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B ulle t in du diocès e de Rabat - Ann ée 2 0 1 9 - N° 1 5 1 - Ju i n

Dossier : Regards croisés sur la visite du Pape François


Échos des régions

Dossier

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Vie du diocèse

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Vie au Maroc

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Nouvelles du diocèse

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Responsable de rédaction : Pascale Bonef Adresse : Archevêché de Rabat - B.P. 413 RP 10 001 Rabat Tél. : +212 619 143 369 www.dioceserabat.org Conception et mise en page : FILIGRANE Graphiste : Choumicha Chahim

Photo de couverture : Messe pontificale à Rabat le 31 mars 2019

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Correspondants locaux À Beni-Mellal À Casablanca À Mohammedia À El Jadida À Er Rachidia À Fès À Kénitra À Safi À Midelt À Oujda À Rabat À Settat

Ben-Zevy Moussoukoula Dreid Cyril Bouazo et Christophe Sidiguitiebe Gaël Lopez et Patricia Bieme Polo Assabe Félix Nkurunziza Georges Pascal Millimono Georges Epoupa Ilassy Keren Manzenge Corinne Arfeux Michel Masindraoka Jérôme Afangnibo, Raymond Allou et Magaly Nguema Lizzie Assare

Merci aux correspondants locaux d’avoir accepté cette mission de communication et de lienn°151 au service du diocèse. Ensemble Juin 2019 Coordonnées sur demande à : communication@dioceserabat.org


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uelques semaines après la visite que nous a rendue le Pape François, il a semblé intéressant de solliciter des personnes représentatives de tout le diocèse, et plus largement même, pour leur demander une expression personnelle quant à cette visite. L’exercice demandé à chacun était le suivant : quelle photo et/ou expression tirée des discours du pape retenez-vous ? Vous vous exprimerez personnellement sur votre choix depuis la fonction ou la position qui était la vôtre durant cette visite. Chacun a pu alors s’exprimer, qui comme choriste ou comme diacre, comme étudiant ou comme famille, comme webmaster ou comme « petite main », comme membre d’une association, ou d’une Église sœur, ou encore comme croyant catholique ou musulman, etc. Si toutes les personnes sollicitées n’ont pas répondu, beaucoup ont joué le jeu et le résultat donne ce magnifique patchwork de témoignages et de photos qui constitue le cœur de ce numéro. Regards croisés… Parce que notre regard a croisé celui du pape, et celui du pape a croisé le nôtre… Parce que grâce à la venue du pape notre regard a croisé différemment celui de notre voisin, le regard de mon voisin a croisé différemment le mien. Parce qu’au-delà des mots, au-delà des gestes même, au-delà de nos différences, quelque chose s’est vécu d’une rencontre au plus profond avec ce peuple marocain qui nous accueille, une communion dans la louange du Dieu unique et miséricordieux.

Éditorial

Regards croisés

Sr Pascale Bonef

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Mot du pasteur

Été : Temps de vacances  ? C’est quelque chose d’acquis : l’été, c’est un temps de vacances. Mais qu’y a-t-il dans ce mot « vacances »  ?

Temps de repos Certes, l’été est le temps le plus approprié pour se donner un temps de repos, de détente corporelle, pour récupérer de la fatigue, pour reprendre des forces. C’est absolument nécessaire, soit au rythme hebdomadaire (le dimanche), soit au cours de l’année, normalement pendant l’été. C’est pour cela qu’il n’est pas recommandable de prendre des vacances desquelles nous revenons plus fatigués, à cause des longs voyages, ou de l’excès de sport, ou simplement d’un rythme trop mouvementé. Les vacances doivent nous donner l’occasion de vivre plus paisiblement, en sérénité, en paix, en tranquillité. Quelles habitudes devrais-tu prendre ou quitter pour que cela devienne possible ?

Temps de nouveauté C’est le temps aussi pour rompre la routine de tous les jours et la monotonie des horaires de travail. Les vacances nous permettent d’introduire dans notre vie de la nouveauté… De nouveaux pays ou endroits, que nous visitons, mais aussi des nouvelles personnes que nous rencontrons et des nouvelles amitiés que nous tissons.

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Pourrais-tu penser d’ores et déjà à quelques activités « nouvelles » qui puissent introduire dans ta vie du nouveau et ainsi casser la routine ?

Mot du pasteur

C’est le temps de faire ce que nous avons toujours voulu faire et… que nous ne trouvons jamais le temps de faire : lire certains livres, aller au cinéma, aller à des concerts ou au théâtre… Mais aussi des nouvelles expériences : du bénévolat, du volontariat, un camp d’été, une rencontre familiale extraordinaire, retrouver de vieux amis en les visitant…

Il faudra sortir de la zone de confort où nous sommes probablement installés, bien sûr… mais ça vaut le coup.

Temps de ressourcement et de formation Et pourquoi pas ? Les vacances sont aussi un temps propice pour se ressourcer, pour se mettre à jour, pour se former. Surtout pour ceux qui sont toujours dans la vie active et qui ne trouvent pas le temps de faire un cours de quoi que ce soit, de lire un livre ou d’aller à une conférence. Chez nous, dans le diocèse, nous avons deux propositions intéressantes : le « séminaire d’islamologie », proposé par l’Institut Al Mowafaqa, du 15 au 25 juillet, et l’« Université d’été », organisée par l’AECAM pendant le mois d’août en trois sessions d’une semaine à peu près chacune. La première offre, le séminaire d’islamologie, est ouverte à toute personne intéressée par la connaissance de l’Islam et avec un niveau universitaire. La deuxième est carrément pensée pour les étudiants universitaires appartenant à nos communautés chrétiennes. Chaque année y participent environ une centaine de jeunes garçons et filles, de différents pays d’origine, mais avec une même foi chrétienne et appartenance à l’Église catholique. Pas n’importe comment, mais tous, nous devrions profiter des vacances pour nous ressourcer humainement et pour nous former chrétiennement. As-tu déjà pensé et décidé quels livres tu vas lire pendant l’été, et à quelles activités formatives tu vas participer ?

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Mot du pasteur

Temps de prière et de foi Il y a les vacances du travail ; nous prenons aussi des vacances de l’activité scolaire ou universitaire… mais y a-t-il des vacances de la famille, de la foi, de la prière, de la vie chrétienne ? Pouvons-nous laisser de côté toutes ces réalités pendant quelques semaines ? Évidemment, non. Nous sommes ce que nous sommes (enfants de Dieu, frères de Jésus et de toute l’humanité, temples de l’Esprit Saint, membres de l’Église, chrétiens !!!) toujours et partout. Nous ne pouvons nous dépouiller de la foi de la même façon que nous laissons les vêtements d’hiver quand arrive le printemps. Nous ne pouvons pas oublier ce qui donne du sens à notre vie… pour rester sans sens ou, pire encore, pour trouver un autre sens, ou un contre-sens. Les vacances, par contre, sont l’occasion pour donner plus de temps, plus d’intensité à notre relation avec Dieu, notre Père : nous pouvons plus et mieux prier, nous pouvons plus écouter la Parole de Dieu et plus célébrer l’Eucharistie. Nous pouvons donner du temps gratuit à des personnes -nos frères et nos sœurs- qui sont dans le besoin et la détresse… et pour lesquels tant de fois nous nous lamentons de rien ou presque rien pouvoir faire. Et cela, en commençant pour notre propre famille : parents et enfants peuvent partager davantage, jouer ensemble, discuter et dialoguer sur tout sujet…

Temps de vie, de joie, de paix… et d’amour : temps du règne de Dieu Bref, les vacances peuvent devenir un temps où la vie jaillit, un temps pour se réjouir en communion (en famille et en communauté), un temps pour construire des ponts qui nous conduisent vers la paix, un temps pour aimer et pour être aimés. Si nous faisons comme cela, les vacances ne seront pas un « temps perdu » ; tout au contraire : elles seront un temps pour faire avancer et grandir le Règne de Dieu… en nous et autour de nous. N’est-ce pas cela notre objectif dans la vie en tant que chrétiens ?

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Heureuses, saintes et fécondes vacances à tous !!! Otla saïda !!!

