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Aire Urbaine mensuel gratuit

#30 janvier 2011

Alsace

culture - sorties - société - tendances

Festival Décalages - Momix, les 20 ans du festival La Bibliothèque humaniste de Sélestat - Ciné-concert à Bischheim - Art Mengo au Point d’Eau - Histoire dans l’air aux Tanzmatten - Christine Ott à Schiltigheim - L’Europe centrale à l’honneur à l’OPS - Ruy Blas au PréO Mon histoire du théâtre à La Filature - Le jardin de Beamon Mary Stuart et Ciseaux, papier, caillou au TNS - Romanze à Pôle Sud - Politrics, le dessin politique de Tomi Ungerer

+ Agenda des sorties p.4 / Chroniques CD p.14 + sorties Cinéma p.15


diversions-magazine.com

cultures sorties société tendances

#30

janvier 2011

AGENDA - 4 REPÉRAGES - 6

Festival Décalages Momix - Les 20 ans du festival La Bibliothèque humaniste de Sélestat

MUSIQUES - 8

Art Mengo au Point d’Eau Christine Ott à Shiltigheim L’Europe centrale à l’honneur à l’OPS

THÉÂTRES - 10

Ruy Blas au PréO Mon histoire du théâtre à La Filature Le jardin de Beamon

Ciné-concert à Bischheim

Mary Stuart et Ciseaux, papier, caillou au TNS

CHRONIQUES CD- 14 CINÉMA - 15

DANSES - 13

Virginia Heinen à Pôle Sud

OUVREZ LES YEUX - 13

Politrics - Le dessin politique de Tomi Ungerer

Exposition à Sainte-Marie-aux-Mines Amish-Mennonites en Val d’Argent 1693

Quatre expositions à voir au festival Momix Heureuses lueurs, alusions d’optique Si le festival Momix est dédié au spectacle jeune public, il proposera également plusieurs expositions pour le plaisir des yeux. L’occasion de rencontrer ainsi les étonnantes machines confectionnées par Philippe Lefebvre, alias Flop, du collectif ZUR. Le plasticien nous dévoile ses constructions ludiques stimulant l’imaginaire, construites à partir de matériaux de récupération.

Du 26 janvier au 8 février Les Sheds - Kingersheim

Photos de famille L’exposition Photos de famille nous donne à voir les œuvres de Bekir Aysan, Henri Kubler, Dominique Richert et Julien Schmitt, qui immortalisent des instants du festival Momix depuis plusieurs années. Un retour en images sur le festival.

Du 26 janvier au 8 février Les Sheds, Espace Tival - Kingersheim Exposition Jochen Gerner Jochen Gerner, auteur et dessinateur, a créé l’affiche anniversaire de la présente édition (voir notre couverture) ainsi que plusieurs autres illustrations du festival 2011. Ce diplômé de l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Nancy travaille régulièrement avec de grands quotidiens ou magazines (Libération, Le Monde, The

Diversions - Edition Alsace Journal d’information gratuit 12, rue des Vieilles Perrières 25000 Besançon 03 81 57 58 92 - 06 34 12 01 91 www.diversions-magazine.com diversions@orange.fr Editeur : SARL Diversions RCS : 508 184 934 Directeur de la publication : Boban Stanojevic 03 81 57 58 92 - 06 34 12 01 91 diversions@orange.fr

New York Times...). Membre de l'OuBaPo (Ouvroir de Bande dessinée Potentielle), Jochen Gerner affectionne à ce titre les expérimentations et les contraintes graphiques en tous genres. Une rencontre dédicace avec l’auteur sera organisée à la médiathèque de Kingersheim le samedi 5 février de 11h à 12h.

Du 28 janvier au 8 février Créa - Kingersheim

Traversées Anne Valentin nous fera découvrir son univers, à travers la restitution en images d’un stage de formation « Théâtre à l’Ecole » dans le Jura. Pendant une semaine, Marcel Cremer de la compagnie Belge Agora Théâtre a parlé de création théâtrale avec des artistes, des enseignants et des médiateurs culturels intervenant dans le cadre de l’opération "Art à l'Ecole".

Du 26 janvier au 12 février Vernissage de l’exposition le vendredi 28 janvier à 18h avec une représentation spéciale du Chat requin par le Théâtre de la Galafronie. Entrée libre. Bibliothèque centrale - Mulhouse

Les quilts de mariage des femmes amish sont des objets précieux. Jacques Légeret en possède quelques-uns dans sa collection personnelle. Ces quilts sont actuellement exposés à Sainte-Marieaux-Mines, originaires de Pennsylvanie et d’Indiana. On pourra y admirer notamment l’un des trois plus anciens quilts amish connu (originaire de Pennsylvanie aux environs de 1880). Jacques Légeret assurera deux conférences dans lesquelles il dressera un parallèle entre le quilt des amish et leur mode de vie. L’occasion d’en apprendre plus sur cette communauté en y ajoutant le plaisir des yeux. Le patchwork trouve son origine dans les conditions de vie des couches les plus humbles de la population qui conservaient et assemblaient des bouts d’étoffe pour faire des couvertures, rem-

bourrées avec des feuilles séchées ou du papier. On en trouve les premières traces chez les hommes préhistoriques qui revêtaient déjà des peaux de bêtes assemblées entre elles pour se protéger du froid. Il y a 5000 ans environ, le patchwork était pratiqué au Proche-Orient, et plus tard en Egypte. Il arrive en Europe au Moyen-Âge via les croisés qui le rapportent de Moyen-Orient. Les quilts (terme utilisé pour désigner une œuvre en patchwork) traversent l’océan avec les colons européens s’installant aux Etats-Unis au XVIIIe siècle. Le patchwork retrouve alors une belle vitalité. Sa discipline s’affine au fil du temps, les échanges avec l’Angleterre se normalisant. Dans les milieux aisés, on adjoint au patchwork des tissus luxueux. L’art du patchwork, aux origines millénaires, s’est adapté aux évolutions de l’homme.

Rédacteur en chef : Dominique Demangeot magazine.diversions@yahoo.fr

Régie publicitaire : Boban Stanojevic - 03 81 57 58 92 - 06 34 12 01 91 - diversions@orange.fr

Rédaction : Gilles Bloin, Frédéric Dassonville, Dominique Demangeot Bertrand Demornieux, Amandine Mannier, Hector Mann, Sébastien Marais Fabien Pautot, Paul Sobrin, Boban Stanojevic, Marc Vincent, Caroline Vo Minh

Dépôt légal : janvier 2011 © Diversions 2011 Imprimé en Espagne ISSN : en cours

Comité de relecture : Dominique Demangeot, Caroline Vo Minh

valeur : 1,15 euros offert Diversions est diffusé gratuitement sur l’Alsace, la Bourgogne et la Franche-Comté Prochaine parution : 28 octobre 2010


Diversions - L’Agenda du mois

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Les sorties du mois en un clin d’oeil

HAUT-RHIN ALTKIRCH CRAC Alsace Jusqu’au 16 janvier 2011 Exposition « Folklore ? » + Project Room n°8 «Mais Godard c’est Delacroix/Plan 3»

© Samuel Buri

COLMAR Comédie de l’Est 12 et 13 janvier : La Cerisaie (au Théâtre municipal) 19 janvier : Oripeaux

Le Grillen

20 janvier : La route est longue 21 janvier : Melissmell - Release Party 22 janvier : Deteor - Release Party 28 janvier : The Arrs + 6G8 + Aim For Da Head 29 janvier : Holy Pain

Théâtre municipal

15 janvier à 20h30 : Coloro - Jonglage, acrobatie, vidéo 27 janvier à 20h : JP Nataf/Benjamin Paulin - Chanson 28 janvier à 20h30 : Désir et comédie - Comédie 30 janvier à 15h : Drôle de frousse - Théâtre (Dimanche Famille)

Parc des expositions 14 et 15 janvier : Salon régional formation emploi Du 21 au 23 janvier : Salon du Mariage

Espace d’art contemporain André Malraux

Jusqu’au 13 janvier : Exposition «Les Machines de l’Inutilité»

Lézard

En janvier et février : Véronique Moser - Corinne Kleck «Les 1001» - Installations

Musée d’Unterlinden

ENSISHEIM

Caf’Conc 7 janvier à 22h : Soirée Zik O Caf 8 janvier à 22h : Soirée Zik O Caf : Mojo + Second Hand - Blues 14 et 15 janvier à 22h : Capversun - Zouk/ Musiques antillaises

Michel Portal Sextet à La Filature de Mulhouse le 11 janvier 18 et 19 janvier à 21h : Pat Cohen - Blues 21 janvier à 22h : Gnô - Happy Metal Pop 22 janvier à 22h : Soirée Zik O Caf 28 et 29 janvier à 22h : Jesers + Symphonik - Chanson Slam

KINGERSHEIM Evénement Du 26 janvier au 8 février : 20ème Festival international jeune public Momix (voir article p.7)

MULHOUSE

La Filature 6 janvier à 19h30 et 7 janvier à 20h30 : Hamlet - Théâtre 11 janvier à 20h30 : Michel Portal Sextet - Jazz Du 15 au 19 janvier : Mon histoire du théâtre - Théâtre 18 janvier à 20h30 et 19 janvier à 19h30 : Ciné-concert sur La Ruée vers l’or avec l’Orchestre Symphonique de Mulhouse 25 janvier à 20h30 et 26 janvier à 19h30 : Le ciel est pour tous - Théâtre 28 et 29 janvier à 20h30 : Concert Mahler par l’Orchestre Symphonique de Mulhouse

Noumatrouff

28 janvier à 19h30 : Elsass On The Rocks : Armand Gerber + Bredelers + Hopla Guys - Punk, reggae, blues, rock’’n’roll et culture alsacienne

SAINT-LOUIS Conservatoire - Auditorium 25 janvier à 19h30 : Concert du Conservatoire : Mozart, Britten

Forum de l’Hôtel de Ville

Exposition photo/vidéo : « En attendant » par Muriel Joya

La Coupole

8 janvier à 20h et 9 janvier à 17h : Concert du Nouvel An - Musique classique 15 janvier à 20h : La Cerisaie - Théâtre 18 janvier à 20h, 19 janvier à 14h30, 20 janvier à 10h et 14h : Zandoli Pa Tini Pat - Danse hip hop 28 janvier à 20h : Fuenteovejuna - Danse contemporaine

Médiathèque Le Parnasse Stage « Les secrets du scénario » Inscription avec le 15 janvier

