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Avril 2012 Ampoules fluo compactes et halogènes À quelle ampoule se fier ? Les rayons éclairage des magasins se partagent désormais entre les ampoules fluo compactes, encore appelées basse consommation, les halogènes nouvelle génération et les LED. Quelle technologie adopter ? La technologie phare d’aujourd’hui, c’est celle des ampoules fluo compactes, les basse consommation. Elles traînent une mauvaise réputation en grande partie injustifiée. Les défauts des premiers modèles, formats volumineux et lumière froide, appartiennent en effet au passé. Dorénavant, la plupart affichent une température de couleur équivalente à celle des lampes à incandescence, les teintes d’un blanc blafard ne sont plus qu’un mauvais souvenir. Côté formes, elles se diversifient et s’adaptent à la quasi-totalité des luminaires. Les tubes et les spirales se sont miniaturisés, les flammes et les classiques, de plus en plus nombreuses en rayon, ressemblent aux ampoules à incandescence. Bref, les nostalgiques peuvent conserver leurs formes favorites. Quant aux polémiques concernant leurs effets potentiels sur la santé, elles ne sont guère fondées (voir encadré ci-dessous). Elles ont en revanche de sérieux atouts. Elles consomment cinq fois moins d’électricité qu’une lampe à incandescence pour un éclairage équivalent. Le gain est appréciable sur la facture d’électricité. L’autre intérêt est leur durée de vie. Une bonne partie des références que nous avons sélectionnées ont franchi le seuil des 5 000 heures d’utilisation prévu par le protocole d’essais et continuent à fonctionner au-delà. Du coup, leur prix s’amortit facilement et leur coût global est très inférieur à celui des lampes à incandescence. Quand elles atteignent la durée de vie annoncée, en général 8 000 heures, l’économie s’élève à plusieurs dizaines d’euros, c’est loin d’être négligeable. Mais elles présentent de vrais inconvénients. Certaines mettent un temps fou à s’allumer, ça peut agacer, d’autres résistent mal aux allumages répétitifs, ce qui les rend inaptes à l’éclairage des lieux de passage. Ces critères figurent dans notre tableau d’évaluation, il faut les prendre en compte avant d’arrêter son choix. Lire les emballages peut également aider. Ces données sont devenues obligatoires pour les nouveaux modèles mis sur le marché depuis septembre 2010. Enfin, les fluo compactes sont peu adaptées à un usage extérieur car elles ne supportent pas les basses températures hivernales, il faut les éviter en montagne, les réserver aux climats méditerranéen et tempéré. Rappelons aussi qu’elles ne conviennent pas aux variateurs. Les halogènes reviennent cher La deuxième catégorie très présente en rayon est celle des halogènes nouvelle génération, qui ressemblent aux lampes à incandescence. Elles sont d’un précieux secours pour l’éclairage extérieur. Nos tests démontrent qu’elles supportent les grands froids. Autre avantage : elles s’allument instantanément, ce qui n’est pas le cas de toutes les basse consommation. Elles peuvent, enfin, s’utiliser avec un variateur. En revanche, elles constituent une mauvaise alternative en termes d’économies d’énergie. Elles consomment un peu moins d’électricité que les lampes à incandescence mais quatre fois plus que les fluo compactes. Au final, consommation comprise, elles coûtent bien plus cher, même si elles sont moins onéreuses à l’achat. Pour limiter la facture, il faut les réserver aux usages que les fluo compactes n’assurent pas : le jardin ou le garage non chauffé, le luminaire qui fonctionne avec variateur. Enfin, les ampoules à LED font une percée dans les rayons. Fini le temps où il n’y avait que des spots colorés pour donner une ambiance de boîte de nuit, les LED se placent désormais aux côtés des fluo compactes et des halogènes, avec des formats de plus en plus similaires. Elles ont de quoi séduire, avec leur promesse de 15 000


heures d’éclairage, souvent 25 000 et jusqu’à 50 000, soit de 15 à 50 ans d’utilisation annoncés ! De plus, elles s’allument instantanément et supportent parfaitement l’extérieur, comme les halogènes. Leur rendement est cependant inférieur à celui des fluo compactes, elles consomment un peu plus pour un éclairage équivalent, mais réduisent tout de même la facture EDF.