Mot du pasteur

Je ne veux pas finir ces mots sans m’adresser à tous ceux qui n’ont pas la chance de prendre de vacances, parfois parce qu’ils doivent travailler pour servir ceux qui ont la chance d’en prendre. Que votre travail soit aussi une occasion d’enrichissement personnel et de nouveauté ! Et que le temps des vacances vous arrive le plus tôt possible !!!

Communiqué du Saint-Siège en date du 24 mai 2019 Le Pape François a accepté la renonciation du père évêque Santiago Agrelo Martinez au gouvernement pastoral de l’archidiocèse de Tanger. En même temps le Pape a nommé le Mgr Cristóbal López Romero « Administrateur Apostolique », jusqu’à la nomination et prise de possession d’un nouvel évêque. « J’ai accepté cette nouvelle mission avec esprit d’obéissance et de disponibilité, et même s’il s’agit d’un service intérimaire, j’essaierai de faire de mon mieux pour accompagner et aider les communautés chrétiennes de notre diocèse frère. J’espère que cela ne m’empêchera pas de m’acquitter convenablement des engagements déjà prévus pour notre diocèse (j’espère surtout pouvoir dédier à Tanger le temps prévu pour les vacances à Rabat) et que le temps jusqu’à l’arrivée d’un nouvel évêque sera court. En tout cas, je me confie à vos prières… comme toujours, mais spécialement pour cette intention. C’est l’occasion de féliciter et remercier le Père évêque Santiago pour son dévouement pour le diocèse de Tanger et de lui souhaiter un bon temps de repos et de récupération toujours nécessaire. Prions pour lui. » P. Cristóbal López Romero

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Échos des régions

À Beni-Mellal Le pape nous a visités… et ensuite ?

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ans la foulée de la visite du pape, la communauté de Beni-Mellal s’est mise aussitôt au travail. Entre les préparations de Pâques et la suite du programme Serviteur de l’Espérance lancé en février dernier, nous n’avons pas chômé. Aude Brouba nous parle de la Semaine Sainte en ces termes : « Par ici on a un célébrant un dimanche sur deux, alors grande fut ma surprise d’apprendre qu’on aurait un Père pour célébrer la messe durant toute la période pascale. Père André au travers de ses homélies enrichissantes et fougueuses m’a communiqué le vrai sens de la joie pascale du Christ ressuscité. C’est avec beaucoup de recueillement et une profonde introspection de nos vies que nous avons vécu le Jeudi et le Vendredi Saints. Je ne cesserai jamais d’être touchée par l’humilité du geste du Lavement des pieds. Ce geste montre à quel point Jésus, au-delà des choses spirituelles nous a laissé un vrai héritage physique et palpable qui transparaît dans l’humilité de ce geste. La commémoration de la crucifixion s’est faite en silence dans l’adoration du Saint Sacrement et à la lumière des Évangiles. Nous nous quittons pour mieux nous retrouver lors de la veillée pascale. Le lendemain, on y est. La joie 8

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2ème rencontre estudiantine islamochrétienne sur « La religion comme source de paix »

Échos des régions

anime et éclaire les visages. Les uns et les autres s’affairent à allumer le feu. Chacun y met du sien en ajoutant sa petite brindille et tout le monde se presse autour du feu. On se communique la flamme de l’amour du don de Christ Sauveur. Ensuite nous entrons en procession, éclairés de nos bougies jusqu’à la chapelle. L’homélie nous invite à nous rappeler le sens de la résurrection. La résurrection représente la renaissance, le renouvellement de notre vie en Christ et de notre oui à Christ au travers de notre baptême. Et en parlant de baptême, le dimanche de Pâques a été marqué par celui de bébé Raphaël Vianney qui m’a fait voir à quel point la flamme de la Résurrection est forte et fragile et qu’il faut veiller sur elle, l’entretenir comme on le ferait avec un enfant. Après cela c’était la joie, nous avons partagé un barbecue avec tout le monde, on a mangé, échangé ! Ventre plein, homme heureux !! » D’un autre côté, Marcelin Bagre brosse notre travail de Serviteur de l’Espérance ainsi : « Le 1er mai dernier s’est tenu la 2ème rencontre estudiantine islamo-chrétienne de Beni-Mellal sur le thème « La religion comme source de paix ». Elle a commencé par une introduction musicale interreligieuse et a rassemblé 34 personnes dont trois venant de Rabat : M. Daniel Manaryo de l’Église Évangélique de Rabat, Sœur Nadège Kambiré et l’assistant pastoral Jean-Bosco Ningeza qui était conférencier aux côtés de M. Ousmane Coulibaly. De leurs interventions, nous retenons que la paix est un don de Dieu aux hommes et est ainsi perçue comme une situation de sécurité, elle demeure la condition sine qua non afin que le musulman et le chrétien puissent adorer Dieu. À la suite de la conférence, nous avons travaillé en ateliers sur deux questions proposées par les conférenciers. Comme lors de la première rencontre, nous avons terminé par une séance de questions-réponses avant la clôture de la rencontre par l’assistant pastoral Ben-Zevy Moussoukoula. » La voix de Beni-Mellal

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à Khouribga

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Visite de l’archevêque Cristóbal

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e roi David déclare, au psaume 133 : « Voici, oh ! Qu’il est agréable, qu’il est doux pour des frères de demeurer ensemble ! C’est comme la rosée de l’Hermon qui descend sur les montagnes de Sion ; car c’est là que l’Éternel envoie la bénédiction, la vie pour l’éternité. » Ce qui est intéressant dans ce passage, c’est que Dieu nous apprend qu’Il déverse ses bénédictions là où des frères sont réunis. Qui ne voudrait pas jouir des grâces de notre Seigneur ? C’est dans cette optique que l’Archevêque Cristóbal nous a fait l’honneur de sa visite pour partager la Parole de Dieu avec nous. D’une part, toute la communauté chrétienne catholique de Khouribga, y compris des frères et sœurs venus d’autres villes (Agadir, Settat…), a été agréablement marquée par la gentillesse, la douceur, l’humour, la bienveillance et l’humilité de cet homme au parcours et à la détermination exemplaires. D’autre part, les moments passés en sa présence furent des plus agréables, que ce soit de la messe jusqu’au déjeuner, en passant par la séance photo et la séance questions-réponses. Par ailleurs, l’Archevêque Cristóbal s’est montré très attentif à nos préoccupations et nous a fait comprendre qu’il faut toujours garder à l’esprit la volonté de Dieu, que ce soit à travers nos études ou nos projets d’avenir. Il nous a aussi expliqué le sens de sa devise sacerdotale : « Que Ton Règne vienne ». Somme toute, nous rendons grâce à Dieu pour la présence de l’Archevêque qui nous a richement bénis. Nous prions notre Seigneur Jésus-Christ de bénir son ministère et de le fortifier davantage dans toutes ses entreprises. Dossou Freddy

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À Agadir Voyage à la rencontre de Sa Sainteté le Pape François

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A

près un mois de préparation, de lecture, de réflexion et de méditation, le grand jour était enfin là. Le dimanche 31 mars 2019 notre groupe de paroissiens de l’église Sainte-Anne d’Agadir s’est rendu à Rabat pour la venue du Pape François. Le car a démarré très tôt le matin, et tout de suite nous avons pu ressentir un engagement de chacun, de la joie et un empressement d’être déjà sur place. Après un voyage sans encombre entrecoupé d’arrêts nous ayant permis de nous restaurer, nous arrivons à Rabat au complexe sportif Mohammed V vers 11h30. Là, nous recevons nos billets d‘entrée et nous rentrons dans le site, une organisation extraordinaire et une sécurité hors normes. Les pèlerins que nous sommes avons rejoint les milliers d’autres (entre 9 000 et 10 000), des prêtres, des religieuses en grand nombre. Tous, nous entrons dans une phase de surexcitation, d’attente et de questionnement entrecoupée des chants liturgiques de la chorale (environ 500 étudiants), qui nous ont maintenus en haleine jusqu’à l’arrivée de Sa Sainteté le Pape François.

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Enfin !!!!

