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Le journal du Social Business

"W� h��� t� �e� �u� � ��i� ��nd�e� �ha� ��� �i�� ���� d� ��� �u���es� �n� ��� po�� ���� h��� ��� �h��i��." Muhammad Yunus

ENJEUX Entrepreunariat Social et Business Schools I DEE Joaquim Melo, le banquier des favelas

DOSSIER Conférence Digital 4 Change, avec le Pr. Yunus

REUSSITE: La Grameen Danone Foods AGIR Changer le monde avec des chapeaux

EVENEMENT

L’International Social Enterprise Forum Rise up! - N°1

Février 2011 N°1

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Rise up! - N째1


EDITO

R

ISE UP ! Un journal pour s’élever : programme présomptueux, décalé, fou ou ambitieux ? Et si cette nouvelle année était l’occasion ne plus simplement se laisser porter par le courant mais d’oser…

Sommaire

S’élever en découvrant, voilà la première mission de «RISE UP!». Découvrir des idées, des entreprises et des entrepreneurs qui ont décidé de donner à leur entreprise un autre sens que celui du seul profit. Et pourtant des entreprises et des entrepreneurs comme les autres : compétents, innovants, créatifs et engagés. Découvrir que le monde de l’entrepreneuriat social n’est pas un monde à part composé d’altruistes exceptionnels ou simplement marginaux. Découvrir qu’il existe des entreprises capables d’agir pour la société de façon concrète et qui se battent sur le même tableau que les autres, avec les mêmes

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contraintes et aussi les mêmes atouts. S’élever en questionnant. Au détour d’un article, d’une image ou d’une phrase peut être vous poserezvous la question de l’engagement responsable des entreprises dans lesquelles vous allez effectuer vos stages ou même bientôt travailler. Pourquoi pas aussi la question de votre propre engagement dans ce qui fera votre futur métier. Ou alors, tout simplement poussé par la curiosité, vous vous demanderez pourquoi un chef d’entreprise a changé de boîte à 40 ans pour travailler dans une entreprise qui répondait à ses convictions, pourquoi un étudiant s’est lancé dans la création d’un social business, ou encore comment une grande entreprise du CAC 40 a décidé de mettre sa responsabilité sociale sur le même plan que ses objectifs économiques.

battre contre. Contre le capitalisme, contre l’entreprise, contre l’économie comme une sorte de mouvement alternatif contestataire qui aurait trouvé soudain le nouveau modèle qui pourra sauver la planète de la catastrophe ? Surement pas ! C’est au contraire en les atouts de l’entreprise que croient les entrepreneurs sociaux. Ce n’est pas en opposition mais au contraire pleinement engagés dans l’économie réelle que ces hommes, ces femmes, vous et moi pouvons à notre échelle rendre notre travail, notre entreprise, notre économie plus responsable. Cependant ne pas fermer les yeux sur la souffrance, la solitude ou l’injustice que des millions d’êtres humains connaissent jour après jour à l’autre bout de la planète ou en bas de nos immeubles. Garder les yeux ouverts non pas pour plaindre ou contester mais bien pour agir !

S’élever contre et choisir. To rise up c’est aussi se soulever, s’opposer, se

Stanislas Riffaud

Concept

Connaissez-vous la différence?

Portrait

Develop, une asso qui bouge!

Enjeux

Entrepreneuriat social et Business Schools

Dossier

Conference Digital 4 Change

Reussite

La Grameen Danone Food

Idee

La monnaie des pauvres

Agir

A very hat story!

Evenement L’ISEF, l’événement à ne pas manquer! Jeux

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CONCEPT

Connaissez-vous la différence? Entre un Social Business et une entreprise sociale? Un Social Business est une entreprise qui fonctionne selon les mêmes principes de gestion qu’une entreprise dite « classique », mais qui ne distribue pas de dividendes à ses actionnaires et dont le but premier n’est donc plus la maximisation des profits mais la réalisation d’une finalité sociale. C’est donc une entreprise qui parvient à être rentable, donc à couvrir ses coûts, tout en se fixant des objectifs sociaux. Une entreprise sociale est une entreprise à vocation sociale comme un social-business mais qui s’autorise la distribution de dividences à ses actionnaires. «Pour un social-business, la rentabilité est importante. Partout où cela est possible, sans bien sûr compromettre leur objectif social, les social-business devraient faire des profits pour deux raisons: pour rembourser leurs investisseurs et pour soutenir la poursuite d’objectifs sociaux de long terme» Vers un nouveau Capitalisme, Muhammad Yunus

Entre le microcrédit et la microfinance ? La micro-finance est un ensemble de produits financiers fournis aux personnes exclues du système financier classique. Elle donne ainsi accès à ces personnes à des crédits, appelés microcrédits car leurs montants sont peu élevés, à la possibilité d’épargner, à la souscription d’assurances, les micro-assurances, et autres produits financiers. Le microcrédit est donc seulement une partie de la micro-finance. Entre la micro-finance et la finance traditionnelle ? La micro-finance est avant tout une

