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retour aux sources


retour aux sources David Scarnà polygraphe travail personnel avril 2010 tous droits réservés


O U C O M M E N T ( S U R)V I V R E D A N S L A N AT U R E ?


TABLE DES MATIÈRES

PA R T I E I

INTRODUCTION

PAG E PAG E PAG E PAG E PAG E

AVANT-PROPOS INTRODUCTION SURVIE MON AVENTURE XAVIER COMME MENTOR

12 14 16 18 20

PA R T I E I I

MANUEL DE SURVIE

PAG E PAG E PAG E PAG E PAG E PAG E PAG E PAG E PAG E PAG E PAG E

MENTAL ÉQUIPEMENT DE BASE EMPLACEMENT DU CAMPEMENT EAU ALIMENTATION PLANTES, ARBRES, RACINES FRUITS ET NOIX CHAMPIGNONS INSECTES PÊCHE FEU

26 27 29 30 32 33 37 38 40 41 43

PA R T I E I I I

IMMERSION SAUVAGE

PAG E 4 8

JOURNAL DE BORD

PA R T I E I V

CONCLUSION

PAG E PAG E PAG E PAG E PAG E

CONCLUSION MOTIVATIONS BILAN PERSONNEL SOURCES REMERCIEMENTS

88 89 91 92 93


Que ferais-je si j'Êtais seul, dans un endroit inconnu, sans possibilitÊ de repartir, sans nourriture, sans abri, sans outils, sans repères, sans famille, sans amis, et surtout, sans technologie ?...


JE VIVRAIS.


retour aux sources

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L’AU B O N N E


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AVAN T- PROP O S

Choisir un sujet tendance comme la mode, la musique ou le divertissement ? Notre quotidien en est imbibé. Nous vivons dans une société de consommation dans laquelle ces termes reviennent sans cesse. Je suis attiré par d’autres valeurs, plus simples. Opter pour un thème intelligent et qui pourrait m’être utile durant toute ma vie est une priorité pour moi. Un thème intelligent, mais qu’est-ce que l’intelligence ? Le dictionnaire nous renseigne : c’est une aptitude à comprendre et à s’adapter facilement à des situations nouvelles ou à un environnement. C’est donc l’intelligence dont ils ont su faire preuve qui a permis aux premiers hommes de survivre dans la nature. Je tire de cette pensée mon sujet, qui est de découvrir, à la façon de nos lointains ancêtres, l’environnement naturel qui nous entoure.


PA R T I E I


retour aux sources

INTRODUCTION

AU J O U R D ’ H U I

A l’aube de mes 20 ans, je n’ai jamais vécu ailleurs qu’en Suisse. J’ai toujours habité dans des villes et ne suis entré en contact avec le monde extérieur autrement que par quelques balades en campagne ou autres vacances à la montagne. Mon mode de vie s’est construit autour du modernisme et de la technologie omniprésente dans notre pays. Il est basé sur la consommation et l’argent. Pour pouvoir vivre convenablement, je dois me nourrir et évoluer dans un espace relativement confortable. Afin d’y parvenir, je dois posséder de l’argent que j’ai pu gagner via des écoles qui m’ont, elles, permis de trouver un travail. C’est en travaillant à cent pour cent, huit heures par jour, que je gagne suffisamment d’argent pour vivre. Cet argent me permet de me nourrir et de rendre ma vie plus confortable grâce à l’obtention de matériel, préconçu et mis à disposition par diverses entreprises. Ma vie est séparée en semaines de sept jours, chaque jour mon emploi du temps est identique. Je suis à disposition de mon employeur dès 7 h 30 du matin. Je termine le travail à 16 h 15 et ai jusqu’à 23 h de temps libre. J’utilise la dernière parcelle de temps qu’il me reste, de 23 h à 7 h 30 pour satisfaire mon besoin de sommeil. Une grande partie de la population est dans le même schéma car 30% des Suisses travaillent à 100%, et 80% de 50% à 90%. Durant mon temps libre, si je désire me rendre quelque part, il me suffit d’utiliser les transports publics, si je souhaite regarder un film, je peux aller au cinéma ou me rendre dans un magasin pour acheter un DVD ; tout est réalisable si je possède un peu d’argent. En allant dans un supermarché par exemple, j’ai l’embarras du choix en ce qui concerne les aliments à consommer. Je prends un panier et je le remplis avec ce qui me fait envie. Ce mode de vie paraît agréable, et il l’est. Mais il comporte un grand nombre de contraintes et d’obligations. Autour de notre société humaine se trouvent d’énormes infrastructures mises à disposition par les villes, du matériel conçu dans les usines et vendu dans les grands magasins. Sans tout cela, nous ne pourrions pas vivre. Si, du jour au lendemain, l’eau ne coulait plus du robinet et la lumière ne s’allumait plus en appuyant sur l’interrupteur, cela créerait un vrai désastre dans notre société. Je ne suis donc pas affranchi de cette structure qui m’entoure, j’en suis dépendant pour vivre.

IL Y A 10 000 ANS, LES HUMAINS S’ADAPTAIENT À LA NATURE QUI LES ENTOURAIT ; MAINTENANT C’EST L’HOMME QUI TRANSFORME LA NATURE À SA GUISE.

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PA R T I E I

HIER

introduction

Les premiers signes précurseurs de notre époque actuelle apparurent il y a quelques dizaines de milliers d’années au Moyen-Orient, avec la sédentarisation et le début de l’agriculture. Tout ce qui précède cette ère est ce que je considère comme les sources vers lesquelles il est question de faire un hypothétique retour (voir titre de l’exposé). Ce mode de vie était évidemment profondément différent de celui que nous connaissons aujourd’hui. Tout d’abord, à cette époque, il n’y avait pas d’argent. Pour obtenir quelque chose, la seule solution était de le construire soi-même avec des outils mis à disposition par la nature. Chaque journée était différente car régie par les règles de la nature, le soleil, la météo, les saisons. Il faut aussi parler de sécurité. Ce monde était beaucoup plus dangereux que celui que nous connaissons aujourd’hui ; un combat pour garder la vie sauve était nécessaire à chaque instant, les premiers hommes se battaient pour leur survie. Les connaissances de ces hommes leur permettaient d’aller puiser leurs ressources directement dans leur milieu naturel, et de récolter des matières premières. A cette époque, trouver comment s’abriter, manger et boire était une préoccupation constante. Ainsi, les sens de ces hommes étaient plus développés car l’environnement dans lequel ils vivaient, du fait de sa dangerosité, sollicitait une plus grande attention. Leur odorat et leur ouïe, plus souvent mis à l’épreuve, étaient donc de meilleure qualité que les nôtres.

EN AMÉLIORANT SANS CESSE SES TECHNIQUES DE SURVIE DANS SA JUNGLE DE BÉTON, L’HOMME DES VILLES, DIT CIVILISÉ, A PERDU PRESQUE TOUTES SES FACULTÉS D’ADAPTATION AU MILIEU SAUVAGE.

V I V R E H I E R AU J O U R D ' H U I

Retourner aux sources. Il est impossible en réalité d’y parvenir exactement pour des raisons relatives à ma morphologie, qui a passablement été modifiée durant les dizaines de milliers d’années d’évolution qui me séparent des premiers hommes. Mon organisme ne supporterait probablement pas de quitter, à tout jamais, le confort de ma ville pour la vie sauvage, il n’est pas adapté. Mon retour aux sources ne sera donc pas absolu, mais partiel, et dans la limite des moyens physiques qui m’ont été accordés. En réalité, je souhaite me rapprocher le plus possible de cette vie en milieu naturel, par opposition à la vie citadine, en étant conscient qu’il me sera sans doute impossible de réussir à y vivre de manière identique aux premiers hommes. Une des autres raisons qui m’empêchent de faire un véritable retour aux sources, c’est le confort. Oui, je veux découvrir comment vivre dans la nature, mais dans la limite rationnelle de mes capacités. Il y a certaines choses que je ne pourrai pas apprendre car le temps qui m’est imparti n’est pas suffisant. Il est impossible d’assimiler, même en plusieurs années, un mode de vie tout entier. Par exemple, je ne serai pas capable d’allumer un feu en utilisant deux morceaux de silex. Néanmoins, je définirai le matériel rudimentaire à emporter par un homme des villes pour effectuer ledit retour aux sources. Je développerai aussi, à travers un manuel d’instruction théorique, les connaissances de base fondamentales à une vie prolongée en milieu sauvage. Pour enrichir cette base de données théorique, je me rendrais moi-même sur le terrain durant quelques jours, afin de vérifier le contenu de mon manuel et de définir s’il est possible pour n’importe quel citadin de tenter une telle expérience de (sur)vie.

JE VAIS PASSER DE MON MODE DE VIE QUOTIDIEN À UN AUTRE, QUI M’EST ENCORE INCONNU, CELUI D’HIER.

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retour aux sources

SURVIE

Que faut-il entendre par le mot survie ? D’après moi, la survie commence là où se termine un mode de vie familier. C’est-à-dire que, selon les compétences techniques, sportives ou professionnelles de chacun, la situation de survie n’apparaît pas au même moment. Prenons l’exemple d’un bûcheron surpris par le mauvais temps en forêt. Il sait se protéger et s’orienter, parce qu’il est équipé pour faire face à toutes les difficultés de son milieu familier, il ne se trouve pas en survie. Mais dans la même situation, un touriste non entraîné, non équipé, en proie à la panique, se trouve quant à lui en situation de survie. Pour ne pas avoir à se trouver en situation de survie, ou tout au moins pour retarder au maximum le moment où elle se présente, il faut donc assimiler tout un ensemble de connaissances. Car se retrouver un jour en situation de survie n’est pas inconcevable. Maintenant, il faut distinguer survivre et vivre. La survie, c’est quelqu’un qui survit à un autre, à un événement, à un péril, c’est un prolongement de l’existence au-delà de la mort. La notion de la mort est donc très forte, survivre signifiant en fait avoir réussi à vivre après quelque chose quand d’autres y sont restés. Ce terme ne me paraît pas adapté à l’escapade dont il est question ici. Survivre, cela impliquerait des risques, une notion de danger. Durant ma quête, je vivrai, tout simplement.

TOUTEFOIS, IL EXISTE ENCORE AUJOURD’HUI CERTAINES ZONES SUR LE GLOBE OÙ, POUR UN CITADIN, UNE RÉELLE SURVIE SERAIT DE MISE. A D A P TAT I O N À L’ E N V I R O N N E M E N T

On les trouve dans les environnements extrêmes, du grand froid au désert, en passant par les forêts tropicales humides. Leurs populations ont su s’adapter biologiquement et socialement au climat et au terrain spécifiques de la région où elles vivent. On constate donc que, grâce à son ingéniosité, l’homme est en mesure de vivre dans tous les types d’environnement du globe. Voici quelques exemples des populations qui vivent aujourd’hui encore dans ce genre d’environnement :

S H E R PA , T I B E T

C H A S S E U R WA O R A N I , FORÊ T AMA ZONIENNE

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PA R T I E I

introduction

C H A S S E U R WAO R A N I Dans la jungle, les populations indigènes vivent de la chasse et de l’agriculture

dans un environnement où le gibier abonde et où diverses cultures agricoles sont possibles. La méthode culturale utilisée (défrichage par brûlis d’un périmètre de jungle laissé en friche après une ou plusieurs récoltes) leur assure un excédent de nourriture et leur laisse le temps de mener une vie sociale. I N U I T Voici quarante ans, les Esquimaux, ou Inuit, portaient encore des peaux de bête et construisaient des igloos pour s’abriter durant les expéditions de chasse. Leurs foies étaient hypertrophiés afin de permettre à leur organisme de transformer les protéines de leur alimentation presque exclusivement carnivore en glucides qui leur faisaient défaut. Aujourd’hui, ils disposent de la même alimentation que les hommes des villes. Pourtant leur organisme reste adapté aux conditions extrêmes de leur environnement. S H E R PA Parfaitement adaptés à la vie en montagne, leurs jambes courtes et puissantes, ainsi que leur grande capacité pulmonaire, leur permettent de vivre à haute altitude et de porter de pesants chargements sans l’essoufflement et la fatigue que connaissent les habitants des plaines. L’organisme des peuples montagnards produit plus de globules rouges afin de compenser la faible teneur de l’air en oxygène à haute altitude. T O UA R E G Incapables de rester au même endroit très longtemps, les nomades du désert se sont adaptés à leur environnement hostile en tirant parti de la viande, du sang et du lait de leurs animaux, ainsi qu’en migrant de point d’eau en point d’eau par petits groupes à structure familiale. Les frontières politiques peuvent être source de graves difficultés pour ces bergers itinérants qui se trouvent parfois confinés dans des zones trop restreintes ou trop arides pour assurer la subsistance de leurs animaux.

