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21 /01/11


Le mot de la semaine Va et vient Quel que soit le sujet, pour écrire il faut réfléchir, et lorsqu’on me demande de potasser sur le digital, je grince des dents. Je renâcle car je pense au temps qu’il me prend chaque jour, que ce soit professionnellement ou dans mes loisirs. Pour un outil censé aider l’humanité à gagner du temps, le digital est vachement chronophage. Pendant que j’utilise Word pour vous en parler, une petite voix me pousse à vérifier que le monde ne tourne pas trop vite à mon insu. Alors je me mets à cliquer frénétiquement pour rafraîchir ma home page Facebook, consulter mes boîtes de réception professionnelle et personnelle. Je vérifie sur mon Netvibes que les blogs ne se sont pas étoffés, apportant à mon réseau l’avantage d’informations plus fraîches de quelques secondes. Ce soir, lorsque l’agence se videra pour le week-end, le concert de scrolls et touches de clavier s’arrêtera. Je quitterai mon iMac pour rejoindre la rue et d’autres gens faits de chair et de sang. Cependant, le digital restera présent dans ma poche, niché dans mon téléphone, comme un petit doudou rassurant, saisissable à la moindre seconde d’ennui. Il permettra de me donner une contenance, un air affairé plutôt que dérouté, mais il m’écartera des pages de romans, du regard d’une jolie fille ou d’un fragment de vraie vie. De retour chez moi, regarder un film ne me tentera pas : un DVD dure plus longtemps qu’une vidéo YouTube. Allons voir ce qu’il se passe dehors. Travailler dans le digital revient à œuvrer dans un va et vient paradoxal qui écarte du cœur du sujet, mais en même temps le nourrit. La preuve ? En pianotant sur mon clavier, je pense à des références. Gainsbourg dans son bain, citant Bossuet à Birkin. Pif, paf, pof, en trois clics je retrouve la source et l’accommode à ma façon : « Qu’est-ce autre chose que le digital qu’un mouvement alternatif, qui va de l’appétit au dégoût et du dégoût à l’appétit ? » Ma vie est devenue à l’image de ce va et vient. En ce début d’année, j’ai pris une bonne résolution : Internet c’est la semaine, au bureau, mais pas chez moi, et le dimanche, mon portable est éteint. Où est le paradoxe ? C’est justement cette pause qui nourrit mon travail digital. http://bit.ly/GainsbourgEtBirkin

Foucauld Duchange, concepteur-rédacteur, DDB° Paris


“on en parle” Wikipedia fête ses 10 ans NDLR : L’encyclopédie collaborative Wikipedia a fêté cette semaine ses 10 ans d’existence. L’un des premiers sites Web participatifs est aujourd’hui disponible en 267 langues. Au total, 17 millions d’articles ont été publiés par des contributeurs de tous pays. Comme à ses débuts, Wikipedia continue de faire débat : validité des infos, pertinence de cette ‘collaboration’ qui donne la même valeur aux interventions des experts comme des néophytes, dérapages, manipulations, Wikipedia est toujours en mouvement. ‘Pendant des années, ce fut une réelle construction intellectuelle enrichissante et passionnante. Depuis 2008, la qualité se dégrade, les erreurs sont innombrables et le travail de vérification est devenu impossible.’ ‘Wikipedia est au savoir ce qu’un fast-food est à la gastronomie : basique et insipide. Ce site peut aider des lycéens qui ne fréquentent pas une bibliothèque, mais ce n’est en aucun cas une encyclopédie.’ ‘Entre un savoir précis mais non accessible et un savoir plus basique mais qui permet, par sa gratuité, d’être accessible à tous, mon choix est vite fait !’ ‘Un vrai service gratuit sans pub et sans arnaque : voilà un exemple à suivre pour tout le monde...’ Parmi les dizaines de vidéos qui tournent sur l’événement, regardez : http://bit.ly/TheStateOfWikipedia


