensemble. - Sophie Choffant, Amandine Mannier -

Festival Nouvelles – Danse Performance, du 18 au 28 mai, divers lieux de Strasbourg – Programme complet : www.pole-sud.fr

es sc ène. s. . é bvuol l i tsi o ngc u l t u r e l l e Présente

Mercredi 15 juin au Samedi 18 juin à 20h30 Dimanche 19 juin à 16h Mercredi 22 juin au Samedi 25 juin à 20h30 Dimanche 26 juin à 16h

preuve – s’il en fallait encore – dans ce nouveau spectacle, création collective dans la grande tradition du cirque bisontin. Les tableaux se succèdent, au sens propre comme au sens figuré pour une fois ! Dans cet atelier du peintre un peu spécial, les odalisques côtoient les clowns, les sculptures prennent vie et les couleurs sont reines. - Gilles Bloin -

L’Atelier du peintre, par le Cirque Plume, Scènes Vosges, Epinal, du 15 au 26 juin www.scenes-vosges.com

Spectacle sous chapiteau Petit Champ de Mars - Epinal


Ouvrez les yeux

12

Jean-Pierre Sergent au Musée des Beaux-Arts de Mulhouse Du 9 avril au 29 mai, Jean-Pierre Sergent présente plusieurs de ses oeuvres au Musée des Beaux-Arts de Mulhouse. L’artiste propose notamment l’accrochage inédit de nouvelles œuvres créées durant l’été 2010, un périple dans différents univers, entre New York et Besançon, les deux lieux de résidence de JeanPierre Sergent, mais aussi l’Inde et le Japon. Avec Mayan Diary, Jean-Pierre Sergent fait bien plus qu’enjamber l’Atlantique, nourrissant son travail de cultures multiples. Pour sa dernière série de tableaux, l’artiste s’est plongé dans la philosophie indienne, la mêlant à ses autres sources d’inspiration, une nouvelle exposition prolongeant un premier travail effectué entre 2001 et 2003. Mayan Diary est une série d’images sérigraphiées sur plexiglas. Leur format carré et unique permet de les combiner de différentes manières. De nouvelles œuvres qui viennent s’ajouter au « work in progress » de l’artiste. L’occasion d’en apprendre plus sur son parcours. Le travail de Jean-Pierre Sergent frappe à la fois par la juxtaposition de couleurs vives et de motifs multiples. Les signes, que le peintre place sur ses toiles recouvertes la plupart du temps de plexiglas, sont divers, empruntés à plusieurs civilisations, du Mexique à l’Inde, en passant par le Japon. L’art du bondage japonais, cette culture de l’érotisme qui comporte une dimension sacrée comme le précise Jean-Pierre Sergent, revient souvent dans son travail. Il y fait référence à travers les dessins issus de mangas qu’il reproduit, mêlant ces références à d’autres signes culturels: l’art urbain du graffiti, le Yantra, support visuel de la méditation hindoue, « des cultures qui

Large papers : 2007/2010, acrylique sérigraphié sur Papier Rives BFK 1,20 x 1,07 m ont disparu ou vont disparaître » souligne l’artiste. Cernés par les signes, les corps, féminins la plupart du temps, participent de cette énergie émanant des œuvres. Jean-Pierre Sergent juxtapose époques et civilisations. On peut bel et bien parler de choc culturel dans la mesure où les sociétés qu’il nous présente, pré-industrielles, n’existent plus que dans les documents historiques… ou dans l’art. Choc culturel aussi puisque les motifs figuratifs de Jean-Pierre Sergent sont pris dans un mouvement pour le moins contemporain: celui de la saturation des informations. Foisonnant syncrétisme culturel et visuel.