BAS-RHIN BISCHHEIM Salle du Cercle 14 janvier à 20h30 : The Lodger - Ciné concert 27 janvier à 20h30 : Lura - Musiques du monde (Cap Vert/Portugal)

BISCHWILLER MAC 25 janvier à 20h30 : L’iceberg - Cirque chorégraphié 26 janvier à 10h30, 27 janvier à 10h30 et 15h : Le petit chasseurs de bruits - Spectacle familial 29 janvier à 20h30 : Soleil blanc - Danse Bhutto (à La Saline de Soultz-sous-Forêt)

HAGUENAU Théâtre de Haguenau

5 janvier à 20h30 : Chatroom - Théâtre 18 janvier à 20h30 : Petites histoires de la folie ordinaire - Théâtre

Musée Fernet Branca

Du 16 janvier au 8 mai : Exposition Carlo Aloe / Samuel Buri

Salle des Portes

12 janvier à 20h30 : The Botany Talk Home Folk Post Rock 19 janvier à 19h : Conférence « Les surdoués dans l’histoire de la musique »

Théâtre de la Sinne Du 9 au 13 janvier : La Belle Hélène - Opéra 15 janvier : Orchestre d’Harmonie de Mulhouse - Musique classique Du 19 au 23 janvier : Nuit d’orage - Jeune public du 29 au 30 janvier : Ali Baba et les 40 voleurs - Opéra jeune public

© Stéphane François

Jusqu’au 21 février : Accrochage d’art moderne : Récentes acquisitions

© Ingrid Hertfelder

Fuenteovejuna à la Coupole de Saint-Louis le 28 janvier

Samuel Buri et Carlo Aloë à l’Espace Fernet Branca de Saint-Louis à partir du 16 janvier

Parc des expositions

Du 8 au 9 janvier : Salon « Oui, la vie à 2 » Du 15 au 16 janvier : Salon Mineralexpo 22 janvier : Journée des carrières et des formations Du 28 au 30 janvier : FestiVitas

The Botany Talk Home le 12 janvier à Saint-Louis

Les Bredelers à la soirée Elsass On The Rock le 28 janvier au Noumatrouff de Mulhouse


Diversions - L’Agenda du mois

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Les sorties du mois en un clin d’oeil

ILLKIRCH-GRAFFENSTADEN L’Illiade 9 janvier à 17h : Le temps d’un rêve - Danse 12 janvier à 20h30 : Vincent Eckert - Concert découverte - Chanson rock 19 et 20 janvier à 20h30 : Michel Jonasz : Abraham - Théâtre 21 janvier à 20h30 : Le vent parmi les roseaux - Voix et contrebasse 24 janvier à 20h30 : Casting - Musique Jeune public 26 janvier à 15h : C’est pas pareil ! - Théâtre 27 et 28 janvier à 20h30 : Marie-Louise - Cirque 29 janvier à 20h30 : Le chêne d’Allouville - Théâtre

NIEDERBRONN-LES-BAINS 7 janvier à 20h30 : La Route vers la Mecque - Théâtre (à La Castine de Reichshoffen) 21 janvier à 20h30 : Le Cirque des Mirages (au Relais Culturel de Wissembourg)

Le Moulin 9 20 janvier à 20h30 : Chaplin In The Mouv’ - Danse

OBERHAUSBERGEN Le PréO 8 janvier à 20h30 : Sellig - Humour 12 janvier à 15h : Le petit chasseur de bruits - Spectacle jeune public 15 janvier à 20h30 : Bonjour, was het er gsaat ? Salü, mais il est où ? - Théâtre 22 janvier à 20h30 et 23 janvier à 17h : Ruy Blas - Théâtre 27 et 28 janvier à 20h30 : Novecento : Pianiste - Théâtre

OSTWALD Le Point d’Eau

7 janvier à 20h30 : Sprütz faux rêveur - Humour Du 13 au 15 janvier à 20h30 : La Route vers la Mecque - Théâtre 21 janvier à 20h30 : Art Mengo - Chanson 28 janvier à 20h30 : Didier Porte aime les gens - Humour

Le Misanthrope du 18 au 23 janvier au Taps Scala à Strasbourg SOULTZ-SOUS-SALINE REISCHOFFEN 7 janvier à 20h30 : La Route vers la Mecques - Théâtre 30 janvier à 17h : Projet RW - Théâtre, acrobatie, musique

SAVERNE Espace Rohan 6 janvier à 20h30 : Novecento : pianiste - Théâtre, vidéo, musique 19 et 20 janvier à 20h30 : La Mano - Théâtre, marionnette 25 janvier à 20h30 : L’iceberg - Cirque et danse

SÉLESTAT Bibiothèque humaniste De janvier à juin 2011 : Stages le mercredi matin : « 1494 - Une histoire musicale à Sélestat »

Les Tanzmatten

4 janvier à 20h30 : Chatroom - Théâtre 9 janvier à 17h : Concert du Nouvel An par La Follia 11 janvier à 20h30 : Shoebiz - Danse, claquettes déjantées 28 et 29 janvier à 20h30 et 30 janvier à 17h : Histoire dans l’air - Conte musical

La Saline 16 janvier à 17h : Novecento: piano - Musique 21 janvier : Le petit chasseur de bruit - Spectacle jeune public 25 janvier à 20h30 : Aux portes du Ténéré -conférence 29 janvier à 20h30 : Soleil blanc -Danse

STRASBOURG

Le Kafteur

Pôle Sud 18 et 19 janvier à 20h30 : Virginia Heinen, Romanze - Danse 21 janvier à 20h30 : Orchestre National de Jazz Shut Up And Danse - Danse/Musique 28 janvier à 20h30 : Indigo Trio - Michel Edelin - Jazz

Théâtre de Hautepierre

21 et 22 janvier : Lard - Théâtre

Théâtre Jeune Public

Du 6 au 15 janvier à 20h30: Wow -Spectacle Du 8 au 15 janvier : Wow -Spectacle jeune public (45minutes) 25 janvier : Plateau locos -Humour Du 27 janvier au 5 février : Le grandiloquent moustache poésie club - Spectacle 29 janvier : ciné conférence Steven Spielberg

5 janvier à 15h et 8 janvier à 15h et 18h : Oripeaux

La sélection : 28 janvier à 18h30: K’s Choice -Pop rock

Théâtre National de Strasbourg

La Laiterie

Le Maillon

6 et 7 janvier à 20h30: Big Band - Théâtre 13 et 14 janvier à 20h30: Pitturino Fa De Music -Musique espagnole

11 et 15 janvier à 20h30, 12 janvier à 15h : Romane 22 janvier à 18h, 26 janvier à 15h : Les Ariels 18 et 21 janvier à 20h30, 19 janvier à 9h30 : p’tit déj avec Anne-Sophie Diet : Grumeaux Du 12 au 28 janvier : Mary Stuart Du 14 au 22 janvier : Ciseaux, papier, caillou

SCHILTIGHEIM Saison de l’Échappée Belle

13 janvier à 20h30 : Médéric Collignon Quartet - Jazz 14 et 15 janvier à 20h30 : Jimmy Bock - Rock’n’Roll 20 janvier à 20h30 : Hadouk Trio - Jazz 22 janvier à 20h30 : Christine Ott - Ondes Martenot 28 janvier à 20h30 : Kent - Chanson 29 janvier à 20h30 : Trio Tzane - Musique balkanique

K’s Choice le 28 janvier à la Laiterie de Strasbourg


Repérages

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Décalages, festival du spectacle innovant Sept diffuseurs d’Alsace du Nord (Reichshoffen, Niederbronn-les-Bains, Haguenau, Saverne, Wissembourg, Bischwiller et Soultzsous-Forêt) ont décidé de travailler dans un esprit de mutualisation. Regroupés au sein de l’association Scènes du Nord, ils proposent du 18 au 30 janvier la première édition du festival Décalages. Comme son nom l’indique, cette manifestation proposera une série de spectacles à la croisée des disciplines, des propositions transversales le plus souvent, « décalées » et en tous cas originales, qui vont s’abreuver à divers arts, du théâtre au cirque, de la musique à la danse en passant par la marionnette.

L’Iceberg à la MAC de Bischwiller le 25 janvier

Le premier spectacle du 18 janvier sera d’ailleurs précédé, à 18h30, d’un débat sur le spectacle innovant au Théâtre de Haguenau. Le Collectif DRAO qui proposera ce 18 janvier la pièce Petites histoires de la folie ordinaire d’après un jeune auteur tchèque, Petr Zelenka, est d’ailleurs adepte des fonctionnements particuliers puisque la compagnie met en scène collectivement ses spectacles, ses sept comédiens, venus d’horizons divers, assumant tous la mise en scène. Le collectif privilégie également les nouveaux auteurs. Dans cette pièce « irracontable » comme le souligne Sandy Ouvrier, le personnage principal navigue dans les histoires de folie des uns et des autres, un spectacle où la dimension magique voire fantastique est également présente.

boucher dont la main, après un accident, devient un personnage à part entière animé d’une vie propre. Comme la métaphore d’une lutte intérieure qui ne va pas sans rappeler Docteur Jekyll et Mister Hyde. La compagnie Tro-Héol a agencé le texte de l’auteur de manière différente « pour en exprimer toute sa folie inhérente » et laisser la place au jeu non-verbal. Là encore l’expérimentation est de rigueur.

