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MAGAZINE DU FOOTBALL GENEVOIS

SMAG

MARS 2009

#02

DOSSIER SPECIAL 120 ANS FELLIPE BASTOS LE JOYAU BRéSILIEN FOOTBALL GENEVOIS LE FUTSAL ARRIVE à GENèVE

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Editorial photo: Eric Lafargue

Chers amoureux du football, Vous avez entre vos mains le second numéro du notre magazine SMAG. Les échos ont été très positifs et nous avons reçu de nombreux messages de soutien. Nous remercions nos annonceurs pour leur enthousiasme. Ils ont à nouveau répondu présent à l’appel, leur soutien est primordial à la bonne marche et à la pérennité du SMAG. Grâce à eux, nous espérons que ce média va rapidement devenir l’une des grandes références des amoureux du ballon rond de la région. Aujourd’hui, l’une de mes priorités est de renouer des liens de confiance avec l’ensemble des clubs de l’ACGF. Le SMAG ainsi que notre partenariat avec Proxifoot, vont dans la direction de cette nouvelle approche. Depuis de trop longues années, le Servette FC s’est éloigné de ses racines et ne prêtait plus attention aux autres clubs de la région. Le Servette FC était devenu un club distant. Nous voici à l’aube d’un grand moment pour notre club, les 120 ans. Ma participation dans le club a été motivée par l’histoire sans précédent qu’a le Servette FC. Mes obligations m’obligent à beaucoup voyager et j’ai souvent rencontré des étrangers qui me parlaient de l’histoire du Servette FC. J’ai pu me rendre compte que la notoriété de notre club dépasse nos frontières, son aura touche de nombreux passionnés. J’ai souvent l’impression que, de l’intérieur, les Genevois ne se rendent pas compte du trésor que représente le Servette FC. J’ai souvent comparé le Servette FC à un diamant qui doit être poli. Le travail, depuis seize mois, a été fait avec passion et acharnement. Mes équipes et moi-même avons passé beaucoup de temps à restructurer le club. Nous avons, à présent, une base saine et solide pour construire l’avenir. Rejoignez-nous, soutenez-nous, pour le renouveau du Servette FC. TOUS UNIS DANS LA LEGENDE ! Majid Pishyar Président du Servette Football Club

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Sommaire photo: Eric Lafargue

ACTUALITÉS DU SERVETTE FC NEWS/FELLIPE BASTOS, LE JOYAU BRéSILIEN/ QUE DEVIENT eric burgener? LA FIERTé GRENAT.

LA LÉGENDE 1890-1900 NAISSANCE DU FOOTBALL CLUB DE LA SERVETTE/ 1900 DU BALLON OVALE AU BALLON ROND P. 38-44

P. 6-17

DOSSIER 120 ANS CHRONOLOGIE DE 120 ANS D’HISTOIRE/LAVIZZARI, SERVETTE, C’EST 30 ANS DE MA VIE/JACKY FATTON/PLUS ANCIEN JOUEUR VIVANT/LE SERVETTE FC A éTé FONDé EN 1890 ET FÊTE SES 120 ANS, QUE CELA VOUS INSPIRE-T-IL? P.18-29

FOOTBALL GENEVOIS BUJAR LJATIFI, FIERTé DU FC KOSOVA/LE FUTSAL ARRIVE à GENèVE/LE FC SAINT-JEAN FÊTE SES 100 ANS. P. 30-37 4

LA CHRONIQUE DE... ALAIN MEURY P. 50

ÉDITEUR Servette Football Club 1890 SA - 23, Quai des Bergues, 1201 Genève DIRECTEUR DE PUBLICATION David Pivoda DIRECTEUR COMMERCIAL Roberto Rappazzo REDACTEUR EN CHEF Florian Muller CONCEPTION GRAPHIQUE zefyr - Manuel Bermudez-Kern CORRECTION Marcelle Andereggen ONT PARTICIPÉ A CE NUMÉRO TEXTES: Jennifer Blanchard, Luca Di Stefano, Tatiana Gaillard, Christian Jeanmaire, Julien Monnard, Florian Muller, Majid Pishyar, Alain Meury, Didier Rieder, Sylvain Rossel. IMAGES: Manuel Bermudez-Kern, Philippe Palma, Michel Jacquier, Eric Lafargue, Patrick Muller, Didier Rieder, Proxifoot.ch, www.footjuniors.ch, source: 1976; Servette Football Club; Jacques Ducret aux éditions “l’Age d’Homme”, source: 1990 ; Hors Ligne Publishing spécial centenaire Servette FC. La rédaction décline toute responsabilité envers les manuscrits et les photos qui lui sont soumis. Tous droits réservés, sauf accord de l’éditeur. PUBLICITÉ roberto.rappazzo@servettefc.ch IMPRESSION SRO-Kundig SA, Ch. de l’Etang 49, CP 451, 1219 Châtelaine


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Actualités Servette FC NEWS/FELLIPE BASTOS, LE JOYAU BRéSILIEN/ QUE DEVIENT eric burgener? LA FIERTé GRENAT.

photo: Manuel Bermudez-Kern

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ACTUALITÉS DU SERVETTE FC

NEWS DU SERVETTE FC texte: Didier Rieder photo: Philippe Palma

Le “Football Club de la Servette” fut fondé le 20 Mars 1890 et son premier président fut Emile Bally. On jouait alors au football-rugby sur le terrain du Pré Wendt. Le plus jeune joueur de l’effectif grenat est l’international M19 Thierry Moutinho, né le 26 février 1991. Le plus vieux est le capitaine Lionel Pizzinat, né le 9 août 1977.

Le Servette FC fête cette année ses 120 ans d’existence ! Dans le cadre de cet anniversaire et tout au long de l’année 2010 de nombreux événements seront organisés afin de réunir les fans du Servette FC de tout horizon et de toute génération autour de la légende de notre Club. La Brasserie “Le Grenat” située au Stade de Balexert a une nouvelle patronne ! Gertrude Baumann, bien connue et appréciée par tous les acteurs du football genevois, vous accueillera du lundi au vendredi ainsi que les week-ends selon la programmation des matches. Brasserie Le Grenat Stade de Balexert, Avenue du Pailly 11 1219 Châtelaine Tél. : 022 796 25 29 8


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ACTUALITÉS DU SERVETTE FC

FELLIPE BASTOS LE JOYAU BRESILIEN texte: Florian Muller photos: Eric Lafargue

A peine 20 ans et déjà un grand joueur. Après avoir passé par le Benfica et l’équipe nation du Brésil M23, Fellipe Bastos est devenu Servettien. Retour sur son parcours, loin de son brésil natal. Comme souvent, c’est la famille qui a tout d’abord marqué la carrière du jeune Fellipe. “Le football, je l’ai découvert avec mon père. Je devais avoir 3 ans. Il m’a emmené voir Flamengo contre Botafuogo.” Talent brut, Fellipe sera ensuite repéré dans la rue. “J’avais 5 ans. Le coach d’une équipe de Futsal est venu me voir en me proposant de faire un essai. J’ai bien sûr accepté. C’est là que tout a commencé.” Comme tous les brésiliens de sa génération, la Coupe du monde 1994 a été le véritable déclic : Romario, Bebeto et consort ont