Mayan Diary : 2007/2010 acrylique sérigraphié sur Plexiglas, 1,40 x 1,40 m Le réseau très dense de motifs, de couleurs et de trames, tisse une œuvre invitant à une transe chamanique, faisant se côtoyer plusieurs mondes, plusieus dimensions. Mayan Diary invite pourtant également à la contemplation, pour plonger dans le foisonnement visuel orchestré par Jean-Pierre Sergent. Parallèlement à d’autres oeuvres, on pourra voir la pièce principale de l’exposition qui est une double rangée de 20 toiles de plexiglas, de format carré, réunies pour l’occasion. Une œuvre monumentale - hauteur 2,10 m, longueur 10,50 m - et modulable, créée spécialement pour l’exposition du Musée des Beaux-Arts. - Dominique Demangeot -

Mangas, yantras y otras cosas : 2009/2010, acrylique sérigraphié sur Papier Rives BFK, 0,25 x 0,25 m

Mayan Diary, exposition de Jean-Pierre Sergent, Musée des Beaux-Arts de Mulhouse, du 9 avril au 29 mai - Rencontre avec l’artiste : dimanche 29 mai 15h Ouvert du lundi au dimanche (sauf fermeture le mardi) de 13h à 18h30 www.musees-mulhouse.fr www.j-psergent.com


Ouvrez les yeux

13

Le paysage à l’honneur à Strasbourg et Colmar Au Palais Rohan, des peintures, dessins et estampes issus des collections du Musée des Beaux-Arts, du Musée d’Art moderne et contemporain et du Cabinet des Estampes et Dessins, sont exposés du 26 mars au 15 août. Un parcours à travers le paysage européen et ses modes de représentation depuis la période romantique jusqu’au milieu du XXe siècle est proposé. Qu’ils soient rendus avec le plus grand réalisme ou sous un angle subjectif, les paysages ont toujours quelque chose à nous dire. On retrouvera Corot, Monet, Sisley, Courbet entre autres maîtres qui ont chacun donné leurs propres visions de la nature. L’exposition permet de suivre l’évolution du traitement du paysage au gré des époques et des techniques. Près de 80 tableaux classés par thème sont mis en résonnance. Une programmation de films à l’Aubette 1928 est proposée en parallèle, l’occasion de porter sur l’exposition un regard contemporain. On pourra également voir ces projections à l’Auditorium des Musées et au cinéma Le Star. Un cycle de conférences est en outre donné à l’Auditorium des Musées. Si l’exposition commence sur le thème de la fenêtre, pour nous rappeler que le paysage est notamment affaire de perspective, la suite nous donne à voir l’évolution de la place du personnage dans le tableau. Les différents genres sont abordés : femmes nues, jardin… La ville n’est pas absente puisque l’élément urbain est un paysage à part entière, certes bien éloigné des scènes de nature, mais qui possède également sa composition, son équilibre, ses couleurs et ses motifs. Il existe également un genre où se mêle nature et architecture : les scènes de ruines où la végétation a repris ses droits sur les constructions à l’abandon. L’élément liquide est aussi très présent dans des contextes divers, scènes rurales auxquelles le XIXe siècle apportera de

Paysage avec maisons, Otto Dix, 1916 Gouache sur papier; 27 x 29,5 cm, Strasbourg, Musée d'Art moderne et contemporain, Cabinet d'art graphique © ADAGP Paris 2011. Photo : A. Plisson Étude de troncs d’arbres - Théodore Rousseau, Étude de troncs d’arbres, 1833 Huile sur toile, 46 × 61 cm, Strasbourg, Musée des Beaux-Arts. Photo : M. Bertola grands bouleversements, notamment avec les Impressionnistes. L’arbre sera également abordé comme un autre thème clé du paysage, traité là encore de manière académique et réaliste ou détourné, réinterprété à loisir.