Décalages proposera également une pièce de théâtre où intervient une marionnette. Dans La Mano, les comédiens côtoient les pantins pour nous conter l’histoire de ce

La danse aussi aura droit de citer avec la compagnie Choréonyx le 20 janvier à Niederbronn-les-Bains. Chaplin in the Mouv’ revisite l’univers du célèbre clown acteur d’une

La Mano à Saverne, les 19 et 20 janvier à 20h30 manière originale. Bruce Taylor propose au sein de la compagnie une méthode transdisciplinaire, allant vers des esthétiques très diverses, du hip hop à la danse jazz, en recourant aussi à des procédés vidéo, entre autres médias. Chaplin in the Mouv’ met d’ailleurs en lumière les multiples talents artistiques de Chaplin qui recourait dans ses films à la musique (nécessaire au temps du muet), au mime… et bien sûr à la danse. La boucle est bouclée. Le Cirque des Mirages (21 janvier à 20h30 au Relais Culturel de Wissembourg) symbolise lui aussi la volonté des artistes du festival Déca-

Au théâtre de HAGUENAU mardi 18 Janvier 2011 à 18h30 : Rencontre-débat : « Qu’est-ce qu’un spectacle innovant ? » à 20h30 : « Petites histoires de la folie ordinaire » de Petr Welenka, par le Collectif DRAO. Tarifs : de 5,50€ à 22,50€ - Vitaculture 5,5 €/ A partir de 16 ans/ Durée : 1h50 Un transport en bus est organisé gratuitement à partir de Reichshoffen. Départ à 19h45 depuis le parking de la Castine A l’Espace Rohan de SAVERNE mercredi 19 et jeudi 20 Janvier 2011 à 20h30 : « La Mano » - Théâtre et marionnettes par la Compagnie Tro-Héol. Tarifs : Adulte 18 € - Réduit 16 € Vitaculture 5,5 € - Junior 10 € / Durée : 1h / A partir de 12 ans. Un transport en bus est organisé gratuitement à partir de Bischwiller Départ à 19h30 depuis le parvis de la Mac de Bischwiller Par le Moulin 9 de NIEDERBRONN-LES-BAINS, à la Castine de Reichshoffen- jeudi 20 Janvier 2011 à 20h30 : « Chaplin in the Mouv’ »- Danse Jazz par la Compagnie Choreonyx Tarifs : Adulte 16 € - Réduit 13 € -Vitaculture 5,50€ / Durée : 1h10 / A partir de 8 ans Un transport en bus est organisé gratuitement à partir de Wissembourg Départ à 19h45 depuis la place de la Foire à Wissembourg Au Relais Culturel de WISSEMBOURG vendredi 21 janvier 2011 à 20h30 : « Le Cirque des Mirages » - Cabaret-théâtre expressionniste par Parker et Yanowski Tarifs : Adulte 13 € - Réduit 11 € Vitaculture 5,5 € / Durée : 1h30 / A partir de 12 ans. Un transport en bus est organisé gratuitement à partir de Niederbronn les Bains. Départ à 19h45 devant le Musée d'Archéologie

lages d’abolir les frontières entre théâtre et musique, dans la grande tradition du cabaret avec ce duo entre un pianiste arrangeur de jazz et un chanteur pianiste lui aussi, un peu acteur également. Les chansons sont d’ailleurs mises en scène, possédant une véritable intensité dramatique comme dans les cabarets, et sollicitant l’imagination du spectateur. Décalages proposera aussi du cirque chorégraphié (L’Iceberg par la compagnie L’Eolienne 25 janvier à 20h30, MAC de Bischwiller), de la danse Bhutto (Soleil Blanc de Dominique Starck le 29 janvier à La Saline de Soultz-sous-Saline) et le Projet RW le 30 janvier à 17h à La Castine de Reischoffen. Le Collectif Quatre Ailes nous convie à un point final mêlant cette fois encore différentes disciplines pour suivre le cheminement d’un poète dans le monde. Théâtre d’ombre, acrobaties, musique et cinéma d’animation se croisent dans un décor en papier découpé. - Amandine Mannier -

Festival Décalages, du 18 au 30 janvier 2011 www.scenes-du-nord.fr

A la M.A.C de BISCHWILLER mardi 25 janvier 2011 à 19h : « Brankenstein » - Conférence performance théâtralisée par Denis Robert

A la M.A.C de BISCHWILLER mardi 25 janvier 2011 à 20h30 : « L’Iceberg » - Cirque chorégraphié par la Compagnie L’Eolienne Tarifs : Adulte 19 € - Réduit 17 € Vitaculture 5,5 € - Enfant 5,5 € / Durée : 1h20/ Dès 12ans Un transport en bus est organisé gratuitement à partir de Soultz-sous-Forêts. Départ à 19h30 depuis le parking de la Saline A la Saline de SOULTZ-SOUS-FORÊTS samedi 29 janvier 2011 à 20h30 : « Soleil Blanc » - Danse butoh tout public par Dominique Starck Tarifs : Adulte 12 € - Réduit 1O € Vitaculture 5,5 € - Enfant 5,5 € / Durée : 1h / Tout public. Rencontre après-spectacle avec l’artiste Un transport en bus est organisé à partir de Bischwiller. Départ à 19h30 au parvis de la Mac.

A la Castine de REICHSHOFFEN dimanche 30 janvier 2011 à 17h : « Le projet RW » - Théâtre, cirque, animation et expériences aériennes par le Collectif 4 ailes Tarifs: Adulte 16 € - Réduit 13 € - Vitaculture et -15ans 5,5 € / Durée : 1h20 / A partir de 8ans Un transport en bus est organisé à partir de Haguenau. Départ à 15h45 depuis le Théâtre de Haguenau


Repérages

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Momix, 20ème Festival international jeune public « Ouvrir les voies de l’imaginaire, permettre à chacun d’inventer sa vie en tant que citoyen libre et responsable », tels sont les objectifs principaux de Momix selon son directeur Philippe Schlienger. A Kingersheim et de nombreux autres lieux d’Alsace, le spectacle vivant est roi, mêlant théâtre, musique, marionnettes, danse et multimédia venus des quatre coins de l’Europe. Des spectacles pour rêver, s’évader, rire mais aussi réfléchir. Des tout petits aux adolescents (les parents pourront aussi trouver leur compte sur certains spectacles), la vingtième édition de Momix est sur les rails... Parmi la pléthore de compagnies invitées, on trouvera des artistes fidèles qui ont contribué à faire l’histoire du festival. Flash Marionnettes, originaire de Strasbourg, ouvrira ainsi Momix 2011 avec sa nouvelle création 2084. La compagnie des Chemins de Terre, le Théâtre de Nuit, le Bob Théâtre et bien d’autres seront également présents. Trois spectacles rendront également hommage à Marcel Cremer décédé en 2009, convié à Momix à plusieurs reprises avec sa compagnie Agora. A noter que Momix renouvelle cette année son Focus Jeune Public, organisé par l’Onda, le Créa de Kingersheim et La Filature de Mulhouse les 3, 4 & 5 février, trois jours dédiés aux professionnels durant lesquelles les compagnies présentent leurs spectacles aux professionnels. Plusieurs expositions seront également mises en place (voir p.3). Les spectacles proposés à Momix mêleront une nouvelle fois les disciplines à l’image de La réserve de la compagnie Association 16 rue de Plaisance, création musicale et chorégraphique (+ 18 mois). On croisera des marionnettes bien sûr, comme dans Mademoiselle Pas Assez de la Compagnie du Jabron Rouge (+ 3 ans) qui nous feront découvrir ce qu’est le « poutrak » ou les Petites migrations du Théâtre de Nuit (+ 3 ans), théâtre d’ombre nous présentant un jeune personnage qui doit affronter la moquerie de ses petits camarades avant de partir pour des aventures palpitantes… en suivant une de ses larmes. Des chemins poétiques pour aborder des

thèmes parfois graves comme dans Ente, Tod une Tulpe où le Theater Couturier et Ikkola (Allemagne) nous content, en théâtre et en musique, la rencontre d’un canard… avec la mort. La création de Michèle N’Guyen, VY, traite quant à elle du racisme en nous présentant une petite fille d’origine asiatique arrivant chez sa grand-mère française, tandis que Macao et Cosmage ou l’expérience du bonheur (Compagnie La Soupe) aborde la colonisation et l’industrialisation à outrance. L’essentiel reste peut-être cette envie d’écouter des histoires, comme celles qu’un grand-père raconte à sa petite-fille dans Le cheval bleu par l’Agora Theater (+ 5 ans). Momix traversera également l’Atlantique pour convier une compagnie du Québec. Le Théâtre du Gros Mécano présentera Eric n’est pas beau. Diversions vous propose une petite sélectiond de spectacles, totalement subjective et non exhaustive bien sûr !

Pince de crabe Les Fruits du Hasard et Kinorev (+ 6 ans)

La Compagnie Les Fruits du Hasard et Kinorev mettent l’image au centre de ce spectacle, « point de départ pour l’imaginaire ». Pince de crabe est un spectacle multimédia qui mêle cinéma, théâtre et marionnettes. A partir d’une situation de départ basique : « Pince Mi et Pince Moi sont sur un bateau », l’intrigue s’enclenche. Et lorsqu’une barque est coincée sur le sable, tout peut arriver, pour peu que l’imaginaire prenne la barre…

High Dolls, par l’Opéra Pagaï Peau d’arbre Bob Théâtre et Hop! Hop! Hop! (+ 7 ans)

Dans ce spectacle à mi-chemin entre le théâtre d’objet et de corps, Peau d’arbre est un ogre qui vit seul au fond d’une grande forêt. Seul car il faut avouer qu’un ogre, passant son temps à manger les enfants, n’est pas un personnage particulièrement intégré à la société. Mais un jour une femme croise son chemin et la vie de l’ogre pourrait bien être totalement bouleversée… L’ogre mange des peluches mais qu’on se rassure, tout cela est pour de faux. Les enfants le comprennent bien même si les deux comédiens Denis Athimon et Christine Le Berre forment un duo grinçant et surtout pas politiquement correct…

Les Ariels Cie Médiane (+ 7 ans)

Pince de crabe, par Les Fruits du Hasard

Le Créa de Kingersheim favorise la création en accueillant des compagnies en résidence. Ce fut le cas en septembre dernier avec la Compagnie Médiane venue préparer son nouveau spectacle Les Ariels. Sur un mode particulièrement poétique, une histoire familiale nous est contée, projetée sur le voile blanc d’une jeune mariée. La Compagnie Médiane qui a fait du théâtre d’objet sa spécialité, nous donne à voir les bonheurs futurs de la jeune promise, mais aussi ses rêves

et ses souvenirs. Dans ce monde onirique, écrans, images et jeux de lumière sont complices, formant le parfait écrin aux interventions d’un conteur, d’un musicien et d’une manipulatrice.

High Dolls Opéra Pagaï (+ 8 ans)

La compagnie de l’Opéra Pagaï nous convie à un véritable concert de rock interprété par des musiciens, si ce n’est que ces derniers sont des marionnettes. Le trio exprime sa vision du monde en musique, comme le font les vrais groupes de rock. C’est également l’occasion pour l’Opéra Pagaï de questionner tous ces prétendus « vrais » groupes qui ne sont peut-être eux aussi, finalement, que des marionnettes… Rompue au difficile exercice de jouer dans des lieux publics, sans que la population ne soit nécessairement au courant, l’Opéra Pagaï investit écoles, quartiers, et ne manque jamais de faire passer des messages sur l’éducation, certains problèmes de société. La forme est souvent décalée mais le fond toujours présent. - Marc Vincent, Sophie Choffat -

Festival Momix, du 26 janvier au 8 février 2011 - www.momix.org

La Bibliothèque humaniste de Sélestat Dans le centre historique de Sélestat, la Bibliothèque humaniste accueille chaque jour de nombreux visiteurs amateurs de lecture … mais aussi d’histoire. Aménagée depuis 1889 au premier étage de l’ancienne halle aux blés, elle regroupe la bibliothèque de l’école latine, plus vieille bibliothèque publique d’Alsace fondée en 1452 mais aussi la bibliothèque privée de l’humaniste Beatus Rhenanus (1485-1547). Devenue bibliothèque d’étude et de recherche en 1997, la Bibliothèque humaniste de Sélestat possède aujourd’hui un fonds ancien qui fait référence en Europe.