I N U I T, R É G I O N S A R C T I Q U E S D E L A S I B É R I E E T D E L'A M É R I Q U E D U N O R D

T O UA R E G , S A H A R A C E N T R A L , A L G É R I E , L I B Y E

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retour aux sources

MON AVENTURE

Avant de m’engager dans cette expérience de survie, j’ai dû réfléchir à plusieurs éléments primordiaux : le lieu, la durée et le matériel. Le premier est le choix de l’endroit dans lequel je partirai. J’ai hésité entre plusieurs lieux : les alentours du lac de Bret, le lac Lioson, l’Arboretum du vallon de l’Aubonne ou à côté de l’Orbe. J’ai finalement choisi Aubonne car la parcelle de forêt est de bonne taille (environ 2 kilomètres carrés et 5 kilomètres de circonférence), cette région n’est pas en altitude, les températures y seront donc plus douces, ce qui compte énormément en cette saison, je n’aimerais pas mourir de froid. L’Arboretum est une zone protégée et éloignée de la route, les animaux et les plantes qui s’y trouvent ne sont donc pas contaminés par des pesticides ou des gaz d’échappement. Ce lieu a aussi l’avantage d’abriter une rivière, l’Aubonne, un petit lac et plusieurs étangs. Les points d’eau y sont variés, ce qui augmente significativement le nombre d’animaux et de plantes différents y vivant. Parlons maintenant de la durée. Pour que mon expérience soit intéressante, il faudrait que je passe au minimum deux nuits dans la nature. Si les choses se passent bien et que j’arrive à trouver assez de nourriture pour vivre convenablement, j’envisagerai sur place de prolonger mon aventure. En ce qui concerne le matériel, je n’emporterai que le strict minimum, pour que mon mode de vie se rapproche le plus possible de celui des premiers hommes.

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PA R T I E I

introduction

MON RÊVE ULTIME À L’ISSUE DE CETTE AVENTURE SERAIT DE POUVOIR ME RETROUVER PARACHUTÉ DANS N’IMPORTE QUELLE FORÊT, ÉQUIPÉ UNIQUEMENT D’UN COUTEAU SUISSE ET D’UNE PAIRE DE RANGERS... Mais je n’en suis pas encore là. C’est pourquoi je serai muni d’un sac de montagne contenant plusieurs objets plus ou moins indispensables. Un bon couteau, des hameçons, un morceau de tissu pour filtrer l’eau, un chapeau, des allumettes, une loupe, des sparadraps et du désinfectant, une veste bien chaude, tous ces objets me paraissent essentiels. Il y en aura d’autres qui le seront moins mais que j’emporterai malgré tout pour assurer un confort minimal ou pour apporter plus de sécurité. Par exemple, une tente et un sac de couchage, un téléphone portable éteint au fond du sac (à utiliser uniquement en cas d’urgence), une canne à pêche, un récipient en aluminium que j’utiliserai comme une casserole, un petit linge de toilette... Me voici maintenant au fait du lieu, de la durée et du matériel relatif à mon aventure. Une fois à Aubonne équipé dudit matériel, il me faudra en priorité faire un repérage de la parcelle de forêt afin de dénicher une zone idéale pour mon campement.

UNE FOIS INSTALLÉ, MON ACTIVITÉ PRINCIPALE CONSISTERA À TROUVER DE QUOI MANGER. Ma vie, durant ces trois jours, se résumera quasi totalement à rechercher de la nourriture. Si j’ai de la chance et que j’en trouve beaucoup, je pourrai alors me reposer et profiter de l’environnement qui m’entourera. Dans le cas contraire, je serai contraint de parcourir de long en large la forêt, de prospecter chaque étendue d’eau pour trouver quelque chose à me mettre sous la dent.

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retour aux sources

XAVIER COMME MENTOR

Au cours de mes recherches, j’ai pu remarquer que je n’étais pas le seul à éprouver l’envie d’un retour aux sources. En m’intéressant de plus près aux personnalités présentant le même désir, j’ai découvert Xavier Rosset, un Suisse qui a réussi une expérience de survie extraordinaire. Il est parti à la recherche de lui-même sur une île déserte durant 300 jours. Son périple est similaire à celui que j’accomplirai car il a aussi fait le choix d’utiliser le matériel le plus rudimentaire possible afin d’apprendre à s’adapter à son nouvel environnement. Ce qui est formidable dans son aventure, c’est qu’il n’a pas eu recours à la technologie pour survivre sur son île, les seuls moyens technologiques qu’il avait emporté, lui ont uniquement servis à se filmer.

INTERVIEW DE CET AVENTURIER, QUELQUES JOURS AVANT SON DÉPART SUR SON ÎLE DÉSERTE AU TONGA, À 80 KILOMÈTRES DE LA VILLE LA PLUS PROCHE. X AV I E R , Q U E L E S T T O N P R O J E T ?

C’est une aventure unique au cœur de la nature, un retour en arrière de 10 000 ans pour vivre comme nos ancêtres. Trois cents jours en solitaire sur une île inhabitée, voilà le projet qui trotte dans ma tête depuis plus d’une année. Apprendre à s’adapter, à faire du feu, à pêcher en bord de côte, construire un abri en feuilles. Toutes ces expériences que nous, hommes modernes, avons oubliées au profit d’une évolution plus industrielle que personnelle. Le but de cette aventure est de voir quelles sont les vraies motivations de notre civilisation et aussi notre rapport à la nature. Le projet aura une connotation environnementale. C’est un challenge où l’argent, la puissance et la gloire n’ont pas de place. C’est l’essence pure de la vie : juste vivre ses rêves et les faire partager. Vous êtes-vous déjà demandé si vous étiez vraiment heureux et épanouis dans ce que vous faites ? CO M M E N T T ’ E S -T U P R É PA R É ?

Cela fait maintenant 14 mois que je prépare cette expédition autant sur le plan physique que psychologique. Physiquement, j’ai pris 14 kg de masse en vue de l’adaptation qui durera au minimum un mois. La préparation mentale est venue avec la progression du projet. Les techniques de chasse et de pêche sont super importantes autant que la manière d’obtenir une flamme avec deux simples bouts de bois. Il faut aussi apprendre à reconnaître les végétaux comestibles pour ne pas s’empoisonner tout seul au milieu de nulle part. E S T- C E Q U E T U A S P E U R ?

Je tremble à l’idée de le faire, c’est vrai, mais je tremble d’impatience. La peur fait partie de l’homme. Nous avons peur quand le contrôle nous échappe, donc pour l’instant non je n’ai pas peur. Je pense pouvoir relever ce fabuleux challenge dans les meilleures conditions possibles et en revenir grandi. Les inconnues sont multiples et il y a un risque que je doive écourter mon séjour en cas d’incident majeur. CO M M E N T VA S -T U T E N O U R R I R ?

Bananes, homards sauce coco, crustacés au citron, assortiment de poissons à la broche et crabes braisés seront ma principale source alimentaire, sans oublier une petite salade de saison. Ça fait rêver... En fait le premier mois ça va plus ressembler à des petits crustacés pas beaux avec un goût de chiotte mais bourrés de vitamines, du lait de coco, et j’espère arriver à faire du feu dans les huit à dix jours. Sinon ça ne va pas être de la tarte.

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T U N E VA S D O N C PA S Q U I T T E R C E T T E Î L E D U R A N T D I X M O I S ?

En théorie pas. Sauf en cas de médicalisation d’urgence. Par contre, je pense fabriquer une sorte de radeau pour pouvoir poser des cages de pêche en bois fabriquées main. Cela me permettra aussi d’explorer l’île depuis les côtes car elle est énorme : 64 kilomètres carré de forêt semi-tropicale dense avec plus de 30 kilomètres de côte. Il n’y a pas de plage de sable non plus comme dans les films car c’est une île volcanique avec un gros cône et un lac de lave en activité en son centre. La température variera entre 25 et 32 degrés, avec des ouragans pendant les quatre mois de la saison des pluies. Une heure est nécessaire pour parcourir 500 mètres à grands coups de machette. Calme et zenitude bienvenue. Q U E L S S O N T L E S O B J E T S Q U E T U A M È N E R A S AV E C T O I ?

Mon matériel de survie se limite à un couteau Wenger, une machette et une trousse de secours. Le reste est le matériel électronique pour le documentaire et les panneaux solaires. Je pars également sans vêtements de rechange, juste ce que j’ai sur moi. Je me ferai des jupes en feuilles. Faut imaginer, mais ça va être vraiment bien… T U N E VA S D O N C V O I R P E R S O N N E ?

Croyez-moi, c’est déjà une expédition juste pour rejoindre l’île. Normalement je serai seul au monde. Peut-être qu’un volcanologue viendra pour étudier le volcan, mais j’en doute. La première civilisation est à 80 kilomètres. D’autres créatures endémiques seront mes amis. U N E T E L L E AV E N T U R E P O U R R A I T T E R E N D R E F O U, A S -T U D É JÀ P E N S É À Ç A ?

Tu sais, quand tu n’as aucune limite exceptée celles que tu te fixes, c’est à toi de gérer les expériences que tu as envie de vivre, enfin, celles que tu peux choisir. Toute expérience comporte un début et une fin. Quand la fin arrivera, je saurai que je dois rentrer et reprendre les bases pour vivre dans notre système si compliqué où politique se mélange trop avec pouvoir et argent. D’ailleurs, je ne sais pas qui est le plus fou : celui qui accepte le système actuel comme un mouton sans se poser de questions, ou celui qui se dit qu’il a envie de suivre ses propres règles...

JE LE CONSIDÈRE COMME UN MODÈLE POUR MA PROPRE AVENTURE.


PA R T I E I

À SON RE TOUR

introduction

Plus que la souffrance physique, c’est la solitude qui a éprouvé le Verbiérin. La barbe grosse comme une peluche et dix-huit kilos en moins, Xavier Rosset revient d’un combat contre l’isolement insulaire. L’enfer, ce n’est pas les autres... Le principal changement est psychologique. C’est d’avoir appris ce qu’était la solitude. Après trois cents jours, c’est un peu le même Xavier qui revient mais avec des expériences à raconter, avec une histoire de vie sympa et un rêve réalisé. La solitude, ça m’a appris que ce sont les autres qui me font grandir, qui me donnent énormément d’énergie et de motivation. C’est ça qui me permet de créer des choses et de les partager par la suite, détaille le Bagnard de 33 ans qui porte déjà un regard rétrospectif sur son aventure. Il savait son défi ardu, mais jamais à un tel point. Quand je suis parti, je pensais que je tiendrais jusqu’en juin. Au mois de novembre, je pensais que j’allais arrêter en janvier ou en février. Puis lorsque janvier est arrivé, je me suis dit de tenir encore un mois et c’était pareil en mars... I L N E L E R E F E R A I T PA S

Rejoint en fin de voyage par son ami d’enfance, Xavier Rosset aura tenu jusqu’au bout de sa formidable épopée sous les palmiers de Tofua. Une expérience qu’il ne serait pas prêt de renouveler. Je ne le referai pas. C’est une expérience qui m’a fait pousser mes limites très, très loin. Beaucoup plus loin que ce que j’avais imaginé au départ. J’ai été plus loin que jamais... Mais ça m’a appris énormément de choses qui vont me servir pour d’autres aventures, explique l’aventurier qui va désormais travailler à la confection d’un documentaire vidéo.

