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L’Abstraction des Sentiments

Cristal, Pierre de Lune, Asepsie & Fleur de Peau

Textes: Micène - Illustrations: Eloy del Alisal - www.micene.com


L'Abstraction des Sentiments Avant-propos Cristal J’ai rêvé Oui To go from riches... to rags. Maman S2 Ma vie – Les vies Les Astres

Pierre de Lune J'ai rêvé Les Inachevés Nadir 91-97 Alpha-Omega Voyez-vous ? Odeurs d’Absences Nos matins À nos secondes mortelles... Et autres fades heures....

Asepsie Après un Rêve 1845-1924 Éclats de Vers Oublier Même Si Nola I miss you Je ne sais plus où j’en suis Lavoisier To make it clear Les Immixtions Il y a Les Valeurs Mon amour Je ne sais où… Pour qu’il pleuve That’s Over L’Overfall [sic] Rouge & Blanc Rêvelyne Règle Dort [sic] Vert Estado-Solit-Unidense [Sic]


Novembre Cupidon 28 Jours Mes Couleurs

Fleur de Peau Sorrente Nuits d’Octobre Don’t Bother


Avant-propos Peut-être que quelques mots de plus pourront vous aider à toucher des lèvres tout ce que je n’ai pas su écrire… Tout d’abord, si le papier choisi se veut chargé de sensualité, celui-ci doit surtout vous emmener au creux de dunes infinies ; des dunes qui, comme le mascaret, n’ont de cesse que d’effacer les traces laissées, de les remodeler en lignes épurées, effaçant tout du même coup et ne laissant agoniser, en quelques mirages lointains, que l’idée d’une conscience humaine en devenir. Ensuite, l’écriture sera sobre pour libérer les mots de l’éblouissement des formes et leur offrir ainsi une existence propre mais éphémère au creux d’un désert meurtrier. L’odeur d’un café léger et d’un carré de chocolat viendra se mélanger aux parfums de mon enfance, ceux du chèvrefeuille et de la rosée. La lumière sera diffuse et apaisante comme celle d’un feu de cheminée. Vous n’entendez plus que le bois qui crépite, et les ombres qui dansent sur les murs ne sont qu’une invitation à voyager au creux de dunes infinies.

Very special thanks to… … those who have allowed me to love them, no matter how difficult I may have made it. Sans vous, je n'aurais fait que jeter quelques mots sur du papier. Blanc. Glacé. Vous m’avez permis de faire mieux, je crois. J’espère avoir su fixer en quelques vers tout ce que vous m’avez laissé comprendre, toucher des lèvres ou bien du bout des doigts. J'y ai risqué nos vies, et la mienne y restera, je crois... à moitié.1 … to Epsilon, Clio and Elle. Pour leur indifférence. Merci à eux d'avoir dormi pour moi et d’avoir su me regarder sourire, pleurer, écrire ou juste rêver sans rien dire ni même oser penser. 1

Cette dernière ligne – qui résume tout – s’impose à moi après avoir relu la correspondance de Vincent Van Gogh et, tout particulièrement, cette phrase issue d’une lettre de Vincent Van Gogh à son frère Théo : « Mon travail à moi, j'y risque ma vie, et ma raison y a sombré à moitié… »


« Pour ébranler irrémédiablement un cœur, le Destin n’a pas toujours besoin de […] déployer une force brutale […] son indomptable volonté formatrice éprouve un plaisir particulier à faire naitre d’un motif futile la destruction.» Stefan Zweig, Destruction d’un cœur


A ceux qui ne savent Aimer...


Cristal

« Ce fut d’abord une étude. J’écrivais des silences, des nuits, je notais l’inexprimable. Je fixais des vertiges. » Arthur Rimbaud, Alchimie du verbe


Ma vie – Les vies Vies parallèles D’outre-tombe D’autres mondes Et d’ici-bas S’entremêlent Sans que je sache Très bien pourquoi. Vies si belles D’autrefois D’autres lois Mais d’ici là Tout s’enchevêtre Sans que l’on n’y Comprenne quoi que ce soit. Vies si frêles D’autres si belles Desquelles je suis parfois Absent, ici ou là Pour moi, rien ne se frôle Rien ne s’en mêle Je suis simplement D’ici ou là.