“Nous voulions tous faire comme Romario. J’avais 6 ans. Les joueurs de l’époque étaient vénérés comme des dieux” marqué tout un peuple. “Nous voulions tous faire comme Romario. J’avais 6 ans. Les joueurs de l’époque étaient vénérés comme des dieux. La ferveur soulevée par cette victoire était indescriptible.” Ses idoles, sont avant tout des exemples pour lui, plus particulièrement à son poste. “Mes modèles sont Gilberto Silva, Juninho, ou encore Luisao, avec lequel j’ai pu joué à Benfica pendant 3 ans. Il m’a appris le professionnalisme et le savoir-vivre. C’est un très grand joueur, avec beaucoup de charisme». Marié depuis plus d’un an avec Raffaella, qui habite encore au Brésil, Fellipe a toujours eu une relation privilégiée avec sa famille. Plus particulièrement avec son frère : “On a une relation très spécial avec mon frère. On se supporte mutuellement. Il me dit souvent que je suis un exemple pour lui.” Côté passe-temps, Fellipe est un jeune comme les autres. “J’adore le cinéma. Gladiator est un de mes films préféré. Sinon je vais souvent au bowling, je fais du karting. Et bien sûr, je suis un grand consommateur de jeux vidéo.” 10


“Mes modèles sont Gilberto Silva, Juninho, ou encore Luisao, avec lequel j’ai pu joué à Benfica pendant 3 ans”

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ACTUALITÉS DU SERVETTE FC

A Genève, le jeune brésilien s’est déjà parfaitement intégré. “Je me sens très bien, très tranquille à Genève. Beaucoup de personne m’aident, et la grande communauté lusophone au sein du club m’a pris sous son aile. Je me sens très à l’aise.” A l’idée de prolonger son prêt ici au Servette, Fellipe prend des pincettes. “J’ai un contrat avec Benfica jusqu’en 2013, il ne faut pas l’oublier. Je veux juste avoir du temps de jeu. Ensuite c’est le

“je suis reconnaissant que les fans m’aient adopté tout de suite. J’espère que je répondrai à leurs attentes” projet sportif qui m’intéresse, il me faut de l’enjeu. Tout dépend de cela.” D’ailleurs, Joao Alves va dans le même sens. “C’est possible qu’il prolonge le prêt (actuellement son prêt arrive à échéance à la fin de la saison). Tout dépend des résultats du club.” Et Servette, c’est un nom qui lui disait quelque chose avant d’arriver à Genève ? “Bien sûr. Je connais les joueurs brésiliens qui ont joué ici : Anderson, Sinval, Joao Paolo. Le fait qu’ils aient évolués ici me donne beaucoup de respect pour le maillot que je porte.” Au fil de sa jeune carrière, Fellipe a toujours été apprécié par les supporters. “Où que je sois passé, j’ai toujours fait très attention à ma relation avec les supporters. C’est très important pour moi. Et je suis reconnaissant que les fans m’aient adopté tout de suite. J’espère que je répondrai à leurs attentes.” A tel point, qu’il ne laisse personne indifférent, surtout du côté de la gente féminine. Exemple à Lisbonne : “Un groupe de supportrices a crée un site internet qui m’est consacré. Mais ma femme n’aime pas trop cette adresse, je peux la comprendre.” Joao Alves l’avait lui aussi repéré au premier regard. Pour d’autres raison bien évidemment. “C’est un joueur très athlétique et très talentueux. Il a tout ce qu’il faut pour réussir. A Benfica je l’ai tout de suite remarqué. Actuellement il y a beaucoup de concurrence à Lisbonne. J’ai donc proposé l’idée de le faire prêter à Servette. Il comble un gros manque que l’on avait en milieu de terrain. Il est en pleine progression et s’est déjà très bien intégrer au groupe.” En espérant que le joyau brésilien reste à Genève, tout s’annonce donc pour le mieux.

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ACTUALITÉS DU SEVETTE FC

QUE DEVIENT ERIC BURGENER? LA FIERTe GRENAT texte: Didier Rieder photo: Speciale centenaire Servette FC, 1990 Hors Ligne Publishing

Il a été l’un des grands gardiens du pays et l’un des plus capés (63 sélections). Il a porté fièrement le maillot du Servette FC à 140 reprises de 1981 à 1987. Il a remporté la Coupe Suisse en 1984 et le titre de Champion Suisse en 1985 pour notre Club. Il, c’est bien évidemment Eric Burgener. Eric, que devenez-vous aujourd’hui ? Aujourd’hui je me suis recyclé dans ma profession initiale. Je suis associé avec M. Oberli, nous avons une entreprise qui s’occupe du marquage de route, de signalisation verticale et des éléments métalliques et mécaniques de sécurité. Nous

“M. Lavizzari menait ce club magnifiquement bien, nous avions un superbe esprit d’équipe” sommes actifs sur toute la Suisse-Romande. Je continue également mes activités dans le football. Jusqu’à la saison dernière j’étais l’entraîneur des gardiens de l’équipe nationale A, je m’occupe maintenant de la formation à l’ASF et des gardiens M15 au centre de formation de Payerne. Continuez-vous à suivre le parcours du Servette FC ? Plus d’aussi près mais bien évidemment je garde toujours un œil dessus. Je suis très impatient de les retrouver en Super League. Quel souvenir gardez-vous de votre période en Grenat ? J’ai joué au Servette de 1981 à 1987. De 1981 à 1985 j’en garde un souvenir extraordinaire. M. Lavizzari menait ce club magnifiquement bien, nous avions un superbe esprit d’équipe, 14


nous étions tous solidaires, nous avions vraiment la joie et nous étions fiers d’appartenir à ce Club. Vous avez toujours bénéficié d’une immense cote d’amour auprès des supporters du Servette FC. D’ou vient cette popularité ? Etre joueur de football ce n’est pas seulement sur le terrain, il y a aussi un côté en dehors du terrain. Il faut être proche des supporters qui aiment ce Club, leur donner une certaine chaleur. Moi j’ai toujours aimé le contact avec les gens, je n’étais

“Continuez à croire en ce cher Club. Continuez à apporter le soutien nécessaire, et soyez patient, vous devez persévérer.” jamais pressé après un match, j’étais prêt à refaire le match 10 fois, 15 fois, à discuter, à échanger. Si vous ne deviez garder qu’un seul souvenir en Grenat, ce serait lequel ? Le titre de champion en 1985. Je n’avais jamais eu l’opportunité de fêter un titre de champion durant mes années à Lausanne (NDLR : il a remporté la Coupe Suisse en 1981 avec Lausanne). Servette m’a permis de réaliser cet exploit. Quel est le joueur servettien qui vous a le plus impressionné ? Bernd Dörfel. Sans hésitation. Et l’entraîneur ? Guy Mathez qui était l’entraîneur l’année du titre. Le Servette FC fête cette saison ses 120 ans, que cela vous inspire-t-il ? Pour cette saison c’est foutu, mais j’espère que les 120 ans vont donner du moral à tout le club et les ressources nécessaire pour monter peut-être la saison prochaine. On attend ça depuis tellement longtemps. Avez-vous un mot pour nos supporters ? Continuez à croire en ce cher Club. Continuez à apporter le soutien nécessaire, et soyez patient, vous devez persévérer, continuez à rêver pour avoir la force morale d’être patient.