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retour aux sources

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C O C C I N E L L E , I N S E C T E N O N C O M E S T I B L E ( V O I R M A N U E L D E S U R V I E PAG E 4 0)


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M ANUEL D E SURV IE

Dans les pages qui suivent, j’ai réuni toutes les informations nécessaires pour envisager un retour aux sources, qu’il soit volontaire ou accidentel. C’est en quelque sorte un guide qui, une fois assimilé, vous permettra de tenter ce genre d’escapade, ou d’y résister le mieux possible si cela vous arrive fortuitement. De la botanique à la pêche, en passant par l’équipement primordial ou les techniques de préparation du feu, c’est un manuel complet que je ne manquerai pas d’emporter avec moi durant mon expédition. Ce guide pourrait vous sauver la vie, si un jour vous vous retrouviez en situation de survie.


PA R T I E I I


retour aux sources

MENTAL

Le plus important pour survivre est d’avoir les nerfs solides et de rester lucide. Ce manuel vous expliquera ce qu’il faut faire pour s’en sortir au mieux mais, dans une véritable situation de survie, il faudra passer de la théorie à la pratique et ne compter que sur son savoir-faire. Si ça ne fonctionne pas comme dans le manuel, ce sera à vous de trouver pourquoi et de corriger ce qui ne va pas. Survivre, c’est avoir pris les bonnes décisions. Les situations de survie vous propulsent brutalement dans un environnement que vous ne pourrez ignorer et où très peu de vos compétences quotidiennes vous seront utiles. Pensez que la panique et le découragement sont les pires ennemis de la réflexion et détruisent la détermination innée que l’homme a de survivre. Une évaluation logique et objective de la situation, des ressources et des options définira les premières décisions à prendre.

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PA R T I E I I

manuel de survie

ÉQUIPEMENT DE BASE

Muni de l’équipement approprié à votre activité et à l’environnement, vous réduisez considérablement les risques d’accident et donc la probabilité d’avoir à affronter une situation délicate. Certains outils comme le couteau, sont indispensable et doivent être d’excellente qualité. D’autres objets, tels que l’oreiller gonflable ou le sac de couchage contribuent uniquement à améliorer le confort. LE SAC À DOS

É L É M E N T S P R I N C I PAU X À P R E N D R E AV E C S O I P O U R N’IMPORTE QUEL GENRE D ’E XPÉDI T ION

Une fois dans la nature, il est votre bien le plus précieux, car c’est lui qui contient tout votre équipement. Choisissez-le solide et confortable à porter. Si vous souhaitez passer la nuit dehors, il faudrait emporter un sac qui puisse contenir 60 litres. Pour une journée, 30 litres suffisent. Pour remplir votre sac correctement, veillez tout d’abord à ne pas placer d’objets durs contre le dos. Pour retrouver facilement vos affaires, rangez-les dans des sacs plastique. L’idéal est de placer ce qui pèse lourd au milieu du dos. A S S I E T T E S E T P L AT S Pour prévenir les infections, utilisez des plats et des assiettes en plastique ou en bois. Ne jamais manger directement dans une marmite brûlante. AU C H AU D E T AU S E C En milieu

naturel, la tente et le sac de couchage contribuent considérablement au confort, même s’ils ne sont pas indispensables pour survivre. Il faut toujours les ranger soigneusement. Les sacs de couchage ne doivent jamais être mouillés. C A R T E O U P L A N Pliée et ouverte sur la région concernée. CO U T E AU S U I S S E De bonne qualité, avec lame solide. C O U V E R T S Ils doivent être d’une propreté irréprochable afin d’éviter les intoxications. S’ils se cassent ou si vous les perdez, vous pouvez en tailler de nouveaux dans du bois. É C R A N S O L A I R E La réflexion du soleil sur la neige par exemple rend son utilisation indispensable. F I LT R E À E AU Utilisé afin de purifier l’eau avant consommation. J U M E L L E S Aussi petites et robustes que possible. L A M P E T O R C H E Idéalement petite et étanche. S E R V I E T T E D E T O I L E T T E Peut également être utilisée comme foulard pour se protéger la tête du soleil. T R O U S S E D E C O U T U R E Utile pour les petites réparations sur les vêtements ou sur la tente. T R O U S S E D E T O I L E T T E Regroupez vos affaires de toilette dans une trousse réservée à cet usage. Pour éviter d’en perdre en vous lavant, suspendez la trousse à un arbre.

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retour aux sources

S AV O I R S E V Ê T I R CO N T R E L E C H A U D E T C O N T R E L E F R O I D

Avant de se poser la question de savoir quels vêtements sont le mieux adaptés à telle ou telle situation, il faut bien comprendre à quels mécanismes répondent les phénomènes du chaud et du froid. L’homme est un animal homéotherme. C’est-à-dire que sa température tend à se maintenir à un niveau constant, par un mécanisme de thermostat réflexe. Cette réaction est indépendante de la volonté et elle se déclenche lorsque la température ambiante dépasse 27 degrés ou descend en dessous de 22 degrés. Le corps agit alors en vue de se refroidir ou de conserver et même de produire de la chaleur. On appelle ce mécanisme la régulation réflexe. De la sorte, le noyau du corps (thorax, abdomen et cerveau) se trouve maintenu à une température constante de 37 degrés. L’enveloppe du corps a pour rôle d’évacuer la chaleur, en cas de température interne trop élevée, et d’isoler, en cas de froid.

PORTER DEUX PAIRES DE CHAUSSETTES PEUT DONNER FROID AUX PIEDS. LE SANG EST LE VÉHICULE DE LA CHALEUR. SI LES VAISSEAUX SANGUINS SONT COMPRIMÉS, LE SANG CIRCULE MAL, ET LE FROID SÉVIT. C’EST SOUVENT CE QUI SE PASSE QUAND AYANT ENFILÉ DEUX PAIRES DE CHAUSSETTES L’UNE SUR L’AUTRE, ON ENTRE DE FORCE DANS SES CHAUSSURES : AVEC UNE SEULE PAIRE, ON AURAIT MOINS FROID. Il suffit donc en réalité de trois couches de vêtements judicieusement choisis pour supporter tous les temps. La première couche, celle au contact de la peau permet d’évacuer l’humidité du corps. Elle doit se composer d’un ensemble de sous-vêtements isolants et rapides à sécher. La deuxième couche isole de l’air frais et conserve la chaleur. On lui demande de maintenir une couche d’air épaisse autour du corps, d’évacuer la transpiration et d’être légère et souple afin de ne pas entraver les mouvements. La troisième couche est le coupe-vent imperméable (veste ou veste et pantalon) imperméable à l’eau. Pour être efficace, elle doit laisser passer la vapeur d’eau et donc pouvoir évacuer la transpiration.

SI TU AS FROID AUX PIEDS, REMETS TON CHAPEAU. LA TÊTE EST RESPONSABLE D’UNE BONNE PARTIE DE LA DÉPERDITION DE CHALEUR DU CORPS. L’ORGANISME DÉCLENCHE FRÉQUEMMENT LE SACRIFICE DE DONS DE CHALEUR AUX EXTRÉMITÉS PARCE QU’ON S’EST DÉCOUVERT LE CRÂNE. ALORS ON A FROID AUX PIEDS. SI ON REMET SON BONNET, LE NOYAU DUR DU CORPS RETROUVE SA TEMPÉRATURE NORMALE, METTANT FIN À LA PROCÉDURE DE SACRIFICE. KIT DE SURVIE

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Les éléments-clés de votre équipement de survie doivent être conservés à l’abri dans une petite boîte métallique dont le couvercle ferme bien. En pleine nature, les éléments vitaux de votre équipement ne doivent jamais vous quitter. Veillez à ne pas les perdre ou les endommager car loin de toute civilisation, vous ne pourriez les réparer ou les remplacer. Portez-les en permanence autour du cou ou fixez-les séparément à des cordonnets. Vous les aurez ainsi à portée de main en cas de besoin. Quand vous ne vous en servez pas, glissez-les sous vos vêtements afin de les protéger des chocs. Votre boite peut contenir : Des épingles de nourrice, utiles pour réparer un vêtement ou un sac ; des lignes de pêche, choisissez une ligne solide qui servira pour la pêche mais aussi pour diverses liures ; des hameçons et plombs (un petit hameçon peut prendre les gros comme les petits poissons) ; des allumettes ; une loupe, elle permet d’allumer un feu ; du fil à scier, facile à utiliser, il peut venir à bout de presque tous les matériaux, lentement mais sûrement ; des sparadraps, il est souhaitable d’avoir une série de sparadraps de plusieurs tailles qui empêcheront l’infection des écorchures ou protégeront les ampoules jusqu’à la cicatrisation ; de quoi écrire, indispensable pour prendre des notes ; un sac en plastique, il permet de rapporter de l’eau d’une rivière ou de stocker de la végétation ; du sel, vital, il faut en consommer un minimum chaque jour.


PA R T I E I I

manuel de survie

EMPLACEMENT DU CAMPEMENT

A l’abri, près d’une zone boisée, mais loin des arbres morts, le campement idéal est situé à proximité d’une rivière, mais pas trop pour éviter les inondations, et à l’écart des points d’eau fréquentés par des animaux. A R B R E S Même s’il est plus pratique d’établir le campement à proximité directe de zones boisées afin de faciliter la corvée de bois pour le feu ou la construction d’un abri, il faut être conscient des risques. Des arbres morts pourraient s’abattre sur votre campement. M É A N D R E S D ’ U N E R I V I È R E Évitez d’établir le campement sur la berge intérieure d’un méandre, souvent plus basse que la berge extérieure et ainsi plus vulnérable aux inondations. De plus, les alluvions s’accumulent où l’eau coule plus lentement, ce qui ne favorise pas le puisage de l’eau. VA I S S E L L E Lavez les ustensiles de cuisine dans le courant entre l’endroit où vous puisez l’eau de boisson et celui où vous faites la lessive. Eliminez les restes de nourriture – qui risqueraient de polluer l’eau ou d’attirer des animaux – en frottant les récipients avec du sable ou un chiffon. N’utilisez pas de détergent, cela intoxiquerait la faune aquatique. P U I S AG E D E L’ E AU Puisez toujours l’eau de boisson en amont du campement, ainsi qu’en amont des points d’eau des animaux. T E N T E Evitez de monter la tente trop près d’une rivière car le bruit de l’eau peut masquer la présence d’animaux. Tournez l’entrée de la tente dans la direction opposée au vent dominant. La tente doit être plantée à l’abri du vent. L AT R I N E S Creusez les latrines en aval et sous le vent par rapport à la tente. Elles doivent être aménagées assez loin de la rivière pour éviter toute contamination de l’eau. F E U La fumée éloigne les insectes des abords de la tente, mais le foyer ne doit pas être trop proche afin de ne pas risquer de l’enflammer.