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14h45 : le Pape arrive suivi d’un grand nombre d’évêques et de toute une suite de prêtres. Nous rentrons tous en communion avec le Pape, nous absorbons ses paroles, et rentrons en méditation liturgique. Ses paroles nous atteignent et nous mettent en mode réflexion. Ici les mots Communion, Amour, Fraternité et Tolérance prennent tout leur sens pour tous ceux qui étaient présents. 17h00 : direction le car afin de rentrer sur Agadir. Retour dans le calme et la piété, les paroles de Sa Sainteté le Pape nous trottaient dans la tête. Chacun de nous après un petit arrêt s’est réfugié dans son coin pour revivre les moments exceptionnels de cette journée. 00h15 : arrivée à Agadir devant l’église Sainte-Anne, nous nous quittons tous avec sur le visage des marques de béatitude, de bonheur, et de remerciements à notre Seigneur pour nous avoir permis de vivre ce moment inoubliable. Un pèlerin d’Agadir, Thierry Mosnier

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imanche de Pâques, nous avons fêté avec les 14 jeunes migrants qui étudient à l’école professionnelle de la Juk Spel et un jeune sorti de la prison, Lisboa. P. Isidore

Pâques à Kénitra

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Temps biblique avec l’AECAM

« C’était beau de dire les mêmes choses avec des mots différents. »

C

’était comme si on découvrait à nouveau notre histoire, à nouveau l’histoire de notre Seigneur Jésus. Comme pour réapprendre que sa résurrection fait partie des choses importantes de notre vie. En tout cas, c’est la sensation que nous avons eue, lorsqu’après la messe à l’église Pie X de Rabat, pendant que le soleil était au zénith à l’extérieur, nous sous sommes réunis dans la chapelle avec le Père Daniel Nourissat pour un temps biblique. Stylos et carnets de notes en main, Bible, Bible numérique- pour ne pas dire téléphone- comme pour montrer notre appartenance au temps présent, nous chantons un chant de la résurrection pour rentrer dans notre moment de partage. Un partage qui a commencé par un sondage des images, des passages qui nous viennent à l’esprit à l’annonce de la résurrection. Ensuite, chacun de nous a fait part de ce qui est important dans la vie pour lui. Puis nous avons fait un jeu magnifique. Celui d’écrire un timbre-poste : un petit carré à l’intérieur duquel chacun de nous a écrit ce en quoi il croyait dans la vie. Des réponses diverses ont fusé : de l’amour à Dieu, en passant par Jésus-Christ, sa résurrection. C’était beau, car nous disions les mêmes choses à travers de mots différents. Puis nous nous sommes répartis en 4 carrefours et nous avons étudié divers passages bibliques de la résurrection. Nous y avons décelé certes des différences, mais aussi des similitudes qui nous conduisent à dire cette vérité avec foi : Jésus est mort pour nos péchés, il est ressuscité, il s’est fait voir et nous envoie en mission.

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À Rabat

Jérôme Afangnibo

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L à Fès SHILO, une première

e Renouveau charismatique catholique de Fès en collaboration avec l’Apostolat missionnaire du Cénacle de la Côte d’Ivoire a organisé pour une première fois à Fès deux jours intenses d’évangélisation et de prières dénommé « SHILO » à la paroisse saint François d’Assise. Cet événement a eu pour thème le passage de Job chapitre 19 verset 25 « Mais je sais que mon Rédempteur est vivant et qu’il se lèvera le dernier sur la terre. » L’intervenant principal était le modérateur Epherlin de Lucrèce du Cénacle, venu de Côte d’Ivoire. Il avait pour l’assister Jean Baptiste Agai et Maria Thérésa du Renouveau charismatique de Fès. La foi et la prière ont été les sujets d’enseignement de l’orateur pendant les deux jours de Shilo. Une assemblée de fidèles chrétiens de Fès et d’autres villes sont venus l’écouter. Louanges, adoration, prières de délivrances, intercession, partage de pain et collation ont ponctué ce rendez-vous spirituel. La joie fut immense chez le curé de la paroisse le P. Matteo Revelli qui s’est réjoui de voir une telle mobilisation d’étudiants pour prier et fêter Dieu. Comité de Presse

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Regards croisés sur la visite du Pape François

Pendant la procession d’entrée, je n’ai pas vu le Pape François puisque je le précédais ; mais arrivé à l’autel, je l’ai suivi alors qu’il encensait l’autel puis la grande statue de la Vierge. J’ai tout de suite remarqué sa marche hésitante et lourde, la lenteur de ses gestes balançant l’encensoir et la fixité de son regard. Tout au long de la célébration eucharistique cette vision m’est restée : celle d’un homme portant une très lourde croix. L’âge, sans doute ; des problèmes de santé affectant sa marche, sans doute aussi ; mais surtout le poids du péché qui est venu ternir le rayonnement de notre Église. Quel poids sur les épaules de notre Pape ! Rejoindre son siège en haut de quelques marches était une épreuve qu’il ne pouvait accomplir seul. Cette photo me semble dire la lourde charge que porte notre Pape ! Mais là, c’est le Pape, fatigué, qui prend appui sur la Croix et son front y est tellement appuyé que le métal semble s’être déformé sous la pression. Le regard est horizontal, il porte sur « au loin », il semble mesurer toute la route qu’il lui reste à faire. Alors ma prière a été simple : j’ai demandé à Jésus de toujours susciter auprès du Pape François des Simon de Cyrène. Il a encore du chemin à parcourir, ses réformes ne sont pas achevées ! Lui-même, Jésus, comment aurait-il pu aller jusqu’au bout de son œuvre de Salut s’il n’avait eu pour l’aider, ce surcroît d’humanité ? Au moins par la prière, soutenons le Pape François ! Arnaud, Diacre

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Dans son discours en la cathédrale Saint-Pierre de Rabat, il me semble que le Pape François est satisfait de l’apostolat exercé par les ouvriers apostoliques de l’Église catholique au Maroc, à savoir : la promotion de l’œcuménisme et le dialogue interreligieux notamment avec l’islam ; le soin pastoral en faveur des prisonniers et des migrants. À cet effet, le Saint-Père déclare :  « Continuez à vous faire proches de ceux qui sont souvent laissés de côté, des petits et des pauvres, des prisonniers et des migrants. Que votre charité se fasse toujours active et soit ainsi un chemin de communion entre les chrétiens de toutes les confessions présentes au Maroc : l’œcuménisme de la charité. Qu’elle puisse être aussi un chemin de dialogue et de coopération avec nos frères et sœurs musulmans et avec toutes les personnes de bonne volonté ». Père Oscar Eoné Eoné, Chancelier-Archiviste

« Mais, il semble que le fils aîné n’aie pas apprécié les festivités de bienvenue, que cela lui ait coûté de supporter la joie du père ; il ne salue pas le retour de son frère et dit : « ton fils que voilà. » La visite du Saint-Père au Maroc en mars dernier a réjoui énormément de cœurs, son homélie en a touché des milliers dont le mien. Très souvent, nous nous croyons les seuls qui méritons l’amour, l’hospitalité et le pardon de Dieu. Son homélie nous invite à avoir un cœur aimant et accueillant. Accueillir qui en fait ? Il s’agit d’accueillir l’autre, mon semblable, mon prochain sans pour autant se mettre à le juger, à vouloir le catégoriser dans une place inférieure à la mienne. Nous nous perdons tous d’une manière ou d’une autre et Dieu miséricordieux nous accueille tous sans condition. Et c’est là, un exemple à suivre qu’Il nous donne. Keren Mazenge Sarah Assistante pastorale au service de l’AECAM

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Signe de la fraternité, de l’unité et de la communion de l’Église, le Pape, en nous visitant nous a donné du courage et de la joie ! On ne pouvait résister à la tentation de le toucher ou de se faire un petit selfie avec lui, malgré les instructions du Père Cristóbal… Mais en même temps vouloir le toucher n’était pas sans importance : le toucher donnait de la joie comme lui-même rayonnait de joie en se rendant compte qu’il y a de la joie dans les « périphéries » du Maroc, en découvrant la joie que le Christ qu’il sert met sur les visages de ceux qu’il visitait. Il nous a bousculés ce serviteur d’Espérance qui n’a cessé de nous exhorter à être à notre tour des serviteurs d’Espérance, cette Espérance qui fait grandir en nous « la culture de la miséricorde » qui nous appelle à toujours « être des signes de l’accolade et du cœur du Père » auprès de tous ceux qu’elle nous donne de rencontrer. Jean-Bosco Ningeza, Commission diocésaine du catéchuménat

