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B ul le t in du diocèse de Rabat - Anné e 2 0 1 9 - N° 1 4 9 - F év r i er

Dossier : Serviteurs de l’espérance


Échos des régions

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Église en Afrique du Nord

32-35

Vie du diocèse

14-20

Vie au Maroc

36-37

Dossier

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Église et monde

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Caritas au Maroc

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Nouvelles du diocèse

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L’accès à la revue au format numérique est gratuit, pourtant elle a un coût. Vos dons nous aident à maintenir la gratuité. Abonnement et don en ligne possibles sur le site du diocèse

www.dioceserabat.org Responsable de rédaction : Pascale Bonef Adresse : Archevêché de Rabat - B.P. 413 RP 10 001 Rabat Tél.  : +212 619 143 369 www.dioceserabat.org Conception et mise en page : FILIGRANE Graphiste : Choumicha Chahim Photo de couverture : Fleurs d’amandier

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Correspondants locaux À Beni-Mellal À Casablanca À Mohammedia À El Jadida À Er Rachidia À Fès À Kénitra À Safi À Midelt À Oujda À Rabat À Settat

Ben-Zevy Moussoukoula Dreid Cyril Bouazo et Christophe Sidiguitiebe Gaël Lopez et Patricia Bieme Polo Assabe Félix Nkurunziza Georges Pascal Millimono Georges Epoupa Ilassy Keren Manzenge Corinne Arfeux Michel Masindraoka Jérôme Afangnibo, Raymond Allou et Magaly Nguema Lizzie Assare

Merci aux correspondants locaux d’avoir accepté cette mission de communication et de lienn°149 au service diocèse. Ensemble Févrierdu 2019 Coordonnées sur demande à : communication@dioceserabat.org


À

l’heure où nous bouclons ce numéro, les JMJ s’achèvent à Panama sur cet appel du Pape François :

« Chers jeunes, vous n’êtes pas l’avenir mais l’heure de Dieu. Il vous convoque et vous appelle à vous lever […] et à réaliser le frères. rêve que le Seigneur a rêvé pour ses par À Panama, le paralytique porté vous ». « Jésus n’est pas un ” entre-temps ” dans la vie ou une mode passagère, il est amour de don qui invite à se donner. Il est amour concret, proche, réel ; il est joie festive qui naît en choisissant et en prenant part à la pêche miraculeuse de l’espérance et de la charité, de la solidarité et de la fraternité face à tant de regards paralysés et paralysants, à cause des craintes et de l’exclusion, de la spéculation et de la manipulation. » « Le Seigneur et sa mission ne sont pas un ” entretemps ” dans notre vie, une chose passagère. Ils sont notre vie  ! »

Éditorial

Être « l’heure de Dieu »

Au fil des pages de ce numéro, je ne peux me retenir de penser que dans les paroisses, les AECAM, à la Caritas, lors du week-end vocations, dans ce qui a fait, et dans ce qui fait aujourd’hui la vie de notre Église, nous prenons part à « la pêche miraculeuse de l’espérance et de la charité, de la solidarité et de la fraternité ». Peut-être le Maroc n’est pas le rêve dont vous aviez rêvé, mais ici et maintenant, tous, nous sommes appelés à nous lever et à réaliser le rêve que le Seigneur a rêvé pour nous, mais aussi chacun est appelé à se lever et à réaliser le rêve que le Seigneur a rêvé pour lui, pour elle. Sr Pascale Bonef Responsable de la rédaction

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Mot du pasteur

Qui est le Pape François ? Quand toi, lecteur, tu auras cet « Ensemble » dans tes mains, la visite du Pape François au Maroc sera proche. Tout le monde connaît l’image du Pape François ; nous avons vu des milliers d’images de lui.

Mais… qui est le Pape François ? Laissons le répondre lui-même à la question. Lors d’une interview, on lui a posé cette question, et lui de répondre : « Je suis un pécheur ». 1. Le Pape est un homme comme nous. Oui, c’est la première des choses : il n’est pas un dieu, il n’est pas un personnage de l’extérieur de ce monde. Il est l’un de nous, égal à nous, même dans le péché. Alors, il ne faudra pas centrer trop notre attention sur sa personne ; il faudra plutôt fixer notre regard sur Celui qu’il représente et sur le message qu’il nous apportera. 2. Le Pape est l’évêque de Rome. À côté des évêques, le Pape se définit comme « primus inter pares », le premier entre égaux. En effet, il est l’évêque de Rome, évêque comme tous les autres évêques, mais du fait d’avoir son siège à Rome, il assume un rôle spécifique dans l’Église. 3. Le Pape est le successeur de Pierre. Pierre fut évêque à Rome, et ses successeurs, dont François, ont comme Pierre le rôle de faire l’unité entre tous les évêques et l’unité de tous les chrétiens catholiques. C’est en qualité de successeur de Pierre qu’il vient nous visiter, pour confirmer notre foi, servir notre espérance et nous faire brûler d’amour. 4

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Serviteur de l’espérance, sois le bienvenu !!!

Mot du pasteur

4. Le Pape est le vicaire du Christ. Oui, comme tous les évêques… et j’ose dire « comme tous les chrétiens », chaque baptisé est un « alter Christus », un autre Christ. Chacun de nous doit être une présence vivante du Christ sur la terre. C’est pourquoi, celui qui regarderait le Pape sans y voir le Christ perdrait le tout. Le Pape doit être pour nous la référence de Christ, l’indicateur qui nous le signale, un moyen et un instrument qui nous permettent de le découvrir et d’arriver à Lui. 5. Le Pape est notre père et notre aîné. Pape signifie « papa », « père ». Par son âge, par son rôle, par ses gestes et attitudes, c’est vraiment facile de le voir dans cette fonction « paternelle ». Il est signe et sacrement de la paternité de Dieu, signe et porteur de l’amour de Dieu aux hommes. Mais en étant l’un de nous, nous pouvons aussi le voir et le découvrir comme notre frère aîné… De lui nous attendons orientation et protection, amour et affection. Et de lui nous devons apprendre à devenir « pères » et « frères aînés » pour tant d’autres personnes. Vu et considéré tout cela, quelle serait notre attitude la plus correcte devant sa présence parmi nous ? Il s’agit d’écouter le message qu’il nous apporte plus que de lui serrer la main. Il s’agit de découvrir l’image du Christ vivant qu’il représente plutôt que de le voir de près. Il s’agit d’être attentifs à ses gestes et à son exemple, avec lesquels il nous parlera autant ou plus qu’avec les mots. Il s’agit de l’accueillir et de l’écouter avec amour et affection, parce que, en l’aimant, nous aimons le Christ et l’Église tout entière.


Échos des régions

L À Mohammedia Journée d’intégration

e dimanche 11 novembre 2018, s’est tenue la journée d’intégration des nouveaux étudiants dans la paroisse Saint-Jacques de Mohammedia, journée consacrée essentiellement à l’accueil des étudiants rejoignant nouvellement la paroisse. À cette occasion, une conférence a été organisée après la messe, conférence animée par le père Franklin coordinateur de notre région. Le conférencier a rappelé aux jeunes les deux axes principaux devant guider leur parcours : bien définir leurs priorités pour un parcours académique réussi ; discerner la meilleure façon pour eux de se mettre au service des autres, notamment dans le cadre de leur vie paroissiale. Ces deux axes sont par définition les lignes d’action de l’AECAM, dont la présidente et le nouveau bureau ont été élus au cours de ladite journée. La joie d’être ensemble était vraiment palpable. Isabelle, Présidente de l’AECAM section Mohammedia

À la fête de Noël des enfa nts

Guetteurs de la lumière L’AECAM - Mohammedia

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À El Jadida Fête de Noël

Jésus doit aussi naître dans notre cœur.