XII-26-1996


Pierre de Lune

« L’esprit qui se penche sur lui-même se perd dans un tournoiement vertigineux. » Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe


91-97 Loin de tes étés.... La tête évadée... Je passe mon hiver... Près des étoiles bleues... Près des Astres rouges... Vaudrait mieux... J’y serais nu – allongé... Le corps à l’envers...

Sans date


Alpha-Omega Entre millénarisme Et réalisme, C’est le « A » qui s’apocope. Entre séisme Et cataclysme, C’est le « Z » mis en abîme. Quand ma voix se meurt, C’est l’alphabet qui m’assassine. Quand mon corps tremble, C’est Still Nox qui me berce.../... Et m’empoisonne...

IV-29-1997


Odeurs d’Absences Cadre sans toile, Vase sans fleurs, Vie sans toi. Toiles sans couleur, Fleurs sans odeur, Toi sans soie. Lit sans draps, Draps sans moi, Ainsi soit l’Absence...

IX-19-1997


Nos matins Paris s’éveille à peine Je me faufile déjà, Globule dans tes petites veines Pour m’échapper de toi, Leitmotiv ou anathème. Fatigué de tout ça, Je fuirais bien par la Seine Mais vos planches Me tendent les bras.

IX-21-1997


Asepsie

ÂŤ I have lost myself again. Lost myself and I am nowhere else to be found Âť Sia, Breathe me


1845-1924 « Après un rêve » Et je me demande Gabriel Si tous les siècles s’achèvent Dans les bras de Mélisande. Après un siècle Tout recommence Gabriel. Ma fin de siècle s’enivre Des vapeurs de son parfum. Après un siècle de rêve La raison se meurt Gabriel Et l’on s’en dore En plein soleil.

IX-1998


Oublier Après un rêve Après un siècle Après tout Crier À quoi bon s’accrocher À quelques notes À quelques mots Prononcés À mi-voix À mi-mot À moitié Susurrés À côté À l’oreille À n’en plus entendre Chuchotés À n’en plus rien attendre À n’en plus rien dire À n’en plus rêver …/… Oublier

IX-1998


I miss you Je me suis réveillé, Recroquevillé, Entre les draps froissés Du brouillard de nous deux. Je me suis assoupi, Accroupi, Entre les draps salis De nos corps amoureux. Je me suis endormi, Assouvi, Étendu le long du lit, Alchimié de nous deux.

X-1998


Je ne sais plus où j’en suis Je ne sais plus où j’en suis. J’attends, comme ça, un coup de téléphone Et c’est le coup de cafard qui retentit. J’ai mal à la tête Mais d’où vient ce cri Que personne ne décroche ? J’ai eu beau changer de saison Changer d’ami ou de pays, M’abandonner en négligé d’oubli… Ça, j’ai essayé et puis…/… Ce sont des images qui resurgissent Et tachent de sang mes nuits Je ne sais plus où j’en suis.

XI-13-1998


Je ne sais où… J’ai senti le goût Des couleurs qui fuient. Je ne sais où… Mais je les ai suivies. J’ai vu surtout L’odeur des cris. Je ne sais où… Mais je les ai écrits. J’ai touché partout Le vide autour de lui. Je ne sais où… Avant qu’il ne s’enfuie. J’ai entendu après coup Que tout était fini. Je ne sais où… Mais il est parti.

XII-29-1998


Pour qu’il pleuve À l’année que nous allons quitter Puisqu’il nous faut l’enterrer, Fêtes et rites célébrés, Offrandes en fin d’année, Sur l’autel des massacres orchestrés. Pour qu’il pleuve, m’a-t-on murmuré… À moins que tous ne comprennent Qu’il pleuvra quand même, À moins que tous n’apprennent Que ce ne sont pas des corps parés, Pailletés, et les peaux poudrées Qui peuvent ensoleiller Cinq milliards de vies pour une année, À moins que tous ne s’aiment Autrement que par contrats signés, Je n’y vois que mariages blancs à dénoncer.

XII-30-1998


That’s Over Y a-t-il une vie après la mort ? Ça…/… je ne sais pas. Y a-t-il une vie après l’amour ? Ça…/… je ne pense pas. Mais qu’en est-il alors ? Quelques mots, mois puis, pas à pas, C’est l’Apocalips [sic] Au bord de nos lèvres C’est l’eau qui glisse Le long de nos corps Tandis qu’à fleur de peau C’est la fin de mille nerfs. [sic]

I-1999


Rouge & Blanc Rouge Comme les murs Quand s‘y blottissent Nos fièvres d’amants. Rouge Comme le sang Où nos globules glissent Pour que passe le temps. Blanc Comme à l’instant Où flottent les drapeaux que l’on hisse Pour siffloter que tout est fini maintenant. Blanc Laiteux, blafard, absent Mais blanc…/… blanc Pernicieux, avare, insolent. Blanc Comme si de nous Plus rien, et bientôt tout, Ne pouvait que putréfier.