le cas EA Games demande l’avis de ta mère Le contexte : Dead Space est un jeu vidéo controversé, édité par EA Games, qui s’est vendu à environ 1 million d’exemplaires dans le monde depuis sa sortie en 2008. En raison de son caractère violent, le jeu est interdit dans plusieurs pays, notamment au Japon. Le 27 janvier prochain, ‘le cauchemar recommence’ : EA Games lance Dead Space 2, la suite. La problématique : Comment émerger auprès d’une cible de jeunes gamers, déjà bombardés de messages publicitaires et habitués à les déjouer ? La réponse : avec un insight fort. L’insight : ‘Plus ta mère va le détester, plus toi, tu vas l’adorer.’ L’idée : ‘Your Mom hates this.’ Une série de vidéos de vraies mamans filmées pendant de vrais groupes conso en train de s’affoler devant de vrais extraits du jeu. Et une chance de gagner le jeu en filmant sa propre mère affolée. Effet garanti auprès de la cible. Les vidéos sur la chaîne YouTube : http://www.youtube.com/user/deadspace Le site : http://yourmomhatesthis.com/


la fausse bonne idée La vitesse tue et le clic ne sauve pas Speed est un petit village perdu au fin fond de l’Australie. Pour le bien commun et sous l’impulsion de la sécurité routière australienne, les habitants de Speed ont accepté de débaptiser leur village en ‘Speed kills’ (la vitesse tue) si 10.000 personnes ‘likaient’ la page Facebook. L’idée est simple, concernante, elle raconte un changement, donc évoque un changement de comportement, elle est soutenue par un film original, et elle a par conséquent très très bien fonctionné : aujourd’hui, plus de 20.000 personnes sont fans de ‘Rename Speed’ sur Facebook. Oui mais voilà : est-ce bien une ‘idée sociale’ ? En d’autres termes, quel est le sens de ce ‘aidez-nous’ lancé par les habitants de Speed ? Pourquoi ont-ils besoin de mobiliser les foules pour débaptiser leur village ? Ne peuvent-ils pas le faire de leur propre chef ? Et quelle est la valeur de cette mobilisation ? Un ‘like’, purement théorique, qui n’exige rien d’autre qu’un clic ? Là où certains annonceurs réussissent parfois à donner du sens et du poids à ce clic (on pense à la campagne ‘Whopper Sacrifice’ de Burger King, où il s’agissait vraiment de ‘sacrifier’ des amis), la campagne ‘Rename Speed’ n’en donne aucun. L’idée est excellente ; et son déploiement social ne lui apporte rien. La page Facebook : http://www.facebook.com/speedkills Le film TV : http://bit.ly/RenameSpeedTV


à découvrir Devenir e-mortel, c’est presque possible Tout conserver, des photos de famille aux bilans de santé, des factures aux messages vocaux, pour créer un double de soi, un avatar numérique à la mémoire infaillible, à la vie éternelle. Ce projet, aujourd’hui fou, sera ‘banal’ demain, affirme Gordon Bell, informaticien et consultant de Microsoft, qui numérise sa vie depuis 1998. Dans un livre fait pour buzzer, Total Recall (Mémoire totale), qui vient de paraître, il détaille son expérience: caméra 360 degrés incorporée dans un collier, enregistreur toujours branché, appareil photo relié au GPS pour capter le présent. Ce passage de la science-fiction à une forme d’administration de soi est d’autant plus troublant qu’il est réalisable : pour 75 euros, chacun (dixit l’auteur) pourra s’offrir en 2020, quelque ‘250 téraoctets de mémoire, de quoi enregistrer des dizaines de milliers d’heures de vidéos et des millions de photographies’. Et ne plus jamais rien oublier de lui-même. (source Le Figaro) Le livre : http://amzn.to/TotalRecallLivre


le digital est partout ... surtout dans les rues de Londres Cette appli existe depuis quelques mois mais puisqu’elle vient d’être primée, c’est l’occasion de la découvrir ici, dans le Digital Post. Les musées de Londres ne savaient pas comment exploiter leur fond photographique des rues des siècles passés. L’idée : créer une application qui géo-localise ses utilisateurs et leur propose, en réalité augmentée, de visualiser l’endroit où ils se trouvent tel qu’il était avant. Ou comment le digital donne une autre dimension à une simple balade dans les rues de la capitale britannique. Et comment il permet de valoriser et de partager avec le plus grand nombre une vaste base de données qui aurait pu rester ignorée de tous. En savoir plus : http://bit.ly/lesruesdelondres