« En tant que Commandeur des Croyants, je partage avec le Saint-Père la conviction d’une spiritualité agissante au service du bien commun. […] Notre foi se traduit en actions concrètes ; elle nous apprend à aimer notre prochain. Elle nous apprend à l’aider. […] Dieu pardonne. […] Dieu est miséricorde. […] Dieu est Amour. » Extrait du discours de Sa Majesté le Roi Mohammed VI Nous avons vécu la visite du pape François comme un immense cadeau qu’il a voulu faire à la petite communauté chrétienne du Maroc, les quelques milliers de personnes que nous sommes, cette périphérie à laquelle il pense si souvent. Quelle lumière, quel signe de Dieu présent dans nos vies et en cette terre étrangère qui nous accueille : continuez à être/bâtir des ponts, nous a-t-il encouragés comme une réponse du Seigneur à certains de nos questionnements. Frères aînés ou cadets, nous sommes invités à aller toujours plus loin, à entrer dans la fête que Dieu a préparée pour nous. Quelle grâce de prendre ainsi part avec nos frères au repas qui donne la vie ! Nous étions particulièrement heureux de partager avec nos enfants la joie d’appartenir à la grande famille des enfants de Dieu. Cendra & Cédric, Casablanca

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Les 30 et 31 mars 2019 resteront pour nous tous des dates inoubliables dans l’histoire de l’Église catholique au Maroc : la venue du Pape François à Rabat, 34 ans après la visite du Pape Jean-Paul II. Les deux journées ont été intenses, ponctuées par des rencontres essentielles pour le Pape : la visite des services sociaux chez les sœurs de Témara, la rencontre des migrants à Caritas, et des prêtres et religieuses à la cathédrale et pour terminer le voyage, une grande messe le dimanche au stade Moulay Abdallah qui rassemblait environ 10 000 personnes de toutes religions confondues. Ce fut un moment intense de partage, d’écoute, d’émotion et de fraternité. De nombreux musulmans avaient souhaité être présents avec nous, chrétiens, pour assister à la messe. Le Pape François a parlé, à juste titre, de joie, accueil et fraternité. L’ambiance joyeuse de ces 2 jours de visite papale a mis en évidence ce que nous vivons au quotidien depuis toutes ces années au Maroc : le respect, l’amitié et le vivre ensemble. Saluons la merveilleuse organisation et tout le travail titanesque fait en amont de cette visite papale. Un grand bravo ! Françoise Nassir, Rabat

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Qu’il est heureux celui qui se laisse toucher Par enfants et parents, par les vieillards ; Son cœur est doux comme laine, et sa joie, Innocente, déborde la coupe de son âme. Ces vers me viennent à l’esprit pour illustrer l’attitude ouverte du pape François, et où je vois une invitation particulière : celle d’aimer les autres. En ouvrant son cœur, on accepte les autres, on va vers eux, on se laisse toucher par eux et on connaît leur réalité : « celle de la porte d’à-côté » comme luimême le dit. Je vois donc dans la visite du pape, un message pour sortir à la rencontre des autres : qu’ils soient jeunes, adultes et vigoureux, personne âgée dans la grâce de Dieu comme ce vieil homme sur la photo… Jérôme Afangnibo, étudiant à Rabat

« [Le règne de Dieu] est comparable à un peu de levain que la mère Église veut mélanger à une grande quantité de farine, jusqu’à ce que toute la pâte ait levé » (Discours à la cathédrale le 31/03/2019)

La visite du pape François a eu lieu sur fond de beaucoup de débats et de mutations sociales qui façonnent le Maroc. Je prie que l’Église, par sa petitesse, sache toujours être un levain d’amour dans mon pays. J’étais particulièrement touché par l’hommage que le Saint-Père a rendu au frère Jean-Pierre Schumacher, dernier survivant de Tibhirine. C’était là un prêche puissant, fait sans paroles. Kamal A. F., Casablanca.

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« Ce dialogue de salut, comme consacrés, nous sommes invités à le vivre avant tout comme une intercession pour le peuple qui nous a été confié. » (Discours à la cathédrale le 31/03/2019)

Ces paroles du Saint-Père nous ont encouragées à vivre notre vocation de contemplatives au milieu d’un peuple de priants, selon l’exemple et le désir de notre Mère Sainte Thérèse de Jésus : un chemin d’amitié bâtie par la prière, un dialogue qui se fait vie par l’amour qui nourrit les petites choses de tous les jours, comme nous l’a appris Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Les sœurs carmélites de Tanger

En la historia de las obras y personas hay momentos muy extraordinarios que quizá se viven una sola vez, pero que dejarán huella para toda la vida. Este momento ha sido el paso del Papa Francisco por nuestra obra Social de Temara. Al indicarle que era el mejor regalo que habíamos recibido con su visita, sonriente nos contestó : hay regalos mucho más importantes y señalo a los niños y a los pobres que estaban allí esperando para saludarle. Son ellos los que nos hacen poner ante el Sagrario y recibir las fuerzas necesarias para luchar por ellos. Un hecho insólito este 31 de marzo de 2019, quedara marcado en nuestro corazón y memoria. “ El Pape en su visita a Marruecos ha llegado ha la obra de Temara ”. Les sœurs Filles de la Charité, de Temara

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Personnellement, j’ai vécu cette visite comme une profonde révélation de quelque chose, d’un je-ne-sais quoi plein d’amour et de promesses. C’est incroyable ce qu‘on peut vivre sa propre joie à travers celle des autres (chrétiens présents surtout lors de la célébration de l’Eucharistie) entre lesquels nos différences construisent parfois des murs mensongers. Je pense que le plus grand miracle dont un homme puisse être capable, c’est ça : la co-joie, et si argument ontologique de l’existence de Dieu on cherche, c’est ça aussi. Ma conviction du dialogue en fut renforcée, ma vie intérieure s’en est trouvée aussi enceinte. Je remercie Dieu, tous mes frères et sœurs chrétiens qui m’ont fait don de tout cela. Moi j’étais là, je peux témoigner que c’était une Présence et que l’amour de Dieu était à l’œuvre. Je pense que le fondement de tout dialogue interreligieux sincère est la conscience d’une Présence qui, tout d’abord nous scandalise, puis nous interroge, puis nous réconforte et enrichit car elle nous montre jusqu’à quel point Dieu est pluriel dans les hommes. Mais cette visite a suscité aussi (et même libéré) des questions, parmi les musulmans. Ils ont été nombreux à avoir montré de la réticence, même de la moquerie devant le « syncrétisme blâmable » du spectacle à l’institut Mohammed VI. Je pense que, par cette « scandalité », la visite du pape était aussi un Événement car elle a dérangé nos pensées, nous les musulmans, sur les frontières entre les croyants, elle a ébranlé notre paresse spirituelle ! Rachid Saadi, Oujda

« J’étais handicapé et tu es venu me voir ! » (texte dans l’Évangile et dans le hadith)

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« Tout ce qui est à moi est à toi », également ma capacité de compassion (Homélie)

Nous sommes à l’image du Père et donc cette parole qui s’applique au second fils du père miséricordieux s’adresse également à nous. Quand nous savons qu’il est très aisé pour les choristes de ne pas participer pleinement à la célébration (répétition du prochain chant dans son cœur ou demande de la gamme aidant à ne se concentrer que sur les chants et non sur le reste de la célébration), cet appel à être à l’image du Père permet de partir de l’eucharistie pour reprendre des forces pour lui ressembler encore plus. Cela permet progressivement de se recentrer sur tous les moments de la célébration. Quel bel appel du Pape qui, au terme de sa visite « parmi et avec nous » nous pousse à nous mettre en route vers nous-même et vers les autres. « Chanter c’est prier deux fois » mais uniquement si tu chantes en priant ou pries en chantant. Ben-Zevy Moussoukoula-Dreid, choriste