Beatus Rhenanus

soit quelques 3 kilomètres de livres, qui sont conservés à la Bibliothèque humaniste.

La Bibliothèque humaniste et le temps présent

Si la bibliothèque possède une dimension historique évidente, elle s’inscrit aussi pleinement dans son temps à travers diverses actions comme un stage enfants intitulé « 1494. Une Histoire musicale à Sélestat ». De janvier à juin 2011 le samedi matin, un stage est organisé en partenariat avec l’Office de la Culture de Sélestat et Mission Voix Alsace. Le cahier d’écolier de Guillaume Gisenheim datant de 1494 et conservé à Bibliothèque humaniste, servira de point de départ aux enfants pour créer un spectacle musical. Les formateurs sont Cécile Lohmuller et François Koehler. Nous reviendrons sur ce projet dans un prochain numéro.

La bibliothèque humaniste et l’histoire

En tout, 423 volumes contenant 1287 œuvres, 41 manuscrits, 33 manuscrits anciens et des lettres sont conservés à la Bibliothèque humaniste. Conservés d’abord à la chancellerie municipale, à la douane puis à l’église St-Georges, les ouvrages sont entreposés à la mairie en 1840. Un an plus tard, la municipalité souhaite démocratiser la lecture et ouvre alors le fonds au public tout en acquérant de nouveaux ouvrages. Les locaux se révèlent vite trop exigus et c’est l’ancienne halle aux blés qui accueille alors la collection. Le fonds historique constitue un document précieux sur le mouvement humaniste de la fin du XVème et du début du XVIème siècle. Le fonds s’étoffera aux XIXème et XXème siècles. Des ouvrages d’intérêt local (les alsatiques) et sur l’humanisme et la Renaissance sont encore acquis de nos jours. En tout ce sont près de 70.000 documents,

- Marc Vincent © Ville de Sélestat

A l’église St-Georges repose la dépouille de Beatus Rhenanus, savant né en 1485 à Sélestat, ami du grand humaniste Erasme. On peut notamment trouver à la bibliothèque son cahier d’écolier qui témoigne de premières années studieuses et dédiées à la connaissance. Son enseignement se poursuivra par des études à La Sorbonne à Paris. Beatus Rhenanus deviendra ensuite correcteur et philologue chez des imprimeurs. Un métier qui le mettra en contact avec de grands intellectuels européens.

Collectionneur d’ouvrages, Beatus Rhenanus possédait une formidable bibliothèque regroupant grammaire, rhétorique, philosophie, toutes ces sciences humaines redécouvertes au siècle des Lumières, véritable trésor de connaissances qui s’opposait à l’obscurantisme du Moyen-Age.

Renseignements : bibliotheque.humaniste@ville-selestat.fr 03.88.58.07.20 - www.ville-selestat.fr

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Musiques

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Ciné-Concert à Bischheim

Le premier ciné-concert de la Salle du Cercle aura lieu le 14 janvier à 20h30 à Bischheim. Christian Paboeuf mettra en musique The Lodger réalisé par Alfred Hitchcock en 1927. Le musicien a conçu une création musicale propre à rendre la noirceur de ce long métrage du maître du frisson. The Lodger est le récit d’un serial killer prenant pour proies de jeunes femmes blondes à Londres. Un étranger qui loge dans une chambre d’hôte est vite soupçonné. Pourtant la fille de la logeuse tombe sous le charme de ce dernier, bien qu’elle soit fiancée à un policier. Beaucoup considèrent The Lodger comme le premier véritable film « hitchcockien », le réalisateur mettant en place ici un univers codifié que l’on retrouvera tout au long de sa carrière, des lieux clos aux beautés fatales… et blondes. Christian Paboeuf signe la bande son de ce film muet. Après avoir œuvré pendant trente ans dans de nombreux domaines artistiques (musiques diverses, théâtre, graphisme, son, lumière), le musicien s’est tourné naturellement vers le ciné-concert, avec le hautbois comme instrument de prédilection pour cheminer aux côtés de ce chef d’œuvre du cinéma de la fin des années 20.

« Pour ce film, j’ai essayé de retrouver tout le travail sonore qui avait caractérisé les musiques que j’avais faites pour le « Murnau », l’utilisation des sons réels en direct qui se mêlent aux notes de musique (par exemple). La poésie que cela amène est ma première recherche », explique Christian Paboeuf, qui précise également que la poésie présente dans The Lodger est celle du suspens et de la peur qu’Hitchcock a érigée au rang d’art. « Par moments l’ambiance sonore pourra aller vers un fantastique à peine susurré, il me semble que la peur des personnages est toujours propice à cela. Je me rappelle à ce propos un texte de Maupassant où des événements rationnels provoquaient une peur irrationnelle » ajoute le musicien. - Bertrand Demornieux -

Ciné-concert à partir du film The Lodger d’Alfred Hitchcock, Salle du Cercle, Bischheim, 14 janvier à 20h30, musique : Christian Paboeuf http://salleducercle.ville-bischheim.fr

Art Mengo au Point d’Eau

On se souvient tous du tube Je l’ai tant aimée d’Art Mengo en 1988. Au-delà de ce premier succès un peu encombrant il est vrai, Art Mengo n’a jamais cessé de faire de la musique et de donner des concerts partout en France, menant une carrière certes éloignée des médias mais qui a su lui attirer le respect d’un public fidèle. Le toulousain se produira le 21 janvier au Point d’Eau d’Ostwald. La discographie d’Art Mengo compte à ce jour neuf albums, depuis Un 15 août en février qui lui a valu une Victoire de la musique catégorie Révélation masculine en 1991. Le chanteur ballade donc sa voix rauque depuis plus de vingt ans en toute discrétion, n’oubliant pas de composer pour des interprètes aussi divers qu’Henri Salvador, Florent Pagny ou Juliette Gréco. Sourd à 70 % à l’adolescence, guéri grâce à une opération, Art Mengo est en quelque sorte un miraculé de la musique qui s’est vite rattrappé en commençant à écumer les cafés concerts de Toulouse et d’ailleurs. Sur des couleurs jazz ou bossa nova, Art Mengo distille dans ses musiques une douce mélancolie et sait s’entourer

d’auteurs qui font mouche (Marie Nimier, Patrice Guirao entre autres compagnons de plume). Lui-même écrit des textes de temps à autre, grand admirateur d’un autre toulousain qui maniait la langue comme personne : Claude Nougaro, à qui il rend hommage dans deux morceaux. Cet adepte des petites salles, où l’émotion passe mieux, est un artiste à part, presque en exil dans un monde qui lui appartient (ses parents sont d’anciens réfugiés espagnols qui ont fui le franquisme). Dans Sujet libre, son dernier album studio en date (2009), Art Mengo aborde l’apartheid, la Seconde guerre mondiale, le progrès aveugle, et continue à forger ses chansons comme un artisan, prenant le temps qu’il faut pour faire mûrir son art, loin de la cohue. Pour cette tournée, le chanteur qui s’accompagne au piano et à la guitare, n’est secondé que d’un accordéoniste/claviériste pour des interprétations privilégiant la simplicité. - Manu Gilles -

Art Mengo, Le Point d’Eau, Ostwald, 21 janvier à 20h30 - www.ville-ostwald.fr

Christine Ott à Schiltigheim Christine Ott sera à Schiltigheim le 22 janvier prochain à 20h30 au Cheval Blanc. Elle apportera avec elle ses Ondes Martenot, instrument rare, peu connu mais fascinant lorsqu’on lui a tendu l’oreille. Son premier album, Solitude Nomade sorti en 2009 sur le label des Têtes Raides, démontre toute l’étendue de ses sonorités. Cette artiste internationale qui a joué notamment au sein de l'orchestre de la Radio de Cologne en Allemagne, mais aussi en Italie, en Hongrie, contribue à redonner de la vigueur au répertoire des Ondes Martenot. Elle enseigne également l’instrument au Conservatoire de Strasbourg. Le champ d’action de l’artiste est large, comme le prouvent ses collaborations multiples. Opéra ou rock, musique contemporaine ou chanson, BO de films mais aussi théâtre, danse, Christine Ott a notamment travaillé avec Yann Tiersen, Syd Matters, les Têtes Raides, Radiohead et bien d’autres artistes. En 2009 elle franchissait le pas de l’aventure solo avec son premier album Solitude Nomade, opus qui montre toute les possibilités sonores des Ondes Martenot. Entre classique et contemporain, c’est en effet un album nomade que produit Christine Ott ici. Entourée de musiciens expérimentés qui ont travaillé avec Dominique Pifarély et Pierre Boulez,

conviant notamment Yann Tiersen au violon, l’ondiste a pour objectif de faire connaître son instrument au plus grand nombre. Une date comme celle du Cheval Blanc à Schiltigheim peut contribuer à cela. Instrumental, Solitude Nomade est un produit rare puisqu’il n'existe qu'une dizaine d'ondistes dans le monde, cet instrument requérant une maîtrise très particulière. Côtoyant le violoncelle et la contrebasse mais aussi un ondéa (martenot d’une nouvelle génération), un cymbalum ou un vibraphone, les ondes Martenot de Christine Ott dessinent des paysages sonores d’une finesse extrême, s’appuyant sur des compositions étoffées. La mélodie perce en effet souvent dans cet album où les Ondes Martenot se font tour à tour percussives ou produisant de frêles et limpides nappes sonores. De la pureté sonore de Tropismes aux phrasés plus heurtés de Chemin vert, Solitude Nomade donne à entendre la large palette sonore de l’instrument de Christine Ott s’apparentant tantôt à des cordes, tantôt à un clavier. Ces sons irréels sont produits par un clavier mais aussi un ruban, issus de circuits électroniques. L'onde obtenue peut être modulée en intensité et en fréquence et l’instrument autorise une palette de nuances extrêmement large. La main droite tire un ruban pour jouer sur la hauteur d’une note tandis que la main gauche gère une touche d’expression