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Échos des régions

La chorale d’El Jadida, comme les bergers à la crèche.

u plateau d’El Jadida, à la paroisse Saint Bernard, la messe de la Nativité a commencé... par une pièce théâtrale relatant la naissance du Messie, organisée par les membres du groupe liturgique et d’autres paroissiens. Cette saynète a suscité un véritable engouement des paroissiens et les a conduits tout doucement vers la procession d’entrée. Celle-ci fut animée par la chorale de la paroisse, fidèle à chanter les temps forts de la messe, et qui pour cette occasion était revêtue de nouvelles tuniques. À travers le célèbre chant d’entrée « Douce nuit » les paroissiens ont pu tendrement accueillir l’enfant Jésus dans la crèche. Durant la célébration de la parole, le curé a tenu à rappeler à l’assemblée à travers sa belle homélie le vrai sens de Noël dans la vie des chrétiens. En effet, il nous enseigna que le Christ ne doit pas naître seulement à la crèche mais aussi dans nos cœurs. Il faut donc placer notre joie, non pas dans ce que nous croyons indispensable à la réussite de nos vies, mais dans notre seul vrai trésor : l’amour de Dieu pour nous ; à la mesure de notre consentement à nous laisser aimer par lui, nous expérimenterons peu à peu que la vraie joie est celle qui commence à Noël, et qui fut toujours celle de Jésus : la joie d’être voulus et désirés pour nous-mêmes, quoi qu’il

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Échos des régions

nous arrive d’agréable ou de pénible ; la joie d’être délivrés du fardeau de nos péchés et de partager spontanément l’amour reçu. Cette belle prédication a permis aux chrétiens de pouvoir bien se préparer à recevoir à travers l’eucharistie celui qui les a aimés le premier et celui qui vient de naître à Bethléem. Après la messe, nous avons eu le temps d’échanger nos vœux de Noël en chantant et en dansant et juste après ils se sont retrouvés pour partager un repas « dolce Vita » comme le dit notre cher père curé Ladislas. Glody Yabada

à Casa Veillée du 31 décembre

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e lundi 31 décembre, dernier jour de l’année 2018 à été un jour spécial pour nous les chrétiens de Casablanca car nous avons vécu la transition de 2018 à 2019 en participant massivement à une messe célébrée par Monseigneur Cristóbal, archevêque de Rabat. Pour commencer, nous avons vécu une adoration du Saint Sacrement dirigée par le père Franklin (aumônier des jeunes) et le père Jean-Yves (aumônier des personnes incarcérées). Par la suite, une action de grâce a été faite par chacun des groupes, mouvements et les différents responsables de CEB (13 CEB créées par l’AECAM) pour remercier le Seigneur pour tous ses bienfaits dans leur vie de groupe.

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Échos des régions

« Merci Seigneur, merci beaucoup. »

La messe, présidée par Monseigneur Cristóbal a finalement débuté à 22h40. « Merci Seigneur, merci beaucoup » tel était le refrain de l’homélie de notre évêque qui nous a donné un bel enseignement sur notre reconnaissance au Seigneur vis-à-vis de ses bienfaits tout en nous faisant encore redécouvrir notre mère du ciel, Marie. Pendant cette célébration, le 1er janvier 2019 à exactement minuit, Monseigneur Cristóbal a annoncé l’entrée dans la nouvelle année et a échangé les vœux avec les fidèles et les prêtres suivi des embrassades et des cris de joie qui laissaient entendre dans la foule : « Merci Seigneur, merci beaucoup… » La messe prit fin aux environs de 1h pour laisser place aux festivités de « 31 pour Christ » organisées par l’AECAM. La paroisse Notre Dame de Lourdes de Casablanca, c’est une diversité de nationalités et de cultures réunies autour du Christ pour former une véritable famille. Cyrille Bouazo

Concert de Noël de la chorale de Casablanca

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Échos des régions

à Safi Une grande communauté dans une petite…

Nous sommes porteurs du Christ.

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ellement impatients de célébrer la fête de la Nativité de l’enfant Jésus et Sauveur du monde, les safiots et safiotes ont eu une messe anticipée de Noël présidée par notre Père évêque Cristóbal, dimanche 23 décembre. À cette célébration eucharistique, il y avait également la présence du Père Jean-Claude, curé de la paroisse depuis 15 ans et celle du Père Thaddée, curé de Marrakech ainsi que les assistantes pastorales pour la région du Sud, Samira et Keren Sarah. En effet, sous un beau soleil de 11h, les paroissiens de Safi s’étaient rendus à l’église Saint Vincent de Paul pour célébrer la Nativité du Christ. On pouvait lire la joie de chacun car ensemble avec notre Père évêque, ils célébraient cette solennité. Qu’est-ce que Noël ? Nous ne pourrons malheureusement pas parler de tous les points qui ont constitué l’homélie du Père Cristóbal. Cependant, nous pouvons retenir que cette fête nous rappelle l’entrée dans l’humanité de Jésus-Christ afin de nous rendre participants à la nature divine. Le Christ Jésus est notre Sauveur comme son nom l’indique. En tant que chrétiens c’est-à-dire porteurs du Christ, nous sommes appelés à vivre à son image dans tous les domaines de notre vie. La fête s’est poursuivie après la messe avec un partage fraternel. Une belle organisation entre les paroissiens et leur curé, qui se sont mobilisés pour rendre réellement festive la journée du 23 décembre dernier. Noël, c’est chaque jour dans notre vie ! Keren Manzenge Sarah, Assistante pastorale pour la région du Sud

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À Fès La fête de Noël

Un Noël vécu sous le signe du partage.

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e parfum de Noël a commencé à se faire sentir dès la soirée du 24 décembre à Fès. À 18h 30 déjà l’église a ouvert ses portes à ses fidèles. Comme il est toujours de coutume chacun s’est mis dans ses beaux vêtements avec à l’appui de bons pulls contre le froid. La célébration a débuté exactement à 20h 00 entre les quatre murs de l’église Saint François d’Assise. Bondée comme jamais, la grande salle de prière laissait résonner de beaux chants entonnés par la chorale. Une décoration de l’autel qui plaisait aux yeux à l’abri de lumières multicolores. L’homélie du curé de la paroisse le Père Mattéo est précédée d’une saynète sur la naissance de l’enfant Jésus dans une crèche à Bethléem. Elle est jouée par quelques jeunes étudiants de la paroisse sous la coordination de l’AECAM. La nuit de Noël n’a pas laissé indifférents les fidèles d’autres confessions religieuses, en l’occurrence des musulmans. Nombreux parmi eux étaient présents à la messe invités par leurs amis catholiques. La fin de la célébration a été marquante avec un mini-concert qui a connu la participation de quelques communautés de la paroisse (Guinée-Conakry, Côte d’Ivoire) en plus de la prestation du renouveau charismatique. Cette joie de l’avènement du Christ a été couronnée par un partage de pâtisseries et de boissons dans la salle Charles de Foucauld. L’événement a été suivi le lendemain par la messe du jour célébrée à partir de 10h30 qui a connu la présence de quelques touristes occidentaux de la ville ainsi que d’étudiants. Le comité de presse

La veillée de Noël

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Échos des régions

Ambianc

e festive

le repas partagé L’amitié passe aussi par

Journée de l’amitié

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’AECAM Fès a organisé dimanche 13 janvier une journée loisir dénommée « Journée de l’amitié ». Cette initiative est une première à la paroisse saint François d’Assise. Elle a eu lieu dans la salle Charles de Foucauld après la messe. Anciens et nouveaux étudiants, tous étaient présent pour l’occasion. Faire connaissance les uns des autres en vue de bâtir une fraternité inconditionnelle est le but que s’est fixé le bureau de l’AECAM en organisant cet événement. Avec le soutien du curé de la paroisse le P. Mattéo et de l’assistant pastoral Éric Didier, cette journée a marqué plus d’un. Allocutions, présentations, concours de danses, sketch, partage de nourriture et collation ont été les ingrédients de cette retrouvaille paroissiale. La fête a été belle, joyeuse et utile aux dires de beaucoup d’étudiants, notamment les nouveaux, qui ont souhaité qu’elle soit renouvelée chaque dimanche ! Grâce à la journée de l’amitié, on réussit à s’appeler désormais par les prénoms à Fès. Vive la journée de l’amitié !!! À Fès on est bien chez nous. Sonia Douti