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finance de proximité : les instituts de sociale, selon la définition donnée micro-finance qui suivent les micro- auparavant. C’est par exemple le entrepreneurs se déplacent régu- cas de Maria Nowak, fondatrice de lièrement auprès d’eux pour les ac- l’ADIE (Association pour le Droit à compagner dans l’évolution de leurs l’Initiative Economique). L’ADIE est projets. Les instituts de micro-finance la première institution de microcrén’exigent pas de garanties finan- dit française, qui aide donc de nombreux entrecières à leurs preneurs à clients, contraiQuelques chiffres... réaliser leurs rement aux - 94 % du revenu mondial revient à 40 % de banques tradiprojets de la population création d’entionnelles. Alors treprise ou qu’un banquier - La moitié de l’humanité vit avec moins de à pérenniser vous deman2$ / jour leurs activités, dera d’apporter la preuve et ce grâce à -En Afrique, 4% de la population détient un des microcréd’un salaire fixe compte bancaire ; 1 % a obtenu un crédit dits. et régulier, de d’une institution financière officielle biens pouvant être hypothéqués ou d’autres garanties afin de Un micro-entrepreneur est une pervérifier votre «solvabilité», les insti- sonne, vivant dans la précarité, qui a tuts de micro-finance ne demandent créé son entreprise ou qui pérennise pas de garanties financières et son activité économique grâce à un portent avant tout leur attention sur microcrédit. La création d’entreprise, les projets de leurs clients et sur leur et donc le microcrédit lui permettent viabilité. donc de sortir de la précarité par la création d’un environnement duraEntre un entrepreneur social et blement stable. un micro-entrepreneur ? Un entrepreneur social est une perMarine Henry sonne qui a créé une entreprise

Le saviez-vous? Les taux d’intérêt appliqués par les Institutions de Micro-finance (IMF) sont plus élevés que les taux d’intérêt du secteur bancaire classique. Pourquoi ? Les IMF font face à des frais supplémentaires par rapport aux banques classiques. Dans la mesure où la micro-finance est une finance de proximité, il faut dès lors prendre en compte tous les frais de déplacement pour rendre visite au client : déplacements pour évaluer la viabilité du projet et ses capacités à rembourser le prêt, puis déplacements pour suivre l’évolution du projet une fois le prêt accordé. De plus, pour son traitement, un microcrédit nécessite le déploiement des mêmes ressources et du même personnel qu’un prêt de 10 000 €. Les taux d’intérêts appliqués par les IMF sont donc plus élevés que ceux du secteur bancaire traditionnel car ils prennent en compte tous les frais supplémentaires supportés par les IMF. Cependant, bien que les taux d’intérêts soient plus élevés, les IMF permettent l’accès au secteur bancaire à des personnes qui sont exclues du système classique, car elles ne disposent pas d’assez de garanties.

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L

’ association DevelopEdhec Social Business Lille/Nice agit pour promouvoir et favoriser le développement d’un nouveau modèle d’entreprises privées et responsables: les Social Enterprises. Ces entreprises permettent le développement d’une économie plus responsable en alliant rentabilité financière et impact social. Dans cette optique, Develop agit à plusieurs niveaux: elle sensibilise les étudiants de l’Edhec au social business par la projection de films ou l’organisation d’une campagne à 1 euro. De plus, elle organisera l’International Social Enterprise Forum 2011 (ISEF 2011) qui se tiendra à Nice le 25 mars prochain. Ce Forum international rassemblera des entreprises, des entrepreneurs, des personnalités de renom, des associations et des étudiants. Enfin, en interne, ses membres reçoivent une formation sur le micro crédit français par l’Adie, association pour le droit à l’initiative économique et participent à certains événements comme le World Forum de Lille , forum mondial de l’économie responsable, la conférence Digital 4 Change qui a rassemblé de nombreux acteurs du web et du social business afin de réfléchir aux possibles synergies entre

ces deux domaines ou encore la semaine du micro crédit. Les pieds sur terre mais la tête dans les étoiles, Develop veut croire en un monde d’entreprises durables qui accorde une juste valeur à l’individu. Organisation de l’association à Lille: Pôle Spons : Le pôle Sponsors se charge de trouver des fonds auprès d’entreprises partenaires qui nous sponsorisent et partagent nos valeurs pour financer les frais de fonctionnement de l’association et participer au bon déroulement de nos événements. Nous sommes donc au coeur de toutes les actions organisées par Develop: du goûter jusqu’à l’ISEF. Il y a 6 membres Develop au pôle Spons’ de Lille: Marine, Marie, Agathe, PJ, Alex et Juliette.

