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Yannis Constantinidès – Ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé et docteur en philosophie, enseigne à l’Espace éthique de l’AP-HP.

9 782804 162283 RECROS

Y. C o n s t a n t i n i d è s

Conception graphique : Primo&Primo

978-2-8041-6228-3

I

F. Pariaud

Regards croisés sur l’ostéopathie Philosophie et éthique de la pratique Préface d'Em m anuel Hirsch

ostéopathie

I

Frédéric Pariaud – Ostéopathe D.O., Master 1 d'Éthique, Sciences, Santé et Société, exerce en cabinet privé et enseigne dans plusieurs écoles d'ostéopathie.

Y. C o n s t a n t i n i d è s

C OLLEC TION

F. P a r i a u d

Ce livre écrit à deux mains cherche à combler une lacune étonnante : bien que relativement foisonnante, la littérature spécialisée comporte peu d’ouvrages généraux dégageant de manière satisfaisante les enjeux d’un métier de soin dont la portée réelle est encore largement méconnue. L’ostéopathie cristallise un certain nombre de malentendus qu’il est nécessaire de lever pour qu’elle soit réellement comprise, au risque de lui ôter en partie son aura médiatique. Lui prêter des qualités occultes, des bienfaits presque magiques entretient en effet la défiance des professionnels du soin, qui voient souvent d’un mauvais œil l’institutionnalisation récente de cette pratique manuelle, à la fois modeste et ambitieuse. Pour rendre pleinement justice à cette discipline dont l’éthique est encore balbutiante, un philosophe et un ostéopathe portent sur elle des regards croisés dénués de complaisance mais non d’affinité profonde. Ce croisement de la réflexion pratique et de la pratique réflexive conduit à cette évidence que l’ostéopathie est un métier de soin à part entière, qui n’a pas à rougir de sa philosophie, malgré ses approximations. Cette prise de conscience du caractère iconoclaste – surtout de nos jours – d’une thérapeutique qui se passe de toute technique autre que naturelle et manuelle, devrait lui permettre de mener à bien sa quête identitaire et de formuler une éthique en adéquation avec sa pratique.

Regards croisés sur l’ostéopathie

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Constantinidès | Pariaud

Regards croisés sur l’ostéopathie Philosophie et éthique de la pratique


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© Groupe De Boeck s.a., 2010 Éditions De Boeck Université Rue des Minimes, 39 B-1000 Bruxelles Maquette intérieure : Nicolas Benzoni Tous droits réservés pour tous pays. Il est interdit, sauf accord préalable et écrit de l’éditeur, de reproduire (notamment par photocopie) partiellement ou totalement le présent ouvrage, de le stocker dans une banque de données ou de le communiquer au public, sous quelque forme et de quelque manière que ce soit. Imprimé en Belgique Dépôt légal : Bibliothèque nationale, Paris : septembre 2010 Bibliothèque royale de Belgique : 2010/0074/343 ISBN : 978-2-8041-6228-3


Table des matières Préface.................................................................................................VII Avant-propos........................................................................................ XI

Première partie : Une nouvelle philosophie du soin

1 Introduction..................................................................................... 3 Reprendre en main........................................................................... 7 Le primat traditionnel de la vue.................................................. 9 L’écueil de la médecine spectaculaire......................................... 11 Mécanisme et automatisme....................................................... 12 Les limites du care..................................................................... 14 La dextérité primordiale............................................................ 15 Prendre et comprendre.............................................................. 17 L’intelligence du geste............................................................... 18 Spiritualité des mains................................................................ 21 Le retour aux choses les plus proches......................................... 22 Triste chair…............................................................................ 24 Une thérapeutique intégrale............................................................ 31 Un rebouteux de grand style..................................................... 32 La nature souveraine................................................................. 33 La saisie directe de la réalité....................................................... 35 La chirurgie : à double tranchant.............................................. 36 Le choix décisif de la santé........................................................ 39 Une machine parfaitement réglable........................................... 40 Trois en un................................................................................ 42 Réhumaniser l’homme et réenchanter le monde........................ 44 La liberté au-delà de l’autonomie.............................................. 46 Physiologie et psychologie......................................................... 47 Subjectivité du corps................................................................. 50 Une éthique concrète, incarnée....................................................... 59 Éthique ou morale ?.................................................................. 60 Une déontologie flottante......................................................... 61 Des devoirs plus adaptés............................................................ 63 Palper n’est pas caresser............................................................. 65 La grâce du toucher................................................................... 67 Un faux procès.......................................................................... 68 Garder la main.......................................................................... 69 Faire le deuil de la science......................................................... 70 Vers une nouvelle éthique......................................................... 72 V