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Fête de Noël

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a crèche de l’église saint Louis d’Oujda est un peu spéciale car elle a été le fruit d’un travail d’équipe, un musulman et quelques jeunes de l’AECAM d’Oujda : l’image d’une vraie fraternité pour un événement qui rappelle l’humilité du Seigneur Jésus Christ. Comment on a fêté Noël à Oujda ? Pour les chrétiens, l’événement de Noël est l’une des sources de la foi chrétienne. Nous l’avons célébré avec une grande fête le soir du 24 décembre 2018. Nous avons débuté par une messe à 19h ; puis ont suivi un concert et le repas. Ce fut une fête authentique où tout le monde avait droit à la joie même loin de sa famille. Le plus touchant était de voir s’asseoir ensemble les communautés protestante, catholique et des jeunes musulmans. Ce qui a beaucoup marqué c’est que toutes les activités ont été faites ensemble sans la barrière de la religion mais en fraternité. Le concert œcuménique Un concert a été animé par les chorales catholique et protestante : une opportunité pour renforcer les liens qui existent entre les deux communautés. Un échange de cadeaux À la fin de la soirée, il y a eu un échange de cadeaux. Tous les invités sont partis avec un souvenir. Le mardi 25 décembre 2018, on a célébré la messe à partir de 19h suivie d’un partage de chocolat chaud pour se réchauffer du froid d’Oujda et le temps de faire connaissance des personnes présentes. La fête de fin d’année Pour accueillir le nouvel an, l’AECAM Oujda s’est jointe au programme de la communauté protestante avec une veillée de prière de 19h à 00h30 : une autre manière de remettre dans les mains de Dieu ToutPuissant la nouvelle année 2019.

Échos des régions

à Oujda

Manambisoa Michel Masindraoka

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Vie du diocèse Scouts Marins au Maroc Une équipe de voile pour le Morocco Sailing Tour.

Ils ont besoin de votre aide pour réaliser leur projet !

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e Scoutisme est un organisme d’éducation des jeunes inculquant des valeurs de vie en groupe et d’ouverture. Les scouts chrétiens au Maroc sont des scouts marins évoluant au gré des vents comme sur la terre ferme. Ces jeunes participent à des actions de bénévolat, notamment chez les sœurs à Mohammedia. Venant de Rabat, Casablanca et de Mohammedia, les Marins des Scouts Unifiées au Maroc se sont lancés dans le projet de participer au Morocco Sailing Tour. Il s’agit d’un événement annuel d’envergure avec la participation de bateaux marocains et étrangers lors de plusieurs régates qui se dérouleront à Rabat, Mohammedia et Casablanca en fin Juin. Motivés, les neuf marins s’entraînent donc le mieux possible pour être les plus performants pendant les trois différentes courses. Ils sont actuellement à la recherche de sponsors et procèdent à une levée de fonds pour l’achat de leur voilier : le Topaze Oméga. C’est un monocoque sur lequel peut naviguer un équipage de 3 à 4 marins. Son achat et son déplacement au Maroc étant coûteux et long, ils espèrent vos dons au plus vite. Vous pouvez les contacter à l’adresse marinsdumaroc@gmail.com et sur leur page Facebook “ Marin Scout ”. Les « Marins » de Casa

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Plus de 70 jeunes adultes se préparent à la confirmation.

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ne joie partagée avec tous ces accompagnateurs des jeunes-adultes en catéchèse en vue du baptême ou de la communion ou encore de la confirmation. Ils l’ont vécue ensemble au cours du week-end du 10 et 11 novembre 2018 où chacun d’entre eux a eu la chance de connaître ce qui se passe ailleurs, de partager ses expériences avec d’autres et d’apprendre d’autres techniques pour mieux accompagner. Joie et fierté pour tous et pour l’évêque qui les a rencontrés rassemblés pour sa première fois et qui en a profité pour leur rappeler l’importance du service d’accompagnement qu’ils offrent comme catéchistes. Ouvriers de la miséricorde du Seigneur qu’il appelle pour travailler à sa vigne, « les catéchistes sont les collaborateurs du Saint Esprit dans la transmission de la foi », rappelle le Père Cristóbal. Quant à lui, le Pape François insiste en rappelant que le catéchiste est « celui qui garde et alimente la mémoire de Dieu ; la garde en lui-même et sait l’éveiller chez les autres. » Se savoir appelé par Dieu et par l’Église et être en mission de Dieu et de l’Église pour témoigner de la foi, témoigner de Jésus Christ et travailler pour le Royaume de Dieu, voilà ce qui remplit de joie le cœur du catéchiste. Accompagner l’autre, un ami, un prochain, se mettre en chemin avec lui pour l’orienter et l’aider à se trouver un chemin, pour partager avec lui le pain de route, un peu comme le Ressuscité sur la route d’Emmaüs. Mais c’est aussi la même joie vécue par ces futurs confirmés du diocèse pour cette année pastorale. Rassemblés de tous les coins du diocèse quelle ne fut leur allégresse de se retrouver et s’enrichir mutuellement ! Quelle ne fut la fierté du Père évêque en rencontrant ces soixante-dix et quelques jeunes-adultes qu’il aura à confirmer ! Si pour certains l’union fait la force, pour le catéchuménat diocésain faire Église ensemble fait aussi la force : d’où l’importance d’une telle rencontre qui a donné l’occasion aux confirmands de prendre un temps de réflexion ensemble sur leur cheminement, de discuter ensemble de leur accompagnement et de leur cheminement,

Vie du diocèse

Le catéchuménat diocésain

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Vie du diocèse

Joie des uns et des autres, Joie de Dieu !

de proposer ensemble ce que peuvent être leurs engagements comme chrétiens confirmés aussi bien dans la société que dans l’Église ; tout cela constitue l’une de ces belles manières qui font prendre conscience et rappellent qu’on ne peut faire Église qu’ensemble, en communion les uns avec les autres quoiqu’accompagnés séparément en paroisse. C’est cette joie encore qui anime et qui animera ces catéchumènes qui cheminent vers leur baptême à Pâques prochain. Se préparant séparément dans les différentes paroisses du diocèse, ils sont appelés eux aussi à faire l’expérience de l’Église-communion le week-end du 09 et 10 mars 2019 : c’est l’Appel décisif. Ils seront appelés, devant toute l’Église rassemblée, par l’évêque à signer de leur noms le registre des baptisés confirmant ainsi être sur le chemin à la rencontre du Ressuscité. Attention, rappelait le Père Vincent, c’est un « acte loin d’être administratif, comme l’est encore moins le baptême » : c’est plutôt « une acceptation des manières d’être, des manières de vivre », des manières de faire Église. Jean-Bosco Ningeza

Les accompagnateurs de jeunes adultes en catéchèse.

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« Conjuguer vie chrétienne et vie estudiantine dans une perspective d’avenir »

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es 8 et 9 décembre 2018, les responsables régionaux de l’aumônerie des étudiants catholiques au Maroc se sont réunis à Rabat. Durant ce week-end, les jeunes ont procédé essentiellement aux présentations des AECAM de leurs villes respectives et réfléchi sur le thème proposé par l’équipe nationale : « Conjuguer vie chrétienne et vie estudiantine dans une perspective d’avenir ». Les temps de prière et les moments de détente étaient aussi au rendez-vous. Que pouvons-nous retenir sur ce thème ? Nous vous proposons quelques pistes de réflexions développées par les jeunes lors des carrefours.

