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EDITORIAL

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AN 51 : LE DRAMANISME ET LA FêTE NATIONALE Une dame excédée disait exactement il y a quelque jours : « leur fête d’indépendance n’intéresse personne ! Que Dramane Ouattara et ses serveurs de thé collent la paix aux ivoiriens !» Avait –elle tort ? Venance Konan peut pérorer sur la supposée « rigueur reconnue » de « son » président, il peut se permettre d’exhorter ce dernier à donner un sens à la fête de l’indépendance, la réalité pour la majorité silencieuse des ivoiriens, est que l’an 51 marque le retour à la case départ. Mieux, le retour à la case « colon ». Le colon français est de retour et signe triomphalement son retour sur les bords de la lagune Ebrié par un faisceau de faits troublants. Retour au protectionnisme en faveur des opérateurs français par la généralisation du système de gré à gré. Renforcement de la présence militaire hexagonale en Côte d’Ivoire, alors que partout dans le monde, la tendance est au retrait des troupes. Pour assumer cette impensable forfaiture, Nicolas Sarkozy a choisi de faire triompher son candidat en actionnant le levier de la fraude électorale massive via SAGEM/ CEI couplée à l’action militaire de la licorne et de l’ONU. La déception de notre chère dame s’explique par ce retour caricatural à la Servitude du Pacte Colonial dont Ouattara est en réalité l’anti héros et Mamadou Koulibaly le chantre dévoyé. Dans ce ballet inédit, plusieurs éléments expliquent le désintérêt des ivoiriens pour l’an 51… Il y a d’abord le fait que Dramane Ouattara n’a jamais fait la lumière sur son identité (mandat d’arrêt international de Bédié pour faux et usage de faux en écritures, arrêt Tia KONE de 2000, naissance en Haute Volta et en Côte d’Ivoire etc…) Le candidat de l’étranger a été autorisé à se présenter aux élections ivoiriennes à titre exceptionnel, par le recours à l’article 48 de notre loi fondamentale, à cause de la rébellion armée de 2002 et de la partition du territoire national qui en a découlé. Aujourd’hui encore, un tel candidat demeure aux yeux de beaucoup, un ivoirien étrange en qui ils refusent de se reconnaître. Ceux-ci disent : « Comment ce type peut –il célébrer la fête nationale dans un pays qui n’est pas le sien ? » Venance KONAN a du reste, fortement contribué à enraciner ce sentiment dans la conscience de ses concitoyens et il gagnerait, maintenant qu’il a eu le poste pour lequel il s’est tant battu, à revisiter froidement ses propres écrits. Il y a surtout le fait que le préfet de Sakozy s’est appuyé depuis 1991 sur l’idéologie mortifère de la Charte du Nord qui prône le contrôle du pays par les fils du Nord au détriment des autres . Les FRCI ou frères Cissé, première face visible de la manipulation tribale et du centralisme ethnique sont à 95 % composés de nordistes et de mer-

cenaires venus des frontières Nord. Les nominations de Ouattara gênent et constituent sans conteste la deuxième face visible de ce centralisme ethnique. La promotion systématique des Cissé et Cissoko, Kone, Konaté et Kanaté, Sekou et Sekongo, des Lamine et Lamizana etc…a été à juste titre dénoncée comme une « pitoyable poésie » faite de rimes, de strophes et d’allitérations insensées. Et dire que ceux-là parlaient d’exclusion ! « Dramane

Ouattara, dit-on, ne gère pas la Côte d’Ivoire. Il ne gère que son dioulabougou et ses maîtres blancs ». La réalité ? Les ivoiriens sont exclus par les nordistes de la gestion de leur pays et de leurs ressources. Et cette politique aveugle est fondamentalement porteuse de conflits et d’explosion sociale, n’en déplaise à Banny dont le schéma de réconciliation est suranné. Laissons donc les heureux élus du dioulabougou fêter leur sujétion à la France et réfléchissons sérieusement aux voies et moyens de sortir la Côte d’Ivoire de cette impasse qui porte un nom : Alassane Dramane OUATTARA ! C’est un chef rebelle et un potentiel criminel de guerre, dira le Sénateur américain Jim Inhofe de l’Oklahoma, membre éminent de la commission sénatoriale des services des armées (SASC) et du comité chargé des relations étrangères du Sénat (SFR) Ce criminel de guerre potentiel qui « ne méritait pas une invitation à la maison blanche » selon le sénateur a aujourd’hui à ses trousses la quasi-totalité des ONG qui ont contribué à son accession au pouvoir : Amnesty International, International Crisis Group etc… Il a également à ses trousses ses nombreuses promesses non tenues, celles relatives à la pluie des milliards qui se fait toujours attendre. Qu’a-

t-il obtenu des américains ? De vagues promesses d’appui à deux conditions : Virer ses chefs de guerre et réaliser l’unicité des caisses. Le chef est revenu les mains vides. Le cœur chargé de colère. Brou Aka Pascal, qui n’était pas un initié des us et coutumes du dioulabougou en a fait les frais. Au dioulabougou, quand « ça ment sur le chef » alors on soigne son image policée. Ainsi dans quelques jours , au nom de l’an 51, on viendra encore nous annoncer tout ce que le chef tribal et potentiel criminel de guerre n’aura pas réussi à faire et obtenir. QUAND LA SOTRA GACHE LA FETE DE L’AN 51 : Ce vendredi 5 Août restera pour le peuple de Côte d’Ivoire un vendredi noir. Ce matin, vers 6h30, un bus Tata de la ligne 19 en direction de Vridi est tombé dans la lagune au niveau du pont Houphouet. Un marin présent sur la berge a pu sauver 6 personnes par son initiative personnelle. Les autres, plus d’une centaine, sont restés dans le bus au fond de la lagune pendant plus d’une heure, sans assistance aucune, puisque rien ne fonctionne dans ce pays ! Les secours, arrivés un peu tard, n’ont pu que remonter les corps sans vie de nombreux élèves, travailleurs et d’une femme enceinte. Dramane Ouattara est arrivé sur les lieux aux environs de 8h15. Malheureusement, ses partisans ont choisi ces instants tragiques pour l’acclamer. Là où la douleur imposait le recueillement . Ainsi, Meité BOUAKE, le nouveau DG de la SOTRA vient-il d’assombrir définitivement l’an 51 de son mentor. Décidément, les étoiles du ciel, de leur sentier combattent le pouvoir Ouattara. Après l’accident de son cortège qui a occasionné 6 morts, la tragédie du bus qui a défénestré une femme dans le plateau, la Sotra sert à Dramane Ouattara plus de cent morts par noyade. Il peut-être trop tôt pour poser les questions qui fâchent. S’agit-il d’une défaillance technique du bus ? D’une défaillance humaine du conducteur ? D’une défaillance du management de la Sotra ? Toujours est-il que Meité BOUAKE, selon les indiscrétions semble avoir privilégié la chasse à l’homme, la chasse aux LMP, à la gestion de la SOTRA. Les urgences relatives aux défaillances techniques lui auraient été présentées sans suite…la tragédie de ce matin n’étonne pas les sachants. Il sert ainsi à son patron du thé empoisonné à deux jours de l’an 51. Côte d’Ivoire Yako, Yako , Yako. Dans un pays normal, le DG aurait déjà présenté sa démission. Nous ivoiriens, nous choisissons de nous recueillir encore une fois sur nos morts. Non, notre cœur n’est pas à leur fête. ▉KADENGUE CISSE


DEBOUTCIV N°13 (Page 03)