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19 /08/11


Le mot de la semaine DIGITAL BREAK Jeudi 28 Juillet. 7H30. Paris Applications mises à jour, Podcasts et playlists synchronisés. Un dernier Push compulsif sur les deux icônes bleues. 2 Likes, 1 Retweet. PNC aux portes, armement des toboggans, vérification de la porte opposée. Mode Avion. 3 semaines, en mer, à l’étranger. Durant ces vacances, mon Digital World risque d’avoir des allures de Digi-Graal. Il fait frais dans le pré-automne parisien, pourtant une goutte perle sur mon front. « Comment vais-je tenir sans lever le pouce ? Combien d’anniversaires, d’events, de mails et autres posts de Francis Pluntz vais-je manquer..? Et mes followers, comment vont-ils faire ? Et si la sortie de l’iPhone 5 est décalée et que je suis le dernier à l’apprendre…?» Souffle court. La seule idée de réduire mes Social-clics me donne l’impression d’arrêter de fumer. Ressaisis-toi, vacances, décompression. DÉCONNEXION. Un jour au large. Puis deux. Je troque l’iPod pour Public sur iPad. Public pour Michael Connelly. Sur papier. Deux semaines. 5 romans, 12 heures de voile, un banc de dauphins. La nuit : les étoiles, sans même lancer l’application « Carte du Ciel » achetée avec entrain la veille de mon départ. Orbite analogique, dans laquelle je me complais, finalement. Lundi 15 Août. 11H. Orly Sud Facebook. Twitter. DDBoîte. Le monde digital se remet à tourner, aussi vite qu’il s’était arrêté. A nos Likes manqués. Timothée Desruelles, Chef de Publicité


“on en parle” Blackberry : Jeu de mains, jeu de vilains.

NDLR : Glaives et boucliers du printemps arabe, les smartphones et les réseaux sociaux s’étaient fait les étendards de libération des peuples. Mais sur l’autel des révolutions, ces bijoux de technologies semblent être tour à tour l’instrument du bien et du mal. C’est en effet par échange de SMS et de BBM (le service de messagerie instantannée de BlackBerry) que les émeutiers londoniens ont organisé la terreur, plaçant le gouvernement britannique devant un choix cornélien : utiliser ou non les données personnelles des troublefête pour endiguer la vague de violence. David Cameron a rapidement éludé ce dilemme en sollicitant la collaboration de Blackberry dans l’identification des principaux suspects et fait condamné deux jeunes à 4 ans de prison ferme pour création d’événements Facebook incitant à la violence. J.D. ‘Au final, je ne sais plus si Blackberry est du côté des gentils ou des méchants. On n’a pas fini d’entendre parler de cette obscure collaboration.’ M.J. ‘Google face à Pekin, et maintenant Blackberry face à Londres. Si la nouvelle marche du monde fait s’opposer les mastodontes du numérique aux pouvoirs politiques, on ne sait plus à qui faire confiance..’’ A.P. ‘Encore une énième dérive des événements Facebook...’ F.S. ‘Encore un gouvernement complètement dépassé par la puissance du web et des nouvelles technologies... qui verse dans l’autoritarisme. Il est incroyable que Cameron suggère explicitement le recours à la censure!’


la bonne idée Visit Wales : We want Piers Bramhall Type de campagne : Social Brand Content Le contexte : Le Pays de Galles n’est pas une destination très prisée des jeunes britanniques, malgré des paysages de carte postale et un peuple réputé chaleureux. Ils sont nombreux à préférer des vacances reposantes, festives, peu onéreuses et évitent les contraintes d’organisation (d’où le succès des formules «clés en main») mais sont réceptifs aux avis partagés entre internautes. La problématique : Comment utiliser le levier conversationnel pour convaincre les jeunes britanniques qu’il est stimulant de passer ses vacances au Pays de Galles ? L’insight : ‘Au fond, je crois plus aux scénarios d’émissions de télé-réalité qu’aux messages publicitaires (dont je me méfie) car je peux m’identifier à des expériences de vie commune’ L’idée : On invite un jeune couple britannique middle-class représentatif : Piers préfère se la couler douce en vacances, Emma aimerait qu’il ait plus le goût de l’aventure. Pendant leur séjour, les internautes pourront commenter et suivre en temps réel la vie du couple et même participer à leur programme en suggérant des activités. 6 films sous forme de web série sociale viendront animer la communauté. Au final, un spot TV de 40 secondes résumera leur expérience. On touche ainsi naturellement le coeur de cible qui aura vu naître les réseaux sociaux et la télé-réalité. C’est le passage réussi du story-telling au story-sharing. La fanpage : http://www.facebook.com/visitwales La première vidéo : http://bit.ly/q8n3H2