Vie du diocèse

Week-end des responsables AECAM

1. Comment je fais pour être pleinement dans mes études ? Se concentrer, avoir en priorité les études, être passionné par le métier qu’on a choisi, ne pas subir les études, avoir une influence positive, ne pas subir l’entourage néfaste, demeurer disponible, mettre Dieu au centre des études.

2. Comment j’équilibre vie étudiante, vie ecclésiale et autres activités ? Avoir un planning défini. Donner des priorités pour ne pas se retrouver à donner des excuses tout le temps, être responsable, définir un timing, se connaître soimême, prier Dieu de nous donner la force et le temps. Faire un juste milieu entre vie chrétienne et études. Ne pas oublier de se détendre et de se divertir.

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Vie du diocèse

3. Comment enrichir ma formation, comment investir sur moi pour être utile ? Pour moi, pour ma famille, pour ma société, pour mon pays, pour la planète ? Au départ on fait ce que nous demandent les profs, et on en reste là. Alors qu’il faut que je me fixe mes objectifs et réfléchisse au rôle que je veux jouer dans la société. Ne pas se limiter à ce que nous indiquent les profs et aller au-delà de ce qui nous est donné… Approfondir et chercher à développer des compétences, y compris en rencontrant des étudiants d’autres formations. Avoir le courage de voir les choses d’autres points de vue, l’humilité dans l’apprentissage.

4. Comment j’ai évolué au cours de mes années d’études grâce aux rencontres, à la formation, à l’information ? Rencontrer des personnes nous aide à nous intégrer. Participer à des réunions ou rencontres nous aide à développer nos capacités. Participer à l’AECAM nous aide à découvrir comment on anime, comment présenter un projet… Important d’échanger des expériences, y compris pour s’intégrer dans ce pays qui n’est pas le nôtre. L’information est nécessaire, pour être cultivés : il faut connaître ce qui se passe dans le monde, sinon notre formation ne sert à rien : ça permettra de repérer la filière qui nous permettra de nous développer. Savoir choisir les bonnes sources d’informations.

Ces questions ne sont pas exhaustives mais nous donnent une idée de ce qu’a été le week-end des responsables AECAM. Nous retiendrons pour finir le message de notre Père évêque à toute la jeunesse : on étudie pour servir. Keren Manzenge Sarah Assistante Pastorale au service de l’AECAM

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a commission des vocations du diocèse a organisé du 19 au 20 janvier à Notre-Dame de la Paix à Rabat, un week-end des vocations au profit des aspirants du diocèse sur le thème : « Voici la servante du Seigneur, qu’il m’advienne selon ta parole… » (Luc 1,38). Riche en couleur, ce weekend a permis aux 33 aspirants présents de vivre un moment particulier qui non seulement les a bousculés mais a bousculé aussi et surtout leur désir de se consacrer à Dieu. Je vous laisse ici découvrir leur propre témoignage :

Vie du diocèse

Week-end Vocations à Rabat

« Nous avons vécu un week-end marqué par des mots forts dont nous avons été imprégnés. Ces mots forts, notamment le silence, la passion, les rêves, le sacrifice, ont rythmé notre méditation et nous les avons reçus comme des cadeaux de la part de l’équipe animatrice, une équipe qui a été totalement renouvelée. Le renouvellement de l’équipe animatrice n’a cependant pas occasionné de rupture avec les précédents week-ends dans la mesure où le mot d’ordre, au début de cette rencontre, a été de redécouvrir notre désir de servir, à la suite du précédent thème qui nous dévoilait qu’agir avec une telle attitude, est un chemin vers la sainteté.

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Vie du diocèse

Ce week-end a également été l’occasion de resserrer nos liens avec nos frères et sœurs dans le cheminement et de créer de nouvelles fraternités avec ceux qui y participent pour la première fois. Chaque personne, chaque rencontre étant pour nous un message de Dieu, nous avons eu droit à un condensé de messages dont un message principal qui a clôturé la rencontre et nous a accompagnés sur le chemin du retour vers nos villes respectives : « Quitter Dieu pour Dieu ». Nous tenons par conséquent à exprimer notre reconnaissance à l’égard de nos frères dans le cheminement mais aussi et surtout une grande reconnaissance envers l’équipe animatrice dont nous avons pu contempler comme d’habitude, la diversité et l’unité ainsi qu’un dévouement sans faille pour nous communiquer un message vrai et nourrissant. […] Dans l’impatiente attente du prochain week-end des vocations, nous prions le Seigneur de prendre soin de son équipe animatrice, de nous garder et faire fructifier en nous ce qu’il a semé. »

En attendant le prochain week-end, demandons au Seigneur de leur donner la joie de se découvrir serviteurs et servantes de Dieu à l’instar de Marie, la servante par excellence. Cela les aidera, à coup sûr à savoir mieux répondre à son appel dans l’écoute attentive et silencieuse de sa parole dans leur vie.

P. Franklin Agnidé, pour l’équipe Vocations

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L’Église Catholique au Maghreb aujourd’hui

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Tous les pays du Maghreb n’ont pas vécu de la même manière le printemps arabe dont les protagonistes ont souvent été les jeunes, les chômeurs et les pauvres. On peut cependant noter que la parole s’est libérée tant sur les plans social ou politique qu’économique dans la région. L’Église encourage les valeurs de liberté, de dignité et de choix personnel et les chrétiens partagent les joies et les espérances du peuple qui les accueille, avec l’espérance d’un monde plus fraternel. L’Église, que les migrations subsahariennes vitalisent, adopte une attitude d’aide, de discernement et de soutien dans la recherche de la justice, de la solidarité et de la liberté.

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Les grandes mutations dans notre région

Dossier

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es évêques de la CERNA (Conférence Épiscopale de la Région Nord de l’Afrique, regroupant les diocèses du Maroc, de l’Algérie, de la Libye et de la Tunisie) ont publié, le 1er décembre 2014, une lettre pastorale intitulée « Serviteurs de l’espérance ». Ils y développent leur réflexion sur l’Église d’Afrique du Nord et ses objectifs et défis pour les prochaines années. C’est avec ce titre de « Serviteur d’espérance » que l’Église au Maroc veut recevoir le Pape François les 30 et 31 mars prochain. Voici les grandes lignes de ce document.

Situation de l’Église maghrébine Depuis l’indépendance des pays du Maghreb, l’Église est minoritaire au milieu d’un peuple musulman. Église de la rencontre, l’une de ses préoccupations principales est de créer des liens solides avec la population musulmane locale. Placée là comme signes de la présence du Christ, présence gratuite de l’Amour du Père pour tous ses enfants, l’Église devient « levain dans la pâte » (Mt 13,33) et « sel de la terre » (Mt 5,13) par le témoignage qu’elle rend de l’Évangile. Une des particularités de l’Église du Maroc est la diversité de provenance de ses membres, venant essentiellement d’Afrique subsaharienne mais aussi du

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Dossier

reste du monde, étudiants, travailleurs, migrants ou réfugiés. Cela relève un premier défi qui est celui de la cohésion et de l’acceptation malgré les diversités culturelles et sociales. Dans nos paroisses et nos aumôneries ce premier défi est largement gagné, les relations allant jusqu’à des amitiés réelles et profondes. Une autre particularité, qui est aussi un défi

majeur, est l’œcuménisme. Ce deuxième défi nous appelle à vivre dans le respect mutuel en faisant fi des difficultés du passé pour mieux témoigner de l’Amour du Christ. Ainsi nous devons nous former dans la foi, pour grandir comme disciples et être capables, en toutes circonstances, de rendre compte de l’espérance qui nous habite.

Vocation du chrétien dans le Maghreb d’aujourd’hui

Offrir notre témoignage évangélique et notre service Nous avons à témoigner du Royaume de Dieu au travers de nos actes, en étant bâtisseurs d’un monde d’espérance parmi les petits, aux périphéries de notre humanité. Cela se fait de manière concrète dans les institutions caritatives, les établissements d’enseignement, les maisons ouvertes aux enfants des quartiers défavorisés, les foyers d’accueil pour les personnes handicapées, etc.

