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15 /04/11


Le mot de la semaine Destruction créatrice Récemment j’ai découvert un poète et artiste, Austin Kleon, dont le principe créatif m’a frappé par sa simplicité et sa puissance. « Creativity isn’t just the things we chose to put in, it’s also the things we chose to leave out. Or black out.” Pour créer, il ne part pas d’une page blanche et n’atteint pas la perfection en jetant des idées en vrac et en choisissant par la suite les meilleures. Au contraire, il utilise la richesse de l’existant en y trouvant de nouveaux sens qui lui sont propres. Il invente des poèmes en utilisant les articles des magazines et en éliminant avec un marqueur noir tous les mots qu’il ne veut pas inclure dans ses oeuvres. Le résultat est une pensée originale qui ressurgit avec précision d’un tas de phrases déjà existantes. Comme toutes les belles idées, celle-ci paraît d’une évidence absolue. Je trouve qu’un artiste comme lui est un produit parfait de cette époque d’affluence informative digitale dans laquelle il manœuvre avec beaucoup de légèreté. Le digital en BETA permanent, évoluant à une vitesse fulgurante, ne nous permet pas d’avoir le recul nécessaire. On est séduits et impressionnés par l’abondance des applications et des solutions pétillantes. Cette progression géométrique se traduit aussi par l’énorme pression que les marques se mettent pour être absolument à l’avant-garde et utiliser à tout prix les dernières inventions. Et on tombe aussitôt facilement dans le « faire de la nouveauté digito-technologique à tout prix ». Sans forcément penser à l’usage, l’utilité et l’impact sur la longue durée. Le challenge est donc complexe, mais passionnant. En suivant de près ces évolutions, en les apprivoisant en permanence, avoir l’intelligence et le courage d’éliminer sans pitié celles qui polluent la marque sans rien lui apporter. Et proposer des dispositifs pointus qui feront ressurgir ces marques dans un espace digital surpeuplé.

Olga Papikian, Account Director, DDB° Paris


“on en parle” Quand le gouvernement dévoile sa nouvelle campagne digitale... NDLR : Ce lundi 11 mars est entrée en vigueur la loi du 11 octobre 2010 interdisant la dissimulation du visage avec un voile, une cagoule ou un masque, dans les lieux publics. Pour accompagner ce “lancement”, le Service d’Information du Gouvernement (SIG) a mis en ligne le site « à visage découvert ». Marketing politique ou propagande déplacée? L’initiative suscite des réactions partagées… « On dit toujours que les politiques sont coupés du peuple: pour une fois, on a compris que le digital pouvait rapprocher la loi des citoyens avec pédagogie et sobriété. » « A l’heure du web 2.0, le site ne contient aucun espace participatif et l’internaute ne peut pas poster de commentaires. Pourtant, on n’explique bien qu’en discutant et en débattant, à condition bien sûr que le service de modération soit efficace. » « C’est la première fois que je vois un site qui soit exclusivement dédié à une loi ! Entre outil d’information et campagne de communication, la frontière est floue… » « Un nom de domaine franchement marketé, la possibilité d’imprimer des affiches et des dépliants… Une plate-forme militante qui tient plus de la propagande politique que du service public… » Le site: http://www.visage-decouvert.gouv.fr/


la bonne idée Internet ou le safari du plaisir Le contexte : Vous vous souvenez de “The Chase”, la dernière pub d’Intel ? A priori, rien à voir avec le territoire des glaces Magnum, qui célèbre la tentation irrésistible d’une glace croquante et fondante à la fois! Pourtant, les deux marques ont réussi à exploiter toute la richesse du web pour exprimer leur territoire... La problématique : Comment Magnum peut-il convaincre les hédonistes que nous sommes que ses glaces constituent le plaisir ultime? L’insight : “Internet, c’est une aventure quotidienne qui me permet de me faire plaisir de mille façons...” L’idée : Un jeu digital : Pleasure Hunt. Tout commence normalement : vous contrôlez une fille avec les touches du clavier et devez collecter des petites boules de glace. Puis vous atterrissez sur le site de Samsung, avant d’être projeté dans une vidéo Youtube au beau milieu d’un défilé de mode. Et ce n’est que le début d’une aventure qui vous transportera sur les sites d’un hôtel de luxe, de Dove, de Saab, d’une station de ski en passant par Spotify! Une réalisation impeccable et jubilatoire parce qu’elle transforme nos usages quotidiens d’Internet en véritable terrain de jeu. A la clé, un magnum, car bien sûr, la sensation d’une glace croquante est le summum du plaisir. Le résultat : Une expérience en phase avec la stratégie de la marque et avec les usages des internautes. Le site : http://pleasurehunt.mymagnum.com