« Car il s’agit de découvrir et d’accueillir l’autre dans la particularité de sa foi et de s’enrichir mutuellement de la différence, dans une relation marquée par la bienveillance et la recherche de ce que nous pouvons faire ensemble. » La différence n’est pas toujours un défaut malgré ce que pensent beaucoup de gens. Dans les grandes entreprises s’il n’y avait pas des profils distincts, il n’y aurait pas de si grandes performances. Ainsi lorsque malgré les différences on cherche à s’enrichir mutuellement, à apprendre et à se respecter, la collaboration dans un esprit empathique et saint portera forcément des fruits. Jean Philippe, violoniste

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Pour la visite du Pape au Maroc, en toute franchise, je n’y étais pas préparée en ce sens où je me voyais participer à cet événement depuis ma maison à travers les médias pour diverses raisons personnelles. À trois semaines de la venue du Pape je suis contactée par M. Alexandre N’Dour afin de faire partir du comité d’accueil des pèlerins pour la messe du 31/03/19. J’accepte de faire partir du groupe parce que c’est une personne que j’estime beaucoup et j’y vois une occasion de servir mes frères et sœurs. Dans une ambiance bonne enfant, nous avons travaillé en proposant tous des idées afin de permettre à tous les pèlerins d’assister à la messe à leur aise. Le texte de l’évangile du 31/03/19 était celui de l’enfant prodigue et je me suis sentie comme cet enfant qui revient dans les bras de son père. De l’homélie du Saint Père je retiens la phase qui nous dit :  « C’est pourquoi Jésus nous invite à regarder le cœur du Père, c’est seulement à partir de là que nous pourrons chaque jour nous redécouvrir frères. » Un travailleur de l’ombre

« Continuez (la culture de la Miséricorde) auprès des petits et des pauvres, de ceux qui sont exclus, abandonnés et ignorés. Continuez à être le signe de l’accolade et du cœur du Père ». Cet envoi plein d’encouragement du Pape vient comme une réponse du Seigneur quant à notre interrogation de savoir que faire face à tant de misères et de difficultés qu’on rencontre au quotidien. En tant que membre de l’équipe de communication du diocèse, je trouve aussi ce message comme un appel à faire connaître et vivre la miséricorde du Père à travers les médias. Redonner juste un sourire pour une joie communautaire. Je rends grâce à Dieu car l’expérience vécue lors des préparatifs jusqu’au jour de la visite demeure jusqu’à présent émouvante et pleine de réconfort. René Gossa, webmaster du diocèse

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Jésus nous invite à regarder et à contempler le cœur du père. C’est seulement à partir de là que nous pourrons chaque jour nous découvrir frère. Et le Pape nous a dit lors de sa visite : « Continuez en faisant grandir la culture de la miséricorde. » J’en suis heureux. Servir la messe auprès du Pape était pour moi un grand honneur, parce que c’est une grâce et un fort sentiment de joie de pouvoir communier avec le Saint-Père ; un moment qui est le rêve de tout servant d’autel comme moi. C’était un moment très enthousiaste pour moi, le temps de m’interroger : « Suis-je le gardien de mon frère ? » et de prendre courage pour continuer à être une oasis de la miséricorde. Barthélémy Yerbanga, servant de messe

Lors de son accueil présidé par le Roi Mohammed VI, le Pape François a dit :  « Il est donc essentiel, pour participer à l’édification d’une société ouverte, plurielle et solidaire, de développer et d’assumer constamment et sans faiblesse la culture du dialogue comme chemin à parcourir, la collaboration comme conduite, la connaissance réciproque comme méthode et critère ». Ce passage du discours du Pape nous parle bien, parce qu’à Fès nous essayons de matérialiser cette démarche par l’accueil de quelques étudiants marocains et de professeurs de différentes écoles et universités de la ville chaque année pour un échange de connaissances et de valeurs sur nos religions. La visite du Pape vient donc à point nommé. Elle nous laisse une marque spirituelle forte qui nous encourage à continuer notre démarche en faisant de telle sorte que la cohabitation avec nos frères et sœurs des autres confessions religieuses soit une cohabitation animée par le dialogue, l’unité et la paix. Le comité de pesse de la paroisse de Fès

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Hay varias frases con mucho mensaje que pronunció el Papa, pero quizás podríamos destacar la siguiente : “ Para participar en la edificación de una sociedad abierta, plural y solidaria, es esencial desarrollar y asumir constantemente y sin flaquear la cultura del diálogo como el camino a seguir ; la colaboración, como conducta ; el conocimiento recíproco, como método y criterio ”. A nosotros la visita del Papa nos ha llenado de alegría como cristianos, y nos ha permitido vivir como familia la experiencia de un acto hecho con todo nuestro corazón como fue realizar la ofrenda durante la Misa que ofició en Rabat. También con todo su corazón nuestro hijo Rafael, de solo 6 años, le hizo entrega en ese momento de un retrato del Papa dibujado por él mismo. Fue una iniciativa suya que todos le ayudamos a ejecutar con naturalidad y con amor. Tal es el impacto en nuestros hijos de esta experiencia, que como anécdota podemos contar que nuestro hijo Jesús, de 4 años y por cierto bautizado en Belén, cada vez que ve en la calle a un hombre con túnica blanca nos avisa a gritos : “ Papá, mamá, mira, ¡es el Papa ! ” (y lo dice muy en serio). El Papa se ha mostrado como una persona comprometida y cercana a los más necesitados, recordándonos a todos que debemos tomar conciencia del otro, del prójimo, de sus dificultades, acercándonos y utilizando la empatía, pues el mundo desgraciadamente necesita mejoras urgentes y nos toca a nosotros implicarnos a fondo para lograrlas. Isidro González, María Auxiliadora Oliván y sus hijos

Lors de la visite du Pape nous avons participé à la messe du dimanche après-midi avec nos 4 enfants. Nous étions heureux de ce rassemblement qui nous a permis de voir les catholiques du Maroc réunis. En venant nous voir alors que les chrétiens sont peu nombreux, le Pape nous a permis de nous sentir vraiment unis à l’Église du monde. Les enfants ont apprécié cette proximité avec le Pape qui est passé tout près de nous, et ont été marqués par la ferveur des fidèles qui l’attendaient impatiemment et voulaient le toucher. Peut être comme les foules qui assaillaient Jésus et duquel le Pape est le représentant sur terre. François nous a rappelé quel était notre rôle au Maroc, alors que les chrétiens sont minoritaires nous devons témoigner de notre attachement au Christ par nos actes et le témoignage de notre vie. Il a lui même cité St François qui envoyant ses frères en mission disait : « Allez et prêchez l’Évangile : et si c’est nécessaire, aussi avec les paroles ». Paul, Anne et leurs enfants

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Le Pape François nous a fait l’honneur d’une visite au siège de Caritas Rabat lors de sa visite historique dans le Royaume du Maroc, les 30 et 31 mars, 34 ans après la visite pontificale de Jean-Paul II. Sa visite est historique et inoubliable à bien des égards, tant dans son discours fait ce jour-là, engagé et fort que dans l’engouement des personnes présentes. Cela va sans dire que sa venue a marqué, marque et marquera les esprits encore longtemps. Je n’oublierai pas les visages illuminés par le sourire des collègues de travail qui ont pu le voir, le saluer, l’entendre et qui en parlent avec un mélange d’enthousiasme et d’émotion. Ce que je retiens dans le discours, ce sont ses mots qu’il a pu largement expliciter : « Accueillir, Protéger, Promouvoir et Intégrer », qui guident nos pas et actions au quotidien, nous qui travaillons auprès des personnes migrantes. Myriam Meskar, Caritas