Envoyés vers les périphéries

À la suite du Christ, nous sommes d’abord envoyés vers les pauvres, les plus petits, ceux qui n’ont pas de voix, de statut, de moyens… Ainsi nous servons le Christ dans le visage concret des petits de ce monde, que lui-même a voulu nommer ses « frères » (Mt 25,40).

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Notre présence trouve son sens plénier dans notre relation avec les croyants de l’Islam. Nous la vivons dans un esprit de respect et d’ouverture, en cultivant des attitudes de bon voisinage, de convivialité, de dialogue par le partage des événements familiaux, des fêtes religieuses et toutes sortes de circonstances, qui sont autant d’occasions offertes pour mieux nous connaître, nous aider mutuellement, nous rencontrer sans qu’il soit besoin de créer des occasions artificielles.

Dossier

En dialogue et en amitié avec les musulmans

En compagnie de ces peuples en marche Notre vocation commune est à rechercher dans ce que nous avons en commun : notre humanité renouvelée par le Verbe Incarné, qui nous invite à rendre ce monde plus humain, parce que rien de ce qui est humain ne peut nous être étranger. Nous sommes responsables ensemble de notre « maison commune », la terre. La paix, l’environnement, le respect de la vie, la justice, l’humanisation des rapports sociaux, le respect des droits humains sont des préoccupations communes.

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Nous sommes des citoyens

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Une Église citoyenne, c’est aussi une Église qui a à cœur d’apporter sa part à la vie et à la construction de la société, sans militantisme politique, à travers des écoles, des dispensaires, des bibliothèques, des centres d’animation féminine, des cours de soutien, des activités pour les enfants, des aides directes auprès des personnes en difficulté, des visites aux malades et aux prisonniers… C’est la vocation diaconale de notre Église. Les couples islamo-chrétiens constituent l’une des réalités les plus stables de nos Églises. Sans occulter de réelles difficultés liées à la différence culturelle et religieuse, ces couples et ces familles sont une des grandes richesses de nos pays, de nos Églises et de l’Église universelle. Enfin il nous faut assurer un accompagnement des laïcs de plus en plus nombreux qui travaillent dans le tissu économique pour que leur témoignage soit un rayonnement de l’Évangile et de l’enseignement social que l’Église s’efforce de promouvoir dans le monde.

Une Église eucharistique, qui célèbre la gloire de Dieu au milieu des nations Au Maghreb, nous avons une vocation particulière à la prière. Dans nos sociétés où l’appel à la prière retentit cinq fois par jour, nous sommes nous aussi appelés à célébrer les louanges de Dieu. Ce ministère de la prière, comme toute notre vie, trouve sa source et son sommet dans l’Eucharistie. Le sens universel de notre prière dans l’Eucharistie acquiert une valeur d’universalité et d’éternité. Comme à chaque messe, le prêtre présente, avec le pain et le vin, toute l’existence de ceux qui l’entourent, et aussi toute la densité d’amour vécue par les hommes et les femmes qui ne connaissent pas nécessairement l’Évangile, mais qui cherchent droitement à servir Dieu et à l’aimer. Plus encore elles sont des messes sur le monde et sur nos pays où nous apportons toutes les germinations, toutes les souffrances, toutes les espérances…

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L’Église vit le style de la « visitation »

Le texte de la Visitation (Lc 1,39-56) est le paradigme de notre mission. Nous visitons nos frères et sœurs pour les aider, et chaque rencontre est comme une effusion d’Esprit Saint, une Pentecôte dont l’Esprit est le maître d’œuvre. La grâce d’aller vers l’autre nous fait expérimenter une joie semblable à celle jaillie lors de la rencontre entre Élisabeth et Marie. Notre Église, à la suite de Marie, vit l’apostolat de la rencontre.

Dossier

La mission, une Visitation

L’espérance de la fraternité universelle Nos Églises s’offrent à vivre des liens fraternels avec tous, comme à la naissance de Jésus en réunissant les bergers et les mages dans la joie et la simplicité. À l’image de la Sainte Famille, nos Églises se veulent une famille aux liens fraternels avec tous, une communauté ouverte et accueillante de priants au milieu de priants, de chercheurs de Dieu avec d’autres chercheurs de Dieu, porteuses et témoins du mystère de Celui qui a donné sa vie pour tous. Nous sommes appelés à porter, dans notre quotidien le plus ordinaire, le témoignage d’une vie de familiarité avec Dieu, d’un Dieu qui nous fait partenaires de son combat pour la réussite de l’humain en toute personne. Cela vaut pour toute personne appelée à vivre l’Évangile au Maghreb, s’efforçant, par sa vie humblement donnée, à ce que Jésus continue de « venir chez les siens » (Jn 1,11) et d’« habiter parmi nous » (Jn 1,14).

Dossier préparé par les assistants pastoraux du diocèse

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Vie du diocèse 26

La vie consacrée dans le diocèse Présence et prière

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e 2 février, l’Église fête la Présentation de Jésus au Temple et la Journée mondiale de la Vie Consacrée. Cette année, nous étions 90 à nous réunir autour de notre évêque, à Rabat, accompagnés du P. Marc Helfer, délégué diocésain à la vie consacrée pour prier, réfléchir, discuter, partager, et… pour la joie de se retrouver, tout simplement. En écho avec le dossier qui précède, nous vous proposons quelques éléments sur la vie consacrée dans notre diocèse. Le texte a été repris à partir du document élaboré par le Conseil diocésain de la Vie Consacrée, faisant suite à un questionnaire adressé à toutes les communautés. La vie religieuse apostolique compte 109 membres : 91 femmes, 18 hommes, appartenant à 10 congrégations féminines, 2 congrégations masculines et 1 société de vie apostolique masculine, toutes à dimension internationale et à vocation missionnaire. L’internationalité de nombreuses communautés est un signe et un défi dans ce monde : il est possible de vivre ensemble différents et complémentaires. Les communautés sont présentes à Casablanca, Fès, Marrakech, Meknès, Rabat, Agadir, Kénitra, Mohammedia, El Jadida, Taza, Ouarzazate, Temara et Midelt. La vie monastique compte 11 membres : 5 femmes et 6 hommes, appartenant à un monastère féminin (Casablanca) et à un prieuré masculin (Midelt). Malgré la diminution du nombre des communautés, la « présence réelle » de la Vie consacrée sur le terrain est le signe essentiel qui donne à voir une vraie relation de proximité avec le peuple marocain et avec les migrants. Les missions sont très diverses et répondent aux besoins de la population du pays. Entrer en relation avec le peuple marocain, se mettre à son service, se vit au quotidien dans les relations de travail, au marché, à travers des invitations mutuelles lors des fêtes religieuses, des naissances, des mariages, des anniversaires, des deuils. Le dialogue avec les musulmans se fait essentiellement à travers Ensemble n°149 - Février 2019


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Vie du diocèse

le dialogue de la vie, mais aussi avec des relations dans le monde soufi. Le lien avec le monde musulman passe avant tout en accueillant leur témoignage de vie, leur façon de vivre l’Islam, leur manière d’être en relation avec les personnes, leur façon de partager. En se rapprochant des pauvres et des nécessiteux, le meilleur remède pour leur venir en aide est d’en faire des amis. Les forces d’engagement servent à rétablir des relations d’amour et de justice. « Évangéliser en aimant » : il semblerait que ces mots soient la dynamique qui soutient l’engagement de tous les religieux/ ses sur cette terre marocaine. Présence et prière, sont des mots souvent utilisés pour manifester le lien avec la population (peuple marocain, étudiants africains en formation, migrants en transit…) : présence à ce qu’ils vivent et reliés par la prière à Dieu. Par ailleurs, cette simple présence gratuite est une grâce qui fait tomber les barrières, les préjugés, invite à se connaître mutuellement, apprend à se faire petits et accessibles, et à faire le pas vers l’autre, développe une amitié tissée au quotidien. Cette vocation de la présence est vue aussi comme un levain dans la pâte. Porter dans l’Eucharistie, jour après jour, ce monde qui nous entoure et le peuple qui nous accueille, et nous offrir ensemble à la présence du Seigneur, participent à la venue du Règne de Dieu, ici et maintenant. La vie des communautés chrétiennes est largement stimulée par la présence bien vivante des étudiants africains. Les échanges humains et spirituels avec eux ouvrent la porte à un accueil de l’Évangile qui s’exprime et se donne à voir par la manière d’être et de vivre. Accompagner les jeunes dans ce sens est comme une semence capable de porter du fruit. Les communautés religieuses accueillent également au fils des mois des groupes venant d’Europe, souvent chrétiens, qui découvrent une autre réalité du monde musulman,