PORTRAIT

Develop, une asso qui bouge ! ou comme par exemple la retransmission en direct de la conférence Digital 4 Change organisée à Paris par HEC et Danone Communities dont nous étions partenaire. Le pôle est composé à Lille de 7 membres : Anaïs, Pauline, Yossra, Alexandre, Hamid, Oussama et Aurélien. Pôle Adie : Le pôle Adie est relation permanente avec l’Adie, Association pour le droit à l’initiative économique. Il permet aux membres de Develop d’acquérir une formation plus poussée sur le micro crédit en France mais également de participer à la vie de cette association en organisant par exemple une conférence pendant la semaine du micro crédit qui se déroulera du 6 au 11 juin à Lille. Le but de ce partenariat est la participation de Develop au suivi et conseil de micro-entrepreneurs. Victoria est notre contact avec l’Adie. Pôle finance : Le pôle Finance s’occupe principalement du financement de micro-entrepreneurs français et étrangers par l’intermédiaire de Babyloan, premier site internet français de micro-crédit solidaire. Il participe également à l’organisation de la campagne à 1 euro, laquelle permet de récolter des fonds pour financer des micro-entrepreneurs et de sensibiliser les étudiants de l’Edhec à l’entrepreneuriat social et solidaire. Ce pôle comprend 6 membres à Lille: Diana, Rokhya, Claire, Liang, Nicolas, Guillaume et Marie. Pôle Event : Le pôle Evènement se charge principalement de démarcher pour l’ISEF des intervenants dont l’expérience et les qualités sont en adéquation avec les valeurs et idées que Develop s’efforce de promouvoir. Nous participons aussi à l’organisation d’évènements ponctuels comme les goûters et soirées pour aider au financement de l’association

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Pôle Com: Le pôle Com s’occupe principalement de la communication sur tous les évènements et actions organisés par l’association, du goûter à l’ISEF. Il gère également le site web et réalise le merveilleux journal que vous êtes en train de lire. Ce pôle comprend 5 membres à Lille: Stan, Kiliane, Nitin, Quentin et Sabrina.

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ENJEUX

Entrepreneuriat Social et Business Schools: En Europe et Outre-Atlantique les meilleurs s’y mettent !

I

l y a encore dix ans l’entrepreneuriat social était quasiment inexistant dans le milieu académique. Aujourd’hui les plus grandes Universités et Business School à travers le monde se mettent au pas. On voit ainsi naître ici et là une multitude de programmes et initiatives, qui bien qu’encore peu nombreuses, ouvrent la voie à de nouvelles possibilités et à une nouvelle façon de voir l’éducation commerciale. Aux Etats-Unis c’est la très célèbre Harvard Business School qui fut pionnière en la matière avec la création en 1993 de la Social Enterprise Initiative. Cette initiative, dans la droite lignée de la politique de l’université, vise à éduquer et pousser les actuels et futurs leaders dans tous les secteurs à appliquer des principes managériaux créant de la valeur sociale. Aujourd’hui l’école offre, dans cette optique, de nombreux programmes et cours de formation continue. La prestigieuse Stanford Graduate School of Business la suivra en 1999 avec le lancement de son Center for Social Innovation (CSI). Le CSI n’est pas seulement un centre de recherche offrant une base riche de presque 200 études de cas sur le sujet, c’est ici aussi de nombreux cours

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et programmes de formation continue proposés. Et ce phénomène a contaminé l’Europe : c’est en 2003 que la Saïd Business School de l’université d’Oxford en Angleterre crée le Skoll Centre for Social Entrepreneurship. Son but, favoriser la transformation sociale innovatrice par l’enseignement, la recherche et la collaboration en favorisant les échanges entre leaders de pensée et entrepreneurs sociaux. De nombreuses autres universités régionales britanniques innovent aussi telle l’université de Lancaster qui propose un module de social entrepreneurship à partir de la deuxième année de Bachelor in Mangament. En Espagne c’est la réputée IESE Business school qui se démarque en dispensant de nombreux cours en la matière et organisant de multiples conférences sur le sujet. Mais les écoles françaises ne sont pas en reste, et c’est l’ESSEC qui s’est voulu pionnière en la matière avec la création en 2003 de sa Chaire Entrepreneuriat Social, puis en 2005 d’Antropia son incubateur social. En 2009 le

Professeur Muhammad Yunus, Prix Nobel de la Paix 2006, et Martin Hirsch, à l’époque Haut-Commissaire aux Solidarités Actives et à la Pauvreté deviennent co-présidents de la Chaire Social Business, Entreprise et Pauvreté créée par HEC et sponsorisée par Danone. Les étudiants d’HEC Paris peuvent suivre, en fin de parcours académique, un programme de formation complémentaire de 2 mois appelé «Track Social Business/Entreprise et Pauvreté», entièrement consacré aux thèmes du social business et de l’engagement des entreprises dans la lutte contre la pauvreté. Le dernier exemple en date nous vient d’Allemagne et de l’European Business School (EBS), qui créa cette année sous le patronat du Pr Yunus et Danone une nouvelle fois, la première Chaire Entrepreneuriat Social allemande qui deviendra le cœur du nouveau Centre for Responsible Economy de cette université.