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Dossier 120 ans CHRONOLOGIE DE 120 ANS D’HISOIRE/LAVIZZARI, SERVETTE, C’EST 30 ANS DE MA VIE/JACKY FATTON/PLUS ANCIEN JOUEUR VIVANT/LE SERVETTE FC A éTé FONDé EN 1890 ET FÊTE SES 120 ANS, QUE CELA VOUS INSPIRE-T-IL?

photo: Speciale centenaire Servette FC, 1990 Hors Ligne Publishing

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PORTUGAL DOSSIER 120 ANS

CHRONOLOGIE DE 120 ANS D’HISTOIRE texte: Tatiana Gaillard photos: Speciale centenaire Servette FC, 1990 Hors Ligne Publishing

Qu’il n’est pas simple de résumer en quelques pages toute l’histoire du Servette FC. Tant de personnalités et d’événements ont marqué le Club. Revivons toutefois les temps forts de ces 120 ans d’histoire.

1928 : Coupe Suisse Alors que le Servette FC fait une forte impression en championnat Suisse, il franchit un nouveau palier en remportant sa première Coupe Suisse en 1928.

20 mars 1890 : Naissance du “Football Club de la Servette” Le Club fut fondé par un jeune homme britannique. A ce momentlà, l’équipe jouait au football-rugby sur le terrain du Pré Wendt. Ce nouveau Club subit plusieurs contre-coups. En effet, après avoir déménagé successivement sur les terrains de la Prairie puis de la Plaine de Plainpalais, les joueurs furent obligés de cesser toute activité durant deux ans, durée de l’exposition nationale.

20 juin 1930 : Stade des Charmilles Comme pour clôturer le chapitre du Parc des Sports, le Servette FC remporte un nouveau titre de champion suisse avant l’inauguration du Stade des Charmilles, en 1930. Ce stade deviendra mythique pour le Club. Bien plus qu’un stade, les Charmilles deviennent le lieu où les Genevois se pressent et cela parmi toutes les classes de la société. C’est également à cet endroit que le Servette FC va connaître ses plus fortes émotions, avec en poche ses septièmes (1933), huitièmes (1934) et neuvièmes (1940) titres en championnat.

1899 : Création de la section football Cette section dédiée au football connut un grand essor. Une année après, Servette devient membre de l’ASF et déménage au pré Cayla la saison suivante. Dans la même dynamique, le Parc des Sports est inauguré en 1902. 1907 : Champion Suisse Servette remporte son premier titre de l’histoire. Le premier d’une longue et belle série. Le Club enchaîne ensuite avec 4 titres de Champion Suisse (1918,1922,1925,1926) et 9 titres consécutifs de Champion Romand tout cela sous les yeux ravis de quelques milliers de spectateurs tous les week-ends.

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1946 à 1977 : Servette déroule 1946 c’est le dixième titre national pour le Servette FC, mais c’est également l’époque d’une attaque de rêve avec Belli, Facchinetti, Tamini, Pasteur et Fatton. Cette équipe remportera encore une Coupe Suisse en 1949 ainsi qu’un autre titre de champion suisse en 1950. Servette s’entraîne désormais au Centre de Balexert et les Charmilles subissent des travaux d’agrandissement. Onze ans plus tard, les “Grenat” renouent avec le succès grâce aux titres de champion Suisse, en 1961 et 1962, la victoire en Coupe Suisse en 1971 ainsi que les victoires en Coupe des Alpes (1973,1975,1976), et en Coupe de la Ligue (1977).


1978-1979 : Equipe et parcours mythique Cette saison est sans conteste la saison de tous les superlatifs. Entraîné par Pazmandy et dirigé par le Président Cohannier, le Servette FC remporte toutes les compétitions auxquelles il participe : Championnat Suisse, Coupe Suisse, Coupe des Alpes et Coupe de la Ligue. Servette continue d’écrire son histoire aux fils des années. Après la mythique saison de 1978-1979, le Club allonge encore un peu plus son palmarès avec deux titres en championnat (1985, 1994), une Coupe Suisse (1984) et une Coupe de la Ligue (1980). 2 juin 1999 : Dernier titre de Champion Suisse C’est en 1999 que Servette remporte son dernier titre de Champion Suisse. Le titre se joue alors sur l’ultime match du calendrier. Les hommes de Castella ont alors leur destin entre leurs “pieds” : une victoire face à Lausanne et ils sont Champion Suisse. Suite à une rencontre folle et sous un déluge, le Servette FC gagne le match 2-5 et par conséquent le trophée de Champion Suisse. 2001 : Dernier titre de l’histoire C’est sous les ordres de Lucien Favre que le Servette FC remporte son dernier trophée de l’histoire grâce à une victoire sèche de 3-0 en finale de Coupe Suisse face aux FC Yverdon-Sports. La saison suivante, les servettiens connaîtront de magnifiques moments en Coupe d’Europe en éliminant successivement le Slavia Prague, le Real Saragosse et le Hertha Berlin avant de tomber en huitième de final contre Valence, futur lauréat de la compétition.

8 décembre 2002 : L’adieu aux Charmilles Le stade des Charmilles accueille pour la dernière fois de l’histoire un match du Servette FC. Sous les yeux émus de 9’293 spectateurs et d’une centaine d’anciens joueurs, les “Grenat” arrachèrent, contre Young Boys, un match nul, 4-4, suite à un spectaculaire dernier quart d’heure. Ce lieu magique éteint ses lumières pour toujours, mais jamais un Servettien ne l’oubliera. Février 2005 : Faillite En dilettante depuis plusieurs saisons, la faillite de l’équipe professionnelle est inévitable. Le Club connaît alors sa première relégation de l’histoire. Mais un Club de légende ne meurt jamais. Les “Grenat” termine et à la première place du championnat de 1ère ligue et gagnent leurs matches de finales ce qui leur permet d’être immédiatement promus en Challenge League. 2008 : Quand reconstruction rime avec ambition La saison 2008-2009 marque un tournant dans le renouveau du Servette FC. Majid Pishyar devient le Président de l’équipe genevoise. Il a la ferme intention de ramener le Servette FC en Super League. Dirigeants, joueurs et supporters tous ne souhaitent qu’une chose : écrire de nouvelles lignes dans l’histoire du Club.