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Vie du diocèse Être présents à ce peuple dans la discrétion et la simplicité, oser la rencontre les mains nues et dans la gratuité.

plus lumineuse et plus humaine, qu’ils ne trouvent pas souvent dans leurs milieux de vie. Ils découvrent aussi comment vit la minorité chrétienne au milieu du monde musulman et comment peut se vivre la rencontre dans le quotidien. En donner le témoignage à ces groupes est aussi une manière d’être des ponts entre notre manière de faire Église et la leur. Ainsi la vie consacrée est présente à des mondes très différents (celui de la population marocaine, celui des paroisses et des étudiants, celui des migrants qui traversent le pays, ceux des différentes communautés religieuses de charismes, spiritualités et d’implantations diverses…) et curieusement elle a ce don de faire vivre la communion, d’être des ponts et des vecteurs de partage entre ces mondes qui se connaissent et se mêlent souvent peu et qui ont parfois du mal à se comprendre. Ces quelques lignes, fruit du partage des communautés, nous offrent le témoignage de communautés religieuses et de membres de société de vie apostolique, qui sont en plein vent, bien insérés dans le terreau marocain et qui sont signes pour toute l’Église en apprentissage pour devenir une Église du Maroc. La vie consacrée apparaît comme une des composantes essentielles du « faire Église » au service du peuple qui nous accueille. Même si le nombre des membres de vie consacrée a nettement diminué dans le diocèse, nous n’oublions pas qu’au fil des générations c’est sur le petit reste que Dieu a mis sa confiance et son espérance. Ne le décevons pas, mais en son nom, et poussés par l’Esprit et la prière, continuons à être présents à ce peuple dans la discrétion et la simplicité et à oser la rencontre, les mains nues et dans la gratuité. Sr Pascale Bonef, d’après le document du CDVC

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Au-delà du mur Rencontre entre les migrants subsahariens et les étudiants d’Al Akhawayn (*)

Percer le mur des barrières sociales de la méfiance et de la peur.

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l existe de hautes barrières métalliques entre les frontières du Maroc et les enclaves espagnoles, barrières surveillées jour et nuit par les autorités des deux côtés. De nombreux migrants ont tenté de les escalader à maintes reprises, souvent en vain, parfois en y trouvant la mort, rarement en réussissant. Il existe aussi de fortes barrières sociales faites de méfiance et de peur, entre la communauté marocaine et celle des migrants subsahariens. Les gens savent qu’elles existent, mais rares sont ceux qui s’y intéressent ou qui tentent de les abolir. Dans un souci d’explorer ce mur symbolique et d’y chercher une issue, la journée du 17 novembre 2018 à l’Accueil Migrants, logé au sein de l’église NotreDame des Oliviers de Meknès, a réuni un groupe mosaïque constitué de migrants subsahariens, d’universitaires marocains et étrangers d’Al Akhawayn et de spécialistes anthropologistes qui se sont intéressés à ce phénomène avec curiosité et bienveillance. Tous ensemble, nous avons cherché à créer une porte dans ce mur, afin de trouver ce qui se cache derrière et de dépasser cette impression de danger et ce sentiment d’incompréhension. On y a découvert des sourires, des échanges de questionnements et de réflexions collectives, une partie de football, des histoires touchantes et difficiles, de la compassion. Enfin, un espoir de mieux se comprendre. Cette rencontre a permis de donner un visage à celui qu’on appelait auparavant l’Autre et de nuancer nos jugements. « « Les Marocains sont des racistes. », «les migrants sont des voleurs. » : nous savions très bien que ces clichés trop souvent répétés sont constitués de préjugés et de généralisations hâtives. Nous sommes néanmoins restés surpris de constater

(*) : L’université Al Akhawayn est une institution d’enseignement supérieur et de recherche scientifique anglophone située à Ifrane, au Moyen Atlas marocain, à 60 km de la ville impériale de Meknès.

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Caritas au Maroc

l’hétérogénéité des trajectoires et des positionnements des gens présents. Parmi les étudiants d’Al Akhawayn, il y avait des curieux, parfois des réticents, plusieurs sympathiques, certains soucieux de faire sentir au migrant qu’il est chez lui, quelques-uns dévoués à la cause de leur intégration dans la société.

Géographe, agriculteur ou footballeur, les migrants ont des parcours très diversifiés.

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Quant aux migrants, ils ont des parcours particulièrement diversifiés, tant par leurs mobiles de départ du pays natal que par leur mode de vie actuel : que ce soit pour les études, le travail, le rêve hégémonique de monter vers l’Europe et devenir footballeur professionnel, la nécessité de quitter la guerre, la famine ou la violence conjugale. Certains ont trouvé ici de profondes amitiés avec des Marocains et un désir de contribuer à la vie de leur nouvelle communauté. Plusieurs portent un regret d’avoir quitté leur famille pour être confrontés aux clôtures de Ceuta et Melilla, mais n’osent retourner chez eux les mains vides. Géographe, professeur, étudiant, agriculteur, ouvrier, athlète en devenir… Leurs connaissances et leurs capacités à apprendre peuvent être multiples, mais nombreux se sont retrouvés sans papier, sans travail, sans maison et

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Caritas au Maroc

Le migrant « en-visagé » n’est plus une statistique scientifique, il devient un frère en humanité.

fatigués d’être confrontés à des propos amers sur leur chemin quotidien. Pour les étudiants d’Al Akhawayn, cette journée a permis de donner aux migrants un visage, alors qu’ils n’étaient jusque-là que des statistiques d’articles scientifiques. Une jeune étudiante s’est isolée durant l’activité. Elle pleurait de colère. Elle se sentait impuissante devant la situation des migrants. Pourtant, tout lui est possible. Aujourd’hui, simplement par sa présence et sa volonté de connaître et de comprendre, elle a participé à créer une ouverture. Comme elle, chacun peut avoir sa manière de créer cette porte, que ce soit avec un crayon, un projet collectif, une discussion en famille ou simplement par un geste amical lorsqu’on croise quelqu’un dans la rue. C’est grâce à cet effort de tous qu’on parviendra à effriter les frontières de l’inconnu et de la peur pour découvrir tout ce qui nous est commun et qui nous unit. De Fredy Paolo Jiemeni, géographe et migrant camerounais à Meknès Et Romy Boutin St-Pierre, étudiante canadienne en relations internationales à Al Akhawayn.

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Église en Afrique du Nord Regard des frères de Notre-Dame de l’Atlas de Midelt sur la béatification du 8 décembre 2018 à Oran.