Galerie Heitz D’après nature : les oeuvres graphiques Cette seconde exposition s’attache aux études en plein air, lorsque l’artiste au XVIIIe siècle part saisir des instants de nature « en direct » pour remplir sa composition une fois rentré à l’atelier. Vers le milieu du XIXe siècle en Angleterre et en France en 1878 – date

Le Goût de la Nature, Musée des BeauxArts et Galerie Heitz – Palais Rohan, Strasbourg, du 26 mars au 15 août www.musees.strasbourg.eu Dans le même temps, le Musée Unterlinden à Colmar accueille quant à lui l’exposition « L’Alsace pittoresque. L’invention d’un paysage 1770 – 1870 » jusqu’au 26 juin. Des actions de médiation commune seront proposées. www.musee-unterlinden.com

de la création de la Société des Aquarellistes français -, le dessin et l’aquarelle deviennent des disciplines à part entière. Le romantisme bénéficiera en particulier de cette nouvelle technique, mettant en valeur les ruines et les cascades, ou créant à partir de la réalité un ailleurs fantasmé et idéal. Les impressionnistes feront évoluer cette démarche en tentant de reproduire les sensations que leur inspirent les paysages. A leur suite les Fauves en France et les Expressionnistes en Allemagne transcendent encore la réalité en exagérant ses couleurs, ouvrant ainsi la voie au modernisme. - Paul Sobrin -

Anselm Kiefer au Musée Würth C’est un artiste engagé que se propose de nous faire découvrir en ce moment le musée Würth. Fréquentant les académies de Fribourg-en-Brisgau, Karlsruhe et Düsseldorf, Anselm Kiefer est un artiste allemand majeur de l’après-guerre. Une exposition lui est consacrée jusqu’au 25 septembre à Erstein.

L’exposition se focalise sur trois thématiques: paysage héroïque, poésie et cosmogonies, qui sont aussi trois notions clés de l’univers de l’artiste. dénoncer. « Il fallait que je fasse un petit bout de chemin pour comprendre la folie » déclarera l’artiste qui s’était photographié dans de grandes villes européennes pour alerter l’opinion publique sur la résurgence possible du nazisme.

Issues de la collection Würth, les œuvres présentées vont des premiers travaux aux œuvres récentes. Le Professeur Reinhold Würth, fondateur du groupe Würth et collectionneur, a réuni en particulier quelques grands ensembles de Kiefer. L’exposition se focalise sur trois thématiques: paysage héroïque, poésie et cosmogonies, qui sont aussi trois notions clés de l’univers de l’artiste. Les œuvres de jeunesse témoignent de la difficulté d’être un artiste allemand dans les années 1960 et 1970, en partie en raison du destin de l’Allemagne après la seconde guerre

© José Da Cruz/Musée Würth France Erstein

Anselm Kiefer affectionne la matière, toutes les matières, de la terre aux cheveux, en passant par la cendre. C’est elle qui confère à son oeuvre sa couleur et son corps. Prenant appui sur quelques-unes des œuvres fondatrices de l’identité allemande, ses grandes figures philosophiques et littéraires, Anselm Kiefer fait partie de ces artistes qui vont redéfinir l’identité dévastée du peuple allemand après le nazisme. Il mêle notamment les grands poètes allemands à ses œuvres, en particulier ceux qui ont traité de la Shoa.

mondiale, son démantèlement et sa mise au ban. L’objectif de Kiefer est alors de détourner en quelque sorte le mouvement vicieux généré par le régime nazi, qui a récupéré à son compte nombre d’œuvres artistiques, qu’elles soient plastiques, littéraires, philosophiques et musicales à l’image de Wagner et Nietzsche. L’art est aussi là pour dissiper l’épais brouillard qui a suivi la défaite alle-

mande. Anselm Kiefer orchestre des signes divers, plus ou moins signifiants, livres poussiéreux, fossilisés comme le fut la pensée allemande après l’indicible de la seconde guerre mondiale, La série de tableaux « Symboles héroïques » nous montre un Kiefer parcourant l’Europe, courant après le spectre nazi pour mieux le