Deuxième partie : La quête identitaire de l’ostéopathie

77 Introduction................................................................................... 79 Qu’est-ce que l’ostéopathie ?..................................................... 79 L’urgence éthique...................................................................... 81 éthique et ostéopathie : un mariage improbable ?........................... 89 Un constat................................................................................ 89 Le bon ménage.......................................................................... 95 état des lieux d’une impasse.......................................................... 101 Le désordre législatif . ............................................................. 105 De l’usage des principes.......................................................... 111 La brèche................................................................................ 114 à la recherche d’une éthique perdue............................................. 121 L’héritage................................................................................ 121 Fondement éthique................................................................. 126 L’ostéopathie au cœur du soin....................................................... 135 Corps à corps ostéopathique................................................... 136 Éthique de la relation ostéopathique....................................... 138 Conclusion................................................................................... 151

Bibliographie sélective et compréhensive............................................ 157


Préface La rencontre du philosophe et de l’ostéopathe à l’Espace éthique de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, dans le cadre d’une formation universitaire, n’est pas sans signification. Yannis Constantinidès conçoit son enseignement de la philosophie comme l’exercice d’une réflexion exigeante, attentive aux réalités pratiques du soin qu’il a appris à connaître. Frédéric Pariaud éprouve dans le quotidien de son engagement d’ostéopathe la tension d’un questionnement sans concession, suscitant de sa part un besoin, voire une envie d’éthique. Il témoigne ainsi de la singularité d’une activité de soignant qui ne peut s’exonérer d’une préoccupation philosophique – cette pensée qui sollicite les sagesses traditionnelles tout autant que l’ontologie et la phénoménologie. Leurs Regards croisés sur l’ostéopathie permettent de découvrir les territoires méconnus d’un soin parfois déconsidéré faute d’une compréhension de sa nature propre, et plus encore des valeurs qui l’inspirent. L’ouvrage ne se limite pas à ce que serait un manifeste au service d’une cause qui justifierait d’être défendue. Pour ce qui me concerne, je serais alors dans l’incapacité de prendre position. Il s’agit plutôt du partage d’approches développées dans des registres qui s’enrichissent réciproquement, s’interpellent, se répondent, se complètent. Authenticité et originalité d’une conversation qui a certainement débuté comme ces nombreux échanges qui prolongent un cours de philosophie et rendent plus curieux encore de domaines qu’il conviendrait de se VII


donner le temps d’approfondir. Plutôt que de se satisfaire de quelques vagues considérations, nos auteurs ont ainsi préféré s’impliquer dans une méditation à deux, solidement étayée par des savoirs et des références qui confèrent à leur propos la rigueur d’un discours universitaire. Dans l’intimité de l’acte de soin si particulier prodigué par l’ostéopathe, le rapport à l’autre, concret, physique, palpable peut à la fois surprendre, intriguer et inquiéter. Cette présence dans une si grande proximité participe de la relation thérapeutique qui engage et expose. S’interroger dès lors sur le sens, la portée, les conditions, les règles de cet exercice délicat et plus encore subtil, ne peut être toutefois concevable sans y consacrer une attention éthique. Encore est-il nécessaire d’en préciser les contours, de l’argumenter, d’y proposer les quelques critères indispensables à l’effort de discernement, sans pour autant se satisfaire de lignes de conduite déontologiques applicables a minima. L’ostéopathe doit se doter de compétences multiples, de savoirs complexes, sensibles. Son exercice professionnel le confronte souvent à des personnes en souffrance, en recherche d’une alternative aux approches biomédicales qui ne les satisfont pas, ou en demande d’un lien différent avec le thérapeute, d’un respect, d’une écoute, d’une sollicitude qui peuvent faire défaut ailleurs. Cette intelligence de la prise en soin est de nature à renouveler notre conception du care ; elle inspire des gestes qui témoignent d’une prévenance, d’une bienveillance, d’un souci de l’autre si nécessaires à la personne qui en éprouve un tel besoin. VIII