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EAU

L’eau est l’élément le plus indispensable à la machine humaine. Les chiffres sont là : un homme restreignant ses activités peut se passer d’eau pendant sept jours par une température de 10 degrés. Par une température de 32 degrés son espérance de résistance est de quatre jours. A titre de comparaison, on estime qu’en moyenne on peut tenir trois semaines sans nourriture... Pour quelles raisons précises l’eau est-elle donc aussi importante ? On notera déjà que l’être humain se compose à septante-cinq pour cent d’eau. L’eau est aussi l’élément de base de tous les métabolismes, ceux qui assurent la thermorégulation par exemple. C’est également ce qui sert à l’élimination des déchets (au niveau des reins). Or, on estime qu’une personne vivant normalement perd deux à trois litres d’eau par jour. Même en restant allongé à l’ombre, on consomme un litre d’eau, dont une bonne partie par le simple fait de respirer. Equilibrer les pertes est donc vital, mais on remarquera tout de suite que faire le plein d’eau ne veut pas dire spécialement boire. En effet, le pourcentage d’eau contenu par les aliments, même solides, est élevé. On peut aussi penser, lorsqu’on ne dispose pas de suffisamment d’eau, à limiter ses pertes en eau en évitant les dépenses physiques. Restez calmement au frais, à l’ombre, ne fumez pas, évitez de vous allonger sur un sol chaud, mangez le moins possible d’aliments peu humides car la digestion prendra l’eau dont elle a besoin dans vos organes vitaux, ne buvez pas d’alcool, lui-même grand consommateur d’eau dans le courant de son assimilation par l’organisme, ne parlez pas, respirez par le nez et non par la bouche. Il faut aussi savoir que l’eau est indispensable pour lutter contre le froid. En conclusion, que vous soyez dans le Grand Nord ou en pays chaud, boire est vital. S AV O I R B O I R E

Si vous rationnez votre eau, ne buvez vos rations qu’à toutes petites gorgées, en humectant longuement les muqueuses. Si vous êtes resté longtemps sans boire et que vous trouvez enfin de l’eau, ne l’ingurgitez pas goulûment. Astreignezvous à prendre votre temps et à absorber de petites gorgées seulement. Sans quoi, vous risquez de vomir l’eau avalée, accentuant ainsi votre état de déshydratation. E C O N O M I S E R S A T R A N S P I R AT I O N

La transpiration représente une importante perte d’eau pour l’organisme. S’il n’est pas possible de rester allongé à l’ombre, comme expliqué précédemment, on peut encore limiter les effets néfastes de la transpiration en évitant de se découvrir. L’humidité imprégnera les vêtements au lieu de s’évaporer immédiatement, ce qui aura un effet rafraîchissant sur le corps. O B S E R VAT I O N D E S A N I M AU X

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Les mammifères herbivores ne se trouvent jamais très loin de l’eau, et de nombreuses traces d’animaux forment généralement une voie convergeant vers un point d’eau. En revanche, les carnivores restent longtemps sans boire : leur présence ne signifie donc rien. Les oiseaux se nourrissant de graines annoncent une eau proche. Ils boivent souvent à l’aube et au crépuscule, et, à la façon dont ils volent, on peut imaginer où se trouve l’eau : quand ils volent bas et droit, ils vont vers l’eau. S’ils vont d’arbre en arbre, se reposant fréquemment, c’est qu’ils reviennent de boire et s’en trouvent alourdis. Repérez l’orientation de leur vol, et vous saurez où chercher l’eau. Les oiseaux de proie, carnivores donc, trouvent leur eau dans leurs victimes, ils n’annoncent donc rien.


PA R T I E I I

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C O M M E N T P U R I F I E R L’ E AU

A défaut de disposer de produits spécialement conçus, on purifie l’eau en la laissant reposer au moins une dizaine d’heures, puis en la filtrant, avant de la faire bouillir. Pour le filtrage, rien ne vaut le sable. Une bonne façon de procéder consiste à verser l’eau à purifier d’un récipient à l’autre en la faisant traverser un linge rempli de sable ; puis on fait bouillir l’eau filtrée pendant au moins une minute. L’ É B U L L I T I O N

C’est la technique traditionnelle utilisée dans le monde entier et qui ne demande que très peu de matériel. Elle fonctionne bien, sur tous les types de contamination organique, mais reste inefficace contre les polluants chimiques et radiologiques. On trouve de nombreuses études qui donnent des durées d’ébullition différentes et il existe des germes qui résistent à plusieurs heures d’exposition à 100 degrés. Le virus de l’hépatite A, qui est des plus résistants, est rendu inactif par une minute d’ébullition à 100 degrés. Des organismes de santé considèrent donc qu’une ébullition d’une minute détruit ou désactive les principales sources de contamination organique et peut être admise comme raisonnable. Attention à cette règle en altitude. En dessous de 1000 mètres, l’eau bout aux alentours de 100 degrés. En altitude, l’eau bout à une température inférieure : plus on est haut et plus le point d’ébullition de l’eau est bas, et donc plus l’efficacité diminue. Au-dessus de 2000 mètres, l’usage est de laisser bouillir l’eau trois minutes. C’est vraisemblablement la méthode la plus efficace et la plus sûre. Elle a également l’avantage de ne pas ajouter d’éléments chimiques dans l’eau. L’inconvénient de la technique est qu’il faut du combustible et du temps.

EAU SANS VÉGÉTATION : MÉFIANCE. EN PRÉSENCE D’UNE MARE OU D’UN PETIT PLAN D’EAU AUTOUR DESQUELS NE POUSSE AUCUNE VÉGÉTATION. SI VOUS TROUVEZ ALENTOUR DES OSSEMENTS D’ANIMAUX, CELA NE FERA QUE CONFIRMER VOS SOUPÇONS : CETTE EAU EST DANGEREUSE ET TRÈS VRAISEMBLABLEMENT CONTAMINÉE PAR DES COMPOSANTS CHIMIQUES SE TROUVANT DANS LE SOL.

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ALIMENTATION

Lorsqu’il s’agit de s’alimenter, l’art de survivre se définit plus que jamais par gérer au mieux ce que l’on a, et trouver ce qu’on n’a pas. Cependant, il ne faut jamais oublier que le corps dispose de réserves importantes, et qu’on peut donc tenir longtemps sans nourriture, ce qui n’est pas le cas de l’eau. Quand on y réfléchit dans le contexte quotidien confortable, on s’imagine mal vivant d’animaux sauvages abattus avec les moyens du bord et de plantes ou de racines. Pourtant, une fois mis en situation de survie, l’être humain s’animalise plus ou moins, ce qui a pour effet tout à fait positif de développer chez lui l’instinct de chasse. Pour se nourrir, la nature nous met à disposition une variété extraordinaire d’animaux et de plantes comestibles. Mais il est toutefois préférable de savoir repérer ce qui est dangereux plutôt que de s’acharner à vouloir connaître des dizaines et des dizaines de plantes miracle. On ne s’improvise pas herboriste du jour au lendemain. Le plus important, en réalité, consiste à acquérir un nouvel état d’esprit. Même quand on se trouve dans le besoin, on a du mal à oublier les modes de raisonnement conditionnés par l’habitude de vivre dans une société suralimentée et nantie au point de ne pas savoir que faire de ses excédents. Voici un exemple type. En traversant une rivière ou un cours d’eau, vous repérez une grenouille. Le premier réflexe du citadin risque fort d’être le suivant : Ce n’est pas avec ce petit animal que je vais réussir à me nourrir. Alors qu’à ce moment-là, il faudrait au contraire se dire : Cette grenouille n’est sûrement pas seule, et même s’il n’y en a qu’une, tout ce qui est pris, est pris. Il faut aussi admettre que dans le serpent ou les insectes se trouvent des éléments nutritifs dont l’organisme a besoin. Si vous en croisez, ne laissez pas s’échapper ce genre de repas. ÉLÉMENTS NUTRI T IFS V I TAU X :

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S E L S M I N É R AU X Les sels minéraux sont nécessaires à plusieurs titres car ils jouent un rôle primor-

dial, notamment dans la cicatrisation des blessures. Une carence en sels minéraux peut provoquer des crampes musculaires et des convulsions. Les champignons et les algues, par exemple, ont une forte teneur en sels minéraux. L I P I D E S Les lipides constituent une source d’énergie concentrée nécessaire à la croissance et à la reconstitution des tissus. Leur consommation procure à l’organisme une agréable sensation de rassasiement. Mais la digestion des lipides nécessite une grande quantité d’eau ; il faut donc en consommer uniquement quand l’eau est abondante. Les fruits secs et à noyaux sont riches en lipides et en protéines. G L U C I D E S Les glucides jouent un rôle vital dans l’alimentation et constituent la principale source d’énergie du corps. Les glucides sont facilement transformés en énergie sous forme de glucose. L’excédent de glucose est converti en graisse. Le miel est un excellent sucre à assimilation rapide. V I TA M I N E S Les vitamines sont essentielles à la vie car elles stimulent par exemple la production d’énergie. Elles sont présentes en abondance surtout dans les fruits frais. Mais ceux-ci poussent seulement à certaines saisons. En situation de survie prolongée dans les régions tempérées, il faut donc procéder à la cueillette et au stockage des fruits en prévision de la période hivernale. P R O T É I N E S Les protéines sont vitales pour la croissance et la reconstitution des tissus. Certaines protéines contiennent des acides aminés nécessaires à l’homme, mais que le corps ne peut synthétiser lui-même ; ils sont donc obtenus par l’alimentation. Les protéines d’origine animale, viandes et poissons, contiennent tous les acides aminés nécessaires à l’organisme humain. Il existe également des protéines d’origine végétale mais elles sont moins riches.


PA R T I E I I

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PLANTES, ARBRES ET RACINES

A défaut de pouvoir assimiler suffisamment de connaissances pour identifier toutes les plantes comestibles, il faut connaître la méthode permettant d’éliminer les mauvaises. ATTENTION À CE QUE MANGENT LES ANIMAUX. MÉFIEZ-VOUS DU RAISONNEMENT SELON LEQUEL CE QUE LES ANIMAUX MANGENT, L’HOMME PEUT BIEN LE MANGER. C O M M E N T S AV O I R S I U N E P L A N T E E S T C O M E S T I B L E ?