«Une nouvelle génération d’entrepreneurs sociaux est donc en train de naître.»

Rise up! - N°1

Une nouvelle génération d’entrepreneurs sociaux est donc en train de naître, celle des diplômés qui seront aptes à gérer la difficulté d’allier performance économique et exigence sociale. Ce phénomène est de moins en moins marginal et la marche commence à être généralisée. Même si dans beaucoup d’écoles les programmes restent encore très classiques, de plus en plus d’entre elles n’ont plus peur de franchir ce pas.

Aurélien Amir.


DOSSIER

Dossier : Digital 4 Change

&

vous présentent

How can technology change the world? Rise up! - N°1

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DOSSIER

D

evelop était partenaire de la « Digital 4 Change Week », début décembre 2010, organisée par Danone Communities. Cette semaine a permis de démontrer la force sociale des innovations technologiques pour créer des avancées sociales concrètes et s’est terminée par une conférence sur le campus d’HEC Paris, le jeudi 9 décembre 2010. Différents spécialistes étaient réunis : Martin Hirsch, ancien Haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté au sein du gouvernement Fillon, Matt Flannery, co-créateur de Kiva, Joe Green, co-créateur de l’application Causes disponible sur Facebook, ainsi que le professeur Mohammad Yunus, célèbre inventeur du microcrédit et prix Nobel de la paix 2006, pour n’en citer que quelques-uns. Cette conférence a été retransmise en direct dans plusieurs villes de France, notamment à Lille au sein de l’EDHEC Business School. Trois d’entre nous, les « Reporters 4 Change », avions la chance d’y assister en direct d’HEC.

Les moments forts: La vocation sociale de l’open source

Mitchell Baker (Mozilla) explique comment l’open source peut aussi changer le monde à sa manière. En effet, la collaboration entre internautes, le partage d’informations et d’idées permet de produire une émulation et ainsi de créer de la valeur ajoutée à plus grande échelle. « We are what we share »

Le social business selon Yunus Le professeur Mohammad Yunus a raconté la création de Danone Communities, suite à la rencontre en 2005 avec Frank Riboud, actuel PDG de Danone. Lors de sa venue à Paris pour donner une conférence à HEC, Franck Riboud le reçoit au restaurant pour lui expliquer son projet : créer un Social Business au Bangladesh avec pour mission de contribuer au développement local. Ce partenariat avec cette multinationale lui permettrait d’avoir un impact sur l’ensemble des firmes en prouvant qu’il est possible d’allier la rentabilité nécessaire à la pérennité de l’entreprise et des objectifs sociaux. Ils décident alors de créer ensemble la « Grameen Danone Food ». Le Pr. Yunus reconnait néanmoins que certaines entreprises utilisent le social business pour redorer leur image. Pour autant, il ne faut pas renoncer à soutenir les multinationales sincères dans leurs démarches. La Chaire Social Business / Entreprise et Pauvreté, créée en 2008, permet de former les étudiants à des approches innovantes de contribution des entreprises à une réduction de la pauvreté, par la mise en place de nouveaux modèles économiques à la fois dans les pays en développement et les pays développés.

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Rise up! - N°1

Une communauté d’internautes pour le développement Matt Flannery (Kiva) a créé un modèle décentralisé dans lequel chaque prêteur peut s’exprimer de différentes façons selon son degré d’engagement : par l’intermédiaire de feed-back, en devenant un « Kiva fellow » (un volontaire pour la communauté), en créant une « équipe de prêts » fondée sur le partage de mêmes valeurs entre prêteurs, ce qui permet de créer des liens entre prêteurs et donc de les rapprocher. Chacun peut échanger ses idées sur les projets dans lesquels il est possible d’investir. Aujourd’hui, Kiva regroupe près d’un million d’utilisateurs, le prêt moyen s’élève à 25 dollars et l’ensemble de la communauté Kiva a prêté plus de 100 millions de dollars depuis sa création. “Thanks to communities, the world is becoming a much smaller place”.


Alors qu’il parlait à des femmes analphabètes, le Pr. Yunus s’est rendu compte qu’elles pouvaient malgré tout apprendre rapidement à se servir d’un téléphone. Yunus s’est alors aperçu du trésor d’intelligence qui habitait ces femmes. Il a réalisé qu’en leur octroyant des prêts, elles pourraient s’acheter un portable, créer leur business et sortir de leur situation de pauvreté.