la moins bonne idée Du viral et pourquoi faire? Cette semaine a donc été marquée par deux campagnes qui ont fait beaucoup de bruit : Magnum et Desperados. Cette dernière est beaucoup moins convaincante. Si la qualité de production est vraiment à la hauteur, en revanche la pertinence stratégique de l’idée est pour le moins douteuse. Desperados vous plonge au coeur d’une super fête grâce à une first person video dans laquelle vous retrouvez vos amis après vous être identifié via Facebook Connect. Ok, il y a plein de d’jeuns qui dansent, des filles avec votre photo de profil tatouée sur l’épaule. Mais tout ça pourquoi ? Et bien pas grand chose. Les interactions proposées sont très pauvres et le message final est inexistant. La marque ne raconte rien et vous invite juste à partager la vidéo avec vos amis. Même si le contenu est très partagé, chercher à faire du buzz sans avoir un objectif clair et une promesse précise à délivrer équivaut à un coup d’épée dans l’eau. La vidéo : http://bit.ly/hLWT7m


à découvrir Paradis artificiels Connaissez-vous Habbo, cette plateforme sociale ludique destinée aux plus jeunes, et regroupant plus de 200 millions de membres ? Elle a été lancée en 2000 par le finlandais Sulake. Son successeur sera peut-être français. Alors que d’aucuns soutiennent que les univers virtuels type Second Life appartiennent à un autre âge, Nicolas Gaume, un ancien d’Ubisoft, a fait le pari inverse en co-fondant Mamba Nation. C’est une plateforme sociale qui propose à ses membres d’arpenter un monde virtuel à l’aide d’un avatar en 3D : on discute, on drague, on partage ses passions avec l’interface d’un jeu vidéo. Le site a déjà conquis 175.000 membres après un an de bêta. Destiné à un public jeune mais pas trop (entre 15 et 25 ans), le projet a séduit des investisseurs de renom : Marc Simoncini (Meetic), Xavier Niel (Free), Laurent Schwarz (Alten) ou encore Jean-François Cécillon, ancien patron d’EMI France. Et si le jeu vidéo social n’était pas mort ? A suivre… Le site : http://www.mambanation.com


le digital est partout L’Intern Store d’HyperIsland Le digital est vraiment partout et ce n’est pas la très réputée école de création digitale HyperIsland qui va dire le contraire. En effet, pour promouvoir la première promotion d’étudiants qui a suivi le cursus dédié au mobile, HyperIsland a créé un AppStore sur le modèle de celui d’Apple pour entrer en contact avec ses étudiants cherchant des stages. L’idée est de démontrer qu’il est aussi simple de recruter un jeune talent que de télécharger une application iPhone. En parodiant la célèbre pub Apple, «il y a une application pour ça», l’école suédoise met en valeur le savoir-faire et la polyvalence de ses élèves et surtout renouvelle le principe de la bourse aux talents en le digitalisant. Le site: http://internstore.com/


Les marques agissent Quand Minority Report influence le e-commerce On sait depuis Jules Verne que la science-fiction est parfois visionnaire en matière de technologie. L’agence B-reel nous le rappelle avec avec le projet 3 Live Shop. Grâce à un dispositif digital impressionnant qui rappelle les fameuses scène de Minority Report où Tom Cruise manipule les images holographiques d’un simple mouvement de la main, ils ont créé pour leur client Swedish Telecoms un service d’assistance à domicile pas comme les autres. Alors que l’une principales barrières à l’achat en ligne demeure l’absence d’interactivité et de relation humaine, la plateforme vidéo conçue par B-reel vous met face à un véritable conseiller de vente qui répond à vos questions et vous présente les produits à l’aide d’une tablette graphique parfaitement ergonomique. Une prouesse technologique qui permet aux clients de Swedish Telecoms de bénéficier du même service humain et personnalisé que dans une boutique réelle, tout en restant confortablement assis chez soi. La vidéo : http://bit.ly/3minrep