Commencez par écraser une feuille. Si elle dégage une odeur nauséabonde ou d’amande amère, jetezla. Sinon , appliquez le jus de la plante dans le pli du coude. S’il ne se produit aucune irritation, placez un petit morceau sur les lèvres, puis au coin des lèvres, ensuite sur la langue et pour finir sous la langue, en respectant un intervalle de cinq secondes entre chaque étape. Si vous n’éprouvez aucune sensation de brûlure, avalez une petite quantité de la plante et attendez cinq heures sans rien ingérer d’autre. En l’absence de réactions désagréables, vous pouvez alors la consommer. Afin de ne courir aucun risque, éévitez les végétaux dont le jus est laiteux, même si quelques plantes de ce type ne sont pas dangereuses. dangereuse des régions tempérées : Plantes comestibles comesti

T U S S I L AG E

PÂQ U E R E T T E

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PISSENLI T

AIL DES OUR S

TRÈFLE

ÉPICE A

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T U S S I L AG E

Cette plante vivace aux tiges écailleuses et pourpres apparaît juste après la fonte des neiges et porte des fleurs jaunes. Les jeunes feuilles ou les boutons floraux peuvent être mangés en salade. On peut aussi faire cuire ses tiges qui se dégustent comme des légumes. PISSENLI T

C’est une petite plante vivace dont les feuilles forment une rosette. Toutes parties du pissenlit contiennent un jus laiteux. Ses fleurs sont jaunes vives et perchées sur des longues tiges sans feuille. Les jeunes pousses se consomment en salade ou bouillies comme légume vert. Ses racines peuvent être pelées puis bouillies. AIL DES OUR S

Il pousse souvent en tapis dense dans les forêts humides. Les feuilles, une fois froissées, dégagent une forte odeur d’ail. C’est de cette manière, à l’odeur, qu’on la différencie des feuilles très toxiques, du muguet. L’ail des ours se consomme cru et en salade ou cuit en soupe. TRÈFLE

C’est une plante vivace donnant une touffe de tiges feuillues. Ses feuilles ont trois folioles elliptiques marquées de croissants pâles. Ses fleurs sont petites comme des pois rose-pourpe et riches en nectar sucré. Ses jeunes feuilles et ses fleurs en consomment fraîches en salade. Les feuilles peuvent aussi être bouillies et préparées comme les épinards. Il est possible de faire des infusions avec ses fleurs séchées. PÂ Q U E R E T T E

C’est une petite plante vivace aromatique portant des fleurs rayonnantes blanches à disques jaunes. Ses fleurs peuvent être cueillies et croquées fraîches ou infusées afin d’obtenir une tisane calmante. É P IC É A

Son habitat naturel se situe au-dessus de 1000 mètres. Résistant au froid, il se rencontre sur tous les types de sol, dans les éboulis comme dans les tourbières. Couronne régulière et conique. Ecorce brun rougeâtre ou grisâtre. Aiguilles solitaires disposées tout autour du rameau et insérées sur une protubérance. Aiguille verte, piquante, quadrangulaire, forme un losange en coupe. L’intérieur de l’écorce est riche en vitamine C. Prélevez-la de préférence à la base du tronc, près des racines. Les aiguilles peuvent servir à préparer une boisson rafraîchissante.

EVITEZ LES PARTIES ANCIENNES DES VÉGÉTAUX, FIBREUSES ET CORIACES, ELLES ONT PARFOIS UN GOÛT DÉPLAISANT. LES JEUNES POUSSES SONT BIEN MEILLEURES ET SE MANGENT SOUVENT CRUES. DE LA MÊME FAÇON, CHOISISSEZ PLUTÔT LES JEUNES FEUILLES EN PRENANT SOIN DE LES CUEILLIR ENTIÈRES. ARBRES

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Les jeunes aiguilles de pin, riches en vitamine C, ont un goût agréable et peuvent être infusées dans l’eau, comme le thé. L’intérieur de l’écorce du tremble est très nutritive, celle du bouleau est délicieuse. Pour prélever la sève, pratiquez une incision en V dans l’écorce pour la recueillir, sans toutefois entailler plus du quart de la circonférence de l’arbre.


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R AC INE S E T BULBE S

Les racines, tubercules ou bulbes de certains végétaux, riches en vitamines et surtout en amidon, peuvent être consommés en situation de survie. Certains sont dangereux crus. Mieux vaut donc les faire cuire systématiquement avant consommation. Après les avoir frottés, faites-les bouillir, puis rôtir sur le feu. La peau de nombreuses racines est riche en vitamines et en minéraux, il faut donc s’abstenir de les peler si elles sont en bon état. Le seul moyen de savoir si une racine ou un bulbe est comestible est d’apprendre à identifier la plante qui en est issue. Il arrive que des plantes de régions différentes se ressemblent ou aient des bulbes similaires. Vous ne devez pourtant jamais conclure qu’une racine est comestibles parce qu’elle ressemble à celle d’un autre végétal que vous connaissez. Le bulbe du damas, mortel, par exemple, ressemble à un banal oignon. Presque tous les tubercules et racines doivent être cuits longuement avant consommation. R AC I N E S T O X I Q U E S

En général, lorsque les racines d’une plante sont toxiques, les feuilles, les tiges, les fleurs et la sève le sont également. Un simple effleurement suffit parfois à provoquer des boursouflures de la peau. Il existe cependant des exceptions à cette règle. Certaines racines, mortelles lorsqu’elles sont mangées crues, deviennent comestibles une fois cuites. Une extrême prudence s’impose. Evitez tous les végétaux que vous ne pouvez formellement identifier. H E R B E D E S A I N T- L AU R E N T

Cette plante commune des régions tempérées est reconnaissable à ses feuilles pointues en forme de cœur et à ses petites fleurs blanches. L’ingestion des racines et des cosses provoque des vomissements et une déshydratation. La sève est également toxique.

SALSIF IS

Le salsifis, qui croît dans les terrains secs, peut atteindre une hauteur de 60 à 90 centimètres. Ses fleurs jaunes rappellent celles du pissenlit. Ses longues feuilles et son tubercule en forme de carotte sont comestibles.

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FRUITS ET NOIX

Les fruits comestibles renferment de nombreux éléments nutritifs vitaux, comme les sucres et les vitamines A, B2 ou C. Ils sont très convoités par les oiseaux et les mammifères avec qui vous allez devoir entrer en concurrence. Des insectes s’attaquent parfois aux fruits, mais vous pouvez en tirer parti en mangeant les asticots très nutritifs que vous y trouverez. Évitez de consommer de grandes quantités d’un même fruit. FRUI T S TOX IQUE S

NOI X

Les fruits essaient d’attirer les animaux afin que ces derniers les mangent et dispersent leurs graines par le biais de leurs excréments. C’est pourquoi de nombreuses baies toxiques ressemblent à des espèces comestibles. Il est très risqué de se nourrir d’aliments naturels en milieu sauvage. Comme pour les plantes et les champignons, la plus grande prudence s’impose : apprenez à identifier quelques espèces et évitez les autres.

Les différentes espèces de noix sont les fruits sauvages les plus simples à stocker et constituent un bon aliment pendant les déplacements. De plus, elles sont riches en protéines et en lipides.

FA I N E FRAISE DES BOIS

ÉGLANTIER FRAMBOISIER

FR AMBOISIER

ÉGLANT IER

Arbrisseau à tige dressée munie de très fines aiguilles. Son fruit, comestible, est composé d’une quarantaine de grains juteux.

Cet arbuste épineux ineux donne des fruits rempli de graines et de poils irritants. Une fois les poils à gratter éliminer, c’est un fruit excellents cuits ou tels quels. Il contient environ vingt fois plus de vitamine C qu’un agrume.

FR A ISE DE S BOIS

Différentes espèces de fraises des bois poussent dans les sous-bois et les prés des régions sèches. Elles sont riches en vitamine C et ont un goût sucré délicieux.

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FA I N E

C’est le fruit de l’hêtre. L’écorce épineuse de se fruit doit être fendue pour libérer quatre graines triangulaires. Ces fruits, très petits sont comestibles crus ou grillés.


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CHAMPIGNONS

Après la pluie, des chapeaux surgissent comme par enchantement dans les fourrés. Ni animaux ni plantes, les champignons sont des organismes fascinants et méconnus. CO M M E N T L E S D I F F É R E N C I E R ?

L’identification des champignons n’est pas toujours chose aisée : il en existe plus de 14 000 espèces en Europe ! Souvent, il ne faut pas se contenter de les regarder mais aussi faire appel au toucher, à l’odorat et même au goût. Prenez garde à observer tous les paramètres suivants : Le chapeau : avec des lamelles, des pores ou des aiguilles ? Le pied : présence de volve ou d’anneau ? La chair : produit-elle du lait à la cassure ? Change-t-elle de couleur ? Toucher : le champignon est-il sec, visqueux, rugueux ? La chair est-elle molle, ferme, cassante ? Sentir : l’odeur est-elle forte, douce, nulle ? PRUDENCE

LANGUE DE BŒUF

Comme certaines espèces sont toxiques, la vigilance est évidemment de mise. Ne consommez jamais une espèce que vous ne connaissez pas ou sur laquelle vous avez un doute. La consommation par des animaux ne signifie pas que le champignon est comestibles. Les limaces sont peu sensibles aux toxines par exemple. Ne mélangez jamais les espèces. Ne mettez pas vos champignons dans un sac en plastique (risque de moisissure toxique). Consommez vos récoltes rapidement. Ne détruisez pas les champignons inconnus ou toxiques. C H A M P IG N O N S T O X I Q U E S

Aucune particularité ne permet de caractériser tous les champignons vénéneux. Les amanites comptent parmi les plus dangereux et sont peut-être les plus faciles à identifier ; les autres espèces sont complètement différentes. Pire, certains champignons vénéneux ressemblent aux comestibles. Ne ramassez que les champignons que vous pouvez formellement identifier comme étant comestibles.

AMANI TE PHALLOÏDE L A C TA I R E D É L IC I E U X

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AMANI TE TUE-MOUCHE

AMANI TE PHALLOÏDE

Elle se reconnaît facilement à son chapeau rouge à points blancs. Cette amanite croît en automne, dans les forêts de bouleaux et de pins. Malgré son aspect attrayant, ce champignon est toxique.

C’est le plus mortel de tous. Il pousse au pied des hêtres et des chênes. Malgré sa triste célébrité, l’amanite phalloïde est responsable de nonante-huit pour cent des intoxications mortelles. Chapeau lisse de couleur variable, parfois verdâtre ; lamelles assez serrées, blanches ; pied élancé, bulbeux à la base, muni d’un anneau blanc strié et d’une volve en sac ; chaire blanc jaunâtre, à odeur de rose fanée en vieillissant.

LANGUE DE BŒUF

Sa forme autant que sa couleur rappellent une langue. Pour ajouter au réalisme, un sang couleur framboise s’écoule si on le blesse. Chapeau rouge, en forme de langue ou de rein ; pores longs, tubes jaunâtres libres entre eux ; chair charnue puis coriace à saveur acidulée ; parasite sur chêne ou châtaignier. BOLE T ÉLÉGANT

Il est comestible si on enlève la pellicule visqueuse du chapeau. Ce bolet est toutefois loin d’égaler son cousin éloigné le cèpe de bordeaux. Chapeau visqueux, jaune orangé ; pores jaunes se teintant de brun rougeâtre au toucher ; pied pourvu d’un anneau ; chair blanchâtre et molle ; sous mélèze exclusivement.

L AC TA I R E D É L I C I E U X

Malgré son nom, il ne fait pas l’unanimité : certains l’adorent tandis que d’autres le classent comme médiocre, à vous de voir... Quoi qu’il en soit, il n’est pas dangereux. Chapeau à zones concentriques plus sombres ; lamelles orange vif taché de vert ; pied trapu, vite creux, souvent creusé de fossettes ; chair pâle, cassante, douce ou âcre, à faible odeur de carotte ; lait orange.

BOLE T ÉLÉGANT

AMANI TE TUE-MOUCHE

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INSECTES

Notre culture nous a appris à rejeter les insectes ; que ce soit vis-à-vis de leur apparence, de leur aspect nuisible ou de l’appréhension que l’on peut avoir d’être piqué... Cependant, certaines espèces sont comestibles et constituent d’excellentes ressources nutritionnelles riches en vitamines et en protéines. Dans plusieurs cultures, la consommation d’insectes est très courante. Recommandations importantes : ne pas consommer d’insectes tant que l’on n’est pas sûr de leur comestibilité ; ne pas manger d’insectes en trop grandes quantités, surtout lors des premières tentatives ; les insectes doivent provenir d’un milieu naturel et sain, ne pas consommer des insectes de ville susceptibles d’être pollués ou ceux décédés par pesticides dans la campagne ; laver les insectes avant leur consommation.