L’impact social d’In- Facebook, un réseau humanitaire ? ternet Joe Green a créé l’application Causes sur Facebook permettant de lever des fonds en faveur de projets ayant besoin d’investisseurs. Son but est de convertir la sensibilité des personnes aux problèmes de financement en actions concrètes, et ce par l’intermédiaire de Facebook, qui est le réseau potentiellement le plus puissant. « For the first time, Internet is real »

De son côté, Martin Hirsch nous appelle à prendre conscience de la force d’Internet en donnant l’exemple des Sans Domicile Fixe. Selon lui, un numéro de téléphone ou une adresse email est bien plus pour un SDF qu’un moyen pour communiquer avec les autres : c’est sa dernière adresse, une adresse à laquelle sa famille peut le joindre, grâce à laquelle il peut réussir à trouver du travail. C’est son dernier lien avec le monde réel. Ceci montre bel et bien qu’Internet est un moyen de créer des bénéfices sociaux, même si cela reste à petite échelle.

« People change the world. You. Me. Not technology. But networks help ».

L’éducation, un droit universel

DOSSIER

Yunus et ses débuts dans le social business

Walter de Brouwer est à l’initiative du projet One Laptop Per Child qui vise à procurer un ordinateur portable aux enfants des pays en développement. Certes cela peut paraître superflu pour des enfants qui n’ont parfois même pas accès à l’eau potable, mais pour Walter de Brouwer l’accès à l’éducation est une priorité pour tous les enfants. Selon lui, un enfant n’est pas un « Or & Or » mais un « And & And », c’est-à-dire qu’il ne faut pas choisir entre éduquer un enfant et lui permettre de boire de l’eau potable. Il faut évidemment tout mettre en œuvre pour lui fournir les deux. C’est ce que OLPC essaie de faire en donnant des ordinateurs portables à des enfants de pays en voie de développement entre 6 et 12 ans, conçus pour résister à tous types de températures et de climats, ayant accès à Internet et utilisant des logiciels open source afin de leur permettre un accès direct à l’éducation.

L’homme, source de progrès Selon Florence Devouard (Wikimedia), ce n’est pas la technologie qui est le moteur de tout progrès, mais l’énergie humaine. Cependant, la technologie est un moyen puissant pour mettre en place les idées et pour faire prendre conscience aux leaders mondiaux du besoin de changement, notamment dans le domaine social. Dans le cas de Wikipedia, chacun peut contribuer à la création de la plus grande encyclopédie mondiale en ligne en partageant ses connaissances.

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Marine Henry. Pierre-Jean Dehau.

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REUSSITE

Success strory au Bangladesh : La Grameen Danone Foods

T

d’affaire avoisinant les 15 milliards d’euros. Danone s’est donné pour mission « d’apporter la santé par l’alimentation au plus grand nombre ».

«Ce yaourt est fabriqué de manière à bénéficier à l’économie nationale» L’objectif de cette union De la joint-venture entre ces deux entreprises découle la volonté de lutter contre la malnutrition des enfants défavorisés en bas âge au Bangladesh. Il s’agit là d’une entreprise, qui doit donc couvrir ses coûts, et non d’une ONG. Cependant, ce partenariat revêt également d’autres aspects : créer des emplois, travailler avec la communauté locale (fournisseurs, main-d’œuvre, distributeurs), soutenir directement l’économie locale et nationale, et préserver l’environnement.

© danone.communities

L’aboutissement de ce partenariat : le « Shokti Doi » Après plusieurs mois de réflexion, ils décident ensemble de lancer un © danone.communities yaourt enrichi en nutriments essentiels, combinant ainsi les avantages naturels du yaourt (source de Deux entreprises pourtant très nutriments essentiels à la santé) et différentes… Avec plus de 7 millions d’emprunteurs l’expertise du leader mondial de la dans 80 000 villages au Bangladesh, production la Grameen Bank, 1ère banque de de yaourt. micro-crédit, est un acteur-clé dans L’usine de la lutte contre la pauvreté de la G r a m e e n population rurale du pays. La Gra- Danone de meen Bank et son fondateur, le Pr. Bogra au Yunus, ont d’ailleurs reçu conjoin- B a n g l a tement le prix Nobel de la Paix en desh pro2006. L’action de la Grameen Bank duit ainsi le « yaourt reste toutefois nationale. De l’autre côté, le groupe Danone pour être est une multinationale au chiffre fort » ou

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«Shokti Doi », à prix très bas : 0,06 € le pot, le rendant très accessible.

© danone.communities

out commence en 2005 avec la rencontre de Muhammad Yunus, créateur du concept de Social Business, et Franck Riboud, PDG de Danone, enthousiaste à l’idée de donner une orientation sociale aux opérations de son groupe. En 2006, le Groupe Danone, n°1 mondial des produits laitiers frais, s’associe à la Grameen Bank, la « banque des pauvres » du Pr. Muhammad Yunus, pour créer une entreprise appelée « Aliments Grameen Danone – Un social Business ». Ainsi naît le 1er Social Business, dont la mission est de « réduire la pauvreté grâce à un modèle économique de proximité permettant d’apporter quotidiennement des éléments nutritifs aux pauvres ».