De la pureté sonore de Tropismes aux phrasés plus heurtés de Chemin vert, Solitude Nomade donne à entendre la large palette sonore de l’instrument de Christine Ott, s’apparentant tantôt à des cordes, tantôt à un clavier. permettant d’agir sur les sons joués au clavier. Le jeu se fait alors tour à tour percussif ou mélodique, un peu comme on le ferait avec un archet. Le clavier permet également d’effectuer des vibratos sur chaque note. Un instrument à part donc, mais pour lequel il existe un véritable répertoire, et qui sait également aller à la rencontre d’artistes grand public. Une découverte à faire en tous cas... - Manu Gilles -

Carte blanche à Christine Ott, Schiltigheim, Le Cheval Blanc, 22 janvier à 20h30 www.ville-schiltigheim.fr


Musiques

L’Europe centrale à l’honneur à l’OPS

13 et 14 janvier à 20h30 Tragédie du cœur et tragédie du monde Palais de la Musique et des Congrès – Salle Erasme Jiří Bělohlávek direction / Detlef Roth baryton Janáček - Suite de Katya Kabanova (arrang. Jaroslav Smolka) Mahler - Rückert Lieder Martinů - Symphonie n° 1 H.289

Ce premier programme prend pour destination l’Europe centrale avec deux compositeurs d’origine thèque, Janáček et Martinů, et Mahler (autrichien mais né à Kaliště, aujourd’hui République tchèque). Adaptée par le compositeur et musicologue Jaroslav Smolka, l’œuvre au départ lyrique devient ici une suite symphonique puissante créée en février dernier à Londres. Jirí Bělohlávek vient à présent à Strasbourg pour diriger cette œuvre,

© Marco Borgreeve

Nous retrouvons Martinů dans une couleur musicale différente puisque c’est la fameuse Revue de Cuisine qui sera interprétée cette fois. La partition, enjouée et vive, témoigne de la prédilection de Martinů pour le jazz, lui qui a vécu dans le Paris des années 20. Le bouillonnement artistique de l’époque influencera grandement le compositeur. Partition de ballet à l’origine, La Revue de Cuisine illustre aussi cette frontière perméable chez Martinů entre jazz et classique, où se mêlent fanfares (premier et quatrième mouvements), ainsi qu’un tango et un charleston (second et troisième mouvements). Une œuvre qui tranche avec

eu

Orchestre

PHILHARMONIQUE dE STRASBOURG ORcHESTRE NATIONAL

Sous la baguette de Jiří Bělohlávek, l’OPS interprétera enfin la première symphonie de Martinů, œuvre là encore particulièrement sombre. Le compositeur tchèque né en Bohème, fait partie des grands représentants de la musique tchèque avec Janáček. C’est à l’âge de 52 ans que Martinů compose sa première symphonie (il en créera cinq autres). Le compositeur exilé aux Etats-Unis comme son compatriote Dvořák cinquante ans avant lui, veut exprimer ici la tragédie de son pays tombé aux mains de l’occupant soviétique.

Jiri Bělohlávek dirigera l’Orchestre philharmonique de Strasbourg pour un voyage en Europe centrale en janvier 16 janvier à 11h Auditorium de la Cité de la Musique et de la Danse Julien Eberhardt violon / Olivier Roth violoncelle / Jérôme Salier clarinette / JeanChristophe Dassonville basson / Angela Anderlini trompette / Pauline Berdat piano Smetana -Trio pour piano, violon et violoncelle en sol mineur op.15 Martinu - La Revue de Cuisine H. 161 pour clarinette, basson, trompette, violon, violoncelle et piano Brahms - Danses hongroises

talenne i p a C ropée

première d’une série de quatre opéras majeurs dans la carrière de Janáček. Traitant de la condition féminine en province, l’opéra de Janáček montre comment son entourage, et notamment une belle-mère manipulatrice, pousse Katia au suicide. La jeune femme reste digne bien qu’emportée dans cette tragédie. Les Rückert Lieder de Mahler, chants pour voix et orchestre dont les textes sont extraits des poèmes de Friedrich Rückert, sont des pièces éloignées du romantisme mahlérien traditionnel, un travail intime qui dénote avec la musique symphonique du maître. Le dernier Lied, Liebst du um Schonheit est dédié à la jeune Alma que Mahler vient d’épouser. Un lied qui fera écrire à la jeune femme dans son journal : « Quelle profondeur il y a chez un tel homme! Et comme je manque d'âme ! Souvent je me rends compte à quel point je suis peu de choses et je possède peu de choses en comparaison de son incommensurable richesse! ».

le caractère solennel de la première symphonie jouée les 13 et 14 janvier. On retrouve cet entrain dans les Danses hongroises de Brahms. Là aussi, Brahms pratique le métissage en adaptant des airs traditionnels tziganes pour la majorité de ces danses. Leurs décalages rythmiques mêlés à des mélodies recherchées en font une œuvre très facile d’accès (la cinquième danse a été notamment popularisée par Chaplin dans Le Dictateur). Le folklore tzigane de Hongrie – musiques des Balkans rurale et citadine mêlées au folklore hongrois - influencera la musique savante dès la fin du XVIIIème siècle et durant tout le XIXème. Le trio pour piano de Smetana compte parmi ses chefs d’œuvre en matière de sonate. Inspirée en partie par la perte de sa fille aînée en 1855, c’est une œuvre tragique de par le rythme appuyé des violons, alternant moments intenses et d’autres plus calmes. Une oeuvre d’inspiration romantique où les motifs au piano rappellent parfois Liszt ou Chopin. - Dominique Demangeot -

Orchestre philharmonique de Strasbourg www.philharmonique-strasbourg.com

2010

JANVIER

jeudi 13 vendredi CONCEPTION REYMANN COMMUNICATION // MONTAGE BKN.FR // © SHUTTERSTOCK // LICENCES D’ENTREPRENEURS DE SPECTACLES N° 2 : 1006168 ET N°3 : 10066169

L’événement de ce début d’année est sans nul doute la venue à Strasbourg de Marc Minkowski et des Musiciens du Louvre, qui interpréteront notamment les célèbres Concertos Brandebourgeois de Bach le 22 janvier, mêlant styles français, italien et allemand. L’année débutera cependant sur des programmes qui nous transporteront en Europe centrale avec des compositeurs comme Janáček, Smetana ou Martinů .

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14

˘ lohlávek • Ji r˘ í B e direction • Detlef Roth baryton

PMC - SALLE ÉRASME 20H30 ˘ ek Janác

Suite de Katya Kabanova (arrang. Jaroslav Smolka)

Mahler Rückert Lieder ˚ Martin u Symphonie n° 1 H.289

dimanche 16 • Julien ebeRhaRdt violon • olivier Roth violoncelle • Jérôme SalieR clarinette • Jean-Christophe daSSonville basson • angela andeRlini trompette

AuDiToRiuM DE LA CiTÉ DE LA MuSiquE ET DE LA DAnSE - 11H

SMetana

Trio pour piano, violon et violoncelle en sol mineur, op.15

˚ La Revue de Cuisine Martin u H. 161 pour clarinette, basson, trompette, violon, violoncelle et piano BrahMS

Danses hongroises

• Pauline beRdat piano

samedi

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• Marc MinkowSki direction • les Musiciens du louvre • Grenoble

PMC - SALLE ÉRASME 20H30 raMeau

Symphonie Imaginaire

Bach

Concerto n° 4 en sol majeur BWV 1049 Concerto n° 5 en ré majeur BWV 1050 Concerto n° 3 en sol majeur BWV 1048

SAISON 2010>2011 Caisse OPS - Entrée Schweitzer - Du lundi au vendredi de 10h à 18h sans interruption - 03 69 06 37 06 Boutique Culture - 10 place de la Cathédrale Du mardi au samedi de 12h à 19h - 03 88 23 84 65

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Théâtres

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Ruy Blas au PréO

Le PréO accueillera du 18 au 25 janvier un chef d’œuvre du théâtre romantique, Ruy Blas. La Mesnie H – Compagnie Jacques Bachelier poursuit son exploration du répertoire classique européen en adaptant le mélodrame de Victor Hugo.

L’histoire

Don Salluste est disgracié par la reine d’Espagne. Il décide de se venger en demandant à son valet, Ruy Blas, de séduire la reine en se faisant passer pour Don César (que Salluste a fait emprisonner car ce dernier refusait de suivre ce dernier dans son plan machiavélique). Délaissée par son époux, la reine trouve en Ruy Blas/Don César un compagnon qui lui permet d’échapper à son royal ennui. Le valet devient alors premier ministre et tombe réellement amoureux de la reine. Mais Don Salluste ne l’entend pas de cette oreille…

Drame et comédie

Dans Ruy Blas, le démiurge Hugo place un va-

let dans le monde des puissants. Si l’homme du peuple parvient un temps à séduire la dame de sang royal, l’étau tragique se referme finalement sur lui. Victor Hugo produisait en 1838 une pièce à l’intrigue complexe, un monument du théâtre mêlant le mélodrame (retournements de situations, enlèvements…), tragédie (assassinat, suicide) mais aussi comédie (notamment l’épisode où le véritable Don César réapparaît de manière comique par la cheminée à l’acte IV). Don César est d’ailleurs une sorte de double grotesque de Ruy Blas, un aristocrate aussi risible que Don Salluste se montre machiavélique. La pièce fut l’occasion pour Victor Hugo de réaffirmer son attachement au peuple. « Le drame hugolien parle au peuple. Et aux enfants. A tous ceux qui aiment qu’on leur conte des histoires », souligne le metteur en scène Jacques Bachelier. - Marc Vincent -

Ruy Blas, Le PréO, Oberhausbergen, 22 janvier à 20h30 et 23 janvier à 17h - www.le-preo.fr


Théâtres

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Mon histoire du théâtre à La Filature Depuis la nuit des temps, le théâtre nous raconte des histoires… mais le théâtre a aussi une histoire. C’est cette histoire avec un grand H qu’a choisi de nous conter la comédienne Marly Barnabé. Seule en scène (en alternance avec Marie-Hélène Causse), elle parcourt l’histoire du théâtre entourée par les spectateurs, de l’Antiquité à nos jours, d’Euripide à Olivier Py en passant par Shakespeare et Goethe.