La visite du Pape au Maroc a été pour moi une expérience communautaire et spirituelle comme je n’en avais jamais vécue auparavant. Une mobilisation exceptionnelle. J’en suis encore toute retournée. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu participer à une eucharistie célébrée par le Vicaire du Christ. Mais dans ma tête, ça a toujours été moi qui irais à Rome et non Rome qui viendrait à moi. Je me suis sentie -et me sens toujours- immensément bénie d’avoir pu participer à cet événement qui plus est, s’est tenu sur une terre musulmane. En écrivant ce mot, je ressens encore la joie et la paix que j’ai ressentie quand je quittais le Palais omnisport à la fin de la célébration eucharistique… Béni soit celui qui est venu au Nom du Seigneur. Ève-Cornelia Sin’Mlin, de Casablanca

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La visite du pape François à Rabat les 30 et 31 mars 2019 a permis à la fois de mettre au jour la réalité des minorités religieuses, chrétiennes en l’occurrence, au Maroc, et de penser la mission de l’Église autrement que comme du prosélytisme. D’une part, l’on retient du discours d’accueil de Sa Majesté le roi Mohammed VI lorsqu’il affirme qu’en sa qualité de commandeur des croyants il ne saurait parler du Maroc comme terre d’islam, que la place des minorités chrétiennes y est reconnue. Ces propos, adressés au pape, résonnent comme une lueur d’espoir même si la question de la liberté de conscience de façon générale et du statut des chrétiens marocains en particulier reste encore en chantier. D’autre part, en insistant sur le témoignage par la rencontre, le respect, le dialogue et une présence aimante, et en citant l’Institut Al Mowafaqa dont il qualifie la création comme « un signe prophétique », le pape François a souligné avec force et dans le prolongement de la déclaration d’Abu Dhabi, que la mission de l’Église est celle du témoignage fondé sur la fraternité humaine. Jean Koulagna, directeur d’Al Mowafaqa et membre de l’Église Évangélique au Maroc

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La visite apostolique du Pape François au Maroc fut un événement symbolique et historique car il marque le développement de la coexistence fraternelle entre différentes religions dans les pays musulmans. Que nous soyons hommes ou femmes ; chrétiens, musulmans ou d’autres religions ; migrants ou non, Dieu est notre seul Père, celui qui nous réunit dans la foi, la joie et dans l’amour. Chacun de nous est fils et fille de Dieu fait à son image et à sa ressemblance. Le Pape montre cela à travers son homélie faite le 31 mars 2019 où il dit : « C’est seulement si, chaque jour, nous sommes capables de lever les yeux vers le ciel et de dire Notre Père, que nous pourrons entrer dans une dynamique qui nous permet de nous regarder et de prendre le risque de vivre, non pas comme des ennemis, mais comme des frères. ». Par ailleurs, le fait que le peuple marocain, les autorités, étudiants et le corps diplomatique aient attendu sous la pluie les discours du Roi Mohammed VI et du Pape François fut un signe très honorable et humble montrant l’importance accordée à ce moment. Ce fut une rencontre inoubliable et pleine de joie pour moi jeune chrétienne que je partagerai chaque jour à mes frères et sœurs : symbole de paix et d’unité interreligieuse. Ah quel bonheur d’avoir Dieu comme Père et ses serviteurs aussi humbles et fidèles ! Alexandra Dekou, étudiante à Beni-Mellal

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Notre jeunesse marocaine est sincèrement éprise de paix et de fraternité. J’en ai vécu une preuve tangible et inspirante lorsque de très jeunes membres de la branche jeune des Marocains Pluriels, « Les Juniors » (1620 ans) m’ont fait part de leur idée : soucieux de suivre le chemin tracé par SM Mohammed VI, ils voulaient à leur façon marquer leur adhésion et leur volonté de contribuer à la beauté de la venue du Pape François. Leur proposition était d’offrir au Souverain Pontife un jeune arganier -en symbole de Fraternité. Je ne m’étendrai pas sur la fierté et l’émotion vécues par ces jeunes de contribuer ainsi à ce moment historique, à leur niveau, chacun de vous peut le deviner, ni ne vous décrirai la fierté qui est la mienne de voir ces adolescents aussi engagés et (ré)actifs, je préfère vous livrer le témoignage qu’ils ont rédigé pour accompagner leur offrande, leurs mots valent plus que toutes les explications : 

« Argan El Oukhoua… l’arganier de la Fraternité ! Dans un contexte mondial où trop souvent la haine, le rejet de l’autre, la violence prennent le pas sur la paix, l’amour d’autrui et le partage, la jeunesse marocaine tente farouchement de préserver ses valeurs ancestrales d’ouverture, de dialogue et de tolérance. La venue du Pape François dans notre pays est un signal fort : voir réunis le Commandeur des Croyants et le Pape, est pour notre nation -et pour le monde- un symbole ! Ce moment historique nous transcende : désireux de représenter la soif de Fraternité des nouvelles générations, nous avons tenu à marquer d’un geste hautement fraternel cette visite du Pape François. Nous avons donc eu le bonheur de remettre au Souverain Pontife « l’arganier de la Fraternité » « Argan El Oukhoua ». Cet arbre qui ne pousse qu’au Maroc symbolisant au plus haut point la vie, la paix, l’avenir, offert au Pape François, est le signe de la volonté de la jeunesse marocaine d’ancrer ses pas dans ceux que trace SM le Roi Mohamed VI. Pour que vive la Fraternité ! » Ahmed Ghayet, Président de l’association Marocains Pluriels

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Le 30 mars a été et restera un jour mémorable pour tous les chrétiens du Maroc car nous avons reçu une visite et non des moindres, nous avons reçu le Serviteur des Serviteurs. Oui, le pape était là et sa présence a permis une communion particulière lors de la messe entre les différentes communautés chrétiennes présentes et aussi avec nos frères marocains également présents. Cependant, une fois la joie et l’euphorie retombées, le message reste. « Est-ce que je suis le gardien de mon frère ? ». Cette belle et difficile question tirée de l’homélie reflète cette dualité en nous et la matérialisation de notre combat quotidien, celui du bien contre le mal. Celui de la lumière contre l’obscurité. Pour moi, cette question doit constamment nous habiter car même si elle porte tout ce que l’on peut avoir de négatif, elle est aussi tout l’amour, la paix et la charité qu’en tant que chrétien, nous avons reçus gratuitement et que nous devons offrir à tous et sans contrepartie. Lizzie Assaré, étudiante à Settat

La visite du Pape François qui se déroulait à Rabat le 30 et 31 mars 2019 était une expérience exceptionnelle, pour nous à Oujda. Cette visite du Pape François nous a réconfortés dans la foi chrétienne et nous a appris à être l’image du Christ pour tous nos frères sans discrimination d’origine ni de religion mais d’aimer et de se mettre au service de tous les frères même dans la diversité. Cette visite nous a rappelé que la vraie gloire d’un enfant de Dieu, c’est de servir avec humilité et d’être un vrai artisan de paix dans ce monde pour donner sens à l’humanité et enfin d’être miséricordieux comme Dieu :  « Ton frère que voilà était mort et il revenu à la vie ». Manambisoa Michel Masindraoka, étudiant à Oujda

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Vie du diocèse Les responsables de la vie religieuse en visite dans le diocèse

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Le binôme « présence et prière » est un bon ferment pour faire lever la pâte au Maroc.