En plus d’apporter quotidiennement des éléments nutritifs aux pauvres (zinc, fer, iode, vitamine A), ce yaourt est fabriqué de manière à bénéficier à l’économie nationale. En effet, Grameen Danone créé le plus d’emplois possibles dans son usine pour les habitants de la région. Elle achète également du lait à prix fixe sur l’année et les autres ingrédients nécessaires aux producteurs locaux et elle emploie des femmes, les « dames Grameen » ou « Shokti-ladies », pour distribuer le yaourt. De plus, l’entreprise respecte l’environnement : traitement de l’eau à l’entrée et à la sortie de l’usine, panneaux solaires et pots de yaourt biodégradables. Enfin, Danone a organisé un lancement spectaculaire pour garantir le succès du Shokti Doi, avec la venue de Zinédine Zidane pour inaugurer l’usine ! En mai 2009, 34 000 pots de Shokti étaient vendus par jour, ce qui montre que « s’il est bien conçu, un social-business peut être une entreprise saine » (Yunus).

Kiliane Jadoul.


I DEE

La monnaie des pauvres

J

oaquim Melo est né à Recife au nord du Brésil en 1962 d’une famille modeste. Au cours de ses études de théologie, il s’engage auprès des populations les plus pauvres et s’installe après quelques années au sein de l’une des plus grosses favelas de Fortaleza, le Conjunto Palmeiras (1987). Durant des années, il se bat pour l’amélioration des conditions de vie dans la favela. Afin d’éviter les inondations annuelles, il milite pour son assainissement en créant un canal, avec la collaboration de la coopération allemande et en employant exclusivement les habitants de la favela. Il œuvre également pour l’accès à

circulent en interne. C’est ainsi que la Banque Palmas voit le jour en 1998. Depuis les années 80, de nombreuses idées ont été développées pour lutter contre la pauvreté. Joaquim Melo s’intéresse notamment aux travaux du professeur Yunus et au microcrédit, mais aussi au troc, outil qui a connu un grand développement en Argentine suite à la crise de 2001. (Suite à la faillite des banques les argentins développent le troc à grande échelle pour subvenir à leurs besoins quotidiens, nourriture, vêtements, etc.) Le troc fonctionne mais ne permet pas le développement réel de l’économie. En raison du très faible nombre de biens produits et vendus au sein de la favela, le troc s’effectue sur de très petits volumes et montre rapidement ses limites.

Joaquim Melo, inventeur d’une Banque communautaire et d’une monnaie complémentaire, a créé le Palmas pour lutter contre la pauvreté dans les favelas brésiliennes. l’eau courante. Après des années de vaines tentatives auprès des pouvoirs publics, il n’a plus d’autres choix que de menacer de faire exploser les réseaux d’eau de la ville pour qu’enfin les travaux soient lancés. En dépit de l’engagement de ses habitants et l’amélioration considérable des conditions de vie, la favela reste un lieu de grande pauvreté et d’exclusion. Malgré l’accès à l’eau et la construction du canal, une partie des habitants les plus pauvres revendent leur maison pour s’installer autre part. Outre le développement des infrastructures (1990-1997), il semble indispensable de s’attaquer au développement économique de la favela afin que les richesses soient créées et

Le microcrédit est alors envisagé mais, en plus de se heurter aux barrières habituelles de financement, il s’avère peu adapté à un environnement aussi pauvre que celui du Conjunto Palmeiras. (Le microcrédit étant habituellement utilisé pour permettre d’augmenter la production d’un entrepreneur qui ne couvre pas toute la demande qui lui est exprimée.) Le microcrédit s’étend alors à la consommation et c’est ici qu’intervient une innovation majeure via la création en 2000 d’une monnaie interne à la favela : Le PALMAS.

«Une innovation majeure, la création en 2000 d’une monnaie interne à la favela : LE PALMAS.»

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Cette idée s’explique par le fait que les habitants de la favela préfèrent consommer en ville car montrer que l’on a fait ses courses en ville est pour eux un signe extérieur de richesse. Or cela rompt le cercle vertueux de création de richesse. Le PALMAS est un moyen de s’assurer que l’argent circule dans la favela et que la consommation entraîne la production.

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I DE E

Le PALMAS, à parité avec le real (la monnaie brésilienne), favorise largement les échanges au sein de la favela et autorise facilement son transfert vers l’extérieur quand cela s’avère nécessaire. L’utilisation du palmas est favorisée par des systèmes de réduction systématique ( -5 /-10%) pour les paiements en palmas.