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DOSSIER 120 ANS

LAVIZZARI SERVETTE, C’EST 30 ANS DE MA VIE texte: Florian Muller photos: Speciale centenaire Servette FC, 1990 Hors Ligne Publishing

Président emblématique des années 80, Carlo Lavizzari a un palmarès sportif qui fait envie : un titre de champion (1985), une Coupe de Suisse (1984) et une Coupe de la Ligue (1980). Il présidera par la suite la Ligue suisse de football jusqu’en 1995 et siègera notamment au Comité Olympique suisse. Fort de son expérience, il revient pour le Smag sur sa relation avec le club de son cœur. Lorsque vous êtes arrivé à la présidence, fin septembre 1980, le club traversait sportivement une période difficile, après plusieurs années fastes. Quel fût votre stratégie à l’époque ? Le club avait perdu une partie de sa substance, avec le départ de plusieurs joueurs clés. Il a fallu reconstruire, avec l’idée que Servette était un club phare et qu’il devait le rester. Alors bien sûr ça ne se fait pas du jour au lendemain. On a pas mal galérer au début, notamment pour éviter le tour de relégation. La couleur «grenat” s’était quelque peu estompée. Mais fort du soutient populaire, on a construit une équipe compétitive dont les résultats ne se sont pas fait attendre. Le retour d’Umberto Barberis en 1983 a-t-il été déterminant ? Bertine Barberis était un vrai leader, un battant. On a besoin de ce genre de personnage pour donner une âme à une équipe. Mais il n’a pas toujours fait l’unanimité. Un caractère

“Il faut parfois gérer des conflits de personnes. Je me souviens de quelques frictions entre Lucien Favre et Bertine Barberis, ne serait-ce que pour un numéro de maillot” aussi fort que le sien a ses bons et ses mauvais côtés. Il faut parfois gérer des conflits de personnes. Je me souviens de quelques frictions entre Lucien Favre et Bertine Barberis, ne serait-ce que pour un numéro de maillot. Mais il faisait indéniablement partie de la colonne vertébrale de l’équipe. 22


“Une fois mon père, qui s’occupait de juniors au club, m’avait emmené dans les vestiaires lors de la venue du Santos du roi Pelé. Je l’avais côtoyé quelques instants. Sa simplicité, son allégresse sont encore présents à mon esprit. C’est comme si c’était hier.”

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DOSSIER 120 ANS

Vous aviez à l’époque beaucoup contribué à moderniser le Stade des Charmilles. Était-ce pour vous déjà un impératif du football moderne que d’offrir des structures accueillante aux spectateurs ? L’essentiel des recettes se fait en dehors du terrain. Il faut donc pouvoir accueillir les gens dans de bonnes conditions, ce qui n’était plus le cas aux Charmilles. Il y avait aussi certaines raisons de sécurités. D’ailleurs, les installations suisses dans leur ensemble étaient vétustes. Quel conseil donneriez-vous au nouveau Président, qui, lui-aussi, reprend le club dans une période difficile sportivement, avec de grandes ambitions ? Refonder une identité entre le club et la population me semble essentiel, car ce lien a été brusquement coupé. C’est un véritable traumatisme pour la plupart des supporters. On a coupé le club des ses racines populaires. La première chose à faire est de recréer un lien entre les supporters et le stade. Ce dernier devant être un lieu de vie à part entière. Lors de la saison 1985-86, vous êtes arrivé en 1/8e de finale de la Coupe des Clubs champions (de nos jours appelée Ligue des Champions), ce qui reste le meilleur résultat du Servette au niveau international. C’était une expérience particulière ? Sportivement c’était phénoménal. Mais économiquement c’est très dangereux. On pourrait avoir l’impression de pouvoir se lâcher, parce qu’il y a des rentrées d’argent inhabituelles, alors que justement il faut redoubler de rigueur. Il ne faut jamais baser un budget sur une participation éventuelle à une Coupe d’Europe. Beaucoup s’y sont cassés les dents. Sur un plan plus sentimental, Servette représente quoi pour vous ? Servette c’est 30 ans de ma vie. J’avais déjà joué sous les couleurs “grenat” en junior. Malheureusement, une méchante blessure genou m’a empêché de poursuivre comme je l’entendais. Ensuite en tant que président. Une expérience humaine fantastique. Des grands moments de joie intense, de tristesse et de déception aussi. Mais je remercie la Providence de m’avoir donné la chance de vivre de tels instants. Ça reste gravé pour toujours dans mon cœur. Quel est votre premier souvenir en tant que supporter ? Lors de la Coupe du Monde 1954. Je portais une boille d’«Ovomaltine” que je distribuais aux spectateurs. J’ai un souvenir fantastique de cette ambiance. Une fois mon père, qui s’occupait de juniors au club, m’avait emmené dans les vestiaires lors de la venue du Santos du roi Pelé. Je l’avais côtoyé quelques instants. Sa simplicité, son allégresse sont encore présents à mon esprit. C’est comme si c’était hier. Au niveau de la vie d’un club, qu’est-ce qui a le plus changé en 20 ans ? Je pense que c’est avant tout le rapport entre le joueur et le club qui a changé. De nos jours, pour un joueur, le gazon est vert partout. C’est-à-dire qu’il y a de moins en moins un sentiment fort d’appartenance au club. On a fonctionnarisé le rapport entre le joueur et le dirigeant. Ce rapport est de plus en plus de l’ordre patron-employé. C’est regrettable.

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DOSSIER 120 ANS

JACKY FATTON lEgende vivante du servette fc texte: Tatiana Gaillard photos: Speciale centenaire Servette FC, 1990 Hors Ligne Publishing

Jacques Fatton, plus communément appelé Jacky Fatton, a fait les beaux jours du Servette FC pendant de nombreuses années. Retraçons ensemble le fil de cette magnifique carrière. Naissance d’un prodige Né le 19 décembre 1925 à Exincourt, Jacky Fatton ne savait pas encore qu’il deviendrait un redoutable attaquant de football et surtout un joueur mythique du côté de Genève et dans le cœur des supporters servettiens. Juniors au Servette FC Alors que Jacky Fatton fait ses classes de football au Servette FC, il se fait rapidement remarquer, lors de différents tournois juniors.

En 1946, le Club remporte alors son dixième titre de Champion Suisse À la fin de la saison 1942-1943, il reçoit une offre sérieuse de transfert des Young Boys qui lui avaient même trouvé un employeur : un boucher de Bumpliz. Rappelons qu’à cette époque, les footballeurs sont tous amateurs et qu’ils doivent travailler à côté de leur passion. Malgré cette offre intéressante, Jacky reste au Servette FC. Puis, lors d’un nouveau tournoi gagné par les juniors du Servette, Jacky se fait à nouveau remarquer par sa bonne prestation. C’est le début d’une longue histoire. Titulaire en LNA C’est au cours de la saison 1944-1945 que Jacky Fatton intègre la première équipe du Servette FC. Il avait déjà fait une apparition en LNA, mais cette fois il endosse le rôle de titulaire. Cerise sur le gâteau, le gaucher est également sélectionné avec l’équipe de Suisse B. Une autre dimension La belle histoire d’amour entre Jacky Fatton et le Servette FC débute réellement en 1946. Le Club remporte alors son dixième titre de Champion Suisse grâce, notamment, à cinq joueurs : Belli,

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Facchinetti, Tamini, Pasteur et Fatton. Ces joueurs sont alors comparés à un véritable “Tourbillon” offensif et vont jouer ensemble durant cinq belles années. Une victoire en Coupe Suisse, en 1949, et un autre titre en championnat, en 1950, complètent le tableau de chasse de cette génération exceptionnelle et populaire. En plus des titres collectifs, Jacky Fatton reçoit deux distinctions personnelles. Il est élu meilleur buteur du championnat Suisse en 1949 grâce à ses 21 réussites ainsi que l’année suivante en 1950 où il fait trembler les filets 32 fois. Parenthèse lyonnaise Jacky Fatton va vivre une belle expérience dans sa vie de footballeur. Lors de la saison 1954-1955, il est transféré dans le club français de l’Olympique Lyonnais. En plus d’évoluer à l’étranger, il obtient un statut de joueur professionnel. Toujours adroit devant les cages adverses, il inscrit 33 buts sous les couleurs lyonnaises. Jacky retrouve le club de son cœur, le Servette FC, en 1957. Le Franco-Suisse continue son ascension avec le Club genevois en remportant, successivement, deux titres de champion Suisse, en 1961 et 1962. De plus, pour la troisième fois de sa carrière, il est couronné roi des buteurs grâce à ses 25 buts. Equipe Suisse Parallèlement à son parcours en club, Jacky Fatton est sélectionné 53 fois en équipe Suisse. Il participe à deux Coupes du Monde, en 1950 et 1954. Fidèle à sa réputation de marqueur, Jacky soigne également ses statistiques avec la Nati en inscrivant 29 buts. Un joueur de légende Jacky Fatton met un terme à sa carrière en 1963. Le Servette FC ne quitte pas pour autant sa vie. Jacky suit de très près les résultats des “Grenat”. Il est d’ailleurs détenteur de la carte de membre du club “Hall of Fame” destinée aux anciens joueurs du Servette FC. Jacky Fatton a marqué le football genevois de son empreinte et est sans conteste le joueur de légende du Servette FC.