la moins bonne idée Axe s’est brûlé les ailes Axe vient de lancer au Canada une plate-forme digitale destinée à centraliser les contenus qu’elle produit et fédérer ses fans autour de son univers de marque. Habitués à des prises de parole toutes entières dédiées à la démonstration du bénéfice produit - d’ailleurs institutionnalisé sous le nom ‘d’Effet Axe’ - c’est avec déception que l’on se retrouve nez-à-nez face à une ambition relationnelle qui transpire le mielleux. Conçu sous forme de blog, ‘The Axe Channel’ entend servir ce virage stratégique : la marque sera désormais l’entremetteur entre les filles et les garçons. Un facilitateur de rencontre. Le nouveau ‘Meetic’ des produits cosmétiques masculins. Si le style légendaire d’Axe continue de transparaître dans la tonalité des articles et la sélection des contenus crowdsourcés (voir la galerie de photos What The F***), on ne peut s’empêcher de regretter ce jeu de dupe dans lequel nous entraîne la marque. Car l’effet Axe est un effet magique : ce sont des produits qui ne promettent pas aux garçons de les rendre plus ‘comme ceci’ ou plus ‘comme cela’, afin d’être plus attractifs et plus ‘successful’ auprès de la gente féminine. Non, l’effet Axe c’est la catharsis des fantasmes d’un jeune mâle imparfait mais intransigeant, qui refuse le besoin. Qui dit pas de besoin, dit pas d’effort. Et donc pas une goutte de sueur versée au nom de la séduction. Les ‘Axe Girls’ leur tombent d’ailleurs dans les bras (après être tombées du ciel). Or, la ligne éditoriale d’Axe Channel repose sur le partage de conseils de séduction : la marque y dresse une liste de hotspots pour aller draguer, ou verse dans le chiffon et la dentelle... Pire certains billets révèlent les bonnes adresses pour s’organiser une ‘bouffe d’homme viril’ à la Old Spice. Si la construction d’une plate-forme de contenus destinés à être viralisés par les fans est légitime, le respect de l’imaginaire était ici une condition sine qua none pour passer le cap de la marque vénérée à la marque recommandée. Raté. The Axe Channel : http://www.axe.ca/axechannel


à découvrir Good job, The World is Saved ! Entre la sauvegarde d’une partie de jeu virtuel et celle du monde il n’y a qu’un pas. Ou presque. C’est ce que conte Danny Wiessner dans ce clip pixel art présentant l’archétype du rétro gamer dont l’enfance fut bercée par des quêtes chevaleresques virtuelles. Ces scénarios manichéens, sur fond d’univers médiévaux fantastiques tous plus épiques les uns que les autres, mettent en scène l’innocent héros aux prises avec les forces du mal. Ces simulacres de parodies pourraient prêter à sourire s’ils n’étaient pas le reflet des aspirations secrètes et profondes des joueurs contemporains. Oui, ce gamer aux cernes creusées qui ne dort pas, ne mange pas et ne fait pas son lit est un chevalier refoulé en son fort intérieur. Il n’aspire en réalité qu’à de vertes et vastes plaines à parcourir en chevauchant un fier destrier sous un onirique ciel étoilé, combattant vaillamment de vrais et affreux méchants en vue de porter secours – et ainsi prouver sa bravoure - à une belle damoiselle. Vieux et moins vieux, les gamers apparaissent comme de doux rêveurs idéalistes en quête d’émotion, d’adrénaline et d’aventures galvanisantes faisant travailler leur imaginaire : une évasion, à la manière de la lecture d’un roman dont on serait le héros, permettant de fuire le modèle d’une société beaucoup plus fade et désenchantée que celles auxquels les jeux vidéos peuvent nous donner accès par procuration. Donc oui, les gamers sont de belles personnes motivées par de nobles sentiments : être brave, héroïque et sauver le monde. Mesdames vous savez ce qu’il vous reste à faire vis-à-vis de ces chevalier servants du virtuel…