On peut admirer également plusieurs œuvres monumentales réalisées entre 1990 et 2010, constructions saturées de matières diverses. Ce chaos qu’il orchestre dans ses œuvres reflète le bouleversement idéologique de l’après-guerre. Anselm Kiefer superpose, juxtapose, dissimule, recouvre, si bien que ses œuvres, en particulier les pièces à grande échelle, ont toujours quelque chose à dire, à faire ressentir, à questionner, comme ces constellations d’étoiles désignées par des numéros qui nous donnent le vertige mais invitent aussi à la contemplation. L’art qui invite à ressentir mais aussi à réfléchir. - Marc Vincent -

Anselm Kiefer dans la collection Würth, Musée Würth, Erstein, jusqu’au 25 septembre - www.musee-wurth.fr


Chroniques CD

L’album du mois

14

POP ROCK

INDIE POP

The Dears Degeneration Street (V2)

Julien Doré

Les canadiens produisent un cinquième album varié dans les ambiances et les styles, qui se tient pourtant au niveau de l’unité sonore. Pas vraiment de point commun stylistique en effet entre Unsung - pop rock bien dans l’air du temps – et Easy Suffering - plus dans une mouvance américaine à la Springsteen -. The Dears ne font pas mentir leur réputation d’arrangeurs hors pair. La production est toujours aussi léchée et Tony Hoffer – The Kooks, Suede, Phoenix, Air – est sans conteste passé par là. Degeneration Street reste un album de haute facture. Le groupe n’est pas avare en arrangements et certains titres comme Thrones paraîtront surproduits à certains tandis qu’il rappellera à d’autres les grandes heures de Pulp. The Dears sont tout aussi convaincants lorsqu’ils ralentissent le tempo comme sur Lamentation, hésitant entre légèreté des choeurs et batterie massive. Galactic Tides est un space rock aux réminiscences western spaghetti, parfois emphatique. Mais The Dears sont aussi capables de composer des morceaux très rock irrésistibles comme Stick With Me Kid et son riff de guitare entêtant. Un album qui va peut-être asseoir enfin leur réputation de groupe majeur de l’indie pop au-delà des frontières canadiennes. Ils le méritent en tous cas. - Sébastien Marais -

Neveu surdoué de Philippe Katerine, en plus raffiné, conviant dans la même chanson le clown de Bergman et Régine -, Julien Doré produit une nouvelle galette pétrie du second degré qu’on lui connaît. Toujours accompagné du très intéressant Arman Méliès à la composition, le chanteur à minettes dadaïste affirme son art d’une musique en équilibre entre pop éclairée – BB Baleine en duo avec l’égérie Françoise Hardy - et variété kitchissime. Baie des anges nous transporte d’emblée dans les eaux de la toute jeune génération – Fleurent-Didier, Baupain, Biolay -, french pop gentiment mélancolique, versant parfois dans l’électro – Vitriol -. Le dernier quart de l’album est joliment serti de l’irrésistible Homosexuel et d’un ultime duo déchirant avec la sémillante Biyouna. Les textes sont au rendez-vous comme sur Glenn Close trainant sa langueur mélancolique. Un second disque présente Doré collaborant avec The Bash qui n’est autre que le groupe l’accompagnant sur scène. Cinq titres entre rock sous progestérone et ballades claires – The Wall avec Mélanie Pain en invitée de marque - qui montrent de quoi sont capables Doré et ses compères dans des contextes plus « anglo-saxons » à l’image du puissant Brown Ears qui clôt l’album. - Dominique Demangeot -

HIP HOP

ROCK

Bichon

(Columbia)

Stupeflip The Hypnoflip Invasion (Etic System)