Il est élu meilleur buteur du championnat Suisse en 1949

En chiffres

4 titres de Champion Suisse (1946, 1950, 1961 et 1962) 1 Coupe Suisse (1949) 440 matches disputés en LNA plus de 300 buts marqués avec le Servette FC 3 fois meilleur buteur du championnat Suisse (1949, 1950, 1962) 33 buts marqués avec l’Olympique Lyonnais 53 sélections en équipe Suisse 2 participations à une Coupe du Monde 29 buts marqués en équipe Suisse 27


DOSSIER 120 ANS

Le Servette FC a ete fonde en 1890 et fEte cette annEe ses 120 ans, que cela vous inspire-t-il ? texte: Didier Rieder photos: Didier Rieder, Eric Lafargue, Speciale centenaire Servette FC, 1990 Hors Ligne Publishing

Sébastien Fournier C’est une longue histoire avec tous ses hauts et les bas. Cela m’inspire surtout le respect pour tous les gens qui ont œuvré pour maintenir le Servette FC en vie depuis 120 ans ainsi que pour les supporters qui suivent depuis tout temps ce Club. Peu de club ont 120 ans d’histoire ! Cela me rappelle évidemment tous les événements que nous avons traversé, les joies comme les moments plus difficiles comme actuellement. D’un point de vue plus personnel, j’ai une certaine fierté de pouvoir participer depuis un aussi long bail de 13 saisons à la vie du Club ce qui n’est pas forcément courant dans le foot moderne.

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Oscar Londono C’est beaucoup de nostalgie. Quand je suis arrivé en Europe c’était l’époque ou je voyais le foot à la télé et j’étais fan du Servette. Je suis arrivé en 1982 en France vers Evian. Comme j’étais mordu de foot je regardais le foot, j’adorais le Servette. Il y avait des longs reportages à la télé, avec le temps qui défile cela fait bientôt 30 ans. Beaucoup d’année se sont écoulées. 120 ans… wow. Le temps passe trop vite, d’autant plus dans le foot. Les années passent, les saisons passent, les semaines passent, tu joues tous les week-ends sans t’en rendre compte. J’ai fait 20 ans de foot, je n’ai rien vu passer. J’aimerais que ce club remonte le plus vite possible à haut niveau. C’est tout ce dont j’ai envie pour ce club. Cela fait 10 ans que je suis au Club, cela fait même pas 10% de l’histoire du club, c’est rien. Je fais partie du 21ème siècle mais le club a été fondé au 19ème. Il faut profiter, ce n’est pas donné à tout le monde de faire quelque chose qu’on aime. Aujourd’hui après 3-4 saisons tu fais déjà partie des meubles, les carrières sont courtes. Il faut faire le maximum en un minimum de temps. Cela n’existe plus les clubistes.


Jacky Barlie Servette est l’un des plus grands clubs de Suisse avec le plus beau palmarès avec Grasshopper. Notre position est triste, on devrait être en Super League. Servette manque dans le monde du football suisse. Servette c’est toute ma vie que ce soit en tant que joueur ou membre du staff. Cela m’inspire que c’est dommage d’être ou on est aujourd’hui. J’aimerais que les joueurs gagnent autant de souvenirs que ceux de ma génération. Pour cela il faut être en Super League.

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José Sinval 120 ans c’est très sympa, j’ai participé aux festivités du 100ème, c’est magnifique de passer cette étape de 120 ans, j’espère être témoin de plusieurs autres jubilés. Pour moi le Servette mérite 120 ans en première division mais c’est dommage qu’en ce moment le Club soit en Challenge League. Cela me fait très plaisir de voir chaque année défiler, voir les dates passer. J’espère aussi que c’est le début de quelque chose et que lors les 121 ans se feront en première division. J’ai de grands souvenirs du Servette, chaque fois que je parle de Servette j’ai les larmes aux yeux. Les derbys contre Sion ou Lausanne avec des stades presque plein c’était quelque chose. Aujourd’hui le stade est un peu vide mais j’apprécie le fait que les dirigeants essaient de toujours redonner cette image du grand Servette, c’est magnifique. J’espère que les gens en place seront là jusqu’au bout pour faire monter cette équipe au bon endroit. Didi Andrey Pour moi cela représente mon enfance plus que mon passage d’actif. Jusqu’à 22 ans, l’âge où je suis arrivé au Servette, le club faisait partie de la vie genevoise. On parlait au quotidien du Servette avec UGS également qui évoluait dans la même catégorie. Pour notre génération cela représente surtout une énorme vie sociale, un énorme intérêt des gens autour du football et en l’occurrence du Servette FC. C’était le club phare du canton. C’était pour nous l’activité loisir, la passion de toute ma jeunesse. On n’avait pas la télévision, on n’avait pas tout ce qu’on a aujourd’hui comme offre loisir. Le dimanche ce n’était pas le jour du seigneur, c’était le jour du football. Eric Pédat Cela fait penser que la vie passe vite. J’ai connu le 100ème, j’ai l’impression que c’était hier. C’est magnifique d’avoir un club d’une telle existence avec un tel palmarès. Cela permet de relativiser et de ne pas tout voir à court terme. Au-delà de l’anniversaire, ce qu’on attend un peu tous, c’est de voir le Servette FC en haut de l’affiche, dans les premiers, quelque soit la ligue.