Préface

C’est ainsi que le philosophe et l’ostéopathe contribuent – suscitant une réflexion nécessaire et urgente – à ce cheminement universel du questionnement éthique, avec une rigueur qui n’a rien à envier à l’originalité de leur talentueuse démarche. Emmanuel Hirsch Directeur de l’Espace éthique de l’AP-HP Professeur d’éthique médicale à la Faculté de médecine de l’Université Paris-Sud 11


Avant-propos Certains pensent que l’ostéopathie est un système de massage, d’autres qu’il s’agit de « guérison par la foi ». Pour ma part, je n’ai aucune « foi », je souhaite seulement m’appuyer sur la vérité. Andrew Taylor Still, Autobiographie, chap. XXIII Nous n’avons aucun lien avec les nécromanciens, les hypnotiseurs, etc., des siècles passés. Nous ne détenons aucun secret, aucun pouvoir marginal ou supranormal ; notre pouvoir est humain et ne peut être exercé qu’en relation avec les processus et fonction corporels. John Martin Littlejohn, L’ostéopathie : une vue nouvelle de la science de la thérapeutique

Ce livre écrit à deux mains cherche à combler une lacune étonnante : bien que relativement foisonnante, la littérature spécialisée comporte peu d’ouvrages généraux qui tentent de dégager de manière satisfaisante les enjeux d’un métier de soin dont la portée réelle est encore largement méconnue. Si l’on feuillette un catalogue de publications sur l’ostéopathie, on trouvera surtout des guides portant sur des pratiques très localisées (traitement du bassin, du rachis, etc.), ce qui traduit le souci, louable par ailleurs, qu’ont les enseignants de transmettre aux étudiants des gestes sûrs et efficaces. Mais il n’y a rien d’équivalent à la hauteur et largeur de vues qui se rencontrent dans la Philosophie de XI


l’ostéopathie du père fondateur Andrew Taylor Still. Tout se passe comme si la réflexion théorique sur cette pratique manuelle, qui s’accompagne pourtant d’une conception du monde ambitieuse, était anesthésiée en France depuis qu’elle s’y est imposée dans les années 1950. Cette absence de questionnement critique explique sans doute l’éclatement de la pratique aujourd’hui et l’indifférence de nombreux ostéopathes pour la philosophie qui sous-tend leur art, quand ils ne l’ignorent pas tout simplement. Au lieu de souligner précisément l’étonnante proximité des grandes intuitions de Still (le refus du localisme, l’interrelation des différentes parties du corps, l’unité du vivant malgré sa structure mécanique, la volonté de s’appuyer sur la nature et son dynamisme propre) avec l’empirisme raisonné des grandes traditions holistes (l’Ayurveda, la médecine chinoise, la médecine hippocratique), on se contente le plus souvent de généralités sur la capacité d’auto-guérison du corps. Ajoutons que le titre d’ostéopathe n’a été officiellement reconnu en France qu’en 2002 (l’article 75 de la loi du 4 mars 2002 envisage d’ailleurs l’ostéopathie en même temps que la chiropraxie) et que les décrets d’application datent de mars 2007 seulement. La méfiance institutionnelle à l’égard de ces anciens métiers de « rebouteux » commence donc à peine à être levée, grâce en partie sans doute à la vogue des « médecines douces » ou naturelles. Ils sont désormais admis comme complément, du reste mal défini, de la médecine techniciste. Mais il s’agit pour le législateur moins d’un XII


