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01 /10/10


Le mot de la semaine Je suis une Digital Native Je suis une Digital Native. Google est mon cerveau, Facebook mon journal intime. YouTube est ma télévision et Spotify ma chaîne hi-fi. Le matin, j’ouvre Météo App avant d’ouvrir les volets. Je n’ai jamais su lire une carte routière. Quand j’éteins mon iPhone, je suis en cure de désintox’. Je ne ris pas, je dis LOL. J’entends déjà crier à l’aliénation : vous m’imaginez enfermée dans un carcan virtuel, mes sens atrophiés et mon corps réduit à une paire de mains pianotantes et deux yeux ébahis, observant le monde à travers quelques milliers de pixels ; vivant ma vie par procuration. Mais je vis ma vie en Technicolor. Une vie pleine de mots, de sons et d’images, pleine d’histoires et de musiques, une vie virevoltante où tout est possible, une vie enchantée, au cœur d’un monde désenchanté. Réel ou virtuel, qu’importe du moment que les sens s’éveillent. Et qu’ils se démultiplient. Le digital, c’est la puissance de l’émotion libérée de la pesanteur du corps, c’est un monde aérien où la caresse du doigt est toute-puissante, l’énième revanche des hommes sur une nature qui leur échappe, l’ultime échappatoire. Une revanche fictive certes, une libération toute imaginaire, un rêve grisant dont il faut bien se réveiller un jour. Et c’est dans cette brèche que git la beauté du digital, cette brèche vers laquelle nous dérivons dangereusement avant de nous en extirper pour retrouver la chaleur du monde réel. Car rien n’est plus agréable que le moment de la déconnexion, ce retour au solide et à la chair où la vraie vie semble soudain plus excitante que tous les rêves du monde. Je suis une Digital Native et le digital me sauve tous les jours, en me rendant nostalgique de la réalité.

Agathe Marian, planneuse stratégique, DDB° Paris


“on en parle” French Connection en très haut débit NDLR: C’est l’innovation de la semaine sur YouTube : la marque de prêt-à-porter French Connection vient d’ouvrir une boutique en ligne, baptisée YouTique, sur la plate-forme de partage de vidéos, à destination de ses clientes britanniques. Plusieurs tenues sont présentées par une styliste. Les vidéos sont interactives, ce qui permet, en cliquant sur un produit, d’être dirigé sur le site d’e-commerce de la marque. French Connection avait déjà beaucoup fait parler en présentant en mars dernier la première campagne digitale qui utilisait Chat Roulette. ‘Je trouve l’appellation ‘boutique’ un peu abusive. Pour moi, s’il n’y a pas de shopping cart, il n’y a pas ‘boutique’, c’est au mieux une (très belle) vitrine.’ ‘YouTube sert à tout ! On est vraiment entrés dans l’ère de la vidéo sur Internet !’ ‘Voilà une expérience en ligne interactive et personnalisable, qui pose plein de questions sur l’avenir du retail… Si ça continue comme ça, on n’aura bientôt plus aucune raison d’aller faire les boutiques in real life…’ La chaîne YouTube: http://www.youtube.com/frenchconnection


la bonne idée Diesel, pas si stupide que ça Le contexte : Diesel lance sa collection de sneakers pour l’hiver 2010 sur un marché de l’urban street wear ultra-concurrentiel et trusté par des mastodontes venus de l’univers du sport et de l’univers de la mode. La problématique : Comment créer du désir pour les sneakers Diesel (des chaussures de sport, en principe) en respectant les codes audacieux, iconoclastes et provocants de la marque ? L’insight : ‘On court lorsqu’on a peur. Peur de prendre du poids, peur d’être en retard. Mais Diesel, c’est la stupidité et la stupidité n’a peur de rien.’ L’idée : ‘Not made for running’. Une campagne ‘globale’ autour de l’idée (donc) que ces baskets n’ont pas été conçues pour courir mais… pour donner des ‘coups de pied au cul’. La campagne se décline autour de ce thème avec : une série de vidéos à vocation ‘virale’, la possibilité de ‘donner des coups de pied au cul’ virtuel à la cible de son choix, un module ‘rythmique’ qui permet de choisir la cadence et la création/ promotion d’un hashtag spécial (un mot-clé rendu reconnaissable par le symbole qui le précède et qui permet de tisser un réseau sémantique) sur Twitter ‘#kickthisass’. La campagne est relayée depuis le 1er octobre dans les boutiques Diesel. Tout sur le site : http://www.diesel.com/sneakers/