1 Sébastien Fournier 2 Oscar Londono 3 Jacky Barlie 4 José Sinval 5 Didi Andrey 6 Eric Pédat 29


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Football Genevois BUJAR LJATIFI, FIERTé DU FC KOSOVA/LE FUTSAL ARRIVE à GENèVE/LE FC SAINT-JEAN FÊTE SES 100 ANS.

photo: Proxifoot.ch

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FOOTBALL GENEVOIS

Bujar Ljatifi fierté du FC Kosova texte: Luca Di Stefano - Proxifoot.ch photo: Proxifoot.ch

A 39 ans, le capitaine se bat pour assurer le maintien de l’équipe albanaise en deuxième ligue. Portrait d’un stratège qui n’a rien perdu de la passion pour son club. Il y a ces couleurs, celles du FC Kosova, et ce brassard collé au bras de Bujar Ljatifi. A 39 ans, le meneur de jeu garde le même enthousiasme qu’il y a dix ans lorsque, pour la première fois, il enfilait le maillot du club kosovar. “Défendre les couleurs de ce pays qui a tellement souffert est une immense fierté. Mais le nom complet de notre club est Kosova GE, c’est donc un double honneur, car nous représentons également Genève, notre ville”. Avec émotion, l’Albanais de Macédoine se souvient du chemin parcouru et du

“Défendre les couleurs de ce pays qui a tellement souffert est une immense fierté” jour où le club fondé par Besim Jahiu a été officiellement reconnu par l’Association Cantonale Genevoise de Football. “Nous voulions devenir une équipe du football genevois. Aujourd’hui, c’est ce que nous sommes et nous en sommes fiers.” Comme un symbole de ses attaches multiples, son rêve, dit-il, est de voir un Albanais jouer avec la première équipe du Servette. “Il y en a dans toutes les meilleures équipes de Suisse, pourquoi pas chez nous ?”. Sur le terrain, Bujar Ljatifi suscite respect et admiration. Efficace – il a marqué 7 buts en ayant joué six matchs seulement durant le premier tour – il est l’un de ces joueurs pour lesquels l’entraîneur n’a pas à faire le choix entre la maîtrise technique et l’intelligence tactique. Il rassemble ces qualités, même s’il dit jouer davantage “avec la tête” aujourd’hui. Un regard sur le classement pour constater que Kosova est reléguable à la mi-saison. Mais l’argument est insuffisant pour balayer l’optimisme de Bujar Ljatifi : “On va faire un deuxième tour extraordinaire et on se sauvera”, relève le capitaine. La confiance, c’est bien cela qui a fait de ce jeune club un pilier du championnat de deuxième ligue. Et la relève est là, prête à faire perdurer les couleurs, comme le rappelle Bujar en citant les noms de Zeneli et de joueurs plus jeunes encore tels que Zatrici, Osmani ou Liridon. Cette saison pourrait être la dernière du capitaine au sein de la première équipe du FC Kosova. Pas même déchaussé les crampons qu’il embrasse déjà une carrière d’entraîneur auprès des juniors du club. Avant cela, il sera appelé à mener son dernier combat sur le terrain 32


“Nous voulions devenir une équipe du football genevois. Aujourd’hui, c’est ce que nous sommes et nous en sommes fiers.”

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FOOTBALL GENEVOIS

LE FUTSAL ARRIVE A GENEVE texte: Damien Golay - Proxifoot.ch photo: Proxifoot.ch

Ce sport, méconnu jusqu’il y a peu en Suisse, commence à prendre un essor considérable. A Genève trois clubs participent au championnat national dont le FC Geneva qui est toujours en course pour le titre de champion suisse. Présentation. Le Futsal, créé en Uruguay en 1930, est apparu il y a 5 saisons en Suisse sous l’égide de l’ASF. Désormais cette discipline comprend deux niveaux : la ligue nationale A et la ligue nationale B. L’équipe de Suisse de Futsal a même d’ailleurs vu le jour récemment et remporté ses deux premiers matches officiels contre Malte en décembre 2009. Le bon vieux ballon feutré est remplacé par un ballon de taille 3 qui a la particularité de ne pas rebondir, favorisant donc un style de jeu au sol, très technique et souvent spectaculaire. De plus, le terrain est délimité, la balle peut donc sortir en touche. Les équipes évoluent avec 4 joueurs de champ et 1 gardien. A Genève cette discipline n’est pas encore connue de tous mais quelques clubs possèdent déjà leur équipe. En ligue nationale A, le FC Geneva représente dignement notre canton alors qu’à l’échelon inférieur Carouge et Grand-Lancy en décousent pour essayer de rejoindre l’élite. Le FC Geneva, fraîchement promu en ligue A et invaincu depuis sa création (19 matches), est l’une des équipes les plus spectaculaires de la première division suisse. Jean-Luc Veuthey, son responsable, nous décrit cette équipe : “L’effectif est formé de joueurs de 2ème ligue inter du FC Geneva et de joueurs spécialistes de Futsal comme son capitaine Pablo Malta de Medeiros. Il y a 10 brésiliens sur 12 joueurs.” Un air de samba souffle donc à chaque sortie des “jaune et bleu”. Les “Brésiliens” ont terminé premier de leur poule et se sont brillamment qualifiés pour la finale. Malheuresement, ils ont échoué en finale et ne pourront pas participer aux qualifications de la ligue de champions de Futsal qui était “l’objectif un peu fou du président Serge Senalada” nous avoue Jean-Luc Veuthey. Mais le club de Frontenex ne s’arrêtera pas là. En effet, cette saison le FC Geneva a créé une école de Futsal pour les enfants de 8 à 14 ans, permettant ainsi aux jeunes du canton de se familiariser avec ce sport qui rencontre toujours plus d’adeptes dans la cité de Calvin. 34


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FOOTBALL GENEVOIS

LE FC SAINT-JEAN FETE SES 100 ANS texte: Julien Monnard - Proxifoot.ch photo: Proxifoot.ch

Outre les 120 ans du Servette FC, cette année 2010 marque également un anniversaire mythique pour le club de Varembé. Après le Servette FC, UGS, Etoile-Carouge, le CS Chênois et le FC Veyrier-Sports, un autre club du canton passe la barre exceptionnelle des cent ans d’existence. Il s’agit du FC Saint-Jean, club cher aux actuels co-présidents Jean-Claude Crugnola (22 ans à la tête du club) et Aldo Tangerini. Un club convivial et formateur Avec une première équipe redescendue en 3e ligue et donc moins en vue ces dernières années, on en oublierait presque que le principal objectif de ce club a toujours été de privilégier l’aspect formation. Aldo Tangerini se confie avec enthousiasme : “Nous ne possédons pas moins de 250 juniors, principalement issus des quartiers alentours, avec notamment une très belle équipe de Juniors A Inter depuis 2 saisons. Nous souhaitons pouvoir rapidement les intégrer à la première équipe. Le but est (également) de retrouver la 2ème ligue, niveau qui correspond mieux à l’histoire de notre club.” Une histoire de copains avant tout. Les personnes qui ont participé à la vie du club, y sont souvent restées très attachées. José Zapico, joueur encore en activité (à 62 ans s’il vous plaît !) et entraîneur au club depuis plus de 20 ans, peut facilement en témoigner, de même que le co-président Tangerini, fidèle depuis 45 ans, si l’on excepte une petite escapade du côté de Donzelle. La grande époque du FC Saint-Jean se situe au début des années 80, avec une superbe ascension en 1ère ligue lors de la saison 1981-1982 : “Nous avons conquis le titre de champion de 2e ligue très tard dans la saison, et personne ne nous voyait passer le cap du match de barrage contre les lausannois de l’ES Malley. Pourtant, nous avons crée la surprise en nous imposant à l’aller comme au retour et nous avons donc été promu”, nous raconte José Zapico. Le club restera cinq saisons en 1ère ligue, son meilleur parcours. Nul doute que les De Dominici, Conus, Monnard et autres Pieri s’en souviennent. Une des grandes fiertés du club a toujours été de ne verser aucun salaire à ses membres actifs. “Les joueurs touchaient les mêmes primes, qu’ils soient convoqués ou non. Une façon de mettre tout le monde sur le même pied d’égalité, de conserver ce côté “famille”, valeur primordiale de notre FC Saint-Jean.” Des valeurs dont certains clubs actuels feraient peut-être bien de s’en imprégner. 36

Le but est de retrouver la 2ème ligue, niveau qui correspond mieux à l’histoire de notre club.