En 2003, l’Institut Palmas est créé pour diffuser la technologie sociale de la banque. On comptait alors plus de 1000 banques communautaires au Venezuela et plus d’une cinquantaine au Brésil (chiffres de 2004). En 2008, la banque Palmas s’est vue décerner le prix des Objectifs du mil-

D’abord mal accueilli par la Banque Du Brésil, l’initiative de la Banque Palmas est aujourd’hui soutenue par celle-ci.

Pour en savoir plus:

Avec un capital de base de 600 euros, la banque dispose aujourd’hui d’un portefeuille de crédit de 575 000 euros.

www.banquepalmas.fr

lénaire pour le développement. Le principe de monnaie complémentaire se répand aujourd’hui à travers le monde.

Quentin Poisson .

Viva favela !, le livre de Joaquim Melo

pub ou image 12

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D

e l’entrepreneuriat social… oui, vraiment, c’est bien ça que je veux faire. Les sous, c’est bien, mais en fait ça ne vaut pas grand-chose. Pourtant, il faut les prendre en compte pour que le projet tienne debout. Un projet qui apporte autre chose que des sous. Quand ? Tout de suite : je n’ai pas envie d’attendre d’avoir de l’expérience. Maintenant il me faut une idée… Mais je suis étudiant ingénieur généraliste : en dernière année, certes, mais étudiant généraliste, donc je ne connais aucun domaine en particulier et je n’ai pas d’expérience. Mes idées, bien qu’ assez nombreuses, sont donc déconnectées de la réalité ou hors de mes possibilités, et lorsque je creuse un peu c’est toujours le même constat : finalement non, c’est nul comme idée.

quelque chose au niveau social… Ma tante, elle, est modiste. Il y a 20 ans, elle a créé son entreprise dans la conception et la fabrication de chapeaux. Lorsqu’elle me demande ce que je cherche dans l’entrepreneuriat, je lui parle de valeur ajoutée sur le plan social. Voilà ce qu’elle me répond : « Tu sais, j’ai créé une marque de chapeaux, la marque Omamori. Ce sont des bonnetsturbans, destinés à tout le monde, mais aussi spécialement conçus pour répondre aux besoins des personnes soignées par chimiothérapie : des chapeaux pour regagner une élégance et guérir, sans les inconvénients des perruques. Je voudrais lancer un atelier d’insertion pour développer cette marque, mais je cumule déjà 4 postes pour faire tourner la première entreprise. Si tu veux, tu peux te greffer sur le projet : on le développera ensemble. »

«Lorsqu’elle me demande ce que je cherche dans l’entrepreneuriat, je lui parle de valeur ajoutée sur le plan social.»

Je passe d’une idée à une autre, sans oser me fixer. Ça me permet au moins de rencontrer quelques personnes. Au bout d’un moment, je finis par décider de me fixer sur une idée, pas mauvaise, et tant pis si je n’y connais rien. Peu après j’en parle avec ma tante au téléphone. Elle me fait remarquer que pour y arriver, il faut au moins que je m’associe avec quelqu’un qui connait le domaine. C’est juste. De toutes façons, ça serait pareil avec n’importe quelle idée, étant donné que je n’ai aucune vraie spécialité. Mais comment puisje trouver quelqu’un suffisamment compétent et prêt à se lancer dans cette drôle d’aventure? D’autant plus qu’il faudrait quelqu’un qui ait la même volonté que moi d’apporter

AGIR

A very hat story! tant pis, je vais apprendre. Je me plonge dans le projet. J’en discute beaucoup avec Céline, ma tante, qui est à l’origine de ce projet. J’essaye aussi de rencontrer un maximum de personnes qui peuvent m’apprendre des choses sur le marché, sur l’insertion sociale, etc. Petit à petit, je commence à me faire une idée assez précise de la situation. A chaque fois que je gratte à un endroit, je découvre que ça va être plus compliqué que je ne le pensais. Nous ne sommes pas les seuls à proposer ce genre de produit, pourtant il y a une vraie demande : il faut proposer quelque chose de très au point. Il y a de bonnes idées sur le marché, mais aucun produit ne semble en rassembler autant que les nôtres. Nous avons notre place : c’est sûrement de l’optimisme, il en faut, mais aussi, Céline a 20 ans d’expérience et un nom qui est maintenant reconnu dans les chapeaux de mode. Ça aide. Maintenant, pour que ça marche il faut bétonner tout le projet et être au top, mais nous n’en avons pas les compétences. Alors nous décidons de travailler avec des consultants en marketing et avec une agence de communication.

«A chaque fois que je gratte à un endroit, je découvre que ça va être plus compliqué que je ne le pensais.»

