Page 16

 Page 26

Baudelaire

 J on John, Borderline Biennale 2011  A .M.F. (Aesthetic Meat Front),

Borderline Biennale 2011

 Johanna Constantine,

Borderline Biennale 2011

  Aloïse

mule classique du musée qui séduisait tout le monde. Lui va aller chercher ailleurs. Thierry Ehrmann n’attendra pas que le bunker soit construit pour entamer une stratégie basée sur l’énergie de la rencontre. Les événements vont précipiter la mise en réalisation d’une communauté artistique. Des événements d’ordre public et privé. C’est d’abord le choc du 11 septembre. Qu’on le veuille ou non, il existe un avant et un après, comme si la force de l’image avait fait exploser une idée linéaire de l’histoire. Pour Thierry Ehrmann, il y a soudain urgence à être présent au monde, demeurer attentif et en éveil lorsque se grignote au jour le jour les libertés d’action et de réflexion. A la même période, dans le cadre d’un conflit juridique hors pair, il se met en

connaît trop bien l’art contemporain pour moduler aujourd’hui encore en formes esthétiques du fer ou de l’acier. Comme le permis de construire pour le bunker est refusé, il va tout prendre à bras le corps, la question du musée, de la Factory et du faire.

scène lors d’une saisie bien réelle en se scarifiant sous l’œil ahuri des officiants en référence à l’actionnisme viennois. Cet acte va soudain lui faire passer un chemin supplémentaire. Ayant vécu avec son corps la souffrance, mais surtout l’ayant sublimé par une vidéo, il se trouve et se retrouve dans ce geste aussi définitif qui lui permet d’immoler en toute connaissance de cause son statut social. Désor-

mais, il sait qu’il peut acter autrement que par la voie sociale, hors de toute codification et prendre à son compte la distance de l’art. Il renoue avec ses premiers essais, lorsque tout jeune il était fasciné par la sculpture. C’est le volume alors qui l’inspire et cette présence physique du corps mis à contribution pour architecturer, construire et équilibrer une structure. Il retrouve cette envie de faire mais

Où il est question de chaos C’est dans un creuset qu’il va mélanger les thèmes de l’exposition, de l’œuvre, de l’acte afin d’obtenir un melting pot métissé d’énergie. Et pour consolider le tout, pour que chaque artiste puisse apporter sa part de création sans que la globalité du projet devienne inentendable, tout va se dérouler autour de quelques notions : des notions universelles et fon-

damentales pour Thierry Ehrmann. Puisées dans une culture judéo-chrétienne, elles évoquent l’alchimie et la voie christique, se nourrissant du symbole de la salamandre, de la mort et de sa Rédemption, le tout porté aux fonts baptismaux de notre monde que représentent les médias. Un va et vient incessant entre des fondements archaïques et l’abrupte irréalité de l’actualité. Le projet se conceptualise comme le faisait l’art dans les années 70. Qu’importe l’auteur direct, tout est dans l’idée. La question d’un lieu propre à l’exercice de l’art n’importe plus. L’art est partout et il s’infiltre petit à petit dans le corps du domaine. Aux photographies, aux tableaux accrochés aux murs s’ajoutent des débordements. C’est d’abord une salamandre que Thierry Ehrmann peint, bientôt suivie par un batail-

 Page 27

Herman Nitsch

Chaos?

To achieve the energy he was seeking Thierry Ehrmann decid­   Kagemusha, performance de thierry ed to mix the themes of exhibi­ Ehrmann et Sydney Ehrmann tion, of work, of creativity in a Art performance by thierry giant melting pot. And to fuse Ehrmann and Sydney Ehrmann these elements together so that  Michel Houellebecq each artist could contribute his/ her share of creation without the whole project becoming a mess, ev­ erything was organised around and consciously to sacrifice his so­ tures). However, despite having managed to film the intrusion of a small number of ideas; funda­ cial status. Now he knew he could rediscovered this creative desire, bailiffs into his Domaine and his mental and universal concepts for own self mutilation (a reference to act other than through the so­ Thierry Ehrmann. Drawn from Ehrmann was too well acquaint­ Viennese Actionism) under the be­ cial channel, without any codifi­ ed with Contemporary art to start a Judeo-Christian culture, these wildered eyes of the officials. This cation, and make his the distance reproducing aesthetically pleasing concepts evoke Alchemy and the of art. He decided to focus his cre­ forms in iron or steel. And when act suddenly opened an addition­ Way of Christ, inspired by the ativity on sculpture, his first ar­ al path. Having experienced suf­ symbol of the Salamander, of the building permit for his “bun­ tistic activity…. (when younger he ker” was denied, he decided to take death and of Redemption; with fering with his body, but above was fascinated by sculpture; “vol­ all having idealised the act via the whole brought to the baptis­ everything into his own hands… ume” inspired him as did the phys­ the question of the museum, the video, he decided to repeat this mal fonts of our world represent­ irreversible gesture on several oc­ icality of design, building and ed by the media. A constant back Factory and creativity… casions, allowing him deliberately balancing 3-dimensional struc­ and forth between archaic founda­   Serge Gainsbourg

not, there is a before and an af­ ter, as if the strength of the im­ ages that flowed from that event had destroyed any linear concept of history. To Thierry Ehrmann, it was suddenly urgent to be pres­ ent in the world, to remain alert and aware of the constant ero­ sion of our daily freedom of ac­ tion and reflection. At the same time, in the context of a most un­ usual legal dispute, Mr Ehrmann

26 27

scarification

Opus IX: Abode of Chaos / La Demeure du Chaos 1999-2013  

thierry Ehrmann: we put all our passion and folly into preparing this French-English Collector, the book of the decade: 504 pages / 4.5 kg /...

Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you