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La légende 1890-1900 NAISSANCE DU FOOTBALL CLUB DE LA SERVETTE/ 1900 DU BALLON OVALE AU BALLON ROND.

photos: Speciale centenaire Servette FC, 1990 Hors Ligne Publishing

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LA LÉGENDE

1890-1900 Naissance du Football Club de la Servette texte: Christian Jeanmaire photo: Speciale centenaire Servette FC, 1990 Hors Ligne Publishing

Comme beaucoup d’autres clubs du canton, le Football Club de la Servette aurait pu disparaître aussi vite qu’il était apparu dans la vie sportive genevoise en cette fin de dix-neuvième siècle. Une histoire de copains puis un président visionnaire en ont décidé autrement. Découvrez le début de l’histoire des “rouges et verts” … C’est le 20 mars 1890, en possession de l’indispensable ballon ovale reçu par son père, au retour d’un voyage professionnel en Angleterre, qu’Emile Fiala et quelques copains décident de créer un club de rugby (qu’on appelle football-rugby), le Football Club

Les perdants payent cinq centimes pour financer la caisse de la société et permettre l’achat du premier ballon. de la Servette. C’est une exception dans le paysage sportif genevois qui, depuis une dizaine d’années, a choisi son camp : le football (appelé lui football-association). L’histoire nous dit que c’est lors de la récréation du mardi, à l’Ecole professionnelle, situé dans ce quartier populaire, que l’Association est fondée. Les couleurs des drapeaux de la société sont le rouge et le vert. Le jeudi suivant, dans le pré-Wendt, les premières parties se déroulent entre membres. En mai, après avoir été chassé du pré par son propriétaire, puis d’un champ au dessus du Collège de la Prairie par un club adverse, le F.C. de la Servette émigre sur la Plaine de Plainpalais. La préparation du terrain Avant le début des rencontres, il faut installer les buts qui sont amenés à dos d’homme et la sciure qui permet de délimiter l’emplacement du terrain. Les spectateurs sont aux abonnés-absents et les promeneurs réticents. Les perdants payent cinq centimes pour financer la caisse de la société et permettre l’achat du premier ballon. Les règles demeurent incertaines et la première rencontre se déroule à dix contre dix. 40


la Emile Bailly est le premier président du Servette. A l’été, il cède sa place rapidement à un adolescent de seize ans, Paul Ackermann, qui par son sens de l’organisation permet de pérenniser la société. Cinquante-six membres sont comptés à la fin de l’année 1891. Jusqu’en 1896, les jeunes pratiquent au gré des opportunités leur sport favori. C’est cette année-là que l’activité du club est suspendue, faute de terrain. Genève reçoit l’Exposition nationale et les organisateurs réquisitionnent la Plaine de Plainpalais. Aucune alternative véritable n’est trouvée. Sans l’amitié qui unissait ces fondateurs, Servette disparaissait à tout jamais. Une seconde naissance En automne 1898, les terrains de la Plaine sont à nouveau disponibles, le FC de la Servette peut reprendre ses activités. Les choses ont bien changé en deux ans. Comme tous les autres

Sous l’impulsion du capitaine du XV servettien, François Dégerine, qu’une section football-association est créée à la toute fin du siècle. clubs genevois pratiquent le football, il devient de plus en plus difficile de trouver des adversaires. C’est vers la France que l’on se tourne. Les rugbymans s’inclinent l’année suivante à Grenoble sur le score de 9 à 3. Le 22 octobre, le F.C. de Lyon, alors invincible, s’impose sur la Plaine de Plainpalais sur le score de 11 à 3 devant plus de 3000 spectateurs. C’est alors que, sous l’impulsion du capitaine du XV servettien qui pratique les deux jeux de football, François Dégerine, qu’une section football-association est créée à la toute fin du siècle. Celle-ci se développe à vitesse grand V alors que le rugby, faute d’adversaire, piétine. En 1900, le FC Servette reste la seule équipe de Suisse à pratiquer encore le rugby de haut niveau.

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LA LÉGENDE

1900 du ballon ovale au ballon rond texte: Christian Jeanmaire photo: Speciale centenaire Servette FC, 1990 Hors Ligne Publishing

Fondée par une bande de copains en 1890 et dédiée au rugby, l’association crée une section football au début du siècle. Très rapidement, Servette s’impose à Genève, en Romandie puis dans le pays en remportant le premier titre de champion suisse de son histoire en 1907 François-J. Dégerine, pratique tous les sports et particulièrement les deux footballs. Il peut être considéré comme le pionnier de ce sport à Genève. C’est grâce à ses efforts, malgré des réticences

A la Brasserie Handwerk à Cornavin, le comité officiellement élit le Dr Aimé Schwob à la présidence de la société. A 36 ans, ce journaliste fait figure d’ancien. dans le comité, que le Servette adopte le football-association et devient rapidement la référence cantonale. Dégerine crée quelques mois auparavant le “Sunday team”. Malgré un nom d’emprunt et des statuts non encore modifié, cette équipe peut être considérée comme la première formation de footballassociation du Servette. Le “Sunday Team” joue son premier match le 3 décembre 1899 à la Chevillarde et bat ce jour-là le FC Excelsior sur le score de 2 à 1.

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LA LÉGENDE

Schwob entre en scène Il manque encore un homme d’envergure à la tête du Servette. Le comité, Dégerine en tête, convainc une personnalité en vue, le Dr Aimé Schwob, rédacteur en chef de “la Suisse Sportive”, de prendre en main la destinée du club. Le 17 janvier 1900 est une date importante dans l’histoire du Servette. A la Brasserie Handwerk à Cornavin, le comité officiellement élit le Dr Aimé Schwob à la présidence de la société. A 36

Champion romand en 1904, il atteindra trois ans plus tard le sommet national en s’imposant contre le champion de Suisse centrale, Bâle, et le champion de Suisse orientale, Young Fellows ans, ce journaliste fait figure d’ancien. Dix ans après sa fondation, Servette passe à l’âge adulte. Quelques jours auparavant, sous le nom de Servette cette fois, les joueurs du défunt “Sunday Team” avaient battu pour la seconde fois Excelsior sur le score de 2 à 0. Servette devient membre de l’ASF A cette époque, L’Association Suisse de football (ASF) n’est pas encore représentative et fédérative du football en Suisse. La ligue romande, regroupant les équipes ne souhaitant pas jouer le dimanche selon les usances britanniques est également très active. Pour Servette et Schwob, le choix est fait, ce sera l’ASF. Le championnat suisse déjà commencé, le journal “la Suisse Sportive” crée au printemps la Coupe du Dimanche. Les Servettiens s’imposent 14-0 contre Aigle, 2-0 contre Genève et en finale 4-0 contre Neuchâtel. Tout s’enchaîne. Le 23 août 1900, le FC Servette est accepté comme membre de l’ASF. Engagé dans le championnat principal (série A), les genevois perdent leurs premier match officiel contre Berne sur le terrain de la Garance par 4 à 2. Ils finiront troisième sur quatre du groupe ouest. De la Plaine de Plainpalais au Parc des Sports A cette époque, la question des emplacements de jeu est très importante, Certains clubs disparaissent car ils n’ont pas de terrain. Servette se tourne début 1901 vers le Pré-Cayla qui deviendra le Parc des Sports. C’est la section rugby qui inaugure le stade le 31 mars 1901. Ce dernier se trouve alors à la perpendiculaire du futur Stade des Charmilles. Très rapidement, l’équipe à la chemise blanche et au col rouge va prendre une place importante dans le championnat de l’ASF. Champion romand en 1904, il atteindra trois ans plus tard le sommet national en s’imposant contre le champion de Suisse centrale, Bâle, et le champion de Suisse orientale, Young Fellows.