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l’invitation de Mgr Cristóbal, notre évêque, une vingtaine de responsables de Congrégations religieuses et de Sociétés de vie apostolique, féminines et masculines, ayant une ou plusieurs communautés présentes dans le diocèse, se sont réunis, les 15 et 16 mai à la maison diocésaine à Rabat. Ils ont pris en compte l’évolution du diocèse que leur a présenté l’évêque et la manière dont l’Église, malgré son nombre plutôt insignifiant, était bien vivante et passionnée et un signe au milieu du peuple marocain ; mais également la situation des migrants, à travers le témoignage de l’abbé Antoine, le vicaire général. Il a été relevé que les missions diverses des communautés religieuses sont de vraies relations de proximité et de service auprès du peuple marocain dans de nombreux domaines de la vie. L’assemblée a reconnu que la manière d’être dans les relations concrètes, et la manière de vivre les activités, étaient un chemin fructueux pour la rencontre. Le binôme « présence et prière » est vu comme un bon ferment capable de faire lever la pâte humaine dans ce pays. Rejoints par les membres du Conseil diocésain de la Vie consacrée, les responsables ont laissé émerger 31


Vie du diocèse

Des propositions pour continuer à vitaliser la vie religieuse ont été faites.

quelques propositions pour continuer à vitaliser la vie religieuse. ➻➻une formation permanente aidant, à travers le partage d’expériences, à poursuivre l’insertion dans le monde musulman et à une meilleure compréhension de l’islam, ➻➻des ressourcements et accompagnements spirituels qui aident à bien vivre l’incarnation ➻➻le développement du dialogue et de la rencontre entre les communautés religieuses du diocèse ➻➻une préparation des sœurs et des frères qui sont envoyés à entrer dans la vie du pays à travers une formation au darija, une approche de l’islam, un accompagnement personnalisé. Enfin, les responsables présents ont jeté les bases de la création d’une conférence des religieux et religieuses du Maroc, élargie aux autres diocèses d’Afrique du Nord (Algérie, Tunisie, Libye). Ce fut une belle rencontre fraternelle qui a stimulé chacun à construire des ponts pour la rencontre et à rester des serviteurs d’espérance, après avoir également effectué une démarche jubilaire (prière et eucharistie) à l’église St. François dans le cadre des 800 ans de la présence franciscaine au Maroc. P. Marc Helfer, Délégué diocésain à la vie consacrée

Le service diocésain du catéchuménat

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S

e joignant aux paroisses qui accompagnent au quotidien, au niveau du catéchuménat diocésain nous nous réjouissons avec 42 adultes baptisés à Pâques dernier et environ 80 chrétiens qui reçoivent en ces jours la confirmation. « Père, les fêtes pascales approchent. Les catéchumènes ici rassemblés(…) demandent à être admis (…) aux sacrements du baptême et de l’eucharistie. Père, nous estimons que vous pouvez les appeler », s’adressait le responsable du catéchuménat diocésain à l’évêque au cours de la messe du 1er dimanche de Carême de cette année. Ensemble n°151 - Juin 2019


80 personnes seront confirmées cette année.

À l’appel du Père évêque, les 42 néophytes avaient tous répondu joyeusement, chacun en son nom propre, « ME VOICI » et avaient tous signé de leur nom le registre des candidats : c’est dans la veillée pascale du 20 avril dernier qu’ils ont tous rayonné avec le Ressuscité ; aujourd’hui ils participent pleinement à l’eucharistie. 39 autres jeunes adultes en marche vers le baptême à Pâques 2020 viennent de recevoir l’onction des catéchumènes à Rabat. Avec eux tous, nous rendons grâce ! Que Dieu luimême achève en eux ce qu’il a commencé ! Nous nous réjouissons et rendons grâce aussi avec tous ceux qui sont en train de vivre de façon spéciale la Pentecôte en recevant « le Don ineffable, le SaintEsprit lui-même ». La confirmation qui est célébrée en paroisse ne révèle pas toute la richesse du diocèse puisqu’à la fin de leurs tournées, l’évêque et ses délégués auront imposé les mains sur environ 80 personnes qui ont été accompagnées pour se préparer à recevoir ce don qui les fortifie et les aide à construire des communautés qui « soient des oasis de miséricorde ».

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42 adultes ont été baptisés à Pâques.

Jean-Bosco Ningeza

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Vie du diocèse Une session de l’université d’été en 2018

AECAM : Université d’été à Ifrane

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omment occuper mes vacances ? Voilà l’une des questions qui taraudent les jeunes étudiants quand les vacances s’annoncent. Cependant, dans le cadre de son programme d’activités, l’aumônerie des étudiants catholiques au Maroc AECAM vous annonce l’université d’été d’Ifrane 2019 ! Comme à l’accoutumée, elle comprend trois sessions : une session « Ouvertures » pour les étudiants ayant déjà participé à une session à Ifrane et deux sessions « Fondations » pour ceux qui n’y ont jamais participé. La session « Ouvertures » va du 5 au 14 août et les sessions Fondations sont prévues respectivement du 16 au 24 août pour la « Fondations 1 » et du 24 août au 1er septembre pour la « Fondations 2 ». L’objectif de l’université d’été est d’offrir aux jeunes étudiants catholiques des vacances intelligentes et spirituelles afin de continuer à parler de Jésus dans tous les aspects de leur vie dans le royaume chérifien et au-delà. Tout étudiant catholique désireux d’y prendre part est invité à s’inscrire jusqu’au 15 juillet auprès des responsables AECAM régionales. Keren Manzenge Sarah Assistante pastorale au service de l’AECAM

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haque année depuis 2005, les scouts du Scoutisme Unifié au Maroc établissent leur grand camp annuel au début des vacances scolaires de Pâques. En effet, contrairement à ce qui se fait dans de nombreux pays, il est impossible d’établir au Maroc un « grand camp » de 15 jours ou 3 semaines pendant les vacances d’été car nos scouts repartent pendant ces vacances scolaires dans leurs pays d’origine. Ici, le « grand camp » ne dure que 5 jours, mais il est largement préparé en amont par tous les scouts. En fait, dans les esprits, leur camp commence au moins 15 jours avant le départ effectif sur le lieu choisi ! Cette année, le Scoutisme Unifié au Maroc célèbre ses 50 ans d’existence. À cette occasion, les trois unités des marins, mousses, louveteaux et louvettes du Groupe Daligand de Casablanca ont décidé d’établir leur camp au même endroit, à Moulay Bousselham. Malheureusement, pour des questions pratiques, la meute des louveteaux et louvettes du groupe Charles de Foucauld de Rabat n’a pas pu se joindre à eux et a établi son camp dans une propriété privée à Skhirat. En amont du camp, les responsables des unités avaient décidé de faire de nombreuses activités en commun autour du thème des… 13 continents existants ou perdus ! Les marins, mousses, louveteaux et louvettes ont alors préparé leur camp bien à l’avance. Et ce fut une réussite ! Encadrés par 28 chefs, cheftaines, parents accompagnateurs et intendants qui se sont relayés, 74 scouts étaient présents à ce camp ! Plus de 100 personnes en tout ! Le montage des tentes, les constructions de tables et toutes les installations ont été réalisés en un temps record. Les temps spirituels de la belle veillée pascale

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Du côté des scouts

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du samedi et de la messe du dimanche soir préparés par quelques louveteaux, louvettes, mousses et marins ont été des moments forts. Les olympiades et les concours cuisine traditionnels ont bien occupé nos scouts dans la joie et la bonne humeur. Le Grand Jeu du lundi auquel ont participé les 74 scouts des 3 unités présentes a été particulièrement réussi et drôle. Autour de grands feux, très belles ont été les veillées au cours desquelles quelques mousses et un marin ont prononcé leur promesse, bénies par notre nouvel aumônier, le Père Arnaud de Boissieu, qui avait fait le déplacement depuis Casa. Après ce camp, quelques réunions ou sorties par unités vont encore avoir lieu. Puis ce sera la soirée de clôture de l’année avec « les feux de la St Jean ». Bien qu’elle ne soit pas encore tout à fait terminée, nous pouvons déjà dire que cette année a été vraiment enrichissante pour tous nos scouts grâce à l’action dynamique et à l’engagement total de leurs chefs, cheftaines et parents accompagnants. Avec la nouvelle équipe de chefs et cheftaines reconstituée cette année, notre groupe a retrouvé le bon esprit scout, fraternel et joyeux, qui le caractérise depuis tant d’années. Nous profitons de ces lignes pour remercier vivement les nombreux parents qui ont répondu présents lorsque nous les avons sollicités pour venir nous aider à encadrer et animer les réunions, mais aussi à charger ou décharger les camions de matériels ou à renforcer l’équipe d’intendance lors des 3 camps de l’année. Oui, ce fut une belle année fructueuse pour notre mouvement qui fête ses 50 ans cette année. Bertrand de Grangeneuve

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Vie au Maroc « Tu auras une djellaba blanche quand tu te tiendras debout »