Les marques agissent General Electric donne à voir ses données Combien de CO2 émis pour jouer à World of Warcraft tous les ans ? Pour envoyer un email ? Pour une requête Google ? Voilà le type de questions auquel tente de répondre la nouvelle interface de data-visualisation proposée par l’énergéticien américain General Electric. L’objectif de cette nouvelle interface: promouvoir la data-visualisation comme outil de simplification de problématiques complexes (l’un des nouveaux chevaux de bataille de GE) et, plus précisément, le nouveau site de GE, visualizing. org, qui permet à chacun de récupérer des données, de partager ses modules de data-viz et qui lance des ‘challenges de data-visualisation’ aux internautes. Une bonne idée pour impliquer le grand public dans ses problématiques. À visiter. L’interface : http://bit.ly/DataVizGE Le nouveau site GE dont il est question : http://www.visualizing.org/


le www. de la semaine Souvenirs, souvenirs

Pour sa 53e cérémonie (qui se déroulera le 13 février prochain), l’académie des Grammy Awards propose aux internautes une carte interactive qui leur permet de sélectionner un endroit qui leur est cher, d’y attacher un souvenir et un morceau de musique. La formule existe aussi en appli mobile. Un combiné de géolocalisation et de musique sociale qui fait sens et qui rend le surf sur ce site surprenant et attachant. Visiter le site : http://musicislifeismusic.com


la vidéo de la semaine Jouons encore un peu A découvrir cette semaine, l’histoire des jeux vidéo en quelques minutes. De Pac-Man à Rock Band, en passant par Sonic, Donkey Kong et Super Mario : cette vidéo permet de revisiter nos grands classiques, héros ou technologies. À noter : il manque quand même Kinect, la dernière technologie de Microsoft, qui permet aux joueurs de se passer de manettes ou de commandes sur Xbox 360 et qui s’est vendue à 300.000 exemplaires en France pour plus de 8 millions d’exemplaires dans le monde... Voir la vidéo : http://vimeo.com/18743950


incroyable

200

C’est, en millions, le nombre de comptes sur Twitter dans le monde. À noter : un pic record de 6.900 tweets par seconde le 1er janvier 2011 aux alentours de minuit au Japon, pour une moyenne de 95 millions de tweets par jour. 95,8% des utilisateurs ont moins de 500 abonnés, 58% entre 5 et 10 abonnés, 21% 100 abonnés ou plus et 2,05% plus de 1000 abonnés. (source Twitter, janvier 2010)


news du monde digital _Les pirates ont la cote_

Selon une étude réalisée pour l’Hadopi, près d’un internaute français sur deux (49%) déclare consommer des biens culturels de façon illicite, c’est-à-dire qu’ils téléchargent illégalement des œuvres culturelles sur Internet.

_L’industrie musicale en crise_

En 2010, la tendance s’est confirmée, puisque les ventes mondiales de musique, CD et téléchargements légaux compris, ont baissé de 8 à 9% par rapport à 2009. Sur les sept dernières années, le marché s’est écroulé de 31%, selon la Fédération internationale de l’industrie phonographique (FIIP).

_L’App Store cartonne_

Un chiffre rond annoncé cette semaine par Apple : depuis que l’App Store existe (deux ans et demi), ce sont 10 milliards d’applications qui ont été téléchargées depuis le Store. Pour fêter cet événement, Apple a offert un bon d’achat de 10.000 dollars sur iTunes à son dix milliardième client, une mère de famille britannique.

_Orange investit dans Dailymotion_

Selon lexpress.fr, Orange devrait prendre entre 30% et 50% du capital de Dailymotion, la plate-forme française de partage de vidéos. En novembre, Dailymotion a réuni près de 11,2 millions de visiteurs uniques sur son site en France, selon Médiamétrie.


Le Digital Post n°42