le digital est partout Un gros dodo contre des lingots

Tout le monde s’accorde à penser que réaliser un don est une bonne action, cela relève du sens commun. En dépit de cette considération, et malgré toute notre bonne foi, le don est -comme d’autres responsabilitéssujet à un fléau particulier : la procrastination. ‘Ce n’est jamais le bon moment’... ‘On aimerait le faire, mais on manque de temps.’ Bref, il existe toujours une bonne raison de ne pas le faire, et surtout il subsite cet ultime effort qui nous paraît bien incommensurable ajoutés à tous les autres de la vie quotidienne. La start-up LetGive a trouvé une solution astucieuse : plutôt que de vous inciter formellement à donner de l’argent, les entrepreneurs en herbe ont voulu associer une action positive - le don - à un insight plutôt négatif de la vie quotidienne - la difficulté à se lever le matin, transformant la ‘contrainte’ en véritable ‘plaisir’. De ce postulat découle l’application Snooze, une application réveil matin ordinaire, agrémentée de la fonctionnalité ‘Snooze’ : celle-ci permet de bénéficier d’une remise de peine (prolongement de notre état comateux matinal de quelques minutes) mais reverse pour chaque minute supplémentaire, passée à dormir, un micro don de 0,25$ à l’association caritative de notre choix. À la fin du mois, tous les ‘Snooze’ sont comptabilisés et additionnés pour former la somme : il appartient alors aux lève-tard de choisir ou non de reverser cette somme promise. En bonus, vous pourrez enfin avoir bonne conscience en entrant dans une salle de réunion avec un quart d’heure de retard... et vous empresser de vous justifier ‘J’étais trop occupé à dormir pour un monde meilleur!’ Télécharger l’application : http://www.letgive.com/application/snooze


Les marques agissent Powerade, entraînement à la Coupe du Monde

Challenger de Gatorade, marque du groupe Pepsi Co, Powerade est le poulain de Coca Cola dans le royaume des boissons sportives énergétiques. Comme sa grande soeur, la marque a pour habitude de s’associer aux fédérations sportives historiques (i.e. FIFA), ainsi qu’aux grands rendez-vous (i.e. J.O). À l’aube de l’ouverture de la Coupe du Monde de rugby à Auckland, Powerade, partenaire officiel des All Blacks, propose un challenge sur-mesure aux habitants de la capitale néo-zélandaise. Ces derniers peuvent s’inscrire à une course de 9km dans les rues de la ville via un site dédié. Équipés d’un bracelet RFID qu’ils reçoivent une fois leur inscription confirmée, les participants enregistreront leur temps à différentes étapes du parcours, en plaçant le bracelet sur un distributeur Powerade. Cela leur permettra non seulement de connaître en temps réel leur niveau par rapport à celui des autres participants, mais également et surtout de comparer leur performance à celle des athlètes des All Blacks, qui se seront préalablement pliés à l’exercice. Une opération qui permet de créer un bassin d’ambassadeurs en amont de l’ouverture de la Coupe du Monde et de nourrir un effet miroir entre l’effort des athlètes et celui des fans. Powerade n’est peut-être pas pionnière dans l’utilisation de la technologie RFID (ie. Area 22 par Guinness en 2009, The Coca Cola Village en 2010, Axe Boat 2011, etc.) mais elle se plie à un usage malin permettant de personnaliser tout en événementialisant une opération ‘glocale’. Le site de l’opération : http://www.powerade.co.nz


le www.

de la semaine 11 (onze)moissanstoi(t).com Q

Qui n’a jamais rêvé de tout plaquer pour partir effectuer un gigantesque roadtrip aux quatre coins du globe? Ces deux oiseaux (français) l’ont fait : Philippe et Josué se sont coupés du monde pour mieux s’en rapprocher. Alors que partir en voyage rime souvent avec l’envie de se déconnecter, eux ont choisi de rester connectés tout au long de leur périple. Si celui-ci vient de s’achever, il était possible d’interagir avec le duo en leur proposant des lieux à aller visiter, des bons plans de pieds à terre ou encore des rendez-vous si l’on souhaitait les rencontrer. Leurs empreintes numériques (Tweets, Statuts Facebook, albums Flickr et Picasa, vidéos YouTube, etc.), répertoriées sur une carte tels les cailloux du Petit Poucet, permettent de vivre en simultané ou à posteriori le voyage des deux amis. Le site constitue donc à lui seul un tour du monde par procuration, une mine d’information et un incitateur au voyage, démontrant par la même que ‘freestyle roadtrip’ et ‘social networking & digital life’ sont très loin d’être antagonistes. Le site : http://www.11moissanstoi.com