la moins bonne idée Quand ‘engagement’ ne rime pas avec ‘engagement’ L’armée de Nouvelle-Zélande se lance sur YouTube en proposant à ses futures recrues un jeu de tir complètement addictif. Vous avez une arme, un viseur, une cible qui s’éloigne, plus d’une dizaine de niveaux à compléter, des badges à débloquer, des vents à prévoir, votre respiration à contrôler… Si on s’écoutait, on pourrait y passer des heures. Une expérience très engageante pour le joueur. Oui mais voilà, ce jeu est tellement bien fait… qu’il donne envie d’y jouer ! Et qu’il ne donne donc pas forcément (du tout ?) envie de visiter le site institutionnel qui s’y rattache et qui délivre, lui, toutes les informations qui pourraient intéresser les éventuelles recrues. Alors oui, sur Internet aujourd’hui, le jeu est devenu un outil de communication incontournable pour les marques et les institutions, parce qu’il crée de l’engagement, de la sympathie et de la proximité. Mais c’est un moyen, non une fin. L’objectif n’est pas d’amuser son audience, mais de délivrer un message. Un objectif que l’armée néo-zélandaise a visiblement perdu en route. Le jeu sur YouTube : http://bit.ly/NZGame


à découvrir Pourquoi la révolution ne passera pas par Twitter Malcolm Gladwell est journaliste au New Yorker et écrivain. Il est notamment célèbre pour être l’auteur de The Tipping Point (le Point de Bascule) paru en 2006, un best-seller mondial qui étudie pourquoi et comment les idées, les mouvements, les changements se propagent dans la société. Cette fois, il confronte ce phénomène au prisme des médias sociaux dans son dernier article pour le New Yorker. Sa vision ‘politique’ de la mobilisation et de l’activisme est pleine d’enseignements pour ‘nous’, qui cherchons sans cesse à créer de ‘l’engagement’ avec nos marques. Quelle est la nature et la qualité des liens qui unissent des communautés réelles ou virtuelles ? Qu’est-ce qui a fait naître l’activisme, de tout temps ? Pourquoi s’engage-t-on pour une cause sur le web ? Que signifie vraiment cet ‘engagement’ ? Gladwell répond : ‘Les réseaux sociaux ne favorisent pas la motivation des gens pour telle ou telle cause, ce n’est pas vrai. Ce que les réseaux sociaux favorisent, c’est la participation et ce, en diminuant largement le niveau de motivation nécessaire à la participation.’ Passionnant. Lire l’article : http://nyr.kr/GladwellNewYorker


le digital est partout Après les bouteilles à la mer, les cartes mémoire dans le ciel ‘Project Space Planes’, c’est la nouvelle campagne ‘poétique’ de Samsung. L’idée : envoyer un ballon météo aux confins de l’atmosphère et ‘larguer’ de tout là-haut 100 petits avions en papier, équipés chacun d’une carte mémoire Samsung, avec votre message (plein de messages de plein de gens) déposé dedans. Une façon très spectaculaire pour Samsung d’éprouver la fiabilité, la capacité et la solidité de ses cartes. C’est joli, mais ça n’est pas nouveau, car les marques ont souvent recours à l’espace quand elles cherchent à donner ce type de preuves. Souvenez-vous du ‘Toshiba Space Chair Project’ l’année dernière, où il était question de prouver la fiabilité des nouvelles caméras numériques Toshiba. Le ‘Toshiba Space Chair Project’ : http://bit.ly/ToshibaSpaceChair Tout sur le site ‘Project Space Planes’ : http://projectspaceplanes.com/