le www. de la semaine Media Gagné

Cette semaine, le site mis en lumière n’est pas remarquable pour son design mais au contraire pour sa démarche. Max Ahlborn, digital producer au sein du studio B-Reel, se posait la question de savoir (comme toute marque) comment émerger dans un univers digital où il y a plus en plus de sites internet et de contenus disponibles chaque jour sans achat média. La réponse est pour le moins simple : créer la conversation. Pour cela, il mène une expérience en créant un site sans autre contenu qu’un compteur qui comptabilise le nombre de visiteurs. Puis, il raconte son histoire à quelques influenceurs et les intéresse au projet. 3 semaines plus tard, il est parvenu à engendrer presque 20 000 visiteurs et des milliers de tweets sans aucun achat média et juste par la viralité des conversations. Cette démarche radicale a pour ambition de valider le principe de média gagné (earned media) et de démontrer que si l’histoire créée est assez forte et partagée, elle générera d’elle-même sa propre visibilité. D’ailleurs, c’est exactement ce que nous venons de faire auprès de notre millier de lecteurs hebdomadaires. Le site : http://www.nomediaspend.com/ et l’explication : http://bit.ly/ggRIeo


la vidéo culte Legomania Pour changer des spots commerciaux à succès, et prouver que les pubards peuvent – parfois – aussi être des esthèthes ( et/ou des geeks ) nous vous présentons cette vidéo qui a fait un carton sur Vimeo. Dans les années 30, l’architecte Ludwig Mies van den Rohe disait déjà que l’aboutissement du design est la simplicité : less is more. Le réalisateur s’est ici contenté de quelques légos, de quelques bruitages, de quelques couleurs, et a réussi à reproduire avec une force surprenante des situations drôles et surtout humaines. Représenter n’est pas forcément ressembler : la forme n’est qu’un support pour l’idée que l’on veut suggérer, et seule une imagination débridée permet de lui donner toute sa puissance. Une vérité exprimée avec talent dans cette vidéo! La vidéo : http://vimeo.com/21189547?ab


incroyable

1/3 des Français pensent que le temps passé à tchatter online est aussi important que le temps passé dans la vraie vie.

Source : Deloitte, observatoire des usages médias


news du monde digital _ France TV lance ses applis iPhone et iPad_

Pour Bruno Patino, directeur général, il s’agit de permettre à tous les usagers de “voir, revoir et partager“ les contenus de toutes les chaînes France Télévision depuis leurs différents devices. Ils pourront également consulter un guide des programmes pour la semaine à venir et programmer des alertes sur leur mobile juste avant le début de leurs émissions favorites. Enfin, il s’agit également de se préparer à TV connectée, en proposant des contenus interactifs additionnels. _ Branle-bas de combat chez Skyrock _

Quelques jours à peine après l’annonce du limogeage de Pierre Bellanger, fondateur de Skyrock, les équipes et les auditeurs de la radio la plus écoutée par les moins de 25 ans se mobilisent. En quelques jours à peine, des centaines de milliers de personnes ont « liké » la page facebook « défendons la liberté de Skyrock ». Un mouvement impressionnant qui démontre la puissance de frappe des réseaux sociaux, bien que les revendications et les enjeux de la contestation soient encore peu clairs. A suivre...

_ Cultiver son jardin peut rapporter gros_

D’après le cabinet Parks Associates, les éditeurs de jeux sociaux comme Farmville (Zynga), Pet Society (Playfish) ou Bola (Playdom) ont généré ensemble un milliard de dollars de recettes. D’après leurs projections, le marché atteindra 5 milliards de dollars en 2015. Les dispositifs qui auraient le vent en poupe: les jeux de marques, les biens sponsorisés et l’advertainment. _ Nouveau rebondissement dans “l’affaire Facebook”_ Alors que le film The Social network avait révélé les conflits qui opposaient Mark Zuckerberg aux autres fondateurs de Facebook, un nouveau protagniste vient de faire son apparition. Paul Ceglia, originaire de Wellsville, une petite ville de l’État de New York, revendique la moitié du réseau social, en vertu d’un contrat signé en avril 2003 avec Mark Zuckerberg. Alors jeune étudiant à Harvard, Zuckerberg aurait emprunté 1000 dollars à Ceglia en échange de la moitié des parts de la future société... Le point de vue de TechCrunch : « Paul Ceglia pourrait juste être un escroc... ou bien le meilleur investisseur high-tech de tous les temps ».

Le Digital Post n°49  

L'actualité digitale par DDB° Paris