INSECTES À ÉVITER : COCCINELLES, ARAIGNÉES, PUNAISES, CAFARDS, TOUTES CHENILLES SANS EXCEPTION. CR IQUE T COMMUN

Mesure de 13 à 22 millimètres. Coloration très variable, plutôt brun-gris, parfois vert, roux ou rouge. Il vit au bord des chemins, dans les prairies, les prés et les broussailles. Il est plus aisé de capturer les criquets de nuit car ils sont engourdis et au sol. Il peut s’avérer très utile d’utiliser un filet, ou plus simplement la partie inférieure d’une bouteille d’eau (transparente de préférence) que vous aurez coupée en deux. La présenter face au criquet, la rapprocher doucement jusqu’à ce que vous l’ayez enfermé dedans, ou alors qu’il ait lui-même sauté dans le piège. Cette technique est la plus simple et la plus rapide pour les capturer, elle fonctionne huit fois sur dix. Pour les déguster, retirer la tête, les ailes et les pattes postérieures. On peut les faire frire et les mélanger à un autre aliment, comme le maïs, ou les faire bouillir dans un peu d’eau jusqu’à ce qu’ils ramollissent. Goût croquant et salé. S AU T E R E L L E V E R T E

Corps presque entièrement vert, mais dos souvent brun. Les puissantes pattes sauteuse sont parfois jaunâtres. Ailes uniformément vertes, très longues antennes. Habitat campagne cultivée (prairies, champs de céréales, jardins), talus ensoleillés, pelouses sèches, broussailles. Capturez un maximum de sauterelles ; déposez votre récolte dans une bassine d’eau, ce qui évite leur fuite ; saisissez la bête par le corps et dévissez la tête délicatement en laissant venir les abats ; retirez les pattes qui auraient tendance à se coincer dans vos dents ; faites griller sur feu vif pour obtenir le croustillant attendu ; retirez du feu ; dégustez. VER DE TERRE

Facile à reconnaître, 8 à 30 centimètres. Corps rouge à brun, bourrelet plus épais et plus clair. Le ver de terre est rempli de protéines (70%), de sels minéraux et d’autres substances vitales aux plantes et au sol. Les vers de terre recherchent toujours l’humidité. Par conséquent, on trouvera des vers de terre les jours humides et dans un talus herbeux plutôt qu’un terrain sableux qui ne retient pas l’eau. Pour les faire sortir, il suffit d’utiliser un gros bâton taillé en pointe qu’on enfonce dans la terre à plusieurs reprises. Les vers de terre, très curieux, ne tarderont pas à sortir en surface. Il n’y a plus qu’à se baisser. Avant de les manger, il est préférable de les laisser dégorger dans de l’eau pour évacuer la terre. Les faire ensuite griller dans une gamelle avec un peu de sel. Une fois bien grillés, ils ont un peu le goût de lardons.

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PÊCHE

Les poissons d’eau douce vivent dans les fleuves, les rivières et les lacs. L’état et la taille de ces poissons varient selon la quantité et la variété de leur nourriture. La plupart sont comestibles ; quelques espèces sont plus agréables au goût et plus faciles à préparer que d’autres. Certains poissons contiennent une multitude de petites arêtes qui rendent leur préparation difficile et leur dégustation dangereuse. A P PÂT S

Les appâts peuvent être répandus à la surface de l’eau, pour attirer le poisson, amorcés solidement à des hameçons ou placés dans des nasses. Insectes, petits fruits, vers, bouts de pain, viande crue et morceaux de poisson font de très bonnes amorces. Les appâts vivants attirent le poisson en bougeant d’une façon qui indique qu’ils sont blessés et constituent donc une proie facile. Pour bien appâter le poisson, il faut le tenter avec sa nourriture habituelle. QUELQUE S T ECHNIQUE S DE PÊCHE

La pêche au trident. Elle demande du temps et de la patience. Attention de ne pas casser la pointe du trident contre des rochers ou sur le fond de la rivière. Maintenez la pointe du harpon dans l’eau en évitant de faire des éclaboussures. Frappez très vite quand vous voyez une proie potentielle. La pêche à la bouteille-nasse. Découpez la partie supérieure de la bouteille en dessous du goulot et inversez celui-ci dans le corps de la bouteille. Le poisson passe par le goulot pour atteindre l’appât déposé au fond de la bouteille mais il ne sait plus comment en ressortir. Déposez la bouteille au fond d’une rivière et vérifiez-la régulièrement.

P R É PA R AT I O N D U P O I S S O N

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Aussitôt que vous avez déposé le poisson sur la berge, tuez-le avec un bâton ou une pierre, d’un coup sec sur le dessus de la tête. Videz le poisson dès que possible, faites-le cuire et mangez-le ou préparez-le pour sa conservation. Au soleil et par forte chaleur, les poissons pourrissent très vite. Un poisson pelé et découpé en filets ne se gâte pas aussi facilement. Dans les climats froids, vous pouvez attendre six à douze heures avant de découper le poisson en filets. Toutes les terminaisons nerveuses ont le temps de mourir et le poisson est plus facile à découper que juste après sa capture. Les arêtes, la peau et la tête du poisson peuvent être bouillies pour en faire un bouillon.


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P O I S S O N S CO M E S T I B L E S D E N O S L AC S E T R I V I È R E S

LA BRÈME

L A TA N C H E

Elle appartient à la même famille que le poisson rouge. Elle se nourrit tranquillement au fond des fleuves profonds et calmes d’Europe et d’Asie.

Elle vit dans les eaux calmes de l’embouchure des fleuves riches en végétation. Elle s’enfouit dans la vase en hiver.

LA TRUI TE

LA PERCHE

C’est une proche parente du saumon auquel elle ressemble beaucoup. La truite vit dans les eaux fraîches et claires des rivières et des lacs.

C’est un poisson très vorace qui se déplace principalement en bancs et dévaste les réserves de petits poissons. La perche affectionne les rivières et les fleuves à faible courant. Sa chair est agréable au goût mais prenez garde à sa nageoire dorsale acérée.

BRÈME

PERCHE

TRUITE

TANCHE

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FEU

Le feu conditionne la survie. Il produit de la chaleur, cuit la nourriture et procure un confort primordial pour un bon moral. Il éloigne les insectes et écarte les animaux sauvages. Il permet au corps d’épargner les calories consommées pour la production de chaleur, sert à la cuisson d’aliments qui sinon seraient immangeables et sèche les vêtements. COMBUS T IBLE S POUR L A CHALEUR

Les bois tendres tels que le frêne, le pin, le pommier, le noisetier et le houx brûlent vite et produisent beaucoup de chaleur, mais aussi de nombreuses étincelles. Parce qu’ils brûlent vite, les bois tendres sont utiles pour alimenter le feu et pour les cuissons rapides, par exemple pour faire bouillir de l’eau. Mais ils se consument rapidement et donnent peu de braises. COMBUS T IBLE S POUR L A CUISSON

Des bois durs et denses tels que le chêne, le hêtre, le bouleau ou l’érable brûlent bien et lentement, ils fournissent de la chaleur pendant longtemps et donnent beaucoup de braises, utiles pour les cuissons lentes. P R É PA R AT I O N D U F E U

Pour réussir un feu, vous devez disposer de combustible sec et le faire prendre progressivement en commençant avec des allume-feu ; feuilles mortes, brindilles, pives, etc. Il faut choisir et aménager le foyer avec soin et utiliser le type de feu correspondant à vos besoins et aux conditions locales. Le feu est potentiellement dangereux, il peut devenir incontrôlable et enflammer la végétation sèche, les tentes ou les vêtements. La sécurité est donc une des préoccupations principales. MÉ THODE DU TEEPEE

C’est la méthode la plus simple pour allumer un feu : 1 Former un foyer carré en disposant des branches de bois couchées sur le sol. 2 Commencez à former un cône à l’aide de quelques branches placées à la verticale. 3 Construisez progressivement le teepee qui doit être aussi solide que possible. Laissez suffisamment d’espace à l’intérieur pour les brindilles ou feuilles mortes. 4 Enflammez le centre de la pyramide puis rajoutez des petites branches pour développer la flamme. Avec la chaleur, le cône prend à son tour et flambe. Il s’effondre ensuite sur lui-même et forme un tapis de braises incandescentes. On peut alors ajouter du combustible pour alimenter le feu ou faire cuire les aliments sur les braises. Le feu en teepee convient dans presque toutes les situations, mais il faut parfois adapter le type de feu utilisé à des conditions spécifiques. Par grand vent, par exemple, vous pouvez faire votre feu dans une tranchée pour qu’il soit abrité et ne s’éteigne pas. Si le sol est enneigé, vous devrez dégager la neige et construire une plateforme pour y faire le feu.

LA LECTURE DU MANUEL TERMINÉE, VOUS VOICI FIN PRÊT POUR UN GRAND RETOUR AUX SOURCES.

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FR A ISIER DE S BOIS, SANS FR A ISE


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IMMER S ION S AU VAGE

Journal de bord


PA R T I E I I I


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E N C E S A M E D I A P R È S - M I D I D ’AV R I L , J E M E R E T R O U V E S E U L À A U B O N N E POUR UNE E XPÉR IENCE DE V IE HOR S DU COMMUN.

Je suis équipé d’un sac à dos comprenant tout le matériel cité dans les pages précédentes. Ma préoccupation principale est maintenant de dénicher un emplacement idéal pour mon campement. Je vais donc parcourir la région en quête d’une zone propice. Me voici dans un espace conforme à mes attentes : le terrain est plat, ce qui est obligatoire car je dois y planter ma tente, à proximité de la rivière pour y puiser de l’eau, à environ cinq minutes de marche du lac pour la pêche. Le sol est recouvert de feuilles mortes, en dessous la terre est un peu humide, ce qui m’a posé problème pour planter les sardines de la tente. Mais j’ai pu y remédier en plaçant un galet sur chaque sardine. J’espère juste que le vent ne soufflera pas trop fort durant la nuit, sans quoi ma tente risquerait de s’envoler. En cherchant cet abri, j’ai pu remarquer qu’il y avait beaucoup d’arbres morts, tombés dans la rivière. Avant de m’installer définitivement, j’ai pris soin de vérifier que les arbres aux alentours de ma tente ne présentaient aucun risque de chute.

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PA R T I E I I I

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MON CAMPEMENT


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ARBRE MORT


PA R T I E I I I

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VUE SUR LA RIVIÈRE DEPUIS MON CAMPEMENT


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Avant de découvrir cet abri, j’ai dû parcourir une grande distance ; j’ai marché environ une heure et demie avec un sac pesant sur le dos. J’ai ensuite établi mon campement. Ma gorge est sèche et j’ai très soif. Je dépose alors mon sac dans la tente, sans pour l’instant ranger mes affaires et, en priorité, ramasse du bois pour faire un feu qui me permettra de faire bouillir l’eau de la rivière. En utilisant la méthode du teepee, expliquée dans le manuel, je réussis à allumer un feu rapidement ; le bois est bien sec et le sol riche en petites brindilles, ce qui garantit un allumage facile. En attendant que le feu prenne correctement, je retourne à la tente pour ranger mes affaires et récupérer celles qui vont me permettre de puiser l’eau dans la rivière et de la filtrer. Je me munis donc de deux récipients et d’une chaussette. Je filtre l’eau en la faisant passer d’un récipient à l’autre, à travers la chaussette. Je place ensuite le récipient contenant l’eau filtrée sur le feu pour la faire bouillir et réitère l’opération une seconde fois afin de pouvoir remplir une bouteille d’eau. Une fois tout cela effectué, je laisse refroidir la bouteille dans la rivière et peux finalement boire.