Les marques agissent American Express joue la carte du shopping social American Express vient de lancer une application baptisée Social Currency qui marche avec l’outil de géolocalisation sociale Foursquare. L’idée : partager ses achats en temps réel avec son réseau. Après un ‘check in’, Social Currency permet à l’utilisateur de signaler un achat à sa communauté, éventuellement à l’aide d’une photo. L’application n’est pas accessible en France. Le pionnier du ‘social shopping&banking’ aux Etats-Unis, c’est le site Blippy, qui se connecte automatiquement aux comptes bancaires de ses utilisateurs pour qu’ils s’aident, collectivement, à mieux gérer (et dépenser) leur argent. Pour American Express, deux dangers : le premier, lancer une application qui fonctionne avec Foursquare au moment même où Facebook inonde le monde entier avec son outil de géo-localisation Facebook Places, ça dénote vraiment un manque d’opportunisme. Le second : les consos ont-ils vraiment envie que leur marque de moyen de paiement leur parle ‘social’ ? N’attendent-ils pas plutôt l’inverse, de la confidentialité ? Retrouver Blippy : http://blippy.com/ Découvrir Social Currency : http://bit.ly/SocialCurrencyAmex


le www. de la semaine Se perdre en forêt

Le site Timberland Earthkeeper qui fait la promotion du nouveau modèle écologique de la marque rappelle furieusement le site Wrangler. Même système de navigation, même qualité d’image, même démarche originale pour présenter le produit. Même mise en scène du déséquilibre. Cette fois, Timberland propose de voir le site en 3D (enfin, si on a des lunettes). Voilà une expérience digitale qui nous plonge en pleine nature et qui donne envie d’enfiler des chaussures écolos et de se perdre en forêt. Le site : http://earthkeepers.timberland.com/


la vidéo culte En fait, Google est méchant L’association de défense des consommateurs américains Consumer Watchdog s’est payé un énorme coup marketing début septembre, en diffusant en boucle sur Time Square, à New York, une vidéo d’animation parodiant le PDG de Google, Eric Schmidt. Il est représenté comme un vendeur de glaces pervers (dans une Google Car ?) offrant des cornets à des enfants pour pouvoir les soumettre à un ‘scan complet du corps’. Avec Google Analytics, il obtient alors toutes les informations possibles sur leur vie privée. Un cauchemar. (source PC INpact) Voir la vidéo : http://bit.ly/GoogleestMechant


incroyable

10,7

C’est la part des vidéos publicitaires sur l’ensemble des vidéos regardées en ligne aux Etats-Unis. Soit 1% du temps passé à regarder des vidéos en ligne.

(source ComScore)


news du monde digital _Les passifs du web social_

Au total, 41% des Européens sont membres d’un site communautaire, un chiffre en progression de 11%. Mais la part des internautes ayant créé des contenus sur ces sites est resté stable autour de 15%. Plus de la moitié des internautes (54%) sont seulement des ‘spectateurs’. (source Forrester)

_La SACEM en accord avec YouTube_

Cet accord couvre ‘la diffusion en France sur la plate-forme vidéo en ligne du répertoire musical mondial, et notamment les répertoires angloaméricains des éditeurs multinationaux, ainsi que des autres œuvres gérées par la SACEM, depuis le lancement de YouTube jusqu’à fin 2012’. Autrement dit, grâce à ce contrat à effet rétroactif, auteurs, auteurs-réalisateurs, humoristes, compositeurs et éditeurs de musique vont être rémunérés pour la diffusion de leurs œuvres sur YouTube.

_AOL rachète TechCrunch_

Le groupe AOL a annoncé le rachat du site TechCrunch, l’un des fleurons de l’information spécialisée en nouvelles technologies sur Internet. Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé, mais il est estimé à environ 30 millions d’euros.

_Dis moi où tu es…-

Facebook Places, l’outil de géo-localisation développé par Facebook, est arrivé en France cette semaine sur iPhone. Que va-t-il advenir de tous les concurrents déjà présents sur le marché (Foursquare surtout, mais aussi Gowala ou le Français Plyce) ?


Le Digital Post n°30