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a communauté des Frères de Notre-Dame de l’Atlas a participé aux célébrations de la béatification des 19 religieux et religieuses assassinés pour leur foi, entre le 8 mai 1994 et le 1er août 1996. Notre pèlerinage a commencé le 6 décembre, par un voyage en taxi collectif de Midelt à Casablanca, où les prêtres de la paroisse N.-D. de Lourdes nous ont accueillis fraternellement. Le vendredi matin, nous étions six moines, accompagnés par notre cher évêque Père Cristóbal, à prendre l’avion à destination d’Oran. Le soir, nous avons participé à une veillée de prière à la cathédrale d’Oran. Moment riche d’émotions et de témoignages. La présence de nombreux amis musulmans nous a beaucoup touchés, en particulier celle de la maman du jeune Mohamed Bouchekhi, ami de Mgr Pierre Claverie, qui a perdu sa vie en compagnie de l’évêque d’Oran, le 1er août 1996. Aussi, celle du fils d’un autre Mohamed, l’ami musulman qui a donné sa vie pour protéger celle du jeune officier français Christian de Chergé, à la fin des années 1950. Des prières chrétiennes et musulmanes ont enrichi cette belle rencontre qui s’est achevée par une procession à la tombe du Bienheureux évêque Pierre Claverie. Chacun des participants y a déposé une bougie allumée, signe de la Vie plus forte que la mort. Le lendemain matin, nous avons été accueillis chaleureusement à la grande Mosquée Abdelhamid Ben Badis par les autorités religieuses locales et le ministre algérien des Affaires Religieuses, M. Mohamed Aïssa. Cette visite s’inscrivait dans le cadre de l’hommage de l’Algérie aux 19 martyrs religieux et religieuses chrétiens et aux 114 imams assassinés durant la décennie noire.

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Église en Afrique du Nord

Ensuite, nous sommes montés vers le sanctuaire de N.-D. de Santa Cruz, où 1 400 personnes environ se sont rassemblées pour la messe de la béatification. Mgr Jean-Paul Vesco, évêque d’Oran, a prononcé les premiers mots de bienvenue, et après la lecture du testament spirituel de Mohamed Bouchekhi, une minute de silence a été gardée en mémoire des milliers de victimes innocentes de la guerre civile algérienne. Un message du Pape François a été lu. Pour l’occasion, le Saint-Père était représenté par le Cardinal Angelo Becciu, Préfet de la Congrégation pour la cause des saints. Pour la première fois dans l’histoire de l’Église, un événement de cette portée se réalisait dans un pays musulman. L’Évangile, proclamé d’abord en français, a ensuite été chanté en arabe par un prêtre d’Oran, le P. Becker. Toute la célébration a été animée par une vivante et joyeuse chorale africaine. Un moment fort est à signaler : l’échange d’un geste de paix entre l’archevêque d’Alger et les imams présents. Pour terminer, l’évêque d’Oran a exprimé sa joie profonde et son immense reconnaissance à tous les chrétiens et musulmans qui ont rendu possible la réalisation de cette fête en Algérie. Le dimanche 9 décembre, une centaine des pèlerins se sont rendus d’Oran à Tibhirine. Pour notre P. JeanPierre, qui a vécu au monastère de Tibhirine durant 32 ans, ce fut un retour « chez lui », 20 ans plus tard. Sa joie était immense de rencontrer ceux qui ont vécu tant de choses avec lui et qui étaient là pour l’accueillir : Youssef, Mohamed - le gardien, Benali, Père Robert, Samir, entre autres. Pour chacun de nous, la visite au monastère fut courte mais d’une grande intensité.

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Un repas d’accueil, la célébration d’une messe d’action de grâce, la visite des bâtiments et une prière silencieuse au cimetière en communion avec nos sept frères bienheureux martyrs. La communauté du Chemin Neuf, qui vit actuellement sur place, était heureuse de nous recevoir et de partager ce moment inoubliable avec familles et amis. Trois des 19 bienheureux martyrs de l’Algérie ont vécu et servi l’Église au Maroc : les Sœurs PaulHélène et Odette et Frère Bruno. Entré dans la vie monastique à l’Abbaye Trappiste de Bellefontaine, âgé de 51 ans, Frère Bruno prononce son engagement définitif, en mars 1990, à N.-D. de l’Atlas, à Tibhirine. Il est ensuite envoyé dans la maison annexe de Fès, au Maroc, où il a laissé un bon souvenir dans le milieu sacerdotal diocésain. Il participe aux réunions presbytérales et avec ses frères moines il contribue activement à la préparation du Synode du diocèse en 1994. Dans une ses lettres, il écrit : « Je remercie le Seigneur d’être ici et en cet état de vie. C’est simple, caché comme la graine enfouie dans le sol qui germera en son temps. Vie de foi et de grande espérance. Ici comme dans le monde entier, Dieu a jeté la semence de son Royaume, mais tout enfantement a ses douleurs… ». Sœur Odette entre à 21 ans dans la congrégation des Petits Sœurs du Sacré-Cœur (spiritualité du Bienheureux Charles de Foucauld). Elle fait partie du petit groupe de religieuses que le P. Peyriguère avait appelé auprès de lui, à El Kbab, et qui y resta entre 1958 et 1961. C’est pour elle la première rencontre avec la culture marocaine et la religion musulmane.

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Église en Afrique du Nord

Sœur Paul-Hélène1 entre chez les Petites Sœurs de l’Assomption en 1952, à l’âge de 25 ans. En 1973 elle devient conseillère de la supérieure régionale du Maghreb. En 1977, elle est envoyée à Casablanca (Maroc), où elle assume, jusqu’à 1980, la responsabilité d’un service de prématurés du premier petit hôpital français de la Médina dédié principalement aux prématurés (« l’œuvre de la Goutte de lait »). Elle travaille intégrée dans une équipe entièrement marocaine. D’ailleurs, elle se préoccupe aussi des situations d’injustice subies par des Marocains. Article écrit par les frères de Notre-Dame de l’Atlas, à Midelt

1 : Sœur Paul-Hélène, témoin de la tendresse de Dieu en Algérie, recherche archivistique du P. Jean-François Petit, d’après les Carnets et Notes de sœur Paul-Hélène. Ensemble n°149 - Février 2019

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Vie au Maroc #Ghatini : une initiative citoyenne pour aider les sans-abris au Maroc

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Objectif fixé : venir en aide à 100 sans-abri

Ghatini est né en 2013-2014 au sein de l’association marocaine SOS Jeunes. “ Nous faisions des distributions chaque hiver à Mohammedia mais l’initiative a pris fin il y a quelques années ”, rappelle Mohamed Rahmo, ancien membre de l’association. Des citoyens qui ont déjà l’expérience associative et de solidarité ont décidé de s’allier pour remettre sur la route cette action. Parmi eux, Yassir Mezouari, président de l’association Aspirations des jeunes du Maroc. “ L’action de Mohammedia est une action pilote parce que nous voulons que #Ghatini devienne un véritable mouvement. Nous voulons amorcer un élan de solidarité, que cela devienne contagieux ”. En 24 heures, les participants se sont tous mis d’accord sur la ville, et ont lancé la collecte de dons, qui se fait exclusivement en nature. Pour le moment, les points de collecte sont installés à Casablanca et à Mohammedia, “ mais si une personne de Rabat veut se lancer à nos côtés, elle est la bienvenue ”, ajoute Yassir Mezouari. Le Croissant Rouge réfléchit à l’éventualité de vacciner les sansabris contre la grippe. Pour cette première maraude, les participants se donnent l’objectif de venir en aide à 100 sans-abris. “ Nous espérons qu’il y en aura moins. 100 sans-abris, c’est un chiffre énorme pour Mohammedia ”, indique le président d’Aspirations des jeunes du Maroc. HuffPost Maroc du 10/01/19

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Les vélos-taxis font leur apparition à Rabat

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cquis dans le cadre du projet de transport touristique et écologique de la ville de Rabat porté par l’INDH, ces 50 vélos tricycles à assistance auront nécessité un investissement global de 2,5 millions de dirhams, souligne la MAP dans un communiqué précisant que “ les pédales de ces vélos-taxis sont assistées par un moteur électrique, ce qui contribuera à la réduction de la pollution atmosphérique de la ville et à la préservation de l’environnement ”. Les bénéficiaires ont également eu droit à une formation portant notamment sur la communication et la technique d’accueil, l’éducation civique, la gestion et l’entrepreneuriat et les langues étrangères. Alternative aux moyens de transport conventionnels, notamment les taxis traditionnels et les autobus, ce nouveau projet s’inscrit dans le cadre des grands chantiers de développement urbain que connaît la ville de Rabat depuis quelques années. Avec une forte identité marocaine qui se révèle à travers des motifs de moucharabieh traditionnels, ces vélos-taxis pourront aussi bien circuler dans la ville qu’à travers les ruelles étroites de la médina.