© Mlle Dimanche

La tâche peut sembler ardue. Condenser l’histoire du théâtre occidental en une heure vingt n’est pas chose aisée. Mon histoire du théâtre suit bien sûr une chronologie jalonnée des dates et des auteurs clés du théâtre, pour guider les spectateurs disposés en arcs de cercle comme dans les amphithéâtres de l’Antiquité, tandis que la fuite du temps est matérialisée par une clepsydre. Certains dramaturges incontournables sont présents comme Euripide, le poète tragique de l’Antiquité qui inspirera les tragiques latins, Racine et plus tard Schiller et Goethe. Marly Barnabé convoque différents styles, la tragédie donc mais aussi, toujours à l’époque de l’Antiquité, l’auteur latin Plaute que beaucoup tiennent

pour le fondateur de l’ironie et de l’opéra comiques. Incontournables également les piliers que sont Shakespeare et Molière. Pour chaque période, Marly Barnabé interprète

un chant de la langue du pays abordé, accompagnant l’extrait de pièce, et donne quelques repères historiques, car le théâtre a toujours suivi de près l’évolution de la société,

contribuant parfois à son avancement, terrain d’expression d’idéaux divers. La comédienne se fait donc également chanteuse mais aussi marionnettiste et conteuse. Les deux personnages en bois sur la scène nous rappellent que le théâtre nous parle d’abord de la vie, et que depuis l’Antiquité l’art dramatique a toujours consisté à confronter les hommes, susciter le dialogue et la réflexion. Marly Barnabé dirige depuis trois saisons des ateliers théâtre à l’Espace Grün, rompue à l’art exigeant d’enseigner et raconter le théâtre, une expérience qu’elle met à présent à profit pour nous conter son histoire du théâtre. - Sophie Choffant -

Mon histoire du théâtre, Marly Barnabé, La Filature, Mulhouse, 15 janvier à 19h30, 18 janvier à 19h et 19 janvier à 19h30 – www.lafilature.org

Le jardin de Beamon L’écriture de Fabrice Melquiot séduit les metteurs en scène depuis quelques années et ses pièces sont de plus en plus jouées en France. Le jardin de Beamon, sa première œuvre dramatique écrite en 1999, est une adaptation libre de l’épisode du jardin d’Eden dans la Bible, qui nous parle de désir et d’innocence, de rédemption et de solitude.

‘‘ Quatre solitudes qui racontent la quête de l’autre, la nécessité de la rencontre pour arriver à vivre ’’ Pierre-Etienne Vilbert

L’histoire

Errance des personnages

Lucifer, le seigneur des démons, qui a un jour tourné le dos à Dieu et son paradis, veut réintégrer la demeure céleste. La petite fille, qui vient de mourir, est perdue, âme errante qui ne sait où aller. Seule cette dernière porte encore en elle l’innocence qui ne dure pas, tant souhaitée par le docteur Beamon. Fabrice Melquiot prenait comme point de départ pour sa première pièce une thématique largement traitée. Pierre-Etienne Vilbert avoue d’ailleurs avoir ressenti « un écho lointain avec ma propre première pièce, Proelium, qui raconte également la rencontre inattendue d’un homme et du Diable ». Melquiot s’empare de cette thématique à travers une œuvre légère et poétique, non dénuée d’humour et « pleinement accessible au jeune public » note encore le directeur des Compagnons de Daoloth. Fabrice Melquiot livrait une histoire proche d’un conte philosophique dont les thèmes (la quête de l’innocence, la vie et la mort, le pardon et la rédemption) sont finalement universels. Le jardin de Beamon nous parle également de nos travers, l’égoïsme, l’envie, la solitude et cette « recherche effrénée de savoir et de contrôle » du docteur Beamon, « victime de son propre désir aveugle qui l’amène à rater la spontanéité que précisément il convoitait » note encore Pierre-Etienne Vilbert.


Cultiver son jardin

- Paul Sobrin -

Le jardin de Beamon, d’après Fabrice Melquiot, mise en scène Pierre-Etienne Vilbert (Les Compagnons de Daoloth), Taps Gare, Strasbourg, du 25 au 30 janvier - www.taps.strasbourg.eu

Le jardin, lieu hautement symbolique qui rappellera l’Eden biblique mais aussi le jardin que l’on cultive dans Candide de Voltaire, est le lieu de toutes les rencontres, l’endroit où se nouent les relations et où se forment les désirs. Lieu de l’accomplissement également ? Fabrice Melquiot semble nous dire ici que rien de grand ne peut s’accomplir sans l’aide de son prochain. « Quatre solitudes qui racontent la quête de l’autre, la nécessité de la rencontre pour arriver à vivre ». 


Verticalité

Pierre-Etienne Vilbert s’attachera dans cette nouvelle création à traiter le thème de la verticalité, « particulièrement présente tout au long du récit ». Pas étonnant lorsque l’on est face à une histoire d’anges déchus, où la métaphore de la chute (mais aussi celle du désir d’ascension) est particulièrement présente. Le fameux rouge météorite si prisé par le docteur Beamon sera bien sûr également un aspect fort de la pièce. « J’aimerais donc travailler sur le sens des couleurs, leur présence ou leur disparition » note encore Pierre-Etienne Vilbert. 
 Cette pièce est aussi l’occasion pour les Compagnons de Daoloth de travailler pour la première fois avec une marionnette qui figurera la petite fille, un archipel de poésie

© Sébastien Robert

Le docteur Beamon est en fin de vie. Son visage est gris, terne, de la couleur de ceux qui ont trop vécu, et surtout mal vécu. Mais revenir à une certaine innocence est-il possible lorsque l’on est un vieil homme cultivant seul son jardin ? Le bilan à la fin de sa vie est peu reluisant. Comment retrouver la fraîcheur de la jeunesse ? Comment retrouver ce rouge aux joues de notre enfance, cette timidité devant les choses de la vie ? Fabrice Melquiot met aux prises quatre personnages qui ont tous chuté à un moment ou un autre.

supplémentaire que la compagnie ne manquera pas d’exploiter. © Sébastien Robert

Dans Le jardin de Beamon, Fabrice Melquiot traite du thème de l’ange déchu. Un personnage en talons aiguilles s’écrase dans un jardin. Le propriétaire, le docteur Beamon, fait la rencontre de cet être peu ordinaire qui s’appelle l’Ange-Lyre. Ce dernier cherche un moyen pour remonter dans le ciel. Beamon est lui aussi un être particulier, procédant à des expériences sur sa propre personne. Le docteur Beamon souhaite en effet devenir rouge… Unique moyen pour lui de retrouver une innocence qu’il dit avoir perdue. Lucifer apparait alors, et demande à l'Ange-Lyre de l’aider à remonter au ciel. Le docteur Beamon est quant à lui fasciné par le gant de toilette rouge météorite de Lucifer. Il accepte de céder son âme à Lucifer contre ce gant de toilette. Lorsque le docteur réalise qu’il n’a pas obtenu le rouge météorite qu’il souhaitait (il ne récolte au final qu’un rouge sang somme toute très commun…), il est désespéré. Heureusement pour lui une petite fille fait son entrée dans le jardin, qui va l’aider à récupérer son âme et en même temps obtenir cette fameuse couleur rouge météorite qu’il chérit tant…


Théâtres

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Mary Stuart et Ciseaux, papier, caillou au TNS En janvier, le Théâtre National de Strasbourg convie grands de ce monde et gens ordinaires, proposant successivement une tragédie historique et une tragédie du quotidien. Romantisme allemand empreint de classicisme ou théâtre contemporain sont au programme en janvier à Strasbourg. © Frederic Iovino

Mary Stuart et la raison d’État

© Elisabeth Carecchio

Au XVIe siècle en Angleterre, le trône est convoité par deux femmes : Mary Stuart par le sang, reine d’Écosse, et Elizabeth par testament. Cette dernière fait emprisonner Mary Stuart durant vingt ans. Stuart Seide, directeur du Théâtre du Nord à Lille, met en scène cette pièce de Schiller où la dimension féminine est prépondérante. Dans un monde régi par les hommes, Schiller nous donne à voir des femmes aux pouvoirs et les effets de cette condition sur leurs comportements. Opposées par la religion – l’une est catholique, l’autre protestante - et l’amour – les deux femmes sont amoureuses du même homme, le comte de Leicester - , Mary et Elisabeth sont-elles aux commandes de leur destin ou à la merci d’un destin national ? « L’Angleterre toute entière garde les portes de mon cachot », dit Mary Stuart qui met en évidence ici la raison d’État toute puissante. Schiller rendait en 1800 une pièce emplie de passions. « La pièce parle du choix, de ce que nous sommes, ce que nous paraissons, tout cela dans une écriture dense, ramassée, passionnelle », explique Stuart Seide. Une pièce à laquelle Schiller apporte la noirceur et la sobriété du romantisme allemand, fidèlement retranscrite à travers les décors et les costumes. La mise en scène va elle aussi au

cœur du drame et du texte. Une nouvelle traduction et version scénique de Mary Stuart par Eberhard Spreng et Stuart Seide est publiée par les éditions La Fontaine.

Ciseaux, papier, caillou et la tragédie du quotidien

Daniel Keene nous invite à entrer dans le quotidien d’une famille ordinaire dont le père vient de perdre son emploi. Cette mise en scène à quatre mains de Marie-Christine

Soma et Daniel Jeanneteau donne à voir les effets du dénuement sur l’être humain. Dans sa cuisine, Kevin, tailleur de pierre au chômage, se retrouve face à lui-même. Que faire lorsque la société vous classe dans la catégorie des sans emploi ? Qu’induit cette position dans la société, presque un déclassement parfois ? Qu’induit cette situation chez un homme et ses proches ? C’est finalement la question de l’identité, plus que de la marge, que porte Ciseaux, papier, caillou. Dans cette “première pression à froid de l’expérience” selon Keene, cette courte pièce nous présente des êtres à la dérive. « Mon

plus vif désir quand j'ai commencé à écrire Ciseaux, papier, caillou, c’était de créer un personnage dont on puisse dire que c'est « un homme bien », quelqu'un dont la famille comptait plus que tout, qui était fier de pouvoir prendre soin d'elle », expliquait Daniel Keene en 2007. « Quand un tel homme perd son travail, il perd beaucoup plus que ça. Il perd le sens de ce qu’il vaut, il perd la réalité qui le définit. Il doit essayer de se recréer». Daniel Keene nous propose d’embarquer avec Kevin et sa famille de ce voyage qui lui permettra de se reconstruire. Et le père de famille de devenir alors, d’une certaine manière, un héros du quotidien. - Paul Sobrin -

A voir au théâtre National de Strasbourg en janvier : Mary Stuart, d’après Schiller, mise en scène Stuart Seide, du 12 au 28 janvier Ciseaux, papier, caillou, d’après Daniel Keene, mise en scène Marie-Christine Soma et Daniel Jeanneteau, du 14 au 22 janvier - www.tns.fr


Danses

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Virginia Heinen à Pôle Sud La compagnie Blicke revient à Pôle Sud en janvier pour présenter sa nouvelle création Romanze. Une pièce au nom évocateur qui mobilise en effet le sentiment amoureux et ce qu’il induit d’échange d’énergie entre deux êtres. Virginia Heinen collabore ici avec Martin Grandperret dans ce duo intime entre un homme et une femme. Il sera bien sûr question d’amour mais aussi d’antagonisme, une douce confrontation qui oppose et unit les deux danseurs.