Austerlitz

Stupeflip réaffirme son évangile d’un hip hop percutant et en décalage constant. Flip, Pop-Hip et King Ju ont concocté quelques hymnes pastiches qui fleurent bon les années 80 comme les bombinettes dancefloor Gaëlle et Ce petit blouson en daim [sic], hommages assumés à Gotainer et autres grandes figures des eighties passées à la moulinette d’une pop ballade régressive. Stupeflip sait aussi tracer des parallèles comme dans La menuiserie, morceau quelque peu schizophrène il est vrai, qui relate cependant dans son style tout particulier ce qu’est le hip hop. On retrouve le mélange qui est la marque de fabrique de Stupeflip : un cocktail de punk, de hip-hop et d’électro. Stupeflip vite !!! démarre sur les chapeaux de roue avec un hip hop nerveux et toujours aussi contestataire sans tomber dans les clichés. Lettre à Mylène est une déclaration d’amour de King Ju à Mylène Farmer, trop solennelle pour être honnête. Le groupe a également tendance à aller se refugier parfois dans l’univers ludique de l’enfance comme lorsqu’il parle des crayons Titi. Comme une invitation à entrer dans leur univers si particulier. - Manu Gilles -

Austerlitz est groupe de rock parisien à l’énergie communicative. Enigmatique jusqu’à la pochette de leur premier album autoproduit, le groupe ne dévoile pas grand-chose sur ses différents profils internet, on sait juste qu’il revendique l’asymétrie dans sa musique. Cet album éponyme envoie le bois dès les premières notes de Wurlitzer (Walking Into The Fire). On pense à un morceau d’Electric Light Orchestra joué par Phoenix. Des rythmes francs et bousculés, des guitares ascérées, il y en a beaucoup sur ce disque qui n’a pas été enregistré pour aller faire la sieste. Avec cette touche heavy metal 80’s, ce son parfois cradingue et brouillon mais certainement revendiqué, comme du Strokes sans les manières, Seattle Town est une des réussites du disque. Certains titres bénéficient d’une production plus electro, évoquant Tahiti 80, Dax Riders ou bien même Alister (Stay In Line). Elle est donc là, cette asymétrie dont parlent les membres d’Austerlitz, dans le refus d’un format prédéfini par l’époque et dans le mélange des styles. Et même si la recette ne fonctionne pas sur l’intégralité de l’album, il faudra compter sur ce nouveau groupe.

Austerlitz

(autoproduction / Zimbalam)

- Simon Grangereau -

FOLK

Sea Of Beas Songs For The Ravens (Heavenly Recordings) L’indie folk de Julie Baezinger nous transporte dans des paysages bucoliques, musique printanière à la partition légère et ensoleillée. On a envie de la suivre sur un Skinnybone aérien même si la batterie derrière, que ne renierait pas Arcade Fire, garde notre attention soutenue. Wizbot nous démontre combien l’artiste maîtrise l’art de l’arrangement, l’un des sommets de l’album où chaque instrument fait son entrée au fur et à mesure. A la fois simple et brillant. Après un premier EP, la californienne confirme tout le bien qu’on pouvait penser d’elle. Parfois Julie laisse un peu plus de marge à l’électricité comme dans Marmalade à la lourdeur inhabituelle ou Sidepain plus nerveux, mais l’ensemble nous fait nous sentir à l’aise comme dans un chalet paumé au fond du Wisconsin. C’est ce chant en retrait, tutoyant joliment les aïgus, qui fait toute la sève de ces chansons pour corbeaux au charme indéniable, empreintes de naïveté. Julie joue de tous les instruments sur cet album. De fait, aucun ne se détache véritablement mais le charme provient aussi de l’économie des orchestrations, insufflant une candeur solaire à ce premier album. - Dominique Demangeot -

POP

Jenny And Johnny I’m Having Fun Now (Warner Brothers) Est-ce pour conjurer la pluie glaciale de décembre dans le Nebraska – ou a été enregistré l’album – que Jenny and Johnny ont produit ces onze titres réchauffés au soleil californien ? Le titre est sans équivoque. Jenny and Johnny sont des bons vivants. Vivre ici et maintenant, si possible avec l’océan à quelques mètres. Ces deux-là étaient faits pour se rencontrer. Leurs voix aussi, qui s’entrelacent de belle manière sur Switchblade – le fantôme du toujours vivant Brian Wilson n’est pas loin - et autres morceaux véhiculant la magie des sixties, rock hédoniste mâtiné de pop californienne. J & J maîtrisent leur sujet comme semble l’annoncer Animal qui a tout du single assassin : harmonies au top, guitares claires, midtempo irrésistible, gorgé de soleil comme un pamplemousse bien mûr. New York Cartoon en rajoute lui aussi dans les arrangements brillants et les guitares, lorgnant vers une country légère lorsque d’autres morceaux partent dans des trips plus hippies. La lente valse de While Men Are Sleeping nous précipiterait bien en effet dans les bras de Morphée, tandis que Big Wave vous donne envie d’aller tester le dernier spot en vue, quand bien même seriez-vous unijambiste. - Dominique Demangeot -