la vidéo culte Kittywood, enfin la vérité sur les Lolcats

The sitting cat, the invisible bike cat, the sniper cat, the keyboard cat, the dramatic face cat, the speaking cats... la liste des stars félines du net n’a de cesse de s’allonger. Les chats du web n’ont rien d’un épiphénomène : ils sont les ambassadeurs du Web 2.0, en sont une marque de fabrique et font partie intégrante de son identité. Pixels Per Second (aka Joe Nicolosi, un directeur artistique américain) propose de lever le voile sur l’industrie du Lolcat. Vous qui croyiez que des millions d’internautes, éparpillés sur la toile se sont fédérés naturellement autour de cette passion commune, vous étiez bien naïfs. Derrière cet engouement, se cache la main de fer d’une tentaculaire société de production américaine spécialisée dans la ‘cat’-production: Kittywood. Présentée sous la forme d’un mystérieux making-of de documentaire, la vidéo démystifie tous les films de lolcats aux dizaines de millions de vues que compte YouTube en présentant l’envers du décor: une mécanique rodée, des vidéos scriptées et des chats acteurs sous contrat ! Cette mise en scène, digne d’un imaginaire tout droit sorti de la poche d’Orson Welles, pose avec ironie et recul, la question du succès des Lolcats. Pour le créateur de Kittywood, il ne fait aucun doute que ‘The future of internet are the cats’ et on veut bien le croire tant ces bestioles génèrent du trafic (30% selon la vidéo...). Le vrai (faux) documentaire : http://bit.ly/documentaire_lolcats Arbre généalogique des lolcats : http://bit.ly/lolcats_genealogie


incroyable

o

369

C’est le nombre de millions d’internautes en Europe recensés au mois de Juin 2011, avec une moyenne de 26,1 heures passées en ligne par personne. source comScore


news du monde digital _Google rachète Motorola Mobility pour 12,5 milliards de dollars_

_Adobe Muse téléchargeable gratuitement en bêta_

_Twitter prépare un système antispam_

_Un iPhone “low cost” pour septembre?_

Larry Page, le fondateur de Google, a annoncé en personne la nouvelle, faisant au passage reculer le Nasdaq de 2%. Les investisseurs trouvent que l’addition est un peu salée alors même que Motorola était déjà partenaire de Google. Mais cette action s’inscrit dans le cadre de la guerre des brevets : Google ayant perdu les brevets de Nortel face au consortium (Apple, EMC, Ericsson, Microsoft, RIM et Sony) qui les a rachetés pour 4,5 milliards de dollars, il lui fallait donc agir pour protéger son OS mobile Android - en rachetant Motorola Mobility - et ses 25 000 brevets - pour la modique somme de 12,5 milliards dollars (un tiers de la réserve cash de Mountain View). Prochain épisode dans un peu plus de 15 jours avec l’arrivée sur le marché de l’iPhone5 ! Twitter, plus que n’importe quelle autre plateforme sociale, est sujet aux spams et comptes fictifs/inactifs. De récentes études sur le réseau de micro-blogging ont fait apparaître que 40 à 60% des membres du site sont inactifs, contribuant ainsi à construire une image du service peu engageante. En réponse à un utilisateur, le PDG de Twitter, Dick Costolo, a lui-même annoncé sur son fil Twitter que les équipes du petit oiseau bleu travaillaient sur un système antispam en temps réel : ‘Yep, we’re working on it. We are trying to migrate from “reactive” to “realtime” to “predictive” on that front’. Peu d’informations ont filtré pour le moment, mais la réalisation de ce système antispam en temps réel s’annonce délicate au niveau de sa mécanique: il serait préjudiciable que Twitter supprime des utilisateurs de son service, alors même qu’il peine à atteindre une masse critique par rapport à Facebook.

Il s’agit du dernier outil de webdesign produit par Adobe pour compenser la perte de vitesse de Flash face au HTML5 qui sera intégré dans la suite CS6. Le logiciel développé sous AIR ne sera pas vendu mais sujet à un abonnement mensuel ou annuel, correspondant à la nouvelle politique Adobe visant à lutter contre le piratage de ses logiciels. Muse a tout l’air d’un WYSIWYG (What You See Is What You Get) produisant un code HTML qui fera sauter au plafond tous les développeurs mais ravira les néophytes peu compétents en webdesign. Le logiciel n’aura pas la prétention de produire un code digne des plus grands sites mais permettra à tout-un-chacun de concevoir des sites en étant dépourvu de toute connaissance CSS, HTML ou Java... C’est la rumeur qui court sur la marque à la pomme depuis le lancement de l’iPhone 4. (ndlr: rumeur évoquée en février par le Wall Street Journal). Les dernières révélations du site spécialisé Apple’N’Apps, possédant des sources proches d’Apple nous apprend que ce smartphone ‘low cost’ serait en réalité la star de la rentrée devant l’iPhone 5, un smartphone à bas coût qui fonctionnerait autour du service ‘iCloud’ reposant sur un stockage dématérialisé des données personnelles. Cet iPhone serait proposé à un prix très attractif voire gratuitement sous certaines conditions dès la fin du mois de septembre. Le rendez-vous est pris.


Le Digital Post n°65