XI-17-1999


Règle Dort [sic] Ce sont les nuits Qui m’effraient…/… Les nuits passées Accroupi Au pied du lit. Les nuits passées À moitié nu Endormi Sur le parquet. Les nuits passées Vêtu Éveillé Étourdi À compter Les ombres Qui hantent Mes nuits passées À penser Que ne sont en paix Que ceux qui Ne pensent pas. On lui dit Qu’il est temps De se lever Il se dit Que le silence Est d’or. On lui murmure Qu’il est grand temps Maintenant Il se dit que tout N’est qu’ordure À moins qu’il…/… Ne dorme. C’est ça.

IX-27-2005


Vert Vert Pour se persuader De tout Puis de n’importe quoi. Vert Pour que recyclé Tout Soit, une autre fois. Vert Puisque tout bien pensé Rien Ne va de soi.

IV-23-2003


Mes Couleurs Bleu Comme pour sa majesté Rouge Comme si plus rien n’était Jaune Comme si on s’y perdait Vert Comme si tout pouvait s’effacer Et puis, Noir et Blanc Comme si tout était dit. Bleu Comme l’absence Rouge Comme l’abcès Jaune Comme l’obsession Vert Comme l’abandon Et puis, Noir et Blanc Comme si tout était dit. Bleu Comme pour dire « Souviens-toi » Rouge Comme une gifle au temps Jaune Comme si tout allait bien Vert Comme si tout pouvait recommencer Et puis, Noir et Blanc Comme si tout était dit. Blanc Comme la peau sous laquelle Bleu Coule le sang Rouge Comme si de honte Jaune Je pâlissais


Comme p창lit Une 창me Qui a tout dit.

Sans date


Fleur de Peau

« Ceci est une descente dans le corps de mon ogre ; un dialogue charnel, organique. » Isabelle Sorrente, Le Cœur de l’Ogre


Sorrente Puisque ce sont nos secrets Que je vais partager Il vous faudra bien Vous allonger, vous étaler Puisque c'est mon corps Qu'à coup de riens Vêtu de mots Vous découvrez, allongé Puisque vous vous demandez Quels sont les parfums De mes idées, Puisque vous volez Les images De mes nuits Allongé là, étalé Près de vous Comme je le suis Au son de vos envies, Je dois vous avouer Que ce sont vos veines Que je hante Que ce sont vos corps Que j'habite Que ce sont vos atomes Que je respire Que ce sont vos jours Que j'annule Puis vos nuits Que j'anime. Je dois avouer Que c'est moi Qui, pour vous Ose recréer Que c'est moi Pour qui vous Criez, Encore une fois Que c'est moi Qui – la nuit Perd la tête Moi que la nuit


Vous attendez Désespéré Moi que le jour Vous détestez Castré Moi à qui Vous demandez Pourquoi Moi qui Vous répond Que c'est Isabelle À qui Il faut demander Moi qui Vous répond Que c'est l'ogre En moi Qui vous a dévoré Moi qui Vous supplie À genoux De vous échapper Moi qui Quand, trop tard À l'aube Vous trouve là Moi dont Le « je » Isabelle, vous convaincra N'est qu'une illusion. « Moi », « Je » Qu'en est « il » Dans tout ça ? « J’ » espère Que Vous comprendrez. « Vous » attendez Que Je revienne Sur terre « Je » pars Quand


Seul vous me laissez. « Vous » prétendez Que Tout passe Comme passent Les orages Comme Passe Le temps Ou Passe Le sel Alors À quoi bon S'inquiéter Quand la terre Vous le savez « J’y reviendrai » Pour une nuit Pour un rien Pour vous voir Peut-être Quand l'ogre En moi Prendra congé. « Je » doute Mais Isabelle De me rappeler Qu'à quoi bon ? Alors, allons donc...

X-2006


Illustrations: Eloy del Alisal

« Je t’appelle,

Textes: Micène (+001) 850.339.7155 micene@micene.com www.micene.com

ô nuit, rends-moi tes mensonges. » Gabriel Fauré, Après un rêve

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