Avant-propos

supplément d’âme, pourtant bien nécessaire, que d’un apport « différent  », peut-être utile en soi mais en aucun cas suffisant. L’agrément récemment accordé à plusieurs écoles qui enseignaient déjà la discipline ostéopathique en dehors des circuits universitaires a évidemment suscité de nouvelles vocations, mais n’a en revanche pas aidé à éclaircir un tableau d’ensemble particulièrement flou. Cette reconnaissance tant attendue de l’ostéopathie comme métier de soin à part entière a entraîné une augmentation du nombre d’étudiants et donc de futurs praticiens, sans vraiment inciter les différentes écoles à se montrer plus rigoureuses dans la définition de leur objet. Il manque d’abord une éthique propre à l’exercice de l’ostéopathie. Les codes de déontologie existants se contentent en général de reprendre tels quels les grands principes de l’éthique médicale, qui prennent sens pourtant dans un champ bien défini. Fait également défaut une approche véritablement globale du patient puisque l’ostéopathe, comme le médecin, est confronté à un corps souffrant, qu’il lui faut d’emblée envisager comme une personne, un sujet pour prévenir toute réification. On pourrait même ajouter qu’une telle approche est bien plus indiquée s’agissant d’une pratique qui a d’emblée intégré la dimension psychosomatique que dans le cas de la médecine classique, qui ne s’occupe que de soigner le corps seul et laisse volontiers les troubles psychiques résiduels à la charge des psychologues. Pour finir, on rencontre rarement une XIII


compréhension précise du sens général de la pratique de l’ostéopathie. La plupart des enseignants se contentent de faire apprendre des gestes codifiés, de manière quelque peu mécanique, sans toujours les rattacher à la théorie qui les informe. Cela ne veut évidemment pas dire qu’il serait préférable de transmettre des dogmes ou de demander aux étudiants en ostéopathie d’appliquer à la lettre les idées de Still, dont certaines sont du reste contestables, mais plutôt qu’il faut être fidèle à l’esprit de sa doctrine, qui recommande justement de ne pas tomber dans une routine commode. L’ostéopathie ne se réduit pas en effet à la stricte application de quelques principes mécaniques, mais subordonne sa pratique de la manipulation à une vision profonde du dynamisme de la vie. Il ne faut donc pas céder à la facilité qui consiste à s’enferrer dans la pratique sans s’interroger sur ses limites et sa possible évolution. Il était ainsi nécessaire de faire le point sur l’ostéopathie désormais dépénalisée et mieux acceptée. Le premier regard jeté ici sur elle, celui du philosophe, est étranger à la pratique mais familier de la théorie. On voit souvent mieux les choses à distance et sans parti pris. Il fallait en tout cas prendre du recul pour identifier avec rigueur les besoins de cette discipline encore balbutiante. Le deuxième compère, ostéopathe de métier, propose au contraire un point de vue interne sur la pratique, enthousiaste mais dénué de complaisance. La complémentarité des deux regards qui se croisent ici prouve s’il le fallait que l’intellectuel et le manuel peuvent collaborer à la même tâche. XIV


Avant-propos

Bien comprise, l’ostéopathie offre un modèle de soin tout à fait cohérent, qui non seulement n’a rien à envier à la médecine techniciste, mais permet même de renouer avec une vision moins étriquée et plus subjective, c’est-à-dire plus attentive au sujet, de la thérapeutique. Loin donc d’être la cinquième roue du carrosse, uniquement là pour dépanner, l’art subtil de la manipulation apparaît comme plus prudent mais aussi plus ambitieux que la médecine officielle. Il n’a pas comme elle la prétention de corriger les « défauts  » de la nature, mais se contente d’essayer d’en rétablir l’harmonie perdue. Par là, il se rattache à la grande idée hippocratique d’un microcosme qui admet sa ressemblance avec le macrocosme. Au modèle autonomiste de la pratique et de l’éthique médicales, qui entraîne la rupture de l’homme avec la nature, on peut ainsi opposer l’hétéronomie résolument affirmée par l’ostéopathie à travers les notions essentielles d’interrelation (de la structure et de la fonction, de l’homme et de son environnement), d’interdépendance (des parties du corps, du corps et de l’esprit) et aussi d’intersubjectivité, le soignant ne pouvant faire l’économie d’un échange véritable avec le sujet du soin. Les auteurs


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