Que Choisir déconseille les LED Néanmoins, les LED souffrent de deux handicaps lourds. Le premier est financier, elles coûtent de 40 à 90 €. Autant dire que la rentabilité n’est jamais au rendez-vous. Dans le meilleur des cas, elle interviendra après une dizaine d’années ! Pour devenir intéressantes, il leur faudrait un prix à peine deux fois supérieur à celui des fluo compactes, les fabricants devront réviser leurs tarifs. C’est une première raison de ne pas en acheter. La seconde est plus grave, il s’agit des risques pour la vue identifiés par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), cet automne. « Les LED ont des effets sanitaires à prendre en compte », affirme-t-elle dans un rapport inquiétant. Elles sont mauvaises pour les yeux, en particulier ceux des enfants. « La lumière bleue nécessaire pour obtenir des LED blanches conduit à un stress toxique pour la rétine », notamment pour les petits, car « leur cristallin reste en développement et ne peut assurer son rôle efficace de filtre de la lumière. » Le risque d’éblouissement et le risque d’inconfort visuel sont aussi signalés. Que Choisir déconseille donc vivement l’achat de LED car, en magasin, il est impossible de faire la distinction entre les ampoules néfastes pour la vue et celles qui sont sans risque, faute d’un étiquetage informatif. Nous avons décidé d’effectuer nos propres tests sur ces enjeux de santé, ils sont en cours, nous publierons nos essais sur les LED dans un prochain numéro.

Faut-il craindre les ampoules fluo compactes ? On accuse principalement les fluo compactes d’émettre des ondes et de dégager du mercure. Qu’en est-il ? Les champs électromagnétiques Les ampoules fluo compactes en émettent, comme la plupart des appareils électriques. C’est une étude alarmiste du Criirem (Centre de recherche et d’information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques) qui avait semé le trouble il y a quelques années, mais sa méthodologie était très contestée. De nouvelles études ont été effectuées depuis. Celle de l’Office fédéral suisse de la santé publique conclut que les valeurs sont cinq à dix fois inférieures à la valeur limite mais significatives à 2 cm de la lampe, un scénario irréaliste comme le précisent les experts. À 20 cm, c’est cinq fois moins. En France, l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) a fait tester 300 ampoules (100 références en 3 exemplaires) achetées dans le commerce selon un protocole rigoureux établi par l’Afsset (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), afin d’éviter toute polémique. « À 30 cm, tous les modèles évalués respectent les recommandations internationales, conclut l’étude. À moins de 30 cm, la méthodologie ne permet pas de mesures fiables. » Par précaution, les deux organismes recommandent de respecter cette distance minimale de 30 cm en cas d’utilisation prolongée (lampe de bureau ou de chevet). Le mercure C’est l’aspect le plus problématique des fluo compactes. Pas pour la santé, car les quantités sont très faibles et le risque de casse limité. Si on brise une ampoule, il faut aussitôt aérer et ramasser les débris de verre en le scotchant sur un adhésif ou avec un balai, et surtout pas avec l’aspirateur. Il vaut mieux éviter la casse, mais ce n’est pas très grave. Le danger concerne le risque d’accumulation de mercure dans l’environnement via les décharges et les incinérateurs. Pour l’éliminer, il faut impérativement rapporter les ampoules usagées en magasin, afin qu’elles soient recyclées. Tous les vendeurs ont une obligation de reprise gratuite. Au besoin, insistez si le magasin est récalcitrant, notre enquête de 2010 pointait de mauvais élèves.


Gestion energie fiche 6 annexe1 article que choisir ampoules fluo compactes et halogènes