SOUL FUNK RAGGA

Selah Sue

The Debut Album

(Because) N’allez pas tenter de dénicher Selah Sue dans un quartier de Londres. La jeune fille est belge même si on ne trouve pas une once du plat pays dans ce premier album parcouru d’un groove affolant. Selah a dû passer une bonne partie de sa courte vie à écouter en boucle Erykah Badu, Curtis Mayfield et Prince. Elle est parvenue à synthétiser avec talent plusieurs courants, hip hop moderne et tradition Funk – le très mayfieldien Fyah Fyah, titre monstrueux de groove -. La sincérité du chant transparait tant en acoustique – le lumineux Raggamuffin – qu’en mode ragga – Crazy Suffering Style -. Certains morceaux nous rappellent que Selah a aussi navigué dans les eaux du Dubstep avec son ancien groupe Addicted Kru Sound. La production n’omet quant à elle aucun détail. Des titres plus ornementés sont aussi de la partie – Summertime joliment pop aux entournures. Un album entre ballades soul et raggamuffin, sans oublier une once de rock et de funk pour ajouter du liant à tout cela. On retrouve aussi sur cette première livraison studio le titre Please, en duo avec Cee-Lo Green qui figure aussi sur l’album de ce dernier. Un complément à la carte de visite plutôt flatteuse de la jeune artiste, découverte par Milow en 2008 et produite par Patrice. - Sébastien Marais -

POST PUNK

Chapel Club Palace

(Polydor) Albion la perfide nous envoie régulièrement de nouvelles formations reprenant le flambeau de la New Wave. Au Royaume-Uni, l’histoire du rock s’écrit dans les salles et dans les stades. Ils seront sûrement nombreux à reprendre en chœur les paroles du refrain de Dream A Little Dream Of Me des Mamas And Papas, rencontré contre toute attente au début de Palace. Leur new wave, Chapel Club la mêle à des couleurs bruitistes, lorsque les guitares s’étirent à la faveur de quelques solos noisy d’une belle concision – Paper Thin qui clôt l’album en toute beauté. After The Flood, White Night Position, All The Eastern Girls sont d’efficaces machines de guerre qui confèrent un réel impact à la galette. Lewis Bowman porte à merveille les textes. A partir de The Shore le tempo se fait plus pesant, la voix plus alanguie et l’on retrouve les couleurs traditionnelles de formations qui ont fondé la new wave à la fin des années 70, des Smiths à Echo and the Bunnymen. Si Chapel Club s’inscrit dans la lignée de groupes qui ont eux aussi clairement défriché le chemin vers les eighties – Editors, Glasvegas entre autres -, il semble bien décidé à imposer son identité sur la scène rock en ce début de décennie. - Dominique Demangeot -


Créations

Trilogie russe Stravinsky et Prokofiev autrement

Le Sacre du printemps (SDP) Garry Stewart Chout Virginia Heinen Le Baiser de la fée Michel Kelemenis

Mulhouse, La Sinne 13, 14 mai 20 h 15 mai 15 h Colmar, Théâtre municipal 21 mai 20 h Strasbourg, Opéra 1er, 3, 4, 7 juin 20 h 5 juin 15 h

www.operanationaldurhin.eu

Diversions Alsace mai 2011  

Journal culture actualite tourisme

Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you