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R É C O LT E D E B O I S P O U R L E F E U


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F E U E N T E E P E E ( V O I R M A N U E L D E S U R V I E PAG E 4 3)


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É B U L L I T I O N ( V O I R M A N U E L D E S U R V I E PAG E 31)


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Avant que le soleil ne se couche, je pars à la recherche de nourriture. Muni d’un couteau et de mes différents guides sur les plantes et les champignons, je me dirige vers le lac. Sur le chemin, je trouve des pissenlits. Je goûte une fleur crue. Le guide prétend que c’est comestible, oui, mais il ne précise pas que c’est affreusement amer. Je me persuade tout de même de tenter d’en manger les racines. J’en déterre alors quelques-unes en prévoyant de les faire griller plus tard. Au bord du lac, j’aperçois ensuite de jeunes pousses d’orties et je les ramasse à l’aide d’un chiffon pour ne pas me piquer. La nuit tombe, je rentre me mettre à l’abri. Par chance, il reste encore des braises dans le foyer du feu de l’après-midi. J’y ajoute des feuilles mortes, puis du bois et le feu repart rapidement. Je pique ensuite les racines de pissenlit sur un bâton taillé en pointe et les fait griller. Une fois cuites, l’amertume s’estompe et le goût est bon ; de plus, ces racines sont nourrissantes. Malgré la lumière du feu, il fait trop noir pour commencer la préparation de la soupe d’orties. Je vais alors me coucher en même temps que le soleil.

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ORT IE


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P I S S E N L I T O U D E N T- D E - L I O N ( V O I R M A N U E L D E S U R V I E PAG E 35)


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R AC INE S DE PI SSENL I T GR ILLテ右 S


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Le lendemain, je me lève dès les premiers rayons. L’épreuve que je redoutais le plus, celle de passer une nuit seul dans la forêt, s’est finalement très bien déroulée, je n’ai pas eu peur. Vu qu’il n’y avait pas de vent, je n’entendais quasiment aucun bruit ; de plus, le son du ruissellement de la rivière est agréable pour s’endormir. L’aube est le moment de la journée parfait pour s’équiper d’une canne à pêche et tenter d’appâter du poisson. J’ai le choix entre le lac ou la rivière. Je choisis le lac car je suis encore engourdi par le froid. La pêche en rivière demande beaucoup d’aisance et de souplesse. C’est un type de pêche beaucoup plus technique car en rivière les espaces d’eau sont étroits et peu profonds, le courant emporte les appâts et la végétation dense empêche un bon maniement de la canne. En marchant en direction du lac, je réalise qu’il fait vraiment très froid, j’ai mal au bout des doigts. Je retourne alors à la tente pour prendre un bonnet et une écharpe. Arrivé au bord du lac, je pêche en faisant lentement le tour. Le plus grand silence est requis. Un fois à la moitié du lac, pas une touche. J’ai les mains gelées. Je vois que le soleil se lève derrière les collines. J’estime qu’il parviendra à ma hauteur dans une dizaine de minutes. J'enfouis mes mains au chaud dans mes poches en attendant son arrivée bienfaisante. Une fois au soleil, je sors mes mains pour les réchauffer. A ce moment, j’ai envie d’être bien au chaud à la maison, je réalise que la vie dans nature n’est pas simple et je me sens quelque peu démuni face à la météo. Une fois réchauffé par le soleil, je me reprends et continue mon parcours de pêche. Malheureusement, une fois le tour du lac bouclé, pas un seul poisson.

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L A C D U VA L L O N D E L’A U B O N N E


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L A C D U VA L L O N D E L’A U B O N N E À L’A U B E


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Avant de rentrer pour préparer les orties cueillies la veille, je m’arrête près d’un étang et, à ma grande surprise, y découvre une écrevisse près du bord. L’eau n’est pas profonde, j’y plonge mon bras et, d’un mouvement rapide mais précis, me saisis de l’écrevisse. J’en trouve une deuxième un peu plus loin. J’aurais préféré pêcher une truite mais je ne peux pas me plaindre. Vu que le vent s’est levé, je prends soin de créer un bon foyer pour le feu avec des galets disposés en rond. Je ne veux pas courir le risque d’engendrer un incendie de forêt. Le feu est un peu plus difficile à allumer que la dernière fois mais j’y parviens avec de la patience, mère de toutes les vertus. Je remplis deux récipients à la rivière et fais bouillir les orties dans l’un et les écrevisses dans l’autre. Pour déguster ces mets, je m’assois sur un gros rocher au bord de la rivière et savoure cet agréable repas. La chair des écrevisses est savoureuse et la soupes d’orties délicieuse. L’atmosphère est plaisante dans ce joli lit de rivière, les oiseaux chantent, la solitude ne me pèse pas, je me sens bien.

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É C R E V I S S E D A N S S O N H A B I TAT N AT U R E L


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P R É PA R AT I O N D ’ U N E S O U P E D ’ O R T I E S E T D E D E U X É C R E V I S S E S


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ÉCRE V I SSE S DÉCORT IQUÉE S


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Le ventre plein, le corps chauffé par le soleil, je repars en quête de nourriture. Je suis déjà au bord de la rivière, alors pourquoi ne pas y rester. Je m’aventure entre les méandres muni de ma canne à pêche, et remonte le cours d’eau. Toujours aucune prise, rien ne mord. Je conviens que l’horaire n’est pas approprié et décide de renouveler l’expérience à l’aube le lendemain matin. Déçu, j’abandonne l’idée de manger du poisson ce soir et me concentre davantage sur les plantes qui poussent près de l’eau. C’est de cette façon que je découvre des tussilages. Fort heureux de ma découverte, j’en ramasse un bouquet et continue mes recherches en espérant trouver d’autres denrées. En quittant le lit de la rivière, je trouve un énorme champignon. Je le prends tout d'abord pour une langue de bœuf. Mais en l’observant avec plus d’attention, je doute et préfère le laisser sur place pour ne pas courrir de risque. En continuant à marcher, je me retrouve près de l’étang, en fais le tour mais ne découvre pas d’écrevisse. Vu que le soleil brille et que la température est agréable, je m’allonge tranquillement dans l’herbe et ferme les yeux. Un instant plus tard, je sens un insecte me gratter dans la nuque : j’étais allongé sur une petite fourmilière. Conscient que ces insectes ne sont pas nourrissants, j’en saisis une trentaine et les enferme dans un bocal, à défaut d’avoir trouvé autre chose. J’observe la végétation qui m’entoure et y découvre de la dent-de-lion et des pâquerettes. Je cueille des pousses de chaque plante. Je me repose encore un instant au soleil de l’après-midi puis rentre au campement pour y déposer mon butin.

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L’AU B O N N E


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T U S S I L A G E ( V O I R M A N U E L D E S U R V I E PAG E 35)


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CHAMPIGNON INCONNU


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Je termine ma bouteille d’eau, il sera impératif d’en refaire bouillir ce soir en cuisinant. Je m’équipe d’un grand bâton pour m’aider à marcher et pars à nouveau en promenade sur un versant de colline encore inexploré. Le paysage et la lumière sont magnifiques. En marchant, je rencontre de nombreux animaux, des écureuils, des oiseaux (mésanges, rouges-gorges et piverts) et des petites souris. Malheureusement, ils sont farouches donc difficiles à photographier et totalement impossibles à attraper. Sur le chemin du retour de cette agréable balade, j’aperçois à mon grand étonnement une magnifique biche, descendue dans une clairière pour y brouter des herbes fraîches. J’essaie de m’en approcher le plus silencieusement possible, j’ai le vent de face, elle ne peut pas me sentir. Je fais craquer une branche en marchant, la biche lève la tête et je rebrousse chemin à tâtons. Je me cache derrière un petit buisson puis tente à nouveau de m’approcher en allant jusqu’à l’arbre suivant, mais la biche me voit et s’en va en bondissant à grande vitesse. Enchanté de cette rencontre, je décide de faire un saut à l’étang avant de rentrer. Sur le chemin, je vois une pierre au bord de la route, je la soulève et y trouve un petit ver de terre. Vu qu’il est petit et paraît peu nourrissant, je fais le choix de l’utiliser pour la pêche plutôt que pour remplir mon estomac. En espérant que ce petit ver pourra me rapporter un gros poisson, j’utilise mon bâton de marche comme canne à pêche et y attache un fil relié à un hameçon sur lequel je pique le ver. Je lance le fil dans l’eau et coince la branche entre deux énormes pierres. En attendant que le piège attrape un poisson, je fais le tour de l’étang et y déniche à nouveau deux écrevisses. Je retourne ensuite à la canne à pêche : aucune prise. Je déplace alors l’installation vers une autre rive de l’étang. Je patiente... Le ciel commence à s’assombrir et j’abandonne finalement la pêche au ver de terre.

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BICHE


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É TA N G D E L'A U B O N N E


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ÉCRE VISSE CAP TURÉE À LA MAIN


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En ramassant du petit bois pour le feu, je me réjouis du menu de ce soir : écrevisses et bouillon de tussilages, salade de dents-de-lion, infusion de pâquerettes et, en dessert, fourmis grillées. Une fois la cuisine terminée, je me retire dans ma tente pour déguster ce repas. La salade de dents-de-lion est un peu amère sans sauce et les fourmis n’ont pas vraiment de goût ; autrement rien à signaler, un vrai régal. Le ventre plein, je me couche après cette longue et néanmoins plaisante journée.

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É C R E V I S S E S , T U S S I L AG E S , D E N T S - D E - L I O N , PÂQ U E R E T T E S , F O U R M I S


retour aux sources

Le froid me réveille le lendemain matin. Je vais malgré tout pêcher et pour ce faire choisis un coin de rivière encore inexploré. A mon grand bonheur, j’y aperçois un tapis d’ail des ours. Je choisis les plus jeunes pousses et les croque sur le tas pour le petit-déjeuner. Je m’imagine déjà farcir mon futur poisson pêché de cette délicieuse herbette. Mais même avec toute la meilleure volonté du monde, je ne parviens pas à attraper ne serait-ce qu’un minuscule poisson. Très contrarié, je me focalise sur la beauté mystérieuse et matinale de cette belle rivière qu’est l’Aubonne. Un rayon de soleil se faufile entre deux nuages et je profite de l’instant pour m’asseoir sur une grosse pierre et avaler deux ou trois tussilages. Les nuages reviennent et le froid me gagne à nouveau. Je rentre alors et me réchauffe en allumant un grand feu. Une fois le bois consumé, j’utilise les braises pour bouillir des pâquerettes et boire une bonne tisane. Une fois réchauffé, je repars en vadrouille pour trouver un repas de midi. En marchant dans la forêt, j’entends le bruissement d’un fin ruisseau ; je le remonte sur 200 mètres et arrive dans une clairière recelant à nouveau un frais tapis d’ail des ours. Je récolte les feuilles les plus jeunes pour en faire une salade. J’y trouve aussi quelques trèfles, que je cueille également afin de préparer une salade mixte. Je me remets en route pour trouver un accompagnement à la salade et en passant sous un arbre un fruit sec tombe à mes pieds. Il y en a beaucoup d’autres au sol. J’identifie l’arbre comme étant un hêtre. Ses fruits sont les faines (voir manuel de survie page 37). Je ne parviens pas à en attraper sur l’arbre car ils sont trop hauts mais je cherche au sol ceux qui n’ont pas été rongés par les insectes ou picorés par les oiseaux. J’en ramasse une bonne poignée et m’assois au bord de la rivière pour les déguster accompagnés de ma salade mêlée.

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L’AU B O N N E


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TA P I S D ’A I L D E S O U R S ( V O I R M A N U E L D E S U R V I E PAG E 35)


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S A L A D E M Ê L É E E T FA I N E S


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Après avoir refait une promenade dans la forêt et essayé à nouveau de pêcher dans le lac, sans succès, j’ai l’impression d’avoir déniché la plupart des plantes ou animaux comestibles trouvables en cette période de l’année. Je pourrais vraisemblablement survivre plusieurs jours, voire quelques semaines, en continuant à me nourrir de pissenlit, trèfle, tussilage, ail des ours, écrevisse et peut-être de poisson. Je décide malgré tout d’arrêter l’aventure ici.