© Raoul Gilibert

Cette intimité n’exclut pas des sentiments et des mouvements contradictoires, attraction/ répulsion, excitation/lassitude, un aller-retour qui suscite la vie finalement. Attention cependant à ne pas tomber dans les excès, passion aveugle qui finit par devenir destructrice, ou ennui tournant au calme plat et finalement à la sclérose. « La routine, la répétition des mouvements, se heurtent à la poésie et la tuent. Et voilà que la réalité les rattrape, le

© Raoul Gilibert

Accueillie notamment en résidence à l’Agence culturelle d’Alsace à Sélestat, la Fabrique de Théâtre à Strasbourg et le Centre Chorégraphique de la Ville de Strasbourg, Virginia Heinen a souhaité aller plus loin dans sa collaboration avec Martin Grandperret, rencontré sur sa dernière création Memoria. Les portés fluides élaborés dans cette précédente pièce se poursuivent dans Romanze. Les deux chorégraphes souhaitent réinstaurer cet équilibre qu’ils avaient recherché dans Memoria. Romanze comme son nom l’indique, traite de la relation amoureuse, de passion également, moteur des interactions entre deux êtres qui finissent par ne former qu’un seul corps.

quotidien prend le dessus » souligne Virginia Heinen. Contenir cet équilibre fragile entre deux individualités et un couple uni, préserver une certaine transparence des sentiments, voici une tâche des plus ardues. Les

portés induisent notamment cette fragilité. « Une partie importante de ce vocabulaire corporel était le travail sur les portés : avec des équilibres fragiles, souvent sans prises des mains, fluides et apparemment sans pesanteur, dans un temps suspendu comme les portés avec les risques de l'oblique, de plein vol mais sans dureté », note la chorégraphe. Assistés en cela par un collaborateur artistique pour la dramaturgie, Virginia Heinen

et Martin Grandperret ont souhaité apporter une dimension théâtrale pour mieux incarner ce couple en équilibre entre la communion et le déchirement. - Amandine Mannier -

Romanze, duo de Virginia Heinen et Martin Grandperret, Pôle Sud, Strasbourg, 18 et 19 janvier - www.pole-sud.fr

Ouvrez les yeux

Politrics - Le dessin politique de Tomi Ungerer Jusqu’au 29 mars, le musée Tomi Ungerer – Centre international de l’illustration propose une exposition consacrée aux dessins politiques de l’artiste alsacien. A partir de 120 œuvres issues de collections du musée et du dessinateur, l’exposition met en lumière l’une des facettes les plus importantes de l’œuvre de Tomi Ungerer : le dessin engagé. Rompu à l’art de la satire à travers ses dessins pour de nombreuses publications américaines dans les années 60 (The New York Times, Esquire, Life…), Tomi Ungerer s’est tourné très tôt dans sa carrière vers un propos politique. L’artiste est connu pour ses affiches contre la guerre du Viêt-Nam qu’il réalise lorsqu’il réside aux Etats-Unis. Immergé dans la vie américaine, parallèlement à ses activités de dessinateur publicitaire et d’illustrateur pour enfant, il prend fait et cause pour le retour des GI’s aux USA. Il faut dire que les occasions de s’indigner ne manquent pas dans l’Amérique des années 60, du conflit en Extrême-Orient au combat pour les droits civils aux États-Unis. Il trouve dans ces deux thématiques l’occasion de produire sa critique la plus virulente, Ungerer passant du monde de l’enfance à la politique internationale avec aisance. L’artiste sait aiguiser sa plume quand il le faut, et son retour en Europe à la fin des années 70 n’éteint pas cette féroce volonté de dénoncer les injustices. Farouche antinationaliste et antimilitariste, c’est d’ailleurs en partie sa haine de la guerre du Viêt-Nam qui lui vaut de partir pour le Canada avec son épouse

Ungerer a déclaré que l’humour est un mécanisme de défense contre les méfaits de la société, tout en précisant que la colère est également un moteur essentiel de son travail. l’occupation nazie est intraitable envers les maux du monde moderne qu’il nomme ses « Bêtes noires ».

Tomi Ungerer, « Bête Noire », 1994. Dessin inédit. Encre de Chine et encre rouge. Collection Musée Tomi Ungerer - Centre international de l'Illustration, Strasbourg

© Musées de la Ville de Strasbourg/ Tomi Ungerer. Photo- Musées de la Ville de Strasbourg en 1971. Dans les années 80, le crayon reste la meilleure arme de l’artiste pour dénoncer la consommation galopante, l’industrialisation à outrance et le militarisme. Ungerer a déclaré que l’humour est un mécanisme de défense contre les méfaits de la société, tout en précisant que la colère est également un moteur essentiel de son travail. Nul doute qu’un esprit bien trempé, contre toute forme d’autorité, est également un trait caractéristi-

que de l’artiste, renvoyé du lycée sans passer le bac, souvent puni de parler Alsacien, renvoyé également des Arts Décoratifs de Strasbourg… pour indiscipline. Les nombreux voyages de Tomi Ungerer (Laponie, Algérie, Etats-Unis, Canada…) lui ont sans doute apporté le recul nécessaire pour aborder des sujets très variés, à l’image d’un trait de crayon à la fois léger et aiguisé. Celui qui réalise ses premiers dessins satiriques durant

L’exposition Politrics donne à voir un condensé de l’actualité internationale, ségrégation, guerres, communisme, nucléaire, ce dernier thème étant notamment traité à travers une série inédite de dessins issus du Tomi Ungerer’s Schwarzbuch (livre noir) publié en 1985 et qui a récemment intégré le fond du musée. L’exposition est complétée par une série de dessins originaux de Max Fabre, satire de la caste politique et de la fracture sociale en France en 1974. « Tomi Ungerer. La sombre séduction du fascisme», film réalisé par Célia Lowenstein en 1996, sera également diffusé durant l’exposition. - Dominique Demangeot -

Politrics - Le dessin politique de Tomi Ungerer, Musée Tomi Ungerer – Centre international de l’illustration, Strasbourg, jusqu’au 29 mars 2011 – www.musees-strasbourg.eu


Chroniques CD

14

La Sélection albums 2010 de Diversions ROCK BLUES

BLUES’N’ROLL

ELECTRO HIP HOP

FOLK

ELECTRO

Gorillaz The Dead Weather Sea Of Cowards (Warner Brothers) Il se produit parfois des réunions dans le monde du rock qui vont à coup sûr électriser les foules. C’est le cas avec Jack White (à la batterie, au chant et à la guitare !) et Alison Mosshart se réunissant pour la seconde fois à l’occasion du projet The Dead Weather. Le blues et la fureur, le sang et la sueur règnent en maître sur une galette roots comme on n’en fait plus guère. Le grain de guitare est sale, la batterie pressée, les deux voix urgentes. Sea Of Cowards ou l’union sacrée du blues rock huileux de Jack White et des vélléités post punk d’Alison Mosshart lorsqu’elle officie au sein de The Kills. The Dead Weather, c’est finalement la schizophrénie de Jack White entraînant dans son sillage diabolique Alison Mosshart, d’ordinaire plus posée. Ici la brunette se métamorphose jusqu’à prendre des poses furieuses à la Janis Joplin (le très inflammable Gasoline).

Plastic Beach

Solange la Frange Solange la Frange

(Two Gentlemen Records) Accompagnée de ses deux compères, Julie (pas Solange) enchaîne les morceaux fiévreux, nourris d’une tension qui s’apparente tout à fait à une énergie rock lors de moments particulièrement chaotiques. L’esthétique dominante reste cependant l’électro, mais une électro nourrie d’un esprit férocement punk, dans sa rage et ses déchaînements. Ainsi Wak a Wak avance une ligne de basse bien affirmée, tandis que Open The Door My Dear sort les guitares et la batterie pour un morceau ne nous laissant là encore que peu d’occasions de respirer. Et même si sur scène le trio joue sans batteur, la rage est bien là et l’important est que l’ensemble groove méchamment... - Sébastien Marais -

- Dominique Demangeot -

The Washing Machine Cie Nutty As A Fruitcake (Troll’s Prod/Why Note) The Washing Machine Cie qualifient eux-mêmes leur musique de ‘’Blues’n’roll’’, néologisme qui, admettons-le, convient parfaitement à l’atmosphère générée par le groupe. L’arrangement musical évidemment fait la part belle aux guitares languissantes. L’harmonica s’invite sur chaque morceau comme une voix à part entière. Quant à celle d’Amandine, elle est envoûtante, intense sans être mélodramatique. Le ton oscille entre une Rosemary Standley du groupe Moriarty (Fleeing From) et une Izia (Naco). Le ton bluesy s’efface alors aussi brutalement qu’une giboulée devant une tonitruance rock’n’roll des plus pures. Car le blues’n’roll de The Washing Machine Cie n’est qu’une façade qui cache un univers musical plus riche qu’ils ne veulent bien l’avouer, tournant parfois autour d’une pop typée (Daylight) ou d’un jazz discret (Dark Side). - Caroline Dreux -

Oxo Production présente Compagnie LES FARFADAIS

Les Stars du Catch européen

Axone de Montbéliard Vendredi 28 janvier Carré or : 45€/40€ /35€ - assis numéroté Tarif enfant pour les moins de 12 ans: 29€ sur toutes les catégories.

Palais des sports de Mulhouse Samedi 22 janvier 45/35€, 25€ au lieu de 35€ pour les enfants de moins de 12 ans.

« Mana » - Cirque Moderne

Arts de la rue, nouveau cirque
 L’histoire de la compagnie, venue de la rue C’est devant le centre Beaubourg (centre Georges Pompidou) à Paris que les Farfadais sont nés. Créée en 1999 par Alexandre et Stéphane HAFFNER, la compagnie impose très vite son univers. Les Farfadais imaginent des numéros visuels de plus en plus spectaculaires et développent un univers fantastique sur le thème des 4 éléments.
Les Farfadais présentent un savant mélange entre deux mondes visuels : celui du travail sur le corps , avec une troupe d’acrobates hors pair, et celui de l’univers fantastico-mythologique, avec des décors et costumes magnifiques.
Le spectacle Mana est né à Vittel en 2004 et a été présenté dès 2005 à Paris.