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LE SITE DU FOOTBALL GENEVOIS .ch

Proxifoot

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ÉTÉ 2010 Camps internes Pour les enfants de 10 à 14 ans

Semaine

Début

Fin

Lieu

Âge

Tarif

1

05.07.2010

10.07.2010

Val d’Illiez

1996 à 2000

CHF 545

2

12.07.2010

17.07.2010

Val d’Illiez

1996 à 2000

CHF 545

3

19.07.2010

24.07.2010

Val d’Illiez

1996 à 2000

CHF 545

4

26.07.2010

31.07.2010

Val d’Illiez

1996 à 2000

CHF 545

5

02.08.2010

07.08.2010

Val d’Illiez

1996 à 2000

CHF 545

6

09.082010

14.08.2010

Val d’Illiez

1996 à 2000

CHF 545

Camps externes Pour les enfants de 7 à 12 ans à la journée Pour les enfants de 5 à 6 ans à la demi-journée

Lieu

Début

Fin

7A 7B 7C

Balexert

19.07.2010

23.07.2010

8A 8B 8C

Collex-Bossy

26.07.2010

30.07.2010

9A 9B 9C

Frontenex

02.08.2010

06.08.2010

10A 10B 10C

Perly

02.08.2010

06.08.2010

11A 11B 11C

Balexert

09.08.2010

13.08.2010

12A 12B 12C

Balexert

23.08.2010

27.08.2010

Contact :

Tel. : 022 / 340 54 74

Horaires

Âge

Tarif

9h00 – 17h00

1998 à 2003

CHF 295

9h00 – 12h00 14h00 – 17h00

2004 à 2005

CHF 120

9h00 – 17h00

1998 à 2003

CHF 295

9h00 – 12h00 14h00 – 17h00

2004 à 2005

CHF 120

9h00 – 17h00

1998 à 2003

CHF 295

9h00 – 12h00 14h00 – 17h00

2004 à 2005

CHF 120

9h00 – 17h00

1998 à 2003

CHF 295

9h00 – 12h00 14h00 – 17h00

2004 à 2005

CHF 120

9h00 – 17h00

1998 à 2003

CHF 295

9h00 – 12h00 14h00 – 17h00

2004 à 2005

CHF 120

9h00 – 17h00

1998 à 2003

CHF 295

9h00 – 12h00 14h00 – 17h00

2004 à 2005

CHF 120

www.servettefc.ch

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PARTENAIRES MEDIAS SERVETTE FC AIME


Abonnement en tribune principale 2 Verrées annuelles en présence des joueurs et dirigeants du servette fc. 1 Repas annuel en présence des joueurs et dirigeants du servette fc. 10% Rabais sur la boutique 10% De réduction à la brasserie «le grenat» à balexert Diverses manifestations 4 Magazines par année Possibilité d’acheter 2 billets tarifs réduits par match

Renseignements et inscriptions sur: www.servettefc.ch rubrique “Clubs de Soutien”

Contacts: csg@servettefc.ch Mme I. Muller: 079 340 62 16

Repas annuel du Club Supporters Grenat Le 20 janvier 2010 à la ferme du vignoble à satigny.


LA CHRONIQUE DE ALAIN MEURY Un seul et même patrimoine Culture contre sport. Le débat est aussi récurrent qu’agaçant car sans fondement réel. Il n’est nul besoin d’être visionnaire, ni historien, pour constater que ces deux domaines participent, d’égale manière, au développement et à l’épanouissement des villes et des régions. Le rayonnement international de Genève doit autant au Servette FC qu’au Grand Théâtre. Autant à Jacky Fatton qu’à Michel Simon. Sans que ces deux institutions et ces deux grands hommes ne doivent être mis en opposition. Tous contribuent à l’affirmation de la vie de la cité. Cette stupide querelle sectaire, entre les représentants de ces deux mondes, est d’autant plus vaine et incompréhensible, que ces milieux se sont souvent interpénétrés. A tout le moins, les étoiles les plus brillantes du monde de la culture ont trahi un amour pour le club des ouvriers des Charmilles qui dépassait souvent la raison. Faut-il rappeler qu’Armin Jordan, emblématique chef d’orchestre, téléphonait du Japon ou des Etats-Unis, entre deux répétitions, pour connaître le résultat des «grenat» ? Ou que Georges Haldas a écrit quelques-unes de ses plus belles pages sur la légende des footballeurs servettiens ? De Michel Soutter à Alain Tanner, de Jean-Luc Bideau à bien d’autres représentants de premier rang de la culture genevoise, les exemples ne manquent pas de ces attachements «contre nature» à un simple club de football. Depuis quelques années, le monument servettien manque donc dans le paysage des Institutions genevoises. Il n’est pas totalement détruit mais il est en lente reconstruction. Et nous sommes nombreux à nous sentir orphelins. A nous remémorer les grandes heures des Charmilles, les après-midi de printemps placés sous le signe du triomphe, ou les mornes soirées d’automne, dans le crachin et laissant au coin des lèvres, l’amère senteur d’une défaite mortifiante. Ces instants vécus font partie de notre patrimoine et nous voulons les vivre encore. Nous prenons le pari que tout cela renaîtra dans les années à venir. A condition de faire preuve – et c’est un effort surhumain – de la patience nécessaire. Le hasard fait que ce samedi, Servette accueille le FC Bienne. Or, c’est au stade de la Gurzelen, dans les années soixante, que le soussigné a suivi pour la première fois le club préféré de son père et de bien d’autres Jurassiens. Servette s’était imposé 2 à 0, grâce notamment à la magie d’un milieu de terrain extraordinaire: André «Dédé» Bosson, dont l’avant-bras était plâtré. Depuis lors, nombreux ont été les techniciens qui nous ont fait rêver, nous enthousiasmer. Le Servette défendait une tradition d’élégance. De football élevé au rang d’art. Il reviendra le jour où le Stade de la Praille sera le Grand Théâtre du sport le plus populaire du monde et où le patrimoine genevois sera à nouveau enrichi d’un de ses plus beaux fleurons.

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www.la-praille.ch bijoux

80 enseignes shopping & loisirs

mode & services wellness & fitness

restaurants multi-ethniques

halte-garderie

bowling & jeux

Parking

Bus TPG : D/21/22/42/43/48/49 Arrêt : Stade de Genève

10 rte des Jeunes CH - 1227 Carouge Tél. 022 304 80 00

Ouvert le jeudi jusqu’à 21h00


SMAG #2 - Mars 2010