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L’AU B O N N E


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P Ê C H E E N R I V I È R E D A N S L'A U B O N N E


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CONCLUS ION

Motivations, bilan personnel, sources et remerciements


PA R T I E I V


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CONCLUSION

Je vais premièrement répondre aux questions que je m’étais posées dans l’introduction. Est-ce possible, pour le commun des mortels, de (sur)vivre dans la nature ? Mon excursion le prouve, c’est tout à fait possible. Il faut, pour ce faire, se munir du matériel adéquat et apprendre à reconnaître la faune et la flore du milieu dans lequel il est question de partir. Il faut aussi absolument que cet environnement soit soumis à un climat tempéré. Je ne connais pas les méthodes de survie dans le désert ou au sommet des glaciers, mais je les imagine beaucoup plus compliquées. Comme expliqué dans les premières pages de mon manuel de survie, le mental est un élément primordial. Pour pouvoir y parvenir, il faut en avoir envie, c’est la seule condition. Si la motivation est là, le reste suivra automatiquement. J’aimerais revenir sur ma propre immersion sauvage. La saison (début du printemps) ne m’a pas permis de trouver une grande variété d’aliments. Les plantes commençaient tout juste à sortir du sol et celles que j’ai pu manger sont des plantes vivaces qui poussent toute l’année. De plus, le froid matinal était parfois difficile à supporter. Idéalement, il aurait fallu partir durant l’été. Je ne veux pas dire que c’est impossible de faire une semaine en milieu sauvage au mois d’avril. Mais en été, elle serait beaucoup plus intéressante grâce à la plus grande diversité de la faune et de la flore. Un retour aux sources durant une vie entière me paraît absurde. Ma quête s’est déroulée sur trois jours. Je pense que par beau temps et une température plus chaude, il m’aurait été aisé de rester deux semaines sur le terrain. En cas de pluie, il aurait juste fallu emporter davantage de matériel, des vêtements imperméables et de rechange par exemple. Bien sûr, mon alimentation n’aurait pas été très variée car je vous assure que dans les deux kilomètres carrés de forêt qui m’ont servi de maison, il n’y avait rien d’autre que ce que vous pouvez voir sur mes photos. Autant dire que j’aurais été dégoûté à vie de l’ail des ours. Il aurait aussi fallu que je capture quelques poissons. Autrement, en quatorze jours, les éléments nutritifs vitaux (voir manuel de survie page 32) m'auraient manqué. Je ne vous cache pas que mon mode de vie quotidien, en comparaison avec celui que j’ai découvert, est beaucoup plus agréable, dans le sens du confort de vie. Par contre en vivant dans la nature, j’ai eu des avantages plus authentiques que le confort. J’ai pu apprécier la beauté de la forêt. Le sol n’était pas recouvert de bitume noir et sale. L’air n’était pas saturé de gaz d’échappement. L’eau de la rivière était limpide. J’ai profité du chant des oiseaux pour me réveiller le matin, puis tout au long de la journée. C’était un mode de vie simple, qui demandait un minimum de travail, c’est normal. Les corvées du bois et de l’eau étaient parfois embêtantes mais une fois le feu allumé, l’eau bouillie et refroidie dans la rivière a un bien meilleur goût que celle du robinet. Le goût de la liberté. J’ai pu jouir d’un mode de vie où l’infrastructure des grandes villes (voir introduction page 14) ne m’était d’aucune utilité.

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CRABES VERTS


PA R T I E I V

conclusion

MOTIVATIONS

Pourquoi un tel projet ? Le thème de la nature et de l’environnement m’a toujours attiré. Dès mon enfance, j’ai été amené à entrer en contact avec la nature, je m’y suis toujours senti à l’aise. Je m’intéressais et m’intéresse encore actuellement énormément aux animaux, aux plantes, à la cueillette des champignons et plus particulièrement à tous les êtres vivants aquatiques. Vu que je suis très curieux, je me suis plusieurs fois demandé et ai cherché à comprendre comment fonctionnait un biotope. Ma curiosité m’a aussi souvent poussé à goûter les plantes ou animaux que je pouvais trouver dans la forêt ou au bord des mers, lacs et rivières. D’autre part, j’apprécie simplement d'observer les différents environnements que l’on peut rencontrer partout hors des grandes villes. Comprendre comment fonctionnent les écosystèmes, la faune, la flore me motive car j’aimerais apprendre à pouvoir respecter le mieux possible toutes les zones verdoyantes de notre planète.

B R E TAG N E 2 0 0 5

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E N H AU T : G O B I E

EN DESSOUS : VIEILLE


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Il y a aussi un aspect écologique qui me motive. Je pense qu’il est capital aujourd’hui de faire un pas en arrière et de remercier notre planète pour ce qu’elle nous a permis d’accomplir. Nous exploitons ses forêts, faisons disparaître des espèces animales... Il faut apprendre à utiliser les ressources que nous fournit la planète en cessant de l’exploiter et d’engendrer sa destruction.

ÎLE D’ELBE 2009

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À G AU C H E : C H I N C H A R D

À DROI T E : OUR SIN


PA R T I E I V

conclusion

BILAN PERSONNEL

Au-delà de la connaissance des plantes, des animaux, des méthodes de pêche ou d’allumage du feu, ce qui m’a été le plus bénéfique dans cette expérience a été d’apprendre à rester seul avec moi-même. Aussi loin que je me rappelle, je n’ai jamais passé trois jours seul, sans adresser la parole à quelqu’un. C’est une expérience très enrichissante. En effet, j’ai pu remarquer que c’est lorsqu’on est seul que l’on se sent vraiment soi-même. Il n’y a personne pour vous voir, pour vous juger. J’ai pu apprendre à me connaître, découvrir ma vraie personnalité. Je me suis surpris à réfléchir à des questions beaucoup plus personnelles et profondes que d’habitude. Les deux nuits que j’ai passées dans la forêt ont été superbes, sans aucun problème en tête, sans aucune pensée négative, je me suis endormi comme un bébé. Je suis tout de même conscient que, si mon expédition avait duré plus longtemps, rester seul aurait pu être un poids ; sur une longue durée, cela devient plus compliqué d’être seul. Il suffit de prendre pour exemple l’aventure de Xavier Rosset. Ce dont il a le plus souffert, c'était la solitude ; il a bien dit qu’il ne le referait pas. Malgré tout, je pense qu’une telle expérience peut apporter beaucoup, et j’aimerais un jour, cet été peut-être, m’essayer à repartir pour un plus long périple dans la nature.

COR SE 2006

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R AINE T TE VERTE


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SOURCES

PAG E 14

« UNE GRANDE PARTIE DE LA POPULATION EST DANS LE MÊME SCHÉMA CAR 30% DES SUISSES TRAVAILLENT À 100%, ET 80% DE 50% À 90%. »

Office fédéral de la statistique, 2010 Neuchâtel

PAG E 16 -17

ADAPTATION À L’ENVIRONNEMENT

VIVRE DANS LA NATURE, édition Mondo

ILLUSTRATIONS

http://images.google.ch

PAG E 2 0

XAVIER COMME MENTOR

7SKY magazine, septembre 2008 ; LE NOUVELLISTE, 2 juillet 2009 ; www.xavierrosset.com

PAG E S 26 - 4 3

MANUEL DE SURVIE

VIVRE DANS LA NATURE éditions Mondo ; COMMENT VIVRE ET SURVIVRE DANS LA NATURE ? éditions Chantecler ; PLANTES COMESTIBLES éditions Gründ ; SALADES ET LÉGUMES SAUVAGES COMESTIBLES éditions Delachaux et Niestlé ; LA SALAMANDRE magazine LES MINIGUIDES NO : 5, LES POISSONS DU LAC 12, SAUTERELLES & CO 25, CROQUER LES PLANTES SAUVAGES 35, ARBRES RÉSINEUX 39, CHAMPIGNONS EN FORÊT 40, BAIES ET PETITS FRUITS ; SURVIE MODE D’EMPLOI éditions Mango sport ; MANUEL DE SURVIE éditions France Loisirs ; CONSEILS POUR LA RANDONNÉE, LE TREKING ET LE CAMPING éditions Mondo ; LE GRAND CHÊNE Brigade des scouts de Sauvabelin

ILLUSTRATIONS DU MANUEL DE SURVIE

Marta Seitz pour SALADES ET LÉGUMES SAUVAGES COMESTIBLES, éditions Delachaux et Niestlé ; Cecilia Fitzsimons POUR PLANTES COMESTIBLES, éditions Gründ ; Cécile Aquisit, Gisèle Rime, Jérôme Gremeau, Jean Chevallier, Yann Le Bris pour LES MINIGUIDES DE LA SALAMANDRE

PAG E S 49 - 85

IMMERSION SAUVAGE, ILLUSTRATIONS

Photographies par David Scarnà

PAG E S 8 8 - 91

CONCLUSION, MOTIVATIONS, BILAN PERSONNEL, ILLUSTRATIONS

Photographies par la famille Scarnà

PAG E S 7, 10 -11, 22-2 3, 44- 45

ILLUSTRATIONS DE L’IMMERSION SAUVAGE

Photographies par David Scarnà

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PA R T I E I V

conclusion

REMERCIEMENTS

À L'AT E L I E R D U R E L I E U R , À L AU S A N N E

Pour la reliure. A U X G A R D E S F O R E S T I E R S D E L A R É G I O N VAU D OI S E

Vous voulez des conseils ? Ecoutez... On est plus souvent aux bureaux que sur le terrain nous... À BRUNA KNEUSS

Qui est une correctrice hors-pair, pour avoir corrigé l'entier de mon travail. À D AV I D E V I TA , A N D R É A G R I N I E T E T I E N N E C O Q U O Z

Pour m'avoir rassuré quelques jours avant mon départ : Hey mec ! Tu pars où déjà ? Euh... à Aubonne pourquoi ? Ah non rien, on va juste venir balancer des trucs sur ta tente pendant la nuit. Heureusement, je n'ai reçu aucun projectile durant mon aventure. À E T IENNE COQUOZ

Allo, oui j'ai pu lire ton introduction garçon ! Je suis désolé de te dire ça, mais il va falloir que tu la changes entièrement ! Ça ne joue pas du tout ! À JOHANNA BRÜLHART

Pour des remarques telles que : Euh David, il y a un « s » à « des plante »... À MA MAMAN

Pour s'être inquiétée durant mon aventure et pour avoir corrigé les fautes d'orthographe et de grammaire de ce projet. À M A R C- A N D R É D U B U I S E T M A R C L I E N H A R D

Pour m'avoir permis de travailler sur mon projet durant mes heures de travail. À M AT T H I A S P I L L E T

Pour m'avoir donné des bons conseils de scout. À M E S PA R E N T S

Avant mon départ : Tu es vraiment sûr de vouloir choisir ce sujet ? Tu veux vraiment partir vivre dans la nature ? A mon retour : Nous t'avons cuisiné un bon steak ! À M O N PA PA

Si tu avais attrapé un poisson avec un bout de bois et un ver de terre, j'aurais arrêté la pêche ! À R A P H A Ë L B A N A S Z E K E T S Y LVA I N P I L L O U D

Pour avoir pris du temps pour l'impression de ce projet. À V I N C E N T JA Q U E S

Pour ses quelques conseils de mise en page : Rajouter un nouveau style de paragraphe ? Tu en as déjà beaucoup dans ta mise en page... Tu vois ce que j'entends ? À VIRGINIE MONNARD

Pour m'avoir chanté 13 478 fois la chanson I'm a Survivor.

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Imprimé en Suisse, aux Imprimeries Réunies Lausanne, à Renens Relié en Suisse, à l’Atelier du Relieur, à Lausanne



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