J’ai alors abandonné mon «idéemartyr », selon les mots de mon tuteur scolaire. Cette idée m’aura néanmoins permis de faire des rencontres, d’affirmer mon désir de me lancer dans la création d’un projet et finalement de trouver une vraie idée, même si elle ne vient pas de moi. Et avec une équipe, un produit, un réseau, de l’expérience… Une opportunité incroyable. C’est parti! Je n’ai jamais porté de chapeau, je ne connais rien au domaine, mais

Rise up! - N°1

Voilà le début de mon histoire. Elle m’a permis d’apprendre qu’il faut se lancer, parler, dire ce qu’on cherche, être ouvert aux opportunités, et aller chercher les compétences que l’on n’a pas. La suite au prochain épisode...

Corentin Volant. 13


EVENEMENT

L’ISEF,

un évènement à ne pas manquer !

L

e 25 Mars prochain, DEVELOP - Edhec Social Business organise le premier International Social Enterprise Forum dans les locaux de l’EDHEC à Nice.

nale (London Social Stock Exchange), Carol Tappenden (NeXii), ou encore Aurélie Duthoit, ancienne Edhec et co-fondatrice de Babyloan.

Le but de ce forum est de promouvoir l’Entrepreneuriat Social et de sensibiliser le grand public à ce sujet. Ce forum se déroulera sous forme de conférences, tables rondes et ateliers sur des thématiques liées à l’économie sociale et solidaire. Ce sera une opportunité de rencontres et d’échanges entre tous les acteurs de ce secteur, philanthropes, ONG, associations ou simples intéressés. De nombreux intervenants ont déjà répondu présent à notre invitation dont notamment Rodney Schwartz (Catalyst), Mark Campa-

Un village pour les associations et ONG sera installé pendant toute la durée du forum afin de leur permettre de présenter leurs actions, leurs engagements et d’expliquer comment il est possible de les soutenir. Develop prévoit également un espace cinéma où seront projetés des

films, courts métrages et reportages sur les thèmes de l’économie solidaire. D’autre part, les membres de l’association interviendront dans des classes préparatoires de la région niçoise pour y présenter l’entrepreneuriat social de façon ludique. Ces actions seront suivies par l’organisation d’un « Question pour un champion Prépa » lors du forum. Ce forum sera également l’occasion d’initier un groupement des différentes associations étudiantes impliquées dans l’Entrepreneuriat Social. Ce groupement a pour vocation de mener à bien des projets concrets en collaboration avec les acteurs de l’économie sociale et solidaire. Il sera lancé lors de la cérémonie de clôture du forum en présence des présidents des associations étudiantes et des partenaires.

Rise Up! - Février 2011-N°1 Directrice de la publication: Sabrina Aïch Rédactrice en chef : Kiliane Jadoul Mise en page: Sabrina Aïch, Kiliane Jadoul & Aurélien Amir Contact: riseup@develop-edhec.com

www.develop-edhec.com

Nos Partenaires:

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Horizontalement :

Verticalement :

1. Incubateur d’entreprises à vocation sociale, né à l’initiative du Pr. Muhammad Yunus et du groupe Danone. 2. Site internet américain qui donne la possibilité à des particuliers de prêter directement de petites sommes d’argent à de petits entrepreneurs du monde entier. 5. Il lance le statut de l’auto-entrepreneur en France 8. Association française dont le but est d’aider des personnes exclues du système bancaire traditionnel à créer leur propre entreprise grâce au microcrédit. 9. Inventeur d’une banque communautaire et d’une monnaie locale pour lutter contre la pauvreté dans les favelas. 11. Statut créé en 2009 qui présente de nombreux avantages et qui rend ainsi plus facile et rapide la création d’entreprise. 12. Acronyme de Instituts de micro-finance. 13. Economiste, spécialiste du microcrédit, présidente de l’ADIE 15. Action de créer de la richesse et/ou de l’emploi par la création ou la reprise d’une entreprise. 17. Fondateur de la Grameen Bank et Prix Nobel de la Paix

1. Association de l’Edhec, qui promeut l’entreprenariat social. 3. Activité qui consiste à prêter de petites sommes à des personnes qui n’ont pas accès au circuit bancaire classique et qui ont un projet de création d’entreprise. 4. Premier site internet européen de microcrédit solidaire. 6. Situation qui conduit le plus souvent à la grande pauvreté. 7. Banque qui a inversé la pratique bancaire classique en supprimant la nécessité d’une garantie et a créé un système bancaire basé sur la confiance mutuelle, la responsabilisation, la participation et la créativité. 10. International Social Enterprise Forum qui se déroulera sur le campus de l’EDHEC Nice. 14. Application qui permet aux organismes de bienfaisance de prendre avantage du vaste réseau social de Facebook pour promouvoir leur cause et faire de la levée de fond 16. Monnaie interne à une des plus grosses favelas de Fortaleza et créée en 2000

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JEUX

Mots croisés

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Pub imprimeur

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