Les Farfadais baladent leur univers aux quatre coins de la planète : USA, Turquie, Tchéquoslovaquie, Japon, Italie, Allemagne…. 
 Vidéo à voir absolument sur www.oxoproduction.com

Le Choc des Gladiateurs

Après le succès rencontré l'année dernière, les célèbres catcheurs du Choc des Gladiateurs sont de retour à Mulhouse! Retrouvez sur le ring les plus grandes vedettes de la WRESTLING STARS ( Jo Atlas, Domino, Jimmy Gavroche, etc) et leurs nouveaux invités (dont un américain) pour de nouveaux combats tout aussi époustouflants et sportifs. Au programme 5 MATCHS dont un match féminin, un match à 4 et un match défi franco-américain. Mais comme les spectateurs ont pu le voir l'année dernière, nous ne sommes jamais à l'abri de combats surprises! Des sportifs de haut niveau (lourds, milourds, voltigeurs...), de supers combats exceptionnels et spectaculaires avec des voltiges impressionnantes et des prises impitoyables. Un grand événement à voir en famille. Durée : 2H30 avec entracte. Ce gala de catch exclu toutes les actions pouvant choquer la sensibilité des uns et des autres. Il s’agit d’un événement sportif.

(Capitol) Le troisième et attendu album de Gorillaz est enfin paru, un nouvel opus qui marque un attachement fort, dans le visuel et les paroles, à l’environnement. Mais là n’est pas l’originalité, vous vous en doutez. Le groupe virtuel de Damon Albarn et consorts mène toujours sa barque avec brio. Les synthés sont au rendez-vous, tout comme les guest stars de luxe : Snoop Dogg (qui ouvre les festivités sur la galette), Bobby Womack (qui clôt le tout avec la classe qu’on lui connaît), De La Soul, Mos Def, Lou Reed, Mick Jones. Damon Albarn se fait plutôt discret sur cet album, allant d’un titre à l’autre pour assurer les chœurs, si ce n’est sur quatre morceaux où il est très présent. Entre l’électro dub cuivrée Rhinestone Eyes, et les couleurs orientales de White Flag, Plastic Beach aligne une belle variété de morceaux, qu’ils soient lo-fi tendance bricole (Superfast Jellyfish) ou plus complexes (Electric Shock). - Bertrand Demornieux -

Damien Jurado Saint Bartlett

(Secretly Canadian/Differ-Ant) Damien Jurado est de ces songwriters qui ne s’arrêtent jamais d’écrire. Saint Bartlett, le nouvel album en question, sort bientôt et promet du remue-ménage dans la fanbase de Jurado, souvent habituée à des folksongs épurées ou des miniatures rock indé aux textes mélancoliques à souhaits.Damien Jurado a travaillé en binôme avec Richard Swift, avec qui il partage le même label et un goût prononcé pour la pop 60’s. Swift a donc revêtu son costume de Phil Spector, a produit et accompagné Jurado derrière divers instruments. Le résultat est en demi-teinte parce que Jurado s’aventure dans des terrains peu empruntés auparavant et peut surprendre voire dérouter. Mais Damien Jurado n’oublie pas de glisser quelques folksongs de haute volée et de nous rappeler qu’il est un grand interprète. - Simon Grangereau -


Cinéma 5 janvier

15

Ramona and Beezus

Même la pluie

De Elizabeth Allen

Histoire

avec Joey King, Selena Gomez, John Corbett Les aventures de la jeune écolière Ramona Quimby.

Comédie

De Icíar Bollaín

avec Luis Tosar, Gael García Bernal Sebastian, jeune réalisateur et son producteur tournent un film dans les montagnes boliviennes. L’un des figurants locaux interrompt le tournage en se révoltant car les autorités veulent privatiser l’accès à l’eau courante. Costa et Sebastian se retrouvent embarqués malgré eux au coeur d’une lutte sociale.

Au-delà

De Clint Eastwood

Thriller

avec Cécile De France, Thierry Neuvic George est un ouvrier américain capable de communiquer avec les morts. Marie, une journaliste française, a quant à elle frôlé la mort. Marcus, collégien à Londres, tente de comprendre pourquoi la personne la plus proche de lui est morte. Leurs chemins vont se croiser…

Somewhere

De Sofia Coppola

Drame

avec Stephen Dorff, Elle Fanning L’acteur Johnny Marco est une star qui enchaîne les fêtes et les conquêtes. Son ex-femme lui envoie Cleo, sa fille de 11 ans. Le père et la fille vont s’apprivoiser mutuellement, et il se pourrait bien que Johnny apprenne beaucoup de sa jeune enfant...

The Green Hornet, le 12 janvier Le Fils à Jo

Incendies

Comédie

Drame

De Philippe Guillard avec Gérard Lanvin, Olivier Marchal Jo Canavaro, issu d’une famille de légendes du rugby, élève seul son fils de 13 ans dans un petit village du Tarn. Mais son fils préfère les maths au rugby et Joe va tout faire pour changer cela...

Harry Brown

avec Lubna Azabal, Mélissa DésormeauxPoulin A la lecture du testament de leur mère, Jeanne et Simon Marwan se voient remettre deux enveloppes : l’une destinée à un père qu’ils croyaient mort, l‘autre à un frère dont ils ignoraient l’existence.

Thriller

Stretch

De Daniel Barber

La Guerre des pères De Rick Famuyiwa

Comédie

avec Forest Whitaker, America Ferrera Deux pères qui ne s’entendent pas du tout s’apprêtent à marier leurs enfants...

La Chance de ma vie De Nicolas Cuche

Comédie romantique

avec François-xavier Demaison, Virginie Efira Julien Monnier est conseiller conjugal mais ses relations de couple sont désastreuses. Il porte en effet malheur aux femmes...

De Denis Villeneuve

avec Michael Caine, Emily Mortimer Un ex-gendarme à la retraite vit au sein d’une communauté où règne le crime. Lorsque son meilleur ami se fait tuer, il reprend du service pour se faire justice lui-même.

Le Dernier des Templiers

De Charles de Meaux

Drame

avec Nicolas Cazalé, Nicolas Duvauchelle Un jeune jockey français se voit obligé de partir courir à Macao. Il constate que les règles du jeu sont très différentes...

De Dominic Sena

Arrietty le petit monde des chapardeurs

avec Nicolas Cage, Ron Perlman Au Moyen-Âge, le chevalier Bethem reçoit pour mission d’escorter une jeune fille accusée d’être une sorcière qui a propagé la peste. Il va pourtant tenter de prouver qu’elle est innocente.

Animation

Thriller / Fantastique

Le Thanato

De Frédéric Cerulli

Thriller

avec Gérard Meylan, Chantal Lauby Norman est embaumeur de corps. Il fait partie d’un clan avec le maire, le médecin légiste, l’assureur et le premier adjoint. Ils maquillent des meutres pour gagner de l’argent. Mais l’arrivée d’une femme va contrecarrer leurs plans.

Gigola

De Laure Charpentier

Drame

avec Lou Doillon, Thierry Lhermitte George est une jeune collégienne homosexuelle. Elle tombe amoureuse d’un de ses professeurs. Ils vivent secrètement leur amour durant trois ans, jusqu’à ce que l’homme se suicide. Détruite, George devient Gigola, sorte de gigolo pour dames à l’aspect angrogyne.

De Hiromasa Yonebayashi

Arrietty Clok est une lutine voleuse de 14 ans, vivant tapie sous le plancher d’une maison avec sa famille. Mais elle se lie d’amitié avec Shô, un jeune garçon humain dans cette histoire dont le scénario a été écrit par Hayao Miyazaki.

Gigola, le 19 janvier Africa United

De Debs Gardner-Paterson

Comédie dramatique

Nos résistances

De Romain Cogitore

Drame

avec Michel Vuillermoz, Grégoire Colin Durant l’été 1944, un jeune secouriste rejoint un groupe de quinze résistants et entre de plein pied dans la guerre, bien malgré lui.

Fortapàsc

Poupoupidou

De Gérald Hustache-Mathieu

Drame

avec Jean-Paul Rouve, Sophie Quinton Un auteur de polars à succès rencontre à Mouthe l’effigie blonde du fromage Belle de Jura, star en Franche-Comté. Lorsque la jeune Candice est retrouvée morte, l’écrivain croit avoir l’inspiration pour un nouveau roman...

De Marco Risi

L’Info est-elle comestible ?

avec Libero De Rienzo, Valentina Lodovini Les quatre derniers mois de la vie d’un journaliste qui s’est intéressé de trop près à la Mafia.

Documentaire

Drame

12 janvier The Green Hornet De Michel Gondry

Action

avec Seth Rogen, Cameron Diaz Britt Reid veut venger son père, directeur du journal Daily Sentinel, assassiné pour avoir voulu enquêter sur la corruption qui sévit en ville. Britt reprend le flambeau de son père et devient à son tour un justicier masqué : le Frelon Vert, conduisant une superbe voiture gadget aux côtés de son ami Kato.

avec Eriya Ndayambaje Trois enfants rwandais tentent d’assister à la cérémonie d’ouverture de la Coupe du Monde de Football 2010 à Johannesburg. Leur périple traversera 5000 km et 7 pays d’Afrique...

De Laurent Gervereau

Enquête sur la crise des médias (presse, télévision, radio et Internet) entre France, Suisse et Allemagne, ponctué d’entretiens inédits avec Jean-Christophe Averty, Plantu, Kiki Picasso, à Libération ou au Figaro, à Bakchich Info ou France 24...

19 janvier Propriété interdite (Faites demi-tour dès que possible) De Hélène Angel

Thriller / Drame

avec Charles Berling, Valérie Bonneton Claire et Benoît vendent la maison de famille dans laquelle le frère de Claire s’est récemment suicidé. Claire est persuadée qu’ils ne sont pas seuls dans la maison...

Abel

De Diego Luna

Drame

avec Geraldine Alejandra, Karina Gidi Le jeune Abel, 9 ans, ne parle plus depuis que son père a quitté la maison. Quand il retrouve la parole, il se prend pour le chef de famille et personne ne proteste... jusqu’au jour où son père est de retour...

Au-dela, le 19 janvier

L’Enfance d’Icare

De Alexandre Lordachescu

Thriller

avec Guillaume Depardieu Jonathan Vogel perd une jambe après un accident. Un médecin lui propose de tester un nouveau traitement révolutionnaire qui se transforme malheureusement en erreur médicale.


Diversions Alsace janvier 2011  

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