Mimoun

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Sr Cécile

imoun est né sous la tente dans les montagnes. Il était de la tribu de Aït Maghat ; la vie nomade s’organisait autour de celle des troupeaux des pâturages et des sources. Vers l’âge de 2 ans, il contracta la polio et perdit l’usage de ses jambes. Sœur Cécile Prouvost (FMM), en tournée, repéra cet enfant et lui apprit à lire et écrire sous la tente. C’était un enfant volontaire et intelligent. Commença alors un long travail orthopédique : une période de séparations, d’opérations chirurgicales, de rééducation. Hébergé chez les sœurs, à Rabat, où il reçut une éducation de qualité, il se disait issu d’une double culture. Ayant fait des études universitaires de français et de berbère, muni de prothèses, il pouvait être autonome. Il ouvrit alors un centre de soutien scolaire pour les futurs bacheliers. Il était fin littéraire et c’était un réel plaisir de parler avec lui sur toutes sortes de sujets. Il voulait une vie pleine et entière et une fois marié et père de 3 enfants, il fit construire une petite maison à côté de sa famille sédentarisée. Avec des étincelles dans les yeux, il confiait que Sœur Cécile avait été le soleil de sa vie. D’elle, il avait hérité le sens des autres, il aidait orphelins, illettrés et handicapés. Soudain, il se sentit affaibli, le pronostic fut un cancer. Loin de se décourager, malgré la souffrance physique et morale, l’angoisse de laisser derrière lui une femme démunie, et 3 enfants entre 9 et 3 ans, jamais il ne se départit de son sourire chaleureux, ni de la certitude de vaincre la maladie. Parti, en février, tu laisses un grand vide. A… Dieu mon ami Mimoun, Cécile t’attend. Corinne Boreau de Roincé, Midelt

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À lire Franciscains au Maroc, « Huit siècles de rencontres » Par Frère Stéphane Delavelle. Éditions Chemin de dialogue, Marseille, 2019, 175p. Franciscains au Maroc est un livre court, enlevé, facile à lire. Mais c’est un très grand livre de théologie et de spiritualité missionnaire. L’auteur, un franciscain de Meknès, livre sa vision de l’histoire de la mission à travers sept récits concernant les franciscains au Maroc, de 1220 à nos jours. Ces sept récits lui permettent de dire avec beaucoup de nuances ce qui lui semble essentiel pour aujourd’hui. […] À vrai dire, cette histoire avait mal commencé : dans les années 1220, cinq franciscains finirent coupés en morceaux pour avoir dénoncé Mahomet comme un suppôt du diable. Ils ne connaissaient rien à l’islam, mais on peut retenir qu’ils étaient généreux, audacieux, désarmés, pauvres. Nettement plus tard, Juan de Prado (1563-1631) se voulait moins naïf mais, devant un simulacre blasphématoire de la messe, il ne peut retenir sa colère et mourut martyr. Mais ses compagnons purent rester et, très vite, se mirent au service des prisonniers chrétiens du sultan. […] Pour notre auteur, le premier grand missionnaire des temps modernes fut José Maria Antonio Lerchundi (1836-1896), préfet apostolique. Il est moderne parce qu’il réfléchit à ce que doit être la mission et donne des outils pour arriver à ses fins. Son premier outil, c’est la langue […]. Son amour pour le peuple marocain le pousse à vouloir le voir grandir. Pour lui, l’éducation est le levier par lequel le peuple peut devenir lui-même. À l’école, il pense qu’il faut adjoindre l’hôpital. Auprès de lui, le missionnaire apprend que l’amour d’un peuple se manifeste par la volonté de la promotion des personnes. Charles-André Poissonnier (1897-1938) se sait appelé à être missionnaire au Maroc… alors sous une domination coloniale. […] Le Père Poissonnier vit à Tazert, soignant près de 10 000 personnes par an, mais vivant spirituellement dans une grande solitude… et découvrant dans sa vie l’unité entre action et contemplation. Jean-Mohammed Abd El Jalil (1904-1979) est un Marocain converti, devenu franciscain… et, de fait, exilé en France. Son apport est simple. Pour lui, le chrétien, au nom de l’Évangile, ne peut pas faire l’économie de la connaissance de l’islam.

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À lire

Il doit admettre l’islam tel qu’il est […], et approfondir suffisamment l’essentiel de la foi chrétienne pour permettre aux musulmans de découvrir que le Christ peut illuminer leurs recherches profondes. […] Le Père Jean-Mohammed a été un des inspirateurs du texte de Vatican II sur les relations avec les autres religions (Nostra aetate). […] Ce livre n’aborde pas la question de la liberté de conscience, ni celle des mariages interreligieux, ni ce qui vient à l’esprit quand on connaît la situation des chrétiens au Maroc. Mais il explique la volonté de l’actuel évêque de Rabat de ce que l’Église au Maroc soit un ferment de communion. Mais il fait comprendre de l’intérieur le sens d’un voyage du Pape dans les pays musulmans et sa volonté de substituer à la confrontation le dialogue et la coopération. Recension réalisée par le P. Michel Dubost, Directeur national France des OPM

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À lire

Sinan Antoon, « Seul le grenadier » Éditions Actes Sud, 2017 ; 316 p. Roman initiatique et chronique d’une guerre vécue de l’intérieur, « Seul le grenadier » de l’Irakien Sinan Antoon nous prend à la fois aux tripes et au cœur. Le grenadier du titre est celui qui pousse dans le jardinet jouxtant le local où officie le père de Jawad (le narrateur), laveur de cadavres selon le rite chiite, et qui donc se nourrit de l’eau du lavage des morts mais qui tous les printemps, se couvre de nouvelles feuilles. Sinan Antoon s’empare de ce grenadier et en fait une saisissante métaphore pour égrener la vie, la survie, la mort, la guerre et les brèches lumineuses dans un Irak comme on l’a rarement lu, exsangue, martyrisé par son histoire récente. C’est aussi l’histoire de Jawad qui aspire à devenir sculpteur, qui rêve de Giacometti ; rêve qui relève du désir d’immortalité. Mais l’Histoire dans laquelle il est enfermé va en décider autrement. Les rêves cèdent leur place aux cauchemars nocturnes devenus inséparables de ceux de la réalité ; Jawad s’évapore de lui-même. Il reprend le métier de son père et avec ses gestes de purification, il lave les corps, ou plus souvent ce qu’il en reste, et il lave aussi son pays et lève le linceul de l’horreur. Avec beaucoup de pudeur, avec une douce retenue d’une rare élégance. Un livre proposé par Judit Seres, de Beni-Mellal

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Nouvelles du diocèse Agenda de l’évêque 1-2 juin

Week-end des vocations, à Notre Dame de la Paix

2 juin

Confirmations à Saint François à Rabat

8 juin

Rencontre de la vie consacrée de la région Rabat-KénitraTémara

8 juin

Confirmation à Kénitra

8-9 juin

Week-end des catéchistes du catéchuménat

9 juin

Confirmation à Rabat

10 juin

90 ans du Nid Familial, à Mohammedia

12 juin

Conseil Presbytéral

16 juin

Confirmation à Settat

17 juin

Conseil Diocésain de la Vie Consacrée

21 juin

Ouverture du Centre Anglican à Casa

Conseil Financier

22-23 juin

Confirmation à Agadir

28 juin

Célébration du Sacré-Cœur à Barcelone

30 juin

Messe du jour du Pape à la Cathédrale (présidée par le Nonce Apostolique)

60 ans de sacerdoce du P. Michel Rondot

2 juillet

Équipe diocésaine de Communication

3 juillet

Comité diocésain de l’Enseignement Catholique

19 juillet

80 ans du P. Gilbert Bonouvrié, à Agadir

24 juillet

Accueil d’un groupe allemand

Rencontre avec des étudiants de Guinée Équatoriale

30 juillet

Fête du Trône

Août

Participation à l’Université d’été (trois sessions) à Ifrane

Ensemble n°151 - Juin 2019

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© Image par Kerstin Riemer de Pixabay

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Ensemble 151 - Juin 2019  

La revue du diocèse de Rabat. Regards croisés sur la visite du Pape François au Maroc

Ensemble 151 - Juin 2019  

La revue du diocèse de Rabat. Regards croisés sur la visite du Pape François au Maroc

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