Vie au Maroc

MPA

HuffPost Maroc du 10/01/19

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Église et monde Veillée des JMJ de Panama

Marie et les “ influenceurs ” cachés qui changent l’histoire

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rançois n’utilise personnellement ni ordinateur ni smartphone, mais souvent, quand il parle aux jeunes, il cherche à annoncer l’Évangile en utilisant le langage des « digital natives ». Cela a aussi été le cas durant la veillée des JMJ au Metro Park de Panama, face à 500 000 jeunes. Le Pape a expliqué que la vie donnée par le Christ à ceux qui le suivent n’est pas un salut basé sur un cloud, ni une application téléchargeable. Il a rappelé que l’incarnation, et donc la rédemption, ont été rendues possibles par le « oui » d’une jeune fille de Nazareth, qui « n’apparaissait pas dans les réseaux sociaux de l’époque, qui n’était pas une « influencer », mais qui sans le vouloir ni le chercher est devenue la femme qui a eu la plus grande influence dans l’histoire ». Marie, « l’influencer », comme le Pape l’a appelée. Une fille qui avec peu de mots a su dire « oui » et faire confiance aux promesses de Dieu, « l’unique force capable de faire toutes choses nouvelles ». C’est ainsi que se manifeste, une fois encore, le renversement total des logiques humaines et mondaines. Dieu, le Tout-Puissant, qui se fait petit comme un enfant dépendant des soins d’un père et d’une mère, comme chacune de nous l’a été. Il s’est manifesté dans l’humilité et en se cachant, loin des radars de l’histoire, dans une périphérie de l’Empire romain. Ensemble n°149 - Février 2019


Nous ne pourrons jamais savoir combien de drames ont été évités grâce aux humbles « influencers ».

Dieu s’est incarné grâce à une fille qui était née et qui avait grandi dans un petit village, éloigné des flux de la grande histoire. Et sans le vouloir ni le chercher, elle, qui n’était pas une « influencer », a eu une influence sur l’histoire humaine comme aucune autre créature ne l’a fait et ne le fera. C’est la grandeur extraordinaire de celui qui est petit, la puissance de celui qui est faible et fragile. Dans l’image de Marie, « influencer » sans l’avoir jamais cherché, se situe un enseignement précieux pour nos temps malades de virtualité, de désir d’apparaître au premier plan. Celui qui influence vraiment l’histoire est celui qui accueille et prend soin de l’Évangile et le fait grandir dans la discrétion, conscient d’être petit et pécheur, et se confiant seulement dans l’aide de la grâce de Dieu. Comme Marie, les « influencers » de l’histoire sont ces pères et ces mères de famille qui avec leur témoignage quotidien ont transmis la foi chrétienne à leurs enfants et à leurs proches. Ce sont ces jeunes qui se dépensent avec gratuité en manifestant compassion et proximité aux derniers et aux exclus. Ce sont ces prêtres qui passent des heures au confessionnal, en accueillant et en versant le baume de la miséricorde sur les blessures et sur les drames de tant de femmes et d’hommes de notre temps. C’est une mesure de l’histoire qui ne pourra jamais être faite, parce que nous ne pourrons jamais savoir combien de drames ont été évités, combien de violences ont été déjouées, combien de fractures ont été recomposées, combien de vies ont été sauvées, grâce aux humbles « influencers » de Dieu qui changent l’histoire sans se mettre en avant, en se considérant comme des serviteurs inutiles.

Église et monde

Nous sommes appelés à influencer l’histoire comme l’a fait Marie.

Andrea Tornielli à Panama, pour Vaticannews, le 27/01/19

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Nouvelles du diocèse Agenda de l’évêque 2 février

Journée de la Vie Consacrée, à Rabat

5 février

Réunion des prêtres de la région de Rabat-Kénitra

9 février

Conseil d’administration d’Al Mowafaqa

10 février

Catéchèse et messe à Beni-Mellal

20 février

Conseil presbytéral et repas d’au revoir à Françoise Nassir

24 février

Messe à Casablanca

26 février au 3 mars

Réunion pour les évêques responsables de Caritas, au Liban

9-10 mars

Week-end de l’appel décisif, à Notre-Dame de la Paix

11-15 mars

Retraite des prêtres, à Notre-Dame de la Paix

16-17 mars

Week-end des catéchistes d’enfants

19 mars

80 ans de vie religieuse de Sœur Ersilia, à Casa-Anfa

30-31 mars

Visite du Pape François

14 avril

Dimanche des Rameaux, à Mohammedia

15-16 avril

Conseil Presbytéral

16 avril

Recollection des prêtres et Messe Chrismale

20 avril

Veillée pascale à Casa

21 avril

Dimanche de Pâques à la cathédrale

Communion dans l’espérance… Marie-Madeleine, la Maman du P. Germain Goussa, curé de Casablanca, est décédée le 3 février 2019 au Mali. Nous l’entourons de notre prière et de notre affection.

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La visite du pape approche1 Bien que la visite du Pape soit déjà dans l’horizon proche, au moment d’écrire ces lignes nous n’avons pas encore de programme définitif. Dès que nous l’aurons, le site du diocèse le publiera immédiatement, bien sûr. Ce sur quoi nous pouvons compter Certains éléments sont clairs : ➻➻Tous les chrétiens qui le voudront pourront rencontrer le Pape lors de la célébration de la messe ; le « où » n’est pas encore décidé ; le « comment » y accéder non plus ; mais je lance d’ores et déjà un appel pressant à y participer. […] ➻➻Il y aura aussi une rencontre interreligieuse ouverte à tous, Marocains et non Marocains. […] ➻➻Les prêtres, religieux, religieuses et représentants des Églises chrétiennes du Conseil Œcuménique des Églises auront aussi leur moment à eux. Mais, plus importante que ce que le Pape va faire au Maroc est l’attitude avec laquelle il vient et avec laquelle nous devons l’accueillir. Nous préparer dès maintenant Peut-être vous avez déjà reçu une collection de fiches à travailler en groupe, en famille ou personnellement. Il s’agit d’un effort que le diocèse fait pour faciliter la préparation de tous à la visite du Pape. Elles portent sur plusieurs thèmes : l’Église et le Pape ; le document « Serviteurs de l’espérance » ; le dialogue interreligieux : 800 ans après la rencontre de François et le sultan ; la doctrine sociale de l’Église. Ce ne sera pas possible de tout traiter avant l’arrivée du Pape, mais […] il faut se mettre en chemin. Le Pape arrive : préparons-nous ! P. Cristóbal López

1 : Le texte intégral est disponible sur le site www.dioceserabat.org

Ensemble n°149 - Février 2019

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Le bulletin Ensemble est au service du lien dans notre diocèse. À raison de 5 numéros par an, il vous donne à voir la vie des communautés chrétiennes, du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest. Il élargit notre regard à la rencontre du Maroc et de ses habitants, mais aussi de l’Église en Afrique du Nord et de l’Église universelle. Vous pouvez envoyer témoignages, nouvelles et photos à

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Famille de Beler, à Casablanca

À El Jad ida

abat nçois, à R

int-Fra Église Sa

À Oujda

À Notre-Dame de Lourdes, à Casa

Chez les Pe de Charles de Fou tites Sœurs cauld, à Fès

Notre-Dame Au monastère

Midelt de l’Atlas, à


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Ensemble n°149 - Février 2019  

La revue du diocèse de Rabat

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